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Numéro 29 - 23 juin
2015
«L'amortissement
accéléré» du gouvernement Harper
Planifier ou ne pas planifier
- K.C. Adams -
 
• Les
intérêts privés
mondiaux versus l'intérêt public et
l'édification
nationale
• Une comptabilité absurde
L'aventure ukrainienne
du Canada
• Le gouvernement Harper continue d'essayer
d'imposer
des valeurs nazies aux Canadiens
- Dougal MacDonald -
Journée
nationale des Autochtones le 21 juin
• La réparation des crimes commis contre
les peuples autochtones passe
par un profond renouveau politique et
constitutionnel
- Philip Fernandez -
Fête nationale
du Québec le 24 juin
• Fête populaire et
célébration de la nation québécoise
- Geneviève Royer -
• Les origines de la Saint-Jean-Baptiste
- Serge Patenaude -
Journée
d'action nationale pour le droit des réfugiés aux soins
de santé
• Les travailleurs de la santé et leurs
alliés exigent que le gouvernement rétablisse le
financement pour les soins de santé des réfugiés
Pour le
développement de l'amitié Canada-Cuba
• Le héros cubain Fernando
González est reçu chaleureusement à Toronto
• Un médecin cubain parle du travail
des brigades humanitaires
pour lutter contre l'Ebola
• Le Réseau canadien pour Cuba
définit son travail pour mettre fin au blocus
des
États-Unis contre Cuba et renforcer les relations canado-cubaines
Sommet des peuples au
Sommet Celac-UE à Bruxelles
• Il faut mettre un terme aux injustices
provoquées par un ordre
économique international de plus
en plus injuste et excluant
- Miguel Díaz-Canel Bermudez, premier
vice-président
du Conseil d'État et du Conseil des
ministres -
Équateur
• Le peuple s'unit pour vaincre la violence
anti-gouvernementale
À la recherche
d'une solution à la crise de la dette grecque
• La Commission pour la vérité
dit que la plus grande partie
de la dette grecque est illégale
• Le Forum économique de
Saint-Pétersbourg et l'impasse
de l'Union européenne
- Pyotr Iskenderov -
«L'amortissement
accéléré» du gouvernement Harper
Planifier ou ne pas planifier
- K.C. Adams -
Planifier (être) ou ne pas planifier
(ne pas
être), telle est la question.
Y a-t-il plus de noblesse
d'âme à subir
la fronde et les
flèches de la fortune
outrageante,
ou bien à s'armer
contre une mer de douleurs
et à
l'arrêter par une révolte ?
(Nos excuses à
Shapespeare)
Le capitalisme a atteint son point de rupture. Le
système est maintenant si monopolisé dans ses secteurs de
base et dominé par la richesse sociale concentrée que la
planification de l'économie devient une demande pressante. Ceux
qui détiennent une grande richesse sociale sont d'accord parce
que sans cela leur richesse privée ne peut pas croître
à un taux qu'ils considèrent acceptable. Ils
réclament la planification par l'État afin de
défendre leurs intérêts privés et
étendre leurs fortunes privées ; par contre ils
s'opposent à une planification qui défend
l'intérêt public, renforce l'économie
socialisée dans son ensemble et construit la nation.
La loi de la chute du taux de profit force ceux qui
possèdent beaucoup de richesse sociale à planifier, de
concert avec l'État, les façons de faire fructifier leurs
profits privés en utilisant le trésor public et le
pouvoir politique des lois, des règles et de la
réglementation, d'une façon qui sert leurs
intérêts privés mais entre tout de suite en
contradiction avec l'intérêt public, les autres
détenteurs de la richesse sociale et la classe ouvrière.
Les grands détenteurs de la richesse sociale
demandent une planification organisée par l'État pour
servir des fins privées. Cette planification privée qui
se fait dans certaines parties de l'économie entre en conflit
avec le caractère socialisé de l'économie et avec
le besoin d'harmoniser les intérêts et non de dresser les
intérêts privés les uns
contre les autres et contre l'intérêt public.
La planification organisée par l'État au
service de certains intérêts privés
Le bureau du premier ministre a émis un
communiqué de presse qui est absurde et un affront à la
science économique. Le gouvernement Harper propose que la valeur
de la machinerie soit considérée comme étant
transférée à la production à un taux de
50 % par année sur une base dégressive. Cet
« amortissement accéléré » a
l'effet contradictoire d'abaisser le montant de nouvelle valeur qui est
comptabilisé et d'accroître la réclamation des
détenteurs du capital-actions à la nouvelle valeur. Le
perdant dans cette manoeuvre d'opération comptable est la
réclamation du
gouvernement à la valeur ajoutée. Cette proposition
fiscale est une forme de planification de la part de l'État pour
servir certains intérêts privés étroits.
Dans le cadre de cette planification par l'État au service
d'intérêts privés, les monopoles sont en
contradiction les uns avec les autres, avec ceux qui détiennent
une quantité moindre de richesse
sociale moindre, avec la classe ouvrière et l'économie
elle-même.
Dans ce cas-ci, les monopoles demandent que
l'État intervienne pour atténuer l'impact de la loi de la
chute du taux de profit sous le capitalisme. En minimisant la valeur
ajoutée en accroissant la valeur transférée de la
machinerie, la proposition du gouvernement abaisse le revenu imposable
des entreprises, ce qui accroît le profit que peuvent
réclamer les entreprises. Cette manoeuvre tempère pour un
moment, du moins sur le plan de la comptabilité, l'impact de la
loi de la chute du taux de profit sur les entreprises directement
concernées, tout en abaissant la valeur ajoutée globale
et son taux. En agissant ainsi, on ne fait qu'enfouir le
problème de la chute du taux de profit sous un amas
d'ignorance et de pratiques comptables intéressées
plutôt que d'y faire carrément face.
Des mesures prises par l'État pour
déformer la réalité de l'économie et
bloquer le renouveau véritable
C'est seulement dans les livres qu'on peut trouver de la
machinerie qui se déprécie de 50 % par année.
Peut-on s'imaginer une machinerie moderne qui transfère sa
valeur à un taux annuel de 50 %, à moins bien
sûr
qu'on parle d'un tas de ferraille qui tombe en ruines dès sa
sortie de l'usine et dure au plus quelques années. Même le
taux actuel de 30 % n'a pas de sens.
Le fait, pourtant ironique, qu'un taux
déclaré de 50 % d'amortissement de la machinerie
abaisse le taux de profit dans les premières années de
son utilisation semble avoir échappé au bureau du premier
ministre. Cette pratique abaisse la valeur ajoutée telle
qu'inscrite dans les livres au seul détriment de la
réclamation du gouvernement à
la valeur ajoutée, mais elle ajoute aux réclamations des
monopoles dans le cadre du présent régime fiscal. La
réclamation du gouvernement à la valeur ajoutée,
l'impôt des sociétés, est basée sur le
« bénéfice net », quelque chose qui
peut être réduit à presque rien par de la
manipulation alors qu'au même moment les profits sont
distribués aux détenteurs du capital-actions.[1]
Ces mesures prises par l'État pour
déformer la réalité de l'économie visent
à servir certains intérêts privés. Elles
affaiblissent l'économie socialisée dans son ensemble en
retirant la valeur quelque part et en l'inscrivant ailleurs au
mépris des lois de la science économique. Elles privent
certains secteurs de valeur tout en remplissant les coffres
d'autres secteurs, ce qui cause des problèmes à
l'économie et crée les conditions pour une crise
générale.
Le régime d'imposition actuel et cette manoeuvre
du gouvernement Harper en particulier démontrent la
nécessité d'une refonte complète qui permettrait
aux gouvernements et à leur infrastructure sociale et
matérielle de réclamer leur revenu directement des
entreprises et non de sources secondaires par le biais de l'impôt
des particuliers, de
l'impôt sur la masse salariale, de la taxe de vente, de
l'impôt des entreprises sur le profit net et des frais aux
usagers. Les conditions objectives appellent à une planification
qui est faite dans l'intérêt public, en harmonie avec le
caractère socialisé de l'économie moderne, de
sorte que ses besoins soient satisfaits de même que ceux du
peuple pour ce
qui est des programmes sociaux qui garantissent ses droits.
Ce concept de manipulation de la valeur
transférée, en tant que moyen dans les mains du
gouvernement de réclamer moins de valeur ajoutée de
l'économie socialisée, est une farce et cause des
problèmes pratiques et théoriques. Si le gouvernement ne
veut pas présenter de réclamation à la valeur
ajoutée que crée la production, qu'il le dise et
nous explique où il va trouver les fonds pour se financer et
financer les institutions, les programmes et l'infrastructure sociale
et matérielle et garantir l'intérêt
général de la société. Le peuple doit
dénoncer le gouvernement qui fait une mascarade de la science
économique afin de servir des intérêts
privés étroits.
La manoeuvre du gouvernement Harper est une tentative de
faire perdurer une économie socialisée qui ne peut pas
continuer dans la vieille voie des rapports privés de production
et de la planification par l'État au service des
intérêts privés privilégiés. Les
vieux rapports basés sur la propriété
privée des forces sociales de production doivent être
renovelés en profondeur et harmonisés avec la
réalité du nouveau.
La distortion dans la comptabilité est un effort
de plus pour éviter la conclusion qui s'impose à savoir
que l'économie socialisée requiert une réforme
radicale et non une planification étroite par l'État pour
servir certains intérêts privés. La chute
tendancielle du taux de profit est un problème qui émerge
des contradictions du capitalisme et ne
peut être évité tant que le système existe.
Elle doit être reconnue comme une réalité
scientifique et traitée comme tel, en premier lieu par la
restriction du droit de monopole et de ses efforts destructeurs pour
contourner cette loi.
La planification économique qui s'impose vient du
caractère social de l'économie et du fait que la
propriété privée de parties rivales des secteurs
de base ne peut pas mener au contrôle et à la
stabilisation de l'économie dans son ensemble et n'est
même pas utile à sa propre production sauf si elle sert
son intérêt privé étroit de profit
monétaire.
Le peuple organisé doit se doter du pouvoir politique et de la
volonté légale qui sont nécessaires et permettent
de confronter et de restreindre le droit de monopole et de le priver de
son pouvoir politique qui sert les intérêts privés
étroits.
La planification au service de l'intérêt
public et de l'économie socialisée, surtout en ce qui
concerne le secteur de gros, la détermination des prix de
production des secteurs de base selon une formule scientifique moderne
qui comprend un taux moyen de profit, et le contrôle de ce qui
est produit et de sa distribution sont l'étape première
pour en
arriver à éviter les crises économiques
récurrentes et ouvrir la voie du progrès.
Note
1. L'exemple classique de la manipulation de
l'impôt des entreprises et de la fraude du «
bénéfice
net » est le monopole mondial GE et ses plus de 1000
comptables experts en matière d'impôts.

