Le Marxiste-Léniniste

Numéro 22 - 6 mai 2015

Premier Mai 2015

Des actions à l'échelle du globe
affirment les droits et rejettent l'ordre
du jour néolibéral d'austérité,
de terreur et de guerre


La Havane, Cuba, Premier Mai 2015

L'extrémisme du gouvernement Harper est un affront aux valeurs canadiennes
Le gouvernement canadien déploie des troupes en Ukraine
- Louis Lang -

Bellicisme éhonté du ministre de l'Immigration et de la Citoyenneté

Premier anniversaire du massacre d'Odessa
Les atrocités du régime de Kiev doivent cesser!
La désinformation sur l'Ukraine cache des batailles
féroces parmi les oligarques au pouvoir

- Dougal MacDonald -

Le Vietnam marque le 40e anniversaire de la victoire sur les impérialistes américains et de la réunification nationale
Des cérémonies grandioses célèbrent la victoire
historique et l'édification nationale

40 ans après la fin de la guerre du Vietnam, n'oublions pas ceux qui
ont aidé à l'arrêter et les Vietnamiens qui en souffrent encore

- Merle Ratner and Azadeh Shahshahani -


Au calendrier d'événements
Activités marquant le 70e anniversaire de la défaite du fascisme

Supplément
Le Premier Mai dans le monde

Les travailleurs de tous les pays s'unissent à la défense
de leurs droits et pour le progrès social


Premier Mai 2015

Des actions à l'échelle du globe affirment les droits
et rejettent l'ordre du jour néolibéral d'austérité,
de terreur et de guerre


Hamilton

Partout dans le monde, des millions de travailleurs, de femmes et de jeunes ont marqué le Premier Mai, Journée internationale d'unité et de lutte de la classe ouvrière, par des actions vigoureuses pour affirmer leurs droits et s'opposer à l'ordre du jour néolibéral qui est imposé aux peuples par l'oligarchie financière et les gouvernements à son service. Dans les pays où ces gouvernements sont au pouvoir, les peuples ont exprimé leur détermination à résister aux attaques contre leurs droits et à leur bien-être et aux programmes antisociaux d'austérité, de terreur d'État et de restructuration de l'État qui subordonnent l'intérêt public aux intérêts privés.

Dans des pays comme Cuba, le Venezuela et la Bolivie, où existent ou sont en train d'être créés les mécanismes qui investissent le peuple du pouvoir, les activités du Premier Mai ont été des occasions de célébrer la construction de ce pouvoir, l'édification nationale et le désir des peuples de se tenir aux côtés les uns des autres sur la base du respect mutuel, de la solidarité et de la paix.

Au Canada, les actions ont affirmé les droits de tous et rejeté les attaques du gouvernement conservateur contre la classe ouvrière et les plus vulnérables de la société et contre la destruction nationale et de l'environnement naturel et social à laquelle il se livre. Les actions ont exprimé une détermination à se débarrasser du gouvernement Harper en cette année d'élections fédérales. Elles ont aussi exprimé le rejet des gouvernements néolibéraux des provinces et du Québec, qui attaquent les programmes sociaux et les travailleurs qui les dispensent au nom d'une frauduleuse austérité.

Au Québec, l'État a lancé une offensive concertée et brutale contre les manifestants. À Montréal, dès 6 heures du matin, la police a fait usage de ses matraques contre les travailleurs rassemblés à l'entrée du chantier de construction du Centre hospitalier de l'Université de Montréal. Plus tard dans la journée, alors qu'une manifestation de 1000 personnes, partie du cégep Ahuntsic dans le nord de la ville, allait se joindre à d'autres manifestants au Carré Phillips, la police a tiré des grenades lacrymogènes dans la foule et a violemment repoussé les manifestants. La manifestation à laquelle ils allaient se joindre, appelée par la Convergence des luttes anticapitalistes, a débuté à 19 heures et a été déclarée illégale quelques minutes après son début. La police a invoqué le règlement municipal P-6 pour mener son assaut, disant que certains manifestants étaient masqués et que l'itinéraire de la manifestation n'avait pas été communiqué. Dans le cours de la soirée, plus de 70 personnes ont été arrêtées pour méfait et entrave au travail des policiers et des dizaines de personnes ont reçu une contravention en vertu du règlement P-6. Des passants ont aussi été visés par cette terreur d'État.


Montréal

Les travailleurs ont fait face à ce type d'attaques ailleurs dans le monde. C'est l'expression de la terreur d'État qui est utilisée pour briser la résistance des travailleurs à l'offensive néolilbérale antisociale. Les travailleurs ont marché derrière cette bannière commune et aussi mis l'accent sur des problèmes spécifiques auxquels ils font face en ce moment, comme la violence et la brutalité policière dont sont victimes les jeunes noirs aux États-Unis et le sort des milliers d'Africains qui sont forcés de migrer vers les pays européens à cause de l'anarchie et de la violence que l'intervention impérialiste a créée en Afrique.

Canada


Halifax

Gatineau

Ottawa


Toronto


Winnipeg


Edmonton


Calgary


Vancouver

États-Unis


New York


Los Angeles

Amérique Latine et Caraïbes


Mexico


La Havane, Cuba

Caracas, Venezuela


Quito, Équateur


La Paz, Bolivie

Europe

Londres, Angleterre

Dublin, Irlande


Paris, France


Hambourg, Allemagne


Lisbonne, Portugal


Athènes, Grèce


Turquie

Asie


Moscou, Russie


Vladivostok, Russie


Gaza, Palestine


Quetta; Lahore, Pakistan


Jakarta, Indonésie


Manille, Philippines


Phnom Penh, Cambodge


Pyongyang, Corée

Océanie


Brisbane, Australie

Afrique


Lusaka, Zambie


Capetown, Afrique du Sud

Supplément
Le Premier Mai dans le monde

Les travailleurs de tous les pays s'unissent à la défense de leurs droits et pour le progrès social

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L'extrémisme du gouvernement Harper
est un affront aux valeurs canadiennes

Le gouvernement canadien déploie
des troupes en Ukraine


Sur la colline du parlement le 5 octobre 2014 (L. Mitsner)

Le 14 avril 2015, les conservateurs de Stephen Harper ont annoncé qu'ils allaient envoyer 200 soldats canadiens en Ukraine dans le cadre d'une soi-disant opération de formation composée de 800 soldats étasuniens et 75 soldats britanniques. M. Harper n'a pas expliqué pourquoi il n'y a pas eu de débat au parlement sur ce déploiement de troupes canadiennes. Il a dit :  « Le Canada reste solidaire de la population ukrainienne face à l’agression constante du régime Poutine. La contribution militaire canadienne annoncée aujourd’hui aidera le personnel des forces ukrainiennes à mieux défendre la souveraineté et l’intégrité territoriale de leur pays».

Le chef du Parti libéral, Justin Trudeau, a appuyé le déploiement de troupes canadiennes, tandis que le chef du NPD, Thomas Mulcair, a critiqué le fait qu'elle n'a pas été autorisée par le parlement ou par l'OTAN. Elizabeth May, du Parti vert du Canada, a demandé que la question soit débattue à la Chambre des communes. Elle a dit :  « Si Stephen Harper croit qu’il tient un argument pour nous inciter à envoyer nos troupes en Ukraine, il devrait le faire valoir au Parlement. Compte tenu des renseignements que le Parlement a reçus à l’heure actuelle, il semble n’y avoir aucune raison suffisante pour nous engager militairement dans cette région ».

Alors que Harper justifie ces actions en évoquant de nobles idéaux comme la défense de la « souveraineté et de l'intégrité territoriale » de l'Ukraine, le véritable rôle du gouvernement canadien a été d'assister l'impérialisme américain de même que l'Union européenne à intervenir militairement et à installer au pouvoir le régime fantoche en Ukraine. Il a aussi travaillé avec les autres puissances étrangères à prendre le contrôle de l'agriculture ukrainienne. En réalité, les conservateurs de Harper ont collaboré activement avec le Fonds monétaire international et la Banque mondiale, avant et après le coup contre le président élu, Viktor Ianoukovich, pour ouvrir le riche secteur de l'agriculture ukrainienne aux investissements privés étrangers.[1]

Les conservateurs de Stephen Harper continuent de justifier les activités criminelles du gouvernement de Kiev contre le peuple d'Ukraine. C'est un fait bien connu que le régime de Kiev s'est attaqué aux Ukrainiens de l'Est avec toute la férocité d'un nettoyage ethnique. Par le déploiement de milices néonazies et par les bombes et l'artillerie, il a détruit des villes et des villages. Il a eu recours à l'arme de la famine généralisée et coupé l'électricité, gelé des comptes bancaires et mis fin aux mesures de sécurité sociale et aux régimes de retraite. Plus d'un million de réfugiés ont traversé la frontière pour s'enfuir vers la Russie. Rien de tout cela n'est rapporté par les principaux médias occidentaux, qui ne font que déformer les faits et lancer des accusations non fondées à l'effet que les Ukrainiens de l'est du pays, qui luttent pour le droit à des régions autonomes où leurs droits sont reconnus, sont des « terroristes » et des « séparatistes pro-russes ».

