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Numéro 17 - 8 avril
2015
Québec
La résistance à
l'austérité et à la destruction nationale prend de
l'ampleur
Montréal, 2 avril
2015
• Condamnons
l'assaut policier brutal
contre
les manifestants! Le Service de
la police de Montréal et le
gouvernement Couillard doivent rendre des comptes!
- Parti marxiste-léniniste du Québec -
Une nouvelle direction
pour l'économie
• Le budget 2015-2016 du Québec
accélère
la destruction des services publics
• La ministre des Finances de
Nouvelle-Écosse prononce
un discours prébudgétaire
- Kevin Corkill -
• Lettre à la rédaction: au sujet
du frauduleux plébiscite sur la taxe
de vente en
Colombie-Britannique
La politisation
d'intérêts privés
• John Baird poursuit son travail au service
des intérêts privés
- George Allen -
XIXe Séminaire
international «Les partis et une nouvelle
société»
• Des partis politiques réunis au
Mexique délibèrent
sur les développements actuels
Dans l'actualité
• L'Iran promet de répondre fermement
à toute menace
• L'armée américaine va mettre
sur pied une force
spéciale pour l'Amérique latine
Les relations entre
Cuba et les États-Unis
• Rencontre sur les droits humains
• Le bureau consulaire de Cuba à
Washington toujours
privé de services bancaires
- Jorge Legañoa, Granma International -
• Les États-Unis affirment avoir
supprimé de la liste
des sanctions des entités
liées à Cuba
25e anniversaire de
l'indépendance de la Namibie
• Allocution de Jorge Risquet Valdés
Au calendrier
d'événements
• Marche action climat à la
Conférence des premiers ministres à Québec
Québec
La résistance à l'austérité
et à la destruction
nationale prend de l'ampleur
Montréal, 2 avril
2015
Le mouvement d'opposition à
l'austérité antisociale du gouvernement libéral de
Philippe Couillard continue de grandir au Québec. Quand il a
été porté au pouvoir par un coup électoral
le 7 avril 2014, le gouvernement Couillard a dit que l'élection
était un mandat pour intensifier la destruction des programmes
sociaux et mettre les
ressources du Québec à la disposition
d'intérêts privés mondiaux. Mais cette
prétention a été contestée dès le
départ. Pas plus tard que le Premier Mai 2014, moins d'un mois
après l'élection, des milliers de travailleurs et
d'étudiants sont descendus dans les rues de Montréal et
de Québec pour exprimer leur détermination à
résister à cette fraude de
l'« austérité » antisociale.
Ce mouvement est animé par la grande conscience
sociale exprimée par les jeunes et les étudiants dans le
mouvement de protestation qui a mené à la défaite
du gouvernement Charest en 2012. Cette conscience sociale refuse le
démantèlement des programmes sociaux, la privatisation de
la santé, les attaques contre les plus vulnérables, la
braderie des ressources naturelles, les projets des monopoles
pétroliers, le mépris de l'environnement naturel et le
recours à la violence policière, aux lois de retour au
travail et aux tribunaux contre ceux qui affirment leurs droits.
À Montréal les manifestations
hebdomadaires du samedi débutant à 14heures à la
place Émilie-Gamelin ont commencé le 21 mars. Des
manifestations et autres actions, y compris des débrayages
locaux dans le secteur de la santé, se poursuivent dans toutes
les régions du Québec. Il y aura des votes de
grève dans le secteur public à l'automne
mais il y a souvent des débrayages spontanés, surtout
dans la santé où les infirmières et les
travailleurs
sont poussés à bout.
Parmi les étudiants des votes de grève ont
lieu depuis la mi-mars dans le cadre d'une campagne organisée
par l'Association pour une solidarité syndicale étudiante
(ASSÉ) pour forcer le gouvernement Couillard à reculer
dans son offensive antisociale. Le 2 avril y avait environ 150 000
étudiants en grève pour des durées diverses.
Le 31 mars dernier, plus de 2500 représentants
des syndicats membres du Front commun des travailleurs du secteur
public et parapublic se sont réunis pour une journée de
discussion à Québec sur la situation qui leur fait face.
Le 31 mars était le jour où venaient à terme les
conventions collectives des quelque 400 000 travailleurs du Front
commun. Les participants ont réitéré leur
opposition aux offres du gouvernement du Québec, notamment le
gel salarial pour les deux premières années de la
convention et une augmentation de 1 % pour les trois autres
années (le gouvernement veut une convention collective de cinq
ans). Ils ont dit que le gouvernement doit reculer là-dessus
et offrir des augmentations de salaires et faire d'autres offres qui
permettent au secteur public de garder ses travailleurs en
arrêtant leur appauvrissement et en réduisant la
précarité d'emploi qui en frappe plusieurs (le temps
partiel notamment). Il est sorti de la journée de discussion que
le Front commun demande au gouvernement de négocier
sérieusement dans les mois qui viennent en faisant des offres
acceptables aux travailleurs qui sont ceux qui font fonctionner les
services publics, que la période qui vient sera utilisée
pour engager un dialogue avec tous les membres aux endroits de travail
sur les demandes et que des mandats de grève seront votés
en septembre si la négociation
n'avance pas.
Les négociations dans le secteur public vont
avoir lieu dans des conditions où les coupures prévues
dans le budget du 26 mars vont se faire sentir, tout comme vont se
faire sentir les répercussions de la loi 10 qui donne au
ministre de la Santé des pouvoirs d'intervention et de
décision, qui abolit des dizaines d'agences régionales de
santé et qui
impose encore une fois une restructuration des syndicats dans
l'ensemble du réseau.
Depuis l'élection, le gouvernement Couillard
continue sa rengaine que « les Québécois
vivent au-dessus de leurs moyens » et que « tout
le monde doit faire sa part » pour réduire la dette
nationale et éliminer le déficit. À l'approche des
négociations dans le secteur public à l'automne, il s'en
prend plus spécifiquement
aux travailleurs du secteur public qui, dit-il, « ont de
meilleurs salaires et de meilleures conditions de travail que la
plupart ».
Le ministre des Finances Carlos Leitão a
déposé le 26 mars un budget avec un taux de croissance
des dépenses le plus bas de l'histoire du Québec pour
« éliminer le déficit ». Le
gouvernement a l'intention d'éliminer un déficit de 2,4
milliards $ en un an en limitant la croissance globale des
dépenses à 1,2 % pour
2015-2016, soit 1,4 % dans la santé et 0,2 % en
éducation et une baisse de 1,1 % dans tous les autres
programmes. Le budget alloue par ailleurs 10,5 milliards $ pour
payer les riches par le service de la dette. En préparation pour
le budget et les compressions qu'il annonce pour l'éducation, le
ministre des Finances a dit
qu'il « pense surtout aux jeunes » puisque ce
budget réduit le fardeau sur leur avenir en réduisant la
dette nationale. Les jeunes lui ont donné la réponse
méritée par leurs actions de masse à Québec
le 26 mars et encore le 2 avril à Montréal : ils
rejettent cette tentative de blâmer le peuple pour la dette et
exposent la fraude que
l'augmentation des dépenses pour le service de la dette est pour
autre chose que payer les riches.
Grande manifestation le 2 avril
Près de 70 000
personnes ont marché dans
les rues de Montréal le 2 avril pour dire au gouvernement
Couillard que son programme d'austérité antisociale ne
passera pas. La marche était appelée par l'ASSÉ
avec comme mot d'ordre : « Non à un autre budget
d'austérité ! Nos acquis valent plus que leurs
profits ! » La manifestation était
composée en vaste majorité de jeunes, principalement des
cégeps (Alma, Chicoutimi, Saint-Félicien, Drummondville,
Vieux-Montréal, Maisonneuve et plusieurs autres), et aussi
d'universités et du secondaire. Environ 150 000 étudiants
étaient en grève
ce jour-là. Il y avait également dans la manifestation
nombre de contingents de travailleurs, membres d'Unifor, du Syndicat
des Métallos, des Travailleurs unis de l'alimentation et du
commerce, et du secteur public, enseignants, travailleurs
d'hôpitaux, employés municipaux. Il y avait une forte
délégation du Syndicat des professeurs de
l'Université
du Québec à Montréal, en grève cette
journée-là parce que la négociation locale avec
l'administration qui applique le programme d'austérité
n'avance pas, et aussi pour dénoncer les menaces d'expulsions
d'étudiants de l'UQAM par l'administration.
L'offensive
idéologique de l'État et des
médias monopolisés s'accompagne de violence
policière, d'intimidation et de représailles. Le
gouvernement Couillard, tout comme le gouvernement Charest en 2012, a
déclaré que rien n'arrêtera le vaste transfert de
la richesse sociale du Québec à des intérêts
privés et que les étudiants doivent
« respecter la loi ». Dans les jours qui ont
précédé la manifestation du 2 avril, le ministre
de l'Éducation François Blais a demandé aux
administrations d'université de « faire des
exemples » en ciblant « 2 ou 3 étudiants
par jour » avec des mesures disciplinaires allant
jusqu'à la suspension ou à l'expulsion. La
manifestation du 2 avril a été attaquée
brutalement par la police. La police de Montréal a
déclaré la manifestation
« illégale » en invoquant le fameux
règlement P6 adopté en 2012 par la Ville de
Montréal pour tenter de dissuader les marches nocturnes et les
grandes manifestations étudiantes. Le règlement P6
requiert des organisateurs
des manifestations qu'ils fournissent l'itinéraire à
l'avance s'ils veulent que leur marche soit
« légale ». Les étudiants ont
refusé de concéder devant cette atteinte flagrante au
droit d'assemblée. On voit maintenant apparaître sur les
pancartes dans les manifestations : « M. Couillard,
vous n'avez pas fourni l'itinéraire pour
vos mesures d'austérité ».
Grève d'un jour des étudiants en
médecine le 30 mars
Les étudiants de médecine du Québec
ont voté de faire la grève le 30 mars pour protester
contre le projet de loi 20 qui impose des quotas aux médecins
comme prétendue solution à la pénurie
d'omnipraticiens. Les omnipraticiens qui ne rencontrent pas leur quota
de patients par semaine pourront subir des réductions de
rémunération allant jusqu'à 30 %. Cette
mesure est dénoncée par la Fédération des
médecins omnipraticiens du Québec qui déplore
l'effet déshumanisant de cette médecine type
« ligne d'assemblage » que le gouvernement impose
au lieu d'investir les sommes nécessaires
pour attirer les jeunes dans ce secteur. Plus de 79 % des
étudiants en médecine de l'Université Laval ont
voté en faveur de la grève le 30 mars, avec un taux de
participation historique de 70 %. Les étudiants de
l'Université de Montréal, de l'Université de
Sherbrooke et de l'Université McGill ont également
voté pour la grève d'un jour
et plusieurs centaines d'étudiants en médecine ont
manifesté devant l'Assemblée nationale à
Québec ce jour-là.

Des étudiants
manifestent contre l'austérité à Hull le 27 mars
Manifestation contre le budget le 26 mars
Le 26 mars, jour du
dépôt du budget
Leitão, des centaines d'étudiants et de travailleurs ont
manifesté dans les rues de Québec pour exiger que le
gouvernement cesse ses mesures d'austérité. La police de
Québec a chargé les manifestants et une étudiante
a été violemment
blessée au visage par un projectile, une bonbonne de gaz
lacrymogène, lancé à moins d'un mètre
d'elle. La ministre de la Sécurité publique, Lise
Thériault, s'est dite touchée par les images de
l'étudiante blessée mais elle continue et défend
la politique de la loi et de l'ordre de son gouvernement. Elle affirme
que les forces policières agissent en
tenant compte des recommandations du rapport de la Commission
spéciale d'examen des événements du printemps
2012, qui blâme le gouvernement Charest et la police pour leur
gestion de la crise. Alors comment explique-t-elle ce qui s'est
passé à Québec le 26 mars et encore à
Montréal le 2 avril, en plus des nombreuses arrestations et
amendes
distribuées depuis ce temps-là ?
Début des manifestations hebdomadaires contre
l'austérité
Près de 5000 personnes étaient dans les
rues de Montréal le samedi 21 mars pour lancer les marches
hebdomadaires contre « les mesures d'austérité
du gouvernement Couillard qui menacent la société tout
entière ».
Après s'être rassemblés à la
place Émilie-Gamelin, les manifestants ont marché sur les
grandes artères du centre-ville pour se rendre devant la tour de
la Bourse. Travailleurs, familles, organisations vouées à
la défense de l'environnement ont marché côte
à côte avec les étudiants, qui formaient la vaste
majorité du contingent, dont des jeunes du
cégep du Vieux-Montréal. Une délégation
d'étudiants du cégep de Sainte-Foy, de la région
de Québec, était aussi présente. Les forces
policières, présentes en masse, ont invoqué le
règlement municipal P6 pour interpeller les manifestants portant
un masque.
La même journée, à Alma, Philippe
Couillard, premier ministre et député de Roberval, a
été accueilli par près de 500 personnes, en
majorité des travailleurs, qui s'étaient
rassemblées pour dénoncer les politiques
d'austérité devant le Complexe Jacques-Gagnon où
se tenait un colloque du Parti libéral. Une trentaine de
manifestants ont réussi à
entrer dans le complexe où ils ont scandé
« Stop Couillard » devant la salle du colloque,
avant d'être expulsés par la police. Selon la presse, les
quelque 50 participants au colloque ont été ensuite
carrément enfermés dans la salle pour « leur
sécurité », pendant que les forces
policières de la SQ, avec des renforts de
Roberval demandés d'urgence, tentaient de faire taire les
manifestants à l'extérieur.
Alma, 21 mars 2015
D'autres actions contre l'austérité
29 mars :
Manifestation à Québec
contre la brutalité policière, en solidarité avec
l'étudiante qui a reçu une bonbonne de gaz
lacrymogène au visage le 26 mars.
28 mars : Marche
contre l'austérité à Ahuntsic et Montréal
Nord
28 mars :
Manifestation hebdomadaire contre
l'austérité à Montréal
26 mars :
Manifestation à l'Hôpital
Sainte-Justice à Montréal à la défense du
système de santé public et contre la loi 10.
26 mars : (de haut en
bas) : Baie-Comeau,
Sept-Îles et Rimouski
25 et 28 mars : (de
haut en bas) : Marches
nocturnes à Montréal
24 mars: étudiants
et enseignants de l'Université de Montréal

23 mars : Lancement
du mouvement grève
étudiant. À gauche : cégep de
Saint-Jérôme. À droite : Université
Laval à Québec.

