Le Marxiste-Léniniste

Numéro 17 - 8 avril 2015

Québec

La résistance à l'austérité et à la destruction nationale prend de l'ampleur


Montréal, 2 avril 2015

Condamnons l'assaut policier brutal contre les manifestants! Le Service de
la police de Montréal et le gouvernement Couillard doivent rendre des comptes!

- Parti marxiste-léniniste du Québec -


Une nouvelle direction pour l'économie
Le budget 2015-2016 du Québec accélère la destruction des services publics
La ministre des Finances de Nouvelle-Écosse prononce
un discours prébudgétaire

- Kevin Corkill -
Lettre à la rédaction: au sujet du frauduleux plébiscite sur la taxe
de vente en Colombie-Britannique


La politisation d'intérêts privés
John Baird poursuit son travail au service des intérêts privés
- George Allen -


XIXe Séminaire international «Les partis et une nouvelle société»
Des partis politiques réunis au Mexique délibèrent
sur les développements actuels


Dans l'actualité
L'Iran promet de répondre fermement à toute menace
L'armée américaine va mettre sur pied une force
spéciale pour l'Amérique latine


Les relations entre Cuba et les États-Unis
Rencontre sur les droits humains
Le bureau consulaire de Cuba à Washington toujours
privé de services bancaires

- Jorge Legañoa, Granma International -
Les États-Unis affirment avoir supprimé de la liste
des sanctions des entités liées à Cuba


25e anniversaire de l'indépendance de la Namibie
Allocution de Jorge Risquet Valdés

Au calendrier d'événements
Marche action climat à la Conférence des premiers ministres à Québec


Québec

La résistance à l'austérité et à la destruction
nationale prend de l'ampleur


Montréal, 2 avril 2015

Le mouvement d'opposition à l'austérité antisociale du gouvernement libéral de Philippe Couillard continue de grandir au Québec. Quand il a été porté au pouvoir par un coup électoral le 7 avril 2014, le gouvernement Couillard a dit que l'élection était un mandat pour intensifier la destruction des programmes sociaux et mettre les ressources du Québec à la disposition d'intérêts privés mondiaux. Mais cette prétention a été contestée dès le départ. Pas plus tard que le Premier Mai 2014, moins d'un mois après l'élection, des milliers de travailleurs et d'étudiants sont descendus dans les rues de Montréal et de Québec pour exprimer leur détermination à résister à cette fraude de l'« austérité » antisociale.

Ce mouvement est animé par la grande conscience sociale exprimée par les jeunes et les étudiants dans le mouvement de protestation qui a mené à la défaite du gouvernement Charest en 2012. Cette conscience sociale refuse le démantèlement des programmes sociaux, la privatisation de la santé, les attaques contre les plus vulnérables, la braderie des ressources naturelles, les projets des monopoles pétroliers, le mépris de l'environnement naturel et le recours à la violence policière, aux lois de retour au travail et aux tribunaux contre ceux qui affirment leurs droits.

À Montréal les manifestations hebdomadaires du samedi débutant à 14heures à la place Émilie-Gamelin ont commencé le 21 mars. Des manifestations et autres actions, y compris des débrayages locaux dans le secteur de la santé, se poursuivent dans toutes les régions du Québec. Il y aura des votes de grève dans le secteur public à l'automne mais il y a souvent des débrayages spontanés, surtout dans la santé où les infirmières et les travailleurs sont poussés à bout.

Parmi les étudiants des votes de grève ont lieu depuis la mi-mars dans le cadre d'une campagne organisée par l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ) pour forcer le gouvernement Couillard à reculer dans son offensive antisociale. Le 2 avril y avait environ 150 000 étudiants en grève pour des durées diverses.

Le 31 mars dernier, plus de 2500 représentants des syndicats membres du Front commun des travailleurs du secteur public et parapublic se sont réunis pour une journée de discussion à Québec sur la situation qui leur fait face. Le 31 mars était le jour où venaient à terme les conventions collectives des quelque 400 000 travailleurs du Front commun. Les participants ont réitéré leur opposition aux offres du gouvernement du Québec, notamment le gel salarial pour les deux premières années de la convention et une augmentation de 1 % pour les trois autres années (le gouvernement veut une convention collective de cinq ans). Ils ont dit que le gouvernement doit reculer là-dessus et offrir des augmentations de salaires et faire d'autres offres qui permettent au secteur public de garder ses travailleurs en arrêtant leur appauvrissement et en réduisant la précarité d'emploi qui en frappe plusieurs (le temps partiel notamment). Il est sorti de la journée de discussion que le Front commun demande au gouvernement de négocier sérieusement dans les mois qui viennent en faisant des offres acceptables aux travailleurs qui sont ceux qui font fonctionner les services publics, que la période qui vient sera utilisée pour engager un dialogue avec tous les membres aux endroits de travail sur les demandes et que des mandats de grève seront votés en septembre si la négociation n'avance pas.

Les négociations dans le secteur public vont avoir lieu dans des conditions où les coupures prévues dans le budget du 26 mars vont se faire sentir, tout comme vont se faire sentir les répercussions de la loi 10 qui donne au ministre de la Santé des pouvoirs d'intervention et de décision, qui abolit des dizaines d'agences régionales de santé et qui impose encore une fois une restructuration des syndicats dans l'ensemble du réseau.

Depuis l'élection, le gouvernement Couillard continue sa rengaine que « les Québécois vivent au-dessus de leurs moyens » et que « tout le monde doit faire sa part » pour réduire la dette nationale et éliminer le déficit. À l'approche des négociations dans le secteur public à l'automne, il s'en prend plus spécifiquement aux travailleurs du secteur public qui, dit-il, « ont de meilleurs salaires et de meilleures conditions de travail que la plupart ».

Le ministre des Finances Carlos Leitão a déposé le 26 mars un budget avec un taux de croissance des dépenses le plus bas de l'histoire du Québec pour « éliminer le déficit ». Le gouvernement a l'intention d'éliminer un déficit de 2,4 milliards $ en un an en limitant la croissance globale des dépenses à 1,2 % pour 2015-2016, soit 1,4 % dans la santé et 0,2 % en éducation et une baisse de 1,1 % dans tous les autres programmes. Le budget alloue par ailleurs 10,5 milliards $ pour payer les riches par le service de la dette. En préparation pour le budget et les compressions qu'il annonce pour l'éducation, le ministre des Finances a dit qu'il « pense surtout aux jeunes » puisque ce budget réduit le fardeau sur leur avenir en réduisant la dette nationale. Les jeunes lui ont donné la réponse méritée par leurs actions de masse à Québec le 26 mars et encore le 2 avril à Montréal : ils rejettent cette tentative de blâmer le peuple pour la dette et exposent la fraude que l'augmentation des dépenses pour le service de la dette est pour autre chose que payer les riches.

Grande manifestation le 2 avril

Près de 70 000 personnes ont marché dans les rues de Montréal le 2 avril pour dire au gouvernement Couillard que son programme d'austérité antisociale ne passera pas. La marche était appelée par l'ASSÉ avec comme mot d'ordre : « Non à un autre budget d'austérité ! Nos acquis valent plus que leurs profits ! » La manifestation était composée en vaste majorité de jeunes, principalement des cégeps (Alma, Chicoutimi, Saint-Félicien, Drummondville, Vieux-Montréal, Maisonneuve et plusieurs autres), et aussi d'universités et du secondaire. Environ 150 000 étudiants étaient en grève ce jour-là. Il y avait également dans la manifestation nombre de contingents de travailleurs, membres d'Unifor, du Syndicat des Métallos, des Travailleurs unis de l'alimentation et du commerce, et du secteur public, enseignants, travailleurs d'hôpitaux, employés municipaux. Il y avait une forte délégation du Syndicat des professeurs de l'Université du Québec à Montréal, en grève cette journée-là parce que la négociation locale avec l'administration qui applique le programme d'austérité n'avance pas, et aussi pour dénoncer les menaces d'expulsions d'étudiants de l'UQAM par l'administration.



L'offensive idéologique de l'État et des médias monopolisés s'accompagne de violence policière, d'intimidation et de représailles. Le gouvernement Couillard, tout comme le gouvernement Charest en 2012, a déclaré que rien n'arrêtera le vaste transfert de la richesse sociale du Québec à des intérêts privés et que les étudiants doivent « respecter la loi ». Dans les jours qui ont précédé la manifestation du 2 avril, le ministre de l'Éducation François Blais a demandé aux administrations d'université de « faire des exemples » en ciblant « 2 ou 3 étudiants par jour » avec des mesures disciplinaires allant jusqu'à la suspension ou à l'expulsion. La manifestation du 2 avril a été attaquée brutalement par la police. La police de Montréal a déclaré la manifestation « illégale » en invoquant le fameux règlement P6 adopté en 2012 par la Ville de Montréal pour tenter de dissuader les marches nocturnes et les grandes manifestations étudiantes. Le règlement P6 requiert des organisateurs des manifestations qu'ils fournissent l'itinéraire à l'avance s'ils veulent que leur marche soit « légale ». Les étudiants ont refusé de concéder devant cette atteinte flagrante au droit d'assemblée. On voit maintenant apparaître sur les pancartes dans les manifestations : « M. Couillard, vous n'avez pas fourni l'itinéraire pour vos mesures d'austérité ».

Grève d'un jour des étudiants en médecine le 30 mars


Les étudiants de médecine du Québec ont voté de faire la grève le 30 mars pour protester contre le projet de loi 20 qui impose des quotas aux médecins comme prétendue solution à la pénurie d'omnipraticiens. Les omnipraticiens qui ne rencontrent pas leur quota de patients par semaine pourront subir des réductions de rémunération allant jusqu'à 30 %. Cette mesure est dénoncée par la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec qui déplore l'effet déshumanisant de cette médecine type « ligne d'assemblage » que le gouvernement impose au lieu d'investir les sommes nécessaires pour attirer les jeunes dans ce secteur. Plus de 79 % des étudiants en médecine de l'Université Laval ont voté en faveur de la grève le 30 mars, avec un taux de participation historique de 70 %. Les étudiants de l'Université de Montréal, de l'Université de Sherbrooke et de l'Université McGill ont également voté pour la grève d'un jour et plusieurs centaines d'étudiants en médecine ont manifesté devant l'Assemblée nationale à Québec ce jour-là.



Des étudiants manifestent contre l'austérité à Hull le 27 mars




Manifestation contre le budget le 26 mars

Le 26 mars, jour du dépôt du budget Leitão, des centaines d'étudiants et de travailleurs ont manifesté dans les rues de Québec pour exiger que le gouvernement cesse ses mesures d'austérité. La police de Québec a chargé les manifestants et une étudiante a été violemment blessée au visage par un projectile, une bonbonne de gaz lacrymogène, lancé à moins d'un mètre d'elle. La ministre de la Sécurité publique, Lise Thériault, s'est dite touchée par les images de l'étudiante blessée mais elle continue et défend la politique de la loi et de l'ordre de son gouvernement. Elle affirme que les forces policières agissent en tenant compte des recommandations du rapport de la Commission spéciale d'examen des événements du printemps 2012, qui blâme le gouvernement Charest et la police pour leur gestion de la crise. Alors comment explique-t-elle ce qui s'est passé à Québec le 26 mars et encore à Montréal le 2 avril, en plus des nombreuses arrestations et amendes distribuées depuis ce temps-là ?

Début des manifestations hebdomadaires contre l'austérité


Près de 5000 personnes étaient dans les rues de Montréal le samedi 21 mars pour lancer les marches hebdomadaires contre « les mesures d'austérité du gouvernement Couillard qui menacent la société tout entière ».

Après s'être rassemblés à la place Émilie-Gamelin, les manifestants ont marché sur les grandes artères du centre-ville pour se rendre devant la tour de la Bourse. Travailleurs, familles, organisations vouées à la défense de l'environnement ont marché côte à côte avec les étudiants, qui formaient la vaste majorité du contingent, dont des jeunes du cégep du Vieux-Montréal. Une délégation d'étudiants du cégep de Sainte-Foy, de la région de Québec, était aussi présente. Les forces policières, présentes en masse, ont invoqué le règlement municipal P6 pour interpeller les manifestants portant un masque.



