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Rolf a remercié son parti, le Parti marxiste-léniniste du Canada (PMLC), qui, a-t-il dit, est resté aux côtés des métallos dans les moments les plus difficiles et continue de le faire aujourd'hui. La présence de la dirigeante nationale du PMLC, Anna Di Carlo, à la réception a été marquée par des applaudissements. Rolf a remercié du fond du coeur les travailleurs qui ont commencé les assemblées du jeudi, ceux qui sont disparus et ceux qui ont fait une contribution spéciale à la vie de la section locale 1005. Il a mentionné les trois autres métallos qui ont commencé les assemblées du jeudi avec lui, Wayne Hudema, Gary Howe et Jake Lombardo. Il a parlé avec beaucoup d'émotion des travailleurs disparus, notamment Bob Smith (Smitty) qui a joué un rôle crucial dans la lutte contre les procédures de faillite. Rolf a eu droit à une ovation prolongée pour son intervention, surtout quand il a dit à la fin qu'il continuera de participer à différents aspects de la vie du syndicat, en particulier la distribution du journal Information Update chaque semaine au centre-ville de Hamilton et la participation aux actions qui avancent la cause des droits de tous. Le député fédéral de Hamilton Centre, David Christopherson, a ensuite pris la parole et présenté à Rolf et Jake chacun un certificat d'appréciation pour leurs contributions à la communauté. Jake Lombardo a conclu les interventions en offrant ses sincères remerciements à tous les travailleurs et aux familles venus honorer la section locale 1005. Parlant des batailles menées par le syndicat au fil des années et de la façon dont il a défendu les principes et les droits de tous, il s'est demandé à quoi ressemblerait le Canada si tous les syndicats faisaient la même chose. « Au Canada et en Ontario, si tous les syndicats joignaient leur force et faisaient ce que nous avons fait, y compris éduquer les gens sur la rue », ils gagneraient, a-t-il dit. Il y a toujours un choix à faire. « Aujourd'hui les gens ne sont pas contents de ce que fait Stephen Harper, ils ne sont pas contents de ce que fait Kathleen Wynne. Les choses peuvent changer et au bout du compte il va falloir beaucoup de travail et il va falloir faire comme nous. »
Jake a remercié tous ceux et celles qui sont venus et les a invités à continuer la bataille dans les rues, en éduquant les gens, et à créer un meilleur monde pour nos enfants, petits-enfants et arrières petits-enfants. Son intervention a été accueillie par des applaudissements et une ovation prolongée. Un par un, les travailleurs sont venus à la rencontre de Rolf et Jake pour leur serrer la main, prendre des photos et exprimer leur gratitude pour la bataille menée par le syndicat et son leadership pour défendre la dignité du travail. En cette occasion, Le Marxiste-Léniniste transmet ses salutations chaleureuses à Rolf et Jake, au nouveau président de la section locale 1005 Gary Howe, à tous les membres de l'exécutif et à tous les métallos et retraités combatifs et à la population de Hamilton qui ont appuyé leur cause. (Photos : VoS) Survol des réalisations de Rolf Gerstenberger à la présidence du syndicatLes métallos de Hamilton sur la colline du Parlement à Ottawa le Premier Mai 2011, poursuivant dans l'esprit de 1946 dans les conditions actuelles
Lorsque Rolf est devenu président, le syndicat affrontait le PDG de Stelco James Alfano qui voulait imposer une réduction de salaire de 20 %. Le syndicat a vu qu'il s'agissait d'une tentative de se servir des difficultés de l'industrie de l'acier, qui n'ont pas été causées par les travailleurs, comme excuse pour augmenter la réclamation des détenteurs de la dette et des actifs de Stelco à la richesse produite par les métallos, aux dépens des métallos. En 2003, Rolf a mené la section locale 1005 dans une résistance aux demandes de concessions du nouveau PDG Courtney Pratt qui, comme Alfano avant lui, cherchait à créer l'impression que le ciel va nous tomber sur la tête si les métallos ne font pas ce qu'on leur demande. Le syndicat a invité les travailleurs à rester calmes et à ne pas céder à la panique. Il a fait valoir que les concessions n'étaient pas une solution à la crise de l'acier et qu'en fait, Stelco était capable de produire cinq millions de tonnes d'acier par année, ce qui voulait dire qu'avec la montée des prix de l'acier au niveau du prix de production la compagnie aurait bientôt un revenu brut considérable.
Le syndicat local a fait connaître son point de vue sur la LACC et beaucoup d'autres au Canada en sont venus à la conclusion que le processus régi par la LACC était en effet une fraude. De plus en plus de Canadiens en venaient à comprendre que la LACC et son équivalent aux États-Unis, le Chapitre 11, sont des instruments aux mains des propriétaires du capital les plus puissants pour consolider les avoirs et le pouvoir entre les mains d'une poignée de plus en plus restreinte de personnes ; pour liquider les investissements de capitaux des autres par les fermetures, les mises à pied et la vente d'actifs ; pour soutirer des concessions aux travailleurs par l'extorsion ; pour enrichir les parasites de l'industrie de la faillite et préparer les conditions pour d'énormes coups d'argent pour ceux qui contrôlent la compagnie à l'issue de la protection de faillite.
Lorsque la firme de gestion des actifs qui s'était emparé de Stelco durant la restructuration de faillite a fini par vendre Stelco à US Steel en 2007, le syndicat a alerté ses membres et retraités que le pire restait à venir. US Steel, un des principaux monopoles de l'empire américain, allait bientôt révéler ses véritables intentions. Après avoir signé une entente avec Investissement Canada par laquelle il s'engageait à améliorer la production et l'emploi avec l'acquisition de Stelco, après avoir conclu une entente avec le gouvernement de l'Ontario par laquelle il s'engageait à garantir le fonds de pension de Stelco et les prestations des travailleurs et après avoir fait paraître une lettre dans le Hamilton Spectator jurant à qui veut l'entendre que les pensions des métallos étaient assurées et inviolables, US Steel a tôt fait de se lancer dans une offensive antisociale et antinationale, fermant les aciéries de Hamilton et de Lake Erie et recourant à l'extorsion pour soutirer des concessions sur les pensions.