Condamnons l'assaut policier brutal contre
les
manifestants! Le Service de la police de Montréal
et le
gouvernement Couillard doivent
rendre des comptes!
- Parti marxiste-léniniste du
Québec -
Le Parti
marxiste-léniniste du Québec
(PMLQ) condamne avec véhémence l'assaut brutal à
la matraque et aux gaz lacrymogènes du Service de police de la
Ville de Montréal contre les dizaines de milliers de
manifestants dénonçant le programme
d'austérité hier le 2 avril. Nous condamnons sans
équivoque le Service de police et le
gouvernement Couillard pour l'utilisation de la violence contre les
étudiants, les travailleurs et les membres d'organisations
communautaires dénonçant l'austérité
antisociale et défendant les droits de tous. Ils doivent rendre
des comptes à la population de leur assaut contre les droits de
ceux qui réclament un changement de direction pour
l'économie
québécoise, notamment les jeunes qui se battent pour les
droits de tous et qui expriment une conscience sociale essentielle au
progrès de toute société. Nous condamnons
également les médias monopolisés qui mentent
effrontément en disant que ce qu'ils appellent
« l'intervention policière » s'est
produite pour disperser quelques
manifestants qui refusaient de quitter une fois la manifestation
terminée.
Les faits sont les suivants. La manifestation regroupait
plusieurs dizaines de milliers de personnes et était
composée en vaste majorité de jeunes, principalement des
cégeps (Alma, Chicoutimi, Saint-Félicien, Drummondville,
Vieux-Montréal, Maisonneuve et plusieurs autres), et aussi
d'universités et du secondaire. Au 2 avril, on comptait environ
150 000 étudiants en grève pour des durées
variables à l'échelle du Québec. Il y avait
également dans la manifestation nombre de contingents de
travailleurs, membres d'Unifor, du Syndicat des Métallos, des
Travailleurs unis de l'alimentation et du commerce, et du secteur
public, enseignants, travailleurs d'hôpitaux, employés
municipaux. Il y avait
une forte délégation du Syndicat des professeurs de
l'Université du Québec à Montréal, en
grève cette journée-là parce que la
négociation locale avec l'administration qui applique le
programme d'austérité n'avance pas, et aussi pour
dénoncer les menaces d'expulsions d'étudiants de l'UQAM
par l'administration. On lisait sur leurs pancartes
« Non à la dérive
autoritaire ! ». La manifestation comptait aussi
plusieurs contingents d'organisations communautaires de défense
des gens les plus vulnérables, touchés le plus durement
par les coupures de services et les hausses de tarifs. Le but de la
manifestation était de lancer un message clair au gouvernement
Couillard : que la lutte collective du peuple contre
l'austérité antisociale va se poursuivre
inévitablement, malgré le budget régressif qu'il
vient de déposer et malgré les menaces, intimidations,
violences policières et mesures de représailles qui sont
la stratégie d'un gouvernement inapte à gouverner.

Après quelques discours, la manifestation s'est
mise en branle vers 13 h 30 à partir du Square Victoria dans
l'ouest de Montréal. Dans cette expression de
détermination à exposer les mensonges de
l'austérité antisociale, aucun manifestant ne cherchait
le moindre affrontement avec la police. La manifestation a
emprunté la rue Maisonneuve en
direction de l'est de la ville, et lorsque les manifestants se sont
approchés de la rue Papineau, un cordon de policiers en attirail
anti-émeute les a bloqués et a exigé qu'ils
marchent vers le sud. À un moment donné, sans
avertissement, les policiers se sont mis à frapper sur les
manifestants qui étaient aux premières lignes, puis
à frapper sur ceux qui
venaient à la rescousse de leurs collègues tombés
par terre. Ils ont lancé deux tirs de gaz lacrymogènes,
un contre les manifestants aux premières lignes, risquant de
les blesser gravement, et un autre au milieu de la foule. Plus tard,
à la fin de la manifestation, qui s'était
regroupée plus à l'ouest, la police a chargé les
manifestants pour les forcer à
se disperser.
Le PMLQ appelle toutes les organisations
ouvrières et populaires à dénoncer fermement cet
assaut policier et toute la vague de criminalisation qui s'est abattue
contre les étudiants pour tenter de les écraser et les
démoraliser. Le gouvernement Couillard et ses brutes sans
culture comme le soi-disant ministre de l'éducation qui a
appelé les
recteurs à expulser des étudiants dans chaque
université, doit être condamné. C'est lui, le
gouvernement Couillard, le premier responsable, qui utilise la violence
politique de son diktat majoritaire pour imposer au peuple un programme
qu'il sait que le peuple n'approuve pas, que ce dernier dénonce
comme étant une vaste attaque contre la société
dans son ensemble, un programme qu'il n'a pas décidé,
mais qui l'a été dans les officines privées des
monopoles et de leurs institutions comme les agences de notation et
autres.
La violence contre les manifestants est le fait de la
lâcheté politique et de l'absence d'arguments de ceux qui
ont pour seule arme la répression de masse quand le peuple se
soulève pour ses droits.
La manifestation a fait le point, que tous les orateurs
ont repris et que les manifestants ont exprimé avec leurs
pancartes et slogans, que l'ordre du jour d'austérité est
une attaque contre la société tout entière, et que
la lutte va continuer jusqu'à son retrait. La pancarte la plus
populaire de la manifestation était une pancarte minuscule tenue
par un
manifestant placé stratégiquement pour qu'elle soit vue
de
tous et qui disait « Couillard,
dégage ! » Cet esprit anime le peuple
aujourd'hui plus que jamais et on ne le fera pas taire !
Vive
la lutte du peuple contre
l'austérité antisociale et pour ses droits !
Ne
touchez pas à la jeunesse !
Le
service de police et le gouvernement Couillard
doivent rendre des comptes !

Une nouvelle direction pour
l'économie
Le budget 2015-2016 du Québec
accélère
la
destruction des services publics
Le 26 mars, le ministre des
Finances Carlos Leitao a
présenté le budget 2015-2016 du gouvernement Couillard.
Ce budget est caractérisé par ce que plusieurs appellent
la plus faible croissance des dépenses de l'histoire du
Québec en ce qui concerne les services publics et les programmes
sociaux. Le gouvernement se dit fier de
« l'équilibre » retrouvé et y voit
le signe d'une « stabilité financière,
condition indispensable à la croissance économique et la
prospérité ».
En fait, il n'y a pas moins
« déséquilibré » que ce
budget, rien de plus unilatéral. On assiste à un
démantèlement des services publics encore plus
poussé que l'an dernier, qui va rendre la situation encore plus
intenable pour les services et les travailleurs qui les fournissent.
De l'aveu même du gouvernement, en deux ans, soit
depuis le budget 2014-2015, c'est 7,274 milliards $ de coupures
qui auront été effectuées, dont 6,095
milliards $ dans les dépenses gouvernementales.
Là-dessus on compte plus de 2,4 milliards $ de coupures
dans les budgets des ministères et organismes gouvernementaux,
des coupures de rémunérations de 500 millions $ dans
le cadre du gel global des effectifs dans le secteur public, des
coupures de 300 millions $ dans les budgets des
municipalités, des coupures de 200 millions $ par la
modification de l'organisation et de la gouvernance du réseau de
la santé et des services sociaux. Et la liste
continue.
Où sont les mesures de relance, demandent les
chercheurs de l'Institut de recherche et d'informations
socio-économiques (IRIS). « Pour cette
année : 120 M $ de nouveaux investissements. Soit
0,12 % des revenus du gouvernement. Concentrées
où ? Les 'secteurs clés de l'économie'. Bref,
des subventions aux
entreprises — et la Stratégie Maritime — là aussi des
subventions aux entreprises pour favoriser le développement du
fleuve et de ses alentours — représentent les plus gros
montants. »
Les travailleurs et travailleuses de la santé, de
l'éducation et de tout le secteur public tiennent depuis des
mois des manifestations et des grèves, parfois même en
dehors des périodes légales de grève, pour
signifier au gouvernement que ses coupes dans le secteur public
créent une situation de plus en plus intenable. Mais le
gouvernement
Couillard est résolu à plonger le Québec dans le
chaos parce que selon lui c'est en « équilibrant le
budget » et en continuant de transférer le plus de
richesse sociale à des intérêts privés qu'on
crée la prospérité. Ça ne doit pas
passer !
Plus faible croissance des dépenses de
l'histoire du Québec
Le ministre Leitao confirme que le budget 2014-2015 se
termine avec un déficit de 2,350 milliards $ et que le
budget 2015-2016 sera sans déficit. La croissance nominale des
dépenses consolidées en 2015-2016 sera selon les experts
une des plus basses
de l'histoire du Québec, soit 1,5 %.
Les dépenses consolidées comprennent les
dépenses de programmes des ministères, les
dépenses des fonds spéciaux (Commission des relations du
travail, Commission des lésions professionnelles etc.), des
organismes autres que budgétaires (Société
d'habitation du Québec, Bibliothèque et archives
nationales du Québec etc.) des entités de la
santé et des services sociaux et de l'éducation, ainsi
que le service de la dette.
Pour l'année fiscale 2014-2015, la croissance des
dépenses consolidées excluant le service de la dette est
à 2,9 %, alors qu'elle était à 4,7 % en
2013-2014. De 2015-2016 à 2019-2020, cette croissance nominale
sera de 1,5 %.
La situation est encore pire si on considère
seulement ce qui est appelé dépenses de programmes, soit
les dépenses des ministères. Pour 2014-2015, la
croissance des dépenses de programmes est estimée
à 2,1 %, comparativement à 3,3 % en 2013-2014,
et elle sera de 1,2 % en 2015-2016, 2,2 % en 2016-2017 et de
2,8 % à compter de 2017-2018.
Selon les travailleurs de ces secteurs, la simple
reconduction des programmes du point de vue des coûts fixes et
autres demande une croissance nominale d'au moins 3-4 %. C'est
sans compter les besoins nouveaux et croissants de la population pour
lesquels des budgets doivent être alloués ni le
redressement qui s'impose compte tenu des
coupes passées.
Le budget 2015-2016 reconduit ce que le gouvernement
appelle le « cran d'arrêt ». En vertu de
cette manoeuvre néolibérale, qui n'a rien à voir
avec les besoins du peuple ou de l'économie, toute allocation de
nouvelle dépense doit être compensée par une
réduction équivalente ailleurs dans le système. Ce
stratagème d'austérité est
une garantie de l'appauvrissement de l'économie dont font partie
les programmes et services à la population.
Le budget 2014-2015 avait prévu une hausse de
3 % des dépenses en santé et de 2,2 % en
éducation, ce qui était déjà une
énorme compression compte tenu des coûts reconduits. Mais
la coupe est encore plus forte pour l'année qui vient, d'un
niveau historique selon plusieurs, avec une croissance nominale de
1,4 % dans la
santé, de 0,2 % en éducation et une diminution de
1,1 % dans tous les autres programmes. Déjà les
travailleurs de la santé et de l'éducation ont fait
clairement savoir que le système devient simplement impossible
à maintenir dans ces conditions mais le gouvernement a
opposé une fin de non-recevoir et appelé ces
travailleurs, qui
soutiennent déjà le système à bout de bras
et au péril de leur santé physique et mentale, à
poursuivre « leurs efforts ».
Transfert de la richesse sociale aux riches
Le fait saillant du budget
est l'attaque en règle
contre les services publics et les programmes sociaux. Derrière
le budget d'austérité se profile le transfert
accéléré de la richesse sociale produite par les
travailleurs aux riches. La principale mesure qui est annoncée
à ce sujet est
l'accélération des paiements sur la dette du
Québec. Le gouvernement poursuit dans la voie de la
réduction de la dette du Québec à 45 % du PIB
pour l'année 2015-2016. Ces paiements se font par le biais des
versements au Fonds des générations qui proviennent de
diverses sources, comme l'indexation annuelle du prix de
l'électricité
patrimoniale (alors que le peuple fait face aux hausses des tarifs
d'hydro), la taxe sur les boissons alcooliques et, à partir de
2015-2016, tous les revenus miniers du gouvernement sont
affectés au service de la dette.
Il semble clair que les grands prêteurs d'argent
internationaux ne sont pas satisfaits du taux de rendement actuel et
demandent que leur richesse sociale soit libérée pour
être investie ailleurs dans le monde où de plus grands
profits les attendent. Entreposer la richesse sociale dans la dette du
gouvernement est quelque chose de sécuritaire et
profitable pour les riches pendant un certain temps. Cependant, compte
tenu du développement inégal du capitalisme mondial,
payer la dette est une façon de mettre des fonds à la
disposition des intérêts privés pour qu'ils les
investissent dans des projets divers qui apparaissent plus profitables.
L'augmentation et la réduction de la dette publique sont
toutes deux des façons de payer les riches selon les conditions
données.
Selon le ministre Leitao, les mesures budgétaires
doivent être vues comme faisant partie de la restructuration de
la livraison des services. Une autre méthode, en plus des
coupures, est de privatiser les services publics et de vendre les
avoirs publics. En suivant attentivement où va l'argent du
paiement de la dette nationale, on verra certainement
qu'une partie de ces fonds est utilisée pour acheter les
services et les avoirs publics et s'approprier leur contrôle.
De quel « équilibre »
parle-t-on ?
Le ministre Leitao se dit fier de
« l'équilibre » retrouvé dans le
budget, tout comme le sont la plupart des politiciens
néolibéraux au Canada, dont le ministre des Finances de
Stephen Harper. Leitao aime aussi parler de la
« stabilité »
retrouvée, un autre terme générique employé
à tort et à travers pour des motifs
intéressés.
Le dictionnaire Larousse offre plusieurs
définitions du mot « équilibre ».
En voici quelques unes :« État de repos,
position stable d'un système obtenus par l'égalité
de deux forces, de deux poids qui s'opposent... Juste proportion entre
des éléments opposés, entre des forces
antagonistes, d'où résulte un état
de stabilité, d'harmonie... Juste répartition des
éléments d'un tout : Équilibre de
l'alimentation. »
De quel équilibre parle-t-il ? En ce qui
concerne le budget, il parle d'un équilibre entre deux colonnes
de chiffres, la colonne des dépenses et celle des revenus.
Leitao dit avoir obtenu un équilibre en équilibrant deux
éléments du budget, les revenus et les dépenses.
Selon cet équilibre, deux éléments
différents sont déclarés égaux en
référence à
une catégorie qui est l'argent (et non le volume ou le poids,
par exemple).
Ce délire au sujet de l'équilibre, alors
qu'on traite de questions aussi complexes que le revenu et les
dépenses nationales, tourne au ridicule ce qu'un gouvernement
est censé être et montre que le gouvernement Couillard
n'est pas apte à gouverner. Réduire le budget public
à la recherche d'un équilibre entre les aspects complexes
d'une économie
ramenés à une colonne de dépenses et une colonne
de revenus, c'est faire de la désinformation pour masquer les
dommages qui sont faits à l'économie dans son ensemble et
les attaques qui sont faites au bien-être et à la
sécurité du peuple sous la bannière de
l'austérité pour payer les riches.
C'est une activité profondément
antisociale, pour laquelle le gouvernement libéral doit rendre
des comptes, que d'abaisser les investissements dans les services
publics et les programmes sociaux. Les services publics et les
programmes sociaux sont des instruments essentiels d'une
économie moderne. Les travailleurs du secteur public
créent une
immense richesse sociale dont tous peuvent bénéficier et
qui leur permet d'affirmer leur humanité.
Il est inévitable que l'opposition à
l'austérité antisociale continue de prendre de l'ampleur,
que ce soit dans le secteur public, parmi les étudiants ou dans
la population en général. Le gouvernement Couillard et
son programme d'austérité pour payer les riches est en
contradiction avec les besoins de la société
québécoise. Le budget de mars
montre que le système de cartel des partis politiques permet aux
puissants intérêts privés d'imposer leur
volonté. Il montre aussi qu'il appartient à la classe
ouvrière du Québec de se constituer en opposition et de
mobiliser tout le monde autour d'une alternative prosociale. Cela peut
se faire !
Arrêtez de payer les riches !
Augmentez les investissements dans les programmes sociaux !

