|
Numéro 26 - 2 juin
2015
L'arrogance sans borne du
gouvernement Harper
Des amendements introduits en
catimini
dans un projet de loi omnibus
Manifestation à
Windsor lors de la visite de
Harper le 13 mai 2015. Partout où il va Stephen Harper se heurte
à la détermination du peuple à mettre fin
à son abus de pouvoir et à le chasser du pouvoir en 2015.
• Le
gouvernement dépense les fonds
publics pour surveiller
les médias à ses fins
- Anna Di Carlo -
L'endettement
gouvernemental et le besoin
d'une nouvelle direction de
l'économie
• L'effet destructeur de l'endettement
gouvernemental aux prêteurs privés
- K.C. Adams -
Lutte historique pour
en finir avec la justice coloniale
• Le rapport de la Commission de
vérité et réconciliation autochtone
souligne la
nécessité d'en finir avec le passé colonial du
Canada
- Philip Fernandez -
Célébration
au
Canada
de
la
vie
et
de
l'oeuvre d'Ho Chi Minh
• Une réception et un lancement de livre
marquent
le 125e anniversaire du président Ho Chi Minh
Actualités
internationales
Expansion des pouvoirs
policiers en Europe
• Les gouvernements français et
britanniques adoptent de nouveaux
projets de loi antiterroristes
Criminalisation de
l'activisme politique aux États-Unis
• Un site web tente de «punir et
dissuader» l'appui à la Palestine
Trente-quatre ans
d'emprisonnement du patriote portoricain:
Oscar López Rivera
doit être libéré immédiatement!
• Le prisonnier politique Oscar Lopez et la
subjugation
de Porto Rico par les États-Unis
- Matt Peppe, MintPress -
Récents
développements dans les relations entre Cuba et les
États-Unis
• Cuba est retirée de la liste des
États terroristes des États-Unis
• Sept clés pour comprendre la situation
- Granma International -
Huit mois maintenant
que les étudiants-enseignants sont disparus au Mexique
• Des milliers de personnes marchent à
Mexico pour demander
justice pour Ayotzinapa
Le gouvernement
colombien sabote les pourparlers de paix
• Un dirigeant des FARC est tué lors
d'un nouvel attentat militaire
• Les FARC suspendent leur cessez-le-feu
unilatéral
- Secrétariat, Haut commandement central,
FARC-EP -
• Déclaration des pays garants, Cuba et
la Norvège
Nouvelles du
Venezuela, du Paraguay et du Pérou
• Un enregistrement révèle une
autre tentative de putsch au Venezuela
• Dix jours de mobilisation au Paraguay contre
un projet de loi de privatisation
• Grève générale contre
un projet minier au Pérou
La Russie se
défend contre l'ingérence étrangère
• La loi sur les groupes étrangers
«indésirables» entre en vigueur
Sommet de l'Union
européenne à Riga
• L'Union européenne prend du recul
face à l'Ukraine et à
son Partenariat oriental
- Alexandre Mercouris, Russia Insider -
La Chine
résiste à l'endiguement
• La Chine dévoile sa nouvelle
stratégie militaire au milieu
des tensions régionales
• L'Allemagne travaille avec l'Inde pour
contenir la Chine
- german-foreign-policy.com -
Opposition aux menaces
des États-Unis dans la péninsule coréenne
• Lettre au président du Conseil de
sécurité des Nations unies
- Ja Nam Song, l'ambassadeur de la RPDC à l'ONU
-
Récent massacre
par les terroristes à Palmyre en Syrie
• L'appui aux terroristes par certains
États a permis ce massacre, selon le ministère des
Affaires étrangères
- Syrian Arab News Agency -
L'arrogance sans borne du gouvernement
Harper
Des amendements introduits en catimini
dans un projet
de loi omnibus
Le président du
Conseil du trésor, Tony
Clement, a qualifié de débat ésotérique les
objections soulevées au sujet de certains éléments
cachés dans le projet de loi sur le budget, le plus
récent projet de loi omnibus du gouvernement conservateur.
Le gouvernement Harper a introduit en catimini des
amendements au projet de loi omnibus présentement débattu
au parlement, qui rendent notamment la Loi sur l'abolition du
registre des armes d'épaule rétroactive à
octobre 2011. Les amendements font en sorte que l'abolition du registre
commence avant même que la loi à cet
effet n'ait été adoptée au parlement. Ils ont pour
effet de rayer toute plainte ou illégalité concernant
l'abolition du registre et c'est fait pour cacher que le gouvernement a
ordonné à la GRC de détruire les données du
registre en 2011 alors que la loi n'a été adoptée
que l'année suivante.
En tant que théologien de la prérogative
royale, le ministre Clement soutient que puisque le gouvernement
majoritaire a réussi à faire adopter la Loi abolissant le
registre et autorisant la destruction des données, c'est vouloir
couper les cheveux en quatre que de débattre de la date de
l'entrée en vigueur de cette autorisation. Il affirme que la
« Loi canadienne » veut que l'adoption du projet
de loi omnibus prévue avant la relâche estivale mette fin
à tout débat sur le registre et les données.
Des juristes et experts de la procédure
parlementaire ont dit au National Post que « le
geste du gouvernement conservateur est sans précédent
mais il ne peut être arrêté puisqu'il est
majoritaire ». C'est ce que pense également le
président du Conseil du Trésor pour qui « la
souveraineté du parlement a préséance
dans ce cas-ci, je crois ».
Il aurait été plus exact de dire que le
Roi en Parlement a exercé sa prérogative royale et son
droit souverain de réécrire l'histoire et de rendre
légal ce qui était illégal.
La commissaire à l'information Suzanne Legault ne
partage pas cet avis. S'appuyant sur un argument juridique, et non pas
théologique, elle a recommandé il y a deux mois que des
accusations soient portées contre la GRC pour avoir
détruit les données du registre fédéral des
armes d'épaule en violation de la Loi à l'accès
à l'information. Harper
s'est empressé de réparer la faille en rendant
l'autorisation de détruire rétroactive tout simplement en
insérant un amendement à une loi omnibus sur le budget
qui comprend aussi un grand nombre de mesures diverses que les
députés sont appelés à voter.
Tony Clement le théologien affirme que cette ruse
absolutiste absout la GRC et le gouvernement de toute faute. Il accuse
quiconque pense autrement de malhonnêteté
théologique et d'impiété puisqu'on ne remet pas en
question la droiture de l'autorité absolutiste du Parlement sur
ses sujets, le peuple.
La commissaire ne se laisse pas intimider par ces
remontrances et accuse le gouvernement de créer un
« dangereux précédent ». Même
le National Post est d'accord avec elle quand il
demande : « En effet, quels autres actes
illégaux pourront être exonérés
rétroactivement de cette façon ? »
Dans un avis à la Chambre des communes le 14 mai,
Suzanne Legault soutient que ce « dangereux
précédent » pourrait servir à
exonérer rétroactivement des méfaits de
représentants officiels du gouvernement allant de la fraude
électorale aux dépenses illicites. Elle soutient que la
GRC a détruit les données du registre demandées
par plusieurs aux termes de la Loi
sur l'accès à
l'information avant que la loi abolissant le registre n'entre en
vigueur et malgré la promesse solennelle du gouvernement de les
conserver jusqu'à ce moment-là. Dans une lettre au
président de la Chambre des communes et au président du
Sénat, la commissaire dit qu'elle soumet son rapport au
parlement « dans l'espoir que les parlementaires examineront
soigneusement les implications du projet de loi C-59 », le
projet de loi omnibus exécutant le budget.
En mars dernier, elle a
recommandé au procureur
général du Canada d'instituer une enquête sur
« la destruction délibérée des
données du registre » qui sont
protégées par la Loi sur l'accès à
l'information. La Police provinciale de l'Ontario a entrepris
cette enquête.
Le gouvernement Harper a réagi en utilisant une
de ses tactiques préférées : changer la date
d'entrée en vigueur d'une loi déjà adoptée
pour qu'elle coïncide avec la date du dépôt du projet
de loi abolissant le registre des armes d'épaule, faire cette
modification en catimini en introduisant un amendement dans un projet
de loi de 167 pages
et forcer l'adoption du projet de loi avant la relâche estivale,
obligeant les députés à ou bien accepter le
changement de date, ou bien bloquer l'ensemble du projet de loi.
Suzanne Legault soutient que l'affaire va beaucoup plus
loin que le maintenant défunt registre des armes.
« On peut faire la même chose après avoir
enquêté une fraude électorale, a-t-elle dit au National
Post. On peut
effacer des choses
rétroactivement. » L'ancien gouvernement
libéral aurait pu enlever à la vérificatrice
générale Sheila Fraser son pouvoir d'enquête durant
le scandale des commandites, poursuit-elle. « Voilà
le genre de précédent qu'on nous propose d'établir
avec ces amendements. Voilà pourquoi cette affaire est
très grave. »
Elle a dit que tous les députés
« vont devoir se regarder dans le miroir et décider
s'ils peuvent, en toute intégrité, voter en faveur de ces
amendements ».
La commissaire a déposé une poursuite
à la Cour fédérale le 14 mai pour tenter de
sauvegarder les droits du défendeur qui avait demandé des
exemplaires du maintenant défunt registre des armes
d'épaule. Les amendements au projet de loi omnibus sur le budget
annulent rétroactivement « toute demande, plainte,
enquête, recours en
révision, révision judiciaire, appel ou toute autre
procédure en vertu de la Loi sur l'accès à
l'information et de la Loi sur la protection de la vie
privée » relatifs à ces données.
En entrevue au National Post, elle a confié que c'est
la quatrième fois qu'elle fait valoir auprès du procureur
général du Canada
que des accusations au criminel peuvent être portées en
vertu de la Loi sur l'accès à l'information.
Aucune accusation n'a jamais été portée dans les
cas d'ingérence politique flagrante dans le fonctionnement d'un
système conçu pour informer les citoyens sur les
agissements de leur gouvernement.
Pour sa part, le premier ministre Stephen Harper a dit
que les agents de la GRC ne faisaient qu'obéir à la
volonté de son gouvernement majoritaire. « Le
gouvernement, le Parlement du Canada, a déjà
décidé d'abolir le registre des armes d'épaule, a
dit Harper de passage à Windsor, en Ontario. La GRC a agi
entièrement suivant
l'intention du Parlement de détruire les données du
registre. »
On notera le peu de cas que fait Harper de la
distinction entre la loi et les « intentions » de
son parti et entre ce qui est légalement justifiable et ce que
décide son gouvernement majoritaire. Selon lui, la GRC a agi en
toute légalité parce qu'elle a agi non pas suivant la loi
actuelle mais suivant l'intention du Parlement de modifier la
loi actuelle.
C'est avec ce même
mépris de la
légalité et de l'État de droit que Tony Clement
rejette les préoccupations de la commissaire à
l'accès à l'information concernant la possibilité
qu'un gouvernement à l'avenir puisse utiliser la même
tactique pour s'exonérer dans une enquête policière.
« Cela ne crée aucun
précédent, a dit le président du Conseil du
Trésor. Le Parlement a adopté une loi. La loi qui a
été adoptée par le Parlement est qu'il n'y aura
plus de registre des armes d'épaule. »
Les travailleurs du secteur public disent que le
débat n'est pas du tout ésotérique puisqu'avec ce
même projet de loi omnibus la dictature Harper veut leur enlever
près d'un milliard de dollars sans passer par le processus de
négociation collective. Un ministre a même
déclaré que cette appropriation est
« gravée dans le
marbre ».
Cet abus de pouvoir devenu routinier montre non
seulement que ce gouvernement hors-la-loi doit être chassé
du pouvoir en octobre prochain mais aussi que le système de
gouvernance a un besoin pressant de renouveau démocratique.

