Le Marxiste-Léniniste

Numéro 29 - 23 juin 2015

«L'amortissement accéléré» du gouvernement Harper

Planifier ou ne pas planifier

Les intérêts privés mondiaux versus l'intérêt public et
l'édification nationale

Une comptabilité absurde

L'aventure ukrainienne du Canada
Le gouvernement Harper continue d'essayer d'imposer
des valeurs nazies aux Canadiens

- Dougal MacDonald -


Journée nationale des Autochtones le 21 juin
La réparation des crimes commis contre les peuples autochtones passe
par un profond renouveau politique et constitutionnel

- Philip Fernandez -


Fête nationale du Québec le 24 juin
Fête populaire et célébration de la nation québécoise
- Geneviève Royer -

Les origines de la Saint-Jean-Baptiste
- Serge Patenaude -

Journée d'action nationale pour le droit des réfugiés aux soins de santé
Les travailleurs de la santé et leurs alliés exigent que le gouvernement rétablisse le financement pour les soins de santé des réfugiés

Pour le développement de l'amitié Canada-Cuba
Le héros cubain Fernando González est reçu chaleureusement à Toronto
Un médecin cubain parle du travail des brigades humanitaires
pour lutter contre l'Ebola

Le Réseau canadien pour Cuba définit son travail pour mettre fin au blocus
des États-Unis contre Cuba et renforcer les relations canado-cubaines


Sommet des peuples au Sommet Celac-UE à Bruxelles
Il faut mettre un terme aux injustices provoquées par un ordre
économique international de plus en plus injuste et excluant

- Miguel Díaz-Canel Bermudez, premier vice-président
du Conseil d'État et du Conseil des ministres -


Équateur
Le peuple s'unit pour vaincre la violence anti-gouvernementale

À la recherche d'une solution à la crise de la dette grecque
La Commission pour la vérité dit que la plus grande partie
de la dette grecque est illégale

Le Forum économique de Saint-Pétersbourg et l'impasse
de l'Union européenne

- Pyotr Iskenderov -


«L'amortissement accéléré» du gouvernement Harper

Planifier ou ne pas planifier

Planifier (être) ou ne pas planifier (ne pas être), telle est la question.
Y a-t-il plus de noblesse d'âme à subir
la fronde et les flèches de la fortune outrageante,
ou bien à s'armer contre une mer de douleurs
et à l'arrêter par une révolte ?
(Nos excuses à Shapespeare)

Le capitalisme a atteint son point de rupture. Le système est maintenant si monopolisé dans ses secteurs de base et dominé par la richesse sociale concentrée que la planification de l'économie devient une demande pressante. Ceux qui détiennent une grande richesse sociale sont d'accord parce que sans cela leur richesse privée ne peut pas croître à un taux qu'ils considèrent acceptable. Ils réclament la planification par l'État afin de défendre leurs intérêts privés et étendre leurs fortunes privées ; par contre ils s'opposent à une planification qui défend l'intérêt public, renforce l'économie socialisée dans son ensemble et construit la nation.

La loi de la chute du taux de profit force ceux qui possèdent beaucoup de richesse sociale à planifier, de concert avec l'État, les façons de faire fructifier leurs profits privés en utilisant le trésor public et le pouvoir politique des lois, des règles et de la réglementation, d'une façon qui sert leurs intérêts privés mais entre tout de suite en contradiction avec l'intérêt public, les autres détenteurs de la richesse sociale et la classe ouvrière.

Les grands détenteurs de la richesse sociale demandent une planification organisée par l'État pour servir des fins privées. Cette planification privée qui se fait dans certaines parties de l'économie entre en conflit avec le caractère socialisé de l'économie et avec le besoin d'harmoniser les intérêts et non de dresser les intérêts privés les uns contre les autres et contre l'intérêt public.

La planification organisée par l'État au service de certains intérêts privés

Le bureau du premier ministre a émis un communiqué de presse qui est absurde et un affront à la science économique. Le gouvernement Harper propose que la valeur de la machinerie soit considérée comme étant transférée à la production à un taux de 50 % par année sur une base dégressive. Cet « amortissement accéléré » a l'effet contradictoire d'abaisser le montant de nouvelle valeur qui est comptabilisé et d'accroître la réclamation des détenteurs du capital-actions à la nouvelle valeur. Le perdant dans cette manoeuvre d'opération comptable est la réclamation du gouvernement à la valeur ajoutée. Cette proposition fiscale est une forme de planification de la part de l'État pour servir certains intérêts privés étroits. Dans le cadre de cette planification par l'État au service d'intérêts privés, les monopoles sont en contradiction les uns avec les autres, avec ceux qui détiennent une quantité moindre de richesse sociale moindre, avec la classe ouvrière et l'économie elle-même.

Dans ce cas-ci, les monopoles demandent que l'État intervienne pour atténuer l'impact de la loi de la chute du taux de profit sous le capitalisme. En minimisant la valeur ajoutée en accroissant la valeur transférée de la machinerie, la proposition du gouvernement abaisse le revenu imposable des entreprises, ce qui accroît le profit que peuvent réclamer les entreprises. Cette manoeuvre tempère pour un moment, du moins sur le plan de la comptabilité, l'impact de la loi de la chute du taux de profit sur les entreprises directement concernées, tout en abaissant la valeur ajoutée globale et son taux. En agissant ainsi, on ne fait qu'enfouir le problème de la chute du taux de profit sous un amas d'ignorance et de pratiques comptables intéressées plutôt que d'y faire carrément face.

Des mesures prises par l'État pour déformer la réalité de l'économie et bloquer le renouveau véritable

C'est seulement dans les livres qu'on peut trouver de la machinerie qui se déprécie de 50 % par année. Peut-on s'imaginer une machinerie moderne qui transfère sa valeur à un taux annuel de 50 %, à moins bien sûr qu'on parle d'un tas de ferraille qui tombe en ruines dès sa sortie de l'usine et dure au plus quelques années. Même le taux actuel de 30 % n'a pas de sens.

Le fait, pourtant ironique, qu'un taux déclaré de 50 % d'amortissement de la machinerie abaisse le taux de profit dans les premières années de son utilisation semble avoir échappé au bureau du premier ministre. Cette pratique abaisse la valeur ajoutée telle qu'inscrite dans les livres au seul détriment de la réclamation du gouvernement à la valeur ajoutée, mais elle ajoute aux réclamations des monopoles dans le cadre du présent régime fiscal. La réclamation du gouvernement à la valeur ajoutée, l'impôt des sociétés, est basée sur le « bénéfice net », quelque chose qui peut être réduit à presque rien par de la manipulation alors qu'au même moment les profits sont distribués aux détenteurs du capital-actions.[1]

Ces mesures prises par l'État pour déformer la réalité de l'économie visent à servir certains intérêts privés. Elles affaiblissent l'économie socialisée dans son ensemble en retirant la valeur quelque part et en l'inscrivant ailleurs au mépris des lois de la science économique. Elles privent certains secteurs de valeur tout en remplissant les coffres d'autres secteurs, ce qui cause des problèmes à l'économie et crée les conditions pour une crise générale.

Le régime d'imposition actuel et cette manoeuvre du gouvernement Harper en particulier démontrent la nécessité d'une refonte complète qui permettrait aux gouvernements et à leur infrastructure sociale et matérielle de réclamer leur revenu directement des entreprises et non de sources secondaires par le biais de l'impôt des particuliers, de l'impôt sur la masse salariale, de la taxe de vente, de l'impôt des entreprises sur le profit net et des frais aux usagers. Les conditions objectives appellent à une planification qui est faite dans l'intérêt public, en harmonie avec le caractère socialisé de l'économie moderne, de sorte que ses besoins soient satisfaits de même que ceux du peuple pour ce qui est des programmes sociaux qui garantissent ses droits.

Ce concept de manipulation de la valeur transférée, en tant que moyen dans les mains du gouvernement de réclamer moins de valeur ajoutée de l'économie socialisée, est une farce et cause des problèmes pratiques et théoriques. Si le gouvernement ne veut pas présenter de réclamation à la valeur ajoutée que crée la production, qu'il le dise et nous explique où il va trouver les fonds pour se financer et financer les institutions, les programmes et l'infrastructure sociale et matérielle et garantir l'intérêt général de la société. Le peuple doit dénoncer le gouvernement qui fait une mascarade de la science économique afin de servir des intérêts privés étroits.

La manoeuvre du gouvernement Harper est une tentative de faire perdurer une économie socialisée qui ne peut pas continuer dans la vieille voie des rapports privés de production et de la planification par l'État au service des intérêts privés privilégiés. Les vieux rapports basés sur la propriété privée des forces sociales de production doivent être renovelés en profondeur et harmonisés avec la réalité du nouveau.

La distortion dans la comptabilité est un effort de plus pour éviter la conclusion qui s'impose à savoir que l'économie socialisée requiert une réforme radicale et non une planification étroite par l'État pour servir certains intérêts privés. La chute tendancielle du taux de profit est un problème qui émerge des contradictions du capitalisme et ne peut être évité tant que le système existe. Elle doit être reconnue comme une réalité scientifique et traitée comme tel, en premier lieu par la restriction du droit de monopole et de ses efforts destructeurs pour contourner cette loi.

La planification économique qui s'impose vient du caractère social de l'économie et du fait que la propriété privée de parties rivales des secteurs de base ne peut pas mener au contrôle et à la stabilisation de l'économie dans son ensemble et n'est même pas utile à sa propre production sauf si elle sert son intérêt privé étroit de profit monétaire. Le peuple organisé doit se doter du pouvoir politique et de la volonté légale qui sont nécessaires et permettent de confronter et de restreindre le droit de monopole et de le priver de son pouvoir politique qui sert les intérêts privés étroits.

La planification au service de l'intérêt public et de l'économie socialisée, surtout en ce qui concerne le secteur de gros, la détermination des prix de production des secteurs de base selon une formule scientifique moderne qui comprend un taux moyen de profit, et le contrôle de ce qui est produit et de sa distribution sont l'étape première pour en arriver à éviter les crises économiques récurrentes et ouvrir la voie du progrès.

Note

1. L'exemple classique de la manipulation de l'impôt des entreprises et de la fraude du « bénéfice net » est le monopole mondial GE et ses plus de 1000 comptables experts en matière d'impôts.

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Les intérêts privés mondiaux versus l'intérêt
public et l'édification nationale

Voici des extraits du communiqué du 14 mai du bureau du premier ministre intitulé : « Le PM souligne le soutien offert aux fabricants canadiens pour les aider à s'équiper pour réussir ». Les commentaires en doubles parenthèses sont du LML.

« Le Plan d'action économique 2015 propose d'accorder une déduction pour amortissement accéléré au taux de 50 pour cent selon une méthode d'amortissement dégressif pour l'achat de machinerie et d'équipement utilisés pour la fabrication et la transformation. Il s'agit d'un amortissement nettement accéléré comparativement au taux habituel de 30 pour cent, ce qui permet aux entreprises de reporter le paiement de l'impôt et de recouvrer les coûts de leurs dépenses en immobilisations plus rapidement. Cette mesure s'appliquera aux immobilisations acquises après 2015 et avant 2026. »

((Les investissements en machinerie ne sont pas recouvrés par des impôts différés. La valeur de la machinerie est consommée dans le processus de production puis transférée et préservée dans de nouveaux biens et services en tant que valeur transférée. Les entreprises récupèrent la valeur transférée quand le nouveau bien ou le nouveau service est réalisé (vendu). C'est la qualité de la machinerie et l'intensité de son utilisation qui déterminent la période de récupération, pas un pourcentage arbitraire que le gouvernement propose en impôts différés.

La valeur entière de l'investissement est récupérée lorsque toute la valeur de la machine a été transférée dans de la nouvelle production et réalisée dans la vente. Rendu à ce point ou avant, la machine devrait être remise à neuf ou retirée du service. Le fait d'imposer un amortissement annuel de 30 ou 50 % pour réduire la réclamation du gouvernement à la valeur ajoutée cause une distorsion de l'économie et illustre l'anachronisme de la façon dont les gouvernements font présentement leurs réclamations à la valeur ajoutée, à savoir sur la base du « bénéfice net » d'une entreprise.

Le fait de lier la récupération ou la période d'amortissement pour la valeur transférée à une « déduction pour amortissement accéléré » dictée par le gouvernement est une distorsion théorique et pratique de la science économique qui devient un facteur de plus de perturbation de l'économie, ce qui cause des crises et ne résout aucun problème.))

« Cette mesure incitative offrira aux fabricants canadiens un soutien concret et à long terme qui leur permettra de planifier les investissements qui leur sont nécessaires pour être concurrentiels dans une économie mondiale... La période de 10 ans procurera aux entreprises une plus grande certitude dans la planification de projets à long terme et de plus grande envergure. »

((L'aide de l'État à la planification privée entre en conflit avec les intérêts privés rivaux et l'intérêt public. L'économie socialisée interreliée a besoin d'une vaste planification sociale qui tient compte de tous les facteurs et secteurs et pas seulement des intérêts privés d'entreprises ou de secteurs en particulier.))

« Les nouveaux investissements leur permettront de se positionner en vue de relever les défis économiques actuels et futurs, tout en créant des emplois et en favorisant la croissance. »

((Comment le gouvernement Harper peut-il le savoir ? À partir de cette supposition, il prédit que peu importe quels « nouveaux investissements » les entreprises vont faire, ceux-ci vont « relever les défis économiques actuels et futurs ». Peut-être que les investissements vont être un désastre total ou une simple manoeuvre pragmatique pour faire un coup d'argent rapide.