Les intérêts privés mondiaux versus
l'intérêt
public et l'édification nationale
Voici des extraits du communiqué du 14 mai du
bureau du premier ministre intitulé : « Le PM
souligne le soutien offert aux fabricants canadiens pour les aider
à s'équiper pour réussir ». Les
commentaires en doubles parenthèses sont du LML.
« Le Plan d'action
économique
2015 propose d'accorder une déduction pour amortissement
accéléré au taux de 50 pour cent selon une
méthode d'amortissement dégressif pour l'achat de
machinerie et d'équipement utilisés pour la fabrication
et la transformation. Il s'agit d'un amortissement nettement
accéléré comparativement au
taux habituel de 30 pour cent, ce qui permet aux entreprises de
reporter le paiement de l'impôt et de recouvrer les coûts
de leurs dépenses en immobilisations plus rapidement. Cette
mesure s'appliquera aux immobilisations acquises après 2015 et
avant 2026. »
((Les investissements en machinerie ne sont pas
recouvrés par des impôts différés. La valeur
de la machinerie est consommée dans le processus de production
puis transférée et préservée dans de
nouveaux biens et services en tant que valeur transférée.
Les entreprises récupèrent la valeur
transférée quand le nouveau bien ou le nouveau service
est réalisé (vendu). C'est la qualité de la
machinerie et l'intensité de son utilisation qui
déterminent la période de récupération, pas
un pourcentage arbitraire que le gouvernement propose en impôts
différés.
La valeur entière de l'investissement est
récupérée lorsque toute la valeur de la machine a
été transférée dans de la nouvelle
production et réalisée dans la vente. Rendu à ce
point ou avant, la machine devrait être remise à neuf ou
retirée du service. Le fait d'imposer un amortissement annuel de
30 ou 50 % pour réduire la réclamation du
gouvernement à la valeur ajoutée cause une distorsion de
l'économie et illustre l'anachronisme de la façon dont
les gouvernements font présentement leurs réclamations
à la valeur ajoutée, à savoir sur la base du
« bénéfice net » d'une entreprise.
Le fait de lier la récupération ou la
période d'amortissement pour la valeur transférée
à une « déduction pour amortissement
accéléré » dictée par le
gouvernement est une distorsion théorique et pratique de la
science économique qui devient un facteur de plus de
perturbation de l'économie, ce qui cause des crises et ne
résout aucun
problème.))
« Cette mesure incitative offrira aux
fabricants canadiens un soutien concret et à long terme qui leur
permettra de planifier les investissements qui leur sont
nécessaires pour être concurrentiels dans une
économie mondiale... La période de 10 ans procurera aux
entreprises une plus grande certitude dans la planification de projets
à long
terme et de plus grande envergure. »
((L'aide de l'État à la planification
privée entre en conflit avec les intérêts
privés rivaux et l'intérêt public.
L'économie socialisée interreliée a besoin d'une
vaste planification sociale qui tient compte de tous les facteurs et
secteurs et pas seulement des intérêts privés
d'entreprises ou de secteurs en particulier.))
« Les nouveaux investissements leur
permettront de se positionner en vue de relever les défis
économiques actuels et futurs, tout en créant des emplois
et en favorisant la croissance. »
((Comment le gouvernement Harper peut-il le
savoir ? À partir de cette supposition, il prédit
que peu importe quels « nouveaux
investissements » les entreprises vont faire, ceux-ci vont
« relever les défis économiques actuels et
futurs ». Peut-être que les investissements vont
être un désastre total ou une simple
manoeuvre pragmatique pour faire un coup d'argent rapide.
De plus, l'affirmation que la machinerie et la
productivité « créent des emplois »
est évidemment fausse. L'usage accru de machinerie pour
accroître la productivité élimine des emplois.
C'est justement cela le but de la productivité, de
réduire le temps de travail nécessaire pour produire la
même quantité de biens et de
services. Certaines entreprises utilisent plus de machinerie, des
robots par exemple, pour générer plus de
productivité. Non seulement cela élimine-t-il des emplois
dans ces entreprises mais cela pourrait bien éliminer des
concurrents au Canada et détruire encore plus d'emplois. Le
communiqué du bureau du premier ministre n'envisage pas cette
possibilité bien réelle et se contente de vanter la
soi-disant création d'emplois et la croissance par cette mesure
accordée aux entreprises. Ce communiqué, qui ne contient
rien pour traiter des impacts potentiellement négatifs, illustre
bien que le gouvernement n'a aucun plan pour contrer l'augmentation du
chômage et l'inactivité forcée que cause une plus
grande productivité.
L'intérêt
public plus large n'est pas
favorisé par cette concession aux intérêts
d'affaires privés. Les gens se retrouvent forcés à
faire face eux-mêmes aux impacts négatifs, étant
abandonnés à leur sort, ce qui crée le chaos de la
pauvreté et produit des visions et comportements antisociaux. Le
gouvernement laisse aller des réclamations à la valeur
ajoutée sans rien en retour sauf un vague espoir de
« croissance » qui, s'il se réalise par le
biais de ce cadeau à même le trésor public, va
bénéficier aux entreprises privées et non à
l'entreprise publique, aux programmes sociaux et aux services publics.
Si la croissance se matérialise et que des
entreprises deviennent plus grosses et plus fortes,
l'intérêt public n'en retire rien. En fait, il en souffre
directement. Lorsque des entreprises mondiales deviennent plus grandes,
elles imposent le droit de monopole de façon encore plus
dominatrice et agressive en opposition au droit public.
De plus, l'investissement en machinerie par des
entreprises enregistrées au Canada peut bien être
utilisé pour leurs possessions à l'étranger. C'est
tout à fait possible. Plus tôt cette année, le
syndicat Unifor a révélé l'existence d'un
prêt de 526 millions $ d'Exportation et Développement
Canada à Volkswagen pour l'aider à financer son
expansion mondiale, pas au Canada mais à l'étranger. Le
gouvernement a essayé de faire bien paraître cette
mauvaise utilisation des fonds publics en disant que peut-être
les entreprises canadiennes vont-elles augmenter leurs exportations aux
entreprises non canadiennes de Volkswagen.
Une autre question qui n'est pas soulevée dans le
communiqué de presse du bureau du premier ministre est l'origine
de la machinerie que les compagnies vont peut-être acheter. Comme
le premier ministre a fait son annonce à Windsor en Ontario, on
peut présumer qu'il a en tête le secteur automobile.
Aujourd'hui, les principales machines qui
sont utilisées dans la production de véhicules sont des
robots et pour la plupart ce n'est pas au Canada qu'ils sont
fabriqués. Le gouvernement Harper parle souvent du secteur des
ressources et là encore la machinerie lourde utilisée
dans le secteur n'est pas fabriquée au Canada mais
principalement aux États-Unis, au Japon et en Allemagne.
Sans un plan pour développer la production de
robots et de machinerie lourde au Canada, l'achat continuel à
l'étranger de ces moyens de production, avec l'aide du
trésor d'État, sort la richesse sociale du pays et
affaiblit l'économie. Le gouvernement Harper ne porte aucune
attention aux conséquences négatives de tout cela sur
l'édification
nationale et ne propose rien pour changer la situation. Son obsession
néolibérale pour l'utilisation du pouvoir de
l'État et de ses ressources publiques pour l'édification
d'empire des monopoles privés l'amène à s'opposer
à toute restriction du droit de monopole pour défendre le
droit public et le droit souverain du peuple de contrôler et de
bâtir sa
nation et son économie afin de servir l'intérêt
public, le bien-être du peuple et l'intérêt
général de la société.))
« Cette initiative n'est que l'une des
nombreuses mesures mises en place par le gouvernement depuis 2006 pour
créer un climat dans lequel les fabricants canadiens peuvent
prospérer. Parmi les autres mesures adoptées par le
gouvernement figurent notamment les suivantes : mise en place du
plan d'action pour la réduction du
fardeau administratif et du plan d'action pour le capital de
risque ; ...promotion du commerce international, notamment par la
conclusion des négociations de libre-échange avec l'Union
européenne et la République de Corée. »
((Cette façon de dire les choses frise la
fourberie. Il n'y a pas un économiste ou professeur qui oserait
suggérer que le secteur manufacturier a grandi et
prospéré dans la période récente. La liste
des initiatives prises par le gouvernement Harper pour servir le droit
de monopole ne fait qu'illustrer le problème que causent aux
Canadiens les
monopoles mondiaux qui mettent leurs intérêts
privés au premier plan en opposition à
l'intérêt public et à l'édification
nationale souveraine et utilisent leur droit de monopole et leur
influence dans l'État pour avoir gain de cause.))
« Par exemple, on s'attend à ce que le
report du paiement de l'impôt associé à cette
nouvelle mesure réduise de 1,1 milliard $ l'impôt
fédéral des fabricants de 2016-2017 à 2019-2020.
Cette initiative n'est que l'une des nombreuses mesures mises en place
par le gouvernement depuis 2006... »
((Ce genre de déclarations de la part des
conservateurs banalise ce que sont l'économie socialisée
et la société. La richesse sociale qui est produite au
sein de l'économie socialisée est nécessaire
à la reproduction de l'économie, à la satisfaction
des besoins de la classe ouvrière de la naissance à la
mort et à l'intérêt général de la
société.
Comment doit-on organiser et contrôler cette entreprise moderne
d'interactions complexes afin de servir l'intérêt
public ? On ne peut pas trouver réponse à cela dans
des trivialités intéressées.
Les déclarations à l'effet de
« créer un faible taux d'imposition pour favoriser
les investissements des entreprises » ne résolvent
rien et visent à justifier un régime qui prive les
Canadiens de leur droit de se gouverner eux-mêmes et de
contrôler l'économie dans l'intérêt public.
Elles sont une tentative de détourner l'attention
publique d'un régime qui a remis les secteurs de base de
l'économie aux intérêts privés mondiaux au
détriment de l'intérêt public canadien et de
l'édification nationale. La conception néolibérale
de tout faire pour servir le droit de monopole est une recette pour le
désastre. Les Canadiens revendiquent leur droit de se gouverner
et de contrôler leur
économie pour servir l'intérêt public,
l'édification nationale et l'intérêt
général de la société.))

Une comptabilité absurde
Au
sujet de la proposition du premier ministre sur
l'amortissement
de la nouvelle machinerie à 50 % par
année
Mis à part tout le reste, la question à se
poser est si une entreprise donnée a besoin de nouvelle
machinerie ou pas. A-t-elle besoin du transfert de 50 % par
année de la valeur d'amortissement pour se convaincre d'acheter
une nouvelle machine ? Était-elle disposée à
continuer avec les mêmes machines sans rien
changer ? Si elle a besoin de nouvelle machinerie, elle peut
emprunter l'argent nécessaire et la valeur de l'investissement
lui reviendrait plus tard, avec la réalisation de la production.
Qu'espère accomplir
le gouvernement avec cette
mesure ? Les entreprises vont-elles acheter toutes sortes de
nouvelles machines et ainsi inonder l'économie de produits dont
le besoin n'a pas été établi à cause de
l'accroissement de la productivité que cela
entraîne ? Le gouvernement sait-il, sans nous dire comment,
que certaines
entreprises ont un urgent besoin de nouvelles machines mais ne
l'achèteront que si elles peuvent le déduire de leur
rapport d'impôt à titre de valeur transférée
à 50 % par année ? Cette décision
arbitraire est un cadeau pour les entreprises mais un affront à
la science économique, qui n'accepte pas une valeur
transférée artificiellement
gonflée dans la détermination du prix de la production.
D'autre part, qu'entend-t-il faire avec
l'excédent de main-d'oeuvre que cela va provoquer, puisque la
nouvelle machinerie va accroître la productivité et cela
veut dire que moins de travailleurs seront requis ? Dans un
régime capitaliste, l'accroissement de la productivité ne
fait pas que générer plus de richesse sociale pour la
poignée de
privilégiés, elle crée aussi le chômage et
la pauvreté pour un grand nombre de personnes.
Le plan de Stephen Harper augmente le rendement du
capital-actions en transférant la réclamation du
gouvernement à la valeur ajoutée aux propriétaires
du capital-actions. Par ce tour de prestidigitation, la
réclamation du gouvernement à la valeur ajoutée
est transformée en valeur transférée de la
machinerie amortie à 50 % par année et
empochée par l'entreprise à titre de déduction
d'impôt.
L'augmentation du rendement du capital-actions par une
déduction d'impôt est le produit d'une séquence
d'événements provoquée par une augmentation
artificielle de la valeur transférée. La valeur
transférée qui est ainsi augmentée par
l'amortissement de la machinerie à 50 % par année
réduit la valeur ajoutée disponible, du moins selon
la comptabilité du gouvernement Harper. Paradoxalement, cette
réduction de la valeur ajoutée finit par profiter
à l'entreprise à titre de bénéfices
à cause de la façon dont est calculé l'impôt
des entreprises sur le soi-disant bénéfice net. Le
bénéfice net imposable de l'entreprise est moins grand,
ce qui veut dire que la réclamation du gouvernement à
la valeur ajoutée disponible est moins grande.
Une partie de la valeur
ajoutée disponible sert
à payer la nouvelle machinerie avant même que sa valeur ne
soit transférée aux nouveaux produits et
réalisée à titre de valeur
transférée. Ce scénario montre la
nécessité d'un système d'imposition
entièrement nouveau où les gouvernements et leurs
institutions réclament leur valeur ajoutée
directement du produit réalisé par les travailleurs dans
l'économie socialisée ainsi que par l'échange de
la valeur produite socialement, comme par exemple la valeur de
l'éducation publique et des soins de santé
échangée directement avec les entreprises qui consomment
cette valeur. La comptabilité absurde du gouvernement Harper
montre aussi la
nécessité d'affirmer l'intérêt public dans
le secteur de la vente de gros et dans l'établissement des prix
de la production.
Le 1,1 milliard $ additionnel qui est ainsi
acheminé dans les coffres des entreprises pour payer la
machinerie est enlevé au gouvernement. De façon tout
à fait cavalière, le bureau du premier ministre annonce
dans son communiqué que le report du paiement de l'impôt
associé à cette nouvelle mesure réduira de 1,1
milliard $ l'impôt
fédéral des fabricants entre 2016 et 2020, mais ne dit
pas si le gouvernement a besoin de ce revenu ou pas. Si le gouvernement
a besoin de ce revenu, il doit au moins nous dire où il trouvera
ce 1,1 milliard $ de remplacement.
Cette déformation de l'économie à
l'initiative du gouvernement doit être considérée
comme une corruption officielle au service de certains
intérêts privés. Elle ouvre la porte à la
vente et l'achat d'équipements ici et là, même au
sein d'un même monopole, comme moyen d'accroître la valeur
transférée et éviter de payer des impôts. Le
même
équipement peut être déplacé sur papier
là où cela permet le mieux de réduire le
bénéfice imposable. Les monopoles mondiaux
établissent leurs pratiques comptables sur cette base. Pour
éviter de rapporter des bénéfices, ils
déplacent la valeur transférée d'une division
à une autre pendant des années, voire d'un pays à
un autre, ou d'une usine
nouvellement construite à une usine déjà
pleinement productive qui peut utiliser la déduction
d'impôt dans son rapport annuel. Par leurs manipulations, les
monopoles peuvent même déclarer que telle ou telle
division de leur entreprise est une entreprise indépendante,
séparée. C'est exactement ce qu'a fait US Steel quand il
a déclaré faillite à sa
filiale canadienne, dont il est le seul propriétaire, et a
ensuite décidé que la filiale canadienne lui devait des
milliards de dollars à titre de créancier ayant
préséance sur les retraités et tous les autres
créanciers.
Avec cette mesure fiscale, le gouvernement Harper
continue de construire une montagne d'ignorance et de contradictions.
Les gens sont forcés pour ainsi dire de continuer de continuer,
« ou bien s'armer contre une mer de douleurs et
l'arrêter par une révolte », pour citer
Shakespeare, et ainsi rétablir l'harmonie entre le mode de
production, qui est présentement dépassé, qui
repose sur la propriété privée des
différentes composantes de l'économie, avec
l'économie qui, elle, est socialisée, où cette
économie socialisée sera contrôlée par les
véritables producteurs et où l'on pourra, grâce
à la planification scientifique, stabiliser et stimuler
l'économie pour mieux servir l'intérêt
public et l'intérêt général de la
société.

L'aventure ukrainienne du Canada
Le gouvernement Harper continue d'essayer
d'imposer des valeurs nazies aux Canadiens
- Dougal MacDonald -
Colline du Parlement, 4
octobre 2014
Le secret le moins bien gardé de l'Ukraine est de
plus en plus exposé. Pendant de nombreux mois, les milieux
dirigeants de l'Ukraine, la dictature de Harper et les médias
monopolisés américains et canadiens, entre autres, ont
essayé en vain de cacher la résurgence néonazie
réelle en Ukraine. Actuellement, le parti politique ouvertement
néonazi
Svoboda détient sept sièges au parlement de l'Ukraine.
D'autres partis semblables, comme le Secteur droit, que ses
défenseurs qualifient par euphémisme
d'« ultra-nationaliste » et
d'« extrême droite », détiennent
également des sièges au parlement. D'autre part, le
bataillon Azov, une milice ouvertement néonazie et d'autres
« bataillons de volontaires », comme le bataillon
Aidar, financés par des donateurs privés et le
gouvernement et qui arborent des emblèmes nazis, sont le fer de
lance des attaques militaires de l'Ukraine contre ceux qui sont
qualifiés de « rebelles pro-russes ».
Le bataillon Azov, financé par l'oligarque
ukrainien Ihor Kolomoyskyi, est une unité militaire
commandée par le député ukrainien Andriy Biletsky,
un suprémaciste blanc reconnu. Dans un reportage du journal
britannique conservateur, le London Telegraph, du 11
août 2014, on lit : « Les bataillons
formés récemment
tels que Donbass, Dnipro et Azov, avec plusieurs milliers d'hommes sous
leur commandement, sont officiellement sous le contrôle du
ministère de l'Intérieur, mais leur financement est
trouble, leur formation insuffisante et leur idéologie souvent
alarmante. Les hommes d'Azov arborent le Wolfsangel (crochet du Loup)
néonazi sur leur bannière et
les membres du bataillon sont ouvertement suprémacistes blancs,
ou antisémites. » Au cours d'interviews avec le Telegraph
, des membres des milices ont dit que certains des combattants mettent
en doute la réalité de l'Holocauste, expriment leur
admiration pour Adolf Hitler et reconnaissent qu'ils sont en effet des
nazis.

