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Numéro 22 - 6 mai 2015
Premier Mai 2015
Des actions à
l'échelle du
globe
affirment les droits et rejettent l'ordre
du jour
néolibéral d'austérité,
de terreur et de
guerre
La Havane, Cuba, Premier
Mai 2015
L'extrémisme
du
gouvernement
Harper
est un affront aux valeurs canadiennes
• Le gouvernement canadien déploie des
troupes en Ukraine
- Louis Lang -
• Bellicisme éhonté du ministre
de l'Immigration et de la Citoyenneté
Premier anniversaire
du massacre d'Odessa
• Les atrocités du
régime de Kiev doivent cesser!
• La désinformation sur l'Ukraine cache
des batailles
féroces parmi les oligarques au pouvoir
- Dougal MacDonald -
Le Vietnam marque le
40e anniversaire de la victoire sur les impérialistes
américains et de la réunification nationale
• Des cérémonies grandioses
célèbrent la victoire
historique et l'édification
nationale
• 40 ans après la fin de la guerre du
Vietnam, n'oublions pas ceux qui
ont aidé à
l'arrêter et les Vietnamiens qui en souffrent encore
- Merle Ratner and Azadeh Shahshahani -
Au calendrier
d'événements
• Activités marquant le 70e anniversaire
de la défaite du fascisme
Supplément
Le
Premier Mai dans le monde
• Les travailleurs de tous les pays s'unissent
à la défense
de leurs droits et pour le progrès
social
Premier Mai 2015
Des actions à l'échelle du globe
affirment les droits
et rejettent l'ordre du jour
néolibéral d'austérité,
de terreur et de
guerre
Hamilton
Partout dans le monde, des millions de travailleurs, de
femmes et de jeunes ont marqué le Premier Mai, Journée
internationale d'unité et de lutte de la classe ouvrière,
par des actions vigoureuses pour affirmer leurs droits et s'opposer
à l'ordre du jour néolibéral qui est imposé
aux peuples par l'oligarchie financière et les gouvernements
à son
service. Dans les pays où ces gouvernements sont au pouvoir, les
peuples ont exprimé leur détermination à
résister aux attaques contre leurs droits et à leur
bien-être et aux programmes antisociaux
d'austérité, de terreur d'État et de
restructuration de l'État qui subordonnent
l'intérêt public aux intérêts privés.
Dans des pays comme Cuba, le Venezuela et la Bolivie,
où existent ou sont en train d'être créés
les mécanismes qui investissent le peuple du pouvoir, les
activités du Premier Mai ont été des occasions de
célébrer la construction de ce pouvoir,
l'édification nationale et le désir des peuples de
se tenir aux côtés les uns des autres sur la base du
respect mutuel, de la solidarité et de la paix.
Au Canada, les actions ont affirmé les droits de
tous et rejeté les attaques du gouvernement conservateur contre
la classe ouvrière et les plus vulnérables de la
société et contre la destruction nationale et de
l'environnement naturel et social à laquelle il se livre. Les
actions ont exprimé une détermination à se
débarrasser du gouvernement Harper
en cette année d'élections fédérales. Elles
ont aussi exprimé le rejet des gouvernements
néolibéraux des provinces et du Québec, qui
attaquent les programmes sociaux et les travailleurs qui les dispensent
au nom d'une frauduleuse austérité.
Au Québec, l'État a lancé une
offensive concertée et brutale contre les manifestants. À
Montréal, dès 6 heures du matin, la police a fait usage
de ses matraques contre les travailleurs rassemblés à
l'entrée du chantier de construction du Centre hospitalier de
l'Université de Montréal. Plus tard dans la
journée, alors qu'une manifestation de 1000
personnes, partie du cégep Ahuntsic dans le nord de la ville,
allait se joindre à d'autres manifestants au Carré
Phillips, la police a tiré des grenades lacrymogènes dans
la foule et a violemment repoussé les manifestants. La
manifestation à laquelle ils allaient se joindre, appelée
par la Convergence des luttes anticapitalistes, a débuté
à 19 heures et a
été déclarée illégale quelques
minutes après son début. La police a invoqué le
règlement municipal P-6 pour mener son assaut, disant que
certains
manifestants étaient masqués et que l'itinéraire
de la manifestation n'avait pas été communiqué.
Dans le cours de la soirée, plus de 70 personnes ont
été arrêtées pour méfait et entrave
au travail des policiers et des dizaines de personnes ont reçu
une contravention en vertu du règlement P-6. Des
passants ont aussi été visés par cette terreur
d'État.
Montréal
Les travailleurs ont fait face à ce type
d'attaques ailleurs dans le monde. C'est l'expression de la terreur
d'État qui est utilisée pour briser la résistance
des travailleurs à l'offensive néolilbérale
antisociale. Les travailleurs ont marché derrière cette
bannière commune et aussi mis l'accent sur des problèmes
spécifiques auxquels ils font face en ce
moment, comme la violence et la brutalité policière dont
sont victimes les jeunes noirs aux États-Unis et le sort des
milliers d'Africains qui sont forcés de migrer vers les pays
européens à cause de l'anarchie et de la violence que
l'intervention impérialiste a créée en Afrique.
Canada
Halifax
Gatineau
 Ottawa

Toronto

Winnipeg

Edmonton

Calgary

Vancouver
États-Unis
New York
Los Angeles
Amérique Latine et Caraïbes
Mexico
La Havane, Cuba
Caracas, Venezuela
Quito, Équateur
La Paz, Bolivie
Europe
Londres, Angleterre
Dublin, Irlande
Paris, France
Hambourg, Allemagne
Lisbonne, Portugal
Athènes,
Grèce
Turquie
Asie
Moscou,
Russie
Vladivostok, Russie

Gaza, Palestine

Quetta; Lahore, Pakistan
Jakarta, Indonésie
Manille, Philippines
Phnom Penh, Cambodge
Pyongyang, Corée
Océanie
Brisbane, Australie
Afrique
Lusaka, Zambie
Capetown, Afrique du Sud

