Le Marxiste-Léniniste

Numéro 26 - 2 juin 2015

L'arrogance sans borne du gouvernement Harper

Des amendements introduits en catimini dans un projet de loi omnibus


Manifestation à Windsor lors de la visite de Harper le 13 mai 2015. Partout où il va Stephen Harper se heurte à la détermination du peuple à mettre fin à son abus de pouvoir et à le chasser du pouvoir en 2015.

Le gouvernement dépense les fonds publics pour surveiller
les médias à ses fins

- Anna Di Carlo -


L'endettement gouvernemental et le besoin
d'une nouvelle direction de l'économie

L'effet destructeur de l'endettement gouvernemental aux prêteurs privés
- K.C. Adams -


Lutte historique pour en finir avec la justice coloniale
Le rapport de la Commission de vérité et réconciliation autochtone
souligne la nécessité d'en finir avec le passé colonial du Canada

- Philip Fernandez -


Célébration au Canada de la vie et de l'oeuvre d'Ho Chi Minh
Une réception et un lancement de livre marquent
le 125e anniversaire du président Ho Chi Minh


Actualités internationales
Expansion des pouvoirs policiers en Europe

Les gouvernements français et britanniques adoptent de nouveaux
projets de loi antiterroristes


Criminalisation de l'activisme politique aux États-Unis
Un site web tente de «punir et dissuader» l'appui à la Palestine

Trente-quatre ans d'emprisonnement du patriote portoricain:
Oscar López Rivera doit être libéré immédiatement!

Le prisonnier politique Oscar Lopez et la subjugation
de Porto Rico par les États-Unis

- Matt Peppe, MintPress -

Récents développements dans les relations entre Cuba et les États-Unis
Cuba est retirée de la liste des États terroristes des États-Unis
Sept clés pour comprendre la situation
- Granma International -

Huit mois maintenant que les étudiants-enseignants sont disparus au Mexique
Des milliers de personnes marchent à Mexico pour demander
justice pour Ayotzinapa


Le gouvernement colombien sabote les pourparlers de paix
Un dirigeant des FARC est tué lors d'un nouvel attentat militaire
Les FARC suspendent leur cessez-le-feu unilatéral
- Secrétariat, Haut commandement central, FARC-EP -

Déclaration des pays garants, Cuba et la Norvège

Nouvelles du Venezuela, du Paraguay et du Pérou
Un enregistrement révèle une autre tentative de putsch au Venezuela
Dix jours de mobilisation au Paraguay contre un projet de loi de privatisation
Grève générale contre un projet minier au Pérou

La Russie se défend contre l'ingérence étrangère
La loi sur les groupes étrangers «indésirables» entre en vigueur

Sommet de l'Union européenne à Riga
L'Union européenne prend du recul face à l'Ukraine et à
son Partenariat oriental

- Alexandre Mercouris, Russia Insider -

La Chine résiste à l'endiguement
La Chine dévoile sa nouvelle stratégie militaire au milieu
des tensions régionales

L'Allemagne travaille avec l'Inde pour contenir la Chine
- german-foreign-policy.com -

Opposition aux menaces des États-Unis dans la péninsule coréenne
Lettre au président du Conseil de sécurité des Nations unies
- Ja Nam Song, l'ambassadeur de la RPDC à l'ONU -

Récent massacre par les terroristes à Palmyre en Syrie
L'appui aux terroristes par certains États a permis ce massacre, selon le ministère des Affaires étrangères
- Syrian Arab News Agency -


L'arrogance sans borne du gouvernement Harper

Des amendements introduits en catimini
dans un projet de loi omnibus

Le président du Conseil du trésor, Tony Clement, a qualifié de débat ésotérique les objections soulevées au sujet de certains éléments cachés dans le projet de loi sur le budget, le plus récent projet de loi omnibus du gouvernement conservateur.

Le gouvernement Harper a introduit en catimini des amendements au projet de loi omnibus présentement débattu au parlement, qui rendent notamment la Loi sur l'abolition du registre des armes d'épaule rétroactive à octobre 2011. Les amendements font en sorte que l'abolition du registre commence avant même que la loi à cet effet n'ait été adoptée au parlement. Ils ont pour effet de rayer toute plainte ou illégalité concernant l'abolition du registre et c'est fait pour cacher que le gouvernement a ordonné à la GRC de détruire les données du registre en 2011 alors que la loi n'a été adoptée que l'année suivante.

En tant que théologien de la prérogative royale, le ministre Clement soutient que puisque le gouvernement majoritaire a réussi à faire adopter la Loi abolissant le registre et autorisant la destruction des données, c'est vouloir couper les cheveux en quatre que de débattre de la date de l'entrée en vigueur de cette autorisation. Il affirme que la « Loi canadienne » veut que l'adoption du projet de loi omnibus prévue avant la relâche estivale mette fin à tout débat sur le registre et les données.

Des juristes et experts de la procédure parlementaire ont dit au National Post que « le geste du gouvernement conservateur est sans précédent mais il ne peut être arrêté puisqu'il est majoritaire ». C'est ce que pense également le président du Conseil du Trésor pour qui « la souveraineté du parlement a préséance dans ce cas-ci, je crois ».

Il aurait été plus exact de dire que le Roi en Parlement a exercé sa prérogative royale et son droit souverain de réécrire l'histoire et de rendre légal ce qui était illégal.

La commissaire à l'information Suzanne Legault ne partage pas cet avis. S'appuyant sur un argument juridique, et non pas théologique, elle a recommandé il y a deux mois que des accusations soient portées contre la GRC pour avoir détruit les données du registre fédéral des armes d'épaule en violation de la Loi à l'accès à l'information. Harper s'est empressé de réparer la faille en rendant l'autorisation de détruire rétroactive tout simplement en insérant un amendement à une loi omnibus sur le budget qui comprend aussi un grand nombre de mesures diverses que les députés sont appelés à voter.

Tony Clement le théologien affirme que cette ruse absolutiste absout la GRC et le gouvernement de toute faute. Il accuse quiconque pense autrement de malhonnêteté théologique et d'impiété puisqu'on ne remet pas en question la droiture de l'autorité absolutiste du Parlement sur ses sujets, le peuple.

La commissaire ne se laisse pas intimider par ces remontrances et accuse le gouvernement de créer un « dangereux précédent ». Même le National Post est d'accord avec elle quand il demande : « En effet, quels autres actes illégaux pourront être exonérés rétroactivement de cette façon ? »

Dans un avis à la Chambre des communes le 14 mai, Suzanne Legault soutient que ce « dangereux précédent » pourrait servir à exonérer rétroactivement des méfaits de représentants officiels du gouvernement allant de la fraude électorale aux dépenses illicites. Elle soutient que la GRC a détruit les données du registre demandées par plusieurs aux termes de la Loi sur l'accès à l'information avant que la loi abolissant le registre n'entre en vigueur et malgré la promesse solennelle du gouvernement de les conserver jusqu'à ce moment-là. Dans une lettre au président de la Chambre des communes et au président du Sénat, la commissaire dit qu'elle soumet son rapport au parlement « dans l'espoir que les parlementaires examineront soigneusement les implications du projet de loi C-59 », le projet de loi omnibus exécutant le budget.

En mars dernier, elle a recommandé au procureur général du Canada d'instituer une enquête sur « la destruction délibérée des données du registre » qui sont protégées par la Loi sur l'accès à l'information. La Police provinciale de l'Ontario a entrepris cette enquête.

Le gouvernement Harper a réagi en utilisant une de ses tactiques préférées : changer la date d'entrée en vigueur d'une loi déjà adoptée pour qu'elle coïncide avec la date du dépôt du projet de loi abolissant le registre des armes d'épaule, faire cette modification en catimini en introduisant un amendement dans un projet de loi de 167 pages et forcer l'adoption du projet de loi avant la relâche estivale, obligeant les députés à ou bien accepter le changement de date, ou bien bloquer l'ensemble du projet de loi.

Suzanne Legault soutient que l'affaire va beaucoup plus loin que le maintenant défunt registre des armes. « On peut faire la même chose après avoir enquêté une fraude électorale, a-t-elle dit au National Post. On peut effacer des choses rétroactivement. » L'ancien gouvernement libéral aurait pu enlever à la vérificatrice générale Sheila Fraser son pouvoir d'enquête durant le scandale des commandites, poursuit-elle. « Voilà le genre de précédent qu'on nous propose d'établir avec ces amendements. Voilà pourquoi cette affaire est très grave. »

Elle a dit que tous les députés « vont devoir se regarder dans le miroir et décider s'ils peuvent, en toute intégrité, voter en faveur de ces amendements ».

La commissaire a déposé une poursuite à la Cour fédérale le 14 mai pour tenter de sauvegarder les droits du défendeur qui avait demandé des exemplaires du maintenant défunt registre des armes d'épaule. Les amendements au projet de loi omnibus sur le budget annulent rétroactivement « toute demande, plainte, enquête, recours en révision, révision judiciaire, appel ou toute autre procédure en vertu de la Loi sur l'accès à l'information et de la Loi sur la protection de la vie privée » relatifs à ces données. En entrevue au National Post, elle a confié que c'est la quatrième fois qu'elle fait valoir auprès du procureur général du Canada que des accusations au criminel peuvent être portées en vertu de la Loi sur l'accès à l'information. Aucune accusation n'a jamais été portée dans les cas d'ingérence politique flagrante dans le fonctionnement d'un système conçu pour informer les citoyens sur les agissements de leur gouvernement.

Pour sa part, le premier ministre Stephen Harper a dit que les agents de la GRC ne faisaient qu'obéir à la volonté de son gouvernement majoritaire. « Le gouvernement, le Parlement du Canada, a déjà décidé d'abolir le registre des armes d'épaule, a dit Harper de passage à Windsor, en Ontario. La GRC a agi entièrement suivant l'intention du Parlement de détruire les données du registre. »

On notera le peu de cas que fait Harper de la distinction entre la loi et les « intentions » de son parti et entre ce qui est légalement justifiable et ce que décide son gouvernement majoritaire. Selon lui, la GRC a agi en toute légalité parce qu'elle a agi non pas suivant la loi actuelle mais suivant l'intention du Parlement de modifier la loi actuelle.

C'est avec ce même mépris de la légalité et de l'État de droit que Tony Clement rejette les préoccupations de la commissaire à l'accès à l'information concernant la possibilité qu'un gouvernement à l'avenir puisse utiliser la même tactique pour s'exonérer dans une enquête policière.

« Cela ne crée aucun précédent, a dit le président du Conseil du Trésor. Le Parlement a adopté une loi. La loi qui a été adoptée par le Parlement est qu'il n'y aura plus de registre des armes d'épaule. »

Les travailleurs du secteur public disent que le débat n'est pas du tout ésotérique puisqu'avec ce même projet de loi omnibus la dictature Harper veut leur enlever près d'un milliard de dollars sans passer par le processus de négociation collective. Un ministre a même déclaré que cette appropriation est « gravée dans le marbre ».

Cet abus de pouvoir devenu routinier montre non seulement que ce gouvernement hors-la-loi doit être chassé du pouvoir en octobre prochain mais aussi que le système de gouvernance a un besoin pressant de renouveau démocratique.

(Avec des informations de iPolitics, National Post)

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Le gouvernement dépense les fonds publics pour surveiller les médias à ses fins

La détérioration des institutions politiques du Canada est visible partout. L'appareil d'État tout entier et sa bureaucratie sont infectés d'activités corrompues menées à des fins étroites sous le diktat de la bande à Harper et des intérêts privés qu'elle sert. Même le processus apparemment simple et routinier par lequel un gouvernement s'informe de ce que disent les médias en est marqué.

Selon Travaux Publics Canada, divers ministères envoient en sous-traitance leurs services de surveillance des nouvelles pour aider « à cerner et à suivre les enjeux actuels et émergents en matière de politiques, de programmes, de services et d'initiatives des ministères ». Selon Travaux Publics Canada, le Programme de suivi électronique des médias « négocie avec les fournisseurs de contenu qui détiennent des droits exclusifs de distribution des nouvelles et donne accès à environ 50 sources de nouvelles électroniques en respectant les règles du droit d'auteur. Cela comprend des journaux, des fils de presse et des transcriptions d'émissions de télévision représentant des sources de nouvelles régionales et nationales, en anglais et en français, provenant des diverses régions du Canada. »

Cela semble aller de soi. Quoi de mal à ce que le gouvernement et ses ministères veuillent et aient besoin de savoir ce que disent les nouvelles ? Les choses ne sont pas aussi simples qu'elles le paraissent à première vue quand on examine quel type de surveillance est donné en sous-traitance et quel type de compagnies est impliqué.

Selon un article de septembre 2014 du National Post, le gouvernement a dépensé plus de 20 millions $ pour rassembler de l'information par le biais de « contrats de surveillance des médias » entre décembre 2012 et décembre 2014. Les données complètes plus récentes ne sont pas encore disponibles. Des questions ont été posées à la Chambre des communes sur l'étendue de la surveillance des médias mais elles sont restées sans réponse.

Selon l'article du National Post, les 1100 pages d'information sur la surveillance des médias que le journal a obtenues par une demande d'accès à l'information montrent que « le gouvernement garde l'oeil sur ce que disent les journalistes, les critiques et ses propres porte-paroles ».

Les ministères et agences ayant accès aux services envoyés en sous-traitance fournissent les sujets qui les intéressent particulièrement. Selon l'article du National Post, « les sujets de recherche soumis par un ministère comprennent le Parti conservateur du Canada et l'ex-député conservateur Dean Del Mastro ». En octobre 2013, Del Mastro a été trouvé coupable d'avoir enfreint la Loi électorale du Canada en dépensant plus que permis lors de l'élection fédérale de 2008 et en faisant des contributions illégales au fonds de sa propre campagne qu'il a ensuite essayé de camoufler en produisant de faux documents. Pendant un certain temps, avant d'être expulsé, il a été secrétaire parlementaire de l'Agence fédérale de développement économique pour le sud de l'Ontario. L'agence a demandé que les termes « Del Mastro », « Parti conservateur du Canada » et « Holinshed » (l'entreprise mise en cause dans le procès) soient inclus dans ses rapports.

Selon l'article, « le ministère des Affaires étrangères, du Commerce et du Développement surveille les médias à la recherche de toute mention du Conseil des Canadiens... Anciens combattants Canada recherche des termes liés à la santé mentale des soldats et des vétérans de même qu'à ceux qui critiquent le gouvernement tel l'ancien ombudsman des anciens combattants Pat Stogran ».