Dans une entrevue à Salon.com le 16 avril 2015, l'historien étasunien Stephen F. Cohen a parlé des crimes perpétrés par le gouvernement de Kiev. Il a dit : « C'est vraiment horrible que Kiev ait eu recours à l'artillerie, aux obus et même aux avions tout récemment pour bombarder de grandes villes résidentielles, non seulement Donetsk et Louhansk, mais aussi d'autres villes. J'imagine que ces villes ont des populations de 500 000, voire même 2 ou 3 millions d'habitants. C'est illégal. Ce sont des crimes de guerre, à moins qu'on assume que les rebelles ont bombardé leurs propres mères, grand-mères, pères et soeurs. C'est Kiev qui a fait cela, appuyé par les États-Unis. Les États-Unis sont totalement complices de la destruction de ces villes de l'Est et de leurs peuples. Lorsque Nuland [l'assistante du secrétaire d'État pour l'Europe et l'Eurasie] dit au Congrès que les morts sont au nombre de 5 000 ou de 6 000, ce sont là les chiffres de l'ONU. Il ne s'agit que des corps qu'on a trouvés dans les morgues. Un grand nombre de corps n'ont toujours pas été retrouvés. Selon les renseignements allemands, leur nombre est de 50 000. »

La bande de Harper ne cesse de répéter ce grand mensonge, à chaque fois qu'elle ouvre la bouche, au sujet d'une « agression russe », même s'il n'existe aucune preuve pour justifier ses accusations. En même temps qu'il ne recule devant rien pour diaboliser le président russe Vladimir Poutine, le gouvernement canadien tente de justifier le fait qu'il vient en aide au régime barbare et belliciste mis en place par les États-Unis à Kiev, qui n'est pas une institution démocratique mais un ramassis d'oligarques qui se font la guerre avec chacun son armée privée et ses milices néo-nazies.

Le gouvernement de Kiev, que le gouvernement Harper soutient, a montré sa nature fasciste quand il a fait passer des lois récemment qui imposent un État policier en Ukraine.

Le 9 avril, la Rada ukrainienne a adopté quatre projets de loi déposés par le gouvernement, , interdisant « les symboles et la propagande communistes ». Lorsque les lois entreront en vigueur, tout monument à l'effigie de personnalités communistes n'ayant pas encore été détruit par les voyous fascistes ces derniers mois devra être démoli.Tous les noms de villes ou de rues portant le nom de communistes doivent être changés. Dans le préambule du projet de loi, on peut lire : « Le projet de loi vise à condamner les régimes criminels totalitaires communistes et nationaux-socialistes (nazis) au niveau législatif, à mettre en vigueur une interdiction de toute négation publique du caractère criminel des régimes totalitaires, à interdire l'utilisation de symboles et de propagande, à obliger l'État à faire enquête et à rendre publics les crimes commis par les membres de ces régimes totalitaires afin de prévenir toute répétition de ces crimes à l'avenir, d'éliminer toute menace à la souveraineté, à l'intégrité territoriale et à la sécurité nationale de l'Ukraine, et de favoriser la justice historique. »

La loi anti-propagande vise les symboles communistes de 1917 à 1991 et la liste des objets qui sont bannis comprend le drapeau et l'hymne national soviétiques de même que les monuments et plaques historiques qui commémorent les dirigeants communistes. Les pénalités pour violation de la loi vont de cinq à dix ans de prison.

Parmi les monuments qui ont déjà été démolis par les voyous fascistes se trouve celui dédié au légendaire agent de renseignement soviétique, Nikolaï Kouznetsov, dans le village de Povcha dans la région de Rivne en Ukraine. Nicolaï Kouznetsov, qui a été reconnu comme le meilleur agent de renseignement soviétique de la Deuxième Guerre mondiale, a à lui seul éliminé 11 généraux et officiers supérieurs de l'administration d'occupation de l'Allemagne nazie. Nikolaï Kouznetsov avait aussi fourni l'information sur les préparatifs de l'offensive allemande à Koursk. Selon TASS, il a été tué le 9 mars 1944 dans un échange de tirs avec des soldats de l'Armée insurrectionnelle ukrainienne (UPA), la faction paramilitaire de l'Organisation des nationalistes ukrainiens (OUN), la même organisation notoire de collaboration avec les Nazis dont les membres ont été proclamés héros nationaux d'Ukraine par cette loi.

À Velikiy Lyuben (région de Lviv), les disciples de l'UPA ont détruit un monument consacré à un garçon polonais de cinq ans, Roma Tara, qui avait été tué par la bande de Bandera.

La condamnation des « régimes totalitaires nazis » qui se trouve dans cette loi n'est là que pour en dissimuler les véritables intentions anticommunistes. On le voit bien à cette autre loi que la Rada a adoptée, « Sur le statut légal et pour commémorer les combattants pour l'indépendance de l'Ukraine au cours du 20e siècle ». Ce projet de loi dresse la liste d'une douzaine d'organisations qu'on reconnaît comme étant des combattants de la liberté ukrainiens, dont font partie des organisations ayant collaboré avec les nazis et commis des massacres contre les Juifs, les Polonais et d'autres, comme l'OUN et l'UPA. Leurs symboles sont fréquemment arborés par les organisations d'extrême-droite et les organisations fascistes paramilitaires qui font maintenant partie de l'appareil d'État. En fait, il y a quelques jours, le dirigeant de Secteur droit, Dmytro Yarosh, qui se considère l'héritier de la tradition de collaboration nazie de Stefan Bandera et ses organisations OUN-UPA, a été nommé conseiller auprès du Chef d'état major des Forces armées.

En vertu de ce nouveau projet de loi, les symboles de ces organisations de collaboration et de génocide nazis seront protégés par la loi : « Toute négation de la légitimité de la lutte de l'indépendance de l'Ukraine au 20e siècle et tout ce qui peut être reconnu comme étant une insulte à la mémoire des combattants de l'indépendance de l'Ukraine au XXe siècle constitue un dénigrement du peuple ukrainien et est illégal. »

Une autre organisation qui est spécifiquement mentionnée dans la loi est le Hetmanate, une dictature antisocialiste de courte durée appuyée par l'Allemagne et ayant existé en 1918. Ainsi, la réécriture de l'histoire par les « patriotes ukrainiens » modernes atteint les limites de l'absurde. Le Hetmanate n'a existé que grâce à l'appui allemand et austro-hongrois. Les commandants de ses forces armées étaient tous des officiers de l'Armée impériale russe défaite par les Bolcheviks. La vaste majorité des Ukrainiens s'opposaient au Hetmanate et ils l'ont renversé dans l'espace de dix mois. Qu'une telle organisation soit considérée partie de « la lutte de l'indépendance de l'Ukraine » démontre clairement que ce qu'on cherche à légitimer et à protéger c'est l'anticommunisme et l'antisocialisme.

Les nouvelles lois ukrainiennes abaissent aussi l'importance de la célébration de la Journée de la Victoire du 9 mai en créant, le 8 mai, une Journée de souvenir et de réconciliation en Ukraine qui va « commémorer toutes les victimes de la Deuxième Guerre mondiale ». On doit conclure qu'il s'agit de célébrer ceux qui sont morts en combattant du côté des nazis. L'expression Grande Guerre patriotique ne sera plus utilisée officiellement. La Journée de la Victoire sera toujours un jour férié mais la nouvelle loi interdit la présence de tout symbole soviétique lors des cérémonies du souvenir. Comme c'est l'Union soviétique qui a joué le rôle décisif dans la défaite du nazisme, ces lois visent à vider la victoire contre le nazisme de tout son sens en interdisant les symboles soviétiques.

Ces nouvelles lois ont été vigoureusement condamnées par les peuples partout dans le monde.

