Le Marxiste-Léniniste

Numéro 28 - 16 juin 2015

L'illégalité et l'impunité de la démocratie canadienne

La dictature Harper légalise les opérations occultes et la terreur d'État

Le décès de Jacques Parizeau et les défis de la nation québécoise aujourd'hui
L'apport de Jacques Parizeau à la société québécoise
L'unité de tous les secteurs de la société est indispensable pour
l'affirmation de la souveraineté du Québec

- Le Marxiste-Léniniste quotidien, 13 novembre 1995 -

Le premier ministre du Canada se rend en Europe
La campagne d'agression de Harper montre la nécessité
d'un gouvernement antiguerre

- Louis Lang -


Sommet du G7 en Allemagne
La réunion des grandes puissances confirme les plans
de guerre et d'occupation

- K. C. Adams -


15e anniversaire de la Déclaration conjointe historique Nord-Sud
Un travail pour la paix dans la péninsule coréenne
- Philip Fernandez -
La Corée du Sud saborde les commémorations de
la Déclaration conjointe Nord-Sud avec la RPDC

- Entrevue avec H.P. Chung, porte-parole du Comité 6.15 canadien -


L'illégalité et l'impunité de la démocratie canadienne

La dictature Harper légalise les opérations
occultes et la terreur d'État

Le projet de loi C-51, la Loi antiterroriste de 2015, considéré par de larges sections de la société canadienne comme un outrage à la primauté du droit, a été adopté par le Sénat le 9 juin 2015, donnant ainsi la sanction légale à toutes les mesures nécessaires à un État policier pour commettre toutes sortes de crimes d'État contre la personne humaine et la paix. L'adoption rapide du projet de loi est l'approbation odieuse des opérations occultes, autrefois la marque des impérialistes américains et de leurs agences d'espionnage et des forces contrerévolutionnaires de la guerre froide, comme politique officielle.

Le terrorisme est la suspension de toutes les normes et de tous les droits mis en place par la société en invoquant l'existence de circonstances exceptionnelles au nom desquelles toutes sortes de mesures sont justifiées. Le terrorisme d'État et le terrorisme individuel se fondent sur l'argument intéressé que des circonstances exceptionnelles exigent des mesures exceptionnelles. La torture est justifiée par la fraude qu'elle est nécessaire pour sauver des vies. Au Canada, par exemple, la citoyenneté peut être révoquée et est rendue arbitraire sous prétexte que les Canadiens « ne veulent pas de terroristes comme concitoyens ». Toutes les garanties d'une procédure régulière sont supprimées parce que quelqu'un « pourrait » agir. Les audiences des tribunaux doivent se dérouler en secret sous couvert de la fraude que même les normes juridiques et les droits établis sont un facteur d'insécurité. Sont également justifiées la collecte d'informations sur des personnes, la surveillance des personnes et des organisations et même maintenant la « précriminalisation » des personnes, comme l'a déclaré avec impudence le ministre de la Sécurité publique.

L'aspect le plus important de ces crimes contre le peuple commis au nom de circonstances exceptionnelles est qu'ils excluent tout mécanisme de recours ou de réparation pour les personnes visées. Les personnes sont maintenant jugées devant des tribunaux secrets sur la base de preuves qu'elles ne sont pas autorisées à voir ou à contester. Même avant la présentation du projet de loi C-51, des Canadiens ont été soumis à des sanctions et des moyens de contrainte ont été utilisés contre eux sur la base de diffamations et d'intrigues de l'État au sujet de ce qu'ils pourraient croire ou ne pas croire. Ces pratiques sont maintenant inscrites et élargies dans la loi adoptée récemment.

Au lieu que les droits de tous les membres de la société soient garantis, quelles que soient leur origine nationale, leurs convictions politiques ou leur religion, ceux qui sont censés être protégés deviennent des cibles de l'État dans ce contexte d'illégalité et d'impunité d'une démocratie devenue archaïque.

Dans cette course folle pour démanteler tous les arrangements sur lesquels se fonde la société moderne, l'élite dirigeante cible cyniquement les plus vulnérables et des sections de la population telles que celles d'origine musulmane et les peuples autochtones en recourant à la fraude et aux calomnies. Son ordre du jour de destruction et de terrorisme d'État au nom d'intérêts monopolistes, qui défendrait la sécurité d'une partie des Canadiens au détriment de l'autre, est une pratique hitlérienne qui jette les bases pour criminaliser tout le monde.

Le gouvernement n'a fait aucun effort pour déterminer quelles options existent pour assurer la sécurité du peuple parce que le gouvernement a reçu la sanction de se livrer à toutes sortes de pratiques condamnées par l'histoire. L'ancien équilibre entre la sécurité et les droits a été détruit.

La classe ouvrière répond à la fraude du gouvernement sur la protection de la sécurité des Canadiens en disant : où est ma sécurité de retraite ? Où est ma sécurité dans le domaine des soins de santé ? Où est la sécurité de mes moyens de subsistance et de ceux de mes enfants ?

La classe ouvrière et le peuple ont lancé le mot d'ordre : Notre sécurité est dans notre lutte pour les droits de tous ! Cette position tournée vers l'avenir ouvre la voie du progrès de la société et exclut d'invoquer des circonstances exceptionnelles pour justifier la terreur.

Les Canadiens exigent une société qui défend la primauté du droit et garantit les droits du peuple. Pour faire respecter la primauté du droit, la société doit fournir également à ses membres des mécanismes de recours et un processus par lequel les droits peuvent être défendus.

Depuis la présentation du projet de loi C-51, le 30 janvier 2015, les Canadiens ont répondu à l'arrogance inégalée du gouvernement conservateur en prenant une position militante pour défendre les droits de tous. Par milliers ils se sont mobilisés dans des centaines de marches et manifestations, de piquets, de discussions et d'interventions pour que l'abrogation de cette loi soit au premier rang des priorités de l'ordre du jour des Canadiens cette année. Le mépris avec lequel le gouvernement a traité les grandes préoccupations du peuple est une preuve incontestable que les attaques contre les plus vulnérables sont des attaques contre les droits de tous. D'un océan à l'autre, les gens ont affirmé que l'État policier des élites dirigeantes n'est pas le Canada dans lequel ils veulent vivre, ce qui montre la nécessité de redéfinir le Canada sur une base moderne.

Le fait que la société cible et attaque de larges sections du peuple et rend tout son être vulnérable indique à la classe ouvrière et au peuple, aux Canadiens, aux Premières Nations et aux Québécois qu'ils ne doivent pas permettre à la dictature de Harper de poursuivre son offensive antisociale au-delà de l'élection fédérale cette année. Cela souligne la nécessité de faire des progrès important dans le travail du renouveau démocratique et de l'édification nationale pour défendre les droits de tous. C'est cela l'ordre du jour qui est devant nous.

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Le décès de Jacques Parizeau et les défis de la nation québécoise aujourd'hui

L'apport de Jacques Parizeau à la société québécoise

L'ancien premier ministre du Québec et chef du Parti québécois Jacques Parizeau est décédé le 1er juin 2015 à l'âge de 84 ans, après un dur combat contre la maladie et plusieurs mois d'épreuves difficiles. C'est par milliers que les gens ont défilé devant sa dépouille exposée en chapelle ardente le 6 juin au Parquet du siège social de la Caisse de dépôt et de placement du Québec à Montréal, qui portera désormais son nom, et le lendemain à la salle du Conseil législatif de l'hôtel du Parlement à Québec. Des funérailles d'État ont eu lieu le mardi 9 juin à l'église Saint-Germain d'Outremont, le cercueil du défunt recouvert d'un grand fleurdelisé, en présence de parents et amis et de personnalités du monde politique, académique et artistique venus lui rendre un dernier hommage. À l'extérieur de l'église, des centaines de personnes ont assisté à la cérémonie présentée sur un écran géant.


9 août 1930 - 1er juin 2015

Jacques Parizeau a consacré la majeure partie de sa vie à l'indépendance économique et politique du Québec et est un des principaux penseurs et acteurs du mouvement nationaliste qui a pris naissance au début des années soixante et qui a mené au référendum de 1995 sur la souveraineté du Québec. Sa contribution à l'histoire du Québec est si intimement liée à l'histoire de ce mouvement nationaliste qu'il est pratiquement impossible de revoir les réalisations de l'un sans revoir les réalisations de l'autre. Il a commencé sa carrière politique avec la naissance de ce mouvement et est décédé à l'heure d'une grande remise en question de toute cette période et à l'aube d'une période nouvelle dont les objectifs, les contours, l'étendue et la pertinence sont en voie de redéfinition. Parce qu'il a été fidèle à ses convictions il a pu apporter une contribution à la cause de l'avancement du Québec sur la voie du progrès.

Le nom de Jacques Parizeau est associé en particulier à la modernisation de l'État québécois dans ses vocations économiques, mais aussi au combat politique pour les droits nationaux du Québec. Il a été un acteur de premier plan de plusieurs développements importants de l'histoire moderne du Québec, pendant et au sortir de la Révolution tranquille, jusqu'au référendum de 1995. Il a continué de jouer un rôle de premier plan dans les débats et remises en question qui ont fait suite à l'échec de 1995, débats qui se poursuivent, qui s'étendent aux réalisations et aux échecs des institutions de la Révolution tranquille et dont les conclusions seront décisives pour la suite des choses.

Acteur de premier plan d'un vaste mouvement de modernisation
et d'épanouissement du Québec d'histoire récente

Le début des années soixante avait marqué un éveil à la nécessité de conquérir le pouvoir politique et économique et de bâtir la nation du Québec sur tous les plans, pour que les Québécois ne soient plus « porteurs d'eau, scieurs de bois, locataires et chômeurs dans notre propre pays ». Jacques Parizeau a été l'artisan de la création et du développement de plusieurs institutions économiques essentielles à l'édification nationale du Québec dans les années 1960, dont la Caisse de dépôt et de placement du Québec fondée en 1965, gigantesque dépositaire des fonds de pension des travailleurs québécois.

