Le Marxiste-Léniniste

Numéro 18 - 15 avril 2015

Marche Action Climat à Québec

Plus de 25 000 personnes réclament
une économie qui protège
l'environnement naturel et humain



Marche Action Climat à Québec
Plus de 25 000 personnes réclament une économie qui protège l'environnement naturel et humain

Le rôle du Canada dans la promotion de la défense du droit de monopole
en Amérique latine et dans les Caraïbes

La politique étrangère basée sur la défense
du droit de monopole discrédite le Canada

Un rôle actif dans la destruction de l'environnement social
et naturel dans les Amériques

La responsabilité du Canada dans l'insécurité au Honduras
Manifestation à Toronto contre Barrick Gold
- Réseau de solidarité contre l'injustice minière -


Visite d'État du premier ministre indien au Canada
Narendra Modi doit être tenu responsable pour la torture et le génocide
Un accord important sur l'uranium montre le deux poids,
deux mesures sur la question nucléaire

Déclaration des Communautés unies contre Narendra Modi

Motion du Parlement élargissant le champ de guerre
Manoeuvres trompeuses des conservateurs pour cacher
les objectifs de l'agression américaine


Palestine
Appui international à la libération de Khalida Jarrar et
de tous les prisonniers politiques


Corée
L'anniversaire du fondateur de la nation coréenne moderne
marqué par de nouvelles victoires

Discours de Kim Il Sung à la 85e Conférence de l'Union
interparlementaire, 29 avril 1991, Pyongyang

Appel à la communauté internationale pour la réunification
indépendante et pacifique de la Corée


7e Sommet des Amériques à Panama
L'opposition à la domination impériale des États-Unis est à l'ordre du jour
Cuba continuera de défendre les idées pour lesquelles
son peuple a fait les plus grands sacrifices et couru les pires risques

- Discours de Raul Castro Ruz au Sommet de Panama -
La fraude de la «société civile» de l'OÉA
L'hypocrisie des États-Unis sur les droits humains
en Amérique latine et dans les Caraïbes

L'héritage d'Obama est destiné à l'échec en Amérique latine
- Eva Golinger -

Venezuela
Des millions de signatures en opposition au décret
des États-Unis contre le Venezuela

Revirement d'Obama sur le Venezuela
Aux Nations unies, appui massif au Venezuela
Lettre des mouvements sociaux mondiaux au président Obama


Marche Action Climat à Québec

Plus de 25 000 personnes réclament une économie
qui protège l'environnement naturel et humain


Le 11 avril, plus de 25 000 personnes, venues de tous les coins du Québec, de même que du Nouveau-Brunswick, de l'Ontario, de Manitoba, de l'Alberta et de la Colombie-Britannique ont participé à la Marche Action Climat à Québec.

Étudiants du secondaire, des cégeps et des universités, travailleurs actifs et retraités des secteurs public et privé, membres d'organisations environnementalistes, communautés de partout au Québec et Premières Nations sont venus dire qu'ils veulent un développement économique et des décisions politiques qui protègent l'environnement et l'être humain.

Sur les pancartes et bannières, dans les prises de parole, ils ont clairement illustré leur opposition à tout développement qui détruit la nature, la Terre Mère, qui endommage les sols, les villages et les rivières pour des intérêts étroits et qui nuit aux êtres humains, à leur santé et leur existence.

Les Premières Nations, les Métis et Inuits du Québec et du Canada ont ouvert la marche de trois kilomètres en direction de l'Assemblée nationale.

On notait la présence de résidents de Baie-des-Sables en Gaspésie où le monopole TransCanada veut maintenant construire son port pétrolier après l'échec de son projet de Cacouna pour y expédier le pétrole reçu par pipeline des sables bitumineux. On comptait aussi la présence de résidents de l'Île d'Anticosti opposés au forage par fracturation sur l'île.

La marche s'est tenue dans une atmosphère festive et résolue et s'est terminée aux abords de l'Assemblée nationale où les marcheurs ont formé un thermomètre géant avec des cartons rouges pour exiger une action responsable sur le climat, qui réduit les émissions des gaz à effet de serre et protège les communautés.

Des orateurs des Premières Nations, organisations environnementalistes, communautés et syndicats ont dit que le temps est à l'unité de tous pour stopper la dégradation de l'environnement naturel et humain.





(Le Renouveau, L. Lanteigne, M. Hudema)

Des marches et autres actions en rapport avec la Marche Action Climat de Québec ont eu lieu à Victoria, Vancouver, Fort Langley, Kitimat, Prince-Rupert, Calgary, Edmonton, Toronto, Peterborough, Moncton, Saint-Jean, Bridgewater et Halifax.

Vancouver


Fort Langley

(B. Gabriel, C. Ross)

Edmonton


(Anonyme Edmonton)

Bridgewater


(T. Smith)

Halifax


(T. Tracy)

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Le rôle du Canada dans la promotion de la défense du droit de monopole
en Amérique latine et dans les Caraïbes

La politique étrangère basée sur la défense
du droit de monopole discrédite le Canada


Dans le contexte du Septième Sommet des Amériques sous l'égide de l'Organisation des États américains, il est important de souligner que le Canada est de plus en plus discrédité à cause de son rôle, sous les libéraux et maintenant les conservateurs, dans les Amériques.

Le ministère des Affaires étrangères, du Commerce et du Développement promeut ce qu'il appelle la « Stratégie d'engagement du Canada dans les Amériques ». Le premier ministre Stephen Harper a vanté cet engagement en 2007 à Santiago : « Nous sommes un pays des Amériques. [L'engagement] dans notre hémisphère est une priorité internationale essentielle de notre gouvernement. Le Canada est résolu à jouer à long terme un plus grand rôle dans les Amériques. »

La stratégie du gouvernement Harper dans les Amériques se compose de trois buts :

« 1er but : Accroître les possibilités économiques au Canada et dans l'hémisphère

« - Le Canada croit qu'un engagement accru s'appuyant sur des liens commerciaux et économiques est l'un des meilleurs moyens d'encourager une croissance économique durable dans les Amériques. Depuis 2007, le commerce bilatéral a augmenté de plus de 40 pour cent, l'investissement direct canadien dans la région s'est accru de plus de 70 pour cent et, en 2013, 55 pour cent de tous les actifs miniers canadiens à l'extérieur du pays se trouvaient dans les Amériques.

« - Nous collaborons avec nos partenaires commerciaux afin d'ouvrir de nouveaux marchés et ainsi créer des occasions d'affaires et des possibilités d'emploi au Canada et à travers l'hémisphère. Le Canada a conclu ou mis en oeuvre un plus grand nombre d'accords de libre-échange avec les pays des Amériques qu'avec tous les autres pays.

« - De concert avec les gouvernements partenaires et l'industrie extractive canadienne, nous travaillons à promouvoir des comportements responsables en matière de gestion des ressources naturelles et de pratiques commerciales afin d'assurer une croissance économique durable et inclusive. »

Un gouvernement néolibéral comme le gouvernement Harper ne fait pas du commerce au bénéfice de ses propres citoyens ou de ceux des autres pays, mais dans le but d'ouvrir le pays à l'exploitation et d'exploiter les autres pays et les peuples. Le Canada a actuellement 11 accords de libre-échange en vigueur. Parmi eux, sept sont avec d'autres pays des Amériques :

- Canada - Honduras - Entrée en vigueur : 1er octobre 2014
- Canada - Panama - Entrée en vigueur : 1er avril 2013
- Canada - Colombie - Entrée en vigueur : 15 août 2011
- Canada - Pérou - Entrée en vigueur : 1er août 2009
- Canada - Costa Rica - Entrée en vigueur : 1er novembre 2002
- Canada - Chili - Entrée en vigueur : 5 juillet 1997
- L'Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA) - Entrée en vigueur : 1er janvier 1994
- Canada - États-Unis - Entrée en vigueur : 1er janvier 1989 (remplacé par l'ALÉNA, lequel inclut le Mexique).

Sur les 10 négociations d'accord de libre-échange, trois concernent des pays des Amériques :

- Canada - Marché commun des Caraïbes (CARICOM)
- Canada - Groupe des quatre de l'Amérique centrale (C-4)
- Canada - République Dominicaine

« Collaborer avec nos partenaires commerciaux afin d'ouvrir de nouveaux marchés et ainsi créer des occasions d'affaires et des possibilités d'emploi au Canada et à travers l'hémisphère », signifie, entre autres, fomenter ou soutenir des coups d'État dans des pays comme Haïti et le Honduras contre les gouvernements progressistes pour installer des gouvernements asservis à des intérêts étrangers. Le Canada a une lourde dette envers le peuple haïtien pour avoir destitué le gouvernement démocratiquement élu de Jean-Bertrand Aristide en 2004 (avec les États-Unis et la France), pour l'entraînement de la police nationale haïtienne détestée et pour tous les crimes commis contre le peuple par la police et les forces de l'ONU à la suite du coup d'État pour empêcher le peuple haïtien de s'organiser pour décider de son avenir. De la même manière, le Honduras a été ouvert à l'exploitation des monopoles par le coup d'État de 2009 que le gouvernement Harper a refusé de condamner.

La prétention du gouvernement Harper que « de concert avec les gouvernements partenaires et l'industrie extractive canadienne, nous travaillons à promouvoir des comportements responsables en matière de gestion des ressources naturelles et de pratiques commerciales afin d'assurer une croissance économique durable et inclusive » est une invention totale. Le gouvernement Harper ne garantit même pas que l'environnement au Canada est protégé et a même supprimé la législation environnementale afin de faciliter l'activité des monopoles des ressources malgré le tollé de protestations des Canadiens et des Premières Nations. Il ne fait certainement rien pour protéger l'environnement naturel à l'étranger où les sociétés minières canadiennes font ce qu'elles veulent, commettent des crimes brutaux contre le peuple et détruisent l'environnement en toute impunité.

« 2e but : Lutter contre l'insécurité et promouvoir la liberté, la démocratie, les droits de la personne et la primauté du droit

« Le Canada est préoccupé par l'insécurité croissante dans certaines régions des Amériques (au Mexique, en Amérique centrale et dans les Caraïbes), car elle représente une menace directe non seulement pour nos amis et voisins de l'hémisphère, mais aussi pour les Canadiens et pour les intérêts canadiens.

« Au moyen des nouveaux accords de coopération en matière de sécurité et de défense ainsi que des millions de dollars investis dans des initiatives de sécurité, des projets de développement et de l'aide humanitaire, nous augmentons la sécurité et améliorons les conditions socioéconomiques des groupes les plus vulnérables de la région.

« Par nos efforts de renforcement des capacités, nous contribuons à accroître le professionnalisme et la responsabilisation des institutions publiques, et nous les aidons à mieux répondre aux besoins de leur population. Depuis 2009, le Canada a appuyé plus de 50 missions d'observation électorale de l'Organisation des États américains partout dans l'hémisphère. »

La sorte de sécurité que le gouvernement Harper trouve préoccupante dans les Amériques, et ailleurs dans le monde, n'a rien à voir avec assurer le bien-être du peuple sinon il se serait opposé aux coups d'État qui ont fait couler tant de sang et conduit à l'insécurité permanente en Haïti et au Honduras, et aux tentatives de coups d'État au Venezuela. Il n'a rien dit au sujet de la disparition des 43 élèves-enseignants d'Ayotzinapa, au Mexique. Il ne dit rien sur la guerre économique, les manifestations violentes et les assassinats politiques commandés par les forces de l'opposition réactionnaire et les putschistes au Venezuela et dénonce seulement les « violations des droits de la personne » des responsables de la violence lorsque ceux-ci doivent répondre de leurs crimes devant la justice. La sécurité dont le gouvernement Harper s'inquiète au pays et à l'étranger est celle qui assure de la main-d'oeuvre à bon marché et un gouvernement asservi qui ne fera pas obstacle au droit de monopole.

Qui sont les groupes les plus vulnérables dans la région que le gouvernement Harper prétend défendre ? Il ne défend même pas les personnes les plus vulnérables au Canada ! La dépossession et le génocide criminels des Premières Nations par l'État canadien sont des faits irrévocables. Des excuses vides de sens ne peuvent pas dissimuler qu'il va perpétuer l'oppression des Premières Nations en les privant de leurs terres, de leurs ressources et de leurs droits, en les laissant vivre dans la privation, et ne faisant rien pour que les femmes autochtones ne soient plus traitées comme des cibles idéales. Que fait-il pour les travailleurs accidentés, les anciens combattants et les retraités qui ont apporté leur contribution au pays et sont mis à l'écart de la manière la plus inhumaine qui soit au nom d'un programme d'austérité trompeur qui sert les riches ?

Quant à « promouvoir la liberté, la démocratie, les droits de la personne et la primauté du droit », il est tellement évident que le gouvernement Harper n'appuie pas la démocratie au pays ou à l'étranger que son gouvernement est communément appelé la dictature de Harper. Le gouvernement Harper est en train de démolir la reddition de comptes et les institutions publiques au Canada dans le cadre de la restructuration de l'État pour détruire l'autorité publique. Son engagement envers la gouvernance, ce sont ses positions de plus en plus extrémistes sur les questions de politique intérieure et étrangère, la destruction nationale, la restructuration de l'État pour servir des intérêts privés et l'imposition de mesures qui autorisent des attaques de l'État contre les droits de tous.

« 3e but : Favoriser les relations durables

« - Le Canada accorde une grande importance au renforcement des relations bilatérales et multilatérales entre les États, le secteur privé, la société civile, le milieu universitaire et les collectivités, et ce, partout dans l'hémisphère. En consolidant ces relations par-delà les frontières, nous renforçons notre compréhension mutuelle et notre coopération.

« - Depuis 2007, des représentants du Canada ont effectué plus de 200 visites de haut niveau dans les Amériques, faisant directement progresser des initiatives qui profitent aux Canadiens et à nos partenaires dans la région. Nous développons des liens précieux avec les meneurs de demain par le truchement de l'éducation, de l'art, de la culture et du sport. En 2013, près de 18 000 étudiants de l'Amérique latine et des Caraïbes poursuivaient des études au Canada.

« - 2015 est une année significative pour l'engagement du Canada dans les Amériques. Cette année marque le 25e anniversaire de l'adhésion du Canada à titre de membre de l'Organisation des États américains (OEA). Le Canada accueillera également avec grande fierté les Jeux panaméricains et parapanaméricains de 2015 à Toronto. »

Le Canada est largement considéré dans les Amériques comme un laquais de l'impérialisme américain au point que lorsque la Communauté d'États latino-américaine et caribéenne a été fondée en 2011, les États-Unis et le Canada ont été expressément exclus. Les relations qu'a le Canada avec les autres pays des Amériques, en particulier avec des gouvernements progressistes ou anti-impérialistes, sont en dépit du rôle que le Canada joue sur la scène internationale. La politique étrangère doit reposer sur les principes de la souveraineté de toutes les nations et de respect mutuel, mais le gouvernement Harper méprise complétement ces principes.

De plus, le nombre d'étudiants étrangers d'Amérique latine et des Caraïbes qui étudient au Canada n'est pas une chose à se vanter, mais en fait une marque de discrédit. Les étudiants étrangers qui viennent faire leurs études postsecondaires sont traités comme des vaches à lait par les gouvernements et les administrations des universités. Ils sont obligés de payer des frais de scolarité scandaleux, dix fois plus élevés que les frais de scolarité des étudiants canadiens. Se vanter d'un tel chiffre masque le fait que l'État canadien refuse de reconnaître le droit à l'éducation des jeunes et rejette la gratuité de l'enseignement postsecondaire. Par contraste, un petit pays comme Cuba a créé l'École latino-américaine de Médecine qui a formé gratuitement des milliers de jeunes des Amériques et de partout dans le monde et fait venir des milliers de jeunes à Cuba pour étudier dans d'autres matières.

Le gouvernement Harper ne représente pas la sorte de relations que les Canadiens veulent avoir avec les autres pays. La « Stratégie d'engagement du Canada dans les Amériques » est un réquisitoire contre le rôle négatif de l'État canadien à l'étranger et du rôle de destruction nationale du gouvernement Harper au pays. Cette année marque le 25e anniveraire de l'adhésion du Canada à l'Organisation des États américains, et cela a été certainement 25 ans de honte. Cette situation exige des changements qui ne peuvent être accomplis par les Canadiens qu'en rejetant le diktat du gouvernement Harper et en luttant pour leur propre émancipation afin d'établir de nouveaux arrangements au pays et à l'étranger.

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Un rôle actif dans la destruction de l'environnement social et naturel dans les Amériques

Les sociétés minières canadiennes sont parmi les plus grandes du monde et elles sont très actives dans les Amériques. En 2013, selon le ministère des Affaires étrangères et du Commerce international, 55 % de tous les avoirs miniers canadiens à l'extérieur du Canada se trouvaient dans les Amériques. Ces firmes sont connues pour leur violation des réglementations environnementales et leur utilisation d'agences de sécurité privées pour intimider, violer ou même tuer ceux qui s'opposent à leur entreprise de destruction de l'environnement et des communautés locales.

L'activité minière est une partie essentielle de l'existence humaine moderne où les richesses de la Terre-Mère fournissent plusieurs des produits nécessaires à la vie. Elle ne devrait pas être faite cependant au détriment du droit du peuple de décider ou au détriment de son bien-être et de l'environnement naturel.

Voici des extraits de rapports qui illustrent la grande destruction et les crimes qui sont commis par les sociétés minières et leurs filiales dans les Amériques et l'opposition des peuples à ces activités.

L'ancien chef de la sécurité de Hudbay Minerals/CGN en procès au
Guatemala pour meurtres et blessures reliés aux activités minières
-
Rights Action, le 6 avril 2015 -

Alors que des poursuites civiles, qui sont un précédent, sont intentées au Canada contre Hudbay Minerals et CGN (l'ancienne filiale de Hudbay au Guatemala), le procès au criminel contre l'ancien chef de la sécurité de Hudbay/CGN, Mynor Padilla, pour meurtre et blessures par balles au site minier qui appartenait à Hudbay au Guatemala, s'est ouvert le 8 avril 2015 dans la ville de Puerto Barrios au Guatemala. [...]


German Chub, sur qui le chef de la sécurité de Hudbay/CGN a fait feu, et une radiographie montrant la balle logée près de la colonne vertébrale

Mynor Padilla est accusé du meurtre d'Adolfo Ich Chamán et d'avoir infligé des blessures à au moins dix autres personnes le 27 septembre 2009 à El Estor, dans le département de l'Izabal, incluant le tir à bout portant sur German Chub qui l'a paralysé de la poitrine aux pieds et privé d'un poumon. La balle est toujours logée près de sa colonne vertébrale. [...]

Des témoins ont rapporté que Mynor Padilla [...] et des hommes armés sous son commandement ont ouvert le feu sur des villageois d'El Estor qui s'opposaient aux évictions forcées et à d'autres violations des droits humains en rapport avec la mine de nickel de Hudbay/CGN. Hudbay a possédé et essayé d'opérer cette mine entre 2008 et 2011. Au moment où ces crimes ont été commis, CGN était la filiale à part entière de Hudbay au Guatemala. [...]

Le 27 septembre 2009, des manifestations ont été organisées pour empêcher Hudbay/CGN de procéder à d'autres évictions illégales de communautés mayas Q'eqchi dans la région d'El Estor.

Le personnel de sécurité de la mine a répondu par la violence. Parmi les personnes qui ont été blessées dans l'attaque se trouvent : Haroldo Cucul, Santos Caal Beb et German Chub Choc du barrio La Union et El Estor ; Alejandro Acte, Ricardo Acte et Samuel Coc, de la communauté de Las Nubes et Alfredo Tzi et Luciano Ical du barrio El Chupon.


Angelina Choc, veuve d'Adolfo Ich, et une photo d'Adolfo (R. Schmidt)

Adolfo Ich, un enseignant et leader communautaire bien connu, père de quatre enfants, a été visé délibérément et tué. Des témoins disent que les gardes de sécurité armés l'ont poussé loin de la foule de leurs fusils et qu'un garde de sécurité l'a frappé à la machette et que Mynor Padilla l'a abattu d'une balle à la tête.