Montréal, 21 mars 2015

La même journée, à Alma, Philippe Couillard, premier ministre et député de Roberval, a été accueilli par près de 500 personnes, en majorité des travailleurs, qui s'étaient rassemblées pour dénoncer les politiques d'austérité devant le Complexe Jacques-Gagnon où se tenait un colloque du Parti libéral. Une trentaine de manifestants ont réussi à entrer dans le complexe où ils ont scandé « Stop Couillard » devant la salle du colloque, avant d'être expulsés par la police. Selon la presse, les quelque 50 participants au colloque ont été ensuite carrément enfermés dans la salle pour « leur sécurité », pendant que les forces policières de la SQ, avec des renforts de Roberval demandés d'urgence, tentaient de faire taire les manifestants à l'extérieur.



Alma, 21 mars 2015

D'autres actions contre l'austérité



29 mars : Manifestation à Québec contre la brutalité policière, en solidarité avec l'étudiante qui a reçu une bonbonne de gaz lacrymogène au visage le 26 mars.


28 mars : Marche contre l'austérité à Ahuntsic et Montréal Nord


28 mars : Manifestation hebdomadaire contre l'austérité à Montréal



26 mars : Manifestation à l'Hôpital Sainte-Justice à Montréal à la défense du système de santé public et contre la loi 10.




26 mars : (de haut en bas) : Baie-Comeau, Sept-Îles et Rimouski



25 et 28 mars : (de haut en bas) : Marches nocturnes à Montréal



24 mars: étudiants et enseignants de l'Université de Montréal


23 mars : Lancement du mouvement grève étudiant. À gauche : cégep de Saint-Jérôme. À droite : Université Laval à Québec.

(Photos : Chantier politique, ASSE, refusons.org, A. Querry, M Giraud, CSN, V. LeClair, L. Chapman, M. Giroux)

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Condamnons l'assaut policier brutal contre
les manifestants! Le Service de la police de Montréal
et le gouvernement Couillard doivent
rendre des comptes!

Le Parti marxiste-léniniste du Québec (PMLQ) condamne avec véhémence l'assaut brutal à la matraque et aux gaz lacrymogènes du Service de police de la Ville de Montréal contre les dizaines de milliers de manifestants dénonçant le programme d'austérité hier le 2 avril. Nous condamnons sans équivoque le Service de police et le gouvernement Couillard pour l'utilisation de la violence contre les étudiants, les travailleurs et les membres d'organisations communautaires dénonçant l'austérité antisociale et défendant les droits de tous. Ils doivent rendre des comptes à la population de leur assaut contre les droits de ceux qui réclament un changement de direction pour l'économie québécoise, notamment les jeunes qui se battent pour les droits de tous et qui expriment une conscience sociale essentielle au progrès de toute société. Nous condamnons également les médias monopolisés qui mentent effrontément en disant que ce qu'ils appellent « l'intervention policière » s'est produite pour disperser quelques manifestants qui refusaient de quitter une fois la manifestation terminée.

Les faits sont les suivants. La manifestation regroupait plusieurs dizaines de milliers de personnes et était composée en vaste majorité de jeunes, principalement des cégeps (Alma, Chicoutimi, Saint-Félicien, Drummondville, Vieux-Montréal, Maisonneuve et plusieurs autres), et aussi d'universités et du secondaire. Au 2 avril, on comptait environ 150 000 étudiants en grève pour des durées variables à l'échelle du Québec. Il y avait également dans la manifestation nombre de contingents de travailleurs, membres d'Unifor, du Syndicat des Métallos, des Travailleurs unis de l'alimentation et du commerce, et du secteur public, enseignants, travailleurs d'hôpitaux, employés municipaux. Il y avait une forte délégation du Syndicat des professeurs de l'Université du Québec à Montréal, en grève cette journée-là parce que la négociation locale avec l'administration qui applique le programme d'austérité n'avance pas, et aussi pour dénoncer les menaces d'expulsions d'étudiants de l'UQAM par l'administration. On lisait sur leurs pancartes « Non à la dérive autoritaire ! ». La manifestation comptait aussi plusieurs contingents d'organisations communautaires de défense des gens les plus vulnérables, touchés le plus durement par les coupures de services et les hausses de tarifs. Le but de la manifestation était de lancer un message clair au gouvernement Couillard : que la lutte collective du peuple contre l'austérité antisociale va se poursuivre inévitablement, malgré le budget régressif qu'il vient de déposer et malgré les menaces, intimidations, violences policières et mesures de représailles qui sont la stratégie d'un gouvernement inapte à gouverner.

Après quelques discours, la manifestation s'est mise en branle vers 13 h 30 à partir du Square Victoria dans l'ouest de Montréal. Dans cette expression de détermination à exposer les mensonges de l'austérité antisociale, aucun manifestant ne cherchait le moindre affrontement avec la police. La manifestation a emprunté la rue Maisonneuve en direction de l'est de la ville, et lorsque les manifestants se sont approchés de la rue Papineau, un cordon de policiers en attirail anti-émeute les a bloqués et a exigé qu'ils marchent vers le sud. À un moment donné, sans avertissement, les policiers se sont mis à frapper sur les manifestants qui étaient aux premières lignes, puis à frapper sur ceux qui venaient à la rescousse de leurs collègues tombés par terre. Ils ont lancé deux tirs de gaz lacrymogènes, un contre les manifestants aux premières lignes, risquant de les blesser gravement, et un autre au milieu de la foule. Plus tard, à la fin de la manifestation, qui s'était regroupée plus à l'ouest, la police a chargé les manifestants pour les forcer à se disperser.

Le PMLQ appelle toutes les organisations ouvrières et populaires à dénoncer fermement cet assaut policier et toute la vague de criminalisation qui s'est abattue contre les étudiants pour tenter de les écraser et les démoraliser. Le gouvernement Couillard et ses brutes sans culture comme le soi-disant ministre de l'éducation qui a appelé les recteurs à expulser des étudiants dans chaque université, doit être condamné. C'est lui, le gouvernement Couillard, le premier responsable, qui utilise la violence politique de son diktat majoritaire pour imposer au peuple un programme qu'il sait que le peuple n'approuve pas, que ce dernier dénonce comme étant une vaste attaque contre la société dans son ensemble, un programme qu'il n'a pas décidé, mais qui l'a été dans les officines privées des monopoles et de leurs institutions comme les agences de notation et autres.

La violence contre les manifestants est le fait de la lâcheté politique et de l'absence d'arguments de ceux qui ont pour seule arme la répression de masse quand le peuple se soulève pour ses droits.

La manifestation a fait le point, que tous les orateurs ont repris et que les manifestants ont exprimé avec leurs pancartes et slogans, que l'ordre du jour d'austérité est une attaque contre la société tout entière, et que la lutte va continuer jusqu'à son retrait. La pancarte la plus populaire de la manifestation était une pancarte minuscule tenue par un manifestant placé stratégiquement pour qu'elle soit vue de tous et qui disait « Couillard, dégage ! » Cet esprit anime le peuple aujourd'hui plus que jamais et on ne le fera pas taire !

Vive la lutte du peuple contre l'austérité antisociale et pour ses droits !
Ne touchez pas à la jeunesse !
Le service de police et le gouvernement Couillard doivent rendre des comptes !

(2 avril 2015)

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Une nouvelle direction pour l'économie

Le budget 2015-2016 du Québec accélère
la destruction des services publics

Le 26 mars, le ministre des Finances Carlos Leitao a présenté le budget 2015-2016 du gouvernement Couillard. Ce budget est caractérisé par ce que plusieurs appellent la plus faible croissance des dépenses de l'histoire du Québec en ce qui concerne les services publics et les programmes sociaux. Le gouvernement se dit fier de « l'équilibre » retrouvé et y voit le signe d'une « stabilité financière, condition indispensable à la croissance économique et la prospérité ».

En fait, il n'y a pas moins « déséquilibré » que ce budget, rien de plus unilatéral. On assiste à un démantèlement des services publics encore plus poussé que l'an dernier, qui va rendre la situation encore plus intenable pour les services et les travailleurs qui les fournissent.

De l'aveu même du gouvernement, en deux ans, soit depuis le budget 2014-2015, c'est 7,274 milliards $ de coupures qui auront été effectuées, dont 6,095 milliards $ dans les dépenses gouvernementales. Là-dessus on compte plus de 2,4 milliards $ de coupures dans les budgets des ministères et organismes gouvernementaux, des coupures de rémunérations de 500 millions $ dans le cadre du gel global des effectifs dans le secteur public, des coupures de 300 millions $ dans les budgets des municipalités, des coupures de 200 millions $ par la modification de l'organisation et de la gouvernance du réseau de la santé et des services sociaux. Et la liste continue.

Où sont les mesures de relance, demandent les chercheurs de l'Institut de recherche et d'informations socio-économiques (IRIS). « Pour cette année : 120 M $ de nouveaux investissements. Soit 0,12 % des revenus du gouvernement. Concentrées où ? Les 'secteurs clés de l'économie'. Bref, des subventions aux entreprises — et la Stratégie Maritime — là aussi des subventions aux entreprises pour favoriser le développement du fleuve et de ses alentours — représentent les plus gros montants. »

Les travailleurs et travailleuses de la santé, de l'éducation et de tout le secteur public tiennent depuis des mois des manifestations et des grèves, parfois même en dehors des périodes légales de grève, pour signifier au gouvernement que ses coupes dans le secteur public créent une situation de plus en plus intenable. Mais le gouvernement Couillard est résolu à plonger le Québec dans le chaos parce que selon lui c'est en « équilibrant le budget » et en continuant de transférer le plus de richesse sociale à des intérêts privés qu'on crée la prospérité. Ça ne doit pas passer !

Plus faible croissance des dépenses de l'histoire du Québec


Le ministre Leitao confirme que le budget 2014-2015 se termine avec un déficit de 2,350 milliards $ et que le budget 2015-2016 sera sans déficit. La croissance nominale des dépenses consolidées en 2015-2016 sera selon les experts une des plus basses de l'histoire du Québec, soit 1,5 %.

Les dépenses consolidées comprennent les dépenses de programmes des ministères, les dépenses des fonds spéciaux (Commission des relations du travail, Commission des lésions professionnelles etc.), des organismes autres que budgétaires (Société d'habitation du Québec, Bibliothèque et archives nationales du Québec etc.) des entités de la santé et des services sociaux et de l'éducation, ainsi que le service de la dette.

Pour l'année fiscale 2014-2015, la croissance des dépenses consolidées excluant le service de la dette est à 2,9 %, alors qu'elle était à 4,7 % en 2013-2014. De 2015-2016 à 2019-2020, cette croissance nominale sera de 1,5 %.

La situation est encore pire si on considère seulement ce qui est appelé dépenses de programmes, soit les dépenses des ministères. Pour 2014-2015, la croissance des dépenses de programmes est estimée à 2,1 %, comparativement à 3,3 % en 2013-2014, et elle sera de 1,2 % en 2015-2016, 2,2 % en 2016-2017 et de 2,8 % à compter de 2017-2018.

Selon les travailleurs de ces secteurs, la simple reconduction des programmes du point de vue des coûts fixes et autres demande une croissance nominale d'au moins 3-4 %. C'est sans compter les besoins nouveaux et croissants de la population pour lesquels des budgets doivent être alloués ni le redressement qui s'impose compte tenu des coupes passées.

Le budget 2015-2016 reconduit ce que le gouvernement appelle le « cran d'arrêt ». En vertu de cette manoeuvre néolibérale, qui n'a rien à voir avec les besoins du peuple ou de l'économie, toute allocation de nouvelle dépense doit être compensée par une réduction équivalente ailleurs dans le système. Ce stratagème d'austérité est une garantie de l'appauvrissement de l'économie dont font partie les programmes et services à la population.

Le budget 2014-2015 avait prévu une hausse de 3 % des dépenses en santé et de 2,2 % en éducation, ce qui était déjà une énorme compression compte tenu des coûts reconduits. Mais la coupe est encore plus forte pour l'année qui vient, d'un niveau historique selon plusieurs, avec une croissance nominale de 1,4 % dans la santé, de 0,2 % en éducation et une diminution de 1,1 % dans tous les autres programmes. Déjà les travailleurs de la santé et de l'éducation ont fait clairement savoir que le système devient simplement impossible à maintenir dans ces conditions mais le gouvernement a opposé une fin de non-recevoir et appelé ces travailleurs, qui soutiennent déjà le système à bout de bras et au péril de leur santé physique et mentale, à poursuivre « leurs efforts ».