En plus de la Caisse de dépôt et de placement, deux de ses principales contributions aux sociétés d'État québécoises à vocation économique ont été la Société générale de financement (SGF) et le Régime d'épargne-actions.

La SGF a été créée par le gouvernement de Jean Lesage en 1962 dans le cadre des politiques de « maîtres chez nous » qui ont été développées dans les années 1960. En tant que conseiller économique du gouvernement Lesage, Parizeau a joué un rôle clé dans la création et le développement de la SGF. Dans un discours en 1961, Lesage avait dit que « le colonialisme économique n'est plus acceptable pour les Québécois » et qu'il fallait appuyer les industries du Québec et les aider à se diversifier. La SGF a été créée afin d'amasser des fonds de l'État, des institutions financières du Québec et d'individus. Elle avait le mandat d'aider les entreprises en difficulté financière et de contribuer à diversifier la base industrielle du Québec. Entre autres choses, la SGF a acquis des actions dans des entreprises, par exemple dans la sidérurgie et l'automobile et plus tard, dans les années 1970, dans Bombardier, et a aussi prêté de l'argent aux entreprises. Les activités de la SGF dans le secteur de l'acier ont préparé le terrain à la création de l'entreprise sidérurgique d'État SIDBEC en 1964, qui a été privatisée en 1994.

En tant que ministre des Finances du premier gouvernement du Parti québécois élu en 1976, Jacques Parizeau a mis sur pied le Régime d'épargne-actions (RÉA) en 1978. Celui-ci offrait des baisses d'impôt aux individus qui investissaient dans des entreprises québécoises, afin d'encourager les entreprises à s'inscrire en bourse. On estime que plusieurs compagnies québécoises sont devenues de grandes entreprises grâce au régime, comme le fabricant de pâtes et papier Cascades, le monopole des communications Québécor, le monopole de l'ingénierie et de la construction SNC-Lavalin, la chaîne de pharmacies Jean Coutu, Air Transat et plusieurs autres.

Avec la création de la Caisse de dépôt, les épargnes des Québécois accumulées dans les caisses de retraite, qui étaient jusque-là contrôlées par le gouvernement fédéral, étaient dorénavant déposées dans la Régie des rentes et gérées par l'État québécois. Dans les années qui suivirent, ces fonds étaient surtout investis dans des obligations d'épargne du gouvernement du Québec et d'Hydro-Québec. Mais en 1997, le Parti québécois au pouvoir a élargi le mandat de la Caisse pour lui permettre d'investir la majorité de son actif dans des actions. Il ne s'agissait plus d'investir dans le développement du Québec mais bien de profiter des occasions de rendement pour accroître les revenus. Cela s'inscrivait dans la tendance de l'offensive antisociale mondiale qui a pour caractéristiques de nier l'existence de la société et de sa responsabilité envers ses membres et de détruire les services et programmes publics et transférer une partie toujours plus grande de la richesse sociale entre les mains de grands intérêts privés en mal de capitaux d'investissement pour l'enrichissement privé. Pour ce qui est de la Caisse de dépôt, ce revirement a provoqué scandale après scandale et a mené à la dilapidation des épargnes des travailleurs lors de la crise économique de 2008-2009.

Les autres institutions économiques de la Révolution tranquille n'ont pas été capables elles non plus de résister à l'assaut du néolibéralisme. En 1994, SIDBEC, l'entreprise publique de la sidérurgie créée en 1964, a été accaparée par Ispat International, le monopole qui est plus tard devenu ArcelorMittal. Et quelques années plus tard, le Québec n'avait plus aucun moyen d'obliger ce monopole étranger à respecter ses engagements et à investir au Québec une partie des profits réalisés à même la valeur ajoutée produite par les travailleurs québécois.

Qu'est-il advenu des grands efforts pour assumer le contrôle de nos industries de base, comme l'acier, les mines, les forêts, l'agriculture, la fabrication de produits de première nécessité, l'énergie, le pétrole, le gaz naturel et le secteur financier ? La nationalisation de l'électricité, la création d'entreprises publiques comme SIDBEC (fer et acier), SOQUEM (mines), REXFOR (forêts), SOQUIP (pétrole) et, dans l'important secteur de la finance, la Société générale de financement, la Régie des rentes du Québec et la Caisse de dépôt et de placement n'ont pas rendu les Québécois maîtres chez eux.

Jacques Parizeau était lui-même de tous ces débats et toutes ces remises en question. La sincérité de son engagement l'a amené à remettre en question plusieurs des grands dogmes du néolibéralisme, notamment l'hystérie à propos du remboursement de la dette et les prétentions que les grands projets d'oléoducs vont faire plus que créer quelques centaines d'emplois.

Au coeur de l'échec des institutions de prise en main économique du Québec, il y a l'échec à investir le peuple du pouvoir politique pour être maître chez lui, une tâche qui est aujourd'hui encore plus urgente que jamais.

En chemin vers la demande d'un Québec moderne
et souverain qui défend les droits de tous

Après l'impasse créée par l'échec de l'Accord du Lac Meech puis du référendum de Charlottetown en 1992, rejeté par le peuple tant au Québec qu'ailleurs au Canada parce que perçu comme un refus de modernisation réelle des arrangements confédéraux et constitutionnels, c'est à l'initiative de Jacques Parizeau, alors premier ministre du Québec, qu'un référendum sur la souveraineté du Québec a été appelé pour le 30 octobre 1995. Le Parti marxiste-léniniste du Québec a salué cette décision comme un geste courageux qui allait permettre d'ouvrir une voie vers l'avant.

Bien que le référendum se soit terminé par une impasse, et qu'aucun des deux camps n'ait gagné, dans les annales du Québec Jacques Parizeau aura joué un rôle positif pour avoir eu le courage de proposer l'affirmation de la souveraineté du Québec.

Le référendum du 30 octobre 1995, on se souvient, s'est soldé par un vote de 49,42 % en faveur et 50,58 % contre, un écart de 54 288 voix. La période référendaire a vu l'État colonial anglo-canadien, avec le Parti libéral de Jean Chrétien au pouvoir appuyé par tout l'establishment canadien, y compris les grandes entreprises publiques et privées comme Via Rail, Air Canada et Radio-Canada utiliser la campagne de peur la plus vile et toutes sortes de tactiques illégales en égard à la loi référendaire du Québec pour assurer la victoire du Non.

Mais la défaite du Oui s'explique aussi par l'incapacité à convaincre la vaste majorité des citoyens et résidents du Québec de la nécessité d'affirmer leur souveraineté en tant que nation au-delà des différences de langue, d'origine, de religion, voire de conviction politique.

Au lendemain de l'échec de Meech, le Parti marxiste-léniniste du Québec (PMLQ) écrivait :

« Notre Parti est d'avis qu'avec l'échec du Lac Meech, on peut maintenant affirmer avec certitude que pour une solution aux problèmes qui se posent au peuple du Québec, on ne peut plus rester dans les confins d'une constitution fondée sur l'Acte de l'Amérique du Nord britannique. Nous croyons que le peuple du Québec a besoin d'une nouvelle constitution, d'une constitution qu'il aura lui-même choisie sans ingérence extérieure, une constitution qui sera démocratique et qui exprimera la volonté populaire et servira à bâtir un avenir pour la nation. [...] Or, nous croyons que l'exercice du droit à l'autodétermination par le peuple du Québec, agissant en tant que nation, est un prélude nécessaire à la solution de tous les autres problèmes qui se posent pour le peuple et une condition indispensable pour bâtir l'avenir de la nation. » (Mémoire du Conseil national du PMLQ, 2 novembre 1990)

L'élite anglo-canadienne dominante, son extension au Québec et ses médias monopolisés s'accrochent désespérément à des arrangements tellement dépassés et en crise que leur « solution » est de ne pas en parler ! C'est ce qu'a dit Stephen Harper lors de son passage au Lac-Saint-Jean l'année dernière quand il a laissé entendre que c'est à lui que revenait le mérite d'avoir « résolu » la question du Québec en refusant tout simplement d'en parler. Ce désespoir amène l'élite dominante à diviser le corps politique sur toutes les bases, tantôt sur la langue et l'origine nationale, tantôt sur la religion, tantôt selon qu'on est « à gauche » ou « à droite » en termes de politiques sociales, tout pour subvertir l'exercice collectif du droit à l'autodétermination.

L'incapacité du mouvement pour l'indépendance de sortir de ces carcans, qui comprend maintenant aussi une opposition quasi haineuse entre partisans de politiques sociales « de gauche » et « de droite », explique aussi l'échec à mobiliser la vaste majorité des Québécois autour d'un projet commun d'État souverain et moderne et d'un Québec qui défend les droits de tous. (À cet égard nous reproduisons ci-dessous l'article « L'unité de tous les secteurs de la société est indispensable pour l'affirmation de la souveraineté du Québec » paru dans Le Marxiste-Léniniste quelques jours après le référendum du 30 octobre 1995 et qui porte sur le sentiment exprimé par monsieur Parizeau le soir du référendum.)

Au lendemain de la défaite du référendum de 1995, il était évident qu'il fallait mettre tout en oeuvre pour ne plus cantonner le projet de souveraineté dans une définition dépassée et restreinte de la nation. Beaucoup ont reconnu cette réalité. Un État moderne ne se construit pas en fonction de la descendance. Un État moderne se construit autour de grands idéaux et un des grands idéaux de l'ère moderne est la création d'un système politique dans lequel tous ont des droits qui sont garantis du fait qu'ils sont des êtres humains.