Le même jour, German Chub, un jeune homme de la place père d'un enfant, était en train de regarder un match de soccer près d'une clôture qui sépare la communauté de La Union des bureaux de la compagnie lorsque des membres du personnel de la sécurité sont arrivés. German a déclaré que Mynor Padilla a fait feu sur lui, encore une fois sans raison. [...]

Hudbay et CGN font aussi face à trois poursuites au civil devant les tribunaux canadiens, ce qui est une première, pour leur rôle dans le meurtre d'Adolfo Ich, pour avoir fait feu sur German Club et l'avoir paralysé et pour le viol collectif de 11 femmes dans la communauté voisine de Lote lors de l'éviction forcée de 2007. La mine, qui fut achetée en 2008 par Hudbay, était alors la propriété de Skye Resources. Hudbay demeure responsable des activités de Skye Resources. Les victimes plaignantes sont représentées par Klippensteins Barristors and Solicitors.

Une bande pro Goldcorp attaque d'autres personnes au Guatemala
- Rights Action, March 25, 2015 -

À 17 heures le 17 mars 2015, entre 30 et 40 hommes sont arrivés ensemble en camion et ont attaqué Rosalina Perez, son mari Alfredo Jacinto Perez, son frère Felipe et ses enfants. La bande comprenait des employés de Goldcorp, des policiers qui n'étaient pas de service, des résidents de la place et des inconnus. (Goldcorp est une société minière aurifère basée à Vancouver — note de LML)

La meute pro-Goldcorp les a battus sur la route devant leur demeure à Setiba, dans la municipalité de Sipakapa dans le département deà San Marcos, situé à quelques kilomètres de la mine d'or émettrice de cyanure, creusée à même la montagne et remplie de tunnels souterrains. Cette bande a menacé de tuer les cinq enfants d'Alfredo et de Rosalina, âgés de 7 à 15 ans.

Lorsque les victimes ont retraité dans leur demeure, la bande a tiré des coups en l'air et lancé des roches sur la maison. C'est seulement vers 23 heures que la police nationale est arrivée pour mettre fin à l'agression et faire sortir les adultes et les enfants de la maison. Quatre d'entre eux sont allés à la clinique médicale de Sipakapa et ont été envoyés à un hôpital à San Marcos.

Comme si de rien n'était


Le 30 janvier 2015, Alfredo (à gauche) tient une carte qui montre les près de 150 kilomètres de tunnels illégaux creusés sous les territoires mayas de Sipakapa et de San Miguel Ixtahuacan.
(Rights Action)

Des employés de Goldcorp et d'autres hommes les ont attaqués pour la même raison que d'autres paysans mayas ont été attaqués, battus et tirés à bout portant près de la mine « Marlin » de Goldcorp qui réalise des fortunes. À partir de 2005, et à nouveau depuis 2012, Alfredo et sa famille se sont engagés dans des actions de protestation contre l'expansion illégale des tunnels et des mines à ciel ouvert de Goldcorp dans la région de Sipakapa. Ils continuent de dénoncer ces dix années de dommages à la santé et à l'environnement, de répression et d'autres violations de droits humains causés par la mine de Sipakapa et la mine avoisinante de San Miguel Ixtahuacan.

Vous n'avez qu'à changer les dates et vous obtiendrez le même reportage que nous avons fait si souvent sur la répression dans le voisinage de la mine « Marlin ». Changez les dates et les lieux et vous aurez le même reportage (en pire) sur la répression à quatre différents sites miniers canadiens et étasuniens au Guatemala. Changez les dates et les lieux, et vous aurez le même reportage qu'ont fait de nombreux groupes de solidarité et de nombreuses ONG sur la répression dans des milliers d'opérations minières dans le monde. [...]

Jusqu'à ce que les peuples, les politiciens, les médias et les systèmes judiciaires des pays puissants et riches où sont basées ces entreprises géantes les rendent imputables légalement et politiquement de la répression, de la violation des droits humains et de la destruction de l'environnement et de la santé qu'elles causent dans des pays « lointains » comme le Guatemala, ces choses vont se poursuivre comme si de rien n'était.

Un réseau mexicain déplore qu'on ait mis fin à une enquête canadienne sur Blackfire à Chicomuselo au Chiapas
- Le Réseau mexicain des peuples affectés par les activités minières,
Chiapas, le 11 mars 2015 -

Dans une lettre du sergent de la GRC Les Dolhun, chef de l'Équipe d'intégrité financière de la division fédérale de police K à Calgary, en Alberta, datée du 18 février 2015 (numéro 2009-479985) et adressée à Mines Alerte Canada, le gouvernement canadien a donné sa réponse dans le cas de Blackfire Exploration Ltd. et de Blackfike Exploration Mexico S. De R.L. de C.V., en rapport avec les pots-de-vin et la corruption concernant celui qui en 2008 était maire de Chicomuselo au Chiapas, Julio César Velázquez Calderón.

Cette lettre se lit ainsi : « Merci de nous avoir référé ce dossier. Nous avons terminé notre enquête à son sujet. À l'examen de la preuve, nous ne pensons pas qu'elle mérite des poursuites au criminel et nous fermons donc le dossier. Veuillez prendre note que la GRC ne fait pas de commentaires sur des enquêtes terminées qui ne mènent pas à des accusations au criminel. »

La lettre termine une enquête sur un conflit qui a mené au meurtre de Mariano Abarca Roblero, militant du Réseau mexicain des peuples affectés par les activités minières (REMA en espagnol). Il était clair depuis 2010 que la GRC aurait dû faire enquête sur les lieux mêmes mais ne l'a jamais fait.

Au lieu de cela, ces cinq dernières années, [alors que] des organisations canadiennes comme Alertes Mines Canada, Common Frontiers, le Syndicat des Métallos et d'autres ont soumis des preuves irréfutables, dont des copies de chèques faits au maire de l'époque, le gouvernement canadien n'a cessé de prendre partie pour les compagnies canadiennes dans leurs activités outre-frontières, leur permettant d'opérer en toute impunité et sans respect pour les droits humains. En se basant sur le rapport récent sur l'appui qu'a donné par l'ambassade canadienne à Excellon Resources à Durango et à d'autres compagnies au Mexique, on voit bien que le gouvernement canadien appuie la violation des droits humains qui est perpétrée par ces compagnies, ce qui en fait un complice de la violence, de la corruption et des pots-de-vin.

La Fondation environnementale Mariano Abarca (FAMA en espagnol) et Otros Mundos, A.C., tous deux membres du REMA au Chiapas, dénoncent ce manque d'engagement du gouvernement canadien envers la protection et la promotion des droits humains enchâssés dans les conventions internationales dans le cadre des Nations unies. Cette décision d'abandonner ce cas à l'impunité ouvre le chemin à Blackfire, qui possède encore des concessions minières au Chiapas, pour poursuivre comme si de rien n'était dans une municipalité où on vient d'annoncer l'installation de baraques militaires. La septième Région militaire de l'État à White Rock (Predio Piedra Blanca) va occuper 80 hectares et en faire un site d'opérations et de résidence d'un bataillon. Dans ce contexte, nous dénonçons également la militarisation d'une région infestée de concessions minières.

En tant que peuples, organisations et mouvements sociaux, nous allons continuer la lutte à la défense de la terre et du territoire. Nous ne permettrons pas à d'autres sociétés minières canadiennes de prendre pied sur nos territoires.

Pour un Chiapas sans exploitation minière !

L'entreprise de Calgary Infinito Gold continue sa poursuite
contre le Costa Rica

Le Costa Rica continue de se défendre contre la poursuite intentée par la compagnie de Calgary Infinito Gold. La compagnie avait d'abord demandé un dédommagement de 1 milliard $ pour pertes de profits parce que le Costa Rica ne permet pas les mines à ciel ouvert bien que la compagnie Crucitas ait obtenu un permis de mine à ciel ouvert par la corruption de représentants du gouvernement. Depuis décembre 2014, le montant réclamé en dédommagements a été réduit à 94 millions $, ce qui est encore un montant énorme.

Le cas remonte à 2008 lorsque, en dépit d'un moratoire sur les mines à ciel ouvert au Costa Rica, une exception a été faite pour Infinito Gold par le président d'alors Oscar Arias, qui avait dit que ce projet, qui s'accompagne de pollution et de destruction de l'environnement, était dans « l'intérêt national ».

La décret présidentiel allait directement à l'encontre du désir du peuple de protéger l'environnement de la destruction et des abus. Plusieurs actions ont été organisées contre le décret dont une grève de la faim et des manifestations de masse. À l'automne 2008, Infinito Gold a reçu une ordonnance lui demandant de cesser immédiatement ses activités sur le site. Depuis ce temps, la compagnie a été déboutée plusieurs fois par les tribunaux au Costa Rica. Les enquêtes sur la corruption et les intrigues qui entourent ce cas se poursuivent.

(Sources : LML, RT. Traduction : LML)

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La responsabilité du Canada
dans l'insécurité au Honduras

Dans une mise à jour du 27 mars, Grahame Russell de Rights Action déplore le rôle du Canada dans l'insécurité au Honduras. Russell affirme que le Canada et les États-Unis sont responsables du meurtre d'une jeune fille, Soad Nicolle Ham Bastillo le 25 mars, après qu'elle eut été enlevée par la police. Russel fait valoir l'importance d'informer la population nord-américaine des « tactiques de répression de terrorisme d'État auxquelles a recours le régime du Honduras ». Il écrit :


Manifestation à Toronto contre le coup d'État au Honduras le 2 juillet 2009

« La plupart des Nord-Américains apprennent très peu sur ce qui se passe au Honduras de la part de nos médias qui agissent, à mon avis, en violation de la confiance publique et de la responsabilité de faire enquête et de rapporter les événements concernant les États-Unis et le Canada.

« Depuis le coup militaire de juin 2009, qui a fait tomber le dernier gouvernement élu démocratiquement, le Honduras est devenu la « capitale du meurtre dans le monde » et la 'capitale de la répression dans les Amériques'.

« Et pourtant, la répression et la violence au Honduras ne sont pas un 'problème hondurien' — elles sont un problème des États-Unis et du Canada.

« Depuis le coup, les gouvernements des États-Unis et du Canada ont appuyé et légitimé différents régimes répressifs. L''aide' militaire et policière provenant des deux pays a augmenté envers le régime hondurien qui a recours à la répression et à la violence pour créer et maintenir un environnement favorable aux sociétés et aux investisseurs mondiaux.

« Ainsi, les compagnies et investisseurs nord-américains, ainsi que les banques de développement et d'investissement (Banque mondiale, Banque de développement interaméricain) ont augmenté leurs activités d'affaires dans divers domaines : la production d'huile de palme africaine, les ateliers maquiladoras, les 'villes modèles' privatisées, le tourisme, les barrages hydroélectriques et les mines, profitant ainsi de la répression, de la corruption et de l'impunité sur lesquelles ils ferment les yeux. »

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Manifestation à Toronto contre Barrick Gold


 
Mardi 28 avril - 10 h 30
Metro Toronto Convention Centre, 255 Front St. W.
Information: Facebook

À chaque année, Barrick Gold rassemble ses principaux actionnaires et son conseil d'administration pour son Assemblée générale annuelle au centre-ville de Toronto. Et à chaque année, nous nous rassemblons pour appuyer des campagnes pour la justice, la reddition de comptes et un avenir pour nos communautés directement affectées par les mines.

Cette compagnie est responsable de meurtres, de viols et d'abus des populations qui par malchance vivent à proximité de ses mines, et de la destruction de l'environnement de ces communautés. Parmi les membres du conseil consultatif et du conseil d'administration de Barrick se trouvent des individus parmi les plus haut-placés et les plus corrompus de notre époque.

Cette année, nous aurons la visite de Jethro Tulin, directeur général de l'Association Akali Tange et de l'Alliance Pergera. Depuis dix ans, Jethro mène une campagne internationale contre Barrick qui est responsable de meurtres et de viols perpétrés par les agents de sécurité des mines. Ce mois-ci, ses associés ont travaillé avec le cabinet d'avocats des États-Unis, EarthRights International, afin d'obtenir une juste compensation pour 14 victimes d'abus liés aux mines. Mais leur lutte se poursuit, car les victimes sont nombreuses et la communauté recherche une solution de relocalisation à long-terme.

Venez partager la musique, les discours, le théâtre de rue et la cuisine...mais, avant tout, venez appuyer les communautés affectées par Barrick partout dans le monde.

(Traduction : LML)

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Visite d'État du premier ministre indien au Canada

Narendra Modi doit être tenu responsable
pour la torture et le génocide

Mardi le 14 avril le premier ministre indien Narendra Modi est arrivé pour une visite d'État de trois jours au Canada. Le mercredi 15 avril, il a rencontré le premier ministre Harper à Ottawa. Il entend finaliser les négociations en cours pour un Accord sur la protection et la promotion des investissements étrangers et un Accord de partenariat économique global entre le Canada et l'Inde. Ces accords font partie de l'ordre du jour néolibéral des monopoles et des gouvernements à leur service pour chercher de nouveaux marchés et maximiser les profits au détriment de la classe ouvrière au Canada et en Inde. Modi se rendra ensuite à Toronto où il doit rencontrer les dirigeants des institutions bancaires, des fonds de pension et d'autres oligarques financiers.


Des manifestations contre le premier ministre Modi, à New York, le 29 septembre 2014. (Siasat)

Le premier ministre de l'Inde se rendra ensuite en Colombie-Britannique pour des réunions au gourdouara de la rue Ross à Vancouver et au Laxmi Narayan Mandir (temple hindou) à Surrey en fin d'après-midi. L'événement à Surrey est sous haute sécurité. Les participants ont été limités à 3000 et doivent recevoir une autorisation de sécurité de la GRC à un emplacement situé à cinq kilomètres du temple. Ce sera la première visite au Canada d'un premier ministre indien depuis celle d'Indira Gandhi en 1973.

Des actions auront lieu pour protester contre la visite de Modi. Les Sikhs pour la justice (SFJ) ont déposé une plainte auprès du procureur général Peter MacKay. Le mémoire juridique de 16 pages vise des procédures criminelles en vertu des lois canadiennes contre Modi pour des « actes de torture et de génocide » dans l'État du Goudjarat en 2002. Selon un article paru le 10 avril dans le Times of India, « la plainte allègue qu'en février-mars 2002, Modi a aidé, encouragé et conseillé en rapport au massacre de milliers de musulmans dans l'État du Goudjarat, alors qu'il était ministre en chef de l'État. Rédigée par les avocats Marlys Edwardh et Louis Century au nom des SFJ, la plainte énonce le fondement factuel et juridique pour des accusations contre le premier ministre indien. Le plaignant demande instamment au procureur général d'engager des poursuites ou de consentir à ce qu'une poursuite soit entamée contre Modi pour avoir aidé, encouragé et conseillé la torture, en violation de l'article 269.1 du Code criminel. »

Le mémoire juridique comprend la demande que des accusations soient portées contre Modi pour avoir conseillé un génocide en violation de l'article 6 de la Loi sur les crimes de guerre et des crimes contre l'humanité, qui prévoit une compétence extra-territoriale.

Edwardh a dit : « Un membre haut placé du barreau Indien, nommé par la Cour suprême de l'Inde en qualité d'amicus curiae pour enquêter sur le rôle de Modi dans la violence, a conclu qu'il y avait des motifs suffisants pour la poursuite. Traduit en droit canadien, il y a des motifs raisonnables et probables de croire que Modi a été impliqué dans ces crimes. C'est suffisant pour exiger son arrestation afin qu'il puisse subir son procès. Ce n'est qu'en prenant action que le Canada pourra réaliser son engagement à mettre fin à l'impunité face aux actes de torture et de génocide. »

Des avis juridiques similaires ont été écrits en octobre 2011 par Gail Davidson des Avocats contre la guerre contre la visite de l'ancien président américain George W. Bush en citant ses crimes de guerre et actes de torture. Une manifestation de centaines de personnes avait exigé l'arrestation de Bush lorsqu'il s'est présenté à Surrey pour faire un discours. Le gouvernement Harper n'a pris aucune mesure contre Bush. Le Comité des Nations unies contre la torture, en réponse à une plainte des Avocats contre la guerre et d'un autre groupe anti-guerre à New York, a dit que le Canada est tenu par la loi de s'assurer que les personnes soupçonnées d'avoir commis des actes de torture, ce qui comprend avoir ordonné la torture, ne trouvent pas refuge au Canada aussi brève que soit leur visite, et le Canada est tenu de s'assurer qu'un suspect soit arrêté pour être poursuivi au Canada ou dans une autre juridiction.

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Un accord important sur l'uranium montre
le deux poids, deux mesures sur la question nucléaire

La compagnie Cameco, la plus grande entreprise d'uranium cotée en bourse dans le monde, qui produit environ 14 % de la production mondiale d'uranium, est en négociations avancées avec l'Inde pour la fourniture d'uranium pour le système d'énergie nucléaire de l'Inde. Des dépêches disent que le premier ministre indien Narendra Modi a indiqué que l'obtention d'uranium canadien de Cameco est un objectif majeur de cette première visite bilatérale d'État entre l'Inde et le Canada depuis 40 ans.

La société Cameco (Canadian Mining and Energy Corporation), dont le siège est à Saskatoon, en Saskatchewan, est un exemple classique de la façon dont la politique économique néolibérale convertit le bien public en capital monopoliste privé. Elle a été fondée en 1988 suite à la fusion et à la privatisation des deux sociétés d'État de propriété publique - Eldorado Nuclear Limited et la Saskatchewan Mining Development Corporation. Appartenant initialement au gouvernement provincial de la Saskatchewan (62 %) et au gouvernement fédéral (38 %), Cameco a commencé à être privatisée en 1991, lorsque 20 % des actions ont été vendues et elle a été entièrement privatisée en février 2002. Un monopole multinational, Cameco exploite des mines d'uranium au Canada, aux États-Unis et au Kazakhstan.

La politique canadienne de deux poids, deux mesures, à l'égard de l'uranium et la production de l'énergie nucléaire à l'échelle internationale peut être mieux appréciée si on compare la volonté du gouvernement Harper de vendre de l'uranium à l'Inde, qui possède et produit des bombes atomiques, et son hystérie contre les plans de l'Iran de produire de l'énergie nucléaire. Le fait de traiter l'Inde aujourd'hui comme un ami et un client précieux est en contradiction avec la décision du Canada d'interdire l'envoi de tout matériel nucléaire à l'Inde après que celle-ci eut fait sauter sa première bombe atomique en mai 1974. Cette bombe a été produite avec du plutonium fourni par le réacteur canadien CIRUS ( réacteur canado-indo-américain). Fabriqué en 1954, CIRUS a été alimenté en eau lourde (oxyde de deutérium) par les États-Unis. Suite à un accord avec les États-Unis, CIRUS a été fermé en 2010.

Modi veut stimuler l'industrie de l'énergie nucléaire de l'Inde. L'Inde n'a jamais signé le Traité de non-prolifération des armes nucléaires et elle a un programme actif d'armement nucléaire rattaché à des systèmes de missiles porteurs d'ogives. Lorsque le 7 septembre 2012 le gouvernement Harper a rompu ses relations diplomatiques avec l'Iran, fermant son ambassade à Téhéran, et expulsant les diplomates iraniens du Canada, l'une des raisons invoquées est l'effort de l'Iran pour développer une industrie d'énergie nucléaire.

L'Iran a signé le Traité de non-prolifération et n'a pas d'armes nucléaires. John Baird, ministre des Affaires étrangères d'alors, a émis une déclaration le 24 novembre 2013 affirmant que « si l'Iran possédait l'arme nucléaire, non seulement ce pays présenterait une menace pour le Canada et ses alliés, mais cela porterait aussi sérieusement atteinte à l'intégrité de plusieurs décennies de travaux sur la non-prolifération. Cette situation amènerait d'autres États à prendre leurs propres mesures de dissuasion nucléaire au sein d'une région déjà instable ». Pendant ce temps, le voisin de l'Inde, le Pakistan, possède des armes nucléaires et des tensions entre les deux pays les précipitent vers une nouvelle guerre, mais cela ne semble pas inquiéter le moindrement Harper qui vend de l'uranium canadien au nouvel allié géopolitique des États-Unis, l'Inde de Modi.