L'emblème
néonazi du bataillon Azov
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En ce qui concerne le bataillon Azov, il n'y a plus
aucun doute. Le 10 juin 2015, la Chambre des représentants des
États-Unis a été forcée d'adopter un
amendement bipartisan au Defense Appropriations Act - des
représentants John Conyers Jr., Démocrate-Michigan, et
Ted Yoho, Républicain-Floride - afin de bloquer
l'entraînement par les
États-Unis du bataillon Azov. « Je suis heureux que
la Chambre des représentants ait adopté à
l'unanimité mes amendements la nuit dernière afin de
veiller à ce que nos militaires ne forment pas des membres de la
mouvance néonazie du bataillon Azov, ainsi que mes mesures pour
faire en sorte que les Manpads (systèmes portatifs de
défense
aérienne) particulièrement dangereux restent à
distance de ces régions instables », a
déclaré Conyers le 11 juin. [1]
Cette décision des États-Unis a mis une
fois de plus le ministre de la Défense du gouvernement Harper,
Jason Kenney, dans une situation embarassante. Comme on le sait, le
gouvernement Harper et ses larbins vivent une histoire d'amour
passionnée avec le régime ukrainien infiltré par
les nazis, surtout depuis le coup d'État du 25 mai 2014 par
les forces qui soutiennent l'actuel président Petro Poroshenko.
Poroshenko lui-même a affirmé très clairement sa
position pro-nazie. En décembre 2014, il a accordé la
citoyenneté ukrainienne au néonazi biélorusse
Sergei Korotkikh en reconnaisance de ses services comme membre du
bataillon Azov. Le 6 avril, Dmytro Iaroch, dirigeant du groupe
néonazi ukrainien, Secteur droit, et qui fait l'objet d'un
mandat d'arrêt international auprès d'Interpol, a
été nommé conseiller au ministère de la
Défense ukrainien. Le 9 avril, le parlement de l'Ukraine a
interdit le communisme et reconnu officiellement les nationalistes
ukrainiens qui ont collaboré avec les nazis comme des
« combattants de
la liberté ». Le 15 mai, Poroshenko a signé
une loi pour enlever les monuments communistes et renommer les rues,
les lieux publics et les établissements dont le nom était
« lié au communisme ». Cette loi accorde
également une reconnaissance publique à l'Armée
insurrectionnelle ukrainienne, dirigée par Stepan Bandera, qui a
collaboré avec les nazis pendant la Deuxième Guerre
mondiale.
En avril, le ministre de la
Défense, Jason
Kenney, a annoncé que le gouvernement Harper s'était
engagé à déployer 200 militaires canadiens pour
donner de la formation à l'armée ukrainienne pour
combattre « les rebelles russes ». Cette
décision avait été critiquée à
l'époque. Interrogé le 18 juin au sujet du vote
américain de
bloquer les activités de formation par les États-Unis du
bataillon Azov, Kenney à refusé de commenter, mais son
secrétaire de presse a envoyé cette réponse :
« Les forces ukrainiennes sont responsables du processus de
sélection pour assurer que les Forces armées canadiennes
ne donneront de la formation qu'aux militaires réguliers. La
première tranche des stagiaires seront des membres des Forces
armées ukrainiennes (Armée de terre). . [... Nous avons]
reçu l'assurance que dans ce groupe ne seront pas inclus des
membres du bataillon Azov et que ce bataillon ne sera pas
intégré à l'armée ukrainienne. »
L'ancien diplomate canadien, James Bissett, avait
souligné en avril que ces déclarations du ministre Kenney
au sujet de la « formation sélective »
n'étaient appuyées par aucun fait. Après l'annonce
de Kenney, Bissett a déclaré que les Canadiens pourraient
très bien se retouver à donner de la formation à
des membres des groupes
fascistes du pays parce que ces troupes sont intégrés
dans les forces régulières de l'Ukraine. « Ces
milices ont été fusionnées avec l'armée
ukrainienne, alors nous ne serons pas en mesure de déterminer
qui nous formons, a déclaré James Bissett, ancien
ambassadeur du Canada en Yougoslavie, en Bulgarie et en Albanie. Ce
sont des groupes
peu recommandables avec lesquels les militaires canadiens ne devraient
avoir aucun lien. »
Il faut rappeler que le ministre de la Défense,
Jason Kenney, a révélé ses propres penchants
pro-nazis il y a six ans. En 2009, Kenney a exprimé son
admiration pour Alojzije Stepinac lors d'un discours devant la
communauté croate : « J'ai dans mon bureau
à Ottawa, une carte de prière avec une photo du Cardinal
Stepinac, qui
était lui-même un martyr pour la Croatie et pour la foi,
et il est, pour moi, l'un des grands héros du XXe siècle.
Et ces hommes, chacun d'eux, hommes et femmes, sont des héros.
J'ai été très touché par cela. Alors, merci
beaucoup. » [2]
Pendant la Deuxième Guerre mondiale, le
héros de Kenney, Alojzije Stepinac, a collaboré avec le
criminel de guerre Ante Pavelic, le chef du gouvernement fantoche
pro-nazi appelé « État indépendant de
Croatie », créé le 10 avril 1941 après
l'invasion de la Yougoslavie par les puissances de l'Axe, et le chef
des Oustachis, une
bande d'assasins fascistes. Par ordonnance du Vatican, Stepinac a
occupé le poste de vicaire apostolique de l'armée des
Oustachis. « Hitler est un envoyé de
Dieu », a déclaré Stepinac, alors
archevêque, dans une lettre à la Sentinelle croate le
1er
janvier
1942.
Stepinac
a été nommé cardinal
par le pape Pie XII en 1952 et
béatifié par le pape Jean Paul II en 1998. [3] Le
régime Oustachis a créé le tristement
célèbre camp de concentration de Jasenovac, l'un des plus
grands en Europe où plus de 13 000 Juifs, 48 000 Serbes et de 10
000 à 20 000 Tziganesont été
systématiquement exterminés.
L'enquête de 1947 du gouvernement yougoslave,
« Le cas de Mgr Stepinac » a montré
clairement le rôle criminel de Stepinac en Yougoslavie pendant la
guerre : « L'enquête de la Commission des crimes
de guerre yougoslave a établi que Mgr Stepinac avait joué
un rôle prépondérant dans la conspiration qui a
conduit
à la conquête et au démembrement du Royaume de
Yougoslavie. Il a été établi, en outre, que Mgr
Stepinac a eu un rôle dans le gouvernement de l'État nazi
fantoche croate, que de nombreux membres de son clergé ont
participé activement aux atrocités et aux massacres et,
enfin, qu'ils ont collaboré avec l'ennemi jusqu'au dernier jour
de la
domination nazie et ont continué après la
libération de comploter contre la République populaire
fédérative de Yougoslavie nouvellement
créée. » [4]
La poursuite de la campagne anticommuniste de la
dictature Harper et son soutien ouvert au néonazisme et à
la réaction noire sont une grave menace pour les Canadiens. De
nombreux exemples peuvent être donnés. Le projet de loi
C-51, qui vient d'être adopté, légalise les
opérations occultes et la terreur d'État contre les
travailleurs. Lors de
leur voyage en Europe du 5 au 11 juin 2015, au cours duquel ils se sont
rendus en Ukraine, en Allemagne, en Pologne et en Italie, Harper et sa
suite ont déshonoré le peuple canadien en
préconisant en son nom la guerre et l'agression. Les
conservateurs de Stephen Harper ont soutenu le fascisme en refusant de
participer à Moscou aux célébrations du 9
mai du 70e anniversaire de la victoire en Europe sur les
hitlériens. Depuis plusieurs années maintenant, le
premier ministre et son ministre de la Défense ont
orchestré le financement d'un monument anticommuniste à
Ottawa à un emplacement de choix afin d'imposer des valeurs
nazies aux Canadiens. Tous les Canadiens sont extrêmement
préoccupés par ces nombreuses trahisons par les
conservateurs de Stephen Harper de tous ceux qui ont combattu et sont
morts dans la lutte contre le fascisme. Cela montre l'extrémisme
dangereux que les conservateurs de Stephen Harper tentent d'imposer
à la société canadienne.
Notes
1. Pour plus d'information, voir l'article
« U.S. House Admits Nazi Role in Ukraine » dans
le supplément du 13 juin 2015 du TML
Weekly Information Project.
2. Voir le vidéo
Youtube
du
discours
de Kenney
3. Sur le rôle du pape Pie XII pendant la
Deuxième Guerre mondiale, voir : John Cornwell, Le Pape et
Hitler. Histoire secrète de Pie XII. Traduit de l'anglais. Albin
Michel, 1999.
4. Document intégral disponible à :
http://emperors-clothes.com/croatia/stepinac1.htm

Journée nationale des
Autochtones le 21 juin
La réparation des crimes commis contre les
peuples autochtones passe par un profond renouveau politique et
constitutionnel
- Philip Fernandez -
Marche pour la
réconciliation à Ottawa,
une des activités dans le cadre de l'assemblée de
clôture de la Commission de Vérité et
Réconciliation, le 31 mai 2015
Le 21 juin est la Journée nationale des
Autochtones (JNA). C'est en 1996 que Roméo Leblanc, alors
gouverneur général, proclamait le 21 juin Journée
nationale des Autochtones en raison du solstice d'été et
de sa valeur « symbolique » importante pour les
peuples autochtones. Il affirmait à ce moment-là :
« Les
peuples autochtones du Canada ont contribué et continuent de
contribuer de façon remarquable à la
société canadienne et il est jugé opportun de
désigner une journée dans l'année pour souligner
et célébrer cette contribution et reconnaître les
diverses cultures de ces peuples ».
Cette année, la Journée nationale des
Autochtones a eu lieu dans un contexte de haute lutte menée par
les Premières Nations, les Métis et le peuple inuit pour
affirmer leurs droits ancestraux, de traité et constitutionnels.
Comme par le passé, cette journée a été
encore une fois l'occasion pour le gouvernement Harper de parler de la
contribution
des peuples autochtones tout en continuant de prétendre qu'il
n'y a aucun problème pour ce qui est des droits et des
revendications des Premières Nations, des Métis et des
Inuits.
Cette façon des
harpériens de feindre
l'innocence est identique à leur réponse au
résumé du rapport final de la Commission de
Vérité et de Réconciliation, lequel doit
être publié plus tard cette année. Il convient de
noter que le 4 juin, au lendemain de la déposition du
résumé de la commission, le ministre des Affaires
autochtones et
Développement du Nord Canada, Bernard Valcourt, a émis un
communiqué portant sur le lancement de nouvelles discussions
avec le Ralliement national des Métis, initiative qui
« s'inscrit dans l'engagement général du
Canada de travailler avec des partenaires à la création
d'un nouveau cadre de réconciliation pour traiter des droits
ancestraux prévus à l'article 35. Le but est de trouver
des solutions communes, qui clarifient les droits continus et
créent un climat plus prévisible pour les investissements
en vue de la croissance économique et de la
prospérité accrue des collectivités autochtones et
non autochtones ».
Clairement, pour le gouvernement Harper, la
réconciliation ne veut pas dire qu'il devra travailler d'une
nouvelle façon avec les peuples autochtones marquée par
des relations nation à nation, le respect et l'avantage
réciproque. Il continuera plutôt de faire du chantage
auprès des Métis, des Inuits et des Premières
Nations pour que ceux-ci
deviennent des « partenaires » engagés
à créer « un climat plus prévisible
pour les investissements » et « la croissance
économique ». C'est ainsi que le gouvernement Harper
défend le droit de monopole contre les droits des peuples
autochtones et les peuples du Canada et du Québec. Quiconque s'y
oppose est
par le fait même un « terroriste » qui
représente un « risque pour la
sécurité » des
« intérêts nationaux » du Canada.
Le grand mouvement contre le projet de loi C-51 et pour
défaire Harper aux élections de 2015 a grandement
unifié dans l'action les peuples autochtones, le peuple canadien
et le peuple québécois parce que leur lutte est une.
C'est une lutte pour le renouveau politique et constitutionnel pour que
les droits de tous soient garantis, enchâssés dans
une constitution nouvelle et moderne qui respecte, défend et
garantit les droits de tous. L'État raciste colonial du 18e
siècle au Canada est un obstacle à l'avènement
d'une société à laquelle aspirent les peuples
autochtones, la classe ouvrière canadienne et
québécoise, les jeunes, les femmes ainsi que tous les
collectifs de la société.
À l'occasion de la Journée nationale des
Autochtones, LML salue la lutte courageuse et de principe
menée par les peuples autochtones partout au Canada pour leurs
droits ancestraux, de traité et constitutionnels et contre les
menaces et la perfidie de l'État canadien sous les conservateurs
de Stephen Harper. L'heure est venue pour la
classe ouvrière et le peuple du Canada et du Québec de
travailler ensemble avec les peuples autochtones vers un profond
renouveau des arrangements politiques de la société et
pour priver les autorités de leur pouvoir de priver le peuple de
ses droits. Le peuple lui-même doit être investi du pouvoir
pour qu'il prenne contrôle des affaires
économiques, politiques et sociales. Le renouveau
constitutionnel et politique est le prérequis incontournable
d'une véritable réconciliation entre les peuples
autochtones, le Canada et le Québec.