Le syndicat a averti ses membres que US Steel ne respecterait aucun des contrats signés, puisque ce comportement était devenu la norme pour les monopoles mondiaux, qu'il mènerait une guerre d'usure contre les métallos pour leur soutirer les concessions voulues et qu'il ne s'arrêterait pas à la désindexation des pensions ni à l'institution d'un régime de pension, de salaire et d'avantages sociaux à deux paliers. Rolf a rappelé l'expérience directe de l'ère néolibérale qui montre que les monopoles comme US Steel pratiquent l'extorsion sur toutes les questions et ne respectent pas les ententes conclues avec les gouvernements. Durant cette période, les métallos actifs et à la retraite ont clairement fait savoir par leur résistance déterminée qu'ils combattront le chantage et les demandes de concessions qui détruisent leur niveau de vie et qui mènent à la destruction nationale. Le syndicat a expliqué à ses membres que cette lutte contre le monopole américain serait semblable à la grève de 1946. Bien que les conditions de la mondialisation néolibérale d'aujourd'hui ne soient pas les mêmes qu'en 1946, les travailleurs devront recommencer la bataille pour la reconnaissance syndicale et pour l'acceptation par les propriétaires du capital monopoliste et les gouvernements que les travailleurs ont des droits du fait qu'ils sont des êtres humains, qu'ils sont les producteurs de toute richesse et les dispensateurs de tous les services et que ces droits doivent être garantis et respectés par tous en pratique. Le sort des travailleurs et le sort du pays ne font plus qu'un, a dit Rolf.
La section locale 1005 s'est aussi appuyée sur la communauté. Les gens sont informés de la situation à Stelco et le syndicat s'unit à tous ceux qui sont attaqués ou qui s'opposent à l'extorsion par les monopoles et qui veulent que le droit public soit respecté. Ensemble les métallos actifs et à la retraite et leurs supporters dans la communauté ont exigé que les gouvernements assument leur responsabilité sociale de défendre le droit public et de s'opposer à la destruction nationale. Dès le début, Rolf a établi la pratique de faire des propositions concrètes pour rebâtir l'industrie canadienne de l'acier et l'économie du Canada et la défense des droits de tous par le syndicat a démontré en pratique qu'il est non seulement une organisation de résistance des travailleurs mais un syndicat qui assume ses responsabilités sociales. La section locale 1005 réaffirme en pratique,
comme elle l'a fait en 1946, que les travailleurs qui sont
regroupés au sein d'un syndicat et qui sont
déterminés à défendre leur juste cause
peuvent gagner contre une force aussi menaçante que US Steel,
qui cherche à profiter de son pouvoir mondial pour soutirer des
concessions par la force et
détruire l'industrie canadienne de l'acier. À cause de
cela, beaucoup de travailleurs canadiens voient la section locale 1005
du Syndicat des métallos comme un modèle de
détermination et d'unité du mouvement ouvrier.
Félicitations à tous les membres de la section locale 1005 qui ont persévéré dans la lutte pour défendre leurs droits et les droits de tous. En renouvelant constamment l'esprit et la conviction qui étaient à l'origine du Syndicat des métallos de Hamilton, en s'appuyant sur l'initiative de ses membres et de la communauté, en affrontant le monde et ses problèmes tels qu'ils se présentent et en ne les embrouillant pas avec des interprétations faciles, en tenant les gouvernements responsables de la défense du peuple et du droit public, la section locale 1005 du Syndicat des métallos a prouvé et continuera de prouver que le mouvement ouvrier peut affronter même les monopoles les plus puissants.
De certains problèmes fondamentaux au Canada La réunion du Conseil de la fédération ne règle rien![]() La manifestation « Un système de santé pas un système à la Harper » demande le réinvestissement de fonds dans le système de santé public pendant la réunion du Conseil de la fédération le 15 juillet. La réunion estivale des premiers ministres des provinces et des territoires à St. John's à Terre-Neuve les 16 et 17 juillet 2015 a mis en lumière une fois de plus les conflits qui existent entre les gouvernements des provinces et le gouvernement fédéral et l'incapacité des premiers ministres provinciaux à en arriver à quelque accord substantiel entre eux.
