Note sur le texte exfiltré du
TISA Services Financiers
- Professeur Jane Kelsey, Faculté
de Droit,
Université d'Auckland, Nouvelle-Zélande -
Cette note fournit une analyse préliminaire du
chapitre exfiltré,
services financiers, de l'Accord sur le Commerce des Services (TISA)
daté du 14 avril, 2014. On y soulève les points
suivants :
- Les documents (faisant l'objet) de la
négociation sont tenus
encore plus secrets que dans le cas du Partenariat trans-Pacifique
(TTPA) et va à l'encontre d'efforts menés au sein de
l'OMC vers plus de
transparence.
- Le TISA est promu par les gouvernements mêmes
qui ont mis en place
le modèle défaillant de (dé)régulation
financière à l'OMC, qui est
considéré comme en partie responsable de la crise
financière mondiale
(GFC).
- Ces mêmes États ont bloqué des
efforts faits par d'autres membres
de l'OMC pour débattre de façon critique sur cette
régulation après la
GFC en vue de la réformer.
- Ils veulent étendre et approfondir le
régime existant par le
biais du TISA, en contournant la série de négociations
Doha bloquée à
l'OMC et en créant un nouveau modèle pour de futurs
accords de
libre-échange et finalement, pour l'OMC.
- Le TISA est conçu pour, et en consultation
étroite avec,
l'industrie mondiale de la finance, dont la cupidité et
l'imprudence
sont considérées comme causes des crises successives et
qui continuent
à monopoliser la régulation dans les institutions
mondiales.
- Un échantillonnage des dispositions de ce texte
exfiltré montre
que on s'attendra à ce que les gouvernements qui adhèrent
au TISA :
engagent et étendent leur niveau actuel de
dérégulation financière et
de libéralisation ; perdent le droit d'exiger que les
données soient
détenues dans le pays ; subissent des pressions pour
qu'ils autorisent des produits d'assurances potentiellement
toxiques ;
soient exposés à des poursuites s'ils adoptent des
mesures pour
empêcher ou pour réagir à une autre crise.
Sans avoir accès au texte complet du TISA, toute
analyse est
forcément provisoire. Il faut que l'ébauche du texte TISA
et les
documents d'information soient publiés pour permettre une
analyse bien
documentée et la prise de décisions.
1. Un manque de transparence sans
précédent change complètement la tendance vers la
transparence de l'OMC.
La note explicative note que l'ébauche du texte
sera
classée secret pendant cinq ans après que le TISA aura
été mis en
application ou que l'on aura mis fin d'une autre façon aux
négociations. On peut supposer que cela s'applique à
d'autres documents
en dehors du texte final. Cette disposition dépasse les quatre
ans
prévus dans
l'Accord de Partenariat Trans-Pacifique super-opaque (TPPA) ! Elle
est
également en contradiction avec la transparence remportée
de haute
lutte à l'OMC, qui publie des documents relatifs aux
négociations sur
l'Internet depuis un certain nombre d'années. (1)
L'opacité pendant les négociations pour
un traité commercial
obligatoire et exécutoire est répréhensible et peu
démocratique, et
invite des décisions mal documentées et partiales. Il est
évident que
l'opacité après coup est destinée à
empêcher que les gouvernements
soient tenus comme responsables par leurs législatures et leurs
citoyens.
La suppression des documents d'information (travaux
préparatoires)
crée également des problèmes de droit. La
Convention de Vienne sur le
Droit des Traités (The Vienna Convention on the Law of Treaties)
reconnaît que ceux-ci constituent un outil essentiel pour
l'interprétation des textes juridiques. La non-divulgation fait
qu'il
est impossible
pour des décisionnaires, les régulateurs, les agences de
supervision
non-gouvernementales, les partis d'Opposition, les
sociétés de services
financiers, les universitaires, et les autres commentateurs de
comprendre la signification voulue ou appliquer le texte avec assurance.
2. Les États qui poussent (pour que
cela se fasse) ont été responsables des règles
financières pro-industrie de l'OMC.
Les pays qui participent aux négociations sur le
TISA sont
l'Australie, le Canada, le Chili, TaÏwan (Taipai chinois), la
Colombie,
le Costa Rica, le Hong Kong, la Chine, l'Islande, Israël, le
Japon, le
Liechtenstein, le Mexique, la Nouvelle Zélande, la
Norvège, le
Pakistan, le Panama, le Paraguay, le Pérou, la Corée du
sud, la Suisse,
la Turquie, les États-Unis, et l'Union européenne, y
compris ses 28
États membres.
Le texte exfiltré montre que les
États-Unis et l'UE, qui ont poussé
pour la libéralisation des services financiers dans l'OMC, sont
les
plus actifs dans les négociations sur les services financiers
dans le
TISA. Le troisième plus actif des participants est le
célèbre paradis
fiscal, le Panama.
Pour comprendre les implications des propositions du
TISA
concernant les services financiers, il est nécessaire de
comprendre les
textes comparables de l'OMC. Ce que l'on appelle communément le
Financial Services Agreement (Accord sur les services financiers) est
un composite de textes :
- 1. Le GATS (Accord général sur le
commerce des services) établit
le cadre pour les règles qui gouvernent les transactions en
services
entre un consommateur dans un pays et un fournisseur dans un
autre ; (2)
- 2. L'annexe concernant les services financiers
s'applique à tous les membres de l'OMC ; (3)
- 3. Les programmes d'engagement spécifient quels
services
financiers chaque pays a engagé vis-à-vis des
règles-clefs en (1) et
en(2), et d'éventuelles limitations de ces engagements
(4) ; et
- 4. Un Understanding on Commitments in Financial
Services (Entente
sur les engagements dans les services financiers) sur la base du
volontariat établit des règles plus étendues et a
un statut légal
ambivalent à l'OMC (6).
Les services financiers sont définis par une
liste large et
non-exclusive, qui comprend les assurances-vie et autres, la
réassurance, la rétrocession, les transactions bancaires,
les dérivés
commerciaux et les bureaux de change et la gestion de fonds, les
indices de solvabilité, les conseils financiers et le traitement
des
données (voir ART X2).
Ces règles s'appliquent aux mesures qui
« impactent » la fourniture
de services financiers par l'investissement étranger direct
(établissement commercial) ou fourniture de l'étranger
par livraison à
distance ou des services achetés dans un autre pays
(transfrontaliers).
Elles visent également à
« discipliner » les
gouvernements en faveur d'un modèle de régulation
financière légère
(s'approchant de) l'auto-régulation.