Fête nationale du Québec le
24 juin
Fête populaire et célébration de la
nation québécoise
- Geneviève Royer -
La Fête nationale du Québec le 24 juin est
l'occasion de célébrer
par la musique et la chanson, les rencontres, les défilés
et les
activités de quartier ce que nous sommes en tant que peuple,
d'où nous
venons et où nous allons. C'est une fête
multidimensionnelle qui
s'apparente beaucoup au solstice d'été et à la
tradition immémoriale de
la fête de
la moisson, ou tout simplement au changement de saison et au besoin de
se rassembler pour faire le point, ensemble, toutes origines sociales
et nationales confondues, sur notre histoire commune. C'est plus de
1000 spectacles, 6000 activités sur 700 sites qui sont
organisés ces 23
et 24 juin.
C'est aussi une fête politique qui s'exprime
différemment et avec
plus ou moins de clarté selon les époques et les
circonstances. C'est
l'occasion de réfléchir à la conduite de nos
gouvernants et de discuter
de l'état du pays. Le besoin de se rassembler grandit avec la
marginalisation du peuple par rapport au pouvoir politique.
Les gouvernements actuels au Canada et au Québec,
celui de Stephen
Harper à Ottawa et celui de Philippe Couillard à
Québec, sont
convaincus que le problème historique d'investir le peuple du
pouvoir
de décider comme clé à l'épanouissement de
la société sur tous les
fronts, est « un problème
inventé ». Selon eux, tous ceux et
celles qui ne sont pas satisfaits des arrangements actuels qui ne
répondent plus aux besoins d'épanouissement humain
doivent être soupçonnés de représenter un
danger pour la société, voire d'extrémisme. Le
gouvernement Couillard prétend être
le plus grand défenseur de la
« diversité » et le plus grand adversaire
de la « xénophobie » et les
libéraux prétendent généralement être
les
défenseurs des droits individuels, mais l'unique objectif de ces
prétentions est de créer la zizanie et de soulever une
section de la
population contre une autre. On le voit dans le fait
qu'en pratique lui et le gouvernement Harper sont les plus grands
propagateurs de l'islamophobie en ce moment et les plus grands
adversaires du droit
de conscience, un droit essentiel au développement humain, avec
leur
prétendue « lutte au terrorisme » et
« lutte à la radicalisation ».
C'est dans ce contexte que le gouvernement Couillard a
annoncé que
le budget de la Fête nationale sera amputé de 20 %
l'an prochain sous
prétexte d'austérité. Au fil des années les
célébrations de la
Saint-Jean ont permis de tisser les liens entre les gens au niveau des
quartiers et dans de grandes rencontres culturelles toutes distinctions
de langue, religion et origine nationale confondues, dans la
célébration de l'identité que nous sommes. C'est
un fait reconnu par
tout le monde. Mais pour le gouvernement
Couillard les rencontres entre les gens dans des fêtes de
quartier et
les manifestations culturelles n'ont pas de contribution à faire
à la
célébration de
la « diversité » et la « lutte
contre la xénophobie ». Pour lui la
solution est que le gouvernement édicte des lois pour bannir les
uns,
stigmatiser les autres et installer tout un réseau pour
encourager les
gens à s'épier les uns les autres.
Le gouvernement Couillard à Québec et le
gouvernement Harper à
Ottawa aiment prétendre que la question nationale, voire la
crise
constitutionnelle sont à toute fin pratique
réglées. Selon Stephen Harper il
s'agit de ne plus en parler et selon Philippe Couillard il s'agit de
trouver un moment propice pour aller à Ottawa et signer la
constitution
canadienne au nom du Québec, le plus discrètement
possible, sans rechercher l'assentiment de qui
que ce
soit. Ce sont des solutions de crise, des signes d'impuissance face aux
demandes de l'histoire.
Dans la même veine, le chef de la Coalition Avenir
Québec (CAQ)
François Legault a déclaré que la Fête
nationale doit être
« dépolitisée ». Selon lui,
« tout le monde sait que les animateurs des
spectacles et les artistes invités par le Mouvement national des
Québécois (principal organisateur des activités)
le sont souvent
parce qu'ils sont clairement affichés comme
souverainistes ». Il
reprend ainsi la plus discréditée des plaintes des
gouvernementaux
libéraux au Québec et le gouvernement canadien et ce
n'est pas sans
intérêt que tout ce beau monde déclare ou bien que
tout est réglé, ou
bien que ce n'est pas « le moment » d'aborder ces
choses-là.
Le sentiment de n'avoir pas
de contrôle sur ce qui nous arrive, de
ne pas pouvoir apporter de solutions aux problèmes de la
société qui
soient à notre image, n'a jamais été aussi grand.
En puisant dans sa
riche histoire et son expérience unique du vivre-ensemble et en
s'appuyant sur sa jeunesse qui questionne tous les dogmes, le peuple
québécois est à l'aube d'un grand renouveau. Pour
cela, il faut d'abord
régler la question de qui décide, c'est-à-dire
comment investir le
peuple du pouvoir de décider de toutes les questions qui le
concernent.
Trouver une solution au problème de qui décide est la
quête la plus
unificatrice qui soit. C'est un problème qui est en droite ligne
avec
la
lutte des patriotes de 1837-1838.
Il est donc pressant de répondre à la
situation en tirant les leçons
du passé. L'intelligence d'un peuple vient de sa capacité
à assumer son
histoire et le pouvoir de décider. La Fête nationale est
une autre
occasion de revoir notre parcours historique et de voir comment,
à tous
les grands jalons historiques, les défenseurs de la
minorité riche au
Québec et au Canada bloquent l'effort du peuple pour prendre ses
affaires en mains avec des « crises » qui
saisissent l'esprit, pour
défendre jalousement un processus politique qui garantit leur
emprise
sur le pouvoir et qui décourage de plus en plus la participation
du
peuple.
À l'occasion de la Fête nationale du
Québec, dans ces rassemblements
populaires où les gens vont à la rencontre les uns des
autres, songeons
à l'urgence de briser l'isolement et la marginalisation qui nous
sont
imposés par ceux qui voudraient qu'on se méfie les uns
des autres.
Songeons à comment nous regrouper dans des comités de
citoyens
pour le renouveau démocratique dans les quartiers et les
endroits de
travail pour garder l'initiative en main et assumer la direction du
Québec.

Les origines de la Saint-Jean-Baptiste
- Serge Patenaude -
Les patriotes révolutionnaires et progressistes
du XIXe siècle fondèrent à Montréal, il y a
181 ans, le 8 mars 1834, la société nommée
« Aide-toi, le ciel t'aidera ». Cette institution
patriotique avait pour but de « se doter d'un lieu de
réflexion désigné (pour tous ceux qui
reconnaissaient la nécessité de changement) pour
discuter de l'état du pays » et « ranimer
le feu sacré de l'amour de la patrie, soit en éclairant
la conduite de nos gouvernants, soit en accordant un juste tribut de
louanges aux éloquents et braves défenseurs de nos
droits ». C'est cette société, dirigée
par le patriote et député Ludger Duvernay, éditeur
et rédacteur du journal
patriote La Minerve, qui organisa, le 24 juin 1834, le
banquet dans le jardin de l'avocat MacDonnell pour instituer la
fête nationale des Canadiens de toutes origines. Aujourd'hui,
nous disons des Québécois de toutes origines.
Ce qui y a
été inauguré ce 24 juin
1834 par Ludger Duvernay et les patriotes et députés du
Parti patriote, c'est bien la fête nationale de notre
nationalité et non la fête de la Saint-Jean-Baptiste qui
existait depuis belle lurette, créée à
l'instigation du roi de France et du haut clergé catholique dans
les colonies de l'empire de la France pour
s'opposer à la fête civile du solstice d'été
le 21 juin, que célèbrent les nations autochtones.
Rappelons qu'avec le Concile de Trente (1545-1563),
l'Église tente de christianiser cette coutume de la
célébration de la lumière autour d'un grand feu de
joie pour lui substituer une représentation de soumission en la
personne de Saint Jean, « l'agneau de Dieu ».
Dans cette même lignée, en 1702, monseigneur de
Saint-Vallier,
dans son Catéchisme du diocèse de Québec à
l'intention des Canadiens, signale que l'Église catholique au
Nouveau Monde (entendre dans les colonies de l'empire français)
dit qu'il s'agit d'une cérémonie parfaite pourvu qu'on en
bannisse les danses et les superstitions, autrement dit les croyances
des nations autochtones. Et ce n'est qu'en 1908 que
le pape Pie X, supportant la division du peuple canadien en soi-disant
« Canadiens-français » et
« Canadiens-anglais » que voulait imposer
l'empire britannique, décréta Saint Jean-Baptiste patron
des « Canadiens-français ». Enfin, ce fut
lors des fêtes nationales du peuple québécois le 24
juin de 1968 et 1969,
en pleine période de résurgence du mouvement pour
l'indépendance du Québec et de la souveraineté du
peuple, que le symbole de la division et de la soumission fut
écarté de la scène et que le peuple dansa autour
d'un grand feu de joie. Il est intéressant de noter que depuis
cinq ans, le 21 juin, lors de la Journée nationale des peuples
autochtones
est organisé le « Solstice des Nations, une
manifestation d'échange et d'amitié entre les nations qui
peuplent le Québec », et qu'est mise en place par les
nations autochtones la « Cérémonie du feu pour
le rapprochement des peuples vivant sur le territoire
québécois » et que « les braises de
ce feu allument le feu de
joie du Grand spectacle de la Fête nationale du Québec,
sur les plaines d'Abraham ».
Pour revenir au propos initial, ce qui est
organisé par Ludger Duvernay, les patriotes et leur parti
politique, c'est la célébration de la nation canadienne
aujourd'hui appelée québécoise. Historiquement,
c'est donc la première célébration du peuple de
cette nation, la première célébration du
« peuple, source primitive de toute autorité
légitime ». Duvernay, les patriotes, les
députés patriotes et leur parti reconnaissaient notre
« peuple, source primitive de toute autorité
légitime ». Ils reconnaissaient donc la
souveraineté du peuple.
Cette nationalité s'est constituée dans la
lutte du peuple contre l'agression et l'occupation militaire de
l'empire britannique, de sa patrie, contre la destruction et la
domination de l'économie nationale par les monopoles de l'empire
britannique tels la British American Land Company (Compagnie
britannique des Terres en Amérique), par les
capitalistes financiers tels que les McGill, Molson et Moffat qui,
entre autres, contrôlent la Bank of Montreal, le commerce
import-export, la construction et le transport naval et ferroviaire,
l'industrie minière et la métallurgie, la compagnie de
l'éclairage au gaz de Montréal, l'Université
McGill, etc. Ce sont eux, qu'on appelait la Clique du Château,
qui dictèrent aux administrateurs et aux armées
britanniques en nos terres de supprimer par le feu et par le sang la
république naissante du Québec.
Ludger Duvernay et les
patriotes le 24 juin 1834. (Photo : Site de la Fête
nationale du
Québec)
Les hommes et les femmes de notre nation originaient de
la Bretagne, de la Normandie, de la France, de l'Irlande, de
l'Écosse et de l'Angleterre. Étaient Canadiennes et
Canadiens tous celles et ceux qui provenaient du peuple et
étaient le peuple de cette nouvelle nation qui s'est
constituée au fil du temps et des luttes pour son
développement
indépendant, à la défense de son droit à la
souveraineté. Il est nécessaire et juste de rappeler que,
dans les années 1830-1839, les patriotes de toutes origines et
leur Parti patriote, dans leur projet d'édification nationale,
ne se divisaient pas en fonction de l'origine nationale ou de la langue
d'expression. Ils n'ont jamais promu ou agi de façon
sectaire, sur la seule base de la langue, la religion ou l'origine
nationale dans leur projet d'édification nationale. Ils n'ont
jamais déclaré être des
« Canadiens-français », ou ne se sont
jamais déclarés ou portés à la
défense des « Canadiens-français »
au détriment des Canadiens d'autres origines.
Les écrits des patriotes, du Parti patriote et de
ses dirigeants les plus éminents tels les Nelson, De Lorimier,
Chénier, Côté, Duvernay (La Minerve),
O'Callaghan (The Vindictator), etc. n'ont jamais
utilisé le vocable ou concept de
« Canadiens-français ».
Rappelons-nous que les fondateurs de
sociétés fondées sur la base des origines
ethnoculturelles, linguistiques ou religieuses de leurs membres furent
au XIXe siècle en nos terres des gens tels que les McGill, les
Molson et les Moffat, desquelles sociétés ils se
servirent pour diviser le peuple et pour combattre l'union des
Canadiens à la défense
de leur patrie, de leur économie nationale, engagés dans
leur projet d'édification de leur république.
Ce concept de
« Canadiens-français » et les concepts de
« Québécois de souche » et
« Québécois » dans le sens voulant
dire seulement les Québécois « de
souche » ont leur origine dans la politique de l'empire qui
consistait à diviser le peuple et la nation pour
perpétuer le pouvoir des
exploiteurs et oppresseurs. Plus spécifiquement, il est le fait
de l'émissaire et administrateur de l'empire britannique Lord
Durham qui, suite à la suppression de la république
naissante du Québec par le feu et par le sang, divisa de
façon arbitraire et injuste notre nationalité en
« Canadiens-français » et
« Canadiens-anglais ».
Il a falsifié l'histoire en prétendant qu'en tant
qu'émissaire de l'empire britannique, il avait trouvé en
nos terres une « guerre fratricide entre deux
peuples », et non pas la lutte d'un peuple contre
l'occupation et la domination par un empire étranger, contre un
État et un gouvernement absolutiste et tyrannique, une lutte
pour que sa
patrie soit indépendante et pour une république
démocratique. Cette falsification vient tout droit de son
imaginaire.
La division marquée ou, dit autrement, la ligne
de démarcation franche, ce n'est pas entre « deux
peuples » chimériques, inventés de toutes
pièces par les monopolistes et capitalistes de l'empire
britannique et de leurs administrateurs mais bien entre, d'une part,
une nation dans la conquête de son indépendance et de sa
souveraineté
et sa détermination à établir sa république
démocratique et, d'autre part, un empire colonialiste qui niait
le droit d'être de cette nation.
Le génie et la force de caractère de ce
peuple qui s'est constitué en nation en ces terres
déjà habitées par des nations autochtones et qui a
adopté la qualité de canadien, héritée des
Premières Nations sont, entre autres, d'avoir refusé la
négation de sa nationalité par les occupants de l'empire
britannique, de ses administrateurs anglais et de leurs
collaborateurs et conciliateurs canadiens qui firent tout pour la
diviser sur une base ethnoculturelle et linguistique avec leurs
appellations outrageuses
« Canadiens-français » et
« Canadiens-anglais ».
Le peuple refusa la négation de son droit
d'être une nation constituée de tous les membres de sa
société quelles que soient leur origine nationale, leur
langue et leurs croyances. Il a plutôt adopté et promu le
mot ou concept issu d'une langue autochtone, soit
« kebek », pour s'affirmer comme nation, la
nation québécoise.
La célébration de la Fête nationale
du peuple du Québec inclut la célébration de nos
patriotes du XIXe siècle, tels que les Nelson, De Lorimier,
Côté, Chénier, Duvernay, O'Callaghan, etc., qui ont
combattu pour une patrie indépendante et une république
qui investit le peuple de la souveraineté. Elle inclut la
célébration de tous ceux qui ont
épousé la cause des patriotes du Québec et en
particulier ceux qui sont résolus à élaborer un
projet d'édification nationale conforme aux exigences de l'heure.
Aujourd'hui encore une fois la nation est appelée
à se définir dans le contexte du bouleversement
planétaire provoqué par le néolibéralisme,
et la résolution du problème historique sera
guidée par les mêmes principes qui ont inspiré les
patriotes et en opposition à l'interprétation
contemporaine des vieux dogmes hérités du passé
colonial. Ce
projet est encore une fois intimement lié au besoin de
conquérir notre droit de décider et de faire
éclater les vieux obstacles à l'épanouissement
d'une nation moderne qui reconnaît et défend les droits de
tous.

