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Numéro 28 - 16 juin
2015
L'illégalité
et
l'impunité
de
la
démocratie canadienne
Le
décès
de Jacques Parizeau et les
défis
de
la nation québécoise aujourd'hui
• L'apport de Jacques Parizeau à la
société québécoise
• L'unité
de
tous
les
secteurs
de la
société est indispensable pour
l'affirmation de la
souveraineté du Québec
- Le
Marxiste-Léniniste quotidien, 13 novembre
1995 -
Le premier ministre du
Canada se rend en Europe
• La campagne d'agression de Harper montre la
nécessité
d'un gouvernement antiguerre
- Louis
Lang -
Sommet du G7 en
Allemagne
• La réunion des grandes puissances
confirme les plans
de guerre et d'occupation
- K. C. Adams -
15e anniversaire de la
Déclaration conjointe historique Nord-Sud
• Un travail pour la paix dans la
péninsule coréenne
- Philip Fernandez -
• La Corée du Sud saborde les
commémorations de
la Déclaration conjointe Nord-Sud avec
la RPDC
- Entrevue avec H.P. Chung, porte-parole du
Comité 6.15 canadien -
L'illégalité et
l'impunité de la démocratie canadienne
La dictature Harper légalise les
opérations
occultes et la terreur d'État
- Sam Heaton -
Le projet de loi C-51, la Loi
antiterroriste de 2015,
considéré
par
de
larges sections de la société canadienne comme un
outrage à la primauté du droit, a été
adopté par le Sénat le 9 juin
2015, donnant ainsi la sanction légale à toutes les
mesures nécessaires
à un État policier pour commettre toutes sortes de crimes
d'État contre
la
personne humaine et la paix. L'adoption rapide du projet de loi est
l'approbation odieuse des opérations occultes, autrefois la
marque des
impérialistes américains et de leurs agences d'espionnage
et des forces
contrerévolutionnaires de la guerre froide, comme politique
officielle.
Le terrorisme est la suspension de toutes les normes et
de tous les
droits mis en place par la société en invoquant
l'existence de
circonstances exceptionnelles au nom desquelles toutes sortes de
mesures
sont justifiées. Le terrorisme d'État et le terrorisme
individuel se
fondent sur l'argument intéressé que des circonstances
exceptionnelles
exigent
des mesures exceptionnelles. La torture est justifiée par la
fraude
qu'elle est nécessaire pour sauver des vies. Au Canada, par
exemple, la
citoyenneté peut être révoquée et est rendue
arbitraire sous prétexte
que les Canadiens « ne veulent pas de terroristes comme
concitoyens ».
Toutes les garanties d'une procédure régulière
sont
supprimées parce que quelqu'un
« pourrait » agir. Les audiences des
tribunaux doivent se dérouler en secret sous couvert de la
fraude que
même les normes juridiques et les droits établis sont un
facteur
d'insécurité. Sont également justifiées la
collecte d'informations sur
des personnes, la surveillance des personnes et des organisations
et même maintenant la
« précriminalisation » des personnes,
comme l'a
déclaré avec impudence le ministre de la
Sécurité publique.
L'aspect le plus important de ces crimes contre le
peuple commis au
nom de circonstances exceptionnelles est qu'ils excluent tout
mécanisme
de recours ou de réparation pour les personnes visées.
Les personnes
sont maintenant jugées devant des tribunaux secrets sur la base
de
preuves qu'elles ne sont pas autorisées à voir ou
à contester. Même
avant la présentation du projet de loi C-51, des Canadiens ont
été
soumis à des sanctions et des moyens de contrainte ont
été utilisés
contre eux sur la base de diffamations et d'intrigues de l'État
au
sujet de ce qu'ils pourraient croire ou ne pas croire. Ces pratiques
sont maintenant inscrites et élargies dans la loi adoptée
récemment.
Au lieu que les droits de tous les membres de la
société soient
garantis, quelles que soient leur origine nationale, leurs convictions
politiques ou leur religion, ceux qui sont censés être
protégés
deviennent des cibles de l'État dans ce contexte
d'illégalité et
d'impunité d'une démocratie devenue archaïque.
Dans cette course folle
pour démanteler tous les arrangements sur
lesquels se fonde la société moderne, l'élite
dirigeante cible
cyniquement les plus vulnérables et des sections de la
population
telles que celles d'origine musulmane et les peuples autochtones en
recourant à la fraude et aux calomnies. Son ordre du jour de
destruction et de
terrorisme d'État au nom d'intérêts monopolistes,
qui défendrait la
sécurité d'une partie des Canadiens au détriment
de l'autre, est une
pratique hitlérienne qui jette les bases pour criminaliser tout
le
monde.
Le gouvernement n'a fait aucun effort pour
déterminer quelles
options existent pour assurer la sécurité du peuple parce
que le
gouvernement a reçu la sanction de se livrer à toutes
sortes de
pratiques condamnées par l'histoire. L'ancien équilibre
entre la
sécurité et les droits a été détruit.
La classe ouvrière répond à la
fraude du gouvernement sur la
protection de la sécurité des Canadiens en disant :
où est ma sécurité
de retraite ? Où est ma sécurité dans le
domaine des soins de santé ?
Où est la sécurité de mes moyens de subsistance et
de ceux de mes
enfants ?
La classe ouvrière et le peuple ont lancé
le mot d'ordre : Notre
sécurité est dans notre lutte pour les droits de
tous ! Cette position
tournée vers l'avenir ouvre la voie du progrès de la
société et exclut
d'invoquer des circonstances exceptionnelles pour justifier la terreur.
Les Canadiens exigent une société qui
défend la primauté du droit et garantit les droits du
peuple. Pour faire respecter la
primauté du
droit, la société doit fournir également à
ses membres des mécanismes
de recours et un processus par lequel les droits peuvent être
défendus.
Depuis la
présentation du projet de loi C-51, le 30 janvier 2015,
les Canadiens ont répondu à l'arrogance
inégalée du gouvernement
conservateur en prenant une position militante pour défendre les
droits
de tous. Par milliers ils se sont mobilisés dans des centaines
de
marches et manifestations, de piquets, de discussions et
d'interventions pour
que l'abrogation de cette loi soit au premier rang des priorités
de
l'ordre du jour des Canadiens cette année. Le mépris avec
lequel le
gouvernement a traité les grandes préoccupations du
peuple est une
preuve incontestable que les attaques contre les plus
vulnérables sont
des attaques contre les droits de tous. D'un océan à
l'autre, les gens
ont
affirmé que l'État policier des élites dirigeantes
n'est pas le Canada
dans lequel ils veulent vivre, ce qui montre la nécessité
de redéfinir
le Canada sur une base moderne.
Le fait que la société cible et attaque de
larges
sections du peuple et
rend tout son être vulnérable indique à la classe
ouvrière et au peuple, aux Canadiens, aux Premières
Nations et aux Québécois qu'ils ne doivent pas permettre
à la dictature de Harper de poursuivre son
offensive antisociale au-delà de l'élection
fédérale cette année. Cela
souligne la
nécessité de faire des progrès important dans le
travail du renouveau
démocratique et de l'édification nationale pour
défendre les droits de
tous. C'est cela l'ordre du jour qui est devant nous.

Le décès de Jacques
Parizeau et les défis de la nation
québécoise aujourd'hui
L'apport de Jacques Parizeau à la
société québécoise
- Parti marxiste-léniniste du
Québec -
L'ancien premier ministre du Québec et chef
du Parti québécois
Jacques Parizeau est décédé le 1er juin 2015
à l'âge de 84 ans, après
un dur combat contre la maladie et plusieurs mois d'épreuves
difficiles. C'est par milliers que les gens ont défilé
devant sa
dépouille exposée en chapelle ardente le 6 juin au
Parquet du siège
social de la Caisse
de dépôt et de
placement du Québec à Montréal, qui portera
désormais son nom, et le
lendemain à la salle du Conseil législatif de
l'hôtel du Parlement à
Québec. Des funérailles d'État ont eu lieu le
mardi 9 juin à l'église
Saint-Germain d'Outremont, le cercueil du défunt recouvert d'un
grand
fleurdelisé, en présence de parents et amis et de
personnalités du
monde politique, académique et artistique venus lui rendre un
dernier
hommage. À l'extérieur de l'église, des centaines
de personnes ont
assisté à la cérémonie
présentée sur un écran géant.

9 août
1930 - 1er juin 2015 |
Jacques Parizeau a consacré la majeure
partie de sa vie à
l'indépendance économique et politique du Québec
et est un des
principaux penseurs et acteurs du mouvement nationaliste qui a pris
naissance au début des années soixante et qui a
mené au référendum de
1995 sur la souveraineté du Québec. Sa contribution
à l'histoire du
Québec est si
intimement liée à l'histoire de ce mouvement nationaliste
qu'il est
pratiquement impossible de revoir les réalisations de l'un sans
revoir
les réalisations de l'autre. Il a commencé sa
carrière politique avec
la naissance de ce mouvement et est décédé
à l'heure d'une grande
remise en question de toute cette période et à l'aube
d'une période
nouvelle
dont les objectifs, les contours, l'étendue et la pertinence
sont en
voie de redéfinition. Parce qu'il a été
fidèle à ses convictions il a
pu apporter une contribution à la cause de l'avancement du
Québec sur la voie du progrès.
Le nom de Jacques Parizeau est associé en
particulier à la
modernisation de l'État québécois dans ses
vocations économiques, mais
aussi au combat politique pour les droits nationaux du Québec.
Il a été
un acteur de premier plan de plusieurs développements importants
de
l'histoire moderne du Québec, pendant et au sortir de la
Révolution
tranquille, jusqu'au référendum de 1995. Il a
continué de jouer un rôle
de premier plan dans les débats et remises en question qui ont
fait
suite à l'échec de 1995, débats qui se
poursuivent, qui s'étendent aux
réalisations et aux échecs des institutions de la
Révolution
tranquille et
dont les conclusions seront décisives pour la suite des choses.
Acteur de
premier plan d'un vaste mouvement de modernisation
et d'épanouissement
du Québec d'histoire récente
Le
début des années soixante avait marqué un
éveil à la nécessité de
conquérir le pouvoir politique et économique et de
bâtir la nation du
Québec sur tous les plans, pour que les Québécois
ne soient plus
« porteurs d'eau, scieurs de bois, locataires et
chômeurs dans
notre
propre pays ». Jacques Parizeau a été
l'artisan de la création et
du
développement de plusieurs institutions économiques
essentielles à
l'édification nationale du Québec dans les années
1960, dont la Caisse
de dépôt et de placement du Québec fondée en
1965,
gigantesque dépositaire des fonds de pension des travailleurs
québécois.