L'extrémisme du gouvernement Harper
est un affront aux valeurs canadiennes
Le gouvernement canadien déploie
des troupes en Ukraine
- Louis Lang -
Sur la colline du
parlement le 5 octobre 2014 (L.
Mitsner)
Le 14 avril 2015, les conservateurs de Stephen Harper
ont annoncé
qu'ils allaient envoyer 200 soldats canadiens en Ukraine dans le cadre
d'une soi-disant opération de formation composée de 800
soldats
étasuniens et 75 soldats britanniques. M. Harper n'a pas
expliqué
pourquoi il n'y a pas eu de débat au parlement sur ce
déploiement de
troupes canadiennes. Il a dit : « Le
Canada reste solidaire de la population ukrainienne face à
l’agression constante du régime Poutine. La contribution
militaire canadienne annoncée aujourd’hui aidera le personnel
des forces ukrainiennes à mieux défendre la
souveraineté et l’intégrité territoriale de leur
pays».
Le chef du Parti libéral, Justin Trudeau, a
appuyé le déploiement de
troupes canadiennes, tandis que le chef du NPD, Thomas Mulcair, a
critiqué le fait qu'elle n'a pas été
autorisée par le parlement ou par
l'OTAN. Elizabeth May, du Parti vert du Canada, a demandé que la
question soit débattue à la Chambre des communes. Elle a
dit : « Si Stephen Harper croit qu’il
tient un argument pour nous inciter à envoyer nos troupes en
Ukraine, il devrait le faire valoir au Parlement. Compte tenu des
renseignements que le Parlement a reçus à l’heure
actuelle, il semble n’y avoir aucune raison suffisante pour nous
engager militairement dans cette région ».
Alors que Harper justifie ces actions en évoquant
de nobles idéaux
comme la défense de la « souveraineté et de
l'intégrité territoriale »
de l'Ukraine, le véritable rôle du gouvernement canadien a
été
d'assister l'impérialisme américain de même que
l'Union européenne à
intervenir militairement et à installer au pouvoir le
régime
fantoche en Ukraine. Il a aussi travaillé avec les autres
puissances
étrangères à prendre le contrôle de
l'agriculture ukrainienne. En
réalité, les conservateurs de Harper ont
collaboré activement avec le Fonds monétaire
international et la Banque
mondiale, avant et après le coup contre le président
élu, Viktor Ianoukovich, pour ouvrir le
riche secteur de l'agriculture ukrainienne aux investissements
privés
étrangers.[1]
Les conservateurs de Stephen Harper continuent de
justifier les
activités criminelles du gouvernement de Kiev contre le peuple
d'Ukraine. C'est un fait bien connu que le régime de Kiev s'est
attaqué
aux Ukrainiens de l'Est avec toute la férocité d'un
nettoyage ethnique.
Par le déploiement de milices néonazies et par les bombes
et
l'artillerie, il
a détruit des villes et des villages. Il a eu recours à
l'arme de la
famine généralisée et coupé
l'électricité, gelé des comptes bancaires
et mis fin aux mesures de sécurité sociale et aux
régimes de retraite.
Plus d'un million de réfugiés ont traversé la
frontière pour s'enfuir
vers la Russie. Rien de tout cela n'est rapporté par les
principaux
médias
occidentaux, qui ne font que déformer les faits et lancer des
accusations non fondées à l'effet que les Ukrainiens de
l'est du pays,
qui luttent pour le droit à des régions autonomes
où leurs droits sont
reconnus, sont des « terroristes » et des
« séparatistes pro-russes ».
Dans une entrevue à Salon.com le 16 avril 2015,
l'historien
étasunien Stephen F. Cohen a parlé des crimes
perpétrés par le
gouvernement de Kiev. Il a dit : « C'est vraiment
horrible que Kiev ait
eu recours à l'artillerie, aux obus et même aux avions
tout récemment
pour bombarder de grandes villes résidentielles, non seulement
Donetsk et Louhansk, mais aussi d'autres villes. J'imagine que ces
villes ont des populations de 500 000, voire même 2 ou 3 millions
d'habitants. C'est illégal. Ce sont des crimes de guerre,
à moins qu'on
assume que les rebelles ont bombardé leurs propres mères,
grand-mères,
pères et soeurs. C'est Kiev qui a fait cela, appuyé par
les États-Unis.
Les États-Unis sont totalement complices de la destruction de
ces
villes de l'Est et de leurs peuples. Lorsque Nuland [l'assistante du
secrétaire d'État pour l'Europe et l'Eurasie] dit au
Congrès que les
morts sont au nombre de 5 000 ou de 6 000, ce sont là les
chiffres de
l'ONU. Il ne s'agit que des corps qu'on a trouvés dans les
morgues. Un
grand
nombre de corps n'ont toujours pas été retrouvés.
Selon les
renseignements allemands, leur nombre est de 50 000. »
La bande de Harper ne cesse de répéter ce
grand mensonge, à chaque
fois qu'elle ouvre la bouche, au sujet d'une « agression
russe », même
s'il n'existe aucune preuve pour justifier ses accusations. En
même
temps qu'il ne recule devant rien pour diaboliser le président
russe
Vladimir Poutine, le gouvernement canadien tente de
justifier le fait qu'il vient en aide au régime barbare et
belliciste
mis en place par les États-Unis à Kiev, qui n'est pas une
institution
démocratique mais un ramassis d'oligarques qui se font la guerre
avec
chacun son armée privée et ses milices néo-nazies.
Le gouvernement de Kiev, que le gouvernement Harper
soutient, a
montré sa nature fasciste quand il a fait passer des lois
récemment qui
imposent un État policier en Ukraine.
Le 9 avril, la Rada ukrainienne a adopté quatre
projets de loi
déposés par le gouvernement, , interdisant
« les symboles et la
propagande communistes ». Lorsque les lois entreront en
vigueur, tout
monument à l'effigie de personnalités communistes n'ayant
pas encore
été détruit par les voyous fascistes ces derniers
mois devra être
démoli.Tous les noms de villes ou de rues portant le nom de
communistes
doivent être changés. Dans le préambule du projet
de loi, on peut
lire : « Le projet de loi vise à condamner les
régimes criminels
totalitaires communistes et nationaux-socialistes (nazis) au niveau
législatif, à mettre en vigueur une interdiction de toute
négation
publique du caractère criminel des régimes totalitaires,
à interdire
l'utilisation de symboles et de propagande, à obliger
l'État à faire
enquête et à rendre publics les crimes commis par les
membres de ces
régimes totalitaires afin de prévenir toute
répétition de ces crimes à
l'avenir, d'éliminer toute menace à la
souveraineté, à l'intégrité
territoriale et
à la sécurité nationale de l'Ukraine, et de
favoriser la justice
historique. »
La loi anti-propagande vise les symboles communistes de
1917 à 1991
et la liste des objets qui sont bannis comprend le drapeau et l'hymne
national soviétiques de même que les monuments et plaques
historiques
qui commémorent les dirigeants communistes. Les
pénalités pour
violation de la loi vont de cinq à dix ans de prison.
Parmi les monuments qui ont déjà
été démolis par les voyous
fascistes se trouve celui dédié au légendaire
agent de renseignement
soviétique, Nikolaï Kouznetsov, dans le village de Povcha
dans la
région
de Rivne en Ukraine. Nicolaï Kouznetsov, qui a été
reconnu
comme le
meilleur agent de renseignement soviétique de la Deuxième
Guerre
mondiale, a à lui seul éliminé 11
généraux et officiers supérieurs de
l'administration d'occupation de l'Allemagne nazie. Nikolaï
Kouznetsov avait aussi fourni l'information sur les
préparatifs de
l'offensive allemande à Koursk. Selon TASS, il a
été tué le 9 mars 1944 dans un échange de
tirs avec des soldats de
l'Armée
insurrectionnelle ukrainienne (UPA), la faction paramilitaire de
l'Organisation des nationalistes ukrainiens (OUN), la même
organisation
notoire de collaboration avec les Nazis dont les membres ont
été
proclamés héros nationaux d'Ukraine par cette loi.
À Velikiy Lyuben (région de Lviv), les
disciples de l'UPA ont
détruit un monument consacré à un garçon
polonais de cinq ans, Roma
Tara, qui avait été tué par la bande de Bandera.
La condamnation des « régimes
totalitaires nazis » qui se trouve
dans cette loi n'est là que pour en dissimuler les
véritables
intentions anticommunistes. On le voit bien à cette autre loi
que la
Rada a adoptée, « Sur le statut légal et pour
commémorer les
combattants pour l'indépendance de l'Ukraine au cours du 20e
siècle ». Ce projet de loi dresse la liste d'une
douzaine
d'organisations qu'on reconnaît comme étant des
combattants de la
liberté ukrainiens, dont font partie des organisations ayant
collaboré
avec les nazis et commis des massacres contre les Juifs, les Polonais
et d'autres, comme l'OUN et l'UPA. Leurs symboles sont
fréquemment
arborés
par les organisations d'extrême-droite et les organisations
fascistes
paramilitaires qui font maintenant partie de l'appareil d'État.
En
fait, il y a quelques jours, le dirigeant de Secteur droit, Dmytro
Yarosh, qui se considère l'héritier de la tradition de
collaboration
nazie de Stefan Bandera et ses organisations OUN-UPA, a
été nommé
conseiller auprès
du Chef d'état major des Forces armées.
En vertu de ce nouveau projet de loi, les symboles de
ces
organisations de collaboration et de génocide nazis seront
protégés par
la loi : « Toute négation de la
légitimité de la lutte de
l'indépendance de l'Ukraine au 20e siècle et tout ce qui
peut être
reconnu comme étant une insulte à la mémoire des
combattants de
l'indépendance
de l'Ukraine au XXe siècle constitue un dénigrement du
peuple ukrainien
et est illégal. »
Une autre organisation qui est spécifiquement
mentionnée dans la loi
est le Hetmanate, une dictature antisocialiste de courte durée
appuyée
par l'Allemagne et ayant existé en 1918. Ainsi, la
réécriture de
l'histoire par les « patriotes ukrainiens »
modernes atteint les
limites de l'absurde. Le Hetmanate n'a existé que grâce
à l'appui
allemand et austro-hongrois. Les commandants de ses forces
armées
étaient tous des officiers de l'Armée impériale
russe défaite par les
Bolcheviks. La vaste majorité des Ukrainiens s'opposaient au
Hetmanate
et ils l'ont renversé dans l'espace de dix mois. Qu'une telle
organisation soit considérée partie de « la
lutte de l'indépendance de
l'Ukraine » démontre clairement que ce qu'on cherche
à légitimer et à
protéger c'est l'anticommunisme et l'antisocialisme.
Les nouvelles lois ukrainiennes abaissent aussi
l'importance de la
célébration de la Journée de la Victoire du 9 mai
en créant, le 8 mai,
une Journée de souvenir et de réconciliation en Ukraine
qui va
« commémorer toutes les victimes de la
Deuxième Guerre mondiale ». On
doit conclure qu'il s'agit de célébrer ceux qui sont
morts
en combattant du côté des nazis.
L'expression Grande Guerre
patriotique ne sera plus utilisée officiellement. La
Journée de la
Victoire sera toujours un jour férié mais la nouvelle loi
interdit la
présence de tout symbole soviétique lors des
cérémonies du souvenir.
Comme c'est l'Union soviétique qui a joué le rôle
décisif dans la
défaite du
nazisme, ces lois visent à vider la victoire contre le nazisme
de tout
son sens en interdisant les symboles soviétiques.
Ces nouvelles lois ont été vigoureusement
condamnées par les peuples partout dans le monde.
Le 12 avril 2015, le Centre Simon Wiesenthal a
émis une déclaration
dénonçant les lois adoptées par le parlement
ukrainien qui mettent le
communisme et le nazisme sur un pied d'égalité et
apellent des
collaborateurs nazis locaux des « Combattants de la
liberté ». La
déclaration dit :
« Dans une déclaration émise
aujourd'hui par le directeur des
Affaires de l'Europe de l'Est, l'historien de l'Holocauste du centre,
le docteur Efraim Zuroff, a dit de ces décisions qu'elles
étaient de
viles déformations de l'histoire de la Deuxième Guerre
mondiale et de
l'Holocauste.