Transfert de la richesse sociale aux riches

Le fait saillant du budget est l'attaque en règle contre les services publics et les programmes sociaux. Derrière le budget d'austérité se profile le transfert accéléré de la richesse sociale produite par les travailleurs aux riches. La principale mesure qui est annoncée à ce sujet est l'accélération des paiements sur la dette du Québec. Le gouvernement poursuit dans la voie de la réduction de la dette du Québec à 45 % du PIB pour l'année 2015-2016. Ces paiements se font par le biais des versements au Fonds des générations qui proviennent de diverses sources, comme l'indexation annuelle du prix de l'électricité patrimoniale (alors que le peuple fait face aux hausses des tarifs d'hydro), la taxe sur les boissons alcooliques et, à partir de 2015-2016, tous les revenus miniers du gouvernement sont affectés au service de la dette.

Il semble clair que les grands prêteurs d'argent internationaux ne sont pas satisfaits du taux de rendement actuel et demandent que leur richesse sociale soit libérée pour être investie ailleurs dans le monde où de plus grands profits les attendent. Entreposer la richesse sociale dans la dette du gouvernement est quelque chose de sécuritaire et profitable pour les riches pendant un certain temps. Cependant, compte tenu du développement inégal du capitalisme mondial, payer la dette est une façon de mettre des fonds à la disposition des intérêts privés pour qu'ils les investissent dans des projets divers qui apparaissent plus profitables. L'augmentation et la réduction de la dette publique sont toutes deux des façons de payer les riches selon les conditions données.

Selon le ministre Leitao, les mesures budgétaires doivent être vues comme faisant partie de la restructuration de la livraison des services. Une autre méthode, en plus des coupures, est de privatiser les services publics et de vendre les avoirs publics. En suivant attentivement où va l'argent du paiement de la dette nationale, on verra certainement qu'une partie de ces fonds est utilisée pour acheter les services et les avoirs publics et s'approprier leur contrôle.

De quel « équilibre » parle-t-on ?


Le ministre Leitao se dit fier de « l'équilibre » retrouvé dans le budget, tout comme le sont la plupart des politiciens néolibéraux au Canada, dont le ministre des Finances de Stephen Harper. Leitao aime aussi parler de la « stabilité » retrouvée, un autre terme générique employé à tort et à travers pour des motifs intéressés.

Le dictionnaire Larousse offre plusieurs définitions du mot « équilibre ». En voici quelques unes :« État de repos, position stable d'un système obtenus par l'égalité de deux forces, de deux poids qui s'opposent... Juste proportion entre des éléments opposés, entre des forces antagonistes, d'où résulte un état de stabilité, d'harmonie... Juste répartition des éléments d'un tout : Équilibre de l'alimentation. »

De quel équilibre parle-t-il ? En ce qui concerne le budget, il parle d'un équilibre entre deux colonnes de chiffres, la colonne des dépenses et celle des revenus. Leitao dit avoir obtenu un équilibre en équilibrant deux éléments du budget, les revenus et les dépenses. Selon cet équilibre, deux éléments différents sont déclarés égaux en référence à une catégorie qui est l'argent (et non le volume ou le poids, par exemple).

Ce délire au sujet de l'équilibre, alors qu'on traite de questions aussi complexes que le revenu et les dépenses nationales, tourne au ridicule ce qu'un gouvernement est censé être et montre que le gouvernement Couillard n'est pas apte à gouverner. Réduire le budget public à la recherche d'un équilibre entre les aspects complexes d'une économie ramenés à une colonne de dépenses et une colonne de revenus, c'est faire de la désinformation pour masquer les dommages qui sont faits à l'économie dans son ensemble et les attaques qui sont faites au bien-être et à la sécurité du peuple sous la bannière de l'austérité pour payer les riches.

C'est une activité profondément antisociale, pour laquelle le gouvernement libéral doit rendre des comptes, que d'abaisser les investissements dans les services publics et les programmes sociaux. Les services publics et les programmes sociaux sont des instruments essentiels d'une économie moderne. Les travailleurs du secteur public créent une immense richesse sociale dont tous peuvent bénéficier et qui leur permet d'affirmer leur humanité.

Il est inévitable que l'opposition à l'austérité antisociale continue de prendre de l'ampleur, que ce soit dans le secteur public, parmi les étudiants ou dans la population en général. Le gouvernement Couillard et son programme d'austérité pour payer les riches est en contradiction avec les besoins de la société québécoise. Le budget de mars montre que le système de cartel des partis politiques permet aux puissants intérêts privés d'imposer leur volonté. Il montre aussi qu'il appartient à la classe ouvrière du Québec de se constituer en opposition et de mobiliser tout le monde autour d'une alternative prosociale. Cela peut se faire !

Arrêtez de payer les riches ! Augmentez les investissements dans les programmes sociaux !

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La ministre des Finances de Nouvelle-Écosse prononce un discours prébudgétaire

Quand l'intérêt public perd du terrain, c'est l'intérêt privé qui en gagne

Mercredi le 25 mars 2015, la ministre des Finances du gouvernement libéral de Stephen McNeil en Nouvelle-Écosse, Diana Whalen, a prononcé un discours prébudgétaire devant la Chambre de Commerce de Halifax. Elle a débuté en énonçant quelques vérités : le nombre de gens en âge de travailler en Nouvelle-Écosse diminue, et, pour la citer : « Le statu quo n'est pas une option pour nous ».

D'accord, mais qui est ce « nous » qui n'est pas favorisé par le statu quo ? Son gouvernement attaque les réclamations que les travailleurs du secteur public font à la valeur qu'ils produisent. Son gouvernement privatise les services publics, ce qui fait que la richesse sociale ne peut être consacrée au public et la détourne dans les coffres des intérêts privés. Le gouvernement McNeil saccage les programmes sociaux dont les gens de Nouvelle-Écosse dépendent pour leur bien-être et leur sécurité. Son gouvernement n'hésite pas à remettre les fonds publics aux monopoles sous forme de subsides et d'autres formes. C'est ce statu quo là, qui consiste à sans cesse payer les riches, à attaquer le niveau de vie des travailleurs, à privatiser les services publics et détruire les programmes sociaux qui ne bénéficie pas à la vaste majorité des gens de Nouvelle-Écosse, « aux gens en âge de travailler en Nouvelle-Écosse » dont le nombre diminue parce qu'ils quittent la province à la recherche d'un emploi.

Ce « nous » est en quête d'un changement prosocial pour mettre un terme au statu quo néolibéral et fournir une nouvelle direction à l'économie et à la politique. Le « nous » du ministre ne se réfère pas aux travailleurs et aux gens dont le revenu est fixe pour qui le statu quo ne fonctionne pas mais à la minorité riche au pouvoir, qui avait certainement des représentants dans la salle où elle a parlé, qui demandent encore plus de mesures antisociales afin de consolider ses privilèges de classe et ses intérêts privés.

Une atttaque contre le contrat social et l'intérêt public

Le statu quo que Diana Whalen veut changer est le contrat social avec la classe ouvrière dont font partie le système de négociation collective et une autorité publique qui fournit des services publics et des programmes sociaux universels aux membres vulnérables de la société.

Son gouvernement ne cesse d'attaquer ce qu'elle appelle le statu quo en congédiant 11 travailleurs sociaux de la protection de l'enfance de Guysborough and Barrington Passage et 58 travailleurs par la fermeture du Centre d'information des visiteurs de Pictou et Digby et en transformant tous les sept parcs provinciaux en ce qu'il appelle des endroits de « libre-service ». Son gouvernement cherche à privatiser les 3 Registraires de Services Nouvelle-Écosse : les Registraires des Titres fonciers, des Véhicules motorisés et des Sociétés de capitaux, et à transformer l'Agence de tourisme de Nouvelle-Écosse en une société de la couronne sous contrôle du secteur privé.

Afin de s'attaquer au contrat social qu'elle assimile au statu quo, Whalen dit que « nous n'avons plus les moyens de continuer de faire les choses que le gouvernement avait l'habitude de faire ». Bref, elle a en vue le diktat des propriétaires de la richesse sociale qui refusent d'investir dans de la nouvelle production et de nouveaux services et voudraient plutôt piller les services publics existants et amener les gouvernements à leur fournir de lucratifs contrats de livraison de services par le biais des partenariats public-privé (PPP) et d'autres stratagèmes néolibéraux.

Whalen poursuit son discours anti statu quo en promettant d'ouvrir la porte à encore plus de privatisations et en vantant les possibilités de beaucoup de projets en PPP. Ceux-ci emplissent les coffres des monopoles parce que c'est le gouvernement qui prend les risques alors que les monopoles empochent les profits. Par exemple, Whalen a dit que son gouvernement a autorisé la Société de développement des terrains riverains à acheter des terrains de Halifax du gouvernement fédéral pour la somme de 6,5 millions $, lesquels seront utilisés pour contruire un Centre d'innovation océanique. Ce centre deviendra un pôle, qui au lieu de servir l'intérêt public avec de la recherche marine et une entreprise publique qui bénéficiera à enrichir des entreprises privées triées sur le volet et à leur fournir de la recherche aux frais du gouvernement. Le statu quo des privilèges de classe est assuré mais ce n'est pas ce statu quo là que le gouvernement a en tête.

En ce qui concerne la privatisation des Registraires de Services Nouvelle-Écosse, Whalen a dit ce qui suit : « Si nos partenaires privés sont capables de fournir des services de haute qualité en notre nom, cela va permettre au gouvernement de se concentrer à faire mieux dans des secteurs essentiels comme la santé et l'éducation ». Si on suit cette logique, pourquoi alors le gouvernement agirait-il dans quelque secteur que ce soit, essentiel ou pas ? C'est précisément de la question de la prestation des services essentiels de la santé et de l'éducation que les gouvernements du pays se lavent les mains au nom de cette logique que « nos partenaires privés sont capables de fournir des services de haute qualité en notre nom ». Servives essentiels ou non essentiels, où est la différence quand la logique est de détruire l'autorité et l'intérêt publics et d'ouvrir les services publics pour en faire des sources de profits pour l'entreprise privée ? La logique derrière tout cela n'est pas de servir le peuple et l'intérêt public mais de servir les privilèges de classe et les intérêts privés étroits.

Dénonçons les attaques contre les services publics et contre les travailleurs qui défendent notre bien-être collectif !

Le discours de Whalen est une attaque frontale contre les emplois des travailleurs du secteur public et les services qu'ils dispensent. Elle dit que si nous voulons améliorer les perspectives d'avenir « nous devons tous être prêts à souffrir un peu ». Le « nous » qui doit se préparer à souffrir ce sont les travailleurs du secteur public et le peuple de Nouvelle-Écosse qui a besoin des services publics. « Notre souffrance » commence avec les mises à pied, les coupures de services, le gel des salaires des travailleurs du secteur public et l'élimination des primes de séparation.

L'assaut néolibéral contre les travailleurs et leur réclamation à la valeur qu'ils produisent repose sur le point de vue que les travailleurs sont un coût pour les privilèges de classe de ceux qui détiennent la richesse sociale. Whalen dit que « le coût le plus élevé auquel le gouvernement fait face, c'est la facture que représentent les salaires du secteur public. Celle-ci représente 4,9 milliards $ de nos dépenses, soit près de 60 % de nos dépenses de programmes ».

Les travailleurs vendent leur force de travail aux employeurs ; ils travaillent et créent de la valeur ; ils produisent un bien ou un service ; ils réclament une partie de la valeur qu'ils ont créée en vendant leur force de travail à leur employeur, et on les appelle un « coût » ! Un coût pour qui ? Les travailleurs produisent toute la richesse sociale à laquelle toutes les réclamations sont faites !

Whalen va encore plus loin dans ses attaques contre les travailleurs du secteur public en s'en prenant aux modestes augmentations de salaire qu'ils ont reçues lors de leur dernière convention collective de 3 ans, soit 2 %, 2,5 % et 3 % par année. Selon Whalen, ces montants sont une obligation pénible à laquelle ce gouvernement et les gouvernements à venir auront à faire face : 700 millions par année ! Dramatique vraiment !

Les travailleurs du secteur public rejettent le point de vue néolibéral de Whalen que leurs salaires et avantages sociaux sont un « coût » pour l'économie. En plus, c'est un affront de sa part que de suggérer que les augmentations de salaire des trois dernières années sont le fait de la cupidité des travailleurs du secteur public. Les travailleurs du secteur public créent une valeur nouvelle pour l'économie, reproduisent la valeur à laquelle ils font leurs réclamations en salaires et avantages sociaux et préservent la valeur des avoirs et des matériaux publics qu'ils utilisent dans leur travail. Ce n'est pas vrai que l'économie perd la valeur que les travailleurs du secteur public et les autres travailleurs reproduisent sous la forme de salaires, d'avantages sociaux et de pensions.