En plus de la Caisse de dépôt et de
placement, deux de ses principales
contributions aux sociétés d'État
québécoises à
vocation économique ont été la
Société générale de financement (SGF)
et
le Régime d'épargne-actions.
La SGF a été créée par le
gouvernement de
Jean Lesage en 1962 dans
le cadre des politiques de « maîtres chez
nous » qui ont été
développées dans les années 1960. En tant que
conseiller économique du
gouvernement Lesage, Parizeau a joué un rôle clé
dans la création et le
développement de la SGF. Dans un discours en 1961,
Lesage avait dit que « le colonialisme économique
n'est plus
acceptable
pour les Québécois » et qu'il fallait appuyer
les industries du
Québec
et les aider à se diversifier. La SGF a été
créée afin d'amasser des
fonds de l'État, des institutions financières du
Québec et d'individus.
Elle avait le mandat d'aider les entreprises en difficulté
financière et de contribuer à diversifier la base
industrielle du
Québec. Entre autres choses, la SGF a acquis des actions dans
des
entreprises, par exemple dans la sidérurgie et l'automobile et
plus
tard, dans les années 1970, dans Bombardier, et a aussi
prêté de
l'argent aux entreprises. Les activités de la SGF dans le
secteur de
l'acier ont préparé le
terrain à la création de l'entreprise sidérurgique
d'État SIDBEC en
1964, qui a été privatisée en 1994.
En tant que ministre des Finances du premier
gouvernement du Parti
québécois élu en 1976, Jacques Parizeau a mis sur
pied le Régime
d'épargne-actions (RÉA) en 1978. Celui-ci offrait des
baisses d'impôt
aux individus qui investissaient dans des entreprises
québécoises, afin
d'encourager les entreprises à s'inscrire en bourse. On estime
que
plusieurs compagnies québécoises sont devenues de grandes
entreprises
grâce au régime, comme le fabricant de pâtes et
papier Cascades, le
monopole des communications Québécor, le monopole de
l'ingénierie et de
la construction SNC-Lavalin, la chaîne de pharmacies Jean Coutu,
Air
Transat et plusieurs autres.
Avec la création de la Caisse de
dépôt, les
épargnes des Québécois
accumulées dans les caisses de retraite, qui étaient
jusque-là
contrôlées par le gouvernement fédéral,
étaient dorénavant déposées
dans la Régie des rentes et gérées par
l'État québécois. Dans les
années qui suivirent, ces fonds étaient surtout investis
dans des
obligations d'épargne
du gouvernement du Québec et d'Hydro-Québec. Mais en
1997, le Parti
québécois au pouvoir a élargi le mandat de la
Caisse pour lui permettre
d'investir la majorité de son actif dans des actions. Il ne
s'agissait
plus d'investir dans le développement du Québec mais bien
de profiter
des occasions de rendement pour accroître les revenus. Cela
s'inscrivait dans la tendance de l'offensive antisociale mondiale qui a
pour caractéristiques de nier l'existence de la
société et de sa
responsabilité envers ses membres et de détruire les
services et
programmes publics et transférer une partie toujours plus grande
de la
richesse sociale entre les mains de grands intérêts
privés en mal de
capitaux
d'investissement pour l'enrichissement privé. Pour ce qui est de
la
Caisse de dépôt, ce revirement a provoqué scandale
après scandale et a
mené à la dilapidation des épargnes des
travailleurs lors de la crise
économique de 2008-2009.
Les autres institutions économiques de la
Révolution tranquille
n'ont pas été capables elles non plus de résister
à l'assaut du
néolibéralisme. En 1994, SIDBEC, l'entreprise publique de
la sidérurgie
créée en 1964, a été accaparée par
Ispat International, le monopole qui
est plus tard devenu ArcelorMittal. Et quelques années plus
tard, le
Québec
n'avait plus aucun moyen d'obliger ce monopole étranger à
respecter ses
engagements et à investir au Québec une partie des
profits réalisés à
même la valeur ajoutée produite par les travailleurs
québécois.
Qu'est-il advenu des grands efforts pour
assumer le contrôle de nos
industries de base, comme l'acier, les mines, les forêts,
l'agriculture, la fabrication de produits de première
nécessité,
l'énergie, le pétrole, le gaz naturel et le secteur
financier ? La
nationalisation de l'électricité, la création
d'entreprises publiques
comme SIDBEC (fer et
acier), SOQUEM (mines), REXFOR (forêts), SOQUIP (pétrole)
et, dans
l'important secteur de la finance, la Société
générale de financement,
la Régie des rentes du Québec et la Caisse de
dépôt et de placement
n'ont pas rendu les Québécois maîtres chez eux.
Jacques Parizeau était lui-même de tous ces
débats et toutes ces
remises en question. La sincérité de son engagement l'a
amené à
remettre en question plusieurs des grands dogmes du
néolibéralisme,
notamment l'hystérie à propos du remboursement de la
dette et les
prétentions que les grands projets d'oléoducs vont faire
plus que créer
quelques
centaines d'emplois.
Au coeur de l'échec des institutions
de prise en main économique du
Québec, il y a l'échec à investir le peuple du
pouvoir politique pour
être
maître chez lui, une tâche qui est aujourd'hui encore plus
urgente que
jamais.
En chemin vers
la demande d'un Québec moderne
et souverain qui défend les droits de
tous
Après
l'impasse créée par l'échec de l'Accord du Lac
Meech puis du référendum
de Charlottetown en 1992, rejeté par le peuple tant au
Québec
qu'ailleurs au Canada parce que perçu comme un refus de
modernisation
réelle des
arrangements confédéraux et constitutionnels, c'est
à l'initiative de
Jacques Parizeau, alors premier ministre du Québec, qu'un
référendum
sur la souveraineté du Québec a été
appelé pour le 30 octobre 1995. Le
Parti marxiste-léniniste du Québec a salué cette
décision comme un
geste courageux qui allait permettre d'ouvrir une voie vers
l'avant.
Bien que le référendum se soit
terminé par
une impasse, et qu'aucun
des deux camps n'ait gagné, dans les annales du Québec
Jacques Parizeau
aura joué un rôle positif pour avoir eu le courage de
proposer
l'affirmation de la souveraineté du Québec.
Le référendum du 30 octobre 1995, on se
souvient, s'est soldé par un
vote de 49,42 % en faveur et 50,58 % contre, un écart
de 54
288 voix.
La période référendaire a vu l'État
colonial anglo-canadien, avec le
Parti libéral de Jean Chrétien au pouvoir appuyé
par tout
l'establishment canadien, y compris les grandes entreprises
publiques et privées comme Via Rail, Air Canada et Radio-Canada
utiliser la campagne de peur la plus vile et toutes sortes de tactiques
illégales en égard à la loi
référendaire du Québec pour assurer la
victoire du Non.
Mais la défaite du Oui s'explique aussi par
l'incapacité à
convaincre la vaste majorité des citoyens et résidents du
Québec de la
nécessité d'affirmer leur souveraineté en tant que
nation au-delà des
différences de langue, d'origine, de religion, voire de
conviction
politique.
Au lendemain de l'échec de Meech, le Parti
marxiste-léniniste du Québec (PMLQ) écrivait :
« Notre Parti est d'avis qu'avec
l'échec du Lac Meech, on peut
maintenant affirmer avec certitude que pour une solution aux
problèmes
qui se posent au peuple du Québec, on ne peut plus rester dans
les
confins d'une constitution fondée sur l'Acte de
l'Amérique du Nord
britannique.
Nous croyons que le peuple du Québec a
besoin d'une nouvelle constitution, d'une constitution qu'il aura
lui-même choisie sans ingérence extérieure, une
constitution qui sera
démocratique et qui exprimera la volonté populaire et
servira à bâtir
un avenir pour la nation. [...] Or, nous croyons que l'exercice du
droit à l'autodétermination par le peuple du
Québec, agissant en tant
que nation,
est un prélude nécessaire à la solution de tous
les autres problèmes
qui se posent pour le peuple et une condition indispensable pour
bâtir
l'avenir de la nation. » (Mémoire du Conseil
national du
PMLQ, 2 novembre 1990)
L'élite anglo-canadienne dominante, son
extension au Québec et ses
médias monopolisés s'accrochent
désespérément à des arrangements
tellement dépassés et en crise que leur
« solution » est de
ne pas en
parler ! C'est ce qu'a dit Stephen Harper lors de son passage au
Lac-Saint-Jean l'année dernière quand il a laissé
entendre que c'est à lui que revenait le mérite d'avoir
« résolu » la
question du Québec en refusant tout simplement d'en parler. Ce
désespoir amène l'élite dominante à diviser
le corps politique sur
toutes les bases, tantôt sur la langue et l'origine nationale,
tantôt
sur la religion, tantôt selon qu'on est « à
gauche » ou
« à droite » en termes de politiques
sociales, tout pour
subvertir
l'exercice collectif du droit à l'autodétermination.
L'incapacité du mouvement pour
l'indépendance de sortir de ces
carcans, qui comprend maintenant aussi une opposition quasi haineuse
entre partisans de politiques sociales « de
gauche » et
« de droite »,
explique aussi l'échec à mobiliser la vaste
majorité des Québécois
autour d'un projet commun d'État souverain et
moderne et d'un Québec qui défend les droits de tous.
(À cet égard nous
reproduisons ci-dessous l'article « L'unité de tous
les secteurs
de
la
société est indispensable pour l'affirmation de la
souveraineté du
Québec » paru dans Le
Marxiste-Léniniste quelques jours après le
référendum du 30
octobre
1995 et
qui porte sur le sentiment exprimé par
monsieur Parizeau le soir du référendum.)
Au lendemain de la défaite du
référendum de
1995, il était évident
qu'il fallait mettre tout en oeuvre pour ne plus cantonner le projet de
souveraineté dans une définition dépassée
et restreinte de la nation.
Beaucoup ont reconnu cette réalité. Un État
moderne ne se construit pas
en fonction de la descendance. Un État moderne se construit
autour
de grands idéaux et un des grands idéaux de l'ère
moderne est la
création d'un système politique dans lequel tous ont des
droits qui
sont garantis du fait qu'ils sont des êtres humains.