Le 2 mars, à Washington, lors de la Conférence politique de 2015 du Comité des affaires publiques États-Unis-Israël, le « simple citoyen » John Baird, employé par Barrick Gold et d'autres monopoles, en discussion avec l'ancien premier ministre espagnol Jose Maria Aznar et le premier ministre israélien Netanyahu, a vivement condamné les négociations avec l'Iran pour établir un cadre de développement de l'énergie nucléaire qui aurait l'aval des États-Unis et l'UE, afin de mettre fin au blocus économique contre l'Iran. Baird ne dit rien au sujet d'Israël qui est le seul pays au Moyen-Orient ayant des armes nucléaires, grâce à l'aide secrète des États-Unis.

Le contraste entre la politique nucléaire du Canada envers le gouvernement de l'Inde armé de la bombe nucléaire et dirigé par Modi qui forge une alliance géopolitique avec les États-Unis, et celle envers le gouvernement de l'Iran qui poursuit une politique étrangère et intérieure indépendante, est on ne peut plus clair. La collaboration de Modi à la politique de l'impérialisme américain de « pivot pour l'Asie » est en train de devenir un facteur important pour une nouvelle guerre mondiale. [1] Le fait que Harper approuve que Cameco fournisse de l'uranium au programme d'énergie nucléaire et d'armes atomiques de Modi, dans un effort pour faire de l'Inde une superpuissance importante en Asie « dans une région déjà volatile », montre à quel point son jugement est incohérent, intéressé et irresponsable. Le fossé entre la politique du gouvernement Harper envers l'Inde et envers l'Iran sur la question nucléaire met en lumière que tout ce que Harper fait sur la scène internationale est subordonné aux intérêts de l'État canadien de servir la quête de l'impérialisme américain pour « la domination mondiale totale ».

Note

1. Voir « L'Inde se joint aux projets impérialistes américains en Asie », LML, édition du 18 mars 2015 - no 13.

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Déclaration des Communautés unies
contre Narendra Modi

Nous, « les Communautés unies contre Narendra Modi », sommes une coalition de groupes communautaires désirant attirer l'attention sur la visite du premier ministre actuel de l'Inde, Narendra Modi, dans le Lower Mainland de la Colombie-Britannique.


New York le 21 septembre 2014

Modi sera en visite au Canada du 14 au 16 avril et s'arrêtera à Ottawa, Toronto et Vancouver. Même si le tiers de son cabinet fait face à des accusations criminelles pour viol, enlèvement, tentative d'assassinat et incitation à l'émeute/la dysharmonie communale, les médias corporatifs, le gouvernement Harper, et les sections de l'élite de la diaspora indienne vont tous dérouler le tapis rouge. Il suffit d'un coup d'oeil rapide sur l'histoire et les actions de cet homme depuis son entrée en fonction pour voir que cet homme est un fasciste et partisan de la violence.

Pendant la période où il a été ministre en chef de l'État du Goudjarat de 2001 à 2014, plus de 2000 musulmans ont été massacrés et plus de 200 000 ont été déplacés, violés et pillés dans des pogroms en 2002. À la veille des « émeutes », que des experts qualifient de définition juridique du génocide, Modi aurait dit à un policier haut gradé de « laisser les hindous exprimer leur colère » et « donner une leçon » aux musulmans. Le rôle de Modi dans les atrocités de 2002 a conduit à une condamnation internationale généralisée, y compris des interdictions de séjour en Grande-Bretagne, en Europe et aux États-Unis. Toutefois, parce que des témoins clés ont été [tués] extrajudiciairement, Modi a réussi à échapper à la justice en dépit de ces pressions mondiales pour maintenir le chef d'accusation contre lui. Human Rights Watch (HRW) rapporte que « la violence collective contre les musulmans au Goudjarat est intimement liée à la montée du nationalisme hindou dans cet État et en Inde en général, un phénomène qui est également à l'origine d'attaques contre des chrétiens au cours des dernières années dans l'État et à travers le pays ».[1]

Modi est un membre important et de longue date du Rashtriya Swayamsevak Sangh (RSS), une organisation nationaliste politique hindoue violente bien financée dont les fondateurs admirent Hitler et Mussolini. Le RSS défend une idéologie tordue de la suprématie hindoue et brahmane connue sous le nom de Hindutva qui stipule que les minorités religieuses en Inde doivent être assimilées ou être dépouillées de tous leurs droits. Cette organisation fasciste de droite est responsable de centaines d'attaques contre les chrétiens, musulmans, sikhs et « intouchables ». HRW signale que, selon le RSS, « les religions comme l'islam et le christianisme sont étrangères à l'Inde ». Alors qu'il était le ministre en chef du Goudjarat, Modi a mis en oeuvre un programme d'expulsion violente vers le Punjab, y compris le gel des avoirs et l'émission d'avis d'expulsion, contre les sikhs du Goudjarat qui vivaient de l'agriculture depuis près de 50 ans dans cet État. [2]

Depuis qu'il est devenu premier ministre de l'Inde avec l'arrivée au pouvoir du Bharatiya Janata Party, Modi promeut des lois comme le projet de loi sur l'acquisition foncière qui rend plus facile pour les entreprises de voler la terre des paysans et des populations tribales pauvres, intensifie l'occupation militaire brutale du Cachemire et nie le droit à l'autodétermination de différents groupes. Pour mettre en oeuvre son mantra « l'Inde qui brille » pour attirer le développement économique, il a versé des milliards de dollars en armes et en troupes dans l'opération Green Hunt - qui a vu des milliers de civils et d'activistes autochtones [tués], torturés, emprisonnés sous de faux prétextes. Des gens sont maintenant arrêtés pour avoir simplement critiqué le premier ministre en vertu des lois sur la sédition. Des documentaires comme India's Daughters produit par la BBC sur les viols collectifs à Mumbai sont interdits.

Modi prend également des mesures pour éliminer la laïcité du préambule de la Constitution indienne et soutient que toutes les religions autres que l'islam sont des « sectes » de l'hindouisme et que des conversions forcées à l'hindouisme sont en hausse partout au pays. Les organisations des droits humains comme Amnestie internationale constatent l'augmentation de la violence communale et castéiste (c'est-à-dire des attaques contre les musulmans, les chrétiens et les dalits) depuis que Modi a pris le pouvoir et que la « surveillance à grande échelle des communications téléphoniques et Internet » est devenue répandue.

Tout en condamnant la violence extrémiste de Narendra Modi, nous exigeons aussi des comptes du gouvernement conservateur qui l'a invité à venir au Canada. Le premier ministre Stephen Harper et Narendra Modi tenteront de finaliser les négociations sur l'Accord sur la promotion et la protection des investissements étrangers et sur l'Accord de partenariat économique global entre le Canada et l'Inde. Ces accords sont conçus pour faire valoir les droits des multinationales aux dépens du droit des communautés de décider de leurs affaires sociales, culturelles, environnementales et économiques.

De même, la récente vague de lois attaquant le droit à la vie privée (déguisées sous l'appellation de lois antiterroristes) limitent le droit démocratique à la dissidence dans le même sens que la persécution des dissidents par le gouvernement indien. En fait, il y a des similitudes remarquables entre les récentes déclarations de Stephen Harper contre le port du niqab et les déclarations nationalistes islamophobes de Narendra Modi.

Le 16 avril, les Communautés unies contre Nerendra Modi appellent à manifester à la gourdwara de Khalsa Diwan à Vancouver.

Notes

1. http ://www.hrw.org/reports/2002/india/India040205.htm
2. http ://www.hrw.org/reports/1999/indiachr/christians803.htm

(Traduction : LML)

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Motion du Parlement élargissant le champ de guerre

Manoeuvres trompeuses des conservateurs pour cacher les objectifs de l'agression américaine


Piquetage antiguerre hebdomadaire à Montréal le 31 mars 2015

Dans un climat de duperie et de peur, le gouvernement conservateur de Stephen Harper a annoncé le 24 mars son intention de prolonger la mission militaire du Canada en Irak et de l'étendre à la Syrie dans le cadre de la coalition dirigée par les États-Unis qui mène une agression militaire suspecte, injuste et illégale contre ces pays. Selon le gouvernement Harper, le « terrorisme djihadiste » représente une grave menace non seulement pour les peuples de la région mais aussi pour le Canada et le reste du monde. Harper et ses ministres disent que l'État islamique a déclaré la guerre au Canada et que, par conséquent, pour protéger les citoyens canadiens, le gouvernement va prolonger sa mission en Irak et étendre les bombardements à la Syrie sans consulter le gouvernement syrien. C'est un revirement par rapport à ce qu'il avait dix il y a six mois : que le Canada n'effectuerait pas de frappes aériennes en Syrie sans une « permission claire » du gouvernement Syrien. Le ministre de la Défense Jason Kenney affirme que le Canada va en Syrie à la demande des États-Unis.

Le 30 mars il y a eu un vote à la Chambre des communes sur une motion à l'effet d'appuyer la décision du gouvernement, qui a été rejetée unanimement par le NPD, les libéraux et le Parti vert. Elle a été adoptée le 30 mars à 142 voix contre 129.

Le 8 avril le ministère de la Défense nationale a annoncé que des avions CF-18 ont effectué leurs premières frappes aériennes en Syrie.

L'opposition au prolongement et à l'élargissement de la mission canadienne au parlement n'était pas une opposition de principe à l'usage de la force dans le règlement des conflits au sein des nations et entre les nations ni basée sur la défense de la souveraineté de toutes les nations. Les partis d'opposition ont plutôt soulevé que le premier ministre a trompé les Canadiens au sujet de la durée et de la nature de la mission et menti à propos du rôle de combat du personnel de l'armée canadienne. Une autre critique était que le gouvernement Harper prolonge une mission qui n'a pas un objectif clair ni une « stratégie de sortie ». Un argument encore plus contestable de l'opposition était que la lutte contre l'État islamique en Syrie aiderait le gouvernement de Bashar al-Assad qui, disent les partis de l'opposition, « tue ses propres citoyens ». Les chefs du Parti libéral et du NPD ont tous deux repris à leur compte la prétention des gouvernements impérialistes et des médias que le gouvernement et l'armée de la Syrie auraient utilisé le sarin contre la population. On leur a attribué le blâme pour l'attaque au sarin du 21 août 2013 sans preuve mais l'accusation s'est plus tard avérée sans fondement.

Ces fausses allégations avaient été faites dans le contexte où le président Obama avait proclamé une limite arbitraire au-delà de laquelle les États-Unis déclencheraient la guerre contre la Syrie en vue d'y forcer un changement de régime. L'attaque prévue pour 2013 a été annulée après l'éclatement de la coalition que les États-Unis avaient assemblée pour lancer l'agression en Syrie, le gouvernement britannique ayant perdu le vote de guerre au parlement.

Le débat sur la motion du gouvernement Harper a montré que pour les conservateurs les mots ne veulent rien dire. Les partis d'opposition et leurs chefs n'aident pas la cause de la paix quand ils opposent la duperie à la duperie.

Comme les prétextes invoqués dans le passé par les impérialistes américains pour justifier la guerre et l'agression en Irak (bébés dans les incubateurs), en Afghanistan ( lutte contre al-Qaïda), en Irak (armes de destruction massive) et en Libye (responsabilité de protéger), les prétendus faits sur lesquels le gouvernement appuie son argument en ce qui concerne la Syrie se sont rapidement envolés en fumée.

Une enquête internationale impartiale sur l'incident a conclu que le sarin utilisé contre les populations syriennes avait été fourni par l'Arabie saoudite et utilisé par les prétendues forces rebelles. Au moment de l'attaque, les Nations unies ont annoncé que le gouvernement syrien avait acquiescé en moins de 24 heures à sa requête d'envoyer des inspecteurs évaluer les régions où ont eu lieu les attaques au sarin et ils ont pu prendre des échantillons.[1]

Il est difficile de prendre au sérieux les arguments des chefs de l'opposition sur le caractère « maléfique » du régime Assad quand on sait que les arguments donnés sont fondés sur une désinformation présentée comme un fait établi. Cela comprend la désinformation qu'ils partagent avec le gouvernement Harper à propos de la nature de la coalition dirigée par les États-Unis et l'objectif visé. Ils ne disent rien sur le fait que cette coalition poursuit le même objectif que dans les années 1980, soit de dominer le Moyen-Orient et de bloquer les aspirations et la coopération des peuples de la région qui veulent se tracer une voie indépendante. Loin d'oeuvrer à vaincre l'État islamique et apporter la paix et la stabilité dans la région, les impérialistes américains sont plus désespérés que jamais à empêcher la Syrie et l'Irak de se remettre sur pied à leurs propres conditions, comme en atteste leur obsession à propos de l'« influence iranienne » et du « rôle de la Russie » dans la région.


Une manifestation à Vancouver marque le 12e anniversaire de la guerre en Irak, le 27 mars 2015. (M. Ashir)

L'hystérie du gouvernement Harper au sujet de la nécessité de défendre le Canada et le monde contre le « terrorisme djihadiste » masque le fait que la prolongation et l'élargissement de la mission de guerre est une continuation de l'agression injuste contre l'Irak depuis 2003 par la coalition menée par les États-Unis, à laquelle les Canadiens s'étaient massivement opposés. Cette guerre contre l'Irak et le parrainage de différents groupes terroristes en Syrie par les États-Unis et leurs alliés sont les principaux facteurs derrière la montée de l'État islamique. Il est clair également que la cible première n'est pas l'État islamique mais la Syrie et que cela s'inscrit dans l'effort pour affaiblir et isoler l'Iran.

L'opposition parlementaire crée la confusion sur cet aspect central de la nouvelle agression américaine en laissant entendre que le gouvernement Harper s'allie avec l'Iran en Syrie. Il est difficile de croire que les partis d'opposition ont oublié l'obsession belliciste des conservateurs concernant l'Iran.

Il y a quelques semaines, le premier ministre Harper et son ministre des Affaires étrangères John Baird répétaient à qui veut l'entendre que le plus grand danger pour le monde aujourd'hui est l'Iran. Ils ont appuyé la position extrémiste du premier ministre israélien Benjamin Netanyahu qui dit qu'il ne doit pas y avoir de négociation avec l'Iran, seulement des sanctions, et que si l'Iran refuse de se soumettre, il doit être anéanti.

L'élargissement de la participation du Canada à l'agression militaire américaine en Irak et en Syrie est une affaire importante pour les Canadiens parce que le fait de baser la politique étrangère sur la duperie ouvre la porte à d'autres crimes qui seront commis en notre nom.

Les visées que cache le gouvernement Harper sont connues et le gouvernement et les chefs militaires américains en parlent ouvertement. Dans une récente entrevue au Washington Post, le général David H. Petraeus, qui a commandé les troupes américaines en Irak, dit clairement qu'il ne considère pas l'État islamique comme la cible première de l'engagement américain en Irak. Le général affirme que si des batailles importantes ont été remportées contre l'État islamique, « la menace première » provient des « milices shiites » qui sont en grande partie selon lui soutenues par l'Iran, sinon guidées par l'Iran. Les gouvernements canadien et américain ont admis que malgré tous les signes que la force militaire de l'État islamique est exagérée et que des progrès sont réalisés, la présence militaire du Canada et des États-Unis est à long terme.

Le Marxiste-Léniniste soulignait dans son édition du 25 mars que des rapports provenant de forces irakiennes confirment que des avions-cargos des États-Unis et de la coalition parachutaient des armes et des munitions à des endroits accessibles par les forces de l'État islamique. Des députés irakiens ont dit que les États-Unis et la coalition ne travaillent pas sérieusement à la destruction de l'État islamique et s'intéressent davantage à prolonger et élargir le chantier de guerre et à établir une présence militaire à long terme, ce qui comprend la réoccupation d'anciennes bases militaires. Nous avons également souligné les liens entre le SCRS, l'agence canadienne du renseignement, et le recrutement par l'État islamique à partir de l'ambassade canadienne en Jordanie. Il y a eu quelques rapports dans la presse à cet effet en mars, mais les médias monopolisés canadiens n'ont pas tenu à enquêter plus à fond.[2]

Bien que les États-Unis et le Canada disent vouloir « affaiblir » l'État islamique par des bombardements, les principaux bénéficiaires de cet effort sont les concurrents, pas le gouvernement syrien ni le peuple syrien. Pendant que l'État islamique est occupé à se défendre contre les frappes aériennes, des groupes que le Canada et les États-Unis ont combattus dans le passé, comme Al-Qaïda et le front Al-Nousra, ont plus de latitude pour s'emparer de territoires et infliger d'autres horreurs à la population. Le front Al-Nousra a pris la ville d'Idlib le 28 mars, entre autres avancées. Au lieu de considérer les territoires capturés par Al-Qaïda comme une source d'attentats terroristes au même titre que l'État islamique, les médias monopolisés parlent de territoires pris par les forces d'opposition au gouvernement syrien. Ce phénomène qu'on retrouve partout en Syrie fait mentir la prétention des impérialistes américains qu'en ciblant l'État islamique ils auraient abandonné leur campagne pour détruire l'indépendance de la Syrie et y imposer un changement de régime.

Les États-Unis refusent de renoncer à leur obsession de saper l'indépendance des peuples de Syrie, d'Irak, d'Iran et maintenant du Yémen et cela montre que l'opposition à l'agression et à la guerre doit partir des principes. Ceux qui refusent de le faire sont tôt ou tard pris dans leurs manoeuvres et ce sont les peuples du monde qui en font les frais car les États-Unis continuent de les entraîner dans une conflagration mondiale.

Défendons la souveraineté de toutes les nations !
Le Canada a besoin d'un gouvernement antiguerre !

Notes

1. « Syria Chemical Weapons : Who Was Behind the East Ghouta Attacks ? », Yuram Abdullah Weiler, Global Research, 26 décembre 2013

« Et pourtant aucune preuve convaincante n'a jusqu'à présent été présentée pour appuyer ces allégations. Au contraire, un haut représentant de l'ONU, citant des rebelles à Ghouta, affirme sous anonymat que 'le renseignement saoudien est derrière ces attaques' et non pas la République arabe syrienne. Aussi étrange que cela puisse paraître, le rapport final de la mission de l'ONU établit qu'il n'y a aucune trace de sarin dans 13 échantillons prélevés dans le district de Moadamiyah et seulement un cas confirmé de produits dérivés. Alors si les États-Unis possèdent des preuves crédibles, je crois qu'ils se sentiraient une responsabilité de les rendre publiques pour balayer tout doute.

« Par contre les preuves que cette attaque a été perpétrée par les soi-disant forces d'opposition sont abondantes et comprennent les suivantes :

« - Un rapport de l'organisme américain National Ground Intelligence Centre (NGIC) confirme que al-Qaïda a fabriqué du gaz sarin dans une région de l'Irak contrôlée par les forces sunnites et l'a ensuite envoyé en Turquie pour être utilisé par le front al-Nousra en Syrie.

« - Un groupe d'anciens fonctionnaires du renseignement soutient que selon les renseignements les plus fiables le gouvernement de Bashar al-Assad N'EST PAS responsable de l'attaque au gaz le 21 août et que le service de renseignement britannique était au courant.

« - Les projectiles testés par les inspecteurs de l'ONU, qui ont les caractéristiques distinctives des projectiles utilisés par les rebelles à Aleppo, Damas et ailleurs, ne sont pas des armes standard de l'armée syrienne.

« - Les forces d'insurrection Liwaa al-Islam déployées près de Damas comprenaient le soi-disant Front des armes chimiques, l'auteur présumé de l'attaque aux produits chimiques. »

2. « La lutte contre le terrorisme » - un prétexte pour appuyer l'agression des États-Unis contre la Syrie et l'Irak - Louis Lang, LML no. 14, 25 mars 2015.

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Palestine

Appui international à la libération de Khalida
Jarrar et de tous les prisonniers politiques


Khalida Jarrar, une membre élue du Conseil législatif palestinien qui défend depuis longtemps les prisonniers politiques palestiniens, a été enlevée par les Forces d'occupation israéliennes lors d'une descente à sa maison à Ramallah le 2 avril à 15 heures. Soixante soldats ont participé à la descente et ont saisi des ordinateurs et le téléphone cellulaire de Jarrar. Elle est la 16e députée palestinienne à être détenue dans les prisons israéliennes et l'un des neuf prisonniers détenus en vertu d'une détention administrative sans accusation ni procès. En tout, il y a 6 000 prisonniers politiques palestiniens et plus de 500 détenus en vertu de la mesure de détention administrative.