Les règles importantes ciblent ce qui est vu par
l'industrie des
services financiers comme des obstacles à ses opérations
mondiales
souples, y compris :
- des limites concernant la taille des institutions
financières (trop grandes pour tomber) ;
- des restrictions sur les activités (par
exemple, des banques de dépôt qui font du trading pour
leur propre compte) ;
- investissements étrangers obligatoirement par
le biais de filiales
(régulées par le pays hôte) plutôt que par
des agences (régulées depuis
leur pays d'origine) ;
- les données financières obligatoirement
conservées dans le pays ;
- des limites sur les transferts de fonds dans les
transactions trans-frontalières (finance
électronique) :
- autorisation de fournisseurs transfrontaliers ;
- des monopoles d'État pour les fonds de pension
et l'assurance contre les désastres ;
- obligation de divulguer des opérations à
l'étranger dans les paradis fiscaux ;
- certaines transactions doivent être faites en
utilisant des changes publics plutôt que des opérations
hors cote invisibles ;
- accord (obligatoire) pour la vente de produits
financiers « innovateurs » (potentiellement
toxiques)
- régulation des agences d'indices de
solvabilité ou conseillers financiers ;
- contrôle des entrées et sorties de
capitaux spéculatifs ;
- nécessité pour une majorité des
directeurs d'être domiciliés dans le pays ;
- autorisation et régulation des fonds
d'investissements ; etc.
3. Les États qui sont favorables au
TISA ont bloqué les débats critiques à l'OMC post-
grande crise financière.
Cette combinaison de la libéralisation des
marchés financiers et
une régulation financière légère et
tolérante des risques a rendu
possibles les excès de la puissante industrie financière
américaine et
européenne et la croissance du système bancaire
fantôme. Différents
membres de l'OMC ont demandé que les règles soient
examinées à
nouveau après la crise financière. Par exemple, en mars,
2011,
l'ambassadeur à l'OMC de la Barbade a présenté un
document à la
Commission des Services Financiers dans lequel on pouvait lire :
« La crise a servi à mettre en
lumière des défaillances dans
l'environnement mondial de la régulation et de la
conformité qui gênent
la mise en oeuvre de mesures rectificatives et dans certains cas les
exposent à la contestation. À moins que l'on ne
considère que de tels
problèmes ne se poseront jamais plus, ils font ressortir le
besoin
d'examiner à nouveau certains aspects des règles
mondiales y compris
les règles GATS de l'OMC qui encadrent les opérations des
pays, pour
que l'on puisse prendre des mesures correctives sans courir le risque
de les voir considérés comme des infractions aux
engagements. »(7)
Par la suite, des tentatives menées par
l'Équateur pour qu'il y ait
débat en Commission ont été
éviscérées à tel point que la discussion
qui a eu lieu finalement en avril, 2013, n'avait aucun sens.(8)
Des inquiétudes similaires ont été
exprimées en dehors de l'OMC.
(Les membres de) la Commission mise en place par le Président de
l'Assemblée générale des Nations Unies en 2009
pour examiner la crise
financière (la Commission Stiglitz) ont écrit dans leur
rapport
provisoire que la libéralisation des services financiers,
liée au
commerce
avait été avancée sous la rubrique de ces accords
« sans que soient
prises en considération de façon appropriée ses
conséquences sur les
mouvements financiers bien ordonnés, la gestion des taux
d'échange, la
stabilité macroéconomique, la dollarisation, et la
régulation prudente
des systèmes financiers nationaux ». (9) Dans leur
rapport
final, ils ont demandé que les accords soient revus de
façon critique.
Les membres les plus importants de l'OMC, avec, en
tête, les
États-Unis, le Canada, l'Australie, la Suisse et l'UE ont
invariablement refusé d'accepter qu'il y ait un rapport
quelconque
entre les règles de l'OMC sur les services financiers et la
grande
crise financière. Au lieu de cela, ils ont continué
à négocier des
traités bilatéraux de libre
échange et d'investissement qui enferment les gouvernements
encore plus
dans ces systèmes et étendent encore plus leurs
obligations.
Dans beaucoup de cas, les grandes puissances ont
présenté ces
exigences aux pays du sud du monde comme faisant partie du
modèle non
négociable des accords de libre-échange. Des pays pauvres
qui avaient
pris soin de ne pas trop s'exposer vis-à-vis des services
financiers à
l'OMC se sont souvent retrouvés liés par une version plus
extrême
de ces règles et obligations par le biais d'accords de
libre-échange.
4. Le rôle stratégique du TISA à
l'OMC et dans les accords de libre-échange
Les États-Unis ont insisté pour que les
négociations sur
l'accord sur les services financiers pendant la série GATT en
Uruguay,
continuent pendant plusieurs années après la fin de la
série, tant
qu'ils n'ont pas été satisfaits des engagements pris. Il
a été estimé
que l'accord global final couvrait 95 % du commerce international
en
transactions bancaires, assurance, services d'information et valeurs
mesurés en revenus.(10)
En 2000, On a commencé des tentatives pour
étendre ces engagements,
ainsi que le GATS l'autorisait. Ces discussions ont été
incorporées
dans la série de négociations de l'OMC à Doha en
2001. Cette série
s'est interrompue au milieu des années 2000. Des tentatives
faites pour
relancer les négociations sur les services par des
négociations
plurilatérales ont échoué.
Les gouvernements qui poussaient ces
négociations sont sortis des
frontières formelles de l'OMC pour poursuivre le TISA. Ils se
désignent
comme les « très bons amis des services »
Leur objectif est de faire du
TISA la nouvelle plateforme des services financiers. Les
États-Unis ont
dit qu'ils voulaient établir de nouvelles règles de
négociation pour le TISA , encourager suffisamment de pays
à s'engager
pour permettre que le TISA soit incorporé dans l'OMC, puis faire
en
sorte que les mêmes règles soient adoptées pour les
négociations à
l'OMC. (11) La Commission européenne a dit que le TISA utilisera
les
mêmes concepts que le GATS pour qu'il puisse « faire
facilement partie des attributions du GATS ».(12)
La manière dont cela pourrait se passer n'est
pas évidente. Ou bien
il faudrait que deux tiers ou trois quarts des Membres donnent leur
accord pour que le TISA s'intègre sous les auspices de l'OMC,
même en
tant qu'accord plurilatéral.(13)
Des pays tels que le Brésil et l'Inde se sont
montrés très
critiques à l'égard du TISA et les États-Unis
n'ont pas voulu que la
Chine en fasse partie. Mais la pression exercée sur les Membres
de
l'OMC sera immense. Si le projet aboutissait, de nombreux gouvernements
du sud qui ont résisté aux pires exigences du GATS et aux
aspects-services
de la série Doha découvriront qu'à la fin, ils se
retrouveront avec
quelque chose de pire.