Journée d'action nationale pour le
droit des réfugiés aux soins de santé
Les travailleurs de la santé et leurs
alliés exigent que le gouvernement rétablisse le
financement pour les soins de santé des réfugiés
Toronto, 15 juin 2015
Le 15 juin, à Toronto et dans 19 autres villes du
Canada, Médecins canadiens pour les soins aux
réfugiés (MCSR) et d'autres professionnels de la
santé et leurs alliés ont tenu une quatrième
Journée d'action nationale, la plus réussie de toutes.
Ils ont exigé que les conservateurs de Stephen Harper
rétablissent le financement qu'ils ont coupé,
destiné aux soins de santé aux réfugiés.
Ils ont dénoncé ce gouvernement et ses tentatives de
criminaliser les réfugiés sur la base de
réclamations médicales que les conservateurs, sans
preuves à l'appui, prétendent frauduleuses, ce qui leur
sert ensuite de prétexte pour couper dans ces soins. Par ses
actions, MCSR a aussi exigé du gouvernement
Harper qu'il se plie à la décision de la Cour
fédérale de juillet 2014 selon laquelle le gouvernement
Harper doit rétablir le financement au Programme
fédéral de santé intérimaire (PFSI) qui
finance les soins de santé aux réfugiés. La cour a
aussi jugé que ces compressions étaient un
« châtiment cruel et inhabituel » et
violaient les
droits garantis par la Charte.
Toronto
À Toronto, plus de 200 médecins,
infirmières, étudiants en santé, travailleurs en
établissement et personnes d'autres secteurs ont
participé à un rassemblement à l'heure du midi
devant le bureau de la Commission de l'immigration et du statut de
réfugié sur la rue Victoria dans le centre-ville de
Toronto.
Le docteur Philip Berger,
directeur du Programme de
santé en zone urbaine de l'hôpital St-Michael et l'un des
co-présidents de MCSR a
animé la manifestation. Il a dénoncé le
gouvernement Harper pour son attitude « sans coeur et sans
âme » à l'égard des droits des
réfugiés en soins de santé, un droit humain
fondamental. Il a dit que la communauté des soins de
santé et tous les Canadiens sont unis dans leur opposition
à la criminalisation des réfugiés par les
conservateurs de Harper. Le docteur Berger a aussi affirmé que
le gouvernement Harper avait fait surveiller les rassemblements de
l'année dernière et que de l'information au sujet des
actions politiques de MCRS avait été rapportée au
Centre des opérations du gouvernement qui est partie
intégrante de la
sécurité d'État. Il a dit c'est un droit de la
profession médicale et de tout citoyen engagé
d'élever leurs voix pour dénoncer les attaques brutales
contre les soins de santé aux réfugiés et que la
communauté ne se laissera pas intimider par ces tactiques de
surveillance.
Ce thème de la
grande unité politique de
la communauté médicale contre les compressions du
gouvernement conservateur au programme de soins au
réfugiés a été repris par le docteur Meb
Rachid, lui aussi co-président de MCRS et médecin
à l'hôpital Women's College. Le docteur Rachid a
condamné le gouvernement Harper et sa politique de
division ainsi que ses efforts pour se faire du capital politique sur
le dos des réfugiés. Il a dit que de vastes sections du
peuple canadien, y compris des auteurs et musiciens connus et d'autres
personnalités publiques, appuient les réfugiés et
exigent que les conservateurs respectent les droits de ces derniers,
dont le droit aux soins de santé. Plutôt que
de dilapider les fonds publics pour en appeler de la juste
décision de la Cour fédérale, le gouvernement
devrait plutôt prendre cette somme de plus de 1,4 million $
puisée à même les fonds publics pour contestation
judiciaire et la faire servir aux soins dont ont besoin les
réfugiés.
Un autre orateur a confirmé que les 20
millions $ qui ont été coupés du PFSI est
équivalent au montant total que Harper consacre à ses
services de sécurité.
La docteure Fatima Uddin,
une médecin de famille
dont la famille a quitté le Bangladesh pour venir au Canada en
tant que réfugiée, a expliqué que si son
père n'avait pas reçu des soins de santé
dès son arrivée, il n'aurait pas su qu'il souffrait d'un
cancer du côlon. Grâce aux soins qu'il a reçus, il a
vécu une vie productive pendant quinze ans.
La question des soins de santé aux réfugiés en est
une de vie ou de mort, a dit la docteure Uddin, et le Canada a
l'obligation de veiller à ce que les soins de santé aux
réfugiés, qui font partie du peuple canadien, soient
maintenus et financés de façon intégrale.
La docteure Tatiana Friere-Lizama, dont la famille a fui
la dictature Pinochet au Chili pour se réfugier au Canada, a
fait valoir que l'une des caractéristiques de cette dictature
était de criminaliser toute dissension et de nier les droits du
peuple. Elle a dit qu'il était inacceptable que le gouvernement
Harper tente d'ériger un mur entre les réfugiés
et le reste des Canadiens en criminalisant les réfugiés.
Ce mur n'existe pas, nous sommes un, a-t-elle dit.

La docteure Katherine Rouleau, directrice de
Santé globale au département de médecine familiale
et communautaire de l'Université de Toronto, a dit que la
responsabilité première des médecins et
professionnels médicaux est envers le patient et qu'il
était inacceptable que les politiques de soins de santé
des conservateurs de Harper visent à
déshumaniser les gens. Elle a dit que la voix collective des
professionnels de la santé et de leurs alliés
rassemblés était porteuse d'une politique nationale de la
santé qui respecte les droits humains. Elle a aussi dit que les
élections à l'automne offriraient l'occasion pour tous de
se tenir debout face à ces compressions inhumaines et d'exiger
des
comptes du gouvernement Harper.
Un représentant de
l'Association des
infirmières et infirmiers diplômés de l'Ontario
(AIIDO), Tim Lenartowych, directeur de la politique des soins
infirmiers et de la santé, a dénoncé les
compressions de Harper aux programmes de soins aux
réfugiés et dit que l'unité de la
communauté des soins de santé et de tous les Canadiens
est décisive
dans cette bataille. Il a indiqué que l'AIIDO aura le statut
d'intervenant lors du prochain appel du gouvernement Harper qui
conteste la décision de la Cour fédérale et que
l'organisation fera tout en son possible pour que cet appel soit
rejeté.
La dernière oratrice, Angela Robertson,
directrice générale du Centre de santé
communautaire West Queen, a dénoncé avec militantisme le
gouvernement Harper pour ses attaques contre les réfugiés
et dit que c'est une attaque contre tous les Canadiens.
« Nous sommes indivisibles », a-t-elle
affirmé, tout en rappelant que c'est la
grande unité du peuple pour les droits de tous, sa conviction
collective et son grand sens de la justice qui permettront de remporter
la victoire. Elle a dit des politiques du gouvernement Harper qu'elles
étaient injustes et rétrogrades et a appelé tout
le monde à passer à l'action lors des élections
fédérales. Elle a scandé « Que
voulons-nous ? Des soins de santé pour les
réfugiés ! Des soins de santé pour
tous ! » et d'autres slogans.
Le docteur Berger a clôturé le
rassemblement en affirmant que MCSR sera présent lors de la
campagne électorale à l'automne et suivra pas à
pas les candidats conservateurs et autres pour exiger d'eux un
engagement ferme à rétablir le financement des soins de
santé aux réfugiés sans plus de délais.
Halifax
Montréal
Ottawa
Markham
Hamilton
Kitchener-Waterloo
Winnipeg
Saskatoon
Moose Jaw
Vancouver


Pour le développement de
l'amitié Canada-Cuba
Le héros cubain Fernando González est
reçu chaleureusement à Toronto
Fernando González
prenant la parole au
Steelworkers Hall, 30 mai 2015
Fernando González, un des Cinq héros
Cubains, qui a injustement passé 15 années dans les
prisons américaines, s'est adressé à des amis,
sympathisants et militants du mouvement de solidarité avec Cuba
lors d'une rencontre mémorable au Steelworkers` Hall de Toronto
le 30 mai. Cet événement coïncidait avec la tenue du
7e Congrès biennal
du Réseau canadien pour Cuba à Toronto le 30 et 31 mai et
avec la dernière étape de la tournée
pan-canadienne du médecin Cubain José de Jesús
Portilla Garcia, qui a informé les Canadiens de la contribution
des médecins Cubains à la lutte contre Ebola en Afrique
de l'Ouest.
En entrant dans la salle, González a reçu
une longue ovation debout des 200 personnes présentes, suivie
des slogans « Viva Cuba ! »,
« Viva Fidel ! » et « Viva
Raúl ! ». L'avocat torontois Juan Carranza, le
maître de cérémonie de la soirée, a alors
présenté les dignitaires assis à la table
d'honneur avec González et le Dr Garcia : l'ambassadeur de
Cuba au Canada, Julio Garmendía Peña, le consul
général de Cuba à Toronto, Javier Dómokos
Ruiz et les co-présidents du Réseau canadien pour Cuba,
Elizabeth Hill et Isaac Saney. La présence du consul de la
République bolivarienne du Venezuela, Martha Pardo, a aussi
été
soulignée.
Le Dr Garcia a parlé en premier et donné
un bref aperçu de l'étendue de l'aide médicale
qu'apporte le personnel médical cubain aux peuples partout dans
le monde, spécialement en temps d'urgence (voir le rapport de
cette tournée ci-dessous) il a ensuite
cédé la
parole à Fernando González.
Fernando González, qui est maintenant
vice-président de l'Institut cubain d'amitié avec les
peuples (ICAP), a commencé ses remarques en remerciant tous les
amis des Cinq Cubains pour leur « créativité
et ingéniosité » durant les années de
solidarité et d'activisme pour exiger sa libération et
celle de ses quatre frères. Il a déclaré
que la victoire du 17 décembre 2014, lorsque les trois derniers
des Cinq Cubains ont été libérés,
appartient à tous ceux qui ont contribué à cet
effort.
Il a répondu à la question que tout le
monde avait à l'esprit : comment les Cinq Cubains ont-ils
pu surmonter leur long et pénible emprisonnement ? Parlant
dans le même esprit que le Dr Portilla, Fernando a dit que la
fierté et l'honneur de défendre la Révolution
cubaine ont été la source de leur détermination.
Il a rappelé une
lettre qu'il a reçue en prison d'un médecin cubain
servant dans une équipe médicale dans la petite nation de
Nauru dans le Pacifique sud qui l'a encouragé et lui a
rappelé ce que défendent les Cinq Cubains.
González a aussi révélé qu'il avait
partagé sa cellule pendant quatre années avec le patriote
portoricain Oscar López Rivera, qui a maintenant
passé 34 années dans les prisons américaines pour
le crime de défendre l'indépendance de Porto Rico.
Fernando González
est accueilli avec enthousiasme
lorsqu'il entre dans la salle des Métallos de Toronto.
Le professeur Keith Ellis a exprimé la gratitude
des Canadiens pour tout ce qu'a fait Cuba pour les peuples du monde. Il
a souligné que la réponse de Cuba aux peuples dans le
besoin a commencé à Cuba avec l'aide aux victimes de
l'ouragan Flora en 1963. En 2005, la Brigade Henry Reeve a
été créée pour apporter une aide
immédiate aux
endroits dans le monde frappés par des désastres
naturels. La brigade a depuis apporté une assistance
médicale à des pays tels le Pakistan et Haïti et
maintenant le Népal. Le professeur Ellis a souligné qu'un
moyen fiable d'aider les gens dans le monde qui sont dans le besoin est
d'appuyer les efforts de Cuba. Une collecte a ensuite eu lieu et plus
de 800 $ ont été recueillis pour appuyer
l'équipe médicale cubaine dans la lutte contre Ebola en
Afrique de l'ouest.
Tamara Hansen, de Vancouver Communities in Solidarity
with Cuba, et Alison Bodine, du Free the Five Committee de Vancouver,
ont présenté un livre commémoratif spécial
à Fernando González comme hommage à tous les Cinq
Cubains. Le livre contient des affiches produites pour les 110 piquets
mensuels tenus devant le consulat des
États-Unis à Vancouver pour exiger la libération
des Cinq.

Lors de la période de questions qui a suivi les
présentations, on a demandé à González si
on lui avait offert un « deal » après son
arrestation injuste. Il a dit que, le jour de son arrestation, il a
été amené par le FBI au Centre de détention
fédéral de Miami où on lui a dit :
« Vous ratez la possibilité de rester dans le pays
de la liberté. » Il fut aussi prévenu que
« Fidel Castro ne lèvera pas le petit doigt pour
vous ». Il a dit qu'en entendant cela, il s'est retenu pour
ne pas rire parce qu'il savait que Cuba a une longue histoire de
« ne jamais laisser personne derrière ».
Suite à cela, a-t-il dit, les procureurs ont utilisé la
longue période
d'isolement avant le procès pour briser la volonté des
Cinq et leur faire admettre les fausses accusations, mais en vain. Plus
tard, en 2009, lorsque lui et Antonio Guerrero ont été
amenés en cour à Miami pour leur appel, la poursuite a
contacté l'avocat de Guerrero pour savoir s'il voulait discuter
d'une entente. Les autres ont aussi été approchés
à
ce moment, mais aucun des Cinq n'aurait accepté de dire qu'ils
étaient coupables.