Les discussions préparatoires à la conférence avaient déjà montré l'insatisfaction des premiers ministres face au refus des conservateurs de Stephen Harper de traiter des questions d'importance nationale. Le 15 juillet, les premiers ministres ont rencontré les dirigeants des organisations autochtones nationales à Happy Valley-Goose Bay. Le premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador, Paul Davis, a annoncé que les premiers ministres appuient l'ensemble des 94 recommandations de la Commission de vérité et réconciliation et vont travailler à les mettre en oeuvre dans leur province et territoire. Les premiers ministres ont aussi réitéré leur appel à une enquête nationale sur les femmes autochtones tuées et disparues. Le premier jour de la conférence, les premiers ministres ont reçu un rapport de la Fédération canadienne des syndicats d'infirmières et d'infirmiers (FCSII). Le rapport montre que les réductions effectuées par le gouvernement fédérale dans le Transfert canadien en matière de santé pourraient être pires que prévu, ce qui va accroître la pression sur les provinces qui ont déjà du mal à maintenir le système de santé public. La FCSII s'y dit très inquiète que les coupures envisagées par le gouvernement fédéral aux paiements de transfert en matière de santé vont faire plus que transférer les coûts aux provinces et aux territoires. Elle écrit : « Les mesures du gouvernement fédéral forceront les provinces et les territoires à réduire leurs dépenses de santé. Des mesures qui limitent la gamme de services de santé publics offerts aux Canadiens pourraient rendre les options privées plus attrayantes et nuire aux soins de santé publics au Canada. » Selon le rapport, les coupures dans les dépenses
de santé pourraient atteindre 43,4 milliards $ d'ici huit
ans si l'on se fie aux prévisions de croissance
économique. Il prédit un manque à gagner de 10,7
milliards $ par année d'ici 2024-2025. ![]() ![]() La Fédération canadienne des syndicats d'infirmières et d'infirmiers tient une manifestation le 5 juin pendant son Congrès national à Halifax où elle déclare que le système de santé va être un enjeu de l'élection fédérale. Les pancartes disent : « Votons pour le système de santé qui nous revient ». Dans leur communiqué final, les premiers ministres expriment leur appui au rapport de la FCSII et demandent au gouvernement fédéral de s'engager à accroître le Transfert canadien en matière de santé de façon à ce qu'il représente un minimum de 25 % de toutes les dépenses de santé des provinces et des territoires. Il est important de noter que le gouvernement Harper n'a pas rencontré les premiers ministres pour discuter du système de santé ou négocier une entente depuis l'Accord sur la santé de 2004. Les premiers ministres ont aussi critiqué le gouvernement fédéral pour n'avoir rien fait pour s'attaquer au problème de la réforme des pensions et ont demandé aux ministres des Finances des provinces et territoires de mettre à jour leur travail sur les options qui permettraient d'étendre le RPC/RRQ et de faire rapport aux premiers ministres à leur rencontre estivale de 2016. La conférence a aussi exprimé la sérieuse préoccupation des premiers ministres au sujet de la qualité de l'information qui est fournie par l'Enquête nationale volontaire auprès des ménages, par laquelle le gouvernement fédéral a décidé de remplacer le questionnaire long obligatoire distribué dans le cadre du recensement. Ils ont dit que les changements apportés par Statistique Canada ont eu des effets négatifs sur la capacité des gouvernements à évaluer et à mettre en oeuvre des programmes et des services de première importance pour les Canadiens.
C'est sur la question de la Stratégie canadienne de l'énergie, qui comprend la lutte aux changements climatiques et les pipelines énergétiques, que les contradictions les plus aiguës entre les premiers ministres se sont une fois de plus fait sentir. Ces questions sont à l'ordre du jour du Conseil de la fédération depuis plus de trois ans et pratiquement aucun progrès n'a été fait dans l'élaboration d'un accord. Les contradictions entre les premiers ministres sont devenues encore plus aiguës en 2014 suite à l'élection des premiers ministres Philippe Couillard au Québec et Kathleen Wynne en Ontario. Ces deux gouvernements libéraux ont annoncé qu'ils allaient travailler en étroite collaboration et bâtir une Alliance du Canada central qui s'opposerait à l'ordre du jour des conservateurs de Stephen Harper et des monopoles pétroliers de l'Alberta et de la Saskatchewan. Au nom de la protection de l'environnement, les premiers ministres Couillard et Wynne ont entrepris de mobiliser les premiers ministres derrière les monopoles du Canada central et d'utiliser la Stratégie canadienne de l'énergie dans leur intérêt. Cela a créé une impasse et depuis ce temps les premiers ministres ont été incapables d'en venir à une entente. Au contraire, tout cela a créé de nouveaux conflits sur la façon de réduire les émissions de gaz à effets de serre (GES) et l'introduction d'un système de plafonnement et d'échange. Loin d'être un mécanisme qui permette de traiter des préoccupations face à l'environnement, cette Alliance du Canada central entre les gouvernements du Québec et de l'Ontario vise à faire usage de leur pouvoir considérable pour faire progresser leur plan de transformer le centre et l'est du Canada en un vaste réseau de corridors et de portes énergétiques comprenant pipelines, chemins de fer, camionnage intermodal et entreposage. L'objectif est de servir les monopoles qui visent à intégrer toujours plus l'économie canadienne aux États-Unis des monopoles d'Amérique du Nord, ce qui va continuer la destruction du secteur manufacturier et va subordonner l'économie canadienne toujours plus aux intérêts privés. Pendant ce temps, le premier ministre Brad Wall de la Saskatchewan et d'autres qui représentent les monopoles pétroliers dans le secteur de la production et de la distribution luttent de façon désespérée pour que l'oléoduc Énergie Est soit construit de l'Alberta au Nouveau-Brunswick sans ingérence du Canada central. Dans le contexte où les États-Unis ont atteint l'autosuffisance en fait de production pétrolière, le pipeline Keystone XL vers le golfe du Mexique n'est plus une possibilité. Le développement futur des sables bitumineux dépend du projet Énergie Est de TransCanada. C'est plutôt ironique qu'au moment même où le premier ministre Wall semonçait les premiers ministres qui selon lui minimisent l'importance du pétrole pour l'économie canadienne et osent critiquer les sables bitumineux, Nexen Energy en Alberta était impliqué dans un déversement de cinq missions de litres de bitume, de sable et d'eaux usées à partir d'un de ses nouveaux pipelines près de Fort McMurray. Dans cette situation où chaque premier ministre représente les intérêts de divers monopoles en concurrence avec d'autres, il n'y a jamais eu progrès vers une entente sur une Stratégie canadienne de l'énergie. La conférence des premiers ministres a bien donné lieu à un document mais celui-ci est très loin d'une « stratégie » et expose plutôt l'incapacité des premiers ministres de dépasser le stade des généralités et de s'entendre sur quelque action concrète qui utilise les ressources naturelles du pays au service des citoyens et protège l'environnement. En guise d'exemple, voici ce qu'on peut lire dans le document au sujet du contrôle des émissions des gaz à effet de serre : « Mesure 2.2.1 : Revoir et explorer la possibilité d'élargir l'utilisation de mécanismes fondés sur le marché dans tout le Canada et préciser les opportunités de promouvoir la collaboration afin d'accroître l'efficacité et l'efficience des programmes. » ; « Mesure 2.3.1 : Collaborer à l'élaboration d'options pour une approche intégrée, pancanadienne et nord-américaine, de réduction des gaz à effet de serre. » « Objectif 7.2 : Maintenir des pratiques
