Le Marxiste-Léniniste

Numéro 34 - 29 juillet 2015

Douze ans dans la vie de la section 1005
du Syndicat des métallos (2003-2015)

Les métallos de Hamilton expriment
leur grande appréciation des membres
de l'exécutif sortant


À la réception donnée en l'honneur de l'ex-président et de l'ex-vice-président de la
section locale 1005 du Syndicat des Métallos, Rolf Gerstenberger et Jake Lombardo,
à Hamilton le 24 juillet 2015

Survol des réalisations de Rolf Gerstenberger à la présidence du syndicat

De certains problèmes fondamentaux au Canada
La réunion du Conseil de la fédération ne règle rien
- Louis Lang -

Le gouvernement Harper manque à sa responsabilité de défendre
les producteurs laitiers contre les attaques des États- Unis

- Dougal MacDonald -

Violence policière en Colombie-Britannique à l'extérieur du forum
public sur le barrage du site C

Beaucoup d'opposition à la statue à l'allure de zombie dans
un parc national de Nouvelle-Écosse

- George Allen -

Un professeur d'histoire à l'Université de Montréal expose l'idéologie extrémiste du Monument anticommuniste à Ottawa

Réouverture historique de l'ambassade cubaine aux États- Unis
Le drapeau cubain flotte dans la capitale étasunienne
Discours du ministre des Relations extérieures de la République de Cuba
Un comité du Sénat des États-Unis approuve
l'élimination des restrictions sur les voyages à Cuba


Douze ans dans la vie de la section 1005
du Syndicat des métallos (2003-2015)

Les métallos de Hamilton expriment leur grande appréciation des membres de l'exécutif sortant


La salle était remplie à craquer vendredi soir le 24 juillet, à la réception donnée par les métallos de la section locale 1005 de Hamilton, leurs familles, les retraités et des représentants de la communauté en l'honneur des membres de l'exécutif sortant du syndicat, Rolf Gerstenberger et Jake Lombardo, qui ont été respectivement président et vice-président du syndicat. Toutes les générations de travailleurs étaient représentées, des plus jeunes métallos jusqu'aux grévistes de 1946-47, en passant par les travailleurs qui ont participé aux différentes luttes depuis, avec leurs conjoints, partenaires, enfants et petits-enfants et des amis de la communauté. Anna Di Carlo, dirigeante nationale du Parti marxiste-léniniste du Canada, était également présente avec une délégation de travailleurs et de jeunes du parti. Il y avait aussi les deux députés néodémocrates fédéraux de la région, Wayne Marsden et David Christopherson, de même que les députés provinciaux Paul Miller et Monique Taylor et quelques candidats du NPD à la prochaine élection fédérale. Bob Bratina, ancien maire de Hamilton qui a joué un rôle important dans la lutte contre le lockout par US Steel en 2011, le conseiller municipal Scott Duvall, qui était président de la section locale 5328 du Syndicat des métallos lorsque Stelco a demandé la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies, et d'autres conseillers et des représentants de la commission scolaire étaient présents également.

Tous étaient là pour exprimer leur profonde appréciation à la section locale 1005 pour le rôle décisif qu'elle a joué au cours des douze dernières années sous la présidence de Rolf, avec l'actuel président du syndicat Gary Howe et Jake Lombardo à ses côtés et tous les autres membres de l'exécutif et du syndicat et les retraités.

En plus de remettre la présidence et la vice-présidence du syndicat à leurs successeurs, Rolf a pris sa retraite après 42 ans de service comme travailleur à l'aciérie de Hamilton et Jake aussi avec 38 ans de service.


Le président actuel de la section locale 1005, Gary Howe, aux côtés de Rolf Gerstenberger, Wayne Hudema et Jake Lombardo

De 2003 à 2015, la section locale 1005 a mené les métallos de Hamilton dans la défense de leurs droits et des droits de tous, dans de dures batailles contre les demandes de concessions de la compagnie, ses faillites frauduleuses, un lockout brutal et la destruction de la production de l'acier au profit de monopoles étrangers. La section locale 1005 parlait au nom des métallos de Hamilton mais aussi au nom de la classe ouvrière et de tous les travailleurs quand elle a mis de l'avant le mot d'ordre que Stelco, Hamilton et le Canada doivent continuer de produire de l'acier et qu'il faut donner à l'économie canadienne un but qui s'inscrit dans un projet d'édification nationale moderne qui garantira les droits du peuple, pas les privilèges des riches. Le syndicat s'est également fait connaître comme un défenseur des droits des peuples autochtones, des travailleurs accidentés, des retraités, des femmes et de tous.

Une édition spéciale du journal de la section locale, Information Update, a été publiée pour l'occasion avec un merveilleux reportage-photos représentant « douze années dans la vie de la section locale 1005 du Syndicat des métallos - 2003-2015 ». Le reportage-photos donne un éloquent aperçu de ce que les métallos de Hamilton ont appris au cours des douze dernières années sous la direction de leur syndicat. Le journal a reçu un accueil très chaleureux : on en trouvait des copies sur toutes les tables et les travailleurs étaient absorbés par la lecture et les photos.

La soirée a été ouverte par Tom Pollock au nom du comité organisateur, qui a parlé du fond du coeur. Il a expliqué que son syndicat avait toujours été là pour lui et sa famille dans les moments difficiles, comme par exemple quand il a perdu un petit-fils. Il a dit que ce fut un plaisir de travailler avec Rolf et Jake et que c'était un honneur pour lui d'être présent à cette réunion d'adieu, que c'était la plus grande fête de retraite qu'il ait jamais organisée.

Gary Howe a introduit Rolf en disant que ce fut formidable de travailler avec Rolf et Jake toutes ces années. Puis quand Rolf a commencé à parler de ce qu'il avait appris en tant que président du syndicat, on aurait entendu une mouche voler. C'était en gros l'histoire de la destruction continuelle de la production de l'acier et de la production manufacturière au Canada par des intérêts monopolistes privés et de travailleurs qui relèvent le défi de s'y opposer et de défendre leurs intérêts.

Rolf a rappelé l'importance de prendre position « contre les ententes secrètes et contre les négociations dans le dos des travailleurs ». « L'acier est ce sur quoi la société est bâtie, a-t-il expliqué. Alors que penser quand les producteurs de l'acier sont jetés à la poubelle comme de la ferraille ? Cela veut dire que la société a de sérieux problèmes et que c'est à nous de voir à changer sa direction. C'est ce que nous avons fait au cours des douze dernières années et je tiens à exprimer ma profonde gratitude à chacun d'entre vous, à nos familles et à notre communauté. »

Il a expliqué comment les assemblées du jeudi ont commencé. Il s'agissait au début de faire en sorte que les travailleurs participent aux prises de décisions sur les choses qui les concernent. Cela s'est présenté comme un besoin immédiat avant et durant la première fraude de faillite de Stelco, en 2003, qui a duré jusqu'en 2006. Les travailleurs et la communauté avaient besoin de se tenir informés des développements. Sans information, comment les travailleurs peuvent-ils décider comment intervenir ?

« Des centaines de travailleurs venaient à ces réunions. Ils voulaient savoir ce qui se passait et ce qu'ils devaient faire », a dit Rolf.

Aux assemblées du jeudi, le président fait d'abord rapport de ce qui s'est produit durant la semaine, quels problèmes ont surgi et ce que les travailleurs ont fait. Ensuite le débat est ouvert et chacun peut prendre la parole.

« Souvent nous n'étions pas sûrs de ce qu'il fallait faire, alors nous ne faisions rien », a dit Rolf, pour souligner que la chose principale était de ne pas paniquer. « Mais nous discutions jusqu'à ce que nous sachions ce que nous voulions faire, ce qui servirait nos intérêts. Nous avons fait cela pendant douze ans. C'est presque 700 assemblées. Et ça continue. »

Il a expliqué que cette méthode qui consiste à explorer complètement chaque question crée de la conviction. Souvent nous devons faire des choses sans grande gaieté de coeur mais nous savons que c'est ce qu'il faut faire. « Le résultat est que si nous rejetons quelque chose, nous savons pourquoi, et si nous acceptons quelque chose, nous savons pourquoi également. »

Poursuivant sur les assemblées du jeudi, Rolf a expliqué ceci :

« La première chose était d'établir dans le syndicat une culture où chacun a le droit de dire son point de vue et de participer aux prises de décisions parce que les décisions ont des conséquences pour eux. La vieille pression dans la société est que quelqu'un va vous dire quoi faire. Et nous avons appris qui était ce 'quelqu'un'. C'était le juge Farley, c'était US Steel ou Stephen Harper. C'est comme cela que les choses ont commencé. C'était par nécessité. Sans ces assemblées ç'aurait été la panique à chaque fois. »

Rolf a aussi expliqué comment, en défendant les travailleurs, le syndicat a pris position contre l'idée antiouvrière que les travailleurs ne sont pas assez doués pour participer aux prises de décision sur les choses qui les concernent et contre l'idée anticommuniste que la discussion serait manipulée par Rolf parce qu'il est communiste. La section locale 1005 a incité tous les travailleurs, peu importe leur niveau de scolarité, à lire les documents juridiques et des rapports financiers de quatre pouces d'épaisseur. Cela a créé énormément de confiance. Les travailleurs comprenaient ce qui se passait et ils se sont rendu compte qu'en général les avocats, les directeurs et les politiciens ne lisent pas. Ils ne font que répéter ce qu'on leur a dit de dire.

« La vérité est que la méthode qui consiste à prendre des décisions en s'informant d'abord, en engageant tous ceux qui sont touchés dans la formulation des décisions, cela permet de résoudre beaucoup de problèmes. Après les assemblées les membres et les retraités allaient dans leur famille, au restaurant du coin et dans leurs cercles d'amis et disaient : 'Voici ce que nous avons discuté.'.