Beaucoup d'efforts ont été faits
après le
référendum de 1995, y
compris par Jacques Parizeau dans ses interventions politiques
après sa
démission en tant que premier ministre, pour élargir le
mouvement
d'indépendance nationale et « tendre la
main » aux minorités
nationales. Or, sans embrasser résolument et emphatiquement la
définition moderne de la nation, on retombe dans ce qu'on
appelle le
modèle d'« intégration », le
modèle européen ou français qui
est
l'autre versant du multiculturalisme canadien raciste à la
moelle. Le
Parti québécois n'a pas été capable de
s'élever bien au-dessus de la
nation « française » ou
« francophone ». Par contre, il existe un profond
mouvement
parmi la
jeunesse en faveur d'un Québec moderne et souverain qui
défend les
droits de tous et qui est le désir de tous ceux et celles qui
vivent au
Québec et ce mouvement est porteur de beaucoup d'espoir.
On doit à la modestie de Jacques Parizeau
d'avoir admis l'échec à
cet égard et de s'en être remis à la jeune
génération pour ouvrir une
voie vers l'avant. C'est à l'éducation de la jeunesse
qu'il a consacré
la majeure partie de ses dernières années. Cet appel est
au coeur de
son dernier discours politique, celui de septembre 2014 à
Montréal
devant un millier de personnes à l'événement
DestiNation.
Le Parti marxiste-léniniste du Québec
croit
que Jacques Parizeau
aura une place d'honneur dans les annales du Québec pour sa
contribution à l'indépendance et à la
modernisation du Québec sur
plusieurs fronts, avec un engagement politique qui s'étend sur
presque
cinq décennies et auquel il est resté fidèle
jusqu'aux derniers moments
de sa
vie. Le décès de Jacques Parizeau doit être
l'occasion d'une réflexion
sur les défis de la nation québécoise aujourd'hui.

L'unité de tous les secteurs de la
société
est indispensable pour l'affirmation
de la souveraineté du Québec
- Le
Marxiste-Léniniste quotidien, 13 novembre 1995 -
Jacques Parizeau, premier ministre du Québec
et chef du comité
officiel du Oui, a déclaré lundi soir, après
l'annonce de l'impasse
créée par le référendum: «Notre pays
est à notre portée.» Il a fait
appel aux Québécois d'être calmes. «Soyez
souriants même si ce n'est
pas facile et gardez à l'esprit cette solidarité
qui grandit, cette solidarité des générations,
cette solidarité des
gens de droite et de gauche, la solidarité du mouvement syndical
et des
patrons, des chômeurs et de ceux qui ont des emplois, tous
ensemble.»
Il a conclu son discours en disant: «Ici au
Québec nous n'allons pas
nous sacrifier dans ce virage vers la droite que prend le reste du
Canada. Nous allons démontrer que nous sommes capables,
même si nous
n'avons pas encore un pays, que nous allons élever une
société
française qui a le coeur à la bonne place,
et à la fin, nous aurons notre revanche et nous aurons notre
pays. Vive
l'espoir, vive le Québec.» Au début il avait
déclaré: «Nous avons fait
bonne bataille» et «on se crache dans les mains et on
recommence ».
Et enfin il a prononcé ces paroles dont les
libéraux et les médias
se sont scandalisés: «C'est vrai que nous avons
été vaincus, mais
fondamentalement par quoi? Par l'argent et le vote ethnique. Tout ce
que ça veut dire, c'est que la prochaine fois, au lieu que nous
soyons
60 % ou 61 % en faveur, nous serons 63%
ou 64%.»
Tout le discours de M. Parizeau trahit une
sorte de confiance
nécessaire lorsqu'un peuple se donne un objectif respectable
comme le
grand projet d'édification nationale. Parizeau a raison de noter
différentes choses. Ses observations sont celles d'une personne
submergée dans son combat pour l'édification nationale.
Mais il ne reconnaît pas que les différents
éléments disparates
concourent au même objectif de l'édification nationale.
Par contraste,
Jean Chrétien, les libéraux et leurs compagnons d'armes
sont incapables
de la moindre observation; ce sont carrément des
réactionnaires, une
bande d'individus qui cherchent à sauvegarder
le statu quo en recourant à l'hystérie, au faux
patriotisme et au
chauvinisme, en usant de leur pouvoir plein d'arrogance contre les
forces du changement.
Parizeau reconnaît que tous les secteurs de
la société doivent viser
le même but, celui de l'édification nationale. Il
reconnaît également
l'existence d'un mouvement social en devenir qui enjoint les
Québécois à
s'unir de façon pondérée pour ensemble
décider de leur avenir en tant
que peuple indépendant et en tant
que peuple désirant l'émancipation sociale. Il
éprouve de la difficulté
à saisir que le peuple québécois, le nouveau
mouvement social, ne
réclame pas une «société
française» mais une société
québécoise dans
laquelle existent un groupe ethnique majoritaire francophone mais aussi
un tas de minorités nationales toutes
unies derrière le même objectif d'édification
nationale. En l'absence
d'une compréhension profonde de ce mouvement, il perd confiance
dans
les «groupes ethniques», croyant qu'ils seront toujours
contre les
«Français», et mise tous les espoirs sur le fait
qu'«au lieu que nous
soyons 60 % ou 61 % en faveur, nous serons
63 % ou 64 %». Il croit qu'une majorité ethnique peut
bâtir un État
moderne toute seule. Un État moderne ne se construit pas en
fonction de
la descendance. Un État moderne se construit autour de grands
idéaux et
un des grands idéaux de l'ère moderne est la
création d'un système
politique dans lequel tous les êtres
humains ont des droits. L'État moderne n'a pas d'autre
considération.
On a immédiatement sauté sur les propos de
Parizeau pour
délibérément éclipser la discussion sur
l'avenir du Québec. Les
libéraux et d'autres ont interprété ces propos
comme étant «racistes».
Ces propos sont de la bouche d'une personne qui a milité
très fort pour
un Québec indépendant. Il sait, lui, comment
le gouvernement fédéral et d'autres se servent des
«groupes ethniques»
comme d'une force contre la création d'un État
indépendant. Toute
personne politique sait quels propos tiennent les «leaders
ethniques»
qui obtiennent le soutien du gouvernement fédéral dans
leurs
entreprises personnelles. Ils tiennent des propos
très provocateurs, ils parlent de découper le
Québec. N'ont-ils pas
pour rôle de se nier à eux-mêmes et à leur
communauté l'option de la
souveraineté de concert avec tous les autres
Québécois? Oui, et
semble-t-il avec enthousiasme. Bon nombre d'entre eux déclarent
ouvertement craindre de perdre les subventions
fédérales ou leurs postes si les Québécois
affirment la souveraineté du
Québec - une menace étayée par Jean
Chrétien et les libéraux tout au
long de la campagne. Des sommes ont été versées
à des individus et à
des entreprises dans cet effort concerté pour priver la nation
du
Québec de la souveraineté. Il n'y a pas
seulement les «démonstrations d'unité» de
dernière minute ou les appels
interurbains gratuits enfreignant la loi sur la consultation populaire
du Québec. Non, il y a aussi et surtout la pratique permanente
de
corruption des leaders ethniques. C'est l'accommodement de gens en
position d'influence par des promesses
d'emplois, de subventions et d'autres récompenses pour atteindre
des
fins politiques. Les libéraux sont passés maîtres
dans ce genre de
chose, pas seulement à Montréal, mais dans tout le pays.
Jean Chrétien
et les libéraux qui se formalisent des commentaires de Jacques
Parizeau
font comme le voleur qui crie «Au
voleur!». Chrétien, les libéraux et beaucoup
d'autres, comme le NPD par
exemple, se sont discrédités durant cette campagne
référendaire.
Traiter Parizeau de «raciste» c'est se
lancer dans des attaques
personnelles. C'est aussi détourner l'attention de l'essentiel
de ce
qu'il a dit. Nous ne sommes pas d'accord avec ce qu'il a dit et avons
écrit qu'il a tort de blâmer le «vote
ethnique». Mais nous avons
poursuivi l'analyse et cherché la signification des
résultats du référendum. Il est fort probable que
beaucoup n'apprécient
pas nos opinions, mais réagir en citant tel ou tel propos hors
contexte, en lançant des attaques de nature personnelle, cela
est
inexcusable. À notre avis c'est ce qu'ont fait Chrétien
et les libéraux
tout au long de la campagne et depuis la fin du
référendum. Leur comportement a eu pour
conséquence d'avilir la
discussion politique durant et après le référendum
sur tous les sujets
d'importance capitale pour le peuple.
Il est excellent que Parizeau reconnaisse
qu'il se passe quelque
chose de nouveau au Québec aujourd'hui. Il parle de «cette
solidarité
qui grandit». Malheureusement il ne va pas plus loin, ce qui
l'empêche
de conclure que le comité officiel du Oui n'a pas su pleinement
mettre
à profit «cette solidarité qui grandit»
pour en faire une force décisive dans l'affirmation de la
souveraineté
du Québec. On ne peut pas comprendre les résultats du
référendum sans
comprendre cette faiblesse du comité officiel du Oui. Il n'a pas
su
unir tous les secteurs de la société en une grande force
derrière un
même objectif, celui d'obtenir un Oui
fort, ce qui était nécessaire à l'affirmation de
la souveraineté. Le
fait que Parizeau parle d'une victoire sans les «groupes
ethniques» est
signe qu'il ne comprend pas l'importance de «cette
solidarité qui
grandit». Sa vision d'une «société
française» est par ailleurs signe de
myopie car un État moderne ne se définit
pas par la langue ou la descendance. L'État moderne
reconnaît l'ethnie
de la majorité, de même que des minorités, mais
seulement dans la
mesure où il veut créer les conditions nécessaires
à l'épanouissement
de toutes les cultures. Au sens politique, l'État moderne ne
reconnaît
rien d'autre que des citoyens jouissant
tous des mêmes droits et des mêmes devoirs.