Parlant du changement de politique des États-Unis
envers Cuba, González a déclaré qu'il a confiance
dans l'avenir. Il a expliqué qu'il a grandi avec
l'hostilité des États-Unis, la possibilité d'une
invasion militaire et un blocus économique toujours en vigueur,
alors il sait que le but des États-Unis demeure de saper la
révolution cubaine.
Toutefois, a-t-il dit : « C'est un défi auquel
nous sommes prêts. » Il a reconnu que :
« ce n'est pas la même chose que dans une guerre
frontale. Ici l'ennemi est caché ce qui le rend plus difficile
à identifier ». Mais Cuba a une longue histoire de
lutte et « nous allons la gagner celle-là
aussi », a-t-il
dit.
Il a noté que, depuis le 17 décembre 2014,
les gouvernements américains et cubains sont assis à la
table de négociation mais le blocus est toujours en place, la
base navale de la Baie de Guantanamo est toujours occupée
illégalement et la lutte pour l'autodétermination est
toujours là. Il a dit en conclusion que « la vie
c'est la lutte et
l'horizon bouge toujours ».
Promouvoir la participation de Cuba au Jeux
panaméricains de 2015
L'ambassadeur de Cuba,
Julio Garmendía
Peña (à gauche) présente le blog de son pays pour
les Jeux panaméricains 2015.
Dans le cadre des remarques de clôture,
l'ambassadeur de Cuba a annoncé que Cuba aura une
délégation de plus de 700 représentants, dont plus
de 450 athlètes, aux Jeux panaméricains qui se tiennent
à Toronto du 10 au 26 juillet et qu'un nouveau blog trilingue
(anglais, français et espagnol), Twitter et une page Facebook
ont été créés pour permettre de suivre la
participation de Cuba. Il a appelé tout le monde à
appuyer les athlètes et à profiter des activités
culturelles cubaines qui auront lieu dans le cadre de Panamania, le
programme culturel et artistique associé aux Jeux
panaméricains. L'adresse du site
est : cubapanam2015.ca, Twitter: @cubapanam2015 et
Facebook: Cuba Pan
Am 2015.
Le professeur Ellis a encouragé les participants
à assister à la nouvelle production multi-média
théâtrale, « Niágara — une histoire
panaméricaine » dont la première aura lieu
à Toronto du 23 au 26 juillet dans le cadre de Panamania. Le
spectacle est basé sur la vie de José María
Heredia, le poète Cubain qui a écrit le
célèbre poème
« Niágara » en 1824, une réflexion
sur sa vie en exil. Le spectacle est dirigé par Veronica
Tennant, ancienne Prima Ballerina du Ballet national du Canada, qui est
maintenant cinéaste, directrice et productrice.

Un médecin cubain parle du travail des brigades
humanitaires pour lutter contre l'Ebola
Le Dr José de
Jesús García Portilla
à Vancouver, 21 mai 2015
Du 15 mai au 30, le médecin cubain José de
Jesus Portilla
García a effectué une visite
au Canada et au Québec pour expliquer le rôle de Cuba dans
la lutte contre le virus Ebola en Afrique de l'Ouest. Invité par
le réseau canadien sur Cuba (RCC), il a visité neuf
villes en 16 jours, Toronto, Halifax, Vancouver Calgary, Ottawa,
Montréal,
Kingston, Hamilton et Niagara. À Hamilton, une session
spéciale a été organisée pour les
étudiants et les professionnels en soins de santé en
coordination avec le Comité de santé mondiale et le
Groupe de recherche en maladies infectieuses de la faculté de
médecine Michael DeGroote de l'Université McMaster. Tous
ceux qui ont assisté aux
conférence du Dr Portilla sur l'aide médicale cubaine aux
peuples du Libéria, du Sierra Leone et de la Guinée et
à beaucoup d'autres peuples dans le monde ont
énormément apprécié sa présentation
captivante et inspirante.
Le docteur Portilla a souligné qu'à Cuba
« les soins de santé relèvent du domaine des
droits humains, pas de celui des affaires » et que ce droit
humain est garanti par la Constitution de Cuba. Il a retracé les
grandes lignes du développement du système de
santé cubain depuis la Révolution cubaine en 1959 et
expliqué qu'au coeur
de la politique de santé se trouve la prévention que ce
soit dans la formation du personnel médical, la prestation des
soins, la recherche, etc.

La dernière
étape de la visite du Dr
Portilla a été Toronto, 30 mai 2015
|
Il a souligné les progrès de Cuba dont les
divers indicateurs de santé montrent une importante baisse de
mortalité infantile, de 69 pour 1000 naissances en 1959 à
4,2 pour 1000 naissances en 2014. Cuba a une espérance de vie de
79 ans, la même que les États-Unis. Depuis la victoire de
la révolution, Cuba a éradiqué 13 maladies
contagieuses
dans l'île.
À chaque étape de sa vistie, outre ces
réalisations, le Dr Portilla a expliqué avec beaucoup de
fierté qu'en plus de ces réalisations, depuis près
de 50 ans Cuba apporte une aide médicale aux pays d'Afrique,
d'Asie, d'Amérique latine et des Caraïbes. Il a dit
qu'actuellement il y a 52 000 travailleurs de la santé cubains
dans 67 pays et qu'au
cours des années, il y en a eu 140 000 qui ont fourni une aide
médicale internationaliste dans 108 pays dans des situations
d'urgence. La première mission médicale de Cuba date de
1960, lors du tremblement de terre de Valdivia au Chili le 22 mai 1960.
Sa propre partipation à commencé en Afrique, plus
précisément au Congo et en Angola. Il a
expliqué que les Cubains considèrent comme leur devoir
d'aller aider les gens partout dans le monde. « Cuba ne dit
jamais non », a dit le médecin.
En ce qui concerne le rôle de Cuba pour
répondre à la crise de l'Ebola qui a commencé en
2014 en Afrique de l'Ouest, Cuba une fois de plus s'est montrée
à la hauteur et a répondu sans hésitation ou
réticence à la demande d'aide du secrétaire
général de l'ONU, Ban Ki-moon, et de la directrice de
l'Organisation mondiale de la Santé, le
docteur Margaret Chan.
L'intervention du personnel médical cubain en
collaboration avec le personnel médical d'autres pays de
même qu'avec les travailleurs de la santé locaux, a permis
de faire chuter le taux de mortalité d'Ebola de 80 %
à près de 20 %. Cela expose la désinformation
propagée par les médias monopolisés qu'il est
impossible de contenir
le fléau de l'Ebola. La brigade médicale cubaine a acquis
une grande expérience pratique. Cuba a lancé un programme
de formation intensive pour partager cette expérience avec le
personnel médical partout dans le monde.
Le 12 mai, Cuba a envoyé du personnel
médical au Népal à la suite du tremblement de
terre le 25 avril, alors que le Canada a envoyé du personnel
plusieurs jours après. Le Dr Portilla a attribué le
mérite de ces missions au dirigeant de la révolution
Fidel Castro qui a éduqué et imprégné le
peuple cubain de l'esprit de l'internationalisme.
La visite du Dr Portilla s'est terminée à
Toronto le 30 mai lors d'un événement où le
héros cubain antiterroriste Fernando Gonzalez était
également un conférencier invité et qui a
coïncidé avec le 7e Congrès biennal du Réseau
canadien pour Cuba.
Le Dr. José de
Jesús García
Portilla à Montréal, 25 mai 2015

Le Réseau canadien pour Cuba définit son
travail pour mettre fin au blocus des États-Unis contre Cuba et
renforcer les relations canado-cubaines
Les 30 et 31 mai 2015, le Réseau canadien pour
Cuba (RCC) a tenu avec succès son 7e Congrès biennal
à Toronto avec la participation de délégués
et délégués suppléants de 19 organisations
membres.
Plusieurs observateurs et invités de marque,
notamment son Excellence Julio Garmendia Peña, l'ambassadeur de
Cuba au Canada, Javier Ruiz Domokos, le consul général de
Cuba à Toronto et d'autres diplomates cubains étaient
présents. La Table de concertation de solidarité
Québec-Cuba a également envoyé des
représentants.
Le Congrès a reçu Fernando González
Llort, un des Cinq Cubains. Fernando Gonzalez a participé en
tant que vice-président de l'Institut cubain d'amitié
avec les peuples (ICAP). Il a été accompagné de
Sandra Ramírez Rodriguez, directrice du bureau
nord-américain de l'ICAP.
Le docteur cubain José de Jesús Portilla
García était un autre invité important.
Des rapports détaillés de
l'exécutif du RCC et des organisations membres du RCC ont
été présentés couvrant les deux
années depuis le 6e Congrès. Les rapports ont
illustré l'ampleur et la portée des activités de
solidarité Canada-Cuba, de Vancouver à Halifax. Ces
activités ont englobé les sphères politiques,
sociales et culturelles. Les faits
saillants du travail du RCC incluent les visites pancanadiennes
très réussies de Geraldo Alphonso et du Dr Garcia
Portilla ainsi que le symposium international sur « La
guerre inconnue de l'Afrique : la terreur de l'apartheid, Cuba et
la libération de l'Afrique australe » tenu à
Toronto en septembre 2013. Les rapports des groupes
membres ont souligné la lutte pour libérer les Cinq
Cubains et la joie immense à l'annonce de leur
libération. La portée et la diversité de ce
travail ont été grandes : travail politique
auprès des parlementaires et des syndicats,
représentations culturelles et festivals très
réussis, réunions d'information, conférences,
piquets et distribution de tracts
qui se poursuivent aujourd'hui.
Reconnaissant que le mouvement de solidarité avec
Cuba est arrivé à une nouvelle étape qui pose des
défis spécifiques, les délégués du
RCC ont résolu de mobiliser l'opinion publique et politique du
Canada afin de mettre fin au blocus économique de l'île
par les États-Unis, de travailler à ce que la Baie de
Guantanamo soit remise à Cuba et de
réfuter la campagne de désinformation contre Cuba. Sur la
base des rapports présentés, après discussions et
délibérations, des résolutions ont
été adoptées pour renforcer et guider le travail
du RCC au cours des deux prochaines années et des mesures ont
été prises pour mettre à jour les
règlements administratifs du RCC.
Une attention particulière a également
été accordée à d'autres secteurs de travail
en cours, y compris entre autres, la très réussie Brigade
de travail Ernesto Che Guevara composée de
bénévoles et la Caravane annuelle de Pasteurs pour la
paix ainsi que le travail en cours avec des parlementaires canadiens.
Les délégués se sont également
engagés
à mobiliser de l'appui pour la participation des Cubains aux15e
Jeux panaméricains qui se tiendront à Toronto du 10 au 26
juillet 2015. Le Congrès s'est également engagé
à appuyer un symposium à Toronto en 2015 pour
commémorer le 40e anniversaire de l'Operación Carlota, le
début de la mission internationaliste de Cuba en Angola, qui a
été
essentielle à la libération nationale et aux luttes
anticoloniales de l'Afrique australe.
Un nouvel exécutif du RCC a été
élu pour mettre en oeuvre les décisions du Congrès
et réaliser le plan de travail pour 2015-2017 : Michel
Dugré, Julio Fonseca, Don Foreman, Elizabeth Hill, Isaac Saney,
Aaron Shields et Saleh Waziruddin. L'exécutif a ensuite choisi
Elizabeth Hill et Isaac Saney comme co-présidents. Isaac Saney a
également été désigné de nouveau
comme le porte-parole national, Elizabeth Hill trésorière
et Saleh Waziruddin secrétaire.
Fondé en 2002, le RCC « oeuvre au
renforcement de l'amitié et de la solidarité entre les
peuples du Canada et de Cuba. À cette fin, nous travaillons avec
l'Institut cubain d'amitié avec les peuples (ICAP) et d'autres
partenaires nationaux et internationaux afin de promouvoir les
relations sociales, culturelles, politiques et économiques
entre le Canada et Cuba sur la base du respect mutuel et de la
non-ingérence ».
L'ensemble du programme inspirant des deux jours
reflète la richesse, le dynamisme et l'énergie du
mouvement de solidarité Canada-Cuba qui existe depuis plus de
cinquante ans. C'est un mouvement enraciné dans le grand respect
et l'admiration des Canadiens pour les réalisations
considérables de Cuba et l'affirmation de son droit à
l'indépendance et à l'autodétermination en
dépit de l'agression incessante des États-Unis. Ce
respect et cette admiration ont permis de tisser des liens
indéfectibles d'amitié et de solidarité entre les
peuples du Canada et de Cuba.
Plusieurs tables rondes ont eu lieu dans le cadre du
congrès.
Les projets d'ici 2017 : de nouveaux défis,
de nouveaux combats
À cette session, ont pris la parole Elizabeth
Hill, la co-présidente du RCC, Sandra Ramírez d'ICAP et
Tamara Hansen de l'organisation Communautés de Vancouver en
solidarité avec Cuba. Leurs présentations ont
souligné les défis auxquels fait face le
mouvement de solidarité Canada-Cuba dans la période
à venir et les possibilités qui existent pour renforcer
et accroître sa portée.
La solidarité Canada-Cuba et 70 ans de relations
diplomatiques Canada-Cuba

L'ancienne
députée Jean Augustine et
l'ambassadeur Garmendía Peña
|
L'honorable Jean Augustine, née à la
Grenade et ancienne députée libérale pour la
circonscription d'Etobicoke-Lakeshore, a ouvert cette session. Mme
Augustine a été présidente du Comité
permanent des affaires étrangères et du Commerce
international
et présidente de la Chambre des communes en 2004. Sa
présentation a porté sur le rôle des parlementaires
dans la promotion des relations entre le Canada et Cuba. Elle a
régalé le public avec des anecdotes à propos de
ses différents voyages dans cette nation insulaire, en
particulier ses diverses réunions avec le dirigeant historique
de la révolution
cubaine, Fidel Castro.
L'ambassadeur Garmendia Peña a souligné
que malgré l'immense et historique victoire remportée
avec la libération des Cinq Cubains et la normalisation des
relations diplomatiques entre les États-Unis et Cuba, le blocus
économique est toujours en vigueur. Il reste beaucoup de travail
à faire pour mettre fin au blocus, à l'occupation
américaine
illégale de la Baie de Guantanamo et à la politique de
déstabilisation de Washington qui se poursuit dans les nouvelles
circonstances. L'ambassadeur a également souligné la
nécessité de poursuivre le renforcement et
l'approfondissement des relations existantes d'amitié et de
coopération entre le Canada et Cuba.
Nino Pagliccia, éditeur du livre récemment
publié sous le titre « Cuba Solidarity in
Canada : Five Decades of People-to-People Foreign
Relations », a expliqué comment l'internationalisme
de Cuba a fourni un modèle de politique étrangère
dans lequel la solidarité est le principe fondamental.
Cuba, aujourd'hui et demain : le renouveau et la
continuité des luttes
De gauche à
droite : Le consul
général de Cuba à Toronto, Javier Dómokos
Ruis,le professeur émérite Keith Ellis et le
co-président du RCC Isaac Saney
À la dernière table ronde du
congrès, le professeur émérite Keith Ellis de
l'Université de Toronto, Javier Domokos Ruiz, consul
général de Cuba à Toronto, et le
co-président du RCC, Isaac Saney ont présenté des
informations pertinentes sur la rénovation
et l'actualisation continues de l'économie cubaine et
l'importance de la nouvelle politique du président
américain Barack Obama. Les conférenciers ont
souligné que les mesures économiques mises en oeuvre par
Cuba prennent place dans le processus de renouvellement et de la
continuité du projet révolutionnaire et socialiste
cubain. Ils ont dit aussi
qu'en même temps que tout le peuple de Cuba se félicite
des mesures en vue de la normalisation possible des relations avec les
États-Unis, il ne renoncera jamais à son
indépendance, sa souveraineté ou au socialisme.