Beaucoup d'efforts ont été faits après le référendum de 1995, y compris par Jacques Parizeau dans ses interventions politiques après sa démission en tant que premier ministre, pour élargir le mouvement d'indépendance nationale et « tendre la main » aux minorités nationales. Or, sans embrasser résolument et emphatiquement la définition moderne de la nation, on retombe dans ce qu'on appelle le modèle d'« intégration », le modèle européen ou français qui est l'autre versant du multiculturalisme canadien raciste à la moelle. Le Parti québécois n'a pas été capable de s'élever bien au-dessus de la nation « française » ou « francophone ». Par contre, il existe un profond mouvement parmi la jeunesse en faveur d'un Québec moderne et souverain qui défend les droits de tous et qui est le désir de tous ceux et celles qui vivent au Québec et ce mouvement est porteur de beaucoup d'espoir.

On doit à la modestie de Jacques Parizeau d'avoir admis l'échec à cet égard et de s'en être remis à la jeune génération pour ouvrir une voie vers l'avant. C'est à l'éducation de la jeunesse qu'il a consacré la majeure partie de ses dernières années. Cet appel est au coeur de son dernier discours politique, celui de septembre 2014 à Montréal devant un millier de personnes à l'événement DestiNation.

Le Parti marxiste-léniniste du Québec croit que Jacques Parizeau aura une place d'honneur dans les annales du Québec pour sa contribution à l'indépendance et à la modernisation du Québec sur plusieurs fronts, avec un engagement politique qui s'étend sur presque cinq décennies et auquel il est resté fidèle jusqu'aux derniers moments de sa vie. Le décès de Jacques Parizeau doit être l'occasion d'une réflexion sur les défis de la nation québécoise aujourd'hui.

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L'unité de tous les secteurs de la société
est indispensable pour l'affirmation
de la souveraineté du Québec
- Le Marxiste-Léniniste quotidien, 13 novembre 1995 -


Jacques Parizeau, premier ministre du Québec et chef du comité officiel du Oui, a déclaré lundi soir, après l'annonce de l'impasse créée par le référendum: «Notre pays est à notre portée.» Il a fait appel aux Québécois d'être calmes. «Soyez souriants même si ce n'est pas facile et gardez à l'esprit cette solidarité qui grandit, cette solidarité des générations, cette solidarité des gens de droite et de gauche, la solidarité du mouvement syndical et des patrons, des chômeurs et de ceux qui ont des emplois, tous ensemble.»

Il a conclu son discours en disant: «Ici au Québec nous n'allons pas nous sacrifier dans ce virage vers la droite que prend le reste du Canada. Nous allons démontrer que nous sommes capables, même si nous n'avons pas encore un pays, que nous allons élever une société française qui a le coeur à la bonne place, et à la fin, nous aurons notre revanche et nous aurons notre pays. Vive l'espoir, vive le Québec.» Au début il avait déclaré: «Nous avons fait bonne bataille» et «on se crache dans les mains et on recommence ».

Et enfin il a prononcé ces paroles dont les libéraux et les médias se sont scandalisés: «C'est vrai que nous avons été vaincus, mais fondamentalement par quoi? Par l'argent et le vote ethnique. Tout ce que ça veut dire, c'est que la prochaine fois, au lieu que nous soyons 60 % ou 61 % en faveur, nous serons 63% ou 64%.»

Tout le discours de M. Parizeau trahit une sorte de confiance nécessaire lorsqu'un peuple se donne un objectif respectable comme le grand projet d'édification nationale. Parizeau a raison de noter différentes choses. Ses observations sont celles d'une personne submergée dans son combat pour l'édification nationale. Mais il ne reconnaît pas que les différents éléments disparates concourent au même objectif de l'édification nationale. Par contraste, Jean Chrétien, les libéraux et leurs compagnons d'armes sont incapables de la moindre observation; ce sont carrément des réactionnaires, une bande d'individus qui cherchent à sauvegarder le statu quo en recourant à l'hystérie, au faux patriotisme et au chauvinisme, en usant de leur pouvoir plein d'arrogance contre les forces du changement.

Parizeau reconnaît que tous les secteurs de la société doivent viser le même but, celui de l'édification nationale. Il reconnaît également l'existence d'un mouvement social en devenir qui enjoint les Québécois à s'unir de façon pondérée pour ensemble décider de leur avenir en tant que peuple indépendant et en tant que peuple désirant l'émancipation sociale. Il éprouve de la difficulté à saisir que le peuple québécois, le nouveau mouvement social, ne réclame pas une «société française» mais une société québécoise dans laquelle existent un groupe ethnique majoritaire francophone mais aussi un tas de minorités nationales toutes unies derrière le même objectif d'édification nationale. En l'absence d'une compréhension profonde de ce mouvement, il perd confiance dans les «groupes ethniques», croyant qu'ils seront toujours contre les «Français», et mise tous les espoirs sur le fait qu'«au lieu que nous soyons 60 % ou 61 % en faveur, nous serons 63 % ou 64 %». Il croit qu'une majorité ethnique peut bâtir un État moderne toute seule. Un État moderne ne se construit pas en fonction de la descendance. Un État moderne se construit autour de grands idéaux et un des grands idéaux de l'ère moderne est la création d'un système politique dans lequel tous les êtres humains ont des droits. L'État moderne n'a pas d'autre considération.

On a immédiatement sauté sur les propos de Parizeau pour délibérément éclipser la discussion sur l'avenir du Québec. Les libéraux et d'autres ont interprété ces propos comme étant «racistes». Ces propos sont de la bouche d'une personne qui a milité très fort pour un Québec indépendant. Il sait, lui, comment le gouvernement fédéral et d'autres se servent des «groupes ethniques» comme d'une force contre la création d'un État indépendant. Toute personne politique sait quels propos tiennent les «leaders ethniques» qui obtiennent le soutien du gouvernement fédéral dans leurs entreprises personnelles. Ils tiennent des propos très provocateurs, ils parlent de découper le Québec. N'ont-ils pas pour rôle de se nier à eux-mêmes et à leur communauté l'option de la souveraineté de concert avec tous les autres Québécois? Oui, et semble-t-il avec enthousiasme. Bon nombre d'entre eux déclarent ouvertement craindre de perdre les subventions fédérales ou leurs postes si les Québécois affirment la souveraineté du Québec - une menace étayée par Jean Chrétien et les libéraux tout au long de la campagne. Des sommes ont été versées à des individus et à des entreprises dans cet effort concerté pour priver la nation du Québec de la souveraineté. Il n'y a pas seulement les «démonstrations d'unité» de dernière minute ou les appels interurbains gratuits enfreignant la loi sur la consultation populaire du Québec. Non, il y a aussi et surtout la pratique permanente de corruption des leaders ethniques. C'est l'accommodement de gens en position d'influence par des promesses d'emplois, de subventions et d'autres récompenses pour atteindre des fins politiques. Les libéraux sont passés maîtres dans ce genre de chose, pas seulement à Montréal, mais dans tout le pays. Jean Chrétien et les libéraux qui se formalisent des commentaires de Jacques Parizeau font comme le voleur qui crie «Au voleur!». Chrétien, les libéraux et beaucoup d'autres, comme le NPD par exemple, se sont discrédités durant cette campagne référendaire.

Traiter Parizeau de «raciste» c'est se lancer dans des attaques personnelles. C'est aussi détourner l'attention de l'essentiel de ce qu'il a dit. Nous ne sommes pas d'accord avec ce qu'il a dit et avons écrit qu'il a tort de blâmer le «vote ethnique». Mais nous avons poursuivi l'analyse et cherché la signification des résultats du référendum. Il est fort probable que beaucoup n'apprécient pas nos opinions, mais réagir en citant tel ou tel propos hors contexte, en lançant des attaques de nature personnelle, cela est inexcusable. À notre avis c'est ce qu'ont fait Chrétien et les libéraux tout au long de la campagne et depuis la fin du référendum. Leur comportement a eu pour conséquence d'avilir la discussion politique durant et après le référendum sur tous les sujets d'importance capitale pour le peuple.

Il est excellent que Parizeau reconnaisse qu'il se passe quelque chose de nouveau au Québec aujourd'hui. Il parle de «cette solidarité qui grandit». Malheureusement il ne va pas plus loin, ce qui l'empêche de conclure que le comité officiel du Oui n'a pas su pleinement mettre à profit «cette solidarité qui grandit» pour en faire une force décisive dans l'affirmation de la souveraineté du Québec. On ne peut pas comprendre les résultats du référendum sans comprendre cette faiblesse du comité officiel du Oui. Il n'a pas su unir tous les secteurs de la société en une grande force derrière un même objectif, celui d'obtenir un Oui fort, ce qui était nécessaire à l'affirmation de la souveraineté. Le fait que Parizeau parle d'une victoire sans les «groupes ethniques» est signe qu'il ne comprend pas l'importance de «cette solidarité qui grandit». Sa vision d'une «société française» est par ailleurs signe de myopie car un État moderne ne se définit pas par la langue ou la descendance. L'État moderne reconnaît l'ethnie de la majorité, de même que des minorités, mais seulement dans la mesure où il veut créer les conditions nécessaires à l'épanouissement de toutes les cultures. Au sens politique, l'État moderne ne reconnaît rien d'autre que des citoyens jouissant tous des mêmes droits et des mêmes devoirs.