Quant au ministère de la Justice, il recherche des mots comme 'dénonciateur' quand il est voisin de « gouvernement fédéral » ou de « ministère de la Justice ».

L'article explique que des 1100 pages de surveillance de termes dans les médias, 300 sont de Citoyenneté et Immigration et d'Emploi et Développement social. « Des plus de $ 20 millions dépensés par le gouvernement depuis décembre 2012 pour des contrats de surveillance des médias, un des plus gros contrats touchait la surveillance des médias ethniques. »

Les entreprises impliquées

Le ministère de la Défense nationale a signé un contrat avec une entreprise appelée Nexalogy qui va du 24 mars 2015 au 31 mars 2016 (d'une valeur de 395 500 $). Le soumissionnaire requiert « la surveillance et l'analyse en temps réel du contenu des médias sociaux incluant Twitter, Facebook, les blogues, les forums de discussion, les babillards électroniques, les réseaux sociaux et les sites web de partage de vidéos, de même que la surveillance en temps réel des sites de nouvelles sur Internet ».

Selon Nexalogy, ses services sont modelés sur les découvertes de l'astro-physicien Claude Théoret et son usage des algorithmes pour étudier les trous noirs et l'interaction des étoiles entre elles. On lit sur son site web : « En 2006, Théoret a réalisé que les algorithmes et les méthodes qu'il utilise pour analyser les étoiles peuvent être appliqués aux données sociales. Le résultat est Nexalogy. Au lieu de données stellaires, ce sont les connections entre les mots et les gens qui les écrivent que nous analysons, que ce soit sur les blogues, Twitter, Facebook ou d'autres sources. Plutôt que de trouver des trous noirs, nous découvrons des risques et des possibilités non encore identifiés et du renseignement jusque là caché. » Il poursuit : « Notre partenariat avec Environics Group nous permet d'offrir une gamme complète de services traditionnels de recherches de marchés qui, combinée à ce que nous découvrons dans les données sociales, fournit une compréhension exceptionnellement puissante des courants et de la direction de l'opinion publique. »

Un autre fournisseur de services, iG Intelligence, écrit qu'il offre « une surveillance 24 heures par jour et 7 jours-semaine de toute combinaison de services » et s'engage à « fournir du renseignement interactif à l'utilisateur ». IG Monitor dit comprendre « une équipe de gestion de haut calibre et de réputation ». Le site web poursuit : « Si quelqu'un critique ou attaque votre entreprise, votre école, votre club ou une célébrité locale ou quelqu'un de votre famille sur Facebook, Twitter, Linkedin ou d'autres médias sociaux, cette critique peut aisément se propager comme un virus avant que quiconque n'en soit informé. C'est pour cela que la surveillance automatisée des médias sociaux est nécessaire. »

Comme le gouvernement canadien est devenu synonyme d'intolérance pour tout examen de la politique gouvernementale sous le prisme de l'intérêt public, la question de ce qui est fait avec l'information recueillie au moyen de la surveillance des médias se pose. Le personnel de communications du gouvernement se monte à plus de 3300 personnes et on comprend qu'il a besoin de ces matériaux pour limiter les dégâts qui se produisent et l'aider dans sa manipulation des enjeux. Le développement de ce type de « surveillance des médias » illustre l'étendue de l'effondrement de la légitimité du gouvernement et l'échec du système dominé par les partis appelé démocratie représentative à fonctionner comme il est supposé le faire. Les députés, qui sont censés être la courroie de transmission entre le gouvernement et les institutions de l'État et le peuple, n'ont rien à voir avec le peuple et les partis politiques de l'establishment sont encore plus déconnectés. À chaque jour, les Canadiens livrent leur message au gouvernement sous les formes les plus diverses, comme on le voit par exemple avec l'opposition au projet de loi C-51. Le gouvernement vit dans sa bulle, s'appuyant sur la « surveillance des médias » pour espionner le peuple et tenter désespérément d'éviter sa défaite imminente.

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L'endettement gouvernemental et le besoin
d'une nouvelle direction de l'économie

L'effet destructeur de l'endettement gouvernemental aux prêteurs privés


L'endettement gouvernemental aux prêteurs privés, aux paliers fédéral, provincial et municipal, est un aspect très dommageable de l'offensive antisociale. Les gouvernements au Canada versent chaque année 60 milliards $ de fonds publics dans les coffres du capital financier en paiements d'intérêts non nécessaires. Ce tribut cumulatif est passé à 1,1 billion $ depuis 1974, soit le moment où le capital financier international dirigé par les États-Unis a dicté au gouvernement de cesser d'emprunter de la Banque du Canada. La pratique antisociale d'emprunts gouvernementaux aux intérêts privés et de paiements de l'intérêt courant, qui a causé d'énormes dettes publiques, est devenue une excuse de plus pour imposer l'austérité au peuple et couper dans les programmes sociaux et les services publics.

La dette publique aux institutions prêteuses internationales, pour la plupart étrangères, n'a pas sa raison d'être. Elle est devenue une forme de tribut imposé au sein du système impérialiste d'États dirigé par les États-Unis. Certains Canadiens affirment que cette forme de tribut versé en vertu des prêts privés consentis aux gouvernements est illégale et ils ont intenté une poursuite pour en interdire la pratique. Leur raisonnement est que la Banque du Canada, qui est propriété publique, est tenue par la loi de prêter de l'argent aux gouvernements à des taux d'intérêts bas ou sans intérêt, comme cela s'est fait entre 1938 et 1974.[1]

Les néolibéraux prétendent que les prêts publics aux gouvernements par la Banque du Canada sont inflationnistes parce qu'ils peuvent accroître la masse monétaire au point où elle dépasse la croissance de la valeur des biens et services du pays. Cet argument est trompeur et contraire à l'expérience historique du capitalisme.

L'argument est trompeur parce que tout prêt institutionnel, qu'il soit public ou privé, accroît la masse monétaire puisque le montant qui est prêté est plus élevé que la réserve de richesse sociale que l'institution détient. Si l'emprunt est utilisé pour l'emploi productif de la classe ouvrière, la nouvelle valeur qui est produite devrait être plus grande que la valeur empruntée. L'inflation n'est pas créée selon que la source de l'emprunt gouvernemental, et de tout emprunt, est publique ou privée mais bien selon l'utilisation qui est faite de l'argent emprunté.

L'argument néolibéral au sujet de l'inflation est également contredit par l'histoire. Au cours de la période formative du capitalisme, la pratique des entrepreneurs privés consistant à emprunter de détenteurs privés de richesse sociale à des taux d'intérêts moindres que le profit moyen anticipé a accéléré le développement de la production industrielle de masse. Cette pratique moderne était une rupture radicale avec le féodalisme et sa petite production clairsemée et sa pratique régressive de l'usure qui perturbait et s'emparait de tout profit, bloquant la croissance.

Avec le renversement de l'État féodal, le nouvel État capitaliste a débuté l'emprunt gouvernemental basé non seulement sur l'accumulation publique mais sur la perspective que la production à venir serait d'une valeur plus grande que le montant emprunté. Cette méthode en vertu de laquelle l'État emprunte pour réaliser des projets d'infrastructure matérielle et sociale est devenue une méthode effective pour mettre de l'avant l'objectif de l'édification nationale.

Tout emprunt, public ou privé, qui permet aux travailleurs de créer une nouvelle valeur, de reproduire la valeur de leur force de travail et de transférer la valeur déjà produite dans de la nouvelle production ajoute à la richesse sociale qui se trouve à dépasser le prêt original. Une telle pratique ne peut pas être inflationniste.

Tout emprunt, public ou privé, qui résulte en des dépenses qui sont faites sans que les travailleurs ne créent une valeur nouvelle, des dépenses pour la guerre par exemple ou pour l'achat et le transfert continuel de richesse sociale déjà produite dans l'espoir de l'augmenter sans que rien ne soit produit, n'ajoute pas à la richesse sociale. Il est possible que ces formes d'emprunt accroissent la masse monétaire au-delà de l'augmentation de la valeur globale des biens et services du pays et mènent à la baisse de la devise et à la hausse des prix.

La thèse économique selon laquelle l'emprunt par le gouvernement à la Banque du Canada est source de bienfait général a été confirmée concrètement par les années formatives de l'édification nationale canadienne après la Deuxième Guerre mondiale. La Banque du Canada, une société de la Couronne, a fourni des fonds publics aux trois paliers de gouvernement, principalement pour la construction de l'infrastructure matérielle et sociale et pour le développement des services, sans pour cela causer quelque inflation sérieuse des prix. La valeur totale de l'infrastructure matérielle et sociale publique et des services publics a considérablement augmenté dans les débuts de l'après-guerre.

Cette situation s'est produite dans les conditions du contrat social d'après-guerre entre la classe ouvrière canadienne et les détenteurs du capital monopoliste. La tendance progressiste que les forces antifascistes victorieuses ont cherché à poursuivre après la guerre comprenait la restriction de l'activité des puissants monopoles issus de la fusion du capital financier et industriel qui avaient causé des crises et des désastres pendant la première moitié du vingtième siècle. La demande importante a été mise de l'avant que le secteur financier, pas seulement la Banque du Canada, devienne un service public rendant disponibles des fonds à faibles taux d'intérêt ou sans intérêt à toute l'économie pour développer la production et renforcer l'infrastructure matérielle et sociale, y compris les soins de santé et l'éducation pour tous.

La tendance réactionnaire a refusé le verdict antifasciste de la Deuxième Guerre mondiale et s'est opposée à toute restriction du privilège de classe et du droit de monopole. Sur le front financier, la tendance réactionnaire a exigé que l'on régresse vers l'emprunt gouvernemental à des sources institutionnelles privées sous le contrôle des monopoles.

Les détenteurs les plus puissants de la richesse sociale aux États-Unis sont intervenus au Canada contre le verdict de la guerre antifasciste, faisant usage de leurs connections et de leur pouvoir politique, économique, militaire et social. Au niveau fédéral, le Parti libéral de l'après-guerre, dirigé tour à tour par Louis Saint-Laurent, Lester B. Pearson et Pierre Elliott Trudeau, est devenu leur outil gouvernemental pour annexer le Canada au système impérialiste d'États dominé par les États-Unis et à ses institutions internationales.

Au début des années 1970, le Parti libéral de Trudeau au pouvoir à Ottawa a ordonné à la Banque du Canada de se joindre à la Banque des règlements internationaux (BRI), une organisation du capital financier comprenant soixante pays au sein du système impérialiste d'États dominé par les États-Unis. La BRI est une des formes, avec le FMI et la Banque mondiale, par lesquelles tous se retrouvent entre les griffes du capital financier dominé par l'impérialisme américain, ce qui crée les conditions pour qu'un tribut sans précédent soit versé aux détenteurs les plus puissants de la richesse sociale.

La BRI exige que l'emprunt des gouvernements soit privatisé, forçant ainsi les gouvernements à n'emprunter que de prêteurs privés, des institutions monopolistes mondiales pour la plupart, en opposition à ce que disent les lois canadiennes. Le diktat du capital financier a mené à une dette publique sans précédent à des prêteurs privés qui assure le versement continuel d'un tribut public dans leurs coffres.

Le peuple, sous la direction d'une classe ouvrière consciente et organisée agissant sur la base de sa politique indépendante, est capable de mettre fin à l'ordre du jour d'austérité antisociale et de destruction nationale du capital financier. La consolidation d'une force organisée luttant pour le changement, basée sur du travail politique concret et des liens sur le terrain est clé pour que le renouveau politique prenne place, pour que soit renversée l'offensive antisociale, pour que le droit de monopole soit restreint, pour que soit mis fin au privilège de classe et pour que le nouveau soit construit.

Une direction nouvelle de l'économie suppose que l'on arrache les institutions financières du Canada des griffes des institutions dominées par les États-Unis comme la BRI, le FMI et la Banque mondiale ; il faut restaurer la pratique de l'emprunt gouvernemental contracté à la Banque du Canada et transformer le secteur financier en un service public.

Le capital financier impose des demandes de tribut ininterrompu qui sont onéreuses et non nécessaires. On n'a pas besoin du capital financier privé pour assurer le développement productif du pays. Le Canada est tout à fait capable de fournir des fonds d'investissements à même ses ressources publiques sur la base de l'accumulation publique et de la perspective de la valeur nouvelle que la classe ouvrière peut produire quand elle est mobilisée et s'active dans le travail.

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Lutte historique pour en finir avec la justice coloniale

Le rapport de la Commission de vérité et réconciliation autochtone souligne la nécessité d'en finir avec le passé colonial du Canada


À Vancouver, 70 000 personnes ont participé à la marche de la réconciliation, l'un des événements liés aux audiences de la CVR dans cette ville, le 22 septembre 2013. Une autre marche semblable aura lieu à Ottawa le 31 mai 2015, rassemblement final de la Commission.

Le rassemblement final de la Commission de vérité et réconciliation du Canada (CVR) a lieu le 31 mai au 2 juin à Ottawa, lorsqu'elle rendra public son rapport final. Le rapport fera valoir la nécessité de nouveaux arrangements constitutionnels qui en finissent avec le passé colonial du Canada. La CVR avait le mandat d'enquêter sur le sort réservé à plus de 150 000 enfants des Premières Nations, Métis et Inuit qui furent enlevés de leurs familles, de leur foyer et de leur communauté entre 1870 et 1996 lorsque le dernier pensionnat fut fermé. Ces enfants furent envoyés à des pensionnats subventionnés par le gouvernement fédéral et gérés par les églises — catholique, presbytérienne, méthodiste, anglicane et autres — visant, selon la politique raciste de l'État canadien, à « tuer l'Indien chez l'enfant », assimiler les peuples autochtones et éteindre leurs droits ancestraux et de traité.

La majorité des enfants ont souffert des traumatismes, des abus sexuels et physiques, la faim et d'autres châtiments cruels. Certains ont servi de cobayes dans des expériences nutritionnelles et biologiques. Plusieurs se sont enfuis et ne sont jamais retournés chez eux. Des milliers sont décédés dans les pensionnats, malades ou s'étant suicidés, et ont été enterrés dans des sites non identifiés près des écoles. La CVR a mis sur pied le Projet des enfants disparus afin d'enquêter sur tous les décès et sites d'enterrement des enfants.

Au cours de ses six années de travail, la CVR a rencontré plus de 7 000 survivants des pensionnats, dont des personnes aujourd'hui incarcérées voulant partager leur expérience.