Sommet des peuples au Sommet Celac-UE
à Bruxelles
Il faut mettre un terme aux injustices
provoquées
par un ordre économique international de plus
en plus injuste et excluant
- Miguel Díaz-Canel Bermudez,
premier vice-président du Conseil
d'État et du Conseil
des ministres -
Salle du Sommet Celac-UE
à Bruxelles
Allocution de Miguel
Díaz-Canel Bermudez, Premier
vice-président du Conseil d'État et du Conseil des
ministres et chef de la délégation cubaine au 2e Sommet
Celac-UE, au Sommet des peuples à Bruxelles, le 11 juin 2015.
Président, amis, chers participants à ce
Sommet des peuples,
Je vous apporte les
salutations solidaires du leader
historique de la Révolution cubaine, le commandant en chef Fidel
Castro (Applaudissements et exclamations de :
« Fidel, Fidel, Fidel ! »), ainsi que
celles de notre président Raul Castro (Applaudissements),
les
salutations
affectueuses
et
chaleureuses
du gouvernement et du peuple de Cuba (Applaudissements),
à
vous
les
organisateurs et les participants à cette
importante réunion.
À travers vos profondes réflexions, vous
avez contribué à la prise de conscience des
problèmes réels que nous rencontrons et proposé
des chemins pour leur trouver des solutions. Nous aimerions à
présent, en quelques minutes, vous exposer également les
idées que Cuba a défendues à ce Sommet Celac-UE en
tant que membre actif de la
Communauté des États d'Amérique latine et des
Caraïbes.
J'évoquais hier la tenue, en 1999, du 1er Sommet
birégional, où l'Union européenne avait
proposé une « association
stratégique ». Seize ans plus tard, cette
« association » ne s'est pas
concrétisée, parce que nos relations ne sont pas
fondées sur l'égalité souveraine et le respect
mutuel, demeurent marquées par des
asymétries dans le développement et des relations
économiques et commerciales et de coopération marginales,
généralement spoliatrices et discriminatoires.
Il s'impose donc de mettre un terme aux injustices
provoquées par un ordre économique international de plus
en plus injuste et excluant — injustices exposées par le
président Correa —, qui a généré un
consumérisme effréné, provoqué la
destruction de l'environnement, la spéculation financière
et qui est contrôlé par l'impérialisme, par ses
banques oligarchiques et des groupes de puissantes transnationales, au
seul bénéfice d'un petit nombre.
Les actuels défis contre la paix et la
sécurité des nations ne sont pas à mettre au
compte des marginalisés par le système capitaliste
mondial, mais de ceux qui poussent les pays en crise à adopter
des programmes d'austérité aux coûts humains
incalculables, qui creusent de plus en plus l'écart entre les
deux régions et les pays qui les
composent.
Ces défis ne sont pas non plus attribuables aux
étudiants expulsés des universités, aux
travailleurs sans emploi ou aux milliers de jeunes en âge de
travailler qui sont au chômage, aux marginaux, aux
indignés, aux femmes qui perçoivent un salaire
inférieur à celui des hommes pour un travail égal
(Applaudissements), ou lorsque les fonds de
pension et la sécurité sociale des retraités sont
détournés ou amputés.
On peut encore moins rejeter la faute sur les
minorités et les groupes nationaux comme les afro-descendants,
les peuples originaires de Notre Amérique ou les tsiganes en
Europe, ni sur les immigrants ou les persécutés par le
racisme, la xénophobie, l'islamophobie ou l'absence des plus
élémentaires sentiments de solidarité. Au
contraire, ce sont
de tels comportements qui ont ouvert la voie à la
résurgence du fascisme, vaincu sur ce continent il y a 70 ans,
un fait que nous ne devons jamais oublier (Applaudissements).
Si nous avons appris une chose en Amérique latine
et des Caraïbes, c'est que les graves problèmes
économiques et sociaux d'aujourd'hui ne peuvent être
réglés par la voie des armes, et encore moins à
travers des dictatures ou la terreur, des maux dont nous avons
suffisamment souffert dans Notre Amérique comme en Europe.
L'incitation au conflit entre des pays, la menace
à la paix et à la sécurité internationale
en rapprochant l'OTAN des frontières russes, encourager la
course aux armements ou soutenir des aventures militaires hors des
frontières de l'Alliance pour se partager des zones d'influence
ou des sources de matières premières devraient être
considérés
comme des délits (Applaudissements).
Elles ne font que semer la mort, la destruction,
l'instabilité et davantage de pauvreté, les ressources
considérables destinées au développement
étant employées à financer de nouvelles guerres.
Chers camarades,
Après des décennies de lutte contre les
tentatives pour isoler notre Révolution, en Amérique
latine et dans la Caraïbe nous avons amorcé de nouveaux
chemins de transformations politiques, économiques et sociales
au bénéfice de nos peuples. Plusieurs gouvernements
révolutionnaires et progressistes — ceux mentionnés par
Rafael Correa —,
travaillons à réduire la pauvreté et les
inégalités, à consolider l'indépendance
politique et économique et à impulser
l'intégration latino-américaine et caribéenne.
Un accent particulier est mis sur la justice et
l'égalité. Un caractère prioritaire est
accordé au droit de nos sociétés à choisir
librement leur propre chemin vers le développement, sans
pressions extérieures ni immixtions grossières de la part
de ceux qui refusent d'accepter la voie souveraine empruntée par
nos peuples et cherchent à inverser ces
processus.
Nous travaillons à la consolidation de notre
jeune Communauté des États d'Amérique latine et de
la Caraïbe (Celac), une organisation appelée à
réaliser les rêves d'union de nos libertadores, les
visions des leaders politiques les plus engagés et les
aspirations des forces de gauche, des mouvements populaires, des
syndicats, des organisations
d'étudiants, de paysans, de femmes et d'artistes du continent.
Au sein de cette organisation convergent toutes les
nations souveraines de la région, unies dans leur
diversité, pour apprendre à relever les complexes
défis du présent et de l'avenir.
La proclamation de l'Amérique latine et de la
Caraïbe comme Zone de Paix au 2e Sommet de la Celac, à La
Havane en janvier 2014, a réaffirmé les principes qui
doivent régir les relations entre nos pays et le droit
inaliénable de chacun à choisir son système
politique, économique et social, comme une condition essentielle
pour assurer la
coexistence pacifique entre les nations.
Cependant, ces modestes efforts sont gravement compromis
par les forces de l'impérialisme, comme on peut le constater
aujourd'hui dans la République soeur bolivarienne du Venezuela,
la révolution chaviste du Venezuela (Applaudissements).
Là-bas, au Venezuela, le peuple et son gouvernement
constitutionnel, dirigés par leur
leader légitime, le président Nicolas Maduro Moros (Applaudissements),
et
soutenus
par
une
puissante union civico-militaire, défendent
et consolident une révolution qui appartient d'ores et
déjà à tous les Latino-américains et
Caribéens : la révolution de Chavez, la
révolution de l'Amérique latine
(Applaudissements).
Aujourd'hui, le Venezuela est un symbole, c'est pourquoi
il n'est pas seul et jouit du soutien de notre région,
résolue à préserver l'exemple de son fondateur et
guide moral, l'inoubliable commandant et président Hugo Chavez
Frias, à l'origine de ce changement d'époque (Applaudissements).
Bien
entendu,
les
Vénézuéliens
comptent
sur toute notre loyauté et sur celle de vous tous, et
le Venezuela sait que jamais Cuba ne le décevra (Applaudissements).
Je tiens également à réaffirmer
notre soutien à l'Argentine dans sa légitime
revendication sur les Îles Malouines (Applaudissements) ;
à
l'Équateur
face
aux
exactions des transnationales et
aux campagnes médiatiques ; aux justes revendications des
pays caribéens, qui réclament un traitement
préférentiel et la réparation
des dommages de la colonisation et de l'esclavage, ainsi que notre
engagement inconditionnel avec l'indépendance de Porto Rico (Applaudissements).
Camarades,
Cuba avance dans la mise à jour de son
modèle économique et social, afin de préserver les
grandes conquêtes de la Révolution et perfectionner le
socialisme, auquel jamais nous ne renoncerons, et en vue d'une
amélioration effective et durable du bien-être de notre
peuple.
Ce furent précisément la dignité et
la résistance des Cubains qui ont conduit à la
reconnaissance de l'échec de la politique menée contre
Cuba par onze administrations des États-Unis et ont
facilité le retour au pays de nos cinq combattants
antiterroristes (Applaudissements), des
événements qui ont abouti aux conversations en vue du
rétablissement des relations diplomatiques avec les
États-Unis, et dans lesquelles la solidarité de tous les
peuples et de beaucoup de gouvernements du monde, ainsi que du
mouvement de solidarité avec Cuba, dont vous faites partie, a
joué un rôle important, ce dont nous tenons à vous
remercier (Applaudissements).
Ce pas marquera le début d'un chemin long et
complexe vers la normalisation des relations avec ce pays, processus au
cours duquel nous ne renoncerons à aucun des principes pour
lesquels nous avons lutté et résisté pendant tant
d'années (Applaudissements).
Nous continuerons d'exiger la levée du criminel
blocus économique, commercial et financier exercé contre
notre pays — blocus qui demeure intact — ainsi que la restitution du
territoire illégalement occupé par la base navale de
Guantanamo contre la volonté des Cubains (Applaudissements).
C'est pourquoi nous affirmons que la meilleure
connaissance des réalités et la recherche de solutions
aux graves problèmes qui touchent les femmes et les hommes des
deux continents constituent la raison d'être de ces Sommets des
peuples et de la rencontre des parlementaires et intellectuels
engagés, où règne la solidarité qui, comme
nous l'a
enseigné le Che, exprime la tendresse et l'amour entre les
êtres humains (Applaudissements).
Nous sommes convaincus que non seulement un monde
meilleur est possible, mais aussi que ce monde meilleur est
indispensable pour la survie de l'Humanité (Applaudissements).
Je vous remercie encore une fois, au nom de Cuba, pour
le respect, l'affection et la solidarité que vous nous
témoignez jour après jour dans notre lutte.
Luttons sans relâche pour la paix, la justice et
la solidarité !
Vivent les peuples !
Et comme nous disons à Cuba : Patria o
Muerte ! Venceremos !
(Ovation)

Équateur
Le peuple s'unit pour vaincre la violence
anti-gouvernementale
Rassemblement de masse
lors de la
cérémonie de changement de garde à Quito, le 15
juin 2015, en appui au gouvernement du président Rafael Correa
en Équateur
Les forces réactionnaires de l'opposition en
Équateur tentent de déstabiliser le gouvernement
démocratiquement élu du président Rafael Correa,
en semant la désinformation sur le gouvernement et sa
révolution citoyenne, tout en incitant des troubles civils et de
la violence. Le président Correa affirme que les manifestations
font partie d'un plan
de déstabilisation orchestré par les forces d'opposition
locales soutenues par l'aide étrangère afin de le
destituer.
Le 5 juin, le président Rafael Correa a
présenté devant l'assemblée nationale de
l'Équateur un nouveau projet de loi sur la redistribution de la
richesse en instituant un impôt sur les successions,
« provoquant le mécontentement immédiat parmi
les secteurs les plus riches de ce pays
sud-américain », rapporte Granma
international.
« La toile de fond [de la loi] est un chiffre
remarquable que le président a rappelé avec force durant
ces derniers jours : 2 % des familles équatoriennes
possèdent 90 % des grandes entreprises dans le
pays », ajoute Granma international.
Le président Correa a déclaré aux
médias que « la concentration de la
propriété a été
révélée. C'est mauvais ; c'est l'une des
sources d'inégalité en Équateur et dans le
monde », précisant que l'impôt vise seulement
« les grands conglomérats qui génèrent
des dynasties ».
Pour les héritiers
directs tels que les enfants,
les petits-enfants, parents ou grands-parents, la nouvelle
législation prévoit un taux d'imposition allant
jusqu'à 47,5 %, ce qui ne touche que le 1 % des plus
riches. Ce pourcentage est inférieur aux taux d'imposition du
Japon (55 %) et de la Corée du Sud (50 %) et juste un
peu plus élevé qu'en France (45 %) ainsi qu'aux
États-Unis et en Grande-Bretagne (tous deux à 40 %).
L'un des premiers représentants de l'opposition
à exprimer son désaccord face à cette mesure est
un banquier et ancien candidat à la présidentielle,
Guillermo Lasso, ancien conseiller économique et ambassadeur
itinérant du gouvernement néolibéral de Lucio
Gutiérrez.
Lasso a condamné le nouveau projet de loi sur les
droits de succession indiquant que, « l'État cherche
à en finir avec la famille équatorienne ».
Selon l'analyste économique équatorien
Juan Carlos Jaramillo, « avec un taux d'imposition de
47,5 %, les héritiers ne perdent jamais le contrôle
majoritaire des actions dans les sociétés de leurs
parents et il est donc faux de prétendre que l'intention
visée avec ce taux est de mettre un terme aux entreprises
familiales ».
« Au-delà de l'impôt sur
l'héritage-même, la discussion qui semble se mener en
Équateur est dans quelle mesure l'État peut intervenir de
manière autonome dans le domaine économique »,
écrit Granma. L'article poursuit :
« C'est un argument qui circule dans tous les
pays qui sont dirigés par des gouvernements
post-néo-libéraux, en particulier à un moment de
croissance économique plus lente dans toute la région, en
raison d'une chute des prix des produits de base, mais surtout dans le
cadre de la réduction des prévisions de croissance
à l'échelle
mondiale.
« En bref, le débat se concentre
autour du maintien et l'élargissement des programmes sociaux mis
en oeuvre par les gouvernements issus de cette période
post-néolibérale, pour laquelle des ressources sont
requises.
« L'argument de Lasso à l'effet de ne
pas augmenter les impôts des plus riches mais plutôt de les
réduire, est conforme aux propositions des autres dirigeants de
l'opposition dans la région, comme Mauricio Macri en Argentine
et Aécio Neves au Brésil, qui ont annoncé que,
s'ils deviennent présidents, ils vont continuer ces politiques
sociales sans jamais perturber cependant les milieux d'affaires.
Où vont-ils trouver l'argent, demande-t-on. Personne ne semble
le savoir.
« L'Équateur, au moins, offre une
solution réaliste similaire à celle mise en oeuvre dans
certains États européens et d'Asie, en poursuivant la
politique sociale décrite dans le Plan national 2013-17 pour
bien vivre : que ceux qui possèdent plus contribuent
davantage, ce qui se base sur la redistribution garantie par la
Constitution
même du pays. Le débat continental sur cette question va
naturellement s'intensifier durant les prochains mois »
Appui au président
Correa, Quito, en
Équateur, le 15 juin 2015
Le 16 juin, le Président Correa a
déclaré que dans le but de promouvoir le calme et la
tranquillité, surtout avant l'arrivée du pape
François le 5 juillet, il retire temporairement le projet de loi
augmentant les impôts sur les successions et un autre visant les
gains en capital.
« Afin de prévenir que les groupes [de
droite] causent plus de violence, surtout durant la visite du pape
François où nous avons besoin d'une atmosphère de
paix, de joie, de réflexion pour l'accueillir, j'ai
décidé de retirer temporairement les projets de loi
mentionnés ci-dessus », a-t-il expliqué.
Selon Correa, sur la base de cette décision, un
grand débat national débutera sur les propositions, qui,
a-t-il répété, ne vont jamais affecter les pauvres
ni la classe moyenne, comme l'ont suggéré leurs
détracteurs.
« Nous voulons des débats, et non des
engueulades ; nous voulons des arguments, pas des
manipulations », a souligné Correa. À cet
égard, le président s'adresse au grand nombre
d'Équatoriens qui ont mis son gouvernement au pouvoir afin
d'assurer leur propre habilitation à travers de nouveaux
arrangements politiques et de
mettre fin à leur marginalisation et leur exploitation par les
élites réactionnaires. Ce sont ces forces qui sont unies
dans l'action pour vaincre la violence anti-gouvernementale des
réactionnaires.