Cette «solidarité qui grandit» n'est pas entre «la gauche et la droite» mais autour d'une réalité propre à la période que nous vivons où toutes les forces sont appelées à jouer un rôle dans l'affirmation de la souveraineté du Québec. Cette réalité exige que les partis de la majorité politique reconnaissent les partis de la minorité politique pour que tous puissent contribuer à l'affirmation de la souveraineté. Cela n'a pas été fait durant le référendum. Il ne s'agit évidemment pas de fusionner les idéologies et les convictions politiques; non, il s'agit de mobiliser tous les secteurs de la société autour d'un même objectif, celui d'affirmer la souveraineté de la nation du Québec. En écartant de nombreux secteurs de la société du courant politique principal, le Comité officiel du Oui est tombé dans le piège de Chrétien et des libéraux. Le Comité du Non, lui, a pourtant su utiliser toutes les forces, petites ou grandes, qui nient l'existence de la nation du Québec et refusent au peuple du Québec son droit d'affirmer sa souveraineté maintenant. Pendant que Chrétien et les libéraux incitaient toute personne et tout groupe qui s'oppose à la souveraineté du Québec par rancune ou pour des motifs cachés, le Comité officiel du Oui n'a pas su reconnaître les forces positives qui pouvaient jouer un rôle crucial dans le dénouement du référendum.

Parizeau fait un point important lorsqu'il dit: «Ici au Québec nous n'allons pas nous sacrifier dans ce virage vers la droite.» L'idée est bonne mais elle manque de substance, elle demeure une abstraction. En pratique elle mêle la cause de la nation qui regroupe tout le monde et la cause de l'émancipation sociale qui, elle, ne fait pas l'affaire de tout le monde. Le fait que le référendum se soit soldé par une impasse demeure inexplicable si l'on ne voit pas que diverses forces ont confondu le point de convergence de l'affirmation de la souveraineté et la cause de l'émancipation sociale.

En fin de compte, les propos de M. Parizeau, ceux que nous avons cités et d'autres, méritent d'être discutés. Il ne faut accorder aucune attention aux remontrances présomptueuses de Jean Chrétien et des libéraux; c'est ainsi qu'agissent des gens enivrés par leur pouvoir, bravaches parce qu'ils ont le soutien des monopoles du pays et de l'étranger. Chacun sait qu'un tonneau vide fait beaucoup de bruit. Chrétien et les libéraux font beaucoup de bruit mais ils n'ont rien de substantiel à proposer pour résoudre la crise économique, la crise financière et budgétaire, la crise constitutionnelle. Il fait leur affaire de tout réduire à des attaques personnelles et d'abaisser encore plus le niveau du débat politique avec leur comportement grotesque à la Chambre des communes. Ils dévient toute discussion dans une voie sans issue de sorte que les questions de fond ne soient jamais abordées. Les autres forces politiques ne sont pas obligées de s'abaisser à leur niveau. Le comportement grotesque de Chrétien et des libéraux doit servir de ligne de démarcation entre ceux qui désirent sortir de la crise du fédéralisme canadien et ceux qui s'y opposent.

Il est nécessaire de commencer tout de suite un échange de points de vue, d'observations, d'analyses et de propositions sur comment mobiliser toutes les secteurs de la société derrière l'objectif commun d'affirmer la souveraineté de la nation. Quant au reste du Canada, la classe ouvrière doit s'affairer immédiatement à créer une situation favorable à l'édification de la nation du Canada comme force pouvant satisfaire non seulement les aspirations des Canadiens mais aussi la reconnaissance de la souveraineté de la nation du Québec. Les peuples autochtones devront faire pareil. Une des déficiences de la vision de Jacques Parizeau est qu'elle s'arrête aux frontières du Québec. Il a peut-être ses raisons mais la classe ouvrière ne peut absolument pas se permettre l'esprit de clocher. Elle puise une force énorme au-delà des frontières, elle est forte de l'appui et de l'unité fraternelle.

Quant à «cette solidarité qui grandit», il est impératif d'en comprendre immédiatement toute l'ampleur. Tous les secteurs de la société doivent être unis autour de l'objectif commun qu'est la souveraineté du peuple du Québec.

En plus de Jacques Parizeau qui s'apprête à se retirer de la vie politique, Lucien Bouchard et d'autres songent aussi à ce qui va se produire maintenant. Ils sont conscients que l'option de l'affirmation de la souveraineté du Québec est réalisable dans un proche avenir. Mais il y a d'autres considérations. À notre avis, ces considérations étaient présentes durant le référendum et ont été ignorées, ou du moins on ne leur a pas accordé toute l'attention qu'elles méritent. Une de ces considérations est le caractère et l'avenir du Bloc québécois. De par son nom et son objectif, ce bloc devait réunir toutes les forces politiques favorables à la souveraineté. Il est grand temps qu'il le fasse. Si toutes les forces politiques sont réunies en un seul bloc, ensemble elles auront un poids décisif. Ensemble elles peuvent arracher tous les 75 sièges du Québec à Ottawa aux prochaines élections fédérales, ce qui prouverait que la vaste majorité des forces politiques sont en faveur de la souveraineté du Québec. La souveraineté du Québec pourrait se réaliser avant les prochaines élections fédérales. Ce serait excellent, mais il n'est pas sage de laisser les choses au hasard. Pour défaire Chrétien et les libéraux, la majorité politique du Québec doit accueillir toutes les forces politiques autour de l'objectif commun d'affirmer la souveraineté de la nation du Québec.

Nous sommes convaincus que l'impasse sur laquelle a débouché le référendum du 30 octobre est essentiellement attribuable à la faiblesse du camp du Oui, à ses lacunes à caractère politique en dépit de tous les efforts qui y ont été investis. Ces déficiences doivent être surmontées si l'on veut que la souveraineté du Québec soit affirmée. Dans la mesure où il est question de l'avenir du Québec, toutes les forces politiques doivent mettre de côté leurs différends et chercher l'unité de tous les secteurs de la société pour l'affirmation de la souveraineté du Québec. Le PCC(M-L) a agi dans ce sens durant le référendum en dépit des obstacles et difficultés et il continuera de le faire à l'avenir. Le résultat du référendum aurait été entièrement différent si toutes les forces politiques avaient su faire preuve de suffisamment de largesse d'esprit pour placer l'affirmation de la nation du Québec au-dessus de toute autre considération. Cette «solidarité qui grandit» saura faire échec aux forces intérieures et extérieures qui voudraient empêcher le peuple du Québec de saisir avec enthousiasme l'option de l'affirmation de la souveraineté du Québec. Un Québec souverain sera une réalité si cette largesse d'esprit pour la cause nationale parvient à s'imposer.

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Le premier ministre du Canada se rend en Europe

La campagne d'agression de Harper montre la nécessité d'un gouvernement antiguerre


Le premier ministre du Canada a visité l'Europe du 5 au 11 juin et est allé en Ukraine, en Allemagne, en Pologne et en Italie. Partout où il est allé, il a utilisé l'occasion pour déshonorer les Canadiens et le Canada en faisant la promotion de la guerre et de l'agression en leur nom. La visite du premier ministre a illustré à quel point la situation est dangereuse quand le peuple est privé du pouvoir politique de former un gouvernement antiguerre qui agit comme une force de paix dans le monde. Ce voyage à l'étranger s'inscrit dans un effort désespéré, avant l'élection fédérale, pour entraîner le Canada aussi profondément que possible dans les affaires des sections les plus réactionnaires de l'impérialisme anglo-américain qui mènent l'humanité à une conflagration mondiale.

Un engagement répété envers les milices néonazies

À son arrivée en Ukraine le 5 juin, le premier ministre Harper a été reçu par le président Petro Poroshenko et le premier ministre Arseni Yatseniouk. Harper avait amené avec lui des représentants d'organisations ukrainiennes du Canada de même que les députés conservateurs Ted Opitz, James Bezan et Wladyslaw Lizon et le sénateur Raynell Andreychuk.

La visite du premier ministre en Ukraine fait partie de son intervention continuelle dans ce pays et de son soutien aux forces fascistes qui mènent une guerre brutale contre les Ukrainiens de l'est qui sont opposés aux arrangements actuels et au coup d'État qui a eu lieu l'an dernier à Kiev.

Harper s'est joint à Poroshenko et à Yatseniuk pour agiter le spectre de « l'agression russe » pour camoufler les crimes du régime putchiste de Kiev et de ses supporteurs aux États-Unis et au Canada. Suite à sa rencontre avec Harper, Yatseniouk a dit qu'un accord de libre-échange entre le Canada et l'Ukraine pourrait bien être finalisé d'ici trois mois. À une académie de police à Kiev, Harper a annoncé que le Canada va fournir 5 millions $ pour un projet visant à envoyer 10 officiers de police canadiens en Ukraine, en coopération avec les États-Unis, pour « réformer » la sécurité du pays et créer une nouvelle police civile. Ce montant fait partie d'un fonds de 18 millions $ annoncé en avril.

L'objectif principal de la visite était de confirmer ces engagements de financement déjà annoncés de même que l'engagement du Canada à envoyer du personnel militaire canadien pour former la Garde nationale fasciste d'Ukraine. On craint que cette aide bénéficie directement aux forces néonazies. Bien que Harper et le ministre de la Défense aient dit que l'argent et la formation n'iront pas aux organisations néonazies, cela ne convainc personne.

« Nous n'allons pas commencer à former des milices ad hoc... Nous allons seulement former les unités de la Garde nationale et de l'armée qui sont reconnues par le gouvernement de l'Ukraine », avait dit plus tôt le ministre Kenney.

La Garde nationale est sous les ordres du ministère des Affaires intérieures de l'Ukraine qui est lui-même sous le contrôle des partis néonazis Svoboda et Secteur droit. En fait, la Garde nationale porte des insignes néonazis sur ses uniformes. Le bataillon principal de la Garde nationale sous les ordres du ministère des Affaires intérieures est le Bataillon Azov, qui est commandé par des fascistes ouverts et appuyé par le Canada. La Garde nationale a été formée à même les milices ad hoc suite au coup de Kiev et la guerre dans l'est de l'Ukraine.