La Commission a eu à surmonter plus d'un obstacle au cours de ces années, son mandat ayant été autorisé par la Convention de règlement relative aux pensionnats indiens de 2007. Le règlement a été le fruit de plus de deux décennies de négociations entre les avocats représentant les victimes, d'une part, et les représentant des églises gérant les systèmes de pensionnats, avec la participation d'organisations telles l'Assemblée des Premières Nations et le gouvernement canadien.

Les principaux obstacles ont été dressés par le gouvernement Harper qui a refusé de divulguer des documents importants tels les rapports de la GRC et a tenté de transformer la Commission en un appendice du département des Affaires autochtones. La pression a été telle que le président de la Commission, le juge Murray Sinclair, a transféré le siège de la CVR d'Ottawa à Winnipeg suite à la démission de l'ancien président, le juge Harry Laforme, en 2008.


Les commissaires écoutent des témoins aux audiences de la CVR, le 30 mars 2011. Le président de la Commission, le juge Murray Sinclair, siège au centre.

Le juge Sinclair a fait valoir à maintes reprises que le legs des pensionnats est d'intérêt non seulement pour les peuples autochtones, mais pour tous les Canadiens. Il a dit espérer que le travail de la Commission puisse faciliter le processus de réconciliation, permettant aux peuples autochtones et au peuple canadien de mettre fin au legs du système des écoles résidentielles et de bâtir un avenir ensemble fondé sur le respect réciproque.

La commission a mis sur pied le Centre national de recherche pour la vérité et la réconciliation à l'Université du Manitoba afin de conserver les travaux de la commission et faciliter toutes futures recherches.

Les événements de clôture comprennent l'exposition à l'hôtel de ville d'Ottawa de la Couverture des témoignages composée de 800 artéfacts recueillis des survivants des anciens pensionnats, des pensionnats comme tels, des églises et des départements gouvernementaux. On pourra visiter l'exposition jusqu'au 9 juillet.

Plus de 600 survivants des pensionnats sont attendus pour les événements de clôture de trois jours de la CVR qui auront lieu à Ottawa. Parmi les activités, il y aura une Marche pour la réconciliation, une présentation multimédia, des discours d'aînés et de commissaires ainsi que des activités culturelles. Tous sont les bienvenus. Pour de plus amples informations, visitez www.trc.ca.


La Couverture des témoignages en exposition à l'hôtel de ville d'Ottawa jusqu'au 9 juillet 2015

Les tentatives du gouvernement Harper d'imposer son diktat à la CVR et sa campagne sans relâche pour miner les droits ancestraux et de traité des autochtones en adoptant des projets de loi racistes et coloniaux tels le projet de loi C-27, Loi sur la transparence financière des Premières Nations, le projet de loi omnibus C-45 (Loi de 2012 sur l'emploi et la croissance qui prévoit la reddition des terres des réserves), le projet de loi S-6, Loi sur les élections au sein des Premières Nations, et d'autres, illustrent que la célébration prévue en 2017 du 150e anniversaire de la Confédération ne sera rien de plus qu'une glorification du legs colonial du Canada.


Marche pour la réconciliation, Edmonton, 30 mars 2014

Ainsi est mise en lumière la nécessité de nouveaux arrangements constitutionnels au Canada qui reconnaissent les droits ancestraux et issus de traité des Premières Nations et d'autres peuples autochtones, la nation du Canada et la nation du Québec.

Cette constitution moderne doit être engendrée par les peuples autochtones, le peuple canadien et le peuple québécois eux-mêmes et c'est ce qui est à l'ordre du jour à l'approche du 150e anniversaire de la Confédération en 2017.


Sept marcheurs de la réconciliation, dont des survivants des pensionnats, marchant de Cochrane en Ontario jusqu'à Ottawa, pour le rassemblement final de la CVR. Photo prise devant Queen's Park à Toronto, le 13 mai 2015, où les marcheurs ont pu rencontrer un certain nombre de députés.

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Célébration au Canada de la vie et de l'oeuvre d'Ho Chi Minh

Une réception et un lancement de livre marquent le 125e anniversaire du président Ho Chi Minh


Le 28 mai, une réception avait lieu à Ottawa pour célébrer le 125e anniversaire de naissance du grand dirigeant du peuple vietnamien, le président Ho Chi Minh.

L'hôte de la réception était Son Excellence To Anh Dung, l'ambassadeur au Canada de la République socialiste du Vietnam. Un nouveau livre, Ho Chi Minh : Unexplored Humanism and the Development of Vietnam, de Julie Dai Trang Nguyen, a été lancé pour l'occasion.

Les participants à la réception étaient très heureux de recevoir ce nouvel ouvrage qui fait suite au premier livre de l'auteure Ho Chi Minh : The Heart and Mind of a Patriot.

Dans sa brève présentation, Son Excellence To Anh Dung a félicité l'auteure pour son livre qui met en lumière avec perspicacité le leadership du président Ho chi Minh à chaque étape des avances faites par le peuple vietnamien, illustré de manière vivante à travers ses écrits et ses discours. L'ambassadeur a donné plusieurs exemples tirés de la vie et de l'oeuvre du président Ho Chi Minh qui ont été consacrées à la lutte pour l'indépendance nationale, l'unification et le projet d'édification nationale du peuple vietnamien.

L'ambassadeur a aussi mentionné l'appréciation faite par l'UNESCO d'Ho Chi Minh en 1987 comme « héros de la libération nationale et éminent homme de culture ».

Julie Dai Trang Nguyen a remercié l'ambassadeur d'avoir été l'hôte de la réception et du lancement du livre. Livrant brièvement ses pensées sur ce deuxième livre sur la vie et l'oeuvre du président Ho Chi Minh, elle a fait remarquer qu'il repose sur l'ample utilisation des écrits originaux d'Ho Chi Minh de 1911 à 1969. Elle a dit que c'était important que les gens se familiarisent avec la pensée avancée et la sagesse qu'il a manifestée dans tous les domaines du développement social qu'il a étudiés.

Dans la préface du livre, l'auteure décrit ainsi l'objectif qu'elle s'est fixé en l'écrivant :

« Je désire donner mon interprétation du legs d'Ho Chi Minh à la cause de la libération nationale et aux défis actuels du développement national. Ce faisant, j'encourage les jeunes du Vietnam et du monde qui se penchent sur ces choses à réfléchir à comment bâtir un avenir durable pour eux-mêmes et les générations à venir. J'espère créer des échanges académiques plus actifs entre le Vietnam et le reste du monde sur des sujets liés à Ho Chi Minh que je crois pertinents et importants pour la coopération internationale dans le monde d'aujourd'hui. Après tout, c'était son souhait de contribuer à un monde meilleur et d'encourager les autres à faire de même. »

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Actualités internationales
Expansion des pouvoirs policiers en Europe

Les gouvernements français et britanniques adoptent de nouveaux projets de loi antiterroristes


Paris, 4 mai 2015, manifestations contre les nouvelles lois antiterroristes

Les gouvernements français et britanniques adoptent de nouvelles lois antiterroristes de grande portée. Pour la France, il s'agit d'un troisième projet de loi en ce sens depuis 2014. La nouvelle loi britannique annoncée suite à la victoire électorale du Parti conservateur le 7 mai doit davantage criminaliser toute pensée que le gouvernement juge radicale.

Le gouvernement français de François Hollande a adopté une nouvelle loi antiterroriste le 5 mai qui accroît davantage les pouvoirs des services de renseignement du pays. Les agents de renseignement seront maintenant habilités à poser des caméras et des appareils d'écoute électronique dans les maisons et les automobiles, à faire l'écoute de conversations téléphoniques sans surveillance judiciaire et à installer des appareils pouvant détecter chaque frappe sur le clavier d'un ordinateur en temps réel, selon les agences de nouvelles.

La Loi serait en réaction aux attentats de Charlie Hebdo qui ont tué 17 personnes à Paris en janvier. Cependant, le premier ministre, Manuel Valls, a dit que la Loi était nécessaire pour assurer un encadrement légal aux agents de renseignement qui sont déjà engagés dans ces pratiques illégales.

La Loi a été adoptée par le biais de mesures législatives « d'urgence » afin d'en expédier l'adoption, que Valls qualifie de « progrès important pour nos agents de renseignement et pour notre démocratie ». Le projet de loi fait suite à l'adoption par décret de mesures plus tôt cette année autorisant le gouvernement français à retirer les sites web faisant prétendument la promotion du terrorisme.

Le projet de loi britannique qui, pour sa part, n'a pas encore été déposé à la Chambre des communes, contient des mesures de grande envergure, notamment la criminalisation d'activités et d'idées que le gouvernement juge « extrémistes ». D'après certains articles de presse, le projet de loi autorisera les agents de police à utiliser des ordres d« 'interruption et d'interdiction » pouvant être utilisés contre des individus ou groupes dont le comportement serait « nuisible ».

Ces ordres d'interruption pourraient servir à interdire à des individus d'exprimer leurs opinions à la télévision, ou en tant que participants ou orateurs à un rassemblement ou à une manifestation, ainsi qu'à obliger que toute publication écrite soit soumise à la police pour pré-autorisation.

D'autre part, les ordres d'interdiction permettront au gouvernement de déclarer criminelle toute organisation qu'il juge « extrémiste ». Le gouvernement devra recevoir l'approbation des tribunaux avant de procéder à ces ordres, processus qui est souvent mené en huis-clos.

Le premier ministre David Cameron a justifié ces lois en disant : « Depuis trop longtemps sommes-nous une société passive et tolérante. Nous disons à nos citoyens qu'ils pourront dormir tranquilles s'ils obéissent à la loi... Ce gouvernement va en finir une fois pour toutes avec cette approche infructueuse. Nous sommes le parti d'une nation, nous gouvernerons comme une nation. C'est ainsi que nous unifierons notre pays, et nous le ferons en préconisant activement certaines valeurs. »

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Criminalisation de l'activisme politique aux États-Unis

Un site web tente de «punir et dissuader»
l'appui à la Palestine


Actions à San Francisco en opposition à l'agression israélienne contre Gaza
en Palestine, juillet 2014

Un nouveau site web vise à intimider et à dissuader l'activisme en appui à la Palestine en publiant les identités des personnes qui organisent l'opposition à l'occupation militaire israélienne des territoires palestiniens.

« Les campus collégiaux fourmillent de radicaux antisémites et antiaméricains », affirme une vidéo promotionnelle pour le site Mission Canary. « Il est de notre devoir de veiller à ce que les radicaux d'aujourd'hui ne deviennent pas les employés de demain. »

Le but premier du site est d'« exposer » et de cibler les activistes du campus en publiant le nom, la photo, l'occupation et les résumés d'étudiants et de professeurs d'université. La plupart des noms rendus publics sur le site sont liés à Étudiants pour la justice en Palestine et le mouvement grandissant de Boycott, Désinvestissement et Sanctions. En Californie, les mouvements ont réussi à faire adopter par les étudiants des résolutions visant à désinvestir d'Israël, soit à l'Université de Californie à Irvine et à l'Université de Californie à San Diego. Les universités auraient refusé de se plier aux revendications des étudiants, selon les agences de nouvelles.

Les activistes qui appuient la lutte palestinienne pour la justice pensent que le site web n'est qu'un autre mécanisme de répression pour « punir et dissuader les gens pour les empêcher de défendre leurs croyances », a dit le fondateur de l'Electronic Intifada, Ali Abunimah, à The Forward.

Bien que Mission Canary prétend s'en prendre aux « groupes qui sont antiliberté, antiaméricains et antisémites » afin de « protéger les valeurs démocratiques », les activistes affirment que le site est profondément raciste et a des relents de maccarthysme.

« Le site web n'est qu'un ramassis de stéréotypes racistes au sujet de notre activisme qui tente de créer un lien entre un mouvement étudiant de nature diverse et non violente, d'une part, et l'antisémitisme et la terreur », a dit au Guardian la cinéaste et journaliste Rebecca Pierce. Pierce a dit qu'elle ne cesserait pas de « défendre son activisme » et qu'elle ne « se laissera pas intimider par des extrémistes racistes ».

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Trente-quatre ans d'emprisonnement du patriote portoricain:
Oscar López Rivera doit être libéré immédiatement!

Le prisonnier politique Oscar Lopez et la subjugation de Porto Rico par les États-Unis


Au moment où l'actuel procureur général, Eric Holder, se prépare à faire sa sortie, plusieurs Portoricains multiplient les appels au président Barack Obama pour qu'il gracie le prisonnier politique de 71 ans, Oscar Lopez Rivera, qui a passé les 33 dernières années derrière les barreaux pour conspiration séditieuse. Le temps des Fêtes est le moment préféré des présidents pour avoir recours à leur grâce présidentielle, mais ce ne fut pas le cas en 2014, le président actuel étant celui qui, dans l'ère moderne, a eu recours le moins souvent à son pouvoir présidentiel de clémence.

Pour les Portoricains, le rejet de leurs revendications politiques reflète leur subjugation en tant que sujets coloniaux.

En décembre, lors d'un concert à San Juan, le chanteur de reggaeton, René Pérez Joglar et son groupe, Calle 13, ont fait monter sur scène la fille de Lopez, Clarissa. Elle a lu une lettre plaidant pour la libération de son père.

Après s'être mérité la médaille d'argent en judo aux Jeux de l'Amérique centrale et des Caraïbes en novembre, Augusto Miranda a déclaré à la presse : « Je veux prendre cette tribune au nom de tous les peuples de Porto Rico et des États-Unis. Ce qu'ils ont fait à Oscar Lopez Rivera, un prisonnier politique, est un déni de justice. Le temps est venu de lui donner sa liberté. »

Le président de l'université de Porto Rico (UPR), Uroyoan Ramon Emeterio Walker, s'est joint aux étudiants de l'université pour exiger la libération de Lopez. Il a cité des « raisons humanitaires », disant de la peine de Lopez qu'elle était « disproportionnée ».

Des activistes des droits humains tels les lauréats du prix Nobel de la Paix, l'archevêque Desmond Tutu, Mairead Corrigan Maguire et Adolfo Pérez Esquivel ont demandé à Obama de libérer Lopez.

Le héros anti-apartheid, l'archevêque Desmond Tutu, a déclaré que le « crime » de Lopez était d'avoir « conspiré à la libération de son peuple des chaînes de la justice impériale ».

Des milliers d'internautes ont publié le hashtag #FreeOscarLopez pour exprimer leur appui à cette cause.