« Jusqu'à mon dernier jour en poste, je n'ai jamais compris comment on peut diriger un syndicat sans avoir une idée de ce que les gens pensent. Il y a des syndicats qui n'engagent personne dans les prises de décisions, puis quand les choses vont mal, ils invoquent le bon dieu. Pour nous il fallait que tout se fasse ouvertement. Nous allions aux assemblées et disions : 'Voici ce qu'il faut faire selon nous et voici pourquoi. Cela a-t-il du sens ? Et ensemble nous pouvions déterminer si cela avait du sens ou pas, si c'était dans notre intérêt ou pas. Et quelles seront les conséquences, comment cela affectera-t-il nos membres, la communauté, le pays ? Comment faire pour limiter les dégâts ? Personne ne veut être abandonné à son sort, alors nous demandions à tout le monde de nous dire ce qui leur arrivait pour que nous puissions intervenir. »

Rolf a continué en disant : « J'ai toujours fait confiance aux membres actifs et à la retraite, à nos familles, à notre histoire commune et à notre désir de répondre aux besoins de nos familles et de notre pays. Ensemble nous avons défendu ce en quoi nous croyions et je n'ai jamais été déçu, pas une seule fois. Il y a eu des moments difficiles et nous les avons affrontés en toute tranquillité d'esprit parce que nous savions que nous faisions du mieux que nous pouvions. Nous étions préparés et n'avions rien à cacher.

« Je ne me souviens pas d'une seule occasion où nous avons paniqué ou avons senti la panique. Nous nous réunissions et trouvions des solutions, nous nous basions sur la justesse de notre cause. C'est ce que nous continuons de faire aujourd'hui puisque nous n'avons aucune intention de laisser US Steel s'en sauver avec ses magouilles. »


Le poète de la section locale 1005 Bill Mahoney a interprété «Our Town» au grand plaisir des participants.

Rolf a remercié son parti, le Parti marxiste-léniniste du Canada (PMLC), qui, a-t-il dit, est resté aux côtés des métallos dans les moments les plus difficiles et continue de le faire aujourd'hui. La présence de la dirigeante nationale du PMLC, Anna Di Carlo, à la réception a été marquée par des applaudissements.

Rolf a remercié du fond du coeur les travailleurs qui ont commencé les assemblées du jeudi, ceux qui sont disparus et ceux qui ont fait une contribution spéciale à la vie de la section locale 1005. Il a mentionné les trois autres métallos qui ont commencé les assemblées du jeudi avec lui, Wayne Hudema, Gary Howe et Jake Lombardo. Il a parlé avec beaucoup d'émotion des travailleurs disparus, notamment Bob Smith (Smitty) qui a joué un rôle crucial dans la lutte contre les procédures de faillite.

Rolf a eu droit à une ovation prolongée pour son intervention, surtout quand il a dit à la fin qu'il continuera de participer à différents aspects de la vie du syndicat, en particulier la distribution du journal Information Update chaque semaine au centre-ville de Hamilton et la participation aux actions qui avancent la cause des droits de tous.

Le député fédéral de Hamilton Centre, David Christopherson, a ensuite pris la parole et présenté à Rolf et Jake chacun un certificat d'appréciation pour leurs contributions à la communauté.

Jake Lombardo a conclu les interventions en offrant ses sincères remerciements à tous les travailleurs et aux familles venus honorer la section locale 1005. Parlant des batailles menées par le syndicat au fil des années et de la façon dont il a défendu les principes et les droits de tous, il s'est demandé à quoi ressemblerait le Canada si tous les syndicats faisaient la même chose. « Au Canada et en Ontario, si tous les syndicats joignaient leur force et faisaient ce que nous avons fait, y compris éduquer les gens sur la rue », ils gagneraient, a-t-il dit. Il y a toujours un choix à faire. « Aujourd'hui les gens ne sont pas contents de ce que fait Stephen Harper, ils ne sont pas contents de ce que fait Kathleen Wynne. Les choses peuvent changer et au bout du compte il va falloir beaucoup de travail et il va falloir faire comme nous. »

« Nous devons laisser à d'autres la chance de se lever et de défendre les droits de tous. Défendre tous les droits de tous les travailleurs ici. Il est temps de multiplier les efforts. Ils l'ont fait en 1946 et nous pouvons le faire aujourd'hui. »

Jake a remercié tous ceux et celles qui sont venus et les a invités à continuer la bataille dans les rues, en éduquant les gens, et à créer un meilleur monde pour nos enfants, petits-enfants et arrières petits-enfants. Son intervention a été accueillie par des applaudissements et une ovation prolongée.

Un par un, les travailleurs sont venus à la rencontre de Rolf et Jake pour leur serrer la main, prendre des photos et exprimer leur gratitude pour la bataille menée par le syndicat et son leadership pour défendre la dignité du travail. En cette occasion, Le Marxiste-Léniniste transmet ses salutations chaleureuses à Rolf et Jake, au nouveau président de la section locale 1005 Gary Howe, à tous les membres de l'exécutif et à tous les métallos et retraités combatifs et à la population de Hamilton qui ont appuyé leur cause.

(Photos : VoS)

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Survol des réalisations de Rolf Gerstenberger à la présidence du syndicat


Les métallos de Hamilton sur la colline du Parlement à Ottawa le Premier Mai 2011, poursuivant dans l'esprit de 1946 dans les conditions actuelles

La grande réalisation de la section locale 1005 du Syndicat des métallos sous la direction de Rolf Gerstenberger a été de renouveler son esprit fondateur dans les conditions du présent. Ce n'est pas une mince affaire. Le syndicat a persévéré et s'est développé dans toutes les conditions, un exploit dont très peu d'organisations peuvent se vanter. Il a renouvelé l'esprit combatif du début dans les conditions du présent et a conservé son caractère vital, ce qui lui a permis de diriger les syndiqués et retraités dans la défense de leurs droits et des droits de tous.

Lorsque Rolf est devenu président, le syndicat affrontait le PDG de Stelco James Alfano qui voulait imposer une réduction de salaire de 20 %. Le syndicat a vu qu'il s'agissait d'une tentative de se servir des difficultés de l'industrie de l'acier, qui n'ont pas été causées par les travailleurs, comme excuse pour augmenter la réclamation des détenteurs de la dette et des actifs de Stelco à la richesse produite par les métallos, aux dépens des métallos.

En 2003, Rolf a mené la section locale 1005 dans une résistance aux demandes de concessions du nouveau PDG Courtney Pratt qui, comme Alfano avant lui, cherchait à créer l'impression que le ciel va nous tomber sur la tête si les métallos ne font pas ce qu'on leur demande. Le syndicat a invité les travailleurs à rester calmes et à ne pas céder à la panique. Il a fait valoir que les concessions n'étaient pas une solution à la crise de l'acier et qu'en fait, Stelco était capable de produire cinq millions de tonnes d'acier par année, ce qui voulait dire qu'avec la montée des prix de l'acier au niveau du prix de production la compagnie aurait bientôt un revenu brut considérable.

Malgré l'augmentation évidente du revenu brut, M. Pratt a entamé une procédure aux termes de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies (LACC) et, avec la collaboration du juge James Farley de la Cour supérieure de l'Ontario, il a placé l'entreprise sous la protection de la faillite le 29 janvier 2004. Sous la direction de Rolf, le syndicat a dénoncé la fraude et a refusé de participer à de frauduleux pourparlers de restructuration où la convention collective serait rouverte et les travailleurs seraient forcés de faire des concessions. C'est à l'initiative de la section locale 1005 du Syndicat des métallos durant les deux années de procédure de faillite que la LACC a été exposée partout au pays comme un vol légalisé, organisé par l'État, des pensions, salaires et avantages sociaux et un assaut contre tous les créanciers qui n'étaient pas ligués avec les plus puissants aux commandes du processus de faillite.

Le syndicat local a fait connaître son point de vue sur la LACC et beaucoup d'autres au Canada en sont venus à la conclusion que le processus régi par la LACC était en effet une fraude. De plus en plus de Canadiens en venaient à comprendre que la LACC et son équivalent aux États-Unis, le Chapitre 11, sont des instruments aux mains des propriétaires du capital les plus puissants pour consolider les avoirs et le pouvoir entre les mains d'une poignée de plus en plus restreinte de personnes ; pour liquider les investissements de capitaux des autres par les fermetures, les mises à pied et la vente d'actifs ; pour soutirer des concessions aux travailleurs par l'extorsion ; pour enrichir les parasites de l'industrie de la faillite et préparer les conditions pour d'énormes coups d'argent pour ceux qui contrôlent la compagnie à l'issue de la protection de faillite.

Tout cela s'est produit à Stelco, sauf que la section locale 1005 et d'autres intervenants ont tenu tête aux concessions et par leur résistance ont exposé tout le processus sous l'égide de l'État comme une fraude qui ne résout aucune des difficultés financières de la compagnie en question, aucun des problèmes du secteur ou de l'économie. Donnant un exemple édifiant de responsabilité sociale, le syndicat a proposé une restructuration alternative de Stelco, sans passer par la faillite et sans le désastre de la restructuration qui a par la suite permis à la firme Brookfield Management d'empocher des centaines de millions de dollars et de vendre l'aciérie au géant américain US Steel.