Le 10 juin, la Chambre des représentants des États-Unis a approuvé un amendement au Defense Appropriations Act (la loi annuelle des programmes budgétaires de la défense) qui interdit textuellement aux forces militaires des États-Unis de fournir de la formation au Bataillon Azov de la Garde nationale. L'amendement a été proposé par le représentant du Michigan John Conyers qui a dit que le Bataillon Azov est « ouvertement néonazi ». Son commandant, le député ukrainien Andriy Biletsky, est un suprémaciste blanc qui prêche ouvertement des points de vue hitlériens.

Harper a fait sa visite au moment où une offensive militaire majeure était menée contre les régions de l'est de l'Ukraine en violation de l'accord de cessez-le-feu de Minsk II. Des observateurs de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) qui travaillent en Ukraine de l'Est ont rapporté que les forces de Kiev transféraient de l'artillerie lourde vers le front et que plusieurs civils avaient été tués dans la région de l'est. Le porte-parole de l'OSCE, Michael Borciukiw a dit avoir entendu des centaines d'explosions dans le Donesk pendant la visite de Harper, ajoutant que « c'est quelque chose que nous n'avions jamais vu encore ».

Au Sommet du G7 en Allemagne les 7 et 8 juin, le premier ministre a rempli sa promesse de mettre la question de « l'agression russe » au centre de l'ordre du jour de la réunion. Alors qu'il était en Allemagne, Harper a rencontré Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne, Donald Tusk, le président du Conseil européen, de même que le premier ministre du Royaume-Uni David Cameron et la chancelière allemande Angela Merkel. Selon le bureau du premier ministre, chaque rencontre a été l'occasion de promouvoir sa position belliciste sur l'Ukraine.

En tant qu'hôte du Sommet, la chancelière allemande Angela Merkel a proposé que la réunion adopte une résolution visant à éliminer la dépendance aux combustibles fossiles d'ici 2050, laquelle a été bloquée par les délégations canadienne et japonaise. La réunion a par la suite adopté une résolution similaire appelant cette fois à l'arrêt de leur utilisation d'ici 2100. Le premier ministre du Canada a qualifié cet objectif d'« aspiration », ne s'engageant pas à faire quoi que ce soit pour y arriver. Il a dit que c'est seulement par des progrès technologiques que cet objectif peut être atteint. La décision n'engage pas le gouvernement Harper à faire quoi que ce soit et le gouvernement n'a pris aucun engagement vis-à-vis le développement des technologies qu'il dit si nécessaires à la réalisation de l'objectif du G7.

À la fin du Sommet, Harper a admis que ses efforts pour amener le Canada en guerre contre la Russie et l'isoler ont débuté avant le coup de 2014 en Ukraine et la guerre civile qui a suivi pour laquelle il blâme la Russie.

« J'en suis venu à penser, quelque temps avant l'invasion de l'Ukraine, que sa présence à la table du G7 n'était pas productive, en fait, qu'elle allait nuire au genre de discussions et de coopération que nous pourrions avoir sur un vaste éventail de questions internationales. »

Il a ajouté :

« ...Le G7 regroupe des pays qui partagent des valeurs et des objectifs fondamentaux dans le monde.

« Nous partageons des valeurs, profondes et progressistes et un engagement agressif envers la démocratie, la liberté, les droits humains et la primauté du droit, et bien sûr nous avons des intérêts de sécurité communs. »

Une visite en Pologne dans le but d'encercler la Russie

Suite au Sommet du G7, le premier ministre a visité la Pologne et y a rencontré le président Bronislaw Komorowski et la première ministre Ewa Kopacz, tandis que le ministre de la Défense rencontrait des responsables militaires polonais à Varsovie.

Le 9 juin, à Varsovie, Harper a annoncé que des membres du personnel des Forces armées du Canada se joindraient au centre de commandement de l'OTAN qui est en train d'être établi à Szczecin, en Pologne, dans le cadre des efforts pour encercler et isoler la Russie. Le premier ministre a dit que le gouvernement canadien envisage aussi se joindre à la force d'intervention rapide de l'OTAN qui peut intervenir dans des « zones de crise » en 48 heures.

Plus tard dans la journée, la farce de « l'agression russe » a tourné au grotesque lorsque le premier ministre et son ministre de la Défense sont montés à bord du navire canadien HMCS Fredericton stationné en mer Baltique dans le cadre de l'opération REASSURANCE, une mission en appui au renforcement militaire de l'OTAN le long des frontières de la Russie. Des centaines de soldats canadiens sont stationnés en Pologne depuis le lancement en mai 2014 de l'Opération REASSURANCE. L'armée et la marine canadiennes prennent part à l'heure actuelle à l'exercice BALTOPS, un exercice militaire annuel dirigé par les États-Unis qui se tient du 5 au 20 juin et mobilise 5600 soldats de divers pays.

Tout un tintamarre a été fait, dont des propos incohérents et du pointage de doigt de la part du ministre de la Défense, quand des navires russes ont été vus à une certaine distance du navire. La présence de frégates russes à sept milles nautiques de distance dans une mer où ce pays possède des côtes de 839 kilomètres est devenue un signe d'agression et les médias ont parlé de bateaux qui se « tenaient dans l'ombre » du navire canadien, l'ont « approché » et « suivi ». Le fait que pour un pays comme la Russie, qui possède de grands ports et une base navale sur la côte balte, cela n'ait rien d'anormal que ses navires se retrouvent dans ces eaux n'a  pas été jugé une raison suffisante pour faire cesser l'hystérie. On n'a pas demandé non plus pourquoi le gouvernement canadien se donne le droit de faire ce geste agressif et provocateur de faire naviguer ses navires de guerre en mer à plus de 5000 kilomètres des côtes du Canada !

Le commandant canadien Jeff Murray a cependant fait remarquer, une fois le HMSC Fredericton revenu au port, que « c'est normal et prévisible que des navires russes vont opérer en mer Baltique... Leur présence n'a jamais menacé personne. »

Une tentative d'impliquer le Vatican

À la fin de sa visite en Europe, le premier ministre a eu droit à une audience de dix minutes avec le pape François le 11 juin au Vatican. Harper a utilisé les dix minutes qu'il avait pour continuer de promouvoir le régime putchiste d'Ukraine et l'encerclement de la Russie par l'OTAN. Selon un communiqué du bureau du premier ministre, celui-ci « a parlé de la situation en Ukraine et a exprimé ses profondes préoccupations relativement à l'agression, à l'occupation et à la violence de Vladimir Poutine en Ukraine » et a exprimé sa préoccupation pour les minorités religieuses dans divers parties du monde.

Un message Twitter de Harper daté du 11 juin invite le pape à « me joindre au Canada en 2017 à l'occasion du 150e anniversaire de la Confédération », semblant prendre pour acquis qu'il va être réélu cette année.

Pendant ce temps, le ministre associé de la Défense visitait le Commandement de la force conjointe alliée à Naples (le JFC) le 10 juin. Le JFC, un centre de commandement de l'OTAN qui comprend des soldats canadiens, a été créé en 1951 dans le cadre de l'occupation américaine de l'Europe, après la guerre, pour contenir le communisme.

Selon le département de la Défense nationale, les tâches du JFC de Naples comprennent « la planification et l'exécution d'opération militaire de l'OTAN dans le but de maintenir la paix, la sécurité et l'intégrité des territoires des membres de l'OTAN, ainsi que la contribution à la gestion des crises et la mise en oeuvre de mesures dissuasives, en s'assurant que les quartiers généraux et que les forces nécessaires sont au niveau de disponibilité opérationnelle requis ».

Le JFC est commandé par un amiral américain, secondé d'un vice-commandant canadien et d'un chef de personnel italien.

La visite du premier ministre en Europe et sa participation au sommet du G7 exposent encore une fois aux yeux de tous l'extrémisme du gouvernement guerrier de Stephen Harper. Les activités des conservateurs de Stephen Harper, qui font partie de l'agression et de la provocation des États-Unis et de l'OTAN contre la Russie, mènent l'humanité au bord d'une nouvelle guerre dévastatrice alors que ce qui est requis aujourd'hui, c'est la diplomatie, la discussion responsable et la négociation pour résoudre les différends entre les États. Les Canadiens s'opposent au bellicisme effréné de ce gouvernement et à son appui aux ambitions impérialistes. C'est le temps maintenant de nous organiser et de préparer les conditions pour un gouvernement antiguerre.

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Sommet du G7 en Allemagne

La réunion des grandes puissances confirme
les plans de guerre et d'occupation


Manifestations le 6 juin 2015 contre le sommet du G7 à Elmau, en Allemagne

Les dirigeants du Groupe des sept grandes puissances (G7) se sont réunis les 7 et 8 juin à Elmau, en Bavière allemande, dans le cadre de leur sommet annuel. Il s'agit du deuxième sommet depuis que la Russie a été expulsée du Groupe des huit en 2014, en guise de représailles suite au référendum par lequel le peuple de Crimée a décidé de quitter l'Ukraine et de se joindre à la Fédération de la Russie. Les membres restants du G7 sont les États-Unis, le Japon, l'Allemagne, la France, la Grande-Bretagne, l'Italie et le Canada. L'Union européenne y est aussi représentée.