La ministre des Finances de Nouvelle-Écosse
prononce un discours prébudgétaire
- Kevin Corkill -
Quand
l'intérêt
public
perd
du
terrain,
c'est
l'intérêt
privé qui en gagne
Mercredi le 25 mars 2015, la ministre des Finances du
gouvernement libéral de Stephen McNeil en
Nouvelle-Écosse, Diana Whalen, a prononcé un discours
prébudgétaire devant la Chambre de Commerce de Halifax.
Elle a débuté en énonçant quelques
vérités : le nombre de gens en âge de
travailler en Nouvelle-Écosse diminue, et, pour
la citer : « Le statu quo n'est pas une option pour
nous ».
D'accord, mais qui est ce « nous »
qui n'est pas favorisé par le statu quo ? Son gouvernement
attaque les réclamations que les travailleurs du secteur public
font à la valeur qu'ils produisent. Son gouvernement privatise
les services publics, ce qui fait que la richesse sociale ne peut
être consacrée au public et la détourne dans
les coffres des intérêts privés. Le gouvernement
McNeil saccage les programmes sociaux dont les gens de
Nouvelle-Écosse dépendent pour leur bien-être et
leur sécurité. Son gouvernement n'hésite pas
à remettre les fonds publics aux monopoles sous forme de
subsides et d'autres formes. C'est ce statu quo là, qui consiste
à sans cesse payer les
riches, à attaquer le niveau de vie des travailleurs, à
privatiser les services publics et détruire les programmes
sociaux qui ne bénéficie pas à la vaste
majorité des gens de Nouvelle-Écosse, « aux
gens en âge de travailler en Nouvelle-Écosse »
dont le nombre diminue parce qu'ils quittent la province à la
recherche d'un emploi.
Ce « nous » est en quête
d'un changement prosocial pour mettre un terme au statu quo
néolibéral et fournir une nouvelle direction à
l'économie et à la politique. Le
« nous » du ministre ne se réfère
pas aux travailleurs et aux gens dont le revenu est fixe pour qui le
statu quo ne fonctionne pas mais à la minorité riche
au pouvoir, qui avait certainement des représentants dans la
salle où elle a parlé, qui demandent encore plus de
mesures antisociales afin de consolider ses privilèges de classe
et ses intérêts privés.
Une atttaque contre le contrat social et
l'intérêt public
Le statu quo que Diana
Whalen veut changer est le
contrat social avec la classe ouvrière dont font partie le
système de négociation collective et une autorité
publique qui fournit des services publics et des programmes sociaux
universels aux membres vulnérables de la société.
Son gouvernement ne cesse d'attaquer ce qu'elle appelle
le statu quo en congédiant 11 travailleurs sociaux de la
protection de l'enfance de Guysborough and Barrington Passage et 58
travailleurs par la fermeture du Centre d'information des visiteurs de
Pictou et Digby et en transformant tous les sept parcs provinciaux en
ce qu'il appelle des
endroits de « libre-service ». Son gouvernement
cherche à privatiser les 3 Registraires de Services
Nouvelle-Écosse : les Registraires des Titres fonciers, des
Véhicules motorisés et des Sociétés de
capitaux, et à transformer l'Agence de tourisme de
Nouvelle-Écosse en une société de la couronne sous
contrôle du secteur privé.
Afin de s'attaquer au contrat social qu'elle assimile
au statu quo, Whalen dit que « nous n'avons plus les moyens
de continuer de faire les choses que le gouvernement avait l'habitude
de faire ». Bref, elle a en vue le diktat des
propriétaires de la richesse sociale qui refusent d'investir
dans de la nouvelle production et de nouveaux
services et voudraient plutôt piller les services publics
existants et amener les gouvernements à leur fournir de
lucratifs contrats de livraison de services par le biais des
partenariats public-privé (PPP) et d'autres stratagèmes
néolibéraux.
Whalen poursuit son discours
anti statu quo en
promettant d'ouvrir la porte à encore plus de privatisations et
en vantant les possibilités de beaucoup de projets en PPP.
Ceux-ci emplissent les coffres des monopoles parce que c'est le
gouvernement qui prend les risques alors que les monopoles empochent
les
profits. Par exemple, Whalen a dit que
son gouvernement a autorisé la Société de
développement des terrains riverains à acheter des
terrains de Halifax du gouvernement fédéral pour la somme
de 6,5 millions $, lesquels seront utilisés pour contruire
un Centre d'innovation océanique. Ce centre deviendra un
pôle, qui au lieu de servir l'intérêt public avec de
la recherche marine et
une entreprise publique qui bénéficiera à
enrichir des entreprises privées triées sur le volet et
à leur fournir de la recherche aux frais du gouvernement. Le
statu quo des privilèges de classe est assuré mais ce
n'est pas ce statu quo là que le gouvernement a en tête.
En ce qui concerne la privatisation des Registraires de
Services Nouvelle-Écosse, Whalen a dit ce qui suit :
« Si nos partenaires privés sont capables de fournir
des services de haute qualité en notre nom, cela va permettre au
gouvernement de se concentrer à faire mieux dans des secteurs
essentiels comme la santé et
l'éducation ». Si on suit cette logique, pourquoi
alors le gouvernement agirait-il dans quelque secteur que ce soit,
essentiel ou pas ? C'est précisément de la question
de la prestation des services essentiels de la santé et de
l'éducation que les gouvernements du pays se lavent les mains au
nom de cette logique que « nos partenaires
privés sont capables de fournir des services de haute
qualité en notre nom ». Servives essentiels ou non
essentiels, où est la différence quand la logique est de
détruire l'autorité et l'intérêt publics et
d'ouvrir les services publics pour en faire des sources de profits pour
l'entreprise privée ? La logique derrière tout cela
n'est pas de servir
le peuple et l'intérêt public mais de servir les
privilèges de classe et les intérêts privés
étroits.
Dénonçons les attaques contre les
services publics et contre les travailleurs qui défendent notre
bien-être collectif !
Le discours de Whalen est une attaque frontale contre
les emplois des travailleurs du secteur public et les services qu'ils
dispensent. Elle dit que si nous voulons améliorer les
perspectives d'avenir « nous devons tous être
prêts à souffrir un peu ». Le
« nous » qui doit se préparer à
souffrir ce sont les travailleurs du
secteur public et le peuple de Nouvelle-Écosse qui a besoin des
services publics. « Notre souffrance » commence
avec les mises à pied, les coupures de services, le gel des
salaires des travailleurs du secteur public et l'élimination des
primes de séparation.
L'assaut néolibéral contre les
travailleurs et leur réclamation à la valeur qu'ils
produisent repose sur le point de vue que les travailleurs sont un
coût pour les privilèges de classe de ceux qui
détiennent la richesse sociale. Whalen dit que « le
coût le plus élevé auquel le gouvernement fait
face, c'est la facture que représentent les salaires
du secteur public. Celle-ci représente 4,9 milliards $ de
nos dépenses, soit près de 60 % de nos
dépenses de programmes ».
Les travailleurs vendent leur force de travail aux
employeurs ; ils travaillent et créent de la valeur ;
ils produisent un bien ou un service ; ils réclament une
partie de la valeur qu'ils ont créée en vendant leur
force de travail à leur employeur, et on les appelle un
« coût » ! Un coût pour
qui ? Les
travailleurs produisent toute la richesse sociale à laquelle
toutes les réclamations sont faites !
Whalen va encore plus loin dans ses attaques contre les
travailleurs du secteur public en s'en prenant aux modestes
augmentations de salaire qu'ils ont reçues lors de leur
dernière convention collective de 3 ans, soit 2 %,
2,5 % et 3 % par année. Selon Whalen, ces montants
sont une obligation pénible à laquelle ce
gouvernement et les gouvernements à venir auront à faire
face : 700 millions par année ! Dramatique
vraiment !
Les travailleurs du secteur public rejettent le point
de vue néolibéral de Whalen que leurs salaires et
avantages sociaux sont un « coût » pour
l'économie. En plus, c'est un affront de sa part que de
suggérer que les augmentations de salaire des trois
dernières années sont le fait de la cupidité des
travailleurs du secteur public. Les
travailleurs du secteur public créent une valeur nouvelle pour
l'économie, reproduisent la valeur à laquelle ils font
leurs réclamations en salaires et avantages sociaux et
préservent la valeur des avoirs et des matériaux publics
qu'ils utilisent dans leur travail. Ce n'est pas vrai que
l'économie perd la valeur que les travailleurs du secteur public
et les
autres travailleurs reproduisent sous la forme de salaires, d'avantages
sociaux et de pensions.
Whalen tente de culpabiliser les travailleurs du
secteur public quand elle déclare que « l'an dernier,
notre PIB a connu sa croissance la plus faible et les salaires du
secteur public leur croissance la plus élevée. Ces deux
choses ne vont pas ensemble ». Si ces choses ne vont pas
ensemble, Madame la ministre, c'est parce que le statu
quo des privilèges de classe empêche l'émergence en
Nouvelle-Écosse d'une nouvelle direction dynamique et prosociale
de l'économie. Les privilèges de classe réclament
encore plus de destruction et de transfert de la richesse sociale du
peuple vers les riches ; ils se nourrissent du statu quo
antisocial qui est dominé par les monopoles et font
tout pour empêcher le peuple de fournir une nouvelle direction
prosociale à l'économie.
Whalen et le gouvernement McNeil pavent la voie
à la destruction encore plus poussée des services publics
et à de nouvelles attaques contre les salaires, les avantages
sociaux et les pensions des travailleurs du secteur public. Ils le font
en s'attaquant à l'opinion publique sur la question de la
nécessité des services publics et des programmes
sociaux dans une économie moderne. Ils s'attaquent à
l'opinion publique sur la question des droits qui appartiennent aux
gens parce qu'ils sont des êtres humains et sur la question de la
responsabilié qui incombe aux gouvernements de garantir les
droits de tous. Ils s'attaquent à l'opinion publique sur la
question de qui crée la valeur, la richesse
sociale, dans une économie moderne, c'est-à-dire la
classe ouvrière.
Whalen nous donne un bon aperçu de ce que son
gouvernement prépare, la destruction plus poussée des
avoirs publics et la promotion des intérêts privés
étroits. Cela comprend la privatisation d'avoirs publics
importants afin de payer les riches et de répondre à leur
besoin de secteurs profitables où ils peuvent investir, alors
que le
gouvernement garantit leurs profits au détriment des
intérêts des gens de la Nouvelle-Écosse.
« Nous exprimons ici notre confiance dans le secteur
privé, a-t-elle dit, ajoutant que le gouvernement doit laisser
la place et laisser le secteur privé prendre la direction des
choses. »
On est en droit de se demander pourquoi le gouvernement
McNeil se donne la peine d'exister s'il veut « laisser la
place » et laisser le secteur public déterminer la
direction de l'économie et de la société. En fait,
elle en appelle à une dictature ouverte des riches contre le
peuple, une dictature qui sert l'intérêt privé
étroit d'une
infime minorité.
« Le rôle clé des gouvernements
est d'enlever les obstacles et de créer l'environnement qui
permet aux entreprises d'investir, de produire, d'affronter la
concurrence et de croître [...] notre rôle est de
créer les conditions requises au succès
économique. » Le succès économique de
qui, Madame la ministre ? Si la ministre
Whalen pense que le rôle du gouvernement est de répondre
aux besoins des intérêts privés au détriment
de l'intérêt public, alors ces gens là n'ont pas
leur place dans un gouvernement.
Le gouvernement McNeil montre qu'il n'est pas apte
à gouverner et n'a pas à coeur les meilleurs
intérêts des gens de Nouvelle-Écosse ; il est
plutôt au service des intérêts étroits de
l'élite capitaliste dirigeante. Le gouvernement de
Novelle-Écosse n'a d'autre choix que de fournir une direction
à l'économie qui répond aux besoins du
peuple en moyens de subsistance et garantit son bien-être de
même que les services dont il a besoin et qu'il réclame.
S'attaquer aux travailleurs du secteur public, à leurs
conditions et aux services qu'ils dispensent, c'est fournir une
mauvaise direction à la Nouvelle-Écosse.
Arrêtons
les
attaques
du
gouvernement
McNeil
contre
l'autorité
et l'intérêt publics !
Tous à la défense de
l'intérêt public, des services publics et des travailleurs
du secteur public !
Tous la défense des intérêts des
gens de Nouvelle-Écosse contre l'assaut néolibéral
de l'élite capitaliste privilégiée contre nos
droits et la société !