Le gouvernement dépense les fonds publics pour
surveiller les médias à ses fins
- Anna Di Carlo -
La détérioration des institutions
politiques du Canada est visible partout. L'appareil d'État tout
entier et sa bureaucratie sont infectés d'activités
corrompues menées à des fins étroites sous le
diktat de la bande à Harper et des intérêts
privés qu'elle sert. Même le processus apparemment simple
et routinier par lequel un gouvernement s'informe de
ce que disent les médias en est marqué.
Selon Travaux Publics Canada, divers ministères
envoient en sous-traitance leurs services de surveillance des nouvelles
pour aider « à cerner et à suivre les enjeux
actuels et émergents en matière de politiques, de
programmes, de services et d'initiatives des
ministères ». Selon Travaux Publics Canada, le
Programme de suivi électronique des médias
« négocie avec les fournisseurs de contenu
qui détiennent des droits exclusifs de distribution des
nouvelles et donne accès à environ 50 sources de
nouvelles électroniques en respectant les règles du droit
d'auteur. Cela comprend des journaux, des fils de presse et des
transcriptions d'émissions de télévision
représentant des sources de nouvelles régionales et
nationales, en anglais et en
français, provenant des diverses régions du
Canada. »
Cela semble aller de soi. Quoi de mal à ce que le
gouvernement et ses ministères veuillent et aient besoin de
savoir ce que disent les nouvelles ? Les choses ne sont pas aussi
simples qu'elles le paraissent à première vue quand on
examine quel type de surveillance est donné en sous-traitance et
quel type de compagnies est impliqué.
Selon un article de septembre 2014 du National Post,
le
gouvernement
a
dépensé
plus
de
20
millions $ pour
rassembler de l'information par le biais de « contrats de
surveillance des médias » entre décembre 2012
et décembre 2014. Les données complètes plus
récentes ne sont pas encore disponibles. Des
questions ont été posées à la Chambre des
communes sur l'étendue de la surveillance des médias mais
elles sont restées sans réponse.
Selon l'article du National Post, les 1100
pages d'information sur la surveillance des médias que le
journal a obtenues par une demande d'accès à
l'information montrent que « le gouvernement garde l'oeil
sur ce que disent les journalistes, les critiques et ses propres
porte-paroles ».
Les ministères et agences ayant accès aux
services envoyés en sous-traitance fournissent les sujets qui
les intéressent particulièrement. Selon l'article du National
Post,
« les sujets de recherche soumis par un
ministère comprennent le Parti conservateur du Canada et
l'ex-député conservateur Dean Del Mastro ». En
octobre 2013, Del Mastro a été trouvé coupable
d'avoir enfreint la Loi électorale du Canada en
dépensant plus que permis lors de l'élection
fédérale de 2008 et en faisant des contributions
illégales au fonds de sa propre campagne qu'il a ensuite
essayé de camoufler en produisant de faux documents. Pendant un
certain temps, avant
d'être expulsé, il a été secrétaire
parlementaire de l'Agence fédérale de
développement économique pour le sud de l'Ontario.
L'agence a demandé que les termes « Del
Mastro », « Parti conservateur du
Canada » et « Holinshed »
(l'entreprise mise en cause dans le procès) soient inclus dans
ses rapports.
Selon l'article,
« le ministère des
Affaires étrangères, du Commerce et du
Développement surveille les médias à la recherche
de toute mention du Conseil des Canadiens... Anciens combattants Canada
recherche des termes liés à la santé mentale des
soldats et des vétérans de même qu'à ceux
qui critiquent le gouvernement tel l'ancien
ombudsman des anciens combattants Pat Stogran ».
Quant au ministère de la Justice, il recherche
des mots comme 'dénonciateur' quand il est voisin de
« gouvernement fédéral » ou de
« ministère de la Justice ».
L'article explique que des 1100 pages de surveillance de
termes dans les médias, 300 sont de Citoyenneté et
Immigration et d'Emploi et Développement social.
« Des plus de $ 20 millions dépensés par
le gouvernement depuis décembre 2012 pour des contrats de
surveillance des médias, un des plus gros contrats touchait la
surveillance des médias ethniques. »
Les entreprises impliquées
Le ministère de la Défense nationale a
signé un contrat avec une entreprise appelée Nexalogy qui
va du 24 mars 2015 au 31 mars 2016 (d'une valeur de 395 500 $). Le
soumissionnaire requiert « la surveillance et l'analyse en
temps réel du contenu des médias sociaux incluant
Twitter,
Facebook, les blogues, les forums de discussion, les babillards
électroniques, les réseaux sociaux et les sites web de
partage de vidéos, de même que la surveillance en temps
réel des sites de nouvelles sur Internet ».
Selon Nexalogy, ses services sont modelés sur les
découvertes de l'astro-physicien Claude Théoret et son
usage des algorithmes pour étudier les trous noirs et
l'interaction des étoiles entre elles. On lit sur son site
web : « En 2006, Théoret a réalisé
que les algorithmes et les méthodes qu'il utilise pour analyser
les étoiles peuvent être
appliqués aux données sociales. Le résultat est
Nexalogy. Au lieu de données stellaires, ce sont les connections
entre les mots et les gens qui les écrivent que nous analysons,
que ce soit sur les blogues, Twitter, Facebook ou d'autres sources.
Plutôt que de trouver des trous noirs, nous découvrons des
risques et des possibilités non encore identifiés et
du renseignement jusque là caché. » Il
poursuit : « Notre partenariat avec Environics Group
nous permet d'offrir une gamme complète de services
traditionnels de recherches de marchés qui, combinée
à ce que nous découvrons dans les données
sociales, fournit une compréhension exceptionnellement puissante
des courants et de
la direction de l'opinion publique. »
Un autre fournisseur de services, iG Intelligence,
écrit qu'il offre « une surveillance 24 heures par
jour et 7 jours-semaine de toute combinaison de services »
et s'engage à « fournir du renseignement interactif
à l'utilisateur ». IG Monitor dit comprendre
« une équipe de gestion de haut calibre et de
réputation ». Le site web poursuit :
« Si quelqu'un critique ou attaque votre entreprise, votre
école, votre club ou une célébrité locale
ou quelqu'un de votre famille sur Facebook, Twitter, Linkedin ou
d'autres médias sociaux, cette critique peut aisément se
propager comme un virus avant que quiconque n'en soit informé.
C'est
pour cela que la surveillance automatisée des médias
sociaux est nécessaire. »
Comme le gouvernement
canadien est devenu synonyme
d'intolérance pour tout examen de la politique gouvernementale
sous le prisme de l'intérêt public, la question de ce qui
est fait avec l'information recueillie au moyen de la surveillance des
médias se pose. Le personnel de communications du gouvernement
se monte à plus de 3300
personnes et on comprend qu'il a besoin de ces matériaux pour
limiter les dégâts qui se produisent et l'aider dans sa
manipulation des enjeux. Le développement de ce type de
« surveillance des médias » illustre
l'étendue de l'effondrement de la légitimité du
gouvernement et l'échec du système dominé par les
partis appelé démocratie
représentative à fonctionner comme il est supposé
le faire. Les députés, qui sont censés être
la courroie de transmission entre le gouvernement et les institutions
de l'État et le peuple, n'ont rien à voir avec le peuple
et les partis politiques de l'establishment sont encore plus
déconnectés. À chaque jour, les Canadiens livrent
leur message au
gouvernement sous les formes les plus diverses, comme on le voit par
exemple avec l'opposition au projet de loi C-51. Le gouvernement vit
dans sa bulle, s'appuyant sur la « surveillance des
médias » pour espionner le peuple et tenter
désespérément d'éviter sa défaite
imminente.

L'endettement gouvernemental et le besoin
d'une nouvelle direction de l'économie
L'effet destructeur de l'endettement gouvernemental aux
prêteurs privés
- K.C. Adams -
L'endettement gouvernemental aux prêteurs
privés, aux paliers fédéral, provincial et
municipal, est un aspect très dommageable de l'offensive
antisociale. Les gouvernements au Canada versent chaque année 60
milliards $ de fonds publics dans les coffres du capital financier
en paiements d'intérêts non nécessaires. Ce tribut
cumulatif est
passé à 1,1 billion $ depuis 1974, soit le moment
où le capital financier international dirigé par les
États-Unis a dicté au gouvernement de cesser d'emprunter
de la Banque du Canada. La pratique antisociale d'emprunts
gouvernementaux aux intérêts privés et de paiements
de l'intérêt courant, qui a causé d'énormes
dettes publiques, est
devenue une excuse de plus pour imposer l'austérité au
peuple et couper dans les programmes sociaux et les services publics.
La dette publique aux institutions prêteuses
internationales, pour la plupart étrangères, n'a pas sa
raison d'être. Elle est devenue une forme de tribut imposé
au sein du système impérialiste d'États
dirigé par les États-Unis. Certains Canadiens affirment
que cette forme de tribut versé en vertu des prêts
privés consentis aux gouvernements est
illégale et ils ont intenté une poursuite pour en
interdire la pratique. Leur raisonnement est que la Banque du Canada,
qui est propriété publique, est tenue par la loi de
prêter de l'argent aux gouvernements à des taux
d'intérêts bas ou sans intérêt, comme cela
s'est fait entre 1938 et 1974.[1]
Les néolibéraux prétendent que les
prêts publics aux gouvernements par la Banque du Canada sont
inflationnistes parce qu'ils peuvent accroître la masse
monétaire au point où elle dépasse la croissance
de la valeur des biens et services du pays. Cet argument est trompeur
et contraire à l'expérience historique du capitalisme.
L'argument est trompeur
parce que tout prêt
institutionnel, qu'il soit public ou privé, accroît la
masse monétaire puisque le montant qui est prêté
est plus élevé que la réserve de richesse sociale
que l'institution détient. Si l'emprunt est utilisé pour
l'emploi productif de la classe ouvrière, la nouvelle valeur qui
est produite devrait être plus grande
que la valeur empruntée. L'inflation n'est pas
créée selon que la source de l'emprunt gouvernemental, et
de tout emprunt, est publique ou privée mais bien selon
l'utilisation qui est faite de l'argent emprunté.
L'argument néolibéral au sujet de
l'inflation est également contredit par l'histoire. Au cours de
la période formative du capitalisme, la pratique des
entrepreneurs privés consistant à emprunter de
détenteurs privés de richesse sociale à des taux
d'intérêts moindres que le profit moyen anticipé a
accéléré le développement de la production
industrielle de masse. Cette pratique moderne était une rupture
radicale avec le féodalisme et sa petite production
clairsemée et sa pratique régressive de l'usure qui
perturbait et s'emparait de tout profit, bloquant la croissance.
Avec le renversement de l'État féodal, le
nouvel État capitaliste a débuté l'emprunt
gouvernemental basé non seulement sur l'accumulation publique
mais sur la perspective que la production à venir serait d'une
valeur plus grande que le montant emprunté. Cette méthode
en vertu de laquelle l'État emprunte pour réaliser des
projets
d'infrastructure matérielle et sociale est devenue une
méthode effective pour mettre de l'avant l'objectif de
l'édification nationale.
Tout emprunt, public ou privé, qui permet aux
travailleurs de créer une nouvelle valeur, de reproduire la
valeur de leur force de travail et de transférer la valeur
déjà produite dans de la nouvelle production ajoute
à la richesse sociale qui se trouve à dépasser le
prêt original. Une telle pratique ne peut pas être
inflationniste.
Tout emprunt, public ou privé, qui résulte
en des dépenses qui sont faites sans que les travailleurs ne
créent une valeur nouvelle, des dépenses pour la guerre
par exemple ou pour l'achat et le transfert continuel de richesse
sociale déjà produite dans l'espoir de l'augmenter sans
que rien ne soit produit, n'ajoute pas à la richesse sociale. Il
est
possible que ces formes d'emprunt accroissent la masse monétaire
au-delà de l'augmentation de la valeur globale des biens et
services du pays et mènent à la baisse de la devise et
à la hausse des prix.
La thèse économique selon laquelle
l'emprunt par le gouvernement à la Banque du Canada est source
de bienfait général a été confirmée
concrètement par les années formatives de
l'édification nationale canadienne après la
Deuxième Guerre mondiale. La Banque du Canada, une
société de la Couronne, a fourni des fonds publics aux
trois paliers
de gouvernement, principalement pour la construction de
l'infrastructure matérielle et sociale et pour le
développement des services, sans pour cela causer quelque
inflation sérieuse des prix. La valeur totale de
l'infrastructure matérielle et sociale publique et des services
publics a considérablement augmenté dans les
débuts de l'après-guerre.
Cette situation s'est produite dans les conditions du
contrat social d'après-guerre entre la classe ouvrière
canadienne et les détenteurs du capital monopoliste. La tendance
progressiste que les forces antifascistes victorieuses ont
cherché à poursuivre après la guerre comprenait la
restriction de l'activité des puissants monopoles issus de la
fusion du
capital financier et industriel qui avaient causé des crises et
des désastres pendant la première moitié du
vingtième siècle. La demande importante a
été mise de l'avant que le secteur financier, pas
seulement la Banque du Canada, devienne un service public rendant
disponibles des fonds à faibles taux d'intérêt ou
sans intérêt à toute l'économie pour
développer la production et renforcer l'infrastructure
matérielle et sociale, y compris les soins de santé et
l'éducation pour tous.
La tendance réactionnaire a refusé le
verdict antifasciste de la Deuxième Guerre mondiale et s'est
opposée à toute restriction du privilège de classe
et du droit de monopole. Sur le front financier, la tendance
réactionnaire a exigé que l'on régresse vers
l'emprunt gouvernemental à des sources institutionnelles
privées sous le contrôle des
monopoles.
Les détenteurs les plus puissants de la richesse
sociale aux États-Unis sont intervenus au Canada contre le
verdict de la guerre antifasciste, faisant usage de leurs connections
et de leur pouvoir politique, économique, militaire et social.
Au niveau fédéral, le Parti libéral de
l'après-guerre, dirigé tour à tour par Louis
Saint-Laurent, Lester B.
Pearson et Pierre Elliott Trudeau, est devenu leur outil gouvernemental
pour annexer le Canada au système impérialiste
d'États dominé par les États-Unis et à ses
institutions internationales.
Au début des années 1970, le Parti
libéral de Trudeau au pouvoir à Ottawa a ordonné
à la Banque du Canada de se joindre à la Banque des
règlements internationaux (BRI), une organisation du capital
financier comprenant soixante pays au sein du système
impérialiste d'États dominé par les
États-Unis. La BRI est une des formes, avec le FMI
et la Banque mondiale, par lesquelles tous se retrouvent entre les
griffes du capital financier dominé par l'impérialisme
américain, ce qui crée les conditions pour qu'un tribut
sans précédent soit versé aux détenteurs
les plus puissants de la richesse sociale.
La BRI exige que l'emprunt des gouvernements soit
privatisé, forçant ainsi les gouvernements à
n'emprunter que de prêteurs privés, des institutions
monopolistes mondiales pour la plupart, en opposition à ce que
disent les lois canadiennes. Le diktat du capital financier a
mené à une dette publique sans précédent
à des prêteurs privés qui assure
le versement continuel d'un tribut public dans leurs coffres.
Le peuple, sous la
direction d'une classe
ouvrière consciente et organisée agissant sur la base de
sa politique indépendante, est capable de mettre fin à
l'ordre du jour d'austérité antisociale et de destruction
nationale du capital financier. La consolidation d'une force
organisée luttant pour le changement, basée sur du
travail politique concret et
des liens sur le terrain est clé pour que le renouveau politique
prenne place, pour que soit renversée l'offensive antisociale,
pour que le droit de monopole soit restreint, pour que soit mis fin au
privilège de classe et pour que le nouveau soit construit.
Une direction nouvelle de l'économie suppose que
l'on arrache les institutions financières du Canada des griffes
des institutions dominées par les États-Unis comme la
BRI, le FMI et la Banque mondiale ; il faut restaurer la pratique
de l'emprunt gouvernemental contracté à la Banque du
Canada et transformer le secteur financier en un
service public.
Le capital financier impose des demandes de tribut
ininterrompu qui sont onéreuses et non nécessaires. On
n'a pas besoin du capital financier privé pour assurer le
développement productif du pays. Le Canada est tout à
fait capable de fournir des fonds d'investissements à même
ses ressources publiques sur la base de l'accumulation publique et
de la perspective de la valeur nouvelle que la classe ouvrière
peut produire quand elle est mobilisée et s'active dans le
travail.