À la recherche d'une solution
à la crise de la dette grecque
La Commission pour la vérité dit que la
plus grande partie de la dette grecque est illégale
La Commission pour la vérité mise sur pied
par le parlement grec qui a enquêté sur la dette grecque a
remis ses conclusions, rapportent les agences de nouvelles. Le rapport
affirme que la plus grande partie de la dette de plus de 364
milliards $US a été contractée
illégalement et ne doit pas être payée.
Malgré le fait qu'elle fut contractée
illégalement, ceux qui en ont bénéficié
continuent d'exiger son remboursement. Le temps presse pour la
Grèce pour trouver un accord et pour éviter un
défaut de paiement sur un prêt de 1,8 milliard $US du
Fonds monétaire international (FMI) dû à la fin de
juin, indique-t-il. Ce paiement est le premier d'une série que
la Grèce devra
verser.
La directrice générale du FMI, Christine
Lagarde, a durci les enjeux le 18 juin en indiquant à la
Grèce qu'il n'y aurait pas de période de grâce ou
de retard autorisé dans le remboursement.
Dans un communiqué du 19 juin émis par le
bureau du premier ministre Grec Alexis Tsipras, on peut lire :
« Le sommet des dirigeants [22 juin] est un
développement positif sur le chemin d'une entente. »
Il dit que : « Tous ceux qui parient sur une crise et
des scénarios catastrophiques seront confondus. »
Il a ajouté : « Il y aura une solution
basée sur le respect des règles de l'UE et de la
démocratie qui permettra à la Grèce un retour
à la croissance dans l'euro. »
Tsipras a dit qu'en dépit du fait que le pays
s'approche du défaut de paiement, la Grèce demeurera dans
la zone Euro.
Les agences de presse rapportent que les pourparlers sur
une entente de financement en échange de réformes
restaient dans une impasse après une récente rencontre
des ministres des finances de la zone Euro. Les retraits bancaires des
prêteurs Grecs ont augmenté au cours de la dernière
semaine. Les gens ont retiré quelque 2,2
milliards $US des banques entre le 15 et le 17 juin après
l'échec des négociations à Bruxelles la fin de
semaine des 13 et 14 juin, indique Reuters citant des sources bancaires
de haut niveau. Elles ont ajouté que si cela continue au rythme
actuel, le gouvernement de la Grèce serait forcé
d'imposer un plafond sur les retraits en espèces.
Le premier ministre Tsipras a refusé de se
soumettre à la pression des créditeurs de la Grèce
exigeant que le gouvernement grec fasse des concessions sur les hausses
d'impôt et la réforme des retraites — en d'autres mots,
davantage de mesures d'austérité que le gouvernement a
promis qu'il ne saurait accepter.
Selon Reuters, le Conseil des Gouverneurs de la Banque
centrale européenne (BCE) devait tenir une conférence
téléphonique le 19 juin pour discuter de l'extension de
liquidité d'urgence pour les prêteurs.
(Agences)

Le Forum économique de Saint-Pétersbourg
et l'impasse de l'Union européenne
- Pyotr Iskenderov -
Première partie
Le Forum économique international de
Saint-Pétersbourg (FÉISP) a débuté le 18
juin avec en arrière-plan les graves difficultés
économiques de l'Europe. Pendant qu'elle mise sur ses mesures
punitives contre la Russie, l'Union européenne est en train de
perdre le contrôle de l'économie européenne. Le
président
du Conseil européen, Donald Tusk, a appelé un Sommet
européen en Grèce le lundi 22 juin. Il a dit que suite
à l'échec des ministres de la Finance de l'Union
européenne à en arriver à une entente le 18 juin
permettant de libérer des fonds de sauvetage attendus
désespérément, l'heure était venue de
« discuter en toute urgence » de la
crise grecque « aux plus hauts niveaux
politiques ».
Les chances qu'on puisse en arriver à une entente
sont faibles. Aussi, le jeudi 18 juin, a-t-on intensifié les
pressions exercées sur la Grèce. La dirigeante du Fonds
monétaire international (FMI), Christine Lagarde, a clairement
indiqué que la Grèce n'aurait pas de
« période de grâce » et que la date
d'échéance pour le remboursement
de sa dette restera inchangée. Elle a affirmé que la
Grèce serait en défaut de paiement envers le FMI si d'ici
le 30 juin elle ne réussissait pas à verser le paiement
de 1,6 milliards d'euros (1,1 milliard de livres, 1,8
milliards $). Le FMI avait aussi annoncé qu'il mettait
fin à toutes discussions avec la Grèce pour envisager des
possibilités de
sauvetage exaspéré du peu de progrès dans les
tentatives d'éviter un défaut de paiement à la
Grèce. De leur côté, les dirigeants
européens avaient laissé entendre que les
négociations tiraient à leur fin. « Il existe
des divergences importantes entre nous sur la plupart des questions
majeures », avait dit le porte-parole du FMI, Gerry Rice,
dans une déclaration publique inhabituelle visant à
augmenter les pressions sur le gouvernement de gauche du premier
ministre Alexis Tsipras. « Ces derniers jours, il n'y a eu
aucun progrès. Nous n'avons pas réussi à
réduire l'écart qui nous sépare, a-t-il dit. Ce
qui veut dire que nous sommes loin d'une entente. » Il a
ajouté que
l'équipe du FMI en négociation avec la Grèce
s'était retirée de Bruxelles, mais que le FMI
était disponible pour de futurs pourparlers. « La
balle est vraiment dans le camp de la Grèce
maintenant », a-t-il dit.
Le vendredi 19 juin, Standard and Poor's a
baissé la note des quatre plus importantes banques grecques,
deux jours après avoir dégradé la notation des
obligations à haut risque grecques. « L'abaissement
de la notation reflète donc notre opinion que sans un accord
avec ses créanciers officiels, la Grèce fera
vraisemblablement défaut sur
sa dette commerciale dans les douze mois en l'absence d'une entente
entre le gouvernement grec et ses créanciers officiels au moment
où la fin de l'extension du programme actuel
approche », a déclaré l'agence de notation.
Quelles seront les conséquences pour l'Union
européenne advenant un défaut de paiement de la part de
la Grèce ? L'organisation devra d'abord constater son
échec à régler le problème. Le 30 juin est
une date charnière pour la Grèce et pour l'Union
européenne. Le 245 milliards d'euros (275,6 milliards $) de
fonds de sauvetage
avancés par la zone euro arrive aussi à
échéance le 30 juin, journée
d'échéance pour le paiement de 1,6 milliards d'euros au
FMI, paiement que la Grèce ne pourra respecter sans nouvelle
aide financière. Jusqu'à ce jour, les tentatives de venir
en aide à la Grèce ont échoué : la
Grèce fait face à un défaut de paiement, l'Union
européenne a
appelé un sommet d'urgence et l'avenir de la zone euro est
incertain. Le mercredi 17 juin, la Banque centrale de la Grèce a
avisé qu'advenant l'impossibilité d'en arriver à
une entente avec les créanciers internationaux pour l'obtention
d'un financement essentiel, le pays pourrait être plongé
dans une « crise incontrôlable ». Selon le
rapport : « Une crise de la dette gérable...
ferait boule de neige et deviendrait une crise incontrôlable,
avec de grands risques pour le système bancaire et la
stabilité financière ». Aussi, selon le
rapport, tout cela impliquerait une profonde récession, une
baisse spectaculaire des niveaux de revenu, une augmentation
exponentielle du
chômage et un effondrement de tout ce que l'économie
grecque a réalisé au cours des années de son
appartenance à l'UE, et en particulier à sa zone euro.
S'il est vrai que le rapport de la Banque centrale de
Grèce vise en partie à exercer une pression sur la
Commission européenne, la Banque centrale européenne et
le Fonds monétaire international, la situation demeure des plus
sérieuses.
Jeffrey Sachs, directeur du Earth Institute de
l'Université de Columbia, est de l'opinion que les conditions
imposées par l'Europe — qui visent visiblement à ce que
la Grèce assure le service de sa dette extérieure — sont
précipitées, naïves et fondamentalement
autodestructrices. En les rejetant, les Grecs ne se livrent pas
à des petits jeux, ils
cherchent à survivre. Selon Sachs : « La
situation en Grèce ressemble à celle de l'Allemagne de
1933. Bien sûr, l'Union européenne n'a pas à
craindre la montée d'un Hitler grec, car elle saurait facilement
venir à bout d'un tel régime. Au contraire, dans les
circonstances, la démocratie grecque a fait preuve d'une grande
maturité tout
au long de la crise. Ce que l'Union européenne devrait craindre
par-dessus tout est le dénuement croissant sur son propre
territoire ainsi que les conséquences désastreuses de la
situation pour sa politique et sa société. »
L'économiste américain conclut :
« Malheureusement, le continent reste divisé selon
des clivages ethniques.
Les Allemands, les Finlandais, les Slovaques et les Hollandais — pour
ne nommer que ceux-là — ne sont pas préoccupés par
les souffrances des Grecs. Les dirigeants politiques de ces pays
s'occupent des leurs, et ils sont peu préoccupés par
l'Europe en tant que tel. Venir en aide à la Grèce est
une question particulièrement épineuse dans des pays
où
l'influence des partis d'extrême-droite s'accroît et
où les gouvernements de centre-droite font face à
l'opposition populaire de la gauche. »
En somme, voici à quoi ressemble la
situation : environ 250 milliards d'euros ont disparu,
l'effondrement de la zone euro est imminente et le fantôme d'un
nouvel Hitler semble poindre à l'horizon. La situation n'est
guère plus reluisante sur le « front de
l'Est ». Dans les jours précédant le sommet
des 25 et 26 juin, Die
Welt a rapporté que l'Europe pourrait subir
d'énormes pertes si les sanctions contre la Russie se
poursuivent. L'Union européenne pourrait perdre jusqu'à
100 milliards d'euros (114 milliards $) à cause des
sanctions contre la Russie si les choses ne changent pas, selon une
étude de l'Institut de recherche économique autrichien
(WIFO)
publiée le vendredi 19 juin. Le quotidien Die Welt
rapporte que dans cette recherche, commandée par l'Alliance
européenne des journaux leaders (LENA), plusieurs situations sur
ce qui pourrait se produire dans le pire des cas, si les sanctions
restent en place, ont été examinées :
« Si la situation ne change pas de façon
draconienne, notre scénario le plus extrême deviendra
réalité », a dit un des auteurs du rapport,
Oliver Fritz, à Die Welt. Selon les estimés, la
situation politique actuelle pourrait aussi affecter plus de 2 millions
d'emplois dans l'Union européenne à cause du
déclin
des exportations. Contredisant les prévisions analytiques, la
Commission européenne a dit que les pertes encourues par l'Union
européenne étaient « relativement faibles et
gérables », selon le quotidien.[1]
Selon Die Welt, les conclusions de l'Institut
autrichien sont beaucoup plus pessimistes que les prévisions
rendues publiques par la Commission européenne qui a
déclaré que les séquelles de la guerre des
sanctions étaient peu importantes et faciles à surmonter.
Selon le quotidien allemand, les prévisions de la Commission
européenne
sont à court-terme tandis que celles des experts du WIFO sont
beaucoup plus à long-terme.
Selon les projections du WIFO, l'Allemagne sera la plus
affectée. Un total de 500 000 emplois est déjà
menacé de disparaître. L'économie allemande subira
des pertes de 27 milliards d'euros et son PIB diminuera de 1 %
dans les années à venir, selon les prévisions des
experts. L'Italie perdra 200 000 emplois et 0,9 % de son PIB
tandis qu'en France les pertes d'emplois seront de 150 000 avec une
baisse de 0,5 % du PIB. La Pologne, l'Estonie et l'Espagne seront
aussi touchées. L'Allemagne a déjà perdu 175,000
emplois et 290 000 emplois pourraient suivre si la guerre des sanctions
se poursuit. Le taux de chômage pourrait augmenter de 185 000 en
Pologne, de 135
000 en Italie, de 115 000 en Espagne, de 95 000 en France, de 80 000 en
Grande-Bretagne et de 75 000 en Estonie. En incluant la Suisse, l'Union
européenne a déjà perdu 950 000 emplois. À
cause de ces sanctions, le chômage grimpera de 1,46 million.
Ces faits démontrent que l'Union
européenne est aux prises avec la crise politique et
économique du système et que ses dirigeants sont
incapables de contrôler la situation. Beaucoup de politiciens et
d'hommes d'affaires plus réalistes et tournés vers
l'avenir se sont déjà tournés vers l'Est. Les
discussions qui ont lieu à l'évènement de
Saint-Pétersbourg le prouvent.
(À suivre)
Note
1. Die Welt, 06.19.2015

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