Le Marxiste-Léniniste

Numéro 9 - 4 mars 2015

Il faut donner une nouvelle direction à l'économie

Une alternative prosociale pour l'économie est nécessaire et possible


Les définitions de ce qui menace la sécurité du Canada

Le projet de loi C-51 est la réponse du gouvernement Harper
à la volonté de changement du peuple

- Louis Lang -
La position du gouvernement Harper sur l'antisémitisme laisse perplexe
- Pauline Easton -
La Chambre des communes adopte une motion qui attaque la critique d'Israël
avec une nouvelle définition de l'antisémitisme

- Sam Heaton -

À titre d'information
Les collaborateurs nazis en Europe et les préoccupations
du gouvernement Harper concernant l'antisémitisme


Table ronde sur les femmes autochtones disparues et assassinées
Une douleur profonde qui rend les vieilles façons de faire insupportables

Dans l'actualité
Ukraine
La crise en Ukraine continue de s'exacerber
Le Canada appuie désespérément les forces antipeuple en Ukraine
La participation du Canada à l'ingérence étrangère en Ukraine et
à l'objectif de l'OTAN d'encercler la Russie

Des Canadiens se joignent à des bataillons nazis dans la guerre civile
- Dougal MacDonald -
L'accord de cessez-le-feu
La résolution du Conseil de sécurité de l'ONU sur l'Ukraine
- Alexander Mezyaev -

États-Unis
Si le terrorisme et l'ISIS représentent un si grave danger, pourquoi le FBI
doit-il fabriquer ses propres complots?

- Glenn Greenwald -

Grèce
Le gouvernement commence un programme pour renverser
les mesures antisociales d'austérité


Palestine
La reconstruction de Gaza prendra «plus de 100 ans»
Le coordinateur spécial de l'ONU n'est pas le bienvenu
parmi les Palestiniens

- Nicola Nasser -


Il faut donner une nouvelle direction à l'économie

Une alternative prosociale pour l'économie
est nécessaire et possible

On nous présente comme une réalité incontournable que les monopoles mondiaux décident des grands projets et de la direction de l'économie ; en conséquence, l'État et la classe ouvrière doivent faire tout ce qui est en leur pouvoir pour rendre les monopoles concurrentiels et enrichir leurs propriétaires individuels et collectifs. Les travailleurs et toutes les couches de la société se font dire sans ménagement que leur vie et leur économie et sécurité collectives dépendent du succès des monopoles à exploiter la classe ouvrière, les ressources naturelles et les moyens de production en concurrence brutale à l'échelle mondiale avec les autres monopoles.

La direction de l'économie, ses prémisses et ses projets ont été fixés pour le peuple sans qu'il y ait contribué et y ait eu son mot à dire. On lui dit de faire ce qu'on lui dit et d'être reconnaissant envers ceux qui détiennent le pouvoir du fait qu'ils ont entre leurs mains la richesse sociale, le pouvoir politique et le droit de monopole de prendre les décisions.

Les monopoles, les partis politiques cartels, les gouvernements et les médias de masse intimident la classe ouvrière, ses syndicats et ses associés politiques pour les faire rentrer dans le rang et appuyer ces prémisses et grands projets, réduisant l'opposition aux groupes les plus affectés lorsque ces projets s'attaquent directement à leurs droits individuels ou collectifs ou endommagent l'environnement. Les droits souverains des Premières Nations sont considérés comme des entraves à ces prémisses et projets et sont le plus souvent violés, ignorés ou subvertis par l'accommodation des élites. Lorsque les fonds publics sont remis directement aux monopoles, certains libertaires fascistes tels l'Institut Fraser dénoncent cette pratique tout en appuyant leur droit de monopole de faire tout ce qu'ils veulent parce que c'est eux et non le peuple qui possèdent la richesse sociale et le pouvoir politique.

Pour la classe ouvrière et son parti marxiste-léniniste, la question n'est pas d'être pour ou contre les grands projets mais de lutter pour le droit public de décider, le droit de discuter et d'exercer le contrôle sur les questions qui affectent le peuple directement, comme la direction de l'économie, les grands projets, les droits de tous dont ceux des Premières Nations et le droit d'agir pour humaniser l'environnement naturel et social. La classe ouvrière et son parti marxiste-léniniste rejettent le mensonge qu'il n'existe pas d'alternative. Non seulement rejettent-ils ce mensonge mais ils se mobilisent et mobilisent leurs alliés pour donner vie à une alternative prosociale, à une nouvelle direction de l'économie, à des prémisses nouvelles et à un nouvel objectif pour l'économie pour qu'on puisse garantir les droits et le bien-être et la sécurité du peuple.

La classe ouvrière et son parti marxiste-léniniste rejettent la ligne politique discréditée qui dit que le droit de monopole a le pouvoir d'établir la direction de l'économie tandis que le peuple est sans droits. Les crises économiques récurrentes, l'austérité, le chômage de masse chronique, la pauvreté croissante, l'anarchie de la production et les prix et marchés sous contrôle des monopoles ont amené une portion croissante de la classe ouvrière à se convaincre qu'une alternative prosociale pour l'économie est à la fois nécessaire et possible. La conscience se développe parmi la classe ouvrière que c'est le droit fondamental des véritables producteurs de décider de la direction de l'économie et de ses grands projets. Sans leur mot et leur contrôle sur la direction de l'économie et ses grands projets, les producteurs véritables ne peuvent exercer aucun contrôle sur leur bien-être, leur sécurité et leur avenir.

Les monopoles et les partis politiques cartels recouvrent délibérément l'économie d'un voile de mystère et les crises soudaines comme l'effondrement économique de 2008 et la chute actuelle des prix du pétrole deviennent des choses qui dépassent toute compréhension et échappent à tout contrôle. La planification scientifique de la direction de l'économie reposant sur la participation pleine et entière de la classe ouvrière est rejetée comme étant un rêve en couleur, comme si les producteurs véritables sont incapables de comprendre leur économie en la dirigeant avec des actes conscients de participation. Contrairement à ce que claironnent les monopoles et leurs partis politiques cartels, la classe ouvrière est non seulement capable de faire la production et de la faire mieux, mais elle est aussi tout à fait capable de diriger et de contrôler son économie en l'amenant constamment à un niveau supérieur pour le bien collectif de toute l'humanité.

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Les définitions de ce qui menace la sécurité du Canada

Le projet de loi C-51 est la réponse du gouvernement Harper à la volonté de changement du peuple

Depuis que le projet de loi C-51 a été déposé au Parlement le 30 janvier 2015, les débats et la discussion dans tout le pays ont montré un tollé d'opposition aux tentatives des conservateurs de Stephen Harper d'introduire sous couvert de la lutte au terrorisme et de la protection des Canadiens des lois de vaste portée et ambiguës qui permettraient aux organismes de sécurité de violer le droit des Canadiens à la liberté de pensée et d'action politiques.

Le projet de loi C-51 est une loi omnibus qui édicte la Loi sur la communication d'information ayant trait à la sécurité du Canada et la Loi sur la sûreté des déplacements aériens, modifie le Code criminel, la Loi sur le Service canadien du renseignement de sécurité, et la Loi sur l'immigration et la protection des réfugiés et apporte des modifications connexes à d'autres lois.

L'intention du projet de loi C-51 est d'accroître considérablement les pouvoirs des organismes de sécurité comme le SCRS. Les définitions contradictoires du terrorisme et la définition irrationnelle et extrémiste de ce qui constitue une « menace pour la sécurité du Canada » qui figurent dans le projet de loi, ainsi que la définition actuelle du SCRS, sont des indications claires que ce gouvernement utilisera les organismes de sécurité pour saboter et réprimer toute opposition politique quelle qu'elle soit.

La partie 1 du projet de loi C-51 édicte la Loi sur la communication d'information ayant trait à la sécurité du Canada. Cette loi autorise et encourage l'échange d'informations entre les ministères et les organismes, tels que le SCRS, le Centre de la sécurité des télécommunications, le Comité de surveillance des activités de renseignement de sécurité, la GRC, l'Agence du revenu du Canada, les Forces armées canadiennes et l'Agence des services frontaliers du Canada, dans un but de « détection, identification, analyse, prévention, enquête ou perturbation » en autant que cette information est reliée à ce qui est réputé être des « activités portant atteinte à la sécurité du Canada » et pertinente à une « autorité légitime ».

La définition d'« activité portant atteinte à la sécurité du Canada » est si large que, avec l'espionnage, le sabotage, les activités influencées par l'étranger, le terrorisme et la subversion intérieure (activités à l'encontre du système de gouvernance constitutionnellement établi au Canada), elle comprend : « entrave la capacité du gouvernement fédéral par rapport à [...] la stabilité économique ou financière du Canada »,« entraver le fonctionnement d'infrastructures essentielles » et« toute activité qui porte atteinte à la souveraineté, à la sécurité ou à l'intégrité territoriale du Canada ». Cette définition est suivie de la clarification que nuire à la sécurité ne comprend pas « les activités licites de défense d'une cause, de protestation, de manifestation d'un désaccord ou d'expression artistique ».

La supposée exclusion des « activités licites » ne donne pas l'assurance que la contestation politique ne sera pas ciblée. Le professeur de droit de l'Université d'Ottawa, Craig Forcese, a souligné qu'une formulation analogue a été retirée du projet de loi antiterroriste de 2001 parce qu'il était devenu évident que le mot « licite » pourrait en réalité servir à faciliter une intervention illégale contre la revendication politique. (Voir Le Renouveau, 27 février 2015, No 25.)

Cette définition extrémiste et irrationnelle d'« activité qui porte atteinte à la sécurité du Canada » est dirigée contre les Canadiens, les Québécois et les Premières Nations qui s'opposent à la politique destructive mise en oeuvre par le gouvernement Harper et considèrent que la lutte pour leurs droits fait partie intégrante de la défense de la sécurité du Canada et du bien-être de tous les Canadiens.

Le grand chef Stewart Phillip, président de l'Union des chefs indiens de la Colombie-Britannique, a déclaré que « par sa vaste portée le projet de loi C-51 porte atteinte à la capacité de tous les peuples autochtones d'exercer, d'affirmer et de défendre leurs droits et leurs titres territoriaux protégés par la Constitution et reconnus par les tribunaux ». Le Grand chef Phillip a également souligné que « le gouvernement Harper a fondamentalement changé les pratiques internes du gouvernement, les structures d'élaboration des politiques et les processus décisionnels pour servir un objectif explicite de développement des ressources naturelles. Nous avons assisté au démantèlement des lois environnementales, à la répression de l'analyse scientifique et à l'établissement de programmes complets de surveillance de l'opposition autochtone et environnementale ».

Pour ce gouvernement, « la sécurité du Canada » n'inclut pas la défense des droits des nations et des peuples qui composent le pays. Son objectif principal est de protéger la position privilégiée des entreprises et de l'élite dirigeante et le projet de loi C-51 est une déclaration qu'à partir de maintenant le gouvernement se donne de nouvelles armes dans sa guerre contre les peuples du Canada qui s'opposent à ces tentatives. Le projet de loi C-51 non seulement jette les bases de la criminalisation de la juste lutte des Premières Nations pour contrôler leurs territoires légitimes, mais il le fait sur la base du refus persistant du gouvernement de reconnaître et de respecter leurs droits héréditaires et leurs droits issus de traités comme faisant partie intégrante de la « sécurité du Canada ».

Les mêmes définitions qui ont comme objectif la criminalisation de la lutte des Premières Nations visent également la lutte du peuple québécois pour ses droits nationaux. Le projet de loi définit « activité portant atteinte à la sécurité du Canada » comme « une activité qui porte atteinte à la souveraineté, à la sécurité ou à l'intégrité territoriale du Canada », puis donne une liste de neuf activités spécifiques. Pour le gouvernement Harper, les pouvoirs étendus du SCRS et des autres organismes de sécurité serviront à réprimer les revendications légitimes du peuple québécois pour la reconnaissance de ses droits nationaux et celles de tous les Canadiens pour résoudre en leur faveur la crise constitutionnelle et la crise du fédéralisme canadien.

Depuis longtemps, la demande du peuple québécois pour la reconnaissance de ses droits nationaux est dénoncée comme étant du « séparatisme », ce qui constituerait une « menace pour la sécurité du Canada » en vertu de la clause de l'« intégrité territoriale ». La défense de la souveraineté nationale se réfère à où réside le pouvoir de décision. C'est un principe consacré par la Charte des Nations unies depuis sa création après la Deuxième Guerre mondiale. Par contre, la défense de « l'intégrité territoriale » est subordonnée à où le pouvoir de décision réside. Ce n'est pas un principe, et si cela porte atteinte à la sécurité du Canada ou non dépend de comment les décisions sont prises, et non de comment le Canada divise son territoire. Par exemple, est-ce que l'on a considéré la division des Territoires du Nord-Ouest pour former le Nunavut comme une menace à la sécurité du Canada ? Bien sûr que non. Lorsque les Britanniques ont édicté l'Acte d'Union de 1840 et pris une partie du Québec pour la donner à l'Ontario et, en retour, ont donné une partie de la dette de l'Ontario au Québec, est-ce qu'ils ont considéré que cela constituait une menace pour la sécurité ? Pas du tout. En fait, c'était le contraire. L'objectif était de supprimer la demande du peuple québécois pour la création d'une République et de lui imposer les arrangements coloniaux britanniques. Tout ceci pour montrer que ce qui constitue une menace pour la sécurité du Canada dépend de qui prend les décisions.

L'extrémisme des conservateurs de Stephen Harper exprimé par ce projet de loi est tel qu'il cherchent à nier la réalité du présent et à imposer ce qu'ils appellent des valeurs conservatrices à l'ensemble de la société. Cela n'est possible qu'en réprimant les effort du peuple pour trouver des solutions aux problèmes auxquels il est confronté.

Le Canada est formé des nations du Canada, du Québec, des Premières Nations et de multiples minorités nationales, ainsi que de citoyens et résidents de différentes origines nationales et croyances. La question la plus importante devant les Canadiens est quel genre de pays doivent-ils édifier pour garantir et défendre les droits de tous. Une discussion approfondie de tous les aspects de cette question est nécessaire, mais le projet de loi C-51 est conçu pour supprimer cette discussion.

Cette année marquera le 20e anniversaire du référendum de 1995 au Québec. Le gouvernement du Québec a pris cette initiative après plus de 20 ans d'échec de conférences interprovinciales et après le rejet par le peuple du Québec et du Canada de deux propositions constitutionnelles, l'Accord du Lac Meech et l'Accord de Charlottetown. L'histoire montre clairement que le fédéralisme canadien basé sur l'Acte de l'Amérique du Nord britannique (AANB) de 1867, modifié en 1982 afin d'inclure la Charte des droits et libertés, est archaïque et est confronté à une crise grave. Quand l'establishment canadien a voulu présenter une version remaniée des vieux arrangements du XIXe siècle avec l'Accord de Charlottetown, cette tentative a été rejetée lors d'un référendum national. Cela a été une grande victoire pour le peuple, car cela montrait une fois de plus l'aspiration du peuple à un processus politique nouveau qui lui donne les moyens d'exercer un contrôle sur son avenir et une constitution moderne nécessaire pour garantir les droits et les devoirs de tous pour le XXIe siècle. Les partis politiques de l'establishment ont refusé d'accepter la décision du peuple et de s'attaquer à la crise du fédéralisme.

Le référendum du Québec de 1995 était une excellente occasion non seulement pour le peuple du Québec, mais également pour le reste du Canada de mettre en place une réforme constitutionnelle. La proposition de Québec de déclarer la souveraineté et de construire un nouveau partenariat économique et politique avec le reste du Canada a ouvert des possibilités de tracer une voie nouvelle pour l'économie et pour un système nouveau conforme aux besoins du XXIe siècle.

Les résultats du référendum sont bien connus. Avec 4,7 millions de personnes participant au référendum, le « Non » a gagné par moins de un pour cent. La campagne référendaire a été marquée par les actions honteuses des libéraux de Jean Chrétien à la tête du camp du « Non ». Ils ont fait tout ce qui était en leur pouvoir pour bloquer toute discussion sensée sur la situation du peuple québécois. Ils ont eu recours aux menaces et au chantage et ont même dit aux travailleurs de la fonction publique fédérale et provinciale que le « séparatisme » pourrait leur coûter leurs emplois. Les libéraux de Chrétien ont aussi essayé de créer une situation d'hystérie en déclarant que l'Ouest de Montréal et certaines parties du Nord du Québec se sépareraient d'un Québec indépendant. Clairement, c'est d'une manière intéressée que le « principe » de l'intégrité territoriale est défendu.

Depuis, ni le gouvernement Chrétien ni aucun des gouvernements qui se sont succédé ont pris des mesures pour apporter une solution aux questions fondamentales soulevées lors du référendum du Québec. Mais la lutte du peuple pour affirmer son droit de décision souverain et pour de nouveaux arrangements constitutionnels par lesquels la souveraineté appartient au peuple, et non à une élite assujettie à un monarque, étranger en plus, n'a jamais cessé.