Le fait que la personne désignée par le président Obama au poste de procureur général, Loretta Lynch, attend la confirmation du Sénat pourrait avoir des répercussions négatives sur la pétition en faveur d'une grâce pour Lopez, selon El Nuevo Dia. Le procureur général adjoint actuel , Eric Holder, était en poste lorsqu'en 1999 le président Clinton avait gracié 16 prisonniers politiques portoricains. Lopez était parmi les prisonniers politiques à qui Clinton avait fait une offre conditionnelle en vertu de laquelle il aurait purgé encore 10 ans de prison. Lopez a rejeté l'offre parce qu'elle n'incluait pas l'ensemble de ses compatriotes nationalistes prisonniers.

C'est en 1981 que Lopez a été condamné à 55 ans de prison. La principale accusation portée contre lui était d'avoir participé à une conspiration séditieuse, la même accusation qui a servi à inculper Nelson Mandela, qui a purgé une peine de 27 ans de prison.

Lopez a été reconnu coupable d'autres accusations liées à la possession d'armes, bien qu'il ait toujours soutenu que « le nombre d'armes en question n'avait rien d'anormal pour un collectionneur d'armes », et à des vols d'auto.[1]

Le gouvernement accusait Lopez d'être le dirigeant de la Fuerzas Armadas de Liberacion Nacional puertorriquena (FALN), une organisation nationaliste militante qui préconisait l'indépendance de l'île par la lutte armée. Le groupe avait revendiqué une série d'attentats contre des cibles gouvernementales et économiques à New York et à Chicago au cours des années 70 et 80.

Le Chicago Tribune avait dit des attentats de la FALN qu'« heureusement les bombes avaient été placées là et à un moment où elles allaient frapper la propriété et non les individus » et que le but des nationalistes était plutôt d'« attirer l'attention sur leur cause et non de tuer quiconque ».

Le juge avait déclaré qu'il aurait condamné Lopez à la « chaise électrique » s'il avait pu, et le procureur principal avait dit qu'il « préférerait voir ces Portoricains crever en prison ».[2]

Ce sont les affiliations politiques de Lopez qui ont définitivement été le facteur menant à cette sentence manifestement exagérée.

Pour sa part, Lopez n'a jamais été accusé d'avoir blessé ou tué quelqu'un. Le gouvernement n'a jamais accusé Lopez en lien avec un seul attentat. Selon le système judiciaire étasunien, on ne peut condamner quelqu'un pour un incident pour lequel l'individu n'a pas été jugé devant les tribunaux. Les tentatives de justifier la peine de Lopez en lui faisant porter la responsabilité d'actes commis par la FALN et que celle-ci a revendiqués ne sont rien de moins que de la culpabilité par association.

Plus tard, Lopez devait voir sa peine passer à 15 ans suite à une accusation de conspiration dans le but de s'échapper, un complot organisé par des informateurs du FBI placés avec lui dans son unité cellulaire.

Pour se défendre, Lopez a invoqué la loi internationale en vertu de laquelle il avait le statut de prisonnier de guerre en tant que combattant anticolonial. Comme le colonialisme constitue un crime contre l'humanité en vertu de ces lois internationales et que diverses organisations internationales avaient déterminé que Porto Rico était en effet une colonie des États-Unis, Lopez s'est défendu en disant qu'il devait être jugé par une instance internationale.[3]

Dans une résolution de 1987 condamnant le terrorisme international, l'Assemblée générale des Nations unies avait consciemment exclu toute action visant à affirmer « le droit inaliénable à l'autodétermination et à l'indépendance de tous les peuples subjugués par des régimes coloniaux et racistes ».

La résolution mentionnait nommément « le droit de ces peuples de lutter à cette fin ».

La résolution avait été adoptée par 153 contre 2, Israël et les États-Unis étant les seuls à voter contre.

Une histoire de répression

Bien qu'aujourd'hui seulement près de 5 % des Portoricains sur l'île sont favorables à l'indépendance, cela n'a pas toujours été le cas. Après que les États-Unis eurent vaincu l'Espagne dans la guerre hispano-étasunienne en 1898, ils ont pris possession de Porto Rico ainsi que d'autres colonies espagnoles. Ils ont pris le contrôle du gouvernement portoricain et ont remis des plantations de sucre et de café, hautement profitables, à des sociétés privées étasuniennes. Le gouvernement des États-Unis a réprimé la résistance à l'occupation coloniale et a refusé toute revendication prônant que les États-Unis cessent de contrôler l'île.


En 1948, le Sénat portoricain a adopté la loi 53. La « loi du bâillon » criminalisait la politique nationaliste. Elle interdisait l'organisation, les rassemblements, les écrits et les paroles visant à promouvoir l'indépendance. Elle interdisait même l'affichage du drapeau portoricain.

Luis Munoz Marin, dirigeant du Sénat à cette époque, est devenu le gouverneur de Porto Rico l'année suivante. Son Partido Popular Democratico (PPD) a adopté une nouvelle constitution en 1952 qui accordait à Porto Rico le statut de Commonwealth. Cela n'a rien changé cependant au statut colonial du territoire.

Les mouvements d'indépendance ont choisi d'avoir recours à la lutte armée suite à des décennies de répression politique. Pour eux, le Commonwealth n'était qu'un euphémisme pour cacher un arrangement illégitime qui ne faisait que perpétuer le statu quo.

Pedro Albizu Campos, dirigeant du Parti nationaliste de Porto Rico, ainsi que d'autres nationalistes, ont été incarcérés en 1936. Campos a passé 10 ans derrière les barreaux. Après sa libération, il a continué de se battre pour la libération de Porto Rico du colonialisme.

En 1954, Lolita Lebron ainsi que d'autres nationalistes ont mené une attaque contre la Chambre des représentants. De la tribune du public de la Chambre elle a ouvert le feu, blessant cinq représentants de la Chambre. Lebron a été condamnée à 25 ans de prison.

Plus tard, ayant purgé sa peine, elle a dit : « Les temps ont changé et aujourd'hui, je n'aurais pas recours aux armes, mais je reconnais que le peuple a le droit d'utiliser tous les moyens à sa disposition pour se libérer. »

Les groupes nationalistes portoricains ont été les premiers visés par J. Edgar Hoover et sa campagne d'espionnage illégal menée par le Cointelpro — agence de contre-espionnage notoire  — du FBI. Cointelpro s'est fait connaître du public pendant les audiences du comité Church à la fin des années 70, lorsqu'il a été révélé que le programme servait à mener des activités illégales d'espionnage contre les dirigeants des droits civils, le mouvement contre la guerre, les mouvements autochtones et d'autres groupes qui contestaient le statu quo politique.

S'il est vrai que la majorité des Portoricains n'appuient pas l'indépendance, la plupart appuient la décolonisation, que ce soit par le biais d'une intégration aux États-Unis en tant qu'État, ou encore d'une association souveraine avec les États-Unis comme pour les îles Marshall.

Lors d'un référendum historique en novembre 2012, les électeurs portoricains ont voté de façon décisive en faveur d'un rejet du présent statut colonial par une majorité de 54 %. Seuls les électeurs de l'île ont pu participer à ce référendum. Si les Portoricains et les descendants de la diaspora, où le désir d'indépendance est plus populaire, avaient pu voter, le résultat aurait sans doute été beaucoup plus élevé.

Aujourd'hui, l'appui à la libération de Lopez est partagé à la fois par le PPD, favorable au statu quo, et le PNP, favorable à un État portoricain. Le gouverneur de Porto Rico, Alejandro Garcia Padilla, et le seul représentant (sans droit de vote) du Congrès, Pedro Pierluisi, le premier du PPD et l'autre du PNP, ont remis une pétition au président Obama en faveur de la libération de Lopez.

Des pays d'Amérique latine ont aussi exprimé leur solidarité avec Porto Rico sur la question de la décolonisation et de la libération de Lopez. Lors de sa visite à la Maison-Blanche, le président de l'Uruguay, José « Pepe » Mujica, a demandé à Obama de gracier Lopez. Le président vénézuélien, Nicolas Maduro, a demandé que Porto Rico puisse devenir membre de la Communauté des États de l'Amérique latine et caraïbes (CELAC) et que Lopez retrouve sa liberté.

« L'île de Porto Rico n'est pas seule dans sa lutte pour la dignité et l'indépendance », a dit Maduro.

Les deux causes ont reçu l'appui du Comité spécial de l'ONU sur la décolonisation qui, cet été, a approuvé une résolution appelant les États-Unis à « mettre fin à la subjugation » de Porto Rico et à libérer Lopez.

Pas de recours à la participation politique

Bien que les Portoricains soient des citoyens des États-Unis, les citoyens habitant l'île ne peuvent pas voter dans les élections fédérales. Ils n'ont pas le même accès aux programmes sociaux comme la Sécurité sociale et Medicare. Les entreprises étasuniennes peuvent entrer à Porto Rico comme dans tout État en vertu de la Clause commerciale inter-États, ce qui mine la capacité de l'île de subvenir à ses besoins. Porto Rico ne peut décider de sa politique étrangère, participer à des ententes commerciales, imposer des tarifs, ou décider d'un programme universel d'assurance-maladie.

Pour ce qui est des causes insulaires, la Cour suprême a jugé que Porto Rico et d'autres territoires appartiennent aux États-Unis sans pour autant en faire partie.

Comparant cette situation à celle du système « séparé mais égal » établi par la décision de la Cour, Plessy contre Ferguson, le juge Juan R. Torruella dit que les Causes insulaires avaient créé un système « séparé et inégal » pour Porto Rico. La différence, selon Torruella, est que contrairement à Plessy, décision qui a été par ailleurs renversée, les Causes insulaires ont créé un « régime d'apartheid de facto, lequel est toujours en vigueur ».

Faute de représentation au Congrès et de droit de vote aux élections présidentielles, les Portoricains se voient subjugués par le gouvernement des États-Unis. Même sur une question aussi populaire au sein des Portoricains que la libération d'Oscar Lopez, ceux-ci n'ont aucun recours permettant de participer au processus politique au niveau fédéral.

Il n'y a aucune indication qu'Obama a l'intention de répondre aux demandes de grâce pour Lopez et il ne semble pas avoir l'intention de l'accorder lui-même.

Lorsqu'il a livré son discours aux funérailles de Nelson Mandela, Obama a dit que « partout dans le monde aujourd'hui, des hommes et des femmes sont toujours en prison pour leurs croyances politiques ».

L'opinion prédominante au sein des Portoricains est que cette description s'applique précisément à Lopez.

Le mépris exprimé par Obama envers la reconnaissance de la volonté des Portoricains de libérer Oscar Lopez illustre bien les énormes défis que doivent relever les Portoricains afin de se débarrasser de leur statut de citoyens de deuxième classe et obtenir des droits égaux. Si le président refuse de poser un geste aussi simple que de grâcier Oscar Lopez, comment peut-on s'attendre alors à ce que le gouvernement étasunien agisse en vertu du référendum de 2012 et accorde au peuple portoricain son autodétermination ?

Comme on pouvait s'y attendre, la question a été remise aux calendes grecques par Washington. Le seul signe de vie de la part du fédéral est un budget de 2,5 millions $ alloué à un nouveau référendum qui serait non contraignant. Seul le Congrès peut changer le statut de Porto Rico. Et puisque les républicains contrôlent les deux chambres, il est plus probable qu'ils dédient un congé national à Karl Marx qu'ils vont accéder aux demandes des Portoricains.

Les Portoricains appuient massivement la décolonisation. Ils appuient aussi de façon quasi unanime la libération d'Oscar Lopez. Mais, dur reflet de la réalité qui existe depuis 116 ans, ils sont à la merci du continent et leur sort est entre les mains des citoyens de première classe qui s'y trouvent.

Notes

1. Rivera, O.L. (2013). Oscar Lopez Rivera : Entre la torture et la résistance. PM Press. http://secure.pmpress.org
2. Idem
3. Idem

(MintPress, 19 janvier 2015. Traduction : LML)

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Récents développements dans les relations entre Cuba et les États-Unis

Cuba est retirée de la liste des États
terroristes des États-Unis

Le 22 mai, la délégation cubaine à la troisième ronde de pourparlers sur le rétablissement des relations diplomatiques avec les États-Unis a émis un communiqué à Washington suite à la rencontre de deux jours. La délégation cubaine, dirigée par Josefina Vidal, reconnaît la décision du président Obama de retirer Cuba de la liste des États qui soutiennent le terrorisme et examine d'autres questions d'importance.

Le Marxiste-Léniniste reproduit ci-dessous le communiqué émis par la délégation cubaine le 22 mai :

« La délégation cubaine était dirigée par la directrice générale du département chargé des États-Unis du ministère des relations extérieures de Cuba, Josefina Vidal Ferreiro, et la délégation des États-Unis était dirigée par la sous-secrétaire au département d'État pour les affaires interaméricaines, Roberta Jacobson.

« Les représentants de Cuba ont reconnu la juste décision qu'a prise le président Obama de retirer Cuba de la liste des États qui soutiennent le terrorisme, sur laquelle Cuba n'aurait jamais du être mise.

« Les pourparlers se sont déroulés après que le gouvernement des États-Unis , conformément à son obligation de droit international en vertu de la Convention de Vienne sur les Relations diplomatiques, ait accordé à une banque le permis de reprendre la livraison de services bancaires à la section des intérêts cubains à Washington. Un tel permis est exigé en vertu du blocus financier qui demeure en vigueur.

« Les deux délégations ont accepté de poursuivre le dialogue sur des questions reliées au fonctionnement des missions diplomatiques.

« Pendant cette ronde de pourparlers, la délégation cubaine a réaffirmé sa volonté de traiter des questions substantielles de l'ordre du jour bilatéral, dont fait partie la fin du blocus qui assurerait le progrès vers la normalisation des relations entre Cuba et les États-Unis sur la base du respect, de l'égalité souveraine et de la réciprocité une fois les relations diplomatiques rétablies.

« La rencontre s'est déroulée dans un climat respectueux et professionnel. »

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Sept clés pour comprendre la situation


Section des intérêts cubains à Washington

Cinq mois se sont écoulés depuis l'annonce, le 17 décembre, par les présidents Barack Obama et Raul Castro, de l'ouverture d'un nouveau chapitre dans les relations entre les États-Unis et Cuba.

Après le tête-à-tête historique entre les deux chefs d'État à l'occasion du 7e Sommet des Amériques à Panama, les deux pays ont entamé leur troisième série de pourparlers sur le processus de rétablissement des relations diplomatiques et la réouverture d'ambassades.