Zuroff écrit : « L'adoption d'un
interdit sur le nazisme et le
communisme met sur un pied d'égalité le régime le
plus génocidaire de
l'histoire humaine et le régime même qui a
libéré Auschwitz et a
contribué à mettre un terme au règne de terreur du
Troisième Reich.
Dans le même esprit, la décision d'honorer les
collaborateurs
nazis locaux et de leur accorder un statut spécial transforme
les
hommes de main d'Hitler en héros en dépit de leur
participation active
et enthousiaste au meurtre de masse de Juifs innocents. Ces tentatives
de réécrire l'histoire, que l'on retrouve partout en
Europe de l'Est
post-communiste, ne pourront jamais effacer les crimes commis par les
collaborateurs nazis dans ces pays, et ne font qu'affirmer que ces gens
n'honorent aucunement les valeurs occidentales qu'ils prétendent
avoir
embrassées dans leur transition vers la
démocratie. »
Quant à l'extrémisme du gouvernement
Harper, il est si poussé que ce
gouvernement se permet d'accueillir des individus comme le
vice-président de la chambre au parlement ukrainien, Andriy
Paroubiy,
qui a été accueilli en héros par les conservateurs
de Stephen Harper le
23 février 2015 à Ottawa. Andriy Paroubiy a
été le
cofondateur du Parti
national-socialiste d'Ukraine en 1991, un Parti néonazi qui
glorifie
ouvertement l'activité en temps de guerre des collaborateurs
antisémites lors de la Deuxième Guerre mondiale, dont
l'OUN et l'UPA.
La décision de Harper d'expédier des
troupes canadiennes en Ukraine
constitue une ingérence dans les affaires internes d'un
État souverain.
Plus encore, Harper implique les soldats canadiens dans les crimes de
guerre qui sont commis présentement contre les peuples de
Donetsk et de
Louhansk par le gouvernement de Kiev. Qui plus est, en
participant aux côtés des États-Unis et de la
Grande-Bretagne qui ont
aussi déployé des troupes en Ukraine, le gouvernement
Harper viole par
le fait même l'accord de paix du 15 février 2015 qui
interdit toute
troupe étrangère en Ukraine.
Par cette collusion avec le gouvernement néonazi
de Kiev, les
conservateurs de Stephen Harper commettent un affront contre la vaste
majorité des Canadiens qui ont combattu et consenti de grands
sacrifices pour vaincre la peste du nazisme pendant la Deuxième
Guerre
mondiale.
Note
1.Voir Le pillage au nom de la stabilisation
économique, de la démocratie et des droits de la personne
- Louis Lang, Le Marxiste-Léniniste, 18
février 2015, numéro 7

Bellicisme éhonté du ministre de
l'Immigration
et de la Citoyenneté
Toronto le 23 juin 2014 (L. Mitsner)
Le Congrès ukrainien canadien, une organisation
qui a ouvertement soutenu le régime ukrainien
pro-américain pro-nazi du premier ministre Arseni Iatseniouk, a
tenu un dîner de levée de fonds à Toronto en
février où le ministre de la Citoyenneté et de
l'Immigration Chris Alexander a prononcé un discours qui s'est
attiré des critiques de toutes
parts pour ses absurdités bellicistes et exagérations
presque surréalistes. Les sections de son discours qui ont
été les plus vertement critiquées sont les
suivantes :
« Ce qui se passe en Ukraine orientale ... a
vraiment à voir avec le processus inachevé pour mettre
fin pour de bon à l'existence de l'Union soviétique.
Mettre fin à l'oppression et mettre fin au pacte faustien qui a
été conclu durant la Deuxième Guerre mondiale avec
l'Union soviétique de Staline, pour de bon ...
« Nous nous attendions à cela. Nous
nous attendions à une crise en Ukraine, car il y a toujours eu
des Russes, depuis 1991, partout, et maintenant autour de Vladimir
Poutine qui ont voulu rapiécer Humpty Dumpty, qui ne pouvaient
pas accepter que l'Ukraine puisse être un pays
indépendant. Ils sont une menace à la Russie, ils sont
une
menace à l'Ukraine, ils sont une menace pour le monde entier.
Nous devons dénoncer cette idéologie dangereuse qui est
présente ici même à Toronto et qui est
présente partout au Canada. Elle nous parvient par
l'intermédiaire des chaînes d'État russes qui
prêchent ce poison absolu ...
« Toutes nos démocraties
dépendent de l'issue de cette lutte. Ça va être un
grand combat. Nous sommes juste au début de cette lutte. Quand
je vois se rassembler des groupes comme celui-ci ... Je sais que
l'avenir de l'Ukraine est encore prometteur. Je sais que
l'époque qui a amené le Canada en Ukraine n'a jamais
été aussi
importante. »
Le ministre a également
déclaré : « Je crois que selon notre
premier ministre et notre équipe, c'est le plus grand
problème auquel le monde fait face aujourd'hui. Oui, il y a le
terrorisme. Vladimir Poutine se comporte comme un terroriste ... mais
la responsabilité commence en Ukraine. Il n'y a absolument aucun
scénario pour
l'avenir qui mène à la paix et la sécurité
pour ce monde, qui mène à la prospérité en
Europe, à l'échelle mondiale, qui ne comprend pas un
effort international concerté pour donner à l'Ukraine les
outils dont elle a besoin pour chasser les forces russes de ses
frontières et sécuriser ses frontières pour de
bon ».
Une dépêche en date du 13 mars
intitulée « Le ministre de l'Immigration du Canada
prononce un discours pro-guerre devant un auditoire ukrainien de droite
à Toronto » présente l'opinion
éditoriale du bulletin The New Cold : Ukraine and
Beyond, dont l'objectif est de fournir des informations factuelles
précises
sur le conflit en Ukraine et les conséquences de son rapide
élargissement. Il écrit :
« Le ministre a prononcé une diatribe
pro-guerre qui pourrait facilement servir de dialogue dans une suite au
film de 1964 'Docteur Folamour' sur une guerre nucléaire
catastrophique. M. Alexander a dit que 'toutes' les options militaires
doivent être considérées pour donner le
'châtiment bien mérité' au président russe
Vladimir Poutine
...
« Le ton agressif du ministre a
été sans doute inspiré par la présence du
conférencier principal au dîner, Andriy Paroubiy. Il est
le
vice-président du parlement ukrainien. Il a été
l'un des fondateurs d'une importante organisation de
l'extrême-droite en Ukraine en 1991, le Parti social-national de
l'Ukraine. Le parti est devenu une source
pour les formations d'extrême droite à venir, dont le
parti Svoboda d'aujourd'hui.
« Paroubiy a aussi été un
'commandant' des troupes de choc d'extrême-droite qui ont pris la
direction du mouvement de protestation appelé 'euromaïdan'
à Kiev à la fin de 2013 et au début de 2014. Les
actions violentes de l'extrême-droite au carré Maidan
à Kiev ont entraîné le renversement du
président élu Viktor Ianoukovitch et le
début de la guerre civile par le nouveau gouvernement contre le
peuple de l'est de l'Ukraine.
« Plusieurs centaines de personnes ont
assisté au dîner. Le lendemain Paroubiy s'est rendu
à Ottawa où il a été fêté par
le gouvernement du Parti conservateur du premier ministre Stephen
Harper. Le commandant des troupes de choc a reçu un accueil
chaleureux du ministre des affaires étrangères du Canada,
Rob Nicholson, et de
nombreux membres du Parlement. »
Un article en date du 16 mars écrit par David
Climenhaga et intitulé « Le ministre de la
Citoyenneté Chris Alexander prononce un discours troublant sur
l'Ukraine » a été publié sur Rabble.ca.
Climenhaga y soutient :
« L'un des points principaux promus par le
premier ministre Stephen Harper et ses partisans dans la campagne
électorale fédérale qui est maintenant à
toutes fins pratiques en cours est que les conservateurs sont des
hommes d'État matures, tandis que le chef libéral Justin
Trudeau est un gamin qui peut faire ou dire n'importe quoi, alors
que le chef du NPD Thomas Mulcair est un vieil homme coléreux.
« Mais lorsque les médias sont
absents, les conservateurs n'ont pas d'égal pour ce qui est de
la rhétorique colérique et immature.
« En effet, en écoutant le discours de
Chris Alexander devant le Congrès ukrainien canadien... on a
l'impression que les adultes ne sont plus aux postes de commande
à Ottawa et que les personnes responsables des opérations
sont en train de faire une crise de colère avec des
conséquences potentiellement catastrophiques. »
Climenhaga fait également référence
à la tentative d'Alexander de dissocier les penchants pro-nazis
du régime à Kiev :
« Alexander a ensuite tenu un long discours niant vivement
l'argument que l'Ukraine moderne a un problème avec les
néo-nazis. Alors que l'influence des groupes et des milices
d'extrême droite a été rendue crédible par
des organisations de presse généralement conservatrices
comme la BBC, le Daily Telegraph et même par le New
York
Times normalement politiquement fiables, Alexander a
blâmé ' la télévision de langue russe ' pour
ce qu'il a appelé 'une des plus grandes perversions de
l'histoire
que j'ai vue dans ma vie'. »
Un article en date du 26 mars et intitulé
« Les fantasmes de la guerre froide de M.
Alexander » dans iPolitics par Christopher
Westdal, ambassadeur du Canada en Russie de 2003 à 2006 et en
Ukraine de 1996 à 1998, qualifie le discours d'Alexander
d'« attaque cinglante contre Vladimir Poutine tout en
lançant
un appel vibrant aux armes ».
Westdal conclut : « Puisque rien du
discours de M. Alexander n'a été désavoué
depuis qu'il l'a donné, nous devons conclure qu'il a
parlé au nom du gouvernement. Je suis profondément
troublé de penser que ces vues représentent le discours
public et que le Canada contribue à une sérieuse crise de
la sécurité mondiale. Je suis
encore plus troublé de penser que les Canadiens ukrainiens
pourraient croire que ces réflexions simplistes et cette
rhétorique irresponsable aideront la terre de leurs
ancêtres. M. Alexander prétend parler ' au nom de ceux
d'entre nous qui ont servi en Russie '. Il ne parle pas en mon
nom. »