Lutte historique pour en finir avec la
justice coloniale
Le rapport de la Commission de vérité et
réconciliation autochtone souligne la nécessité
d'en finir avec le passé colonial du Canada
- Philip Fernandez -
À Vancouver, 70 000
personnes ont
participé à la marche de la réconciliation, l'un
des événements liés aux audiences de la CVR dans
cette ville, le 22 septembre 2013. Une autre marche semblable aura lieu
à Ottawa le 31 mai 2015, rassemblement final de la Commission.
Le rassemblement final de la Commission de
vérité et réconciliation du Canada (CVR) a lieu le
31 mai au 2 juin à Ottawa, lorsqu'elle rendra public son
rapport final. Le rapport fera valoir la nécessité de
nouveaux arrangements constitutionnels qui en finissent avec le
passé colonial du Canada. La CVR avait le mandat
d'enquêter sur le sort
réservé à plus de 150 000 enfants des
Premières Nations, Métis et Inuit qui furent
enlevés de leurs familles, de leur foyer et de leur
communauté entre 1870 et 1996 lorsque le dernier pensionnat fut
fermé. Ces enfants furent envoyés à des
pensionnats subventionnés par le gouvernement
fédéral et gérés par les églises —
catholique, presbytérienne,
méthodiste, anglicane et autres — visant, selon la politique
raciste de l'État canadien, à « tuer l'Indien
chez l'enfant », assimiler les peuples autochtones et
éteindre leurs droits ancestraux et de traité.
La majorité des
enfants ont souffert des
traumatismes, des abus sexuels et physiques, la faim et d'autres
châtiments cruels. Certains ont servi de cobayes dans des
expériences nutritionnelles et biologiques. Plusieurs se sont
enfuis et ne sont jamais retournés chez eux. Des milliers sont
décédés dans les pensionnats, malades ou
s'étant suicidés, et
ont été enterrés dans des sites non
identifiés près des écoles. La CVR a mis sur pied
le Projet des enfants disparus afin d'enquêter sur tous les
décès et sites d'enterrement des enfants.
Au cours de ses six années de travail, la CVR a
rencontré plus de 7 000 survivants des pensionnats, dont des
personnes aujourd'hui incarcérées voulant partager leur
expérience.
La Commission a eu à surmonter plus d'un obstacle
au cours de ces années, son mandat ayant été
autorisé par la Convention de règlement relative aux
pensionnats indiens de 2007. Le règlement a été le
fruit de plus de deux décennies de négociations entre les
avocats représentant les victimes, d'une part, et les
représentant des églises gérant les
systèmes de pensionnats, avec la participation d'organisations
telles l'Assemblée des Premières Nations et le
gouvernement canadien.
Les principaux obstacles ont été
dressés par le gouvernement Harper qui a refusé de
divulguer des documents importants tels les rapports de la GRC et a
tenté de transformer la Commission en un appendice du
département des Affaires autochtones. La pression a
été telle que le président de la Commission, le
juge Murray Sinclair, a transféré le
siège de la CVR d'Ottawa à Winnipeg suite à la
démission de l'ancien président, le juge Harry Laforme,
en 2008.
Les commissaires
écoutent des témoins aux
audiences de la CVR, le 30 mars 2011. Le président de la
Commission, le juge Murray Sinclair, siège au centre.
Le juge Sinclair a fait valoir à maintes reprises
que le legs des pensionnats est d'intérêt non seulement
pour les peuples autochtones, mais pour tous les Canadiens. Il a dit
espérer que le travail de la Commission puisse faciliter le
processus de réconciliation, permettant aux peuples autochtones
et au peuple canadien de mettre fin au legs du
système des écoles résidentielles et de
bâtir un avenir ensemble fondé sur le respect
réciproque.
La commission a mis sur pied le Centre national de
recherche pour la vérité et la réconciliation
à l'Université du Manitoba afin de conserver les travaux
de la commission et faciliter toutes futures recherches.
Les événements de clôture
comprennent l'exposition à l'hôtel de ville d'Ottawa de la
Couverture des témoignages composée de 800
artéfacts recueillis des survivants des anciens pensionnats, des
pensionnats comme tels, des églises et des départements
gouvernementaux. On pourra visiter l'exposition jusqu'au 9 juillet.
Plus de 600 survivants des pensionnats sont attendus
pour les événements de clôture de trois jours de la
CVR qui auront lieu à Ottawa. Parmi les activités, il y
aura une Marche pour la réconciliation, une présentation
multimédia, des discours d'aînés et de commissaires
ainsi que des activités culturelles. Tous sont les bienvenus.
Pour de plus
amples informations, visitez www.trc.ca.
La Couverture des
témoignages en exposition
à l'hôtel de ville d'Ottawa jusqu'au 9 juillet 2015
Les tentatives du gouvernement Harper d'imposer son
diktat à la CVR et sa campagne sans relâche pour miner les
droits ancestraux et de traité des autochtones en adoptant des
projets de loi racistes et coloniaux tels le projet de loi C-27,
Loi sur la transparence financière des Premières
Nations, le projet de loi omnibus
C-45 (Loi de 2012 sur l'emploi et la croissance
qui prévoit la reddition des terres des réserves), le
projet de loi S-6, Loi sur les élections au sein des
Premières Nations, et d'autres, illustrent que la
célébration prévue en 2017 du 150e anniversaire de
la Confédération ne sera rien de plus qu'une
glorification du legs colonial du Canada.
Marche pour la
réconciliation, Edmonton, 30 mars
2014
Ainsi est mise en lumière la
nécessité de nouveaux arrangements constitutionnels au
Canada qui reconnaissent les droits ancestraux et issus de
traité des Premières Nations et d'autres peuples
autochtones, la nation du Canada et la nation du Québec.
Cette constitution moderne doit être
engendrée par les peuples autochtones, le peuple canadien et le
peuple québécois eux-mêmes et c'est ce qui est
à l'ordre du jour à l'approche du 150e anniversaire de la
Confédération en 2017.
Sept marcheurs de la
réconciliation, dont des
survivants des pensionnats, marchant de Cochrane en Ontario
jusqu'à Ottawa, pour le rassemblement final de la CVR. Photo
prise devant Queen's Park à Toronto, le 13 mai 2015, où
les marcheurs ont pu rencontrer un certain nombre de
députés.

Célébration au Canada de la
vie et de l'oeuvre d'Ho Chi Minh
Une réception et un lancement de livre marquent
le 125e anniversaire du président Ho Chi Minh
Le 28 mai, une réception avait lieu à
Ottawa pour célébrer le 125e anniversaire de naissance du
grand dirigeant du peuple vietnamien, le président Ho Chi Minh.
L'hôte de la
réception était Son
Excellence To Anh Dung, l'ambassadeur au Canada de la République
socialiste du Vietnam. Un nouveau livre, Ho Chi Minh :
Unexplored Humanism and the Development of Vietnam, de Julie Dai
Trang Nguyen, a été lancé pour l'occasion.
Les participants à la réception
étaient très heureux de recevoir ce nouvel ouvrage qui
fait suite au premier livre de l'auteure Ho Chi Minh : The
Heart and Mind of a Patriot.
Dans sa brève présentation, Son
Excellence To Anh Dung a félicité l'auteure pour son
livre qui met en lumière avec perspicacité le leadership
du président Ho chi Minh à chaque étape des
avances faites par le peuple vietnamien, illustré de
manière vivante à travers ses écrits et ses
discours. L'ambassadeur a donné plusieurs exemples
tirés de la vie et de l'oeuvre du président Ho Chi Minh
qui ont été consacrées à la lutte pour
l'indépendance nationale, l'unification et le projet
d'édification nationale du peuple vietnamien.
L'ambassadeur a aussi mentionné
l'appréciation faite par l'UNESCO d'Ho Chi Minh en 1987 comme
« héros de la libération nationale et
éminent homme de culture ».
Julie Dai Trang Nguyen a remercié l'ambassadeur
d'avoir été l'hôte de la réception et du
lancement du livre. Livrant brièvement ses pensées sur ce
deuxième livre sur la vie et l'oeuvre du président Ho Chi
Minh, elle a fait remarquer qu'il repose sur l'ample utilisation des
écrits originaux d'Ho Chi Minh de 1911 à 1969. Elle a dit
que c'était
important que les gens se familiarisent avec la pensée
avancée et la sagesse qu'il a manifestée dans tous les
domaines du développement social qu'il a étudiés.
Dans la préface du
livre, l'auteure décrit
ainsi l'objectif qu'elle s'est fixé en l'écrivant :
« Je désire donner mon
interprétation du legs d'Ho Chi Minh à la cause de la
libération nationale et aux défis actuels du
développement national. Ce faisant, j'encourage les jeunes du
Vietnam et du monde qui se penchent sur ces choses à
réfléchir à comment bâtir un avenir durable
pour eux-mêmes et les générations à venir.
J'espère
créer des échanges académiques plus actifs entre
le Vietnam et le reste du monde sur des sujets liés à Ho
Chi Minh que je crois pertinents et importants pour la
coopération internationale dans le monde d'aujourd'hui.
Après tout, c'était son souhait de contribuer à un
monde meilleur et d'encourager les autres à faire de
même. »

Actualités
internationales
Expansion des pouvoirs policiers en Europe
Les gouvernements français et britanniques
adoptent de nouveaux projets de loi antiterroristes

Paris, 4 mai 2015,
manifestations contre les nouvelles
lois antiterroristes
|
Les gouvernements français et britanniques
adoptent de nouvelles lois antiterroristes de grande portée.
Pour la France, il s'agit d'un troisième projet de loi en ce
sens depuis 2014. La nouvelle loi britannique annoncée suite
à la victoire électorale du Parti conservateur le 7 mai
doit davantage criminaliser toute pensée que le gouvernement
juge
radicale.
Le gouvernement français de François
Hollande a adopté une nouvelle loi antiterroriste le 5 mai qui
accroît davantage les pouvoirs des services de renseignement du
pays. Les agents de renseignement seront maintenant habilités
à poser des caméras et des appareils d'écoute
électronique dans les maisons et les automobiles, à faire
l'écoute de
conversations téléphoniques sans surveillance judiciaire
et à installer des appareils pouvant détecter chaque
frappe sur le clavier d'un ordinateur en temps réel, selon les
agences de nouvelles.
La Loi serait en réaction aux attentats de Charlie
Hebdo qui ont tué 17 personnes à Paris en janvier.
Cependant, le premier ministre, Manuel Valls, a dit que la Loi
était nécessaire pour assurer un encadrement légal
aux agents de renseignement qui sont déjà engagés
dans ces pratiques illégales.
La Loi a été adoptée par le biais
de mesures législatives « d'urgence » afin
d'en expédier l'adoption, que Valls qualifie de
« progrès important pour nos agents de renseignement
et pour notre démocratie ». Le projet de loi fait
suite à l'adoption par décret de mesures plus tôt
cette année autorisant le gouvernement
français à retirer les sites web faisant
prétendument la promotion du terrorisme.
Le projet de loi britannique qui, pour sa part, n'a pas
encore été déposé à la Chambre des
communes, contient des mesures de grande envergure, notamment la
criminalisation d'activités et d'idées que le
gouvernement juge « extrémistes ».
D'après certains articles de presse, le projet de loi autorisera
les agents de police à utiliser
des ordres d« 'interruption et d'interdiction »
pouvant être utilisés contre des individus ou groupes dont
le comportement serait « nuisible ».
Ces ordres d'interruption pourraient servir à
interdire à des individus d'exprimer leurs opinions à la
télévision, ou en tant que participants ou orateurs
à un rassemblement ou à une manifestation, ainsi
qu'à obliger que toute publication écrite soit soumise
à la police pour pré-autorisation.
D'autre part, les ordres d'interdiction permettront au
gouvernement de déclarer criminelle toute organisation qu'il
juge « extrémiste ». Le gouvernement devra
recevoir l'approbation des tribunaux avant de procéder à
ces ordres, processus qui est souvent mené en huis-clos.
Le premier ministre David Cameron a justifié ces
lois en disant : « Depuis trop longtemps sommes-nous
une société passive et tolérante. Nous disons
à nos citoyens qu'ils pourront dormir tranquilles s'ils
obéissent à la loi... Ce gouvernement va en finir une
fois pour toutes avec cette approche infructueuse. Nous sommes le parti
d'une
nation, nous gouvernerons comme une nation. C'est ainsi que nous
unifierons notre pays, et nous le ferons en préconisant
activement certaines valeurs. »

Criminalisation de l'activisme politique
aux États-Unis
Un site web tente de «punir et dissuader»
l'appui à la Palestine

Actions à San
Francisco en
opposition à l'agression israélienne contre Gaza
en
Palestine, juillet 2014
Un nouveau site web vise à intimider et à
dissuader l'activisme en appui à la Palestine en publiant les
identités des personnes qui organisent l'opposition à
l'occupation militaire
israélienne des territoires palestiniens.
« Les campus collégiaux fourmillent de
radicaux antisémites et antiaméricains »,
affirme une vidéo promotionnelle pour le site Mission Canary.
« Il est de notre devoir de veiller à ce que les
radicaux d'aujourd'hui ne deviennent pas les employés de
demain. »
Le but premier du site est
d'« exposer » et de cibler les activistes du
campus en publiant le nom, la photo, l'occupation et les
résumés d'étudiants et de professeurs
d'université. La plupart des noms rendus publics sur le site
sont liés à Étudiants pour la justice en Palestine
et le mouvement grandissant de Boycott,
Désinvestissement et Sanctions. En Californie, les mouvements
ont réussi à faire adopter par les étudiants des
résolutions visant à désinvestir d'Israël,
soit à l'Université de Californie à Irvine et
à l'Université de Californie à San Diego. Les
universités auraient refusé de se plier aux
revendications des étudiants, selon les agences de nouvelles.
Les activistes qui appuient la lutte palestinienne pour
la justice pensent que le site web n'est qu'un autre mécanisme
de répression pour « punir et dissuader
les gens pour les empêcher de défendre leurs
croyances », a dit le fondateur de l'Electronic Intifada,
Ali
Abunimah,
à
The Forward.
Bien que Mission Canary prétend s'en
prendre aux « groupes qui sont antiliberté,
antiaméricains et antisémites »
afin de « protéger les valeurs
démocratiques », les activistes affirment que
le site est profondément raciste et a des relents de
maccarthysme.
« Le site web n'est qu'un ramassis de
stéréotypes racistes au sujet de notre activisme qui
tente de créer un lien entre un mouvement étudiant de
nature diverse et non violente, d'une part, et l'antisémitisme
et la terreur », a dit au Guardian la
cinéaste et journaliste Rebecca Pierce. Pierce a dit qu'elle ne
cesserait pas de
« défendre son activisme » et qu'elle ne
« se laissera pas intimider par des extrémistes
racistes ».

