Le Marxiste-Léniniste

Numéro 24 - 20 mai 2015

Supplément

67e anniversaire de la Nakba

La Nakba se poursuit toujours
- Amjad Alqasis -

Les Palestiniens marquent la Nakba au milieu de la répression israélienne
Le crime de transfert forcé et de deuxième déplacement
des populations se poursuit encore

- Le Conseil des organisations palestiniennes des droits de l'homme -


67e anniversaire de la Nakba

La Nakba se poursuit toujours


La Marche du retour, le 23 avril 2015, vers le site du village détruit de Hadath

2015 est la 67e commémoration de la Nakba palestinienne. La Nakba se réfère aux événements qui ont eu lieu de 1947 jusqu'au début des années 1950 où environ 750 000 Palestiniens sont devenus des réfugiés. Au début du XXe siècle, la plupart des Palestiniens vivaient à l'intérieur des frontières de la Palestine, ce qu'on appelle la Palestine « historique » ou « la Palestine mandataire », laquelle est aujourd'hui divisée en État d'Israël et territoires occupés : la Cisjordanie, incluant Jérusalem-Est, et la bande de Gaza. Cinq grandes périodes de déplacement forcé ont fait de la question des réfugiés palestiniens le problème de réfugiés le plus vaste et le plus vieux dans le monde aujourd'hui. On estime qu'à la fin de 2014, environ 7,7 millions des 11,5 millions de Palestiniens dans le monde, soit 66 %, avaient été déplacés par la force.

Les pratiques de l'État d'Israël, ses lois et ses politiques se combinent pour réaliser le déplacement et la dépossession de la population palestinienne indigène et exercer un contrôle complet à travers un système d'apartheid et d'occupation. Cette pratique dans son ensemble vise à coloniser le territoire de la Palestine. Elle ne se limite donc pas aux Palestiniens vivant dans les territoires palestiniens occupés mais cible aussi les Palestiniens qui vivent sur le côté israélien de « la ligne d'armistice de 1949 ».

Le traitement que réserve Israël aux Palestiniens non juifs en Israël et aux Palestiniens des territoires occupés constitue un régime discriminatoire dont l'objectif premier est de contrôler le maximum de territoire sur lequel vivent le moins de Palestiniens possible. Les aspects principaux de cette structure sont des instruments de violation des droits des Palestiniens dans des domaines comme la nationalité, la citoyenneté, la résidence et la possession de terres.

Le système a d'abord été appliqué lors de la Nakba palestinienne de 1948 dans le but de dominer et déposséder tous les Palestiniens qui ont été déplacés par la force, incluant les 150 000 qui sont demeurés à l'intérieur de « la ligne d'armistice de 1949 » et sont devenus plus tard des citoyens palestiniens d'Israël. La résolution de 1947 de l'ONU sur la partition de la Palestine mandataire a mené à des conflits armés entre les Palestiniens locaux et les colons juifs. Cela a créé un environnement dans lequel le mouvement sioniste a pu déplacer les Palestiniens en masse de façon à créer l'État d'Israël.

C'est en déplaçant par la force la population majoritaire non juive que l'établissement et le maintien d'un État d'Israël sur un territoire principalement non juif a pu se faire. Aujourd'hui, 66 % des Palestiniens du monde, soit plus de 7 millions, ont ou bien vécu eux-mêmes le déplacement forcé aux mains du régime Israélien ou sont des descendants de ceux qui l'ont vécu.

Des lois israéliennes comme la Loi de Prévention de l'infiltration de 1954 et les décrets militaires 1649 et 1650 ont rendu illégal le retour des Palestiniens en Israël ou dans les territoires palestiniens occupés. Ce déplacement forcé délibéré et planifié constitue une politique et une pratique de transfert forcé de la population palestinienne ou nettoyage ethnique. Ce processus a débuté avant 1948 et il se poursuit toujours dans toutes les parties de la Palestine mandataire.

Un transfert silencieux

Israël poursuit aujourd'hui ce processus sous la forme d'une politique d'ensemble de transfert « forcé » plutôt que par des déportations massives comme en 1948 et 1967.

Ce déplacement est silencieux du fait qu'Israël le fait en essayant de ne pas attirer l'attention internationale, en déplaçant les gens par petits groupes à chaque semaine. Il est différent du transfert plus ouvert qui a été effectué en 1948 sous le couvert de la guerre. En guise d'exemple, les procédures d'unification des familles administrées par Israël sont la seule avenue dont disposent les Palestiniens qui se trouvent séparés de leur famille. Le fondement législatif actuel de ces procédures est la Loi sur la citoyenneté et l'entrée en Israël (Odre temporaire).