De plus, l'affirmation que la machinerie et la productivité « créent des emplois » est évidemment fausse. L'usage accru de machinerie pour accroître la productivité élimine des emplois. C'est justement cela le but de la productivité, de réduire le temps de travail nécessaire pour produire la même quantité de biens et de services. Certaines entreprises utilisent plus de machinerie, des robots par exemple, pour générer plus de productivité. Non seulement cela élimine-t-il des emplois dans ces entreprises mais cela pourrait bien éliminer des concurrents au Canada et détruire encore plus d'emplois. Le communiqué du bureau du premier ministre n'envisage pas cette possibilité bien réelle et se contente de vanter la soi-disant création d'emplois et la croissance par cette mesure accordée aux entreprises. Ce communiqué, qui ne contient rien pour traiter des impacts potentiellement négatifs, illustre bien que le gouvernement n'a aucun plan pour contrer l'augmentation du chômage et l'inactivité forcée que cause une plus grande productivité.

L'intérêt public plus large n'est pas favorisé par cette concession aux intérêts d'affaires privés. Les gens se retrouvent forcés à faire face eux-mêmes aux impacts négatifs, étant abandonnés à leur sort, ce qui crée le chaos de la pauvreté et produit des visions et comportements antisociaux. Le gouvernement laisse aller des réclamations à la valeur ajoutée sans rien en retour sauf un vague espoir de « croissance » qui, s'il se réalise par le biais de ce cadeau à même le trésor public, va bénéficier aux entreprises privées et non à l'entreprise publique, aux programmes sociaux et aux services publics.

Si la croissance se matérialise et que des entreprises deviennent plus grosses et plus fortes, l'intérêt public n'en retire rien. En fait, il en souffre directement. Lorsque des entreprises mondiales deviennent plus grandes, elles imposent le droit de monopole de façon encore plus dominatrice et agressive en opposition au droit public.

De plus, l'investissement en machinerie par des entreprises enregistrées au Canada peut bien être utilisé pour leurs possessions à l'étranger. C'est tout à fait possible. Plus tôt cette année, le syndicat Unifor a révélé l'existence d'un prêt de 526 millions $ d'Exportation et Développement Canada à Volkswagen pour l'aider à financer son expansion mondiale, pas au Canada mais à l'étranger. Le gouvernement a essayé de faire bien paraître cette mauvaise utilisation des fonds publics en disant que peut-être les entreprises canadiennes vont-elles augmenter leurs exportations aux entreprises non canadiennes de Volkswagen.

Une autre question qui n'est pas soulevée dans le communiqué de presse du bureau du premier ministre est l'origine de la machinerie que les compagnies vont peut-être acheter. Comme le premier ministre a fait son annonce à Windsor en Ontario, on peut présumer qu'il a en tête le secteur automobile. Aujourd'hui, les principales machines qui sont utilisées dans la production de véhicules sont des robots et pour la plupart ce n'est pas au Canada qu'ils sont fabriqués. Le gouvernement Harper parle souvent du secteur des ressources et là encore la machinerie lourde utilisée dans le secteur n'est pas fabriquée au Canada mais principalement aux États-Unis, au Japon et en Allemagne.

Sans un plan pour développer la production de robots et de machinerie lourde au Canada, l'achat continuel à l'étranger de ces moyens de production, avec l'aide du trésor d'État, sort la richesse sociale du pays et affaiblit l'économie. Le gouvernement Harper ne porte aucune attention aux conséquences négatives de tout cela sur l'édification nationale et ne propose rien pour changer la situation. Son obsession néolibérale pour l'utilisation du pouvoir de l'État et de ses ressources publiques pour l'édification d'empire des monopoles privés l'amène à s'opposer à toute restriction du droit de monopole pour défendre le droit public et le droit souverain du peuple de contrôler et de bâtir sa nation et son économie afin de servir l'intérêt public, le bien-être du peuple et l'intérêt général de la société.))

« Cette initiative n'est que l'une des nombreuses mesures mises en place par le gouvernement depuis 2006 pour créer un climat dans lequel les fabricants canadiens peuvent prospérer. Parmi les autres mesures adoptées par le gouvernement figurent notamment les suivantes : mise en place du plan d'action pour la réduction du fardeau administratif et du plan d'action pour le capital de risque ; ...promotion du commerce international, notamment par la conclusion des négociations de libre-échange avec l'Union européenne et la République de Corée. »

((Cette façon de dire les choses frise la fourberie. Il n'y a pas un économiste ou professeur qui oserait suggérer que le secteur manufacturier a grandi et prospéré dans la période récente. La liste des initiatives prises par le gouvernement Harper pour servir le droit de monopole ne fait qu'illustrer le problème que causent aux Canadiens les monopoles mondiaux qui mettent leurs intérêts privés au premier plan en opposition à l'intérêt public et à l'édification nationale souveraine et utilisent leur droit de monopole et leur influence dans l'État pour avoir gain de cause.))

« Par exemple, on s'attend à ce que le report du paiement de l'impôt associé à cette nouvelle mesure réduise de 1,1 milliard $ l'impôt fédéral des fabricants de 2016-2017 à 2019-2020. Cette initiative n'est que l'une des nombreuses mesures mises en place par le gouvernement depuis 2006... »

((Ce genre de déclarations de la part des conservateurs banalise ce que sont l'économie socialisée et la société. La richesse sociale qui est produite au sein de l'économie socialisée est nécessaire à la reproduction de l'économie, à la satisfaction des besoins de la classe ouvrière de la naissance à la mort et à l'intérêt général de la société. Comment doit-on organiser et contrôler cette entreprise moderne d'interactions complexes afin de servir l'intérêt public ? On ne peut pas trouver réponse à cela dans des trivialités intéressées.

Les déclarations à l'effet de « créer un faible taux d'imposition pour favoriser les investissements des entreprises » ne résolvent rien et visent à justifier un régime qui prive les Canadiens de leur droit de se gouverner eux-mêmes et de contrôler l'économie dans l'intérêt public. Elles sont une tentative de détourner l'attention publique d'un régime qui a remis les secteurs de base de l'économie aux intérêts privés mondiaux au détriment de l'intérêt public canadien et de l'édification nationale. La conception néolibérale de tout faire pour servir le droit de monopole est une recette pour le désastre. Les Canadiens revendiquent leur droit de se gouverner et de contrôler leur économie pour servir l'intérêt public, l'édification nationale et l'intérêt général de la société.))

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Une comptabilité absurde

Au sujet de la proposition du premier ministre sur l'amortissement
de la nouvelle machinerie à 50 % par année

Mis à part tout le reste, la question à se poser est si une entreprise donnée a besoin de nouvelle machinerie ou pas. A-t-elle besoin du transfert de 50 % par année de la valeur d'amortissement pour se convaincre d'acheter une nouvelle machine ? Était-elle disposée à continuer avec les mêmes machines sans rien changer ? Si elle a besoin de nouvelle machinerie, elle peut emprunter l'argent nécessaire et la valeur de l'investissement lui reviendrait plus tard, avec la réalisation de la production.

Qu'espère accomplir le gouvernement avec cette mesure ? Les entreprises vont-elles acheter toutes sortes de nouvelles machines et ainsi inonder l'économie de produits dont le besoin n'a pas été établi à cause de l'accroissement de la productivité que cela entraîne ? Le gouvernement sait-il, sans nous dire comment, que certaines entreprises ont un urgent besoin de nouvelles machines mais ne l'achèteront que si elles peuvent le déduire de leur rapport d'impôt à titre de valeur transférée à 50 % par année ? Cette décision arbitraire est un cadeau pour les entreprises mais un affront à la science économique, qui n'accepte pas une valeur transférée artificiellement gonflée dans la détermination du prix de la production.

D'autre part, qu'entend-t-il faire avec l'excédent de main-d'oeuvre que cela va provoquer, puisque la nouvelle machinerie va accroître la productivité et cela veut dire que moins de travailleurs seront requis ? Dans un régime capitaliste, l'accroissement de la productivité ne fait pas que générer plus de richesse sociale pour la poignée de privilégiés, elle crée aussi le chômage et la pauvreté pour un grand nombre de personnes.

Le plan de Stephen Harper augmente le rendement du capital-actions en transférant la réclamation du gouvernement à la valeur ajoutée aux propriétaires du capital-actions. Par ce tour de prestidigitation, la réclamation du gouvernement à la valeur ajoutée est transformée en valeur transférée de la machinerie amortie à 50 % par année et empochée par l'entreprise à titre de déduction d'impôt.

L'augmentation du rendement du capital-actions par une déduction d'impôt est le produit d'une séquence d'événements provoquée par une augmentation artificielle de la valeur transférée. La valeur transférée qui est ainsi augmentée par l'amortissement de la machinerie à 50 % par année réduit la valeur ajoutée disponible, du moins selon la comptabilité du gouvernement Harper. Paradoxalement, cette réduction de la valeur ajoutée finit par profiter à l'entreprise à titre de bénéfices à cause de la façon dont est calculé l'impôt des entreprises sur le soi-disant bénéfice net. Le bénéfice net imposable de l'entreprise est moins grand, ce qui veut dire que la réclamation du gouvernement à la valeur ajoutée disponible est moins grande.

Une partie de la valeur ajoutée disponible sert à payer la nouvelle machinerie avant même que sa valeur ne soit transférée aux nouveaux produits et réalisée à titre de valeur transférée. Ce scénario montre la nécessité d'un système d'imposition entièrement nouveau où les gouvernements et leurs institutions réclament leur valeur ajoutée directement du produit réalisé par les travailleurs dans l'économie socialisée ainsi que par l'échange de la valeur produite socialement, comme par exemple la valeur de l'éducation publique et des soins de santé échangée directement avec les entreprises qui consomment cette valeur. La comptabilité absurde du gouvernement Harper montre aussi la nécessité d'affirmer l'intérêt public dans le secteur de la vente de gros et dans l'établissement des prix de la production.

Le 1,1 milliard $ additionnel qui est ainsi acheminé dans les coffres des entreprises pour payer la machinerie est enlevé au gouvernement. De façon tout à fait cavalière, le bureau du premier ministre annonce dans son communiqué que le report du paiement de l'impôt associé à cette nouvelle mesure réduira de 1,1 milliard $ l'impôt fédéral des fabricants entre 2016 et 2020, mais ne dit pas si le gouvernement a besoin de ce revenu ou pas. Si le gouvernement a besoin de ce revenu, il doit au moins nous dire où il trouvera ce 1,1 milliard $ de remplacement.

Cette déformation de l'économie à l'initiative du gouvernement doit être considérée comme une corruption officielle au service de certains intérêts privés. Elle ouvre la porte à la vente et l'achat d'équipements ici et là, même au sein d'un même monopole, comme moyen d'accroître la valeur transférée et éviter de payer des impôts. Le même équipement peut être déplacé sur papier là où cela permet le mieux de réduire le bénéfice imposable. Les monopoles mondiaux établissent leurs pratiques comptables sur cette base. Pour éviter de rapporter des bénéfices, ils déplacent la valeur transférée d'une division à une autre pendant des années, voire d'un pays à un autre, ou d'une usine nouvellement construite à une usine déjà pleinement productive qui peut utiliser la déduction d'impôt dans son rapport annuel. Par leurs manipulations, les monopoles peuvent même déclarer que telle ou telle division de leur entreprise est une entreprise indépendante, séparée. C'est exactement ce qu'a fait US Steel quand il a déclaré faillite à sa filiale canadienne, dont il est le seul propriétaire, et a ensuite décidé que la filiale canadienne lui devait des milliards de dollars à titre de créancier ayant préséance sur les retraités et tous les autres créanciers.

Avec cette mesure fiscale, le gouvernement Harper continue de construire une montagne d'ignorance et de contradictions. Les gens sont forcés pour ainsi dire de continuer de continuer, « ou bien s'armer contre une mer de douleurs et l'arrêter par une révolte », pour citer Shakespeare, et ainsi rétablir l'harmonie entre le mode de production, qui est présentement dépassé, qui repose sur la propriété privée des différentes composantes de l'économie, avec l'économie qui, elle, est socialisée, où cette économie socialisée sera contrôlée par les véritables producteurs et où l'on pourra, grâce à la planification scientifique, stabiliser et stimuler l'économie pour mieux servir l'intérêt public et l'intérêt général de la société.

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L'aventure ukrainienne du Canada

Le gouvernement Harper continue d'essayer d'imposer des valeurs nazies aux Canadiens


Colline du Parlement, 4 octobre 2014

Le secret le moins bien gardé de l'Ukraine est de plus en plus exposé. Pendant de nombreux mois, les milieux dirigeants de l'Ukraine, la dictature de Harper et les médias monopolisés américains et canadiens, entre autres, ont essayé en vain de cacher la résurgence néonazie réelle en Ukraine. Actuellement, le parti politique ouvertement néonazi Svoboda détient sept sièges au parlement de l'Ukraine. D'autres partis semblables, comme le Secteur droit, que ses défenseurs qualifient par euphémisme d'« ultra-nationaliste » et d'« extrême droite », détiennent également des sièges au parlement. D'autre part, le bataillon Azov, une milice ouvertement néonazie et d'autres « bataillons de volontaires », comme le bataillon Aidar, financés par des donateurs privés et le gouvernement et qui arborent des emblèmes nazis, sont le fer de lance des attaques militaires de l'Ukraine contre ceux qui sont qualifiés de « rebelles pro-russes ».

Le bataillon Azov, financé par l'oligarque ukrainien Ihor Kolomoyskyi, est une unité militaire commandée par le député ukrainien Andriy Biletsky, un suprémaciste blanc reconnu. Dans un reportage du journal britannique conservateur, le London Telegraph, du 11 août 2014, on lit : « Les bataillons formés récemment tels que Donbass, Dnipro et Azov, avec plusieurs milliers d'hommes sous leur commandement, sont officiellement sous le contrôle du ministère de l'Intérieur, mais leur financement est trouble, leur formation insuffisante et leur idéologie souvent alarmante. Les hommes d'Azov arborent le Wolfsangel (crochet du Loup) néonazi sur leur bannière et les membres du bataillon sont ouvertement suprémacistes blancs, ou antisémites. » Au cours d'interviews avec le Telegraph , des membres des milices ont dit que certains des combattants mettent en doute la réalité de l'Holocauste, expriment leur admiration pour Adolf Hitler et reconnaissent qu'ils sont en effet des nazis.