Le 5 avril, Jarrar a été victime d'une « détention administrative » de six mois suite à l'ordre d'un commandant militaire israélien en Cisjordanie occupée. Une audience devant confirmer l'ordre devait avoir lieu le 8 avril mais suite à un report, il aura lieu le 14 avril. Les Forces de l'occupation israéliennes ont affirmé que Jarrar avait « incité à des 'activités terroristes' », ce dont on accuse régulièrement les gens qui résistent par tous les moyens à l'occupation de la Palestine et aux crimes de guerre sionistes. Les « preuves » présentées contre elle par le procureur militaire israélien consistent d'exemples de son leadership politique, dont des vidéos où elle participe à des manifestations. Muna Qadan, une affiliée du Jihad islamique, a été condamnée à 70 mois de prison pour « activité politique illégale » le jour précédent la détention de Jarrar.

Le Département central de l'information du Front populaire de la libération de la Palestine (PFLP), dont Jarrar est une dirigeante bien connue, a condamné la détention et a affirmé qu'il s'agit d'une « tentative désespérée de supprimer l'activité de Jarrar ainsi que son rôle national important dans la défense des droits du peuple palestinien, des prisonniers et de leur lutte et dans l'opposition aux politiques et aux projets de l'occupation et la révélation de ses crimes. »

Avant cette détention, les Forces d'occupation israéliennes avaient tenté sans succès d'évincer Khalida Jarrar de sa maison de Ramallah en août 2014. Jarrar avait alors refusé de collaborer et avait manifesté 24 heures sur 24 jusqu'à ce que l'ordre soit abandonné. L'ordre de 2014 visait à la transférer à Jéricho sous prétexte qu'elle représentait « une menace pour la sécurité de la région et qu'elle devait être placée sous surveillance privée ». Comme pour la plupart des dirigeants politiques palestiniens, elle n'a pas le droit de voyager à l'extérieur de la Cisjordanie occupée.


Manifestations à Naplouse, Palestine, avril 2015

Samidoun, le Réseau de solidarité avec les prisonniers palestiniens, fait remarquer qu' « Israël arecours à la détention préventive en vertu de 'lois d'État d'urgence' de l'époque coloniale britannique en Palestine. Le recours d'Israël aux mesures de détention administrative est en violation du droit international. De telles détentions sont autorisées seulement dans des circonstances particulières et dans des situations exceptionnelles de 'sécurité immédiate'. Par ailleurs, en Palestine, Israël a recours à la détention administrative de façon systématique comme outil de châtiment collectif et de détention de masse des Palestiniens. Il a aussi recours à la détention administrative lorsqu'il ne réussit pas à obtenir les confessions voulues de détenus palestiniens lors de leurs interrogatoires. »

La détention illégale de Jarrar par Israël a été vigoureusement condamnée en Palestine, au sein du parlement israélien, la Knesset, et partout dans le monde.

L'organisation d'appui aux prisonniers politiques, Addameer, dit de l'arrestation qu'elle fait partie « du ciblage systématique de personnalités politiques palestiniennes dans le but de criminaliser leur travail, de les faire taire et de les empêcher de jouer leur rôle à la défense de la cause palestinienne et en appui à cette cause ».

L'alliance de partis politiques au sein de la Knesset qu'on nomme le Joint List a dit de l'arrestation qu'il s'agissait d'une violation des lois et des conventions internationales. Elle a dit : « L'arrestation de Jarrar est une mesure répressive et arbitraire, prise dans le cadre de la répression des activistes qui s'opposent à l'occupation. »




Gaza, 6 avril 2015

Des manifestations ont eu lieu le 6 avril à Gaza et le 7 avril à Ramallah. À Gaza, des forces de la résistance se sont rassemblées au quartier général local du Comité international de la Croix-Rouge pour exiger la libération de Khalida Jarrar et de tous les prisonniers politiques. L'ancien prisonnier politique, Mustafa Maslamani, a fait part de la détérioration des conditions des prisonniers palestiniens y compris une violence accrue de la part des gardiens et des forces de sécurité. L'Union générale des femmes palestiniennes a manifesté devant la Croix-Rouge à Ramallah, mettant de l'avant les mêmes revendications tout en annonçant les activités pour la Journée des prisonniers palestiniens, le 17 avril.


Ramallah, 7 avril 2015

Samidoun rapporte que des partis communistes et progressistes partout dans le monde ont exprimé leur appui à Jarrar, organisé des manifestations et émis des déclarations. D'autres organisations ont émis des déclarations , dont Amnistie internationale, les Voix juives indépendantes et le Centre palestinien pour les droits humains. Samidoun appelle individus et organisations à agir sur cette question :

En exigeant qu'on libère Jarrar immédiatement, cliquer ici
En signant cette pétition
En contactant les élus de votre circonscription
En manifestant devant les ambassades et consulats israéliens

Une manifestation en solidarité avec Khalida Jarrar et tous les prisonniers politiques palestiniens aura lieu à Ottawa le 14 avril, le jour de son audience de détention, de midi à 13heures devant l'ambassade israélienne au 50, rue O'Connor.

LML lance l'appel à tous d'appuyer les actions exigeant la libération immédiate de Khalida Jarrar et de tous les prisonniers palestiniens détenus par l'occupation israélienne.

En ce moment, alors que des lois sont en voie d'être adoptées au Canada qui criminalisent la soi-disant incitation au terrorisme et qui accroissent l'impunité et les activités arbitraires des agences de sécurité, les mesures prises par les Forces d'occupation sionistes en Palestine illustrent bien jusqu'où une élite dominante est prête à aller pour criminaliser toutes personnes qui luttent pour leurs droits. Le gouvernement du Canada et celui d'Israël ont beaucoup de points en commun dont l'équation qu'ils dressent entre résistance et terrorisme. Pour sa part, le peuple canadien a montré son appui aux droits des Palestiniens à chaque fois qu'ils ont été la cible d'attaques.

Faisons tout en notre pouvoir pour libérer Khalida Jarrar et tous les prisonniers politiques !
Victoire au peuple palestinien dans sa lutte pour mettre
fin à l'occupation et pour affirmer son droit d'être !

(Sources : Samidoun, Ma'an News Agency, PFLP)

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Corée

L'anniversaire du fondateur de la nation coréenne moderne marqué par de nouvelles victoires


Des affiches de la RPDC qui annoncent les nombreux événements culturels qui marquent l'anniversaire de la naissance de Kim Il Sung (Naenara)

Le 15 avril 2015 est le 103e anniversaire de naissance du camarade Kim Il Sung (1912-1994), dirigeant légendaire du peuple coréen dans la guerre contre le Japon et la victoire contre les puissances de l'Axe et fondateur de la République populaire démocratique de Corée (RPDC) en 1948 comme État souverain, moderne et socialiste. Kim Il Sung est la personnalité historique qui dirigé le peuple coréen dans sa lutte pour la réunification pacifique et indépendante de son pays. Il a constamment défendu la dignité et l'honneur de la nation coréenne. L'anniversaire de naissance de Kim Il Sung est célébré comme le Jour du soleil sur la péninsule coréenne, une occasion pour le peuple coréen et l'humanité éprise de paix et de justice de rendre hommage à la vie et au travail de ce dirigeant communiste et homme d'État coréen.

Cette année, les célébrations du Jour du soleil ont lieu au même moment où les États-Unis sous l'administration Obama intensifient leur agression contre la RPDC dans le cadre de leur stratégie de guerre géopolitique appelée Pivot vers l'Asie pour contrôler la Chine et la Russie. Une composante de la stratégie de pivot est l'augmentation de la présence militaire américaine en Corée du sud et près des eaux coréennes, ainsi qu'en Asie orientale, et la menace d'une autre guerre de Corée dont le but serait d'occuper toute la péninsule au service de la guerre, de l'occupation et de l'agression américaines en Asie orientale et partout dans le monde. Cela ne doit pas passer !

Les États-Unis et leurs alliés commettent des actes désespérés pour déstabiliser la RPDC, la faire dérailler de sa voie indépendante socialiste et saboter les efforts pour construire une économie socialiste, assurer la paix sur la péninsule coréenne et réaliser l'objectif sacré de la réunification de la nation coréenne. Ces crimes comprennent des livres et des films racistes tels L'interview qui tue !, des rapports frauduleux sur les droits humains et la désinformation de la Commission d'enquête discréditée et dominée par les États-Unis basée sur de faux témoignages de prétendus réfugiés nord-coréens, de même que les exercices militaires annuels conjoints États-Unis-Corée du sud, l'embargo économique et politique de plus de 60 ans ainsi que l'utilisation d'espions et de saboteurs.

Cette année, sous la direction de Kim Jong Un et du Parti du travail de Corée, à l'occasion du 70e anniversaire de la victoire du peuple coréen sur les occupants Japonais et du 70e anniversaire de la fondation du Parti du travail de Corée, le peuple coréen intensifie ses efforts pour renforcer et diversifier son économie, particulièrement dans les domaines de l'indépendance alimentaire et des produits de consommation. La capacité de défense militaire du pays est également renforcée face aux menaces et à l'agression américaine. Des efforts sont faits pour renforcer le mouvement de réunification et favoriser des relations de coopération pacifique entre la Corée du Nord et du Sud.


Le président de la RPDC Kim Il Sung
1912-1994

Toute sa vie, Kim Il Sung a dirigé et organisé le peuple pour la réunification coréenne après que les États-Unis aient unilatéralement divisé le pays en 1945 après la Deuxième Guerre mondiale. Il a énoncé les trois principes de la réunification nationale (mai 1972), le plan pour fonder la République fédérale démocratique du Koryo (octobre 1980) et le programme en 10 points pour la Grande unité de la nation pour la réunification du pays (avril 1993). Ces propositions et d'autres ont porté fruit avec la Déclaration conjointe Nord-Sud du 15 juin 2000 et les Accords du 4 octobre 2007 qui ont amorcé la normalisation des relations entre les deux Corées. Depuis ce temps les États-Unis et leurs gouvernements fantoches en Corée du Sud ont fait tout ce qu'ils ont pu pour saboter le mouvement de réunification du peuple coréen parce que cela signifierait la fin de l'occupation militaire de la Corée.

Dans un discours lors de la première session de la Troisième Assemblée suprême du peuple en octobre 1962, Kim Il Sung soulignait : « La réunification de notre pays est une tâche compliquée et difficile qui ne peut être menée facilement. C'est seulement par une dure lutte de longue haleine que nous pouvons accomplir la grande tâche de la réunification nationale. Les impérialistes américains, les chefs suprêmes de l'impérialisme mondial, ont occupé la Corée du Sud et complotent frénétiquement pour lancer une nouvelle guerre, poursuivant une politique d'agression contre toute la Corée et l'Asie. [...] La seule façon de sauver la situation en Corée du Sud [...] est de chasser les troupes américaines et réaliser la réunification nationale. »

À chaque tournant de l'histoire de la Corée moderne, Kim Il Sung a fait le bilan de l'expérience révolutionnaire du peuple et présenté la marche à suivre pour savoir comment agir en toute situation et réaliser son aspiration de vivre dans une Corée prospère et paisible. Aujourd'hui, la RPDC, sous la direction du camarade Kim Jong Un, continue de faire de grands progrès dans toutes les sphères de son économie socialiste indépendante et satisfait aux besoins grandissants du peuple en dépit du brutal embargo politique et économique impérialiste imposé depuis plus de 60 années. Cela est dû à la voie tracée par Kim Il Sung basée sur l'esprit d'appui sur soi du Juche, qui met l'économie, l'armée et tous les aspects de la vie sociale de la RPDC fermement dans les mains du peuple, l'appelant à prendre l'initiative dans l'édification nationale et à aller de l'avant avec confiance sur la voie indépendante socialiste en dépit de toutes les difficultés.

Aujourd'hui, le peuple de la RPDC, les patriotes coréens au Sud et partout dans le monde honorent la mémoire de Kim Il Sung en allant de l'avant et en défendant ce projet d'édification nationale, la bannière déployée du mouvement de réunification coréenne et en ne permettant pas aux impérialistes américains de compromettre leur indépendance, leur dignité et leur souveraineté.

À l'occasion du Jour du soleil, LML transmet ses plus chaleureuses salutations révolutionnaires au peuple coréen, confiant dans ses efforts pour fortifier son économie, chasser les impérialistes américains de la Corée du Sud, réaliser la réunification pacifique de son pays, continuer à défendre la paix sur la péninsule coréenne et contribuer à la paix dans le monde, à l'indépendance et l'autodétermination de toutes les nations et de tous les peuples.

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Discours de Kim Il Sung à la 85e Conférence de l'Union interparlementaire, 29 avril 1991, Pyongyang

LML publie le discours du président Kim Il Sung à la 85e Conférence de l'Union interparlementaire tenue en République populaire démocratique de Corée en 1991 qui présente le point de vue de la RPDC sur la paix, le rôle des parlements et la promotion de relations fraternelles entre les nations et les peuples fondés sur le respect de toutes les nations, grandes et petites.

* * *

Monsieur le président du Conseil de l'Union interparlementaire,

Honorables délégués,

L'ouverture aujourd'hui de la 85e Conférence interparlementaire à Pyongyang, la capitale de notre pays, est un immense plaisir pour le peuple coréen. Permettez-moi de souhaiter la bienvenue aux délégués parlementaires de nombreux pays, aux délégués des organisations internationales et à tous les autres invités étrangers.

Cette conférence est une occasion importante pour approfondir la compréhension mutuelle entre les assemblées nationales des différents pays, pour développer la coopération entre elles et renforcer l'amitié et la coopération entre le peuple coréen et d'autres peuples dans le monde entier. J'espère que, grâce à vos efforts sincères, la 85e Conférence interparlementaire a assumé une mission plus lourde et une plus grande responsabilité dans l'arène politique internationale.

Honorables délégués,

L'Assemblée nationale de chaque pays, comme sa plus haute instance législative, a une mission et une responsabilité de donner réalité à un gouvernement démocratique. La démocratie doit être non seulement l'idéal fondamental de l'administration de l'État pour défendre le droit à l'indépendance du peuple, mais aussi un idéal commun de la politique mondiale pour assurer l'égalité et la coopération entre les pays. La politique étrangère d'un État est l'extension de sa politique intérieure. Par conséquent, atteindre la démocratie dans les différents pays est étroitement lié à l'obligation de rendre la communauté internationale démocratique. Les membres des assemblées nationales qui travaillent avec dévouement au développement d'un gouvernement démocratique dans leur pays devraient également contribuer activement à la démocratisation de la politique mondiale et ainsi s'acquitter de leurs responsabilités et de leur rôle d'hommes d'État de notre époque.

L'Union interparlementaire, qui a été fondée il y a plus d'un siècle pour réaliser le noble idéal de paix et de coopération, a contribué à sauvegarder la paix mondiale et à développer l'amitié et coopération entre les pays et les peuples. Avec le temps et les progrès de l'histoire, l'Union interparlementaire sa mission a pris une plus grande importance et elle a assumé une plus grande responsabilité dans l'arène politique internationale.

Aujourd'hui, l'humanité se trouve à un tournant du progrès historique. L'époque ancienne de la domination et de l'asservissement qui a duré des milliers d'années a pris fin, et une nouvelle ère a été ouverte, l'ère nouvelle dans laquelle tous les pays et toutes les nations façonnent leur destin dans l'indépendance. L'humanité a devant elle aujourd'hui la tâche commune de renforcer ce courant historique et de construire un monde nouveau libre et pacifique.

Afin de construire le monde nouveau auquel aspire l'humanité, il est nécessaire d'abolir les inégalités de l'ordre international ancien dans tous les domaines de la politique, l'économie et la culture et d'instaurer un nouvel ordre international équitable. Il existe de grands et de petits pays dans le monde, mais il ne peut y avoir des pays majeurs et mineurs ; il existe des pays développés et des pays les moins développés, mais il ne peut y avoir des nations destinées à dominer les autres nations ou des nations destinées à être dominées. Tous les pays et toutes les nations sont des membres égaux de la communauté internationale et en tant que tels ont le droit à l'indépendance et l'égalité. Aucun privilège et aucun arbitraire ne doivent être tolérées dans les relations internationales, l'amitié et la coopération entre les pays doivent être entièrement développées fondées sur les principes de respect mutuel, de la non-ingérence dans les affaires des autres pays, de l'égalité et de l'avantage réciproque.

La paix est l'aspiration commune de l'humanité, et lorsque la paix est garantie le peuple peut créer une nouvelle vie indépendante. L'idée et la politique fausses d'écraser l'indépendance des autres pays et des autres nations et de domination des autres sont la cause des menaces actuelles contre la paix. Afin de préserver la paix, tous les pays et toutes les nations doivent maintenir leur indépendance, s'opposer à la politique de la force et développer une puissante lutte internationale commune pour prévenir l'agression et la guerre.

Le désarmement nucléaire et l'abolition des armes nucléaires et d'autres types d'armes de destruction massive sont les tâches les plus pressantes pour assurer la paix. Le grand arsenal d'armes nucléaires maintenant sur terre est une menace pour la survie de l'humanité elle-même. Il est intolérable que les précieux résultats de la science et la technologie créés par l'homme et la richesse sociale soient utilisés pour la production des moyens d'agression et de guerre qui menacent la survie de l'humanité et non pour son bien-être et son développement. Les essais nucléaires et la production d'armes nucléaires doivent être interdits, le nombre des armes nucléaires existantes doit être réduit et, ensuite, les armes nucléaires doivent être complètement abolies.

Le peuple coréen, qui vit constamment sous la menace des armes nucléaires, a proposé l'abolition des armes nucléaires, car c'est une question cruciale qui concerne le destin de la nation. Nous disons avec force que la péninsule coréenne doit être une région exempte d'armes nucléaires et une zone de paix. Nous appuyons fermement le mouvement pour la paix des peuples de nombreux pays qui luttent pour le désarmement et la création de zones de paix dénucléarisées.

Construire un monde nouveau libre et pacifique est l'exigence mûre de notre époque. Aujourd'hui, l'asservissement et la domination, l'agression et la guerre ne peuvent bénéficier à personne ; c'est la voie que doit prendre l'humanité pour que les peuples de tous les pays puissent vivre ensemble de façon indépendante et pacifique. Le progrès historique peut s'accompagner de revers, mais les forces de l'indépendance et de la paix gagneront en force à mesure que les jours passent, et la juste cause de créer un monde nouveau triomphera impérativement.

L'unité des peuple dans le monde entier et leur coopération mutuelle sont la garantie de la victoire de leur cause commune pour créer un monde nouveau. L'Union interparlementaire, le centre de délibération internationale d' assemblées nationales indépendantes, doit s'intéresser à la démocratisation de la communauté internationale sur la base de l'indépendance et préserver la paix mondiale et la sécurité, elle doit contribuer à promouvoir l'unité et lacoopération entre les peuples. Les idées d'indépendance, de paix et d'amitié que notre République entretient constamment dans ses relations internationales sont conformes avec les idées prônées par l'Union interparlementaire. À l'avenir, notre république renforcera davantage ses liens et sa coopération avec l'Union interparlementaire et sera fidèle à la cause commune de l'humanité de la création d'un monde nouveau libre et pacifique.

Délégués,

Aujourd'hui, notre peuple travaille fort pour construire une société véritable pour lui-même qui fera de l'émancipation complète de l'homme une réalité et pour réaliser la réunification indépendante et pacifique de notre pays.

La philosophie politique de notre État est le Juche, qui exige que toute considération soit centrée sur l'humain et que tout devrait être fait pour le servir. En luttant dans l'unité sacrée sous la bannière de l'idée Juche, nos gens ont été en mesure de construire, même dans les conditions et les circonstances plus difficiles, le socialismec centré sur l'humain dans lequel les gens sont les véritables maîtres de la société et l'ensemble de la société est à leur service. Le caractère démocratique de notre société s'exprime clairement dans le fait que toutes les personnes, en tant que maîtres de l'État, jouissent dans l'égalité d'une vie saine et stable dans ses aspects matériels et culturels, exercent complètement leurs droits politiques dans l'égalité et, sur la base de l'amour fraternel et des devoirs, travaillent ensemble pour un objectif commun, s'entraident et progressent ensemble.

Notre peuple est fier et a confiance dans sa juste cause ; il travaille pour construire une société idéale pour l'humanité, conformément à sa propre conviction et en comptant sur ses propres forces.