Cette «solidarité qui grandit» n'est
pas
entre «la gauche et la
droite» mais autour d'une réalité propre à
la période que nous vivons
où toutes les forces sont appelées à jouer un
rôle dans l'affirmation
de la souveraineté du Québec. Cette réalité
exige que les partis de la
majorité politique reconnaissent les partis
de la minorité politique pour que tous puissent contribuer
à
l'affirmation de la souveraineté. Cela n'a pas été
fait durant le
référendum. Il ne s'agit évidemment pas de
fusionner les idéologies et
les convictions politiques; non, il s'agit de mobiliser tous les
secteurs de la société autour d'un même objectif,
celui d'affirmer
la souveraineté de la nation du Québec. En
écartant de nombreux
secteurs de la société du courant politique principal, le
Comité
officiel du Oui est tombé dans le piège de
Chrétien et des libéraux. Le
Comité du Non, lui, a pourtant su utiliser toutes les forces,
petites
ou grandes, qui nient l'existence de la nation du
Québec et refusent au peuple du Québec son droit
d'affirmer sa
souveraineté maintenant. Pendant que Chrétien et les
libéraux
incitaient toute personne et tout groupe qui s'oppose à la
souveraineté
du Québec par rancune ou pour des motifs cachés, le
Comité officiel du
Oui n'a pas su reconnaître les forces positives
qui pouvaient jouer un rôle crucial dans le dénouement du
référendum.
Parizeau fait un point important lorsqu'il
dit: «Ici au Québec nous
n'allons pas nous sacrifier dans ce virage vers la droite.»
L'idée est
bonne mais elle manque de substance, elle demeure une abstraction. En
pratique elle mêle la cause de la nation qui regroupe tout le
monde et
la cause de l'émancipation sociale
qui, elle, ne fait pas l'affaire de tout le monde. Le fait que le
référendum se soit soldé par une impasse demeure
inexplicable si l'on
ne voit pas que diverses forces ont confondu le point de convergence de
l'affirmation de la souveraineté et la cause de
l'émancipation sociale.
En fin de compte, les propos de M. Parizeau,
ceux que nous avons
cités et d'autres, méritent d'être discutés.
Il ne faut accorder aucune
attention aux remontrances présomptueuses de Jean
Chrétien et des
libéraux; c'est ainsi qu'agissent des gens enivrés par
leur pouvoir,
bravaches parce qu'ils ont le soutien des
monopoles du pays et de l'étranger. Chacun sait qu'un tonneau
vide fait
beaucoup de bruit. Chrétien et les libéraux font beaucoup
de bruit mais
ils n'ont rien de substantiel à proposer pour résoudre la
crise
économique, la crise financière et budgétaire, la
crise
constitutionnelle. Il fait leur affaire de tout réduire à
des
attaques personnelles et d'abaisser encore plus le niveau du
débat
politique avec leur comportement grotesque à la Chambre des
communes.
Ils dévient toute discussion dans une voie sans issue de sorte
que les
questions de fond ne soient jamais abordées. Les autres forces
politiques ne sont pas obligées de s'abaisser
à leur niveau. Le comportement grotesque de Chrétien et
des libéraux
doit servir de ligne de démarcation entre ceux qui
désirent sortir de
la crise du fédéralisme canadien et ceux qui s'y opposent.
Il est nécessaire de commencer tout de suite
un échange de points de
vue, d'observations, d'analyses et de propositions sur comment
mobiliser toutes les secteurs de la société
derrière l'objectif commun
d'affirmer la souveraineté de la nation. Quant au reste du
Canada, la
classe ouvrière doit s'affairer immédiatement
à créer une situation favorable à
l'édification de la nation du Canada
comme force pouvant satisfaire non seulement les aspirations des
Canadiens mais aussi la reconnaissance de la souveraineté de la
nation
du Québec. Les peuples autochtones devront faire pareil. Une des
déficiences de la vision de Jacques Parizeau
est qu'elle s'arrête aux frontières du Québec. Il a
peut-être ses
raisons mais la classe ouvrière ne peut absolument pas se
permettre
l'esprit de clocher. Elle puise une force énorme au-delà
des
frontières, elle est forte de l'appui et de l'unité
fraternelle.
Quant à «cette solidarité qui
grandit», il
est impératif d'en
comprendre immédiatement toute l'ampleur. Tous les secteurs de
la
société doivent être unis autour de l'objectif
commun qu'est la
souveraineté du peuple du Québec.
En plus de Jacques Parizeau qui s'apprête à
se retirer de la vie
politique, Lucien Bouchard et d'autres songent aussi à ce qui va
se
produire maintenant. Ils sont conscients que l'option de l'affirmation
de la souveraineté du Québec est réalisable dans
un proche avenir. Mais
il y a d'autres considérations. À notre
avis, ces considérations étaient présentes durant
le référendum et ont
été ignorées, ou du moins on ne leur a pas
accordé toute l'attention
qu'elles méritent. Une de ces considérations est le
caractère et
l'avenir du Bloc québécois. De par son nom et son
objectif, ce bloc
devait réunir toutes les forces politiques favorables
à la souveraineté. Il est grand temps qu'il le fasse. Si
toutes les
forces politiques sont réunies en un seul bloc, ensemble elles
auront
un poids décisif. Ensemble elles peuvent arracher tous les 75
sièges du
Québec à Ottawa aux prochaines élections
fédérales, ce qui prouverait
que la vaste majorité des forces politiques
sont en faveur de la souveraineté du Québec. La
souveraineté du Québec
pourrait se réaliser avant les prochaines élections
fédérales. Ce
serait excellent, mais il n'est pas sage de laisser les choses au
hasard. Pour défaire Chrétien et les libéraux, la
majorité politique du
Québec doit accueillir toutes les forces politiques
autour de l'objectif commun d'affirmer la souveraineté de la
nation du
Québec.
Nous sommes convaincus que l'impasse sur
laquelle a débouché le
référendum du 30 octobre est essentiellement attribuable
à la faiblesse
du camp du Oui, à ses lacunes à caractère
politique en dépit de tous
les efforts qui y ont été investis. Ces
déficiences doivent être
surmontées si l'on veut que la souveraineté
du Québec soit affirmée. Dans la mesure où il est
question de l'avenir
du Québec, toutes les forces politiques doivent mettre de
côté leurs
différends et chercher l'unité de tous les secteurs de la
société pour
l'affirmation de la souveraineté du Québec. Le PCC(M-L) a
agi dans ce
sens durant le référendum en dépit
des obstacles et difficultés et il continuera de le faire
à l'avenir.
Le résultat du référendum aurait été
entièrement différent si toutes
les forces politiques avaient su faire preuve de suffisamment de
largesse d'esprit pour placer l'affirmation de la nation du
Québec
au-dessus de toute autre considération. Cette
«solidarité
qui grandit» saura faire échec aux forces
intérieures et extérieures
qui voudraient empêcher le peuple du Québec de saisir avec
enthousiasme
l'option de l'affirmation de la souveraineté du Québec.
Un Québec
souverain sera une réalité si cette largesse d'esprit
pour la cause
nationale parvient à s'imposer.

Le premier ministre du Canada se rend en
Europe
La campagne d'agression de Harper montre la
nécessité d'un gouvernement antiguerre
- Louis Lang -
 
Le premier ministre du Canada a visité l'Europe
du 5 au 11 juin et est allé en Ukraine, en Allemagne, en Pologne
et en Italie. Partout où il est allé, il a utilisé
l'occasion pour déshonorer les Canadiens et le Canada en faisant
la promotion de la guerre et de l'agression en leur nom. La visite du
premier ministre a illustré à quel point la situation
est dangereuse quand le peuple est privé du pouvoir politique de
former un gouvernement antiguerre qui agit comme une force de paix dans
le monde. Ce voyage à l'étranger s'inscrit dans un effort
désespéré, avant l'élection
fédérale, pour entraîner le Canada aussi
profondément que possible dans les affaires des sections les
plus réactionnaires de
l'impérialisme anglo-américain qui mènent
l'humanité à une conflagration mondiale.
Un engagement répété envers les
milices néonazies
À son arrivée en Ukraine le 5 juin, le
premier ministre Harper a été reçu par le
président Petro Poroshenko et le premier ministre Arseni
Yatseniouk. Harper avait amené avec lui des représentants
d'organisations ukrainiennes du Canada de même que les
députés conservateurs
Ted Opitz, James Bezan et Wladyslaw Lizon et le sénateur Raynell
Andreychuk.
La visite du premier ministre en Ukraine fait partie de
son intervention continuelle dans ce pays et de son soutien aux forces
fascistes qui mènent une guerre brutale contre les Ukrainiens de
l'est qui sont opposés aux arrangements actuels et au coup
d'État qui a eu lieu l'an dernier à Kiev.
Harper s'est joint à Poroshenko et à
Yatseniuk pour agiter le spectre de « l'agression
russe » pour camoufler les crimes du régime putchiste
de Kiev et de ses supporteurs aux États-Unis et au Canada. Suite
à sa rencontre avec Harper, Yatseniouk a dit qu'un accord de
libre-échange entre le Canada et l'Ukraine pourrait bien
être
finalisé d'ici trois mois. À une académie de
police à Kiev, Harper a annoncé que le Canada va fournir
5 millions $ pour un projet visant à envoyer 10 officiers
de police canadiens en Ukraine, en coopération avec les
États-Unis, pour « réformer » la
sécurité du pays et créer une nouvelle police
civile. Ce montant fait partie d'un
fonds de 18 millions $ annoncé en avril.
L'objectif principal de la visite était de
confirmer ces engagements de financement déjà
annoncés de même que l'engagement du Canada à
envoyer du personnel militaire canadien pour former la Garde nationale
fasciste d'Ukraine. On craint que cette aide bénéficie
directement aux forces néonazies. Bien que Harper et le ministre
de la
Défense aient dit que l'argent et la formation n'iront pas aux
organisations néonazies, cela ne convainc personne.
« Nous n'allons pas commencer à former
des milices ad hoc... Nous allons seulement former les unités de
la Garde nationale et de l'armée qui sont reconnues par le
gouvernement de l'Ukraine », avait dit plus tôt le
ministre Kenney.
La Garde nationale est sous les ordres du
ministère des Affaires intérieures de l'Ukraine qui est
lui-même sous le contrôle des partis néonazis
Svoboda et Secteur droit. En fait, la Garde nationale porte des
insignes néonazis sur ses uniformes. Le bataillon principal de
la Garde nationale sous les ordres du ministère des Affaires
intérieures est le
Bataillon Azov, qui est commandé par des fascistes ouverts et
appuyé par le Canada. La Garde nationale a été
formée à même les milices ad hoc suite au coup de
Kiev et la guerre dans l'est de l'Ukraine.