Lorsque l'on voit les actes illégaux éhontés de la GRC perpétrés contre le peuple du Québec, les peuples autochtones et les citoyens et résidents dans tout le Canada dans les années 1960, les années 1970 et 1980 et les activités illégales des libéraux de Chrétien lors du référendum du Québec en 1995, ainsi que l'hystérie de l'establishment canadien à l'époque, il n'est pas difficile d'imaginer comment une police politique aux pouvoirs renforcés tel que proposé par ce projet de loi pourra être utilisée pour réprimer les luttes légitimes du peuple québécois et contre les peuples autochtones et l'ensemble des Canadiens.

Les Québécois rejettent les opinions extrémistes derrière ce projet de loi qui réduisent les questions constitutionnelles importantes auxquelles fait face le pays et la nécessité pour les peuples de tout le Canada d'affirmer leur souveraineté à une « menace pour la sécurité du Canada » sous prétexte que cela menace « l'intégrité territoriale du Canada ». Ce n'est pas l'intégrité territoriale du Canada que Harper veut protéger, car si c'était le cas il ne permettrait pas à des forces de polices armées étrangères d'agir librement sur le territoire du Canada. L'élite dirigeante a une peur mortelle d'un Québec souverain capable de renouveler tous les arrangements pour que le peuple puisse exercer sa souveraineté, d'un Québec moderne qui reconnaît les droits de tous, sans distinction de langue, de couleur de la peau, d'origine nationale, de genre ou style de vie.

À un moment où le renouvellement du fédéralisme et la rédaction d'une constitution moderne sont à l'ordre du jour, le projet de loi C-51 est la réponse du gouvernement Harper à la volonté de changement du peuple.

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La position du gouvernement Harper sur l'antisémitisme laisse perplexe

Comment comprendre ce que dit le gouvernement Harper quand il dit combattre l'antisémitisme ? Il est connu comme étant un des plus grands défenseurs de l'État d'Israël, cela est clair. Mais que penser de sa prétention d'être le plus grand défenseur des juifs quand, du même coup, il s'allie à des forces en Ukraine qui sont profondément antisémites et qui ont même participé au massacre de juifs durant la Deuxième Guerre mondiale ? Quant au ministre de la Défense Jason Kenney, qui a présenté la résolution à l'effet de tenir un débat exploratoire à la Chambre des Communes le 24 février pour condamner toute critique d'Israël comme étant antisémite, il affirmait en 2009 qu'un de ses plus grands héros était Alojzije Stepinac, prélat de l'État indépendant de la Croatie installé par les nazis en Croatie durant la guerre qui, entre autres crimes, est responsable du massacre de juifs de Croatie.

Que faut-il comprendre de tout cela ?

Dans ce numéro le Le Marxiste-Léniniste publie un rapport sur le débat exploratoire tenu au parlement le 24 février 2015 et sur la résolution adoptée le lendemain qui condamne la critique de l'État d'Israël comme une forme d'antisémitisme. D'autres articles abordent la différence entre ce que le gouvernement appelle le « vieil antisémitisme » et le « nouvel antisémitisme » et font remarquer que l'adoption d'une « nouvelle définition de l'antisémitisme » sert à détourner l'attention des crimes qu'Israël commet en violation de ses obligations de puissance occupante que lui impose le droit international, et de ses obligations en vertu des résolutions de l'ONU, y compris celles de la création de l'État d'Israël. Quels que soient les droits que la communauté internationale a conférés à l'État d'Israël lorsqu'il a été créé en 1948, à aucun moment n'a été éteint le droit de retour des Palestiniens et en aucun cas a-t-elle autorisé le vol continuel de leurs terres et leur massacre pour bâtir des colonies de peuplement juives. Cela se poursuit encore aujourd'hui au nom du droit de se défendre et du grand idéal de prévenir un autre holocauste semblable à celui commis par les nazis durant la Deuxième Guerre mondiale.

La cause du gouvernement Harper n'est pas la défense du peuple juif mais bien la défense du projet sioniste. Son objectif n'est pas de réaliser l'égalité sociale et politique des juifs dans tous les pays mais de s'emparer de toute la Palestine et d'encourager les juifs à émigrer de leurs pays pour s'installer dans les colonies de peuple en Palestine. Maintenant que que cet objectif est exposé aux yeux du monde entier, il invente de nouvelles théories pour justifier la destruction de la résistance palestinienne et de toute opposition internationale au sionisme.

Les Canadiens ont le devoir d'aller au fond des choses et de voir ce que le gouvernement du Canada cherche à faire lorsqu'il fait adopter des lois qui criminalisent la critique d'Israël en tant que nouvelle forme d'antisémitisme. Ces lois et mesures sont adoptées à l'heure où les crimes contre les Palestiniens, surtout contre ceux qui vivent prisonniers dans la petite enclave de la bande de Gaza, sont condamnés par les peuples du monde entier. Israël cherche désespérément à détourner l'attention de ses obligations de puissance occupante, de la construction de nouvelles colonies de peuplement sur des terres palestiniennes et des autres crimes pour déposséder les Arabes israéliens et les Palestiniens de leurs terres. Ces lois et mesures sont également adoptées à l'heure où le gouvernement du Canada se rapproche de plus en plus ouvertement avec des néonazis connus des républiques baltes, d'Ukraine et des pays d'Europe de l'Est et que des efforts continuels sont déployés pour falsifier l'histoire. Il présente les crimes des nazis, ceux du passé et ceux du présent, comme acceptables parce que commis au nom d'un « noble idéal», celui de combattre le communisme.

Ça ne passe pas ! Les Canadiens ont combattu dans la grande guerre antifasciste pour vaincre les hitlériens, non pas pour les voir réhabilités 70 ans plus tard au nom d'un idéal supérieur.

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La Chambre des communes adopte une motion qui
attaque la critique d'Israël avec une nouvelle définition de l'antisémitisme

Le 25 février 2015, la Chambre des communes a adopté par consentement unanime une motion qui dit notamment que « le fait de critiquer Israël n'est pas antisémite, et prétendre le contraire est faux ; mais cibler Israël pour le condamner et lui faire subir l'opprobre de façon sélective — sans parler de nier son droit d'exister ou de chercher sa destruction — est discriminatoire et haineux, et ne pas le reconnaître est malhonnête ».

La « condamnation sélective » est un trope éculé et bien connu qu'utilise le mouvement sioniste organisé pour faire taire l'indignation face aux crimes de guerre, à l'occupation et aux violations des droits humains par Israël. C'est une honte pour la Chambre des communes que pas un seul député n'ait eu le courage de parler contre cette expression rabâchée qui sert à l'État à qualifier de « discriminatoires et haineux » et de « malhonnêtes » les Canadiens qui élèvent leurs voix contre les crimes israéliens.

Le reste de la motion condamne l'antisémitisme et fait suite à un débat exploratoire tenu dans la soirée du 24 février sur « la montée troublante de l'antisémitisme dans le monde entier ». Le débat était parrainé par Jason Kenney, le ministre de la Défense et du Multiculturalisme et le député libéral Irwin Cotler.

Lors du débat et de la discussion sur la motion, les députés ont assimilé la critique d'Israël et l'appui au droit de résister du peuple palestinien à de l'antisémitisme en créant une nouvelle définition de l'antisémitisme. Le discours au sujet de « l'ancien » et du « nouvel antisémitisme » masque la signification et l'utilisation politique de ces définitions d'une façon qui criminalise l'opposition politique aux crimes commis par Israël, la puissance occupante de la Palestine qui nie le droit de retour des Palestiniens et leur droit à un État.

Le débat au Parlement a condamné ce que les parlementaires ont appelé « l'antisémitisme traditionnel », évoquant de nombreux exemples d'actes racistes incluant ceux commis au Canada. On a mentionné qu'un quartier de Montréal a été vandalisé le même jour par des graffitis de type nazi, un geste similaire au vandalisme récent contre des mosquées dans diverses villes du Canada.

C'est sous cette couverture que des députés ont introduit un concept entièrement différent.

« Le nouvel antisémitisme, a dit le député libéral Irwin Cotler, concerne la discrimination à l'encontre du droit du peuple juif de vivre en tant que membre égal de la famille des nations — le déni, ou l'assaut contre le droit du peuple juif de vivre —, Israël étant le « juif collectif parmi les nations ». Selon Cotler, cet « antisémitisme » se cache « sous le couvert protecteur des Nations unies, sous l'autorité du droit international, sous la culture des droits de la personne et de la lutte contre le racisme ».

Certains députés ont soulevé une question intéressante lors du débat. Pointant du doigt la montée récente de forces d'extrême-droite antisémites dans des pays comme la Hongrie, et les attaques auxquelles les juifs font face, ils ont demandé pourquoi le gouvernement ne retire pas la Hongrie de la liste des « pays sûrs » et n'accepte-t-il pas de réfugiés juifs hongrois ?

Jason Kenney a répondu par une esquive : « Ne devrions-nous pas permettre à des gens d'émigrer de la Hongrie ? La réponse est affirmative, bien entendu. Nous recevons des immigrants hongrois tous les ans. Tous les ressortissants de la Hongrie et de tout autre pays du monde sont libres de demander à immigrer au Canada et doivent être traités équitablement aux termes de nos règles. »

Il n'a pas fallu beaucoup de temps avant que le débat exploratoire ne devienne l'occasion d'assimiler la résistance palestinienne au terrorisme et de discuter des méthodes de perturbation à l'encontre des activistes propalestiniens au Canada.

Le député conservateur de Ancaster-Dundas-Flamborough-Westdale, David Sweet, a dénoncé les activités sur les campus qui condamnent les crimes israéliens. Il a demandé comment il se fait qu'il n'y ait pas d'appui parmi le peuple pour le « boycottage contre l'Angola, l'Iran, le Congo ou la Corée du Nord ou encore de semaine contre l'apartheid dans ces pays ? », des États qui n'occupent pas la patrie d'autres peuples et ne commettent pas d'agression contre d'autres peuples. Lorsqu'un autre député a demandé pourquoi les administrations d'universités n'interdisent pas l'activisme propalestinien, Sweet a répondu qu'il avait imploré l'administration de l'Université McMaster de le faire.

Le député libéral de Humber-St. Barbe-Baie Verte, Gerry Byrne, a utilisé l'occasion pour qualifier la résistance palestinienne de « terroriste » et dit que son seul but est de tuer des civils.

Ces commentaires trompeurs et irresponsables au Parlement, et le moment de ce débat, démontrent le grave danger de la criminalisation de l'appui massif des Canadiens aux droits des Palestiniens et de leur condamnation du terrorisme d'État israélien.

La définition ancienne et la définition nouvelle de l'antisémitisme

L'antisémitisme ne se réfère pas à une opposition à un groupe culturel ou linguistique sémite. C'est un terme politique qui provient du XIXe siècle et se rapporte à des actes, idéologies et groupes antijuifs. La Jewish Encyclopedia définit l'antisémitisme comme « une expression moderne qui exprime l'antagonisme à l'égalité politique et sociale des juifs ». Il repose sur l'affirmation que les juifs sont distincts comme peuple des nations auxquels ils appartiennent, non pas sur une base religieuse mais sur une base raciale.

Selon la Jewish Encyclopedia :

« Le terme 'antisémite' tire son origine de la théorie ethnologique selon laquelle les juifs, en tant que sémites, sont entièrement différents des populations aryennes ou indo-européennes et ne peuvent jamais être fusionnés avec elles. Le mot implique que ce n'est pas sur la base de leur religion que se fait l'opposition aux juifs mais sur celle de leurs caractéristiques raciales. On mentionne par exemple la cupidité, une aptitude particulière à faire de l'argent, l'aversion pour le dur labeur, l'esprit de clan, l'indiscrétion, le manque de tact en société et surtout de patriotisme. »

Dans l'ère moderne, l'antisémitisme a été un trait prédominant des tendances politiques les plus brutales et réactionnaires parmi les classes dominantes. Dans l'Europe du XVIIIe et XIXe siècles, il a été un trait des régimes absolutistes, des empires féodaux autant que capitalistes tels la Russie tsariste, l'Empire austro-hongrois, la Grande-Bretagne et d'autres. Il s'est exprimé dans la pratique réactionnaire de divers États de permettre l'organisation de progroms, la négation des droits politiques des juifs, la tenue de campagnes électorales autour du boycottage des juifs et l'interdiction des immigrants juifs.

Au XXe siècle, l'antisémitisme a été un trait prédominant de la tendance la plus réactionnaire au sein de la classe capitaliste monopoliste en Europe, à savoir le fascisme. Cette tendance politique a existé dans tous les pays européens sauf en Union soviétique. Ces éléments ont constitué une cinquième colonne dans tous ces pays et ont pavé la voie à la prise du pouvoir par les nazis à la fin des années 1930. Avant la prise du pouvoir par le fascisme en Europe, ces cinquièmes colonnes ont été l'instrument violent que les classes dirigeantes ont utilisé contre les travailleurs, les communistes et les forces démocratiques et progressistes qui comprenaient un grand nombre de juifs.

La prise de pouvoir des nazis en Europe a été facilitée par les cinquièmes colonnes d'éléments antisémites, fascistes et militaristes au sein des classes dominantes d'Angleterre et de France. En Europe de l'Est, les fascistes, les militaristes et les antisémites se sont unis aux nazis hitlériens et ont collaboré avec eux pour attaquer l'Union soviétique et leurs propres peuples. Comme ce fut le cas avec le mouvement nazi, l'antisémitisme du XXe siècle s'est fusionné avec l'anticommunisme en une croisade contre le « judéo-bolchévisme ». Cela a culminé en une campagne pour exterminer ou expulser les juifs européens et créer un ordre nouveau fasciste en Europe dominé par un État allemand ethnique trouvant « son espace vital » sur les territoires des autres peuples.

La victoire des forces démocratiques sur le fascisme a forcé ces tendances à agir en secret et les a exclues de ce que les peuples du monde considèrent être un discours politique acceptable. Ces tendances ont été maintenues en vie, prêtes à ressurgir, dans les années d'après-guerre par les impérialistes américains qui les voulaient comme instrument de lutte contre le communisme et c'est dans ce but qu'elles ont été mobilisées en Europe, aux États-Unis et au Canada. Elles existent encore et sont ravivées dans divers endroits du monde, et ont l'appui du Canada.

Selon le concept du « nouvel antisémitisme », c'est non seulement l'opposition au sionisme, l'idéologie de l'État d'Israël et le projet impérialiste au Moyen-Orient, qui doivent être qualifiés d'antisémites mais la critique « disproportionnée » d'Israël également. L'opposition à l'échelle mondiale aux crimes israéliens contre l'humanité et la défense des droits des Palestiniens et des autres peuples victimes de l'agression israélienne devient elle aussi associée à l'expression d'une haine déguisée contre les juifs. Le nouvel antisémitisme met un signe frauduleux d'égalité entre les juifs, qui sont membres de plusieurs nations dans le monde, et l'État d'Israël.

Le député montréalais et professeur de droit à l'Université McGill, Irwin Cotler, est un des principaux promoteurs de la théorie d'un nouvel antisémitisme.

Dans un article au National Post, Cotler tente de faire la distinction entre « l'antisémitisme classique » et ce qu'il appelle la nouvelle forme d'antisémitisme. Il écrit : « En un mot, l'antisémitisme classique ou traditionnel est la discrimination à l'égard des juifs, la négation de leur droit de vivre en tant que membres égaux de la société où ils ont habitent, ou l'assaut contre ce droit. Le nouvel antisémitisme concerne la discrimination à l'encontre du droit du peuple juif de vivre en tant que membre égal de la famille des nations — le déni, ou l'assaut contre le droit du peuple juif de vivre —, Israël étant le « juif collectif parmi les nations ».

Cotler a dit la même chose lors de la réunion informelle à l'Assemblée générale des Nations unies le 22 janvier 2015, à laquelle participaient les États-Unis, le Canada, Israël et plusieurs des grandes puissances européennes comme l'Allemagne et la France. Dans son discours à l'Assemblée générale, Cotler a dit que les attaques contre Israël représentent une nouvelle forme d'antisémitisme et « qu'on a besoin d'un nouveau vocabulaire pour le définir ».

Le sionisme est l'idéologie qui affirme que les juifs doivent avoir une patrie nationale et un État. Au XIXe siècle, cela ne voulait pas nécessairement dire la Palestine mais cette idée a fait son chemin, notamment auprès d'individus et de groupes engagés dans des actes de terrorisme et d'appropriation de territoires palestiniens. Le sionisme a été transformé en puissante force matérielle par l'impérialisme britannique puis américain. Dans la Déclaration Balfour de 1917, le secrétaire d'État au ministère des Affaires étrangères britannique a promis la terre des Arabes de Palestine aux juifs d'Europe.