Le communiqué final du sommet du G7 de juin ne laisse aucun doute à l'effet que les valeurs et les principes des dirigeants impérialistes sont partagés par tous. Selon le communiqué : « Guidés par nos valeurs et nos principes communs, nous sommes déterminés à travailler en étroite collaboration pour relever les défis économiques et politiques internationaux de notre temps. »

Déclaration finale du G7

Le communiqué énumère les défis qui, selon les dirigeants du G7, représentent des obstacles à leurs économies capitalistes monopolistes : « Bon nombre de nos économies fonctionnent en deçà de leur capacité et il faut redoubler d'efforts pour atteindre notre objectif — une croissance solide, durable et équilibrée. Le chômage dans les pays du G-7 est encore trop élevé, même s'il a considérablement diminué au cours des dernières années. Nous demeurons aussi confrontés à des défis tels que la faiblesse prolongée des taux d'inflation, de même que la faiblesse des investissements et de la demande. Mentionnons aussi la forte dette des secteurs public et privé, les déséquilibres internes et externes soutenus, les tensions géopolitiques ainsi que la volatilité des marchés financiers. »

Face à ces défis, les participants au sommet s'engagent à poursuivre la même direction néolibérale « en protégeant les droits de propriété intellectuelle ; en soutenant les investissements privés par l'instauration d'un climat favorable aux affaires, en particulier pour les petites et moyennes entreprises ; en veillant à ce que les investissements publics soient suffisants ; en faisant la promotion de l'investissement dans des infrastructures de qualité pour corriger les lacunes grâce à la mobilisation efficace des ressources en partenariat avec le secteur privé et en augmentant la productivité par la mise en oeuvre de nouvelles réformes structurelles ambitieuses. [...] Nous avons établi pour l'avenir les priorités suivantes : une mise en oeuvre complète, cohérente et rapide des réformes convenues sera essentielle pour garantir un système financier mondial qui soit ouvert et résilient. »

Consolidation du droit de monopole à l'échelle mondiale

En réaction aux nombreuses critiques de leurs manigances pour payer les riches et visant à dépanner leurs monopoles préférés à même les fonds publics, les dirigeants du G7 ont convenu de changer le nom des compagnies dites « trop grosses pour faire faillite » en institutions « mondiales d'importance systémique. » Plus particulièrement, au sujet des institutions financières, les dirigeants du G7 ont dit : « Nous restons déterminés à adopter la norme internationale commune proposée sur la capacité d'absorption totale des pertes des institutions d'importance systémique. »

Au sujet des problèmes flagrants dus au parasitisme et à la décadence du système impérialiste par lequel la richesse sociale colossale est échangée mondialement, siphonnant les économies socialisées des fonds nécessaires pour leur développement et pour répondre aux besoins du peuple, les dirigeants impérialistes ont fait valoir l'importance de consolider leur contrôle monopoliste mondial et de combattre tout effort visant à restreindre le droit de monopole. Dans le communiqué, on peut lire : « Afin d'aider à réduire les risques systémiques et à accroître la transparence, nous tenons aussi à souligner l'importance d'une coopération transfrontalière accrue dans le domaine de la réglementation financière pour augmenter l'efficacité des règlements, surtout en ce qui concerne la réforme en matière de redressement et de marchés des instruments dérivés. »

Aussi, afin de consolider leur ingérence dans les affaires d'autres pays, de contrôler leurs transactions financières et d'espionner leurs activités, les dirigeants impérialistes du G7 déclarent : « Nous nous engageons à promouvoir fortement l'échange automatique de renseignements sur les règles fiscales internationales. Nous nous réjouissons en outre de la mise en oeuvre rapide de la nouvelle norme mondiale pour l'échange automatique de renseignements d'ici la fin de 2017 ou 2018, y compris par tous les centres financiers qui doivent suivre les procédures législatives nécessaires. Nous exhortons également les administrations qui ne l'ont pas fait encore, ou l'ont fait de manière insuffisante, à se conformer rapidement à la norme internationale sur l'échange de renseignements sur demande. »

L'évasion fiscale et la corruption rampante des riches est une arme permettant d'étendre leur contrôle sur les autres et d'imposer leurs sanctions et leurs blocus économiques contre tous ceux qui s'opposent à eux. Voilà pourquoi les dirigeants du G7 écrivent : « Nous reconnaissons l'importance de la transparence en matière de propriété effective pour lutter contre l'évasion fiscale, la corruption et les autres activités qui génèrent des flux financiers illicites. »

La promotion du libre-échange comme fer de lance économique de la mondialisation impérialiste pour attaquer les droits des nations et des peuples partout

En dépit de l'opposition massive de tous les pays concernés, y compris le Canada, les dirigeants du G7 ont réitéré leurs opinions néolibérales sur le libre-échange en tant que moyen de consolider le droit de monopole mondialement et d'attaquer les droits souverains des nations de développer leurs propres économies comme elles le jugent nécessaire, de restreindre le droit de monopole et de servir l'intérêt public :

« Favoriser la croissance économique mondiale en réduisant les obstacles au commerce demeure impératif et nous réaffirmons notre volonté de préserver l'ouverture de nos marchés. Nous demeurons engagés à réduire les obstacles au commerce et à améliorer la compétitivité en prenant des mesures unilatérales visant à libéraliser nos économies. Nous nous félicitons des efforts en cours pour conclure de nouveaux accords de libre-échange (ALE) bilatéraux et régionaux, à la fois ambitieux et rigoureux, et nous nous réjouissons à l'avance des progrès rapides dans les négociations plurilatérales, y compris l'Accord sur le commerce des services (ACS), l'élargissement de l'Accord sur les technologies de l'information (ATI) et l'Accord sur les biens environnementaux (ABE). Nous saluons les progrès accomplis dans le cadre des grandes négociations commerciales en cours, notamment le Partenariat transpacifique (PTP), le Partenariat transatlantique de commerce et d'investissement (PTCI) ainsi que l'accord de partenariat économique UE-Japon. Nous nous félicitons de la conclusion des négociations sur l'Accord économique et commercial global (AECG) entre le Canada et l'Union européenne et attendons avec intérêt sa rapide entrée en vigueur. Nous ferons en sorte que nos ALE bilatéraux et régionaux appuient l'économie mondiale. »

Les pays du G7 ont clairement annoncé qu'ils allaient tout faire pour continuer leur domination des affaires économiques du monde et faire obstacle au droit d'être des nations et des peuples. Ils se sont engagés à avoir encore davantage recours à leurs institutions politiques, militaires et économiques existantes y compris l'OTAN, le Fonds monétaire international (FMI), la Banque mondiale et les banques centrales. La directrice générale du FMI, Christine Lagarde, et le secrétaire général de l'Organisation pour la coopération et le développement économique (OCDE), Angel Gurria, ont participé au sommet. Ils ont réaffirmé leur détermination à mener à bien les sanctions, les embargos, les blocus et la pression militaire contre tous les pays qui osent défier la volonté du G7.

Les pays qu'on compte harceler

Les pays ciblés spécifiquement par le G7 pour harcèlement sont, selon le communiqué, la Chine, la Russie, l'Iran, la RPDC, la Libye, la Palestine et la Syrie.

Les dirigeants du G7 ont pointé du doigt la Chine parce qu'elle ne respecterait pas le « système fondé sur les règles dans le domaine maritime » ni « l'utilisation légale, libre et sans entraves des océans du monde » et parce qu'elle attiserait « les tensions qui prévalent dans les mers de Chine orientale et méridionale » et aurait recours à « l'intimidation, à la coercition ou à la force, ainsi qu'à l'imposition unilatérale de mesures qui cherchent à renverser le statu quo, comme une mise en valeur territoriale à grande échelle ».

Les forces armées des États-Unis, appuyées avec enthousiasme par le Japon militariste occupé par les États-Unis, ont mis en place en tant que « pivot vers l'Asie » 60 % de l'actif militaire des États-Unis autour de la Chine et de la péninsule coréenne. Ce pivot militaire sert aussi à mettre en oeuvre la vieille tactique coloniale de « diviser pour régner » en attisant les tensions entre la Chine et ses voisins et en minant de façon active tout effort visant à développer des relations amicales entre les peuples d'Asie.

Les impérialistes étasuniens occupent toujours le Japon et la Corée du Sud, y ayant implanté une multitude de bases militaires et s'ingérant ouvertement dans leur vie politique. Leurs sous-marins armés d'ogives nucléaires et leurs armadas dotées de porte-avions sillonnent les océans d'Asie, se prêtant sans arrêt à des exercices de guerre dirigés contre la Chine et la RPDC mais aussi contre les peuples du Japon et de la Corée du Sud. Les impérialistes étasuniens ne démordent pas en dépit de l'évidence grandissante à l'effet que le principal obstacle à la paix et aux relations saines entre les peuples d'Asie est précisément la présence et les activités sinistres des forces armées étasuniennes.

Le G7 attaque la Russie

Les dirigeants du G7 tiennent la Russie responsable du coup d'État fasciste en Ukraine et de la guerre du régime du coup de Kiev contre son propre peuple vivant dans les régions est et sud du pays. Les pays du G7 ont spécifiquement exprimé leur mécontentement devant le fait que le peuple de Crimée avait résisté au coup fasciste du régime de Kiev et voté massivement lors d'un référendum de quitter l'Ukraine et de se joindre à nouveau à la Russie, affirmant ainsi son droit démocratique. En réponse à cet acte de rébellion de la part du peuple de Crimée, et en tant que stratégie à long terme visant à imposer un changement de régime en Russie, les grandes puissances du G7, dirigées par les États-Unis, la Grande-Bretagne et l'Allemagne, ont laissé libre cours à leur colère en imposant des sanctions à la Russie et en rapprochant davantage des contingents des forces armées de l'OTAN des frontières de la Russie.

Les monopoles et les institutions du G7 tels le FMI et surtout les monopoles des États-Unis, de l'Allemagne et de la Grande-Bretagne, se cachent derrière le coup fasciste du régime de Kiev pour consolider leur contrôle des terres, des ressources et de l'économie générale de l'Ukraine. Ils veulent se servir d'une Ukraine fasciste et annexée en tant que base pour subjuguer et contrôler non seulement les anciennes républiques soviétiques mais la Russie elle-même avec ses énormes ressources naturelles.