Le 10 juin, la Chambre des représentants des
États-Unis a approuvé un amendement au Defense
Appropriations Act (la loi annuelle des programmes
budgétaires de la défense) qui interdit textuellement aux
forces militaires des États-Unis de fournir de la formation au
Bataillon Azov de la Garde nationale. L'amendement a été
proposé par le représentant du Michigan John Conyers qui
a dit que le Bataillon Azov est « ouvertement
néonazi ». Son commandant, le député
ukrainien Andriy Biletsky, est un suprémaciste blanc qui
prêche ouvertement des points de vue hitlériens.
Harper a fait sa visite au moment où une
offensive militaire majeure était menée contre les
régions de l'est de l'Ukraine en violation de l'accord de
cessez-le-feu de Minsk II. Des observateurs de l'Organisation pour la
sécurité et la coopération en Europe (OSCE) qui
travaillent en Ukraine de l'Est ont rapporté que les forces de
Kiev
transféraient de l'artillerie lourde vers le front et que
plusieurs civils avaient été tués dans la
région de l'est. Le porte-parole de l'OSCE, Michael Borciukiw a
dit avoir entendu des centaines d'explosions dans le Donesk pendant la
visite de Harper, ajoutant que « c'est quelque chose que
nous n'avions jamais vu encore ».
Au Sommet du G7 en Allemagne les 7 et 8 juin, le premier
ministre a rempli sa promesse de mettre la question de
« l'agression russe » au centre de l'ordre du
jour de la réunion. Alors qu'il était en Allemagne,
Harper a rencontré Jean-Claude Juncker, le président de
la Commission européenne, Donald Tusk, le président du
Conseil européen, de même que le premier ministre du
Royaume-Uni David Cameron et la chancelière allemande
Angela Merkel. Selon le bureau du premier ministre, chaque rencontre a
été l'occasion de promouvoir sa position belliciste sur
l'Ukraine.
En tant qu'hôte du Sommet, la chancelière
allemande Angela Merkel a proposé que la réunion adopte
une résolution visant à éliminer la
dépendance aux combustibles fossiles d'ici 2050, laquelle a
été bloquée par les délégations
canadienne et japonaise. La réunion a par la suite adopté
une résolution similaire appelant cette fois à
l'arrêt de leur
utilisation d'ici 2100. Le premier ministre du Canada a qualifié
cet objectif d'« aspiration », ne s'engageant pas
à faire quoi que ce soit pour y arriver. Il a dit que c'est
seulement par des progrès technologiques que cet objectif peut
être atteint. La décision n'engage pas le gouvernement
Harper à faire quoi que ce soit et le
gouvernement n'a pris aucun engagement vis-à-vis le
développement des technologies qu'il dit si nécessaires
à la réalisation de l'objectif du G7.
À la fin du Sommet, Harper a admis que ses
efforts pour amener le Canada en guerre contre la Russie et l'isoler
ont débuté avant le coup de 2014 en Ukraine et la guerre
civile qui a suivi pour laquelle il blâme la Russie.
« J'en suis venu à penser, quelque
temps avant l'invasion de l'Ukraine, que sa présence à la
table du G7 n'était pas productive, en fait, qu'elle allait
nuire au genre de discussions et de coopération que nous
pourrions avoir sur un vaste éventail de questions
internationales. »
Il a ajouté :
« ...Le G7 regroupe des pays qui partagent
des valeurs et des objectifs fondamentaux dans le monde.
« Nous partageons des valeurs, profondes et
progressistes et un engagement agressif envers la démocratie, la
liberté, les droits humains et la primauté du droit, et
bien sûr nous avons des intérêts de
sécurité communs. »
Une visite en Pologne dans le but d'encercler
la Russie
Suite au Sommet du G7, le premier ministre a
visité la Pologne et y a rencontré le président
Bronislaw Komorowski et la première ministre Ewa Kopacz, tandis
que le ministre de la Défense rencontrait des responsables
militaires polonais à Varsovie.
Le 9 juin, à Varsovie, Harper a annoncé
que des membres du personnel des Forces armées du Canada se
joindraient au centre de commandement de l'OTAN qui est en train
d'être établi à Szczecin, en Pologne, dans le cadre
des efforts pour encercler et isoler la Russie. Le premier ministre a
dit que le gouvernement canadien envisage aussi se
joindre à la force d'intervention rapide de l'OTAN qui peut
intervenir dans des « zones de crise » en 48
heures.
Plus tard dans la journée, la farce de
« l'agression russe » a tourné au
grotesque lorsque le premier ministre et son ministre de la
Défense sont montés à bord du navire canadien HMCS
Fredericton
stationné en mer Baltique dans le cadre de
l'opération REASSURANCE, une mission en appui au renforcement
militaire
de l'OTAN le long des frontières de la Russie. Des centaines de
soldats canadiens sont stationnés en Pologne depuis le lancement
en mai 2014 de l'Opération REASSURANCE. L'armée et la
marine canadiennes prennent part à l'heure actuelle à
l'exercice BALTOPS, un exercice militaire annuel dirigé par les
États-Unis qui se tient du 5 au 20 juin
et mobilise 5600 soldats de divers pays.
Tout un tintamarre a été fait, dont des
propos incohérents et du pointage de doigt de la part du
ministre de la Défense, quand des navires russes ont
été vus à une certaine distance du navire. La
présence de frégates russes à sept milles
nautiques de distance dans une mer où ce pays possède des
côtes de 839 kilomètres est devenue un signe
d'agression et les médias ont parlé de bateaux qui se
« tenaient dans l'ombre » du navire canadien,
l'ont « approché » et
« suivi ». Le fait que pour un pays comme la
Russie, qui possède de grands ports et une base navale sur la
côte balte, cela n'ait rien d'anormal que ses navires se
retrouvent
dans ces eaux n'a pas été jugé une raison
suffisante
pour faire cesser l'hystérie. On n'a pas demandé non plus
pourquoi le gouvernement canadien se donne le droit de faire ce geste
agressif et provocateur de faire naviguer ses navires de guerre en mer
à plus de 5000 kilomètres des côtes du Canada !
Le commandant canadien Jeff Murray a cependant fait
remarquer, une fois le HMSC Fredericton revenu au port, que
« c'est normal et prévisible que des navires russes
vont opérer en mer Baltique... Leur présence n'a jamais
menacé personne. »
Une tentative d'impliquer le Vatican
À la fin de sa visite en Europe, le premier
ministre a eu droit à une audience de dix minutes avec le pape
François le 11 juin au Vatican. Harper a utilisé les dix
minutes qu'il avait pour continuer de promouvoir le régime
putchiste d'Ukraine et l'encerclement de la Russie par l'OTAN. Selon un
communiqué du bureau du premier
ministre, celui-ci « a parlé de la situation en
Ukraine et a exprimé ses profondes préoccupations
relativement à l'agression, à l'occupation et à la
violence de Vladimir Poutine en Ukraine » et a
exprimé sa préoccupation pour les minorités
religieuses dans divers parties du monde.
Un message Twitter de Harper daté du 11 juin
invite le pape à « me joindre au Canada en 2017
à l'occasion du 150e anniversaire de la
Confédération », semblant prendre pour acquis
qu'il va être réélu cette année.
Pendant ce temps, le ministre associé de la
Défense visitait le Commandement de la force conjointe
alliée à Naples (le JFC) le 10 juin. Le JFC, un centre de
commandement de l'OTAN qui comprend des soldats canadiens, a
été créé en 1951 dans le cadre de
l'occupation américaine de l'Europe, après la guerre,
pour contenir le
communisme.
Selon le département de la Défense
nationale, les tâches du JFC de Naples comprennent
« la planification et l'exécution d'opération
militaire de l'OTAN dans le but de maintenir la paix, la
sécurité et l'intégrité des territoires des
membres de l'OTAN, ainsi que la contribution à la gestion des
crises et la mise en oeuvre de mesures
dissuasives, en s'assurant que les quartiers généraux et
que les forces nécessaires sont au niveau de
disponibilité opérationnelle requis ».
Le JFC est commandé par un amiral
américain, secondé d'un vice-commandant canadien et d'un
chef de personnel italien.
La visite du premier ministre en Europe et sa
participation au sommet du G7 exposent encore une fois aux yeux de tous
l'extrémisme du gouvernement guerrier de Stephen Harper. Les
activités des conservateurs de Stephen Harper, qui font partie
de l'agression et de la provocation des États-Unis et de l'OTAN
contre la Russie, mènent
l'humanité au bord d'une nouvelle guerre dévastatrice
alors que ce qui est requis aujourd'hui, c'est la diplomatie, la
discussion responsable et la négociation pour résoudre
les différends entre les États. Les Canadiens s'opposent
au bellicisme effréné de ce gouvernement et à son
appui aux ambitions impérialistes. C'est le temps maintenant de
nous
organiser et de préparer les conditions pour un gouvernement
antiguerre.

Sommet du G7 en Allemagne
La réunion des grandes puissances confirme
les
plans de guerre et d'occupation
- K. C. Adams -
Manifestations le 6 juin
2015 contre le sommet du G7 à Elmau, en Allemagne
Les dirigeants du Groupe des sept grandes puissances
(G7) se sont réunis les 7 et 8 juin à Elmau, en
Bavière allemande, dans le cadre de leur sommet annuel. Il
s'agit du deuxième sommet depuis que la Russie a
été expulsée du Groupe des huit en 2014, en guise
de représailles suite au référendum par lequel le
peuple de Crimée a décidé de
quitter l'Ukraine et de se joindre à la Fédération
de la Russie. Les membres restants du G7 sont les États-Unis, le
Japon, l'Allemagne, la France, la Grande-Bretagne, l'Italie et le
Canada. L'Union européenne y est aussi représentée.