Lorsque la firme de gestion des actifs qui s'était emparé de Stelco durant la restructuration de faillite a fini par vendre Stelco à US Steel en 2007, le syndicat a alerté ses membres et retraités que le pire restait à venir. US Steel, un des principaux monopoles de l'empire américain, allait bientôt révéler ses véritables intentions. Après avoir signé une entente avec Investissement Canada par laquelle il s'engageait à améliorer la production et l'emploi avec l'acquisition de Stelco, après avoir conclu une entente avec le gouvernement de l'Ontario par laquelle il s'engageait à garantir le fonds de pension de Stelco et les prestations des travailleurs et après avoir fait paraître une lettre dans le Hamilton Spectator jurant à qui veut l'entendre que les pensions des métallos étaient assurées et inviolables, US Steel a tôt fait de se lancer dans une offensive antisociale et antinationale, fermant les aciéries de Hamilton et de Lake Erie et recourant à l'extorsion pour soutirer des concessions sur les pensions.


Manifestations des travailleurs sur le pont levant de Hamilton pour arrêter  l'expédition du coke de l'usine durant le lockout de 2011

Le syndicat a averti ses membres que US Steel ne respecterait aucun des contrats signés, puisque ce comportement était devenu la norme pour les monopoles mondiaux, qu'il mènerait une guerre d'usure contre les métallos pour leur soutirer les concessions voulues et qu'il ne s'arrêterait pas à la désindexation des pensions ni à l'institution d'un régime de pension, de salaire et d'avantages sociaux à deux paliers. Rolf a rappelé l'expérience directe de l'ère néolibérale qui montre que les monopoles comme US Steel pratiquent l'extorsion sur toutes les questions et ne respectent pas les ententes conclues avec les gouvernements.

Durant cette période, les métallos actifs et à la retraite ont clairement fait savoir par leur résistance déterminée qu'ils combattront le chantage et les demandes de concessions qui détruisent leur niveau de vie et qui mènent à la destruction nationale.

Le syndicat a expliqué à ses membres que cette lutte contre le monopole américain serait semblable à la grève de 1946. Bien que les conditions de la mondialisation néolibérale d'aujourd'hui ne soient pas les mêmes qu'en 1946, les travailleurs devront recommencer la bataille pour la reconnaissance syndicale et pour l'acceptation par les propriétaires du capital monopoliste et les gouvernements que les travailleurs ont des droits du fait qu'ils sont des êtres humains, qu'ils sont les producteurs de toute richesse et les dispensateurs de tous les services et que ces droits doivent être garantis et respectés par tous en pratique. Le sort des travailleurs et le sort du pays ne font plus qu'un, a dit Rolf.

Un autre aspect du leadership de Rolf est sa conviction que les travailleurs vont toujours défendre la justesse de leur cause. Le syndicat a mobilisé les travailleurs et les retraités dans l'opposition aux ententes secrètes et pour participer eux-mêmes directement aux prises de décisions qui les affectent. Son tout premier geste en devenant président a été de convoquer une assemblée hebdomadaire, à tous les jeudis sans exception, où tout est mis sur la table, où tout ce qui est important pour les travailleurs et les retraités est discuté et où ensemble on formule et adopte une stratégie gagnante que les membres et retraités défendront dans l'unité et la détermination.

La section locale 1005 s'est aussi appuyée sur la communauté. Les gens sont informés de la situation à Stelco et le syndicat s'unit à tous ceux qui sont attaqués ou qui s'opposent à l'extorsion par les monopoles et qui veulent que le droit public soit respecté. Ensemble les métallos actifs et à la retraite et leurs supporters dans la communauté ont exigé que les gouvernements assument leur responsabilité sociale de défendre le droit public et de s'opposer à la destruction nationale.

Dès le début, Rolf a établi la pratique de faire des propositions concrètes pour rebâtir l'industrie canadienne de l'acier et l'économie du Canada et la défense des droits de tous par le syndicat a démontré en pratique qu'il est non seulement une organisation de résistance des travailleurs mais un syndicat qui assume ses responsabilités sociales.

La section locale 1005 réaffirme en pratique, comme elle l'a fait en 1946, que les travailleurs qui sont regroupés au sein d'un syndicat et qui sont déterminés à défendre leur juste cause peuvent gagner contre une force aussi menaçante que US Steel, qui cherche à profiter de son pouvoir mondial pour soutirer des concessions par la force et détruire l'industrie canadienne de l'acier. À cause de cela, beaucoup de travailleurs canadiens voient la section locale 1005 du Syndicat des métallos comme un modèle de détermination et d'unité du mouvement ouvrier.

Félicitations à tous les membres de la section locale 1005 qui ont persévéré dans la lutte pour défendre leurs droits et les droits de tous. En renouvelant constamment l'esprit et la conviction qui étaient à l'origine du Syndicat des métallos de Hamilton, en s'appuyant sur l'initiative de ses membres et de la communauté, en affrontant le monde et ses problèmes tels qu'ils se présentent et en ne les embrouillant pas avec des interprétations faciles, en tenant les gouvernements responsables de la défense du peuple et du droit public, la section locale 1005 du Syndicat des métallos a prouvé et continuera de prouver que le mouvement ouvrier peut affronter même les monopoles les plus puissants.

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De certains problèmes fondamentaux au Canada

La réunion du Conseil de la fédération ne règle rien


La manifestation « Un système de santé pas un système à la Harper » demande le réinvestissement de fonds dans le système de santé public pendant la réunion du Conseil de la fédération le 15 juillet.

La réunion estivale des premiers ministres des provinces et des territoires à St. John's à Terre-Neuve les 16 et 17 juillet 2015 a mis en lumière une fois de plus les conflits qui existent entre les gouvernements des provinces et le gouvernement fédéral et l'incapacité des premiers ministres provinciaux à en arriver à quelque accord substantiel entre eux.


Le Chef national de l'APN en conférence de presse suite à sa rencontre avec les premiers ministres

Les discussions préparatoires à la conférence avaient déjà montré l'insatisfaction des premiers ministres face au refus des conservateurs de Stephen Harper de traiter des questions d'importance nationale. Le 15 juillet, les premiers ministres ont rencontré les dirigeants des organisations autochtones nationales à Happy Valley-Goose Bay. Le premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador, Paul Davis, a annoncé que les premiers ministres appuient l'ensemble des 94 recommandations de la Commission de vérité et réconciliation et vont travailler à les mettre en oeuvre dans leur province et territoire. Les premiers ministres ont aussi réitéré leur appel à une enquête nationale sur les femmes autochtones tuées et disparues.

Le premier jour de la conférence, les premiers ministres ont reçu un rapport de la Fédération canadienne des syndicats d'infirmières et d'infirmiers (FCSII). Le rapport montre que les réductions effectuées par le gouvernement fédérale dans le Transfert canadien en matière de santé pourraient être pires que prévu, ce qui va accroître la pression sur les provinces qui ont déjà du mal à maintenir le système de santé public. La FCSII s'y dit très inquiète que les coupures envisagées par le gouvernement fédéral aux paiements de transfert en matière de santé vont faire plus que transférer les coûts aux provinces et aux territoires. Elle écrit :

« Les mesures du gouvernement fédéral forceront les provinces et les territoires à réduire leurs dépenses de santé. Des mesures qui limitent la gamme de services de santé publics offerts aux Canadiens pourraient rendre les options privées plus attrayantes et nuire aux soins de santé publics au Canada. »

Selon le rapport, les coupures dans les dépenses de santé pourraient atteindre 43,4 milliards $ d'ici huit ans si l'on se fie aux prévisions de croissance économique. Il prédit un manque à gagner de 10,7 milliards $ par année d'ici 2024-2025.



La Fédération canadienne des syndicats d'infirmières et d'infirmiers tient une manifestation le 5 juin pendant son Congrès national à Halifax où elle déclare que le système de santé va être un enjeu de l'élection fédérale. Les pancartes disent : « Votons pour le système de santé qui nous revient ».

Dans leur communiqué final, les premiers ministres expriment leur appui au rapport de la FCSII et demandent au gouvernement fédéral de s'engager à accroître le Transfert canadien en matière de santé de façon à ce qu'il représente un minimum de 25 % de toutes les dépenses de santé des provinces et des territoires. Il est important de noter que le gouvernement Harper n'a pas rencontré les premiers ministres pour discuter du système de santé ou négocier une entente depuis l'Accord sur la santé de 2004.

Les premiers ministres ont aussi critiqué le gouvernement fédéral pour n'avoir rien fait pour s'attaquer au problème de la réforme des pensions et ont demandé aux ministres des Finances des provinces et territoires de mettre à jour leur travail sur les options qui permettraient d'étendre le RPC/RRQ et de faire rapport aux premiers ministres à leur rencontre estivale de 2016.

La conférence a aussi exprimé la sérieuse préoccupation des premiers ministres au sujet de la qualité de l'information qui est fournie par l'Enquête nationale volontaire auprès des ménages, par laquelle le gouvernement fédéral a décidé de remplacer le questionnaire long obligatoire distribué dans le cadre du recensement. Ils ont dit que les changements apportés par Statistique Canada ont eu des effets négatifs sur la capacité des gouvernements à évaluer et à mettre en oeuvre des programmes et des services de première importance pour les Canadiens.

Dans leur communiqué final, les premiers ministres « demandent au gouvernement fédéral de travailler avec les provinces et les territoires à faire en sorte que les gouvernements disposent de statistiques qui soient fiables et de qualité, dont ils ont besoin pour prendre des décisions éclairées sur les politiques et les programmes qui aideront à répondre aux besoins de tous les Canadiens ».