Premier anniversaire du massacre d'Odessa
Les atrocités du régime de Kiev
doivent cesser!
Le 2 mai 2015, des actions ont été
organisées dans plusieurs villes canadiennes pour
commémorer le premier anniversaire du massacre brutal d'Odessa.
Le 2 mai 2014, des voyous dirigés par le groupe fasciste Secteur
droit ont mis le feu à la Maison des syndicats d'Odessa, tuant
au moins 48 activistes ukrainiens qui s'étaient
réfugiés dans
l'édifice pour se mettre à l'abri de la violence qui
faisait rage dans la rue. Ces activistes manifestaient de façon
pacifique à Odessa contre les mesures fascistes du gouvernement
de Kiev et recueillaient des signatures pour la tenue d'un
référendum pour une Ukraine fédérale
lorsqu'ils ont été attaqués violemment par des
bandes organisées par
Secteur droit. On ne connaît pas le nombre exact des victimes,
mais on l'estime généralement à 100. Le chiffre
qui est le plus souvent mentionné est 116.
Des témoins affirment avoir vu les membres des
forces de sécurité de l'Ukraine se retirer des lieux,
permettant aux néo-nazis de bloquer les sorties et de lancer des
bombes incendiaires sur l'édifice, forçant plusieurs
personnes à sauter par les fenêtres vers leur mort. Les
quelques personnes qui ont survécu à leur chute ont
été sauvagement
battues à coups de matraques et de chaînes par les quelque
300 voyous extrémistes qui s'étaient rassemblés
dans la rue.
Depuis ce temps, le gouvernement de Kiev a tout fait
pour dissimuler et déformer la vérité sur cet
horrible crime. Les résultats des examens
médico-légaux sur la cause des décès sont
classifiés et n'ont été divulgués que
récemment. Aucun des auteurs du massacre n'a été
arrêté et le bureau du procureur d'État agit comme
si les nombreuses
vidéos qui montrent clairement les coupables n'existaient pas.
En fait, ce sont les personnes qui ont tenté de défendre
la Maison des syndicats qui ont été arrêtées
et traînées en cour. Bien qu'aucune preuve de leur
culpabilité n'ait été trouvée par les
tribunaux, ceux-ci refusent de libérer les accusés.
L'assaut contre la Maison
des syndicats d'Odessa par des
voyous fascistes, le 2 mai 2014. Les pompiers ne sont intervenus que
lorsque les portes sont tombées sous les flammes.
Des centaines de vidéos et de témoignages
de témoins oculaires et de survivants de l'attaque criminelle
révèlent de façon irréfutable que cet acte
a été prémédité et organisé,
en coordination avec les forces policières d'Odessa. Le
régime de Kiev a envoyé à Odessa des autobus
remplis de voyous de « Secteur droit »
habillés en
civils et se faisant passer pour des séparatistes, qui se sont
mis à faire feu sur une foule de supporters d'une équipe
de soccer de l'ouest de l'Ukraine qui sortaient du stade. On rapporte
que certains membres de la police locale ont refusé de
participer à ce complot, mais les vidéos
révèlent clairement qu'un grand nombre d'entre eux ont
amené ces
fans de soccer enragés, Ukrainiens de l'Ouest pro-Kiev, vers les
campements des manifestants devant la Maison des syndicats où
les manifestants avaient distribué des tracts contre le
régime de Kiev, pour qu'ils aident à y mettre le feu.
Certaines vidéos révèlent qu'avant
l'arrivée de ces partisans de soccer enragés, des voyous
avaient mis le feu aux
tentes installées devant la Maison des syndicats. Les agents du
régime, feignant d'appuyer les manifestants, leur ont dit qu'ils
allaient être attaqués et qu'ils feraient mieux, pour leur
propre sécurité, de se réfugier dans
l'édifice de la Maison des syndicats. C'est alors que les
agresseurs ont mis feu aux tentes et lancé des bombes
incendiaires à
l'intérieur de l'édifice. Avant même que les
personnes piégées à l'intérieur de
l'édifice ne soient incinérées, des hommes du
régime sont entrés dans le sous-sol de l'édifice
où s'étaient réfugiés des manifestants et
en ont tué autant qu'ils ont pu. La plupart des cadavres ont
été sortis de l'immeuble et entassés dans des
camions qui ont pris la fuite,
mais la police a compté les victimes aux étages
supérieurs et annoncé que le nombre des victimes
était d'environ 40.
Le dirigeant de Secteur droit, Dmytro Yarosh, a
salué le massacre comme étant « une autre
journée radieuse de notre histoire nationale ». Les
médias étasuniens et britanniques ont parlé d'une
« tragédie nébuleuse »
résultant d' « affrontements » entre
« nationalistes » (néo-nazis) et
« séparatistes ». Le New York Times
a ignoré la nouvelle, ayant écarté comme de la
propagande russe les mises en garde au sujet des politiques fascistes
et antisémites des nouveaux clients de Washington. Le Wall
Street Journal a blâmé les victimes dans un article
intitulé : « Un incendie mortel en
Ukraine probablement provoqué par les rebelles, selon le
gouvernement ».
Le président des États-Unis, Barack Obama,
a lui aussi alimenté les flammes de la désinformation
dans des communiqués émis suite au massacre d'Odessa. En
dépit des vidéos qui montrent les atrocités
commises contre des personnes sans armes à la Maison des
syndicats, Obama a déformé les faits pour défendre
le régime fantoche de
Washington à Kiev en déclarant que « alors que
les forces ukrainiennes prennent des mesures pour restaurer l'ordre en
Ukraine de l'Est, il est clair pour tous que ces groupes appuyés
par la Russie ne sont pas des manifestants pacifiques. Ce sont des
militants armés jusqu'aux dents qui reçoivent un appui
important de la Russie. Le
gouvernement ukrainien a le droit et la responsabilité de
soutenir la loi et l'ordre sur son territoire et la Russie doit faire
usage de son influence pour que ces groupes paramilitaires se
désarment et cessent de provoquer la violence ».
L'administration Obama continue de dissimuler les crimes
du gouvernement de Kiev qui intensifie sa persécution et ses
meurtres contre ses adversaires politiques à un rythme alarmant.
De récents rapports indiquent que des journalistes, des
politiciens et des universitaires qui sont contre le régime de
Kiev sont tués systématiquement par des
escouades de la mort
Un article récent de Justin Raimondo
intitulé « Les meurtriers de Kiev » et
publié sur le site web d'Antiwar.com le 17 avril 2015 fournit de
plus amples informations sur les morts récentes en Ukraine.
Le 26 janvier — Nikolai Sergienko, ancien responsable
adjoint des Chemins de fer ukrainiens et supporter du Parti des
régions de Viktor Ianoukovitch, se serait tué avec un
fusil de chasse. Les fenêtres étaient verrouillées
de l'intérieur et aucune note n'a été
trouvée.
Le 26 janvier — Aleksey Kolesnik, l'ancien
président du gouvernement régional de Kharkov et un
supporter connu du Parti des régions maintenant interdit, se
serait pendu.
Le 24 février — Stanislav Melnik, un autre ancien
membre du parlement pour le Parti des régions a
été trouvé sans vie dans sa salle de bain. On dit
qu'il se serait tué avec un fusil de chasse et qu'il aurait
laissé une lettre de suicide où il
« s'excuse », mais la nature de ces excuses n'a
jamais été révélée et la lettre n'a
jamais été
rendue publique.
Le 25 février — Sergey Valter, ancien activiste
du Parti des régions et maire de Melitopol, a été
trouvé pendu quelques heures avant son procès pour des
accusations d'« abus de pouvoir ».
Le 26 février — Aleksandr Bordyuga, l'avocat de
Valter et ancien responsable adjoint de la police de Melitopol, a
été trouvé mort dans son garage, un autre
« suicide ».
Le 26 février — Oleksandr Peklushenko, un ancien
membre du parlement pour le Parti des régions et
président de l'Administration de l'État régional
de Zaporozhye, a été trouvé mort dans la rue avec
un fusil attaché autour du cou. Raison officielle :
« suicide ».
Le 28 février — Mikhail Chechetov, un professeur
en économie et en ingénierie, ancien membre du parlement
pour le Parti des régions et ancien dirigeant de la commission
de privatisation, aurait sauté du dix-septième
étage de son appartement de Kiev. Un autre
« suicide » !
Le 14 mars — Sergey Melnichuk, un procureur loyal au
Parti des régions, a « fait une chute » du
neuvième étage d'un immeuble à logis à
Odessa.
Le 15 avril — Oleg Kalashnikov, lui aussi dirigeant
connu du Parti des régions, est mort suite à une blessure
par balle — le huitième depuis le début de l'année.
Le 16 avril — Oles Buzina, historien et journaliste,
tué par balle.
Le 16 avril — Serhiy Sukobok, journaliste, tué
par balle.
Le 17 avril — Olga Moroz, rédacteur-en chef du Neteshinskiy
Vestnik, trouvée morte chez elle. Son corps portait
« les marques d'une mort violente » .
Ces meurtres en série sont liés de
près à un site web, « Peacemaker »,
financé par un membre du parlement et conseiller du gouvernement
ukrainien, Anton Gerashchenko. L'objectif avoué de Peacemaker
est le suivant : « Centre de recherche qui met en
lumière les crimes commis contre la sécurité et la
paix nationales
ukrainiennes et contre la sécurité, l'humanité et
le droit international. Nous fournissons de l'information à
l'intention des autorités policières et des services
spéciaux au sujet de terroristes, de séparatistes, de
mercenaires, de criminels de guerre et de meurtriers
pro-russes ».
Le site parle d'une liste de 7 700 noms de
« saboteurs » et de
« terroristes ». Les gens sont invités
à afficher de l'information personnelle, dont des adresses et
des numéros de téléphone, de gens
présumés hostiles au régime de Kiev. Ce sont de
telles informations qui ont été publiées au sujet
de Buzina et de
Kalashnikov moins de 48 heures avant qu'ils ne soient assassinés.

