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Numéro 8 - 25
février 2015
Non à la destruction
nationale! Défaisons Harper en 2015!
La «main ferme» du
gouvernement Harper sur l'économie est une fraude

• Cynique
manipulation électoraliste sur
la question de la dette fédérale
• La chute des prix du pétrole montre la
nécessité d'une nouvelle
direction pour l'économie
- Peggy Morton -
• La guerre des prix sur la Côte du Golfe
expose la futilité du rêve
de Harper d'une économie
basée sur l'exportation des ressources
Le projet de loi C-51:
la priorité politique du gouvernement Harper n'est pas celle du
peuple
• Une attaque générale contre les
Canadiens au nom de la lutte au terrorisme
• Où commence la lutte contre la
radicalisation et
où commence la coercition?
- Sam Heaton -
• La création du Service canadien du
renseignement de sécurité en 1984
La Chambre des
communes débat du problème de
l'«antisémitisme»
• Une tentative intéressée de
camoufler le terrorisme d'État d'Israël
- Louis Lang -
Reportage photo
• Marches
commémoratives du 14 février pour
les femmes disparues et assassinées
Venezuela
• Une tentative avortée de coup
d'État est exposée
• D'autres indications du sale boulot du
Canada au Venezuela
• Le Canada incite à un faux
débat sur les droits humains
• Un avocat canadien et député
libéral préconise l'opposition violente
• Beaucoup de pays et organisations
dénoncent les sanctions américaines
Haïti
• Barack Obama a mis en place une dictature en
Haïti
- Ezili Danto -
Colombie
• Les pourparlers de paix avancent alors que
les FARC
visent à devenir un mouvement politique
États-Unis
• Annulation de la condamnation pour
terrorisme
d'un ancien détenu de Guantanamo
• David Hicks et la mort d'un système
juridique
- Binoy Kampmark -
• Des prisonniers de Guantanamo tués
par la CIA et
leur mort maquillée en suicides
Non à la destruction nationale!
Défaisons Harper en 2015!
La «main ferme» du gouvernement Harper
sur
l'économie est une fraude
Le gouvernement conservateur dit qu'il mérite
d'être réélu parce qu'il gère
l'économie « d'une main ferme ». Stephen
Harper ne cesse de dire que son attention première est l'emploi,
la croissance et la prospérité à long terme et que
la preuve en
serait ses budgets et son « Plan d'action
économique » pour la
prospérité.
La main ferme de Harper, c'est sept budgets
déficitaires consécutifs et un huitième qui s'en
vient sauf s'il coupe encore plus dans les dépenses de
programmes comme celui d'Anciens combattants Canada.
Ces sept déficits ont été
encourus alors que le gouvernement a réduit les dépenses
de programmes à un niveau record par rapport au PIB depuis que
le Canada existe. Les provinces et les territoires se plaignent
régulièrement du fait que les dépenses de
programmes sous forme de paiements de transfert n'ont pas suivi le
rythme des besoins et
de la croissance de la population et qu'ils n'arrivent pas à
joindre les deux bouts.
Les sept déficits consécutifs du
gouvernement Harper ont fait suite à dix budgets
excédentaires des gouvernements précédents. Sous
la main ferme de Harper, la dette fédérale qui
était de 457,6 milliards $ en 2008 devrait se situer
à 630 milliards $ pour l'année fiscale qui se
termine.
C'est Harper qui était à la barre lors de
la pire crise économique depuis les années 1930 et
l'économie et l'emploi ne s'en sont pas encore remis, surtout
dans le secteur manufacturier.
Harper n'a rien fait pour préparer le pays
à l'effondrement des prix du pétrole qui a beaucoup
grugé ses revenus. Il n'a jamais pensé à un autre
usage qu'on pourrait faire des ressources pétrolières.
Son gouvernement continue de promouvoir l'exportation du pétrole
brut et des autres ressources comme voie vers l'avant pour
l'économie malgré la
réalité qui démontre qu'il n'en ressort aucune
sécurité économique pour le pays.
C'est avec la main ferme de Harper sur le gouvernail que
l'endettement des ménages est passé à 150 %
du revenu en 2014 alors qu'il en représentait 133 % en
2007. C'est la plus grande augmentation du rapport dette/revenus que le
monde ait connue pendant ces années sauf pour la Grèce et
le ratio a même été plus élevé qu'aux
États-Unis avant la crise économique de 2008.