Si le TISA reste en dehors de l'OMC, il ne couvrira que
les
signataires. C'est dangereux, ça aussi. Les pays qui
étaient au centre
des finances mondiales et étaient responsables de la grande
crise
financière seront obligés de maintenir les règles
qui ont permis que la
crise ait lieu. Les réformes minimales qu'ils ont
adoptées post-grande
crise
financière deviendront la régulation maximale
autorisée. Dans plusieurs
documents récents du FMI, il y a eu des références
au « refus par les
pays riches d'admettre » la possibilité d'autres
crises dévastatrices
s'ils maintiennent la politique et le régime de
régulation
actuelles.(14) On y signale également la fait que de nombreux
pays en
voie de développement , qui ont pris des mesures de prudence
après
avoir vécu la crise financière asiatiques et des
situations
traumatiques similaires, sont bien moins exposés.(15) Et
pourtant, les
architectes du TISA ont l'intention d'obliger ces pays à adopter
les
règles défaillantes qu'ils n'ont pas contribué
à négocier, soit en tant
que
« meilleures pratiques » nouvelles pour les
accords de libre-échange ou
par l'OMC.
5. L'industrie des finances s'est emparée de la
régulation mondiale
Le développement des règles mondiales
financières sous
couvert de « commerce » a été
l'invention personnelle de cadres
supérieurs d'American Express, Citicorp, AIG et Merrill Lynch
à la fin
des années 70. Le rôle (qu'ils ont joué) et celui
joué par la suite par
un lobby plus large le Financial Leaders Group
(Groupement des leaders du monde des finances) est bien
documenté.
L'ancien directeur de la division services de l'OMC a lui-même
reconnu,
en 1997, que : « Sans l'énorme pression
exercée par le secteur des
services financiers américains, en particulier des compagnies
comme
American Express et Citicorp, il n'y aurait pas eu
d'accord sur les services ».(16)
Au fur et à mesure que le lobby a
évolué, c'était toujours Wall
Street qui menait, mais il s'est agrandi, comprenant désormais
les
institutions bancaires et d'assurances les plus importantes, des
banques d'investissement et des fournisseurs de services financiers
auxiliaires, des gestionnaires de fonds aux agences d'indices de
solvabilité et même
l'agence d'actualités Reuters. Plus tard, ils ont
été rejoints par la
e-finance et l'industrie de paiements électroniques, qui
comprend
cartes de crédit, les cartes de magasin, les cartes de
crédit
pré-chargée, la gestion des caisses automatiques, et des
opérateurs de
systèmes de paiement comme Paypal.
Les lobbyistes de l'industrie ont également
fixé les exigences
concernant les services financiers dans le TISA. Le président du
Board
of the US Coalition of Service Industries (la Commission de la
coalition américaine des industries de services)est le
vice-Président
du Groupe des Clients institutionnels à Citi. Quand on compare
les
exigences de
l'industrie , telles qu'elles étaient exprimées dans la
consultation
sur le TISA faite par The US Trade Representative en 2013, avec le
texte exfiltré, il devient évident qu'ils risquent
d'obtenir la plupart
des choses qu'ils ont demandées. Des extraits de leurs
conclusions sont
listés à la fin de ce document.
6. Exemples des dangers que représente le TISA
Un certain nombre des dispositions du texte
exfiltré
figurent déjà dans les instruments du GATTS concernant
les services
financiers, surtout l'Entente volontaire. Cependant, la Colombie, le
Costa Rica, le Pakistan, le Panama et le Pérou, qui participent
au
TISA, semblent ne pas avoir adopté l'Entente.
Les éléments nouveaux du TISA,
bâtis sur le GATS, plus des règles
figurant dans l'accord de libre-échange entre la Corée du
sud et les
États-Unis, et celles proposées dans l'accord de
partenariat
trans-pacifique et le Partenariat trans-atlantique pour le commerce et
l'investissement. Les partis du TISA qui ne sont pas encore liés
par de
tels
accords seraient donc confrontés à de nouvelles
obligations
particulièrement onéreuses.
La sélection suivante de dispositions montre une
partie de ce qui
est nouveau et/ou dangereux dans le TISA. Il ne s'agit que d'un
échantillonnage des problèmes légaux.
7. Lier les pays au modèle défaillant du
GATS (ARTX3 et X4)
Le plus grand danger, c'est que le TISA empêchera
les
gouvernements de rendre plus strictes les règles sur le secteur
financier. Ainsi que l'on l'a noté ci-dessus, le risque le plus
important, c'est pour les pays qui n'ont pas encore adopté
L'Entente
sur les services financiers de l'OMC, n'ont pas déjà des
engagements
importants sur les
services financiers avec les États-Unis ou l'UE aux termes
d'accord de
libre-échange, ou les deux. Mais il s'agit-là d'un risque
sérieux pour
tous les partis d'un TISA, surtout ceux dont le système de
régulation
financière est faible.
Quand le GATS a été
développé tout d'abord, les gouvernements
gardaient un certain contrôle sur la question de savoir dans
quelle
mesure la régulation des services était assujettie aux
règles centrales
du GATS. Ces règles centrales couvrent le droit de
sociétés financières
étrangères de s'établir et d'opérer dans le
pays d'acceuil ; la
fourniture trans-frontalière de la gamme étendue de
services et de
produits financiers ; la possibilité pour les habitants du
pays
d'acheter ces services et produits dans un autre pays ; et le
genre de
régulations qu'ils pouvaient adopter chez eux.
Il existe différentes façons de permettre
aux gouvernements de contrôler de tels engagements.
Le GATS donnait aux gouvernements la flexibilité
leur permettant de
faire la liste des services qui seraient régis par ces
règles
centrales, et limiter davantage leur vulnérabilité dans
ces secteurs
(une approche « liste positive »).
L'Entente volontaire fonctionnait avec une
« liste négative » qui
exigeait que les gouvernements spécifient ce qui n'était
pas couvert
par ses règles supplémentaires. Cette approche est de
plus en plus
répandue dans les accords de libre-échange, surtout ceux
avec les
États-Unis.