Trente-quatre ans d'emprisonnement du
patriote portoricain:
Oscar López Rivera doit être
libéré immédiatement!
Le prisonnier politique Oscar Lopez et la subjugation
de Porto Rico par les États-Unis
- Matt Peppe, MintPress -
Au moment où l'actuel procureur
général, Eric Holder, se prépare à faire sa
sortie, plusieurs Portoricains multiplient les appels au
président Barack Obama pour qu'il gracie le prisonnier
politique de 71 ans, Oscar Lopez Rivera, qui a passé les
33 dernières années derrière les barreaux pour
conspiration séditieuse. Le temps des Fêtes est
le moment préféré des présidents pour avoir
recours à leur grâce présidentielle, mais ce ne fut
pas le cas en 2014, le président actuel étant celui qui,
dans l'ère moderne, a eu recours le moins souvent à son
pouvoir présidentiel de clémence.
Pour les Portoricains, le rejet de leurs revendications
politiques reflète leur subjugation en tant que sujets coloniaux.
En décembre, lors d'un concert à San Juan,
le chanteur de reggaeton, René Pérez Joglar et son
groupe, Calle 13, ont fait monter sur scène la fille de Lopez,
Clarissa. Elle a lu une lettre plaidant pour la libération de
son père.
Après s'être mérité la
médaille d'argent en judo aux Jeux de l'Amérique centrale
et des Caraïbes en novembre, Augusto Miranda a
déclaré à la presse : « Je veux
prendre cette tribune au nom de tous les peuples de Porto Rico et des
États-Unis. Ce qu'ils ont fait à Oscar Lopez Rivera, un
prisonnier politique, est un déni de justice.
Le temps est venu de lui donner sa liberté. »
Le président de l'université de Porto
Rico (UPR), Uroyoan Ramon Emeterio Walker, s'est joint aux
étudiants de l'université pour exiger la
libération de Lopez. Il a cité des « raisons
humanitaires », disant de la peine de Lopez qu'elle
était « disproportionnée ».
Des activistes des droits humains tels les
lauréats du prix Nobel de la Paix, l'archevêque Desmond
Tutu, Mairead Corrigan Maguire et Adolfo Pérez Esquivel ont
demandé à Obama de libérer Lopez.
Le héros anti-apartheid, l'archevêque
Desmond Tutu, a déclaré que le
« crime » de Lopez était d'avoir
« conspiré à la libération de son
peuple des chaînes de la justice impériale ».
Des milliers d'internautes
ont publié le hashtag
#FreeOscarLopez pour exprimer leur appui à cette cause.
Le fait que la personne désignée par le
président Obama au poste de procureur général,
Loretta Lynch, attend la confirmation du Sénat pourrait avoir
des répercussions négatives sur la pétition en
faveur d'une grâce pour Lopez, selon El Nuevo Dia. Le
procureur général adjoint actuel , Eric Holder,
était en poste lorsqu'en 1999 le
président Clinton avait gracié 16 prisonniers politiques
portoricains. Lopez était parmi les prisonniers politiques
à qui Clinton avait fait une offre conditionnelle en vertu de
laquelle il aurait purgé encore 10 ans de prison. Lopez a
rejeté l'offre parce qu'elle n'incluait pas l'ensemble de ses
compatriotes nationalistes prisonniers.
C'est en 1981 que Lopez a été
condamné à 55 ans de prison. La principale accusation
portée contre lui était d'avoir participé à
une conspiration
séditieuse, la même accusation qui a servi à
inculper Nelson Mandela, qui a purgé une peine de 27 ans de
prison.
Lopez a été reconnu coupable d'autres
accusations liées à la possession d'armes, bien qu'il ait
toujours soutenu que « le nombre d'armes en question
n'avait rien d'anormal pour un collectionneur d'armes », et
à des vols d'auto.[1]
Le gouvernement accusait Lopez d'être le dirigeant
de la Fuerzas Armadas de Liberacion Nacional puertorriquena (FALN), une
organisation nationaliste militante qui préconisait
l'indépendance de l'île par la lutte armée. Le
groupe avait revendiqué une série d'attentats contre des
cibles gouvernementales et économiques à New York et
à
Chicago au cours des années 70 et 80.
Le Chicago Tribune avait dit des attentats de
la FALN qu'« heureusement les bombes avaient
été placées là et à un moment
où elles allaient frapper la propriété et non les
individus » et que le but des nationalistes
était plutôt d'« attirer l'attention sur leur
cause et non de tuer quiconque ».
Le juge avait déclaré qu'il aurait
condamné Lopez à la « chaise
électrique » s'il avait pu, et le procureur principal
avait dit qu'il « préférerait voir ces
Portoricains crever en prison ».[2]
Ce sont les affiliations politiques de Lopez qui ont
définitivement été le facteur menant à
cette sentence manifestement exagérée.
Pour sa part, Lopez n'a jamais été
accusé d'avoir blessé ou tué quelqu'un. Le
gouvernement n'a jamais accusé Lopez en lien avec un seul
attentat. Selon le système judiciaire étasunien, on ne
peut condamner quelqu'un pour un incident pour lequel l'individu n'a
pas été jugé devant les tribunaux. Les
tentatives de justifier la peine de Lopez
en lui faisant porter la responsabilité d'actes commis par la
FALN et que celle-ci a revendiqués ne sont rien de moins que de
la culpabilité par association.
Plus tard, Lopez devait voir sa peine passer à 15
ans suite à une accusation de conspiration dans le but de
s'échapper, un complot organisé par des informateurs du
FBI placés avec lui dans son unité cellulaire.
Pour se défendre, Lopez a invoqué la loi
internationale en vertu de laquelle il avait le statut de prisonnier de
guerre en tant que combattant anticolonial. Comme le colonialisme
constitue un crime contre l'humanité en vertu de ces lois
internationales et que diverses organisations internationales avaient
déterminé que Porto Rico était en effet une
colonie des États-Unis, Lopez s'est défendu en disant
qu'il devait être jugé par une instance internationale.[3]
Dans une résolution de 1987 condamnant le
terrorisme international, l'Assemblée générale des
Nations unies avait consciemment exclu toute action visant
à affirmer « le droit inaliénable à
l'autodétermination et à l'indépendance de tous
les peuples subjugués par des régimes coloniaux et
racistes ».
La résolution mentionnait nommément
« le droit de ces peuples de lutter à cette
fin ».
La résolution avait été
adoptée par 153 contre 2, Israël et les États-Unis
étant les seuls à voter contre.
Une histoire de répression
Bien qu'aujourd'hui seulement près de 5 %
des Portoricains sur l'île sont favorables à
l'indépendance, cela n'a pas toujours été le cas.
Après que les États-Unis eurent vaincu l'Espagne dans la
guerre hispano-étasunienne en 1898, ils ont
pris possession de Porto Rico ainsi que d'autres
colonies espagnoles. Ils ont pris le contrôle
du gouvernement portoricain et ont remis des plantations de sucre et de
café, hautement profitables, à des sociétés
privées étasuniennes. Le gouvernement des
États-Unis a réprimé la résistance à
l'occupation coloniale et a refusé toute revendication
prônant que les États-Unis cessent de
contrôler l'île.
En 1948, le Sénat portoricain a adopté la
loi 53. La « loi du bâillon » criminalisait
la politique nationaliste. Elle interdisait l'organisation, les
rassemblements, les écrits et les paroles visant à
promouvoir l'indépendance. Elle interdisait même
l'affichage du drapeau portoricain.
Luis Munoz Marin, dirigeant du Sénat à
cette époque, est devenu le gouverneur de Porto Rico
l'année suivante. Son Partido Popular Democratico (PPD) a
adopté une nouvelle constitution en 1952 qui accordait à
Porto Rico le statut de Commonwealth. Cela n'a rien changé
cependant au statut colonial du territoire.
Les mouvements d'indépendance ont choisi d'avoir
recours à la lutte armée suite à des
décennies de répression politique. Pour eux, le
Commonwealth n'était qu'un euphémisme pour cacher un
arrangement illégitime qui ne faisait que perpétuer le
statu quo.
Pedro Albizu Campos, dirigeant du Parti nationaliste de
Porto Rico, ainsi que d'autres nationalistes, ont été
incarcérés en 1936. Campos a passé 10 ans
derrière les barreaux. Après sa libération, il a
continué de se battre pour la libération de Porto Rico
du colonialisme.
En 1954, Lolita Lebron ainsi que d'autres nationalistes
ont mené une attaque contre la Chambre des représentants.
De la tribune du public de la Chambre elle a ouvert le feu, blessant
cinq représentants de la Chambre. Lebron a été
condamnée à 25 ans de prison.
Plus tard, ayant purgé sa peine, elle a
dit : « Les temps ont changé et aujourd'hui, je
n'aurais pas recours aux armes, mais je reconnais que le peuple a le
droit d'utiliser tous les moyens à sa disposition pour se
libérer. »
Les groupes nationalistes portoricains ont
été les premiers visés par J. Edgar Hoover et sa
campagne d'espionnage illégal menée par le Cointelpro —
agence de contre-espionnage notoire — du FBI. Cointelpro s'est
fait
connaître du public pendant les audiences du comité Church
à la fin des années 70, lorsqu'il a été
révélé que le programme
servait à mener des activités illégales
d'espionnage contre les dirigeants des droits civils, le mouvement
contre la guerre, les mouvements autochtones et d'autres groupes qui
contestaient le statu quo politique.
S'il est vrai que la majorité des Portoricains
n'appuient pas l'indépendance, la plupart appuient la
décolonisation, que ce soit par le biais d'une
intégration aux États-Unis en tant qu'État, ou
encore d'une association souveraine avec les États-Unis comme
pour les îles Marshall.
Lors d'un référendum historique en
novembre 2012, les électeurs portoricains ont voté de
façon décisive en faveur d'un rejet du présent
statut colonial par une majorité de 54 %. Seuls les
électeurs de l'île ont pu participer à ce
référendum. Si les Portoricains et les descendants de la
diaspora, où le désir d'indépendance est plus
populaire,
avaient pu voter, le résultat aurait sans doute
été beaucoup plus élevé.
Aujourd'hui, l'appui à la libération de
Lopez est partagé à la fois par le PPD, favorable au
statu quo, et le PNP, favorable à un État portoricain. Le
gouverneur de Porto Rico, Alejandro Garcia Padilla, et le seul
représentant (sans droit de vote) du Congrès, Pedro
Pierluisi, le premier du PPD et l'autre du PNP, ont remis
une pétition au
président Obama en faveur de la libération de Lopez.
Des pays d'Amérique latine ont aussi
exprimé leur solidarité avec Porto Rico sur la
question de la décolonisation et de la libération de
Lopez. Lors de sa visite à la Maison-Blanche, le
président de l'Uruguay, José
« Pepe » Mujica, a demandé à Obama
de gracier Lopez. Le président vénézuélien,
Nicolas Maduro, a demandé que
Porto Rico puisse devenir membre de la Communauté des
États de l'Amérique latine et caraïbes (CELAC) et
que Lopez retrouve sa liberté.
« L'île de Porto Rico n'est pas seule
dans sa lutte pour la dignité et
l'indépendance », a dit Maduro.
Les deux causes ont reçu l'appui du Comité
spécial de l'ONU sur la décolonisation qui, cet
été, a approuvé une résolution appelant les
États-Unis à « mettre fin à la
subjugation » de Porto Rico et à libérer
Lopez.
Pas de recours à la participation politique
Bien que les Portoricains soient des citoyens des
États-Unis, les citoyens habitant l'île ne peuvent pas
voter dans les élections fédérales. Ils n'ont pas
le même accès aux programmes sociaux comme la
Sécurité sociale et Medicare. Les entreprises
étasuniennes peuvent entrer à Porto Rico
comme dans tout État en vertu de la Clause commerciale
inter-États, ce qui mine la capacité de l'île de
subvenir à ses besoins.
Porto Rico ne peut décider de sa politique
étrangère, participer à des ententes commerciales,
imposer des tarifs, ou décider d'un programme universel
d'assurance-maladie.
Pour ce qui est des causes insulaires, la Cour
suprême a jugé que Porto Rico et d'autres territoires
appartiennent aux États-Unis sans pour autant en faire partie.
Comparant cette situation à celle du
système « séparé mais
égal » établi par la décision de la
Cour, Plessy contre Ferguson, le juge Juan R. Torruella dit que les
Causes insulaires avaient créé un système
« séparé et inégal » pour
Porto Rico. La différence, selon Torruella, est que
contrairement à Plessy, décision qui
a été par ailleurs renversée, les Causes
insulaires ont créé un « régime
d'apartheid de facto, lequel est toujours en vigueur ».
Faute de représentation au Congrès et de
droit de vote aux élections présidentielles, les
Portoricains se voient subjugués par le gouvernement des
États-Unis. Même sur une question aussi populaire au sein
des Portoricains que la libération d'Oscar Lopez, ceux-ci n'ont
aucun recours permettant de participer au processus politique au niveau
fédéral.
Il n'y a aucune indication qu'Obama a l'intention de
répondre aux demandes de grâce pour Lopez et il ne semble
pas avoir l'intention de l'accorder lui-même.
Lorsqu'il a livré son discours aux
funérailles de Nelson Mandela, Obama a dit que
« partout dans le monde aujourd'hui, des hommes et des
femmes sont toujours en prison pour leurs croyances
politiques ».
L'opinion prédominante au sein des Portoricains
est que cette description s'applique précisément à
Lopez.
Le mépris exprimé par Obama envers la
reconnaissance de la volonté des Portoricains de libérer
Oscar Lopez illustre bien les énormes défis que doivent
relever les Portoricains afin de se débarrasser de leur statut
de citoyens de deuxième classe et obtenir des droits
égaux. Si le président refuse de poser un geste aussi
simple que de grâcier Oscar
Lopez, comment peut-on s'attendre alors à ce que le gouvernement
étasunien agisse en vertu du référendum de 2012 et
accorde au peuple portoricain son autodétermination ?
Comme on pouvait s'y attendre, la question a
été remise aux calendes grecques par Washington. Le seul
signe de vie de la part du fédéral est un budget de 2,5
millions $ alloué à un nouveau
référendum qui serait non contraignant. Seul le
Congrès peut changer le statut de Porto Rico. Et puisque les
républicains contrôlent les deux
chambres, il est plus probable qu'ils dédient un congé
national à Karl Marx qu'ils vont accéder aux demandes des
Portoricains.
Les Portoricains appuient massivement la
décolonisation. Ils appuient aussi de façon quasi unanime
la libération d'Oscar Lopez. Mais, dur reflet de la
réalité qui existe depuis 116 ans, ils sont à la
merci du continent et leur sort est entre les mains des citoyens de
première classe qui s'y trouvent.
Notes
1. Rivera, O.L. (2013). Oscar Lopez Rivera : Entre
la torture et la résistance. PM Press.
http://secure.pmpress.org
2. Idem
3. Idem

Récents développements dans
les relations entre Cuba et les États-Unis
Cuba est retirée de la liste des États
terroristes des États-Unis
Le 22 mai, la délégation cubaine à
la troisième ronde de pourparlers sur le rétablissement
des relations diplomatiques avec les États-Unis a émis un
communiqué à Washington suite à la rencontre de
deux jours. La délégation cubaine, dirigée par
Josefina Vidal, reconnaît la décision du président
Obama de retirer Cuba de la liste des États qui
soutiennent le terrorisme et examine d'autres questions d'importance.
Le Marxiste-Léniniste reproduit
ci-dessous le communiqué émis par la
délégation cubaine le 22 mai :
« La délégation cubaine
était dirigée par la directrice générale du
département chargé des États-Unis du
ministère des relations extérieures de Cuba, Josefina
Vidal Ferreiro, et la délégation des États-Unis
était dirigée par la sous-secrétaire au
département d'État pour les affaires
interaméricaines, Roberta Jacobson.
« Les représentants de Cuba ont
reconnu la juste décision qu'a prise le président Obama
de retirer Cuba de la liste des États qui soutiennent le
terrorisme, sur laquelle Cuba n'aurait jamais du être mise.
« Les pourparlers se sont
déroulés après que le gouvernement des
États-Unis , conformément à son obligation de
droit international en vertu de la Convention de Vienne sur les
Relations diplomatiques, ait accordé à une banque le
permis de reprendre la livraison de services bancaires à la
section des intérêts cubains à Washington. Un tel
permis est exigé en vertu du blocus financier qui demeure en
vigueur.
« Les deux délégations ont
accepté de poursuivre le dialogue sur des questions
reliées au fonctionnement des missions diplomatiques.
« Pendant cette ronde de pourparlers, la
délégation cubaine a réaffirmé sa
volonté de traiter des questions substantielles de l'ordre du
jour bilatéral, dont fait partie la fin du blocus qui assurerait
le progrès vers la normalisation des relations entre Cuba et les
États-Unis sur la base du respect, de l'égalité
souveraine et de la réciprocité une
fois les relations diplomatiques rétablies.
« La rencontre s'est déroulée
dans un climat respectueux et professionnel. »