exemplaires sur le plan mondial pour la construction et l'exploitation
sécuritaire, efficace, fiable résistante et respectueuse
de l'environnement de l'infrastructure énergétique du
Canada. » À cet objectif correspond la mesure 7.2.2
qui se lit comme suit : « Identifier et adopter
les pratiques exemplaires sur les plans politique et
réglementaire dans les provinces, les
territoires et à l'échelle internationale, et explorer la
possibilité de mettre sur pied des normes communes en
matière de technologie. » ![]() ![]() Manifestation à St-John's lors de la réunion du Conseil de la fédération le 16 juillet 2015 L'incapacité des premiers ministres à formuler une Stratégie canadienne de l'énergie qui soit sensée vient du fait qu'ils n'ont d'autre but en ce qui concerne la société canadienne que de se faire le serviteur de tel ou tel monopole dans leur lutte pour contrôler les ressources naturelles et la richesse que créent la classe ouvrière et le peuple au Canada. Les centaines de millions de dollars en subsides et baisses d'impôts alloués aux monopoles pétroliers de l'ouest et les énormes subsides alloués aux grands pollueurs à même le Fonds vert spécial créé par le gouvernement du Québec[1] sont des exemples du vol des fonds publics qui nourrit les contradictions qui existent entre divers secteurs des entreprises monopolistes et les gouvernements fédéral, provinciaux et municipaux qui les représentent. Pour la classe ouvrière et le peuple du Canada, il y a d'importantes questions au sujet desquelles les premiers ministres des provinces et les conservateurs de Stephen Harper font partie du problème et non de la solution. Il y a un besoin urgent de changement de la direction de l'économie où l'importance de protéger l'environnement naturel et de mettre fin à la dilapidation des ressources naturelles de la nation en faveur des intérêts privés va être reconnue. C'est comme cela que nous allons pouvoir construire une économie stable et prospère et défendre l'indépendance du pays et le bien-être du peuple. Note1. Un document rendu public par le ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques révèle qu'entre 2008 et 2013, les monopoles du transport, dont Canada Steamship, Bombardier et CN, les monopoles miniers dont Rio Tinto, le monopole Alouette de l'aluminium et le monopole des pâtes et papiers Kruger ont reçu plusieurs millions de dollars de fonds publics pour payer des navires et des locomotives de même que le transport de l'alumine et du bois.
Le gouvernement Harper manque à sa responsabilité de défendre les producteurs laitiers contre les attaques des États-Unis![]() Manifestation contre le PTP à Ottawa le 10 juillet 2104 Alors que les négociations secrètes autour de l'accord de libre-échange appelé Partenariat transpacifique (PTP) s'éternisent, les États-Unis et d'autres intérêts étrangers continuent de s'attaquer au système de gestion de l'offre du Canada, en particulier ces temps-ci aux produits laitiers comme le lait, le fromage, le beurre, le yogourt et la crème glacée. Le 15 juillet, à l'occasion de leur réunion annuelle, les Producteurs laitiers du Canada ont adopté une résolution appelant Harper à ne pas faire de concessions sur la gestion de l'offre dans le cadre du PTP. Le 18 juillet, il a été révélé qu'un petit groupe de membres du Congrès américain, principalement des États producteurs de lait, ont écrit à l'ambassadeur canadien aux États-Unis, Gary Doer, pour demander que le Canada inclue davantage d'importation de produits laitiers américains dans le cadre des négociations du PTP. La lettre comprend la menace à peine voilée que si le Canada n'élargit pas l'accès aux producteurs laitiers étrangers, il risque d'être éliminé du PTP lors des dernières étapes des négociations.
La lettre du Congrès américain qui s'en prend à l'industrie laitière canadienne a été appuyée par les deux principales organisations laitières américaines, la Fédération nationale des producteurs de lait (NMPF) et le Conseil américain pour l'exportation des produits laitiers (USDEC) qui ont réclamé « un accès équilibré au marché ». C'est un langage codé qui veut dire permettre aux producteurs des États-Unis de saisir les marchés laitiers canadiens une fois que les accords commerciaux internationaux ont éliminé le système de gestion de l'offre au Canada. Le démantèlement du système sert l'intérêt des monopoles privés étrangers mais pas celui des agriculteurs et des travailleurs canadiens. La destruction de la gestion de l'offre sonnerait le glas pour des milliers de fermes laitières familiales et provoquerait la destruction d'autres moyens de subsistance connexes, l'augmentation de l'insécurité économique, l'instabilité et la hausse des prix des produits, et imposerait aux Canadiens des produits étrangers qui pourraient ne pas répondre aux normes de production canadiennes. Harper ne cesse de dire qu'il va protéger la gestion de l'offre ou qu'il « étudie la question » mais son objectif réel est de l'éliminer et de mettre l'industrie laitière et d'autres industries dans les mains étrangères, comme il l'a fait avec la Commission canadienne du blé. John Manley, président et pdg du Conseil canadien des chefs d'entreprise et ancien vice-premier ministre, a déclaré le 10 avril 2012, au nom des monopoles qu'il représente et qui ont placé Harper au pouvoir, qu'il espérait que le gouvernement Harper va « commencer la planification d'une sorte de transition hors de la gestion de l'offre ». Il a ajouté : « C'est dans l'intérêt national de sortir d'un système national qui peut nous avoir bien servi à un moment donné mais qui est devenu un obstacle au développement de notre région et ailleurs. » En outre, ce n'est pas un secret que l'actuel ministre de l'Agriculture et de l'Agroalimentaire dans le cabinet Harper, Gerry Ritz, qui a été l'acteur principal de la destruction de la Commission canadienne du blé, est opposé à tout ce qui s'ingère dans les « droits » des agro-monopoles privés.
Selon Harper, ce nouvel accord de libre-échange
va être un avantage économique pour les Canadiens.