C'est sur la question de la Stratégie canadienne de l'énergie, qui comprend la lutte aux changements climatiques et les pipelines énergétiques, que les contradictions les plus aiguës entre les premiers ministres se sont une fois de plus fait sentir. Ces questions sont à l'ordre du jour du Conseil de la fédération depuis plus de trois ans et pratiquement aucun progrès n'a été fait dans l'élaboration d'un accord. Les contradictions entre les premiers ministres sont devenues encore plus aiguës en 2014 suite à l'élection des premiers ministres Philippe Couillard au Québec et Kathleen Wynne en Ontario. Ces deux gouvernements libéraux ont annoncé qu'ils allaient travailler en étroite collaboration et bâtir une Alliance du Canada central qui s'opposerait à l'ordre du jour des conservateurs de Stephen Harper et des monopoles pétroliers de l'Alberta et de la Saskatchewan. Au nom de la protection de l'environnement, les premiers ministres Couillard et Wynne ont entrepris de mobiliser les premiers ministres derrière les monopoles du Canada central et d'utiliser la Stratégie canadienne de l'énergie dans leur intérêt. Cela a créé une impasse et depuis ce temps les premiers ministres ont été incapables d'en venir à une entente. Au contraire, tout cela a créé de nouveaux conflits sur la façon de réduire les émissions de gaz à effets de serre (GES) et l'introduction d'un système de plafonnement et d'échange.

Loin d'être un mécanisme qui permette de traiter des préoccupations face à l'environnement, cette Alliance du Canada central entre les gouvernements du Québec et de l'Ontario vise à faire usage de leur pouvoir considérable pour faire progresser leur plan de transformer le centre et l'est du Canada en un vaste réseau de corridors et de portes énergétiques comprenant pipelines, chemins de fer, camionnage intermodal et entreposage. L'objectif est de servir les monopoles qui visent à intégrer toujours plus l'économie canadienne aux États-Unis des monopoles d'Amérique du Nord, ce qui va continuer la destruction du secteur manufacturier et va subordonner l'économie canadienne toujours plus aux intérêts privés.

Pendant ce temps, le premier ministre Brad Wall de la Saskatchewan et d'autres qui représentent les monopoles pétroliers dans le secteur de la production et de la distribution luttent de façon désespérée pour que l'oléoduc Énergie Est soit construit de l'Alberta au Nouveau-Brunswick sans ingérence du Canada central. Dans le contexte où les États-Unis ont atteint l'autosuffisance en fait de production pétrolière, le pipeline Keystone XL vers le golfe du Mexique n'est plus une possibilité. Le développement futur des sables bitumineux dépend du projet Énergie Est de TransCanada.

C'est plutôt ironique qu'au moment même où le premier ministre Wall semonçait les premiers ministres qui selon lui minimisent l'importance du pétrole pour l'économie canadienne et osent critiquer les sables bitumineux, Nexen Energy en Alberta était impliqué dans un déversement de cinq missions de litres de bitume, de sable et d'eaux usées à partir d'un de ses nouveaux pipelines près de Fort McMurray.

Dans cette situation où chaque premier ministre représente les intérêts de divers monopoles en concurrence avec d'autres, il n'y a jamais eu progrès vers une entente sur une Stratégie canadienne de l'énergie. La conférence des premiers ministres a bien donné lieu à un document mais celui-ci est très loin d'une « stratégie » et expose plutôt l'incapacité des premiers ministres de dépasser le stade des généralités et de s'entendre sur quelque action concrète qui utilise les ressources naturelles du pays au service des citoyens et protège l'environnement.

En guise d'exemple, voici ce qu'on peut lire dans le document au sujet du contrôle des émissions des gaz à effet de serre :

« Mesure 2.2.1 : Revoir et explorer la possibilité d'élargir l'utilisation de mécanismes fondés sur le marché dans tout le Canada et préciser les opportunités de promouvoir la collaboration afin d'accroître l'efficacité et l'efficience des programmes. » ; « Mesure 2.3.1 : Collaborer à l'élaboration d'options pour une approche intégrée, pancanadienne et nord-américaine, de réduction des gaz à effet de serre. »

« Objectif 7.2 : Maintenir des pratiques exemplaires sur le plan mondial pour la construction et l'exploitation sécuritaire, efficace, fiable résistante et respectueuse de l'environnement de l'infrastructure énergétique du Canada. » À cet objectif correspond la mesure 7.2.2 qui se lit comme suit : « Identifier et adopter les pratiques exemplaires sur les plans politique et réglementaire dans les provinces, les territoires et à l'échelle internationale, et explorer la possibilité de mettre sur pied des normes communes en matière de technologie. »


Manifestation à St-John's lors de la réunion du Conseil de la fédération le 16 juillet 2015

L'incapacité des premiers ministres à formuler une Stratégie canadienne de l'énergie qui soit sensée vient du fait qu'ils n'ont d'autre but en ce qui concerne la société canadienne que de se faire le serviteur de tel ou tel monopole dans leur lutte pour contrôler les ressources naturelles et la richesse que créent la classe ouvrière et le peuple au Canada. Les centaines de millions de dollars en subsides et baisses d'impôts alloués aux monopoles pétroliers de l'ouest et les énormes subsides alloués aux grands pollueurs à même le Fonds vert spécial créé par le gouvernement du Québec[1] sont des exemples du vol des fonds publics qui nourrit les contradictions qui existent entre divers secteurs des entreprises monopolistes et les gouvernements fédéral, provinciaux et municipaux qui les représentent.

Pour la classe ouvrière et le peuple du Canada, il y a d'importantes questions au sujet desquelles les premiers ministres des provinces et les conservateurs de Stephen Harper font partie du problème et non de la solution. Il y a un besoin urgent de changement de la direction de l'économie où l'importance de protéger l'environnement naturel et de mettre fin à la dilapidation des ressources naturelles de la nation en faveur des intérêts privés va être reconnue. C'est comme cela que nous allons pouvoir construire une économie stable et prospère et défendre l'indépendance du pays et le bien-être du peuple.

Note

1. Un document rendu public par le ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques révèle qu'entre 2008 et 2013, les monopoles du transport, dont Canada Steamship, Bombardier et CN, les monopoles miniers dont Rio Tinto, le monopole Alouette de l'aluminium et le monopole des pâtes et papiers Kruger ont reçu plusieurs millions de dollars de fonds publics pour payer des navires et des locomotives de même que le transport de l'alumine et du bois.

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Le gouvernement Harper manque à sa responsabilité de défendre les producteurs laitiers contre les attaques des États-Unis


Manifestation contre le PTP à Ottawa le 10 juillet 2104

Alors que les négociations secrètes autour de l'accord de libre-échange appelé Partenariat transpacifique (PTP) s'éternisent, les États-Unis et d'autres intérêts étrangers continuent de s'attaquer au système de gestion de l'offre du Canada, en particulier ces temps-ci aux produits laitiers comme le lait, le fromage, le beurre, le yogourt et la crème glacée. Le 15 juillet, à l'occasion de leur réunion annuelle, les Producteurs laitiers du Canada ont adopté une résolution appelant Harper à ne pas faire de concessions sur la gestion de l'offre dans le cadre du PTP. Le 18 juillet, il a été révélé qu'un petit groupe de membres du Congrès américain, principalement des États producteurs de lait, ont écrit à l'ambassadeur canadien aux États-Unis, Gary Doer, pour demander que le Canada inclue davantage d'importation de produits laitiers américains dans le cadre des négociations du PTP. La lettre comprend la menace à peine voilée que si le Canada n'élargit pas l'accès aux producteurs laitiers étrangers, il risque d'être éliminé du PTP lors des dernières étapes des négociations.

Cela fait plus de quarante ans que les gouvernements fédéral et provinciaux du Canada gèrent efficacement et réglementent l'offre de produits laitiers, par un système de quotas, d'agences de commercialisation et de tarifs. Les systèmes provinciaux de gestion de l'offre laitière sont des organisations contrôlées par les producteurs et développées pour répondre aux besoins des producteurs laitiers. Elles rendent compte aux producteurs du prix qui est mis sur la valeur qu'ils ont produite. Elles sont en opposition au dogme des cercles dirigeants selon lequel certaines forces mystérieuses du « libre marché » peuvent établir des prix « justes » bien que tous les secteurs de l'économie soient dominés par des monopoles qui manipulent les prix en fonction de leurs intérêts étroits. Le bilan des systèmes de gestion de l'offre est louable. Ils permettent de maintenir depuis longtemps des prix stables et abordables pour les producteurs, les transformateurs et les consommateurs, et de garantir un approvisionnement constant et assuré de produits sûrs et de qualité. Ils permettent d'éliminer le recours aux subventions, tout en assurant aux agriculteurs des revenus prévisibles.

La lettre du Congrès américain qui s'en prend à l'industrie laitière canadienne a été appuyée par les deux principales organisations laitières américaines, la Fédération nationale des producteurs de lait (NMPF) et le Conseil américain pour l'exportation des produits laitiers (USDEC) qui ont réclamé « un accès équilibré au marché ». C'est un langage codé qui veut dire permettre aux producteurs des États-Unis de saisir les marchés laitiers canadiens une fois que les accords commerciaux internationaux ont éliminé le système de gestion de l'offre au Canada. Le démantèlement du système sert l'intérêt des monopoles privés étrangers mais pas celui des agriculteurs et des travailleurs canadiens. La destruction de la gestion de l'offre sonnerait le glas pour des milliers de fermes laitières familiales et provoquerait la destruction d'autres moyens de subsistance connexes, l'augmentation de l'insécurité économique, l'instabilité et la hausse des prix des produits, et imposerait aux Canadiens des produits étrangers qui pourraient ne pas répondre aux normes de production canadiennes.