Lettre à la rédaction: au sujet du
frauduleux plébiscite sur la taxe de vente en
Colombie-Britannique
J'ai été bien content de lire l'article
« Frauduleux plébiscite à Vancouver sur la
taxe de vente » du Centre ouvrier du PCC(M-L) dans le
numéro 1er avril 2015 du LML.
[...]
Cet article du LML qualifie correctement le
plébiscite en cours en Colombie-Britannique de
« frauduleux plébiscite sur la taxe de
vente » au lieu d'un « plébiscite sur le
transport en commun », et rejette la terminologie trompeuse
de l'élite capitaliste au pouvoir qui cherche toujours à
semer la confusion
chez les électeurs, notamment parmi ceux qui sont progressistes
et sont des dirigeants, afin de les amener à voter et à
agir à l'encontre de leurs intérêts. Après
avoir lu l'article, cela devient très clair ! L'objet
premier du plébiscite n'est pas le transport en commun mais bien
la tentative des capitalistes monopolistes et de leurs
représentants et
porte-parole de mettre encore de l'avant un stratagème de plus
pour payer les riches.
En dépit du titre trompeur du plébiscite,
un grand nombre ont compris le stratagème et ont rejeté
la demande de l'élite dirigeante aux électeurs d'accepter
l'augmentation de la taxe de vente, une chose que les électeurs
de Colombie-Britannique avaient déjà rejeté
fermement et avec succès lors de la campagne contre la Taxe de
vente
harmonisée (TVH) en 2010. Cependant, en continuant de demander
un « plébiscite sur le transport en
commun », c'est-à- dire d'accepter la terminologie et
le cadre de référence de l'élite capitaliste, les
électeurs se retrouvent sur la défensive et se sentent
obligés d'expliquer « je suis en faveur de
l'amélioration du transport en
commun ». C'est un exemple de ce que le LML identifie
comme
la
nécéssité
que
la
classe
ouvrière
et
ses
alliés aient leur pensée et de leur
théorie indépendantes s'ils veulent devenir une
opposition ouvrière effective contre la pensée
néolibérale, ses tromperies, ses aux mensonges et
falsifications et mettre fin aux saccages de
l'élite au pouvoir tout en travaillant à la
réalisation de leur objectif stratégique.
Comme le fait remarquer l'article du LML, ce
n'est pas toute l'opposition à cette proposition sur la taxe de
vente et au projet de transport en commun qui est progressiste.
Certains membres de l'élite au pouvoir et certains de leurs
représentants, comme la Fédération canadienne des
contribuables, s'opposent à l'augmentation de la
taxe de vente mais sont d'accord que les infrastructures de transport
public soient construites à même le capital financier et
sous la direction d'intérêts privés afin de
bénéficier à l'élite au pouvoir
plutôt qu'aux producteurs qui vont les construire. Plusieurs des
arguments qui sont avancés contre un vote
« oui » au plébiscite partent du
point de vue qu'il n'y a pas d'alternative au statu quo, que c'est
l'élite au pouvoir qui doit fournir la direction et empocher les
bénéfices. Les citoyens peuvent tout au plus faire du
« lobbying » contre ces projets, par exemple
contre le projet de construction du métro Broadway sur la rue
Arbutus et le plan caché qui en découlerait de construire
des tours et des condominiums qui détruiraient leur quartier.
[...]
Plusieurs des arguments contre un vote
« oui » font état de la mauvaise gestion
de la part de Translink, la société publique qui a
été mise sur pied par le NPD puis privatisée par
les libéraux ; on fait valoir qu'après deux ans ils
n'ont pas encore été capables de faire fonctionner la
carte Compass ou de régler la question des
barrières pour empêcher que des gens passent sans payer,
que cela ne sert à rien de mettre plus d'argent après
toutes ces pertes, qu'il y a trop de bureaucratie ( cinq
sous-organisations), que le PDG et les autres dirigeants sont
payés trop cher, etc. Ces arguments masquent le fait que c'est
précisément ainsi que le capitalisme fonctionne, que
pratiquement chaque compagnie, institution ou entreprise ( y compris
les partis politiques et le gouvernement) fonctionnent comme cela.
Comme les gens qui présentent ces arguments sont prisonniers de
leur ordre du jour très spécifique, ils sont incapables
de voir que c'est le système économique et politique qui
en est la cause. Ils ne sont donc pas
capables de comprendre réellement quel est le problème.
D'autres arguments expriment un manque de confiance
dans les gouvernements municipaux et provinciaux. Ou alors qu'il n'y a
pas de garantie ou de plan concret. Certains pointent du doigt le
gouvernement de Christy Clark qui a forcé les
municipalités à assumer la responsabilité du
transport public. Plusieurs personnes qui contribuent à la
discussion parlent de la congestion et disent que le problème ne
peut pas être réglé sans qu'on établisse une
taxe sur la circulation. D'autres mentionnent l'expansion des banlieues
et le besoin que cela crée en voitures (encore une fois c'est
comme cela que les choses sont développées sous le
capitalisme, c'est-à-dire anarchiquement).
La nécessité de la discussion
Qu'est-ce qu'il faut faire alors pour défendre
l'intérêt de la classe ouvrière et du peuple dans
cette situation ? Appeler à voter
« non » ? Comme le mentionne l'article du
LML, ce qu'il faut c'est discuter d'une façon qui aide le
peuple à comprendre l'économie et comment elle fonctionne
sous le
capitalisme, et comment elle pourrait fonctionner sous la direction de
la classe ouvrière. S'il devait y avoir une campagne
organisée en faveur du « non » ( ça
semble un peu tard pour cela), cela devrait se faire dans le cadre
d'une discussion de ce genre qui fait progresser la
compréhension et la participation du peuple. Vue de cette
façon, une campagne pour le « non »
aiderait à faire avancer les choses, comme l'a fait le travail
pour le « non » lors de l'Accord de Charlottetown
qui a montré au peuple qu'il a de la force politique en tant que
collectif.
[signé]
Une lectrice de Vancouver

La politisation des intérêts
privés
John Baird poursuit son travail au service
des intérêts privés
- George Allen -
Le 25 mars, l'ancien ministre des Affaires
étrangères de Stephen
Harper, John Baird, a été embauché par le monopole
Barrick Gold. Baird
siègera sur le Conseil consultatif international de Barrick. En
principe, en vertu de la législation sur les conflits
d'intérêts en
vigueur au Canada, les ministres du cabinet ne devraient pas pouvoir
négocier
leur futur emploi alors qu'ils sont en cours de mandat. La
démission de
Baird ayant eu lieu le 16 mars, devons-nous croire que l'offre de
Barrick a été faite au cours des neuf jours entre le 16
et le 25 mars ?
Dans un article du 30 mars, le Hamilton Spectator déclare
qu'alors
que
Baird
était
responsable
des Affaires
étrangères, un
lobbyist de Barrick avait discuté avec lui à plusieurs
reprises de
relations internationales, d'industrie minière et de commerce,
les plus
récentes discussions remontant à mai 2013. La
rémunération de Baird n'a
pas été annoncée, mais l'ancien premier ministre
Brian Mulroney, le
président du conseil d'administration des Affaires
internationales de
Barrick, reçoit environ 1 million $ par année. Le 30
mars, le monopole
Canadien Pacifique a embauché Baird qui doit siéger
à son conseil
d'administration élargi. Pour ce poste, il recevra un salaire
annuel de
235 000 $. Aussi, le 2 avril, le Globe and Mail
annonçait que Baird avait été engagé comme
consultant par le
milliardaire Richard Li, dont les sièges sociaux sont à
Hong Kong et au
Canada. L'empire de Li comprend, entre autres, le groupe
d'investisseurs Pacific Century, Développement régional
Pacific Century
Limitée et une compagnie de télécommunications,
PCCW Limitée. Li avait
fait une offre de vastes participations à Bell Canada et Air
Canada,
mais sans succès.
Prétendre que Baird quitte le gouvernement et la
vie politique pour
entreprendre une « nouvelle carrière » est
tout à fait faux. Les faits
démontrent que les services que Baird rend aux monopoles
privés font
partie de la politisation par les gouvernements des
intérêts privés et
indiquent à quel point l'État est entre les mains de ces
intérêts. De façon générale,
l'État néolibéral qui démantèle
l'autorité
publique est géré par et pour les monopoles
privés. Baird a servi ces
intérêts au cours de sa carrière de 25
années en tant que député au
gouvernement ontarien, député fédéral et
lorsqu'il a occupé divers
postes au Cabinet fédéral. Il a fait un travail
remarquable pour les
intérêts
privés en tant que ministre des Affaires
étrangères du Canada, faisant
preuve du plus grand chauvinisme en mettant le Canada sur le pied de
guerre contre ses compétiteurs. Pour Baird, ce n'est donc qu'une
extension du même plan de carrière mais avec des
récompenses encore
plus lucratives en bout de ligne. Ainsi, il sera fort de toute
l'expérience
de l'État, laquelle lui permettra d'aider les
intérêts privés à mieux
surmonter et détruire le droit public et défendre le
droit de monopole
au Canada et partout dans le monde.
Ce que Baird envisage de faire et la signification de
ces
nominations est très claire compte tenu de l'expérience
acquise par le
peuple canadien dans sa lutte contre le gouvernement Harper et le
diktat des monopoles qu'il a imposé et de l'expérience
acquise par les
peuples d'Asie, d' Afrique et d'Amérique latine dans leur lutte
contre
le droit des
monopoles privés ayant pignon au Canada.
L'appui du gouvernement Harper au droit de monopole
de l'industrie ferroviaire