Le seul fait de hisser les drapeaux sur les mâts des représentations diplomatiques de Washington et de La Havane marquait un jalon important dans l'histoire des deux pays, après une rupture de plus de 50 ans. Toutefois, cette décision n'est que le début d'une étape beaucoup plus longue et complexe.

Depuis le début, ce processus a suscité des malentendus et des distorsions malintentionnées. Aussi Granma a-t-il jugé nécessaire de partager avec ses lecteurs sept clés pour mieux comprendre l'importance des négociations en cours entre La Havane et Washington et l'étape qui s'annonce.

1. Les présidents ont pris une décision.
Il s'agit maintenant de la mettre en pratique.

Le 17 décembre, entre autres informations importantes pour les deux peuples, Raul Castro et Barack Obama ont livré en simultané des discours aux citoyens de leur pays pour annoncer l'ouverture de négociations en vue d'un rétablissement des relations diplomatiques, interrompues il y a plus d'un demi-siècle.

À présent, la volonté des deux présidents doit passer par les canaux officiels pour obtenir la matérialisation de cette décision.

Les délégations qui se sont réunies à La Havane et Washington dans le cadre de plusieurs séries de discussions et de rencontres techniques, sont chargées de conduire ce processus.

L'importance de ces rencontres réside dans le fait qu'elles établiront les bases des futures relations diplomatiques et du fonctionnement des ambassades, ceci dans le but de ne pas répéter les erreurs du passé.

2. Aucune des parties n'a posé de conditions au rétablissement des relations.

L'un des principaux angles d'attaque des médias contre les conversations a été de parler de « conditions » imposées par les parties.

Aussi bien les diplomates cubains que leurs pairs nord-américains ont clairement indiqué que l'atmosphère de travail a été marquée par le respect et le professionnalisme, sur une base de réciprocité et de non-ingérence.

Par contre, Cuba a tenu à signaler dès le début certaines questions qui devaient être préalablement réglées entre les parties : le retrait de Cuba de la liste des pays soutenant le terrorisme et la situation de sa représentation diplomatique à Washington, privée de services bancaires depuis plus d'un an.

Pour leur part, les fonctionnaires étasuniens ont soulevé la question de la liberté de mouvement de leurs diplomates dans la future ambassade à La Havane (celle des diplomates cubains est également restreinte à Washington), et celle de l'accès des Cubains à leurs installations.

À cet égard, Cuba a insisté sur la nécessité de garantir le respect de la Convention de Vienne, en vertu de laquelle les représentants diplomatiques et consulaires sont tenus de respecter les lois du pays d'accueil et de s'abstenir de toute immixtion ou ingérence dans ses affaires intérieures.

« Une représentation diplomatique doit pouvoir avoir des contacts avec les citoyens du pays hôte, tout en respectant les lois et les règlements de ce pays », a rappelé récemment un diplomate cubain.

3. Rétablissement et normalisation sont deux choses différentes.

Faire un amalgame entre rétablissement et normalisation des relations bilatérales, celle-ci étant un processus beaucoup plus long et difficile, est une erreur qui revient souvent.

L'ouverture d'ambassades dans les deux capitales serait suivie d'une étape de recherche complexe d'une normalisation entre deux pays partageant une histoire bilatérale convulsée.

Les autorités cubaines ont soulevé plusieurs points considérés comme indispensables pour pouvoir parler de normalisation : la levée du blocus, la restitution du territoire de la base navale de Guantanamo, la cessation des transmissions radiophoniques et télévisuelles illégales, la fin de la politique visant un changement de régime et une indemnité de dédommagement envers le peuple cubain pour plus de 50 ans d'agressions, entre autres questions.

Jamais la solution de ces problèmes n'a été posée comme condition à l'ouverture des ambassades, comme certains médias peu scrupuleux ont voulu le faire croire. Et les autorités nord-américaines ont elles-mêmes reconnu la position cubaine.

« Des relations complètement normales ne sauraient comporter un embargo économique, des sanctions économiques », a déclaré récemment une fonctionnaire du département d'État nord-américain, qui a souhaité garder l'anonymat.

Cette étape inclura certainement la discussion d'autres questions d'intérêt pour les deux pays. Mais Cuba a clairement indiqué qu'on ne pouvait rien lui demander « en échange ». Ce n'est pas notre pays qui applique ces mesures aux États-Unis, qui a une base militaire sur leur territoire et cherche un quelconque changement de régime.

Notre pays a également souligné par ailleurs qu'on ne saurait lui demander de renoncer à ses idéaux d'indépendance et de justice sociale, ni de renier un seul de ses principes, ni de céder d'un millimètre dans la défense de sa souveraineté nationale.

4. Le changement de politique de Washington est une victoire du peuple cubain et de l'intégration latino-américaine.

Nous ne croyons pas faire preuve de chauvinisme en affirmant, comme l'a reconnu d'ailleurs la majorité de la communauté internationale, que ce tournant est la consécration de plus d'un demi-siècle de lutte du peuple cubain et de fidélité à ses principes.

Par ailleurs, envisager des changements de politique de cette importance est impossible sans comprendre la nouvelle époque que vit notre région, ainsi que la position énergique des gouvernements et des peuples de la Communauté des États d'Amérique latine et caraïbes (CELAC).

Le 2e Sommet de la CELAC à La Havane a adopté un document sans précédent dans l'histoire de notre continent : la proclamation de la région comme Zone de paix, qui reconnaît « le droit inaliénable de tout État à choisir son système politique, économique, social et culturel, comme condition essentielle pour garantir la coexistence pacifique entre les nations ».

5. Les États-Unis changent leurs méthodes, mais pas leurs objectifs.

En quoi consiste et quelle est la portée de la politique des États-Unis ? Telle a été l'une des grandes interrogations au sujet de ce processus. La question n'a pas de réponse facile, et il est encore trop tôt pour procéder à une évaluation complète.

Dans son annonce, le président Barack Obama a signalé qu'après 50 ans de politique inefficace vis-à-vis de Cuba, il était temps de tenter quelque chose de nouveau.

« Nous sommes sur le chemin de l'avenir, nous laisserons derrière nous ce qui a rendu le passé compliqué », a déclaré le président Obama.

Cependant, à plusieurs reprises les autorités étasuniennes ont rappelé que même si les méthodes ont changé, les objectifs demeuraient les mêmes que depuis le 1er janvier 1959 : le renversement de la Révolution cubaine.

« À Cuba, nous ne sommes plus pour la stratégie du changement de régime », a précisé Obama lors du 7e Sommet des Amériques, dans un discours qui a laissé beaucoup d'espoirs à certains.

Par contre, des millions de dollars sont toujours destinés publiquement à financer la subversion à Cuba, auxquels s'ajoutent d'autres fonds non déclarés. Pour leur part, les autorités cubaines ne se sont jamais fait d'illusions : « Personne ne pourrait s'imaginer que malgré cette nouvelle politique annoncée, les États-Unis acceptent l'existence d'une révolution socialiste à 90 milles marins de la Floride ? », s'est interrogé Raul dans son discours au 3e Sommet de la CELAC.

6. Obama peut faire beaucoup plus.

Le président Obama a accompagné son annonce du 17 décembre d'une série de mesures qui modifient une partie infime de l'application du blocus, mais cette mesure de coercition est toujours en vigueur.

Cuba a reconnu et salué l'engagement courageux du président des États-Unis de lancer un débat au Congrès pour lever le blocus, une chose que jamais aucun président des États-Unis n'avait fait.

Cependant, la thèse médiatique selon laquelle « le président a fait tout ce qu'il pouvait » est fausse.

Obama pourrait utiliser ses larges pouvoirs exécutifs pour modifier substantiellement l'application du blocus. Il pourrait le faire sans attendre la décision du Congrès.

Il pourrait, par exemple, étendre à d'autres secteurs de l'économie tout ce qu'il a autorisé dans le domaine des télécommunications, avec pour objectif évident d'avoir une influence sur le plan politique dans l'Île.

7. Dans le respect de la souveraineté, il n'y a pas de sujets tabous.

Une des leçons à tirer de ces cinq derniers mois — et peut-être aussi d'une année et demie de conversations secrètes qui les ont précédés — c'est que Cuba et les États-Unis peuvent aborder n'importe quel sujet dans un cadre de respect.

Cuba a fait preuve de sa volonté de discuter, y compris des sujets auxquels on a souvent eu recours pour manipuler la réalité et attaquer notre pays, comme la démocratie, la liberté d'expression et les droits de l'homme, des questions au sujet desquelles notre pays a beaucoup de choses à montrer et à dire.

Peut-être que la clé la plus importante de toutes, et celle qui résume cet article, est que le plus grand défi entre Cuba et les États-Unis est de construire une coexistence civilisée basée sur le respect de leurs profondes divergences.

(28 mai 2015)

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Huit mois maintenant que les étudiants-enseignants
sont disparus au Mexique

Des milliers de personnes marchent à Mexico pour demander justice pour Ayotzinapa


Au moins 15 000 personnes ont participé à des rassemblements à Mexico le 26 mai pour marquer les huit mois qui se sont passés depuis que les 43 étudiants-enseignants d'Ayotzinapa dans l'État de Guerrero sont disparus. En dépit des tentatives de la police d'empêcher les marches de converger vers la principale place de la capitale, le Zocalo, supporteurs et familles s'y sont rassemblés devant le palais présidentiel. Les rassemblements ont commencé à environ 10 heures et pris fin à environ 20 heures.

Ils ont débuté dans quatre différents lieux de la ville, incluant l'iconique Ángel de la Independencia (Ange de l'Indépendance), avant de converger au Zocalo.

Des étudiants d'Ayotzinapa ont aussi rappelé aux foules que les événements tragiques du 26 septembre n'étaient pas les premiers crimes de ce genre dont ils ont été l'objet. Ils ont donné quelques exemples, incluant celui de deux étudiants qui ont été tués en 2011 et deux autres en janvier 2015.

Les étudiants de l'École normale rurale d'Ayotzinapa étudient pour devenir enseignants dans les régions rurales et marginalisées du pays. Le Mexique a un taux d'analphabétisme de 7 %, concentré dans les communautés indigènes et paysannes.

Ruben Albarran, chanteur du groupe mexicain connu internationalement Cafe Tacvba, a lu une déclaration appelant l'État et les autorités fédérales à garantir la sécurité des étudiants et des familles des 43 étudiants-enseignants d'Ayotzinapa.

Il a appelé les officiels nationaux et internationaux à examiner l'affaire d'Ayotzinapa afin que ces crimes commis il y a huit mois ne demeurent pas impunis. Il a ajouté que le Mexique est un des pays où sont commis le plus de crimes qui demeurent impunis.

Albarran a aussi rappelé que l'ancien gouverneur Angel Aguirre dans l'État de Guerrero est responsable de l'affaire d'Ayotzinapa et du meurtre de deux étudiants-enseignants de plus en janvier pour lequel personne n'a été jugé ni même inculpé.

L'acteur né en Espagne Daniel Gimenez Cacho a dit à la foule : « Ces événements sont le plus récent épisode de la violation systématique des droits humains dans l'État de Guerrero. » Tout le pays souffre en raison de l'affaire d'Ayotzinapa, a-t-il dit, ajoutant : « Les étudiants disparus doivent être retrouvés vivants. »

Un des parents des étudiants disparus d'Ayotzinapa a dit aux gens rassemblés : « En tant que parents, nous vivons une profonde douleur mais nous sommes confiants que les membres de nos familles sont toujours en vie. »

Estanislao Mendoza, père de l'étudiant disparu Miguel Angel Mendoza, a dit : « Nous ne voulons pas de la narcopolitique dans notre pays, nous rejetons la narcopolitique au Guerrero. Si le président [Enrique Peña Nieto] n'est pas capable de résoudre cette question, il devrait démissionner. »

Malgré l'attention et la condamnation internationale, le gouvernement mexicain de Peña Nieto continue de nier toute responsabilité pour la corruption, les tueries de masse et l'impunité. Cela malgré le fait que le gouvernement a admis qu'il y a plus de 23 000 personnes dans le pays qui ont « disparu ». Il a aussi fait tout ce qui est possible pour nier les rapports internationaux à l'effet que la torture est une pratique répandue dans le pays.

(TeleSUR.. Photos : TeleSUR, L. A. Vargas)

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Le gouvernement colombien sabote les pourparlers de paix

Un dirigeant des FARC est tué lors d'un nouvel attentat militaire

Un commandant des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) a été tué lors d'une attaque militaire le 25 mai, quelques heures après que le négociateur du groupe de guérilla ait annoncé que les frappes aériennes du gouvernement représentaient un « revers » pour les pourparlers de paix.

Reuters rapporte que le commandant Roman Ruiz a été tué avec quatre autres militants après que les forces gouvernementales aient bombardé leur position dans la région de Choco ; ces morts s'ajoutent aux 26 tués plus tôt ce mois-ci.


«La Colombie veut la paix»

En réponse, les FARC ont suspendu un cessez-le-feu unilatéral qu'ils ont maintenu durant cinq mois pour accélérer le processus de paix et réduire l'intensité des confrontations.

« Le peuple colombien demande la paix. [Le président colombien Juan Manuel] Santos a été réélu pour un deuxième mandat pour qu'il réalise la paix. Notre délégation de paix a été envoyée par tous les guérilleros du pays avec le même objectif », a dit le négociateur des FARC Pablo Catatumbo lors des dialogues pour la paix à La Havane, à Cuba le 25 mai. « C'est la voie à ne pas suivre et il est évident que la paix ne pourra jamais être obtenue par l'escalade du conflit », a-t-il dit.

Faisant référence à des déclarations faites par les autorités colombiennes et les médias, Catatumbo a critiqué le fait que les guérilleros morts sont qualifiés de « méchants » qui ont été « neutralisés », alors que les soldats du gouvernement tués au combat sont qualifiés de « héros ».

Le gouvernement colombien a repris les raids de bombardement contre des camps rebelles après une altercation avec les FARC, tuant 11 soldats en avril. Les FARC ont aussi réitéré leur demande d'un cessez-le-feu bilatéral, qui a été reprise par plusieurs politiciens colombiens.

(TeleSUR)

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Les FARC suspendent leur cessez-le-feu unilatéral

Ce n'était pas notre plan de suspendre le cessez-le-feu unilatéral et indéfini proclamé le 20 décembre 2014 en tant que geste humanitaire de désescalade du conflit, mais l'inconsistance du gouvernement Santos nous a forcé à le faire, après cinq mois d'attaques sur le terrain et dans les airs contre nos structures partout dans le pays.