Selon le député de
l'Île-du-Prince-Édouard Sean Casey, qui s'appuie sur les
données de Statistique Canada, la main ferme de Harper entre
2008 et 2014 a contribué à 24 % du total de la dette
accumulée du Canada depuis la Confédération. En
sept ans, sur une période totale de 147 ans, soit 4,76 % de
l'histoire du Canada en tant
que confédération, Harper a amassé 24 % de la
dette fédérale en même temps qu'il abaissait les
dépenses de programmes à un niveau record.
Les Canadiens sont en droit de demander où donc
sont passés tous ces fonds publics. Ils ont été
engouffrés dans les Plans d'action économique pour payer
les riches de Harper !
Il est temps de donner une nouvelle direction à
l'économie pour la mettre à l'abri de la main ferme de
Harper.
Défaisons Harper en 2015 et
opposons-nous à toutes les magouilles
néolibérales
de privatisation pour payer les riches !

Cynique manipulation électoraliste sur
la
question de la dette fédérale
Les conservateurs manipulent la question de la dette
fédérale dans tous les sens et lui font dire n'importe
quoi. Tantôt ils disent que la dette est parmi les plus basses
des pays de l'OCDE, ce qui montre que l'économie canadienne se
porte à merveille ; tantôt ils présentent la
dette fédérale et la menace d'un déficit comme
quelque chose
d'alarmant qui nous force à l'austérité et
à plus de coupures de dépenses de programmes et ils
appellent les Canadiens à se serrer la ceinture.
Les conservateurs disent n'importe quoi qui leur donne
des chances de former un autre gouvernement majoritaire. Ils
dénoncent souvent les libéraux et les
néo-démocrates comme étant des « libres
dépensiers » En
fait, il y a toujours un objectif derrière les dépenses
gouvernementales peu importe lequel des partis cartels les fait. La
vérité est que les dettes et les déficits sont
aussi canadiens que le sirop d'érable. Pourquoi alors les partis
cartels se traitent-ils de tous les noms sur cette question ?
Peut-être pour
se faire du capital électoral. Peut-être pour
éviter de discuter d'une nouvelle direction prosociale de
l'économie.
On s'attendrait à ce que
les conservateurs se
réservent une gêne à parler de budgets
équilibrés, de dette et de déficits étant
donné que c'est sous leur gouverne que s'est produite la plus
grande augmentation des temps modernes de la dette
fédérale portant intérêt. Elle est
passée de 582 milliards $ en 2007 à 889 milliards $
en
2014, une
augmentation de 307 milliards $. Cette augmentation en sept ans
est plus grande que le budget fédéral tout entier, qui se
situe habituellement aux environs de 280 milliards $. Le
gouvernement Harper est pris dans un méandre parce qu'en plus de
l'étendue de la dette il y a le fait que les dépenses
pour les programmes en relation à la
quantité de biens et services produits ont atteint leur niveau
le
plus bas de toute l'histoire du Canada. Un observateur serait en droit
de demander : qu'est-ce que vous avez fait de tous ces fonds
publics, M. Harper ? Les avez-vous dilapidés dans vos
magouilles pour sauver les monopoles de leurs difficultés ?
Ou bien est-ce que les
baisses des impôts des entreprises ont été telles
que la dette a monté en flèche ? Où sont les
chiffres ? Qui sont les créditeurs ? Les faits s'il
vous plaît ! Quels problèmes économiques
fondamentaux avez-vous résolus ? Le peuple aimerait savoir
pour pouvoir rendre un verdict sur ce gouvernement.
Harper dit mener l'économie d'une
« main ferme ». C'est vrai, M. Harper que vous
payez les riches et détruisez le secteur manufacturier d'une
main ferme. Vous n'avez rien fait pour créer une direction
alternative prosociale pour l'économie qui s'attaque à
ses problèmes récurrents et satisfasse les besoins de la
population.
Les Canadiens n'ont que faire d'une manipulation cynique
de la question de la dette, des déficits et des budgets qui
permet aux partis cartels de gagner des votes. Pourquoi ne pas
présenter les faits pour que nous puissions élaborer une
nouvelle direction pour l'économie qui nous prémunisse
des crises perpétuelles et bâtir un pays où c'est
le
peuple qui est la priorité.
Défaisons
Harper en 2015 !

La chute des prix du pétrole montre la
nécessité
d'une nouvelle direction pour l'économie
- Peggy Morton -
Le 11 février dernier, la Chambre des
représentants des États-Unis, dominée par les
républicains, a voté son approbation au projet de
pipeline Keystone XL de TransCanada. Personne ne s'attend à ce
que le gouvernement ne l'approuve dans un avenir rapproché. Non
seulement doit-il être approuvé par le Nebraska, mais le
président Obama s'est
engagé à lui opposer son veto.