Manifestation
des travailleurs du Canadien pacifique contre la loi de retour au
travail le 29 mai 2012
|
Quelles
compétences Baird a-t-il pour siéger au conseil
d'administration du
Canadien Pacifique ? Baird a été le ministre des
Transports du
gouvernement Harper entre le 30 octobre 2008 et le 6 août 2010.
Canadien Pacifique et
les autres monopoles du rail ont bénéficié
pleinement de l'appui du
gouvernement anti-ouvrier de Harper. Le 31 mai 2012, le gouvernement
adoptait un projet de loi forçant le retour au travail et
mettant fin à
une grève qui en était à son neuvième jour,
grève impliquant 4 800
travailleurs du Canadien Pacifique, mécaniciens, conducteurs,
agents de
triage et autres. Le gouvernement Harper a imposé cette loi au
nom de
la sécurité nationale et d'une « reprise
économique fragile » dans le
but de criminaliser le droit des travailleurs du Canadien Pacifique de
résister aux demandes de la compagnie visant à
détruire leurs régimes
de retraite et leurs primes de santé à la retraite ainsi
que
leur droit d'appuyer leurs propres revendications pour des conditions
de travail et des horaires sécuritaires. De la même
manière, le 15
février, le gouvernement Harper était sur le point
d'adopter un projet
de loi forçant le retour au travail des 3 000 mécaniciens
et autres
travailleurs du rail en grève lorsque le conflit a
été soumis à
l'arbitrage. Ainsi
va l'ordre du jour néolibéral du gouvernement qui veille
à ce que le
droit de monopole l'emporte sur le droit public, et que la
sécurité
publique des communautés où transige le transport
ferroviaire soit
gérée en vertu des « coûts »
encourus par les monopoles. Ceux-ci sont
libres de mettre en oeuvre leurs propres réglementations
manifestement défaillantes en matière de
sécurité.
Le rôle du gouvernement Harper dans la
promotion de Barrick Gold
Barrick
Gold Corporation est une société minière
aurifère dont le siège social
est à Toronto. Elle est active en Argentine, en Australie, au
Canada,
au Chili, en République dominicaine, en
Papouasie-Nouvelle-Guinée, au
Pérou, en Arabie saoudite,
aux États-Unis et en Zambie. Le fondateur de Barrick est Peter
Munk,
dont la famille a fui la Hongrie pendant la Deuxième Guerre
mondiale à
bord du train de Rudolf Kastner.[1] Barrick a d'abord été
une compagnie
privée de pétrole et de gaz mais suite à une
importante débâcle
financière, la compagnie est devenue publique en 1983 en tant
que
société minière aurifère.[2] En 1995 le nom
est devenu Barrick Gold
Corporation et, depuis, la société a pris de l'expansion
rachetant
d'autres compagnies minières au Canada et à
l'étranger. Munk a pris sa
retraite en tant que PDG en avril 2014 suite à une tentative
ratée de
fusion avec la géant étasunien de l'aurifère,
Newmont. Son fils
Anthony,
par contre, est toujours membre du conseil d'administration de Barrick.
La compagnie éprouve depuis quelques années des
difficultés financières
et des niveaux de dettes élevés. Ses actions valent moins
de la moitié
de ce qu'elles valaient en 2012. Le 18 février, Barrick a
annoncé une
perte nette de 2,85 milliards $ pour son quatrième
trimestre.
Le conseil consultatif
international de Barrick est composé de 10
conseillers externes issus des milieux dirigeants dont le rôle
est de
porter conseil au CA et aux gestionnaires sur des questions d'ordre
« géopolitique et stratégique ».
Brian Mulroney est le président de ce
conseil consultatif, mais celui-ci compte aussi d'anciens
représentants politiques de la Défense des
États-Unis et de
l'Allemagne, un ancien premier ministre de l'Espagne, l'ancien
président de la Chambre des représentants des
États-Unis, Newt
Gingrich, ainsi que Jeb Bush, l'ancien gouverneur de la Floride,
frère
de George W. Bush et candidat républicain potentiel à la
présidence.
Parmi les anciens
membres de ce conseil nous trouvons aussi George H. W. Bush, ancien
président des États-Unis et dirigeant de la CIA, ainsi
que le financier
international, Nathaniel Rothschild.
Baird et le gouvernement Harper ont des liens des plus
étroits avec
Barrick. En août 2012, Baird a ardemment pris la défense
de l'ancien
chef du cabinet Harper, Nigel Wright, lorsque celui-ci a dû
rendre des
comptes pour des allégations de lobbying alors qu'il
était accusé
d'avoir communiqué trois fois avec Barrick en mai 2012 pour
discuter
de « relations et de commerce internationaux »,
en particulier des
activités de Barrick en Argentine. Wright et Peter Munk sont des
amis
de longue date. Wright est le parrain du petit-fils de Munk. Aussi, le
16 mai, Baird a été approché directement par des
lobbyistes de Barrick.
Le lien entre Wright et Barrick lui a valu une enquête
menée par la commissaire à l'éthique en novembre
2012. En mai 2012,
Baird participait à une cérémonie au Musée
canadien de la Nature en
hommage à la contribution de 1 million $ de Barrick au
musée. En mai
2013, il est le principal orateur à la conférence de
l'École Munk des
Affaires internationales visant à promouvoir un changement
de régime en Iran. En janvier 2014, Baird est l'un des
politiciens
canadiens ayant participé à des réunions avec les
dirigeants du monde
des affaires canadien, dont Peter Munk, à l'occasion du Forum
économique mondial de Davos.
Il faut aussi noter que quatre ans et demi après
la nomination de
Baird au poste de ministre des Affaires étrangères le 8
mai 2011, on a
annoncé que l'Agence canadienne de développement
international (ACDI)
devenait le « partenaire » de Barrick pour
l'élaboration d'un projet au
Pérou, pays où la présence du monopole minier
était de plus en plus contestée. L'ACDI a accepté
de financer le projet
à 50 % et Barrick l'autre 50 %, et l'ONG privée
évangélique Vision
mondiale devenait le gestionnaire du projet.[3] Le gouvernement a
annoncé la subvention comme étant un « projet
de responsabilité
sociétale » visant à
« réduire la
pauvreté », alors qu'en réalité il ne
s'agissait que d'un moyen pour
payer les riches en offrant de l'aide financière directement
à un
monopole privé, lui permettant de financer son projet minier
à
l'étranger. Le projet conjoint entre Barrick et l'ACDI fait
partie de
la stratégie néolibérale du gouvernement Harper
qui comprend la
privatisation
du développement du pays hôte par le biais d'une compagnie
étrangère et
d'une ONG étrangère usurpant le rôle de
l'État
souverain. Le peuple
péruvien ne s'est pas laissé leurrer par une telle
« entente d'aide »
et continue de contester les pratiques minières de Barrick.

Il ne serait donc pas exagéré de
présumer que dans son nouveau poste
de membre du conseil consultatif de Barrick Baird fera avec
enthousiasme la promotion de ce monopole privé qui est
accusé de porter
atteinte aux droits humains et environnementaux partout dans le monde.
À chaque année des manifestations sont tenues à
l'intérieur et à
l'extérieur des réunions des actionnaires de Barrick
depuis 2007. Les
nombreux abus de Barrick sont bien documentés sur le site de
Mines
Alerte Canada :
Un règlement a été annoncé
le 6 février suite aux accusations
portées par des villageois tanzaniens contre Barrick Gold
d'Afrique et
ses filiales à l'effet que celles-ci étaient responsables
de complicité
avec la police qui défendait la mine Mara Nord, causant la mort
et
infligeant des blessures aux membres de la communauté .
De nouvelles preuves ont été
révélées le 27 novembre 2014 à l'effet
que les ententes entre Barrick Gold et les victimes de la violence
perpétrée par la police aux sites miniers de la
Papouasie-Nouvelle-Guinée et de Tanzanie visaient avant tout
à protéger
la compagnie de toute action légale et à éviter de
remédier à la
situation où les femmes
sont violées et les hommes blessés ou tués par les
agences de sécurité
minières.
Le 5 juin 2014, l'État canadien a
été trouvé coupable par le
Tribunal permanent des peuples (une initiative internationale mise en
place en 1979) pour avoir violé les droits humains en
Amérique latine
ainsi que pour son rôle à inciter, parrainer et
protéger les
investissements miniers canadiens à l'étranger. Cinq
compagnies
minières canadiennes
ont aussi été trouvées coupables, y compris
Barrick Gold.
En mai 2013, le gouvernement chilien a imposé
à Barrick une amende
de 16 millions $ pour avoir versé des déchets
contaminés de sa mine de
Pascua-Lama dans l'alimentation locale en eau.
En février 2010, les avocats de Barrick Gold ont
menacé de
poursuivre en justice l'éditeur canadien Talonbooks pour
diffamation
s'il publiait le livre Canada impérial Inc. : refuge
légal de choix pour les industries minières mondiales
d'Alain Deneault.
En février 2009, le gouvernement de la
Norvège retirait les actions
de son régime de retraite de Barrick Gold en raison de ses
activités
controversées à la mine Porgera en
Papouasie-Nouvelle-Guinée.
En 2009 et 2010, le projet Cortez Hills de Barrick Gold
au Nevada a
fait l'objet d'un litige alors que le peuple Te-Moak craignait que le
projet n'affecte la beauté scénique du mont sacré
Tenabo et qu'il
n'affecte considérablement la pratique religieuse du peuple
Shoshone de
l'Ouest.
En avril et mai 2008, les dirigeants autochtones de
quatre pays
s'opposant au développement minier aurifère à
grande échelle sur leurs
terres, ont décrit les répercussions néfastes des
activités de Barrick,
expliquant en détail les tactiques de Barrick servant à
« supprimer les
voix dissidentes, diviser les communautés et manipuler la
politique locale et nationale ».
En février 2007, plus de 3 000 personnes se sont
rassemblées contre
la présence de Barrick dans le district de Quiruvilca au
Pérou,
contestant le fait que la compagnie n'avait pas respecté son
engagement
d'embaucher des résidents locaux.
Le 4 octobre 2005, le gouvernement provincial de
Marinduque aux
Philippines a intenté un procès contre la
société mère de Marcopper,
Placer Dome, pour la somme de 100 millions $ en dommages en raison
des
importants dommages environnementaux causés par la mine
Marcopper
abandonnée. Barrick a fait l'acquisition de Placer
Dome en 2006 et, dix ans plus tard, la poursuite judiciaire est
toujours pendante.[4]
En passant du gouvernement à l'entreprise
privée, Baird va se servir
des liens internationaux qu'il a établis lorsqu'il était
au
gouvernement Harper pour tenter de « persuader »
les gouvernements
étrangers de se plier aux demandes de Barrick visant à
mettre en place
des mines lucratives dans leurs pays, tout en bafouant les droits
humains et les préoccupations environnementales. Le fait que
Baird
devient partie prenante du monopole Barrick Gold est conforme à
la
« Nouvelle diplomatie économique » de
Harper, laquelle vise à la
participation directe des intérêts privés
privilégiés à la gouvernance.
Tout comme les membres du Service extérieur canadien doivent
travailler directement pour promouvoir les intérêts
privés mondiaux des
monopoles les plus puissants au sein des États-Unis des
monopoles de
l'Amérique du Nord, d'anciens membres du Service
extérieur comme Baird
peuvent agir de même en fonction de leurs nouveaux postes au sein
même
des monopoles.
Le transfert de Baird vers l'industrie privée,
(Barrick Gold,
Canadien Pacifique et Richard Li), immédiatement après
son départ du
parlement révèle une fois de plus les liens
intéressés qui existent
entre les représentants des gouvernements
néolibéraux et les intérêts
des entreprises privées qu'ils servent. Il met encore une fois
en
lumière la notion
néolibérale absurde à l'effet que les
intérêts privés des entreprises,
l'intérêt public et l'économie nationale ne font
qu'un. Cette notion
sera rejetée par la force du peuple en action pour une nouvelle
direction pour la société et pour l'économie.
Notes
1. Voir « Pourquoi
Raoul
Wallenberg ?
Qui
était-il ?
Qu'a-t-il
fait ? »,
LML, 11
février 2015, numéro 6
2. La fondation charitable de Munk fait d'importants
dons
à l'université de Toronto et ces dons ont permis de
mettre en place l'École Munk des affaires
étrangères ainsi que les Débats Munk. Le plus
récent contrat de sa fondation a été conclu dans
le secret le plus total. Dans son livre publié en 2010, Le
problème avec les
milliardaires, Linda McQuaig affirme que le don le plus
récent de Munk a été fait à condition que
l'école « soit conforme aux opinions et à la
sensibilité politique de Peter Munk ». David Naylor,
ancien président de l'université de Toronto alors que
l'École Munk a été mise sur pied, est maintenant
un membre du conseil
d'administration de Barrick.
4. Le fondateur de Vision Mondiale, Robert Pierce, s'est
servi du cinéma comme principal outil de mise en marché.
Ces films, portant des titres tels « La peste
rouge » et « Le communisme, un
poison », ont répandu la rhétorique
anticommuniste de la Guerre froide. Ian Buchanan, l'auteur de Les
armées de
Dieu : une étude en christianisme militant (2010),
suggère que Vision mondiale est en fait intégrée
au Département d'État des États-Unis.
Le premier ministre Stephen Harper ainsi que plusieurs
membres de son caucus, sont des chrétiens
évangéliques ainsi que des anticommunistes virulents.
4. Le
rapport
de
Mines
Alerte
sur
Barrick