Toronto le 2 mai
2015
|
Aussi, certains des meurtres ont été
revendiqués par un groupe portant le nom Armée
d'insurrection d'Ukraine. Selon la BBC, ce groupe aurait
écrit : « Nous déclenchons une
insurrection sans merci contre le régime anti-ukrainien de
traîtres et de laquais de Moscou. Désormais, nous ne leur
parlerons que par la voix des armes,
jusqu'à leur élimination la plus totale. »
Jusqu'à présent, personne n'a été
arrêté pour ces meurtres.
Afin de commémorer le meurtre d'activistes
ukrainiens à Odessa le 2 mai 2014, les gens à
l'échelle mondiale qui s'opposent à la violence fasciste
et à la suppression des droits démocratiques doivent
parler d'une seule voix et dénoncer les atrocités
commises contre le peuple ukrainien par le régime de Kiev.
Toutes les personnes éprises de
liberté doivent tenir l'impérialisme américain et
ses alliés responsables de la vague de violence du régime
de Kiev qui déferle sur l'Ukraine, un régime
détesté par le peuple et qui ne pourrait survivre une
seule journée sans l'appui des États-Unis, de l'OTAN et
de leurs hommes de main, y compris les conservateurs de Harper.
Tous les fauteurs de guerre qui veulent noyer l'Europe
de l'Est dans une autre guerre de destruction pour servir leur ordre du
jour visant à dominer la Russie méritent d'être
condamnés par le monde entier. Toutes les troupes
étrangères doivent se retirer de l'Ukraine
immédiatement afin de permettre au peuple ukrainien de
déterminer son propre
destin sans ingérence étrangère.

La désinformation sur l'Ukraine cache des
batailles féroces parmi les oligarques au pouvoir
- Dougal MacDonald -
Le 24 mars, il fut annoncé qu'un conflit ouvert a
éclaté entre le président actuel de l'Ukraine
Petro Porochenko, le « roi du chocolat »
milliardaire qui est arrivé au pouvoir lors du coup
d'État de juin 2014, et le milliardaire Igor Kolomoïsky,
gouverneur de l'oblast de Dnipropetrovsk, propriétaire de
Privatbank et ayant d'importants
intérêts dans les métaux, le pétrole et les
médias. Dnipropetrovsk est la plus importante région
industrielle de l'Ukraine. Le sujet spécifique du conflit est le
contrôle par Kolomoïsky de deux sociétés
d'État du secteur de l'énergie, UkrTransNafta et Ukrnafta.
Le conflit s'est arrêté, au moins
temporairement, seulement par l'intervention directe de l'ambassade
américaine, qui exploite le fait que Kolomoïsky pourrait
mettre en danger ses propres investissements en occident s'il poursuit
ses attaques contre Porochenko. Cette ingérence des
États-Unis dans les affaires internes de l'Ukraine et la
dépendance croissante du pays envers les États-Unis ne
sont clairement pas dans les meilleurs intérêts du peuple.
Pendant ce temps, le conflit entre Porochenko et Kolomoïsky
révèle une fois de plus comment le vrai pouvoir en
Ukraine est détenu par environ une douzaine d'hommes d'affaires
ou « oligarques » milliardaires. Les
oligarques, qui ont une richesse combinée s'élevant
à un cinquième du PIB du pays, se battent constamment
l'un contre l'autre pour plus de profits et de pouvoir politique,
utilisant le peuple Ukrainien comme leur chair à canon.
Kolomoïsky est classée comme la
troisième personne la plus riche en Ukraine. Il a une triple
citoyenneté israélo-chyprio-ukrainienne et dirige son
empire financier de la Suisse. Kolomoïsky contrôle plusieurs
compagnies profitables basées en Ukraine, incluant Privatbank et
Burisma Holdings, la plus grande entreprise privée
gazière en Ukraine.
Alors que le vice-président Joe Biden était engagé
dans des pourparlers diplomatiques avec l'Ukraine en mai 2014, Burisma
annonçait que Hunter Biden, le fils de Joe Biden, joignait son
conseil d'administration. Kolomoïsky a utilisé les forces
de sécurité de Privatbank pour appliquer des prises de
contrôle hostiles de compagnies de pair avec des
faux ordres de tribunaux et des tactiques musclées pour
remplacer les administrateurs dans les conseils d'administration
d'entreprises dont il a acheté des participations.
Kolomoïsky a utilisé quelques-uns de ses milliards pour
créer et financer ses propres armées privées
menant la guerre contre la population russe, incluant le bataillon
Dnipro qui
bloquait l'aide humanitaire, le bataillon ouvertement pro-nazi Azov et
le bataillon Aïdar qui a été accusé de crimes
de guerre.
Les oligarques Ukrainiens sont devenus riches en
privatisant les anciens actifs publics après la
« chute du communisme » en 1991. Le
président Porochenko était un allié proche de
Viktor Iouchtchenko, président de l'Ukraine de 2005-2010. Il a
servi dans le gouvernement Iouchtchenko et est aussi le parrain des
filles de
Porochenko. Porochenko était l'homme d'affaires le plus riche
parmi les supporteurs de Iouchtchenko et était un des principaux
bailleurs de fonds du parti politique Notre Ukraine et la
Révolution orange conçue aux États-Unis qui a
porté Iouchtchenko au pouvoir. Cependant, Iouchtchenko a omis
d'assurer ses arrières lors de l'élection
présidentielle
de 2010, obtenant seulement 5,5 % des votes. Il a essuyé un
nouvel échec en 2012.
À l'élection de 2010, la plupart des
oligarques ont appuyé Viktor Ianoukovytch qui est devenu le
nouveau président. Rinat Akhmetov, l'homme le plus riche du pays
en raison de sa prise de contrôle d'actifs publics dans l'acier,
le charbon et l'énergie, a aidé à financer la
campagne 2010 de Ianoukovytch. Le deuxième homme le plus riche
de l'Ukraine, le milliardaire des tuyaux d'acier Viktor Pintchouk, a
aussi appuyé Ianoukovytch. La situation a changé à
la fin novembre 2013, lorsque Ianoukovytch a rejeté un accord
commercial en attente avec l'UE, appelant à resserrer les liens
avec la Russie. Le traité avec l'UE aurait permis aux monopoles
européens de mettre la main sur les
importants marchés d'énergie de l'Ukraine. Au lieu de
signer l'entente avec l'UE, Ianoukovytch est allé à
Moscou le 17 décembre et a signé plusieurs ententes avec
le président russe Vladimir Poutine, qui aurait réduit
d'un tiers le coût du gaz russe vendu à l'Ukraine. La
Russie a aussi accepté de prêter 15 milliards $
à l'Ukraine à des
conditions avantageuses.
Certains oligarques derrière Ianoukovytch
avaient intérêt à resserrer les liens de l'Ukraine
avec la Russie. Le roi du titane Dmytro Firtash a des liens
étroits avec la Russie. Les exportations de dioxyde de titane
vers la Russie en janvier-juin 2013 totalisaient environ 13 000 tonnes,
soit 19,5 % des exportations aux marchés étrangers.
Un
autre groupe montant de monopoles ayant des liens avec la Russie
était étroitement lié au fils du président
Ianoukovytch, Oleksandr, incluant le « roi du
gaz » de 27 ans Sergey Kurchenko, qui détient aussi
un grand groupe de médias. Cependant, d'autres oligarques tels
Akhmetov et Pintchouk ont vu tout détournement du traité
avec
l'Union européenne comme une énorme perte
financière potentielle pour eux-mêmes et leurs empires et
comme devant être évité à tout prix.
Les ententes avec la Russie ont mené au coup
d'État parlementaire qui a écarté Ianoukovytch le
22 février 2014 et, éventuellement, à la
nomination de Petro Porochenko, ami de l'Union européenne, en
juin. Entre novembre 2013 et février 2014, Porochenko a
activement et financièrement appuyé les manifestations
Euromaïdan appuyées par les
États-Unis contre le gouvernement de Ianoukovytch pour avancer
ses propres intérêts économiques et politiques. En
mars 2015, Poroshenko a conclu une entente avec le FMI, qui est
contrôlé par l'oligarchie financière mondiale,
accordant à l'Ukraine un prêt de 17,5 milliards $ sur
quatre ans et liant solidement le pays aux intérêts
américains
et européens pour des années à venir.
Les oligarques Ukrainiens tels Porochenko et
Kolomoïsky et leurs supporteurs en Europe, en Russie, aux
États-Unis et au Canada mènent leurs batailles
économiques en tentant de mobiliser l'appui populaire, pas dans
l'intérêt du peuple Ukrainien, mais pour leurs propres
intérêts privés. La prise de contrôle
privée de l'État par les oligarques est la
cause des guerres, des tueries de civils innocents, de la
déstabilisation, des manifestations de rue, des intrigues
étrangères et de l'adoption de lois favorisant un bloc
par rapport à l'autre. Les politiciens étrangers tels
Stephen Harper et leurs lèches-bottes des médias
monopolisés interfèrent ouvertement dans les affaires de
l'Ukraine en répandant la
désinformation utilisant des slogans trompeurs
pro-démocratie mis de l'avant pour promouvoir les
intérêts de certains monopoles ukrainiens. Harper appuie
ouvertement Porochenko et les forces pro-UE, même si leurs liens
pro-nazis sont bien connus.