Le 12 avril 2015, le Centre Simon Wiesenthal a émis une déclaration dénonçant les lois adoptées par le parlement ukrainien qui mettent le communisme et le nazisme sur un pied d'égalité et apellent des collaborateurs nazis locaux des « Combattants de la liberté ». La déclaration dit :

« Dans une déclaration émise aujourd'hui par le directeur des Affaires de l'Europe de l'Est, l'historien de l'Holocauste du centre, le docteur Efraim Zuroff, a dit de ces décisions qu'elles étaient de viles déformations de l'histoire de la Deuxième Guerre mondiale et de l'Holocauste.

Zuroff écrit : « L'adoption d'un interdit sur le nazisme et le communisme met sur un pied d'égalité le régime le plus génocidaire de l'histoire humaine et le régime même qui a libéré Auschwitz et a contribué à mettre un terme au règne de terreur du Troisième Reich. Dans le même esprit, la décision d'honorer les collaborateurs nazis locaux et de leur accorder un statut spécial transforme les hommes de main d'Hitler en héros en dépit de leur participation active et enthousiaste au meurtre de masse de Juifs innocents. Ces tentatives de réécrire l'histoire, que l'on retrouve partout en Europe de l'Est post-communiste, ne pourront jamais effacer les crimes commis par les collaborateurs nazis dans ces pays, et ne font qu'affirmer que ces gens n'honorent aucunement les valeurs occidentales qu'ils prétendent avoir embrassées dans leur transition vers la démocratie. »

Quant à l'extrémisme du gouvernement Harper, il est si poussé que ce gouvernement se permet d'accueillir des individus comme le vice-président de la chambre au parlement ukrainien, Andriy Paroubiy, qui a été accueilli en héros par les conservateurs de Stephen Harper le 23 février 2015 à Ottawa. Andriy Paroubiy a été le cofondateur du Parti national-socialiste d'Ukraine en 1991, un Parti néonazi qui glorifie ouvertement l'activité en temps de guerre des collaborateurs antisémites lors de la Deuxième Guerre mondiale, dont l'OUN et l'UPA.

La décision de Harper d'expédier des troupes canadiennes en Ukraine constitue une ingérence dans les affaires internes d'un État souverain. Plus encore, Harper implique les soldats canadiens dans les crimes de guerre qui sont commis présentement contre les peuples de Donetsk et de Louhansk par le gouvernement de Kiev. Qui plus est, en participant aux côtés des États-Unis et de la Grande-Bretagne qui ont aussi déployé des troupes en Ukraine, le gouvernement Harper viole par le fait même l'accord de paix du 15 février 2015 qui interdit toute troupe étrangère en Ukraine.

Par cette collusion avec le gouvernement néonazi de Kiev, les conservateurs de Stephen Harper commettent un affront contre la vaste majorité des Canadiens qui ont combattu et consenti de grands sacrifices pour vaincre la peste du nazisme pendant la Deuxième Guerre mondiale.

Note

1.Voir Le pillage au nom de la stabilisation économique, de la démocratie et des droits de la personne - Louis Lang, Le Marxiste-Léniniste, 18 février 2015, numéro 7

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Bellicisme éhonté du ministre de l'Immigration
et de la Citoyenneté


Toronto le 23 juin 2014 (L. Mitsner)

Le Congrès ukrainien canadien, une organisation qui a ouvertement soutenu le régime ukrainien pro-américain pro-nazi du premier ministre Arseni Iatseniouk, a tenu un dîner de levée de fonds à Toronto en février où le ministre de la Citoyenneté et de l'Immigration Chris Alexander a prononcé un discours qui s'est attiré des critiques de toutes parts pour ses absurdités bellicistes et exagérations presque surréalistes. Les sections de son discours qui ont été les plus vertement critiquées sont les suivantes :

« Ce qui se passe en Ukraine orientale ... a vraiment à voir avec le processus inachevé pour mettre fin pour de bon à l'existence de l'Union soviétique. Mettre fin à l'oppression et mettre fin au pacte faustien qui a été conclu durant la Deuxième Guerre mondiale avec l'Union soviétique de Staline, pour de bon ...

« Nous nous attendions à cela. Nous nous attendions à une crise en Ukraine, car il y a toujours eu des Russes, depuis 1991, partout, et maintenant autour de Vladimir Poutine qui ont voulu rapiécer Humpty Dumpty, qui ne pouvaient pas accepter que l'Ukraine puisse être un pays indépendant. Ils sont une menace à la Russie, ils sont une menace à l'Ukraine, ils sont une menace pour le monde entier. Nous devons dénoncer cette idéologie dangereuse qui est présente ici même à Toronto et qui est présente partout au Canada. Elle nous parvient par l'intermédiaire des chaînes d'État russes qui prêchent ce poison absolu ...

« Toutes nos démocraties dépendent de l'issue de cette lutte. Ça va être un grand combat. Nous sommes juste au début de cette lutte. Quand je vois se rassembler des groupes comme celui-ci ... Je sais que l'avenir de l'Ukraine est encore prometteur. Je sais que l'époque qui a amené le Canada en Ukraine n'a jamais été aussi importante. »

Le ministre a également déclaré : « Je crois que selon notre premier ministre et notre équipe, c'est le plus grand problème auquel le monde fait face aujourd'hui. Oui, il y a le terrorisme. Vladimir Poutine se comporte comme un terroriste ... mais la responsabilité commence en Ukraine. Il n'y a absolument aucun scénario pour l'avenir qui mène à la paix et la sécurité pour ce monde, qui mène à la prospérité en Europe, à l'échelle mondiale, qui ne comprend pas un effort international concerté pour donner à l'Ukraine les outils dont elle a besoin pour chasser les forces russes de ses frontières et sécuriser ses frontières pour de bon ».

Une dépêche en date du 13 mars intitulée « Le ministre de l'Immigration du Canada prononce un discours pro-guerre devant un auditoire ukrainien de droite à Toronto » présente l'opinion éditoriale du bulletin The New Cold : Ukraine and Beyond, dont l'objectif est de fournir des informations factuelles précises sur le conflit en Ukraine et les conséquences de son rapide élargissement. Il écrit :

« Le ministre a prononcé une diatribe pro-guerre qui pourrait facilement servir de dialogue dans une suite au film de 1964 'Docteur Folamour' sur une guerre nucléaire catastrophique. M. Alexander a dit que 'toutes' les options militaires doivent être considérées pour donner le 'châtiment bien mérité' au président russe Vladimir Poutine ...

« Le ton agressif du ministre a été sans doute inspiré par la présence du conférencier principal au dîner, Andriy Paroubiy. Il est le vice-président du parlement ukrainien. Il a été l'un des fondateurs d'une importante organisation de l'extrême-droite en Ukraine en 1991, le Parti social-national de l'Ukraine. Le parti est devenu une source pour les formations d'extrême droite à venir, dont le parti Svoboda d'aujourd'hui.

« Paroubiy a aussi été un 'commandant' des troupes de choc d'extrême-droite qui ont pris la direction du mouvement de protestation appelé 'euromaïdan' à Kiev à la fin de 2013 et au début de 2014. Les actions violentes de l'extrême-droite au carré Maidan à Kiev ont entraîné le renversement du président élu Viktor Ianoukovitch et le début de la guerre civile par le nouveau gouvernement contre le peuple de l'est de l'Ukraine.

« Plusieurs centaines de personnes ont assisté au dîner. Le lendemain Paroubiy s'est rendu à Ottawa où il a été fêté par le gouvernement du Parti conservateur du premier ministre Stephen Harper. Le commandant des troupes de choc a reçu un accueil chaleureux du ministre des affaires étrangères du Canada, Rob Nicholson, et de nombreux membres du Parlement. »

Un article en date du 16 mars écrit par David Climenhaga et intitulé « Le ministre de la Citoyenneté Chris Alexander prononce un discours troublant sur l'Ukraine » a été publié sur Rabble.ca. Climenhaga y soutient :

« L'un des points principaux promus par le premier ministre Stephen Harper et ses partisans dans la campagne électorale fédérale qui est maintenant à toutes fins pratiques en cours est que les conservateurs sont des hommes d'État matures, tandis que le chef libéral Justin Trudeau est un gamin qui peut faire ou dire n'importe quoi, alors que le chef du NPD Thomas Mulcair est un vieil homme coléreux.

« Mais lorsque les médias sont absents, les conservateurs n'ont pas d'égal pour ce qui est de la rhétorique colérique et immature.