L'emblème néonazi du bataillon Azov

En ce qui concerne le bataillon Azov, il n'y a plus aucun doute. Le 10 juin 2015, la Chambre des représentants des États-Unis a été forcée d'adopter un amendement bipartisan au Defense Appropriations Act - des représentants John Conyers Jr., Démocrate-Michigan, et Ted Yoho, Républicain-Floride - afin de bloquer l'entraînement par les États-Unis du bataillon Azov. « Je suis heureux que la Chambre des représentants ait adopté à l'unanimité mes amendements la nuit dernière afin de veiller à ce que nos militaires ne forment pas des membres de la mouvance néonazie du bataillon Azov, ainsi que mes mesures pour faire en sorte que les Manpads (systèmes portatifs de défense aérienne) particulièrement dangereux restent à distance de ces régions instables », a déclaré Conyers le 11 juin. [1]

Cette décision des États-Unis a mis une fois de plus le ministre de la Défense du gouvernement Harper, Jason Kenney, dans une situation embarassante. Comme on le sait, le gouvernement Harper et ses larbins vivent une histoire d'amour passionnée avec le régime ukrainien infiltré par les nazis, surtout depuis le coup d'État du 25 mai 2014 par les forces qui soutiennent l'actuel président Petro Poroshenko. Poroshenko lui-même a affirmé très clairement sa position pro-nazie. En décembre 2014, il a accordé la citoyenneté ukrainienne au néonazi biélorusse Sergei Korotkikh en reconnaisance de ses services comme membre du bataillon Azov. Le 6 avril, Dmytro Iaroch, dirigeant du groupe néonazi ukrainien, Secteur droit, et qui fait l'objet d'un mandat d'arrêt international auprès d'Interpol, a été nommé conseiller au ministère de la Défense ukrainien. Le 9 avril, le parlement de l'Ukraine a interdit le communisme et reconnu officiellement les nationalistes ukrainiens qui ont collaboré avec les nazis comme des « combattants de la liberté ». Le 15 mai, Poroshenko a signé une loi pour enlever les monuments communistes et renommer les rues, les lieux publics et les établissements dont le nom était « lié au communisme ». Cette loi accorde également une reconnaissance publique à l'Armée insurrectionnelle ukrainienne, dirigée par Stepan Bandera, qui a collaboré avec les nazis pendant la Deuxième Guerre mondiale.

En avril, le ministre de la Défense, Jason Kenney, a annoncé que le gouvernement Harper s'était engagé à déployer 200 militaires canadiens pour donner de la formation à l'armée ukrainienne pour combattre « les rebelles russes ». Cette décision avait été critiquée à l'époque. Interrogé le 18 juin au sujet du vote américain de bloquer les activités de formation par les États-Unis du bataillon Azov, Kenney à refusé de commenter, mais son secrétaire de presse a envoyé cette réponse : « Les forces ukrainiennes sont responsables du processus de sélection pour assurer que les Forces armées canadiennes ne donneront de la formation qu'aux militaires réguliers. La première tranche des stagiaires seront des membres des Forces armées ukrainiennes (Armée de terre). . [... Nous avons] reçu l'assurance que dans ce groupe ne seront pas inclus des membres du bataillon Azov et que ce bataillon ne sera pas intégré à l'armée ukrainienne. »

L'ancien diplomate canadien, James Bissett, avait souligné en avril que ces déclarations du ministre Kenney au sujet de la « formation sélective » n'étaient appuyées par aucun fait. Après l'annonce de Kenney, Bissett a déclaré que les Canadiens pourraient très bien se retouver à donner de la formation à des membres des groupes fascistes du pays parce que ces troupes sont intégrés dans les forces régulières de l'Ukraine. « Ces milices ont été fusionnées avec l'armée ukrainienne, alors nous ne serons pas en mesure de déterminer qui nous formons, a déclaré James Bissett, ancien ambassadeur du Canada en Yougoslavie, en Bulgarie et en Albanie. Ce sont des groupes peu recommandables avec lesquels les militaires canadiens ne devraient avoir aucun lien. »

Il faut rappeler que le ministre de la Défense, Jason Kenney, a révélé ses propres penchants pro-nazis il y a six ans. En 2009, Kenney a exprimé son admiration pour Alojzije Stepinac lors d'un discours devant la communauté croate : « J'ai dans mon bureau à Ottawa, une carte de prière avec une photo du Cardinal Stepinac, qui était lui-même un martyr pour la Croatie et pour la foi, et il est, pour moi, l'un des grands héros du XXe siècle. Et ces hommes, chacun d'eux, hommes et femmes, sont des héros. J'ai été très touché par cela. Alors, merci beaucoup. » [2]

Pendant la Deuxième Guerre mondiale, le héros de Kenney, Alojzije Stepinac, a collaboré avec le criminel de guerre Ante Pavelic, le chef du gouvernement fantoche pro-nazi appelé « État indépendant de Croatie », créé le 10 avril 1941 après l'invasion de la Yougoslavie par les puissances de l'Axe, et le chef des Oustachis, une bande d'assasins fascistes. Par ordonnance du Vatican, Stepinac a occupé le poste de vicaire apostolique de l'armée des Oustachis. « Hitler est un envoyé de Dieu », a déclaré Stepinac, alors archevêque, dans une lettre à la Sentinelle croate le 1er janvier 1942. Stepinac a été nommé cardinal par le pape Pie XII en 1952 et béatifié par le pape Jean Paul II en 1998. [3] Le régime Oustachis a créé le tristement célèbre camp de concentration de Jasenovac, l'un des plus grands en Europe où plus de 13 000 Juifs, 48 000 Serbes et de 10 000 à 20 000 Tziganesont été systématiquement exterminés.

L'enquête de 1947 du gouvernement yougoslave, « Le cas de Mgr Stepinac » a montré clairement le rôle criminel de Stepinac en Yougoslavie pendant la guerre : « L'enquête de la Commission des crimes de guerre yougoslave a établi que Mgr Stepinac avait joué un rôle prépondérant dans la conspiration qui a conduit à la conquête et au démembrement du Royaume de Yougoslavie. Il a été établi, en outre, que Mgr Stepinac a eu un rôle dans le gouvernement de l'État nazi fantoche croate, que de nombreux membres de son clergé ont participé activement aux atrocités et aux massacres et, enfin, qu'ils ont collaboré avec l'ennemi jusqu'au dernier jour de la domination nazie et ont continué après la libération de comploter contre la République populaire fédérative de Yougoslavie nouvellement créée. » [4]

La poursuite de la campagne anticommuniste de la dictature Harper et son soutien ouvert au néonazisme et à la réaction noire sont une grave menace pour les Canadiens. De nombreux exemples peuvent être donnés. Le projet de loi C-51, qui vient d'être adopté, légalise les opérations occultes et la terreur d'État contre les travailleurs. Lors de leur voyage en Europe du 5 au 11 juin 2015, au cours duquel ils se sont rendus en Ukraine, en Allemagne, en Pologne et en Italie, Harper et sa suite ont déshonoré le peuple canadien en préconisant en son nom la guerre et l'agression. Les conservateurs de Stephen Harper ont soutenu le fascisme en refusant de participer à Moscou aux célébrations du 9 mai du 70e anniversaire de la victoire en Europe sur les hitlériens. Depuis plusieurs années maintenant, le premier ministre et son ministre de la Défense ont orchestré le financement d'un monument anticommuniste à Ottawa à un emplacement de choix afin d'imposer des valeurs nazies aux Canadiens. Tous les Canadiens sont extrêmement préoccupés par ces nombreuses trahisons par les conservateurs de Stephen Harper de tous ceux qui ont combattu et sont morts dans la lutte contre le fascisme. Cela montre l'extrémisme dangereux que les conservateurs de Stephen Harper tentent d'imposer à la société canadienne.

Notes

1. Pour plus d'information, voir l'article « U.S. House Admits Nazi Role in Ukraine » dans le supplément du 13 juin 2015 du TML Weekly Information Project.
2. Voir le vidéo Youtube du discours de Kenney
3. Sur le rôle du pape Pie XII pendant la Deuxième Guerre mondiale, voir : John Cornwell, Le Pape et Hitler. Histoire secrète de Pie XII. Traduit de l'anglais. Albin Michel, 1999.
4. Document intégral disponible à : http://emperors-clothes.com/croatia/stepinac1.htm

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Journée nationale des Autochtones le 21 juin

La réparation des crimes commis contre les peuples autochtones passe par un profond renouveau politique et constitutionnel


Marche pour la réconciliation à Ottawa, une des activités dans le cadre de l'assemblée de clôture de la Commission de Vérité et Réconciliation, le 31 mai 2015

Le 21 juin est la Journée nationale des Autochtones (JNA). C'est en 1996 que Roméo Leblanc, alors gouverneur général, proclamait le 21 juin Journée nationale des Autochtones en raison du solstice d'été et de sa valeur « symbolique » importante pour les peuples autochtones. Il affirmait à ce moment-là : « Les peuples autochtones du Canada ont contribué et continuent de contribuer de façon remarquable à la société canadienne et il est jugé opportun de désigner une journée dans l'année pour souligner et célébrer cette contribution et reconnaître les diverses cultures de ces peuples ».

Cette année, la Journée nationale des Autochtones a eu lieu dans un contexte de haute lutte menée par les Premières Nations, les Métis et le peuple inuit pour affirmer leurs droits ancestraux, de traité et constitutionnels. Comme par le passé, cette journée a été encore une fois l'occasion pour le gouvernement Harper de parler de la contribution des peuples autochtones tout en continuant de prétendre qu'il n'y a aucun problème pour ce qui est des droits et des revendications des Premières Nations, des Métis et des Inuits.

Cette façon des harpériens de feindre l'innocence est identique à leur réponse au résumé du rapport final de la Commission de Vérité et de Réconciliation, lequel doit être publié plus tard cette année. Il convient de noter que le 4 juin, au lendemain de la déposition du résumé de la commission, le ministre des Affaires autochtones et Développement du Nord Canada, Bernard Valcourt, a émis un communiqué portant sur le lancement de nouvelles discussions avec le Ralliement national des Métis, initiative qui « s'inscrit dans l'engagement général du Canada de travailler avec des partenaires à la création d'un nouveau cadre de réconciliation pour traiter des droits ancestraux prévus à l'article 35. Le but est de trouver des solutions communes, qui clarifient les droits continus et créent un climat plus prévisible pour les investissements en vue de la croissance économique et de la prospérité accrue des collectivités autochtones et non autochtones ».

Clairement, pour le gouvernement Harper, la réconciliation ne veut pas dire qu'il devra travailler d'une nouvelle façon avec les peuples autochtones marquée par des relations nation à nation, le respect et l'avantage réciproque. Il continuera plutôt de faire du chantage auprès des Métis, des Inuits et des Premières Nations pour que ceux-ci deviennent des « partenaires » engagés à créer « un climat plus prévisible pour les investissements » et « la croissance économique ». C'est ainsi que le gouvernement Harper défend le droit de monopole contre les droits des peuples autochtones et les peuples du Canada et du Québec. Quiconque s'y oppose est par le fait même un « terroriste » qui représente un « risque pour la sécurité » des « intérêts nationaux » du Canada.

Le grand mouvement contre le projet de loi C-51 et pour défaire Harper aux élections de 2015 a grandement unifié dans l'action les peuples autochtones, le peuple canadien et le peuple québécois parce que leur lutte est une. C'est une lutte pour le renouveau politique et constitutionnel pour que les droits de tous soient garantis, enchâssés dans une constitution nouvelle et moderne qui respecte, défend et garantit les droits de tous. L'État raciste colonial du 18e siècle au Canada est un obstacle à l'avènement d'une société à laquelle aspirent les peuples autochtones, la classe ouvrière canadienne et québécoise, les jeunes, les femmes ainsi que tous les collectifs de la société.

À l'occasion de la Journée nationale des Autochtones, LML salue la lutte courageuse et de principe menée par les peuples autochtones partout au Canada pour leurs droits ancestraux, de traité et constitutionnels et contre les menaces et la perfidie de l'État canadien sous les conservateurs de Stephen Harper. L'heure est venue pour la classe ouvrière et le peuple du Canada et du Québec de travailler ensemble avec les peuples autochtones vers un profond renouveau des arrangements politiques de la société et pour priver les autorités de leur pouvoir de priver le peuple de ses droits. Le peuple lui-même doit être investi du pouvoir pour qu'il prenne contrôle des affaires économiques, politiques et sociales. Le renouveau constitutionnel et politique est le prérequis incontournable d'une véritable réconciliation entre les peuples autochtones, le Canada et le Québec.

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Fête nationale du Québec le 24 juin

Fête populaire et célébration de la nation québécoise


La Fête nationale du Québec le 24 juin est l'occasion de célébrer par la musique et la chanson, les rencontres, les défilés et les activités de quartier ce que nous sommes en tant que peuple, d'où nous venons et où nous allons. C'est une fête multidimensionnelle qui s'apparente beaucoup au solstice d'été et à la tradition immémoriale de la fête de la moisson, ou tout simplement au changement de saison et au besoin de se rassembler pour faire le point, ensemble, toutes origines sociales et nationales confondues, sur notre histoire commune. C'est plus de 1000 spectacles, 6000 activités sur 700 sites qui sont organisés ces 23 et 24 juin.

C'est aussi une fête politique qui s'exprime différemment et avec plus ou moins de clarté selon les époques et les circonstances. C'est l'occasion de réfléchir à la conduite de nos gouvernants et de discuter de l'état du pays. Le besoin de se rassembler grandit avec la marginalisation du peuple par rapport au pouvoir politique.