Nous déplorons l'attaque conjointe de la Force aérienne, de l'armée et de la police menée à l'aube jeudi [21 mai] contre un camp du 29e Front des FARC à Guapi (Cauca), durant laquelle, selon les sources officielles, 26 guérilleros ont été tués.

Pour nous, les morts des guérilleros combattants et soldats sont également douloureuses ; ils sont enfants de la même nation et de familles pauvres. Nous devons arrêter ce bain de sang.

Contre notre volonté, nous devons poursuivre les pourparlers au milieu de la confrontation. Bien que Santos ait annoncé qu'il poursuivra l'offensive, nous insistons sur le besoin de convenir, aussitôt que possible, pour le bien du processus de paix et pour prévenir d'autres victimes, d'un cessez-le-feu bilatéral, demandé instamment par des majorités nationales.

Nous apprécions le travail de surveillance et de vérification du cessez-le-feu qui a reposé sur les seules épaules du Front large pour la paix et des mouvements sociaux et politiques de Colombie pendant ces cinq mois.

Jungle de Colombie, 22 mai 2015

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Déclaration des pays garants, Cuba et la Norvège

Les gouvernements de Cuba et de Norvège, pays garants dans les pourparlers de paix entre le gouvernement de Colombie et les FARC-EP, expriment leur profonde préoccupation envers l'escalade actuelle du conflit armé en Colombie. Nous regrettons les pertes de vie que cela a causées.

Les résultats obtenus lors des pourparlers, avec d'importants accords sur trois points de l'ordre du jour, doivent être préservés. Jamais auparavant la Colombie n'a été aussi proche de trouver une solution pacifique au conflit armé.

L'escalade du conflit armé met aussi en péril les actions qui ont été mises en oeuvre pour réduire les niveaux de violence et renforcer la confiance, comme l'accord visant à commencer à retirer les mines terrestres antipersonnel, les munitions non explosées et les restes d'explosifs de guerre.

Nous appelons les parties à poursuivre leurs efforts pour atteindre une solution négociée aux questions en suspens, incluant atteindre une entente sur un cessez-le-feu bilatéral définitif et la fin des hostilités.

Cuba et la Norvège réitèrent que nous sommes à l'entière disposition des parties pour contribuer aux pourparlers de paix et à l'adoption d'une entente finale pour mettre fin au conflit, créer une paix stable et durable en Colombie.

(Jungle de Colombie, 27 mai 2015

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Nouvelles du Venezuela, du Paraguay et du Pérou

Un enregistrement révèle une autre tentative de putsch au Venezuela

Un nouvel enregistrement, publié le 25 mai par la télévision d'État VTV, révèle que les dirigeants de l'opposition emprisonnés, Leopoldo Lopez et Daniel Ceballos, ont comploté contre le gouvernement vénézuélien.

La révélation vient après que les deux dirigeants de l'opposition aient commencé une grève de la faim le 23 mai. Lopez et Ceballos sont détenus à la prison de Ramo Verde après que le gouvernement vénézuélien les aient inculpés d'incitation à la violence lors des manifestations qui ont eu lieu en février 2014. Les « guarimbas » violentes de l'opposition ont causé la mort de 43 personnes parmi les civils.

La guerre économique contre le Venezuela


Réunion publique au Venezuela, le 20 janvier 2015. Sur la bannière on peut lire : « La guerre économique est contre le peuple »

L'enregistrement révèle une conversation entre Lopez et Ceballos qui planifient leur grève de la faim. Les deux dirigeants discutent de la stratégie derrière leur geste, ce qui serait le lancement d'une série de manifestations, y compris le déploiement de tireurs d'élite, afin de répéter l'incident fatal d'il y a 14 mois.

« Cette vidéo doit être enregistrée ce soir », a dit Lopez à Ceballos. Ceballos répond : « et nous devons appeler les gens à descendre dans la rue ». Et Lopez d'ajouter : « une manifestation massive le samedi [30 mai], contre ce gâchis et en faveur de la pétition [pour libérer les deux] ».

Selon la conversation, les préparatifs ont déjà eu lieu avant que la vidéo soit diffusée, ce qui inclut l'organisation de manifestants qui camperaient devant les bureaux de l'Organisation des Nations unies à Caracas.

Les actions seraient dirigés par des mouvements étudiants qui ont des liens avec Voluntad Popular - le parti de Lopez - qui les feraient passer pour des manifestations dirigées par les étudiants.

« Non, cette chose va attirer beaucoup de carajitos (les jeunes enclins à la violence), nos étudiants vont y mettre le paquet », explique Lopez.

Le plan, tel que l'explique Ceballos, serait mis en oeuvre grâce à des objectifs précis à tous les cinq jours, avec les premières protestations commençant le week-end après le début de l'annonce de leur grève de la faim. Selon le présentateur de VTV, Miguel Perez Pirela, la date de chaque objectif correspond à un événement biologique lié à leur grève de la faim.

Les deux dirigeants se réfèrent à la mise en place de « bichos » (insectes), un terme qui se réfère à des tireurs embusqués. Depuis le coup d'État au Venezuela en 2002, lorsque cette tactique a été utilisée pour la première fois, l'opposition a été accusée de placer des tireurs embusqués sur les toits pour tuer des gens et créer de la confusion parmi les manifestants.

Lopez confirme qu'ils ont déjà une équipe qui coordonne ces actions, dirigées par l'ancien général Raul Baduel Isaias et son fils emprisonné Emilio Baduel.

Les deux politiciens décident lors de leur conversation de rendre leur vidéo de la grève de la faim virale afin d'attirer suffisamment d'attention pour créer une conjoncture favorable. Il est à noter que la vidéo faite par Leopoldo Lopez, annonçant qu'ils vont commencer une grève de la faim, a été diffusée sur la chaîne CNN.

(Telesur)

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Dix jours de mobilisation au Paraguay contre un projet de loi de privatisation


Le 27 mai, des milliers de paysans et d'activistes paraguayens se sont mobilisés partout au pays durant la dixième journée consécutive d'actions pour exiger des autorités d'abroger le projet de loi autorisant les partenariats public-privé (PPP). La législation PPP a été largement condamnée par les travailleurs du secteur public et par les organisations de la société civile, qui craignent que cela entraîne la privatisation des services publics, y compris ceux de la santé et de l'éducation.

En mars 2014, les travailleurs ont fait la première grève générale au pays en 20 ans pour exiger une plus grande protection des travailleurs, des salaires plus élevés et le renforcement du système de protection sociale. La manifestation a été organisée par le Congrès démocratique du peuple (CDP) créé il y a un mois. Il se compose de 20 partis politiques, de syndicats, de mouvements étudiants et autochtones, parmi tant d'autres. Le mouvement se veut l'instrument pour défendre les intérêts de la majorité face au gouvernement en regroupant toutes les forces progressistes du pays. Cela inclut le Front Guasu, le seul parti de centre-gauche qui a jusqu'ici réussi à gagner une élection présidentielle avec l'ancien prêtre Fernando Lugo, écarté du pouvoir une année avant la fin de son mandat présidentiel par un coup d'État parlementaire. Un des dirigeants du CDP, Marcial Gomez, a déclaré que le CDP a rencontré quelques sénateurs pour leur demander d'abroger le projet de loi PPP parce qu'il compromet la souveraineté du pays. Cependant, les sénateurs ont semblé réticents à le faire. Les manifestants ont averti que si les membres du gouvernement ne tenaient pas compte de leurs demandes, ils pourraient riposter par un vote de protestation lors des élections municipales de novembre prochain en annulant ou en n'inscrivant rien sur leur bulletin de vote .

On s'attendait le 28 mai à ce que les sénateurs modifient l'article 52 du projet de loi PPP, d'une manière qui réduirait les pouvoirs de l'exécutif, une modification appuyée par les manifestants et considérée comme une première étape vers l'abrogation complète du projet de loi.

(Telesur)

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Grève générale contre un projet minier au Pérou


Une grève générale de 48 heures a eu lieu au Pérou du 27 au 28 mai 2015.

Le 27 mai, après 67 jours de manifestations contre la mine Tia Maria, une grève générale de 48 heures a débuté dans six régions méridionales du Pérou.

La grève est en solidarité avec les protestations contre le projet d'exploitation minière Tia Maria, dans la Vallée de Tambo, dans la province d'Islay dans la région d'Arequipa. La région nord de Cajamarca s'est également jointe à la grève générale. La mine Tia Maria est gérée par la firme Southern Peru, qui est exclusivement de propriété mexicaine.

Des dizaines de manifestants ont été arrêtés et au moins quatre personnes ont perdu la vie depuis le début du conflit. Le Bureau régional des Nations unies pour les droits de l'homme a appelé à une désescalade des tensions.

La grève s'est produite quatre jours après que le président Ollanta Humala ait déclaré l'état d'urgence pendant 60 jours dans la province d'Islay. Les mesures d'urgence restreignent les droits des citoyens à la liberté de mouvement et de réunion, et autorisent la police à entrer dans les maisons des gens sans un mandat.


Protestations du 22 mai à Cocachacram dans la province d'Islay.

En prévision de la grève, le président Humala a ordonné à l'armée d'être déployée à Arequipa, Cuzco, Puno, Moquegua et Cajamarca, puis dans toutes les six régions du sud du Pérou qui ont été en grève. Plusieurs journalistes de la radio ont accusé la police de les persécuter et ont fui la zone où l'état d'urgence est en vigueur. Toutes les écoles des quatre régions d'Arerequipa, Cuzco, Puno et Moquegua ont été fermées suite à la grève.

Dans la capitale de la région d'Arequipa plusieurs marches ont eu lieu. Les participants à la marche ont souligné qu'ils subissent des violations des droits humains : les autorités entrent dans les maisons, détiennent les personnes et leur infligent des atrocités. Ils ont appelé la communauté internationale à dénoncer ce qui se passe dans la vallée de Tambo.

Le 27 mai, dans la capitale nationale du Pérou, Lima, le parti politique Dignité et démocratie a tenu une conférence de presse. Dignité et démocratie rassemble d'anciens responsables du parti au pouvoir qui ont rompu leur alliance avec le président après qu'il ait abandonné son devoir de servir l'intérêt public. Ensemble, avec les organisations de la société civile, ils ont accusé le gouvernement d'empirer la situation.

Ils ont exigé que le projet minier soit suspendu et l'état d'urgence levé. Ils ont également appelé à la démission du ministre de l'Intérieur pour sa gestion du conflit.

La députée du Congrès Claudia Coari, de Dignité et démocratie, a déclaré : « Si [le projet] n'est pas suspendu, il y aura plus de problèmes car le gouvernement enverra la police et l'armée. Dans ce cas, il y aura plus de sang versé et plus de morts. Personne ne veut cela. Voilà pourquoi nous avisons d'avance le président des dangers en marge de cette déclaration et des conférences [de presse]. »

Les organisateurs des manifestations envisagent d'étendre la grève à d'autres régions, ainsi que la possibilité de poursuivre indéfiniment les grèves.

(TeleSUR . Photos ; TeleSUR, Free Tenharim, Syndicalist)

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La Russie se défend contre l'ingérence étrangère

La loi sur les groupes étrangers «indésirables»
entre en vigueur

Le président russe a signé un projet de loi interdisant les activités de groupes étrangers qui constituent une menace à la sécurité nationale ou à la capacité de défense du pays tout en punissant ceux qui continuent de coopérer avec ces groupes.

Le projet de loi, initialement rédigé par deux députés de l'opposition, a été adopté le 19 mai par les deux chambres du parlement russe. Il assigne au Bureau du procureur général et au ministère des Affaires étrangères la tâche de créer une liste des « organisations étrangères indésirables » et d'interdire leurs activités dans le pays. Le principal critère pour inscrire une ONG étrangère ou internationale sur la liste est qu'elle représente une « menace à l'ordre constitutionnel et à la capacité de défense ou à la sécurité de l'État russe ».

Une fois que le groupe est reconnu comme indésirable, tous ses actifs en Russie sont gelés, ses bureaux sont fermés et toute distribution de quelconque de ses documents d'information est interdite.

Si le groupe ne respecte pas l'interdiction, ses dirigeants et ses membres peuvent être passibles d'amendes administratives ou de peines de prison allant jusqu'à six ans pour des infractions répétées. Les citoyens russes et les organisations qui continuent de travailler avec des groupes interdits seraient passibles uniquement d'amendes administratives.

La nouvelle loi a été critiquée par des ONG étrangères et la communauté de la défense des droits de Russie lorsqu'elle a été rédigée. Le président du Conseil présidentiel pour les droits humains, Mikhaïl Fedotov, a qualifié la nouvelle loi d'« exotique » et a déclaré que de nombreux groupes étrangers ont été « choqués » par son contenu. Un autre membre du conseil, l'avocat Aleksandr Brod, a dit dans ses commentaires à la presse que la nouvelle loi était redondante, car il existait suffisamment de moyens dans la législation existante pour assurer la sécurité nationale et empêcher l'ingérence étrangère dans la politique intérieure de la Russie.

L'Union européenne et les États-Unis ont officiellement exprimé leur préoccupation face à la nouvelle loi russe. Le département d'État américain a déclaré dans un communiqué que la tendance à interdire la coopération avec divers groupes étrangers pourrait conduire à l'isolement du peuple russe du monde extérieur.

Des responsables russes n'ont pas encore réagi à ces accusations. Les parrains du projet de loi l'ont cependant décrite comme une mesure préventive et ont nié qu'elle visait spécifiquement certaines organisations étrangères.

La nouvelle loi est conforme avec la « Loi sur les agents étrangers » introduite en Russie à la fin de 2012. Cette loi précise que toutes les ONG qui reçoivent des fonds de l'étranger et qui sont même partiellement engagées dans des activités politiques, doivent s'enregistrer en tant qu'agents étrangers ou risquer des amendes importantes. Les groupes ayant le statut d' « agent étranger » se voient interdits de parrainer des partis politiques russes mais leurs activités sinon ne sont pas restreintes.

(RT)

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Sommet de l'Union européenne à Riga

L'Union européenne prend du recul face
à l'Ukraine et à son Partenariat oriental

L'Union européenne se désengage lentement mais sûrement de son aventure ukrainienne, comme en témoignent les récents résultats du sommet du Partenariat oriental à Riga.