Quand il s'agit de listes négatives, les
gouvernements lient les
mains de leurs successeurs, même confrontés à des
défis nouveaux et
imprévus. Les risques d'erreur sont également
élevés. On a résisté aux
propositions visant à adopter des listes négatives dans
le GATS, y
compris lors de la série Doha.
Il n'est pas clair comment exactement les programmes
fonctionneront
pour les services financiers dans le TISA sans avoir accès aux
autres
éléments du texte. On pense que le TISA propose
« un hybride »
constitué de listes positives et négatives. Il se peut
que ces règles
garantissent l'accès de sociétés
étrangères aux marchés des
services du pays en utilisant l'approche —liste positive ; cela
permettrait à un gouvernement de spécifier quels services
et secteurs
seront couverts par les règles d'accès aux marchés.
Mais l'obligation de non-discrimination, où un
fournisseur de
services étranger doit être traité non moins
favorablement qu'un
concurrent national, suivrait une approche —liste négative. Les
gouvernements seraient obligés de déclarer quels
services, activités ou
lois ne sont pas soumis à cette règle ; on ne
permettrait des
restrictions
spéciales sur les services, les produits ou les mesures
étrangers que
lorsque ils étaient listés de façon explicite.
Cela s'appliquerait même
dans des secteurs qui n'étaient pas ouverts sur la liste
d'accès aux
marchés (positive).
Une mise à l'arrêt (standstill)
s'appliquerait aussi : les
gouvernements seraient obligés de figer leurs niveaux de
libéralisation
existants sans introduire, à l'avenir, de nouvelles restrictions.
Il y a aussi des signes d'un rochet (rachet- dispositif
qui ne
marche que dans un sens). Quand un gouvernement réduit les
restrictions
concernant des sociétés financières, les services
ou les produits
étrangers, ces changements seraient automatiquement
vérrouillés.
Finalement, il a été
suggéré qu'il se peut qu'il n'y ait pas de
disposition pour ajouter de nouvelles réservations aux
programmes ; il
existe une disposition de ce genre dans le GATS, bien qu'elle soit
très
difficile à utiliser.
Le texte exfiltré sur les services financiers
semble suivre ce chemin.
Accès au marché financier d'un pays
Les États-Unis ont fait des propositions
spécifiques concernant la
programmation des engagements concernant les services financiers.
Aux termes de ART X.3.1 les partis doivent faire la
liste de leurs
engagements permettant aux fournisseurs de services étrangers
des pays
TISA de s'établir dans leur pays.
Leurs engagements permettant la fourniture de services
financiers
trans-frontaliers ne s'appliqueraient qu'à une liste
tronquée de
services financiers dans ART X.8. Ceux-ci concernent, pour la plupart,
les assurances et une gamme de services auxiliaires, plus des paiements
électroniques et des services de gestion de
porte-feuilles ; ils
n'incluent pas les services principaux concernant la banque et le
commerce des produits financiers.
Ces engagements se feraient en accord avec l'Art. 1-3
du texte
principal du TISA, dont on suppose qu'il est basé sur une liste
positive.
Hong Kong China veut qu'il soit bien clair que les
partis peuvent
établir des limites à la portée de leur engagement
concernant un
service financier en particulier, comme l'autorise le GATS. Cette
proposition implique que les États-Unis ne veulent pas permettre
aux
gouvernements d'imposer une limitation quelconque sur un secteur quand
ils
acceptent qu'il soit couvert par ces règles.
Sans avoir accès au reste de l'accord, il n'est
pas clair quelles
règles s'appliqueraient si la proposition des États-Unis
n'était pas
acceptée. On suppose que l'Art 1-3 du TISA s'appliquerait aux
services
financiers comme à tous les autres services.
La non-discrimination contre des firmes
étrangères
La proposition des États-Unis pour l'Art X.3.2
contient des
engagements à ne pas discriminer contre les services financiers
des
autres pays du TISA, pratique connue sous le nom de
« préférence
nationale ». Ce paragraphe ne s'applique qu'aux services
financiers qui
sont fournis de façon trans-frontalière. À
nouveau, ces services se
limitent aux services listés dans l'Art.X.8
Il existe un renvoi à l'Art11-2 du texte
principal du TISA qui n'a pas été exfiltrée.
D'après les apparences, il semble que cette
disposition limite le
traitement en préférence nationale des services
financiers à ces
services trans-frontaliers, à moins qu'un pays du TISA ne dise
qu'elle
s'applique aussi aux investissements étrangers directs
(l'établissement
d'une présence commerciale). Mais c'est impossible à
vérifier.
Il semble probable que les engagements concernants la
préférence
nationale utilisent une liste négative, mais c'est impossible
à
vérifier.
La mise à l'arrêt (standstill)
Jusqu'à là, cette analyse laisse penser
que les partis du TISA
peuvent décider quels services financiers ils soumettront
à ces règles,
mais les États-Unis veulent limiter dans quelle mesure ils
peuvent
sélectionner et choisir à l'intérieur de ces
secteurs.
La disposition cruciale, c'est l'Art X.4, qui
imposerait une mise à
l'arrêt (standstill) aux mesures financières existantes du
pays qui ne
seraient pas conformes aux règles. Cela signifie que les
gouvernements
doivent fixer leurs niveaux existants de libéralisation pour les
investissements étrangers directs concernant les services
financiers,
la
fourniture trans-frontalière de services financiers et le
transfert de
personnel. Les règles actuelles seront les plus restrictives des
services financiers qu'un gouvernement serait autorisé à
utiliser. Ils
seraient encouragés à y verrouiller une nouvelle
libéralisation au-delà
du status quo.
L'Australie veut garder plus de flexibilité,
avec application de la
mise à l'arrêt le jour où le TISA entre en vigueur.
Cela permettrait
aux gouvernements d'adopter de nouvelles règles avant cette
date, en
s'assurant ainsi plus d'espace de régulation qu'ils n'ont
maintenant.
Il y est expressément autorisé la reprise de telles
mesures.
Il n'est pas apparent, à en juger d'après
le texte exfiltré, si un
rochet s'applique pour verrouiller toute nouvelle libéralisation
des
services financiers.
L'Art X.7 (présence commerciale) et l'ART
X.8(commerce
transfrontalier) montrent que l'UE et les États-Unis se montrent
durs
en disant que ces mesures de programmation définissent les
engagements
d'un pays par rapport à un service ou un secteur financier.
L'Australie
veut une capacité plus étendue pour faire la liste des
conditions et
des
qualifications concernant les services listés dans le programme
(cela
ressemble à ce que proposait Hong Kong China dans l'Art X.3.1).