Le Vietnam marque le 40e anniversaire de
la victoire sur les impérialistes américains et de la
réunification nationale
Des cérémonies grandioses
célèbrent la victoire historique et l'édification
nationale
Le 30 avril, une cérémonie spectaculaire a
été organisée à Ho-Chi-Minh-Ville, avec une
parade de près de 6000 soldats, miliciens et civils pour marquer
le 40e anniversaire de la libération du Sud-Vietnam et de la
réunification nationale.
Ont participé à la
célébration de la victoire sur les agresseurs
américains le secrétaire général du Parti
communiste du Vietnam, Nguyen Phu Trong, le président Truong Tan
Sang, le premier ministre Nguyen Tan Dung, le président de
l'Assemblée nationale Nguyen Sinh Hung, d'anciens dirigeants
nationaux et des dirigeants de Ho-Chi-Minh-Ville et de plusieurs
provinces.
Il y avait aussi des délégués du
Cambodge, de Cuba et du Laos, des anciens combattants qui ont combattu
pour la libération de la ville il y a 40 ans et des Vietnamiens
vivant à l'étranger.
Des membres de 38 unités militaires et civiles,
dont l'Armée, les Forces de l'air, la Marine, des commandos, des
membres de la police et de la police mobile ont marché depuis le
jardin zoologique, passé le dais sur la rue Le Duan, et se sont
divisés en deux groupes pour emprunter les rues Ton Duc Thang et
Nguyen Thi Minh Khai après une
cérémonie aux drapeaux et de la musique et des danses.
La parade, qui a été observée par
les résidents locaux et des dirigeants nationaux et
internationaux, sous les yeux de journalistes nationaux et
internationaux, était dirigée par le lieutenant
général Nguyen Quoc Khanh, le chef d'État-major
général adjoint de l'Armée populaire du Vietnam.
De gauche à
droite : Le secrétaire
général du Parti communiste du Vietnam (PCV),
Nguyen Phu
Trong, l'ex-président de l'Assemblée nationale et ancien
secrétaire général
du PCV, Nong Duc Manh et le
premier ministre du Vietnam Nguyen Tan Dung lors de
la
célébration du 40e anniversaire de la libération
du Sud-Vietnam et de la
réunification
nationale à Ho-Chi-Minh-Ville.
Le premier ministre a présenté les
remarques d'ouverture. « La victoire de 1975 est un chapitre
glorieux de notre grande histoire de construction et de défense
nationale », a-t-il dit.
« Par cette victoire, nous avons accompli la
mission historique de libérer le Sud et de réunifier le
pays, de faire entrer le Vietnam dans une ère nouvelle,
l'ère de l'indépendance, de la réunification et du
développement du Vietnam socialiste en une nation forte
où les gens vivent bien, en une société
démocratique, juste et
civilisée. »
Au nom du Parti communiste du Vietnam, de l'État,
du peuple et de l'Armée, le premier ministre a rendu hommage au
président Ho Chi Minh, le héros de la libération
nationale, de même qu'aux martyrs héroïques et aux
autres camarades et compatriotes qui ont sacrifié et
consacré toute leur vie à la lutte pour
l'indépendance, la liberté et la
réunification.
En 30 ans de réformes, a-t-il dit, le Vietnam a
accompli des choses d'une importance historique. De pays
sous-développé, il est devenu un pays
développé à revenu moyen avec une croissance
annuelle de 7 % et sa structure économique a
été transformée avantageusement. L'économie
n'a cessé de croître et le PIB per capita est
présentement de 2200 $US, a-t-il dit.
Le premier ministre a ajouté que l'infrastructure
économique et sociale a été fortement
développée comme en font foi les nombreux projets
modernes qui ont changé l'image du pays tandis que le
développement social, la justice, le développement
culturel et la construction de nouvelles communautés rurales ont
aussi progressé.
La sécurité sociale est garantie, les
conditions sociales du peuple et son niveau de vie se sont grandement
améliorés et la pauvreté a été
réduite de façon radicale, à moins de 6 %, a
dit le premier ministre. Le Vietnam a maintenant atteint avant
échéance la plus grande partie des Objectifs du
millénaire pour le développement des Nations
unies.
Prenant la parole au nom de la jeune
génération, l'étudiante de quatrième
année en droit à l'Université de Ho-Chi-Minh-Ville
et membre de l'Union de la jeunesse communiste Ho Chi Minh, Nguyen Dao
Phuong Thuy, a dit être fière des
générations passées qui ont fait des sacrifices
pour la réunification du pays et elle s'est engagée
à
contribuer à la préservation de ces réalisations.
Le lieutenant général Nguyen Van Thai, qui
a combattu dans deux batailles victorieuses, la campagne de Dien Bien
Phu en 1954 et celle d'Ho Chi Minh en 1975, a dit que le Vietnam a
beaucoup changé depuis quarante ans et qu'il a
réalisé de grands progrès dans tous les domaines,
social, économique et culturel, à la ville comme à
la
campagne.
Par l'intégration du pays aux processus mondiaux,
les conditions de vie matérielles et spirituelles du peuple se
sont beaucoup améliorées, a-t-il dit, ajoutant que le
pays jouit aujourd'hui d'une voix forte dans l'arène
internationale et que les liens entre le Vietnam et les autres pays
croissent rapidement.
Un événement musical en soirée a
réuni plus de 4400 artistes. Il a été suivi d'un
feu d'artifice de 15 minutes organisé à partir de la Tour
financière Bitexco dans le district 1 d'Ho-Chi-Minh-Ville et de
sept autres endroits dans la ville.
Les célébrations grandioses au Vietnam de
même que les commentaires et les expériences vécues
par le peuple et les visiteurs de l'étranger illustrent bien
que, loin d'être un pays ravagé par la guerre,
isolé et frappé de sanctions, le Vietnam est aujourd'hui
entièrement connecté au monde dans toutes les
sphères de l'activité humaine. Il a établi
des relations diplomatiques et de commerce avec la plupart des pays du
monde. Quarante ans après sa réunification, le Vietnam
est maintenant entré dans une nouvelle phase
d'édification nationale où l'accent est mis sur
l'amélioration de ses institutions et l'extension de sa
démocratie.
Tim Page, un correspondant de guerre pendant la Guerre
du Vietnam, de retour pour le 40e anniversaire, s'est dit heureux de
revenir dans le pays et d'y constater la paix et la
sécurité qui y rêgnent. Il a dit au Viet Nam
News :« Quand je suis venu au Vietnam la
première fois il y a 35 ans, tout le monde souffrait de la
faim. Hanoi ne comptait que deux restaurants, Aujourd'hui, on fabrique
même des BMW à Hanoi. Cela fait du bien de voir le
progrès qui est fait. Cela fait du bien de voir que votre peuple
est heureux et pacifique. »
Michael Ebert, un photo-journaliste qui a
été impressionné par la cérémonie, a
dit que ça avait été un événement
spécial pour le Vietnam, coloré et puissant avec
plusieurs grands moments. « Je suis aussi professeur de
photo-journalisme. Je crois que la Guerre du Vietnam a
été un moment important de l'histoire du
photo-journalisme. »
Soo Youn, une journaliste américaine, a dit au Viet
Nam
News
que « cela fait seulement un jour ou deux
que
je suis au Vietnam. Cela fait plaisir de voir toutes ces choses qui
vont de l'avant. Qu'est-ce que les États-Unis avaient affaire
à s'engager dans la Guerre du Vietnam ? ».
L'ancien combattant vétéran de 80 ans
Nguyen Tran a dit à l'agence Xinhua : « Nous
nous sentons tellement heureux chaque fois que nous commémorons
le Jour de la libération et de la réunification nationale
le 30 avril. Ce n'est pas parce que nous sommes les vainqueurs mais
parce que nous célébrons le fait que notre pays n'est
plus en guerre et que notre peuple vit en paix maintenant. »
Il a dit qu'il a joint la guerre de résistance
contre les colonialistes français et qu'il a été
témoin de sa conclusion avec la victoire triomphale de Dien Bien
Phu en mai 1954. Il a aussi participé à la
résistance contre les États-Unis et est très au
fait des conséquences de cette guerre horrible et de la valeur
de la paix. « Lorsque la Guerre du
Vietnam s'est terminée en 1975, seuls cinq de mes dix camarades
de classe avaient survécu et sont retournés à la
maison. Ç'a a été une perte vraiment
énorme », a dit l'ancien combattant, ajoutant que ce
sont les jeunes Vietnamiens qui ont été la force
principale de cette guerre et que chacune de leur mort a
été une grande perte pour le
pays.
Ngo Van Tien, natif de la province de Tay Ninh au sud du
pays et jeune soldat de première classe qui a pris part à
la parade et aux marches, a dit qu'il était heureux d'avoir
participé aux célébrations. « En tant
que soldat, je suis très fier de voir cet
événement important de mes propres yeux et je me sens
maintenant encore plus
responsable envers toute tâche qui me sera
assignée. »
Le Thanh Thuy, une jeune femme de vingt-trois ans
fraîchement diplômée d'un collège de
Ho-Chi-Minh-Ville, a dit à Xinhua qu'elle se considère
chanceuse d'être née après la guerre mais qu'elle
est consciente du sacrifice que ses compatriotes des
générations précédentes ont consentis pour
la réunification nationale d'aujourd'hui.
« La célébration annuelle du 30
avril nous rappelle, à nous la jeune génération du
pays,
les réalisations historiques de la nation et les sacrifices
consentis par les générations précédentes
pour que nous vivions en paix aujourd'hui. Nous devons poursuivre leur
tradition en défendant et en construisant notre
pays », a-t-elle dit.