Loin de promouvoir l'égalité politique et sociale des juifs, le projet sioniste de l'impérialisme britannique a cherché à résoudre le « problème juif » en Europe en utilisant les juifs pour occuper son avant-poste au Moyen-Orient. Le sionisme, à la manière d'autres idéologies coloniales, a revendiqué la Palestine comme « une terre sans peuple pour un peuple sans terre ».

Cette tendance est exprimée aujourd'hui de la façon la plus réactionnaire par le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou. Afin de soutenir les colonies de peuplement illégales avec lesquelles le sionisme vole de plus en plus de terres palestiniennes, Netanyahou demande à tous les juifs d'Europe de quitter leur pays et de s'établir sur les terres palestiniennes.

Ainsi, Netanyahou a utilisé de manière cynique le meurtre d'un gardien de sécurité d'une synagogue à Copenhague au Danemark, le 16 février dernier, pour appeler les juifs d'Europe à « immigrer massivement » en Palestine. Le grand rabbin du Danemark a poliment qualifié cette proposition de « décevante ». Le 15 février, le gouvernement israélien a approuvé un fonds de 46 millions $ destiné à encourager l'immigration des juifs de France, de Belgique et d'Ukraine. Selon Netanyahou, l'unique façon dont les juifs peuvent assurer leur sécurité, c'est de quitter leur pays et occuper les terres d'un autre peuple et participer à son oppression.

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À titre d'information

Les collaborateurs nazis en Europe et
les préoccupations du gouvernement Harper
  concernant l'antisémitisme

La veille du débat exploratoire sur l'antisémitisme à la Chambre des communes, il y a eu une réception au parlement pour Andriy Paroubiy, premier vice-président du parlement ukrainien. Andriy Paroubiy est co-fondateur du Parti social-national de l'Ukraine, un parti néonazi fondé en 1991 qui glorifie l'activité des collaborateurs antisémites lors de la Deuxième Guerre mondiale, notamment des collaborateurs nazis notoires comme ceux de l'Organisation des nationalistes ukrainiens (OUN) et sa faction paramilitaire l'Armée insurrectionnelle ukrainienne (UPA).

Des organisations ukrainiennes collaboratrices des nazis ont été formées dans divers pays européens après que la Pologne se soit emparée en 1921 de l'Ukraine occidentale qui faisait partie de l'Union soviétique. La Deuxième grande Assemblée de l'OUN s'est tenue à Rome en 1939 sous la protection de Mussolini. Suite au congrès, l'organisation s'est scissionnée en deux factions, l'une dirigée par Andry Melnyk et l'autre par Stepan Bandera, qui ont tous deux juré fidélité au Troisième Reich.

L'OUN a acclamé comme des libérateurs les envahisseurs nazis de l'Union soviétique. Les dirigeants de l'OUN se voyaient à la tête d'une Ukraine unie qui comprendrait l'Ukraine soviétique et l'Ukraine occidentale et ferait partie de l'ordre nouveau fasciste en Europe. « L'Ukraine indépendante » de l'OUN devait être un territoire nettoyé sur le plan ethnique dont tous les habitants non ukrainiens devaient être tués ou expulsés. C'est l'OUN qui a organisé les premiers pogroms de juifs pendant la guerre en Ukraine. Tout en maintenant sa loyauté aux nazis et en étant à leur service, l'OUN a plus tard adopté le slogan « Vive la grande Ukraine indépendante débarrassée des juifs, des Polonais et des Allemands ; les Polonais au-delà des rives du fleuve San, les Allemands à Berlin et les juifs à la potence ».


Massacre d'enfants juifs par l'OUN en 1942 dans la province de Lublin.

Juste en juillet et août 1941, l'OUN a participé au massacre de plus de 13 000 juifs dans la province de Volynia/Wolyn du nord-ouest de l'Ukraine, qui était à l'époque territoire polonais. Le génocide contre les juifs en Volynia/Wolyn a été l'oeuvre des SS mais la force principale qui l'a perpétré était la police ukrainienne au service des nazis. On estime que 150 000 juifs ont été tués en 1942 et que plus de 98 % des citoyens juifs de Volynia/Wolyn ont été exterminés.

L'OUN et l'UPA ont maintenu des liens étroits avec la Division SS Galicie, une unité composée d'Ukrainiens commandée par les Allemands. Le rôle principal de l'UPA n'était pas de combattre l'Armée rouge mais de commettre des massacres génocidaires contre les populations civiles. Parmi ces crimes figurent le massacre et l'expulsion des populations polonaises et juives d'Ukraine occidentale, l'assassinat des partisans combattant les nazis et les attaques contre les partisans en Ukraine soviétique. Les témoignages de survivants et les documents d'archives, comme les archives allemandes et polonaises, les archives sur l'Holocauste et les propres archives de l'OUN font état des raisons de l'OUN/UPA pour tuer des Ukrainiens comme : être membre ou avoir été membre du parti communiste, le refus de participer aux massacres, le refus de joindre les rangs de l'OUN/UPA, venir en aide aux Polonais, le « mariage mixte » et le refus de tuer leurs femmes polonaises et leurs enfants.

Alors que la victoire sur le fascisme était imminente, tous les principaux dirigeants nationalistes ont été appelés à Berlin dans les derniers jours du Troisième Reich. La division SS Galicie s'est rendue aux Britanniques et ses membres ont été emprisonnés en Italie. En 1947, ils ont été autorisés comme entité à immigrer en Grande-Bretagne et plus tard au Canada. Un grand nombre de membres de l'OUN/UPA ont aussi immigré au Canada et aux États-Unis.

C'est eux que le gouvernement Harper appelle aujourd'hui les « victimes du communisme ».

Référence

Tadeusz Piotrowski : Poland's Holocaust : Ethnic Strife, Collaboration with Occupying Forces and Genocide in the Second Republic, 1918-1947 (1998)

Alexander Dallin : German Rule in Russia, 1941—1945 : A Study of Occupation Policies, 2nd Ed., (London : MacMillan, 1981)

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Table ronde sur les femmes autochtones disparues et assassinées

Une douleur profonde qui rend les vieilles façons
de faire insupportables

Une Table ronde nationale sur les femmes autochtones disparues et assassinées a eu lieu à l'Hôtel Marriott à Ottawa le 27 février. Au même moment, une conférence populaire organisée par les familles de femmes disparues et assassinées s'est tenue à l'Université de Carleton et un rassemblement a aussi eu lieu sur la Colline du parlement, organisé par d'autres familles concernées. Les personnes rassemblées sur la Colline ont ensuite marché jusqu'au lieu où se tenait la table ronde et y ont été accueillies par les participants à la table.

La vieille façon de faire a fait ressurgir la profonde angoisse des peuples des Premières Nations et, inversement, la douleur profonde a remis en question la vieille façon de faire, cette tentative de traiter les peuples autochtones de façon cavalière en fonction d'un processus démocratique frauduleux qui détermine qui le gouvernement va écouter et quelle est la question. Cela a mis en lumière la brutalité du pouvoir colonial et est contraire à tout ce qui anime non seulement les peuples autochtones mais le peuple canadien dans son ensemble.

Peu avant la tenue de la Table ronde, la ministre de la Condition féminine, Kellie Leitch, et d'autres représentants du gouvernement ont profondément choqué les délégués et tous les CAnadiens par leurs déclarations que les taux alarmants de violence que vivent les femmes autochtones sont dus à la « violence familiale».

Sur la Colline du parlement, les gens sont venus d'aussi loin que la Saskatchewan, Peterborough, Kitchener, Niagara Falls et Akwesasne pour prendre la parole. Certains étaient venus pour participer à la Table ronde mais ont été refusés. John Fox a parlé du meurtre de sa fille, Cheyenne, et de l'obstruction constante qu'il a subie de la part de la police dans ses efforts pour que justice soit faite. Sa fille a été la victime de trafic humain et Fox poursuit présentement en justice la police de Toronto pour négligence et pour avoir refusé de faire enquête pour élucider son meurtre et les atteintes à sa personne qu'elle avait subies précédemment.

« Que ce soit la Table ronde ou toute autre activité, vous devez inclure les peuples à la base », a dit Fox. « Je ne peux pas participer à une enquête tant que notre peuple n'est pas directement impliqué dans le processus parce que ces choses là nous appartiennent. C'est notre passé, notre avenir...Je ne peux pas appuyer la Table ronde tant que notre peuple n'est pas directement impliqué...Et si ce n'est pas possible d'en avoir une, alors on est capable de l'organiser nous-mêmes. »


John Fox, Jocelyn Iahtail

« Le problème c'est le colonialisme », a dit Jocelyn Iahtail de la Première Nation d'Attawapiskat. « La racine du problème c'est le colonialisme et le fait que notre peuple est pris dans l'engrenage du colonialisme. La responsabilité, c'est l'affaire de tous. J'aimerais que vous y réfléchissiez dans l'esprit du WaskaPimatisiwaywin - le cercle de la vie, le cercle de l'être. Toute chose en est imprégnée. »

Iahtail a parlé de la violence qu'elle-même et ses enfants ont vécue. Elle a parlé de sa famille depuis six générations, toutes victimes des politiques de « protection de l'enfance », des pensionnats aux « rafles des années soixante » où les enfants ont été arrachés à leurs familles, jusqu'à aujourd'hui alors qu'il y a davantage d'enfants confiés aux soins de l'État qu'au moment le plus fort du système des pensionnats. « Nous avons besoin d'une enquête qui repose sur le savoir autochtone. Nous avons besoin d'une action holistique nationale sur-le-champ. Une enquête basée sur une structure coloniale ne fonctionnera pas. Cela fait plus de 500 ans que cela ne fonctionne pas », a-t-elle dit.

« Nous avons peur de marcher dans la rue de crainte qu'il nous arrive quelque chose. C'est terrible d'avoir peur de marcher dans la rue sur une terre qui vous appartient », a dit une autre femme.

Les femmes ont mené la marche jusqu'à l'hôtel Marriott au centre-ville d'Ottawa où se tenait la Table ronde. Les gens se sont rassemblés dans le hall intérieur où une conférence de presse devait avoir lieu suite à la Table ronde. Une douzaine de policiers ont investi les lieux, bouleversant encore davantage les membres de la famille et les gens de tout le pays quand ils ont su ce qui s'était passé. Les gens présents n'arrivaient pas à croire qu'on les considérait une menace à la sécurité nécessitant une présence policière.


Jocelyn Iahtail et Cheryl Maloney

Cherish Francis, une des personnes venues de la Saskatchewan pour participer à la Table ronde, a noté sur Twitter : « Vraiment trop de policiers pour un groupe de supporters de la base du mouvement des femmes autochtones assassinées et disparues. Ils agissent comme si nous étions des terroristes. »

Pam Palmater a aussi écrit sur Twitter : « Comme si elle était sur appel, la GRC s'est empressée d'envahir le Table ronde dans le but d'empêcher les familles des femmes autochtones de s'exprimer. C'est la même GRC qui a séquestré les enfants au temps des pensionnats. »

À mesure que les délégués à la Table ronde ont appris que des gens s'étaient rassemblés à l'extérieur, ils ont commencé à quitter la Table pour aller leur parler. Cheryl Maloney, chef Mi'kmaq et présidente de l'Association des femmes autochtones de la Nouvelle-Écosse est arrivée avec un groupe de participantes et elles se sont jointes à Iahtail et Fox pour parler aux médias dès qu'ils sont arrivés. L'angoisse profonde qui est créée par la façon de faire du Canada était palpable : une des femmes qui avaient quitté la Table ronde pour venir parler aux personnes à l'extérieur avait récemment reçu les restes de son enfant. Elle n'avait eu d'autre choix que d'accepter le cadre imposé par le gouvernement fédéral et les premiers ministres si elle voulait avoir une voix. Les personnes qui s'étaient rassemblées sur la Colline ont dit que les familles devraient quitter la Table ronde parce que le problème ne peut être traité sur une base d'exclusion et de diktat gouvernemental.

Maloney a fait part de ce message à la Table ronde pour ensuite revenir vers les gens rassemblés à l'extérieur. D'autres délégués se sont mis à quitter à leur tour : Alvin Fiddler, le grand chef adjoint de la nation NishnawbeAski, a quitté la Table ronde peu après 15h00. Après que les aînés eurent parlé à la Table ronde, ils sont aussi allés retrouver les personnes rassemblées à l'extérieur. Le grand chef Terrance Nelson a dit :« Ces femmes ne sont pas qu'une erreur de parcours. Il s'agit d'une politique délibérée du Canada pour tenter d'appauvrir les peuples des Premières Nations. »

Le mépris cruel démontré par le gouvernement et la douleur que cela engendre montrent qu'il faut que le respect s'installe et qu'il y ait de nouveaux arrangements et des relations égalitaires de nation à nation sans quoi aucun problème ne sera résolu et aucune façon moderne de faire les choses ne sera possible.

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Dans l'actualité
Ukraine

La crise en Ukraine continue de s'exacerber

Selon les agences de nouvelles, en dépit du cessez-le-feu conclu le 12 février à Minsk, la capitale de la Biélorussie, la crise en Ukraine continue de s'exacerber. L'entente de cessez-le-feu signée par les dirigeants de la Russie, de l'Ukraine, de l'Allemagne et de la France ainsi que par la diplomate suisse et représentante de l'Organisation pour la coopération et la sécurité en Europe (OCSE), Heidi Tagliavini, devait entrer en vigueur le 15 février mais a été retardée à cause de l'intensité des combats dans la ville de Debaltsevo, où l'armée ukrainienne était encerclée depuis la fin de janvier. L'armée ukrainienne a finalement accepté la défaite et a commencé à se retirer le 18 février, rapporte le Guardian.


Rassemblement contre la conscription en février 2015 à Dneprovka, Ukraine

L'armée ukrainienne fait face à un grave problème de manque d'effectifs de pénurie de personnel à cause des désertions et du refus des conscrits de rapporter à leurs unités. Selon le président ukrainien, Petro Poroshenko, les effectifs de l'armée ukrainienne sont de 200 000 soldats auquels s'ajoutent 75 000 hommes enrôlés par conscription, dont 60 % doivent encore se rapporter. On privilégie les hommes ayant une expérience militaire. Pour faciliter la conscription, l'armée offre des primes pour chaque journée passée au combat actif ainsi que pour la destruction de véhicules ennemis, selon Reuters. Tout Ukrainien âgé de 20 à 60 ans declaré apte au service peut être appelé au front, selon les agences de nouvelles. Un ordre interdit à tout homme apte au service militaire de quitter le pays sans papiers militaires en règle.

Le journaliste et activiste Dmitry Kolesnik, dans un article du 6 février dans Counterpunch, écrit : « Dès le début du conflit, des soldats en Ukraine ont refusé d'ouvrir le feu sur leurs concitoyens. L'armée a connu des désertions et des refus de se rendre aux séances de conscription. Les femmes — mères, conjointes, soeurs et filles des conscrits militaires — ont tenu des manifestations se transformant parfois en émeute contre la guerre et contre le service militaire obligatoire.

« Les manifestations ont éclaté d'abord parce que les Ukrainiens n'acceptent pas l'interprétation que le gouvernement fait de la guerre. Ils ne pensent pas nécessairement qu'il y ait agression étrangère (de la part de la Russie). Ils savent seulement que lorsqu'un soldat ukrainien épaule une arme quelle qu'elle soit, la personne ciblée est inévitablement un compatriote ukrainien.

« En deuxième lieu, on trouve peu de gens prêts à mourir pour le présent gouvernement puisqu'ils croient que celui-ci n'est composé que de nationalistes extrémistes et de néolibéraux. Ils refusent de servir de chair à canon pour les intérêts d'oligarques ukrainiens qui ne semblent vouloir que poursuivre la guerre civile, siphonner toute l'aide possible de l'Occident et supprimer toute opposition à leur pouvoir. Une jeune femme a récemment exprimé cette opinion de façon non-équivoque lors d'un rassemblement dans son village au centre-sud de l'Ukraine. (Voir la vidéo ci-dessous — Note du LML).

« La dernière raison, mais non la moindre, est qu'un grand nombre de travailleurs et d'agriculteurs, contrairement aux personnes plutôt issues de la classe moyenne des centres urbains, conservent une identité régionale très définie. Ils voient leur patrie comme étant leur région, que ce soit le Donbas, la Bucovine, la Transcarpatie ou la Volhynie. Pour eux leur région est une entité aussi importante sinon plus que l'Ukraine elle-même. Les personnes de ces régions sont moins réceptives au message belliciste à la fois patriotique, pro-ukrainien et antirusse. »

Justin Raimondo, écrivant pour antiwar.com, décrit une manifestation récente :

« Lorsque des officiers de l'armée ukrainienne sont venus dans le village ukrainien de Velikaya Znamenka pour dire aux hommes de s'enrôler, ils ne s'attendaient pas à ce qui allait suivre. Au moment où le commandant allait prendre la parole, une femme a saisi le microphone et l'a vertement dénoncé. « Nous en avons assez de cette guerre, a-t-elle dit, nos conjoints et nos fils ne bougeront pas ! » Elle a alors prononcé un discours passionné dans lequel elle a dénoncé la guerre, les dirigeants du coup à Kiev, tandis que la foule appuyait chacun de ses propos. » La vidéo de son discours ainsi que la réaction des personnes présentes est disponible avec sous-titres en anglais ci-dessous.