Les gouvernements actuels au Canada et au Québec, celui de Stephen Harper à Ottawa et celui de Philippe Couillard à Québec, sont convaincus que le problème historique d'investir le peuple du pouvoir de décider comme clé à l'épanouissement de la société sur tous les fronts, est « un problème inventé ». Selon eux, tous ceux et celles qui ne sont pas satisfaits des arrangements actuels qui ne répondent plus aux besoins d'épanouissement humain doivent être soupçonnés de représenter un danger pour la société, voire d'extrémisme. Le gouvernement Couillard prétend être le plus grand défenseur de la « diversité » et le plus grand adversaire de la « xénophobie » et les libéraux prétendent généralement être les défenseurs des droits individuels, mais l'unique objectif de ces prétentions est de créer la zizanie et de soulever une section de la population contre une autre. On le voit dans le fait qu'en pratique lui et le gouvernement Harper sont les plus grands propagateurs de l'islamophobie en ce moment et les plus grands adversaires du droit de conscience, un droit essentiel au développement humain, avec leur prétendue « lutte au terrorisme » et « lutte à la radicalisation ».

C'est dans ce contexte que le gouvernement Couillard a annoncé que le budget de la Fête nationale sera amputé de 20 % l'an prochain sous prétexte d'austérité. Au fil des années les célébrations de la Saint-Jean ont permis de tisser les liens entre les gens au niveau des quartiers et dans de grandes rencontres culturelles toutes distinctions de langue, religion et origine nationale confondues, dans la célébration de l'identité que nous sommes. C'est un fait reconnu par tout le monde. Mais pour le gouvernement Couillard les rencontres entre les gens dans des fêtes de quartier et les manifestations culturelles n'ont pas de contribution à faire à la célébration de la « diversité » et la « lutte contre la xénophobie ». Pour lui la solution est que le gouvernement édicte des lois pour bannir les uns, stigmatiser les autres et installer tout un réseau pour encourager les gens à s'épier les uns les autres.

Le gouvernement Couillard à Québec et le gouvernement Harper à Ottawa aiment prétendre que la question nationale, voire la crise constitutionnelle sont à toute fin pratique réglées. Selon Stephen Harper il s'agit de ne plus en parler et selon Philippe Couillard il s'agit de trouver un moment propice pour aller à Ottawa et signer la constitution canadienne au nom du Québec, le plus discrètement possible, sans rechercher l'assentiment de qui que ce soit. Ce sont des solutions de crise, des signes d'impuissance face aux demandes de l'histoire.

Dans la même veine, le chef de la Coalition Avenir Québec (CAQ) François Legault a déclaré que la Fête nationale doit être « dépolitisée ». Selon lui, « tout le monde sait que les animateurs des spectacles et les artistes invités par le Mouvement national des Québécois (principal organisateur des activités) le sont souvent parce qu'ils sont clairement affichés comme souverainistes ». Il reprend ainsi la plus discréditée des plaintes des gouvernementaux libéraux au Québec et le gouvernement canadien et ce n'est pas sans intérêt que tout ce beau monde déclare ou bien que tout est réglé, ou bien que ce n'est pas « le moment » d'aborder ces choses-là.

Le sentiment de n'avoir pas de contrôle sur ce qui nous arrive, de ne pas pouvoir apporter de solutions aux problèmes de la société qui soient à notre image, n'a jamais été aussi grand. En puisant dans sa riche histoire et son expérience unique du vivre-ensemble et en s'appuyant sur sa jeunesse qui questionne tous les dogmes, le peuple québécois est à l'aube d'un grand renouveau. Pour cela, il faut d'abord régler la question de qui décide, c'est-à-dire comment investir le peuple du pouvoir de décider de toutes les questions qui le concernent. Trouver une solution au problème de qui décide est la quête la plus unificatrice qui soit. C'est un problème qui est en droite ligne avec la lutte des patriotes de 1837-1838.

Il est donc pressant de répondre à la situation en tirant les leçons du passé. L'intelligence d'un peuple vient de sa capacité à assumer son histoire et le pouvoir de décider. La Fête nationale est une autre occasion de revoir notre parcours historique et de voir comment, à tous les grands jalons historiques, les défenseurs de la minorité riche au Québec et au Canada bloquent l'effort du peuple pour prendre ses affaires en mains avec des « crises » qui saisissent l'esprit, pour défendre jalousement un processus politique qui garantit leur emprise sur le pouvoir et qui décourage de plus en plus la participation du peuple.

À l'occasion de la Fête nationale du Québec, dans ces rassemblements populaires où les gens vont à la rencontre les uns des autres, songeons à l'urgence de briser l'isolement et la marginalisation qui nous sont imposés par ceux qui voudraient qu'on se méfie les uns des autres. Songeons à comment nous regrouper dans des comités de citoyens pour le renouveau démocratique dans les quartiers et les endroits de travail pour garder l'initiative en main et assumer la direction du Québec.

(Tiré de Chantier politique)

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Les origines de la Saint-Jean-Baptiste

Les patriotes révolutionnaires et progressistes du XIXe siècle fondèrent à Montréal, il y a 181 ans, le 8 mars 1834, la société nommée « Aide-toi, le ciel t'aidera ». Cette institution patriotique avait pour but de « se doter d'un lieu de réflexion désigné (pour tous ceux qui reconnaissaient la nécessité de changement) pour discuter de l'état du pays » et « ranimer le feu sacré de l'amour de la patrie, soit en éclairant la conduite de nos gouvernants, soit en accordant un juste tribut de louanges aux éloquents et braves défenseurs de nos droits ». C'est cette société, dirigée par le patriote et député Ludger Duvernay, éditeur et rédacteur du journal patriote La Minerve, qui organisa, le 24 juin 1834, le banquet dans le jardin de l'avocat MacDonnell pour instituer la fête nationale des Canadiens de toutes origines. Aujourd'hui, nous disons des Québécois de toutes origines.

Ce qui y a été inauguré ce 24 juin 1834 par Ludger Duvernay et les patriotes et députés du Parti patriote, c'est bien la fête nationale de notre nationalité et non la fête de la Saint-Jean-Baptiste qui existait depuis belle lurette, créée à l'instigation du roi de France et du haut clergé catholique dans les colonies de l'empire de la France pour s'opposer à la fête civile du solstice d'été le 21 juin, que célèbrent les nations autochtones.

Rappelons qu'avec le Concile de Trente (1545-1563), l'Église tente de christianiser cette coutume de la célébration de la lumière autour d'un grand feu de joie pour lui substituer une représentation de soumission en la personne de Saint Jean, « l'agneau de Dieu ». Dans cette même lignée, en 1702, monseigneur de Saint-Vallier, dans son Catéchisme du diocèse de Québec à l'intention des Canadiens, signale que l'Église catholique au Nouveau Monde (entendre dans les colonies de l'empire français) dit qu'il s'agit d'une cérémonie parfaite pourvu qu'on en bannisse les danses et les superstitions, autrement dit les croyances des nations autochtones. Et ce n'est qu'en 1908 que le pape Pie X, supportant la division du peuple canadien en soi-disant « Canadiens-français » et « Canadiens-anglais » que voulait imposer l'empire britannique, décréta Saint Jean-Baptiste patron des « Canadiens-français ». Enfin, ce fut lors des fêtes nationales du peuple québécois le 24 juin de 1968 et 1969, en pleine période de résurgence du mouvement pour l'indépendance du Québec et de la souveraineté du peuple, que le symbole de la division et de la soumission fut écarté de la scène et que le peuple dansa autour d'un grand feu de joie. Il est intéressant de noter que depuis cinq ans, le 21 juin, lors de la Journée nationale des peuples autochtones est organisé le « Solstice des Nations, une manifestation d'échange et d'amitié entre les nations qui peuplent le Québec », et qu'est mise en place par les nations autochtones la « Cérémonie du feu pour le rapprochement des peuples vivant sur le territoire québécois » et que « les braises de ce feu allument le feu de joie du Grand spectacle de la Fête nationale du Québec, sur les plaines d'Abraham ».

Pour revenir au propos initial, ce qui est organisé par Ludger Duvernay, les patriotes et leur parti politique, c'est la célébration de la nation canadienne aujourd'hui appelée québécoise. Historiquement, c'est donc la première célébration du peuple de cette nation, la première célébration du « peuple, source primitive de toute autorité légitime ». Duvernay, les patriotes, les députés patriotes et leur parti reconnaissaient notre « peuple, source primitive de toute autorité légitime ». Ils reconnaissaient donc la souveraineté du peuple.

Cette nationalité s'est constituée dans la lutte du peuple contre l'agression et l'occupation militaire de l'empire britannique, de sa patrie, contre la destruction et la domination de l'économie nationale par les monopoles de l'empire britannique tels la British American Land Company (Compagnie britannique des Terres en Amérique), par les capitalistes financiers tels que les McGill, Molson et Moffat qui, entre autres, contrôlent la Bank of Montreal, le commerce import-export, la construction et le transport naval et ferroviaire, l'industrie minière et la métallurgie, la compagnie de l'éclairage au gaz de Montréal, l'Université McGill, etc. Ce sont eux, qu'on appelait la Clique du Château, qui dictèrent aux administrateurs et aux armées britanniques en nos terres de supprimer par le feu et par le sang la république naissante du Québec.


Ludger Duvernay et les patriotes le 24 juin 1834. (Photo : Site de la Fête nationale du Québec)

Les hommes et les femmes de notre nation originaient de la Bretagne, de la Normandie, de la France, de l'Irlande, de l'Écosse et de l'Angleterre. Étaient Canadiennes et Canadiens tous celles et ceux qui provenaient du peuple et étaient le peuple de cette nouvelle nation qui s'est constituée au fil du temps et des luttes pour son développement indépendant, à la défense de son droit à la souveraineté. Il est nécessaire et juste de rappeler que, dans les années 1830-1839, les patriotes de toutes origines et leur Parti patriote, dans leur projet d'édification nationale, ne se divisaient pas en fonction de l'origine nationale ou de la langue d'expression. Ils n'ont jamais promu ou agi de façon sectaire, sur la seule base de la langue, la religion ou l'origine nationale dans leur projet d'édification nationale. Ils n'ont jamais déclaré être des « Canadiens-français », ou ne se sont jamais déclarés ou portés à la défense des « Canadiens-français » au détriment des Canadiens d'autres origines.

Les écrits des patriotes, du Parti patriote et de ses dirigeants les plus éminents tels les Nelson, De Lorimier, Chénier, Côté, Duvernay (La Minerve), O'Callaghan (The Vindictator), etc. n'ont jamais utilisé le vocable ou concept de « Canadiens-français ».

Rappelons-nous que les fondateurs de sociétés fondées sur la base des origines ethnoculturelles, linguistiques ou religieuses de leurs membres furent au XIXe siècle en nos terres des gens tels que les McGill, les Molson et les Moffat, desquelles sociétés ils se servirent pour diviser le peuple et pour combattre l'union des Canadiens à la défense de leur patrie, de leur économie nationale, engagés dans leur projet d'édification de leur république.

Ce concept de « Canadiens-français » et les concepts de « Québécois de souche » et « Québécois » dans le sens voulant dire seulement les Québécois « de souche » ont leur origine dans la politique de l'empire qui consistait à diviser le peuple et la nation pour perpétuer le pouvoir des exploiteurs et oppresseurs. Plus spécifiquement, il est le fait de l'émissaire et administrateur de l'empire britannique Lord Durham qui, suite à la suppression de la république naissante du Québec par le feu et par le sang, divisa de façon arbitraire et injuste notre nationalité en « Canadiens-français » et « Canadiens-anglais ». Il a falsifié l'histoire en prétendant qu'en tant qu'émissaire de l'empire britannique, il avait trouvé en nos terres une « guerre fratricide entre deux peuples », et non pas la lutte d'un peuple contre l'occupation et la domination par un empire étranger, contre un État et un gouvernement absolutiste et tyrannique, une lutte pour que sa patrie soit indépendante et pour une république démocratique. Cette falsification vient tout droit de son imaginaire.

La division marquée ou, dit autrement, la ligne de démarcation franche, ce n'est pas entre « deux peuples » chimériques, inventés de toutes pièces par les monopolistes et capitalistes de l'empire britannique et de leurs administrateurs mais bien entre, d'une part, une nation dans la conquête de son indépendance et de sa souveraineté et sa détermination à établir sa république démocratique et, d'autre part, un empire colonialiste qui niait le droit d'être de cette nation.

Le génie et la force de caractère de ce peuple qui s'est constitué en nation en ces terres déjà habitées par des nations autochtones et qui a adopté la qualité de canadien, héritée des Premières Nations sont, entre autres, d'avoir refusé la négation de sa nationalité par les occupants de l'empire britannique, de ses administrateurs anglais et de leurs collaborateurs et conciliateurs canadiens qui firent tout pour la diviser sur une base ethnoculturelle et linguistique avec leurs appellations outrageuses « Canadiens-français » et « Canadiens-anglais ».

Le peuple refusa la négation de son droit d'être une nation constituée de tous les membres de sa société quelles que soient leur origine nationale, leur langue et leurs croyances. Il a plutôt adopté et promu le mot ou concept issu d'une langue autochtone, soit « kebek », pour s'affirmer comme nation, la nation québécoise.

La célébration de la Fête nationale du peuple du Québec inclut la célébration de nos patriotes du XIXe siècle, tels que les Nelson, De Lorimier, Côté, Chénier, Duvernay, O'Callaghan, etc., qui ont combattu pour une patrie indépendante et une république qui investit le peuple de la souveraineté. Elle inclut la célébration de tous ceux qui ont épousé la cause des patriotes du Québec et en particulier ceux qui sont résolus à élaborer un projet d'édification nationale conforme aux exigences de l'heure.

Aujourd'hui encore une fois la nation est appelée à se définir dans le contexte du bouleversement planétaire provoqué par le néolibéralisme, et la résolution du problème historique sera guidée par les mêmes principes qui ont inspiré les patriotes et en opposition à l'interprétation contemporaine des vieux dogmes hérités du passé colonial. Ce projet est encore une fois intimement lié au besoin de conquérir notre droit de décider et de faire éclater les vieux obstacles à l'épanouissement d'une nation moderne qui reconnaît et défend les droits de tous.