« En effet, en écoutant le discours de Chris Alexander devant le Congrès ukrainien canadien... on a l'impression que les adultes ne sont plus aux postes de commande à Ottawa et que les personnes responsables des opérations sont en train de faire une crise de colère avec des conséquences potentiellement catastrophiques. »

Climenhaga fait également référence à la tentative d'Alexander de dissocier les penchants pro-nazis du régime à Kiev : « Alexander a ensuite tenu un long discours niant vivement l'argument que l'Ukraine moderne a un problème avec les néo-nazis. Alors que l'influence des groupes et des milices d'extrême droite a été rendue crédible par des organisations de presse généralement conservatrices comme la BBC, le Daily Telegraph et même par le New York Times normalement politiquement fiables, Alexander a blâmé ' la télévision de langue russe ' pour ce qu'il a appelé 'une des plus grandes perversions de l'histoire que j'ai vue dans ma vie'. »

Un article en date du 26 mars et intitulé « Les fantasmes de la guerre froide de M. Alexander » dans iPolitics par Christopher Westdal, ambassadeur du Canada en Russie de 2003 à 2006 et en Ukraine de 1996 à 1998, qualifie le discours d'Alexander d'« attaque cinglante contre Vladimir Poutine tout en lançant un appel vibrant aux armes ».

Westdal conclut : « Puisque rien du discours de M. Alexander n'a été désavoué depuis qu'il l'a donné, nous devons conclure qu'il a parlé au nom du gouvernement. Je suis profondément troublé de penser que ces vues représentent le discours public et que le Canada contribue à une sérieuse crise de la sécurité mondiale. Je suis encore plus troublé de penser que les Canadiens ukrainiens pourraient croire que ces réflexions simplistes et cette rhétorique irresponsable aideront la terre de leurs ancêtres. M. Alexander prétend parler ' au nom de ceux d'entre nous qui ont servi en Russie '. Il ne parle pas en mon nom. »

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Premier anniversaire du massacre d'Odessa

Les atrocités du régime de Kiev doivent cesser!

Le 2 mai 2015, des actions ont été organisées dans plusieurs villes canadiennes pour commémorer le premier anniversaire du massacre brutal d'Odessa. Le 2 mai 2014, des voyous dirigés par le groupe fasciste Secteur droit ont mis le feu à la Maison des syndicats d'Odessa, tuant au moins 48 activistes ukrainiens qui s'étaient réfugiés dans l'édifice pour se mettre à l'abri de la violence qui faisait rage dans la rue. Ces activistes manifestaient de façon pacifique à Odessa contre les mesures fascistes du gouvernement de Kiev et recueillaient des signatures pour la tenue d'un référendum pour une Ukraine fédérale lorsqu'ils ont été attaqués violemment par des bandes organisées par Secteur droit. On ne connaît pas le nombre exact des victimes, mais on l'estime généralement à 100. Le chiffre qui est le plus souvent mentionné est 116.

Des témoins affirment avoir vu les membres des forces de sécurité de l'Ukraine se retirer des lieux, permettant aux néo-nazis de bloquer les sorties et de lancer des bombes incendiaires sur l'édifice, forçant plusieurs personnes à sauter par les fenêtres vers leur mort. Les quelques personnes qui ont survécu à leur chute ont été sauvagement battues à coups de matraques et de chaînes par les quelque 300 voyous extrémistes qui s'étaient rassemblés dans la rue.

Depuis ce temps, le gouvernement de Kiev a tout fait pour dissimuler et déformer la vérité sur cet horrible crime. Les résultats des examens médico-légaux sur la cause des décès sont classifiés et n'ont été divulgués que récemment. Aucun des auteurs du massacre n'a été arrêté et le bureau du procureur d'État agit comme si les nombreuses vidéos qui montrent clairement les coupables n'existaient pas. En fait, ce sont les personnes qui ont tenté de défendre la Maison des syndicats qui ont été arrêtées et traînées en cour. Bien qu'aucune preuve de leur culpabilité n'ait été trouvée par les tribunaux, ceux-ci refusent de libérer les accusés.



L'assaut contre la Maison des syndicats d'Odessa par des voyous fascistes, le 2 mai 2014. Les pompiers ne sont intervenus que lorsque les portes sont tombées sous les flammes.

Des centaines de vidéos et de témoignages de témoins oculaires et de survivants de l'attaque criminelle révèlent de façon irréfutable que cet acte a été prémédité et organisé, en coordination avec les forces policières d'Odessa. Le régime de Kiev a envoyé à Odessa des autobus remplis de voyous de « Secteur droit » habillés en civils et se faisant passer pour des séparatistes, qui se sont mis à faire feu sur une foule de supporters d'une équipe de soccer de l'ouest de l'Ukraine qui sortaient du stade. On rapporte que certains membres de la police locale ont refusé de participer à ce complot, mais les vidéos révèlent clairement qu'un grand nombre d'entre eux ont amené ces fans de soccer enragés, Ukrainiens de l'Ouest pro-Kiev, vers les campements des manifestants devant la Maison des syndicats où les manifestants avaient distribué des tracts contre le régime de Kiev, pour qu'ils aident à y mettre le feu. Certaines vidéos révèlent qu'avant l'arrivée de ces partisans de soccer enragés, des voyous avaient mis le feu aux tentes installées devant la Maison des syndicats. Les agents du régime, feignant d'appuyer les manifestants, leur ont dit qu'ils allaient être attaqués et qu'ils feraient mieux, pour leur propre sécurité, de se réfugier dans l'édifice de la Maison des syndicats. C'est alors que les agresseurs ont mis feu aux tentes et lancé des bombes incendiaires à l'intérieur de l'édifice. Avant même que les personnes piégées à l'intérieur de l'édifice ne soient incinérées, des hommes du régime sont entrés dans le sous-sol de l'édifice où s'étaient réfugiés des manifestants et en ont tué autant qu'ils ont pu. La plupart des cadavres ont été sortis de l'immeuble et entassés dans des camions qui ont pris la fuite, mais la police a compté les victimes aux étages supérieurs et annoncé que le nombre des victimes était d'environ 40.

Le dirigeant de Secteur droit, Dmytro Yarosh, a salué le massacre comme étant « une autre journée radieuse de notre histoire nationale ». Les médias étasuniens et britanniques ont parlé d'une « tragédie nébuleuse » résultant d' « affrontements » entre « nationalistes » (néo-nazis) et « séparatistes ». Le New York Times a ignoré la nouvelle, ayant écarté comme de la propagande russe les mises en garde au sujet des politiques fascistes et antisémites des nouveaux clients de Washington. Le Wall Street Journal a blâmé les victimes dans un article intitulé : « Un incendie mortel en Ukraine probablement provoqué par les rebelles, selon le gouvernement ».

Le président des États-Unis, Barack Obama, a lui aussi alimenté les flammes de la désinformation dans des communiqués émis suite au massacre d'Odessa. En dépit des vidéos qui montrent les atrocités commises contre des personnes sans armes à la Maison des syndicats, Obama a déformé les faits pour défendre le régime fantoche de Washington à Kiev en déclarant que « alors que les forces ukrainiennes prennent des mesures pour restaurer l'ordre en Ukraine de l'Est, il est clair pour tous que ces groupes appuyés par la Russie ne sont pas des manifestants pacifiques. Ce sont des militants armés jusqu'aux dents qui reçoivent un appui important de la Russie. Le gouvernement ukrainien a le droit et la responsabilité de soutenir la loi et l'ordre sur son territoire et la Russie doit faire usage de son influence pour que ces groupes paramilitaires se désarment et cessent de provoquer la violence ».

L'administration Obama continue de dissimuler les crimes du gouvernement de Kiev qui intensifie sa persécution et ses meurtres contre ses adversaires politiques à un rythme alarmant. De récents rapports indiquent que des journalistes, des politiciens et des universitaires qui sont contre le régime de Kiev sont tués systématiquement par des escouades de la mort

Un article récent de Justin Raimondo intitulé « Les meurtriers de Kiev » et publié sur le site web d'Antiwar.com le 17 avril 2015 fournit de plus amples informations sur les morts récentes en Ukraine.

Le 26 janvier — Nikolai Sergienko, ancien responsable adjoint des Chemins de fer ukrainiens et supporter du Parti des régions de Viktor Ianoukovitch, se serait tué avec un fusil de chasse. Les fenêtres étaient verrouillées de l'intérieur et aucune note n'a été trouvée.

Le 26 janvier — Aleksey Kolesnik, l'ancien président du gouvernement régional de Kharkov et un supporter connu du Parti des régions maintenant interdit, se serait pendu.

Le 24 février — Stanislav Melnik, un autre ancien membre du parlement pour le Parti des régions a été trouvé sans vie dans sa salle de bain. On dit qu'il se serait tué avec un fusil de chasse et qu'il aurait laissé une lettre de suicide où il « s'excuse », mais la nature de ces excuses n'a jamais été révélée et la lettre n'a jamais été rendue publique.