Problèmes de conscription

DmitryKolesnik explique l'ampleur du problème de conscription :

« Le fait que de façon tout à fait étonnante personne ne se présente sur une base volontaire aux bureaux de recrutement militaire en cette quatrième et dernière ronde de conscription est une source de panique pour le gouvernement et pour le commandement militaire supérieur de l'Ukraine. Ceux-ci en appellent, comme toujours, aux sentiments patriotiques et nationalistes, mais ces appels trouvent de moins en moins écho chez les gens.

« Les hommes en âge de conscription fuient par milliers, traversent les frontières de l'Ukraine dans toutes les directions, ou se cachent dans leurs régions pour échapper aux recruteurs militaires. Le président Poroshenko a été obligé d'ordonner que, dorénavant, seuls les hommes d'âge militaire ayant des documents confirmant qu'ils sont inscrits en bonne et due forme auprès de leur bureau de conscription pourront sortir du pays.

Chaque jour, de nouvelles informations révèlent l'insoumission massive à l'enrôlement, rapporte le quotidien ukrainien Korrespondent. On y lit : 'Lors de la première vague de mobilisation militaire en 2014, 20 % des personnes qui se sont présentées à la conscription l'ont fait sur une base volontaire. Lors de la deuxième vague la même année, ce nombre est passé à 10 %.

« Cette année, seulement 6 % des conscrits se présentant pour le service l'ont fait sur une base volontaire.'

« Dans la région de la Transcarpatie dans l'ouest de l'Ukraine, des villages entiers se sont vidés, la population passant par de nombreuses frontières pour éviter que les hommes ne soient soumis à la conscription. Le chef du conseil de village du district de Kosiv dans la région d'Ivano-Frankivsk rapporte que la population du village en entier a réservé des autobus pour se rendre en Russie où les gens attendront la fin de la guerre.

« Dans le village de Colchino, les autorités n'ont pu trouver que 3 des 105 hommes éligibles à qui remettre les documents de conscription.

« L'officier en chef du recrutement de la Transcarpatie, O. Boyko, a dit au journal Korrespondent : 'Cela peut sembler paradoxal, mais les gens ont fui la région de Ternopil dans l'ouest de l'Ukraine pour aller en Russie afin d'éviter la conscription militaire.'

« Un grand nombre de personnes s'enfuient vers les pays de l'Europe de l'Est afin d'y trouver un refuge provisoire. Yuri Biryukov, un conseiller du président ukrainien, a avoué qu'au cours des trente derniers jours 17 % du nombre total des réservistes de la région de Chernivtsy (dans l'ouest de l'Ukraine) ont traversé les frontières pour se réfugier dans d'autres pays. »

Dans un message sur sa page Facebook de fin janvier et qui a été retiré depuis, Biryukov se plaint et confirme l'état pitoyable de la campagne de recrutement :

« Les dirigeants de 14 conseils ruraux de l'oblast d'Ivano-Frankivsk ont refusé d'accepter les avis de convocation.

« 57 % des conscrits ayant été convoqués dans la région d'Ivano-Frankivsk ne se sont pas présentés aux évaluations médicales.

« 37 % des conscrits convoqués de la région d'Ivano-Frankivsk ont fui le territoire ukrainien.

« Les dirigeants des conseils ruraux de la région de Ternopil sabordent ouvertement les événements de convocation.

« Le dirigeant du conseil de village de Kozovsky, Konyukhi, rapporte que deux autobus nolisés remplis de gens du village ont quitté pour la Russie.

« Dans la région de Colchino en Transcarpatie, dans le comté de Mukachevo, seulement 3 convocations sur 105 ont été remises en main propre.

« Au cours de ces trente derniers jours, 17 % des conscrits de la région de Chernivtsi ont quitté la région.

« Selon des sources officieuses, les hôtels et les motels parsemant la frontière entre l'Ukraine et la Roumanie sont complets, 'remplis d'hommes ukrainiens cherchant à éviter la conscription'.

« 19 % des conscrits convoqués de l'oblast de Volinie ont refusé le service militaire pour raisons religieuses. »

Selon le journal The Guardian, en janvier, le journaliste Ruslan Kotsaba de la ville de l'ouest, Ivano-Frankivsk, a publié une vidéo dans laquelle il s'adresse au président ukrainien Petro Poroshenko, lui disant qu'il « préfère aller en prison pour cinq ans pour avoir refusé de faire son service militaire que de combattre des rebelles pro-russes dans l'est du pays ». Il a été arrêté pour haute trahison et pour avoir fait obstruction à l'armée et est passible de 15 ans d'emprisonnement.

Une nouvelle loi qui autorise l'exécution sommaire des déserteurs

On rapporte aussi que la désertion pose un grand problème à l'armée ukrainienne. Le problème est tel que le parlement ukrainien a adopté une loi autorisant l'armée de tuer les déserteurs. Selon un conseiller du président, c'est l'ouest de l'Ukraine qui serait le plus problématique, « une région qui, historiquement, est un foyer de sentiments antirusses », selon RT.

Le nouveau projet de loi autorisant l'exécution sommaire des déserteurs accorde aussi aux commandants « le droit d'avoir recours personnellement à la force physique, à des méthodes spéciales et aux armes lorsque confrontés à des soldats ayant commis des actes criminels ». En vertu de cette loi, sont considérés actes criminels « toute désobéissance, résistance ou menace d'avoir recours à la force envers un commandant, l'abandon volontaire de positions militaires et de certains emplacements d'unités militaires en mission de combat ». Selon une note explicative, il y a présentement des violations massives de discipline militaire, particulièrement des désertions dans les unités, un abus massif d'alcool ainsi qu'une vague de refus d'exécuter les ordres des commandants.


Récente manifestation contre la conscription, Kramatoskanti

(Reuters, CounterPunch, Fort Russ, Guardian, CBC, RT, photos : SOTT, New Cold War)

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Le Canada appuie désespérément les forces antipeuple en Ukraine


Piquetage à Montréal le 24 janvier 2015 pour condamner les meurtres flagrants du régime de Poroshenko dans la région de Donbass, dans le sud-est de l'Ukraine, dont le meurtre d'enfants et de vieillards. Des actions semblables ont eu lieu à Toronto et Calgary.

Le 27 février, le bureau du Premier Ministre Stephen Harper a émis un communiqué pour souligner « l'important anniversaire du combat de l'Ukraine pour obtenir la paix, la démocratie et la liberté ».

« En ce jour, en 2014, après des mois de manifestations, la population ukrainienne s'est donné un nouveau gouvernement en rejetant courageusement le régime corrompu de Ianoukovitch.

« Ce faisant, les citoyens de l'Ukraine ont choisi la démocratie et un avenir au sein de l'Europe. Aujourd'hui, nous saluons les héroïques manifestants qui ont contribué à cette révolution démocratique, y compris les 'Cent du Paradis', qui ont donné leur vie dans l'espoir que leur pays devienne libre.

« Le Canada a été fier de jouer un rôle en aidant l'Ukraine à faire la transition vers la liberté et la démocratie, y compris en fournissant d'importantes contributions aux réformes sur le plan de l'économie et sur le plan de la gouvernance, sous forme de prêts de stabilité, d'aide humanitaire et d'assistance militaire non létale, ainsi qu'en fournissant des centaines d'observateurs électoraux », déclare Stephen Harper dans le communiqué.

Il y continue d'accuser la Russie d'agression, l'accusant d'avoir coûté la vie à 5 600 personnes en Ukraine :

« Notre position a été claire dès le départ : nous reconnaissons la souveraineté et l'intégrité de l'Ukraine et nous ne reconnaîtrons jamais l'occupation par les Russes d'une quelconque partie de ce pays. » Cet engagement de Harper ne sera pas difficile à respecter puisque la Russie n'occupe aucune de ces régions.

Niant la crise dans laquelle l'Ukraine est plongée, Harper s'est engagé à maintenir le cap : « Notre gouvernement est passé de la parole aux actes. Nous avons imposé des sanctions contre plus de 270 individus ou entités de Russie ou d'Ukraine, livré de l'équipement militaire non létal au gouvernement ukrainien et offert un soutien dans le cadre de l'OTAN, afin de développer les forces armées ukrainiennes.

« Il en coûtera de plus en plus cher à la Russie si elle persiste à envenimer le conflit et refuse un règlement pacifique.

« Au moment de souligner cet anniversaire important pour l'Ukraine, le Canada réitère son solide appui aux citoyens ukrainiens, comme il l'a fait depuis le début de la crise. »[1]

Le 23 février, une réception a eu lieu au parlement en l'honneur du vice-président du parlement ukrainien, Andriy Paroubiy. Si Harper rend hommage aux « Cent du Paradis » dans sa déclaration, il omet de dire que Paroubiy était responsable de la sécurité lorsque le Massacre de Maïdan a eu lieu alors que les « Cent du Paradis » furent abattus par des tireurs embusqués. On soupçonne que ceux-ci recevaient leurs ordres de nul autre qu'Andriy Paroubiy.

L'homme à qui le gouvernement Harper a rendu honneur fut le co-fondateur en 1991 du Parti social-national d'Ukraine, un parti néonazi qui glorifiait les activités en temps de guerre de Stepan Bandera et d'autres collaborateurs antisémites des nazis.

Pendant sa visite  à Ottawa, Paroubiy a rencontré le ministre des Affaires étrangères, Rob Nicholson, et lui a demandé avec insistance que le Canada persuader les États-Unis d'envoyer plus d'armes à l'Ukraine. Le gouvernement Harper a saisi l'occasion pour répandre le plus de désinformation possible sur ce qui se passe en Ukraine et sur qui est responsable de la crise. Dans le communiqué de presse des Affaires étrangères, Commerce et Développement Canada, on décrit ainsi la réunion :

« L'honorable Rob Nicholson, C.P., c.r., député fédéral de Niagara Falls et ministre des Affaires étrangères, a rencontré M. Andriy Paroubiy, premier vice-président de la Verkhovna Rada (parlement) de l'Ukraine et ancien secrétaire du conseil national de sécurité et de défense.

« Le ministre Nicholson et M. Paroubiy ont discuté de sécurité dans l'est de l'Ukraine, y compris des préoccupations au sujet de Marioupol, et des mesures prises par le gouvernement de l'Ukraine en vue de mener une réforme. Le Canada est résolu à travailler en étroite collaboration avec le gouvernement de l'Ukraine pour instaurer une Ukraine unie, démocratique et prospère.

« M. Paroubiy a remercié le Canada d'être devenu un chef de file dans le soutien à l'Ukraine et d'avoir imposé de nouvelles sanctions économiques et interdictions de voyager le 17 février 2015 contre 37 citoyens russes et ukrainiens et 17 entités russes et ukrainiennes. Le ministre Nicholson et M. Paroubiy ont également discuté de l'accord de Minsk du 12 février et des violations persistantes du cessez-le-feu commises par les séparatistes soutenus par les Russes dans l'est de l'Ukraine.

« Le ministre Nicholson a offert ses condoléances au peuple ukrainien à la suite de l'attentat à la bombe de la fin de semaine contre une manifestation pacifique à Kharkiv. Le ministre a également exhorté le régime Poutine à retirer ses forces armées immédiatement de l'Ukraine et à exercer son influence sur les séparatistes pour qu'ils déposent leurs armes et réitéré l'appui inébranlable du Canada envers l'Ukraine.

Cette visite coïncide avec le premier anniversaire des attaques contre les manifestants de Maïdan. »[2]

Informations générales sur Andriy Paroubyi

Le Parti social-national fondé par Paroubiy a comme logo le symbole nazi du « Wolfangel » (le crochet du loup). Paroubiy a quitté le Parti social-national en 2004 (l'année même où le parti a changé son nom pour « Svoboda » (« Liberté ») et a depuis joint les rangs d'organisations « nationalistes ukrainiennes » plus conventionnelles comme Notre Ukraine et Patrie (avec Ioulia Tymochenko).

Pour ce qui est du coup d'État et des assassinats au square Maïdan, l'ancien chef du service de sécurité ukrainien, Aleksandr Yakimenko, a dit à RT en 2014 que Paroubiy était le commandant à Maïdan et qu'il avait le contrôle absolu de l'endroit et c'est lui qui décidait si les policiers pouvaient y circuler ou pas. Il a aussi dit que Paroubiy contrôlait l'édifice d'où des tireurs embusqués ont abattu des policiers et des manifestants peu après que le président Yanukovich eut démissionné.[3]

Suite au coup, Paroubiy est devenu secrétaire du Conseil de la sécurité nationale et de la défense de l'Ukraine jusqu'à sa démission en août 2014.

Paroubiy a refusé d'expliquer sa démission, mais a dit qu'il « continuerait d'offrir de l'aide au front, particulièrement aux bataillons volontaires ». Plusieurs de ces soi-disant bataillons volontaires qui attaquent présentement l'est de l'Ukraine sont ouvertement néonazis, comme le Bataillon Azov.

Lorsqu'en février à la télé allemande on a posé la question à brûle-pourpoint à l'ambassadeur ukrainien en Allemagne, Adriy Melnyk, de qui sont ces combattants, celui-ci a répondu : « Il s'agit d'unités (néonazies) qui combattent côte-à-côte avec notre armée, avec la Garde nationale et d'autres unités, et elles sont coordonnées et contrôlées par Kiev. Il n'existe donc aucun danger que ces unités puissent entreprendre des actions indépendantes, étant sous la coordination des commandants de l'armée.



Le 24 janvier, des actions « Je suis Vanya » ont eu lieu à Calgary (ci-haut) et à Toronto. Ces actions ont dénoncé l'absence de solidarité envers les victimes innocentes du terrorisme organisé par l'État en Ukraine ainsi que le mutisme des gouvernements et des médias, contrastant avec leur vague de condamnations suite à l'assassinat du personnel de
rédaction de Charlie Hebdo en France.

Notes

1. Déclaration, Bureau du premier ministre, le 27 février 2015

2. Communiqué de presse, Affaires étrangères, Commerce et Développement international, le 23 février 2015.

3. « Des tireurs embusqués ont tiré d'un édifice contrôlé par les forces de sécurité de Maïdan — selon un ancien chef de la sécurité de l'Ukraine », RT, le 13 mars 2014.

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La participation du Canada à l'ingérence
étrangère en Ukraine et à l'objectif de l'OTAN
d'encercler la Russie

Dans les tentatives d'encercler et d'isoler la Russie, le Canada fournit de la formation aux forces armées combattant pour le régime du coup à Kiev. De récentes déclarations du gouvernement Harper continuent de prétendre que cette formation est hypothétique et qu'elle n'a pas été approuvée, alors qu'en réalité elles ont lieu depuis plusieurs mois déjà. Maintenant on envisage de déployer davantage de troupes à des fins de « formation » alors qu'une telle démarche serait en violation de l'accord de paix du 15 février. Tout cela est justifié sur la base qu'il faut défendre l'Ukraine d'une invasion russe qui n'a pas eu lieu.

Missions de « formation »

Le 8 décembre un article du Globe and Mail a fait valoir que le Canada a été le premier membre de l'OTAN à publiquement envoyer des soldats pour « aider à former » l'armée ukrainienne. Le ministre de la Défense à l'époque, Rob Nicholson, était à Kiev même pour annoncer que des soldats canadiens avaient commencé à arriver en Ukraine pour former la police militaire ukrainienne et pour signer une déclaration d'intention avec son homologue ukrainien, laquelle déclaration dit en partie :

« Le Canada et l'Ukraine sont déterminés à continuer de travailler ensemble pour renforcer les capacités et les forces de sécurité du gouvernement ukrainien, défendre l'intégrité territoriale de l'Ukraine et ses habitants. »

« La déclaration d'intention d'aujourd'hui vise à étudier les façons de favoriser nos efforts, particulièrement en matière de renforcement des capacités de défense par la prestation d'instruction de soutien général en lien avec la police militaire, et les mesures de protection médicale et personnelle. »

Ensuite, le 11 février, le gouvernement Harper a dit qu'il intensifierait son aide militaire, y compris les formations, comme s'il n'y avait pas déjà de telles formations. Le ministre de la Défense, Jason Kenney, a dit à l'émission Power and Politics de CBC : « S'il existe un consensus à l'effet que nous pourrions jouer un rôle en termes de formation, nous sommes ouverts à ça. » Il a dit qu'une décision n'avait pas encore été prise à ce sujet.