Cependant, étude après étude démontrent que
les autres accords de libre-échange, comme l'Accord de
libre-échange nord-américain (ALENA), ont affecté
très négativement les peuples de tous les pays
concernés. Par exemple, suite à
l'ALÉNA, signé en 1994, la pénétration des
monopoles étrangers au Canada s'est accrue et avec elle
l'exploitation de nos travailleurs et de nos ressources. On a
assisté à la destruction de communautés
entières par la fermeture des opérations de ces
monopoles, des centaines de milliers de travailleurs étasuniens
ont perdu leur emploi et les
agriculteurs mexicains ont été privés de leur
gagne-pain par les agro-monopoles étasuniens. Les accords de
libre-échange ne peuvent pas servir les intérêts
des peuples parce qu'ils sont mis en oeuvre pour servir les
intérêts des monopoles et non ceux des peuples.
Violence policière en Colombie-Britannique à l'extérieur du forum public sur le barrage du site C![]() L'inquiétude grandit au sujet du meurtre d'un homme par la police à l'extérieur d'une réunion d'information de BC Hydro sur le barrage du site C. Selon les rapports des médias, la GRC répondait à un appel au 911 au sujet d'une perturbation d'un forum public sur le barrage du site C le 16 juillet à Dawson Creek en Colombie-Britannique. Les témoins disent que dès son arrivée sur la scène, la police a abattu un homme à l'extérieur du lieu de réunion. La police a dit que l'homme qu'elle a tué était un manifestant qui provoquait une perturbation en retournant les tables de BC Hydro et en dispersant le matériel relié au barrage du site C proposé sur la rivière Peace. Le lendemain, un représentant du Bureau des enquêtes indépendantes (IIO) de la Colombie-Britannique dépendant du ministère de la Justice contredisait le rapport initial de la GRC. Le porte-parole a dit que l'homme décédé n'était pas le manifestant dans la salle, qui est apparemment en vie mais demeure non identifié et n'a pas été vu. Dans la soirée du 17 juillet, la porte-parole de l'IIO Kellie Kilpatrick a dit que l'individu décédé « n'avait rien à voir avec la session publique d'information » et que le perturbateur en question de l'événement du Site C avait quitté les lieux bien portant. Selon l'IIO, l'homme qu'un officier de la GRC a abattu et tué est James Daniel McIntyre. L'homme de 48 ans était plongeur et assistant cuisinier dans un restaurant de Dawson Creek depuis quatre ans. Les rapports des médias disent que McIntyre était membre d'une nation autochtone locale et un activiste du mouvement d'opposition au projet hydroélectrique du site C qui va inonder une grande région dans la vallée de la rivière Peace. Les rapports des médias sur le tir de la police contre McIntyre sont sans fondement et semblent viser à excuser son assassinat comme une réponse légitime de la police à une provocation violente. Les médias ont publié une vidéo des moments qui ont suivi le tir où on voit McIntyre immobile et baignant dans une mare de sang sur le trottoir. Le policier donne un coup de pied sur quelque chose sur le trottoir, s'éloigne pour un moment de la victime puis s'approche et semble tenter de menotter l'homme immobile. Les rapports subséquents des médias disent que le décédé, James Daniel McIntyre, était en effet actif dans l'opposition au projet de barrage du site C. La Presse canadienne a dit que le compte Twitter @jaymack9 appartient à McIntyre. PC écrit : « Les gazouillis du compte @jaymack9 indiquaient que quelque chose était planifié pour l'événement porte ouverte à Dawson Creek par les gens opposés au méga projet de barrage du site C. » Les deux derniers gazouillis de ce compte Twitter ont été écrits juste avant la mort de McIntyre et il n'y en a pas eu d'autres ensuite. Le National Post rapporte : « Un de ceux identifiés dans les deux derniers gazouillis de @jaymack9 était Faisal Moola, un directeur de la Fondation David Suzuki et un scientifique de l'environnement. 'Je ne connais pas l'individu. Je ne sais pas pourquoi il m'a gazouillé de même que les Premières Nations locales et la Fondation David Suzuki', a dit Moola dans une entrevue. 'Je ne connais pas du tout l'individu mais je sais ce qui lui est arrivé dans cette altercation avec la police.' La violence policière à Dawson Creek a secoué toute la Colombie-Britannique. Les gens expriment leurs condoléances pour la mort de James Daniel McIntyre à sa famille, ses collègues de travail et sa Nation autochtone. Plusieurs disent qu'une telle violence policière ne devrait jamais se produire au Canada. Outre la perte de vie, le tir a déjà affecté les politiques et discussions entourant la construction du barrage du site C, créant un climat de peur. BC Hydro a annoncé qu'elle va repousser les salons de l'emploi pour le projet du site C à Tumbler Ridge, Fort St. John et Chetwynd prévus pour la fin de ce mois ci, disant : « BC Hydro évalue à l'heure actuelle ses politiques et procédures pour les rencontres publiques. Le report des salons de l'emploi nous donnera le temps de compléter cette tâche. Notre intention est d'assurer la sécurité de nos employés et des membres du public. » Aussi, des activistes opposés au barrage du site C qui se sont organisés dans un groupe appelé « Tambours pour la vallée de la rivière Peace » et ont planifié un rassemblement à Vancouver, disent maintenant : « Il est venu à notre attention qu'il y a un risque que le rassemblement prévu pour jeudi [23 juillet] peut devenir violent, alors nous avons décidé qu'il est dans le meilleur intérêt de tout le monde de l'annuler. » L'inquiétude grandit à l'effet que la violence organisée par l'État de même que l'atmosphère d'anarchie et d'impunité pour les représentants de l'État et des grandes entreprises qui s'ensuit ne permettent pas aux gens de participer à la vie politique et d'exercer leur droit d'être informés et de prendre des positions sur ces questions importantes qui affectent leur vie et l'environnement comme le barrage du site C. Protestez en utilisant les « moyens démocratiques » ou faites face « au plein poids de la loi », dit un ministre de HarperLors d'une réunion du Parti conservateur à Delta, en Colombie-Britannique, le 21 juillet, le ministre de la Sécurité publique du gouvernement Harper Stephen Blaney a commenté le tir fatal de la police contre le manifestant dans le nord-est de la Colombie-Britannique. Les médias rapportent que Blaney a fait des commentaires qui semblent menacer les gens d'exécution s'ils ne manifestent pas de la façon déterminée par le gouvernement et acceptable à ses yeux, une façon qu'il a qualifiée de « démocratique ». Blaney a aussi suggéré que les manifestations contre le barrage du site C et le tir fatal de la police sont liés au terrorisme et ajoutent aux raisons pour lesquelles on doit appuyer la loi anti-terroriste C-51 récemment adoptée qui, entre autres mesures répressives, donne plus de pouvoir aux policiers canadiens et aux agences d'espionnage pour se livrer à des opérations-pièges et perturber les manifestations dont celles des Nations autochtones à la défense de leurs droits.