Le 25 février — Sergey Valter, ancien activiste du Parti des régions et maire de Melitopol, a été trouvé pendu quelques heures avant son procès pour des accusations d'« abus de pouvoir ».

Le 26 février — Aleksandr Bordyuga, l'avocat de Valter et ancien responsable adjoint de la police de Melitopol, a été trouvé mort dans son garage, un autre « suicide ».

Le 26 février — Oleksandr Peklushenko, un ancien membre du parlement pour le Parti des régions et président de l'Administration de l'État régional de Zaporozhye, a été trouvé mort dans la rue avec un fusil attaché autour du cou. Raison officielle : « suicide ».

Le 28 février — Mikhail Chechetov, un professeur en économie et en ingénierie, ancien membre du parlement pour le Parti des régions et ancien dirigeant de la commission de privatisation, aurait sauté du dix-septième étage de son appartement de Kiev. Un autre « suicide » !

Le 14 mars — Sergey Melnichuk, un procureur loyal au Parti des régions, a « fait une chute » du neuvième étage d'un immeuble à logis à Odessa.

Le 15 avril — Oleg Kalashnikov, lui aussi dirigeant connu du Parti des régions, est mort suite à une blessure par balle — le huitième depuis le début de l'année.

Le 16 avril — Oles Buzina, historien et journaliste, tué par balle.

Le 16 avril — Serhiy Sukobok, journaliste, tué par balle.

Le 17 avril — Olga Moroz, rédacteur-en chef du Neteshinskiy Vestnik, trouvée morte chez elle. Son corps portait « les marques d'une mort violente » .

Ces meurtres en série sont liés de près à un site web, « Peacemaker », financé par un membre du parlement et conseiller du gouvernement ukrainien, Anton Gerashchenko. L'objectif avoué de Peacemaker est le suivant : « Centre de recherche qui met en lumière les crimes commis contre la sécurité et la paix nationales ukrainiennes et contre la sécurité, l'humanité et le droit international. Nous fournissons de l'information à l'intention des autorités policières et des services spéciaux au sujet de terroristes, de séparatistes, de mercenaires, de criminels de guerre et de meurtriers pro-russes ».

Le site parle d'une liste de 7 700 noms de « saboteurs » et de « terroristes ». Les gens sont invités à afficher de l'information personnelle, dont des adresses et des numéros de téléphone, de gens présumés hostiles au régime de Kiev. Ce sont de telles informations qui ont été publiées au sujet de Buzina et de Kalashnikov moins de 48 heures avant qu'ils ne soient assassinés.


Toronto le 2 mai 2015

Aussi, certains des meurtres ont été revendiqués par un groupe portant le nom Armée d'insurrection d'Ukraine. Selon la BBC, ce groupe aurait écrit : « Nous déclenchons une insurrection sans merci contre le régime anti-ukrainien de traîtres et de laquais de Moscou. Désormais, nous ne leur parlerons que par la voix des armes, jusqu'à leur élimination la plus totale. » Jusqu'à présent, personne n'a été arrêté pour ces meurtres.

Afin de commémorer le meurtre d'activistes ukrainiens à Odessa le 2 mai 2014, les gens à l'échelle mondiale qui s'opposent à la violence fasciste et à la suppression des droits démocratiques doivent parler d'une seule voix et dénoncer les atrocités commises contre le peuple ukrainien par le régime de Kiev. Toutes les personnes éprises de liberté doivent tenir l'impérialisme américain et ses alliés responsables de la vague de violence du régime de Kiev qui déferle sur l'Ukraine, un régime détesté par le peuple et qui ne pourrait survivre une seule journée sans l'appui des États-Unis, de l'OTAN et de leurs hommes de main, y compris les conservateurs de Harper.

Tous les fauteurs de guerre qui veulent noyer l'Europe de l'Est dans une autre guerre de destruction pour servir leur ordre du jour visant à dominer la Russie méritent d'être condamnés par le monde entier. Toutes les troupes étrangères doivent se retirer de l'Ukraine immédiatement afin de permettre au peuple ukrainien de déterminer son propre destin sans ingérence étrangère.

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La désinformation sur l'Ukraine cache des batailles féroces parmi les oligarques au pouvoir

Le 24 mars, il fut annoncé qu'un conflit ouvert a éclaté entre le président actuel de l'Ukraine Petro Porochenko, le « roi du chocolat » milliardaire qui est arrivé au pouvoir lors du coup d'État de juin 2014, et le milliardaire Igor Kolomoïsky, gouverneur de l'oblast de Dnipropetrovsk, propriétaire de Privatbank et ayant d'importants intérêts dans les métaux, le pétrole et les médias. Dnipropetrovsk est la plus importante région industrielle de l'Ukraine. Le sujet spécifique du conflit est le contrôle par Kolomoïsky de deux sociétés d'État du secteur de l'énergie, UkrTransNafta et Ukrnafta.

Le conflit s'est arrêté, au moins temporairement, seulement par l'intervention directe de l'ambassade américaine, qui exploite le fait que Kolomoïsky pourrait mettre en danger ses propres investissements en occident s'il poursuit ses attaques contre Porochenko. Cette ingérence des États-Unis dans les affaires internes de l'Ukraine et la dépendance croissante du pays envers les États-Unis ne sont clairement pas dans les meilleurs intérêts du peuple. Pendant ce temps, le conflit entre Porochenko et Kolomoïsky révèle une fois de plus comment le vrai pouvoir en Ukraine est détenu par environ une douzaine d'hommes d'affaires ou « oligarques » milliardaires. Les oligarques, qui ont une richesse combinée s'élevant à un cinquième du PIB du pays, se battent constamment l'un contre l'autre pour plus de profits et de pouvoir politique, utilisant le peuple Ukrainien comme leur chair à canon.

Kolomoïsky est classée comme la troisième personne la plus riche en Ukraine. Il a une triple citoyenneté israélo-chyprio-ukrainienne et dirige son empire financier de la Suisse. Kolomoïsky contrôle plusieurs compagnies profitables basées en Ukraine, incluant Privatbank et Burisma Holdings, la plus grande entreprise privée gazière en Ukraine. Alors que le vice-président Joe Biden était engagé dans des pourparlers diplomatiques avec l'Ukraine en mai 2014, Burisma annonçait que Hunter Biden, le fils de Joe Biden, joignait son conseil d'administration. Kolomoïsky a utilisé les forces de sécurité de Privatbank pour appliquer des prises de contrôle hostiles de compagnies de pair avec des faux ordres de tribunaux et des tactiques musclées pour remplacer les administrateurs dans les conseils d'administration d'entreprises dont il a acheté des participations. Kolomoïsky a utilisé quelques-uns de ses milliards pour créer et financer ses propres armées privées menant la guerre contre la population russe, incluant le bataillon Dnipro qui bloquait l'aide humanitaire, le bataillon ouvertement pro-nazi Azov et le bataillon Aïdar qui a été accusé de crimes de guerre.

Les oligarques Ukrainiens sont devenus riches en privatisant les anciens actifs publics après la « chute du communisme » en 1991. Le président Porochenko était un allié proche de Viktor Iouchtchenko, président de l'Ukraine de 2005-2010. Il a servi dans le gouvernement Iouchtchenko et est aussi le parrain des filles de Porochenko. Porochenko était l'homme d'affaires le plus riche parmi les supporteurs de Iouchtchenko et était un des principaux bailleurs de fonds du parti politique Notre Ukraine et la Révolution orange conçue aux États-Unis qui a porté Iouchtchenko au pouvoir. Cependant, Iouchtchenko a omis d'assurer ses arrières lors de l'élection présidentielle de 2010, obtenant seulement 5,5 % des votes. Il a essuyé un nouvel échec en 2012.

À l'élection de 2010, la plupart des oligarques ont appuyé Viktor Ianoukovytch qui est devenu le nouveau président. Rinat Akhmetov, l'homme le plus riche du pays en raison de sa prise de contrôle d'actifs publics dans l'acier, le charbon et l'énergie, a aidé à financer la campagne 2010 de Ianoukovytch. Le deuxième homme le plus riche de l'Ukraine, le milliardaire des tuyaux d'acier Viktor Pintchouk, a aussi appuyé Ianoukovytch. La situation a changé à la fin novembre 2013, lorsque Ianoukovytch a rejeté un accord commercial en attente avec l'UE, appelant à resserrer les liens avec la Russie. Le traité avec l'UE aurait permis aux monopoles européens de mettre la main sur les importants marchés d'énergie de l'Ukraine. Au lieu de signer l'entente avec l'UE, Ianoukovytch est allé à Moscou le 17 décembre et a signé plusieurs ententes avec le président russe Vladimir Poutine, qui aurait réduit d'un tiers le coût du gaz russe vendu à l'Ukraine. La Russie a aussi accepté de prêter 15 milliards $ à l'Ukraine à des conditions avantageuses.