XIXe Séminaire international
«Les partis et une nouvelle société»
Des partis politiques réunis au Mexique
délibèrent
sur les développements actuels
Du 12 au 14 mars s'est tenu le XIXe Séminaire
international « Les
partis et une nouvelle société » à
l'invitation du Parti du travail
mexicain (PT).
Plus de 300 participants représentant 132 partis
politiques, venus
de 40 pays, ont échangé des points de vue et
délibéré sur les
événements actuels. Ils étaient accompagnés
de plusieurs délégués
mexicains venus des différents États de la
République.
Au cours des trois jours de séminaire les
délégués étaient appelés à
donner leurs vues sur trois thèmes spécifiques :
1. La contre-offensive de l'impérialisme contre
les gouvernements et projets alternatifs de nation - coup d'État
de nouveau type
2. La consolidation, la défense et la
contre-attaque des
gouvernements et projets alternatifs de nation en opposition aux
agressions impérialistes
3. Thèmes de conjoncture telle que les
défis d'un nouveau monde multipolaire et processus de paix dans
le monde.
La délégation du Parti communiste du
Canada (marxiste-léniniste)
menée par la première secrétaire du Comité
central a fait une
présentation qui avait pour objectif de combattre l'illusion
qu'une
société juste peut être créée suivant
le modèle néolibéral. Elle a
également analysé et critiqué la position
néolibérale sur l'égalité et
la promotion du
livre de Thomas Piketty Le capital au XXIe siècle.
L'intervention s'est terminée avec une explication du besoin de
développer une théorie économique centrée
sur l'être humain comme
alternative à la théorie économique centrée
sur le capital.
Les trois jours de délibération ont
été marqués par un grand esprit
d'unité internationaliste contre les manoeuvres et agressions
impérialistes dans le monde. Ainsi plusieurs participants ont
tour à
tour dénoncé les récentes menaces d'agressions des
impérialistes
étasuniens contre le Venezuela et ont manifesté, à
travers une
déclaration, leur appui
unanime à la révolution bolivarienne, au président
Maduro, à son
gouvernement et au peuple vénézuélien.
Des exposés sur la situation en Ukraine, en Syrie
et en Palestine en
particulier ont été présentés et des
résolutions ont été adoptées en
appuis à ces peuples, contre les agressions impérialistes
et pour la
non-ingérence dans les affaires internes des peuples de la
région.
Ouverture du XIXe
Séminaire par Alberto Anaya, député et
chef du Parti des travailleurs du Mexique
Un représentant des familles des 43
étudiants-enseignants disparus
d'Ayotinapa a également pris la parole pour dénoncer le
terrorisme
d'État, les disparitions forcées et les assassinats que
subissent les
activistes et le peuple mexicain dans leurs luttes pour la
défense de
leurs droits et a exigé que leurs enfants leur soient
retournés vivants.
Plusieurs autres résolutions ont également
été adoptées, comme
celles en appui au peuple cubain avec le retour des cinq héros
et
l'ouverture des pourparlers sur le rétablissement des relations
diplomatiques avec les États-Unis, contre l'escalade militariste
de
l'impérialisme et de l'OTAN, en appui au droit à
l'autodétermination de
Porto Rico et
pour la libération du prisonnier politique portoricain Oscar
Lopez
Rivera, détenu depuis plus de 33 ans dans les prisions
étasuniennes,
et une en appui au Parti du travail de Corée et au peuple
coréen dans
leurs efforts pour construire un État prospère et
puissant, pour
l'établissement de la paix et la sécurité et pour
la réunification du
pays.
Le séminaire s'est conclu avec la convocation des
participants au XX Séminaire qui se tiendra en mars 2016
à Mexico.
Résolutions
Résolution en solidarité avec la Syrie et
les
peuples qui résistent à
la barbarie impérialiste dans la région
- Présentée
par Leila Ganem, présidente du Forum social de Beyrouth -
La
stratégie des États-Unis et de l'OTAN contre la Syrie, de
même que celle
d'Israël et des États réactionnaires du Golfe ont
atteint un
degré
sans précédent avec un appui financier de deux milliards
de dollars en
2015 et le recrutement de 5000 nouveaux mercenaires à envoyer en
Syrie.
Les déclarations de l'Alliance internationale
contre l'État
islamique (EI) sont une collection de mensonges. Les États-Unis
veulent
tenir DAESCH (EI) loin de ses frontières et de celles des pays
pétroliers du Golfe tout en poursuivant son objectif de faire
imploser
la Syrie, l'Iraq, le Liban, la Libye et le Yémen.
La conversion de l'EI en second pays exportateur de
pétrole dans la
région (derrière l'Arabie Saoudite) sert bien leurs
intérêts alors que
la baisse des prix du pétrole affecte principalement le
Venezuela,
l'Iran et la Russie.
Mais leurs objectifs criminels ne passeront pas parce
que les
peuples du Proche-Orient résistent à l'offensive barbare
impérialiste.
Ils sont à gagner des batailles sur tous les fronts contre une
grande
concentration de forces impérialistes et sionistes.
Cette résistance est celle de l'humanité
tout entière et aussi la vôtre ici en Amérique
latine.
Ces peuples ont besoin de votre solidarité et de
celle de vos peuples.
Nous déclarons donc dans ce Séminaire
international tout notre appui
à la résistance des peuples du Proche-Orient contre les
barbares.
Déclaration contre l'ingérence
impérialiste et pour la défense
de la souveraineté vénézuélienne
Les
132 partis politiques de 40 pays réunis au Séminaire
international
« Les partis et une nouvelle
société » qui se tient dans la ville de
Mexico du 12 au 14 mars 2015 désirent faire connaître
à l'opinion
internationale ce
qui suit :
Nous rejetons de la manière la plus
énergique le « Décret
exécutif »
émis par le président Barack Obama, le 9 mars, dans
lequel il qualifie
la République bolivarienne du Venezuela de menace inhabituelle
et
extraordinaire à la sécurité nationale et à
la politique extérieure des
États-Unis.
Nous déclarons que s'il y a une menace à
la sécurité nationale et la
souveraineté de l'Amérique latine et des Caraïbes et
de tous les
peuples du monde, c'est l'agression impérialiste que
mènent les
États-Unis dans sa tentative désespérée de
maintenir son hégémonie en
déclin et le contrôle des ressources stratégiques
de la planète.
Nous considérons ce décret
étasunien comme une déclaration de guerre
qui viole la souveraineté non seulement de la République
bolivarienne
du Venezuela mais de toute l'Amérique latine et des
Caraïbes, une région
de paix qui maintient des positions anti-impérialistes et
anticoloniales fermes.
Nous exigeons du gouvernement des États-Unis
qu'il respecte
l'autodétermination des peuples et la non-ingérence dans
les affaires
internes des autres pays en conformité avec le droit
international et
notre esprit de liberté et indépendance.
Nous nous solidarisons avec militantisme avec le peuple
vénézuélien
et donnons notre plus ferme et inconditionnel appui au gouvernement
bolivarien et chaviste que dirige le camarade président Nicolas
Maduro.
Résolution sur Porto Rico
- Présentée
par le Mouvement
national indépendantiste hostusiano (MINH) et le Front
socialiste de
Porto Rico -
Le XIXe Séminaire international « Les
Partis et une nouvelle société » réuni
à Mexico du 12 au 14 mars 2015
1. réaffirme son appui au peuple portoricain dans
sa lutte pour l'autodétermination et l'indépendance
nationale ;
2. reconnait que l'indépendance de Porto Rico,
nation caribéenne et
latino-américaine, est indispensable à la
réalisation du grand objectif
de la pleine indépendance de notre Amérique ;
3. réclame du gouvernement des États-Unis
la libération immédiate du
prisonnier politique portoricain Oscar Lopez Rivera, qui se trouve
privé de sa liberté depuis plus de 33 ans pour sa
participation à la
lutte pour l'indépendance de Porto Rico.
4. Oscar Lopez Rivera est le prisonnier politique le
plus ancien
dans notre Amérique. La demande de sa libération
immédiate est soutenue
par tout le peuple de Porto Rico et par de grands secteurs de la
communauté internationale.
Résolution sur Cuba
Les participants au XIXe
Séminaire international « Les Partis et une nouvelle
société » qui se
tient à Mexico du 12 au 14 mars 2015, appuient le processus
d'application des « orientations pour la politique
économique et
sociale du Parti et de la révolution » que
mène le Parti
communiste de Cuba, en unité avec son peuple, ayant pour
objectif
d'actualiser le modèle économique cubain et garantir la
continuité et
l'irréversibilité du socialisme
« prospère et durable », le
développement économique du pays et
l'élévation du niveau de vie de la
population.
La direction du Parti en lien permanent avec le peuple,
analyse
systématiquement les mesures à adopter pour
préserver les acquis
sociaux et réaliser les changements qui produiront les
transformations
économiques et sociales nécessaires.
Nous exprimons notre profonde satisfaction pour le
retour dans leur
patrie des cinq héros antiterroristes cubains, qui sont
restés
injustement incarcérés au États-Unis pendant plus
de seize années.
Nous saluons le commencement d'un processus visant le
rétablissement
des relations diplomatiques entre les États-Unis et Cuba,
résultat de
la ferme résistance du peuple cubain et de la solidarité
internationale
qui a isolé le gouvernement étasunien dans sa propre
politique
d'isolement à l'encontre de ce pays frère.
Nous condamnons le blocus économique, financier
et commercial du
gouvernement des États-Unis contre Cuba. Nous
réitérons l'urgence qu'il
soit levé. Sans justifications, ce blocus génocidaire a
été imposé il y
a cinquante-cinq années contre le peuple cubain, à
travers lequel
l'impérialisme a tenté en vain de fissurer la
décision irrévocable du
peuple de Cuba à défendre son droit de construire son
avenir de manière
souveraine.
Nous réclamons également que Cuba soit
exclu de la liste des pays promoteurs de terrorisme du
Département d'État nord-américain.

Dans l'actualité
L'Iran promet de répondre fermement à
toute menace
Le 2 avril 2015, le
ministre iranien de la Défense, le général de
brigade, Hossein Dehqam, a vivement critiqué son homologue
américain
pour avoir menacé l'Iran d' actions militairesalors qu'avaient
lieu des
négociations diplomatiques pour parvenir à un accord sur
le programme
nucléaire de l'Iran. La République islamique
répondra
« fermement » sur le champ de bataille à
toute menace, a-t-il dit.
Le ministre Dehqam a déclaré que les
récents commentaires du
secrétaire américain à la Défense, Ashton
Carter, visent à saper les
négociations en cours entre l'Iran et la Russie, la Chine, la
France,
la Grande-Bretagne, les États-Unis et l'Allemagne (connus sous
le nom de P5 +
1) sur le programme nucléaire de l'Iran. Le 31 mars, Carter a
déclaré
que
l'utilisation de la force militaire contre l'Iran est une option si les
négociations entre l'Iran et le P5 + 1 ne parviennent pas
à un accord
sur le dossier nucléaire de l'Iran.
« Bien sûr, cela n'aura aucun effet sur
les positions documentées,
logiques et justes de l'Iran sur la question nucléaire, a
déclaré le
ministre des Affaires étrangères Dehqam, qui a
ajouté que de telles
déclarations visent à dramatiser la question afin
d'influencer
« le
climat rationnel » des négociations sur le
nucléaire en
cours.
« De telles remarques vides, toujours
répétées par certains
responsables américains, sont un signe de leur insatisfaction et
n'ont
aucune valeur », a ajouté Dehqam.
Le secrétaire américain à la
Défense a clairement oublié les
défaites passées et récentes des États-Unis
au Moyen-Orient et dans le
monde, a déclaré Dehqam.