Harper ne cesse de dire qu'il va protéger la gestion de l'offre ou qu'il « étudie la question » mais son objectif réel est de l'éliminer et de mettre l'industrie laitière et d'autres industries dans les mains étrangères, comme il l'a fait avec la Commission canadienne du blé. John Manley, président et pdg du Conseil canadien des chefs d'entreprise et ancien vice-premier ministre, a déclaré le 10 avril 2012, au nom des monopoles qu'il représente et qui ont placé Harper au pouvoir, qu'il espérait que le gouvernement Harper va « commencer la planification d'une sorte de transition hors de la gestion de l'offre ». Il a ajouté : « C'est dans l'intérêt national de sortir d'un système national qui peut nous avoir bien servi à un moment donné mais qui est devenu un obstacle au développement de notre région et ailleurs. » En outre, ce n'est pas un secret que l'actuel ministre de l'Agriculture et de l'Agroalimentaire dans le cabinet Harper, Gerry Ritz, qui a été l'acteur principal de la destruction de la Commission canadienne du blé, est opposé à tout ce qui s'ingère dans les « droits » des agro-monopoles privés.

Le démantèlement du système de gestion de l'offre des produits laitiers et des autres produits agricoles constitue une grave menace pour le bien-être de la population du Canada. La menace ne vient pas seulement de l'accord du PTP, mais également de l'accord de longue date du libre-échange nord-américain (ALÉNA) et de l'Accord économique et commercial global (AECG) récemment signé avec l'Union européenne. Tous ces accords de « libre-échange », qui sont en fait des accords d'échange forcé, érodent le droit souverain du Canada de prendre ses propres décisions économiques et causent d'autres dommages à l'économie canadienne. L'Union nationale des fermiers a souligné dans son bulletin du 5 décembre 2014 que « l'AECG va affaiblir la gestion de l'offre laitière ». Comme ce fut le cas lors de la destruction de la Commission canadienne du blé, les monopoles étrangers comme Dean aux États-Unis et Nestlé en Suisse s'apprêtent à prendre le contrôle de l'industrie laitière du Canada une fois le contrôle de la production locale détruit. C'est certain que la perte de la capacité du Canada de contrôler la production et la commercialisation de ses propres produits laitiers et d'autres produits alimentaires aura des impacts désastreux sur la population canadienne lorsque les chaînes d'approvisionnement mondiales seront sous le contrôle des prédateurs agro-monopolistes internationaux.

Selon Harper, ce nouvel accord de libre-échange va être un avantage économique pour les Canadiens. Cependant, étude après étude démontrent que les autres accords de libre-échange, comme l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), ont affecté très négativement les peuples de tous les pays concernés. Par exemple, suite à l'ALÉNA, signé en 1994, la pénétration des monopoles étrangers au Canada s'est accrue et avec elle l'exploitation de nos travailleurs et de nos ressources. On a assisté à la destruction de communautés entières par la fermeture des opérations de ces monopoles, des centaines de milliers de travailleurs étasuniens ont perdu leur emploi et les agriculteurs mexicains ont été privés de leur gagne-pain par les agro-monopoles étasuniens. Les accords de libre-échange ne peuvent pas servir les intérêts des peuples parce qu'ils sont mis en oeuvre pour servir les intérêts des monopoles et non ceux des peuples.

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Violence policière en Colombie-Britannique à l'extérieur du forum public sur le barrage du site C


L'inquiétude grandit au sujet du meurtre d'un homme par la police à l'extérieur d'une réunion d'information de BC Hydro sur le barrage du site C. Selon les rapports des médias, la GRC répondait à un appel au 911 au sujet d'une perturbation d'un forum public sur le barrage du site C le 16 juillet à Dawson Creek en Colombie-Britannique. Les témoins disent que dès son arrivée sur la scène, la police a abattu un homme à l'extérieur du lieu de réunion. La police a dit que l'homme qu'elle a tué était un manifestant qui provoquait une perturbation en retournant les tables de BC Hydro et en dispersant le matériel relié au barrage du site C proposé sur la rivière Peace.

Le lendemain, un représentant du Bureau des enquêtes indépendantes (IIO) de la Colombie-Britannique dépendant du ministère de la Justice contredisait le rapport initial de la GRC. Le porte-parole a dit que l'homme décédé n'était pas le manifestant dans la salle, qui est apparemment en vie mais demeure non identifié et n'a pas été vu.

Dans la soirée du 17 juillet, la porte-parole de l'IIO Kellie Kilpatrick a dit que l'individu décédé « n'avait rien à voir avec la session publique d'information » et que le perturbateur en question de l'événement du Site C avait quitté les lieux bien portant.

Selon l'IIO, l'homme qu'un officier de la GRC a abattu et tué est James Daniel McIntyre. L'homme de 48 ans était plongeur et assistant cuisinier dans un restaurant de Dawson Creek depuis quatre ans. Les rapports des médias disent que McIntyre était membre d'une nation autochtone locale et un activiste du mouvement d'opposition au projet hydroélectrique du site C qui va inonder une grande région dans la vallée de la rivière Peace.

Les rapports des médias sur le tir de la police contre McIntyre sont sans fondement et semblent viser à excuser son assassinat comme une réponse légitime de la police à une provocation violente. Les médias ont publié une vidéo des moments qui ont suivi le tir où on voit McIntyre immobile et baignant dans une mare de sang sur le trottoir. Le policier donne un coup de pied sur quelque chose sur le trottoir, s'éloigne pour un moment de la victime puis s'approche et semble tenter de menotter l'homme immobile.

Les rapports subséquents des médias disent que le décédé, James Daniel McIntyre, était en effet actif dans l'opposition au projet de barrage du site C. La Presse canadienne a dit que le compte Twitter @jaymack9 appartient à McIntyre. PC écrit : « Les gazouillis du compte @jaymack9 indiquaient que quelque chose était planifié pour l'événement porte ouverte à Dawson Creek par les gens opposés au méga projet de barrage du site C. »

Les deux derniers gazouillis de ce compte Twitter ont été écrits juste avant la mort de McIntyre et il n'y en a pas eu d'autres ensuite. Le National Post rapporte : « Un de ceux identifiés dans les deux derniers gazouillis de @jaymack9 était Faisal Moola, un directeur de la Fondation David Suzuki et un scientifique de l'environnement. 'Je ne connais pas l'individu. Je ne sais pas pourquoi il m'a gazouillé de même que les Premières Nations locales et la Fondation David Suzuki', a dit Moola dans une entrevue. 'Je ne connais pas du tout l'individu mais je sais ce qui lui est arrivé dans cette altercation avec la police.'

La violence policière à Dawson Creek a secoué toute la Colombie-Britannique. Les gens expriment leurs condoléances pour la mort de James Daniel McIntyre à sa famille, ses collègues de travail et sa Nation autochtone. Plusieurs disent qu'une telle violence policière ne devrait jamais se produire au Canada. Outre la perte de vie, le tir a déjà affecté les politiques et discussions entourant la construction du barrage du site C, créant un climat de peur. BC Hydro a annoncé qu'elle va repousser les salons de l'emploi pour le projet du site C à Tumbler Ridge, Fort St. John et Chetwynd prévus pour la fin de ce mois ci, disant : « BC Hydro évalue à l'heure actuelle ses politiques et procédures pour les rencontres publiques. Le report des salons de l'emploi nous donnera le temps de compléter cette tâche. Notre intention est d'assurer la sécurité de nos employés et des membres du public. »

Aussi, des activistes opposés au barrage du site C qui se sont organisés dans un groupe appelé « Tambours pour la vallée de la rivière Peace » et ont planifié un rassemblement à Vancouver, disent maintenant : « Il est venu à notre attention qu'il y a un risque que le rassemblement prévu pour jeudi [23 juillet] peut devenir violent, alors nous avons décidé qu'il est dans le meilleur intérêt de tout le monde de l'annuler. »

L'inquiétude grandit à l'effet que la violence organisée par l'État de même que l'atmosphère d'anarchie et d'impunité pour les représentants de l'État et des grandes entreprises qui s'ensuit ne permettent pas aux gens de participer à la vie politique et d'exercer leur droit d'être informés et de prendre des positions sur ces questions importantes qui affectent leur vie et l'environnement comme le barrage du site C.

Protestez en utilisant les « moyens démocratiques » ou faites face « au plein poids de la loi », dit un ministre de Harper

Lors d'une réunion du Parti conservateur à Delta, en Colombie-Britannique, le 21 juillet, le ministre de la Sécurité publique du gouvernement Harper Stephen Blaney a commenté le tir fatal de la police contre le manifestant dans le nord-est de la Colombie-Britannique. Les médias rapportent que Blaney a fait des commentaires qui semblent menacer les gens d'exécution s'ils ne manifestent pas de la façon déterminée par le gouvernement et acceptable à ses yeux, une façon qu'il a qualifiée de « démocratique ».

Blaney a aussi suggéré que les manifestations contre le barrage du site C et le tir fatal de la police sont liés au terrorisme et ajoutent aux raisons pour lesquelles on doit appuyer la loi anti-terroriste C-51 récemment adoptée qui, entre autres mesures répressives, donne plus de pouvoir aux policiers canadiens et aux agences d'espionnage pour se livrer à des opérations-pièges et perturber les manifestations dont celles des Nations autochtones à la défense de leurs droits.

« Je chéris toujours notre liberté et notre démocratie, a dit le ministre. C'est pourquoi notre gouvernement a présenté une loi [C-51] pour protéger ces libertés et ces droits qui sont menacés par ceux qui voudraient nous nuire comme l'organisation internationale du terrorisme djihadiste »

Ces commentaires font écho à ceux faits par le premier ministre et des membres de son cabinet suite au meurtre du soldat au Québec et de celui d'Ottawa en octobre 2014 qui étaient remplis de références déplacées aux manifestants comme étant des « criminels » ou des « extrémistes ». Ces qualificatifs sont brandis pour justifier l'ordre du jour extrémiste du gouvernement Harper par lequel on institutionnalise l'utilisation du terrorisme d'État contre ceux qui ne partagent pas les positions étroites, antisociales et bellicistes de ce gouvernement.