(Tiré de Chantier politique)

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Journée d'action nationale pour le droit des réfugiés aux soins de santé

Les travailleurs de la santé et leurs alliés exigent que le gouvernement rétablisse le financement pour les soins de santé des réfugiés


Toronto, 15 juin 2015

Le 15 juin, à Toronto et dans 19 autres villes du Canada, Médecins canadiens pour les soins aux réfugiés (MCSR) et d'autres professionnels de la santé et leurs alliés ont tenu une quatrième Journée d'action nationale, la plus réussie de toutes. Ils ont exigé que les conservateurs de Stephen Harper rétablissent le financement qu'ils ont coupé, destiné aux soins de santé aux réfugiés. Ils ont dénoncé ce gouvernement et ses tentatives de criminaliser les réfugiés sur la base de réclamations médicales que les conservateurs, sans preuves à l'appui, prétendent frauduleuses, ce qui leur sert ensuite de prétexte pour couper dans ces soins. Par ses actions, MCSR a aussi exigé du gouvernement Harper qu'il se plie à la décision de la Cour fédérale de juillet 2014 selon laquelle le gouvernement Harper doit rétablir le financement au Programme fédéral de santé intérimaire (PFSI) qui finance les soins de santé aux réfugiés. La cour a aussi jugé que ces compressions étaient un « châtiment cruel et inhabituel » et violaient les droits garantis par la Charte.

Toronto

À Toronto, plus de 200 médecins, infirmières, étudiants en santé, travailleurs en établissement et personnes d'autres secteurs ont participé à un rassemblement à l'heure du midi devant le bureau de la Commission de l'immigration et du statut de réfugié sur la rue Victoria dans le centre-ville de Toronto.

Le docteur Philip Berger, directeur du Programme de santé en zone urbaine de l'hôpital St-Michael et l'un des co-présidents de MCSR a animé la manifestation. Il a dénoncé le gouvernement Harper pour son attitude « sans coeur et sans âme » à l'égard des droits des réfugiés en soins de santé, un droit humain fondamental. Il a dit que la communauté des soins de santé et tous les Canadiens sont unis dans leur opposition à la criminalisation des réfugiés par les conservateurs de Harper. Le docteur Berger a aussi affirmé que le gouvernement Harper avait fait surveiller les rassemblements de l'année dernière et que de l'information au sujet des actions politiques de MCRS avait été rapportée au Centre des opérations du gouvernement qui est partie intégrante de la sécurité d'État. Il a dit c'est un droit de la profession médicale et de tout citoyen engagé d'élever leurs voix pour dénoncer les attaques brutales contre les soins de santé aux réfugiés et que la communauté ne se laissera pas intimider par ces tactiques de surveillance.

Ce thème de la grande unité politique de la communauté médicale contre les compressions du gouvernement conservateur au programme de soins au réfugiés a été repris par le docteur Meb Rachid, lui aussi co-président de MCRS et médecin à l'hôpital Women's College. Le docteur Rachid a condamné le gouvernement Harper et sa politique de division ainsi que ses efforts pour se faire du capital politique sur le dos des réfugiés. Il a dit que de vastes sections du peuple canadien, y compris des auteurs et musiciens connus et d'autres personnalités publiques, appuient les réfugiés et exigent que les conservateurs respectent les droits de ces derniers, dont le droit aux soins de santé. Plutôt que de dilapider les fonds publics pour en appeler de la juste décision de la Cour fédérale, le gouvernement devrait plutôt prendre cette somme de plus de 1,4 million $ puisée à même les fonds publics pour contestation judiciaire et la faire servir aux soins dont ont besoin les réfugiés.

Un autre orateur a confirmé que les 20 millions $ qui ont été coupés du PFSI est équivalent au montant total que Harper consacre à ses services de sécurité.

La docteure Fatima Uddin, une médecin de famille dont la famille a quitté le Bangladesh pour venir au Canada en tant que réfugiée, a expliqué que si son père n'avait pas reçu des soins de santé dès son arrivée, il n'aurait pas su qu'il souffrait d'un cancer du côlon. Grâce aux soins qu'il a reçus, il a vécu une vie productive pendant quinze ans. La question des soins de santé aux réfugiés en est une de vie ou de mort, a dit la docteure Uddin, et le Canada a l'obligation de veiller à ce que les soins de santé aux réfugiés, qui font partie du peuple canadien, soient maintenus et financés de façon intégrale.

La docteure Tatiana Friere-Lizama, dont la famille a fui la dictature Pinochet au Chili pour se réfugier au Canada, a fait valoir que l'une des caractéristiques de cette dictature était de criminaliser toute dissension et de nier les droits du peuple. Elle a dit qu'il était inacceptable que le gouvernement Harper tente d'ériger un mur entre les réfugiés et le reste des Canadiens en criminalisant les réfugiés. Ce mur n'existe pas, nous sommes un, a-t-elle dit.

La docteure Katherine Rouleau, directrice de Santé globale au département de médecine familiale et communautaire de l'Université de Toronto, a dit que la responsabilité première des médecins et professionnels médicaux est envers le patient et qu'il était inacceptable que les politiques de soins de santé des conservateurs de Harper visent à déshumaniser les gens. Elle a dit que la voix collective des professionnels de la santé et de leurs alliés rassemblés était porteuse d'une politique nationale de la santé qui respecte les droits humains. Elle a aussi dit que les élections à l'automne offriraient l'occasion pour tous de se tenir debout face à ces compressions inhumaines et d'exiger des comptes du gouvernement Harper.

Un représentant de l'Association des infirmières et infirmiers diplômés de l'Ontario (AIIDO), Tim Lenartowych, directeur de la politique des soins infirmiers et de la santé, a dénoncé les compressions de Harper aux programmes de soins aux réfugiés et dit que l'unité de la communauté des soins de santé et de tous les Canadiens est décisive dans cette bataille. Il a indiqué que l'AIIDO aura le statut d'intervenant lors du prochain appel du gouvernement Harper qui conteste la décision de la Cour fédérale et que l'organisation fera tout en son possible pour que cet appel soit rejeté.

La dernière oratrice, Angela Robertson, directrice générale du Centre de santé communautaire West Queen, a dénoncé avec militantisme le gouvernement Harper pour ses attaques contre les réfugiés et dit que c'est une attaque contre tous les Canadiens. « Nous sommes indivisibles », a-t-elle affirmé, tout en rappelant que c'est la grande unité du peuple pour les droits de tous, sa conviction collective et son grand sens de la justice qui permettront de remporter la victoire. Elle a dit des politiques du gouvernement Harper qu'elles étaient injustes et rétrogrades et a appelé tout le monde à passer à l'action lors des élections fédérales. Elle a scandé « Que voulons-nous ? Des soins de santé pour les réfugiés ! Des soins de santé pour tous ! » et d'autres slogans.

Le docteur Berger a clôturé le rassemblement en affirmant que MCSR sera présent lors de la campagne électorale à l'automne et suivra pas à pas les candidats conservateurs et autres pour exiger d'eux un engagement ferme à rétablir le financement des soins de santé aux réfugiés sans plus de délais.

Halifax

Montréal


Ottawa


Markham

Hamilton


Kitchener-Waterloo


Winnipeg


Saskatoon


Moose Jaw


Vancouver

(Photos :LML, Halifax Media Coop, E. Robert, Somerset West CHC, J. Philpott, T. O'Shea, I. Wurmann, R. Meili, M. Wiedmeyer, S. Doshi, C. Clark)

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Pour le développement de l'amitié Canada-Cuba

Le héros cubain Fernando González est reçu chaleureusement à Toronto


Fernando González prenant la parole au Steelworkers Hall, 30 mai 2015

Fernando González, un des Cinq héros Cubains, qui a injustement passé 15 années dans les prisons américaines, s'est adressé à des amis, sympathisants et militants du mouvement de solidarité avec Cuba lors d'une rencontre mémorable au Steelworkers` Hall de Toronto le 30 mai. Cet événement coïncidait avec la tenue du 7e Congrès biennal du Réseau canadien pour Cuba à Toronto le 30 et 31 mai et avec la dernière étape de la tournée pan-canadienne du médecin Cubain José de Jesús Portilla Garcia, qui a informé les Canadiens de la contribution des médecins Cubains à la lutte contre Ebola en Afrique de l'Ouest.

En entrant dans la salle, González a reçu une longue ovation debout des 200 personnes présentes, suivie des slogans « Viva Cuba ! », « Viva Fidel ! » et « Viva Raúl ! ». L'avocat torontois Juan Carranza, le maître de cérémonie de la soirée, a alors présenté les dignitaires assis à la table d'honneur avec González et le Dr Garcia : l'ambassadeur de Cuba au Canada, Julio Garmendía Peña, le consul général de Cuba à Toronto, Javier Dómokos Ruiz et les co-présidents du Réseau canadien pour Cuba, Elizabeth Hill et Isaac Saney. La présence du consul de la République bolivarienne du Venezuela, Martha Pardo, a aussi été soulignée.

Le Dr Garcia a parlé en premier et donné un bref aperçu de l'étendue de l'aide médicale qu'apporte le personnel médical cubain aux peuples partout dans le monde, spécialement en temps d'urgence (voir le rapport de cette tournée ci-dessous) il a ensuite cédé la parole à Fernando González.

Fernando González, qui est maintenant vice-président de l'Institut cubain d'amitié avec les peuples (ICAP), a commencé ses remarques en remerciant tous les amis des Cinq Cubains pour leur « créativité et ingéniosité » durant les années de solidarité et d'activisme pour exiger sa libération et celle de ses quatre frères. Il a déclaré que la victoire du 17 décembre 2014, lorsque les trois derniers des Cinq Cubains ont été libérés, appartient à tous ceux qui ont contribué à cet effort.

Il a répondu à la question que tout le monde avait à l'esprit : comment les Cinq Cubains ont-ils pu surmonter leur long et pénible emprisonnement ? Parlant dans le même esprit que le Dr Portilla, Fernando a dit que la fierté et l'honneur de défendre la Révolution cubaine ont été la source de leur détermination. Il a rappelé une lettre qu'il a reçue en prison d'un médecin cubain servant dans une équipe médicale dans la petite nation de Nauru dans le Pacifique sud qui l'a encouragé et lui a rappelé ce que défendent les Cinq Cubains. González a aussi révélé qu'il avait partagé sa cellule pendant quatre années avec le patriote portoricain Oscar López Rivera, qui a maintenant passé 34 années dans les prisons américaines pour le crime de défendre l'indépendance de Porto Rico.


Fernando González est accueilli avec enthousiasme
lorsqu'il entre dans la salle des Métallos de Toronto.

Le professeur Keith Ellis a exprimé la gratitude des Canadiens pour tout ce qu'a fait Cuba pour les peuples du monde. Il a souligné que la réponse de Cuba aux peuples dans le besoin a commencé à Cuba avec l'aide aux victimes de l'ouragan Flora en 1963. En 2005, la Brigade Henry Reeve a été créée pour apporter une aide immédiate aux endroits dans le monde frappés par des désastres naturels. La brigade a depuis apporté une assistance médicale à des pays tels le Pakistan et Haïti et maintenant le Népal. Le professeur Ellis a souligné qu'un moyen fiable d'aider les gens dans le monde qui sont dans le besoin est d'appuyer les efforts de Cuba. Une collecte a ensuite eu lieu et plus de 800 $ ont été recueillis pour appuyer l'équipe médicale cubaine dans la lutte contre Ebola en Afrique de l'ouest.

Tamara Hansen, de Vancouver Communities in Solidarity with Cuba, et Alison Bodine, du Free the Five Committee de Vancouver, ont présenté un livre commémoratif spécial à Fernando González comme hommage à tous les Cinq Cubains. Le livre contient des affiches produites pour les 110 piquets mensuels tenus devant le consulat des États-Unis à Vancouver pour exiger la libération des Cinq.

Lors de la période de questions qui a suivi les présentations, on a demandé à González si on lui avait offert un « deal » après son arrestation injuste. Il a dit que, le jour de son arrestation, il a été amené par le FBI au Centre de détention fédéral de Miami où on lui a dit : « Vous ratez la possibilité de rester dans le pays de la liberté. » Il fut aussi prévenu que « Fidel Castro ne lèvera pas le petit doigt pour vous ». Il a dit qu'en entendant cela, il s'est retenu pour ne pas rire parce qu'il savait que Cuba a une longue histoire de « ne jamais laisser personne derrière ». Suite à cela, a-t-il dit, les procureurs ont utilisé la longue période d'isolement avant le procès pour briser la volonté des Cinq et leur faire admettre les fausses accusations, mais en vain. Plus tard, en 2009, lorsque lui et Antonio Guerrero ont été amenés en cour à Miami pour leur appel, la poursuite a contacté l'avocat de Guerrero pour savoir s'il voulait discuter d'une entente. Les autres ont aussi été approchés à ce moment, mais aucun des Cinq n'aurait accepté de dire qu'ils étaient coupables.

Parlant du changement de politique des États-Unis envers Cuba, González a déclaré qu'il a confiance dans l'avenir. Il a expliqué qu'il a grandi avec l'hostilité des États-Unis, la possibilité d'une invasion militaire et un blocus économique toujours en vigueur, alors il sait que le but des États-Unis demeure de saper la révolution cubaine. Toutefois, a-t-il dit : « C'est un défi auquel nous sommes prêts. » Il a reconnu que : « ce n'est pas la même chose que dans une guerre frontale. Ici l'ennemi est caché ce qui le rend plus difficile à identifier ». Mais Cuba a une longue histoire de lutte et « nous allons la gagner celle-là aussi », a-t-il dit.