Les implications sont importantes. L'objectif est
d'obtenir des
niveaux d'engagement beaucoup plus élevés qu'il n'en
existe dans le
GATS, ou qu'ont été promis dans la série
Doha ; ou même qui existent
dans la plupart des accords de libre-échange. Cela obligerait
les
gouvernements à maintenir le système actuel,
défaillant, de régulation
financière. Un parti du TISA pourrait se voir poursuivi s'il
cherchait
à renforcer des règles financières qui ont
été mises en place au cours
des trois dernières décennies, qui ont été
caractérisées par une
libéralisation ou une dérégulation imprudente ou
mal conçue. Dans le
domaine des services financiers, c'est très risqué.
8. Disponibilité accélérée
des assurances (ART. X.21)
L'article X.21exige que les procédures de
régulation
soient conçues pour faciliter la tâche aux assureurs sous
licence qui
veulent proposer des services assurances trans-frontaliers et dans le
pays. On trouve parmi les (moyens de) facilitation une date limite pour
refuser un produit d'assurances, après laquelle le produit doit
être
approuvé ; l'exemption de la nécessité
d'obtenir l'approbation du
produit pour différentes sortes d'assurances ; le fait
d'accepter de
nouveaux produits sans limites..
La Grande Crise Financière (GFC) illustre les
implications. Les
échanges de dettes toxiques (Credit default swaps, ou CDS)
constituaient un des produits innovateurs au coeur de la crise. Les
échanges fonctionnent comme une forme d'assurance :
l'acheteur de la
dette accepte le risque qu'un emprunteur ne paie pas et si c'est le
cas, il
paie (à sa place). En retour, il reçoit des revenus.
D'après les
estimations, 80 % étaient des CDS
« nus », où l'investisseur qui prend
l'assurance ne possède même pas le bien assuré
(17)- en fin de compte,
ils pariaient sur la possibilité que des biens assurés
appartenant à
quelqu'un d'autre puissent faillir. En 2008, environ 60
trillions de dollars étaient bloqués dans des dettes
toxiques. AIG,
instigateur-clef des règles sur les services financiers,
détenait pour
440 milliards de dollars de CDS quand la bulle a éclaté,
et a été
renfloué par le contribuable américain.
ART.X.21 ouvre la porte à des désastres
similaires. Comme l'a
montré la Grande Crise Financière, les gouvernements sont
parfois lents
et peu disposés à réguler des produits financiers,
surtout si ceux-ci
sont complexes et si l'assureur ou l'industrie toute entière
fait
pression sur eux. Les dispositions de transparence, décrites
ci-dessous,
augmentent leur prise. Souvent les régulateurs ne
découvrent les
dangers d'un produit d'assurance que quand c'est trop tard. Il y a de
plus en plus de pression pour que l'on passe d'une régulation
qui
accepte volontiers et qui tolère la prise de risques vers une
régulation qui juge des fournisseurs de services financiers et
ces
services selon leurs
mérites. Cette disposition contribuerait à
protéger les produits
d'assurance contre cette tendance.
9. Le Traitement et le Transfert des Données
ART. X.11
Le lobby des services tout entier veut empêcher
les
gouvernements d'exiger que les données soient traitées et
stockées
localement. Les firmes qui dominent la technologie de stockage des
données à distance sont majoritairement basées aux
États-Unis. Des
firmes américaines dominent également le secteur de la
technologie de
l'information et des communications en général. Le droit
de stocker des
données ailleurs est particulièrement important pour
l'industrie
financière parce que la finance, CE SONT des données. Les
industries
américaines d'assurances et de cartes de crédit ont
été
particulièrement robustes dans leur opposition aux exigences de
« localisation ».
ART X.11 contient deux propositions. L'une vient de l'UE
et le
Panama et est exprimée en termes négatifs : un parti
n'empêchera pas de
tels transferts. Le droit qu'a un État de protéger les
données
personnelles, la vie privée et la confidentialité est
limité par une
obligation (qui lui est faite) de ne pas utiliser ce droit pour
contourner les
dispositions du TISA. C'est une situation inextricable : le
gouvernement ne peut adopter des mesures sur la vie privée, etc.
si on
peut arguer que celles-ci violent des dispositions du TISA. Mais ils
auraient pu prendre de telles mesures de toute façon !
La proposition des États-Unis est beaucoup plus
directe. Les
États-Unis veulent un droit couvre-tout pour un fournisseur de
services
financiers d'un parti du TISA de faire entrer ou sortir des
informations sous forme électronique ou autre du territoire d'un
autre
parti du TISA pour en traiter les données quand ce traitement
constitue
une partie
ordinaire de leur activité. Il est difficile de trouver une
forme de
service financier où le traitement des données ne fait
pas partie de
l'activité. Cette obligation est déclarée sous une
forme positive et
sans entraves. On n'y prétend pas que l'État ait un droit
quelconque de
protéger la vie privée et les données.
À première vue, cette protection pourrait
se trouver dans
l'ART.X.18, tel que le proposent l'UE et les États-Unis. Mais la
disposition est exprimée de façon négative :
rien ne sera compris comme
l'obligation faite à un parti de divulguer des informations
concernant
les affaires et les comptes de consommateurs individuels. Cela signifie
que le TISA n'impacte pas la possibilité pour les États
d'exiger la
divulgation d'informations, sans doute au gouvernement, concernant les
individus. Il ne s'agit pas ici de protéger la vie privée
ou d'empêcher
ceux qui détiennent les données personnelles d'en faire
un mauvais
usage pour des raisons politiques ou commerciales.
Quand les données sont stockées à
l'étranger, il devient
presqu'impossible pour les États de contrôler
l'utilisation des données
et imposer la responsabilité légale. La
nécessité de protéger les
données d'un mauvais usage par les États est devenue
particulièrement
importante depuis les révélations faites par Snowden au
sujet de
l'utilisation par les
américains de lois ou de pratiques du pays pour avoir
accès aux données
personnelles dans le monde entier.
10. Une Régulation efficace et transparente (ART
16)
À nouveau, il y a deux propositions, l'une de
l'UE et
le Trinidad, et une version plus étendue des États-Unis.
Les deux
exigent une consultation préalable à propos de toute
régulation
nouvelle « dans la mesure du possible » pour
« tous les partis
concernés » ou, pour les États-Unis plus
explicitement
« des personnes et des partis (États)
concernés ».