Ces commentaires font écho à ceux faits par le premier ministre et des membres de son cabinet suite au meurtre du soldat au Québec et de celui d'Ottawa en octobre 2014 qui étaient remplis de références déplacées aux manifestants comme étant des « criminels » ou des « extrémistes ». Ces qualificatifs sont brandis pour justifier l'ordre du jour extrémiste du gouvernement Harper par lequel on institutionnalise l'utilisation du terrorisme d'État contre ceux qui ne partagent pas les positions étroites, antisociales et bellicistes de ce gouvernement. Comme l'a écrit Pauline Easton dans Le Marxiste-Léniniste à ce moment là avant que ne soit présenté et adopté le projet de loi C-51, « À cet égard, le plus grand danger pour la société ne vient pas d'individus qui commettent des crimes, car tous les mécanismes sont en place pour les juger et les obliger à rendre des comptes. Le plus grand danger réside dans l'adoption de lois et de pratiques par les gouvernements qui permettent aux ministres et aux organismes de sécurité d'agir en toute impunité, sur une base arbitraire, et non pas dans le respect de la primauté du droit. Lorsque ces lois et ces pratiques vont à l'encontre des règles établies par les êtres humains et leur société et sont de fait des crimes, même si ceux qui édictent ces lois disent qu'elles n'en sont pas, la société se retrouve avec un grave problème ». [...] « Cela montre bien qu'il est très dangereux qu'un groupe ou un individu ne fasse pas que professer que ses opinions sont supérieures à toutes les autres, mais les traduise en loi. Cela viole les principes fondamentaux de la démocratie et pose de graves dangers pour la société. De plus, l'expérience passée montre que l'État canadien et ses agences sont le plus souvent qu'autrement impliqués dans des opérations qui ont poussé des personnes à commettre des actes auxquels, de leur propre chef, elles n'auraient pas pensé se livrer, ni n'auraient eu les moyens de le faire. Les individus sont ensuite blâmés pour ces attaques. L'État y trouve sa justification pour prendre des mesures plus répressives et déclare que, grâce à ces mesures, de nombreux attentats ont été prévenus. C'est pourtant ce que fait le gouvernement Harper. Il est déjà en train de criminaliser le droit de conscience et envisage maintenant de l'interdire purement et simplement. Cela montre que le gouvernement est lui-même devenu extrémiste. Il justifie ses actions en remplaçant les faits par sa propre opinion, il renoue avec les pratiques médiévales de la diffamation et de la proscription des personnes avec qui il n'est pas d'accord. Une fois qu'une personne est déclarée hors-la-loi, elle devient une « proie idéale » - une cible d'attaque. [...] « Les opinions sur tel ou tel groupe ou personne ne peuvent remplacer les faits. Les faits montrent que ce sont les actions du gouvernement Harper au Canada et à l'étranger qui posent le plus grand danger pour la société actuellement. Le droit individuel de conscience doit être affirmé, non pas violé. Cela est indissociable de l'opposition résolue à ceux qui fomentent ou organisent la violence. Toute chose doit être examinée selon son mérite. Le gouvernement du Canada doit cesser de déclarer que la violation des droits au Canada et les violations du droit international à l'étranger font que les Canadiens sont plus en sécurité. Son devoir est de défendre les droits de tous. La conception que les libertés démocratiques ont des limites raisonnables, elles-mêmes définies de manière intéressée, n'est pas une conception moderne ou une règle du comportement moderne. Les droits appartiennent à leur détenteur en vertu de leur humanité. Ceux qui les foulent aux pieds attaquent l'être même des personnes, des minorités et des organisations ciblées et donc l'essence même de la société. »
Beaucoup d'opposition à la statue à l'allure de zombie dans un parc national de Nouvelle-Écosse![]() Croquis de l'emplacement de l'Anse Green du monument « Mère Canada » Un homme d'affaires de Toronto et un général canadien à la retraite proposent d'ériger un monument de guerre de 24 mètres de haut et couvrant un hectare sur les berges de l'Anse Green dans le Parc national des Hautes-Terres-du-Cap-Breton, en Nouvelle-Écosse. La statue, nommée « Mère Canada », servirait tout particulièrement à commémorer les soldats de l'armée canadienne morts à l'étranger et doit être construite d'ici 2017. Le gouvernement Harper a commencé le processus d'approbation du projet en 2013 quand l'ancien ministre de l'Environnement Peter Kent a autorisé Parcs Canada à collaborer au projet. Le ministre fédéral de la Justice et député de Nouvelle-Écosse Peter MacKay et la ministre responsable de Parcs Canada, Leona Aglukkaq, ont tous deux approuvé le mémorial. En fait, MacKay fait partie des parrains honoraires. Cependant, beaucoup de Canadiens expriment leur opposition et couvrent de ridicule ce projet ; par exemple, certain disent que cette statue ressemble à un zombie et n'est rien de plus qu'un « mémorial à Harper ». En se concentrant uniquement sur les opérations militaires du Canada à l'étranger, le projet de statue brouille délibérément la distinction entre les guerres justes et injustes auxquelles a participé l'armée canadienne et présente la glorieuse contribution du Canada à la défaite des nazis hitlériens pendant la Deuxième Guerre mondiale comme étant en quelque sorte équivalente à sa participation honteuse aux guerres d'agression impérialistes illégales, comme l'invasion de la Corée, du Vietnam et de l'Afghanistan et les bombardements de la Yougoslavie, de l'Irak, de la Libye et de la Syrie. Il fait écho aux récents discours du Jour du souvenir du gouvernement Harper qui propage la même désinformation. Cette statue est une autre étape du projet de Harper de promouvoir le Canada comme une nation belliciste qui glorifie la force militaire comme moyen de régler des litiges dans le monde et aligne le Canada du côté des impérialistes américains, des occupants israéliens et des autres États agressifs qui ont un lourd dossier de terrorisme d'État et d'interventions militaires.