Comme l'a écrit Pauline Easton dans Le Marxiste-Léniniste à ce moment là avant que ne soit présenté et adopté le projet de loi C-51, « À cet égard, le plus grand danger pour la société ne vient pas d'individus qui commettent des crimes, car tous les mécanismes sont en place pour les juger et les obliger à rendre des comptes. Le plus grand danger réside dans l'adoption de lois et de pratiques par les gouvernements qui permettent aux ministres et aux organismes de sécurité d'agir en toute impunité, sur une base arbitraire, et non pas dans le respect de la primauté du droit. Lorsque ces lois et ces pratiques vont à l'encontre des règles établies par les êtres humains et leur société et sont de fait des crimes, même si ceux qui édictent ces lois disent qu'elles n'en sont pas, la société se retrouve avec un grave problème ».

[...]

« Cela montre bien qu'il est très dangereux qu'un groupe ou un individu ne fasse pas que professer que ses opinions sont supérieures à toutes les autres, mais les traduise en loi. Cela viole les principes fondamentaux de la démocratie et pose de graves dangers pour la société. De plus, l'expérience passée montre que l'État canadien et ses agences sont le plus souvent qu'autrement impliqués dans des opérations qui ont poussé des personnes à commettre des actes auxquels, de leur propre chef, elles n'auraient pas pensé se livrer, ni n'auraient eu les moyens de le faire. Les individus sont ensuite blâmés pour ces attaques. L'État y trouve sa justification pour prendre des mesures plus répressives et déclare que, grâce à ces mesures, de nombreux attentats ont été prévenus.

C'est pourtant ce que fait le gouvernement Harper. Il est déjà en train de criminaliser le droit de conscience et envisage maintenant de l'interdire purement et simplement. Cela montre que le gouvernement est lui-même devenu extrémiste. Il justifie ses actions en remplaçant les faits par sa propre opinion, il renoue avec les pratiques médiévales de la diffamation et de la proscription des personnes avec qui il n'est pas d'accord. Une fois qu'une personne est déclarée hors-la-loi, elle devient une « proie idéale » - une cible d'attaque.

[...]

« Les opinions sur tel ou tel groupe ou personne ne peuvent remplacer les faits. Les faits montrent que ce sont les actions du gouvernement Harper au Canada et à l'étranger qui posent le plus grand danger pour la société actuellement. Le droit individuel de conscience doit être affirmé, non pas violé. Cela est indissociable de l'opposition résolue à ceux qui fomentent ou organisent la violence. Toute chose doit être examinée selon son mérite. Le gouvernement du Canada doit cesser de déclarer que la violation des droits au Canada et les violations du droit international à l'étranger font que les Canadiens sont plus en sécurité. Son devoir est de défendre les droits de tous. La conception que les libertés démocratiques ont des limites raisonnables, elles-mêmes définies de manière intéressée, n'est pas une conception moderne ou une règle du comportement moderne. Les droits appartiennent à leur détenteur en vertu de leur humanité. Ceux qui les foulent aux pieds attaquent l'être même des personnes, des minorités et des organisations ciblées et donc l'essence même de la société. »

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Beaucoup d'opposition à la statue à l'allure de zombie dans un parc national de Nouvelle-Écosse


Croquis de l'emplacement de l'Anse Green du monument « Mère Canada »

Un homme d'affaires de Toronto et un général canadien à la retraite proposent d'ériger un monument de guerre de 24 mètres de haut et couvrant un hectare sur les berges de l'Anse Green dans le Parc national des Hautes-Terres-du-Cap-Breton, en Nouvelle-Écosse. La statue, nommée « Mère Canada », servirait tout particulièrement à commémorer les soldats de l'armée canadienne morts à l'étranger et doit être construite d'ici 2017.

Le gouvernement Harper a commencé le processus d'approbation du projet en 2013 quand l'ancien ministre de l'Environnement Peter Kent a autorisé Parcs Canada à collaborer au projet. Le ministre fédéral de la Justice et député de Nouvelle-Écosse Peter MacKay et la ministre responsable de Parcs Canada, Leona Aglukkaq, ont tous deux approuvé le mémorial. En fait, MacKay fait partie des parrains honoraires. Cependant, beaucoup de Canadiens expriment leur opposition et couvrent de ridicule ce projet ; par exemple, certain disent que cette statue ressemble à un zombie et n'est rien de plus qu'un « mémorial à Harper ».

En se concentrant uniquement sur les opérations militaires du Canada à l'étranger, le projet de statue brouille délibérément la distinction entre les guerres justes et injustes auxquelles a participé l'armée canadienne et présente la glorieuse contribution du Canada à la défaite des nazis hitlériens pendant la Deuxième Guerre mondiale comme étant en quelque sorte équivalente à sa participation honteuse aux guerres d'agression impérialistes illégales, comme l'invasion de la Corée, du Vietnam et de l'Afghanistan et les bombardements de la Yougoslavie, de l'Irak, de la Libye et de la Syrie. Il fait écho aux récents discours du Jour du souvenir du gouvernement Harper qui propage la même désinformation. Cette statue est une autre étape du projet de Harper de promouvoir le Canada comme une nation belliciste qui glorifie la force militaire comme moyen de régler des litiges dans le monde et aligne le Canada du côté des impérialistes américains, des occupants israéliens et des autres États agressifs qui ont un lourd dossier de terrorisme d'État et d'interventions militaires.


« Mère Canada » au milieu des sables bitumineux, image mise en ligne

La statue « Mère Canada » relève également d'une hypocrisie évidente compte tenu des attaques continues de Harper contre les anciens combattants et le ministère des Anciens Combattants Canada, notamment les nombreuses fermetures des bureaux qui offrent des services essentiels aux anciens combattants et le comportement insultant du représentant de ce ministère envers ceux dont il a la responsabilité. Il est encore plus insultant que le gouvernement veuille faire croie aux anciens combattants que ces attaques contre leur bien-être ne sont que des améliorations d'efficacité qui ne toucheront pas à leur accès aux services dont ils ont besoin. Le cynisme du gouvernement est évident. Il veut continuer d'envoyer des jeunes canadiens comme chair à canon dans des guerres d'agression à l'étranger et ne veut pas s'occuper des blessés et des familles de ceux qui sont tués, morts au combat. En même temps, la bande à Harper n'a aucun scrupule à dépenser des millions de dollars pour construire une statue qui n'améliorera en rien la vie des anciens combattants.

Le groupe derrière le projet, la Fondation du mémorial national « N'oublions jamais », promet de recueillir le financement nécessaire pour couvrir les coûts, estimés à 60 millions de dollars, de la statue « Mère Canada » par des dons privés. Le projet a déjà reçu 90 000 $ de Parcs Canada et la Fondation dit qu'elle soumettra une demande afin de recevoir le soutien fédéral dans le cadre du Programme d'infrastructure communautaire de Canada 150. Selon les documents déposés auprès de l'Agence du revenu du Canada, à la fin de 2014 la Fondation avait seulement 6 000 $ dans son compte, avec 30 000 $ des comptes débiteurs contre 396 000 $ dans les comptes créditeurs et charges à payer. L'expérience montre que, lorsque des groupes privés manquent de fonds pour des projets que le gouvernement Harper approuve, le gouvernement fédéral intervient et donne des millions en fonds publics. C'est ce qui s'est produit dans le cas du monument anticommuniste et pro-nazi controversé à Ottawa.

Ses nombreux détracteurs soutiennent qu'une telle statue n'a pas sa place dans un parc national public et que le parc appartient à tous les Canadiens et n'est pas une chasse gardée du gouvernement Harper. En même temps, on sait que la privatisation des parcs est au programme du gouvernement Harper, comme en témoignent ses coupures dans les budgets des parcs et ses appels ouverts à la commercialisation des parcs. Situer le monument dans un parc national est sans doute une manière de garantir l'injection de fonds publics si les dons sont insuffisants. Les détracteurs parlent aussi du danger que la statue représente pour le milieu environnant ; par exemple, couler des tonnes de bétons sur des roches qui datent de plus de 1,5 milliard d'années. Outre la statue imposante, le complexe commémoratif comprendra un stationnement de 300 places, un centre d'interprétation, un casse-croûte et un magasin de souvenirs. Ce projet contrevient à l'article de la Loi sur les parcs nationaux du Canada (L.C. 2000, ch. 32) sur l'atténuation des dommages à l'environnement. La seule « évaluation environnementale » de l'emplacement a été réalisée par Stantec Inc., un bureau d'ingénieurs privés qui est également un des principaux partenaires corporatifs du projet.


Emplacement du mémorial proposé

En plus d'être situé dans un parc public, l'endroit prévu est situé sur des terres non cédées des Mi'kmaq. L'universitaire et ethnobotaniste mi'kmaq Tuma Young, professeur adjoint à l'Université du Cap-Breton, a préparé un rapport pour le groupe Friends of Green Cove dans lequel il explique que la statue pourrait avoir un impact négatif considérable sur les droits ancestraux et issus de traités de chasse et de pêche et sur la récolte des plantes médicinales traditionnelles dans la région de l'Anse Green. Le rapport note que le site a également une grande importance culturelle et spirituelle en relation avec les mythes et les histoires du héros culturel mi'kmaq Kluskap. Tuma Young indique dans son rapport : « Si le développement proposé de Mère Canada devait aboutir, toute utilisation future de la zone et tout exercice futur des droits ancestraux et issus de traités par les L'nu [Mi'kmaq] seraient éteints. » Dans un communiqué de presse du 9 juillet, Friends of Green Cove qualifie la statue « Mère Canada » d'« acte potentiel de vandalisme culturel et écologique ».