Sept clés pour comprendre la situation
- Granma International -
Section des
intérêts cubains à Washington
Cinq mois se sont écoulés depuis
l'annonce, le 17 décembre, par les présidents Barack
Obama et Raul Castro, de l'ouverture d'un nouveau chapitre dans les
relations entre les États-Unis et Cuba.
Après le tête-à-tête
historique entre les deux chefs d'État à l'occasion du 7e
Sommet des Amériques à Panama, les deux pays ont
entamé leur troisième série de pourparlers sur le
processus de rétablissement des relations diplomatiques et la
réouverture d'ambassades.
Le seul fait de hisser les drapeaux sur les mâts
des représentations diplomatiques de Washington et de La Havane
marquait un jalon important dans l'histoire des deux pays,
après une rupture de plus de 50 ans. Toutefois, cette
décision n'est que le début d'une étape beaucoup
plus longue et complexe.
Depuis le début, ce processus a suscité
des malentendus et des distorsions malintentionnées. Aussi Granma
a-t-il jugé nécessaire de partager avec ses lecteurs sept
clés pour mieux comprendre l'importance des négociations
en cours entre La Havane et Washington et l'étape qui s'annonce.
1. Les présidents ont pris une décision.
Il s'agit maintenant de la mettre en pratique.
Le 17 décembre, entre autres informations
importantes pour les deux peuples, Raul Castro et Barack Obama ont
livré en simultané des discours aux citoyens de leur
pays pour annoncer l'ouverture de négociations en vue d'un
rétablissement des
relations diplomatiques, interrompues il y a plus d'un
demi-siècle.
À présent, la volonté des deux
présidents doit passer par les canaux officiels pour obtenir la
matérialisation de cette décision.
Les délégations qui se sont réunies
à La Havane et Washington dans le cadre de plusieurs
séries de discussions et de rencontres techniques, sont
chargées de conduire ce processus.
L'importance de ces rencontres réside dans le
fait qu'elles établiront les bases des futures relations
diplomatiques et du fonctionnement des ambassades, ceci dans le but de
ne pas répéter les erreurs du passé.
2. Aucune des parties n'a posé de conditions au
rétablissement des relations.
L'un des principaux angles d'attaque des médias
contre les conversations a été de parler de
« conditions » imposées par les parties.
Aussi bien les diplomates cubains que leurs pairs
nord-américains ont clairement indiqué que
l'atmosphère de travail a été marquée par
le respect et le professionnalisme, sur une base de
réciprocité et de non-ingérence.
Par contre, Cuba a tenu à signaler dès le
début certaines questions qui devaient être
préalablement réglées entre les parties : le
retrait de Cuba de la liste des pays soutenant le terrorisme et la
situation de sa représentation diplomatique à Washington,
privée de services bancaires depuis plus d'un an.
Pour leur part, les fonctionnaires étasuniens ont
soulevé la question de la liberté de mouvement de leurs
diplomates dans la future ambassade à La Havane (celle des
diplomates cubains est également restreinte à
Washington), et celle de l'accès des Cubains à leurs
installations.
À cet égard, Cuba a insisté sur la
nécessité de garantir le respect de la Convention de
Vienne, en vertu de laquelle les représentants diplomatiques et
consulaires sont tenus de respecter les lois du pays d'accueil et de
s'abstenir de toute immixtion ou ingérence dans ses affaires
intérieures.
« Une représentation diplomatique doit
pouvoir avoir des contacts avec les citoyens du pays hôte, tout
en respectant les lois et les règlements de ce
pays », a rappelé récemment un diplomate
cubain.
3. Rétablissement et normalisation sont deux
choses différentes.
Faire un amalgame entre rétablissement et
normalisation des relations bilatérales, celle-ci étant
un processus beaucoup plus long et difficile, est une erreur qui
revient souvent.
L'ouverture d'ambassades dans les deux capitales serait
suivie d'une étape de recherche complexe d'une normalisation
entre deux pays partageant une histoire bilatérale
convulsée.
Les autorités
cubaines ont soulevé
plusieurs points considérés comme indispensables pour
pouvoir parler de normalisation : la levée du blocus, la
restitution du territoire de la base navale de Guantanamo, la cessation
des transmissions radiophoniques et télévisuelles
illégales, la fin de la politique visant un changement de
régime et une
indemnité de dédommagement envers le peuple cubain pour
plus de 50 ans d'agressions, entre autres questions.
Jamais la solution de ces problèmes n'a
été posée comme condition à l'ouverture des
ambassades, comme certains médias peu scrupuleux ont voulu le
faire croire. Et les autorités nord-américaines ont
elles-mêmes reconnu la position cubaine.
« Des relations complètement normales
ne sauraient comporter un embargo économique, des sanctions
économiques », a déclaré
récemment une fonctionnaire du département d'État
nord-américain, qui a souhaité garder l'anonymat.
Cette étape inclura certainement la discussion
d'autres questions d'intérêt pour les deux pays. Mais Cuba
a clairement indiqué qu'on ne pouvait rien lui demander
« en échange ». Ce n'est pas notre pays
qui applique ces mesures aux États-Unis, qui a une base
militaire sur leur territoire et cherche un quelconque changement de
régime.
Notre pays a également souligné par
ailleurs qu'on ne saurait lui demander de renoncer à ses
idéaux d'indépendance et de justice sociale, ni de renier
un seul de ses principes, ni de céder d'un millimètre
dans la défense de sa souveraineté nationale.
4. Le changement de politique de Washington est une
victoire du peuple cubain et de l'intégration
latino-américaine.
Nous ne croyons pas faire preuve de chauvinisme en
affirmant, comme l'a reconnu d'ailleurs la majorité de la
communauté internationale, que ce tournant est la
consécration de plus d'un demi-siècle de lutte du
peuple cubain et de fidélité à ses principes.
Par ailleurs, envisager des changements de politique de
cette importance est impossible sans comprendre la nouvelle
époque que vit notre région, ainsi que la position
énergique des gouvernements et des peuples de la
Communauté des États d'Amérique latine et
caraïbes (CELAC).
Le 2e Sommet de la CELAC à La Havane a
adopté un document sans précédent dans l'histoire
de notre continent : la proclamation de la région comme
Zone de paix, qui reconnaît « le droit
inaliénable de tout État à choisir son
système politique, économique, social et culturel, comme
condition essentielle pour garantir la
coexistence pacifique entre les nations ».
5. Les États-Unis changent leurs
méthodes, mais pas leurs objectifs.
En quoi consiste et quelle est la portée de la
politique des États-Unis ? Telle a été l'une
des grandes interrogations au sujet de ce processus. La question n'a
pas de réponse facile, et il est encore trop tôt pour
procéder à une évaluation complète.
Dans son annonce, le président Barack Obama a
signalé qu'après 50 ans de politique inefficace
vis-à-vis de Cuba, il était temps de tenter quelque chose
de nouveau.
« Nous sommes sur le chemin de l'avenir, nous
laisserons derrière nous ce qui a rendu le passé
compliqué », a déclaré le
président Obama.
Cependant, à plusieurs reprises les
autorités étasuniennes ont rappelé que même
si les méthodes ont changé, les objectifs demeuraient les
mêmes que depuis le 1er janvier 1959 : le renversement de la
Révolution cubaine.
« À Cuba, nous ne sommes plus pour la
stratégie du changement de régime », a
précisé Obama lors du 7e Sommet des Amériques,
dans un discours qui a laissé beaucoup d'espoirs à
certains.
Par contre, des millions de dollars sont toujours
destinés publiquement à financer la subversion à
Cuba, auxquels s'ajoutent d'autres fonds non déclarés.
Pour leur part, les autorités cubaines ne se sont jamais fait
d'illusions : « Personne ne pourrait s'imaginer que
malgré cette nouvelle politique annoncée, les
États-Unis acceptent
l'existence d'une révolution socialiste à 90 milles
marins de la Floride ? », s'est interrogé Raul
dans son discours au 3e Sommet de la CELAC.
6. Obama peut faire beaucoup plus.
Le président Obama a accompagné son
annonce du 17 décembre d'une série de mesures qui
modifient une partie infime de l'application du blocus, mais cette
mesure de coercition est toujours en vigueur.
Cuba a reconnu et salué l'engagement courageux du
président des États-Unis de lancer un débat au
Congrès pour lever le blocus, une chose que jamais aucun
président des États-Unis n'avait fait.
Cependant, la thèse médiatique selon
laquelle « le président a fait tout ce qu'il
pouvait » est fausse.
Obama pourrait utiliser ses larges pouvoirs
exécutifs pour modifier substantiellement l'application du
blocus. Il pourrait le faire sans attendre la décision du
Congrès.
Il pourrait, par exemple, étendre à
d'autres secteurs de l'économie tout ce qu'il a autorisé
dans le domaine des télécommunications, avec pour
objectif évident d'avoir une influence sur le plan politique
dans l'Île.
7. Dans le respect de la souveraineté, il n'y a
pas de sujets tabous.
Une des leçons à tirer de ces cinq
derniers mois — et peut-être aussi d'une année et demie de
conversations secrètes qui les ont précédés
— c'est que Cuba et les États-Unis peuvent aborder n'importe
quel sujet dans un cadre de respect.
Cuba a fait preuve de sa volonté de discuter, y
compris des sujets auxquels on a souvent eu recours pour manipuler la
réalité et attaquer notre pays, comme la
démocratie, la liberté d'expression et les droits de
l'homme, des questions au sujet desquelles notre pays a beaucoup de
choses à montrer et à dire.
Peut-être que la clé la plus importante de
toutes, et celle qui résume cet article, est que le plus grand
défi entre Cuba et les États-Unis est de construire une
coexistence civilisée basée sur le respect de leurs
profondes divergences.

Huit mois maintenant que les
étudiants-enseignants
sont disparus au Mexique
Des milliers de personnes marchent à Mexico pour
demander justice pour Ayotzinapa
Au moins 15 000 personnes ont participé à
des rassemblements à Mexico le 26 mai pour marquer les huit mois
qui se sont passés depuis que les 43
étudiants-enseignants d'Ayotzinapa dans l'État de
Guerrero sont disparus. En dépit des tentatives de la police
d'empêcher les marches de converger vers la principale place de
la capitale, le Zocalo,
supporteurs et familles s'y sont rassemblés devant le palais
présidentiel. Les rassemblements ont commencé à
environ 10 heures et pris fin à environ 20 heures.
Ils ont débuté dans quatre
différents lieux de la ville, incluant l'iconique Ángel
de la Independencia (Ange de l'Indépendance), avant de converger
au Zocalo.
Des étudiants d'Ayotzinapa ont aussi
rappelé aux foules que les événements tragiques du
26 septembre n'étaient pas les premiers crimes de ce genre dont
ils ont été l'objet. Ils ont donné quelques
exemples, incluant celui de deux étudiants qui ont
été tués en 2011 et deux autres en janvier 2015.
Les étudiants de l'École normale rurale
d'Ayotzinapa étudient pour devenir enseignants dans les
régions rurales et marginalisées du pays. Le Mexique a un
taux d'analphabétisme de 7 %, concentré dans les
communautés indigènes et paysannes.
Ruben Albarran, chanteur du groupe mexicain connu
internationalement Cafe Tacvba, a lu une déclaration appelant
l'État et les autorités fédérales à
garantir la sécurité des étudiants et des familles
des 43 étudiants-enseignants d'Ayotzinapa.
Il a appelé les officiels nationaux et
internationaux à examiner l'affaire d'Ayotzinapa afin que ces
crimes commis il y a huit mois ne demeurent pas impunis. Il a
ajouté que le Mexique est un des pays où sont commis le
plus de crimes qui demeurent impunis.
Albarran a aussi rappelé que l'ancien
gouverneur Angel Aguirre dans l'État de Guerrero est
responsable de l'affaire d'Ayotzinapa et du meurtre de deux
étudiants-enseignants de plus en janvier pour lequel personne
n'a
été jugé ni même inculpé.
L'acteur né en Espagne Daniel Gimenez Cacho a dit
à la foule : « Ces événements sont
le plus récent épisode de la violation
systématique des droits humains dans l'État de
Guerrero. » Tout le pays souffre en raison de l'affaire
d'Ayotzinapa, a-t-il dit, ajoutant : « Les
étudiants disparus doivent être retrouvés
vivants. »
Un des parents des étudiants disparus
d'Ayotzinapa a dit aux gens rassemblés : « En
tant que parents, nous vivons une profonde douleur mais nous sommes
confiants que les membres de nos familles sont toujours en
vie. »
Estanislao Mendoza, père de l'étudiant
disparu Miguel Angel Mendoza, a dit : « Nous ne voulons
pas de la narcopolitique dans notre pays, nous rejetons la
narcopolitique au Guerrero. Si le président [Enrique
Peña Nieto] n'est pas capable de résoudre cette question,
il devrait démissionner. »
Malgré l'attention et la condamnation
internationale, le gouvernement mexicain de Peña Nieto continue
de nier toute responsabilité pour la corruption, les tueries de
masse et l'impunité. Cela malgré le fait que le
gouvernement a admis qu'il y a plus de 23 000 personnes dans le pays
qui ont « disparu ». Il a aussi fait tout ce qui
est
possible pour nier les rapports internationaux à l'effet que la
torture est une pratique répandue dans le pays.

Le gouvernement colombien sabote les
pourparlers de paix
Un dirigeant des FARC est tué lors d'un nouvel
attentat militaire
Un commandant des Forces armées
révolutionnaires de Colombie (FARC) a été
tué lors d'une attaque militaire le 25 mai, quelques heures
après que le négociateur du groupe de guérilla ait
annoncé que les frappes aériennes du gouvernement
représentaient un « revers » pour les
pourparlers de paix.
Reuters rapporte que le commandant Roman Ruiz a
été tué avec quatre autres militants après
que les forces gouvernementales aient bombardé leur position
dans la région de Choco ; ces morts s'ajoutent aux 26
tués plus tôt ce mois-ci.

«La Colombie
veut la paix»
|
En réponse, les FARC ont suspendu un
cessez-le-feu unilatéral qu'ils ont maintenu durant cinq mois
pour accélérer le processus de paix et réduire
l'intensité des confrontations.
« Le peuple colombien demande la paix. [Le
président colombien Juan Manuel] Santos a été
réélu pour un deuxième mandat pour qu'il
réalise la paix. Notre délégation de paix a
été envoyée par tous les guérilleros du
pays avec le même objectif », a dit le
négociateur des FARC Pablo Catatumbo lors des dialogues pour la
paix à
La Havane, à Cuba le 25 mai. « C'est la voie à
ne pas suivre et il est évident que la paix ne pourra jamais
être obtenue par l'escalade du conflit », a-t-il dit.
Faisant référence à des
déclarations faites par les autorités colombiennes et les
médias, Catatumbo a critiqué le fait que les
guérilleros morts sont qualifiés de
« méchants » qui ont été
« neutralisés », alors que les soldats du
gouvernement tués au combat sont qualifiés de
« héros ».
Le gouvernement colombien a repris les raids de
bombardement contre des camps rebelles après une altercation
avec les FARC, tuant 11 soldats en avril. Les FARC ont aussi
réitéré leur demande d'un cessez-le-feu
bilatéral, qui a été reprise par plusieurs
politiciens colombiens.