La statue « Mère Canada » relève également d'une hypocrisie évidente compte tenu des attaques continues de Harper contre les anciens combattants et le ministère des Anciens Combattants Canada, notamment les nombreuses fermetures des bureaux qui offrent des services essentiels aux anciens combattants et le comportement insultant du représentant de ce ministère envers ceux dont il a la responsabilité. Il est encore plus insultant que le gouvernement veuille faire croie aux anciens combattants que ces attaques contre leur bien-être ne sont que des améliorations d'efficacité qui ne toucheront pas à leur accès aux services dont ils ont besoin. Le cynisme du gouvernement est évident. Il veut continuer d'envoyer des jeunes canadiens comme chair à canon dans des guerres d'agression à l'étranger et ne veut pas s'occuper des blessés et des familles de ceux qui sont tués, morts au combat. En même temps, la bande à Harper n'a aucun scrupule à dépenser des millions de dollars pour construire une statue qui n'améliorera en rien la vie des anciens combattants. Le groupe derrière le projet, la Fondation du mémorial national « N'oublions jamais », promet de recueillir le financement nécessaire pour couvrir les coûts, estimés à 60 millions de dollars, de la statue « Mère Canada » par des dons privés. Le projet a déjà reçu 90 000 $ de Parcs Canada et la Fondation dit qu'elle soumettra une demande afin de recevoir le soutien fédéral dans le cadre du Programme d'infrastructure communautaire de Canada 150. Selon les documents déposés auprès de l'Agence du revenu du Canada, à la fin de 2014 la Fondation avait seulement 6 000 $ dans son compte, avec 30 000 $ des comptes débiteurs contre 396 000 $ dans les comptes créditeurs et charges à payer. L'expérience montre que, lorsque des groupes privés manquent de fonds pour des projets que le gouvernement Harper approuve, le gouvernement fédéral intervient et donne des millions en fonds publics. C'est ce qui s'est produit dans le cas du monument anticommuniste et pro-nazi controversé à Ottawa. Ses nombreux détracteurs soutiennent qu'une telle
statue n'a pas sa place dans un parc national public et que le parc
appartient à tous les Canadiens et n'est pas une chasse
gardée du gouvernement Harper. En même temps, on sait que
la privatisation des parcs est au programme du gouvernement Harper,
comme en témoignent ses coupures dans
les budgets des parcs et ses appels ouverts à la
commercialisation des parcs. Situer le monument dans un parc national
est sans doute une manière de garantir l'injection de fonds
publics si les dons sont insuffisants. Les détracteurs parlent
aussi du danger que la
statue représente pour le milieu environnant ; par exemple,
couler des tonnes de bétons sur des
roches qui datent de plus de 1,5 milliard d'années. Outre la
statue imposante, le complexe commémoratif comprendra un
stationnement de 300 places, un centre d'interprétation, un
casse-croûte et un magasin de souvenirs. Ce projet contrevient
à l'article de la Loi sur les parcs nationaux du Canada
(L.C. 2000, ch. 32) sur l'atténuation
des dommages à l'environnement. La seule
« évaluation environnementale » de
l'emplacement a été réalisée par Stantec
Inc., un bureau d'ingénieurs privés qui est
également un des principaux partenaires corporatifs du projet. ![]() Emplacement du mémorial proposé En plus d'être situé dans un parc public, l'endroit prévu est situé sur des terres non cédées des Mi'kmaq. L'universitaire et ethnobotaniste mi'kmaq Tuma Young, professeur adjoint à l'Université du Cap-Breton, a préparé un rapport pour le groupe Friends of Green Cove dans lequel il explique que la statue pourrait avoir un impact négatif considérable sur les droits ancestraux et issus de traités de chasse et de pêche et sur la récolte des plantes médicinales traditionnelles dans la région de l'Anse Green. Le rapport note que le site a également une grande importance culturelle et spirituelle en relation avec les mythes et les histoires du héros culturel mi'kmaq Kluskap. Tuma Young indique dans son rapport : « Si le développement proposé de Mère Canada devait aboutir, toute utilisation future de la zone et tout exercice futur des droits ancestraux et issus de traités par les L'nu [Mi'kmaq] seraient éteints. » Dans un communiqué de presse du 9 juillet, Friends of Green Cove qualifie la statue « Mère Canada » d'« acte potentiel de vandalisme culturel et écologique ».