En plus de faire en sorte qu'elles aient une occasion
raisonnable de
faire des commentaires, les États-Unis disent que la
décision finale
devrait, dans la mesure du possible, aborder par écrit les
commentaires
importants faits par des personnes intéressées à
propos des régulations
proposées. De même, dans le cas où la demande faite
par un
fournisseur de services financiers voulant fournir un service financier
a été rejetée, il faudrait l'informer de la raison.
Tant que l'on ne le met pas en contexte, tout ceci a
peut-être
l'air assez raisonnable. Rappelez-vous comment l'emprise de l'industrie
des finances sur les agences de régulation et de supervision et
sur
d'autres agences publiques de surveillance a contribué à
la grande
crise économique. (19). Le modèle de régulation
financière basée sur le
risque
et les normes Basel 2 pour la régulation prudente des banques
ont
permis à l'industrie elle-même de devenir un
régulateur de première
ligne. Les ressources et la capacité des agences de
régulation ont été
réduites de beaucoup, ainsi que leurs connaissances et la
confiance
(nécessaire) pour entreprendre une régulation active.
Les États-Unis veulent aussi que toute
régulation financière soit
administrée de « manière raisonnable,
objective et impartiale ». Mais
il s'agit là de critères hautement subjectifs qui
fournissent un
terrain fertile pour la contestation et, si nécessaire, un
différent.
La transparence doit être vue comme faisant
partie d'un spectre
plus large de l'influence de l'industrie. La pression exercée
sur les
régulateurs, inondés d'arguments et d'études, et
de demandes
d'explications, est renforcée par des demandes de consultation
de la
part des États d'origine, et, si nécessaires, des menaces
de différent.
L'objectif est
de » réfrigérer » ou
étouffer le régulateur. Si l'on considère que
l'intervention est assez importante et nécessaire, l'industrie
peut
pousser son état d'origine à déclencher un conflit.
Le fait de donner plus de pouvoir à l'industrie
rendra très
difficile la restauration d'une régulation plus directe , y
compris
pour des raisons de précaution. C'est la raison pour laquelle
l'industrie veut ces dispositions. Les avenues par lesquelles les gens
de l'industrie ou leurs États d'origine pourront exercer des
pressions
ne sont pas évidentes,
mais il est probable que le TISA fournira des examens par des
spécialistes de l'extérieur et un mécanisme
grâce auquel ils
demanderont des consultations, ainsi que des mécanismes de mise
en
application.
11. Les Mesures de Prudence (ART X.17)
Il s'agit d'une disposition standard dans les accords
sur les services financiers. Les défenseurs de l'accord GATS sur
les
services financiers et les partisans du TISA la qualifient de
« carveout », (réorganisation partielle
d'une grande société par la
vente d'actif non stratégique) qui protège la
capacité du gouvernement
de
réguler pour des raisons de prudence. Mais cela ne marche pas.
Il ne
s'agit que d'une défense faible qu'un gouvernement peut
présenter en
cas de conflit. Il y a beaucoup de problèmes d'ordre pratique
quand la
charge de la preuve leur incombe.
Plus problématique est le fait que l'article est
composé de deux
phrases qui se contredisent. Si un gouvernement prend une mesure de
prudence qui n'est pas conforme à l'accord ; il ne peut le
faire comme
moyen d'éviter ses engagements aux termes de l'accord !
Donc toute
mesure de prudence doit être conforme aux autres
dispositions de l'accord.
Les négociations pour le TISA fournissaient
l'occasion de revoir
cette exception et de fournir une protection significative pour le
droit des gouvernements de réguler pour des raisons correctives
et de
précaution. Au lieu de cela, le TISA expose encore plus les pays
aux
règles et puis utilise le même discours qui tourne dans le
vide.
12. L'Harmonisation de la Régulation
Financière
Il semble qu'il y ait un conflit entre l'UE et les
États-Unis sur
(la question de savoir) dans quelle mesure la régulation
financière
devrait être harmonisée. L'UE, soutenue par l'industrie
financière
trans-atlantique, veut un système harmonisé. Celui-ci
ferait reculer
certains des changements post-GCF de la régulation aux
États-Unis, tels
que les
nouvelles conditions et restrictions s'appliquant à l'industrie
financière aux termes de la loi Dodd-Franks
(officiellement : Loi
Dodd-Franks sur la réforme de Wall Street et la protection des
consommateurs).
Cette semaine, on a exfiltré la proposition de
l'UE sur les
services dans ses négociations sur le Traité
Trans-atlantique sur le
Commerce et l'Investissement (TTCI). Dans la note explicative de la
Commission Européenne, on lit :
L'ébauche de la proposition TTCI ne contient pas
d'engagements
concernant les services financiers. Ce (fait) reflète la vue
qu'il
devrait y avoir un parallélisme étroit dans les
négotiations sur
l'accès au marché et les aspects de régulation des
services financiers.
Etant donné l'opposition ferme des États-Unis (à
l'idée d')inclure la
coopération sur
la régulation des services financiers dans le TTCI on
considère qu'il
convient, à cette étape, de ne pas inclure des
engagements quelconques
concernant les services financiers dans la proposition d'accès
au
marché de l'UE. Cette situation pourrait changer à
l'avenir si les
États-Unis se montrent disposés à s'engager
solidement sur la
coopération dans
la régulation des services financiers dans le TTCI. (20)
Autrement dit, l'UE emploie la manière forte
dans le TTCI pour
forcer la main des États-Unis. Il est probable que ce qui finit
par
paraître dans le TTCI se trouvera aussi dans le TISA.
13. Extrait des exigences de l'industrie
américaine
US Securities Industry and Financial Markets
Association (21)
L'industrie américaine des valeurs et
l'Association des marchés financiers
- Les fournisseurs devraient pouvoir choisir la forme de
leur
compagnie commerciale (par exemple, une filiale à 100 %,
une branche ou
une joint-venture) et être traitée aussi favorablement que
les
fournisseurs du pays (c-à-d, préférence nationale).
- D'autres mesures, telles que la protection des
transferts et
mouvements de données trans-frontaliers, et l'inclusion
d'engagements
sur l'isds (règlement des différends
investisseurs-États), la
possibilité de stocker et traiter des données dans une
location
régionale centrale, plutôt que d'établir une
installation locale est
essentielle.
- L'achat et la vente transfrontaliers de produits
financiers, la
participation à des transactions, à leur structuration,
et la
possibilité de donner des conseils sur les investissements, sans
établir une présence commerciale et sans être
soumis à des conditons
séparées de licence et d'approbation qui s'appliquent
généralement à
des firmes présentes
commercialement dans un marché.