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Un professeur d'histoire à l'Université de Montréal expose l'idéologie extrémiste du Monument anticommuniste à Ottawa

Le quotidien Le Devoir à Montréal a publié un article de Yakov Rabkin, professeur d'histoire à l'Université de Montréal, dans lequel il souligne que le plan mal conçu du gouvernement Harper de construire un « monument aux victimes du communisme » tout près de la Cour suprême à Ottawa est beaucoup plus qu'une simple manoeuvre politique en vue des élections fédérales. L'auteur démontre par un argument raisonné que ce projet si ardemment poussé en dépit de l'opposition de tous les côtés s'inscrit dans les tentatives des conservateurs de Harper de manipuler la mémoire sociale collective pour convenir à leur idéologie extrémiste.

Le professeur Rabkin écrit : « Ce projet fait partie de la transformation radicale de la société canadienne que son gouvernement mène avec une cohérence idéologique sans pareil d'année en année. » Il continue en soulignant : « Le nom même du monument à venir est emprunté au vocabulaire de la guerre froide. Reprendre ces termes vingt-cinq ans après la fin de la guerre froide n'est pas innocent et fait partie de la rhétorique belliqueuse et manichéenne du gouvernement Harper en matière de politique internationale. »

L'article explique que dans plusieurs pays d'Europe de l'Est tel l'Ukraine et certains États baltes, il y a une tendance à ériger des monuments pour honorer la mémoire de ceux qui ont collaboré avec l'Allemagne nazie durant la Deuxième Guerre mondiale. Pour justifier cette idée, on prétend que certains collaborateurs nazis étaient des patriotes qui « luttaient » contre le communisme.

Le professeur Rabkin explique : « D'où le besoin idéologique d'établir une équivalence morale entre le socialisme soviétique et le nazisme allemand. En Estonie, par exemple, j'ai visité un 'musée des occupations' dans lequel on met sur le même plan quatre ans de l'occupation militaire nazie et presque six décennies au sein de l'Union soviétique. L'Estonie, où les collaborateurs locaux des nazis avaient exterminé pratiquement tous les juifs, faisant de leur pays un des premiers à mériter auprès des autorités nazies le titre jüdenrein (nettoyé des juifs), y apparaît comme une victime plutôt innocente. On en sort avec l'impression qu'il n'y a guère de différence entre le régime hitlérien et l'armée soviétique qui l'a détruit. »

L'article souligne aussi que Harper a dédaigné de participer à la commémoration du 70e anniversaire de la victoire sur le fascisme dans un effort conscient pour effacer de notre mémoire collective le rôle décisif de l'armée soviétique qui a combattu toute seule durant trois ans contre l'envahisseur nazi.

Le professeur Rabkin conclut son article en exposant les positions extrémistes des conservateurs de Harper dans les affaires internationales : « Vu l'engagement idéologique du Parti conservateur, c'est le monument aux 'victimes du communisme' et non à celles du capitalisme qui sera érigé à Ottawa. En essayant d'effacer le rôle de l'Union soviétique dans la lutte contre le nazisme, il cherche à façonner la nouvelle mémoire collective de la Seconde Guerre, tout en renforçant le ressentiment antirusse. Quant aux menaces contre la Russie, M. Harper est le chef de gouvernement occidental le plus belliqueux. Il tente aussi de discréditer toute solution de gauche au néolibéralisme triomphant. Idéologue de droite tant acharné que patient, il se sert politiquement de ce projet de monument que beaucoup de Canadiens n'approuvent pas (88 % des répondants sur le site de la CBC se sont prononcés contre). »

L'article est disponible sur le site Web du journal Le Devoir.

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Réouverture historique de l'ambassade cubaine aux États- Unis

Le drapeau cubain flotte dans la capitale étasunienne


Au matin du 20 juillet, la mission diplomatique cubaine aux États-Unis a officiellement été rétablie. Pour la première fois en plus d'un demi-siècle, l'hymne national de Cuba a été joué dans la capitale des États-Unis et son drapeau hissé à l'occasion de la réouverture de l'ambassade cubaine aux États-Unis dans ce qui a été la Section des intérêts cubains à Washington, DC.

Les deux pays, qui sont sans relations formelles entre eux depuis le 3 janvier 1961, ont maintenant des ambassades dans leur capitale respective suite à l'accord conclu en décembre dernier entre les présidents Barack Obama et Raúl Castro.

En plus du grand nombre de personnes qui se sont retrouvées sur le terrain de l'ambassade pour cet événement historique, plus de cent personnes se sont rassemblées à l'extérieur du terrain de la mission située sur la 16e rue, flanqués de dizaines de journalistes. On y voyait des personnalités politiques et d'autres personnalités bien connues de Cuba et des États-Unis.



De gauche à droite : le sénateur du Vermont Patrick Leahy et son assistant Tim Riser ; Josefina Vidal, directrice générale du département chargé des États-Unis du ministère des Relations extérieures de Cuba et José Ramon Cabañas, chargé d'Affaires de l'ambassade cubaine


De gauche à droite : Miriam Garcia, doyenne de l'Université d'informatique, Eusebio Leal, historien de la ville de La Havane, Miguel Barnet, président de l'Union des écrivains et artistes de Cuba (UNEAC), et Ana Maria Mari Machado, vice-présidente de l'Assemblée nationale de Cuba


De gauche à droite : l'ancien représentant des États-Unis Bill Delahunt, l'ancien président de l'Assemblée nationale de Cuba Ricardo Alarcón et l'acteur Danny Glover ; le chanteur et compositeur cubain Silvio Rodriguez

Le ministre des Relations étrangères Bruno Rodríguez Parrilla est devenu le premier représentant officiel de Cuba à faire une visite d'État aux États-Unis depuis la rupture des relations diplomatiques en 1961. Tout de suite après la cérémonie d'inauguration, il a tenu une conférence de presse à laquelle a participé la sous-secrétaire d'État pour l'hémisphère occidental, Roberta Jacobson.

Plus tard en journée, Rodríguez Parrilla a été reçu par le secrétaire d'État John Kerry. Les chefs de la diplomatie cubaine et étasunienne ont discuté de l'état des relations entre les deux pays et des progrès qui ont été accomplis depuis les annonces du 17 décembre 2014. Ceux-ci comprennent le retrait de Cuba de la liste des États-Unis des « États qui soutiennent le terrorisme », la rencontre historique entre les présidents Raúl Castro et Barack Obama à Panama, l'expansion des échanges officiels sur des questions d'intérêt commun, le rétablissement des relations diplomatiques et la réouverture des ambassades.

Après avoir exprimé son appréciation de l'appel au Congrès des États-Unis lancé par le président Obama à lever définitivement le blocus de même que des progrès qui ont été faits pour modifier certains aspects de son application, Rodriguez Parilla a déclaré que la levée du blocus est essentielle à la normalisation des relations, comme l'est le règlement d'autres problèmes qui se sont accumulés depuis plus de cinquante ans.

Il a dit que le président Obama peut pendant ce temps continuer d'utiliser ses pouvoirs exécutifs pour réduire l'impact du blocus de façon significative.

Rodriguez Parilla a réaffirmé la volonté du gouvernement cubain à faire avancer la normalisation des relations avec les États-Unis sur les fondements du respect et de l'égalité et sans compromettre l'indépendance et la souveraineté de l'île.

Les deux parties ont réaffirmé leur intérêt à normaliser les relations bilatérales tout en reconnaissant que ce sera un processus long et complexe qui va exiger de la bonne volonté de la part des deux pays.

(Photos : CubaDebate, Granma International, B. Hackwell)

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Discours du ministre des Relations extérieures
de la République de Cuba


LML publie ci-dessous le discours de Bruno Rodriguez Parrilla, ministre des Relations extérieures de la République de Cuba, à la cérémonie de réouverture de l'ambassade de Cuba aux États-Unis, 20 juillet 2015

***

Son excellence Mme Roberta Jacobson, Secrétaire d'État adjointe et messieurs les fonctionnaires du Gouvernement des États-Unis qui l'accompagnent

Honorables représentants du Congrès,

Chers représentants des organisations, des mouvements et des institutions nord-américaines, qui avez réalisé d'immenses efforts en faveur du changement de politique envers Cuba et de l'amélioration des relations bilatérales,

Chers représentants des organisations et des mouvements de l'émigration patriotique,

Messieurs les ambassadeurs,

Camarades de la délégation cubaine,

Monsieur le chargé d'affaires, José Ramon Cabañas, fonctionnaires et personnel de l'ambassade de Cuba,

Chers amis,

Le drapeau auquel nous avons rendu hommage à l'entrée de cette salle est celui qui fut abaissé il y a 54 ans, jalousement conservé en Floride par une famille de combattants des Guerres d'indépendance, puis par le musée de notre ville de Las Tunas, de l'est de Cuba, dans la perspective que ce jour finirait par arriver.

Le drapeau à l'étoile solitaire, qui incarne le sang versé avec générosité, le sacrifice et la lutte plus que centenaire de notre peuple pour l'indépendance nationale et la pleine autodétermination, face aux défis et aux dangers les plus grands, flotte de nouveau en ce lieu.

Nous rendons hommage à tous ceux qui sont tombés pour sa défense et nous renouvelons l'engagement des générations présentes et, avec une confiance absolue dans celles qui viendront, de le servir avec honneur.