Le jour même, le commandant de l'armée des États-Unis en Europe, le lieutenant général Ben Hodges, a dit qu'en mars un bataillon de 800 soldats commencerait à former trois bataillons d'Ukrainiens du ministère de l'Intérieur dans la ville de l'Ukraine de l'ouest, Lviv, dans le but « d'enseigner aux Ukrainiens comment mieux se défendre contre 'l'artillerie et les roquettes des Russes et des rebelles' ».

Le nouvel accord de paix qui est en vigueur depuis le 15 février stipule que les troupes étrangères doivent se retirer de l'Ukraine. En dépit de cette stipulation, le Royaume-Uni a annoncé le 24 février qu'il expédierait 75 soldats en Ukraine pour faire partie d'une mission de formation pendant près de six mois, selon le Guardian. Le lendemain, le ministre de la Défense, Jason Kenney, a dit que le gouvernement du Canada envisageait d'y participer. La participation du Canada mettrait plutôt l'emphase sur l'évacuation médicale de combat et les soins post-traumatiques. « Voilà le genre de formation technique que nous pouvons offrir », a-t-il dit. « Nous sommes en discussion et examinons diverses options, et nous sommes ouverts - comme je me plais à le répéter depuis deux semaines - à participer à des missions de formation. » Kenney ne s'est pas opposé aux formations de combat. Il a seulement dit qu'il ne pouvait être « plus précis en ce moment » et que « Nous explorons activement des options d'assistance aux Ukrainiens en formation militaire...je dirais, demeurez à l'écoute ». Pour tout dire, les troupes canadiennes qui ont été expédiées en Irak l'an dernier et qui devaient ne donner que de la formation ont ultimement participé aux combats.

Le premier ministre du Royaume-Uni, David Cameron, pour sa part, lorsqu'il a annoncé le déploiement de troupes britanniques en Ukraine, a prétendu que ce serait pour « assister l'Ukraine à rejeter de nouvelles incursions appuyées par la Russie sur son territoire souverain ». En d'autres termes, la mission du Royaume-Uni se fera en violation de l'accord de paix dans le but de veiller à ce que la Russie respecte ce même accord. D'ailleurs, la seule instance autorisée à surveiller le respect de l'accord par ses cosignataires est l'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE), et non l'armée britannique.

Le rôle du Canada à fournir des renseignements militaires

Par ailleurs, le Globe and Mail rapportait le 12 février que le gouvernement Harper négocie présentement avec le régime issu du coup, offrant de fournir deux fois par jour à l'armée ukrainienne des images à haute résolution à partir du satellite RADARSAT-2 du Canada. Selon le Globe and Mail, « RADARSAT-2, qui a été lancé en 2007, est contrôlé par MacDonaldDettwiler et Associés de Richmond en Colombie-Britannique pour le gouvernement canadien et sert à toutes sortes de choses dont la surveillance côtière par l'armée, la cartographie, la surveillance des banquises, les récoltes, la pollution et les navires ». Le Globe & Mail ajoute : « Le gouvernement canadien stipulera dans l'entente que les images satellites ne devront servir à l'Ukraine que dans ses mesures défensives et non pas pour des opérations offensives telles que cibler des forces d'opposition ».

Pour qu'il y ait « mesures défensives », il faut qu'à prime abord il y ait eu agression contre l'Ukraine ou encore invasion, ce qui n'est pas le cas. Si la surveillance ne sert donc pas à la défense, à quoi servira-t-elle alors ?

Le Canada a déjà contribué six avions de combat et un navire à la « mission pour rassurer les alliés » de l'OTAN en Europe de l'Est.

Récemment le Canada a expédié des navires remplis d'uniformes militaires et autre équipement « non meurtrier » à l'armée ukrainienne. Aussi le gouvernement ukrainien a sans cesse demandé à Ottawa que celui-ci lui fournisse des armes militaires, y compris des missiles antichar et anti-aériens. Le président du Congrès canadien-ukrainien, Paul Grod, a récemment dit au Globe and Mail que de nombreuses requêtes avaient été soumises au département de la Défense nationale du Canada par le biais de l'ambassade ukrainienne à Ottawa au cours des derniers six mois.

Le département des Affaires étrangères, Commerce et Développement Canada a publié l'information suivante au sujet de la participation du Canada à la « Mission visant à rassurer les alliés » de l'OTAN.

 Document d'information
Participation canadienne aux mesures
de l'OTAN visant à rassurer les alliés

 »L'acte d'agression de la Russie contre l'Ukraine a fait ressortir l'importance toujours actuelle d'assurer la sécurité de l'Alliance. Dans le contexte des mesures prises par l'OTAN en réaction à ces faits nouveaux, le Canada a déployé des unités et du personnel des Forces armées canadiennes (FAC) en Europe centrale et orientale pour montrer sa solidarité et renforcer la défense collective de l'Alliance.

Mesures visant à rassurer les alliés

«  Le Canada a suspendu toutes les activités bilatérales prévues entre les FAC et les forces militaires russes.

«  Le Canada a déployé en Roumanie six chasseurs à réaction CF-18, ainsi qu'une équipe de soutien de 200 militaires, à des fins d'entraînement avec les alliés de l'OTAN.

«  Le Canada a affecté 20 experts de la planification opérationnelle des FAC auprès du Grand Quartier général des Puissances alliées en Europe de l'OTAN, à Casteau, en Belgique, afin de renforcer les fonctions de planification et de surveiller les activités dans la région.

«  Le NCSM Regina a été réaffecté afin de rejoindra le 1er Groupe de la Force navale permanente de réaction de l'OTAN dans l'est de la Méditerranée.

«  Des membres des FAC ont participé en mai 2014 à l'opération Open Spirit, en Lettonie, aux côtés du personnel militaire de 13 autres pays membres de l'OTAN et pays partenaires.

«  Cinquante soldats des FAC ont été déployés en Pologne en mai 2014 pour s'entraîner aux opérations aéroportées et d'infanterie aux côtés d'alliés polonais et américains.

«  En juin 2014, un contingent d'environ 125 soldats canadiens a participé à l'exercice Saber Strike 2014, sous commandement des États-Unis, en Lettonie, en Estonie, en Pologne et en Lituanie. »

Expédition secrète d'armes

Il y a aussi plusieurs indications à l'effet qu'un programme clandestin d'expédition d'armes vers l'Ukraine est en marche. Tout comme à l'époque du scandale Iran-Contra alors que la CIA faisait promener des avion-cargo partout dans le monde et plus récemment en Libye pour aider les rebelles à renverser MuammarKhadafi, présentement un Antonov ukrainien AN-124 (immatriculation UR-82072) , avion militaire de transport lourd, reconnu pour le trafic international de marchandise et appartenant au Bureau de transport Antonov, « a surpris les résidents habitant près de l'aéroport international Nikola Tesla de Belgrade en Serbie lorsqu'il a atterri le 28 janvier 2015. L'avion ukrainien, le plus gros aéronef au monde, était un événement rare dans un pays qui appuie généralement la Russie dans son conflit avec Kiev », explique le journaliste étasunien Wayne Madsen.

Le secrétaire d'État des États-Unis, John Kerry, et le commandant militaire de l'OTAN, le général Philip Breedlove, « discutent présentement à savoir si l'OTAN fera parvenir des armes alors qu'en réalité l'approvisionnement en armes a commencé l'an dernier », a dit Madsen. Celui-ci poursuit :

« En septembre 2014, le président ukrainien Petro Poroshenko a affirmé qu'un certain nombre de pays de l'OTAN avaient accepté de fournir des armes aux forces ukrainiennes, qui comprennent non seulement les troupes ukrainiennes régulières, mais aussi les bataillons irréguliers appuyés par le milliardaire et seigneur de guerre israélo-ukrainien, IhorKolomoisky, composés de néonazis, de forces étasuniennes ainsi que d'autres forces militaires privées, ainsi que d'anciens membres des Forces de défense israéliennes. Au moment du sommet de l'OTAN en septembre 2014 au Pays de Galles, le conseiller présidentiel ukrainien Yuri Lutsenko a dit que les États-Unis, la France, la Pologne, la Norvège et l'Italie étaient d'accord pour expédier des armes vers l'Ukraine et le Canada avait révélé que lui aussi avait aussi commencé à fournir des armes aux putschistes de Kiev.

« L'aide militaire, l'assistance et le personnel fournis par l'OTAN sont tels que le président russe, Vladimir Poutine, a récemment déclaré (le 26 janvier) que l'armée ukrainienne agit présentement comme une légion étrangère de l'OTAN. Aussi, selon des rapports fiables, l'OTAN a fourni Kiev en bombes à fragmentation et celui-ci les utilisent contre la population civile majoritairement russophone de la région du Donbass dans l'Ukraine de l'est.

« L'aéronef AN-124 qui a atterri à Belgrade semble avoir transporté des armes à partir de divers terminaux bien connus de l'OTAN qui servent à ces fins. Après avoir atterri à Bucarest, en Roumanie, le 23 janvier 2015, ayant quitté l'île italienne de Lampedusa à proximité de la côte de la Lybie, l'aéronef a quitté le 23 janvier pour le New Jersey aux États-Unis. Lampedusa a joué un rôle majeur dans l'approvisionnement d'armes aux rebelles libyens pendant la rébellion d'influence grandement occidentale et islamique contre le gouvernement Kadhafi. Le Bucarest est devenu une des plus importantes bases d'appui militaire de l'OTAN envers Kiev. »

Madsen énumère les nombreux endroits où cet énorme avion de transport militaire a été aperçu durant la dernière année, y compris Calgary.

« En septembre 2014, le transporteur ukrainien d'armes a été repéré sur une piste à l'aéroport international de Tbilissi dans la République de Géorgie. Non loin de là il y avait un avion de fret C-17 Globemaster de la US Air Force qui était censé transporter des armes vers la Géorgie. La proximité de l'aéronef ukrainien qui affrète des armes lourdes et de l'avion C-17 à l'aéroport de Tbilissi a coïncidé avec le sommet de l'OTAN au Pays de Galles.

« Il y a peu de doute que Breedlove, un belliciste éhonté de la guerre froide, avait déjà autorisé le transfert d'armes de l'OTAN vers l'Ukraine via Tbilissi, la Géorgie et l'Ukraine ayant pris part en tant que membres aspirants à l'Alliance de l'OTAN contre la Russie sur une ligne de front s'étendant de l'Ossétie du Sud, à travers l'Abkhazie , à travers l'est de l'Ukraine et la Crimée, et passant par la République de Transnistrie au nord de la Moldavie. C'est sur cette ligne de front que les planificateurs de guerre de l'OTAN rêvent aujourd'hui d'affronter directement les troupes autochtones et russes qui protègent l'indépendance de la phalange d'États de l'Ossétie du Sud, d'Abkhazie, du Donetsk, de Lugansk et de la Transnistrie, mais aussi le flanc sud de la Russie, y compris la république autonome russe de Crimée et la ville fédérale russe de Sébastopol. »

L'Ukraine conclut avec les Émirats arabes unis un contrat de fourniture d'armes

En dépit de ses obligations en vertu de l'accord récent de cessez-le-feu et des efforts par les autres parties à l'accord pour s'assurer que le cessez-le-feu soit respecté, l'Ukraine poursuit ses efforts pour acquérir des armes.

RT rapporte le 24 février que le président ukrainien Petro Porochenko a conclu un accord sur la livraison d'armes en provenance des Émirats arabes unis (ÉAU). L'information provient du conseiller du ministre de l'Intérieur ukrainien, Anton Gerashchenko, qui a publié la note suivante sur Facebook :

« Il est intéressant de souligner que, contrairement aux Européens et Américains, les Arabes n'ont pas peur des menaces de Poutine d'une troisième guerre mondiale devant l'acheminement d'armes et de munitions vers l'Ukraine. » Il a également dit qu'il croyait les Émirats arabes unis qui ont accusé la Russie de la baisse des prix du pétrole. « Donc, ça va être leur petite vengeance », a déclaré le conseiller. Gerashchenko a dit que les types d'armes et le volume des fournitures à livrer ne pouvaient être divulgués. L'accord a été conclu avec le prince héritier d'Abou Dhabi et l'adjoint au commandant suprême des Forces armées des ÉAU, Mohammed bin Zayed bin Sultan Al Nahyan, rapporte RT....

La fourniture d'armes à l'Ukraine par les ÉUA pourrait faire partie d'une opération secrète des États-Unis, a dit un ancien diplomate américain James Jatras à RT.

« Cette discussion à Washington sur la livraison d'armes est en cours depuis un certain temps. Habituellement, cela indique qu'une sorte de programme secret est déjà en marche et que nous avons déjà fourni directement des armes », dit-il.

Jatras a ajouté qu'il est difficile de croire que les ÉAU vendraient ces armes à l'Ukraine « sans le feu vert de Washington ».

« Il y a beaucoup d'inquiétude à Washington que nos satellites européens aient laissé tomber leur vigilance et que ce second accord de Minsk représente une possibilité d'un règlement de paix qui soit vraiment avantageux aux forces anti-Kiev à Lougansk et Donetsk. Et une façon de renverser la vapeur est d'envoyer des armes là-bas », a déclaré Jatras.

Commentant la déclaration de Porochenko que les armes ne sont pas destinées à un usage offensif, Jatras a déclaré que « la notion selon laquelle il y a des armes offensives et défensives est vraiment absurde ici ». Fournir des armes est « clairement conçu pour donner à Kiev une sorte d'option militaire que Kiev ne dispose pas actuellement et, bien sûr, il y a une intention offensive derrière cela », a-t-il ajouté.

(Global Research, RT, Globe and Mail, Strategic Culture Foundation, CP, CBC News, Guardian)

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Des Canadiens se joignent à des bataillons nazis
dans la guerre civile


Piquetage à Montréal, le 31 janvier 2015, en opposition à la terreur d'État en Ukraine

Alors que le projet de loi C-51 va comprendre toutes sortes de mesures contre les « djihadistes islamiques » qui cherchent à se rendre à l'étranger pour se joindre à des organisations qui sont qualifiées de terroristes islamiques, les cercles dirigeants du Canada et leurs médias monopolisés acclament le fait que des citoyens canadiens « héroïques » se joignent illégalement à des bataillons nazis dans la guerre civile en Ukraine. Ces gens-là fournissent également de l'aide militaire à des groupes en Ukraine, ce qui pourrait bien être illégal aussi. On se souvient du cas des quelque 145 « lone soldiers » (soldats solitaires) qui sont allés illégalement à l'étranger en 2014 aider Israël à commettre ses crimes de guerre contre le peuple palestinien et ont été acclamés comme des « Canadiens héroïques ».

Le 26 février, le Globe and Mail a publié en page couverture un article de 3 pages intitulé « Des Canadiens vont aider l'effort de guerre de Kiev à titre personnel ». Tout en mentionnant le « nationalisme parfois extrême » de ces Canadiens allant combattre à l'étranger, l'article les disait « célèbres pour leur bravoure ». Cette mention de leur « nationalisme extrême » est en référence au fait que les dirigeants de l'Ukraine sont à la tête de la résurgence du nazisme en Europe, des néo-nazis occupant même des postes importants au gouvernement. Un de ces combattants canadiens qui est cité par le Globe and Mail a dit être un « national-socialiste » ayant combattu dans le Bataillon ukrainien Azov dont les uniformes portent des symboles nazis.[1] Le réseau BBC dit ceci du Bataillon Azov : « Commandé par l'organisation extrémiste Patriotes d'Ukraine pour qui les juifs et d'autres minorités sont des 'sous-hommes' et qui appelle à une croisade chrétienne blanche contre eux, [le Bataillon Azov] a trois symboles nazis sur ses insignes, le crochet du loup, un soleil noir (ou 'Hakensonne') et l'inscription 'Corps noir' qui était utilisée par la Waffen SS. »[2] Un autre de ces Canadiens s'est joint au Bataillon Aidar, qui a été accusé l'an dernier par Amnistie internationale d'avoir commis des crimes de guerre.

La loi canadienne interdit explicitement que des Canadiens soient recrutés pour aller servir dans des armées étrangères, ou plus précisément « dans les forces armées d'un État étranger en guerre avec un État étranger ami », et elle prévoit « une amende maximale de cinq cents dollars et un emprisonnement maximal de douze mois » de même que la résiliation du passeport. « État étranger ami », quand on connaît la servilité du Canada face à l'impérialisme américain, veut dire en pratique tout État qui appuie la réaction et les ambitions impérialistes. La loi qui régit ces choses est la Loi sur l'enrôlement à l'étranger (1985), elle-même le résultat de l'amendement de la Loi sur l'enrôlement à l'étranger de 1936 qui était basée sur le British Imperial Foreign Enlistment Act de 1870 étendu par décret impérial à tous les dominions dont le Canada.

La loi canadienne sur l'enrôlement à l'étranger a constamment été utilisée par les cercles dirigeants pour appuyer la réaction et s'opposer à tout ce qui est progressiste, parfois en imposant la loi, parfois en la suspendant ou en l'ignorant. Les colonialistes britanniques l'ont d'abord imposée dans les années 1860 pour empêcher les États-Unis de recruter des Canadiens, en particulier des Afro-américains fugitifs, pour lutter contre la Confédération esclavagiste. En 1861, le colonel Arthur Rankin, un député canadien, a cherché à mettre sur pied un régiment de 1600 lanciers pour servir dans l'armée de l'Union. Il a vite été arrêté pour violation du British Foreign Enlistment Act.