Les FARC suspendent leur cessez-le-feu unilatéral
- Secrétariat, Haut commandement
central, FARC-EP -
Ce n'était pas notre plan de suspendre le
cessez-le-feu unilatéral et indéfini proclamé le
20 décembre 2014 en tant que geste humanitaire de
désescalade du conflit, mais l'inconsistance du gouvernement
Santos nous a forcé à le faire, après cinq mois
d'attaques sur le terrain et dans les airs contre nos structures
partout dans le pays.
Nous déplorons l'attaque conjointe de la Force
aérienne, de l'armée et de la police menée
à l'aube jeudi [21 mai] contre un camp du 29e Front des FARC
à Guapi (Cauca), durant laquelle, selon les sources officielles,
26 guérilleros ont été tués.
Pour nous, les morts des guérilleros combattants
et soldats sont également douloureuses ; ils sont enfants
de la même nation et de familles pauvres. Nous devons
arrêter ce bain de sang.
Contre notre volonté, nous devons poursuivre les
pourparlers au milieu de la confrontation. Bien que Santos ait
annoncé qu'il poursuivra l'offensive, nous insistons sur le
besoin de convenir, aussitôt que possible, pour le bien du
processus de paix et pour prévenir d'autres victimes, d'un
cessez-le-feu bilatéral, demandé instamment par des
majorités nationales.
Nous apprécions le travail de surveillance et de
vérification du cessez-le-feu qui a reposé sur les seules
épaules du Front large pour la paix et des mouvements sociaux et
politiques de Colombie pendant ces cinq mois.
Jungle de Colombie, 22 mai 2015

Déclaration des pays garants, Cuba et la
Norvège
Les gouvernements de Cuba et de Norvège, pays
garants dans les pourparlers de paix entre le gouvernement de Colombie
et les FARC-EP, expriment leur profonde préoccupation envers
l'escalade actuelle du conflit armé en Colombie. Nous regrettons
les pertes de vie que cela a causées.
Les résultats obtenus lors des pourparlers, avec
d'importants accords sur trois points de l'ordre du jour, doivent
être préservés. Jamais auparavant la Colombie n'a
été aussi proche de trouver une solution pacifique au
conflit armé.
L'escalade du conflit armé met aussi en
péril les actions qui ont été mises en oeuvre pour
réduire les niveaux de violence et renforcer la confiance, comme
l'accord visant à commencer à retirer les mines
terrestres antipersonnel, les munitions non explosées et les
restes d'explosifs de guerre.
Nous appelons les parties à poursuivre leurs
efforts
pour atteindre une solution négociée aux questions en
suspens, incluant atteindre une entente sur un cessez-le-feu
bilatéral définitif et la fin des hostilités.
Cuba et la Norvège réitèrent que
nous sommes à l'entière disposition des parties pour
contribuer aux pourparlers de paix et à l'adoption d'une
entente finale
pour mettre fin au conflit, créer une paix stable et durable en
Colombie.

Nouvelles du Venezuela, du Paraguay et du
Pérou
Un enregistrement révèle une autre
tentative de putsch au Venezuela
Un nouvel enregistrement, publié le 25 mai par la
télévision d'État VTV, révèle que
les dirigeants de l'opposition emprisonnés, Leopoldo Lopez et
Daniel Ceballos, ont comploté contre le gouvernement
vénézuélien.
La révélation vient après que les
deux dirigeants de l'opposition aient commencé une grève
de la faim le 23 mai. Lopez et Ceballos sont détenus à la
prison de Ramo Verde après que le gouvernement
vénézuélien les aient inculpés d'incitation
à la violence lors des manifestations qui ont eu lieu en
février 2014. Les « guarimbas »
violentes de l'opposition ont causé la mort de 43 personnes
parmi les civils.
La guerre économique contre le Venezuela

Réunion
publique
au
Venezuela,
le
20
janvier
2015.
Sur la bannière on peut lire : « La guerre
économique est contre le peuple »
|
L'enregistrement révèle une conversation
entre Lopez et Ceballos qui planifient leur grève de la faim.
Les deux dirigeants discutent de la stratégie derrière
leur geste, ce qui serait le lancement d'une série de
manifestations, y compris le déploiement de tireurs
d'élite, afin de répéter
l'incident fatal d'il y a 14 mois.
« Cette vidéo doit être
enregistrée ce soir », a dit Lopez à Ceballos.
Ceballos répond : « et nous devons appeler les
gens à descendre dans la rue ». Et Lopez
d'ajouter : « une manifestation massive le samedi [30
mai], contre ce gâchis et en faveur de la pétition [pour
libérer les deux] ».
Selon la conversation, les préparatifs ont
déjà eu lieu avant que la vidéo soit
diffusée, ce qui inclut l'organisation de manifestants qui
camperaient devant les bureaux de l'Organisation des Nations unies
à Caracas.
Les actions seraient dirigés par des mouvements
étudiants qui ont des liens avec Voluntad Popular - le parti de
Lopez - qui les feraient passer pour des manifestations dirigées
par les étudiants.
« Non, cette chose va attirer beaucoup de carajitos
(les jeunes enclins à la violence), nos étudiants vont y
mettre le paquet », explique Lopez.
Le plan, tel que l'explique Ceballos, serait mis en
oeuvre grâce à des objectifs précis à tous
les cinq jours, avec les premières protestations
commençant le week-end après le début de l'annonce
de leur grève de la faim. Selon le présentateur de VTV,
Miguel Perez Pirela, la date de chaque objectif correspond à un
événement biologique lié à leur
grève de la faim.
Les deux dirigeants se réfèrent à
la mise en place de « bichos » (insectes), un
terme qui se réfère à des tireurs
embusqués. Depuis le coup d'État au Venezuela en 2002,
lorsque cette tactique a été utilisée pour la
première fois, l'opposition a été accusée
de placer des tireurs embusqués sur les toits pour tuer des gens
et créer de la
confusion parmi les manifestants.
Lopez confirme qu'ils ont déjà une
équipe qui coordonne ces actions, dirigées par l'ancien
général Raul Baduel Isaias et son fils emprisonné
Emilio Baduel.
Les deux politiciens décident lors de leur
conversation de rendre leur vidéo de la grève de la faim
virale afin d'attirer suffisamment d'attention pour créer une
conjoncture favorable. Il est à noter que la vidéo faite
par Leopoldo Lopez, annonçant qu'ils vont commencer une
grève de la faim, a été diffusée sur la
chaîne CNN.

Dix jours de mobilisation au Paraguay contre un projet
de loi de privatisation
Le 27 mai, des milliers de paysans et d'activistes
paraguayens se sont mobilisés partout au pays durant la
dixième journée consécutive d'actions pour exiger
des autorités d'abroger le projet de loi autorisant les
partenariats public-privé (PPP). La législation PPP a
été largement condamnée par les travailleurs du
secteur public et par les
organisations de la société civile, qui craignent que
cela entraîne la privatisation des services publics, y compris
ceux de la santé et de l'éducation.
En mars 2014, les travailleurs ont fait la
première grève générale au pays en 20 ans
pour exiger une plus grande protection des travailleurs, des salaires
plus élevés et le renforcement du système de
protection sociale. La manifestation a été
organisée par le Congrès démocratique du peuple
(CDP) créé il y a un mois. Il se compose de 20 partis
politiques, de syndicats, de mouvements étudiants et
autochtones, parmi tant d'autres. Le mouvement se veut l'instrument
pour défendre les intérêts de la majorité
face au gouvernement en regroupant toutes les forces progressistes du
pays. Cela inclut le Front Guasu, le seul parti de centre-gauche qui a
jusqu'ici réussi à gagner une élection
présidentielle avec l'ancien prêtre Fernando Lugo,
écarté du pouvoir une année avant la fin de son
mandat présidentiel par un coup d'État parlementaire. Un
des dirigeants du CDP, Marcial Gomez, a déclaré que le
CDP a rencontré quelques sénateurs pour leur demander
d'abroger le projet de loi PPP parce qu'il compromet la
souveraineté du pays.
Cependant, les sénateurs ont semblé réticents
à le faire. Les manifestants ont averti que si les membres du
gouvernement ne tenaient pas compte de leurs demandes, ils pourraient
riposter par un vote de protestation lors des élections
municipales de novembre prochain en annulant ou en n'inscrivant rien
sur leur bulletin de vote .
On s'attendait le 28 mai à ce que les
sénateurs modifient l'article 52 du projet de loi PPP, d'une
manière qui réduirait les pouvoirs de l'exécutif,
une modification appuyée par les manifestants et
considérée comme une première étape vers
l'abrogation complète du projet de loi.

Grève générale contre un projet
minier au Pérou
Une grève
générale de 48 heures a
eu lieu au Pérou du 27 au 28 mai 2015.
Le 27 mai, après 67 jours de manifestations
contre la mine Tia Maria, une grève générale de 48
heures a débuté dans six régions
méridionales du Pérou.
La grève est en solidarité avec les
protestations contre le projet d'exploitation minière Tia Maria,
dans la Vallée de Tambo, dans la province d'Islay dans la
région d'Arequipa. La région nord de Cajamarca s'est
également jointe à la grève
générale. La mine Tia Maria est gérée par
la firme Southern Peru, qui est exclusivement de
propriété
mexicaine.
Des dizaines de manifestants ont été
arrêtés et au moins quatre personnes ont perdu la vie
depuis le début du conflit. Le Bureau régional des
Nations unies pour les droits de l'homme a appelé à une
désescalade des tensions.
La grève s'est produite quatre jours après
que le président Ollanta Humala ait déclaré
l'état d'urgence pendant 60 jours dans la province d'Islay. Les
mesures d'urgence restreignent les droits des citoyens à la
liberté de mouvement et de réunion, et autorisent la
police à entrer dans les maisons des gens sans un mandat.
Protestations du 22 mai
à Cocachacram dans la
province d'Islay.
En prévision de la grève, le
président Humala a ordonné à l'armée
d'être déployée à Arequipa, Cuzco, Puno,
Moquegua et Cajamarca, puis dans toutes les six régions du sud
du Pérou qui ont été en grève. Plusieurs
journalistes de la radio ont accusé la police de les
persécuter et ont fui la zone où l'état d'urgence
est en vigueur. Toutes les
écoles des quatre régions d'Arerequipa, Cuzco, Puno et
Moquegua ont été fermées suite à la
grève.
Dans la capitale de la région d'Arequipa
plusieurs marches ont eu lieu. Les participants à la marche ont
souligné qu'ils subissent des violations des droits
humains : les autorités entrent dans les maisons,
détiennent les personnes et leur infligent des atrocités.
Ils ont appelé la communauté internationale à
dénoncer ce qui se passe dans la
vallée de Tambo.
Le 27 mai, dans la capitale nationale du Pérou,
Lima, le parti politique Dignité et démocratie a tenu une
conférence de presse. Dignité et démocratie
rassemble d'anciens responsables du parti au pouvoir qui ont rompu leur
alliance avec le président après qu'il ait
abandonné son devoir de servir l'intérêt public.
Ensemble, avec les organisations
de la société civile, ils ont accusé le
gouvernement d'empirer la situation.
Ils ont exigé que le projet minier soit suspendu
et l'état d'urgence levé. Ils ont également
appelé à la démission du ministre de
l'Intérieur pour sa gestion du conflit.
La députée du Congrès Claudia
Coari, de Dignité et démocratie, a
déclaré : « Si [le projet] n'est pas
suspendu, il y aura plus de problèmes car le gouvernement
enverra la police et l'armée. Dans ce cas, il y aura plus de
sang versé et plus de morts. Personne ne veut cela. Voilà
pourquoi nous avisons d'avance le président des
dangers en marge de cette déclaration et des conférences
[de presse]. »
Les organisateurs des manifestations envisagent
d'étendre la grève à d'autres régions,
ainsi que la possibilité de poursuivre indéfiniment les
grèves.

La Russie se défend contre
l'ingérence étrangère
La loi sur les groupes étrangers
«indésirables»
entre en vigueur
Le président russe a signé un projet de
loi interdisant les activités de groupes étrangers qui
constituent une menace à la sécurité nationale ou
à la capacité de défense du pays tout en punissant
ceux qui continuent de coopérer avec ces groupes.
Le projet de loi, initialement rédigé par
deux députés de l'opposition, a été
adopté le 19 mai par les deux chambres du parlement russe. Il
assigne au Bureau du procureur général et au
ministère des Affaires étrangères la tâche
de créer une liste des « organisations
étrangères indésirables » et
d'interdire leurs activités dans le pays.
Le principal critère pour inscrire une ONG
étrangère ou internationale sur la liste est qu'elle
représente une « menace à l'ordre
constitutionnel et à la capacité de défense ou
à la sécurité de l'État russe ».
Une fois que le groupe est reconnu comme
indésirable, tous ses actifs en Russie sont gelés, ses
bureaux sont fermés et toute distribution de quelconque de ses
documents d'information est interdite.
Si le groupe ne respecte pas l'interdiction, ses
dirigeants et ses membres peuvent être passibles d'amendes
administratives ou de peines de prison allant jusqu'à six ans
pour des infractions répétées. Les citoyens russes
et les organisations qui continuent de travailler avec des groupes
interdits seraient passibles uniquement d'amendes
administratives.
La nouvelle loi a été critiquée par
des ONG étrangères et la communauté de la
défense des droits de Russie lorsqu'elle a été
rédigée. Le président du Conseil
présidentiel pour les droits humains, Mikhaïl Fedotov, a
qualifié la nouvelle loi d'« exotique » et
a déclaré que de nombreux groupes étrangers ont
été
« choqués » par son contenu. Un autre
membre du conseil, l'avocat Aleksandr Brod, a dit dans ses commentaires
à la presse que la nouvelle loi était redondante, car il
existait suffisamment de moyens dans la législation existante
pour assurer la sécurité nationale et empêcher
l'ingérence étrangère dans la politique
intérieure de la
Russie.
L'Union européenne et les États-Unis ont
officiellement exprimé leur préoccupation face à
la nouvelle loi russe. Le département d'État
américain a déclaré dans un communiqué que
la tendance à interdire la coopération avec divers
groupes étrangers pourrait conduire à l'isolement du
peuple russe du monde extérieur.
Des responsables russes n'ont pas encore réagi
à ces accusations. Les parrains du projet de loi l'ont cependant
décrite comme une mesure préventive et ont nié
qu'elle visait spécifiquement certaines organisations
étrangères.
La nouvelle loi est conforme avec la « Loi
sur les agents étrangers » introduite en Russie
à la fin de 2012. Cette loi précise que toutes les ONG
qui reçoivent des fonds de l'étranger et qui sont
même partiellement engagées dans des activités
politiques, doivent s'enregistrer en tant qu'agents étrangers ou
risquer des amendes
importantes. Les groupes ayant le statut d' « agent
étranger » se voient interdits de parrainer des
partis politiques russes mais leurs activités sinon ne sont pas
restreintes.