L'armée américaine va mettre sur pied une
force spéciale pour l'Amérique latine
L'armée
américaine va déployer une nouvelle force spéciale
pour
l'Amérique latine, selon un article publié le 1er avril
sur le site Web
Defensa.com.
La force de 250 soldats sera déployée
à partir de la base militaire
américaine de Soto Cano à Palmerola, au Honduras. Le
déploiement
comprend quatre hélicoptères armées et le navire
amphibie JHSV
Spearhead.
La force spéciale fonctionnera de manière
similaire à la force
spéciale d'intervention terrestre, aérienne et marine des
États-Unis en
cas de crise en Afrique, une unité de combat conçue pour
intervenir
lors de situations critiques.
La nouvelle unité deviendrait
opérationnelle entre juin et novembre.
Plus tôt cette année, il a
été annoncé que plus de 3 000 marines
américains seraient déployés au Pérou en
septembre, afin de participer
à des opérations conjointes.
L'annonce de la nouvelle force spéciale
américaine survient après
que Ernesto Samper, le secrétaire général de
l'Union des nations
sud-américaines (UNASUR), a demandé que le prochain
Sommet des
Amériques délibère sur l'interdiction de bases
militaires étasuniennes
en Amérique latine.
« Un bon point à l'ordre du jour des
relations [en Amérique latine]
serait l'élimination des bases militaires
étasuniennes », a déclaré
l'ancien président colombien à l'agence de nouvelles EFE.
Il a ajouté
que les bases sont « un vestige de l'époque de la
guerre froide et
d'autres affrontements ».
Samper a également critiqué les
États-Unis pour leur pratique de
prendre des mesures unilatérales afin de poursuivre leurs
objectifs en
Amérique latine. Le dernier exemple est la déclaration
des États-Unis qualifiant le Venezuela de menace pour sa
sécurité
nationale,
a-t-il dit.
« Dans notre monde de mondialisation, vous ne
pouvez pas demander
des règles mondiales pour l'économie et maintenir des
règles
unilatérales pour la politique. Aucun pays n'a le droit de juger
la
conduite d'un autre et encore moins d'imposer de son propre chef des
sanctions et des pénalités », a-t-il
souligné.
(TeleSur, RT)

Les relations entre Cuba et les
États-Unis
Rencontre sur les droits humains
Pedro Luis Pedroso Cuesta,
chef de la délégation cubaine, a tenu une
conférence de
presse au terme des conversations qui se sont tenues
au Département d'État
à Washington le 31 mars 2015.
Le 31 mars 2015 a eu lieu une première
réunion entre les délégations
de Cuba et des États-Unis sur un ensemble de questions
liées aux droits
humains. Pedro Luis Pedroso, sous-directeur général des
Affaires
multilatérales et du Droit international au ministère des
Relations
extérieures, a expliqué lors d'une conférence de
presse à la Havane que
Cuba a proposé la réunion en juillet 2014. L'offre a
été répétée
etacceptée par les États-Unis en janvier alors que se
déroulaient les
pourparlers sur le rétablissement des relations diplomatiques.
Pedro Luis Pedroso a expliqué que Cuba veut que
ce dialogue
sur les droits humains se déroule sur des bases
réciproques, sans
conditions préalables et dans le respect de la
souveraineté et de
l'indépendance des deux parties.
Il a ajouté que Cuba ne se considère pas
parfaite et reconnaît qu'il
reste encore d'importants objectifs à atteindre. Cependant, il a
rappelé la reconnaissance que le pays a reçue au dernier
Examen
périodique universel du Conseil des droits de l'homme des
Nations
unies, où la communauté internationale a salué et
félicité Cuba pour
ses
réalisations dans des domaines comme l'éducation, la
santé et l'accès
aux droits culturels, et la contribution que l'île a faite dans
ces
mêmes domaines dans d'autres pays.
Pedroso a ajouté que le dialogue sera
également l'occasion pour Cuba
de faire part de ses préoccupations au sujet de la situation des
droits
humains aux États-Unis et ailleurs dans le monde où les
États-Unis ont
une influence directe.
« Ces pourparlers sont une indication de la
volonté de Cuba
d'aborder tous les sujets avec les États-Unis malgré nos
différences,
sur une base d'égalité et de
réciprocité, » a-t-il dit.
« Nous sommes pleinement conscients de nos
profondes différences
avec le gouvernement des États-Unis en matière de
systèmes politiques,
de démocratie et de droit international; en même temps,
nous maintenons
notre volonté sans faille que les deux pays engagent un dialogue
civilisé dans la reconnaissance et le respect de ces
différences », a-t-il ajouté.
Répondant à des questions sur les
frictions possibles sur des sujets
spécifiques tels que les droits politiques, Pedroso a
déclaré que Cuba
maintient qu'il existe différents modèles politiques et
démocratiques
et n'accepte pas qu'un seul modèle soit pris comme
référence.
Il a également souligné que le droit
international reconnaît le
droit de chaque pays de mettre en place le système politique
qu'il juge
le plus approprié conformément à ses conditions,
ses spécificités, son
histoire et son histoire économique et sociale.
Communiqué de presse suite à la
première réunion entre Cuba
et les États-Unis sur les droits de l'homme
Le 31 mars 2015 a eu lieu une première
réunion entre les
délégations des États-Unis et Cuba sur un ensemble
de questions liées
aux droits de l'homme, en conformité avec la proposition
formulée par
Cuba au mois de juillet 2014, et acceptée par les
États-Unis en janvier
de l'année en cours.
Tomasz Malinowski, secrétaire d'État
adjoint en charge de la
Démocratie, des Droits de l'homme et du Travail, et Pedro Luis
Pedroso
Cuesta, sous-directeur général pour les Affaires
multilatérales et le
Droit international du ministère cubain des Relations
extérieures, ont
présidé leurs délégations respectives, qui
ont échangé dans un climat
respectueux et professionnel.
Les représentants cubains ont exprimé leur
intérêt à ce que ce dialogue contribue à un
traitement efficace et non
discriminatoire du thème des droits de l'Homme, dans le plein
respect
de l'égalité souveraine, l'indépendance et la non
ingérence dans les
affaires intérieures des parties.
Par ailleurs, la délégation cubaine a
insisté sur la nécessité
d'établir un équilibre adéquat entre les questions
liées à la sphère
des droits civils et politiques et les droits économiques,
sociaux et
culturels.
La délégation cubaine a fait part de ses
profondes préoccupations
par rapport à la garantie et la protection des droits humains
aux
États-Unis. Elle a manifesté en particulier son
inquiétude en ce qui
concerne l'aggravation de la brutalité et des abus policiers
suivant un
modèle discriminatoire, ainsi que les restrictions à
l'exercice des
droits du
travail et des libertés syndicales internationalement reconnues.
De même, Cuba a souligné les violations des
droits de l'homme
commises au nom de la dénommée lutte contre le
terrorisme, y compris le
recours à la torture, aux exécutions extrajudiciaires
menées avec des
drones, à l'espionnage et à la surveillance
extraterritoriale.
Consciente des profondes divergences de vues avec le
gouvernement
des États-Unis en matière de systèmes politiques,
de démocratie, de
droits de l'homme et de droit international, Cuba a
réitéré sa position
invariable selon laquelle les deux pays peuvent entretenir des
relations de façon civilisée dans la reconnaissance et le
respect de
ces
différences, ainsi que sa volonté d'engager avec les
États-Unis un
dialogue sur n'importe quel sujet, dans un cadre
d'égalité, de respect
et de réciprocité.
Ministère des Relations extérieures de Cuba
Le 31 mars 2015

Le bureau consulaire de Cuba à Washington
toujours privé de services bancaires
- Jorge Legañoa, Granma
International -
Depuis plus d'une année, le manque d'accès
à des services bancaires
a entravé les opérations normales et la prestation de
services
consulaires complets.
Carlos Núñez a dû voyager quelque
1500 km de Miami à Washington, DC,
afin de faire traiter certains documents urgents au seul bureau
consulaire cubain aux États-Unis.
Son histoire est semblable à celle de milliers
d'autres personnes
qui ont été touchées par l'impossibilité
d'accéder aux services
bancaires de la mission diplomatique cubaine, ce qui lui permettrait de
fournir des services consulaires complets.

Le bureau
consulaire de la Section des Intérêts de Cuba à
Washington
|
« Je suis venu pour obtenir des documents
parce que je vais me
marier à Cuba et je suis en train de régler les papiers
légaux.
J'espère que le problème des services bancaires sera
résolu bientôt
parce que c'est compliqué de voyager de si loin et
également d'avoir à
payer en argent comptant pour tous les documents », nous dit
Carlos Núñez, qui vit aux États-Unis depuis 35 ans.
Pour retracer l'historique de ce problème, nous
nous sommes rendus
au bureau consulaire de Cuba sur la 16 St. à Washington,
où nous avons
rencontré plusieurs Cubains qui, malgré le froid, avaient
fait le
voyage pour obtenir leurs documents.
María Cantero vit dans la capitale
américaine depuis huit ans et
nous a dit que parfois, en raison des contraintes du système
bancaire,
elle a dû envoyer ses documents par le biais d'une agence de
voyage de
Miami à cause de l'absence de tout service consulaire dans sa
région,
ce qui entraîne des coûts supplémentaires.
« C'est un manque de respect que les banques
n'offrent pas ce service aux Cubains », dit-elle.
Malgré des demandes
répétées, la mission diplomatique cubaine dans
le nord du pays n'a pas trouvé de remplaçant à la
M & T Bank qui a
cessé d'assurer ses services à la mission en novembre
2013.
Selon des déclarations des autorités
américaines, elles ont cherché
pendant des mois à remplacer M & T Bank, mais il est
très difficile
de trouver une autre banque qui va travailler avec Cuba à cause
des
sanctions imposées par Washington à ce pays.
Les restrictions impliquent plus de travail pour les
institutions
bancaires qui sont soumises à un contrôle constant des
autorités et
font face à des amendes élevées en cas
d'irrégularités.
« Nous avons entrepris immédiatement
de trouver une nouvelle banque
avec qui travailler, mais jusqu'à présent cela n'a pas
été possible,
toutes répondent qu'elles ne peuvent pas faire affaire avec
Cuba, car
elle se trouve sur la liste de pays qui, soit disant, soutiennent le
terrorisme dans le monde et il existe une réglementation contre
Cuba en raison de la liste », a expliqué Juan
Lamigueiro, second chef
de la Section d'intérêts de Cuba à Washington.
Depuis plus d'un an, les services consulaires ont
continué de
fonctionner, mais seules les démarches motivées pour des
raisons
humanitaires continuent de recevoir un traitement rapide et les
paiements sont effectués en argent comptant, ce qui a nui
à l'ensemble
de la communauté cubaine aux États-Unis et empêche
le personnel de la
mission
d'assurer un fonctionnement normal.
« Ce qui auparavant était fait par une
transaction bancaire, un
geste électronique, doit être fait aujourd'hui en personne
au consulat
et payé en argent comptant. Cela a eu un fort impact non
seulement sur
nos conditions de travail, mais aussi sur nos conditions de vie, car
cela nous oblige à faire tous nos paiements en argent
comptant », a ajouté le diplomate.
Le vendredi 27 mars, la Section des
intérêts cubains a décidé une
fois de plus de prolonger la prestation de ses services, qui se
poursuivra par l'intermédiaire des agences de voyages qui ont
des liens
avec le bureau consulaire ou directement à son siège
à Washington, tout
en réitérant que les demandes pour des raisons
humanitaires
continueront
de recevoir un traitement rapide.
Des conditions dangereuses pour les agences
Nous
avons parlé de ce problème avec Costamar Travel, une
agence de voyage
du New Jersey, l'un des États des États-Unis qui a le
plus grand nombre
de résidents cubains.
Caridad Noemi García Monteagudo, une Cubaine qui
se distingue par
son style des Caraïbes au milieu d'un Washington glacial, est une
représentante de l'agence et elle nous a expliqué
certaines des
difficultés auxquelles elle doit faire face dans son travail.
« C'est très difficile et
compliqué, mais surtout risqué d'avoir un
tel volume d'argent liquide, que nous devons transporter avec nous lors
de nos déplacements mensuels au consulat à Washington
pour un
rendez-vous », dit-elle.
Yoandra Pérez, présidente de Caribe
Service & Travel
Corporation, basée en Floride, nous a dit la même
chose :
« Aujourd'hui, nous avons voyagé avec environ 60 000
dollars en
espèces, et j'imagine que les compagnies de vols charters (les
compagnies aériennes qui font la liaison avec Cuba) en ont bien
plus
encore, ce qui est
très dangereux, risqué et une contrainte
énorme. »
« Auparavant, tous les paiements
étaient faits avec des chèques
d'entreprise que nous envoyions par la poste, cela était rapide
et
facile. Il faut que cela change et il faut que Cuba ait accès
à une
banque aux États-Unis pour faciliter la prestation des services
consulaires », a-t-elle ajouté.
Lorsque on lui demande si cette situation nouvelle a
entraîné des
hausses, García Monteagudo, qui travaille dans une agence de
voyage
depuis 27 ans, nous a confirmé que les entreprises qui se
trouvent dans
des États plus éloignés de la capitale ont
dû augmenter les prix pour
le traitement des passeports, des documents et la
régularisation, bien
qu'elles aient essayé de s'assurer que cela n'affecte pas leurs
clients. « Mais c'est presque impossible, c'est un grand
risque »,
dit-elle.
Pour l'avocat cubain, Manolo Gómez, qui est
résident américain
depuis 1961, il est inconcevable que les agents de voyage doivent aller
à Washington avec une valise littéralement remplie
d'argent liquide
pour le traitement d'affaires consulaires, un problème qui
gêne
l'ensemble des activités.
« À Miami, on se plaint de ce
problème, il doit être résolu ; cela
n'a aucun sens », dit Gómez, qui ajoute que le
personnel du consulat
doit être en train de devenir fou d'avoir à gérer
autant d'argent
liquide.
« Le bureau consulaire a même dû
réduire la quantité de passeports
qui peuvent être émis et un certain nombre de services
qu'assure
habituellement un bureau de ce genre, et ou bien ça ne peut pas
être
fait ou alors cela prend plus de temps », dit-il.
Son collègue avocat cubain et résident aux
États-Unis, Luis Rumbaut,
abonde dans le même sens : « Dans le contexte
plus large, il s'agit de
tout le pays, qui est très vaste. Si vous êtes en Floride,
à Chicago,
en Californie, en Oregon, ce n'est pas rien d'avoir à vous
déplacer à
Washington ».
Il y a quelques décennies, Cuba avait des
consulats dans plusieurs
régions du pays, aujourd'hui il n'y en a qu'un seul qui
fonctionne dans
les conditions que nous avons décrites. De plus, le consulat est
petit
« parce que nous n'avons pas réussi à trouver
un espace plus grand, dit
Rumbaut. Lorsque les gens arrivent pour faire remplir leurs
documents, l'édifice se remplit et des queues énormes se
forment. »
L'avocat Manolo Gómez, qui fait remarquer que les
procédures sont
beaucoup plus lentes, n'en fait pas moins l'éloge des diplomates
de
l'île : « Malgré tout le fardeau de
travail, ils font un excellent
travail pour assurer tous les services que demande la
communauté. »
Cuba s'assure que toutes les missions diplomatiques sur
l'île, y
compris la Section des intérêts des États-Unis, ont
accès aux services
bancaires. Toutefois, la mission cubaine à Washington a
été incapable
d'avoir accès à des services bancaires, quelle que soit
l'institution,
bien que les autorités américaines disent chercher une
solution.
Josefina Vidal, directrice générale de la
division des affaires
américaines du ministère des Affaires
étrangères cubain, a réitéré lors
des négociations récentes avec les représentants
des États-Unis la
nécessité de résoudre ce problème le plus
rapidement possible et de
respecter toutes les conditions prévues par les traités
internationaux.
L'absence de ces services, qui dure depuis plus d'une
année, pour la
Section d'intérêts de Cuba à Washington est l'un
des principaux
obstacles au rétablissement de relations diplomatiques et
à la
réouverture des ambassades à Washington et à La
Havane.