Whalen tente de culpabiliser les travailleurs du secteur public quand elle déclare que « l'an dernier, notre PIB a connu sa croissance la plus faible et les salaires du secteur public leur croissance la plus élevée. Ces deux choses ne vont pas ensemble ». Si ces choses ne vont pas ensemble, Madame la ministre, c'est parce que le statu quo des privilèges de classe empêche l'émergence en Nouvelle-Écosse d'une nouvelle direction dynamique et prosociale de l'économie. Les privilèges de classe réclament encore plus de destruction et de transfert de la richesse sociale du peuple vers les riches ; ils se nourrissent du statu quo antisocial qui est dominé par les monopoles et font tout pour empêcher le peuple de fournir une nouvelle direction prosociale à l'économie.

Whalen et le gouvernement McNeil pavent la voie à la destruction encore plus poussée des services publics et à de nouvelles attaques contre les salaires, les avantages sociaux et les pensions des travailleurs du secteur public. Ils le font en s'attaquant à l'opinion publique sur la question de la nécessité des services publics et des programmes sociaux dans une économie moderne. Ils s'attaquent à l'opinion publique sur la question des droits qui appartiennent aux gens parce qu'ils sont des êtres humains et sur la question de la responsabilié qui incombe aux gouvernements de garantir les droits de tous. Ils s'attaquent à l'opinion publique sur la question de qui crée la valeur, la richesse sociale, dans une économie moderne, c'est-à-dire la classe ouvrière.

Whalen nous donne un bon aperçu de ce que son gouvernement prépare, la destruction plus poussée des avoirs publics et la promotion des intérêts privés étroits. Cela comprend la privatisation d'avoirs publics importants afin de payer les riches et de répondre à leur besoin de secteurs profitables où ils peuvent investir, alors que le gouvernement garantit leurs profits au détriment des intérêts des gens de la Nouvelle-Écosse. « Nous exprimons ici notre confiance dans le secteur privé, a-t-elle dit, ajoutant que le gouvernement doit laisser la place et laisser le secteur privé prendre la direction des choses. »

On est en droit de se demander pourquoi le gouvernement McNeil se donne la peine d'exister s'il veut « laisser la place » et laisser le secteur public déterminer la direction de l'économie et de la société. En fait, elle en appelle à une dictature ouverte des riches contre le peuple, une dictature qui sert l'intérêt privé étroit d'une infime minorité.

« Le rôle clé des gouvernements est d'enlever les obstacles et de créer l'environnement qui permet aux entreprises d'investir, de produire, d'affronter la concurrence et de croître [...] notre rôle est de créer les conditions requises au succès économique. » Le succès économique de qui, Madame la ministre ? Si la ministre Whalen pense que le rôle du gouvernement est de répondre aux besoins des intérêts privés au détriment de l'intérêt public, alors ces gens là n'ont pas leur place dans un gouvernement.

Le gouvernement McNeil montre qu'il n'est pas apte à gouverner et n'a pas à coeur les meilleurs intérêts des gens de Nouvelle-Écosse ; il est plutôt au service des intérêts étroits de l'élite capitaliste dirigeante. Le gouvernement de Novelle-Écosse n'a d'autre choix que de fournir une direction à l'économie qui répond aux besoins du peuple en moyens de subsistance et garantit son bien-être de même que les services dont il a besoin et qu'il réclame. S'attaquer aux travailleurs du secteur public, à leurs conditions et aux services qu'ils dispensent, c'est fournir une mauvaise direction à la Nouvelle-Écosse.

Arrêtons les attaques du gouvernement McNeil contre l'autorité et l'intérêt publics !
Tous à la défense de l'intérêt public, des services publics et des travailleurs du secteur public !
Tous la défense des intérêts des gens de Nouvelle-Écosse contre l'assaut néolibéral de l'élite capitaliste privilégiée contre nos droits et la société !

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Lettre à la rédaction: au sujet du frauduleux plébiscite sur la taxe de vente en Colombie-Britannique

J'ai été bien content de lire l'article « Frauduleux plébiscite à Vancouver sur la taxe de vente » du Centre ouvrier du PCC(M-L) dans le numéro 1er avril 2015 du LML.

[...]

Cet article du LML qualifie correctement le plébiscite en cours en Colombie-Britannique de « frauduleux plébiscite sur la taxe de vente » au lieu d'un « plébiscite sur le transport en commun », et rejette la terminologie trompeuse de l'élite capitaliste au pouvoir qui cherche toujours à semer la confusion chez les électeurs, notamment parmi ceux qui sont progressistes et sont des dirigeants, afin de les amener à voter et à agir à l'encontre de leurs intérêts. Après avoir lu l'article, cela devient très clair ! L'objet premier du plébiscite n'est pas le transport en commun mais bien la tentative des capitalistes monopolistes et de leurs représentants et porte-parole de mettre encore de l'avant un stratagème de plus pour payer les riches.

En dépit du titre trompeur du plébiscite, un grand nombre ont compris le stratagème et ont rejeté la demande de l'élite dirigeante aux électeurs d'accepter l'augmentation de la taxe de vente, une chose que les électeurs de Colombie-Britannique avaient déjà rejeté fermement et avec succès lors de la campagne contre la Taxe de vente harmonisée (TVH) en 2010. Cependant, en continuant de demander un « plébiscite sur le transport en commun », c'est-à- dire d'accepter la terminologie et le cadre de référence de l'élite capitaliste, les électeurs se retrouvent sur la défensive et se sentent obligés d'expliquer « je suis en faveur de l'amélioration du transport en commun ». C'est un exemple de ce que le LML identifie comme la nécéssité que la classe ouvrière et ses alliés aient leur pensée et de leur théorie indépendantes s'ils veulent devenir une opposition ouvrière effective contre la pensée néolibérale, ses tromperies, ses aux mensonges et falsifications et mettre fin aux saccages de l'élite au pouvoir tout en travaillant à la réalisation de leur objectif stratégique.

Comme le fait remarquer l'article du LML, ce n'est pas toute l'opposition à cette proposition sur la taxe de vente et au projet de transport en commun qui est progressiste. Certains membres de l'élite au pouvoir et certains de leurs représentants, comme la Fédération canadienne des contribuables, s'opposent à l'augmentation de la taxe de vente mais sont d'accord que les infrastructures de transport public soient construites à même le capital financier et sous la direction d'intérêts privés afin de bénéficier à l'élite au pouvoir plutôt qu'aux producteurs qui vont les construire. Plusieurs des arguments qui sont avancés contre un vote « oui » au plébiscite partent du point de vue qu'il n'y a pas d'alternative au statu quo, que c'est l'élite au pouvoir qui doit fournir la direction et empocher les bénéfices. Les citoyens peuvent tout au plus faire du « lobbying » contre ces projets, par exemple contre le projet de construction du métro Broadway sur la rue Arbutus et le plan caché qui en découlerait de construire des tours et des condominiums qui détruiraient leur quartier.

[...]

Plusieurs des arguments contre un vote « oui » font état de la mauvaise gestion de la part de Translink, la société publique qui a été mise sur pied par le NPD puis privatisée par les libéraux ; on fait valoir qu'après deux ans ils n'ont pas encore été capables de faire fonctionner la carte Compass ou de régler la question des barrières pour empêcher que des gens passent sans payer, que cela ne sert à rien de mettre plus d'argent après toutes ces pertes, qu'il y a trop de bureaucratie ( cinq sous-organisations), que le PDG et les autres dirigeants sont payés trop cher, etc. Ces arguments masquent le fait que c'est précisément ainsi que le capitalisme fonctionne, que pratiquement chaque compagnie, institution ou entreprise ( y compris les partis politiques et le gouvernement) fonctionnent comme cela. Comme les gens qui présentent ces arguments sont prisonniers de leur ordre du jour très spécifique, ils sont incapables de voir que c'est le système économique et politique qui en est la cause. Ils ne sont donc pas capables de comprendre réellement quel est le problème.

D'autres arguments expriment un manque de confiance dans les gouvernements municipaux et provinciaux. Ou alors qu'il n'y a pas de garantie ou de plan concret. Certains pointent du doigt le gouvernement de Christy Clark qui a forcé les municipalités à assumer la responsabilité du transport public. Plusieurs personnes qui contribuent à la discussion parlent de la congestion et disent que le problème ne peut pas être réglé sans qu'on établisse une taxe sur la circulation. D'autres mentionnent l'expansion des banlieues et le besoin que cela crée en voitures (encore une fois c'est comme cela que les choses sont développées sous le capitalisme, c'est-à-dire anarchiquement).

La nécessité de la discussion

Qu'est-ce qu'il faut faire alors pour défendre l'intérêt de la classe ouvrière et du peuple dans cette situation ? Appeler à voter « non » ? Comme le mentionne l'article du LML, ce qu'il faut c'est discuter d'une façon qui aide le peuple à comprendre l'économie et comment elle fonctionne sous le capitalisme, et comment elle pourrait fonctionner sous la direction de la classe ouvrière. S'il devait y avoir une campagne organisée en faveur du « non » ( ça semble un peu tard pour cela), cela devrait se faire dans le cadre d'une discussion de ce genre qui fait progresser la compréhension et la participation du peuple. Vue de cette façon, une campagne pour le « non » aiderait à faire avancer les choses, comme l'a fait le travail pour le « non » lors de l'Accord de Charlottetown qui a montré au peuple qu'il a de la force politique en tant que collectif.

[signé]
Une lectrice de Vancouver

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La politisation des intérêts privés

John Baird poursuit son travail au service
des intérêts privés

Le 25 mars, l'ancien ministre des Affaires étrangères de Stephen Harper, John Baird, a été embauché par le monopole Barrick Gold. Baird siègera sur le Conseil consultatif international de Barrick. En principe, en vertu de la législation sur les conflits d'intérêts en vigueur au Canada, les ministres du cabinet ne devraient pas pouvoir négocier leur futur emploi alors qu'ils sont en cours de mandat. La démission de Baird ayant eu lieu le 16 mars, devons-nous croire que l'offre de Barrick a été faite au cours des neuf jours entre le 16 et le 25 mars ? Dans un article du 30 mars, le Hamilton Spectator déclare qu'alors que Baird était responsable des Affaires étrangères, un lobbyist de Barrick avait discuté avec lui à plusieurs reprises de relations internationales, d'industrie minière et de commerce, les plus récentes discussions remontant à mai 2013. La rémunération de Baird n'a pas été annoncée, mais l'ancien premier ministre Brian Mulroney, le président du conseil d'administration des Affaires internationales de Barrick, reçoit environ 1 million $ par année. Le 30 mars, le monopole Canadien Pacifique a embauché Baird qui doit siéger à son conseil d'administration élargi. Pour ce poste, il recevra un salaire annuel de 235 000 $. Aussi, le 2 avril, le Globe and Mail annonçait que Baird avait été engagé comme consultant par le milliardaire Richard Li, dont les sièges sociaux sont à Hong Kong et au Canada. L'empire de Li comprend, entre autres, le groupe d'investisseurs Pacific Century, Développement régional Pacific Century Limitée et une compagnie de télécommunications, PCCW Limitée. Li avait fait une offre de vastes participations à Bell Canada et Air Canada, mais sans succès.

Prétendre que Baird quitte le gouvernement et la vie politique pour entreprendre une « nouvelle carrière » est tout à fait faux. Les faits démontrent que les services que Baird rend aux monopoles privés font partie de la politisation par les gouvernements des intérêts privés et indiquent à quel point l'État est entre les mains de ces intérêts. De façon générale, l'État néolibéral qui démantèle l'autorité publique est géré par et pour les monopoles privés. Baird a servi ces intérêts au cours de sa carrière de 25 années en tant que député au gouvernement ontarien, député fédéral et lorsqu'il a occupé divers postes au Cabinet fédéral. Il a fait un travail remarquable pour les intérêts privés en tant que ministre des Affaires étrangères du Canada, faisant preuve du plus grand chauvinisme en mettant le Canada sur le pied de guerre contre ses compétiteurs. Pour Baird, ce n'est donc qu'une extension du même plan de carrière mais avec des récompenses encore plus lucratives en bout de ligne. Ainsi, il sera fort de toute l'expérience de l'État, laquelle lui permettra d'aider les intérêts privés à mieux surmonter et détruire le droit public et défendre le droit de monopole au Canada et partout dans le monde.