Le communiqué final du sommet du G7 de juin ne
laisse aucun doute à l'effet que les valeurs et les principes
des dirigeants impérialistes sont
partagés par tous. Selon le communiqué :
« Guidés par nos valeurs et nos principes communs,
nous sommes déterminés à travailler en
étroite collaboration pour relever les
défis économiques et politiques internationaux de notre
temps. »
Déclaration finale du G7
Le communiqué énumère les
défis qui, selon les dirigeants du G7, représentent des
obstacles à leurs économies capitalistes
monopolistes : « Bon nombre de nos économies
fonctionnent en deçà de leur capacité et il faut
redoubler d'efforts pour atteindre notre objectif — une croissance
solide,
durable et équilibrée. Le chômage dans les pays du
G-7 est encore trop élevé, même s'il a
considérablement diminué au cours des dernières
années. Nous demeurons aussi confrontés à des
défis tels que la faiblesse prolongée des taux
d'inflation, de même que la faiblesse des investissements et de
la demande. Mentionnons aussi la forte dette des
secteurs public et privé, les déséquilibres
internes et externes soutenus, les tensions géopolitiques ainsi
que la volatilité des marchés financiers. »
Face à ces défis, les participants au
sommet s'engagent à poursuivre la même direction
néolibérale « en protégeant les droits
de propriété intellectuelle ; en soutenant les
investissements privés par l'instauration d'un climat favorable
aux affaires, en particulier pour les petites et moyennes
entreprises ; en veillant à ce que les
investissements publics soient suffisants ; en faisant la
promotion de l'investissement dans des infrastructures de
qualité pour corriger les lacunes grâce à la
mobilisation efficace des ressources en partenariat avec le secteur
privé et en augmentant la productivité par la mise en
oeuvre de nouvelles réformes structurelles ambitieuses. [...]
Nous
avons établi pour l'avenir les priorités suivantes :
une mise en oeuvre complète, cohérente et rapide des
réformes convenues sera essentielle pour garantir un
système financier mondial qui soit ouvert et
résilient. »
Consolidation du droit de monopole à
l'échelle mondiale
En réaction aux nombreuses critiques de leurs
manigances pour payer les riches et visant à dépanner
leurs monopoles préférés à même les
fonds publics, les dirigeants du G7 ont convenu de changer le nom des
compagnies dites « trop grosses pour faire
faillite » en institutions « mondiales
d'importance systémique. » Plus
particulièrement, au sujet des institutions financières,
les dirigeants du G7 ont dit : « Nous restons
déterminés à adopter la norme internationale
commune proposée sur la capacité d'absorption totale des
pertes des institutions d'importance
systémique. »
Au sujet des problèmes flagrants dus au
parasitisme et à la décadence du système
impérialiste par lequel la richesse sociale colossale est
échangée mondialement, siphonnant les économies
socialisées des fonds nécessaires pour leur
développement et pour répondre aux besoins du peuple, les
dirigeants impérialistes ont fait valoir l'importance de
consolider leur contrôle monopoliste mondial et de combattre tout
effort visant à restreindre le droit de monopole. Dans le
communiqué, on peut lire : « Afin d'aider
à réduire les risques systémiques et à
accroître la transparence, nous tenons aussi à souligner
l'importance d'une coopération transfrontalière accrue
dans le domaine de la
réglementation financière pour augmenter
l'efficacité des règlements, surtout en ce qui concerne
la réforme en matière de redressement et de
marchés des instruments dérivés. »
Aussi, afin de consolider leur ingérence dans les
affaires d'autres pays, de contrôler leurs transactions
financières et d'espionner leurs activités, les
dirigeants impérialistes du G7 déclarent :
« Nous nous engageons à promouvoir fortement
l'échange automatique de renseignements sur les règles
fiscales internationales. Nous nous
réjouissons en outre de la mise en oeuvre rapide de la nouvelle
norme mondiale pour l'échange automatique de renseignements
d'ici la fin de 2017 ou 2018, y compris par tous les centres financiers
qui doivent suivre les procédures législatives
nécessaires. Nous exhortons également les administrations
qui ne l'ont pas fait encore, ou l'ont fait de
manière insuffisante, à se conformer rapidement à
la norme internationale sur l'échange de renseignements sur
demande. »
L'évasion fiscale et la corruption rampante des
riches est une arme permettant d'étendre leur contrôle sur
les autres et d'imposer leurs sanctions et leurs blocus
économiques contre tous ceux qui s'opposent à eux.
Voilà pourquoi les dirigeants du G7 écrivent :
« Nous reconnaissons l'importance de la transparence en
matière de
propriété effective pour lutter contre l'évasion
fiscale, la corruption et les autres activités qui
génèrent des flux financiers illicites. »
La promotion du libre-échange comme fer de lance
économique de la mondialisation impérialiste pour
attaquer les droits des nations et des peuples partout
En dépit de l'opposition massive de tous les pays
concernés, y compris le Canada, les dirigeants du G7 ont
réitéré leurs opinions néolibérales
sur le libre-échange en tant que
moyen de consolider le droit de monopole mondialement et d'attaquer les
droits souverains des nations de développer leurs propres
économies comme elles le jugent nécessaire, de
restreindre le droit de monopole et de servir l'intérêt
public :
« Favoriser la croissance économique
mondiale en réduisant les obstacles au commerce demeure
impératif et nous réaffirmons notre volonté de
préserver l'ouverture de nos marchés. Nous demeurons
engagés à réduire les obstacles au commerce et
à améliorer la compétitivité en prenant des
mesures unilatérales visant à libéraliser nos
économies. Nous nous félicitons des efforts en cours pour
conclure de nouveaux accords de libre-échange (ALE)
bilatéraux et régionaux, à la fois ambitieux et
rigoureux, et nous nous réjouissons à l'avance des
progrès rapides dans les négociations
plurilatérales, y compris l'Accord sur le commerce des services
(ACS), l'élargissement de l'Accord
sur les technologies de l'information (ATI) et l'Accord sur les biens
environnementaux (ABE). Nous saluons les progrès accomplis dans
le cadre des grandes négociations commerciales en cours,
notamment le Partenariat transpacifique (PTP), le Partenariat
transatlantique de commerce et d'investissement (PTCI) ainsi que
l'accord de partenariat
économique UE-Japon. Nous nous félicitons de la
conclusion des négociations sur l'Accord économique et
commercial global (AECG) entre le Canada et l'Union européenne
et attendons avec intérêt sa rapide entrée en
vigueur. Nous ferons en sorte que nos ALE bilatéraux et
régionaux appuient l'économie mondiale. »
Les pays du G7 ont clairement
annoncé qu'ils allaient tout faire pour continuer leur
domination des affaires économiques du monde et faire obstacle
au droit d'être des nations et des peuples. Ils se sont
engagés à avoir encore davantage recours à leurs
institutions politiques, militaires et économiques existantes y
compris l'OTAN, le
Fonds monétaire international (FMI), la Banque mondiale et les
banques centrales. La directrice générale du FMI,
Christine Lagarde, et le secrétaire général de
l'Organisation pour la coopération et le développement
économique (OCDE), Angel Gurria, ont participé au sommet.
Ils ont réaffirmé leur détermination à
mener à bien les sanctions, les
embargos, les blocus et la pression militaire contre tous les pays qui
osent défier la volonté du G7.
Les pays qu'on compte harceler
Les pays ciblés spécifiquement par le G7
pour harcèlement sont, selon le
communiqué, la Chine, la Russie, l'Iran, la RPDC, la Libye, la
Palestine et la Syrie.
Les dirigeants du G7 ont
pointé du doigt la Chine parce qu'elle ne respecterait pas le
« système fondé sur les règles dans le
domaine maritime » ni « l'utilisation
légale, libre et sans entraves des océans du
monde » et parce qu'elle attiserait « les
tensions qui prévalent dans les mers de Chine orientale
et méridionale » et aurait recours à
« l'intimidation, à la coercition ou à la
force, ainsi qu'à l'imposition unilatérale de mesures qui
cherchent à renverser le statu quo, comme une mise en valeur
territoriale à grande échelle ».
Les forces armées des États-Unis,
appuyées avec enthousiasme par le Japon militariste
occupé par les États-Unis, ont mis en place en tant que
« pivot vers l'Asie » 60 % de l'actif
militaire des États-Unis autour de la Chine et de la
péninsule coréenne. Ce pivot militaire sert aussi
à mettre en oeuvre la vieille tactique coloniale
de « diviser pour régner » en attisant les
tensions entre la Chine et ses voisins et en minant de façon
active tout effort visant à développer des relations
amicales entre les peuples d'Asie.
Les impérialistes étasuniens occupent
toujours le Japon et la Corée du Sud, y ayant implanté
une multitude de bases militaires et s'ingérant ouvertement dans
leur vie politique. Leurs sous-marins armés d'ogives
nucléaires et leurs armadas dotées de porte-avions
sillonnent les océans d'Asie, se prêtant sans arrêt
à des exercices de guerre dirigés
contre la Chine et la RPDC mais aussi contre les peuples du Japon et de
la Corée du Sud. Les impérialistes étasuniens ne
démordent pas en dépit de l'évidence grandissante
à l'effet que le principal obstacle à la paix et aux
relations saines entre les peuples d'Asie est précisément
la présence et les activités sinistres des forces
armées
étasuniennes.
Le G7 attaque la Russie
Les dirigeants du G7 tiennent la Russie responsable du
coup d'État fasciste en Ukraine et de la guerre du régime
du coup de Kiev contre son propre peuple vivant dans les régions
est et sud du pays. Les pays du G7 ont
spécifiquement exprimé leur mécontentement devant
le fait que le peuple de
Crimée avait résisté au coup fasciste du
régime de Kiev et voté massivement lors d'un
référendum de quitter l'Ukraine et de se joindre à
nouveau à la Russie, affirmant ainsi son droit
démocratique. En réponse à cet acte de
rébellion de la part du peuple de Crimée, et en tant que
stratégie à long terme visant à imposer un
changement de régime en
Russie, les grandes puissances du G7, dirigées par les
États-Unis, la Grande-Bretagne et l'Allemagne, ont laissé
libre cours à leur colère en imposant des sanctions
à la Russie et en rapprochant davantage des contingents des
forces armées de l'OTAN des frontières de la Russie.
Les monopoles et les institutions du G7 tels le FMI et
surtout les monopoles des États-Unis, de l'Allemagne et de la
Grande-Bretagne, se cachent derrière le coup fasciste du
régime de Kiev pour consolider leur contrôle des terres,
des ressources et de l'économie générale de
l'Ukraine. Ils veulent se servir d'une Ukraine fasciste et
annexée en
tant que base pour subjuguer et contrôler non seulement les
anciennes républiques soviétiques mais la Russie
elle-même avec ses énormes ressources naturelles.