La loi canadienne contre l'enrôlement à l'étranger est tristement célèbre pour avoir été utilisée contre 1300 Canadiens qui sont allés participer à la lutte antifasciste en Espagne dans le célèbre régiment MacKenzie-Papineau. Les nazis hitlériens ont appuyé ouvertement les fascistes espagnols dans cette guerre. Le gouvernement de MacKenzie King a déclaré que les volontaires antifascistes et leurs familles étaient coupables d'un acte criminel. Ils a résilié leurs passeports et mobilisé la GRC pour empêcher leur retour au Canada. Les volontaires antifascistes et leurs familles ont été punis pour leurs actions généreuses à ce moment-là et pour des générations entières en étant ostracisés et privés de pensions et de prestations pour soins médicaux. Le gouvernement et les médias de l'époque ont démonisé leurs motivations et convictions politiques, tandis que le gouvernement Harper et les médias monopolisés acclament aujourd'hui les « soldats solitaires » et les « Ukrainiens de la diaspora » comme des gens qui personnifient les « valeurs canadiennes ».

Le cabinet fédéral a suspendu la Loi sur l'enrôlement étranger en 1940 pour permettre à des Canadiens d'aller aider le gouvernement finlandais de Mannerheim, collaborateur des nazis, qui combattait l'Union soviétique, un allié de guerre du Canada, un « État ami » s'il en est un. La loi a été suspendue une nouvelle fois en 1948 pour faciliter l'enrôlement de Canadiens dans les forces armées israéliennes cherchant à conquérir la Palestine. La loi a été ignorée pendant la Guerre du Vietnam pendant laquelle des Canadiens, dont on ne connaît pas le nombre, se sont joints aux forces d'invasion impérialistes américaines. Ils ont dû se trouver une fausse ville natale à mettre dans leur dossier militaire américain pour cacher leur pays d'origine.

Cette activité toute récente, qui part du Canada, au nom des agresseurs ukrainiens jouit de toute évidence de l'appui enthousiaste des cercles dirigeants du Canada bien que ceux-ci se trouvent à violer leurs propres lois. Rien de surprenant là-dedans. Tout comme Harper est connu pour son soutien indéfectible aux crimes de guerre israéliens, il est aussi connu pour son appui indéfectible au gouvernement ukrainien infiltré par les nazis.

Notes

1. Le Globe and Mail, le 26 février 2015

2. « L'Ukraine minimise l'importance de l'extrême-droite dans le conflit », la BBC, le 13 décembre 2014

(Réalisé à partir des dossiers de Tony Seed)

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L'accord de cessez-le-feu

Le dernier accord de paix a été signé le 12 février à Minsk, en Biélorussie, par l'ancien président de l'Ukraine et représentant ukrainien Leonid Koutchma, l'ambassadeur russe en Ukraine et représentant russe Mikhail Zourabov, les dirigeants de la république populaire du Donetsk et de la république populaire de Lougansk, Alexander Zakharchenko et Igor Plotnitsky, respectivement.

Le président russe Vladimir Poutine, lors d'un voyage officiel en Hongrie le 17 février à l'occasion du 70e anniversaire de la libération de la Hongrie de l'occupation nazie, a commenté l'accord de Minsk et la situation à Debaltsevo où les combats se poursuivent en ce moment. En conférence de presse, il a dit que le cessez-le-feu ne serait pas immédiat mais a exprimé sa confiance qu'il va éventuellement être en vigueur. Il a ajouté que le Conseil de sécurité de l'ONU a l'importante responsabilité de mettre le poids du droit international derrière cet accord. Il a souligné qu'une solution négociée à la crise est la seule voie possible et dénoncé l'exportation d'armes par les États-Unis dans la zone de guerre :

« Premièrement, en ce qui concerne les livraisons possibles d'armes à l'Ukraine, les livraisons d'armes se font déjà, selon nos informations. Cela n'a rien de très inhabituel.

« Deuxièmement, je crois fermement que peu importe l'expéditeur et le type d'armes impliquées, ce n'est jamais une bonne chose de fournir des armes à une zone de conflit mais, dans ce cas particulier, peu importe qui les envoie et quel genre d'armes sont envoyées [...]

« Il n'y aura pas de fin à cela si les gens qui prennent les décisions ne réalisent pas qu'il n'y a pas d'espoir de résoudre le problème par des moyens militaires. Cela ne peut être réglé que par des moyens pacifiques, par la conclusion d'un accord avec cette partie de leur pays et en garantissant les droits et intérêts légitimes de ces peuples. »

Dans une entrevue récente à la télévision d'État russe, Poutine a exprimé son optimisme envers l'accord et dit qu'une confrontation directe entre la Russie et l'Ukraine est peu probable.

« Je pense qu'un scénario aussi apocalyptique est peu probable et j'espère que cela n'arrivera jamais. Si les accords de Minsk sont respectés, je suis certain que la situation va revenir progressivement à la normale. Personne n'a besoin d'un conflit, encore moins d'un conflit armé, à la périphérie de l'Europe. »

Pour sa part, Kiev a demandé que des casques bleus de l'ONU ou de l'UE soient déployés pour faire respecter l'accord. « Nous considérons cette opération [de maintien de la paix] comme quelque chose d'indispensable pour aider à ce que ces ententes se réalisent et ramener la paix », a déclaré, le 16 février, le ministre ukrainien des Affaires étrangères Pavlo Klimkin, au siège de l'ONU, à New-York.

Le 18 février, le président ukrainien Petro Porochenko a demandé au Conseil de la sécurité et de la défense nationale d'Ukraine de faire appel aux casques bleus européens, disant qu'une « mission de police de l'UE » est le meilleur arrangement possible pour une présence internationale en Ukraine. « Le meilleur format, selon nous, c'est une mission de police de l'Union européenne. Nous sommes convaincus que c'est la solution la plus efficace et la meilleure dans un contexte où les promesses de paix n'ont pas été tenues », a déclaré Porochenko.

Oleksandr Tourtchinov, le secrétaire du Conseil, a déclaré que les forces de maintien de la paix devraient être stationnées non seulement le long de la ligne de désengagement séparant les troupes de Kiev et les forces séparatistes, mais aussi le long de la partie de la frontière russo-ukrainienne contrôlée par les républiques populaires du Donetsk et de Lugansk. Ce déploiement permettra « d'observer et, surtout, de localiser les violations et de faire des gestes concrets pour le règlement pacifique du conflit en Ukraine », a-t-il dit.

Pendant ce temps, les forces de l'OTAN continuent d'encercler la Russie tandis que les États-Unis, l'UE et les forces réactionnaires et les médias monopolisés canadiens continuent d'accuser faussement la Russie de déployer son armée dans l'Est de l'Ukraine. Si la Russie viole le nouvel accord, il y aura d'autres « conséquences » en plus des sanctions existantes, ont menacé les impérialistes américains.

Ces accusations se poursuivent en dépit du fait que, le 29 janvier, le chef d'état-major des forces armées ukrainiennes, le lieutenant-général Victor Muzhenko, a dit que l'armée russe n'est pas présente en Ukraine. Cet aveu ouvert du chef de l'armée ukrainienne expose la désinformation qui est propagée sur l'implication russe en Ukraine et montre que ceux qui cherchent à isoler la Russie ont des intentions dissimulées.

« À ce jour, les seuls qui sont impliqués dans des actions de combat sont quelques membres des forces armées de la Fédération de Russie et des citoyens russes qui font partie de groupes armés illégaux. Nous ne combattons pas l'armée régulière russe. Nous avons assez de forces et de moyens pour infliger une défaite finale même avec la présence des formations armées illégales », a dit Muzhenko.

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La résolution du Conseil de sécurité de l'ONU
sur l'Ukraine

Le 17 février, le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté à l'unanimité la Résolution 2202.

Le Conseil appelle toutes les parties à appliquer pleinement « l'ensemble de mesures en vue de l'application des Accords de Minsk » adoptées le 12 février 2015 à Minsk, en Biélorussie. Fermement convaincu que la résolution de la situation dans les régions orientales de l'Ukraine ne peut se faire que par un règlement pacifique de la crise actuelle, le Conseil se félicite de la déclaration faite par les chefs d'État de la Fédération de Russie, de l'Ukraine, de la France et de l'Allemagne en soutien à l'ensemble de mesures et de leur engagement soutenu en vue de la mise en oeuvre de ces ententes. en vue de l'application des Accords de Minsk.

« L'ensemble de mesures » qui sont contenues à l'Annexe 1 de la résolution prévoit une série d'actions à prendre. Cela comprend un cessez-le-feu immédiat dans certains endroits des régions ukrainiennes de Donetsk et de Louhansk et sa pleine entrée en vigueur le 15 février 2015.

C'est quelque chose de très important que la résolution endosse « l'ensemble de mesures » et appuie la « Déclaration des présidents ». C'est un accomplissement important de la Russie qui est l'auteur du document.

L'ensemble de mesures comprend les mesures suivantes :

1) un cessez-le-feu immédiat et général dans certaines zones des régions ukrainiennes de Donetsk et de Louhansk et sa mise en oeuvre rigoureuse à partir du 15 février 2015 ;

2) la création d'une zone de sécurité pour séparer les belligérants ;

3) l'établissement de zones de sécurité minimum pour chaque type d'armements ;

4) le retrait des armes lourdes de la zone de sécurité [2] dans un délai de 14 jours ;

5) l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe assurera un suivi et une vérification efficaces du cessez-le-feu et du retrait des armes lourdes ;

6) le premier jour suivant le retrait, ouverture de pourparlers (le texte parle de dialogue) sur les modalités de la tenue d'élections locales conformément à la législation ukrainienne ; [3]

7) l'adoption sans retard, 30 jours au plus tard à compter de la signature du document, d'une résolution, par le Parlement de l'Ukraine qui précise le territoire relevant d'un régime particulier en vertu de la loi ukrainienne « relative aux modalités temporaires de l'exercice de l'autonomie locale dans certaines zones des régions de Donetsk et de Louhansk, sur la base de la ligne établie par le mémorandum de Minsk du 19 septembre 2014 » ;

8) la grâce et l'amnistie générale ;

9) la libération et l'échange de l'ensemble des otages et des personnes retenues illicitement, sur la base du principe de « tous contre tous » ;

10) la prise de mesures pour garantir, par l'intermédiaire d'un mécanisme international, la sécurité de l'accès du personnel humanitaire et de la livraison, du stockage et de la distribution de l'aide humanitaire aux personnes nécessiteuses ;

11) la mise en place des modalités du plein rétablissement des rapports socioéconomiques [6] ;

12) le rétablissement du contrôle total de la frontière d'État par le Gouvernement ukrainien dans l'ensemble de la zone du conflit ;

13) le retrait du territoire ukrainien de l'ensemble des unités armées étrangères, équipements militaires et mercenaires étrangers, sous le contrôle de l'OSCE ;

14) le désarmement de tous les groupes illégaux ;

15) la mise en oeuvre d'une réforme institutionnelle en Ukraine ;[8]

Le plan a été dûment soumis comme un document légal international devant être approuvé par la principale organisation qui est responsable de la paix et de la sécurité internationales. La composante internationale est très importante. Chaque mesure présuppose la surveillance internationale, depuis le retrait des formations armées étrangères jusqu'à la restauration du système bancaire et la tenue d'élections. Les organisations responsables de la mise en oeuvre de la partie internationale des accords de Minsk sont l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) et le Groupe de contact tripartite. [9]

Ce ne sera pas une mission facile à accomplir. L'implication internationale dans le conflit armé en Ukraine s'est grandement intensifiée. Le président Poutine a déjà fait une déclaration au sujet des fournitures d'armes à l'Ukraine. On sait que d'autres pays sont aussi impliqués. Le scandale lié à la fourniture d'armes à l'Ukraine par la République tchèque bat son plein. [10] Selon certaines sources, la Bosnie-et-Herzégovine se préparerait à fournir des armes à l'Ukraine. [11] Les Croates prennent part à des actions de combat du côté de Kiev. [12]

Comme je l'ai mentionné, l'inclusion de l'Ensemble de mesures et de la Déclaration dans le texte de la résolution n'est pas qu'une question technique mais une question de grande importance. L'ébauche de résolution a été soumise aux membres du Conseil de sécurité des Nations unies le dimanche 15 février, pour adoption immédiate, mais l'adoption a été retardée jusqu'au mercredi 17 février. Vitaly Churkin, le représentant permanent de la Fédération de Russie aux Nations unies, a dit que certaines délégations ont essayé de mettre l'accent sur certaines clauses du document au détriment d'autres clauses. Dans les circonstances actuelles, l'inclusion des textes originaux des documents dans la Résolution 2202 a été un geste diplomatique efficace que l'Ukraine n'a pas apprécié. On l'a vu clairement lors de la session consacrée aux débats sur l'ébauche de déclaration de même qu'après. Lors de la session, le représentant permanent de l'Ukraine aux Nations unies, Yury Sergeev, a fait de son mieux pour faire porter le blâme pour le conflit à la Russie.

En fait, une fois que la Résolution 2202 du Conseil de sécurité des Nations unies a été signée et publiée, l'Ukraine a tenté de briser les accords en demandant le déploiement de forces des Nations unies sur son territoire.

Le 19 février, le Conseil de sécurité nationale et de défense de l'Ukraine a approuvé la décision à l'effet de demander aux Nations unies et à l'Union européenne de déployer une mission de maintien de la paix en Ukraine pour assurer la paix et la sécurité. Plus tard dans la journée, Olexsandr Turchinov, le secrétaire du Conseil de la sécurité nationale et de la défense a dit : « Il a été décidé de demander aux Nations unies et à l'Union européenne de déployer une opération de maintien de la paix en Ukraine. » La décision correspond à la position commune que prennent les cercles dirigeants de l'Ukraine. Turchinov l'a confirmé en disant que le ministère des Affaires étrangères de l'Ukraine avait déjà préparé la requête. Il a dit espérer que la Verkhovna Rada (le parlement) de l'Ukraine va entériner le geste. [13]

Ces « initiatives » violent directement les accords de Minsk qui prévoient la création de milices populaires dans les républiques populaires de Donetsk et de Louhansk tandis que l'OSCE assume la responsabilité de séparer les belligérants.

* * *

On doit considérer la Résolution 2202 du Conseil de sécurité de l'ONU comme un élément des gestes diplomatiques et de maintien légal international de la paix qui ont été initiés par la chancelière allemande et le président français lors de leur visite à Moscou le 12 février. Il y a matière à penser que cette opération a en fait débuté en décembre 2014 lorsque le président français François Hollande a fait une visite-éclair à Moscou pour s'entretenir avec le président Vladimir Poutine à l'aéroport. C'est possible que cette opération visant le maintien de la paix ait été interrompue brutalement par ceux qui ont perpétré l'acte terroriste contre l'hebdomadaire français Charlie Hebdo. Quoi qu'il en soit, l'opération est en cours.

Notes

1. Le retrait par les deux parties de toutes les armes lourdes à des distances égales afin d'établir une zone de sécurité d'une largeur minimale de 50km pour les systèmes d'artillerie d'un calibre de 100mm et plus et une zone de sécurité de 70km de largeur pour les systèmes de lance-roquettes multiples et de 140km de largeur pour les systèmes de lance-roquettes multiples Tornado-S, Ouragan et Smertch et les systèmes de fusées tactiques Totchka (Totchka-Ou) :

2. Le retrait doit se faire :

- pour les forces ukrainiennes, à partir de la ligne de contact de fait ;

- pour les unités armées de certaines zones des régions ukrainiennes de Donetsk et de Louhansk, à partir de la ligne de contact établie conformément au mémorandum de Minsk du 19 septembre 2014.

3. Sur la base de la loi ukrainienne relative aux modalités temporaires de l'exercice de l'autonomie locale dans certaines zones des régions de Donetsk et de Louhansk, les questions afférentes aux élections locales feront l'objet de discussions et d'un accord avec des représentants de certaines zones des régions de Donetsk et de Louhansk dans le cadre du Groupe de contact tripartite. Les élections auront lieu dans le respect des normes pertinentes de l'OSCE et seront observées par le Bureau des institutions démocratiques et des droits de l'homme de l'OSCE.

4. La grâce et l'amnistie générales seront accordées par l'adoption d'une loi interdisant toutes poursuites et toutes sanctions à l'encontre de personnes en rapport avec les événements qui ont eu lieu dans certaines zones des régions ukrainiennes de Donetsk et de Louhansk.

5. Le processus de libération et d'échange de l'ensemble des otages et des personnes retenues illicitement, sur la base du principe de « tous contre tous », devra prendre fin au plus tard le cinquième jour suivant le retrait (des armes).