Il a noté que, depuis le 17 décembre 2014, les gouvernements américains et cubains sont assis à la table de négociation mais le blocus est toujours en place, la base navale de la Baie de Guantanamo est toujours occupée illégalement et la lutte pour l'autodétermination est toujours là. Il a dit en conclusion que « la vie c'est la lutte et l'horizon bouge toujours ».

Promouvoir la participation de Cuba au Jeux panaméricains de 2015


L'ambassadeur de Cuba, Julio Garmendía Peña (à gauche) présente le blog de son pays pour les Jeux panaméricains 2015.

Dans le cadre des remarques de clôture, l'ambassadeur de Cuba a annoncé que Cuba aura une délégation de plus de 700 représentants, dont plus de 450 athlètes, aux Jeux panaméricains qui se tiennent à Toronto du 10 au 26 juillet et qu'un nouveau blog trilingue (anglais, français et espagnol), Twitter et une page Facebook ont été créés pour permettre de suivre la participation de Cuba. Il a appelé tout le monde à appuyer les athlètes et à profiter des activités culturelles cubaines qui auront lieu dans le cadre de Panamania, le programme culturel et artistique associé aux Jeux panaméricains. L'adresse du site est : cubapanam2015.ca, Twitter: @cubapanam2015 et Facebook: Cuba Pan Am 2015.

Le professeur Ellis a encouragé les participants à assister à la nouvelle production multi-média théâtrale, « Niágara — une histoire panaméricaine » dont la première aura lieu à Toronto du 23 au 26 juillet dans le cadre de Panamania. Le spectacle est basé sur la vie de José María Heredia, le poète Cubain qui a écrit le célèbre poème « Niágara » en 1824, une réflexion sur sa vie en exil. Le spectacle est dirigé par Veronica Tennant, ancienne Prima Ballerina du Ballet national du Canada, qui est maintenant cinéaste, directrice et productrice.

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Un médecin cubain parle du travail des brigades humanitaires pour lutter contre l'Ebola


Le Dr José de Jesús García Portilla à Vancouver, 21 mai 2015

Du 15 mai au 30, le médecin cubain José de Jesus Portilla García a effectué une visite au Canada et au Québec pour expliquer le rôle de Cuba dans la lutte contre le virus Ebola en Afrique de l'Ouest. Invité par le réseau canadien sur Cuba (RCC), il a visité neuf villes en 16 jours, Toronto, Halifax, Vancouver Calgary, Ottawa, Montréal, Kingston, Hamilton et Niagara. À Hamilton, une session spéciale a été organisée pour les étudiants et les professionnels en soins de santé en coordination avec le Comité de santé mondiale et le Groupe de recherche en maladies infectieuses de la faculté de médecine Michael DeGroote de l'Université McMaster. Tous ceux qui ont assisté aux conférence du Dr Portilla sur l'aide médicale cubaine aux peuples du Libéria, du Sierra Leone et de la Guinée et à beaucoup d'autres peuples dans le monde ont énormément apprécié sa présentation captivante et inspirante.

Le docteur Portilla a souligné qu'à Cuba « les soins de santé relèvent du domaine des droits humains, pas de celui des affaires » et que ce droit humain est garanti par la Constitution de Cuba. Il a retracé les grandes lignes du développement du système de santé cubain depuis la Révolution cubaine en 1959 et expliqué qu'au coeur de la politique de santé se trouve la prévention que ce soit dans la formation du personnel médical, la prestation des soins, la recherche, etc.


La dernière étape de la visite du Dr Portilla a été Toronto, 30 mai 2015

Il a souligné les progrès de Cuba dont les divers indicateurs de santé montrent une importante baisse de mortalité infantile, de 69 pour 1000 naissances en 1959 à 4,2 pour 1000 naissances en 2014. Cuba a une espérance de vie de 79 ans, la même que les États-Unis. Depuis la victoire de la révolution, Cuba a éradiqué 13 maladies contagieuses dans l'île.

À chaque étape de sa vistie, outre ces réalisations, le Dr Portilla a expliqué avec beaucoup de fierté qu'en plus de ces réalisations, depuis près de 50 ans Cuba apporte une aide médicale aux pays d'Afrique, d'Asie, d'Amérique latine et des Caraïbes. Il a dit qu'actuellement il y a 52 000 travailleurs de la santé cubains dans 67 pays et qu'au cours des années, il y en a eu 140 000 qui ont fourni une aide médicale internationaliste dans 108 pays dans des situations d'urgence. La première mission médicale de Cuba date de 1960, lors du tremblement de terre de Valdivia au Chili le 22 mai 1960. Sa propre partipation à commencé en Afrique, plus précisément au Congo et en Angola. Il a expliqué que les Cubains considèrent comme leur devoir d'aller aider les gens partout dans le monde. « Cuba ne dit jamais non », a dit le médecin.

En ce qui concerne le rôle de Cuba pour répondre à la crise de l'Ebola qui a commencé en 2014 en Afrique de l'Ouest, Cuba une fois de plus s'est montrée à la hauteur et a répondu sans hésitation ou réticence à la demande d'aide du secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, et de la directrice de l'Organisation mondiale de la Santé, le docteur Margaret Chan.

L'intervention du personnel médical cubain en collaboration avec le personnel médical d'autres pays de même qu'avec les travailleurs de la santé locaux, a permis de faire chuter le taux de mortalité d'Ebola de 80 % à près de 20 %. Cela expose la désinformation propagée par les médias monopolisés qu'il est impossible de contenir le fléau de l'Ebola. La brigade médicale cubaine a acquis une grande expérience pratique. Cuba a lancé un programme de formation intensive pour partager cette expérience avec le personnel médical partout dans le monde.

Le 12 mai, Cuba a envoyé du personnel médical au Népal à la suite du tremblement de terre le 25 avril, alors que le Canada a envoyé du personnel plusieurs jours après. Le Dr Portilla a attribué le mérite de ces missions au dirigeant de la révolution Fidel Castro qui a éduqué et imprégné le peuple cubain de l'esprit de l'internationalisme.

La visite du Dr Portilla s'est terminée à Toronto le 30 mai lors d'un événement où le héros cubain antiterroriste Fernando Gonzalez était également un conférencier invité et qui a coïncidé avec le 7e Congrès biennal du Réseau canadien pour Cuba.


Le Dr. José de Jesús García Portilla à Montréal, 25 mai 2015

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Le Réseau canadien pour Cuba définit son travail pour mettre fin au blocus des États-Unis contre Cuba et renforcer les relations canado-cubaines


Les 30 et 31 mai 2015, le Réseau canadien pour Cuba (RCC) a tenu avec succès son 7e Congrès biennal à Toronto avec la participation de délégués et délégués suppléants de 19 organisations membres.

Plusieurs observateurs et invités de marque, notamment son Excellence Julio Garmendia Peña, l'ambassadeur de Cuba au Canada, Javier Ruiz Domokos, le consul général de Cuba à Toronto et d'autres diplomates cubains étaient présents. La Table de concertation de solidarité Québec-Cuba a également envoyé des représentants.

Le Congrès a reçu Fernando González Llort, un des Cinq Cubains. Fernando Gonzalez a participé en tant que vice-président de l'Institut cubain d'amitié avec les peuples (ICAP). Il a été accompagné de Sandra Ramírez Rodriguez, directrice du bureau nord-américain de l'ICAP.

Le docteur cubain José de Jesús Portilla García était un autre invité important.

Des rapports détaillés de l'exécutif du RCC et des organisations membres du RCC ont été présentés couvrant les deux années depuis le 6e Congrès. Les rapports ont illustré l'ampleur et la portée des activités de solidarité Canada-Cuba, de Vancouver à Halifax. Ces activités ont englobé les sphères politiques, sociales et culturelles. Les faits saillants du travail du RCC incluent les visites pancanadiennes très réussies de Geraldo Alphonso et du Dr Garcia Portilla ainsi que le symposium international sur « La guerre inconnue de l'Afrique : la terreur de l'apartheid, Cuba et la libération de l'Afrique australe » tenu à Toronto en septembre 2013. Les rapports des groupes membres ont souligné la lutte pour libérer les Cinq Cubains et la joie immense à l'annonce de leur libération. La portée et la diversité de ce travail ont été grandes : travail politique auprès des parlementaires et des syndicats, représentations culturelles et festivals très réussis, réunions d'information, conférences, piquets et distribution de tracts qui se poursuivent aujourd'hui.

Reconnaissant que le mouvement de solidarité avec Cuba est arrivé à une nouvelle étape qui pose des défis spécifiques, les délégués du RCC ont résolu de mobiliser l'opinion publique et politique du Canada afin de mettre fin au blocus économique de l'île par les États-Unis, de travailler à ce que la Baie de Guantanamo soit remise à Cuba et de réfuter la campagne de désinformation contre Cuba. Sur la base des rapports présentés, après discussions et délibérations, des résolutions ont été adoptées pour renforcer et guider le travail du RCC au cours des deux prochaines années et des mesures ont été prises pour mettre à jour les règlements administratifs du RCC.

Une attention particulière a également été accordée à d'autres secteurs de travail en cours, y compris entre autres, la très réussie Brigade de travail Ernesto Che Guevara composée de bénévoles et la Caravane annuelle de Pasteurs pour la paix ainsi que le travail en cours avec des parlementaires canadiens. Les délégués se sont également engagés à mobiliser de l'appui pour la participation des Cubains aux15e Jeux panaméricains qui se tiendront à Toronto du 10 au 26 juillet 2015. Le Congrès s'est également engagé à appuyer un symposium à Toronto en 2015 pour commémorer le 40e anniversaire de l'Operación Carlota, le début de la mission internationaliste de Cuba en Angola, qui a été essentielle à la libération nationale et aux luttes anticoloniales de l'Afrique australe.

Un nouvel exécutif du RCC a été élu pour mettre en oeuvre les décisions du Congrès et réaliser le plan de travail pour 2015-2017 : Michel Dugré, Julio Fonseca, Don Foreman, Elizabeth Hill, Isaac Saney, Aaron Shields et Saleh Waziruddin. L'exécutif a ensuite choisi Elizabeth Hill et Isaac Saney comme co-présidents. Isaac Saney a également été désigné de nouveau comme le porte-parole national, Elizabeth Hill trésorière et Saleh Waziruddin secrétaire.

Fondé en 2002, le RCC « oeuvre au renforcement de l'amitié et de la solidarité entre les peuples du Canada et de Cuba. À cette fin, nous travaillons avec l'Institut cubain d'amitié avec les peuples (ICAP) et d'autres partenaires nationaux et internationaux afin de promouvoir les relations sociales, culturelles, politiques et économiques entre le Canada et Cuba sur la base du respect mutuel et de la non-ingérence ».

L'ensemble du programme inspirant des deux jours reflète la richesse, le dynamisme et l'énergie du mouvement de solidarité Canada-Cuba qui existe depuis plus de cinquante ans. C'est un mouvement enraciné dans le grand respect et l'admiration des Canadiens pour les réalisations considérables de Cuba et l'affirmation de son droit à l'indépendance et à l'autodétermination en dépit de l'agression incessante des États-Unis. Ce respect et cette admiration ont permis de tisser des liens indéfectibles d'amitié et de solidarité entre les peuples du Canada et de Cuba.

Plusieurs tables rondes ont eu lieu dans le cadre du congrès.

Les projets d'ici 2017 : de nouveaux défis, de nouveaux combats

À cette session, ont pris la parole Elizabeth Hill, la co-présidente du RCC, Sandra Ramírez d'ICAP et Tamara Hansen de l'organisation Communautés de Vancouver en solidarité avec Cuba. Leurs présentations ont souligné les défis auxquels fait face le mouvement de solidarité Canada-Cuba dans la période à venir et les possibilités qui existent pour renforcer et accroître sa portée.

La solidarité Canada-Cuba et 70 ans de relations diplomatiques Canada-Cuba


L'ancienne députée Jean Augustine et l'ambassadeur Garmendía Peña

L'honorable Jean Augustine, née à la Grenade et ancienne députée libérale pour la circonscription d'Etobicoke-Lakeshore, a ouvert cette session. Mme Augustine a été présidente du Comité permanent des affaires étrangères et du Commerce international et présidente de la Chambre des communes en 2004. Sa présentation a porté sur le rôle des parlementaires dans la promotion des relations entre le Canada et Cuba. Elle a régalé le public avec des anecdotes à propos de ses différents voyages dans cette nation insulaire, en particulier ses diverses réunions avec le dirigeant historique de la révolution cubaine, Fidel Castro.

L'ambassadeur Garmendia Peña a souligné que malgré l'immense et historique victoire remportée avec la libération des Cinq Cubains et la normalisation des relations diplomatiques entre les États-Unis et Cuba, le blocus économique est toujours en vigueur. Il reste beaucoup de travail à faire pour mettre fin au blocus, à l'occupation américaine illégale de la Baie de Guantanamo et à la politique de déstabilisation de Washington qui se poursuit dans les nouvelles circonstances. L'ambassadeur a également souligné la nécessité de poursuivre le renforcement et l'approfondissement des relations existantes d'amitié et de coopération entre le Canada et Cuba.

Nino Pagliccia, éditeur du livre récemment publié sous le titre « Cuba Solidarity in Canada : Five Decades of People-to-People Foreign Relations », a expliqué comment l'internationalisme de Cuba a fourni un modèle de politique étrangère dans lequel la solidarité est le principe fondamental.

Cuba, aujourd'hui et demain : le renouveau et la continuité des luttes


De gauche à droite : Le consul général de Cuba à Toronto, Javier Dómokos Ruis,le professeur émérite Keith Ellis et le co-président du RCC Isaac Saney

À la dernière table ronde du congrès, le professeur émérite Keith Ellis de l'Université de Toronto, Javier Domokos Ruiz, consul général de Cuba à Toronto, et le co-président du RCC, Isaac Saney ont présenté des informations pertinentes sur la rénovation et l'actualisation continues de l'économie cubaine et l'importance de la nouvelle politique du président américain Barack Obama. Les conférenciers ont souligné que les mesures économiques mises en oeuvre par Cuba prennent place dans le processus de renouvellement et de la continuité du projet révolutionnaire et socialiste cubain. Ils ont dit aussi qu'en même temps que tout le peuple de Cuba se félicite des mesures en vue de la normalisation possible des relations avec les États-Unis, il ne renoncera jamais à son indépendance, sa souveraineté ou au socialisme.