Les contradictions au sein du G7 n'ont pas tardé
à se manifester alors que le premier ministre italien, Matteo
Renzi, selon les médias de masse, a « chaleureusement
accueilli » le président Poutine pendant la visite de
celui-ci les 10 et 11 juin à Milan et à Rome. Le
président Poutine a parlé de sa « relation
spéciale »
entre la Russie et l'Italie, tandis que le premier ministre italien
s'est engagé à intensifier la coopération
économique et a salué la Russie en tant que
« grand pays » avec lequel le dialogue ne doit
pas être abandonné. (« En Italie, Poutine est
accueilli par des mots chaleureux, une autre victoire pour
lui », Christian
Science Monitor)
Les impérialistes du G7 poursuivent leur guerre
économique contre l'Iran
Les grandes puissances du G7 ne cessent de miner
l'indépendance et la souveraineté de l'Iran et d'imposer
un changement de régime. L'attaque consiste en partie à
s'en prendre au droit de l'Iran d'avoir recours à
l'énergie nucléaire et à se défendre.
Tandis
que les impérialistes étasuniens sont armés
jusqu'aux dents, brandissant toutes sortes d'armes de destruction
massive et se servant de leurs bases militaires et de leurs embargos
économiques dans toutes les régions du monde pour
attaquer, intimider et dominer le peuple, les grandes puissances du G7
déforment totalement la réalité en exigeant que
l'Iran collabore « pleinement avec l'Agence internationale
de l'énergie atomique à la vérification de ses
activités nucléaires et de régler toutes les
questions laissées en suspens, y compris celles concernant
d'éventuelles dimensions militaires » sans quoi il
subira les conséquences des sanctions économiques et de
la pression militaire.
La RPDC visée
Les grandes puissances du G7 ont imposé des
sanctions draconiennes contre la RPDC dans leurs efforts visant
à nier son droit d'être. Les impérialistes
étasuniens refusent de signer un traité de paix qui
mettrait fin à la guerre d'agression et d'occupation contre la
Corée et menacent sans arrêt la RPDC en menant
des exercices de guerre sur ses frontières terrestres et
maritimes ainsi que toutes sortes de provocations. Avec une hypocrisie
la plus profonde le communiqué déclare, comme si les
peuples du monde n'avaient pas le droit d'être :
« Nous condamnons fermement la volonté de la
Corée du Nord de poursuivre le développement de ses
programmes de missiles nucléaires et balistiques. »
Le G7 poursuit sa guerre économique contre l'Iran
Après avoir détruit le régime
anticolonial de Kadhafi en Libye, les impérialistes du G7
versent des larmes de crocodile pour la situation horrible qu'ils ont
eux-mêmes créée par le biais de l'agression ouverte
de l'OTAN contre un pays souverain sous la fausse bannière de la
« responsabilité de protéger ».
Selon le communiqué : « En Libye, nous sommes
gravement préoccupés par la menace terroriste croissante,
la prolifération des armes, le passage de clandestins, les
souffrances humaines et l'épuisement des biens de l'État.
À moins de la conclusion d'un accord politique,
l'instabilité constante
risque de prolonger la crise dont les plus lourdes conséquences
frappent le peuple libyen lui-même. Les Libyens souffrent
déjà des tentatives des groupes terroristes de s'immiscer
dans les zones non gouvernées, ainsi que des réseaux
criminels qui exploitent la situation en facilitant la migration
clandestine par la Libye. »
Suite au démantèlement violent de
l'État anticolonial de la Libye, qui était l'un des plus
avancés de toute l'Afrique avec une importante infrastructure
matérielle et sociale, les dirigeants du G7, de la façon
la plus hypocrite qui soit, déclarent : « Nous
serons prêts à offrir un important soutien à ce
gouvernement inclusif et
représentatif dans ses efforts pour bâtir des institutions
étatiques efficaces, y compris des forces de
sécurité, ainsi que pour restaurer les services publics,
agrandir l'infrastructure, renforcer, reconstruire et diversifier
l'économie et débarrasser le pays des terroristes et des
réseaux criminels. »
La guerre contre la terreur — prétexte pour la
guerre impérialiste contre les peuples du monde

La police attaque
les manifestants contre le sommet du G7.
|
Les grandes puissances du G7, notamment les
États-Unis et la Grande-Bretagne, qui se sont affairées
à détruire les structures d'État de tant de pays
par leurs agressions et leur ingérence politique, ont
créé un climat d'anarchie et de
violence à l'échelle mondiale. Elles refusent de mettre
un terme à l'exploitation des peuples et au vol de leurs
ressources naturelles. Il est dans leur nature de piller plutôt
que d'engager des relations amicales et civilisées et de
pratiquer le commerce pour l'avantage et le développement
réciproque.
Les grandes puissances qui forment le G7, en particulier
les États-Unis et la Grande-Bretagne, sont responsables de la
croissance des groupes qui tuent à qui mieux mieux et imposent
la violence et l’anarchie. Ceux-ci servent les visées
néfastes de ceux qui les financent et les organisent mais
échappent parfois à leur contrôle ou perdent leurs
faveurs
et mordent la main de ceux qui les ont nourris. Tournant une fois de
plus la vérité à l’envers, les dirigeants du G7
écrivent:
«À la lumière du phénomène des
combattants terroristes étrangers, la lutte contre le terrorisme
et l’extrémisme violent doit rester prioritaire pour l’ensemble
de la communauté internationale. Dans ce contexte, nous saluons
les efforts continus de la Coalition mondiale pour contrer
l’EIIL/Da’esh...La lutte contre le terrorisme et le financement
terroriste est une priorité pour le G-7.»
Les idéaux proclamés de la lutte mondiale contre le
terrorisme sont utilisés pour imposer le changement de
régime et l’anarchie et la violence afin de perpétuer
l’exploitation à laquelle se livre l’impérialisme
américain, détruire les concurrents et attaquer les
droits des peuples des pays du G7. Sous le manteau de la lutte contre
le terrorisme, les pays du G7 et le monde entier versent dans
l’illégalité et la loi du plus fort.
L’expansion de l’exploitation et de la concurrence
impérialistes
pour les ressources des océans
Les grandes puissances qui forment le G7
considèrent que les grands fonds marins leur appartiennent et
que les monopoles les plus puissants ont le champ libre pour
s’accaparer des ressources qu’on retrouve dans les eaux
internationales. Le communiqué du Sommet mentionne que
«Nous, les pays du G-7, prenons note de l’intérêt
croissant pour l’exploitation minière en mer dans des
régions ne relevant pas de compétences nationales et pour
les possibilités qu’elle offre...Les priorités sont la
mise en place d’une réglementation offrant une plus grande
certitude et une meilleure prévisibilité pour les
investisseurs ».
Le problème des changements climatiques
reporté au siècle prochain
Une des plus sinistres blagues à provenir du
Sommet du G7 a été le bruit qui a été fait
sur les changements climatiques. L’approche des dirigeants du G7 de
«mesures concrètes pour lutter contre les changements
climatiques» c’est de reporter toute reddition de comptes
à la fin du 21e siècle! Évidemment, dans
l’intérim, les monopoles du G7 veulent qu’on multiplie,
transforme en marchandises et échange les «produits
dérivés du marché du carbone» pour pouvoir
soutirer encore plus de richesse sociale des économies du monde.
Note
1. "In Italy, Putin hears warm words -- and chalks up a
win," Christian Science Monitor,
11
juin,
2015.

15e anniversaire de la Déclaration
conjointe historique Nord-Sud
Un travail pour la paix dans la péninsule
coréenne
- Philip Fernandez -
Le dirigeant de la RPDC
Kim Jong Il (à gauche),
accueille le président sud-coréen Kim Dae-jung à
Pyongyang pour le Sommet historique intercoréen, le 15 juin
2000.
Le 15 juin 2015 est le 15e anniversaire de l'historique
Déclaration conjointe Nord-Sud entre la République
populaire démocratique de Corée (RPDC) et la
République de Corée (Corée du sud). Pour souligner
cet important anniversaire, le peuple coréen et ses
alliés partout dans le monde ont entrepris d'intensifier le
travail pour la réunification
et pour la paix.
La cause de l'unification a fait de grands
progrès dans tous les aspects entre 2000 et 2007. Les deux
côtés étaient guidés par l'esprit
réel d'ouverture et de coopération incarné dans la
déclaration conjointe du 15 juin. Celle-ci a aussi permis
à des familles séparées depuis la Guerre de
Corée de se réunir. Elle a accru les visites touristiques
entre le
nord et le sud, a engendré des échanges sportifs,
culturels et autres, ainsi que des projets économiques conjoints
tels la Zone industrielle de Kaesong. Des voies routières et
ferroviaires ont aussi vu le jour, liant le nord et le sud. La
déclaration a contribué à rétablir la
confiance entre les Coréens du nord et les Coréens du
sud. Cette confiance avait
été mise à rude épreuve par la domination
des impérialistes étasuniens de la Corée du sud,
en commençant par le déclenchement de la Guerre de
Corée de 1950 à 1953 dans le but de maintenir la division
du pays, en passant par la désinformation anticommuniste
continuelle et les exercices militaires tenus annuellement en vue d'une
invasion de la
RPDC.
Lorsque le gouvernement pro-États-Unis de Lee
Myung Bak a pris le pouvoir en Corée du sud en 2007, les
États-Unis ont insufflé un esprit d'hostilité dans
les relations nord-sud et ont ainsi entravé les efforts de
réunification. Cette attitude hostile a été
reprise par le gouvernement actuel de la présidente Park Geun
Hye,
arrivée au pouvoir en février
2013. À maintes reprises, le régime Park a attaqué
de façon éhontée la RPDC et le mouvement de
réunification de la Corée. Par exemple, dans un discours
à l'Université technique de Dresde en mars 2014, Park a
répété les calomnies et la désinformation
répandues par les États-Unis contre la RPDC. Elle a
accusé la RPDC d'agir en violation des
droits humains et a dit que la réunification de la Corée
ne serait possible qu'avec un changement de régime dans le nord
et l'intégration forcée de la RPDC à la
Corée du sud, comme l'Allemagne de l'Est avait été
intégrée de force à l'Allemagne de l'Ouest suite
à la chute du mur de Berlin en 1989.

Au deuxième Sommet
historique intercoréen
à Pyongyang le 2 octobre 2007. La cérémonie de
bienvenue pour le
président sud-coréen Roh Moo-hyun (deuxième
à partir de la gauche), qui est accueilli par Kim Jong Il.