L'expansion de l'Union européenne en Europe de l'Est est remise en doute

Bien que les gouvernements occidentaux prétendent le contraire, le Partenariat oriental fut mis en place pour stopper l'intégration eurasienne en encourageant les anciennes républiques soviétiques à s'éloigner de la Russie sans quoi elles pourraient bien graviter de nouveau vers elle. Les accords d'association signés entre l'Union européenne et l'Ukraine, la Géorgie et la Moldavie sont des résultats du Partenariat oriental. Dire que le Partenariat oriental a eu des résultats mitigés serait embellir le tableau et exagéré.


Carte des pays de l'UE (bleu foncé) et du Partenariat oriental (bleu pâle)

Deux anciennes républiques soviétiques, la Biélorussie et l'Arménie, tout en participant formellement au partenariat, ont refusé d'abandonner leur alignement historique avec la Russie. La Biélorussie est un membre fondateur de l'Union eurasienne, de laquelle l'Arménie se prépare à devenir membre. Si ces deux pays sont membres du Partenariat oriental, ce n'est que pure formalité.

L'Azerbaïdjan poursuit depuis longtemps sa voie indépendante, entretenant de bonnes relations avec à la fois la Russie et l'occident. Les vieux espoirs de l'occident de voir l'Azerbaïdjan remplacer la Russie comme principal fournisseur de pétrole et de gaz pour l'Europe ne se sont jamais matérialisés.

Ces trois pays, tout en participant au Partenariat oriental, ont néanmoins conservé leurs distances face à l'Union européenne, d'une part, et leurs liens avec la Russie, de l'autre. Aujourd'hui, ils sont les pays les plus prospères et les plus politiquement stables de tous ceux qui participent au projet.

Par contre, les trois pays qui ont embrassé le Partenariat oriental avec enthousiasme, la Géorgie, la Moldavie et l'Ukraine, éprouvent de sérieuses difficultés.

En 2008, la Géorgie a perdu l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud, même si elle ne l'a jamais vraiment accepté. Elle continue de dépendre largement de la Russie, qui demeure le principal marché pour ses produits, la Russie étant aussi la source principale de financement qui maintient son économie en vie. Si la classe politique géorgienne est unie dans son plan d'intégration à l'Union européenne, l'homme politique qui incarne le plus cette politique, l'ancien président Saakashvili, est discrédité et en exil, faisant face en Géorgie à des accusations criminelles.

La Moldavie, un peu comme l'Ukraine d'avant 2013, a une part égale de factions pro-Union européenne et prorusses, hostiles l'une envers l'autre. Elle doit aussi tenir compte d'un État de facto, indépendant et prorusse, à même ses frontières, c'est-à-dire, la république de Transnistrie, une région qui, avant la Révolution de 1917, appartenait au territoire historique russe de Novorossia.

Quoique la faction pro-Union européenne soit en contrôle en Moldavie, comme en Ukraine, elle demeure profondément divisée. Aussi, privée de ses marchés russes traditionnels à cause des mesures pro-Union européenne de son gouvernement, la Moldavie demeure l'un des pays les plus pauvres de l'Europe.

Pour ce qui est de l'Ukraine, le Partenariat oriental est un désastre lamentable ayant entraîné une descente vers la guerre civile et un effondrement économique.

Le récent sommet à Riga montre jusqu'à quel point, suite à la débâcle ukrainienne, le projet dans son ensemble s'essouffle. Sans aucun doute, lorsque la Géorgie, la Moldavie, et l'Ukraine sont devenues membres du Partenariat oriental, elles l'ont fait dans l'espoir de pouvoir un jour faire partie de l'Union européenne. Et sans doute les auteurs européens du Partenariat oriental pensaient de même.

Pour ce qui est de ces trois pays, la loyauté envers l'« Europe », forgée dans l'espoir d'éventuellement devenir membre de l'Union européenne, s'est développée en une sorte de fanatisme associé normalement aux cultes religieux.

Pendant la guerre de 2008, plusieurs ont observé par le biais d'images télévisées que le président de la Géorgie à l'époque, Saakashvili, avait un drapeau de l'Union européenne sur son bureau près du drapeau de la Géorgie, comme si celle-ci était déjà membre de l'Union européenne.

En Moldavie, il est question de criminaliser toute remise en question de la « voie euro-atlantique » du pays.

Les manifestations qui, en février 2014, ont mené au renversement du président ukrainien Ianoukovytch, lequel a été causé par sa décision d'annuler la signature de l'accord d'association avec l'Union européenne, avaient pour nom « EuroMaidan ». Une agence de nouvelles qui a vu le jour au cours de ces manifestations porte toujours ce nom.

Le sommet de Riga a jeté une douche froide sur tout cela.

Avant le sommet, la chancelière allemande, Angela Merkel, a mis les anciens États soviétiques en garde à l'effet qu'il n'était pas garanti qu'ils seraient membres de l'Union européenne. Le Partenariat oriental n'est pas un « instrument d'élargissement politique pour l'Union européenne et nous ne devons pas faire de promesses que nous ne pouvons tenir », a dit Merkel. D'autres représentants européens ont abondé dans le même sens.

Sur la question de devenir membre éventuellement, le président Juncker de la commission de l'Union européenne a dit : « Ils ne sont pas prêts et nous ne sommes pas prêts ».

Même un adversaire de la Russie et supporter de l'inclusion éventuelle des anciens États soviétiques dans l'UE aussi déterminé que le président du Conseil européen Donald Tusk a déclaré dans des mots qu'on pourrait dire cyniques, qu'« ils ont le droit de réver, mais le membership dans un avenir prévisible est plus qu'incertain ».

Le résultat, comme je l'ai prédit en entrevue à Radio Sputnik la veille du sommet, est que le sommet a produit une longue et pompeuse déclaration qui, si on la lit attentivement, n'engage l'UE à absolument rien. Le passage où elle vient le plus près de mentionner un membership éventuel dans l'UE se retrouve au deuxième paragraphe, qui dit :

« Dans le contexte de la Politique européenne de voisinage et du Partenariat oriental, les participants au Sommet réaffirment le droit souverain de chaque partenaire de choisir librement le niveau des ambitions et des objectifs auquel il aspire dans ses relations avec l'Union européenne. C'est à l'UE et à ses partenaires souverains à décider comment procéder dans leurs relations. »

En d'autres mots, pour parler plus poliment que Tusk, les anciens États soviétiques ont le droit de postuler pour devenir membres de l'UE (ce que personne n'a jamais contesté), mais pas le droit de devenir membres et l'UE n'a aucune obligation de les accepter.

Le plus décevant dans tout cela, surtout pour les Ukrainiens, c'est l'échec de l'UE à offrir accès libre à des visas ou quelque espoir dans ce sens. La Moldavie l'a obtenu en avril 2014, au moment où peu après le coup de Maidan les chances de succès du Partenariat oriental semblaient élevées. Maintenant que ces espoirs ont été ruinés par le désastre ukrainien, les ardeurs européennes pour accorder même cela se sont refroidies.

Cela va porter un coup dur à l'Ukraine où l'espoir de gagner libre accès à des visas de l'UE était important dans la mobilisation de l'appui pour le mouvement Maidan, surtout parmi les jeunes. L'importance de cette question pour l'Ukraine se voit au fait que le président ukrainien Poroshenko disait encore, à la veille du sommet, qu'une « décision politique » donnant libre accès aux visas à l'Ukraine allait être prise au sommet.

Cela ne s'est pas produit, et la demande du ministre ukrainien des Affaires étrangères Klimkin que l'Ukraine reçoive des « assurances concrètes » et une feuille de route menant au membership n'a pas trouvé d'écho.

Pour rendre la pilule moins amère, l'UE a promis à l'Ukraine une aide de 2 milliards $, un montant insuffisant compte tenu des besoins de l'Ukraine.

Même cette promesse pourrait ne pas signifier ce qu'elle semble dire. Le paragraphe 21 suggère que peut-être il s'agit d'argent déjà promis à l'Ukraine.

L'UE et le FMI ont souvent réannoncé les mêmes montants d'aide à l'Ukraine qu'ils avaient annoncés auparavant, les déguisant en quelque chose de nouveau. Les formulations vagues du paragraphe 21 suggèrent que c'est peut-être le cas encore une fois avec cette nouvelle annnonce.

Cette aide, de toute façon, est un prêt, ce qui veut dire qu'il pourrait être retiré ou annulé si l'Ukraine est incapable de le rembourser, ce qui va probablement se produire. Le prêt semble conditionnel à des réformes que l'Ukraine devrait faire, ce qu'elle n'a jamais été capable de faire et qui laisse croire que l'argent pourrait ne jamais être versé.

Comme tout ce qui est sorti du sommet de Riga, cette promesse, comme les autres faites à l'Ukraine auparavant, apparaît plus symbolique et ostentatoire que réelle.

Ce résultat décevant pour l'Ukraine a poussé le président Poroshenko à faire ce commentaire amer : « Le monde est fatigué d'entendre parler de la question de l'Ukraine... on essaie d'écarter l'Ukraine comme on le fait d'une mouche qui vous agace. »

Comme nous l'avons dit précédemment (voir « L'UE se prépare à abandonner l'Ukraine », dans le Russia Insider du 22 mai 2015), les termes du Protocole de Minsk de février, les propositions d'autonomie des Républiques du Donesk et de Lougansk, appuyées par la Russie et les rapports d'une renégociation globale de l'Accord d'association de l'Ukraine avec l'UE, pris ensemble, indiquent que l'Ukraine cherche des moyens de se sortir du désastre que ses politiques lui ont causé.

Les résultats du sommet de Riga semblent confirmer et suggérer que le mouvement d'expansion de l'UE dans le territoire de l'ex-Union soviétique arrive à sa fin. Quelle que soit la façon dont on présentera la chose, cela veut inévitablement dire abandonner l'Ukraine à son sort. Les commentaires de Yushchenko suggèrent qu'il y a des Ukrainiens qui commencent à s'en rendre compte.

(Russia Insider, 25 mai 2015. Traduction : LML)

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La Chine résiste à l'endiguement

La Chine dévoile sa nouvelle stratégie militaire au milieu des tensions régionales

Le 26 mai 2015, le gouvernement chinois a publié un livre blanc du ministère de la Défense intitulé Stratégie militaire qui met à jour le document de 2013.

Selon cette nouvelle stratégie, la Chine accordera une plus grande importance aux mers territoriales et aux forces navales du pays et passera à une combinaison de « la défense des eaux côtières et de la protection de ses intérêts maritimes ».

Dans ce document, la Chine indique qu'elle portera plus d'attention à la guerre informatique et à la cybersécurité, une tendance que l'on retrouve dans toutes les forces armées du monde.

Cependant, la nouvelle stratégie maintient la politique chinoise d'éviter les interventions préventives, ce qui veut dire que la Chine n'attaquera pas un autre pays si elle n'est pas attaquée en premier.

« Certains pays adoptent des stratégies préventives et privilégient les interventions préventives et l'initiative de l'attaque. La nôtre est totalement différente », a expliqué le porte-parole du ministère de la Défense Yang Yujun à la conférence de presse où le document a été dévoilé.

Cette nouvelle stratégie est publiée alors que les tensions ont augmenté autour du conflit territorial en mer de Chine méridionale opposant les Philippines, le Vietnam, Brunei, la Malaisie et la Chine. La Chine a également un différend avec le Japon au sujet des Îles Senkaku en mer de Chine orientale.

La publication du document chinois coïncide avec l'intensification de l'activité de l'armée américaine dans la région. La semaine dernière, le gouvernement chinois a dénoncé des opérations d'espionnage des États-Unis en mer de Chine méridionale.

Le 25 mai, le Japon a confirmé qu'il participera à des manoeuvres militaires maritimes conjointes avec les États-Unis et l'Australie, ce qui contribue à l'augmentation des tensions.

L'exercice baptisé « Talisman Sabre » commencera à la mi-juillet et comprendra plus de 30 000 hommes des armées américaines et australiennes.

La semaine dernière, le vice-président des États-Unis, Joe Biden, a annoncé que 60 % de la Marine américaine sera déployée dans la région Asie-Pacifique d'ici 2020, dans la cadre de la stratégie à long terme du gouvernement Obama dans la région.

(TeleSUR, 27 mai 2015)

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L'Allemagne travaille avec l'Inde
pour contenir la Chine

Le 26 mai, la ministre allemande de la Défense, Ursula von der Leyen, [a entamé] des pourparlers à New Delhi sur les questions militaires et les politiques d'armement. Les nouveaux projets d'armement de l'Inde sont la raison immédiate de la visite de von der Leyen. L'Inde veut, entre autres, construire des sous-marins allemands sous licence et Berlin cherche à obtenir une coopération plus intense en matière de politique étrangère et militaire. Cette visite servira à préparer de nombreux accords en vue des consultations entre les gouvernements allemand et indien, prévues pour le mois d'octobre. Elle a lieu alors que l'Inde intensifie ses efforts pour faire reculer l'influence de la Chine dans l'océan Indien, des efforts qui ont l'appui de Berlin. Le Sri Lanka est un point de rivalité de cette lutte de pouvoir. Au cours des dernières années, l'État insulaire du Sri Lanka, un pays stratégiquement important, a commencé à se rapprocher étroitement de Beijing. Pour éviter une dépendance trop forte de la Chine, le nouveau gouvernement du Sri-Lanka, en poste depuis janvier, cherche à limiter ses liens vers la Chine et à renforcer ses relations avec l'Ouest. La semaine dernière, Frank-Walter Steinmeier, ministre des Affaires étrangères de l'Allemagne, a reçu son homologue sri lankais à Berlin afin de renforcer la position de l'Allemagne au Sri Lanka, une visite qui s'inscrit dans la lutte de pouvoir avec Beijing.