Ce que Baird envisage de faire et la signification de ces nominations est très claire compte tenu de l'expérience acquise par le peuple canadien dans sa lutte contre le gouvernement Harper et le diktat des monopoles qu'il a imposé et de l'expérience acquise par les peuples d'Asie, d' Afrique et d'Amérique latine dans leur lutte contre le droit des monopoles privés ayant pignon au Canada.

L'appui du gouvernement Harper au droit de monopole de l'industrie ferroviaire


Manifestation des travailleurs du Canadien pacifique contre la loi de retour au travail le 29 mai 2012

Quelles compétences Baird a-t-il pour siéger au conseil d'administration du Canadien Pacifique ? Baird a été le ministre des Transports du gouvernement Harper entre le 30 octobre 2008 et le 6 août 2010. Canadien Pacifique et les autres monopoles du rail ont bénéficié pleinement de l'appui du gouvernement anti-ouvrier de Harper. Le 31 mai 2012, le gouvernement adoptait un projet de loi forçant le retour au travail et mettant fin à une grève qui en était à son neuvième jour, grève impliquant 4 800 travailleurs du Canadien Pacifique, mécaniciens, conducteurs, agents de triage et autres. Le gouvernement Harper a imposé cette loi au nom de la sécurité nationale et d'une « reprise économique fragile » dans le but de criminaliser le droit des travailleurs du Canadien Pacifique de résister aux demandes de la compagnie visant à détruire leurs régimes de retraite et leurs primes de santé à la retraite ainsi que leur droit d'appuyer leurs propres revendications pour des conditions de travail et des horaires sécuritaires. De la même manière, le 15 février, le gouvernement Harper était sur le point d'adopter un projet de loi forçant le retour au travail des 3 000 mécaniciens et autres travailleurs du rail en grève lorsque le conflit a été soumis à l'arbitrage. Ainsi va l'ordre du jour néolibéral du gouvernement qui veille à ce que le droit de monopole l'emporte sur le droit public, et que la sécurité publique des communautés où transige le transport ferroviaire soit gérée en vertu des « coûts » encourus par les monopoles. Ceux-ci sont libres de mettre en oeuvre leurs propres réglementations manifestement défaillantes en matière de sécurité.

Le rôle du gouvernement Harper dans la promotion de Barrick Gold

Barrick Gold Corporation est une société minière aurifère dont le siège social est à Toronto. Elle est active en Argentine, en Australie, au Canada, au Chili, en République dominicaine, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, au Pérou, en Arabie saoudite, aux États-Unis et en Zambie. Le fondateur de Barrick est Peter Munk, dont la famille a fui la Hongrie pendant la Deuxième Guerre mondiale à bord du train de Rudolf Kastner.[1] Barrick a d'abord été une compagnie privée de pétrole et de gaz mais suite à une importante débâcle financière, la compagnie est devenue publique en 1983 en tant que société minière aurifère.[2] En 1995 le nom est devenu Barrick Gold Corporation et, depuis, la société a pris de l'expansion rachetant d'autres compagnies minières au Canada et à l'étranger. Munk a pris sa retraite en tant que PDG en avril 2014 suite à une tentative ratée de fusion avec la géant étasunien de l'aurifère, Newmont. Son fils Anthony, par contre, est toujours membre du conseil d'administration de Barrick. La compagnie éprouve depuis quelques années des difficultés financières et des niveaux de dettes élevés. Ses actions valent moins de la moitié de ce qu'elles valaient en 2012. Le 18 février, Barrick a annoncé une perte nette de 2,85 milliards $ pour son quatrième trimestre.

Le conseil consultatif international de Barrick est composé de 10 conseillers externes issus des milieux dirigeants dont le rôle est de porter conseil au CA et aux gestionnaires sur des questions d'ordre « géopolitique et stratégique ». Brian Mulroney est le président de ce conseil consultatif, mais celui-ci compte aussi d'anciens représentants politiques de la Défense des États-Unis et de l'Allemagne, un ancien premier ministre de l'Espagne, l'ancien président de la Chambre des représentants des États-Unis, Newt Gingrich, ainsi que Jeb Bush, l'ancien gouverneur de la Floride, frère de George W. Bush et candidat républicain potentiel à la présidence. Parmi les anciens membres de ce conseil nous trouvons aussi George H. W. Bush, ancien président des États-Unis et dirigeant de la CIA, ainsi que le financier international, Nathaniel Rothschild.

Baird et le gouvernement Harper ont des liens des plus étroits avec Barrick. En août 2012, Baird a ardemment pris la défense de l'ancien chef du cabinet Harper, Nigel Wright, lorsque celui-ci a dû rendre des comptes pour des allégations de lobbying alors qu'il était accusé d'avoir communiqué trois fois avec Barrick en mai 2012 pour discuter de « relations et de commerce internationaux », en particulier des activités de Barrick en Argentine. Wright et Peter Munk sont des amis de longue date. Wright est le parrain du petit-fils de Munk. Aussi, le 16 mai, Baird a été approché directement par des lobbyistes de Barrick. Le lien entre Wright et Barrick lui a valu une enquête menée par la commissaire à l'éthique en novembre 2012. En mai 2012, Baird participait à une cérémonie au Musée canadien de la Nature en hommage à la contribution de 1 million $ de Barrick au musée. En mai 2013, il est le principal orateur à la conférence de l'École Munk des Affaires internationales visant à promouvoir un changement de régime en Iran. En janvier 2014, Baird est l'un des politiciens canadiens ayant participé à des réunions avec les dirigeants du monde des affaires canadien, dont Peter Munk, à l'occasion du Forum économique mondial de Davos.

Il faut aussi noter que quatre ans et demi après la nomination de Baird au poste de ministre des Affaires étrangères le 8 mai 2011, on a annoncé que l'Agence canadienne de développement international (ACDI) devenait le « partenaire » de Barrick pour l'élaboration d'un projet au Pérou, pays où la présence du monopole minier était de plus en plus contestée. L'ACDI a accepté de financer le projet à 50 % et Barrick l'autre 50 %, et l'ONG privée évangélique Vision mondiale devenait le gestionnaire du projet.[3] Le gouvernement a annoncé la subvention comme étant un « projet de responsabilité sociétale » visant à « réduire la pauvreté », alors qu'en réalité il ne s'agissait que d'un moyen pour payer les riches en offrant de l'aide financière directement à un monopole privé, lui permettant de financer son projet minier à l'étranger. Le projet conjoint entre Barrick et l'ACDI fait partie de la stratégie néolibérale du gouvernement Harper qui comprend la privatisation du développement du pays hôte par le biais d'une compagnie étrangère et d'une ONG étrangère usurpant le rôle de l'État souverain. Le peuple péruvien ne s'est pas laissé leurrer par une telle « entente d'aide » et continue de contester les pratiques minières de Barrick.

Il ne serait donc pas exagéré de présumer que dans son nouveau poste de membre du conseil consultatif de Barrick Baird fera avec enthousiasme la promotion de ce monopole privé qui est accusé de porter atteinte aux droits humains et environnementaux partout dans le monde. À chaque année des manifestations sont tenues à l'intérieur et à l'extérieur des réunions des actionnaires de Barrick depuis 2007. Les nombreux abus de Barrick sont bien documentés sur le site de Mines Alerte Canada :

Un règlement a été annoncé le 6 février suite aux accusations portées par des villageois tanzaniens contre Barrick Gold d'Afrique et ses filiales à l'effet que celles-ci étaient responsables de complicité avec la police qui défendait la mine Mara Nord, causant la mort et infligeant des blessures aux membres de la communauté .

De nouvelles preuves ont été révélées le 27 novembre 2014 à l'effet que les ententes entre Barrick Gold et les victimes de la violence perpétrée par la police aux sites miniers de la Papouasie-Nouvelle-Guinée et de Tanzanie visaient avant tout à protéger la compagnie de toute action légale et à éviter de remédier à la situation où les femmes sont violées et les hommes blessés ou tués par les agences de sécurité minières.

Le 5 juin 2014, l'État canadien a été trouvé coupable par le Tribunal permanent des peuples (une initiative internationale mise en place en 1979) pour avoir violé les droits humains en Amérique latine ainsi que pour son rôle à inciter, parrainer et protéger les investissements miniers canadiens à l'étranger. Cinq compagnies minières canadiennes ont aussi été trouvées coupables, y compris Barrick Gold.

En mai 2013, le gouvernement chilien a imposé à Barrick une amende de 16 millions $ pour avoir versé des déchets contaminés de sa mine de Pascua-Lama dans l'alimentation locale en eau.

En février 2010, les avocats de Barrick Gold ont menacé de poursuivre en justice l'éditeur canadien Talonbooks pour diffamation s'il publiait le livre Canada impérial Inc. : refuge légal de choix pour les industries minières mondiales d'Alain Deneault.

En février 2009, le gouvernement de la Norvège retirait les actions de son régime de retraite de Barrick Gold en raison de ses activités controversées à la mine Porgera en Papouasie-Nouvelle-Guinée.

En 2009 et 2010, le projet Cortez Hills de Barrick Gold au Nevada a fait l'objet d'un litige alors que le peuple Te-Moak craignait que le projet n'affecte la beauté scénique du mont sacré Tenabo et qu'il n'affecte considérablement la pratique religieuse du peuple Shoshone de l'Ouest.

En avril et mai 2008, les dirigeants autochtones de quatre pays s'opposant au développement minier aurifère à grande échelle sur leurs terres, ont décrit les répercussions néfastes des activités de Barrick, expliquant en détail les tactiques de Barrick servant à « supprimer les voix dissidentes, diviser les communautés et manipuler la politique locale et nationale ».

En février 2007, plus de 3 000 personnes se sont rassemblées contre la présence de Barrick dans le district de Quiruvilca au Pérou, contestant le fait que la compagnie n'avait pas respecté son engagement d'embaucher des résidents locaux.

Le 4 octobre 2005, le gouvernement provincial de Marinduque aux Philippines a intenté un procès contre la société mère de Marcopper, Placer Dome, pour la somme de 100 millions $ en dommages en raison des importants dommages environnementaux causés par la mine Marcopper abandonnée. Barrick a fait l'acquisition de Placer Dome en 2006 et, dix ans plus tard, la poursuite judiciaire est toujours pendante.[4]

En passant du gouvernement à l'entreprise privée, Baird va se servir des liens internationaux qu'il a établis lorsqu'il était au gouvernement Harper pour tenter de « persuader » les gouvernements étrangers de se plier aux demandes de Barrick visant à mettre en place des mines lucratives dans leurs pays, tout en bafouant les droits humains et les préoccupations environnementales. Le fait que Baird devient partie prenante du monopole Barrick Gold est conforme à la « Nouvelle diplomatie économique » de Harper, laquelle vise à la participation directe des intérêts privés privilégiés à la gouvernance. Tout comme les membres du Service extérieur canadien doivent travailler directement pour promouvoir les intérêts privés mondiaux des monopoles les plus puissants au sein des États-Unis des monopoles de l'Amérique du Nord, d'anciens membres du Service extérieur comme Baird peuvent agir de même en fonction de leurs nouveaux postes au sein même des monopoles.

Le transfert de Baird vers l'industrie privée, (Barrick Gold, Canadien Pacifique et Richard Li), immédiatement après son départ du parlement révèle une fois de plus les liens intéressés qui existent entre les représentants des gouvernements néolibéraux et les intérêts des entreprises privées qu'ils servent. Il met encore une fois en lumière la notion néolibérale absurde à l'effet que les intérêts privés des entreprises, l'intérêt public et l'économie nationale ne font qu'un. Cette notion sera rejetée par la force du peuple en action pour une nouvelle direction pour la société et pour l'économie.

Notes

1. Voir « Pourquoi Raoul Wallenberg ? Qui était-il ? Qu'a-t-il fait ? », LML, 11 février 2015, numéro 6

2. La fondation charitable de Munk fait d'importants dons à l'université de Toronto et ces dons ont permis de mettre en place l'École Munk des affaires étrangères ainsi que les Débats Munk. Le plus récent contrat de sa fondation a été conclu dans le secret le plus total. Dans son livre publié en 2010, Le problème avec les milliardaires, Linda McQuaig affirme que le don le plus récent de Munk a été fait à condition que l'école « soit conforme aux opinions et à la sensibilité politique de Peter Munk ». David Naylor, ancien président de l'université de Toronto alors que l'École Munk a été mise sur pied, est maintenant un membre du conseil d'administration de Barrick.