La réunification de la Corée est essentielle pour notre nation, c'est une question importante de la politique internationale. Le peuple coréen est une nation homogène qui vit sur le même territoire depuis des générations, une nation célèbre pour sa longue histoire et ses belles traditions culturelles. Il n'y a pas de cause interne pour notre nation à vivre divisée. Notre pays n'a pas été un pays vaincu de la Deuxième Guerre mondiale ; notre peuple a contribué à détruire le fascisme par sa longue lutte de libération nationale. Malgré cela, après la guerre, notre pays a été divisé entre le Nord et le Sud, contre la volonté de la nation coréenne et la nation est toujours divisée. C'est seulement une source de malheurs et de souffrances sans précédent pour notre nation, mais aussi une cause de la situation instable et dangereuse dans cette région de l'Asie. Tant du point de vue de l'indépendance nationale que de la cause de la paix en Asie et dans le reste du monde, la question de la réunification de la Corée exige un règlement immédiat.

À cette fin, nous insistons toujours sur les trois principes d'indépendance, de réunification pacifique et de l'unité nationale sur lesquels le Nord et le Sud se sont mis d'accord et qu'ils ont déclarés conjointement, nous considérons que sur la base de ces principes le pays doit être réunifié en créant une Confédération basée sur une seule nation, un État, deux systèmes et deux gouvernements. Nous considérons que cela respecte la volonté de la nation coréenne de se développer dans l'indépendance comme une seule nation réunifiée et répond à l'exigence de l'époque actuelle de l'indépendance et la paix. Nous reconnaissons qu'il est également le moyen plus pratique de réunifier le pays pacifiquement alors que des idées et des systèmes différents existent actuellement dans le Nord et le Sud.

L'aspiration de notre nation à la réunification est commune et permettra de surmonter la barrière de la division, et sa conviction que la Corée est une est devenue inébranlable. Nous développerons activement le dialogue entre le Nord et le Sud en conformité avec la tendance montante dans l'ensemble de la nation pour la réunification et ferons tous les efforts possibles pour éliminer tous les obstacles à la réunification.

Les hommes d'État d'aujourd'hui qui chérissent la justice et la démocratie dans la politique internationale ne peuvent pas rester indifférents face aux malheurs et à la souffrance des peuples des autres pays, ils doivent coopérer pour assurer le règlement équitable des questions internationales qui influent sur le destin des nations. Nous espérons que le Parlement et les hommes d'État de tous les pays, sans oublier de mentionner les pays responsables de la question coréenne, seront attentifs à la question de la réunification de notre pays et coopéreront activement pour le règlement juste de cette question.

Vous, les délégués, êtes les invités distingués de notre peuple. Où que vous irez, notre peuple vous reçevra chaleureusement et vous offrira un accueil chaleureux. J'espère que votre séjour dans notre pays sera agréable et utile et je vous souhaite le succès dans votre travail honorable. Merci.

(Traduction : LML)

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Appel à la communauté internationale pour la réunification indépendante et pacifique de la Corée


Le Comité régional Asie-Pacifique en appui à la réunification pacifique de la Corée a émis une déclaration le 8 mars dans laquelle il appelle toute l'humanité progressiste à intensifier son appui à la lutte du peuple coréen pour la réunification pacifique de son pays divisé. Le Marxiste-Léniniste lance l'appel à tous à appuyer cet appel qui va renforcer et faire avancer le mouvement du peuple coréen pour la réunification pacifique de sa nation qui a été divisée par les États-Unis en 1945. Le succès de ce mouvement va non seulement contribuer à la paix et à la stabillité sur la péninsule coréenne mais aussi apporter une contribution importante à la paix mondiale en écartant le danger de guerre sur la péninsule coréenne et en assurant la stabilité politique de la région.

L'appel débute en disant que 2015 est le 70e anniversaire de la libération de la Corée du pouvoir colonial brutal du Japon à la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Le peuple coréen est sorti de cette victoire avec l'objectif de construire un pays libre, indépendant et prospère.

Suite à la libération, ses aspirations ont été sabotées et frustrées par la division de son pays par des forces externes. Bien que le monde ait connu de grands changements et de grands progrès, le peuple coréen a été contrecarré par la division de sa patrie bien aimée qui continue à lui causer de grandes souffrances, une des plus grandes étant la menace constante de guerre qui pèse sur la nation. La déclaration appelle toute l'humanité progressiste à s'informer au sujet du mouvement pour la réunification, à apppuyer cette lutte juste et à fournir toute aide possible au succès de ce mouvement.

Les auteurs de l'appel écrivent qu'en décembre 2014, ils ont désigné l'année 2015 « Année de solidarité en appui à la réunification indépendante et pacifique de la Corée », surtout la période qui va de juin, soit l'anniversaire de l'historique Déclaration conjointe du 15 juin[1], à octobre, qui est le 35e anniversaire de la présentation de la proposition de fondation de la République fédérale démocratique du Koryo [2].

Avec l'objectif d'étendre et de renforcer le mouvement international de solidarité pour la réunification pacifique de la Corée, l'appel présente un programme en quatre points pour galvaniser l'appui de l'opinion publique internationale et de toutes les personnes progressistes et éprises de paix du monde.

1. Organiser un mouvement international en appui actif aux justes propositions pour la réunification indépendante et pacifique de la Corée.

L'appel est lancé à toutes les personnes progressistes de populariser les trois principes de la réunification de la Corée (pacifique, indépendante et réalisée par la grande unité de la nation), le Programme en 10 points pour la grande unité nationale [3] et la Proposition de fonder la République fédérale démocratique du Koryo. Ces trois points reflètent l'expérience historique du peuple coréen et sa longue lutte pour la réunification nationale ainsi que les réalités contemporaines.

La réunification de la Corée sur la base des trois principes de l'indépendance, de la paix et de l'unité de la nation signifie que le projet de réunification coréenne appartient au peuple coréen lui-même, qu'il doit être réalisé pacifiquement et sur la base de son unité politique collective.

L'appel souligne qu'il est important que la réunification de la Corée se fasse sur la base de la formation d'un État fédéral reposant sur la coexistence des systèmes sociaux et politiques du nord et du sud tels qu'ils sont, et en élaborant les façons de régler les questions de gouvernance et les autres questions de façon pacifique.

La déclaration lance l'appel à tous de créer une opinion publique en faveur de la réunification coréenne sur la base de ces principes.

2. La nécessité de créer un environnement de paix comme précondition à la réunification

L'appel souligne que la précondition au succès du mouvement de la réunification coréenne est un environnement de paix qui permet d'apaiser les tensions et de promouvoir le dialogue. Les exercices de guerre annuels qui sont menés en Corée et autour de la Corée par les États-Unis et la Corée du Sud empêchent la normalisation des relations entre le nord et le sud. La déclaration lance l'appel à l'opinion publique internationale à faire cesser ces exercices de guerre et à faire en sorte que les États-Unis répondent de façon positive à l'appel à une « paix durable » sur la péninsule coréenne.

L'appel est aussi lancé à faire cesser toutes les formes de sanctions contre la République populaire démocratique de Corée et les provocations actuelles au sujet des « droits humains » qui augmentent la possibilité d'une guerre sur la péninsule coréenne.

À l'occasion du 65e anniversaire du déclenchement de la Guerre de Corée, un mois d'actions pour marquer la lutte contre l'ingérence des États-Unis dans la région est proposé, du 25 juin, qui est l'anniversaire du début de la Guerre de Corée en 1950, jusqu'au 27 juillet, qui est l'annniversaire de l'Accord d'armistice en 1953. L'appel est aussi lancé à la tenue d'une campagne internationale visant à impliquer les Nations unies et tous les pays dans « l'amélioration des relations entre la RPDC et les États-Unis ».

3. Mener des activités diverses consacrées à l'application des déclarations conjointes adoptées en 2000 et en 2007

La déclaration lance l'appel à mettre en oeuvre la Déclaration conjointe Nord-Sud du 15 juin 2000 et la Déclaration du 4 octobre 2007 qui ont été signées par les chefs d'État de la RPDC et de la République de Corée et ont amélioré les relations bilatérales entre le nord et le sud de la Corée et donné une impulsion au mouvement pour la réunification. Ces accords historiques ont été foulés au pied par le gouvernement sud-coréen et la déclaration lance l'appel à organiser des campagnes publiques à l'échelle mondiale lors de l'annniversaire de ces déclarations pour en populariser le contenu et demander qu'elles soient mises en oeuvre. Tous sont appelés, en Corée et à l'extérieur de la Corée, à faire échouer les efforts du régime sud-coréen pour aggraver les relations nord-sud par des appels à la confrontation et à la réunification au moyen d'un changement de régime dans la partie nord.

4. Bâtir le mouvement d'appui à la réunification indépendante et pacifique de la Corée

La déclaration lance l'appel à l'organisation d'une campagne internationale reposant sur l'unité des personnes progressistes et de conscience en appui au mouvement pour la réunification coréenne. Les partis politiques progressistes, les ONG, les personnalités politiques, les organisations pour la paix, les personnalités académiques, les avocats et les membres de la communauté culturelle, tous ceux et celles qui chérissent la liberté et l'égalité, la justice et la paix, et qui aspirent à un monde libre de l'agression et de la guerre, sont appelés à se tenir aux côtés du peuple coréen pour la réunification de sa patrie divisée, qui est un mouvement pour la paix sur la péninsule coréenne et dans le monde.

La déclaration conclut en déclarant que le peuple coréen va remporter sa lutte pour la réunification nationale et en lançant l'appel une fois de plus à tous ceux qui sont épris de justice, de liberté et de paix à « donner leur appui et leur solidarité complets à la cause de la réunification indépendante et pacifique de la Corée, afin de construire un monde nouveau, libre et prospère et assurer le bonheur de l'humanité ».

Notes

1. La Déclaration conjointe Nord-Sud du 15 juin 2000 a été signée par le chef d'État de la RPDC Kim Jong Il et par le president Kim Dae Jung de la République de Corée lors d'une réunion historique et une rencontre au sommet à Pyongyang, du 13 au 15 juin 2000. En voici le texte

Conformément à la noble aspiration à la réunification pacifique du pays de tous les compatriotes, le président Kim Jong Il de la Commission Nationale de la Défense de la République Populaire Démocratique de Corée et le président Kim Dae Jung de la République de Corée ont tenu une rencontre et un sommet conjoint à Pyongyang du 13 au 15 juin 2000.

Les dirigeants du Nord et du Sud, considérant que cette rencontre et ce sommet, premiers du genre dans l'histoire de la division, sont des événements d'une grande importante pour promouvoir la compréhension mutuelle, développer des relations inter-coréennes et accomplir la réunification pacifique, déclarent ce qui suit :

1. Le Nord et le Sud décident de résoudre la question de la réunification nationale de manière indépendante et par les efforts conjoints du peuple coréen.

2. Le Nord et le Sud reconnaissent que, pour réunifier le pays, la proposition d'une fédération en guise de première étape, avancée par la partie nord, et la proposition d'une confédération, avancée par la partie Sud ont des éléments en commun. Ils sont d'accord d'oeuvrer à l'avenir pour la réunification selon cette entente.

3. Le Nord et le Sud acceptent de résoudre rapidement les questions humanitaires, y compris l'échange de visites de familles séparées et de parents et le problème des prisonniers à long terme non-convertis au Sud, à l'occasion du 15 août, jour de la libération nationale.

4. Le Nord et le Sud décident de promouvoir le développement respectif de l'économie nationale via la coopération économique et de construire une confiance mutuelle en stimulant la coopération et les échanges dans tous les domaines y compris social, culturel, sports, santé publique, environnement, etc.

5. Le Nord et le Sud acceptent d'instaurer un dialogue entre leurs autorités afin de mettre rapidement en application les points mentionnés plus haut.

Le président Kim Dae Jung a cordialement invite le président Kim Jong Il de la Commission Nationale de la Défense de la RPDC à visiter Séoul et le président Kim Jong Il a accepté de visiter Séoul au moment opportun.

15 juin 2000

Kim Jong Il
Président
Commission Nationale de la Défense
RPDC

Kim Dae Jung
Président
République de Corée

2. La proposition de fonder la République fédérale démocratique du Koryo a été mise de l'avant par le Président Kim Il Sung, le fondateur et leader de la RPDC, le 10 octobre 1980, comme moyen de réaliser la paix et la réunification sur la péninsule coréenne sur la base d'un arrangement politique confédéral où le nord et le sud coexisteraient, chacun gardant son système économique et politique, pendant que les deux parties travailleraient à résoudre comment ils entretiendraient leurs relations bicamérales, mèneraient leur politique sociale et d'autres affaires pour le bien commun de tout le peuple coréen et travailleraient à réaliser l'objectif commun de la construction d'une Corée prospère et unie.

3. Le programme en 10 points pour la grande unité nationale a été présenté par le Président Kim Il Sung le 8 avril 1993. Il élabore les principes mis de l'avant pour la création de la République fédérale démocratique du Koryo et le renforcement du mouvement pour la réunification.

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7e Sommet des Amériques à Panama

L'opposition à la domination impériale
des États-Unis est à l'ordre du jour


Bannière de la manifestation tenue dans le cadre du sommet des peuples qui s'est déroulé` dans la ville de Panama en parallèle du sommet de l'OÉA.

Le septième Sommet des Amériques s'est tenu sous l'égide de l'Organisation des États américians à Panama. Le sommet s'est ouvert le vendredi 10 avril et s'est terminé le samedi 11 avril. L'OÉA, qui a son siège à Washington, DC, a été créée comme instrument de la domination des États-Unis dans les Amériques le 30 avril 1948 sur une base anticommuniste et pour combattre les aspirations du peuple en détruisant les forces progressistes et communistes dans la région.

Le sommet était présidé par le Secrétaire général de l'OÉA sortant, José Miguel Insulza. Il sera remplacé le 26 mai par Luis Almagro qui a été élu comme nouveau Secrétaire général le 19 mars. Luis Almagro a été ministre des Affaires étrangères de l'Uruguay sous le président José Mujica (2010-2015). Le sommet des Amériques a lieu tous les trois ans. Le site de l'OAS indique que le sommet « offre l'occasion aux pays de définir conjointement un plan d'action hémisphérique au plus haut niveau pour relever les défis urgents et propulser un changement positif ».

Le thème central que les chefs d'État et de gouvernement des Amériques ont abordé cette année est « Prospérité avec Équité : le défi de la coopération dans les Amériques » qui comprend plusieurs sous-thèmes tels que l'éducation, la santé, l'énergie, l'environnement, la migration, la sécurité, la participation citoyenne ainsi que la gouvernance démocratique.

Le site de l'OÉA est muet au sujet de l'opposition croissante à laquelle font face les impérialistes américains. Selon les agences de presse d'Amérique latine, la principale question à l'ordre du jour est de demander aux États-Unis de rendre des comptes pour leur longue histoire d'ingérence dans la région. Principalement, le président américain Barack Obama doit rendre des comptes pour son ordre exécutif du 9 mars 2015 qui désigne le Venezuela comme une menace pour les États-Unis et pour les sanctions prises contre le Vernezuela.


Une pancarte au sommet des peuples demandant qu'Obama annule son décret contre le Venezuela

Le ministre des Affaires étrangères de l'Équateur, Ricardo Patino, a indiqué le 25 mars que le gouvernement des États-Unis a prévu au budget de 2016 une somme de 1,9 milliard de dollars pour la promotion de la « liberté de la presse », entre autres activités douteuses, à Cuba, au Venezuela, en Équateur et au Nicaragua,. Luis Patino a déclaré que les État-Unis devraient arrêter de faire des « propositions aussi ridicules » s'ils voulaient avoir un sommet des Amériques « amical ».

L'hostilité envers l'ordre exécutif contre le Venezuela montre que les impérialistes américains à l'esprit étroit n'ont clairement pas tiré la leçon de l'avertissement sévère qu'ils ont reçu en 2009 lorsque leurs tentatives pour isoler Cuba se sont retournées contre eux et que la résolution de 1962 sur l'expulsion de Cuba de l'OÉA a été révoquée. Bien que Cuba ait chaleureusement accueilli l'appui généralisé que représente l'annulation de la résolution de 1962, elle a clairement répété qu'elle considère l'OÉA comme fondamentalement biaisée et qu'elle ne reviendra pas siéger au sein de cette organisation. Cuba va plutôt consacrer son énergie aux autres organes régionaux qui défendent réellement les intérêts des pays d'Amérique latine et des Caraïbes. Bien qu'elle ait participé à la réunion des chefs d'État lors du sommet, de même qu'aux quatre forums parallèles des secteurs de la société civile, de la jeunesse, des affaires et des universités, Cuba ne reprendra pas son siège à l'OÉA.

Prensa Latina rapporte que l'OÉA a accrédité différents groupes anti-gouvernementaux cubains et vénézuéliens financés par les États-Unis et introduits par Washington et l'OEA dans la composante de la société civile du Sommet. Plus de vingt contre-révolutionnaires cubains, résidant à Cuba et à l'étranger et financés par l'étranger, ont été accrédités à participer au forum social, tandis que d'autres font partie des délégation d'ONG américaines opposées à Cuba. Des organisations comme le Mouvement national Hostosian indépendantiste de Porto Rico, ainsi que les groupes environnementaux, les syndicats, la délégation cubaine au Forum de la société civile et d'autres groupes n'ont pas reçu de statut.


Le président cubain, Raúl Castro, serre la main du président américain Obama. La présence de Cuba au Sommet des Amériques est une grande réussite de la demande unanime de la région que Cuba soit incluse.

Les Canadiens devraient être vigilants face aux développements au Sommet des Amériques, ils doivent non seulement défendre la souveraineté de tous les pays face à l'impérialisme américain, mais aussi rejeter tout soutien du Canada aux intrigues des impérialistes américains.

Le premier ministre Stephen Harper a exprimé le souhait de rencontrer le président cubain Raúl Castro lors du sommet alors qu'en 2012, les États-Unis et le Canada ont été les deux seuls pays membres de l'OÉA à s'opposer à la participation de Cuba au sommet de 2015. Stephen Harper, dont l'anticommunisme virulent est connu, n'a pas dit de quoi il voulait parler avec le président Castro. Sous le gouvernement Harper, le Canada s'est fait remarquer sur la scène internationale par la conduite provocatrice, vulgaire et peu diplomatique du premier ministre et de son ancien ministre des Affaires étrangères John Baird.

Ces dernières années, la création et le poids grandissant de la Communauté d'États latino-américains et caraïbes (CELAC) ont marqué la fin de l'OÉA, que plusieurs gouvernements qualifient de cadavre non enseveli. Face à un ordre du jour qu'ils ne peuvent pas contrôler, il semble que les États-Unis et son laquais, le Canada, tentent de saboter le sommet. Selon certaines informations, avant même le début du sommet, le Canada et les États-Unis se sont entendus pour bloquer une déclaration finale du sommet.

Sous le gouvernement Harper, la servilité du Canada envers le droit de monopole et les intérêts impérialistes américains en Amérique latine et dans les Caraïbes n'a fait que croître. Les Canadiens doivent rejeter l'affront au Canada que font les harpériens au service de l'impérialisme américain.


Conférence de presse de la délégation cubaine au Sommet des Amériques, 8 avril 2015.

(Prensa Latina, TeleSUR, CP ; Photos I. Francisco, CubaDebate.)

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Cuba continuera de défendre les idées pour
lesquelles son peuple a fait les plus grands
sacrifices et couru les pires risques

Il était temps que je parle devant vous au nom de Cuba. On m'avait informé au départ que je devais parler huit minutes. Alors j'ai fait un gros effort, aidé de mon ministre des Relations extérieures, pour ramener mon discours à ce temps de parole. Mais comme vous me devez six Sommets, ceux d'où nous avons été exclus (rires et applaudissements), j'ai demandé au président Varela, juste avant d'entrer dans cette magnifique salle, de me céder quelques minutes de plus. Surtout après avoir écouté tant de discours si intéressants. Je ne parle pas seulement de celui du président Obama, mais aussi de celui du président équatorien Rafael Correa, de celui de la présidente Dilma Rousseff, et d'autres. Sans plus de préambules, je commencerai donc.