Certains oligarques derrière Ianoukovytch avaient intérêt à resserrer les liens de l'Ukraine avec la Russie. Le roi du titane Dmytro Firtash a des liens étroits avec la Russie. Les exportations de dioxyde de titane vers la Russie en janvier-juin 2013 totalisaient environ 13 000 tonnes, soit 19,5 % des exportations aux marchés étrangers. Un autre groupe montant de monopoles ayant des liens avec la Russie était étroitement lié au fils du président Ianoukovytch, Oleksandr, incluant le « roi du gaz » de 27 ans Sergey Kurchenko, qui détient aussi un grand groupe de médias. Cependant, d'autres oligarques tels Akhmetov et Pintchouk ont vu tout détournement du traité avec l'Union européenne comme une énorme perte financière potentielle pour eux-mêmes et leurs empires et comme devant être évité à tout prix.

Les ententes avec la Russie ont mené au coup d'État parlementaire qui a écarté Ianoukovytch le 22 février 2014 et, éventuellement, à la nomination de Petro Porochenko, ami de l'Union européenne, en juin. Entre novembre 2013 et février 2014, Porochenko a activement et financièrement appuyé les manifestations Euromaïdan appuyées par les États-Unis contre le gouvernement de Ianoukovytch pour avancer ses propres intérêts économiques et politiques. En mars 2015, Poroshenko a conclu une entente avec le FMI, qui est contrôlé par l'oligarchie financière mondiale, accordant à l'Ukraine un prêt de 17,5 milliards $ sur quatre ans et liant solidement le pays aux intérêts américains et européens pour des années à venir.

Les oligarques Ukrainiens tels Porochenko et Kolomoïsky et leurs supporteurs en Europe, en Russie, aux États-Unis et au Canada mènent leurs batailles économiques en tentant de mobiliser l'appui populaire, pas dans l'intérêt du peuple Ukrainien, mais pour leurs propres intérêts privés. La prise de contrôle privée de l'État par les oligarques est la cause des guerres, des tueries de civils innocents, de la déstabilisation, des manifestations de rue, des intrigues étrangères et de l'adoption de lois favorisant un bloc par rapport à l'autre. Les politiciens étrangers tels Stephen Harper et leurs lèches-bottes des médias monopolisés interfèrent ouvertement dans les affaires de l'Ukraine en répandant la désinformation utilisant des slogans trompeurs pro-démocratie mis de l'avant pour promouvoir les intérêts de certains monopoles ukrainiens. Harper appuie ouvertement Porochenko et les forces pro-UE, même si leurs liens pro-nazis sont bien connus.

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Le Vietnam marque le 40e anniversaire de la victoire sur les impérialistes américains et de la réunification nationale

Des cérémonies grandioses célèbrent la victoire historique et l'édification nationale


Le 30 avril, une cérémonie spectaculaire a été organisée à Ho-Chi-Minh-Ville, avec une parade de près de 6000 soldats, miliciens et civils pour marquer le 40e anniversaire de la libération du Sud-Vietnam et de la réunification nationale.

Ont participé à la célébration de la victoire sur les agresseurs américains le secrétaire général du Parti communiste du Vietnam, Nguyen Phu Trong, le président Truong Tan Sang, le premier ministre Nguyen Tan Dung, le président de l'Assemblée nationale Nguyen Sinh Hung, d'anciens dirigeants nationaux et des dirigeants de Ho-Chi-Minh-Ville et de plusieurs provinces.

Il y avait aussi des délégués du Cambodge, de Cuba et du Laos, des anciens combattants qui ont combattu pour la libération de la ville il y a 40 ans et des Vietnamiens vivant à l'étranger.

Des membres de 38 unités militaires et civiles, dont l'Armée, les Forces de l'air, la Marine, des commandos, des membres de la police et de la police mobile ont marché depuis le jardin zoologique, passé le dais sur la rue Le Duan, et se sont divisés en deux groupes pour emprunter les rues Ton Duc Thang et Nguyen Thi Minh Khai après une cérémonie aux drapeaux et de la musique et des danses.

La parade, qui a été observée par les résidents locaux et des dirigeants nationaux et internationaux, sous les yeux de journalistes nationaux et internationaux, était dirigée par le lieutenant général Nguyen Quoc Khanh, le chef d'État-major général adjoint de l'Armée populaire du Vietnam.


De gauche à droite : Le secrétaire général du Parti communiste du Vietnam (PCV),
Nguyen Phu Trong, l'ex-président de l'Assemblée nationale et ancien secrétaire général
du PCV, Nong Duc Manh et le premier ministre du Vietnam Nguyen Tan Dung lors de
la célébration du 40e anniversaire de la libération du Sud-Vietnam et de la réunification
nationale à Ho-Chi-Minh-Ville.

Le premier ministre a présenté les remarques d'ouverture. « La victoire de 1975 est un chapitre glorieux de notre grande histoire de construction et de défense nationale », a-t-il dit.

« Par cette victoire, nous avons accompli la mission historique de libérer le Sud et de réunifier le pays, de faire entrer le Vietnam dans une ère nouvelle, l'ère de l'indépendance, de la réunification et du développement du Vietnam socialiste en une nation forte où les gens vivent bien, en une société démocratique, juste et civilisée. »

Au nom du Parti communiste du Vietnam, de l'État, du peuple et de l'Armée, le premier ministre a rendu hommage au président Ho Chi Minh, le héros de la libération nationale, de même qu'aux martyrs héroïques et aux autres camarades et compatriotes qui ont sacrifié et consacré toute leur vie à la lutte pour l'indépendance, la liberté et la réunification.

En 30 ans de réformes, a-t-il dit, le Vietnam a accompli des choses d'une importance historique. De pays sous-développé, il est devenu un pays développé à revenu moyen avec une croissance annuelle de 7 % et sa structure économique a été transformée avantageusement. L'économie n'a cessé de croître et le PIB per capita est présentement de 2200 $US, a-t-il dit.

Le premier ministre a ajouté que l'infrastructure économique et sociale a été fortement développée comme en font foi les nombreux projets modernes qui ont changé l'image du pays tandis que le développement social, la justice, le développement culturel et la construction de nouvelles communautés rurales ont aussi progressé.

La sécurité sociale est garantie, les conditions sociales du peuple et son niveau de vie se sont grandement améliorés et la pauvreté a été réduite de façon radicale, à moins de 6 %, a dit le premier ministre. Le Vietnam a maintenant atteint avant échéance la plus grande partie des Objectifs du millénaire pour le développement des Nations unies.

Prenant la parole au nom de la jeune génération, l'étudiante de quatrième année en droit à l'Université de Ho-Chi-Minh-Ville et membre de l'Union de la jeunesse communiste Ho Chi Minh, Nguyen Dao Phuong Thuy, a dit être fière des générations passées qui ont fait des sacrifices pour la réunification du pays et elle s'est engagée à contribuer à la préservation de ces réalisations.

Le lieutenant général Nguyen Van Thai, qui a combattu dans deux batailles victorieuses, la campagne de Dien Bien Phu en 1954 et celle d'Ho Chi Minh en 1975, a dit que le Vietnam a beaucoup changé depuis quarante ans et qu'il a réalisé de grands progrès dans tous les domaines, social, économique et culturel, à la ville comme à la campagne.

Par l'intégration du pays aux processus mondiaux, les conditions de vie matérielles et spirituelles du peuple se sont beaucoup améliorées, a-t-il dit, ajoutant que le pays jouit aujourd'hui d'une voix forte dans l'arène internationale et que les liens entre le Vietnam et les autres pays croissent rapidement.



Un événement musical en soirée a réuni plus de 4400 artistes. Il a été suivi d'un feu d'artifice de 15 minutes organisé à partir de la Tour financière Bitexco dans le district 1 d'Ho-Chi-Minh-Ville et de sept autres endroits dans la ville.

Les célébrations grandioses au Vietnam de même que les commentaires et les expériences vécues par le peuple et les visiteurs de l'étranger illustrent bien que, loin d'être un pays ravagé par la guerre, isolé et frappé de sanctions, le Vietnam est aujourd'hui entièrement connecté au monde dans toutes les sphères de l'activité humaine. Il a établi des relations diplomatiques et de commerce avec la plupart des pays du monde. Quarante ans après sa réunification, le Vietnam est maintenant entré dans une nouvelle phase d'édification nationale où l'accent est mis sur l'amélioration de ses institutions et l'extension de sa démocratie.