Nous invoquons la mémoire de José Marti, qui consacra sa vie à la lutte pour la liberté de Cuba et qui eut une connaissance profonde des États-Unis. Dans ses « Scènes nord-américaines », il nous a laissé une description claire de la grande nation du Nord et l'éloge de ce qu'elle avait de meilleur. Il nous a également légué un avertissement sur son appétit démesuré de domination, que toute une histoire de divergences a confirmé.

Nous sommes arrivés jusqu'ici grâce à la direction ferme et sage du leader historique de la Révolution cubaine, Fidel Castro Ruz, aux idées duquel nous conserverons toujours une loyauté suprême. Nous nous souvenons de sa présence dans cette ville, en avril 1959, pour promouvoir des relations bilatérales justes et son hommage sincère à Lincoln et à Washington. Les objectifs qui très tôt le firent venir sont ceux que nous avons tenté de poursuivre aux cours de ces décennies et coïncident parfaitement avec ceux que nous nous proposons aujourd'hui.

Beaucoup dans cette salle : hommes politiques, journalistes, personnalités des lettres ou des sciences, étudiants, activistes sociaux nord-américains, accumulent des heures infinies de conversations enrichissantes avec le Commandant, qui leur ont permis de mieux comprendre nos raisons, nos objectifs et nos décisions.

Cette cérémoniea été possible grâce à la volonté libre et inébranlable, l'unité, le sacrifice, l'abnégation, la résistance héroïque et le travail de notre peuple, et par la force de la nation et de la culture cubaines.

Plusieurs générations de la diplomatie révolutionnaire ont fait converger leurs efforts et ont eu leurs martyrs. L'exemple et l'éloquence trépidante de Raul Roa, le ministre des Relations extérieures de la Dignité, continuent de stimuler la politique extérieure cubaine et resteront dans la mémoire des plus jeunes et des futurs diplomates.

Je suis porteur des salutations du président Raul Castro, expression de bonne volonté et de la solide décision politique d'avancer, à travers le dialogue basé sur le respect mutuel et l'égalité souveraine, vers une coexistence civilisée, en dépit des différences entre les deux gouvernements. Une coexistence qui favorise la solution des problèmes bilatéraux, stimule la coopération et le développement de liens mutuellement bénéfiques, comme le souhaitent et le méritent les deux peuples.

Nous savons que cela serait une contribution à la paix, au développement, à l'équité et à la stabilité du continent, à l'exercice des objectifs et des principes consacrés dans la Charte des Nations unies et dans la Proclamation de l'Amérique latine et les Caraïbes comme Zone de Paix, signée lors du 2e Sommet de la Communauté des États latino-américains et caribéens à La Havane.

Avec le rétablissement des relations diplomatiques et la réouverture des ambassades, s'achève aujourd'hui une première étape du dialogue bilatéral et s'ouvre la voie au processus complexe et certainement long vers la normalisation des relations bilatérales.

Le défi est grand, car il n'a jamais existé de relations normales entre les États-Unis d'Amérique et Cuba, en dépit d'un siècle et demi de liens intenses et enrichissants entre les deux peuples.

L'Amendement Platt, imposé en 1902 sous l'occupation militaire, affaiblit les efforts de libération qui avaient compté sur la participation ou la sympathie d'un nombre non négligeable de citoyens nord-américains, et fut à l'origine de l'usurpation du territoire cubain à Guantanamo. Ses conséquences néfastes ont marqué d'un sceau indélébile notre histoire commune.

En 1959, les États-Unis n'ont pas accepté l'existence d'une petite île voisine complètement indépendante et quelques années plus tard, encore moins, celle d'une Révolution socialiste qui a dû se défendre, et depuis lors, incarne la volonté de notre peuple.

Je fais référence à l'Histoire pour affirmer qu'aujourd'hui s'ouvre l'occasion de commencer à travailler pour fonder des relations bilatérales nouvelles et différentes à toutes celles qui ont précédé. À cet effet, le gouvernement cubain engage toute sa volonté.

Seule l'élimination du blocus économique, commercial et financier qui occasionne tant de dommages et de privations à notre peuple, la restitution du territoire occupé à Guantanamo et le respect de la souveraineté de Cuba donneront du sens à l'événement historique que nous vivons aujourd'hui.

Chaque pas à venir comptera sur la reconnaissance et la disposition favorable de notre peuple et de notre gouvernement, et recevra sans aucun doute les encouragements et l'approbation de l'Amérique latine et des Caraïbes et du monde.

Nous confirmons la volonté de Cuba d'avancer vers la normalisation des relations avec les États-Unis, dans un esprit constructif, mais sans aucune atteinte à notre indépendance, ni ingérence dans les affaires qui relèvent de la souveraineté exclusive des Cubains.

Persévérer dans des objectifs obsolètes et injustes et ne se proposer qu'un simple changement dans les méthodes pour y parvenir, ne leur donnera aucune légitimité et ne servira pas non plus l'intérêt national des États-Unis ni celui de ses citoyens. Toutefois, s'il en était ainsi, nous sommes prêts à relever ce défi.

Nous nous engagerons dans ce processus, comme l'écrivait le président Raul Castro dans son message du 1er juillet au président Barack Obama, « animés par l'intention réciproque de développer des relations respectueuses et de coopération entre nos peuples et nos gouvernements ».

Depuis cette ambassade, nous ne ménagerons aucun effort pour favoriser les relations culturelles, économiques, scientifiques, universitaires et sportives, ainsi que les liens d'amitié entre nos peuples.

Nous transmettons le respect et la reconnaissance du gouvernement cubain au président des États-Unis pour son appel au Congrès à lever le blocus et pour le changement de politique qu'il a énoncé, notamment pour sa disposition d'exercer ses facultés exécutives dans ce sens.

Nous nous souvenons tout spécialement de la décision du président Carter d'ouvrir les Sections des intérêts dans les deux pays en septembre 1977.

J'ai le plaisir d'exprimer mes remerciements au gouvernement de la Confédération suisse pour sa représentation des intérêts cubains au cours de ces 24 dernières années.

Au nom du gouvernement et du peuple de Cuba, je souhaite exprimer notre gratitude aux membres du Congrès, aux universitaires, aux dirigeants religieux, aux activistes, aux groupes de solidarité, aux chefs d'entreprise et à tant de citoyens nord-américains qui se sont efforcés pendant de nombreuses années pour faire en sorte que ce jour arrive.

À la majorité des Cubains résidant aux États-Unis, qui ont défendu et réclament une relation différente de ce pays avec notre nation, nous exprimons notre reconnaissance. Ils nous ont déclaré, avec émotion, qu'ils redoubleront d'efforts, loyaux à la tradition de l'émigration patriotique qui apporta son soutien aux idéaux d'indépendance.

Nous exprimons notre gratitude à nos frères latino-américains et caribéens, qui ont accompagné de façon décisive notre pays et ont réclamé un nouveau chapitre dans les relations entre les États-Unis et Cuba, de même que l'ont fait avec une extrême constance de nombreux amis partout dans le monde.

Je renouvelle notre reconnaissance aux gouvernements, ici représentés par le Corps diplomatique qui, avec leur voix et leur vote à l'Assemblée générale des Nations unies et dans d'autres instances, ont apporté une contribution décisive.

José Martí organisa d'ici le Parti révolutionnaire cubain pour conquérir la liberté, toute la justice et la dignité pleine des êtres humains. Ses idées, revendiquées héroïquement durant l'année de son Centenaire, restent l'inspiration essentielle sur ce chemin que notre peuple a choisi souverainement.

Merci beaucoup

(Granma International ; Photos : CubaDebate)

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Un comité du Sénat des États-Unis approuve l'élimination des restrictions sur les voyages à Cuba

Le 23 juillet 2015, la Commission sénatoriale des attributions budgétaires a approuvé l'inclusion d'un amendement dans le projet de budget de 2016 qui pourrait assouplir les restrictions des voyages des citoyens des États-Unis à Cuba et accroître le commerce entre les deux pays.

La mesure bipartite, qui a été approuvée par 14 démocrates et 4 républicains, a été annexée au projet de budget de 2016 pour les services financiers et le gouvernement général.

Il s'agit du premier geste du Congrès contre la politique de blocus depuis le rétablissement des relations diplomatiques entre les deux pays le 20 juillet.

La Commission sénatoriale des attributions budgétaires, à majorité républicaine, a également approuvé l'introduction de deux autres amendements, l'un relatif à l'attribution de crédits pour les achats agricoles de Cuba aux États-Unis et l'autre concernant la levée de l'interdiction de 180 jours de faire escale dans un port des États-Unis à tout navire ayant mouillé à Cuba.

Cependant, pour que les mesures puissent se concrétiser, le texte des amendements doit être maintenu intact, lorsque le projet de loi sera approuvé lors de la séance plénière du Sénat, puis examiné à la Chambre des représentants.

La Commission des attributions budgétaires de la chambre des représentants, quant à elle, est allée dans la direction opposée quant aux mesures vis-à-vis de Cuba, mais les analystes s'accordent sur le fait que les désaccords au sein du Parti républicain pourraient annuler la possibilité que soit utilisée l'approbation du Congrès pour entraver le changement de politique d'Obama envers l'Île.

Les lois actuelles interdisent aux citoyens des États-Unis d'aller à Cuba en tant que touristes, bien que des mesures récentes de l'administration Obama aient accordé des licences générales pour la douzaine de catégories de voyages autorisés, qui concernent des voyages à motifs religieux et culturels et des échanges « de peuple à peuple ».

« Il s'agit d'un premier pas important du Sénat pour démonter une politique ratée, discréditée et contreproductive qui, pendant 54 ans, a été incapable d'atteindre ses objectifs », a déclaré le sénateur démocrate du Vermont, Patrick Leahy, cité par le New York Times.

(Granma)

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