40 ans après la fin de la guerre du Vietnam,
n'oublions pas ceux qui ont aidé à l'arrêter et
les
Vietnamiens qui en souffrent encore
- Merle Ratner and Azadeh Shahshahani -
La guerre continue
pour ceux qui souffrent encore
de la détonation
de munitions non explosées et des
séquelles de l'agent orange.
Il y a quarante ans, le 30 avril 1975, la guerre des
États-Unis contre le Vietnam s'est enfin terminée avec la
victoire des forces de libération nationale. Après des
décennies de lutte contre les interventions françaises
et américaines, le Vietnam était enfin indépendant
et en paix.
Des millions d'Américains ont pris part à
des activités contre la guerre durant les années 1960 et
au début des années 1970. L'activisme de ce mouvement et
celui des mouvements de défense des droits civiques ont
changé le corps politique de ce pays. À cause de cela, il
été plus difficile pour les gouvernements des
États-Unis de mener des
guerres terrestres, du moins jusqu'aux guerres du golfe Persique.
Aujourd'hui, alors que les États-Unis mènent
simultanément des guerres terrestres et des guerres de drones
dans plusieurs pays, les leçons de la guerre du Vietnam sont
attaquées comme jamais auparavant.
Le département de la Défense des
États-Unis a créé un site Web pour
commémorer le 50e anniversaire du début de la guerre du
Vietnam. Les objectifs de ce site créé pour justifier
cette guerre sont « de souligner les progrès de la
technologie, de la science et de la médecine liés
à la recherche militaire menée pendant la guerre du
Vietnam ». On peut se demander si ces progrès
incluent le développement et l'utilisation du napalm, de l'agent
orange et d'autres armes qui ont tué des millions de Vietnamiens
ainsi que des anciens combattants américains. L'association
d'anciens combattants Veterans For Peace et ses nombreux membres qui
sont allés au Vietnam se battent
contre cette version révisionniste de l'histoire et ont
lancé une campagne intitulée Vietnam Full Disclosure(Divulgation
complète
sur
le
Vietnam).
Le gouvernement américain a clairement
intérêt à oblitérer les leçons de la
guerre, lui qui lance aujourd'hui des agressions brutales au
Moyen-Orient et tente des interventions en Amérique latine. Les
drones américains, le phosphore blanc, l'uranium appauvri et les
autres armes de destruction sont le produit des
« progrès » de la
technologie glorifiée sur le site du 50e anniversaire du
département de la défense.
Le département de la Défense et d'autres
départements américains s'efforcent de cacher l'histoire
de
la guerre du Vietnam parce qu'ils veulent neutraliser la critique des
interventions impopulaires des États-Unis et laisser les mains
libres au Pentagone de mener de futures guerres. Ils veulent
dépenser plus d'argent de nos impôts pour leur arsenal et
leur matériel militaires pour leurs guerres. Quels sont ces
mythes de la guerre du Vietnam que la droite tente de
répandre ?
Un général de l'Armée de l'air qui
a servi au Vietnam a déclaré récemment à un
ancien combattant opposé à la guerre que les
États-Unis auraient pu gagner s'ils y avaient consacré
suffisamment de ressources. Pendant la guerre, le général
Curtis LeMay avait proposé de « renvoyer à
coups de bombes le Vietnam à l'âge de pierre ».
Les États-Unis n'ont pas utilisé la bombe atomique
à cause de la pression internationale, mais ils ont
utilisé tous les autres moyens ; ils ont utilisé
plus de bombes et de munitions, dans les airs et au sol, que pendant
toute la Deuxième Guerre mondiale.