Sommet de l'Union européenne
à Riga
L'Union européenne prend du recul face
à
l'Ukraine et à son Partenariat oriental
- Alexandre Mercouris, Russia Insider -
L'Union européenne se désengage lentement
mais sûrement de son
aventure ukrainienne, comme en témoignent les récents
résultats du
sommet du Partenariat oriental à Riga.
L'expansion de l'Union européenne en Europe de
l'Est est remise en doute
Bien
que les gouvernements occidentaux prétendent le contraire, le
Partenariat oriental fut mis en place pour stopper l'intégration
eurasienne en encourageant les anciennes républiques
soviétiques à
s'éloigner de la Russie sans quoi elles pourraient bien
graviter de nouveau vers elle. Les accords d'association signés
entre
l'Union européenne et l'Ukraine, la Géorgie et la
Moldavie sont des
résultats du Partenariat oriental. Dire que le Partenariat
oriental a
eu des résultats mitigés serait embellir le tableau et
exagéré.
Carte des pays de l'UE
(bleu foncé) et du Partenariat oriental (bleu pâle)
Deux anciennes républiques soviétiques, la
Biélorussie et l'Arménie,
tout en participant formellement au partenariat, ont refusé
d'abandonner leur alignement historique avec la Russie. La
Biélorussie
est un membre fondateur de l'Union eurasienne, de laquelle
l'Arménie se
prépare à devenir membre. Si ces deux pays sont membres
du
Partenariat oriental, ce n'est que pure formalité.
L'Azerbaïdjan poursuit depuis longtemps sa voie
indépendante,
entretenant de bonnes relations avec à la fois la Russie et
l'occident.
Les vieux espoirs de l'occident de voir l'Azerbaïdjan remplacer la
Russie comme principal fournisseur de pétrole et de gaz pour
l'Europe
ne se sont jamais matérialisés.
Ces trois pays, tout en participant au Partenariat
oriental, ont
néanmoins conservé leurs distances face à l'Union
européenne, d'une
part, et leurs liens avec la Russie, de l'autre. Aujourd'hui, ils sont
les pays les plus prospères et les plus politiquement stables de
tous
ceux qui participent au projet.
Par contre, les trois pays qui ont embrassé le
Partenariat oriental
avec enthousiasme, la Géorgie, la Moldavie et l'Ukraine,
éprouvent de
sérieuses difficultés.
En 2008, la Géorgie a perdu l'Abkhazie et
l'Ossétie du Sud, même si
elle ne l'a jamais vraiment accepté. Elle continue de
dépendre
largement de la Russie, qui demeure le principal marché pour ses
produits, la Russie étant aussi la source principale de
financement qui
maintient son économie en vie. Si la classe politique
géorgienne est
unie
dans son plan d'intégration à l'Union européenne,
l'homme politique qui
incarne le plus cette politique, l'ancien président Saakashvili,
est
discrédité et en exil, faisant face en Géorgie
à des accusations
criminelles.
La Moldavie, un peu comme l'Ukraine d'avant 2013, a une
part égale de factions pro-Union européenne et prorusses,
hostiles l'une envers l'autre. Elle
doit aussi tenir compte d'un État de facto, indépendant
et prorusse, à
même ses frontières, c'est-à-dire, la
république de Transnistrie, une
région qui, avant la Révolution de 1917, appartenait au
territoire
historique russe de Novorossia.
Quoique la faction pro-Union européenne soit en
contrôle en
Moldavie, comme en Ukraine, elle demeure profondément
divisée. Aussi,
privée de ses marchés russes traditionnels à cause
des mesures
pro-Union européenne de son gouvernement, la Moldavie demeure
l'un des
pays les plus pauvres de l'Europe.
Pour ce qui est de l'Ukraine, le Partenariat oriental
est un
désastre lamentable ayant entraîné une descente
vers la guerre civile
et un effondrement économique.
Le récent sommet à Riga montre
jusqu'à quel point, suite à la
débâcle ukrainienne, le projet dans son ensemble
s'essouffle. Sans
aucun doute, lorsque la Géorgie, la Moldavie, et l'Ukraine sont
devenues membres du Partenariat oriental, elles l'ont fait dans
l'espoir de pouvoir un jour faire partie de l'Union européenne.
Et sans
doute les auteurs
européens du Partenariat oriental pensaient de même.
Pour ce qui est de ces trois pays, la loyauté
envers l'« Europe »,
forgée dans l'espoir d'éventuellement devenir membre de
l'Union
européenne, s'est développée en une sorte de
fanatisme associé
normalement aux cultes religieux.
Pendant la guerre de 2008, plusieurs ont observé
par le biais
d'images télévisées que le président de la
Géorgie à l'époque,
Saakashvili, avait un drapeau de l'Union européenne sur son
bureau près
du drapeau de la Géorgie, comme si celle-ci était
déjà membre de
l'Union européenne.
En Moldavie, il est question de criminaliser toute
remise en question de la « voie euro-atlantique »
du pays.
Les manifestations qui, en février 2014, ont
mené au renversement du
président ukrainien Ianoukovytch, lequel a été
causé par sa décision
d'annuler la signature de l'accord d'association avec l'Union
européenne, avaient pour nom
« EuroMaidan ». Une agence de nouvelles
qui a vu le jour au cours de ces manifestations porte
toujours ce nom.
Le sommet de Riga a jeté une douche froide sur
tout cela.
Avant le sommet, la chancelière allemande, Angela
Merkel, a mis les
anciens États soviétiques en garde à l'effet qu'il
n'était pas garanti
qu'ils seraient membres de l'Union européenne. Le Partenariat
oriental
n'est pas un « instrument d'élargissement politique
pour l'Union
européenne et nous ne devons pas faire de promesses que nous
ne pouvons tenir », a dit Merkel. D'autres
représentants européens ont
abondé dans le même sens.
Sur la question de devenir membre éventuellement,
le président
Juncker de la commission de l'Union européenne a dit :
« Ils ne sont
pas prêts et nous ne sommes pas prêts ».
Même un adversaire de la Russie et supporter de
l'inclusion
éventuelle des anciens États soviétiques dans l'UE
aussi déterminé que
le président du Conseil européen Donald Tusk a
déclaré dans des mots
qu'on pourrait dire cyniques, qu'« ils ont le droit de
réver, mais le
membership dans un avenir prévisible est plus
qu'incertain ».
Le résultat, comme je l'ai prédit en
entrevue à Radio Sputnik la
veille du sommet, est que le sommet a produit une longue et pompeuse
déclaration qui, si on la lit attentivement, n'engage l'UE
à absolument
rien. Le passage où elle vient le plus près de mentionner
un membership
éventuel dans l'UE se retrouve au deuxième paragraphe,
qui
dit :
« Dans le contexte de la Politique
européenne de voisinage et du
Partenariat oriental, les participants au Sommet réaffirment le
droit
souverain de chaque partenaire de choisir librement le niveau des
ambitions et des objectifs auquel il aspire dans ses relations avec
l'Union européenne. C'est à l'UE et à ses
partenaires souverains à
décider
comment procéder dans leurs relations. »
En d'autres mots, pour parler plus poliment que Tusk,
les anciens
États soviétiques ont le droit de postuler pour devenir
membres de l'UE
(ce que personne n'a jamais contesté), mais pas le droit de
devenir
membres et l'UE n'a aucune obligation de les accepter.
Le plus décevant dans tout cela, surtout pour les
Ukrainiens, c'est
l'échec de l'UE à offrir accès libre à des
visas ou quelque espoir dans
ce sens. La Moldavie l'a obtenu en avril 2014, au moment où peu
après
le coup de Maidan les chances de succès du Partenariat oriental
semblaient élevées. Maintenant que ces espoirs ont
été ruinés par le
désastre ukrainien, les ardeurs européennes pour accorder
même cela se
sont refroidies.
Cela va porter un coup dur à l'Ukraine où
l'espoir de gagner libre
accès à des visas de l'UE était important dans la
mobilisation de
l'appui pour le mouvement Maidan, surtout parmi les jeunes.
L'importance de cette question pour l'Ukraine se voit au fait que le
président ukrainien Poroshenko disait encore, à la veille
du sommet,
qu'une
« décision politique » donnant libre
accès aux visas à l'Ukraine allait
être prise au sommet.
Cela ne s'est pas produit, et la demande du ministre
ukrainien des
Affaires étrangères Klimkin que l'Ukraine reçoive
des « assurances
concrètes » et une feuille de route menant au
membership n'a pas
trouvé d'écho.
Pour rendre la pilule moins amère, l'UE a promis
à l'Ukraine une
aide de 2 milliards $, un montant insuffisant compte tenu des besoins
de
l'Ukraine.
Même cette promesse pourrait ne pas signifier ce
qu'elle semble
dire. Le paragraphe 21 suggère que peut-être il s'agit
d'argent déjà
promis à l'Ukraine.
L'UE et le FMI ont souvent réannoncé les
mêmes montants d'aide à
l'Ukraine qu'ils avaient annoncés auparavant, les
déguisant en quelque
chose de nouveau. Les formulations vagues du paragraphe 21
suggèrent
que c'est peut-être le cas encore une fois avec cette nouvelle
annnonce.
Cette aide, de toute façon, est un prêt, ce
qui veut dire qu'il
pourrait être retiré ou annulé si l'Ukraine est
incapable de le
rembourser, ce qui va probablement se produire. Le prêt semble
conditionnel à des réformes que l'Ukraine devrait faire,
ce qu'elle n'a
jamais été capable de faire et qui laisse croire que
l'argent pourrait
ne jamais être
versé.
Comme tout ce qui est sorti du sommet de Riga, cette
promesse, comme
les autres faites à l'Ukraine auparavant, apparaît plus
symbolique et
ostentatoire que réelle.
Ce résultat décevant pour l'Ukraine a
poussé le président Poroshenko
à faire ce commentaire amer : « Le monde est
fatigué d'entendre parler
de la question de l'Ukraine... on essaie d'écarter l'Ukraine
comme on
le fait d'une mouche qui vous agace. »
Comme nous l'avons dit précédemment (voir
« L'UE se prépare à abandonner
l'Ukraine », dans le Russia Insider
du 22 mai 2015), les termes du Protocole de Minsk de février,
les
propositions d'autonomie des Républiques du Donesk et de
Lougansk,
appuyées par la Russie et les rapports d'une
renégociation globale
de l'Accord d'association de l'Ukraine avec l'UE, pris ensemble,
indiquent que l'Ukraine cherche des moyens de se sortir du
désastre que
ses politiques lui ont causé.
Les résultats du sommet de Riga semblent
confirmer et suggérer que
le mouvement d'expansion de l'UE dans le territoire de l'ex-Union
soviétique arrive à sa fin. Quelle que soit la
façon dont on présentera
la chose, cela veut inévitablement dire abandonner l'Ukraine
à son
sort. Les commentaires de Yushchenko suggèrent qu'il y a des
Ukrainiens qui commencent à s'en rendre compte.

La Chine résiste à
l'endiguement
La Chine dévoile sa nouvelle stratégie
militaire au milieu des tensions régionales
Le 26 mai 2015, le
gouvernement chinois a publié
un livre blanc du ministère de la Défense intitulé
Stratégie militaire qui met à jour
le document de 2013.
Selon cette nouvelle stratégie, la Chine
accordera une plus grande importance aux mers territoriales et aux
forces navales du pays et passera à une combinaison de
« la défense des eaux côtières et de la
protection de ses intérêts maritimes ».
Dans ce document, la Chine indique qu'elle portera plus
d'attention à la guerre informatique et à la
cybersécurité, une tendance que l'on retrouve dans toutes
les forces armées du monde.
Cependant, la nouvelle stratégie maintient la
politique chinoise d'éviter les interventions
préventives, ce qui veut dire que la Chine n'attaquera pas un
autre pays si elle n'est pas attaquée en premier.
« Certains pays adoptent des
stratégies préventives et privilégient les
interventions préventives et l'initiative de l'attaque. La
nôtre est totalement différente », a
expliqué le porte-parole du ministère de la
Défense Yang Yujun à la conférence de presse
où le document a été dévoilé.
Cette nouvelle stratégie est publiée alors
que les tensions ont augmenté autour du conflit territorial en
mer de Chine méridionale opposant les Philippines, le Vietnam,
Brunei, la Malaisie et la Chine. La Chine a également un
différend avec le Japon au sujet des Îles Senkaku en mer
de Chine orientale.
La publication du document chinois coïncide avec
l'intensification de l'activité de l'armée
américaine dans la région. La semaine dernière, le
gouvernement chinois a dénoncé des opérations
d'espionnage des États-Unis en mer de Chine méridionale.
Le 25 mai, le Japon a confirmé qu'il participera
à des manoeuvres militaires maritimes conjointes avec les
États-Unis et l'Australie, ce qui contribue à
l'augmentation des tensions.
L'exercice baptisé « Talisman
Sabre » commencera à la mi-juillet et comprendra plus
de 30 000 hommes des armées américaines et australiennes.
La semaine dernière, le vice-président des
États-Unis, Joe Biden, a annoncé que 60 % de la
Marine américaine sera déployée dans la
région Asie-Pacifique d'ici 2020, dans la cadre de la
stratégie à long terme du gouvernement Obama dans la
région.