Cher Juan Carlos Varela, président de la République du Panama ;
Chers présidents et présidentes, chers et chères Premiers ministres ;
Chers invités,

Je tiens tout d'abord à exprimer ma solidarité à la présidente Bachelet et au peuple chilien pour les catastrophes naturelles qu'ils sont en train de souffrir.

Je remercie tous les pays latino-américains et caribéens dont la solidarité a permis à Cuba de participer, sur un pied d'égalité, à cette réunion continentale, et le président de la République du Panama de nous avoir si aimablement invité. Mon étreinte fraternelle au peuple panaméen et à ceux de toutes les nations représentées ici.

La création à Caracas, les 2 et 3 décembre 2011, de la Communauté des États latino-américain et caribéens (CELAC) a ouvert une nouvelle étape dans l'histoire de Notre Amérique qui y a manifesté ouvertement le droit qu'elle avait bien gagné de vivre en paix et de se développer selon la libre décision de ses peuples, et qui s'est fixé comme objectif un avenir de développement et d'intégration, fondé sur la coopération, la solidarité et la volonté commune de préserver son indépendance, sa souveraineté et son identité.

L'idéal de Simón Bolívar d'une « grande patrie américaine » inspira de vraies épopées lors des guerres d'Indépendance.

Dès 1800, l'Union du nord pensa ajouter Cuba à sa frontière méridionale. C'est au XIXe siècle qu'apparurent la doctrine du Destin manifeste dans l'idée de dominer les Amériques et le monde, et la théorie du Fruit mûr selon laquelle Cuba devait graviter inexorablement vers l'Union, ce qui revenait à faire fi de la pensée émancipatrice qui se développait dans notre île.

Ensuite, forte de cette conception expansionniste et hégémonique, recourant à des guerres, à des conquêtes et à des interventions, l'Union arracha à Notre Amérique une série de territoires et s'étendit jusqu'au Río Bravo.

À Cuba, après l'échec de longues années de lutte, José Martí organisa « la guerre nécessaire » et créa le Parti révolutionnaire cubain en vue de la conduire et de fonder une république « avec tous et pour le bien de tous » où régnerait « la dignité pleine de l'homme ».

Ayant cerné et prévu avec justesse les traits saillants de son époque, Martí s'imposa le devoir « d'empêcher à temps, par l'indépendance de Cuba, que les États-Unis ne s'étendent dans les Antilles et ne retombent, avec cette force de plus, sur nos terres d'Amérique ».

Notre Amérique était pour lui celle où vivaient le créole, l'Indien, le Noir et le mulâtre, l'Amérique métisse et travailleuse qui devait faire cause commune avec les opprimés et les victimes du pillage. Un idéal qui, au-delà de la géographie, commence à se réaliser sous nos yeux.

Aujourd'hui même, jour pour jour, le 11 avril 1898, voilà donc cent dix-sept ans, le président des États-Unis demanda au Congrès de l'autoriser à intervenir militairement dans la guerre d'Indépendance que les Cubains menaient, avec des interruptions, depuis près de trente ans et qu'ils étaient sur le point de gagner après avoir versé des fleuves de sang, et le Congrès adopta une Résolution conjointe trompeuse qui reconnaissait « que le peuple de l'île de Cuba [était] et, de droit, [devait] être libre et indépendant ». Les États-Unis entrèrent en alliés et s'emparèrent du pays en occupants.

Notre puissant voisin imposa à la Constitution cubaine un appendice, l'Amendement Platt — du nom du sénateur qui le proposa — qui annulait de fait la souveraineté nationale, qui l'autorisait à intervenir dans nos affaires intérieures et qui laissa pour séquelle la base navale de Guantánamo, laquelle usurpe toujours une partie de notre territoire.

Quand, au début du XXe siècle, les constituants cubains présentèrent leur projet de Constitution au gouverneur militaire, un général nommé par les USA, celui-ci leur précisa qu'il y manquait quelque chose ; quand ils lui demandèrent de quoi il s'agissait, il répondit : l'amendement du sénateur Platt, qui nous donne le droit d'intervenir à Cuba chaque fois que nous le jugerons nécessaire. Les Cubains protestèrent, bien entendu, mais on leur répondit : Eh ! bien, alors, nous resterons ici.

Et les États-Unis recoururent à ce droit à deux reprises, jusqu'en 1934, nous envahirent de leurs capitaux, et soutinrent de cruelles dictatures.

En Amérique latine, les États-Unis pratiquèrent d'abord la « politique des canonnières », puis celle du « bon voisinage ». Ils y intervinrent à différentes époques, renversèrent des gouvernements démocratiques et installèrent de terribles dictatures dans une vingtaine de pays, au point qu'à un moment donné, il y en eut une douzaine en même temps. Qui de nous ne se rappelle cette étape encore assez récente où il y avait des dictatures partout, surtout en Amérique du Sud, qui assassinèrent des centaines de milliers de personnes ? À ce titre, le président Salvador Allende nous a légué un exemple impérissable.

Voilà exactement treize ans, jour pour jour, notre cher ami, le président Hugo Chávez Frías, fut victime d'un coup d'État, avorté par le peuple, puis d'un coup de main pétrolier.

Le 1er janvier 1959, soixante ans après que les soldats étasuniens furent entrés à La Havane et durant lesquels les États-Unis imposèrent leur domination absolue, la Révolution cubaine triomphait et l'Armée rebelle, commandée par Fidel Castro Ruz, entrait dans La Havane — exactement soixante ans après, par ironie incompréhensible de l'Histoire ! C'est alors que le peuple cubain commença à exercer, à un prix très élevé, sa pleine souveraineté.

Le 6 avril 1960, le sous-secrétaire d'État Lester Mallory décrivit dans un mémorandum pervers — je ne trouve pas d'autre qualificatif ! — rendu public des dizaines d'années plus tard, les visées du blocus : « La majorité des Cubains appuie Castro. [...] il n'existe aucune opposition réelle. Le seul moyen prévisible de lui enlever cette assise interne est de provoquer le désenchantement et la désaffection basés sur l'insatisfaction et les difficultés économiques. [...] ...mettre en pratique au plus vite tous les moyens possibles pour affaiblir la vie économique de Cuba [...] en refusant à Cuba de l'argent et des livraisons afin de réduire les salaires nominaux et réels, de provoquer la faim, le désespoir et le renversement du gouvernement. »

Sachez que 77 p. 100 de la population cubaine est né sous les rigueurs qu'impose le blocus, plus terribles mêmes que ce que s'imaginent de nombreux Cubains. Mais nos convictions patriotiques se sont imposées, l'agression a renforcé notre résistance et a accéléré le cours de la Révolution. C'est ce qui arrive quand on soumet la révolution naturelle des peuples à un harcèlement : il aboutit à encore plus de révolution, comme le prouve l'Histoire, et pas seulement à Cuba ou sur notre continent.

Le blocus n'a pas démarré, d'ailleurs, en 1962, quand le président Kennedy l'a rendu officiel par sa signature. En tout cas, Kennedy — mais j'y reviendrai — a eu une initiative positive : entrer en contact avec le chef de la Révolution pour engager ce que nous avons engagé maintenant, le président Obama et moi-même, sauf que son message a coïncidé avec l'annonce de son assassinat...

Bref, l'agression s'est durcie. En 1961, ç'a été l'invasion mercenaire de Playa Girón, parrainée et organisée par les États-Unis. Nous avons dû lutter pendant six ans contre des bandes armées qui ont touché à deux reprises tout notre pays. Comme nous n'avions pas de radars, des avions — venus d'on ne sait où — leur larguaient clandestinement des armes ; cette lutte nous a coûté de milliers de vies ; nous ne sommes pas parvenus à en calculer exactement le prix économique. Nous avons fini par liquider ces bandes armées en janvier 1965, qui ont commencé à agir fin 1959, dix ou onze mois après la victoire de la Révolution, alors que nous ne l'avions pas encore déclarée socialiste. Cette annonce, elle s'est faite en 1961, lors de l'enterrement des victimes des bombardements auxquels nos aéroports avaient été soumis, à la veille de l'invasion. Le lendemain, donc, notre petite armée et tout notre peuple sont partis repousser cette invasion, accomplissant l'ordre du chef de la Révolution de la liquider en moins de soixante-douze heures. Si les envahisseurs étaient parvenus à se consolider à l'endroit du débarquement, protégé par les plus grands marécages des Antilles, les Étasuniens y auraient transféré un gouvernement déjà constitué — avec Premier ministre et les autres ministres — qui se trouvait sur une base militaire de la Floride. Ce qui aurait été très facile. Et aussitôt, l'OEA, qui nous avait imposé des sanctions pour avoir proclamé des idées incompatibles avec notre continent, aurait reconnu ce gouvernement installé sur un petit morceau de notre territoire, et celui-ci aurait alors réclamé son aide, une aide qui se trouvait déjà à bord des bâtiments de guerre qui patrouillaient à trois milles marins de nos côtes. C'était alors les limites des eaux territoriales, qui ont été étendues maintenant à douze milles.

Que devions-nous faire ? Nous rendre ? Que se serait-il passé alors à Cuba ? Combien de centaines de milliers de Cubains seraient morts ? Nous avions alors des centaines de milliers d'armes légères, nous venions à peine de recevoir les premiers chars que nous ne savions pas encore très bien manoeuvrer. Nos pièces d'artillerie, nous savions les faire fonctionner, mais sans trop savoir très bien où tombaient les obus. En fait, ce que les servants, des miliciens, apprenaient le matin, ils l'enseignaient à d'autres dans l'après-midi.

En tout cas, ils ont fait preuve de beaucoup de courage. On ne pouvait suivre qu'un seul itinéraire, parce que les marais environnants empêchaient les soldats de se déployer, et que les chars et les véhicules lourds ne pouvaient pas passer par là. Nous avons essuyé plus de pertes que les attaquants. Mais l'ordre de Fidel a été accompli : liquider l'invasion en moins de soixante-douze heures.

Oui, la flotte étasunienne qui avait accompagné cette expédition depuis l'Amérique centrale patrouillait à trois milles de nos côtes, et on pouvait la voir.

Combien la fameuse invasion de 1954 a-t-elle coûté au Guatemala ? Je m'en souviens très bien parce que j'étais prisonnier sur l'île de la Jeunesse — qui s'appelait à l'époque l'île des Pins — à la suite de l'attaque de la caserne Moncada, l'année précédente. Combien de centaines de milliers de Mayas, d'autochtones et d'autres Guatémaltèques sont morts à la suite de cette invasion-là, durant toute une longue étape dont ce pays mettra des années à se remettre ?

Alors que nous avions déjà proclamé comme objectif le socialisme que le peuple défendit de son sang à Playa Girón, le président Kennedy — je viens de le dire — fut assassiné juste au moment où il venait d'adresser au leader de la Révolution cubaine Fidel Castro un message demandant l'ouverture d'un dialogue avec Cuba.

Après avoir vu passer l'Alliance pour le progrès et payé plusieurs fois une dette extérieure qui continuait pourtant de se multiplier, l'Amérique latine se vit imposer, en tant qu'expression de l'impérialisme, un néo-libéralisme sauvage et tous azimuts qui lui fit perdre une décennie.

Le projet d' « association continentale mûre », autrement dit la tentative de nous imposer la Zone de libre-échange des Amériques (ZLEA) en association avec le démarrage de ces Sommets-ci, aurait détruit l'économie, la souveraineté et la destinée commune de nos nations si celles-ci, sous la conduite des présidents Chávez, Kirchner et Lula, ne l'avaient pas torpillé en 2005 à Mar del Plata. Une année avant, Chávez et Fidel avaient lancé l'Alternative bolivarienne, aujourd'hui Alliance bolivarienne des peuples de Notre Amérique (ALBA).

Excellences,

J'ai fait savoir au président Barack Obama — et je le réitère aujourd'hui — que Cuba était prête, malgré nos profondes différences, à nouer un dialogue respectueux et fondé sur la coexistence civilisé entre nos deux États.

Je juge comme un pas dans la bonne direction sa récente déclaration que Cuba sera rayée rapidement de la liste — imposée par le président Reagan et sur laquelle elle n'aurait jamais dû être inscrite — des États parrainant le terrorisme.

Nous, un pays terroriste ! Oui, nous avons eu des gestes de solidarité avec d'autres peuples, mais qu'on ne saurait taxer de terroristes, quand nous étions encerclés, acculés et harcelés sans répit et que notre alternative était : nous rendre ou nous battre. Vous savez très bien quel a été notre choix, avec l'appui de notre peuple. Comment supposer qu'on puisse obliger tout un peuple à faire les sacrifices qu'a faits le peuple cubain pour survivre et aussi pour appuyer d'autres nations ? (Applaudissements.) N'empêche qu'on entend dire que « la dictature castriste » a obligé le peuple cubain ! Tout comme, sans doute, elle a obligé 97,5 p. 100 de la population à voter pour le socialisme !

Quand on nous a inscrits sur cette liste, c'était pourtant nous, les terroristes, qui comptions nos morts ! Je n'ai plus en tête les chiffres exacts des Cubains victimes du terrorisme à Cuba et aussi à l'étranger, puisque nos diplomates en ont été aussi victimes à d'autres endroits du monde... Mes compagnons me fournissent le chiffre exact : 3 478 morts et 2 099 invalides, autrement dit des handicapés à vie ! Mais bien d'autres ont été blessés...

C'étaient donc nous, les terroristes, qui comptions nos morts ! D'où provenait donc cette terreur ? Quels sont ceux qui la provoquaient ? Certains sont mêmes ici, au Panama, ces jours-ci, comme l'agent de la CIA, Félix Rodríguez, qui a assassiné le Che et qui lui a coupé les mains pour prouver grâce aux empreintes digitales — mais je ne sais où — qu'il était bel et bien mort. Nous avons pu ensuite récupérer son cadavre grâce à un gouvernement ami en Bolivie. Oui, mais c'était nous, les terroristes !

Je demande pardon au président Obama et à d'autres personnes présentes dans cette salle de m'exprimer ainsi. Mais je lui ai dit que la passion me sort par tous les pores quand il s'agit de la Révolution. Je lui demande, donc, de m'excuser parce que le président Obama n'a aucune responsabilité dans tout cela. Combien de présidents étasuniens avons-nous vus avant lui ? Dix. Qui sont tous en dette envers nous, sauf lui.

Après avoir dit tant de choses dures contre un système, il est juste que je lui fasse mes excuses au président Obama, parce que je pense — et je l'ai dit en privé à un certain nombre de chefs d'État et de gouvernement ici présent quand je les ai accueillis à Cuba — que c'est quelqu'un d'honnête. J'ai lu une partie de sa biographie dans les deux livres qu'il a publiés — pas au complet, je le ferai quand j'aurai plus de tranquillité. J'admire son origine modeste, et je pense que sa façon d'être répond à cette origine (applaudissements prolongés).

J'ai beaucoup réfléchi avant de dire ce que je viens de dire. Je l'ai même écrit, et je l'ai supprimé ; puis je l'ai remis et ensuite je l'ai de nouveau supprimé. Finalement, je l'ai dit et j'en suis satisfait.

Toutefois, le blocus économique, commercial et financier continue de s'appliquer à notre île dans toute sa rigueur, de provoquer par conséquent des dommages et des pénuries à notre peuple et s'avère l'obstacle essentiel à notre développement économique. De portée extraterritoriale, il lèse les intérêts de tous les autres États. Il constitue une violation du droit international.

Il n'est pas du tout fortuit que, depuis tant d'années, l'Assemblée générale de l'ONU vote presque à l'unanimité sa levée, hormis Israël et les États-Unis eux-mêmes. Et tant que ce blocus existera — dont le président n'est pas responsable, puisque des accords et des lois postérieurs l'ont codifié en une loi que seul le Congrès peut annuler — il faudra continuer de voter contre et appuyer le président Obama dans son intention de le supprimer (applaudissements).

Une chose est de nouer des relations diplomatiques, et une autre le blocus. Je vous demande donc à tous — et la vie nous oblige — à continuer d'appuyer cette lutte contre le blocus.

Excellences,

Nous avons déjà exprimé publiquement notre reconnaissance au président étasunien — qui est né avant même qu'il ait été décrété — pour son intention d'engager un débat au Congrès sur la levée du blocus.

Ce point précis et d'autres doivent être réglés si l'on veut normaliser les relations bilatérales.

Quant à nous, nous continuerons d'actualiser notre modèle économique en vue de perfectionner notre socialisme, de progresser vers le développement et de consolider les acquis d'une Révolution qui s'est proposé de « conquérir toute la justice » pour le peuple. Ce que nous faisons et ce que nous ferons apparaît dans le programme que le congrès de notre parti a adopté en 2011. Au prochain congrès, qui se tiendra l'année qui vient, nous réviserons ce que nous avons fait et tout ce qu'il nous reste encore à faire pour y arriver.

Chers collègues,

Je dois vous avertir que je n'en suis qu'à la moitié. Si vous voulez, je coupe ; si ça vous intéresse, je continue. Je vais me hâter un peu (rires).

Le Venezuela n'est pas ni ne saurait être une menace à la sécurité nationale d'une superpuissance comme les États-Unis (applaudissements). Il est bon que le président étasunien l'ait reconnu.

Je tiens à réaffirmer notre appui le plus décidé et le plus loyal à la République bolivarienne soeur du Venezuela, à son gouvernement légitime et à l'union civico-militaire que conduit le président Nicolás Maduro, au peuple bolivarien et chaviste qui lutte pour suivre sa propre voie et fait face à des tentatives de déstabilisation et à des sanctions unilatérales dont nous réclamons la levée, de même que nous réclamons l'abrogation du décret de la Maison-Blanche, même si c'est difficile parce qu'il s'agit d'une loi, ce que notre CELAC considérerait comme une contribution au dialogue et à la compréhension sur le continent.

Je crois que, de tous ceux qui sont réunis ici, nous sommes de ceux qui connaissent le mieux la révolution au Venezuela, non parce que nous sommes là-bas ou que nous y exerçons une influence ou qu'eux nous racontent tout, mais parce qu'ils passent par les mêmes problèmes par lesquels nous sommes passés, nous, et qu'ils souffrent les mêmes agressions ou une partie des agressions que nous avons souffertes, nous.

Nous continuerons d'appuyer les démarches de la République argentine pour récupérer les îles Malvinas, Georgia du Sud et Sandwich du Sud, et sa lutte légitime pour défendre sa souveraineté financière.

Nous continuerons d'appuyer les actions de la République équatorienne face aux sociétés transnationales qui causent des dommages écologiques à son territoire et prétendent lui imposer des conditions abusives.

Je tiens à reconnaître la contribution du Brésil, sous la conduite du gouvernement démocratiquement élu de la présidente Dilma Rousseff, au renforcement de l'intégration régionale et au développement de politiques sociales qui ont apporté à de vastes secteurs populaires de gros bénéfices que l'on prétend maintenant annuler dans le cadre de l'offensive en cours contre différents gouvernement de gauche dans notre région.

Nous continuerons invariablement d'appuyer le peuple portoricain — latino-américain et caribéen — qui aspire à l'autodétermination et à l'indépendance, selon les termes répétés des dizaines de fois au Comité de décolonisation des Nations Unies.

Nous continuerons aussi de contribuer aux négociations sur la paix en Colombie jusqu'à leur heureux dénouement.

Nous devrions tous redoubler d'efforts pour appuyer Haïti, en lui fournissant non seulement une aide humanitaire, mais aussi des ressources qui contribuent à son développement, et défendre l'idée que les pays caribéens fassent l'objet d'un traitement juste et différencié dans leurs relations économiques et reçoivent des réparations pour les dommages que leur ont causés l'esclavage et le colonialisme.

Nous vivons sous la menace d'énormes arsenaux atomiques qu'il faut éliminer et de changements climatiques face auxquels le temps presse. Les menaces à la paix s'aggravent et les conflits prolifèrent.