Les scouts du camp de réfugiés Balate à Naplouse, en Palestine,
marquent la Nakba le 14 mai 2015.

Cette loi, qui a été adoptée par la Knesset (le parlement israélien) en juillet 2003 et a été reconduite chaque année depuis, ne permet pas aux Palestiniens de la Cisjordanie ou de la bande de Gaza d'obtenir la citoyenneté isralienne ou un statut de résident permanent en se mariant avec un citoyen palestinien ou une citoyenne palestinienne d'Israël ou avec un ou une palestinienne ayant son statut de résidence. La loi n'accorde que des permis de résidence ou de séjour en Israël pour raison médicale ou de contrat de travail n'excédant pas six mois.

On trouve les motifs de cette politique dans des déclarations de représentants d'Israël. En mai 2002, juste avant l'adoption de cette nouvelle loi, le ministre de l'Intérieur d'alors, Eli Yishai, a dit qu'entre 1993 et 2002, environ 140 000 Palestiniens ont migré en Israël ou à Jérusalem-Est par voie de permis d'unification des familles. Yishai a dit qu'une loi est nécessaire pour « aider à enrayer ce phénomène et maintenir Israël dans l'avenir en tant qu'État juif et démocratique ».

Suite à l'entrée en vigueur de la loi, des organisations de défense des droits humains ont demandé à la Haute Cour d'Israël d'invalider la loi. Le juge Asher Grunis a rejeté la requête, déclarant que « droits humains ne doit pas vouloir dire suicide national ». Ce raisonnement est instructif du fait que ce qui motive cette politique centrée sur l'ethnicité, ce n'est pas l'aspect sécuritaire mais bien l'aspect démographique. L'unification des familles est tragiquement devenue un instrument de plus aux mains de l'État d'Israël pour protéger le caractère majoritaire de la population juive à l'intérieur des frontières, ce qui fait que des milliers de Palestiniens font face à un avenir trouble et incertain.

Une évaluation globale de l'approche israélienne en matière d'unification des familles, tant pour les Palestiniens vivant en Israël que dans les territoires occupés, révèle un comportement hautement discriminatoire motivé par le désir de réduire la présence palestinienne en Israël. De fait, l'examen de l'histoire et de la réalité actuelle en ce qui concerne l'unification des familles dresse un tableau fait de restrictions toujours plus strictes de la capacité des Palestiniens de jouir du droit humain le plus fondamental, soit la vie de famille. Cette érosion croissante des principes démocratiques a causé de grandes souffrances et de grandes détresses émotionnelles à des milliers et des milliers de Palestiniens dans tous les aspects de la vie.

Israël transforme en fait l'unification des familles en un instrument de transfert forcé des populations qui ne se résume pas à la force, mais qui peut comprendre, selon la Cour pénale internationale, « un acte commis en usant à l'encontre de ladite ou desdites ou de tierces personnes de la menace de la force ou de la coercition, telle que celle causée par la menace de violences, contrainte, détention, pressions psychologiques, abus de pouvoir, ou bien à la faveur d'un climat coercitif ».

Une approche qui repose sur les droits

Ce système israélien doit cesser et être jugé selon le droit et les standards internationaux. La solution au problème de la colonisation et de l'oppression du peuple palestinien qui se poursuit toujours ne peut se trouver que dans une approche qui repose strictement sur les droits. Ces droits ne peuvent être garantis par des négociations politiques mais par la stricte adhésion et application du droit international et des droits.

Une approche reposant sur les droits peut être décrite comme une approche normative basée sur les standards internationaux en matière de droits et centrée sur la promotion et la protection de ces droits. Conséquemment, une approche reposant sur les droits va intégrer les normes, les standards et les principes du droit international aux plans, aux politiques et aux processus visant à résoudre un problème spécifique qui se pose, dans le but d'assurer la dignité humaine et la justice. En termes simples, il ne peut pas exister de paix là où les droits et libertés humains sont violés. Dans le cas de la Palestine, cette approche requiert des solutions basées le droit international, plutôt que sur les négociations politiques, afin qu'on en arrive à une solution juste et durable.