L'Allemagne travaille avec l'Inde
pour contenir la
Chine
- german-foreign-policy.com -
Le 26 mai, la ministre allemande de la Défense,
Ursula von der Leyen, [a entamé] des pourparlers à New
Delhi sur les questions militaires et les politiques d'armement. Les
nouveaux projets d'armement de l'Inde sont la raison immédiate
de la visite de von der Leyen. L'Inde veut, entre autres, construire
des sous-marins allemands sous
licence et Berlin cherche à obtenir une coopération plus
intense en matière de politique étrangère et
militaire. Cette visite servira à préparer de nombreux
accords en vue des consultations entre les gouvernements allemand et
indien, prévues pour le mois d'octobre. Elle a lieu alors que
l'Inde intensifie ses efforts pour faire reculer l'influence de la
Chine dans l'océan Indien, des efforts qui ont l'appui de
Berlin. Le Sri Lanka est un point de rivalité de cette lutte de
pouvoir. Au cours des dernières années, l'État
insulaire du Sri Lanka, un pays stratégiquement important, a
commencé à se rapprocher étroitement de Beijing.
Pour éviter une dépendance trop forte de la Chine, le
nouveau
gouvernement du Sri-Lanka, en poste depuis janvier, cherche à
limiter ses liens vers la Chine et à renforcer ses relations
avec l'Ouest. La semaine dernière, Frank-Walter Steinmeier,
ministre des Affaires étrangères de l'Allemagne, a
reçu son homologue sri lankais à Berlin afin de renforcer
la position de l'Allemagne au Sri Lanka, une visite qui
s'inscrit dans la lutte de pouvoir avec Beijing.
Les projets d'armement
Les pourparlers de la ministre allemande de la
Défense, Ursula von der Leyen, avec son homologue indien,
Manohar Parrikar, le 26 mai et avec le premier ministre indien,
Narendra Modi, le 27 mai portent sur des projets d'armement, en
particulier sur les sous-marins. Le principal chantier maritime de
l'Inde, le chantier maritime Mazagon, produit actuellement des
sous-marins de la classe « Scorpène » sous
transfert de technologie du groupe français DCNS. Le premier a
été lancé en avril et est maintenant à
l'essai. En même temps, le gouvernement de New Delhi projette de
construire un deuxième type de sous-marin sous licence et
est intéressé à une coopération avec la
société ThyssenKrupp. De 1986 et 1994, la marine de
l'Inde a commandé quatre sous-marins de fabrication allemande,
auxquels d'autres doivent être ajoutés. Selon la presse
indienne, d'autres projets d'armement seront également
discutés au cours de la visite de la ministre allemande de la
Défense.[1]
Contre la Chine
En renforçant l'armement de sa marine, l'Inde
vise directement à assurer sa domination dans l'océan
Indien. Non seulement cette région abrite-t-elle un tiers de
l'humanité et 40 % des réserves mondiales de
pétrole mais aussi 33 % du commerce mondial, 50 % du
trafic de porte-conteneurs et
70 % du transport de pétrole du monde traversent cet
océan d'Asie du Sud.[2] Cependant, New Delhi se trouve avant
tout confronté au fait que la République populaire de
Chine est de manière générale de plus en plus
présente et forte et étend ses activités notamment
dans l'océan Indien, comme le montre le fait que Beijing est en
train de
construire « un réseau de ports commerciaux dans les
pays voisins de l'Inde, au Pakistan, au Sri Lanka, au Bangladesh et au
Myanmar », selon une analyse publiée l'an dernier par
le ministère allemand de la Défense. Ceux-ci ne serviront
pas uniquement à accroître les échanges
commerciaux, mais « ces installations pourront
être utilisées militairement par la Chine ».[3]
Par conséquent, l'Inde cherche à consolider
« sa présence » dans l'océan Indien
« et à endiguer l'influence grandissante de la
Chine », est-il expliqué dans cette analyse.
Un partenaire difficile
Berlin soutiendra New Delhi dans ses efforts pour
repousser Beijing, et pas seulement avec les livraisons d'armes.
L'Allemagne et l'Inde ont un « partenariat
stratégique » qui, en principe, comprend l'ensemble
des questions de politique étrangère et militaire.[4] Des
accords sur ces questions
devront être conclus lors des pourparlers de la ministre de la
Défense, Ursula von der Leyen, à New Delhi, en vue des
consultations entre les gouvernements allemand et indien en octobre.
L'Allemagne partage entièrement les intérêts de
l'Inde d'empêcher une expansion accrue de la puissance de la
Chine. Toutefois, l'Inde est « un partenaire
difficile pour l'Ouest », reconnaît l'auteur de
l'analyse du ministère de la Défense.
« L'idée [que ce pays d'Asie du Sud puisse]
être manipulé pour devenir un contrepoids à la
Chine est une idée qui séduit très peu de gens du
milieu de la politique étrangère et de
sécurité en Inde.[5] Les décideurs indiens ne
veulent, en aucun cas, se
considérer eux-mêmes comme des marionnettes de l'Occident
et accordent une grande importance à une politique
indépendante », explique l'auteur. Par
conséquent, « au cours des dernières
années, New Delhi s'est positionnée sur la scène
internationale de telle manière qu'elle coopère avec
toutes les puissances importantes sans
développer de liens trop forts avec aucun pays », pas
même en Occident.[6]
D'une importance stratégique
Les efforts de l'Allemagne et de l'Inde pour
réduire l'influence chinoise dans l'océan Indien se
manifestent également au Sri Lanka, un pays d'Asie du Sud
stratégiquement très important. Cet État
insulaire, situé près de la côte sud de l'Inde et
sur les routes maritimes commerciales entre l'Asie de
l'Est et du Sud-Est et l'Occident, peut non seulement surveiller les
routes maritimes, mais également les activités militaires
de l'Inde, selon les experts.[7] La Chine a considérablement
renforcé ses relations avec le Sri Lanka au cours des
dernières années. La République populaire de Chine
fait non seulement concurrence à l'Inde dans son rôle
traditionnel de plus important fournisseur du Sri Lanka, mais cherche
également à renforcer sa position par des investissements
majeurs dans l'infrastructure de Sri-Lanka. La Chine est en train de
moderniser les ports de la capitale, Colombo, et de Hambantota sur la
côte sud de l'île, permettant au Sri Lanka de devenir un
centre exclusif de
l'important commerce maritime qui passe par l'océan Indien.
Beijing a également commencé à utiliser les ports
srilankais pour sa marine. En septembre dernier, un sous-marin de la
marine chinoise s'est amarré pour la première fois
à Colombo.
Changement de cap à Colombo
L'Inde, tout comme les pays occidentaux, voudrait
profiter du changement de gouvernement de janvier dernier à
Colombo pour ralentir la progression de la Chine. Le nouveau
président du Sri Lanka, Maithripala Sirisena, a annoncé
son intention de réduire l'influence de Beijing dans son pays.
« Alors que le président Sirisena reconnaît
l'importance de solides relations bilatérales avec la Chine, il
ne veut pas que le Sri Lanka dépende d'une seule puissance
mondiale », a expliqué un spécialiste de
l'entreprise d'information économique IHS.[8] C'est pourquoi sa
première visite à l'étranger, en février
dernier, a été en Inde.
Sirisena envisage également de coopérer plus
étroitement avec l'Allemagne. À la fin de la semaine
dernière, le ministre sri lankais des Affaires
étrangères, Mangala Samaraweera, est allé à
Berlin pour des entretiens avec son homologue allemand et avec le
ministre allemand pour la coopération économique et le
développement. Après sa rencontre
avec Samaraweera, le ministre des Affaires étrangères
allemand, Frank-Walter Steinmeier, a déclaré que Berlin
« soutiendra avec force » le Sri Lanka, qui se
trouve sur la « voie de la consolidation politique et
économique ». Il est particulièrement
important d'intensifier les relations économiques.[9]
L'Allemagne est loin
derrière la Chine : alors que les investissements allemands
directs et indirects au Sri Lanka ont été de 123 millions
d'euros en 2012, les investissements chinois se chiffraient en
milliards de dollars, et alors que le commerce de la Chine avec le Sri
Lanka a atteint un volume de $ 3,1 milliards de dollars en 2013,
le commerce de
l'Allemagne avec le Sri Lanka atteignait à les 700 millions
d'euros.
La course au rattrapage
« Il y a encore un grand
potentiel » de développement des relations
commerciales entre l'Allemagne et le Sri Lanka, a annoncé
Frank-Walter Steinmeier, ministre des Affaires étrangères
de l'Allemagne, dans une interview à la presse sri-lankaise, et
« les investisseurs potentiels ont été
contactés ».[10] Berlin se précipite pour
atteindre l'objectif d'affaiblir la position de Beijing dans
l'océan Indien.
Notes
1. Les ministres de la Défense de l'Inde et de
l'Allemagne se rencontrent la semaine prochaine. www.deccanherald.com
20.05.2015.
2. Manohar Parrikar inaugure le premier sous-marin
Scorpène produit en Inde. www.hindustantimes.com 06.04.2015.
3. Sandra Destradi : Regionalmacht in einem
schwierigen Umfeld : Indien als sicherheitspolitischer Akteur.
www.bmvg.de 30.05.2014.
4. Voir : Chinas Gegenspieler.
5. Sandra Destradi : Regionalmacht in einem
schwierigen Umfeld : Indien als sicherheitspolitischer Akteur.
www.bmvg.de 30.05.2014.
6. Voir : Contours d'un monde multipolaire,
german-foreign-policy.com.
7. Srinivas Mazumdaru : Modi cherche à
contrer l'influence de la Chine dans l'océan Indien. www.dw.de
11.03.2015.
8. Gabriel Domínguez : Le nouveau dirigeant
du Sri Lanka en visite en Chine après la réduction des
relations. www.dw.de 25.03.2015.
9. Unterstützung für demokratischen Weg Sri
Lankas. www.auswaertiges-amt.de 22.05.2015.
10. Le ministre des Affaires étrangères
allemand dit que les changements politiques sont impressionnants et
demande instamment une réconciliation authentique. www.ft.lk
13.05.2015.

Opposition aux menaces des
États-Unis dans la péninsule coréenne
Lettre au président du Conseil de
sécurité des Nations unies
- Ja Nam Song, l'ambassadeur de la RPDC
à l'ONU -

Manifestation le 2 mars
2015, à Séoul,
contre les exercices militaires conjoints États-Unis et
Corée du sud.
Votre Excellence,
Sur les instructions de mon gouvernement, j'ai l'honneur
de porter à votre attention les exercices militaires conjoints
entre les États-Unis et la Corée du Sud nommés
« Key Resolve » et « Foal
Eagle » qui ont été menés contre la
République populaire démocratique de Corée au
cours des mois de mars et avril 2015.
Ces exercices militaires conjoints
États-Unis-Corée du Sud ont été de vrais
exercices de guerre nucléaires d'agression qui ont
mobilisé toutes sortes des plus récents moyens de frappes
nucléaires stratégiques dans le but d'occuper Pyongyang,
la capitale de la RPDC, afin d'éliminer les dirigeants de la
RPDC. Cela montre clairement la nature
agressive des exercices militaires conjoints
États-Unis-Corée du Sud contre la RPDC.
Il est tout à fait naturel que la RPDC se doit de
renforcer sa capacité de dissuasion d'autodéfense contre
les menaces militaires agressives des États-Unis. Le plus
récent essai de mise à feu sous-marine par la RPDC d'un
missile balistique à partir d'un sous-marin stratégique
est une mesure légitime d'un État souverain pour
renforcer sa capacité
d'autodéfense contre les manoeuvres militaires provocatrices
des États-Unis.
Dans le cas où le Conseil de
sécurité veut en faire seulement la question de l'essai
de mise à feu par la RPDC d'un missile balistique
d'autodéfense à partir d'un sous-marin
stratégique, tout en ignorant les deux exercices militaires
provocateurs tenus conjointement par les États-Unis et la
Corée du Sud contre la RPDC, le Conseil de
sécurité
s'avérera être un outil politique entre les mains d'un
membre permanent dont les pratiques autoritaires et arbitraires vont
à l'encontre des objectifs et principes de la Charte des Nations
unies.
Le gouvernement de la RPDC est d'avis que le Conseil de
sécurité devrait examiner la question des exercices
militaires conjoints tenus par les États-Unis et la Corée
du Sud comme la cause profonde d'un cercle vicieux qui aggrave la
situation sur la péninsule coréenne et qui est une menace
sérieuse au maintien de la paix et de la sécurité
internationale.
Par conséquent, je demande vivement que la
question des exercices militaires conjoints entre les États-Unis
et la Corée du Sud soit mis à l'ordre du jour du Conseil
de sécurité, et qu'une réunion du Conseil de
sécurité se tienne de manière urgente
conformément aux articles 34 et 35 de la Charte des Nations
unies.
Je vous serais reconnaissant de faire circuler
dès que possible cette lettre comme document officiel du Conseil
de sécurité.
Veuillez accepter, votre Excellence, l'assurance de mes
très hautes considérations.

Récent massacre par les
terroristes à Palmyre en Syrie
L'appui aux terroristes par certains États a
permis ce massacre, selon le ministère des Affaires
étrangères
- Syrian Arab News Agency -
Le ministère des Affaires
étrangères et des Expatriés a envoyé lundi
[25 mai] deux lettres identiques à la présidence du
Conseil de sécurité et au secrétaire
général de l'ONU au sujet du plus récent massacre
commis par les terroristes à Palmyre.
Dans les lettres, le ministère a
déclaré que dans le cadre des crimes terroristes commis
contre la Syrie et son peuple, les terroristes de l'EI ont pris
d'assaut Palmyre, une des plus anciennes cités historiques dans
le
monde, faisant des ravages et commettant des massacres odieux contre
les civils innocents. Les hordes de l'EI ont massacré
des dizaines de civils, la plupart des femmes, des enfants et des
personnes âgées, empêchant des milliers d'autres de
quitter la ville et amenant plusieurs familles et jeunes vers une
destination inconnue.
Le ministère a affirmé que de tels actes
terroristes n'auraient pu avoir lieu sans la persistance de certains
États à fournir un soutien de toutes sortes depuis plus
de
quatre ans aux organisations takfiristes incluant État
islamique, le Front al-Nosra maintenant appelé Armée de
la conquête, les ramifications d'al-Qaïda, l'Armée
syrienne libre
et autres groupes terroristes criminels qui adoptent une
mentalité exclusiviste wahhabite et comprennent des membres de
plus de 90 pays.
Les lettres indiquent qu'un généreux
appui est fourni à ces organisations terroristes par des
régimes régionaux et internationaux — principalement
l'Arabie saoudite, la Turquie, le Qatar et Israël — de pair avec
la collusion et l'ignorance feinte de certains États occidentaux
qui appuient ces groupes pour miner et affaiblir la Syrie dans le
cadre de politiques irresponsables servant les intérêts
étroits de certains États et leurs dirigeants qui n'ont
de soucis pour la souffrance des Syriens ou pour la Charte de l'ONU, le
droit international et la lutte contre le terrorisme.
Le ministère indique que le massacre haineux
à Palmyre est la poursuite des crimes terroristes contre
l'humanité et l'héritage humain qui a commencé au
début de la crise en Syrie avec l'objectif d'effacer
l'héritage du pays.
On lit dans les lettres que Palmyre regorge de
terroristes tandis que certaines parties qui continuent de se vanter
d'être les héros de la lutte contre le terrorisme restent
silencieuses et d'autres prennent des positions timides juste pour
éviter l'opprobre ou donner la fausse impression qu'elles
luttent contre le terrorisme.
Le ministère déclare que la Syrie a
affirmé dans le passé et affirme toujours être
prête à coopérer sur les questions aux niveaux
bilatéraux, régionaux et internationaux pour combattre le
terrorisme et que la Syrie a annoncé son appui à tout
réel effort international de lutte contre le terrorisme qui
préserve les vies civiles et respecte la
souveraineté et les accords internationaux.
Le ministère note que la guerre
déclarée contre le terrorisme par certains États
il y a près d'un an n'a pas réussi à atteindre
aucun de ses buts annoncés ; plutôt elle a permis
à l'EI et ses affiliés et alliés de
s'élargir et de s'étendre non seulement en Syrie et en
Irak, mais aussi en Égypte, en Libye, dans certains États
africains et
même en Arabie saoudite elle-même. Ce qui exige une
position ferme de la part de la communauté internationale contre
les États qui soutiennent et financent le terrorisme, ajoutant
que certains États qui prétendent lutter contre le
terrorisme et ont rejoint des alliances de lutte contre le terrorisme
financent, arment, abritent des terroristes et leur
fournissent de la propagande.
Le ministère appelle le Conseil de
sécurité à confirmer son engagement à
combattre le terrorisme et les organisations extrémistes
terroristes en mettant en oeuvre ses résolutions pour la lutte
contre le terrorisme par la parole et par les actes d'une
manière retirée de la politisation et les doubles
standards et via la coopération et la
coordination étroites avec le gouvernement syrien qui a combattu
le terrorisme au nom du monde depuis une longue période.
Les lettres concluent en affirmant que l'engagement du
gouvernement syrien à poursuivre le combat contre le terrorisme
et à défendre son peuple selon son devoir
constitutionnel, appelant le Conseil de sécurité et le
secrétaire général de l'ONU à prendre les
mesures dissuasives nécessaires contre les organisations
terroristes et les États
qui les parrainent et les soutiennent, particulièrement les
régimes en Turquie, au Qatar, en Arabie saoudite, en Jordanie et
plusieurs pays occidentaux, exprimant l'espoir que les lettres seront
adoptées comme document officiel du Conseil de
sécurité.

Lisez Le
Marxiste-Léniniste
Site web: www.pccml.ca
Courriel: redaction@cpcml.ca
|