(Réseau canadien pour Cuba)

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Sommet des peuples au Sommet Celac-UE à Bruxelles

Il faut mettre un terme aux injustices provoquées
par un ordre économique international de plus
en plus injuste et excluant


Salle du Sommet Celac-UE à Bruxelles

Allocution de Miguel Díaz-Canel Bermudez, Premier vice-président du Conseil d'État et du Conseil des ministres et chef de la délégation cubaine au 2e Sommet Celac-UE, au Sommet des peuples à Bruxelles, le 11 juin 2015.

Président, amis, chers participants à ce Sommet des peuples,

Je vous apporte les salutations solidaires du leader historique de la Révolution cubaine, le commandant en chef Fidel Castro (Applaudissements et exclamations de : « Fidel, Fidel, Fidel ! »), ainsi que celles de notre président Raul Castro (Applaudissements), les salutations affectueuses et chaleureuses du gouvernement et du peuple de Cuba (Applaudissements), à vous les organisateurs et les participants à cette importante réunion.

À travers vos profondes réflexions, vous avez contribué à la prise de conscience des problèmes réels que nous rencontrons et proposé des chemins pour leur trouver des solutions. Nous aimerions à présent, en quelques minutes, vous exposer également les idées que Cuba a défendues à ce Sommet Celac-UE en tant que membre actif de la Communauté des États d'Amérique latine et des Caraïbes.

J'évoquais hier la tenue, en 1999, du 1er Sommet birégional, où l'Union européenne avait proposé une « association stratégique ». Seize ans plus tard, cette « association » ne s'est pas concrétisée, parce que nos relations ne sont pas fondées sur l'égalité souveraine et le respect mutuel, demeurent marquées par des asymétries dans le développement et des relations économiques et commerciales et de coopération marginales, généralement spoliatrices et discriminatoires.

Il s'impose donc de mettre un terme aux injustices provoquées par un ordre économique international de plus en plus injuste et excluant — injustices exposées par le président Correa —, qui a généré un consumérisme effréné, provoqué la destruction de l'environnement, la spéculation financière et qui est contrôlé par l'impérialisme, par ses banques oligarchiques et des groupes de puissantes transnationales, au seul bénéfice d'un petit nombre.

Les actuels défis contre la paix et la sécurité des nations ne sont pas à mettre au compte des marginalisés par le système capitaliste mondial, mais de ceux qui poussent les pays en crise à adopter des programmes d'austérité aux coûts humains incalculables, qui creusent de plus en plus l'écart entre les deux régions et les pays qui les composent.

Ces défis ne sont pas non plus attribuables aux étudiants expulsés des universités, aux travailleurs sans emploi ou aux milliers de jeunes en âge de travailler qui sont au chômage, aux marginaux, aux indignés, aux femmes qui perçoivent un salaire inférieur à celui des hommes pour un travail égal (Applaudissements), ou lorsque les fonds de pension et la sécurité sociale des retraités sont détournés ou amputés.

On peut encore moins rejeter la faute sur les minorités et les groupes nationaux comme les afro-descendants, les peuples originaires de Notre Amérique ou les tsiganes en Europe, ni sur les immigrants ou les persécutés par le racisme, la xénophobie, l'islamophobie ou l'absence des plus élémentaires sentiments de solidarité. Au contraire, ce sont de tels comportements qui ont ouvert la voie à la résurgence du fascisme, vaincu sur ce continent il y a 70 ans, un fait que nous ne devons jamais oublier (Applaudissements).

Si nous avons appris une chose en Amérique latine et des Caraïbes, c'est que les graves problèmes économiques et sociaux d'aujourd'hui ne peuvent être réglés par la voie des armes, et encore moins à travers des dictatures ou la terreur, des maux dont nous avons suffisamment souffert dans Notre Amérique comme en Europe.

L'incitation au conflit entre des pays, la menace à la paix et à la sécurité internationale en rapprochant l'OTAN des frontières russes, encourager la course aux armements ou soutenir des aventures militaires hors des frontières de l'Alliance pour se partager des zones d'influence ou des sources de matières premières devraient être considérés comme des délits (Applaudissements).

Elles ne font que semer la mort, la destruction, l'instabilité et davantage de pauvreté, les ressources considérables destinées au développement étant employées à financer de nouvelles guerres.

Chers camarades,

Après des décennies de lutte contre les tentatives pour isoler notre Révolution, en Amérique latine et dans la Caraïbe nous avons amorcé de nouveaux chemins de transformations politiques, économiques et sociales au bénéfice de nos peuples. Plusieurs gouvernements révolutionnaires et progressistes — ceux mentionnés par Rafael Correa —, travaillons à réduire la pauvreté et les inégalités, à consolider l'indépendance politique et économique et à impulser l'intégration latino-américaine et caribéenne.

Un accent particulier est mis sur la justice et l'égalité. Un caractère prioritaire est accordé au droit de nos sociétés à choisir librement leur propre chemin vers le développement, sans pressions extérieures ni immixtions grossières de la part de ceux qui refusent d'accepter la voie souveraine empruntée par nos peuples et cherchent à inverser ces processus.

Nous travaillons à la consolidation de notre jeune Communauté des États d'Amérique latine et de la Caraïbe (Celac), une organisation appelée à réaliser les rêves d'union de nos libertadores, les visions des leaders politiques les plus engagés et les aspirations des forces de gauche, des mouvements populaires, des syndicats, des organisations d'étudiants, de paysans, de femmes et d'artistes du continent.

Au sein de cette organisation convergent toutes les nations souveraines de la région, unies dans leur diversité, pour apprendre à relever les complexes défis du présent et de l'avenir.

La proclamation de l'Amérique latine et de la Caraïbe comme Zone de Paix au 2e Sommet de la Celac, à La Havane en janvier 2014, a réaffirmé les principes qui doivent régir les relations entre nos pays et le droit inaliénable de chacun à choisir son système politique, économique et social, comme une condition essentielle pour assurer la coexistence pacifique entre les nations.

Cependant, ces modestes efforts sont gravement compromis par les forces de l'impérialisme, comme on peut le constater aujourd'hui dans la République soeur bolivarienne du Venezuela, la révolution chaviste du Venezuela (Applaudissements). Là-bas, au Venezuela, le peuple et son gouvernement constitutionnel, dirigés par leur leader légitime, le président Nicolas Maduro Moros (Applaudissements), et soutenus par une puissante union civico-militaire, défendent et consolident une révolution qui appartient d'ores et déjà à tous les Latino-américains et Caribéens : la révolution de Chavez, la révolution de l'Amérique latine (Applaudissements).

Aujourd'hui, le Venezuela est un symbole, c'est pourquoi il n'est pas seul et jouit du soutien de notre région, résolue à préserver l'exemple de son fondateur et guide moral, l'inoubliable commandant et président Hugo Chavez Frias, à l'origine de ce changement d'époque (Applaudissements). Bien entendu, les Vénézuéliens comptent sur toute notre loyauté et sur celle de vous tous, et le Venezuela sait que jamais Cuba ne le décevra (Applaudissements).

Je tiens également à réaffirmer notre soutien à l'Argentine dans sa légitime revendication sur les Îles Malouines (Applaudissements) ; à l'Équateur face aux exactions des transnationales et aux campagnes médiatiques ; aux justes revendications des pays caribéens, qui réclament un traitement préférentiel et la réparation des dommages de la colonisation et de l'esclavage, ainsi que notre engagement inconditionnel avec l'indépendance de Porto Rico (Applaudissements).

Camarades,

Cuba avance dans la mise à jour de son modèle économique et social, afin de préserver les grandes conquêtes de la Révolution et perfectionner le socialisme, auquel jamais nous ne renoncerons, et en vue d'une amélioration effective et durable du bien-être de notre peuple.

Ce furent précisément la dignité et la résistance des Cubains qui ont conduit à la reconnaissance de l'échec de la politique menée contre Cuba par onze administrations des États-Unis et ont facilité le retour au pays de nos cinq combattants antiterroristes (Applaudissements), des événements qui ont abouti aux conversations en vue du rétablissement des relations diplomatiques avec les États-Unis, et dans lesquelles la solidarité de tous les peuples et de beaucoup de gouvernements du monde, ainsi que du mouvement de solidarité avec Cuba, dont vous faites partie, a joué un rôle important, ce dont nous tenons à vous remercier (Applaudissements).

Ce pas marquera le début d'un chemin long et complexe vers la normalisation des relations avec ce pays, processus au cours duquel nous ne renoncerons à aucun des principes pour lesquels nous avons lutté et résisté pendant tant d'années (Applaudissements).

Nous continuerons d'exiger la levée du criminel blocus économique, commercial et financier exercé contre notre pays — blocus qui demeure intact — ainsi que la restitution du territoire illégalement occupé par la base navale de Guantanamo contre la volonté des Cubains (Applaudissements).

C'est pourquoi nous affirmons que la meilleure connaissance des réalités et la recherche de solutions aux graves problèmes qui touchent les femmes et les hommes des deux continents constituent la raison d'être de ces Sommets des peuples et de la rencontre des parlementaires et intellectuels engagés, où règne la solidarité qui, comme nous l'a enseigné le Che, exprime la tendresse et l'amour entre les êtres humains (Applaudissements).

Nous sommes convaincus que non seulement un monde meilleur est possible, mais aussi que ce monde meilleur est indispensable pour la survie de l'Humanité (Applaudissements).

Je vous remercie encore une fois, au nom de Cuba, pour le respect, l'affection et la solidarité que vous nous témoignez jour après jour dans notre lutte.

Luttons sans relâche pour la paix, la justice et la solidarité !

Vivent les peuples !

Et comme nous disons à Cuba : Patria o Muerte ! Venceremos !

(Ovation)

(Granma International)

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Équateur

Le peuple s'unit pour vaincre la violence anti-gouvernementale


Rassemblement de masse lors de la cérémonie de changement de garde à Quito, le 15 juin 2015, en appui au gouvernement du président Rafael Correa en Équateur

Les forces réactionnaires de l'opposition en Équateur tentent de déstabiliser le gouvernement démocratiquement élu du président Rafael Correa, en semant la désinformation sur le gouvernement et sa révolution citoyenne, tout en incitant des troubles civils et de la violence. Le président Correa affirme que les manifestations font partie d'un plan de déstabilisation orchestré par les forces d'opposition locales soutenues par l'aide étrangère afin de le destituer.

Le 5 juin, le président Rafael Correa a présenté devant l'assemblée nationale de l'Équateur un nouveau projet de loi sur la redistribution de la richesse en instituant un impôt sur les successions, « provoquant le mécontentement immédiat parmi les secteurs les plus riches de ce pays sud-américain », rapporte Granma international.

« La toile de fond [de la loi] est un chiffre remarquable que le président a rappelé avec force durant ces derniers jours : 2 % des familles équatoriennes possèdent 90 % des grandes entreprises dans le pays », ajoute Granma international.

Le président Correa a déclaré aux médias que « la concentration de la propriété a été révélée. C'est mauvais ; c'est l'une des sources d'inégalité en Équateur et dans le monde », précisant que l'impôt vise seulement « les grands conglomérats qui génèrent des dynasties ».

Pour les héritiers directs tels que les enfants, les petits-enfants, parents ou grands-parents, la nouvelle législation prévoit un taux d'imposition allant jusqu'à 47,5 %, ce qui ne touche que le 1 % des plus riches. Ce pourcentage est inférieur aux taux d'imposition du Japon (55 %) et de la Corée du Sud (50 %) et juste un peu plus élevé qu'en France (45 %) ainsi qu'aux États-Unis et en Grande-Bretagne (tous deux à 40 %).

L'un des premiers représentants de l'opposition à exprimer son désaccord face à cette mesure est un banquier et ancien candidat à la présidentielle, Guillermo Lasso, ancien conseiller économique et ambassadeur itinérant du gouvernement néolibéral de Lucio Gutiérrez.

Lasso a condamné le nouveau projet de loi sur les droits de succession indiquant que, « l'État cherche à en finir avec la famille équatorienne ».

Selon l'analyste économique équatorien Juan Carlos Jaramillo, « avec un taux d'imposition de 47,5 %, les héritiers ne perdent jamais le contrôle majoritaire des actions dans les sociétés de leurs parents et il est donc faux de prétendre que l'intention visée avec ce taux est de mettre un terme aux entreprises familiales ».

« Au-delà de l'impôt sur l'héritage-même, la discussion qui semble se mener en Équateur est dans quelle mesure l'État peut intervenir de manière autonome dans le domaine économique », écrit Granma. L'article poursuit :

« C'est un argument qui circule dans tous les pays qui sont dirigés par des gouvernements post-néo-libéraux, en particulier à un moment de croissance économique plus lente dans toute la région, en raison d'une chute des prix des produits de base, mais surtout dans le cadre de la réduction des prévisions de croissance à l'échelle mondiale.

« En bref, le débat se concentre autour du maintien et l'élargissement des programmes sociaux mis en oeuvre par les gouvernements issus de cette période post-néolibérale, pour laquelle des ressources sont requises.

« L'argument de Lasso à l'effet de ne pas augmenter les impôts des plus riches mais plutôt de les réduire, est conforme aux propositions des autres dirigeants de l'opposition dans la région, comme Mauricio Macri en Argentine et Aécio Neves au Brésil, qui ont annoncé que, s'ils deviennent présidents, ils vont continuer ces politiques sociales sans jamais perturber cependant les milieux d'affaires. Où vont-ils trouver l'argent, demande-t-on. Personne ne semble le savoir.