4. Le fondateur de Vision Mondiale, Robert Pierce, s'est servi du cinéma comme principal outil de mise en marché. Ces films, portant des titres tels « La peste rouge » et « Le communisme, un poison », ont répandu la rhétorique anticommuniste de la Guerre froide. Ian Buchanan, l'auteur de Les armées de Dieu : une étude en christianisme militant (2010), suggère que Vision mondiale est en fait intégrée au Département d'État des États-Unis.

Le premier ministre Stephen Harper ainsi que plusieurs membres de son caucus, sont des chrétiens évangéliques ainsi que des anticommunistes virulents.

4. Le rapport de Mines Alerte sur Barrick

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XIXe Séminaire international «Les partis et une nouvelle société»

Des partis politiques réunis au Mexique délibèrent
sur les développements actuels


Du 12 au 14 mars s'est tenu le XIXe Séminaire international « Les partis et une nouvelle société » à l'invitation du Parti du travail mexicain (PT).

Plus de 300 participants représentant 132 partis politiques, venus de 40 pays, ont échangé des points de vue et délibéré sur les événements actuels. Ils étaient accompagnés de plusieurs délégués mexicains venus des différents États de la République.

Au cours des trois jours de séminaire les délégués étaient appelés à donner leurs vues sur trois thèmes spécifiques :

1. La contre-offensive de l'impérialisme contre les gouvernements et projets alternatifs de nation - coup d'État de nouveau type

2. La consolidation, la défense et la contre-attaque des gouvernements et projets alternatifs de nation en opposition aux agressions impérialistes

3. Thèmes de conjoncture telle que les défis d'un nouveau monde multipolaire et processus de paix dans le monde.

La délégation du Parti communiste du Canada (marxiste-léniniste) menée par la première secrétaire du Comité central a fait une présentation qui avait pour objectif de combattre l'illusion qu'une société juste peut être créée suivant le modèle néolibéral. Elle a également analysé et critiqué la position néolibérale sur l'égalité et la promotion du livre de Thomas Piketty Le capital au XXIe siècle. L'intervention s'est terminée avec une explication du besoin de développer une théorie économique centrée sur l'être humain comme alternative à la théorie économique centrée sur le capital.

Les trois jours de délibération ont été marqués par un grand esprit d'unité internationaliste contre les manoeuvres et agressions impérialistes dans le monde. Ainsi plusieurs participants ont tour à tour dénoncé les récentes menaces d'agressions des impérialistes étasuniens contre le Venezuela et ont manifesté, à travers une déclaration, leur appui unanime à la révolution bolivarienne, au président Maduro, à son gouvernement et au peuple vénézuélien.

Des exposés sur la situation en Ukraine, en Syrie et en Palestine en particulier ont été présentés et des résolutions ont été adoptées en appuis à ces peuples, contre les agressions impérialistes et pour la non-ingérence dans les affaires internes des peuples de la région.

Ouverture du XIXe Séminaire par Alberto Anaya, député et
chef du Parti des travailleurs du Mexique

Un représentant des familles des 43 étudiants-enseignants disparus d'Ayotinapa a également pris la parole pour dénoncer le terrorisme d'État, les disparitions forcées et les assassinats que subissent les activistes et le peuple mexicain dans leurs luttes pour la défense de leurs droits et a exigé que leurs enfants leur soient retournés vivants.

Plusieurs autres résolutions ont également été adoptées, comme celles en appui au peuple cubain avec le retour des cinq héros et l'ouverture des pourparlers sur le rétablissement des relations diplomatiques avec les États-Unis, contre l'escalade militariste de l'impérialisme et de l'OTAN, en appui au droit à l'autodétermination de Porto Rico et pour la libération du prisonnier politique portoricain Oscar Lopez Rivera, détenu depuis plus de 33 ans dans les prisions étasuniennes, et une en appui au Parti du travail de Corée et au peuple coréen dans leurs efforts pour construire un État prospère et puissant, pour l'établissement de la paix et la sécurité et pour la réunification du pays.

Le séminaire s'est conclu avec la convocation des participants au XX Séminaire qui se tiendra en mars 2016 à Mexico.

Résolutions

Résolution en solidarité avec la Syrie et les peuples qui résistent à
la barbarie impérialiste dans la région
- Présentée par Leila Ganem, présidente du Forum social de Beyrouth -

La stratégie des États-Unis et de l'OTAN contre la Syrie, de même que celle d'Israël et des États réactionnaires du Golfe ont atteint un degré sans précédent avec un appui financier de deux milliards de dollars en 2015 et le recrutement de 5000 nouveaux mercenaires à envoyer en Syrie.

Les déclarations de l'Alliance internationale contre l'État islamique (EI) sont une collection de mensonges. Les États-Unis veulent tenir DAESCH (EI) loin de ses frontières et de celles des pays pétroliers du Golfe tout en poursuivant son objectif de faire imploser la Syrie, l'Iraq, le Liban, la Libye et le Yémen.

La conversion de l'EI en second pays exportateur de pétrole dans la région (derrière l'Arabie Saoudite) sert bien leurs intérêts alors que la baisse des prix du pétrole affecte principalement le Venezuela, l'Iran et la Russie.

Mais leurs objectifs criminels ne passeront pas parce que les peuples du Proche-Orient résistent à l'offensive barbare impérialiste. Ils sont à gagner des batailles sur tous les fronts contre une grande concentration de forces impérialistes et sionistes.

Cette résistance est celle de l'humanité tout entière et aussi la vôtre ici en Amérique latine.

Ces peuples ont besoin de votre solidarité et de celle de vos peuples.

Nous déclarons donc dans ce Séminaire international tout notre appui à la résistance des peuples du Proche-Orient contre les barbares.

Déclaration contre l'ingérence impérialiste et pour la défense
de la souveraineté vénézuélienne

Les 132 partis politiques de 40 pays réunis au Séminaire international « Les partis et une nouvelle société » qui se tient dans la ville de Mexico du 12 au 14 mars 2015 désirent faire connaître à l'opinion internationale ce qui suit :

Nous rejetons de la manière la plus énergique le « Décret exécutif » émis par le président Barack Obama, le 9 mars, dans lequel il qualifie la République bolivarienne du Venezuela de menace inhabituelle et extraordinaire à la sécurité nationale et à la politique extérieure des États-Unis.

Nous déclarons que s'il y a une menace à la sécurité nationale et la souveraineté de l'Amérique latine et des Caraïbes et de tous les peuples du monde, c'est l'agression impérialiste que mènent les États-Unis dans sa tentative désespérée de maintenir son hégémonie en déclin et le contrôle des ressources stratégiques de la planète.

Nous considérons ce décret étasunien comme une déclaration de guerre qui viole la souveraineté non seulement de la République bolivarienne du Venezuela mais de toute l'Amérique latine et des Caraïbes, une région de paix qui maintient des positions anti-impérialistes et anticoloniales fermes.

Nous exigeons du gouvernement des États-Unis qu'il respecte l'autodétermination des peuples et la non-ingérence dans les affaires internes des autres pays en conformité avec le droit international et notre esprit de liberté et indépendance.

Nous nous solidarisons avec militantisme avec le peuple vénézuélien et donnons notre plus ferme et inconditionnel appui au gouvernement bolivarien et chaviste que dirige le camarade président Nicolas Maduro.

Résolution sur Porto Rico
- Présentée par le Mouvement national indépendantiste hostusiano (MINH) et le Front socialiste de Porto Rico -

Le XIXe Séminaire international « Les Partis et une nouvelle société » réuni à Mexico du 12 au 14 mars 2015

1. réaffirme son appui au peuple portoricain dans sa lutte pour l'autodétermination et l'indépendance nationale ;

2. reconnait que l'indépendance de Porto Rico, nation caribéenne et latino-américaine, est indispensable à la réalisation du grand objectif de la pleine indépendance de notre Amérique ;

3. réclame du gouvernement des États-Unis la libération immédiate du prisonnier politique portoricain Oscar Lopez Rivera, qui se trouve privé de sa liberté depuis plus de 33 ans pour sa participation à la lutte pour l'indépendance de Porto Rico.

4. Oscar Lopez Rivera est le prisonnier politique le plus ancien dans notre Amérique. La demande de sa libération immédiate est soutenue par tout le peuple de Porto Rico et par de grands secteurs de la communauté internationale.

Résolution sur Cuba

Les participants au XIXe Séminaire international « Les Partis et une nouvelle société » qui se tient à Mexico du 12 au 14 mars 2015, appuient le processus d'application des « orientations pour la politique économique et sociale du Parti et de la révolution » que mène le Parti communiste de Cuba, en unité avec son peuple, ayant pour objectif d'actualiser le modèle économique cubain et garantir la continuité et l'irréversibilité du socialisme « prospère et durable », le développement économique du pays et l'élévation du niveau de vie de la population.

La direction du Parti en lien permanent avec le peuple, analyse systématiquement les mesures à adopter pour préserver les acquis sociaux et réaliser les changements qui produiront les transformations économiques et sociales nécessaires.

Nous exprimons notre profonde satisfaction pour le retour dans leur patrie des cinq héros antiterroristes cubains, qui sont restés injustement incarcérés au États-Unis pendant plus de seize années.

Nous saluons le commencement d'un processus visant le rétablissement des relations diplomatiques entre les États-Unis et Cuba, résultat de la ferme résistance du peuple cubain et de la solidarité internationale qui a isolé le gouvernement étasunien dans sa propre politique d'isolement à l'encontre de ce pays frère.

Nous condamnons le blocus économique, financier et commercial du gouvernement des États-Unis contre Cuba. Nous réitérons l'urgence qu'il soit levé. Sans justifications, ce blocus génocidaire a été imposé il y a cinquante-cinq années contre le peuple cubain, à travers lequel l'impérialisme a tenté en vain de fissurer la décision irrévocable du peuple de Cuba à défendre son droit de construire son avenir de manière souveraine.

Nous réclamons également que Cuba soit exclu de la liste des pays promoteurs de terrorisme du Département d'État nord-américain.

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Dans l'actualité

L'Iran promet de répondre fermement à toute menace

Le 2 avril 2015, le ministre iranien de la Défense, le général de brigade, Hossein Dehqam, a vivement critiqué son homologue américain pour avoir menacé l'Iran d' actions militairesalors qu'avaient lieu des négociations diplomatiques pour parvenir à un accord sur le programme nucléaire de l'Iran. La République islamique répondra « fermement » sur le champ de bataille à toute menace, a-t-il dit.

Le ministre Dehqam a déclaré que les récents commentaires du secrétaire américain à la Défense, Ashton Carter, visent à saper les négociations en cours entre l'Iran et la Russie, la Chine, la France, la Grande-Bretagne, les États-Unis et l'Allemagne (connus sous le nom de P5 + 1) sur le programme nucléaire de l'Iran. Le 31 mars, Carter a déclaré que l'utilisation de la force militaire contre l'Iran est une option si les négociations entre l'Iran et le P5 + 1 ne parviennent pas à un accord sur le dossier nucléaire de l'Iran.

« Bien sûr, cela n'aura aucun effet sur les positions documentées, logiques et justes de l'Iran sur la question nucléaire, a déclaré le ministre des Affaires étrangères Dehqam, qui a ajouté que de telles déclarations visent à dramatiser la question afin d'influencer « le climat rationnel » des négociations sur le nucléaire en cours.

« De telles remarques vides, toujours répétées par certains responsables américains, sont un signe de leur insatisfaction et n'ont aucune valeur », a ajouté Dehqam.

Le secrétaire américain à la Défense a clairement oublié les défaites passées et récentes des États-Unis au Moyen-Orient et dans le monde, a déclaré Dehqam.

(Press TV)

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L'armée américaine va mettre sur pied une force spéciale pour l'Amérique latine

L'armée américaine va déployer une nouvelle force spéciale pour l'Amérique latine, selon un article publié le 1er avril sur le site Web Defensa.com.

La force de 250 soldats sera déployée à partir de la base militaire américaine de Soto Cano à Palmerola, au Honduras. Le déploiement comprend quatre hélicoptères armées et le navire amphibie JHSV Spearhead.

La force spéciale fonctionnera de manière similaire à la force spéciale d'intervention terrestre, aérienne et marine des États-Unis en cas de crise en Afrique, une unité de combat conçue pour intervenir lors de situations critiques.

La nouvelle unité deviendrait opérationnelle entre juin et novembre.

Plus tôt cette année, il a été annoncé que plus de 3 000 marines américains seraient déployés au Pérou en septembre, afin de participer à des opérations conjointes.