Il faut donc qu'il devienne inacceptable de parler des colonies de peuplement illégales d'Israël dans les territoires occupés comme de quelque chose « qui nuit aux efforts de paix » , comme on le fait souvent dans les cercles politiques, alors qu'en fait ces colonies violent plusieurs normes et principes internationaux. Elles sont l'une des nombreuses manifestations concrètes de l'impunité avec laquelle Israël agit. Cela constitue un précédent dangereux et la protection dans l'avenir du caractère suprême du droit et des normes internationales demande qu'ils soient appliqués tels quels et non transformés en enjeu de négociations.

Il faut donc que l'étranglement continuel et calculé du peuple palestinien par Israël soit contesté formellement par la communauté internationale, à partir d'un examen des actions et de la politique israéliennes par le prisme du droit international. Les faits démontrent que cet examen va révéler les éléments d'un crime international contre l'humanité, et Israël doit être jugé en vertu de ce crime et son impunité éliminée. Le silence, sinon la complicité, de membres puissants de la communauté internationale envers ces crimes n'en continue pas moins. On assiste donc au pire des scénarios possibles : les souffrances intenses et prolongées d'une population colonisée et occupée, de pair avec une politisation emphatique et une dévaluation du droit international.

* Amjad Alqasis est avocat en droits humains, chercheur en matière juridique et membre de Badil, le Centre de Ressources pour le droit à la résidence et le droit des réfugiés palestiniens. Depuis août 2014, il est conseiller au Centre Al Haq pour l'application du droit international.

(Ma'an News, 13 mai 2015. Photos : ActiveStills, Palestine Info Centre, Bea4Palestine. Traduction : LML)

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Les Palestiniens marquent la Nakba au milieu
de la répression israélienne


Un rassemblement à Ramallah commémore le 67e anniversaire de la Nakba le 13 mai 2015.

Pendant plusieurs jours, des actions ont eu lieu partout en Palestine en commémoration de la Nakba, pour dénoncer le refus de l'État d'Israël de reconnaître le droit de retour des plus de sept millions de réfugiés qui ont été déplacés en 1948 lors de la fondation d'Israël.


Naplouse le 14 mai 2015

L'anniversaire cette année tombait un vendredi, un congé religieux en Palestine où les gens ne travaillent pas et les écoles sont fermées et les gens se rendent aux prières musulmanes. Ce sont donc des milliers de personnes qui ont pris part aux manifestations mercredi le 13 mai pour marquer l'anniversaire.

Dans plusieurs mosquées, les sermons du vendredi ont évoqué le « droit de retour » des réfugiés palestiniens et de leurs descendants dans leurs anciens logis. Il y a eu plusieurs rassemblements en Israël et dans les territoires occupés après les prières du midi.

Dans le cadre des efforts des sionistes pour criminaliser la commémoration de la Nakba, la police israélienne a été mise en état d'alerte pour contrer toute « violence » qui suivrait les prières du vendredi. Lors de la journée de la Nakba l'an dernier, deux Palestiniens ont été abattus mortellement par la police israélienne frontalière près de Ramallah, ce qui a mené à une enquête et des affirmations comme quoi les soldats israéliens avaient utilisé de vraies balles contre les manifestants.

En 2011, Israël a adopté la Loi sur la Nakba, qui autorise le ministre israélien des finances à annuler le financement d'institutions qui rejettent Israël en tant qu'« État juif » ou commémorent la Journée de l'indépendance comme un jour de deuil. Cette loi a rendu de plus en plus difficile au 1,7 million de Palestiniens citoyens d'Israël de commémorer la Nakba.

« La Loi sur la Nakba fait partie du climat de répression du discours de la Nakba et de la discussion sur le droit de retour des réfugiés palestiniens, a dit à Al Jazeera Liat Rosenberg, la directrice de Zochrot. Ce sont des efforts de forces de droite et anti-démocratiques pour continuer de créer un climat de peur et supprimer cette question du discours public ». Zochrot est une organisation non gouvernementale israélienne qui revendique l'admission et la responsabilité pour les injustices toujours en vigueur de la Nakba de même que le droit de retour des réfugiés palestiniens.


Marche aux flambeaux à Ramallah, 14 mai 2015

Israël condamne un ancien dirigeant du Fatah à neuf mois
de prison pour des commentaires sur Facebook

Le 12 mai, Omar al-Shalabi, l'ex-secrétaire général du Comité du Fatah à Jérusalem, a été condamné à neuf mois de détention dans une prison israélienne après avoir été déclaré coupable d'incitation à la violence anti-juive et d'appui à la « terreur » dans des commentaires sur Facebook.