Tim Page, un correspondant de guerre pendant la Guerre du Vietnam, de retour pour le 40e anniversaire, s'est dit heureux de revenir dans le pays et d'y constater la paix et la sécurité qui y rêgnent. Il a dit au Viet Nam News :« Quand je suis venu au Vietnam la première fois il y a 35 ans, tout le monde souffrait de la faim. Hanoi ne comptait que deux restaurants, Aujourd'hui, on fabrique même des BMW à Hanoi. Cela fait du bien de voir le progrès qui est fait. Cela fait du bien de voir que votre peuple est heureux et pacifique. »

Michael Ebert, un photo-journaliste qui a été impressionné par la cérémonie, a dit que ça avait été un événement spécial pour le Vietnam, coloré et puissant avec plusieurs grands moments. « Je suis aussi professeur de photo-journalisme. Je crois que la Guerre du Vietnam a été un moment important de l'histoire du photo-journalisme. »

Soo Youn, une journaliste américaine, a dit au Viet Nam News que « cela fait seulement un jour ou deux que je suis au Vietnam. Cela fait plaisir de voir toutes ces choses qui vont de l'avant. Qu'est-ce que les États-Unis avaient affaire à s'engager dans la Guerre du Vietnam ? ».

L'ancien combattant vétéran de 80 ans Nguyen Tran a dit à l'agence Xinhua : « Nous nous sentons tellement heureux chaque fois que nous commémorons le Jour de la libération et de la réunification nationale le 30 avril. Ce n'est pas parce que nous sommes les vainqueurs mais parce que nous célébrons le fait que notre pays n'est plus en guerre et que notre peuple vit en paix maintenant. »

Il a dit qu'il a joint la guerre de résistance contre les colonialistes français et qu'il a été témoin de sa conclusion avec la victoire triomphale de Dien Bien Phu en mai 1954. Il a aussi participé à la résistance contre les États-Unis et est très au fait des conséquences de cette guerre horrible et de la valeur de la paix. « Lorsque la Guerre du Vietnam s'est terminée en 1975, seuls cinq de mes dix camarades de classe avaient survécu et sont retournés à la maison. Ç'a a été une perte vraiment énorme », a dit l'ancien combattant, ajoutant que ce sont les jeunes Vietnamiens qui ont été la force principale de cette guerre et que chacune de leur mort a été une grande perte pour le pays.

Ngo Van Tien, natif de la province de Tay Ninh au sud du pays et jeune soldat de première classe qui a pris part à la parade et aux marches, a dit qu'il était heureux d'avoir participé aux célébrations. « En tant que soldat, je suis très fier de voir cet événement important de mes propres yeux et je me sens maintenant encore plus responsable envers toute tâche qui me sera assignée. »

Le Thanh Thuy, une jeune femme de vingt-trois ans fraîchement diplômée d'un collège de Ho-Chi-Minh-Ville, a dit à Xinhua qu'elle se considère chanceuse d'être née après la guerre mais qu'elle est consciente du sacrifice que ses compatriotes des générations précédentes ont consentis pour la réunification nationale d'aujourd'hui.

« La célébration annuelle du 30 avril nous rappelle, à nous la jeune génération du pays, les réalisations historiques de la nation et les sacrifices consentis par les générations précédentes pour que nous vivions en paix aujourd'hui. Nous devons poursuivre leur tradition en défendant et en construisant notre pays », a-t-elle dit.

(VNS, Xinhua)

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40 ans après la fin de la guerre du Vietnam,
n'oublions pas ceux qui ont aidé à l'arrêter et
les Vietnamiens qui en souffrent encore


La guerre continue pour ceux qui souffrent encore de la détonation
de munitions non explosées et des séquelles de l'agent orange.

Il y a quarante ans, le 30 avril 1975, la guerre des États-Unis contre le Vietnam s'est enfin terminée avec la victoire des forces de libération nationale. Après des décennies de lutte contre les interventions françaises et américaines, le Vietnam était enfin indépendant et en paix.

Des millions d'Américains ont pris part à des activités contre la guerre durant les années 1960 et au début des années 1970. L'activisme de ce mouvement et celui des mouvements de défense des droits civiques ont changé le corps politique de ce pays. À cause de cela, il été plus difficile pour les gouvernements des États-Unis de mener des guerres terrestres, du moins jusqu'aux guerres du golfe Persique. Aujourd'hui, alors que les États-Unis mènent simultanément des guerres terrestres et des guerres de drones dans plusieurs pays, les leçons de la guerre du Vietnam sont attaquées comme jamais auparavant.

Le département de la Défense des États-Unis a créé un site Web pour commémorer le 50e anniversaire du début de la guerre du Vietnam. Les objectifs de ce site créé pour justifier cette guerre sont « de souligner les progrès de la technologie, de la science et de la médecine liés à la recherche militaire menée pendant la guerre du Vietnam ». On peut se demander si ces progrès incluent le développement et l'utilisation du napalm, de l'agent orange et d'autres armes qui ont tué des millions de Vietnamiens ainsi que des anciens combattants américains. L'association d'anciens combattants Veterans For Peace et ses nombreux membres qui sont allés au Vietnam se battent contre cette version révisionniste de l'histoire et ont lancé une campagne intitulée Vietnam Full Disclosure(Divulgation complète sur le Vietnam).

Le gouvernement américain a clairement intérêt à oblitérer les leçons de la guerre, lui qui lance aujourd'hui des agressions brutales au Moyen-Orient et tente des interventions en Amérique latine. Les drones américains, le phosphore blanc, l'uranium appauvri et les autres armes de destruction sont le produit des « progrès » de la technologie glorifiée sur le site du 50e anniversaire du département de la défense.

Le département de la Défense et d'autres départements américains s'efforcent de cacher l'histoire de la guerre du Vietnam parce qu'ils veulent neutraliser la critique des interventions impopulaires des États-Unis et laisser les mains libres au Pentagone de mener de futures guerres. Ils veulent dépenser plus d'argent de nos impôts pour leur arsenal et leur matériel militaires pour leurs guerres. Quels sont ces mythes de la guerre du Vietnam que la droite tente de répandre ?

Un général de l'Armée de l'air qui a servi au Vietnam a déclaré récemment à un ancien combattant opposé à la guerre que les États-Unis auraient pu gagner s'ils y avaient consacré suffisamment de ressources. Pendant la guerre, le général Curtis LeMay avait proposé de « renvoyer à coups de bombes le Vietnam à l'âge de pierre ». Les États-Unis n'ont pas utilisé la bombe atomique à cause de la pression internationale, mais ils ont utilisé tous les autres moyens ; ils ont utilisé plus de bombes et de munitions, dans les airs et au sol, que pendant toute la Deuxième Guerre mondiale.


« 30 avril 1975 : Jour de la victoire complète du Vietnam »

Malgré l'écrasante supériorité militaire des États-Unis, les forces de libération vietnamiennes ont vaincu parce qu'elles avaient le soutien du peuple. En déployant plus de troupes et de puissance de feu, les États-Unis auraient sans doute prolongé la guerre et les massacres, mais ils n'auraient pas changé son issue. Un peuple qui est organisé et qui s'est fixé le but de gagner son indépendance ne peut être vraiment vaincu, une leçon que le gouvernement américain n'a pas encore tirée pour la conduite de ses affaires internationales.

Une autre prétention de la droite est que les États-Unis ont mené une guerre « honorable » au Vietnam et que leurs violations des droits humains, comme le massacre de My Lai, n'ont été que des événements sporadiques. L'enquête « Soldat d'hiver » de 1971 de Vietnam Veterans Against the War (VVAW) a minutieusement documenté l'ampleur des massacres, de la torture de civils et des crimes de guerre perpétrés contre le peuple vietnamien.