Les projets d'armement

Les pourparlers de la ministre allemande de la Défense, Ursula von der Leyen, avec son homologue indien, Manohar Parrikar, le 26 mai et avec le premier ministre indien, Narendra Modi, le 27 mai portent sur des projets d'armement, en particulier sur les sous-marins. Le principal chantier maritime de l'Inde, le chantier maritime Mazagon, produit actuellement des sous-marins de la classe « Scorpène » sous transfert de technologie du groupe français DCNS. Le premier a été lancé en avril et est maintenant à l'essai. En même temps, le gouvernement de New Delhi projette de construire un deuxième type de sous-marin sous licence et est intéressé à une coopération avec la société ThyssenKrupp. De 1986 et 1994, la marine de l'Inde a commandé quatre sous-marins de fabrication allemande, auxquels d'autres doivent être ajoutés. Selon la presse indienne, d'autres projets d'armement seront également discutés au cours de la visite de la ministre allemande de la Défense.[1]

Contre la Chine

En renforçant l'armement de sa marine, l'Inde vise directement à assurer sa domination dans l'océan Indien. Non seulement cette région abrite-t-elle un tiers de l'humanité et 40 % des réserves mondiales de pétrole mais aussi 33 % du commerce mondial, 50 % du trafic de porte-conteneurs et 70 % du transport de pétrole du monde traversent cet océan d'Asie du Sud.[2] Cependant, New Delhi se trouve avant tout confronté au fait que la République populaire de Chine est de manière générale de plus en plus présente et forte et étend ses activités notamment dans l'océan Indien, comme le montre le fait que Beijing est en train de construire « un réseau de ports commerciaux dans les pays voisins de l'Inde, au Pakistan, au Sri Lanka, au Bangladesh et au Myanmar », selon une analyse publiée l'an dernier par le ministère allemand de la Défense. Ceux-ci ne serviront pas uniquement à accroître les échanges commerciaux, mais « ces installations pourront être utilisées militairement par la Chine ».[3] Par conséquent, l'Inde cherche à consolider « sa présence » dans l'océan Indien « et à endiguer l'influence grandissante de la Chine », est-il expliqué dans cette analyse.

Un partenaire difficile

Berlin soutiendra New Delhi dans ses efforts pour repousser Beijing, et pas seulement avec les livraisons d'armes. L'Allemagne et l'Inde ont un « partenariat stratégique » qui, en principe, comprend l'ensemble des questions de politique étrangère et militaire.[4] Des accords sur ces questions devront être conclus lors des pourparlers de la ministre de la Défense, Ursula von der Leyen, à New Delhi, en vue des consultations entre les gouvernements allemand et indien en octobre. L'Allemagne partage entièrement les intérêts de l'Inde d'empêcher une expansion accrue de la puissance de la Chine. Toutefois, l'Inde est « un partenaire difficile pour l'Ouest », reconnaît l'auteur de l'analyse du ministère de la Défense. « L'idée [que ce pays d'Asie du Sud puisse] être manipulé pour devenir un contrepoids à la Chine est une idée qui séduit très peu de gens du milieu de la politique étrangère et de sécurité en Inde.[5] Les décideurs indiens ne veulent, en aucun cas, se considérer eux-mêmes comme des marionnettes de l'Occident et accordent une grande importance à une politique indépendante », explique l'auteur. Par conséquent, « au cours des dernières années, New Delhi s'est positionnée sur la scène internationale de telle manière qu'elle coopère avec toutes les puissances importantes sans développer de liens trop forts avec aucun pays », pas même en Occident.[6]

D'une importance stratégique

Les efforts de l'Allemagne et de l'Inde pour réduire l'influence chinoise dans l'océan Indien se manifestent également au Sri Lanka, un pays d'Asie du Sud stratégiquement très important. Cet État insulaire, situé près de la côte sud de l'Inde et sur les routes maritimes commerciales entre l'Asie de l'Est et du Sud-Est et l'Occident, peut non seulement surveiller les routes maritimes, mais également les activités militaires de l'Inde, selon les experts.[7] La Chine a considérablement renforcé ses relations avec le Sri Lanka au cours des dernières années. La République populaire de Chine fait non seulement concurrence à l'Inde dans son rôle traditionnel de plus important fournisseur du Sri Lanka, mais cherche également à renforcer sa position par des investissements majeurs dans l'infrastructure de Sri-Lanka. La Chine est en train de moderniser les ports de la capitale, Colombo, et de Hambantota sur la côte sud de l'île, permettant au Sri Lanka de devenir un centre exclusif de l'important commerce maritime qui passe par l'océan Indien. Beijing a également commencé à utiliser les ports srilankais pour sa marine. En septembre dernier, un sous-marin de la marine chinoise s'est amarré pour la première fois à Colombo.

Changement de cap à Colombo

L'Inde, tout comme les pays occidentaux, voudrait profiter du changement de gouvernement de janvier dernier à Colombo pour ralentir la progression de la Chine. Le nouveau président du Sri Lanka, Maithripala Sirisena, a annoncé son intention de réduire l'influence de Beijing dans son pays. « Alors que le président Sirisena reconnaît l'importance de solides relations bilatérales avec la Chine, il ne veut pas que le Sri Lanka dépende d'une seule puissance mondiale », a expliqué un spécialiste de l'entreprise d'information économique IHS.[8] C'est pourquoi sa première visite à l'étranger, en février dernier, a été en Inde. Sirisena envisage également de coopérer plus étroitement avec l'Allemagne. À la fin de la semaine dernière, le ministre sri lankais des Affaires étrangères, Mangala Samaraweera, est allé à Berlin pour des entretiens avec son homologue allemand et avec le ministre allemand pour la coopération économique et le développement. Après sa rencontre avec Samaraweera, le ministre des Affaires étrangères allemand, Frank-Walter Steinmeier, a déclaré que Berlin « soutiendra avec force » le Sri Lanka, qui se trouve sur la « voie de la consolidation politique et économique ». Il est particulièrement important d'intensifier les relations économiques.[9] L'Allemagne est loin derrière la Chine : alors que les investissements allemands directs et indirects au Sri Lanka ont été de 123 millions d'euros en 2012, les investissements chinois se chiffraient en milliards de dollars, et alors que le commerce de la Chine avec le Sri Lanka a atteint un volume de $ 3,1 milliards de dollars en 2013, le commerce de l'Allemagne avec le Sri Lanka atteignait à les 700 millions d'euros.

La course au rattrapage

« Il y a encore un grand potentiel » de développement des relations commerciales entre l'Allemagne et le Sri Lanka, a annoncé Frank-Walter Steinmeier, ministre des Affaires étrangères de l'Allemagne, dans une interview à la presse sri-lankaise, et « les investisseurs potentiels ont été contactés ».[10] Berlin se précipite pour atteindre l'objectif d'affaiblir la position de Beijing dans l'océan Indien.

Notes

1. Les ministres de la Défense de l'Inde et de l'Allemagne se rencontrent la semaine prochaine. www.deccanherald.com 20.05.2015.
2. Manohar Parrikar inaugure le premier sous-marin Scorpène produit en Inde. www.hindustantimes.com 06.04.2015.
3. Sandra Destradi : Regionalmacht in einem schwierigen Umfeld : Indien als sicherheitspolitischer Akteur. www.bmvg.de 30.05.2014.
4. Voir : Chinas Gegenspieler.
5. Sandra Destradi : Regionalmacht in einem schwierigen Umfeld : Indien als sicherheitspolitischer Akteur. www.bmvg.de 30.05.2014.
6. Voir : Contours d'un monde multipolaire, german-foreign-policy.com.
7. Srinivas Mazumdaru : Modi cherche à contrer l'influence de la Chine dans l'océan Indien. www.dw.de 11.03.2015.
8. Gabriel Domínguez : Le nouveau dirigeant du Sri Lanka en visite en Chine après la réduction des relations. www.dw.de 25.03.2015.
9. Unterstützung für demokratischen Weg Sri Lankas. www.auswaertiges-amt.de 22.05.2015.
10. Le ministre des Affaires étrangères allemand dit que les changements politiques sont impressionnants et demande instamment une réconciliation authentique. www.ft.lk 13.05.2015.

(25 mai 2015. Traduction : LML)

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Opposition aux menaces des États-Unis dans la péninsule coréenne

Lettre au président du Conseil de
sécurité des Nations unies


Manifestation le 2 mars 2015, à Séoul, contre les exercices militaires conjoints États-Unis et Corée du sud.

Votre Excellence,

Sur les instructions de mon gouvernement, j'ai l'honneur de porter à votre attention les exercices militaires conjoints entre les États-Unis et la Corée du Sud nommés « Key Resolve » et « Foal Eagle » qui ont été menés contre la République populaire démocratique de Corée au cours des mois de mars et avril 2015.

Ces exercices militaires conjoints États-Unis-Corée du Sud ont été de vrais exercices de guerre nucléaires d'agression qui ont mobilisé toutes sortes des plus récents moyens de frappes nucléaires stratégiques dans le but d'occuper Pyongyang, la capitale de la RPDC, afin d'éliminer les dirigeants de la RPDC. Cela montre clairement la nature agressive des exercices militaires conjoints États-Unis-Corée du Sud contre la RPDC.

Il est tout à fait naturel que la RPDC se doit de renforcer sa capacité de dissuasion d'autodéfense contre les menaces militaires agressives des États-Unis. Le plus récent essai de mise à feu sous-marine par la RPDC d'un missile balistique à partir d'un sous-marin stratégique est une mesure légitime d'un État souverain pour renforcer sa capacité d'autodéfense contre les manoeuvres militaires provocatrices des États-Unis.

Dans le cas où le Conseil de sécurité veut en faire seulement la question de l'essai de mise à feu par la RPDC d'un missile balistique d'autodéfense à partir d'un sous-marin stratégique, tout en ignorant les deux exercices militaires provocateurs tenus conjointement par les États-Unis et la Corée du Sud contre la RPDC, le Conseil de sécurité s'avérera être un outil politique entre les mains d'un membre permanent dont les pratiques autoritaires et arbitraires vont à l'encontre des objectifs et principes de la Charte des Nations unies.

Le gouvernement de la RPDC est d'avis que le Conseil de sécurité devrait examiner la question des exercices militaires conjoints tenus par les États-Unis et la Corée du Sud comme la cause profonde d'un cercle vicieux qui aggrave la situation sur la péninsule coréenne et qui est une menace sérieuse au maintien de la paix et de la sécurité internationale.

Par conséquent, je demande vivement que la question des exercices militaires conjoints entre les États-Unis et la Corée du Sud soit mis à l'ordre du jour du Conseil de sécurité, et qu'une réunion du Conseil de sécurité se tienne de manière urgente conformément aux articles 34 et 35 de la Charte des Nations unies.

Je vous serais reconnaissant de faire circuler dès que possible cette lettre comme document officiel du Conseil de sécurité.

Veuillez accepter, votre Excellence, l'assurance de mes très hautes considérations.

(Le 25 mai 2015. Traduction : LML)

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Récent massacre par les terroristes à Palmyre en Syrie

L'appui aux terroristes par certains États a permis ce massacre, selon le ministère des Affaires étrangères

Le ministère des Affaires étrangères et des Expatriés a envoyé lundi [25 mai] deux lettres identiques à la présidence du Conseil de sécurité et au secrétaire général de l'ONU au sujet du plus récent massacre commis par les terroristes à Palmyre.

Dans les lettres, le ministère a déclaré que dans le cadre des crimes terroristes commis contre la Syrie et son peuple, les terroristes de l'EI ont pris d'assaut Palmyre, une des plus anciennes cités historiques dans le monde, faisant des ravages et commettant des massacres odieux contre les civils innocents. Les hordes de l'EI ont massacré des dizaines de civils, la plupart des femmes, des enfants et des personnes âgées, empêchant des milliers d'autres de quitter la ville et amenant plusieurs familles et jeunes vers une destination inconnue.

Le ministère a affirmé que de tels actes terroristes n'auraient pu avoir lieu sans la persistance de certains États à fournir un soutien de toutes sortes depuis plus de quatre ans aux organisations takfiristes incluant État islamique, le Front al-Nosra maintenant appelé Armée de la conquête, les ramifications d'al-Qaïda, l'Armée syrienne libre et autres groupes terroristes criminels qui adoptent une mentalité exclusiviste wahhabite et comprennent des membres de plus de 90 pays.

Les lettres indiquent qu'un généreux appui est fourni à ces organisations terroristes par des régimes régionaux et internationaux — principalement l'Arabie saoudite, la Turquie, le Qatar et Israël — de pair avec la collusion et l'ignorance feinte de certains États occidentaux qui appuient ces groupes pour miner et affaiblir la Syrie dans le cadre de politiques irresponsables servant les intérêts étroits de certains États et leurs dirigeants qui n'ont de soucis pour la souffrance des Syriens ou pour la Charte de l'ONU, le droit international et la lutte contre le terrorisme.

Le ministère indique que le massacre haineux à Palmyre est la poursuite des crimes terroristes contre l'humanité et l'héritage humain qui a commencé au début de la crise en Syrie avec l'objectif d'effacer l'héritage du pays.

On lit dans les lettres que Palmyre regorge de terroristes tandis que certaines parties qui continuent de se vanter d'être les héros de la lutte contre le terrorisme restent silencieuses et d'autres prennent des positions timides juste pour éviter l'opprobre ou donner la fausse impression qu'elles luttent contre le terrorisme.

Le ministère déclare que la Syrie a affirmé dans le passé et affirme toujours être prête à coopérer sur les questions aux niveaux bilatéraux, régionaux et internationaux pour combattre le terrorisme et que la Syrie a annoncé son appui à tout réel effort international de lutte contre le terrorisme qui préserve les vies civiles et respecte la souveraineté et les accords internationaux.

Le ministère note que la guerre déclarée contre le terrorisme par certains États il y a près d'un an n'a pas réussi à atteindre aucun de ses buts annoncés ; plutôt elle a permis à l'EI et ses affiliés et alliés de s'élargir et de s'étendre non seulement en Syrie et en Irak, mais aussi en Égypte, en Libye, dans certains États africains et même en Arabie saoudite elle-même. Ce qui exige une position ferme de la part de la communauté internationale contre les États qui soutiennent et financent le terrorisme, ajoutant que certains États qui prétendent lutter contre le terrorisme et ont rejoint des alliances de lutte contre le terrorisme financent, arment, abritent des terroristes et leur fournissent de la propagande.

Le ministère appelle le Conseil de sécurité à confirmer son engagement à combattre le terrorisme et les organisations extrémistes terroristes en mettant en oeuvre ses résolutions pour la lutte contre le terrorisme par la parole et par les actes d'une manière retirée de la politisation et les doubles standards et via la coopération et la coordination étroites avec le gouvernement syrien qui a combattu le terrorisme au nom du monde depuis une longue période.

Les lettres concluent en affirmant que l'engagement du gouvernement syrien à poursuivre le combat contre le terrorisme et à défendre son peuple selon son devoir constitutionnel, appelant le Conseil de sécurité et le secrétaire général de l'ONU à prendre les mesures dissuasives nécessaires contre les organisations terroristes et les États qui les parrainent et les soutiennent, particulièrement les régimes en Turquie, au Qatar, en Arabie saoudite, en Jordanie et plusieurs pays occidentaux, exprimant l'espoir que les lettres seront adoptées comme document officiel du Conseil de sécurité.

(Hazem Sabbagh)

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