- Permettre aux consommateurs voyageant en dehors de
leur territoire
d'utiliser n'importe quel service concernant les marchés du
capital
dans la juridiction de l'autre Parti.
- Consentir à ne pas adopter ou maintenir des
mesures qui empêchent
ou restreignent des transferts d'information ou le traitement
d'informations financières, y compris les transferts de
données par des
moyens électroniques, ou qui empêchent les transferts
d'équipements, là
où de tels transferts d'informations, traitement des
informations
financières, ou transferts d'équipements sont
nécessaires pour qu'un
fournisseur de services financiers puissent travailler normalement.
- Chaque parti devrait permettre l'entrée
temporaire sur leur
territoire de personnes qui fournissent des services liés au
marché des
capitaux pour qu'elles puissent travailler avec des clients ou faire
partie du personnel d'une présence commerciale.
- Au minimum, faire en sorte que des engagements dans un
quelconque
accord général sur le commerce et l'investissement
reflètent le niveau
d'accès aux marché permis aux termes des lois du pays.
- La compétitivité des firmes offrant des
services financiers dépend
de leur capacité à innover, souvent rapidement, pour
satisfaire les
besoins spéciaux des clients en développant et en offrant
de nouveaux
produits et services. Faire en sorte que les régulateurs
permettent aux
firmes privées de satisfaire ces besoins, tout en maintenant une
supervision prudente appropriée.
- Les régulateurs devraient : (1) proposer
des régulations sous
forme d'ébauche et donner aux partis intéressées
l'occasion de
commenter sur les dites régulations, le cas
échéant : (2) mettre à la
disposition du public les conditions que doivent remplir les
fournisseurs pour fournir un service : et (3) de mettre en
application
les
lois et les régulations de façon non-discriminatoire,
d'après des
critères équitables et transparents.
- Il est vital qu'il y ait un chapitre robuste sur les
investissements, qui s'applique aux fournisseurs de services financiers
de façon équitable, y compris en ce qui concerne des
protections
centrales et (un mécanisme de) règlement des
différends
État-investisseur. Parmi ces protections centrales, il faudrait
qu'il y
ait le fait de faire en sorte que des
fournisseurs puissent établir une présence commerciale,
la protection
contre l'expropriation, le règlement des différends, et
le transfert
libre du capital.
- Le TISA pourrait inclure une consultation (faite)
parmi les
participants aux marchés de capital et autorités
chargées de la
régulation qui pourrait conduire au développement d'une
liste
d'obstacles dus à la régulation où on pourrait
développer des
dispositions de reconnaissance.
14. US Chamber of Commerce (22) La Chambre de commerce
américaine
Services financiers
- Établir le droit qu'auraient des firmes
étrangères fournissant des
services financiers d'investir dans un autre Parti du TISA en utilisant
le genre d'établissement commercial qu'ils choisissent, sans
restriction sur l'établissement d'une présence
commerciale nouvelle ou
l'acquisition (en partie ou complètement) d'une entreprise qui
existe
dans un
autre pays du TISA.
- Garantir une préférence nationale pour
des compagnies étrangères
dans le secteur des services financiers pour faire en sorte que les
Partis du TISA donnent aux entreprises et aux investisseurs
étrangers
le même traitement qu'aux investisseurs du pays en ce qui
concerne la
régulation et d'autres choses.
- Accorder aux firmes étrangères
fournissant des services financiers
le droit de fournir des services trans-frontaliers sans établir
une
présence commerciale et sans être soumises aux conditions
séparées de
licence et d'approbation qui s'appliquent généralement
aux firmes ayant
une présence commerciale sur un marché.
- Permettre la dissémination et le traitement
(dans le pays et de
façon trans-frontalalière) d'informations
financières pour fournir aux
clients les services nécessaires à une activité
commerciale normale.
- Permettre aux consommateurs de voyager à
l'étranger pour obtenir des services liés au
marché des capitaux.
Assurances
- Rendre obligatoire que les responsables pour la
régulation et la
supervision donnent un accès total et un traitement national
à toutes
sortes d'assurances, y compris personnelle et commerciale.
- Garantir que la régulation nationale des
assurances soit rendue
applicable, de façon équitable, à toutes les
compagnies sur un marché
donné, sans tenir compte de la nationalité.
- Établir des disciplines claires pour que la
compétition soit
équitable, entre des entités d'assurances
affiliées au gouvernement et
le marché privé dans un laps de temps raisonnable, y
compris en ce qui
concerne la fiscalité, les subventions, ou la fourniture par le
gouvernement de tout autre avantage économique et commercial, et
que
les dites
entités d'assurance affiliées au gouvernement soient
soumises à la
supervision par la même autorité de régulation que
les compagnies
privées.
- Interdiction de déléguer de façon
incorrecte le pouvoir de
régulation à des entités non-gouvernementales qui
diluent la protection
de la confidentialité et du processus assurées par les
procédures
administratives gouvernementales.
- Soutenir la création d'un dialogue annuel
régulier sur les assurances et la mise en application.
- À condition qu'il y ait les niveaux de
protection raisonnables,
obtenir le droit de transférer transfrontalier des
données sur les
clients et sur les employés pour des raisons commerciales
légitimes y
compris pour fournir un service plus efficace et rentable.
US Coalition of Services Industries — Coalition
américaine des
fournisseurs de services : .... Nous reconnaissons la
nécessité de
certaines régulations (par exemple, pour la
sécurité nationale , la
protection des données, des raisons de précaution), il
faudrait qu'il y
ait des paramètres et des limitations à leur application.