6. La mise en place des modalités du plein rétablissement des rapports socioéconomiques comprend tout d'abord les transferts sociaux comme le versement des pensions et des autres paiements (recettes et revenus, règlement dans les délais de toutes les factures relatives aux services collectifs de distribution, reprise de l'imposition dans le cadre juridique ukrainien).

À cette fin, l'Ukraine reprendra le contrôle de la partie de son système bancaire située dans les zones touchées par le conflit et un mécanisme international permettant de faciliter ces transferts sera éventuellement mis en place.

7. Le processus du rétablissement du contrôle total de la frontière d'État par le Gouvernement ukrainien dans l'ensemble de la zone du conflit, doit commencer le premier jour suivant les élections locales et s'achever après un règlement politique global (élections locales dans certaines zones des régions de Donetsk et de Louhansk sur la base de la législation ukrainienne et réforme constitutionnelle) d'ici à la fin de 2015, sous réserve de la mise en oeuvre du paragraphe 11 en consultation et en accord avec les représentants de certaines zones des régions de Donetsk et de Louhansk dans le cadre du Groupe de contact tripartite.

8. La réforme constitutionnelle en Ukraine, avec une nouvelle constitution qui doit entrer en vigueur d'ici à la fin de 2015, dont un élément essentiel sera la décentralisation, compte étant tenu des spécificités de certaines zones des régions de Donetsk et de Louhansk qui seront définies en accord avec les représentants de ces zones, et avec l'adoption, avant la fin de 2015, d'une législation permanente relative au statut spécial de certaines zones des régions de Donetsk et de Louhansk, doit comprendre plusieurs éléments dont : aucune punition ni aucune mesure de poursuites ni de discrimination à l'encontre des personnes associées aux événements qui ont eu lieu dans certaines zones des régions de Donetsk et de Louhansk ; le droit à l'autodétermination linguistique, la participation des administrations locales à la nomination des chefs des organes de poursuite et de jugement dans certaines zones des régions de Donetsk et de Louhansk.

9. Le groupe comprend les représentants des républiques populaires de Donetsk et de Louhansk, l'ancien président de l'Ukraine et représentant de la partie ukrainienne Leonid Kuchma, l'ambassadeur russe en Ukraine et représentant de la partie russe Mikhail Zurabov et la diplomate suisse et représentante de l'OSCE Heidi Tagliavini.

10. fondsk.ru

11. Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Akexander Lukashevich, a invoqué la possibilité que des munitions soient fournies à l'Ukraine par la Bosnie-et-Herzégovine.

12. Le ministère des Affaires étrangères a parlé de l'implication de mercenaires croates dans le conflit en Ukraine.

13. tass.ru

(Strategic Culture Foundation, 20 février 2015. Traduction : LML)

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États-Unis

Si le terrorisme et l'ISIS représentent un si
grave danger, pourquoi le FBI doit-il fabriquer
ses propres complots?

Le 25 février, le FBI et les principaux réseaux médiatiques ont annoncé triomphalement le plus récent coup d'éclat de l'agence dans sa lutte contre le terrorisme : l'arrestation de trois hommes de Brooklyn, âgés de 19 à 30 ans, accusés de conspiration dans le but de voyager en Syrie pour joindre l'ISIS. Comme ma collègue Murtaza Hussain l'a si bien indiqué : « Il semblerait qu'aucun des trois hommes n'avait la capacité de voyager ou encore d'appuyer l'État islamique sans l'aide d'une taupe du FBI ». L'un de ces effroyables terroristes avait expliqué à l'agent du FBI qu'il était fauché et qu'en plus, il ne pouvait donner suite au complot tramé par le FBI du fait que sa mère lui avait confisqué son passeport ! Selon un gazouillis de Hussain, compte-tenu des propos étranges et incohérents de l'un des suspects, il semblerait qu'encore une fois nous avons droit à « une victoire éclatante du FBI sur des personnes ayant des problèmes de santé mentale ».

En ce sens, ces récentes arrestations sont à toutes fins pratiques semblables à la grande majorité des arrestations pour terrorisme dont se targue le FBI depuis une décennie. Comme mon collègue Andrew Fishman et moi l'avons dit le mois dernier — après que le FBI eut piégé un jeune solitaire de 20 ans vivant avec ses parents et qui est allégué avoir accepté de participer à un complot créé de toutes pièces par le FBI consistant à attaquer le Capitole — ces incidents ont tous le même modus operandi :

Les faits connus de ce plus récent événement s'immiscent bien dans un scénario déjà familier selon lequel le FBI, loin de faire échouer des complots d'attaques terroristes au pays, les crée de toutes pièces pour ensuite se féliciter lui-même d'avoir fait échouer des complots dont il est le principal instigateur.

Voici le scénario : d'abord, cibler un musulman, non pas sur la base de preuves à l'effet qu'il a l'intention ou même la capacité de mener un acte terroriste, mais plutôt sur la base des opinions politiques qu'il défend. Dans la plupart des cas, le musulman ciblé par le FBI est très jeune (adolescent ou jeune vingtaine), instable, solitaire, sans emploi, qui a à peine la capacité de gérer ses affaires, encore moins de mener à bien une sérieuse attaque terroriste, et qui, de surcroît, ne semble pas impliqué dans aucun groupe terroriste comme tel.

Ensuite, trouver un autre musulman qui est très motivé à aider à faire échouer un « complot terroriste », soit parce qu'il recevra un montant alléchant d'argent du FBI ou encore — ce qui semble être le cas dans l'affaire Cornell — parce qu'il est déjà accusé d'un crime n'ayant aucun lien avec ce qu'on lui propose et cherche désespérément à coopérer avec le FBI soit pour l'argent, soit pour une peine plus indulgente, ou pour les deux. Le FBI confie alors à l'informateur un plan d'attaque détaillé, et parfois même l'argent et d'autres instruments pour mener le complot à bien, et l'informateur à son tour partage le tout avec la personne ciblée. Aussi l'informateur aura-t-il recours aux leurres, aux cajoleries et à la persuasion pour que celle-ci s'engage à mener à terme le complot ourdi par le FBI. Dans certains cas où la personne ciblée refuse de coopérer, on autorise l'informateur à lui offrir de grosses sommes d'argent pour convaincre cette personne, souvent sans le sou, de coopérer.

Dès que l'informateur a convaincu la personne ciblée d'agir, le FBI intervient à la dernière minute, la met en état d'arrestation, émet un communiqué se félicitant d'avoir fait échouer une attaque dangereuse (laquelle le FBI a conçue et financée, tout en recrutant les personnes nécessaires pour mener le tout à bien). Et voilà que le département de la Justice et les juges fédéraux font incarcérer la personne ciblée pour plusieurs années sinon des décennies (où elle est confinée à une cellule comme celles qu'on retrouve à Guantanamo). Les tribunaux étasuniens serviles soutiennent les accusations sur la base d'une interprétation large et flexible de la notion de « tendre un piège », ce qui peut rarement être invoqué par la défense.


L'on pourrait vraiment se demander pourquoi le FBI a recours à de telles pratiques. Moi et plusieurs autres avons sans cesse soutenu que de telles pratiques sont extrêmement injustes, qu'elles représentent une forme de condamnation préventive par laquelle des individus vulnérables sont ciblés et manipulés non pas en raison d'actes criminels qu'ils auraient commis mais des mauvaises opinions politiques qu'ils défendraient. Ainsi ces jeunes se retrouvent en prison pour des décennies pour des « crimes » que même les juges présidant leur procès disent qu'ils n'auraient pas commis sans l'intervention frauduleuse du FBI. Il est difficile d'imaginer que qui que ce soit puisse penser qu'il s'agit là d'une méthode justifiable, mais certains le pensent tout de même. Laissons de côté cette considération pour un instant et passons à une autre question.

Nous sommes constamment bombardés de cris d'alarmes à l'effet que les terroristes « issus de chez nous », les extrémistes « loups solitaires » et l'ISIS représentent un grave danger. Ces mises-en-garde officielles sont devenues intenses à un point tel que le New York Times plus tôt cette semaine a cité des porte-parole officiels des renseignements des États-Unis pour mettre en relief la menace grandissante que représenterait ISIS et pour annoncer « la perspective d'une nouvelle guerre mondiale contre la terreur ».

Il faut se demander jusqu'à quel point ces menaces sont sérieuses, du moins au pays, si le FBI doit constamment créer de toutes pièces ses propres complots en parcourant constamment l'Internet à la recherche de jeunes qui sont instables, atteints de problèmes de santé mentale ou les deux, pour ensuite les cibler, les recruter et les manipuler pour qu'ils participent à leurs complots. Cette méthode en soi n'est-elle pas preuve suffisante à l'effet que cette menace est en réalité surfaite et non-fondée ? N'y a-t-il donc pas de réels complots — des complots conçus et mis sur pied par des personnes autres que le FBI et sans leur aide, et que celui-ci pourrait arrêter en y consacrant ses immenses ressources ?

C'est comme si la Drug Enforcement Agency (DEA) mettait la population constamment en garde contre la grave menace de dépendance aux drogues tout en ayant des vendeurs de drogue à leur solde qui pousseraient délibérément les gens à devenir accrocs pour ensuite les arrêter, justifiant ainsi leurs propres mises en garde et leurs propres budgets (cette méthode, soit dit en passant, est à toutes fins pratiques celle utilisée en ce moment par d'autres agences policières fédérales comme le FBI.) Comme nous l'avons déjà mentionné à ce sujet, le département de la Justice exerce toute une pression sur les alliés des États-Unis pour qu'ils aient recours eux aussi à ces tactiques de fabrication dans le but de créer leurs propres terroristes qu'on peut par la suite brandir comme preuve de la gravité de la menace.

Des menaces, si réelles et tangibles, n'ont pas besoin d'être fabriquées et inventées. En effet, comme l'a démontré le blogueur Digby, citant Juan Cole, la violence de tous les jours provenant d'un « loup solitaire » armé représente une menace à tel point supérieure à toute menace de terrorisme « issu du pays » qu'il est presqu'impossible de les comparer :

À cet égard il n'est pas difficile de comprendre pourquoi le terrorisme au pays et issu du pays sont autant de phénomènes que le FBI tente désespérément de créer. Ces fabrications de complots terroristes du FBI sont la preuve en soi de comment cette menace est exagérément amplifiée.

À noter que Kade Crockford de l'ACLU du Massachusetts a fait connaître cette citation tout à fait révélatrice provenant d'un ancien directeur adjoint du FBI, Thomas Fuentes, qui vient à la défense d'une des pires arnaques terroristes du FBI de tous les temps, l'affaire Cromitie, dont nous avons amplement parlé :

Si vous soumettez des propositions budgétaires à une agence policière, ou à une agence de renseignement, vous n'allez pas suggérer que la guerre contre le terrorisme est gagnée et que tout va bien, parce qu'à ce moment-là votre budget sera coupé de moitié. Vous connaissez le mot d'ordre de Jesse Jackson, 'Keep Hope Alive'. Pour moi le mot d'ordre doit être 'Keep Fear Alive'. Et nous devons continuer d'entretenir la peur.

Voilà le fondement de la stratégie de lutte contre le terrorisme du FBI — entretenir la peur — et c'est la force motrice de toutes ses entreprises.

(The Intercept, 24 février 2015. Traduction : LML)

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Grèce

Le gouvernement commence un programme pour renverser les mesures antisociales d'austérité


Rassemblement de la victoire à Athènes, le 25 janvier 2015, suite à la victoire de Tsipras à l'élection grecque

Le 9 février, lors de son discours inaugural au parlement grec, le premier ministre Alexis Tsipras a déclaré que pour la première fois un gouvernement grec va entreprendre les difficiles négociations nécessaires sur les questions intérieures liées aux affaires internationales et européennes. Il a aussi dit que le pays est soumis à des pressions et à un chantage sans précédent, se référant aux menaces que son gouvernement reçoit parce qu'il ne va pas continuer la mise en oeuvre de mesures d'austérité et va renégocier avec ses créanciers les termes de la dette de la Grèce.

Cependant, a ajouté Tsipras, jamais auparavant dans l'histoire moderne de la Grèce y a-t-il eu un tel appui sans précédent de la société envers le gouvernement. Les sondages post-électoraux montrent un appui populaire élevé en faveur des mesures anti-austérité annoncées, rapportent les agences de presse.

« Nous n'avons qu'un seul engagement : servir les intérêts de notre peuple, le bien de la société », a dit Tsipras, tout en soulignant la « décision irréversible » de son gouvernement d'honorer ses engagements électoraux.

« La première priorité de ce gouvernement ... est de s'attaquer aux plaies profondes du plan de sauvetage, de s'attaquer à la crise humanitaire, tout comme nous avons promis de le faire avant les élections », a déclaré Tsipras.

Le premier ministre grec a énuméré une série de mesures que son gouvernement va entreprendre, y compris : mettre fin aux licenciements massifs tout en réintégrant les travailleurs licenciés du secteur public, réintroduire immédiatement la négociation collective des salaires, présenter un projet de loi mettant fin aux saisies de maisons et mettre un terme à la liquidation des biens de l'État.

Il a également déclaré que le gouvernement allait offrir gratuitement l'énergie, le logement et les soins de santé aux « victimes du plan cruel de sauvetage ».

Tsipras a également précisé que son gouvernement va s'opposer avec véhémence au prolongement du plan de sauvetage, car cela signifierait la poursuite des politiques d'austérité que les électeurs grecs ont rejetées lors des élections. Le nouveau gouvernement grec n'acceptera pas la dernière tranche du plan de sauvetage du FMI évaluée à 7 milliards d'euros. Au lieu de cela, il est à la recherche d'un programme « transitoire » qui va donner au gouvernement le temps nécessaire pour renégocier avec ses partenaires européens.

« Le peuple grec nous a donné le mandat fort et clair de mettre fin immédiatement à l'austérité et de changer les politiques », a déclaré Tspiras. « Par conséquent, le plan de sauvetage a été annulé de par son propre échec et ses effets destructeurs ».

TeleSUR rapporte que « la plus forte opposition à la mise en place d'un nouvel accord avec la Grèce semble provenir de l'Allemagne. Le ministre des Finances Wolfgang Schäuble a déclaré que si la Grèce n'est pas prête à demander un prolongement du plan de sauvetage en cours », alors c'est la fin », suggérant l'exclusion de toute aide supplémentaire ou d'annulation de la dette.

Dans le discours du 9 février du premier ministre Tsipras, celui-ci a demandé des comptes au gouvernement allemand pour sa dette envers la Grèce découlant des dédommagements impayés pour l'occupation nazie et d'un prêt pendant la guerre.[1] Le premier ministre Tsipras a souligné que ce sont ces mesures prises par l'Allemagne qui ont entraîné une dette énorme pour l'économie grecque. La Grèce a une « obligation historique » de réclamer à l'Allemagne les milliards d'euros de dédommagements pour la destruction physique et financière commise pendant l'occupation de la Grèce par l'Allemagne nazie, a-t-il dit. Au-delà de l'obligation historique, a-t-il ajouté, la Grèce a « une obligation morale envers notre peuple, envers l'histoire, envers tous les peuples européens qui ont combattu et donné leur sang contre le nazisme ». [2]

Alors que l'Allemagne refuse d'être tenue responsable de ce qu'elle doit à la Grèce pour ses méfaits commis en temps de guerre, c'est elle qui, de tous les gouvernements européens, insiste le plus fort pour que la Grèce rembourse ce qu'elle doit à ses créanciers, peu importe le coût pour le peuple.

« Ce ne sont pas tous les créanciers de la Grèce qui tiennent un discours aussi ferme que l'Allemagne. La chef du Fonds monétaire international Christine Lagarde a rencontré la délégation grecque avant leur réunion [du 11 février] avec les dirigeants de la zone euro. »

« Ils sont compétents, intelligents, ils ont réfléchi à leurs questions. Nous devons les écouter, nous commençons à travailler ensemble et c'est un processus qui commence et va durer un certain temps », a déclaré Lagarde aux journalistes.

Le Parlement adopte le programme anti-austérité

Le 11 février, les députés au parlement grec ont adopté le programme du gouvernement par 162 voix contre 137, lequel a été appuyé seulement par les deux partis au pouvoir, le parti Syriza et les Grecs indépendants. Les autres groupes parlementaires ont voté contre le programme, rapporte Prensa Latina. Ce sont le parti conservateur Nouvelle démocratie, le parti fasciste Aube dorée, le Parti communiste et les partis sociaux-démocrates le Pasok et le To Potami. Le programme a été adopté suite à un débat de deux jours où la nouvelle coalition gouvernementale a énoncé ses priorités.