Un professeur d'histoire à l'Université de Montréal expose l'idéologie extrémiste du Monument anticommuniste à OttawaLe quotidien Le Devoir à Montréal a publié un article de Yakov Rabkin, professeur d'histoire à l'Université de Montréal, dans lequel il souligne que le plan mal conçu du gouvernement Harper de construire un « monument aux victimes du communisme » tout près de la Cour suprême à Ottawa est beaucoup plus qu'une simple manoeuvre politique en vue des élections fédérales. L'auteur démontre par un argument raisonné que ce projet si ardemment poussé en dépit de l'opposition de tous les côtés s'inscrit dans les tentatives des conservateurs de Harper de manipuler la mémoire sociale collective pour convenir à leur idéologie extrémiste. Le professeur Rabkin écrit : « Ce projet fait partie de la transformation radicale de la société canadienne que son gouvernement mène avec une cohérence idéologique sans pareil d'année en année. » Il continue en soulignant : « Le nom même du monument à venir est emprunté au vocabulaire de la guerre froide. Reprendre ces termes vingt-cinq ans après la fin de la guerre froide n'est pas innocent et fait partie de la rhétorique belliqueuse et manichéenne du gouvernement Harper en matière de politique internationale. » L'article explique que dans plusieurs pays d'Europe de l'Est tel l'Ukraine et certains États baltes, il y a une tendance à ériger des monuments pour honorer la mémoire de ceux qui ont collaboré avec l'Allemagne nazie durant la Deuxième Guerre mondiale. Pour justifier cette idée, on prétend que certains collaborateurs nazis étaient des patriotes qui « luttaient » contre le communisme. Le professeur Rabkin explique : « D'où le besoin idéologique d'établir une équivalence morale entre le socialisme soviétique et le nazisme allemand. En Estonie, par exemple, j'ai visité un 'musée des occupations' dans lequel on met sur le même plan quatre ans de l'occupation militaire nazie et presque six décennies au sein de l'Union soviétique. L'Estonie, où les collaborateurs locaux des nazis avaient exterminé pratiquement tous les juifs, faisant de leur pays un des premiers à mériter auprès des autorités nazies le titre jüdenrein (nettoyé des juifs), y apparaît comme une victime plutôt innocente. On en sort avec l'impression qu'il n'y a guère de différence entre le régime hitlérien et l'armée soviétique qui l'a détruit. » L'article souligne aussi que Harper a dédaigné de participer à la commémoration du 70e anniversaire de la victoire sur le fascisme dans un effort conscient pour effacer de notre mémoire collective le rôle décisif de l'armée soviétique qui a combattu toute seule durant trois ans contre l'envahisseur nazi. Le professeur Rabkin conclut son article en exposant les positions extrémistes des conservateurs de Harper dans les affaires internationales : « Vu l'engagement idéologique du Parti conservateur, c'est le monument aux 'victimes du communisme' et non à celles du capitalisme qui sera érigé à Ottawa. En essayant d'effacer le rôle de l'Union soviétique dans la lutte contre le nazisme, il cherche à façonner la nouvelle mémoire collective de la Seconde Guerre, tout en renforçant le ressentiment antirusse. Quant aux menaces contre la Russie, M. Harper est le chef de gouvernement occidental le plus belliqueux. Il tente aussi de discréditer toute solution de gauche au néolibéralisme triomphant. Idéologue de droite tant acharné que patient, il se sert politiquement de ce projet de monument que beaucoup de Canadiens n'approuvent pas (88 % des répondants sur le site de la CBC se sont prononcés contre). » L'article est disponible sur le site Web
du
journal Le
Devoir. Réouverture historique de l'ambassade cubaine aux États- Unis Le drapeau cubain flotte dans la capitale étasunienne![]() Au matin du 20 juillet, la mission diplomatique cubaine aux États-Unis a officiellement été rétablie. Pour la première fois en plus d'un demi-siècle, l'hymne national de Cuba a été joué dans la capitale des États-Unis et son drapeau hissé à l'occasion de la réouverture de l'ambassade cubaine aux États-Unis dans ce qui a été la Section des intérêts cubains à Washington, DC.
En plus du grand nombre de personnes qui se sont
retrouvées sur le terrain de l'ambassade pour cet
événement historique, plus de cent personnes se sont
rassemblées à l'extérieur du terrain de la mission
située sur la 16e rue, flanqués de dizaines de
journalistes. On y voyait des personnalités politiques et
d'autres personnalités bien connues de
Cuba et des États-Unis. ![]() ![]() ![]() De gauche à droite : le sénateur du Vermont Patrick Leahy et son assistant Tim Riser ; Josefina Vidal, directrice générale du département chargé des États-Unis du ministère des Relations extérieures de Cuba et José Ramon Cabañas, chargé d'Affaires de l'ambassade cubaine ![]() De gauche à droite : Miriam Garcia, doyenne de l'Université d'informatique, Eusebio Leal, historien de la ville de La Havane, Miguel Barnet, président de l'Union des écrivains et artistes de Cuba (UNEAC), et Ana Maria Mari Machado, vice-présidente de l'Assemblée nationale de Cuba ![]() ![]() De gauche à droite : l'ancien représentant des États-Unis Bill Delahunt, l'ancien président de l'Assemblée nationale de Cuba Ricardo Alarcón et l'acteur Danny Glover ; le chanteur et compositeur cubain Silvio Rodriguez Le ministre des Relations étrangères Bruno Rodríguez Parrilla est devenu le premier représentant officiel de Cuba à faire une visite d'État aux États-Unis depuis la rupture des relations diplomatiques en 1961. Tout de suite après la cérémonie d'inauguration, il a tenu une conférence de presse à laquelle a participé la sous-secrétaire d'État pour l'hémisphère occidental, Roberta Jacobson. Plus tard en journée, Rodríguez Parrilla a été reçu par le secrétaire d'État John Kerry. Les chefs de la diplomatie cubaine et étasunienne ont discuté de l'état des relations entre les deux pays et des progrès qui ont été accomplis depuis les annonces du 17 décembre 2014. Ceux-ci comprennent le retrait de Cuba de la liste des États-Unis des « États qui soutiennent le terrorisme », la rencontre historique entre les présidents Raúl Castro et Barack Obama à Panama, l'expansion des échanges officiels sur des questions d'intérêt commun, le rétablissement des relations diplomatiques et la réouverture des ambassades.
Il a dit que le président Obama peut pendant ce temps continuer d'utiliser ses pouvoirs exécutifs pour réduire l'impact du blocus de façon significative. Rodriguez Parilla a réaffirmé la volonté du gouvernement cubain à faire avancer la normalisation des relations avec les États-Unis sur les fondements du respect et de l'égalité et sans compromettre l'indépendance et la souveraineté de l'île. Les deux parties ont réaffirmé leur intérêt à normaliser les relations bilatérales tout en reconnaissant que ce sera un processus long et complexe qui va exiger de la bonne volonté de la part des deux pays. (Photos : CubaDebate, Granma International, B. Hackwell) Discours du ministre des Relations extérieures
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