Témoignant devant le Congrès le 22 avril 1971, un jeune John Kerry, alors représentant de VVAW, a déclaré que « les crimes de guerre commis en Asie du Sud-Est [sont] non pas des incidents isolés mais des crimes commis sur une base quotidienne dont les officiers de toute la chaîne de commandement étaient pleinement conscients ». Il a ensuite rapporté les témoignages de ses camarades anciens combattants qui « personnellement ont violé, coup. des oreilles, coupé les têtes, attaché les fils de téléphones de campagne aux parties génitales et fait tourner la génératrice, coupé des membres, fait exploser des corps, tiré aveuglément sur des civils, rasé des villages avec une barbarie qui rappelle Gengis Khan, tué du bétail et des chiens pour le plaisir, empoisonné les réserves alimentaires et généralement ravagé les campagnes du Sud-Vietnam en plus des ravages de guerre habituels et des ravages très particuliers des puissants bombardements de ce pays. »

Le livre très bien documenté de Nick Turse sur les atrocités américaines au Vietnam, Kill Anything that Moves : The Real American War in Vietnam (« La véritable guerre des États-Unis au Vietnam - Tuer tout ce qui bouge ») est un récit plus récent des crimes de guerre que le témoignage de Kerry sur le sujet. Il est évidemment attaqué par les lumières conservatrices.

La réhabilitation des crimes de guerre des États-Unis s'accompagne d'un déni que le racisme des États-Unis a alimenté la guerre du Vietnam. C'est le général William Westmoreland, le général quatre étoiles qui était responsable du commandement de toutes les opérations militaires américaines de 1964 à 1968, qui a dit que : « Pour un Oriental, la vie n'a pas la même valeur que pour un Occidental. La vie est abondante. La vie est bon marché en Orient. »

Les Vietnamiens étaient « les sales Viets » et l'assassinat pur et simple de civils était justifié par la règle selon laquelle la mort d'un Vietnamien, y compris femmes et enfants, est justifiable en tout temps. Aujourd'hui, l'intolérance et le fanatisme contre les Arabes et les musulmans dans les pays que les Américains ont attaqués et occupés et aux États-Unis mêmes se font l'écho de ce racisme, tout comme le meurtre de jeunes noirs par la police partout aux États-Unis.

Sans doute le mythe le plus usé que la droite continue de propager est que les actions des opposants à la guerre déshonorent les soldats américains. Il s'accompagne d'un autre mythe : que les militants contre la guerre crachaient systématiquement sur les soldats américains qui revenaient du Vietnam. Les soldats qui participent à des guerres illégales et immorales bénéficient énormément du mouvement contre la guerre (qui souvent est la cause de leur retour). Mettre fin aux guerres d'intervention des États-Unis sauve des vies humaines à l'étranger, mais également la vie de nos soldats.

Les soldats qui reviennent des guerres des États-Unis ne sont pas déshonorés par les mouvements contre la guerre mais par l'indifférence impitoyable du gouvernement à leur endroit, son refus de leur procurer des emplois, des moyens de réinsertion et de traitements appropriés. Les répercussions de la violence des guerres injustes se font sentir longtemps après la fin de la guerre et ne se limitent pas aux soldats et à leurs familles. Seymour Hersh, le journaliste qui a documenté le massacre de My Lai, a dit à Amy Goodman de Democracy Now que lorsqu'il avait parlé à une mère dont le fils avait participé au massacre, celle-ci lui a dit : « Je leur ai donné un bon garçon et ils m'ont renvoyé un assassin. »

La dernière leçon qui est compromise par les révisionnistes est leur prétention que la guerre est depuis longtemps terminée et que c'est de l'histoire ancienne. En fait, les guerres ne sont pas terminées tant que leurs victimes n'ont pas obtenu justice et réparation. La guerre du Vietnam a tué quatre millions de Vietnamiens et 58 000 Américains. Mais la guerre continue pour ceux qui souffrent encore de la détonation des munitions non explosées et des séquelles de l'agent orange, une arme chimique qui contenait de la dioxine en forte dose.


Manifestation contre l'agent orange, 19 avril 2010.

L'agent orange provoque des cancers et d'autres maladies ainsi que des malformations congénitales horribles chez les enfants et les petits-enfants de ceux qui y ont été exposés. Le gouvernement américain a fait très peu pour apporter réparation aux personnes qui y ont été exposées au Vietnam et aux États-Unis. Si les anciens combattants américains ont réussi à obtenir une compensation de l'Administration des anciens combattants, les enfants des anciens combattants américains qui souffrent de déficiences dues à des malformations congénitales liées à l'exposition à l'agent orange ne reçoivent aucune aide. Pour y remédier, la représentante Barbara Lee a déposé la Loi sur l'aide aux victimes de l'agent orange 2015 pour offrir des services médicaux, sociaux et de réadaptation à plusieurs générations de Vietnamiens et d'Américains atteintes d'un handicap ou d'une maladie. La campagne Vietnam Agent Orange Relief & Responsibility Campaign veut mobiliser l'opinion publique pour obtenir de l'aide américaine pour guérir les blessures de guerre.

Des personnes progressistes épousent elles aussi certains mythes au sujet de la guerre. Un que certains parmi nous perpétuent est la représentation du mouvement contre la guerre comme un mouvement étudiant principalement blanc et l'ignorance du rôle prépondérant des noirs et des mouvements des personnes de couleur. Bien que les étudiants aient joué un rôle important, celui des anciens combattants de retour de la guerre, du mouvement antiguerre vietnamien-américain et des mouvements des gens de couleur a été crucial.

Le discours du Dr. Martin Luther King Jr. en 1967, « Au-delà du Vietnam : Le moment de rompre le silence », a contribué à inverser l'opinion publique à ce sujet. Avant le Dr King, le Comité de coordination non violente du Sud (SNCC) avait condamné la guerre en 1965 tout comme Malcolm X. Muhammed Ali a perdu son titre de poids lourd et a été condamné pour avoir refusé de combattre au Vietnam. Si la fusillade par la garde nationale de manifestants blancs non armés à l'Université Kent State a reçu une couverture médiatique, on a peu parlé de l'assassinat d'étudiants noirs qui manifestaient contre la guerre au Collège Jackson State. Les Vietnamiens-Américains, en particulier l'Union des Vietnamiens aux États-Unis, ont joué un rôle crucial dans l'analyse des événements au Vietnam, même s'ils ont souvent été écartés de certaines manifestations de peur qu'elles soient « associées à l'ennemi ». Le mouvement national contre la guerre des anciens combattants, dirigé par Vietnam Veterans Against the War, a apporté une crédibilité formidable et une base ouvrière au mouvement contre la guerre. Reconnaître et donner la parole à ceux qui ont vraiment formé le mouvement contre la guerre est crucial si l'on veut construire un mouvement contre la guerre diversifié et fort aujourd'hui.

Dr. Martin Luther King Jr. a déjà dit que les États-Unis étaient « les plus grands pourvoyeurs de violence dans le monde ». Il a dit qu'« une nation qui continue année après année à dépenser plus d'argent pour la défense militaire que pour les programmes de développement social est proche de la mort spirituelle ».

Alors que nous célébrons le 40e anniversaire de la paix et de l'indépendance du Vietnam, il est important de transmettre les leçons authentiques et véritables de cette guerre et de construire le mouvement pour mettre fin aux guerres d'agression et investir nos ressources dans les projets de développement social.

Merle Ratner est la coordonnatrice de la campagne Vietnam Agent Orange Relief & Responsibility Campaign, un projet de Veterans For Peace.

Azadeh Shahshahani est un avocat des droits humains d'Atlanta et le président de la National Lawyers Guild.

(AlterNet, April 29, 2015. Traduction : LML)

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Au calendrier d'événements

Activités marquant le 70e anniversaire
de la défaite du fascisme

Montréal
Procession de voitures
Samedi 9 mai  - 10 h
Départ devant le 5800, boulevard Cavendish,
près du Parc des Vétérans et de la Bibliothèque publique Saint-Luc

Un avion circulera aussi dans le ciel de Montréal avec le drapeau de la victoire

Information: Facebook


Ottawa
Banquet
Samedi 9 mai - 17 h - 23 h

Villa Lucia, 3430, avenue Carling

Places limitées. Billets: $70.00 au 1311 Pinecrest Rd.
Information: (613) 866-0705, (613) 700-7829, (613) 558-3187,
russian_school@rogers.com


Toronto
Jour de victoire 2015

Samedi 9 mai - 11 h à 17 h
Parc Earl Bales, rues Bathurst et Sheppard
Parade - 11 h
Parade des anciens combattants de la Deuxième Guerre mondiale de l'ancienne URSS et des pays alliés, des travailleurs du Home Front et du blocus de Leningrad
Salut aux anciens combattants - 12 h
Concert - 12 h - 17 h
Information: www.victoryday70.com


Discussion et célébration
Samedi 9 mai - 19 h

Présentations sur la signification de la victoire des peuples du monde
Information: 416-253-4475


Vancouver
Assemblée publique

Samedi 9 mai - 19 h
Mt. Pleasant Neighbourhood House, 800 E. Broadway

Organisé par le Comité régional du PCC(M-L) en Colombie-Britannique

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