L'annonce de la nouvelle force spéciale américaine survient après que Ernesto Samper, le secrétaire général de l'Union des nations sud-américaines (UNASUR), a demandé que le prochain Sommet des Amériques délibère sur l'interdiction de bases militaires étasuniennes en Amérique latine.

« Un bon point à l'ordre du jour des relations [en Amérique latine] serait l'élimination des bases militaires étasuniennes », a déclaré l'ancien président colombien à l'agence de nouvelles EFE. Il a ajouté que les bases sont « un vestige de l'époque de la guerre froide et d'autres affrontements ».

Samper a également critiqué les États-Unis pour leur pratique de prendre des mesures unilatérales afin de poursuivre leurs objectifs en Amérique latine. Le dernier exemple est la déclaration des États-Unis qualifiant le Venezuela de menace pour sa sécurité nationale, a-t-il dit.

« Dans notre monde de mondialisation, vous ne pouvez pas demander des règles mondiales pour l'économie et maintenir des règles unilatérales pour la politique. Aucun pays n'a le droit de juger la conduite d'un autre et encore moins d'imposer de son propre chef des sanctions et des pénalités », a-t-il souligné.

(TeleSur, RT)

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Les relations entre Cuba et les États-Unis

Rencontre sur les droits humains


Pedro Luis Pedroso Cuesta, chef de la délégation cubaine, a tenu une conférence de
presse au terme des conversations qui se sont tenues au Département d'État
à Washington le 31 mars 2015.

Le 31 mars 2015 a eu lieu une première réunion entre les délégations de Cuba et des États-Unis sur un ensemble de questions liées aux droits humains. Pedro Luis Pedroso, sous-directeur général des Affaires multilatérales et du Droit international au ministère des Relations extérieures, a expliqué lors d'une conférence de presse à la Havane que Cuba a proposé la réunion en juillet 2014. L'offre a été répétée etacceptée par les États-Unis en janvier alors que se déroulaient les pourparlers sur le rétablissement des relations diplomatiques.

Pedro Luis Pedroso a expliqué que Cuba veut que ce dialogue sur les droits humains se déroule sur des bases réciproques, sans conditions préalables et dans le respect de la souveraineté et de l'indépendance des deux parties.

Il a ajouté que Cuba ne se considère pas parfaite et reconnaît qu'il reste encore d'importants objectifs à atteindre. Cependant, il a rappelé la reconnaissance que le pays a reçue au dernier Examen périodique universel du Conseil des droits de l'homme des Nations unies, où la communauté internationale a salué et félicité Cuba pour ses réalisations dans des domaines comme l'éducation, la santé et l'accès aux droits culturels, et la contribution que l'île a faite dans ces mêmes domaines dans d'autres pays.

Pedroso a ajouté que le dialogue sera également l'occasion pour Cuba de faire part de ses préoccupations au sujet de la situation des droits humains aux États-Unis et ailleurs dans le monde où les États-Unis ont une influence directe.

« Ces pourparlers sont une indication de la volonté de Cuba d'aborder tous les sujets avec les États-Unis malgré nos différences, sur une base d'égalité et de réciprocité, » a-t-il dit.

« Nous sommes pleinement conscients de nos profondes différences avec le gouvernement des États-Unis en matière de systèmes politiques, de démocratie et de droit international; en même temps, nous maintenons notre volonté sans faille que les deux pays engagent un dialogue civilisé dans la reconnaissance et le respect de ces différences », a-t-il ajouté.

Répondant à des questions sur les frictions possibles sur des sujets spécifiques tels que les droits politiques, Pedroso a déclaré que Cuba maintient qu'il existe différents modèles politiques et démocratiques et n'accepte pas qu'un seul modèle soit pris comme référence.

Il a également souligné que le droit international reconnaît le droit de chaque pays de mettre en place le système politique qu'il juge le plus approprié conformément à ses conditions, ses spécificités, son histoire et son histoire économique et sociale.

Communiqué de presse suite à la première réunion entre Cuba
et les États-Unis sur les droits de l'homme

Le 31 mars 2015 a eu lieu une première réunion entre les délégations des États-Unis et Cuba sur un ensemble de questions liées aux droits de l'homme, en conformité avec la proposition formulée par Cuba au mois de juillet 2014, et acceptée par les États-Unis en janvier de l'année en cours.

Tomasz Malinowski, secrétaire d'État adjoint en charge de la Démocratie, des Droits de l'homme et du Travail, et Pedro Luis Pedroso Cuesta, sous-directeur général pour les Affaires multilatérales et le Droit international du ministère cubain des Relations extérieures, ont présidé leurs délégations respectives, qui ont échangé dans un climat respectueux et professionnel.

Les représentants cubains ont exprimé leur intérêt à ce que ce dialogue contribue à un traitement efficace et non discriminatoire du thème des droits de l'Homme, dans le plein respect de l'égalité souveraine, l'indépendance et la non ingérence dans les affaires intérieures des parties.

Par ailleurs, la délégation cubaine a insisté sur la nécessité d'établir un équilibre adéquat entre les questions liées à la sphère des droits civils et politiques et les droits économiques, sociaux et culturels.

La délégation cubaine a fait part de ses profondes préoccupations par rapport à la garantie et la protection des droits humains aux États-Unis. Elle a manifesté en particulier son inquiétude en ce qui concerne l'aggravation de la brutalité et des abus policiers suivant un modèle discriminatoire, ainsi que les restrictions à l'exercice des droits du travail et des libertés syndicales internationalement reconnues.

De même, Cuba a souligné les violations des droits de l'homme commises au nom de la dénommée lutte contre le terrorisme, y compris le recours à la torture, aux exécutions extrajudiciaires menées avec des drones, à l'espionnage et à la surveillance extraterritoriale.

Consciente des profondes divergences de vues avec le gouvernement des États-Unis en matière de systèmes politiques, de démocratie, de droits de l'homme et de droit international, Cuba a réitéré sa position invariable selon laquelle les deux pays peuvent entretenir des relations de façon civilisée dans la reconnaissance et le respect de ces différences, ainsi que sa volonté d'engager avec les États-Unis un dialogue sur n'importe quel sujet, dans un cadre d'égalité, de respect et de réciprocité.

Ministère des Relations extérieures de Cuba

Le 31 mars 2015

(Tiré de Cubaminrex)

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Le bureau consulaire de Cuba à Washington
toujours privé de services bancaires

Depuis plus d'une année, le manque d'accès à des services bancaires a entravé les opérations normales et la prestation de services consulaires complets.

Carlos Núñez a dû voyager quelque 1500 km de Miami à Washington, DC, afin de faire traiter certains documents urgents au seul bureau consulaire cubain aux États-Unis.

Son histoire est semblable à celle de milliers d'autres personnes qui ont été touchées par l'impossibilité d'accéder aux services bancaires de la mission diplomatique cubaine, ce qui lui permettrait de fournir des services consulaires complets.


Le bureau consulaire de la Section des Intérêts de Cuba à Washington

« Je suis venu pour obtenir des documents parce que je vais me marier à Cuba et je suis en train de régler les papiers légaux. J'espère que le problème des services bancaires sera résolu bientôt parce que c'est compliqué de voyager de si loin et également d'avoir à payer en argent comptant pour tous les documents », nous dit Carlos Núñez, qui vit aux États-Unis depuis 35 ans.

Pour retracer l'historique de ce problème, nous nous sommes rendus au bureau consulaire de Cuba sur la 16 St. à Washington, où nous avons rencontré plusieurs Cubains qui, malgré le froid, avaient fait le voyage pour obtenir leurs documents.

María Cantero vit dans la capitale américaine depuis huit ans et nous a dit que parfois, en raison des contraintes du système bancaire, elle a dû envoyer ses documents par le biais d'une agence de voyage de Miami à cause de l'absence de tout service consulaire dans sa région, ce qui entraîne des coûts supplémentaires.

« C'est un manque de respect que les banques n'offrent pas ce service aux Cubains », dit-elle.

Malgré des demandes répétées, la mission diplomatique cubaine dans le nord du pays n'a pas trouvé de remplaçant à la M & T Bank qui a cessé d'assurer ses services à la mission en novembre 2013.

Selon des déclarations des autorités américaines, elles ont cherché pendant des mois à remplacer M & T Bank, mais il est très difficile de trouver une autre banque qui va travailler avec Cuba à cause des sanctions imposées par Washington à ce pays.

Les restrictions impliquent plus de travail pour les institutions bancaires qui sont soumises à un contrôle constant des autorités et font face à des amendes élevées en cas d'irrégularités.

« Nous avons entrepris immédiatement de trouver une nouvelle banque avec qui travailler, mais jusqu'à présent cela n'a pas été possible, toutes répondent qu'elles ne peuvent pas faire affaire avec Cuba, car elle se trouve sur la liste de pays qui, soit disant, soutiennent le terrorisme dans le monde et il existe une réglementation contre Cuba en raison de la liste », a expliqué Juan Lamigueiro, second chef de la Section d'intérêts de Cuba à Washington.

Depuis plus d'un an, les services consulaires ont continué de fonctionner, mais seules les démarches motivées pour des raisons humanitaires continuent de recevoir un traitement rapide et les paiements sont effectués en argent comptant, ce qui a nui à l'ensemble de la communauté cubaine aux États-Unis et empêche le personnel de la mission d'assurer un fonctionnement normal.

« Ce qui auparavant était fait par une transaction bancaire, un geste électronique, doit être fait aujourd'hui en personne au consulat et payé en argent comptant. Cela a eu un fort impact non seulement sur nos conditions de travail, mais aussi sur nos conditions de vie, car cela nous oblige à faire tous nos paiements en argent comptant », a ajouté le diplomate.

Le vendredi 27 mars, la Section des intérêts cubains a décidé une fois de plus de prolonger la prestation de ses services, qui se poursuivra par l'intermédiaire des agences de voyages qui ont des liens avec le bureau consulaire ou directement à son siège à Washington, tout en réitérant que les demandes pour des raisons humanitaires continueront de recevoir un traitement rapide.

Des conditions dangereuses pour les agences

Nous avons parlé de ce problème avec Costamar Travel, une agence de voyage du New Jersey, l'un des États des États-Unis qui a le plus grand nombre de résidents cubains.

Caridad Noemi García Monteagudo, une Cubaine qui se distingue par son style des Caraïbes au milieu d'un Washington glacial, est une représentante de l'agence et elle nous a expliqué certaines des difficultés auxquelles elle doit faire face dans son travail.

« C'est très difficile et compliqué, mais surtout risqué d'avoir un tel volume d'argent liquide, que nous devons transporter avec nous lors de nos déplacements mensuels au consulat à Washington pour un rendez-vous », dit-elle.

Yoandra Pérez, présidente de Caribe Service & Travel Corporation, basée en Floride, nous a dit la même chose : « Aujourd'hui, nous avons voyagé avec environ 60 000 dollars en espèces, et j'imagine que les compagnies de vols charters (les compagnies aériennes qui font la liaison avec Cuba) en ont bien plus encore, ce qui est très dangereux, risqué et une contrainte énorme. »

« Auparavant, tous les paiements étaient faits avec des chèques d'entreprise que nous envoyions par la poste, cela était rapide et facile. Il faut que cela change et il faut que Cuba ait accès à une banque aux États-Unis pour faciliter la prestation des services consulaires », a-t-elle ajouté.

Lorsque on lui demande si cette situation nouvelle a entraîné des hausses, García Monteagudo, qui travaille dans une agence de voyage depuis 27 ans, nous a confirmé que les entreprises qui se trouvent dans des États plus éloignés de la capitale ont dû augmenter les prix pour le traitement des passeports, des documents et la régularisation, bien qu'elles aient essayé de s'assurer que cela n'affecte pas leurs clients. « Mais c'est presque impossible, c'est un grand risque », dit-elle.

Pour l'avocat cubain, Manolo Gómez, qui est résident américain depuis 1961, il est inconcevable que les agents de voyage doivent aller à Washington avec une valise littéralement remplie d'argent liquide pour le traitement d'affaires consulaires, un problème qui gêne l'ensemble des activités.

« À Miami, on se plaint de ce problème, il doit être résolu ; cela n'a aucun sens », dit Gómez, qui ajoute que le personnel du consulat doit être en train de devenir fou d'avoir à gérer autant d'argent liquide.

« Le bureau consulaire a même dû réduire la quantité de passeports qui peuvent être émis et un certain nombre de services qu'assure habituellement un bureau de ce genre, et ou bien ça ne peut pas être fait ou alors cela prend plus de temps », dit-il.