Les contradictions au sein du G7 n'ont pas tardé à se manifester alors que le premier ministre italien, Matteo Renzi, selon les médias de masse, a « chaleureusement accueilli » le président Poutine pendant la visite de celui-ci les 10 et 11 juin à Milan et à Rome. Le président Poutine a parlé de sa « relation spéciale » entre la Russie et l'Italie, tandis que le premier ministre italien s'est engagé à intensifier la coopération économique et a salué la Russie en tant que « grand pays » avec lequel le dialogue ne doit pas être abandonné. (« En Italie, Poutine est accueilli par des mots chaleureux, une autre victoire pour lui », Christian Science Monitor)

Les impérialistes du G7 poursuivent leur guerre économique contre l'Iran

Les grandes puissances du G7 ne cessent de miner l'indépendance et la souveraineté de l'Iran et d'imposer un changement de régime. L'attaque consiste en partie à s'en prendre au droit de l'Iran d'avoir recours à l'énergie nucléaire et à se défendre. Tandis que les impérialistes étasuniens sont armés jusqu'aux dents, brandissant toutes sortes d'armes de destruction massive et se servant de leurs bases militaires et de leurs embargos économiques dans toutes les régions du monde pour attaquer, intimider et dominer le peuple, les grandes puissances du G7 déforment totalement la réalité en exigeant que l'Iran collabore « pleinement avec l'Agence internationale de l'énergie atomique à la vérification de ses activités nucléaires et de régler toutes les questions laissées en suspens, y compris celles concernant d'éventuelles dimensions militaires » sans quoi il subira les conséquences des sanctions économiques et de la pression militaire.

La RPDC visée

Les grandes puissances du G7 ont imposé des sanctions draconiennes contre la RPDC dans leurs efforts visant à nier son droit d'être. Les impérialistes étasuniens refusent de signer un traité de paix qui mettrait fin à la guerre d'agression et d'occupation contre la Corée et menacent sans arrêt la RPDC en menant des exercices de guerre sur ses frontières terrestres et maritimes ainsi que toutes sortes de provocations. Avec une hypocrisie la plus profonde le communiqué déclare, comme si les peuples du monde n'avaient pas le droit d'être : « Nous condamnons fermement la volonté de la Corée du Nord de poursuivre le développement de ses programmes de missiles nucléaires et balistiques. »

Le G7 poursuit sa guerre économique contre l'Iran

Après avoir détruit le régime anticolonial de Kadhafi en Libye, les impérialistes du G7 versent des larmes de crocodile pour la situation horrible qu'ils ont eux-mêmes créée par le biais de l'agression ouverte de l'OTAN contre un pays souverain sous la fausse bannière de la « responsabilité de protéger ». Selon le communiqué : « En Libye, nous sommes gravement préoccupés par la menace terroriste croissante, la prolifération des armes, le passage de clandestins, les souffrances humaines et l'épuisement des biens de l'État. À moins de la conclusion d'un accord politique, l'instabilité constante risque de prolonger la crise dont les plus lourdes conséquences frappent le peuple libyen lui-même. Les Libyens souffrent déjà des tentatives des groupes terroristes de s'immiscer dans les zones non gouvernées, ainsi que des réseaux criminels qui exploitent la situation en facilitant la migration clandestine par la Libye. »

Suite au démantèlement violent de l'État anticolonial de la Libye, qui était l'un des plus avancés de toute l'Afrique avec une importante infrastructure matérielle et sociale, les dirigeants du G7, de la façon la plus hypocrite qui soit, déclarent : « Nous serons prêts à offrir un important soutien à ce gouvernement inclusif et représentatif dans ses efforts pour bâtir des institutions étatiques efficaces, y compris des forces de sécurité, ainsi que pour restaurer les services publics, agrandir l'infrastructure, renforcer, reconstruire et diversifier l'économie et débarrasser le pays des terroristes et des réseaux criminels. »

La guerre contre la terreur — prétexte pour la guerre impérialiste contre les peuples du monde


La police attaque les manifestants contre le sommet du G7.

Les grandes puissances du G7, notamment les États-Unis et la Grande-Bretagne, qui se sont affairées à détruire les structures d'État de tant de pays par leurs agressions et leur ingérence politique, ont créé un climat d'anarchie et de violence à l'échelle mondiale. Elles refusent de mettre un terme à l'exploitation des peuples et au vol de leurs ressources naturelles. Il est dans leur nature de piller plutôt que d'engager des relations amicales et civilisées et de pratiquer le commerce pour l'avantage et le développement réciproque.

Les grandes puissances qui forment le G7, en particulier les États-Unis et la Grande-Bretagne, sont responsables de la croissance des groupes qui tuent à qui mieux mieux et imposent la violence et l’anarchie. Ceux-ci servent les visées néfastes de ceux qui les financent et les organisent mais échappent parfois à leur contrôle ou perdent leurs faveurs et mordent la main de ceux qui les ont nourris. Tournant une fois de plus la vérité à l’envers, les dirigeants du G7 écrivent:
«À la lumière du phénomène des combattants terroristes étrangers, la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent doit rester prioritaire pour l’ensemble de la communauté internationale. Dans ce contexte, nous saluons les efforts continus de la Coalition mondiale pour contrer l’EIIL/Da’esh...La lutte contre le terrorisme et le financement terroriste est une priorité pour le G-7.»

Les idéaux proclamés de la lutte mondiale contre le terrorisme sont utilisés pour imposer le changement de régime et l’anarchie et la violence afin de perpétuer l’exploitation à laquelle se livre l’impérialisme américain, détruire les concurrents et attaquer les droits des peuples des pays du G7. Sous le manteau de la lutte contre le terrorisme, les pays du G7 et le monde entier versent dans l’illégalité et la loi du plus fort.

L’expansion de l’exploitation et de la concurrence impérialistes
pour les ressources des océans 

Les grandes puissances qui forment le G7 considèrent que les grands fonds marins leur appartiennent et que les monopoles les plus puissants ont le champ libre pour s’accaparer des ressources qu’on retrouve dans les eaux internationales. Le communiqué du Sommet mentionne que «Nous, les pays du G-7, prenons note de l’intérêt croissant pour l’exploitation minière en mer dans des régions ne relevant pas de compétences nationales et pour les possibilités qu’elle offre...Les priorités sont la mise en place d’une réglementation offrant une plus grande certitude et une meilleure prévisibilité pour les investisseurs ».

Le problème des changements climatiques reporté au siècle prochain

Une des plus sinistres blagues à provenir du Sommet du G7 a été le bruit qui a été fait sur les changements climatiques. L’approche des dirigeants du G7 de «mesures concrètes pour lutter contre les changements climatiques» c’est de reporter toute reddition de comptes à la fin du 21e siècle! Évidemment, dans l’intérim, les monopoles du G7 veulent qu’on multiplie, transforme en marchandises et échange les  «produits dérivés du marché du carbone» pour pouvoir soutirer encore plus de richesse sociale des économies du monde.

Note

1. "In Italy, Putin hears warm words -- and chalks up a win," Christian Science Monitor, 11 juin, 2015.

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15e anniversaire de la Déclaration conjointe historique Nord-Sud

Un travail pour la paix dans la péninsule coréenne


Le dirigeant de la RPDC Kim Jong Il (à gauche), accueille le président sud-coréen Kim Dae-jung à Pyongyang pour le Sommet historique intercoréen, le 15 juin 2000.

Le 15 juin 2015 est le 15e anniversaire de l'historique Déclaration conjointe Nord-Sud entre la République populaire démocratique de Corée (RPDC) et la République de Corée (Corée du sud). Pour souligner cet important anniversaire, le peuple coréen et ses alliés partout dans le monde ont entrepris d'intensifier le travail pour la réunification et pour la paix.

La cause de l'unification a fait de grands progrès dans tous les aspects entre 2000 et 2007. Les deux côtés étaient guidés par l'esprit réel d'ouverture et de coopération incarné dans la déclaration conjointe du 15 juin. Celle-ci a aussi permis à des familles séparées depuis la Guerre de Corée de se réunir. Elle a accru les visites touristiques entre le nord et le sud, a engendré des échanges sportifs, culturels et autres, ainsi que des projets économiques conjoints tels la Zone industrielle de Kaesong. Des voies routières et ferroviaires ont aussi vu le jour, liant le nord et le sud. La déclaration a contribué à rétablir la confiance entre les Coréens du nord et les Coréens du sud. Cette confiance avait été mise à rude épreuve par la domination des impérialistes étasuniens de la Corée du sud, en commençant par le déclenchement de la Guerre de Corée de 1950 à 1953 dans le but de maintenir la division du pays, en passant par la désinformation anticommuniste continuelle et les exercices militaires tenus annuellement en vue d'une invasion de la RPDC.

Lorsque le gouvernement pro-États-Unis de Lee Myung Bak a pris le pouvoir en Corée du sud en 2007, les États-Unis ont insufflé un esprit d'hostilité dans les relations nord-sud et ont ainsi entravé les efforts de réunification. Cette attitude hostile a été reprise par le gouvernement actuel de la présidente Park Geun Hye, arrivée au pouvoir en février 2013. À maintes reprises, le régime Park a attaqué de façon éhontée la RPDC et le mouvement de réunification de la Corée. Par exemple, dans un discours à l'Université technique de Dresde en mars 2014, Park a répété les calomnies et la désinformation répandues par les États-Unis contre la RPDC. Elle a accusé la RPDC d'agir en violation des droits humains et a dit que la réunification de la Corée ne serait possible qu'avec un changement de régime dans le nord et l'intégration forcée de la RPDC à la Corée du sud, comme l'Allemagne de l'Est avait été intégrée de force à l'Allemagne de l'Ouest suite à la chute du mur de Berlin en 1989.


Au deuxième Sommet historique intercoréen à Pyongyang le 2 octobre 2007. La cérémonie de bienvenue pour le président sud-coréen Roh Moo-hyun (deuxième à partir de la gauche), qui est accueilli par Kim Jong Il.