« L'Équateur, au moins, offre une solution réaliste similaire à celle mise en oeuvre dans certains États européens et d'Asie, en poursuivant la politique sociale décrite dans le Plan national 2013-17 pour bien vivre : que ceux qui possèdent plus contribuent davantage, ce qui se base sur la redistribution garantie par la Constitution même du pays. Le débat continental sur cette question va naturellement s'intensifier durant les prochains mois »


Appui au président Correa, Quito, en Équateur, le 15 juin 2015

Le 16 juin, le Président Correa a déclaré que dans le but de promouvoir le calme et la tranquillité, surtout avant l'arrivée du pape François le 5 juillet, il retire temporairement le projet de loi augmentant les impôts sur les successions et un autre visant les gains en capital.

« Afin de prévenir que les groupes [de droite] causent plus de violence, surtout durant la visite du pape François où nous avons besoin d'une atmosphère de paix, de joie, de réflexion pour l'accueillir, j'ai décidé de retirer temporairement les projets de loi mentionnés ci-dessus », a-t-il expliqué.

Selon Correa, sur la base de cette décision, un grand débat national débutera sur les propositions, qui, a-t-il répété, ne vont jamais affecter les pauvres ni la classe moyenne, comme l'ont suggéré leurs détracteurs.

« Nous voulons des débats, et non des engueulades ; nous voulons des arguments, pas des manipulations », a souligné Correa. À cet égard, le président s'adresse au grand nombre d'Équatoriens qui ont mis son gouvernement au pouvoir afin d'assurer leur propre habilitation à travers de nouveaux arrangements politiques et de mettre fin à leur marginalisation et leur exploitation par les élites réactionnaires. Ce sont ces forces qui sont unies dans l'action pour vaincre la violence anti-gouvernementale des réactionnaires.

(Granma international, Prensa Latina. Photos, M. Munoz, E. Santillan)

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À la recherche d'une solution à la crise de la dette grecque

La Commission pour la vérité dit que la plus grande partie de la dette grecque est illégale

La Commission pour la vérité mise sur pied par le parlement grec qui a enquêté sur la dette grecque a remis ses conclusions, rapportent les agences de nouvelles. Le rapport affirme que la plus grande partie de la dette de plus de 364 milliards $US a été contractée illégalement et ne doit pas être payée. Malgré le fait qu'elle fut contractée illégalement, ceux qui en ont bénéficié continuent d'exiger son remboursement. Le temps presse pour la Grèce pour trouver un accord et pour éviter un défaut de paiement sur un prêt de 1,8 milliard $US du Fonds monétaire international (FMI) dû à la fin de juin, indique-t-il. Ce paiement est le premier d'une série que la Grèce devra verser.

La directrice générale du FMI, Christine Lagarde, a durci les enjeux le 18 juin en indiquant à la Grèce qu'il n'y aurait pas de période de grâce ou de retard autorisé dans le remboursement.

Dans un communiqué du 19 juin émis par le bureau du premier ministre Grec Alexis Tsipras, on peut lire : « Le sommet des dirigeants [22 juin] est un développement positif sur le chemin d'une entente. » Il dit que : « Tous ceux qui parient sur une crise et des scénarios catastrophiques seront confondus. » Il a ajouté : « Il y aura une solution basée sur le respect des règles de l'UE et de la démocratie qui permettra à la Grèce un retour à la croissance dans l'euro. »

Tsipras a dit qu'en dépit du fait que le pays s'approche du défaut de paiement, la Grèce demeurera dans la zone Euro.

Les agences de presse rapportent que les pourparlers sur une entente de financement en échange de réformes restaient dans une impasse après une récente rencontre des ministres des finances de la zone Euro. Les retraits bancaires des prêteurs Grecs ont augmenté au cours de la dernière semaine. Les gens ont retiré quelque 2,2 milliards $US des banques entre le 15 et le 17 juin après l'échec des négociations à Bruxelles la fin de semaine des 13 et 14 juin, indique Reuters citant des sources bancaires de haut niveau. Elles ont ajouté que si cela continue au rythme actuel, le gouvernement de la Grèce serait forcé d'imposer un plafond sur les retraits en espèces.

Le premier ministre Tsipras a refusé de se soumettre à la pression des créditeurs de la Grèce exigeant que le gouvernement grec fasse des concessions sur les hausses d'impôt et la réforme des retraites — en d'autres mots, davantage de mesures d'austérité que le gouvernement a promis qu'il ne saurait accepter.

Selon Reuters, le Conseil des Gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) devait tenir une conférence téléphonique le 19 juin pour discuter de l'extension de liquidité d'urgence pour les prêteurs.

(Agences)

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Le Forum économique de Saint-Pétersbourg
et l'impasse de l'Union européenne

Première partie

Le Forum économique international de Saint-Pétersbourg (FÉISP) a débuté le 18 juin avec en arrière-plan les graves difficultés économiques de l'Europe. Pendant qu'elle mise sur ses mesures punitives contre la Russie, l'Union européenne est en train de perdre le contrôle de l'économie européenne. Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a appelé un Sommet européen en Grèce le lundi 22 juin. Il a dit que suite à l'échec des ministres de la Finance de l'Union européenne à en arriver à une entente le 18 juin permettant de libérer des fonds de sauvetage attendus désespérément, l'heure était venue de « discuter en toute urgence » de la crise grecque « aux plus hauts niveaux politiques ».

Les chances qu'on puisse en arriver à une entente sont faibles. Aussi, le jeudi 18 juin, a-t-on intensifié les pressions exercées sur la Grèce. La dirigeante du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, a clairement indiqué que la Grèce n'aurait pas de « période de grâce » et que la date d'échéance pour le remboursement de sa dette restera inchangée. Elle a affirmé que la Grèce serait en défaut de paiement envers le FMI si d'ici le 30 juin elle ne réussissait pas à verser le paiement de 1,6 milliards d'euros (1,1 milliard de livres, 1,8 milliards $). Le FMI avait aussi annoncé qu'il mettait fin à toutes discussions avec la Grèce pour envisager des possibilités de sauvetage exaspéré du peu de progrès dans les tentatives d'éviter un défaut de paiement à la Grèce. De leur côté, les dirigeants européens avaient laissé entendre que les négociations tiraient à leur fin. « Il existe des divergences importantes entre nous sur la plupart des questions majeures », avait dit le porte-parole du FMI, Gerry Rice, dans une déclaration publique inhabituelle visant à augmenter les pressions sur le gouvernement de gauche du premier ministre Alexis Tsipras. « Ces derniers jours, il n'y a eu aucun progrès. Nous n'avons pas réussi à réduire l'écart qui nous sépare, a-t-il dit. Ce qui veut dire que nous sommes loin d'une entente. » Il a ajouté que l'équipe du FMI en négociation avec la Grèce s'était retirée de Bruxelles, mais que le FMI était disponible pour de futurs pourparlers. « La balle est vraiment dans le camp de la Grèce maintenant », a-t-il dit.

Le vendredi 19 juin, Standard and Poor's a baissé la note des quatre plus importantes banques grecques, deux jours après avoir dégradé la notation des obligations à haut risque grecques. « L'abaissement de la notation reflète donc notre opinion que sans un accord avec ses créanciers officiels, la Grèce fera vraisemblablement défaut sur sa dette commerciale dans les douze mois en l'absence d'une entente entre le gouvernement grec et ses créanciers officiels au moment où la fin de l'extension du programme actuel approche », a déclaré l'agence de notation.

Quelles seront les conséquences pour l'Union européenne advenant un défaut de paiement de la part de la Grèce ? L'organisation devra d'abord constater son échec à régler le problème. Le 30 juin est une date charnière pour la Grèce et pour l'Union européenne. Le 245 milliards d'euros (275,6 milliards $) de fonds de sauvetage avancés par la zone euro arrive aussi à échéance le 30 juin, journée d'échéance pour le paiement de 1,6 milliards d'euros au FMI, paiement que la Grèce ne pourra respecter sans nouvelle aide financière. Jusqu'à ce jour, les tentatives de venir en aide à la Grèce ont échoué : la Grèce fait face à un défaut de paiement, l'Union européenne a appelé un sommet d'urgence et l'avenir de la zone euro est incertain. Le mercredi 17 juin, la Banque centrale de la Grèce a avisé qu'advenant l'impossibilité d'en arriver à une entente avec les créanciers internationaux pour l'obtention d'un financement essentiel, le pays pourrait être plongé dans une « crise incontrôlable ». Selon le rapport : « Une crise de la dette gérable... ferait boule de neige et deviendrait une crise incontrôlable, avec de grands risques pour le système bancaire et la stabilité financière ». Aussi, selon le rapport, tout cela impliquerait une profonde récession, une baisse spectaculaire des niveaux de revenu, une augmentation exponentielle du chômage et un effondrement de tout ce que l'économie grecque a réalisé au cours des années de son appartenance à l'UE, et en particulier à sa zone euro.

S'il est vrai que le rapport de la Banque centrale de Grèce vise en partie à exercer une pression sur la Commission européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international, la situation demeure des plus sérieuses.

Jeffrey Sachs, directeur du Earth Institute de l'Université de Columbia, est de l'opinion que les conditions imposées par l'Europe — qui visent visiblement à ce que la Grèce assure le service de sa dette extérieure — sont précipitées, naïves et fondamentalement autodestructrices. En les rejetant, les Grecs ne se livrent pas à des petits jeux, ils cherchent à survivre. Selon Sachs : « La situation en Grèce ressemble à celle de l'Allemagne de 1933. Bien sûr, l'Union européenne n'a pas à craindre la montée d'un Hitler grec, car elle saurait facilement venir à bout d'un tel régime. Au contraire, dans les circonstances, la démocratie grecque a fait preuve d'une grande maturité tout au long de la crise. Ce que l'Union européenne devrait craindre par-dessus tout est le dénuement croissant sur son propre territoire ainsi que les conséquences désastreuses de la situation pour sa politique et sa société. » L'économiste américain conclut : « Malheureusement, le continent reste divisé selon des clivages ethniques. Les Allemands, les Finlandais, les Slovaques et les Hollandais — pour ne nommer que ceux-là — ne sont pas préoccupés par les souffrances des Grecs. Les dirigeants politiques de ces pays s'occupent des leurs, et ils sont peu préoccupés par l'Europe en tant que tel. Venir en aide à la Grèce est une question particulièrement épineuse dans des pays où l'influence des partis d'extrême-droite s'accroît et où les gouvernements de centre-droite font face à l'opposition populaire de la gauche. »

En somme, voici à quoi ressemble la situation : environ 250 milliards d'euros ont disparu, l'effondrement de la zone euro est imminente et le fantôme d'un nouvel Hitler semble poindre à l'horizon. La situation n'est guère plus reluisante sur le « front de l'Est ». Dans les jours précédant le sommet des 25 et 26 juin, Die Welt a rapporté que l'Europe pourrait subir d'énormes pertes si les sanctions contre la Russie se poursuivent. L'Union européenne pourrait perdre jusqu'à 100 milliards d'euros (114 milliards $) à cause des sanctions contre la Russie si les choses ne changent pas, selon une étude de l'Institut de recherche économique autrichien (WIFO) publiée le vendredi 19 juin. Le quotidien Die Welt rapporte que dans cette recherche, commandée par l'Alliance européenne des journaux leaders (LENA), plusieurs situations sur ce qui pourrait se produire dans le pire des cas, si les sanctions restent en place, ont été examinées : « Si la situation ne change pas de façon draconienne, notre scénario le plus extrême deviendra réalité », a dit un des auteurs du rapport, Oliver Fritz, à Die Welt. Selon les estimés, la situation politique actuelle pourrait aussi affecter plus de 2 millions d'emplois dans l'Union européenne à cause du déclin des exportations. Contredisant les prévisions analytiques, la Commission européenne a dit que les pertes encourues par l'Union européenne étaient « relativement faibles et gérables », selon le quotidien.[1]

Selon Die Welt, les conclusions de l'Institut autrichien sont beaucoup plus pessimistes que les prévisions rendues publiques par la Commission européenne qui a déclaré que les séquelles de la guerre des sanctions étaient peu importantes et faciles à surmonter. Selon le quotidien allemand, les prévisions de la Commission européenne sont à court-terme tandis que celles des experts du WIFO sont beaucoup plus à long-terme.

Selon les projections du WIFO, l'Allemagne sera la plus affectée. Un total de 500 000 emplois est déjà menacé de disparaître. L'économie allemande subira des pertes de 27 milliards d'euros et son PIB diminuera de 1 % dans les années à venir, selon les prévisions des experts. L'Italie perdra 200 000 emplois et 0,9 % de son PIB tandis qu'en France les pertes d'emplois seront de 150 000 avec une baisse de 0,5 % du PIB. La Pologne, l'Estonie et l'Espagne seront aussi touchées. L'Allemagne a déjà perdu 175,000 emplois et 290 000 emplois pourraient suivre si la guerre des sanctions se poursuit. Le taux de chômage pourrait augmenter de 185 000 en Pologne, de 135 000 en Italie, de 115 000 en Espagne, de 95 000 en France, de 80 000 en Grande-Bretagne et de 75 000 en Estonie. En incluant la Suisse, l'Union européenne a déjà perdu 950 000 emplois. À cause de ces sanctions, le chômage grimpera de 1,46 million.

Ces faits démontrent que l'Union européenne est aux prises avec la crise politique et économique du système et que ses dirigeants sont incapables de contrôler la situation. Beaucoup de politiciens et d'hommes d'affaires plus réalistes et tournés vers l'avenir se sont déjà tournés vers l'Est. Les discussions qui ont lieu à l'évènement de Saint-Pétersbourg le prouvent.

(À suivre)

Note

1. Die Welt, 06.19.2015

(Strategic Culture Foundation, le 20 juin 2015. Traduction : LML)

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