Les États-Unis affirment avoir supprimé
de la liste
des sanctions des entités liées à Cuba
Les médias monopolisés internationaux ont
fait grand bruit de la
plus récente révision routinière effectuée
par le Trésor américain de
ce qu'on appelle la Liste des ressortissants spécifiquement
désignés.
Il s'agit d'un examen régulier qui vise à retirer de la
liste les
entreprises et les institutions qui n'existent plus et les individus
qui sont
décédés.
Granma explique que la liste des ressortissants
spécifiquement désignés est une « liste
noire » qui comprend des
individus, des entreprises et des institutions qui opèrent au
nom de
pays qui font l'objet de sanctions économiques de la part des
États-Unis,
comme Cuba, et avec lesquels aucun individu ou aucune entreprise
des États-Unis ne peut réaliser de transactions
économiques,
commerciales ou financières. Les biens de ceux qui sont sur la
liste
sont confisqués et leurs comptes bancaires gelés.
Paula Martínez Alonso écrit le 25 mars
2015 dans Granma :
« Selon les informations publiées,
suite à cette révision, le
Département du Trésor a décidé de retirer
de cette liste 45 entités
cubaines ou liées à Cuba parmi lesquelles se trouvent 28
entreprises,
11 bateaux et 6 personnes, majoritairement liés à
l'industrie du
tourisme. Les médias qui ont rapporté cette information
n'ont pas pris
la peine
de vérifier si ces entités existent ou non et si les
personnes
mentionnées sont vivantes ou non.
« Ceux qui pourraient penser qu'on est en
présence d'une décision
d'une vaste portée en relation avec la politique des
États-Unis envers
Cuba devraient lire attentivement ce qu'en dit une fonctionnaire non
identifiée du Département du Trésor à
l'agence de presse étasunienne
AP. Elle a dit que la révision est le fruit d'un examen de
nature interne qui n'a rien à voir avec les changements
annoncés
récemment par le président Obama.
« Ce que n'ont pas dit cette fonctionnaire et
les médias, c'est que
le blocus contre Cuba reste entier et qu'il continue à affecter
plus de
11 millions de Cubains et des milliers d'entreprises et d'institutions
de notre pays, et continue à châtier, par son application
extra-territoriale, des entités de pays tiers.
« L'amende de 1,7 milliard $
imposée 12 mars dernier à la banque
allemande Commerzbank, la deuxième en importance à avoir
été imposée
par les États-Unis, pour avoir violé les sanctions contre
Cuba, l'Iran,
le Soudan et Myanmar montre bien que cette politique est toujours en
vigueur. »

25e anniversaire de l'indépendance
de la Namibie
Allocution de Jorge Risquet Valdés
Affiche de Californie
d'appui à la SWAPO et à l'indépendance de la
Namibie.
Le mot d'ordre « Une Namibie, Une Nation »
était le cri de
ralliement de tous
les Namibiens à s'unir pour vaincre l'apartheid.
LML publie
l'allocution de Jorge Risquet Valdés faite le 31 mars
2015 à la Casa de la Amistad de Cuba, pour souligner le 25e
anniversaire de l'indépendance de la Namibie. Jorge Risquet
Valdés a
été chef de la diplomatie cubaine en Afrique des
années 1970 aux années
1990 et négociateur en chef de Cuba aux pourparlers qui ont mis
fin à l'apartheid en Afrique du Sud.
* * *
Chers compatriotes :
Le 21 mars il y a un quart de siècle a
été un des jours les plus heureux de ma vie.
Ce fut une telle émotion de voir le
président sud-africain De Klerk
abaisser le drapeau de l'odieux régime d'apartheid et Sam Nujoma
hisser
celui de la Namibie indépendante, dirigée par la SWAPO,
l'organisation
combattante qui dirigea la lutte héroïque du peuple pour la
liberté !
Nous avons partagé cette émotion avec le
commandant de la révolution
cubaine, Juan Almeida Bosque, président de notre
délégation, et le
général Leopoldo Cintra Frías, le chef des troupes
cubaines qui aux
côtés des Angolais et de la SWAPO ont vaincu les forces du
régime
raciste de Pretoria à Cuito Cuanavale, T'Chipa et Calueque.

Jorge Risquet
Valdés lors de sa visite à Toronto en septembre 2013
|
L'identification et la confiance mutuelle entre Cuba et
la SWAPO
étaient telles que notre ambassadeur dans cette
République naissante,
Angel Dalmau, a présenté ses lettres de créances
plusieurs heures avant
la cérémonie du drapeau marquant la naissance de la
République de
Namibie.
Bien sûr, notre ambassadeur actuel en Namibie,
Giraldo Mazola, faisait également partie de cette
délégation.
Comme si cela n'était pas assez d'émotions
en ce jour de victoire,
nous avons pu embrasser Nelson Mandela, à peine un mois
après sa
libération de son emprisonnement long et cruel, qui était
présent à cet
événement joyeux et inoubliable.
Le vendredi 27 mars, notre télévision a
présenté le film d'Estela Bravo Namibia — la
última colonia
(Namibie, la dernière colonie) qui comprend les paroles
admirables de
Mandela sur le rôle déterminant des troupes cubaines dans
la victoire
sur les envahisseurs racistes et les conséquences politiques qui
ont
conduit à la fin de
l'apartheid en Afrique du Sud.
« Cuito Cuanavale fut le point tournant dans
la lutte pour libérer le continent et notre pays du fléau
de l'apartheid !
« [...] Mes collègues et
moi-même avons été emprisonnés pendant
près
de 30 ans et cette période nous a semblé remarquablement
courte, car
nous savions que nous avions des amis forts presque partout dans le
monde. Et un de ces amis qui a été très
dévoué et dont la voix a été
très claire a été le camarade Fidel Castro.
« Nous n'avons jamais douté qu'en lui
et à Cuba, nous avions des
amis sur lesquels nous pouvions compter. Du point de vue de sa
superficie et de sa population, Cuba est un petit pays. Mais elle
exerce une influence sur les affaires mondiales qui est semblable
à
celle d'une superpuissance. Et Cuba a montré que ce n'est tout
simplement
pas une question de taille, que l'important est la politique suivie et
le calibre des dirigeants.
« Nous avons bénéficié
énormément des enseignements de la révolution
cubaine et de ce que Cuba fait, surtout en Afrique, et nous, dans cette
partie du continent, avons été extrêmement
impressionnés par le rôle
que Cuba a joué dans la libération de l'Angola. [...] Le
monde entier,
particulièrement en Afrique du Sud, n'oubliera jamais
les leçons de Cuito Cuanavale parce que ce fut le tournant de la
situation militaire dans la région.
« Nous pensons également que
l'indépendance de la Namibie aurait été
très difficile à atteindre si Cuba n'avait pas agi si
courageusement et
de manière décisive en Angola. [...] Par
conséquent, nous sommes
redevables à Cuba. Nous tenons à remercier le camarade
Fidel Castro et
le peuple de Cuba pour le soutien qu'ils nous ont
donné. »
Camarades :
En pensant à la Namibie, nous nous souvenons d'un
jour très sombre.
Le 4 mai 1978, après avoir assassiné plus de 650 enfants,
femmes et
vieillards, les parachutistes sud-africains ont fui pour éviter
le
combat avec les troupes cubaines de Chamutete en marche vers le camp de
réfugiés namibiens de Cassinga au prix de 16 compatriotes
tués et
76 blessés par les tirs de l'aviation sud-africaine et par des
mines
terrestres placées par ce lâche ennemi.
L'arrivée des combattants courageux de notre
régiment basé à
Chamutete a interrompu le massacre raciste génocidaire et
sauvé la vie
de plus de 350 réfugiés grièvement blessés
et de centaines de Namibiens
sans défense qui avaient fui vers la forêt voisine.
Des milliers d'enfants namibiens, dont une centaine de
survivants de
Cassinga, ont été amenés à Cuba et ont
rempli les écoles construites
pour eux à la Isla de la Juventud, aux côtés de
jeunes d'Angola, du
Mozambique, d'Éthiopie, d'Afrique du Sud, du Zimbabwe, du
Sud-Yémen, du
Front Polisario, du Nicaragua et d'autres pays. Des écoles, pour
citer Nyerere, construites sur l'Isla de la Juventud, la
plus belle place au soleil.
Au moment de la mise en oeuvre de la résolution
435 pour
l'indépendance de la Namibie, qui prévoyait des
élections pour choisir
les dirigeants du nouvel État, tous les Namibiens en âge
de voter qui
étaient à Cuba et avaient quitté leur pays ont
formé une avant-garde,
jeune, politiquement consciente et ayant un haut niveau culturel, qui a
joué
un rôle décisif dans la victoire électorale de la
SWAPO.
N'oublions pas que le gouvernement raciste d'Afrique du
Sud s'est opposé à l'application de la résolution
435.
Les
soldats internationalistes cubains qui ont combattu aux
côtés du
peuple angolais en 1980. Cuba a envoyé de nombreux volontaires
combattre avec les peuples d'Afrique australe contre le colonialisme et
le régime de l'apartheid.
Mais il a été forcé de l'accepter
à la suite des pourparlers
quadripartites : Angola et Cuba, Afrique du Sud et les
États-Unis, qui
agissaient comme « médiateurs » et amis de
racistes.
Pour la première rencontre de ces pourparlers
quadripartites, qui
s'est tenue à Londres au début de mai 1988, le commandant
en chef Fidel
Castro, en présence de Raul, nous a donné
l'intruction : « Lorsque vous
parlerez, demandez aux Sud-Africains s'ils acceptent l'application
immédiate de la résolution 435. S'ils disent non,
levez-vous, mettez fin à la rencontre et sortez de la
salle. »
Les Sud-Africains ont été obligés
d'accepter l'application de la résolution 435, car
c'était une condition sine qua non pour le
début du retrait des troupes cubaines d'Angola.
[Ce mois-ci] une délégation cubaine,
dirigée par Miguel Díaz-Canel,
premier vice-président des conseils d'État et des
ministres, a assisté
à Windhoek aux célébrations du 25e anniversaire de
l'indépendance de la
Namibie et de l'entrée en fonction du nouveau président
de la
République, Hage Geingob.
Il convient de noter que, dans son discours inaugural,
le troisième
président namibien (après Nujoma et Pohamba) Hage Geingob
a parlé de Cuba
comme du peuple frère qui a versé le sang de ses fils
pour
l''indépendance du pays.
Ainsi en est-il. La fraternité entre Cuba et la
Namibie est indestructible.
Patria
o
Muerte
Venceremos

Au calendrier d'événements
Marche action climat à la Conférence
des premiers ministres à Québec
Samedi
11
avril
-
13
h
La marche débute
à l'Hôtel Le Concorde, 1225, cours du
Général de Montcalm
Information :
www.actionclimat.ca
Des représentants des Premières Nations,
d'organisations syndicales
et environnementales, de mouvements sociaux, étudiants et
communautaires ont annoncé un grand rassemblement, la Marche
action
climat, à Québec, pour combattre le changement climatique
et
l'expansion de l'exploitation des sables bitumineux. L'action
coïncide
avec une
Conférence des premiers ministres sur le changement climatique
à Québec.

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Marxiste-Léniniste
Site web: www.pccml.ca
Courriel: redaction@cpcml.ca
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