Al-Shalabi est l'un des huit Palestiniens à avoir été détenus à Jérusalem-est en décembre 2014 en vertu de ces accusations. On lit dans le texte de leur sentence que les services du renseignement israéliens ont surveillé ce que ces hommes ont affiché sur Facebook depuis juin dernier, après que trois colons israéliens aient été kidnappés et tués en Cisjordanie occupée. On y prétend que leurs commentaires en ligne ont accru les tensions à Jérusalem et encouragé des actes de « terrorisme ».

La sentence se réfère en particulier aux commentaires affichés relativement à l'enlèvement et au meurtre d'un jeune de seize ans, Muhammad Abu Khdeir, par un groupe de juifs extrémistes en juillet 2014 et à une série d'attaques palestiniennes contre des militaires et des civils israéliens qui se sont produites principalement à Jérusalem occupé.

Le mois dernier, deux des compagnons de détention d'al-Shalabi, Adnan Ghaith, l'actuel secrétaire général du Fatah à Jérusalem, et Islam al-Natsheh, ont été libérés de prison après avoir été détenus sans procès pendant cinq mois.

Lors d'un autre incident, la police israélienne a arrêté et détenu pendant une semaine un jeune de 17 ans pour un commentaire sur Facebook. Hadi al-Ajlouni, qui a été relâché après avoir payé une amende de 1000 shekels (254 $), a dit à l'agence Ma'an qu'il a été arrêté alors qu'il sortait de son logis dans la vieille ville parce qu'on le soupçonnait de préparer une attaque contre les Israéliens. Pendant son interrogatoire, il a été révélé que les soupçons à son sujet provenaient des mots « pardonnez-moi » qu'il avait affichés sur Facebook. Ces mots, a dit l'adolescent, faisaient référence à une querelle qu'il avait eue avec ses frères.

Les Israéliens affichent constamment des appels à la violence contre les Palestiniens sur les médias sociaux, surtout dans les périodes de tension accrue comme pendant l'offensive militaire sur Gaza de l'été dernier, mais personne n'a fait l'objet d'accusations pour cela.


Commémoration du 67e anniversaire de la Nakba à Montréal, le 15 mai 2015

(TeleSUR, Ma'an. Photos : TML, Xinhua, ActiveStills.)

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Le crime de transfert forcé et de deuxième déplacement des populations se poursuit encore


Une action au camp de réfugiés de Yarmouk pour marquer le 67e anniversaire de la Nakba

Pour les Palestiniens, 2015 est le 67e anniversaire de leur déplacement forcé de et à l'intérieur de leur territoire ancestral. La Nakba, ou Catastrophe, se poursuit toujours à travers la négation par Israël du droit de retour des réfugiés palestiniens, du droit à l'autodétermination et d'autres politiques israéliennes qui causent le déplacement forcé, incluant le transfert forcé, une violation grave du droit international. Ces politiques sont mises en oeuvre dans le cadre de violations continuelles plus larges des droits humains des deux côtés de la ligne verte, en Israël et dans les territoires palestiniens occupés.

À l'été 2014, les résidents palestiniens de la bande de Gaza, dont plus de 75 % sont des réfugiés, ont affronté pendant 50 jours les bombardements aériens et l'assaut terrestre d'Israël. Au moins 2215 Palestiniens ont été tués, les maisons de 108 000 autres ont été détruites ou sérieusement endommagées et l'infrastructure civile déjà fortement endommagée de cette enclave assiégée l'a été encore plus. Au point le plus fort de l'assaut, c'est plus de 520 000 Palestiniens qui ont été déplacés à l'intérieur de la bande de Gaza, soit 34 % de la population totale.


Une famille déplacée de force par la démolition de la ville d'Al-Araqib, en juillet 2010

À Jérusalem-Est occupé et dans la soi-disant « région C » ( qui comprend plus de 60 % de la Cisjordanie occupée), Israël poursuit une politique de transfert forcé des Palestiniens par divers moyens dont l'appropriation illégale de terres, les démolitions de maisons, l'interdiction de résidence, les restrictions de l'accès aux terres et l'expansion extensive des colonies de peuplement. Cette multitude de violations sérieuses de droits se fait sur fond de discrimination, de harcèlement et de violence de la part des colons et des services de sécurité israéliens, et se voit à l'action rapide d'Israël pour transférer de force les communautés bédouines palestiniennes vivant en périphérie d'Israël vers les cités urbaines de la vallée du Jourdain.