Par exemple,
les
carve-outs de précaution devraient limiter la portée de
mesures de
précaution permissible à des mesures non-discriminatoires
qui sont
soumises à une règle (du genre) « qui faussent
le moins le commerce et
l'investissement » (ou quelque chose de ce genre). De
même, des
conditions de capital ne devraient pas être utilisées
comme des
barrières déguisées à l'entrée ou la
concurrence avec les fournisseurs
de services comparables du pays. (ex. services financiers, assurances)
Le traitement des données : quand une loi,
une politique ou
pratique de l'autorité concernée cherche à
restreindre les transferts
ou le traitement de données trans-frontaliers, cette
autorité doit
montrer que cette restriction n'est pas une limitation superflue du
commerce ou de l'investissement à la lumière de moyens
alternatifs
grâce
auxquels on peut atteindre l'objectif de protéger
l'identité des
clients, la sécurité des données ou la mise en
oeuvre d'une
surveillance prudente. (23)
L'American Insurance Association L'Association
américaine des
assureurs veut 100 % d'accès au marché pour les
fournisseurs
d'assurances d'un Parti du TISA sur les marchés de toutes les
autres
Partis, y compris l'absence de traitements discriminatoires, l'absence
de limitations quantitatives et de restrictions sur l'investissement,
la
liberté de choisir le type d'entité légale
grâce auquel ils opèrent
dans une juridiction donnée et la possibilité de fournir
des assurances
sur une base trans-frontalière. Cela implique des disciplines
robustes
concernant les mesures de l'autre côté de la
frontière qui restreignent
indirectement ou limitent l'accès au marché , y compris
des entreprises
nationalisées, et des mesures discriminatoires et des projets de
régulation qui fonctionnet comme des restrictions cachées
sur le
commerce. Les mesures de précaution doivent être
non-discriminatoires
et pas plus restrictives qu'il ne faut pour atteindre les objectifs de
précaution.(24)
Visa veut faire en sorte que l'industrie des paiements
électroniques ait l'accès aux marchés
étrangers, et que les
gouvernements étrangers maintiennent un marché
compétitif par le biais
d'une régulation transparente, et que les fournisseurs de
paiements
électroniques maintiennent le contrôle et la
liberté de mouvements
trans-frontaliers des
informations. (25)
Bloomberg Financial Information Services pensent que la
nouvelle
approche aux engagements de programmation étendra leur niveau
d'accès
aux marchés des pays et ne veulent pas d'exemptions pour les
services
d'informations financières et de traitement de
données.(26)
Notes
1. http://www.wto.org/english/tratop_e/serv_e/finance_e/finance_e.htm
2. http://www.wto.org/english/docs_e/legal_e/26-gats_01_e.htm
3. http://www.wto.org/english/tratop_e/serv_e/10-anfin_e.htm
4.
http://wto.org/english/tratop_e/serv_e/serv_commitments_e.htm
5. http://www.wto.org/english/tratop_e/serv_e/21-fin_e.htm
6. As of 2009, the 33 countries whose current schedules
reference the Understanding include : Australia, Austria,
Bulgaria, Canada, Czech Republic, Finland, Hungary, Iceland, Japan,
Liechtenstein, New Zealand, Norway, Slovak Republic, Sweden,
Switzerland, and the United States, as well as the European Communities
members as of
1994 (Belgium, Denmark, France, Germany, Greece, Ireland, Italy,
Luxembourg, Netherlands, Portugal, Spain and the United Kingdom.) The
only developing nations that utilized the Understanding were Aruba,
Netherland Antilles, Nigeria, Sri Lanka (for banking not insurance),
and Turkey. Additionally, eight countries (Cyprus, Estonia, Latvia,
Lithuania, Malta, Poland, Romania, and Slovenia) were in the process of
revising their commitments to match the EC schedule.
7. WTO Committee on Trade in Financial Services,
'Communication from Barbados : Unintended Consequences of Remedial
Measures taken to correct the Global Financial Crisis : Possible
Implications for WTO Compliance', JOB/SERV/38, 18 February 2011, para
3 ; discussed in 'Remedial actions to tackle crisis not
WTO-compliant ?', SUNS, No. 7116, 25 March 2011
8. Committee on Trade in Financial Services, Report of
the Meeting held on 20 March 2013, S/FIN/M/76, 19 April 2013
9. Report of the Commission of Experts of the President
of the United Nations General Assembly on Reforms of the International
Monetary and Financial System, Preliminary Report, 2009, 87
10. Pierre Sauvé and James Gillespie, 'Financial
Services and the GATS 2000 Round' in Brookings-Wharton Papers on
Financial Services 2000, 2000,
http://www.brookings.edu/research/journals/2000/financial-services2000
430
11. US Trade Representative Ron Kirk, Remarks to the
Coalition of Service Industries 2012 Global Services Summit, 19
September 2012
12. European Commission, »Negotiations for a
Plurilateral Agreement on Trade in Services », Memorandum,
15 February 2013. Online at :
http://europa.eu/rapid/press-release_MEMO-13-107_en.htm ?locale=FR
13. The Agreement Establishing the WTO would require
either a two-third or three quarters majority of Members to secure an
amendment of this kind.
14. Carmen Reinhart and Kenneth Rogoff, 'Banking
crises : An equal opportunity menace', Journal of Banking and
Finance, 37, 2013, 4557-4573 ; Carmen Reinhart and Kenneth Rogoff,
Financial and Sovereign Debt Crises : Some Lessons Learned and
Those Forgotten, IMF Working Paper WP/13/266, December 2013
15. Phakawa Jeasakul, Cheng Hoon Lim, Erik Lundback, Why
Was Asia Resilient ? Lessons from the Past and for the Future, IMF
Working Paper WP/14/38, February 2014, 9
16. David Hartridge, 'What the General Agreement on
Trade in Services (GATS) Can Do', speech to the Clifford Chance
Conference on 'Opening Markets for Banking Worldwide : The WTO
General Agreement on Trade in Services', London, January 1997
17. Zhou Xinxi, 'AIG, Credit Default Swaps, and the
Financial Crisis', Risk Management Society, 18 May 2013, http://clubs.ntu.edu.sg/rms/researchreports/AIG.pdf
18. Bank for International Settlements, 'OTC Derivatives
Market Activity', November 2008, 6, Table 1, http://www.bis.org/publ/otc_hy0811.pdf
19. Stijn Claessens and Laura Kodres, The Regulatory
Responses to the Global Financial Crisis : Some Uncomfortable
Questions, March 2014, WP/14/46, 12, fn 16
20. European Commission, Draft EU Services Offer, 26 May
2014,
http://www.scribd.com/doc/230241360/Draft-EU-offer-on-trade-in-services-for-TTIP
21. http://www.regulations.gov/#!documentDetail;D=USTR-2013-0001-0032
22. http://www.regulations.gov/#!documentDetail;D=USTR-2013-0001-0018
23. http://www.regulations.gov/#!documentDetail;D=USTR-2013-0001-0027
24. http://www.regulations.gov/#!documentDetail;D=USTR-2013-0001-0013
25.
http://www.regulations.gov/#!documentDetail;D=USTR-2013-0001-0051
26. http://www.regulations.gov/#!documentDetail;D=USTR-2013-0001-0048

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