Comme l'a dit Fidel Castro : « Les causes essentielles des conflits actuels sont la pauvreté et le sous-développement, ainsi que la distribution inéquitable des richesses et des connaissances en place dans le monde. On ne saurait oublier que le sous-développement et la pauvreté actuels proviennent de la conquête, de la colonisation, de l'asservissement et du pillage de la plus grande partie de la Terre par les puissances coloniales, de l'apparition de l'impérialisme et des guerres sanglantes déclenchées en vue d'un nouveau partage du monde. [...] L'humanité doit prendre conscience de ce que nous avons été et de ce que nous ne pouvons continuer d'être. Notre espèce a engrangé suffisamment de connaissances, de valeurs morales et de ressources scientifiques pour s'acheminer vers une nouvelle étape historique de justice et d'humanisme véritables. Rien de l'ordre économique et politique actuel ne répond aux intérêts de l'humanité. Cet ordre est insoutenable. Il faut le changer. »

Cuba continuera de défendre les idées pour lesquelles son peuple a fait les plus grands sacrifices et couru les pires risques, et au nom desquelles il s'est battu aux côtés des pauvres, des malades privés de soins médicaux, des chômeurs, des garçons et des filles livrés à leur sort ou contraints de travailler ou de se prostituer, des affamés, des discriminés, des opprimés et des exploités, autrement dit de l'immense majorité de la population mondiale.

La spéculation financière, les privilèges issus de Bretton Woods et de la liquidation unilatérale de l'étalon-or sont toujours plus asphyxiants. Nous avons besoin d'un système financier transparent et équitable.

On ne saurait accepter qu'une petite dizaine de sociétés, surtout étasuniennes — quatre ou cinq sur sept ou huit — décident de ce qui se lit, se voit ou s'écoute sur la planète. L'Internet doit faire l'objet d'une gouvernance internationale, démocratique et participative, surtout quant à la production de contenus. La militarisation du cyberespace est inacceptable, tout autant que l'emploi secret et illégal de systèmes informatiques pour agresser d'autres États. Nous ne nous laisserons pas une nouvelle fois abuser ni coloniser. Quant à l'Internet, qui est une invention fabuleuse, parmi les plus importantes de ces dernières années, on pourrait dire, pour paraphraser ce que disait Ésope de la langue, que c'est la meilleure et la pire des choses

Monsieur le président,

À mon avis, les relations continentales doivent changer en profondeur, surtout dans les domaines politique, économique et culturel, afin que, fondées sur le droit international et sur l'exercice de l'autodétermination et de l'égalité souveraine, elles entraînent des liens mutuellement avantageux et soient axées sur la coopération dans l'intérêt de toutes nos nations et sur les objectifs fixés.

L'adoption au Deuxième Sommet de la CELAC (La Havane, janvier 2014) de la Proclamation de l'Amérique latine et des Caraïbes comme Zone de paix, signée par tous les chefs d'État et de gouvernement de Notre Amérique, a constitué une contribution capitale à cet égard, fruit de la reconnaissance de l'unité latino-américaine et caribéenne dans sa diversité

Les mécanismes d'intégration authentiquement latino-américains et caribéens en cours : CELAC, UNASUR, CARICOM, MERCOSUR, ALBA-TCP, SICA et Association des États des Caraïbes (AEC), soulignent que nous sommes toujours plus conscients de la nécessité de nous unir si nous voulons garantir notre développement et mettre en place un ordre international plus juste.

Dans cette Proclamation, nous affirmons que « les différends entre nations se régleront pacifiquement, par le dialogue et les négociations ou par d'autres formes de règlement, en plein accord avec le droit international ».

Il est absolument impérieux de vivre en paix, de coopérer mutuellement pour relever des défis et régler des problèmes qui, somme toute, nous touchent et nous toucheront tous.

Il faut, comme l'affirme la Proclamation de l'Amérique latine et des Caraïbes comme Zone de paix, respecter « le droit inaliénable de tout État de choisir son propre système politique, économique, social et culturel... condition essentielle pour assurer la coexistence pacifique entre les nations ».

Dans cette même Proclamation, nous nous sommes engagés à « respecter strictement [notre] obligation de ne pas intervenir, directement ou indirectement, sous quelque motif que ce soit, dans les affaires intérieures de n'importe quel autre État, et d'observer les principes de l'égalité souveraine des États, de l'égalité des droits et de l'autodétermination des peuples », ainsi que « les principes et normes du droit international... et les buts et principes de la Charte des Nations Unies ».

Ce document historique invite instamment « tous les États membres de la communauté internationale à respecter pleinement cette Déclaration dans leurs rapports avec les États membres de la CELAC ».

Nous avons maintenant l'occasion d'apprendre ici, tous autant que nous sommes, à, comme le dit encore la Proclamation, « pratiquer la tolérance et [à] coexister en paix en tant que bon voisins ».

Malgré nos divergences de fond, il est des points communs sur lesquels nous pouvons coopérer afin de pouvoir vivre dans un monde où planent tant de menaces à la paix et à la survie de l'espèce humaine.

Qu'est-ce qui empêche notre continent — comme l'ont déjà affirmé certains des présidents qui m'ont précédé — de coopérer face aux changements climatiques ?

Pourquoi les pays des deux Amériques, celle du Nord et celle du Sud, ne pourraient-ils pas, sans positions politiquement biaisées, lutter de concert contre le terrorisme, le trafic de drogues ou la criminalité organisée ?

Pourquoi ne pas rechercher à l'unisson les ressources nécessaires pour équiper notre continent d'écoles et d'hôpitaux — même s'ils ne sont pas luxueux, des hôpitaux modestes, là où les gens meurent faute de médecins — créer des emplois, hâter l'élimination de la pauvreté ?

Ne pourrait-on pas diminuer l'iniquité dans la distribution des richesses, réduire la mortalité infantile, éliminer la faim, éradiquer les maladies qu'il est possible de prévenir, supprimer l'analphabétisme ?

Les pays des deux Amériques ont, l'an dernier, noué une coopération continentale pour prévenir et juguler l'Ébola et ont oeuvré de concert dans ce sens, ce qui devrait nous encourager à nous fixer des objectifs supérieurs.

Cuba, petit pays sans grandes ressources naturelles, a pu, malgré un contexte extrêmement hostile, garantir la pleine participation de ses citoyens à la vie politique et sociale de la nation, assurer une couverture universelle et gratuite en éducation et santé, un système de sécurité sociale grâce auquel aucun Cubain n'est laissé à l'abandon, faire des progrès significatifs vers l'égalité des chances et dans la lutte contre toute forme de discrimination, garantir aux enfants et aux femmes le plein exercice de leurs droits, l'accès au sport et à la culture, ainsi que le droit des citoyens à la vie et à la sécurité.

Malgré nos carences et nos difficultés, nous maintenons notre consigne : partager ce que nous avons. Actuellement, 65 000 coopérants cubains travaillent dans 89 pays, surtout en médecine et éducation. Soixante-huit mille élèves étrangers, dont trente mille en santé, de cent cinquante-sept pays, ont fait des études de niveau universitaire et technique.

Si Cuba l'a pu avec de très maigres ressources, que ne pourrait faire notre continent s'il se dotait de la volonté politique requise pour conjuguer ses efforts et coopérer avec les pays qui en ont le plus besoin ?

Nous sommes venus ici, grâce à Fidel et à l'héroïque peuple cubain, accomplir le mandat de José Martí : après avoir conquis la liberté de nos propres mains, « fiers de Notre Amérique, prêts à la servir et à l'honorer... décidés à contribuer — et nous en sentant capables — à ce que l'on estime pour ses mérites et qu'on la respecte pour ses sacrifices ».

Je vous demande pardon, monsieur le président et vous tous, de vous avoir pris tant de temps.

Je vous remercie tous. (Applaudissements.)

(Traduction J-F Bonaldi, La Havane)

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La fraude de la «société civile» de l'OÉA

L'Organisation des États américains (OÉA) a organisé un soi-disant Forum hémisphérique de la société civile et des acteurs sociaux en marge du septième sommet des Amériques.

Le Latin American Herald Tribune décrit le Forum de la société civile comme suit : « L'événement rassemble plus de 800 organisations de la société civile provenant de 30 pays de la région qui tiendront des discussions les [9 et 10 avril] avec comme objectif de fournir des éléments aux 35 chefs d'État et de gouvernement du continent américain invités au sommet. La journée inaugurale comprenait également une allocution de l'ancien président des États-Unis, Bill Clinton. [...] Le Forum de la société civile et des acteurs sociaux vise à promouvoir des mécanismes de consultation et de coordination, de dialogue et d'échange qui incluent la participation des organisations de la société civile et des acteurs sociaux de l'hémisphère. Le forum offrira ses contributions et ses recommandations pour examen aux États participants au cours des négociations des « Mandats d'action » du septième Sommet des Amériques. »

Le Forum de la société civile démontre la nature fondamentale de l'OÉA en tant qu'instrument de l'impérialisme américain dans les Amériques. Tout d'abord, le concept de « société civile » avancé par l'OÉA vise à retirer tout pouvoir au peuple et à s'assurer qu'il est écarté du pouvoir réel de décision par les gouvernements néolibéraux au service des monopoles.

En second lieu, le Forum est un moyen d'assurer l'accréditation et la présence au sommet d'individus et d'organisations terroristes et contre-révolutionnaires.

Par exemple, le terroriste Félix Rodriguez Mendigutia, un des individus directement impliqués dans l'assassinat en Bolivie d'Ernesto Che Guevara, devait se réunir avec un groupe de mercenaires accrédités aux forums. Rodriguez a participé à l'invasion ratée de Cuba, organisée par les États-Unis, de Playa Giron (Baie des Cochons) en tant que membre de la Brigade 2506, et fut impliqué dans l'opération de trafic d'armes et de drogues pour soutenir la Contra au Nicaragua qui déboucha sur le scandale dit de l'Irangate, et participa à des attaques contre des bateaux civils acheminant des marchandises vers Cuba, indique Prensa Latina. La présence de Rodriguez a été fermement dénoncée par la délégation cubaine.

Un autre exemple est la présence du groupe connu comme le Directoire démocratique cubain (DDC), lié au terrorisme, ainsi que l'Organisation démocrate d'Amérique (ODCA ), des contre-révolutionnaires cubains dont l'objectif est de procéder à des actes de provocation contre la délégation cubaine à Panama. Immanquablement, ces groupes sont soutenus par les impérialistes américains.

Une autre indication de l'illégitimité du Forum de la société civile est que la délégation cubaine n'a pas reçu son accréditation pour y participer tandis qu'au moins 20 contre-révolutionnaires ont reçu leurs accréditations, rapporte TeleSUR. Des individus et des organisations réactionnaires qui s'opposent aux politiques des gouvernements progressistes dans les Amériques participent aux forums parallèles. La Centrale des travailleurs de Cuba a également été empêchée de participer tout comme le Mouvement indépendantiste national Hostosian de Puerto Rico.

En conséquence, les délégations cubaine et vénézuélienne se sont retirées du Forum en signe de protestation contre l'exclusion de Cuba et l'inclusion des individus des organisations réactionnaires.

L'exclusion de Cuba du Forum est totalement injuste et doit être dénoncée. Toutefois, il ne faut avoir aucune illusion sur ce que représente l'OÉA et quel pays la contrôle.

La démocratie de Cuba ne divise pas le corps politique entre les gouvernés, la « société civile »et ceux qui gouvernent. C'est la responsabilité sociale de tous les Cubains de participer à la gouvernance et à la prise de décisions dans la société. L'émancipation du peuple apportée par la révolution cubaine est anathème pour l'OÉA et les buts de l'impérialisme américain dans les Amériques.

Les intrigues au Forum de la société civile montrent que le but des États-Unis en ce qui concerne Cuba est toujours la domination et le changement de régime, seulement maintenant à l'aide de nouvelles méthodes puisque les « anciennes » n'ont manifestement pas marché. Les délégations cubaines officielles ont été autorisées à participer à des réunions de haut niveau, et des contre-révolutionnaires et les prétendus dissidents présents à d'autres réunions ont cherché à saper la présence de Cuba et tenté de donner une image déformée du pays pour faire pression sur Cuba avec de fausses accusations de violations des droits humains.

Toutefois, la tentative d'isoler Cuba en utilisant le Forum de la société civile n'a réussi qu'à démontrer le caractère irrémédiable et illégitime de l'OÉA.


Marche à l'ouverture du Sommet des peuples

La participation citoyenne au Forum de Panama :
« Il n'y a pas eu de Table mais une condamnation »

Déclaration de principes de la société civile réunie à la Table de participation citoyenne au Forum de la société civile et des acteurs sociaux du 7e Sommet des Amériques

Les représentants de la société civile et les acteurs sociaux d'Équateur, du Nicaragua, du Salvador, du Panama, du Mexique, de Colombie, du Venezuela, de Cuba et du Chili, réunis dans le cadre de la Table Participation citoyenne de la Société civile et Acteurs sociaux, en présence des facilitateurs désignés Maribel Jae, du Panama, et Jorge Arguindegui, d'Argentine, désignés par le Comité d'organisation, sommes convenus, au terme d'un débat qui s'est déroulé dans l'harmonie, de :

- Dénoncer la non-accréditation de plusieurs représentants de la société civile d'Amérique latine qui avaient été préalablement acceptés.

- Condamner la complicité du Comité d'organisation, pour avoir facilité la réunion d'individus sans aucune légitimité, des ennemis historiques des causes populaires qui prétendent s'ériger en représentants d'une société civile qui les rejette, et qui ont quitté l'espace officiel de cette Table, et ont empêché d'attendre l'accréditation de tous les représentants de la société civile attendus. Ils ne représentent pas nos peuples.

- Exiger l'accréditation des acteurs sociaux et des membres de la société civile qui n'ont pas été accrédités, et dénoncer l'offense consistant à organiser un forum parallèle.

- Déclarer que la Table de Participation citoyenne du Forum de la Société civile et des Acteurs sociaux n'a pas été installée dans l'espace officiel, en présence des facilitateurs de l'événement désignés à cet effet par les organisateurs.

- Condamner la tentative d'agression contre les camarades de la délégation équatorienne de la part de César Ricaurte, de Funda Medios, une ONG financée par l'USAID, instigatrice d'un coup d'État en Équateur.

- Exiger aux organisateurs de l'événement de déclarer illégitime la Table parallèle que l'on a tenté de mettre en place pour ignorer la vraie représentation de la société civile et des acteurs sociaux de notre Amérique.

- Proclamer notre ferme décision de construire notre Amérique unie, indépendante et souveraine, par le biais de mécanismes d'intégration aussi puissants que la CELAC.

- Remercier les facilitateurs désignés par le Comité d'organisation pour leur accompagnement dans le Salon.

Fait au Salon Cristal de l'hôtel Panama, le 9 avril 2015.

(Granma International, Latin American Herald Tribune, Prensa Latina, TeleSUR, Mariano Álvarez)

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L'hypocrisie des États-Unis sur les droits humains en Amérique latine et dans les Caraïbes

Le 5 avril 2015, TeleSUR a publié un éditorial intitulé « Le Sommet des Amériques à un tournant » sur le septième Sommet des Amériques de l'Organisation des États américains. Nous publions des extraits de cet article qui illustrent comment les États-Unis utilisent la question des droits humains comme une arme dans leurs relations hostiles avec les pays de la région comme le Venezuela.

* * *

[...] L'OÉA est une institution qui dépend largement du financement des États-Unis, lesquels contribuent 59 % de son « budget ordinaire », un autre 12 % vient du Canada, et seulement 29 % vient des pays d'Amérique latine, malgré le fait que les Latino-Américains représentent la majorité écrasante des 900 millions de gens représentés par l'OÉA.

Des donateurs privés, des institutions et des organisations non gouvernementales couvrent 13 % du budget total de l'OÉA qui, en plus du budget ordinaire, dispose d'un « fonds spécial ».

Un destinataire de ce financement externe est la Commission interaméricaine des droits de l'homme (CIDH), un organe de l'OÉA controversé pour sa critique énergique et continuelle de gouvernements comme celui de l'Équateur, du Venezuela et de la Bolivie.

Bien que l'OÉA soit financée par ses États membres, des commissions spécialisées de l'institution peuvent être financées par des pays ou des organisations non gouvernementales ainsi que des donateurs privés.

Le financement du CIDH dépend fortement des sources externes. Selon un rapport de CIDH de 2013, 56 % de son fiancement vient du « fonds spécial ». De ce pourcentage, la moitié provient des États-Unis et du Canada (41 % et 10 % respectivement), les pays européens fournissent 31 % et des organisations non gouvernementales 3 %. Les pays d'Amérique latine ne contribuent qu'une faible partie.

Malgré l'importance du financement des États-Unis, le fait que la CIDH a son siège à Washington et que son commissaire soit un citoyen américain, les États-Unis ne sont pas soumis aux règles de l'organisme, car ils n'ont pas ratifié la Convention américaine relative aux droits de l'homme, qui guide la position de la CIDH sur les droits de l'homme.

Le président de l'Équateur, Rafael Correa a posé la question en janvier 2015 au sommet de la Communauté d'États latino-américains et caraïbes : « Comment se fait-il que le siège de la CIDH est à Washington : ils n'ont pas ratifié la Convention américaine relative aux droits de l'homme ? ». Il a ajouté que bien que les États-Unis n'ont pas signé la convention internationale, il ont « créé le Conseil et les Commission des finances pour contrôler les autres ». Le mois précédent, Correa avait souligné que la CIDH n'avait pas pris la peine de faire enquête sur les allégations de torture de la CIA.

Une des instances les plus actives de la CIDH est celle du Rapporteur spécial pour la liberté d'expression, qui s'est constamment opposé aux lois sur les médias dans la région. Il a également porté des accusations contre les gouvernements de l'Argentine, du Venezuela, de la Bolivie, de l'Équateur et du Nicaragua. Cet organisme reçoit près de 30 % du budget total de la Commission interaméricaine des droits de l'homme tandis que le Bureau des droits économiques, culturels et sociaux de la CIDH reçoit à peine 3 %.

À cause de la politisation des débats sur les droits humains, en 2013, l'Argentine, la Bolivie, l'Équateur, le Guatemala, le Nicaragua et le Venezuela ont soutenu une motion demandant que le siège de la CIDH soit transféré dans un État signataire de la Convention américaine relative aux droits de l'homme.

Face à cette hypocrisie, le Venezuela s'est retiré de la Convention américaine relative aux droits de l'homme. L'Équateur et la Bolivie, entre autres, ont menacé de prendre des mesures semblables à moins d'une réforme en profondeur.

De plus, un grand nombre de personnes ont souligné la contradiction évidente des positions de la CIDH qui condamne les démocraties latino-américaines actuelles ce qu'elle n'a pas fait contre les dictatures militaires sanglantes de l'Amérique du Sud. Ce n'est qu'en novembre 2014 que la CIDH a enfin demandé que les gouvernements latino-américains abrogent les lois d'amnistie qui donnaient l'impunité aux militaires après les années 1980.

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L'héritage d'Obama est destiné
à l'échec en Amérique latine

Obama a ouvert la porte à Cuba en admettant l'échec de la politique étrangère de Washington à l'encontre de l'île depuis un demi-siècle, mais il l'a fermée au Venezuela en appliquant des politiques qui sont destinées à finir de la même façon.

Alors que l'Amérique latine se prépare à la tenue du sommet des Amériques à Panama les 9 et 10 avril, le gros éléphant dans la salle ne sera pas le rendez-vous tant attendu de Cuba avec l'organisation dont elle a été exclue il y a cinquante ans sous la pression des États-Unis, mais plutôt le plus récent acte d'agression contre le Venezuela du président Obama.

L'ensemble de la région a rejeté à l'unanimité le décret présidentiel d'Obama du 9 mars 2015 qui déclare que le Venezuela est « une menace inhabituelle et extraordinaire pour la sécurité nationale et la politique extérieure des États-Unis » et a appelé le président américain à annuler son décret.


Concert de solidarité avec le Venezuela, La Havane, Cuba,15 mars 2015

Dans une déclaration sans précédent le 26 mars 2015, tous les 33 pays membres de la Communauté d'États latino-américains et caraïbes (CELAC), qui représente l'ensemble de la région, s'opposent aux sanctions du gouvernement américain contre les fonctionnaires vénézuéliens, qu'ils qualifient « d'application de mesures coercitives unilatérales contraires au droit International ».