Depuis le 9 février, date de l'inauguration du nouveau gouvernement, le ministre des Finances Yanis Varoufakis a réussi à changer les termes du programme d'austérité avec les banquiers de l'Eurogroupe. Le nouvel accord est maintenant désigné sous le nom d'un « arrangement existant » plutôt que d'un « programme » (d'austérité). Selon le blogueur Norbert Haering, ce nouvel « arrangement » « n'est plus un prolongement 'technique' du 'programme' mais un prolongement de l'accord de financement selon des conditions à préciser ». [3]

Selon les dépêches des agences de nouvelles, Varoufakis a prévalu dans la lutte avec l'Eurogroupe en réussissant à modifier les conditions inflexibles du programme d'austérité en un « arrangement » moins contraignant où les politiques peuvent être modifiées sur la base de ce que Varoufakis a appelé « l'ambiguïté constructive ». Il offre une plus grande flexibilité opérationnelle en vertu de laquelle la Grèce va contrôler les leviers de décisions dans le « domaine de la politique fiscale, de la privatisation, des réformes du marché du travail, du secteur financier et des pensions ». Cela signifie que la Grèce, et non les banquiers étrangers, va décider de ses propres politiques économiques et sociales. Cela s'effectue toujours selon les paramètres fixés par ses « partenaires », à savoir le programme d'austérité, ce qui signifie que la Grèce va toujours faire face à une situation très difficile et doit continuer à travailler sur comment s'extirper de la crise d'une manière qui favorise le peuple. Tout cela montre qu'il existe une alternative à la politique de payer les riches et qu'il faut la mettre en oeuvre.

Notes

1. « Was it worth it ? Concessions to Greece relative to the rejected draft of 16 February » (Est-ce que cela valait la peine ? Les concessions faites à la Grèce par rapport au rejet du projet d'ébauche du 16 février), Nobert Haering, le 21 février 2015.

2. Un rapport de RT souligne « Après que les forces nazies aient pris le contrôle de la Grèce en 1941, tout était en place pour l'un des affrontements les plus sanglants de la Seconde Guerre mondiale alors que les combattants de la résistance grecque ont mené une lutte acharnée pour mettre fin à l'occupation. Toutefois, ils ont été impuissants à empêcher le Troisième Reich de soutirer un prêt sans intérêt de 476 millions de Reichsmarks de la banque centrale grecque, ce qui a dévasté l'économie grecque.

« Un rapport de 2012 émis par le Bundestag, la chambre basse du parlement allemand, a estimé la valeur du prêt à 8,25 milliards $US. Toutefois, la Grèce estime la valeur de l'emprunt à 11 milliards d'euros, selon ce que rapporte en janvier le journal To Vima, citant des documents financiers confidentiels.

« Tsipras prétend que l'Allemagne doit à la Grèce environ 162 milliards d'euros (183 milliards $US) - soit environ la moitié de l'endettement du pays, qui est estimé à plus de 315 milliards d'euros.

« Il est mentionné que le montant tient compte des dommages aux infrastructures causés par les forces d'occupation nazies entre 1941 et la fin de la guerre, soit 108 milliards d'euros, et des 54 milliards d'euros pour la compensation financière liée au prêt non remboursé.

« Berlin a refusé catégoriquement de considérer le paiement pour tous les dédommagements. ' Près de 70 ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, la question des dédommagements a perdu toute légitimité ', selon la déclaration récente d'un porte-parole du ministère allemand des Finances. »

3. La destruction et l'appauvrissement de la Grèce causés par les nazis ont été exacerbés par le fait que, après la guerre, les impérialistes anglo-américains anticommunistes ont fomenté la guerre civile grecque, de sorte que les communistes et les combattants de la résistance antifasciste qui avaient vaillamment défendu la Grèce contre les nazis ont été incapables de parvenir au pouvoir. Les impérialistes ont finalement mis en place une série de dictatures fantoches, composées de collaborateurs et sympathisants nazis, qui ont emprisonné les combattants héroïques de la résistance dans des camps de concentration, dans certains cas, pour aussi longtemps que 40 ans.

(TeleSUR, Prensa Latina, RT, Wikipedia)

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Palestine

La reconstruction de Gaza prendra «plus de 100 ans»

Selon Oxfam, en raison du blocus d'Israël contre Gaza, les matériaux de reconstruction arrivent à pas de tortue.

La reconstruction de Gaza pourrait prendre jusqu'à un siècle à cause du siège illégal d'Israël, a averti Oxfam le jeudi 26 février.

« À la vitesse actuelle, cela pourrait prendre plus de 100 ans pour compléter la construction essentielle de maisons, d'écoles et d'établissements de santé à Gaza à moins que le blocus israélien ne soit levé », indique l'organisme dans une déclaration.

Selon Oxfam, moins de 0,25 % des matériaux de construction requis pour la reconstruction de base sont arrivés à Gaza dans les trois derniers mois. L'organisation estime qu'il faudra environ 800 000 camions chargés de matériaux de construction pour faire le travail.

« Malgré cela, en janvier, seulement 579 camions sont entrés à Gaza. C'est moins que les 795 camions le mois précédent », écrit Oxfam.

L'organisme prévient que des « dizaines de milliers » de Gazaouis incluant des familles n'ont nulle part où dormir sauf des ruines.

« Seule une fin du blocus contre Gaza assurera que les gens puissent reconstruire leurs vies » a dit la directrice régionale d'Oxfam Catherine Essoyan. « Des familles ont vécu dans des maisons sans toits, murs ou fenêtres durant les six derniers mois. Plusieurs n'ont que six heures d'électricité par jour et sont sans eau potable. Chaque jour que la population n'est pas capable de faire le travail de reconstruction met plus de vies à risque. »

Essoyan met aussi le blâme en partie sur la communauté internationale, notamment sur des pourparlers de paix improductifs.

« Il est tout à fait déplorable que la communauté internationale laisse tomber une fois de plus la population de Gaza quand elle en a le plus besoin », a-t-elle dit.

Les efforts de reconstruction ont également été entravés par les donateurs internationaux qui n'ont pas donné suite à leur engagement de faire des dons à l'Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA).

« Les gens dorment littéralement parmi les ruines ; des enfants sont morts d'hypothermie ; 5,4 milliard $US ont été promis lors de la conférence du Caire en octobre dernier et Gaza n'a pratiquement rien reçu. C'est alarmant et inacceptable », a dit le mois dernier le directeur de l'UNRWA Robert Turner.

Lors de l'invasion de Gaza par Israël en juillet et août 2014, plus de 2 000 Gazaouis ont été tués et 273 000 déplacés par les combats. On estime que 5 000 maisons ont été endommagées et l'infrastructure a été laissée en ruine par les bombardements israéliens. »

Au plus fort des combats, environ 11 % des Gazaouis comptaient sur les écoles de l'UNRWA pour s'abriter. Ces mêmes écoles ont été bombardées à répétition par les forces israéliennes, menant à la mort de 10 travailleurs de l'ONU et d'environ 46 réfugiés Palestiniens — incluant des enfants.

La reconstruction de la bande de Gaza devrait coûter environ 7,8 milliards $US mais selon Turner, la communauté internationale « ne fournit même pas le strict minimum — par exemple une maison réparée en hiver — encore moins une levée du blocus, l'accès aux marchés ou la liberté de mouvement. »

Le siège

Gaza a été assiégée par Israël depuis 2006 après que le Hamas ait gagné les élections dans l'enclave. Depuis lors, les Gazaouis ont été coupés du monde extérieur par le blocus d'Israël, souvent avec l'appui de l'Égypte. Le gouvernement israélien soutient que le blocus est nécessaire pour empêcher le Hamas de développer des roquettes de fabrication artisanale.

Cependant, le blocus restreint les importations allant de la nourriture de base au matériel de médecine et de construction.

La plupart des institutions internationales conviennent que le blocus est illégal et a engendré une grave crise humanitaire.

(Telesur)

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Le coordinateur spécial de l'ONU n'est pas
le bienvenu parmi des Palestiniens

L'OLP (Organisation de libération de la Palestine) ne s'est pas objectée à la nomination du nouveau coordinateur spécial de l'ONU pour le processus de paix au Moyen-Orient, Nikolay Mladenov, bien qu'il ait été décrit par Tayseer Khaled, un membre du Comité exécutif de l'OLP comme « persona non grata » qui n'a pas la confiance des Palestiniens et n'est pas qualifié pour le travail.

Les 15 membres du Conseil de sécurité de l'ONU ont voté unanimement pour nommer le Bulgare Mladenov, 42 ans, pour succéder au Néerlandais Robert Serry. Il sera aussi le représentant du Secrétaire général de l'ONU auprès du Quartet international (l'ONU, les États-Unis, l'Union européenne et la Russie) et représentant personnel du chef de l'ONU auprès de l'OLP (l'État de Palestine) et l'Autorité palestinienne.

Bien que le protocole donne à l'OLP le droit de rejeter des représentants diplomatiques qui lui sont envoyés, les observateurs ne peuvent pas comprendre pourquoi ils ont accepté Mladenov. Il n'y a pas de réponse convaincante sauf un futile désir de l'OLP d'apaiser l'ONU et son secrétaire général Ban Ki-Moon au moment où les efforts diplomatiques de l'OLP sont centrés sur l'ONU et ses agences.

Mladenov a non seulement échoué dans une mission similaire comme envoyé de l'ONU en Irak où il a démissionné, il se décrit lui-même, et est décrit par les dirigeants de l'occupation israélienne, comme « un bon ami d'Israël ». Comme ministre bulgare des Affaires étrangères, Mladenov a suggéré une « alliance militaire » entre la Bulgarie et Israël. Il a souvent parlé de son parti pris envers le « droit d'Israël d'exister » et son droit « de se défendre » contre les Palestiniens résistant à l'occupation israélienne. Il a même admis être un franc-maçon, a servi le milliardaire juif George Soros et défendu publiquement les politiques de « chaos constructif » des États-Unis dans le monde arabe. En fait, ses origines juives sont sans doute son aspect le moins controversé.

Pendant ce temps, l'État occupant n'hésite pas à ignorer l'ONU, ses résolutions et représentants, n'en tenant pas compte et allant jusqu'à les assassiner lorsque nécessaire. Plus récemment, le ministre israélien des Affaires étrangères Avigdor Lieberman a menacé « d'expulser » Serry, le prédécesseur de Mladenov comme « personna non grata ». Peu de temps avant cela, William Schabas, le chef de la commission de l'ONU enquêtant sur la récente guerre d'occupation dans la bande de Gaza, a démissionné après qu'Israël ait refusé de coopérer avec lui et de lui permettre d'entrer au pays.

Lorsque l'ONU a toléré l'assassinat de son premier envoyé en Palestine, le comte suédois Folke Bernadotte en 1948, par des membres du groupe terroriste juif sioniste Lehi dirigé par Yitzhak Shamir (qui est devenu plus tard premier ministre de l'État d'occupation), Israël s'est enhardi à adopter une politique permanente consistant à faire abstraction de l'ONU sans que celle-ci ne cherche à l'en dissuader.

En fait, depuis deux ans, l'État d'occupation mène une guerre par procuration contre l'ONU. Il facilite l'assistance logistique, les renseignemetns, les armes et l'aide médicale facilitant la domination des milices combattant le régime syrien de son côté de la zone de désengagement entre la partie libérée et la partie occupée du Golan syrien arabe. Cela a poussé la Force des Nations Unies chargée d'observer le désengagement (FNUOD) à se retirer après que ses positions aient été attaquées, des dizaines de ses membres kidnappés et leurs armes et équipement saisis. L'ONU n'a toujours pas osé rectifier la situation, ce qui a entraîné l'effondrement du cessez-le-feu et des règles d'engagement entre la Syrie et Israël.

Le Moyen-Orient fourmille d'envoyés de paix internationaux. L'ONU en a un, de même que les États-Unis, l'Union européenne, la Russie, la Chine et le Quartet. Leurs noms changent sans que rien ne change sur le terrain en Palestine occupée. Le seul changement est l'expansion de l'occupation par la colonisation à l'ombre de la « paix » que ces envoyés cautionnent, sans espoir aucun que la communauté internationale qu'ils représentent va être en mesure d'effectuer quelque changement tangible et réel sur le terrain pour le présent et l'avenir du peuple Palestinien.

Alors, qu'est -ce que Mladenov peut faire que ses prédécesseurs, l'ONU, le Quartet, la Ligue arabe et autres, n'ont pas été capables de faire ?

Khaled croit que le vrai test, pour enlever les doutes des Palestiniens face au rôle et à la mission de Mladenov, sera sa position sur le siège de Gaza et la reconstruction. Cependant, les antécédents de Mladenov n'indiquent pas qu'il y ait raison d'être optimiste. On peut dire la même chose des antécédents des « coordinateurs spéciaux de l'ONU » depuis la création du poste en 1994 et l'expansion subséquente de son rôle, ainsi que la longue histoire de choisir des envoyés de l'ONU et des États-Unis ayant des origines juives ou reliés de près aux juifs, tels Henry Kissinger, Madeleine Albright, John Kerry, Dennis Ross, Martin Indyk et le représentant du Quartet Tony Blair.

Le 6 février, les secrétaires généraux de l'ONU et de la Ligue arabe ont publié un communiqué conjoint exprimant leur « profonde préoccupation » au sujet des conditions à Gaza. Ils ont exhorté les donateurs arabes et internationaux à honorer leurs engagements financiers contractés lors de la Conférence du Caire en octobre dernier, engagements qui devaient se réaliser « aussitôt que possible » afin de reconstruire la bande de Gaza et mettre fin au siège. Il y a quelques jours, James Rowley, coordinateur de l'ONU pour les affaires humanitaires dans les territoires palestiniens occupés depuis 1967, a lancé un « appel urgent » à respecter ces engagements et à une levée « immédiate » du siège contre Gaza, parce qu'il est « très préoccupé qu'un autre conflit éclate ».

Le ministre Palestinien des Affaires étrangères a qualifié la déclaration du Quartet, le 8 février après sa réunion à Munich, en Allemagne, comme étant « en deçà des attentes » parce qu'elle ne tenait pas compte de « toutes les vérités anciennes, nouvelles et évolutives » de l'État d'occupation.

Le Quartet a aussi dit être « profondément préoccupé » par les « conditions difficiles à Gaza où la reconstruction doit être plus rapide » et a exhorté les donateurs à « payer leurs engagements financiers aussitôt que possible ». Cependant, du même souffle il encourage les deux parties à « recommencer les pourparlers aussitôt que possible ».

Pour recommencer les pourparlers « aussitôt que possible », toutefois, il faudra attendre le résultat des élections générales en Israël et aux États-Unis. Cela signifie que le peuple Palestinien doit attendre encore deux ans dans le vain espoir de reconstruire Gaza. Il est évident que l'État d'occupation apprécie ce temps mort qui facile l'occupation sans résistance et la construction de colonies sans dissuasion.

Avant de remettre les rênes à Mladenov, Serry a dit de l'échec des donateurs à respecter leurs engagements qu'il était « scandaleux » et a averti que « s'il n'y a pas de progrès dans les prochains mois », pas deux ans, vers une solution à deux États, « la réalité en sera une [solution] à un État » : le seul État d'Israël. L'ancien coordonnateur de l'ONU, Terry Rod Larsen, a dit en 2002 : « le patient Palestinien est en train de mourir dans l'intérim. »

En décembre dernier, Serry a prévenu dans son rapport au Conseil de sécurité qu'une guerre à Gaza « pourrait recommencer si les conditions sur le terrain ne changent pas » dans la bande de Gaza assiégée. Il est clair que ce que Serry décrit comme étant un « vide diplomatique dangereux » couplé avec le siège continu sur la reconstruction de Gaza, sont des ingrédients explosifs dans la bande de Gaza assiégée, dont les résultats et les ramifications sont imprévisibles

Le « scandale » des donateurs ne respectant pas leurs engagements pour reconstruire Gaza, comme Serry l'a décrit, sous prétexte que le gouvernement de l'OLP ne contrôle pas la bande de Gaza, est un feu vert que donne la communauté internationale à l'État d'occupation pour mener un autre assaut militaire contre les forces de résistance nationale à Gaza.

Le scandale des Arabes ne respectant pas leurs engagements lors des sommets arabes pour donner à l'Autorité palestinienne un « filet de sécurité » équivaut à une pression arabe flagrante sur l'OLP visant à lui faire accepter la proposition du Quartet de recommencer les pourparlers avec l'État d'occupation « aussitôt que possible ».

C'est la double mission de Mladenov comme coordonnateur spécial de l'ONU pour le processus de paix au Moyen-Orient. Les négociateurs de l'OLP continuent d'attendre un progrès qui va venir des envoyés pour la « paix » qui leurs sont imposés et sont nommés par l'ONU et les États-Unis, même s'ils représentent l'État d'occupation. Mladenov est le plus récent. Il ne changera rien sur le terrain.

* Nicola Nasser est un journaliste arabe vétéran basé à Birzeit, en Cisjordanie, dans les territoires palestiniens occupés par Israël (nassernicola@ymail.com). Cet article a été traduit de l'arabe et publié la première fois par Al-Ahram Weekly le 20 février 2015.

(Traduction : LML)

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