Alors que son propre gouvernement nage dans la
corruption et le scandale, la présidente Park continue d'avoir
recours à la Loi sur la sécurité nationale,
la
loi
anticommuniste
tant
détestée
imposée
au
peuple
de
la
Corée
du
sud en 1948, pour criminaliser,
persécuter et emprisonner les activistes du mouvement
sud-coréen pour la
paix et la réunification.
Pour sa part, la RPDC tente toujours de
désamorcer les tensions entre le nord et le sud en dépit
de toutes les provocations. En octobre dernier, la RPDC a
dépêché des hauts fonctionnaires à Busan, en
Corée du sud, pour participer aux cérémonies de
clôture des Jeux asiatiques et s'entretenir avec leurs homologues
du sud. Lors de son discours
du Nouvel An cette année, le chef d'État de la RPDC, Kim
Jong Un, a proposé la tenue d'un sommet avec la
présidente Park Geun Hye. La RPDC a aussi une fois de plus
proposé de tenir des pourparlers directs avec les
États-Unis, proposant de suspendre son quatrième essai de
missile nucléaire à condition que les États-Unis
acceptent de
suspendre leurs exercices de guerre annuels, Key Resolve et Foal Eagle.
Non seulement les États-Unis ont-ils rejeté cette offre
mais ils ont renforcé l'arsenal militaire utilisé dans
ces exercices en mars et en avril de cette année pour montrer le
sérieux de l'engagement de l'administration Obama envers la
stratégie de « pivot vers
l'Asie » pour contenir la Chine. Ainsi, pour la
première fois, les États-Unis ont ajouté de
nouvelles armes tactiques à ces exercices militaires massifs qui
commencent en mars et finissent à la fin d'avril. Parmi ces
nouvelles armes à être intégrées à
l'exercice Foal Eagle, il y a le nouveau navire de combat en zone
littorale USS Forth Worth,
qui peut opérer dans des eaux peu profondes et transporter des
drones.

La liaison
ferroviaire intercoréenne est
rétablie, le 17 mai 2007. |
Le plan de tenir des célébrations
conjointes pour commémorer le 15e anniversaire de la
Déclaration Nord-Sud n'a pu se réaliser par manque de
collaboration de la part du régime de Corée du sud.
Il faut que les États-Unis et la Corée du
sud cessent d'agir comme ils le font et répondent d'une
manière sincère, en paroles et en actes, aux propositions
de paix et de juste réunification mises de l'avant par la RPDC
depuis 1953 et reprises par les Coréens du nord, du sud et de la
diaspora. Le temps est venu pour les États-Unis de signer un
traité de paix avec la RPDC tel que stipulé par l'Accord
d'armistice de 1953. Un traité de paix réduirait les
tensions dans la péninsule coréenne et permettrait au
peuple coréen d'avancer vers la réunification pacifique
de son pays, ce qui lui revient de droit comme peuple. La division de
la Corée maintenue par les États-Unis constitue la plus
grave
violation des droits humains commise contre le peuple coréen.
Toutes les personnes éprises de justice et de paix exigent que
cesse cette division.
Face à ces nombreux défis, le peuple
coréen compte sur la justice de sa cause, sur sa propre
unité politique et sur ses efforts pacifiques pour porter haut
levé l'étendard de la réunification nationale et
pour
que progressent ses efforts en ce sens. Le peuple coréen a
l'avantage de 70 ans d'expérience historique à
défendre ses intérêts. Il continue de
croire que tant que le soleil se lève à l'est, le
mouvement de réunification de la Corée connaîtra la
victoire. Il est fort de l'appui de tous les peuples épris de
justice et de paix au Canada et partout dans le monde.
À l'occasion du 15e anniversaire de la
Déclaration conjointe Nord-Sud du 15 juin, LML salue
chaleureusement le peuple coréen et est confiant que dans un
proche avenir celui-ci réussira à mettre fin à la
présence militaire des États-Unis dans le sud de son pays
et réalisera la réunification. Les 75 millions de
Coréens pourront alors
prendre la place qui leur revient en tant que nation vraiment
indépendante qui défendra la paix et les relations
amicales entre eux et entre les autres pays et peuples, contribuant
ainsi à la paix mondiale.
Texte de la Déclaration conjointe Nord-Sud, 15
juin 2000
Conformément à la noble aspiration
à la réunification pacifique du pays de tous les
compatriotes, le président Kim Jong Il de la Commission
Nationale de la Défense de la République Populaire
Démocratique de Corée et le président Kim Dae Jung
de la République de
Corée ont tenu une rencontre et un sommet conjoint à
Pyongyang du 13 au 15 juin 2000.
Les dirigeants du Nord et du Sud, considérant que
cette rencontre et ce sommet, premiers du genre dans l'histoire de la
division, sont des événements d'une grande importance
pour promouvoir la compréhension mutuelle, développer des
relations intercoréennes et accomplir la réunification
pacifique, déclarent ce qui suit :
1. Le Nord et le Sud décident de résoudre
la question de la réunification nationale de manière
indépendante et par les efforts conjoints du peuple
coréen.
2. Le Nord et le Sud reconnaissent que, pour
réunifier le pays, la proposition d'une fédération
en guise de première étape, avancée par la partie
nord, et la proposition d'une confédération,
avancée par la partie sud ont des éléments en
commun. Ils sont d'accord d'oeuvrer à l'avenir pour la
réunification selon cette entente.
3. Le Nord et le Sud acceptent de résoudre
rapidement les questions humanitaires, y compris l'échange de
visites de familles séparées et de parents et le
problème des prisonniers à long terme non-convertis au
Sud, à l'occasion du 15 août, jour de la libération
nationale.
4. Le Nord et le Sud décident de promouvoir le
développement respectif de l'économie nationale via la
coopération économique et de construire une confiance
mutuelle en stimulant la coopération et les échanges dans
tous les domaines y compris social, culturel, sports, santé
publique, environnement, etc.
5. Le Nord et le Sud acceptent d'instaurer un dialogue
entre leurs autorités afin de mettre rapidement en application
les points mentionnés plus haut.
Le président Kim Dae Jung a cordialement
invité
le président Kim Jong Il de la Commission nationale de la
Défense de la RPDC à visiter Séoul et le
président Kim Jong Il a accepté de visiter Séoul
au moment opportun.

La Corée du Sud saborde les
commémorations de la Déclaration conjointe Nord-Sud avec
la RPDC
- Entrevue avec H.P. Chung, porte-parole
du Comité 6.15 canadien -
Après plusieurs mois de préparatifs, les
célébrations conjointes prévues pour le 15e
anniversaire de la signature de la Déclaration conjointe
Nord-Sud, qui devaient avoir lieu à Séoul en Corée
du sud, ont été sabordées. La raison
première en est le manque de collaboration de la part du
gouvernement de Park Guen-hye qui, avec l'appui des États-Unis,
veut à tout prix mettre fin au mouvement du peuple coréen
pour la réunification pacifique et indépendante de son
pays. LML a discuté avec H.P. Chung, porte-parole du
Comité 6.15 canadien, composé de Coréens
patriotiques vivant au Canada et actifs dans la cause de la
réunification coréenne, pour qu'il explique ce que
signifient ces développements.
LML : Pouvez-vous nous
parler des plans qui avaient été faits pour
célébrer le 15e anniversaire de la Déclaration
conjointe Nord-Sud ?
H.P. Chung : Des
discussions en ce sens allaient bon train depuis plusieurs mois
déjà. Elles visaient avant tout à activer toutes
les forces patriotiques du nord, du sud et de la diaspora
coréenne pour les rallier dans un esprit de
réconciliation et faire avancer le mouvement de
réunification. Des réunions ont eu lieu
dans le sud, dans le nord et ailleurs, au Canada, au Japon et dans
d'autres pays, afin de célébrer cette occasion.
Suite à un accord préliminaire, le lieu
des célébrations 6.15 devait être Séoul, la
capitale de la Corée du sud et Pyongyang, la capitale de la
RPDC, devait être l'hôte des célébrations
8.15 marquant le 70e anniversaire de la victoire du peuple
coréen contre le Japon.
LML : Les médias
ont annoncé que les célébrations conjointes
n'auront pas lieu, que le nord et le sud organiseront chacun leurs
propres évènements. Pouvez-vous nous en dire plus ?
HPC : Après
s'être entendues sur les dates et les endroits pour les deux
commémorations, les parties se sont rencontrées à
Shenyang, en Chine, le mois dernier, pour élaborer le projet. Il
y avait huit délégués du sud, sept
délégués du nord et quatre
délégués d'outremer. Tout procédait
normalement jusqu'à ce que le
gouvernement de la Corée du sud n'interrompe la réunion
et n'ordonne à ses délégués de faire une
contreproposition à l'effet que la réunion du 6.15 ait
lieu à Pyongyang et celle du 8.15, à Séoul. De
plus, les délégués de la Corée du sud
voulaient que l'évènement soit culturel et social et non
politique. Ces propositions n'étaient pas acceptables
pour les délégués du nord et d'outremer à
Shenyang. Voilà pourquoi les célébrations
conjointes n'auront pas lieu.
LML : Qu'est-ce qui motive
le gouvernement sud-coréen à vouloir saborder ce
programme ?
HPC : À mon avis,
le gouvernement sud-coréen n'a aucun pouvoir décisionnel.
Ce n'est un mystère pour personne que le gouvernement
sud-coréen ne fait que suivre les instructions des
États-Unis pour ce qui est de sa politique
étrangère et de sa politique nationale. Ce sont donc les
États-Unis qui exercent la
pression sur le gouvernement Park pour qu'il saborde les
cérémonies. Les États-Unis s'opposent à la
réunification coréenne pour la simple raison qu'ils
seraient obligés de quitter la péninsule coréenne
et que le peuple coréen obtiendrait son indépendance. Si
la Corée est importante pour les États-Unis c'est en
raison de leurs intérêts stratégiques en
Asie de l'Est.
Nous sommes vraiment déçus que le 15e
anniversaire de la Déclaration conjointe Nord-Sud ne sera pas
célébré de façon conjointe. Il se pourrait
aussi que les célébrations conjointes du 8.15 n'aient pas
lieu. Nous, du Comité 6.15 canadien, et nos homologues ailleurs
dans le monde sommes déterminés à poursuivre notre
lutte commune pour la
réunification et pour la paix et nous appelons tous les
Canadiens à se joindre à nous, puisque ce qui ce passe
dans la péninsule coréenne affecte tout le monde.

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