Cette souffrance massive des Palestiniens ne se limite cependant pas aux frontières de la Palestine mandataire mais frappe aussi les millions de personnes qui constituent la diaspora palestinienne internationale. Le sort des Palestiniens vivant en Syrie est particulièrement inquiétant alors que l'Office de secours et de travaux des Nations unies estime qu'un demi million de réfugiés Palestiniens ont été directement affectés par le conflit qui y sévit. Un grand nombre de ces réfugiés ont maintenant vécu un deuxième et troisième déplacement, alors que le niveau de souffrance des résidents du camp de Yarmouk à Damas s'est intensifié suite à l'extrême violence et au refus de la communauté internationale d'assurer la livraison de l'aide humanitaire dont les gens ont désespérément besoin.


Une démolition de maison à Lod, le 10 février 2015

Ces développements, combinés à l'échec prévisible des « pourparlers de paix » de 2014 dirigés par les États-Unis, illustrent combien il est important de fournir une solution durable aux réfugiés palestiniens qui repose sur la juste application du droit international plutôt que sur le marchandage politique. Il faut s'attaquer de façon urgente à l'échec répété à assurer aux Palestiniens la pleine protection que leur confère le droit international, en particulier leur droit inaliénable de retourner à leur territoire ancestral, lequel est codifié de façon non équivoque dans l'article 13 de la Déclaration universelle des droits de l'homme, la résolution 194 de l'Assemblée générale des Nations unies et la résolution 237 du Conseil de sécurité des Nations unies. Aussi longtemps que le statu quo demeurera, et que la protection internationale fera défaut, les Palestiniens seront condamnés à un sort difficile et à des souffrances continuelles.

Les options qui permettent la juste application du droit international, et, par extension, la promotion de solutions durables reposant sur les droits, existent déjà. En plus des efforts diplomatiques au niveau international pour demander qu'Israël respecte les instruments juridiques en place, les États et la société civile internationale doivent également soutenir et participer pleinement aux mécanismes comme la Commission d'enquête indépendante des Nations unies et les enquêtes de la Cour pénale internationale (CPI). Ces processus tirent leur force non seulement de leur potentiel respectif à promouvoir la responsabilité et livrer la justice, mais aussi de la contribution qu'ils peuvent faire à un mouvement plus large visant des solutions enchâssées juridiquement pour le peuple palestinien.

Conséquemment, nous, membres soussignés du Conseil des organisations palestiniennes des droits de l'homme, faisons les recommandations suivantes :

- Que la communauté internationale entreprenne sérieusement d'assurer la protection internationale, incluant des solutions durables, aux réfugiés palestiniens, en particulier leur droit de retour et à l'autodétermination ;

- Que la communauté internationale prenne tous les moyens pour forcer Israël à respecter ses obligations en vertu du droit international humanitaire et du droit international en matière de droits humains et demande à Israël de cesser ses politiques et ses pratiques qui affectent de façon négative la population protégée. Nous rappelons donc à la communauté internationale que le transfert forcé constitue une violation grave du droit humanitaire international et que, conséquemment, les États ne doivent pas considérer légale la situation ainsi créée ni fournir aide ou assistance pour la faire perdurer. La communauté internationale doit aussi demander que cessent immédiatement ces activités et assurer qu'elles ne se répéteront pas et que des réparations seront fournies.

- Que l'OLP fasse des efforts concertés pour faire pression sur les États et les agences internationales pour qu'ils assument leurs responsabilités, particulièrement en ce qui concerne leur obligation de faire cesser le refoulement et la discrimination.

- Que la communauté internationale appuie le travail des mécanismes internationaux visant la justice et la responsabilité, comme la Commission d'enquête de l'ONU et la CPI.

- Que la communauté internationale intensifie de façon significative ses efforts pour fournir aide humanitaire et protection, conformément aux standards internationaux, aux réfugiés palestiniens et aux déplacés internes, en particulier ceux qui sont assiégés à Gaza et en Syrie.


Les Palestiniens retournent, le 8 mai 2015, à une maison de Nabi Saleh qui a été démolie il y a dix ans.

(14 mai 2015. Photos : Active Stills, Palestine Social, Popular Struggle. Traduction : LML)

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