« 30
avril 1975 : Jour de la victoire
complète du Vietnam »
|
Malgré l'écrasante
supériorité militaire des États-Unis, les forces
de libération vietnamiennes ont vaincu parce qu'elles avaient le
soutien du peuple. En déployant plus de troupes et de puissance
de feu, les États-Unis auraient sans doute prolongé la
guerre et les massacres, mais ils n'auraient pas changé son
issue. Un peuple qui est organisé et
qui s'est fixé le but de gagner son indépendance ne peut
être vraiment vaincu, une leçon que le gouvernement
américain n'a pas encore tirée pour la conduite de ses
affaires internationales.
Une autre prétention de la droite est que les
États-Unis ont mené une guerre
« honorable » au Vietnam et que leurs violations
des droits humains, comme le massacre de My Lai, n'ont
été que des événements sporadiques.
L'enquête « Soldat d'hiver » de 1971 de
Vietnam Veterans Against the War (VVAW) a
minutieusement documenté l'ampleur des massacres, de la torture
de civils et des crimes de guerre perpétrés contre le
peuple vietnamien.
Témoignant devant le Congrès le 22 avril
1971, un jeune John Kerry, alors représentant de VVAW, a
déclaré que « les crimes de guerre commis en
Asie du Sud-Est [sont] non pas des incidents isolés mais des
crimes commis sur une base quotidienne dont les officiers de toute la
chaîne de commandement étaient pleinement
conscients ». Il a ensuite rapporté les
témoignages de ses camarades anciens combattants qui
« personnellement ont violé, coup. des oreilles,
coupé les têtes, attaché les fils de
téléphones de campagne aux parties génitales et
fait tourner la génératrice, coupé des membres,
fait exploser des corps, tiré aveuglément sur des
civils, rasé des
villages avec une barbarie qui rappelle Gengis Khan, tué du
bétail et des chiens pour le plaisir, empoisonné les
réserves alimentaires et généralement
ravagé les campagnes du Sud-Vietnam en plus des ravages de
guerre habituels et des ravages très particuliers des puissants
bombardements de ce pays. »
Le livre très bien documenté de Nick Turse
sur les atrocités américaines au Vietnam, Kill
Anything that Moves : The Real American War in Vietnam
(« La véritable guerre des États-Unis au
Vietnam - Tuer tout ce qui bouge ») est un récit plus
récent des crimes de guerre que le témoignage de Kerry
sur le sujet.
Il est évidemment attaqué par les lumières
conservatrices.
La réhabilitation des crimes de guerre des
États-Unis s'accompagne d'un déni que le racisme des
États-Unis a alimenté la guerre du Vietnam. C'est le
général William Westmoreland, le général
quatre étoiles qui était responsable du commandement de
toutes les opérations militaires américaines de 1964
à 1968, qui a dit que : « Pour
un Oriental, la vie n'a pas la même valeur que pour un
Occidental. La vie est abondante. La vie est bon marché en
Orient. »
Les Vietnamiens étaient « les sales
Viets » et l'assassinat pur et simple de civils était
justifié par la règle selon laquelle la mort d'un
Vietnamien, y compris femmes et enfants, est justifiable en tout temps.
Aujourd'hui, l'intolérance et le fanatisme contre les Arabes et
les musulmans dans les pays que les Américains ont
attaqués et
occupés et aux États-Unis mêmes se font
l'écho
de ce racisme, tout comme le meurtre de jeunes noirs par la police
partout aux États-Unis.
Sans doute le mythe le plus usé que la droite
continue de propager est que les actions des opposants à la
guerre déshonorent les soldats américains. Il
s'accompagne d'un autre mythe : que les militants contre la guerre
crachaient systématiquement sur les soldats américains
qui revenaient du Vietnam. Les soldats qui participent à des
guerres illégales et immorales bénéficient
énormément du mouvement contre la guerre (qui souvent est
la cause de leur retour). Mettre fin aux guerres d'intervention des
États-Unis sauve des vies humaines à l'étranger,
mais également la vie de nos soldats.
Les soldats qui reviennent des guerres des
États-Unis ne sont pas déshonorés par les
mouvements contre la guerre mais par l'indifférence impitoyable
du gouvernement à leur endroit, son refus de leur procurer des
emplois, des moyens de réinsertion et de traitements
appropriés. Les répercussions de la violence des guerres
injustes se font sentir
longtemps après la fin de la guerre et ne se limitent pas aux
soldats et à leurs familles. Seymour Hersh, le journaliste qui a
documenté le massacre de My Lai, a dit à Amy Goodman de
Democracy Now que lorsqu'il avait parlé à une mère
dont le fils avait participé au massacre, celle-ci lui a
dit : « Je leur ai donné
un bon garçon et ils m'ont renvoyé un
assassin. »
La dernière leçon qui est compromise par
les révisionnistes est leur prétention que la guerre est
depuis longtemps terminée et que c'est de l'histoire ancienne.
En fait, les guerres ne sont pas terminées tant que leurs
victimes n'ont pas obtenu justice et réparation. La guerre du
Vietnam a tué quatre millions de Vietnamiens et 58 000
Américains.
Mais la guerre continue pour ceux qui souffrent encore de la
détonation des munitions non explosées et des
séquelles de l'agent orange, une arme chimique qui contenait de
la dioxine en forte dose.

Manifestation
contre l'agent orange, 19 avril 2010.
|
L'agent orange provoque des cancers et d'autres maladies
ainsi que des malformations congénitales horribles chez les
enfants et les petits-enfants de ceux qui y ont été
exposés. Le gouvernement américain a fait très peu
pour apporter réparation aux personnes qui y ont
été exposées au Vietnam et aux États-Unis.
Si les anciens combattants
américains ont réussi à obtenir une compensation
de l'Administration des anciens combattants, les enfants des anciens
combattants américains qui souffrent de déficiences dues
à des malformations congénitales liées à
l'exposition à l'agent orange ne reçoivent aucune aide.
Pour y remédier, la représentante Barbara Lee a
déposé la Loi sur l'aide
aux victimes de l'agent orange 2015 pour offrir des services
médicaux, sociaux et de réadaptation à plusieurs
générations de Vietnamiens et d'Américains
atteintes d'un handicap ou d'une maladie. La campagne Vietnam Agent
Orange Relief & Responsibility Campaign veut mobiliser l'opinion
publique pour obtenir de l'aide américaine pour
guérir les blessures de guerre.
Des personnes progressistes épousent elles aussi
certains mythes au sujet de la guerre. Un que certains parmi nous
perpétuent est la représentation du mouvement contre la
guerre comme un mouvement étudiant principalement blanc et
l'ignorance du rôle prépondérant des noirs et des
mouvements des personnes de couleur. Bien que les étudiants
aient joué un rôle important, celui des anciens
combattants de retour de la guerre, du mouvement antiguerre
vietnamien-américain et des mouvements des gens de couleur a
été crucial.
Le discours du Dr. Martin
Luther King Jr. en 1967,
« Au-delà du Vietnam : Le moment de rompre le
silence », a contribué à inverser l'opinion
publique à ce sujet. Avant le Dr King, le Comité de
coordination non violente du Sud (SNCC) avait condamné la guerre
en 1965 tout comme Malcolm X. Muhammed Ali a perdu
son titre de poids lourd et a été condamné pour
avoir refusé de combattre au Vietnam. Si la fusillade par la
garde nationale de manifestants blancs non
armés à l'Université Kent State a reçu une
couverture médiatique, on a peu parlé de l'assassinat
d'étudiants noirs qui manifestaient contre la guerre au
Collège Jackson State. Les
Vietnamiens-Américains, en particulier l'Union des Vietnamiens
aux États-Unis, ont joué un rôle crucial dans
l'analyse des événements au Vietnam, même s'ils ont
souvent été écartés de certaines
manifestations de peur qu'elles soient « associées
à l'ennemi ». Le mouvement national contre la guerre
des anciens combattants, dirigé par
Vietnam Veterans Against the War, a apporté une
crédibilité formidable et une base ouvrière au
mouvement contre la guerre. Reconnaître et donner la parole
à ceux qui ont vraiment formé le mouvement contre la
guerre est crucial si l'on veut construire un mouvement contre la
guerre diversifié et fort aujourd'hui.
Dr. Martin Luther King Jr. a déjà dit que
les États-Unis étaient « les plus grands
pourvoyeurs de violence dans le monde ». Il a dit
qu'« une nation qui continue année après
année à dépenser plus d'argent pour la
défense militaire que pour les programmes de
développement social est proche de la mort
spirituelle ».
Alors que nous célébrons le 40e
anniversaire de la paix et de l'indépendance du Vietnam, il est
important de transmettre les leçons authentiques et
véritables de cette guerre et de construire le mouvement pour
mettre fin aux guerres d'agression et investir nos ressources dans les
projets de développement social.
Merle Ratner est la coordonnatrice de la campagne
Vietnam Agent Orange Relief & Responsibility Campaign, un projet de
Veterans For Peace.
Azadeh Shahshahani est un avocat des droits humains
d'Atlanta et le président de la National Lawyers Guild.

Au calendrier d'événements
Activités marquant le 70e anniversaire
de la
défaite du fascisme
Montréal
Procession de voitures
Samedi 9 mai - 10 h
Départ devant le
5800, boulevard Cavendish,
près du Parc des
Vétérans et de la Bibliothèque publique Saint-Luc
Un avion circulera aussi dans le ciel de Montréal avec le
drapeau de la victoire
Information: Facebook
Ottawa
Banquet
Samedi 9 mai - 17 h - 23 h
Villa Lucia, 3430, avenue
Carling
Places limitées. Billets: $70.00 au 1311
Pinecrest Rd.
Information: (613)
866-0705, (613) 700-7829, (613) 558-3187,
russian_school@rogers.com
Toronto
Jour de victoire 2015
Samedi 9 mai - 11 h
à 17 h
Parc Earl Bales,
rues Bathurst et Sheppard
Parade - 11 h
Parade des anciens combattants de la Deuxième
Guerre mondiale de l'ancienne URSS et des pays alliés, des
travailleurs du Home Front et du blocus de Leningrad
Salut aux anciens
combattants - 12 h
Concert - 12 h - 17 h
Information: www.victoryday70.com
Discussion et
célébration
Samedi 9 mai
- 19 h
Présentations
sur
la
signification
de la victoire des peuples du monde
Information:
416-253-4475
Vancouver
Assemblée publique
Samedi 9 mai - 19 h
Mt. Pleasant Neighbourhood House, 800 E. Broadway
Organisé par le
Comité régional du PCC(M-L) en Colombie-Britannique

Lisez Le
Marxiste-Léniniste
Site web: www.pccml.ca
Courriel: redaction@cpcml.ca
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