Alors que son propre gouvernement nage dans la corruption et le scandale, la présidente Park continue d'avoir recours à la Loi sur la sécurité nationale, la loi anticommuniste tant détestée imposée au peuple de la Corée du sud en 1948, pour criminaliser, persécuter et emprisonner les activistes du mouvement sud-coréen pour la paix et la réunification.

Pour sa part, la RPDC tente toujours de désamorcer les tensions entre le nord et le sud en dépit de toutes les provocations. En octobre dernier, la RPDC a dépêché des hauts fonctionnaires à Busan, en Corée du sud, pour participer aux cérémonies de clôture des Jeux asiatiques et s'entretenir avec leurs homologues du sud. Lors de son discours du Nouvel An cette année, le chef d'État de la RPDC, Kim Jong Un, a proposé la tenue d'un sommet avec la présidente Park Geun Hye. La RPDC a aussi une fois de plus proposé de tenir des pourparlers directs avec les États-Unis, proposant de suspendre son quatrième essai de missile nucléaire à condition que les États-Unis acceptent de suspendre leurs exercices de guerre annuels, Key Resolve et Foal Eagle. Non seulement les États-Unis ont-ils rejeté cette offre mais ils ont renforcé l'arsenal militaire utilisé dans ces exercices en mars et en avril de cette année pour montrer le sérieux de l'engagement de l'administration Obama envers la stratégie de « pivot vers l'Asie » pour contenir la Chine. Ainsi, pour la première fois, les États-Unis ont ajouté de nouvelles armes tactiques à ces exercices militaires massifs qui commencent en mars et finissent à la fin d'avril. Parmi ces nouvelles armes à être intégrées à l'exercice Foal Eagle, il y a le nouveau navire de combat en zone littorale USS Forth Worth, qui peut opérer dans des eaux peu profondes et transporter des drones.


La liaison ferroviaire intercoréenne est rétablie, le 17 mai 2007.

Le plan de tenir des célébrations conjointes pour commémorer le 15e anniversaire de la Déclaration Nord-Sud n'a pu se réaliser par manque de collaboration de la part du régime de Corée du sud.

Il faut que les États-Unis et la Corée du sud cessent d'agir comme ils le font et répondent d'une manière sincère, en paroles et en actes, aux propositions de paix et de juste réunification mises de l'avant par la RPDC depuis 1953 et reprises par les Coréens du nord, du sud et de la diaspora. Le temps est venu pour les États-Unis de signer un traité de paix avec la RPDC tel que stipulé par l'Accord d'armistice de 1953. Un traité de paix réduirait les tensions dans la péninsule coréenne et permettrait au peuple coréen d'avancer vers la réunification pacifique de son pays, ce qui lui revient de droit comme peuple. La division de la Corée maintenue par les États-Unis constitue la plus grave violation des droits humains commise contre le peuple coréen. Toutes les personnes éprises de justice et de paix exigent que cesse cette division.

Face à ces nombreux défis, le peuple coréen compte sur la justice de sa cause, sur sa propre unité politique et sur ses efforts pacifiques pour porter haut levé l'étendard de la réunification nationale et pour que progressent ses efforts en ce sens. Le peuple coréen a l'avantage de 70 ans d'expérience historique à défendre ses intérêts. Il continue de croire que tant que le soleil se lève à l'est, le mouvement de réunification de la Corée connaîtra la victoire. Il est fort de l'appui de tous les peuples épris de justice et de paix au Canada et partout dans le monde.

À l'occasion du 15e anniversaire de la Déclaration conjointe Nord-Sud du 15 juin, LML salue chaleureusement le peuple coréen et est confiant que dans un proche avenir celui-ci réussira à mettre fin à la présence militaire des États-Unis dans le sud de son pays et réalisera la réunification. Les 75 millions de Coréens pourront alors prendre la place qui leur revient en tant que nation vraiment indépendante qui défendra la paix et les relations amicales entre eux et entre les autres pays et peuples, contribuant ainsi à la paix mondiale.

Texte de la Déclaration conjointe Nord-Sud, 15 juin 2000

Conformément à la noble aspiration à la réunification pacifique du pays de tous les compatriotes, le président Kim Jong Il de la Commission Nationale de la Défense de la République Populaire Démocratique de Corée et le président Kim Dae Jung de la République de Corée ont tenu une rencontre et un sommet conjoint à Pyongyang du 13 au 15 juin 2000.

Les dirigeants du Nord et du Sud, considérant que cette rencontre et ce sommet, premiers du genre dans l'histoire de la division, sont des événements d'une grande importance pour promouvoir la compréhension mutuelle, développer des relations intercoréennes et accomplir la réunification pacifique, déclarent ce qui suit :

1. Le Nord et le Sud décident de résoudre la question de la réunification nationale de manière indépendante et par les efforts conjoints du peuple coréen.

2. Le Nord et le Sud reconnaissent que, pour réunifier le pays, la proposition d'une fédération en guise de première étape, avancée par la partie nord, et la proposition d'une confédération, avancée par la partie sud ont des éléments en commun. Ils sont d'accord d'oeuvrer à l'avenir pour la réunification selon cette entente.

3. Le Nord et le Sud acceptent de résoudre rapidement les questions humanitaires, y compris l'échange de visites de familles séparées et de parents et le problème des prisonniers à long terme non-convertis au Sud, à l'occasion du 15 août, jour de la libération nationale.

4. Le Nord et le Sud décident de promouvoir le développement respectif de l'économie nationale via la coopération économique et de construire une confiance mutuelle en stimulant la coopération et les échanges dans tous les domaines y compris social, culturel, sports, santé publique, environnement, etc.

5. Le Nord et le Sud acceptent d'instaurer un dialogue entre leurs autorités afin de mettre rapidement en application les points mentionnés plus haut.

Le président Kim Dae Jung a cordialement invité le président Kim Jong Il de la Commission nationale de la Défense de la RPDC à visiter Séoul et le président Kim Jong Il a accepté de visiter Séoul au moment opportun.

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La Corée du Sud saborde les commémorations de la Déclaration conjointe Nord-Sud avec la RPDC

Après plusieurs mois de préparatifs, les célébrations conjointes prévues pour le 15e anniversaire de la signature de la Déclaration conjointe Nord-Sud, qui devaient avoir lieu à Séoul en Corée du sud, ont été sabordées. La raison première en est le manque de collaboration de la part du gouvernement de Park Guen-hye qui, avec l'appui des États-Unis, veut à tout prix mettre fin au mouvement du peuple coréen pour la réunification pacifique et indépendante de son pays. LML a discuté avec H.P. Chung, porte-parole du Comité 6.15 canadien, composé de Coréens patriotiques vivant au Canada et actifs dans la cause de la réunification coréenne, pour qu'il explique ce que signifient ces développements.

LML : Pouvez-vous nous parler des plans qui avaient été faits pour célébrer le 15e anniversaire de la Déclaration conjointe Nord-Sud ?

H.P. Chung : Des discussions en ce sens allaient bon train depuis plusieurs mois déjà. Elles visaient avant tout à activer toutes les forces patriotiques du nord, du sud et de la diaspora coréenne pour les rallier dans un esprit de réconciliation et faire avancer le mouvement de réunification. Des réunions ont eu lieu dans le sud, dans le nord et ailleurs, au Canada, au Japon et dans d'autres pays, afin de célébrer cette occasion.

Suite à un accord préliminaire, le lieu des célébrations 6.15 devait être Séoul, la capitale de la Corée du sud et Pyongyang, la capitale de la RPDC, devait être l'hôte des célébrations 8.15 marquant le 70e anniversaire de la victoire du peuple coréen contre le Japon.

LML : Les médias ont annoncé que les célébrations conjointes n'auront pas lieu, que le nord et le sud organiseront chacun leurs propres évènements. Pouvez-vous nous en dire plus ?

HPC : Après s'être entendues sur les dates et les endroits pour les deux commémorations, les parties se sont rencontrées à Shenyang, en Chine, le mois dernier, pour élaborer le projet. Il y avait huit délégués du sud, sept délégués du nord et quatre délégués d'outremer. Tout procédait normalement jusqu'à ce que le gouvernement de la Corée du sud n'interrompe la réunion et n'ordonne à ses délégués de faire une contreproposition à l'effet que la réunion du 6.15 ait lieu à Pyongyang et celle du 8.15, à Séoul. De plus, les délégués de la Corée du sud voulaient que l'évènement soit culturel et social et non politique. Ces propositions n'étaient pas acceptables pour les délégués du nord et d'outremer à Shenyang. Voilà pourquoi les célébrations conjointes n'auront pas lieu.

LML : Qu'est-ce qui motive le gouvernement sud-coréen à vouloir saborder ce programme ?

HPC : À mon avis, le gouvernement sud-coréen n'a aucun pouvoir décisionnel. Ce n'est un mystère pour personne que le gouvernement sud-coréen ne fait que suivre les instructions des États-Unis pour ce qui est de sa politique étrangère et de sa politique nationale. Ce sont donc les États-Unis qui exercent la pression sur le gouvernement Park pour qu'il saborde les cérémonies. Les États-Unis s'opposent à la réunification coréenne pour la simple raison qu'ils seraient obligés de quitter la péninsule coréenne et que le peuple coréen obtiendrait son indépendance. Si la Corée est importante pour les États-Unis c'est en raison de leurs intérêts stratégiques en Asie de l'Est.

Nous sommes vraiment déçus que le 15e anniversaire de la Déclaration conjointe Nord-Sud ne sera pas célébré de façon conjointe. Il se pourrait aussi que les célébrations conjointes du 8.15 n'aient pas lieu. Nous, du Comité 6.15 canadien, et nos homologues ailleurs dans le monde sommes déterminés à poursuivre notre lutte commune pour la réunification et pour la paix et nous appelons tous les Canadiens à se joindre à nous, puisque ce qui ce passe dans la péninsule coréenne affecte tout le monde.

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