Son collègue avocat cubain et résident aux États-Unis, Luis Rumbaut, abonde dans le même sens : « Dans le contexte plus large, il s'agit de tout le pays, qui est très vaste. Si vous êtes en Floride, à Chicago, en Californie, en Oregon, ce n'est pas rien d'avoir à vous déplacer à Washington ».

Il y a quelques décennies, Cuba avait des consulats dans plusieurs régions du pays, aujourd'hui il n'y en a qu'un seul qui fonctionne dans les conditions que nous avons décrites. De plus, le consulat est petit « parce que nous n'avons pas réussi à trouver un espace plus grand, dit Rumbaut. Lorsque les gens arrivent pour faire remplir leurs documents, l'édifice se remplit et des queues énormes se forment. »

L'avocat Manolo Gómez, qui fait remarquer que les procédures sont beaucoup plus lentes, n'en fait pas moins l'éloge des diplomates de l'île : « Malgré tout le fardeau de travail, ils font un excellent travail pour assurer tous les services que demande la communauté. »

Cuba s'assure que toutes les missions diplomatiques sur l'île, y compris la Section des intérêts des États-Unis, ont accès aux services bancaires. Toutefois, la mission cubaine à Washington a été incapable d'avoir accès à des services bancaires, quelle que soit l'institution, bien que les autorités américaines disent chercher une solution.

Josefina Vidal, directrice générale de la division des affaires américaines du ministère des Affaires étrangères cubain, a réitéré lors des négociations récentes avec les représentants des États-Unis la nécessité de résoudre ce problème le plus rapidement possible et de respecter toutes les conditions prévues par les traités internationaux.

L'absence de ces services, qui dure depuis plus d'une année, pour la Section d'intérêts de Cuba à Washington est l'un des principaux obstacles au rétablissement de relations diplomatiques et à la réouverture des ambassades à Washington et à La Havane.

(31 mars 2015. Traduction : LML)

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Les États-Unis affirment avoir supprimé de la liste
des sanctions des entités liées à Cuba

Les médias monopolisés internationaux ont fait grand bruit de la plus récente révision routinière effectuée par le Trésor américain de ce qu'on appelle la Liste des ressortissants spécifiquement désignés. Il s'agit d'un examen régulier qui vise à retirer de la liste les entreprises et les institutions qui n'existent plus et les individus qui sont décédés.

Granma explique que la liste des ressortissants spécifiquement désignés est une « liste noire » qui comprend des individus, des entreprises et des institutions qui opèrent au nom de pays qui font l'objet de sanctions économiques de la part des États-Unis, comme Cuba, et avec lesquels aucun individu ou aucune entreprise des États-Unis ne peut réaliser de transactions économiques, commerciales ou financières. Les biens de ceux qui sont sur la liste sont confisqués et leurs comptes bancaires gelés.

Paula Martínez Alonso écrit le 25 mars 2015 dans Granma :

« Selon les informations publiées, suite à cette révision, le Département du Trésor a décidé de retirer de cette liste 45 entités cubaines ou liées à Cuba parmi lesquelles se trouvent 28 entreprises, 11 bateaux et 6 personnes, majoritairement liés à l'industrie du tourisme. Les médias qui ont rapporté cette information n'ont pas pris la peine de vérifier si ces entités existent ou non et si les personnes mentionnées sont vivantes ou non.

« Ceux qui pourraient penser qu'on est en présence d'une décision d'une vaste portée en relation avec la politique des États-Unis envers Cuba devraient lire attentivement ce qu'en dit une fonctionnaire non identifiée du Département du Trésor à l'agence de presse étasunienne AP. Elle a dit que la révision est le fruit d'un examen de nature interne qui n'a rien à voir avec les changements annoncés récemment par le président Obama.

« Ce que n'ont pas dit cette fonctionnaire et les médias, c'est que le blocus contre Cuba reste entier et qu'il continue à affecter plus de 11 millions de Cubains et des milliers d'entreprises et d'institutions de notre pays, et continue à châtier, par son application extra-territoriale, des entités de pays tiers.

« L'amende de 1,7 milliard $ imposée 12 mars dernier à la banque allemande Commerzbank, la deuxième en importance à avoir été imposée par les États-Unis, pour avoir violé les sanctions contre Cuba, l'Iran, le Soudan et Myanmar montre bien que cette politique est toujours en vigueur. »

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25e anniversaire de l'indépendance de la Namibie

Allocution de Jorge Risquet Valdés


Affiche de Californie d'appui à la SWAPO et à l'indépendance de la Namibie.
Le mot d'ordre « Une Namibie, Une Nation » était le cri de ralliement de tous
les Namibiens à s'unir pour vaincre l'apartheid.

LML publie l'allocution de Jorge Risquet Valdés faite le 31 mars 2015 à la Casa de la Amistad de Cuba, pour souligner le 25e anniversaire de l'indépendance de la Namibie. Jorge Risquet Valdés a été chef de la diplomatie cubaine en Afrique des années 1970 aux années 1990 et négociateur en chef de Cuba aux pourparlers qui ont mis fin à l'apartheid en Afrique du Sud.

* * *

Chers compatriotes :

Le 21 mars il y a un quart de siècle a été un des jours les plus heureux de ma vie.

Ce fut une telle émotion de voir le président sud-africain De Klerk abaisser le drapeau de l'odieux régime d'apartheid et Sam Nujoma hisser celui de la Namibie indépendante, dirigée par la SWAPO, l'organisation combattante qui dirigea la lutte héroïque du peuple pour la liberté !

Nous avons partagé cette émotion avec le commandant de la révolution cubaine, Juan Almeida Bosque, président de notre délégation, et le général Leopoldo Cintra Frías, le chef des troupes cubaines qui aux côtés des Angolais et de la SWAPO ont vaincu les forces du régime raciste de Pretoria à Cuito Cuanavale, T'Chipa et Calueque.


Jorge Risquet Valdés lors de sa visite à Toronto en septembre 2013

L'identification et la confiance mutuelle entre Cuba et la SWAPO étaient telles que notre ambassadeur dans cette République naissante, Angel Dalmau, a présenté ses lettres de créances plusieurs heures avant la cérémonie du drapeau marquant la naissance de la République de Namibie.

Bien sûr, notre ambassadeur actuel en Namibie, Giraldo Mazola, faisait également partie de cette délégation.

Comme si cela n'était pas assez d'émotions en ce jour de victoire, nous avons pu embrasser Nelson Mandela, à peine un mois après sa libération de son emprisonnement long et cruel, qui était présent à cet événement joyeux et inoubliable.

Le vendredi 27 mars, notre télévision a présenté le film d'Estela Bravo Namibia — la última colonia (Namibie, la dernière colonie) qui comprend les paroles admirables de Mandela sur le rôle déterminant des troupes cubaines dans la victoire sur les envahisseurs racistes et les conséquences politiques qui ont conduit à la fin de l'apartheid en Afrique du Sud.

« Cuito Cuanavale fut le point tournant dans la lutte pour libérer le continent et notre pays du fléau de l'apartheid !

« [...] Mes collègues et moi-même avons été emprisonnés pendant près de 30 ans et cette période nous a semblé remarquablement courte, car nous savions que nous avions des amis forts presque partout dans le monde. Et un de ces amis qui a été très dévoué et dont la voix a été très claire a été le camarade Fidel Castro.

« Nous n'avons jamais douté qu'en lui et à Cuba, nous avions des amis sur lesquels nous pouvions compter. Du point de vue de sa superficie et de sa population, Cuba est un petit pays. Mais elle exerce une influence sur les affaires mondiales qui est semblable à celle d'une superpuissance. Et Cuba a montré que ce n'est tout simplement pas une question de taille, que l'important est la politique suivie et le calibre des dirigeants.

« Nous avons bénéficié énormément des enseignements de la révolution cubaine et de ce que Cuba fait, surtout en Afrique, et nous, dans cette partie du continent, avons été extrêmement impressionnés par le rôle que Cuba a joué dans la libération de l'Angola. [...] Le monde entier, particulièrement en Afrique du Sud, n'oubliera jamais les leçons de Cuito Cuanavale parce que ce fut le tournant de la situation militaire dans la région.

« Nous pensons également que l'indépendance de la Namibie aurait été très difficile à atteindre si Cuba n'avait pas agi si courageusement et de manière décisive en Angola. [...] Par conséquent, nous sommes redevables à Cuba. Nous tenons à remercier le camarade Fidel Castro et le peuple de Cuba pour le soutien qu'ils nous ont donné. »

Camarades :

En pensant à la Namibie, nous nous souvenons d'un jour très sombre. Le 4 mai 1978, après avoir assassiné plus de 650 enfants, femmes et vieillards, les parachutistes sud-africains ont fui pour éviter le combat avec les troupes cubaines de Chamutete en marche vers le camp de réfugiés namibiens de Cassinga au prix de 16 compatriotes tués et 76 blessés par les tirs de l'aviation sud-africaine et par des mines terrestres placées par ce lâche ennemi.

L'arrivée des combattants courageux de notre régiment basé à Chamutete a interrompu le massacre raciste génocidaire et sauvé la vie de plus de 350 réfugiés grièvement blessés et de centaines de Namibiens sans défense qui avaient fui vers la forêt voisine.

Des milliers d'enfants namibiens, dont une centaine de survivants de Cassinga, ont été amenés à Cuba et ont rempli les écoles construites pour eux à la Isla de la Juventud, aux côtés de jeunes d'Angola, du Mozambique, d'Éthiopie, d'Afrique du Sud, du Zimbabwe, du Sud-Yémen, du Front Polisario, du Nicaragua et d'autres pays. Des écoles, pour citer Nyerere, construites sur l'Isla de la Juventud, la plus belle place au soleil.

Au moment de la mise en oeuvre de la résolution 435 pour l'indépendance de la Namibie, qui prévoyait des élections pour choisir les dirigeants du nouvel État, tous les Namibiens en âge de voter qui étaient à Cuba et avaient quitté leur pays ont formé une avant-garde, jeune, politiquement consciente et ayant un haut niveau culturel, qui a joué un rôle décisif dans la victoire électorale de la SWAPO.

N'oublions pas que le gouvernement raciste d'Afrique du Sud s'est opposé à l'application de la résolution 435.

Les soldats internationalistes cubains qui ont combattu aux côtés du peuple angolais en 1980. Cuba a envoyé de nombreux volontaires combattre avec les peuples d'Afrique australe contre le colonialisme et le régime de l'apartheid.

Mais il a été forcé de l'accepter à la suite des pourparlers quadripartites : Angola et Cuba, Afrique du Sud et les États-Unis, qui agissaient comme « médiateurs » et amis de racistes.

Pour la première rencontre de ces pourparlers quadripartites, qui s'est tenue à Londres au début de mai 1988, le commandant en chef Fidel Castro, en présence de Raul, nous a donné l'intruction : « Lorsque vous parlerez, demandez aux Sud-Africains s'ils acceptent l'application immédiate de la résolution 435. S'ils disent non, levez-vous, mettez fin à la rencontre et sortez de la salle. »

Les Sud-Africains ont été obligés d'accepter l'application de la résolution 435, car c'était une condition sine qua non pour le début du retrait des troupes cubaines d'Angola.

[Ce mois-ci] une délégation cubaine, dirigée par Miguel Díaz-Canel, premier vice-président des conseils d'État et des ministres, a assisté à Windhoek aux célébrations du 25e anniversaire de l'indépendance de la Namibie et de l'entrée en fonction du nouveau président de la République, Hage Geingob.

Il convient de noter que, dans son discours inaugural, le troisième président namibien (après Nujoma et Pohamba) Hage Geingob a parlé de Cuba comme du peuple frère qui a versé le sang de ses fils pour l''indépendance du pays.

Ainsi en est-il. La fraternité entre Cuba et la Namibie est indestructible.

Patria o Muerte
Venceremos

(Photos : Canadian Network on Cuba, Cien Imagenes de la Revolución Cubana. Traduction : LML)

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Au calendrier d'événements

Marche action climat à la Conférence
des premiers ministres à Québec

Samedi 11 avril - 13 h
La marche débute à l'Hôtel Le Concorde, 1225, cours du Général de Montcalm
Information : www.actionclimat.ca

Des représentants des Premières Nations, d'organisations syndicales et environnementales, de mouvements sociaux, étudiants et communautaires ont annoncé un grand rassemblement, la Marche action climat, à Québec, pour combattre le changement climatique et l'expansion de l'exploitation des sables bitumineux. L'action coïncide avec une Conférence des premiers ministres sur le changement climatique à Québec.

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