Dans son communiqué, la CELAC « manifeste sa condamnation du Décret éxécutif du gouvernement des États-Unis d'Amérique approuvé le 9 mars 2015 et considère que ce Décret exécutif doit être abrogé »

Même les fervents alliés des États-Unis comme la Colombie et le Mexique ont signé la déclaration de la CELAC, ainsi que des pays qui dépendent sur le plan économique des États-Unis comme, entre autres, la Barbade et la Trinité. C'est sans doute la première fois dans l'histoire contemporaine que tous les pays d'Amérique latine et des Caraïbes rejettent une politique américaine dans la région depuis le blocus unilatéral des États-Unis contre Cuba.

Paradoxalement, la justification du président Obama pour un dégel des relations avec Cuba, annoncé simultanément par le président Raúl Castro le 17 décembre 2014, est principalement ce qu'il a appellé « l'échec de la politique » de Washington à l'encontre de l'île des Caraïbes.

Plus de cinquante ans de sanctions unilatérales et d'hostilité politique n'ont servi qu'à isoler les États-Unis sur la scène internationale, tandis que Cuba a renforcé ses propres relations avec la plupart des pays du monde et a gagné une reconnaissance internationale pour son aide humanitaire et la solidarité avec les nations soeurs.

Presque sans pause, Obama a ouvert la porte à Cuba en admettant l'échec de Washington et puis l'a fermée sur le Venezuela en appliquant une politique presque identique de sanctions unilatérales, d'hostilité politique et de fausses accusations de menaces à la sécurité nationale des États-Unis. Avant que la région ait eu le temps de célébrer le déserrement de l'étau autour de Cuba, il a été serré sur le Venezuela.


Manifestation anti-impérialiste à Caracas, Venezuela, 15 mars 2015.

Pourquoi, la région s'est demandée, le président Obama imposerait-il une politique qui s'est avérée un échec contre une autre nation de l'hémisphère, surtout pendant une période de reprise des relations ?

Compte tenu de la guerre continue des États-Unis contre le terrorisme qui fait de toute prétendue menace pour la sécurité des États-Unis, par n'importe qui et n'importe où, une cible intéressante de sa grande puissance militaire, le Venezuela n'allait pas rester sans réagir face à une attaque imminente. La nation sud-américaine a immédiatement lancé une campagne internationale pour dénoncer le décret d'Obama comme un acte d'agression contre un pays qui ne pose aucune menace réelle.

Le président Nicolás Maduro a publié une lettre ouverte au peuple des États-Unis d'Amérique dans l'édition du 17 mars 2015 du New York Times qui alerté les lecteurs sur les mesures dangereuses que le gouvernement Obama prenait contre un État voisin pacifique et non menaçant. La lettre a exhorté les citoyens américains à se joindre aux appels à Obama d'annuler son décret et de lever les sanctions contre les fonctionnaires vénézuéliens.

La région a réagi rapidement. Seulement 48 heures après qu'Obama ait signé son décret, une délégation de ministres des Affaires étrangères de l'Union des nations sud-américaines (UNASUR), qui représente tous les douze pays sud-américains, s'est rendue au Venezuela pour rencontrer des responsables gouvernementaux, des représentants de l'opposition et des membres de la société civile. L'UNASUR agit comme médiateur du dialogue entre le gouvernement et l'opposition depuis les manifestations antigouvernementales de l'an dernier qui ont fait plus de 40 morts dans le pays et provoqué une instabilité générale. Le fait que le décret d'Obama ait été pris juste après que l'UNASUR ait relancé les efforts de médiation au Venezuela a été perçu comme une offensive contre la capacité de l'Amérique latine à résoudre elle-même ses problèmes. Maintenant, les États-Unis sont intervenus pour imposer leur volonté. L'UNASUR a répondu avec un rejet cinglant du décret présidentiel d'Obama et a exigé son retrait immédiat.

En outre, les pays ont fait des déclarations condamnant les sanctions de Washington contre le Venezuela et la désignation du pays sud-américain comme « une menace inhabituelle et extraordinaire » à la sécurité nationale. L'Argentine a jugé « absolument invraisemblable même pour toute personne moyennement informée, que le Venezuela, ou n'importe quel autre pays sud-américain ou latino-américain, puisse constituer une menace pour la sécurité nationale des États-Unis d'Amérique du Nord », et la présidente Cristina Fernandez a précisé que toute tentative visant à déstabiliser le Venezuela serait considérée comme une attaque contre l'Argentine. Le président bolivien Evo Morales a appuyé sans réserve le président Maduro et son gouvernement et condamné Washington et « ces actions antidémocratiques du président Barack Obama qui menacent la paix et la sécurité de tous les pays de l'Amérique latine et des Caraïbes ».

Le président équatorien Rafael Correa a tweeté que le décret d'Obama doit être une « mauvaise blague »et dit que cet acte scandaleux « nous rappelle les heures les plus sombres de notre Amérique latine, où nous avons reçu les invasions et les dictatures imposées par l'impérialisme... Comprendront-il un jour que l'Amérique latine a changé ? »

Le Nicaragua a qualifié le décret présidentiel d'Obama de « criminel », tandis que le très populaire ancien président de l'Uruguay,José Pepe Mujica, a dit que quiconque considère comme une menace le Venezuela est « fou ».

En dehors de l'Amérique latine, 100 parlementaires britanniques ont signé une déclaration rejetant les sanctions américaines contre le Venezuela et ont demandé au président Obama d'annuler son décret désignant le pays comme une menace.

Plus de 5 millions de personnes ont signé des pétitions au Venezuela et en ligne exigeant que l'ordre exécutif soit annulé.

En outre, le Groupe des 77 + la Chine, qui compte 134 pays, a aussi publié une déclaration exprimant sa ferme opposition à l'ordre exécutif du président Obama contre le Venezuela. « Le Groupe des 77+ la Chine déplore ces mesures et réitère son engagement ferme envers la souveraineté, l'intégrité territoriale et l'indépendance politique de la République bolivarienne du Venezuela... Le Groupe des 77+ la Chine lance un appel au gouvernement des États-Unis pour qu'il évalue et mette en pratique des alternatives de dialogue avec le gouvernement de la République bolivarienne du Venezuela basées sur le respect de la souveraineté et l'autodétermination des peuples. En conséquence, il appelle instamment à l'abrogation de cet ordre exécutif. »

Sans oublier la déclaration de la CELAC. L'ensemble de l'Amérique latine a rejeté la politique régionale la plus récente d'Obama, juste au moment où il pensait qu'il avait fait une percée importante au sud de la frontière. Sans surprise, la Maison-Blanche a mal calculé les priorités régionales une fois de plus et sous-estimé l'importance de la souveraineté, l'indépendance et de la solidarité pour les peuples d'Amérique latine.

Alors que l'Amérique latine fête l'apaisement des tensions entre les États-Unis et Cuba, la région ne restera pas sans réagir devant une attaque contre le Venezuela.

Si le gouvernement d' Obama veut vraiment être un partenaire régional, il devra accepter et respecter ce qu'est devenue l'Amérique latine : forte, unie et liée par une vision politique d'indépendance et d'intégration. Tout engagement dans la région qui n'est pas fondé sur des rapports de respect et d'égalité basé sur les principes de la non-intervention, n'aura qu'un seul résultat : l'échec.

(TeleSUR, 3 avril 2014. Traduction : LML)

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Venezuela

Des millions de signatures en opposition au décret des États-Unis contre le Venezuela


La campagne de pétition menée par le Venezuela en réaction aux sanctions et aux déclarations provocatrices et menaçantes du président des États-Unis Barack Obama qui, le 9 mars, avait dit du Venezuela qu'il était « une menace inhabituelle et extraordinaire à la sécurité nationale et à la politique étrangère des États-Unis », a dépassé son objectif de 10 millions de signatures. Le président vénézuélien, Nicolas Maduro, a apporté au Sommet du 10 avril 10,4 millions de signatures recueillies au Venezuela. En surcroît, trois millions de signatures provenant de tous les coins du monde en appui au droit du Venezuela à sa souveraineté ont aussi été apportées au Sommet.

Les signatures ont été recueillies par le biais d'actions de masse au Venezuela, ainsi qu'en ligne et par le biais d'activités menées par des missions diplomatiques et des supporters du Venezuela partout dans le monde.

En mars, les 33 membres de la Communauté des États latino-américains et caraïbes (CELAC) ont exprimé leur opposition au geste du gouvernement des États-Unis, ainsi que d'autres instances régionales, dont l'Union des nations sud-américaines (UNASUR). De façon plus large, le G77+la Chine, composé de 133 pays, a aussi émis une déclaration rejetant le décret exécutif du président Obama contre le Venezuela. Partout dans le monde, un grand nombre de parlementaires et de personnalités internationales se sont prononcés contre le décret étasunien.

Cet appui à la primauté du droit international, au droit du peuple vénézuélien à la souveraineté et au gouvernement élu démocratiquement du président Nicolas Maduro provient des Amériques et de tous les pays du monde, à l'exception des États-Unis et du Canada. Ces deux pays prônent une ligne frauduleuse contre le gouvernement de Maduro au sujet de violations de droits humains et de violence de l'État. Cette ligne vise à soutenir les forces d'opposition réactionnaires qui mènent actuellement une guérilla économique et des activités terroristes visant à ouvrir la porte à un régime qui serait plus favorable aux intérêts impérialistes des États-Unis dans la région.

Le 3 avril, les commentaires de la sous-secrétaire des États-Unis en Amérique latine, Roberta Jacobson, lors d'une conférence à l'institution Brooking, où elle a dit qu'elle était « déçue » de l'ampleur des appuis exprimés à l'égard du Venezuela, sont révélateurs de l'isolement et du désespoir des impérialistes étasuniens. « Je suis déçue devant le peu de pays ayant défendu les sanctions. Celles-ci ne visaient pas à nuire aux Vénézuéliens ni au gouvernement vénézuélien », a prétendu Jacobson. Elle a tenté de rejeter l'appui de principe au Venezuela et à la primauté du droit international et l'opposition à l'ingérence et aux visées hégémonistes des États-Unis dans la région en prétendant qu'il s'agissait d'un « manque de défense de la démocratie » et « un exercice de solidarité fondé sur la rhétorique ». Elle a aussi tenté de présenter les États-Unis comme étant la victime et non l'instigateur d'une tentative ratée de miner le gouvernement d'un autre pays, disant : « Le ton utilisé par les dirigeants de l'Amérique latine sert à diaboliser les États-Unis comme s'il étaient la source des problèmes vécus par le Venezuela, et par conséquent il est difficile pour nous de procéder de manière pragmatique ».

(Sources : TeleSur, Latin American Herald Tribune)

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Revirement d'Obama sur le Venezuela

Le président des États-Unis, Barack Obama, a dit le 8 avril pendant sa visite en Jamaïque que le Venezuela ne représentait pas une menace pour la sécurité nationale des États-Unis, contredisant ainsi son décret présidentiel du 9 mars. Il s'agit clairement d'une tentative de revenir sur sa décision suite à l'opposition internationale écrasante à son décret.

D'autre part, il a aussi dit que les sanctions annoncées le 9 mars sont toujours en vigueur et il a cherché à justifier l'hostilité incessante des États-Unis envers le Venezuela en vertu de prétentions fallacieuses à l'effet que le gouvernement vénézuélien cherche toujours à intimider ses adversaires politiques. Il prétend même que le décret exécutif du 9 mars a toujours eu comme unique objectif de faire obstacle aux violations des droits humains et à la corruption au Venezuela.

Il a dit que les sanctions stipulées par le décret ne visent aucunement à miner le gouvernement vénézuélien ni à promouvoir l'instabilité. Les sanctions, selon lui, visent uniquement ces individus qui, selon les États-Unis, auraient commis des violations des droits humains ou qui agissent de manière antidémocratique, a-t-il dit. Il a énuméré tous les crimes ayant été commis, toujours selon les États-Unis, contre les forces réactionnaires de l'opposition.

Obama a jouté que les États-Unis allaient faire du lobbying auprès d'autres pays d'Amérique latine dans le but d'« encourager le gouvernement vénézuélien à respecter ses engagements à promouvoir et défendre une gouvernance démocratique ».

La Maison Blanche a commencé à se rétracter plus tôt cette semaine, alors qu'un haut fonctionnaire des États-Unis a affirmé que le texte du décret exécutif n'avait rien d'officiel, selon TeleSUR.

Par contre, l'administration Obama n'a donné aucun signe de vouloir abroger le décret exécutif ainsi que les sanctions qui s'y rattachent.

Le gouvernement vénézuélien a dit clairement que toute action menée contre certains citoyens du Venezuela est une action contre tout le pays.

Réagissant à la déclaration d'Obama, le président vénézuélien, Nicolas Maduro, a dit à l'agence de presse d'État, AVN, que le revirement d'Obama est le résultat du « triomphe du peuple vénézuélien et de l'appui mondial envers la souveraineté nationale du Venezuela », suite au grand nombre de pays s'étant prononcés contre cette mesure des États-Unis.

(Agence de nouvelles de Cuba, TeleSUR)

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Aux Nations unies, appui massif au Venezuela


Le 2 avril, au cours d'une longue session sous le thème de la solidarité avec le peuple et le gouvernement du Venezuela, les diplomates de plusieurs pays sont intervenus au nom de regroupements et de blocs pour exiger que les États-Unis tiennent un dialogue ouvert avec le Venezuela pour régler les différends entre eux.

L'ambassadeur du Venezuela aux Nations unies, Rafael Ramirez, a prononcé le premier discours, suivi de présentations de la Communauté des États latino-américains et des Caraïbes (CELAC), l'Alliance bolivarienne pour les peuples de nos Amériques-Traité commercial des peuples (ALBA-TCP), l'Union des nations sud-américaines (UNASUR), le Groupe des 77 + la Chine et le Mouvement des pays non-alignés.

En un mot, tous les intervenants ont rejeté le décret exécutif du 9 mars du président des États-Unis, Barack Obama, qui prétend que le Venezuela représente un danger pour les États-Unis.

Les diplomates d'Amérique latine et des Caraïbes ont fait valoir la position de chacune de leurs régions à l'effet que c'est une zone de paix qui prône une solution pacifique du conflit, une paix qui est maintenant menacée par l'hostilité des États-Unis. Ils ont fait valoir que la région n'est plus la même et que dorénavant elle affirme sa souveraineté et sa dignité, a dit le représentant permanent de l'Équateur à l'ONU, Xavier Lasso, au nom de la CELAC.

L'ambassadeur de Cuba à l'ONU, Rodolfo Reyes, a déclaré que l'ALBA-TCP condamne le décret d'Obama et exige que les États-Unis respectent le droit des peuples à l'autodétermination et à la non-ingérence dans leurs affaires intérieures.

L'ambassadeur de l'Uruguay, Gonzalo Koncke, a réitéré la position de l'UNASUR, tandis que le chargé d'affaires de l'Iran, Hossein Dehghani, a réitéré l'appui du mouvement non-aligné fort de 120 membres au Venezuela. Le Groupe des 77 + la Chine, un bloc de 134 pays, a aussi réaffirmé son appui au Venezuela.

Des représentants de pays individuels dont la Syrie, la Russie, le Nicaragua, l'Iran, le Zimbabwe, le Soudan, la Palestine, Cuba, la Bolivie, l'Argentine et St-Vincent et les Grenadines ont aussi exprimé leur solidarité avec le Venezuela.

En entrevue avec Prensa Latina, l'ambassadeur vénézuélien a exprimé son appréciation pour tout cet appui international et a dit que le Venezuela refait le plein de confiance suite à l'immense solidarité exprimée par l'Amérique latine, les Caraïbes, l'Asie, l'Afrique et les autres régions du monde.

(Prensa Latina)

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Lettre des mouvements sociaux mondiaux au président Obama


PIquetage devant l'ambassade américaine à Ottawa le 26 mars 2015 pour exiger le retrait du décret présidentiel contre le Venezuela

M. le président,

C'est dans l'incompréhension et l'indignation que nous, représentants des mouvements sociaux mondiaux, avons pris connaissance de votre décret du 9 mars 2015 alors que vous déclarez l'urgence nationale dans votre pays, confrontant ainsi le Venezuela en le déclarant « une menace inhabituelle et extraordinaire » à la sécurité nationale et à la politique étrangère des États-Unis ».

Ce décret exécutif n'est rien de moins qu'un acte d'agression qui viole le droit international. Il est une tentative extrême de changer la volonté démocratique du peuple vénézuélien.

De surcroît, nous croyons que votre décret exécutif met la paix en péril dans tout le continent, puisqu'il laisse clairement entendre que votre gouvernement est déterminé à faire reculer les progrès sociaux qui ont été réalisés en Amérique latine depuis une décennie.

M. le président, vous isolez par le fait même votre propre pays en le transformant en un véritable État délinquant.

Vous agissez envers le Venezuela comme on agit envers un ennemi, ce pays qui depuis plus de deux cents ans cultive une tradition de paix internationale.

Vous agissez comme un intimidateur mondial qui cherche à imposer son pouvoir par la force à l'encontre de la primauté du droit et de la souveraineté des peuples.

La puissance militaire et économique des États-Unis ne suffira jamais à écraser les droits du reste de l'humanité.

M. le président, vous voulez changer le gouvernement du Venezuela afin de renverser les immenses progrès réalisés sur ce continent en politiques sociales.

Le gouvernement des États-Unis veut « tordre le bras des Vénézuéliens et Vénézuéliennes pour avoir décidé, de manière pacifique et démocratique, de corriger les inégalités sociales de plusieurs siècles de racisme contre les autochtones et les Afro-Latino-Américains, de violence contre les femmes, d'oppression des travailleurs ruraux et urbains, de discrimination contre les minorités sexuelles, d'exclusion des minorités ayant des besoins spéciaux et de destruction de l'environnement.

Depuis 15 ans au Venezuela ainsi qu'en Amérique latine et dans les Caraïbes, la qualité de vie de millions d'hommes et de femmes s'est améliorée grâce à la lutte incessante contre la pauvreté, l'analphabétisme, la pénurie de soins médicaux, et à la reconnaissance de leurs droits culturels, environnementaux et sexuels.

S'il en est ainsi, c'est grâce à un important changement historique qui fait en sorte que les mouvements sociaux sont devenus des acteurs politiques incontournables, contribuant ainsi à l'érosion du pouvoir des élites traditionnelles.

M. le président, en vertu de la puissance de votre pays, vous privilégiez le puissant 1 % qui au cours de plusieurs siècles a opprimé le 99 % que constituent les peuples de l'Amérique latine.

En tentant de faire reculer l'histoire de l'Amérique latine, votre gouvernement ourdit un complot après l'autre contre la démocratie, contre les majorités populaires et contre la paix et la justice que par millions, nous, Latino-Américains, avons bâtie au prix de grands sacrifices.

Le Venezuela n'est pas seul.

Dans cette lutte pour la paix et la justice, le peuple du Venezuela a le droit de décider librement de son avenir. Il a même le droit de faire des erreurs.

Nous ne faisons qu'un avec le Venezuela dans ses efforts de libération. La lutte des majorités du Venezuela est aussi la nôtre. Aussi, nous partageons leurs victoires et leurs défaites.

Si le Venezuela est inhabituel et extraordinaire, M. le président, vous, d'autre part, êtes une menace.

M. le président, vous semblez convaincu que la défaite du Venezuela créerait un « effet domino » sur tout le continent, mettant fin à la vague de changement social qui anime toute la région. Cette fausse interprétation vient de ce que vous ne comprenez pas le sens des mouvements sociaux qui animent l'Amérique latine. Il en va de même pour les élites de votre pays. Votre agression injustifiée est vouée à l'échec.

Tandis que le Venezuela offre la paix, la solidarité et l'amitié aux peuples du monde, votre gouvernement n'offre qu'un retour au passé, au recours à la force, aux bases militaires, aux menaces et à l'intimidation.

Pour nous le choix ne fait aucun doute : le Venezuela est peut-être inhabituel et extraordinaire, mais vous et le gouvernement des États-Unis, par contre, êtes une réelle menace pour la démocratie, la paix et la justice en Amérique latine.

Nous appelons à la réflexion pour mettre fin à l'arrogance. Nous appelons au respect des droits humains des peuples partout dans le monde. Enfin, nous appelons à l'organisation et à la mobilisation active du 99 % à l'échelle mondiale pour défendre nos réalisations sociales ainsi que nos aspirations à la paix et à la justice.

Par conséquent, M. le président Obama, nous vous demandons de retirer votre décret exécutif immédiatement !

(Traduction : LML)

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