Bien que le projet Keystone XL soit bloqué depuis
des années, le pétrole brut des sables bitumineux de
l'Alberta atteint tout de même la Côte du Golfe des
États-Unis. Alors que les gouvernements Harper et de l'Alberta
espéraient que cela mènerait à des prix plus
élevés et des marchés garantis, c'est une guerre
des prix qui a éclaté. Les experts
prédisent que le prix du pétrole lourd aux raffineries du
Texas va continuer à baisser.
Les gouvernements Harper et
le gouvernement conservateur
de l'Alberta se sont faits les champions et commis voyageurs de ces
monopoles, promouvant le transport du bitume par le pipeline Keystone
XL des sables bitumineux de l'Alberta vers les raffineries de la
Côte du Golfe, surtout au Texas et en Louisiane. Le bitume des
sables
bitumineux devait remplacer le pétrole lourd venu d'ailleurs.
Les gouvernements Harper et Redford et Prentice de
l'Alberta ont fait de multiples voyages à Washington, à
New York et à Houston, ne reculant devant rien pour convaincre
entre autres l'administration Obama d'approuver le projet de pipeline.
Selon Harper, ses avantages sont évidents et il a dit avec
bravade « qu'il n'acceptera pas un
refus ». Harper a déclaré Keystone XL une
question « d'intérêt national » et
donc « un incontournable ».
Les conservateurs de Stephen Harper ont essayé de
discréditer les opposants au pipeline comme étant des
terroristes et des « tueurs d'emplois ». Le
libéral Justin Trudeau a lui aussi donné son appui au
projet en disant que l'opposition au projet était
« non scientifique ». Ces politiciens ne font pas
que faire valoir la
nécessité d'un tel projet, ils prétendent aussi
que l'exportation de ressources naturelles brutes est la voie de la
prospérité pour le Canada.
Les gouvernements Harper et Prentice parlent d'un goulot
d'étranglement du pétrole dans le mid-ouest
américain qui force la vente à rabais du pétrole
lourd de l'Alberta appelé le Western Canadian Select (WCS).
L'ex-première ministre de l'Alberta Alison Redford parlait d'une
« bulle du bitume » et elle a utilisé la
baisse des prix
du WCS pour justifier des budgets d'austérité. Loin
d'être bloqué, le pétrole brut atteint la
Côte du Golfe par le biais d'autres pipelines et de chemins de
fer au point qu'il y a trop de pétrole lourd sur le
marché. Le pétrole léger est venu ajouter à
l'excédent en raison de la grande augmentation de la production
du pétrole de schiste par fracturation
aux États-Unis.
Forteresse Amérique du Nord
Les sables bitumineux et les champs de pétrole de
schiste sont la cible d'une frénésie d'activités
minières et de forage dont le but est de renforcer la Forteresse
Amérique du Nord où une question clé est la
sécurité de l'approvisionnement en pétrole et en
gaz naturel en préparation pour la
guerre. Les manoeuvres légales sur cette question ont
commencé il y a 40 ans avec une loi qui interdit l'exportation
du pétrole brut américain.
Un aspect récent de cette politique est
l'augmentation de la production pétrolière aux
États-Unis et au Canada par le biais entre autres de subsides et
d'infrastructures publics, « d'argent facile »,
du relâchement de la réglementation sur les techniques
dangereuses et la pression faite sur le Mexique pour qu'il
libéralise son secteur de
l'énergie. L'objectif d'ensemble est l'autosuffisance
nord-américaine et le remplacement du pétrole venu de
l'extérieur qui est présentement vendu aux
États-Unis.
L'objectif visé des efforts pour se
débarrasser de la vente de pétrole brut aux
États-Unis qui ne provient pas de l'Amérique du Nord est
de détruire les économies du Venezuela, de l'Iran et de
la Russie qui se voient forcés de compétitionner sur
d'autres marchés et l'objectif est aussi de faire pression pour
que le Mexique privatise son secteur de
l'énergie. Un des objectifs semble être que les
raffineries des États-Unis deviennent de gros fournisseurs de
pétrole raffiné (et de gaz naturel
liquéfié) à l'Europe. Cela donnerait un
contrôle accru à l'empire américain sur les
affaires politiques de l'Europe.
Tout cela a produit une surabondance internationale de
pétrole et la chute des prix du pétrole. Il en
résulte pour le Canada des prédictions de
récession en Alberta et à Terre-Neuve et une augmentation
du chômage en Alberta, en Saskatchewan et à Terre-Neuve.
Cela va avoir des conséquences néfastes pour
l'économie, les travailleurs et les
communautés à l'échelle du pays.
Ce qui se passe dans le secteur de l'énergie et
dans la Forteresse Amérique du Nord met en lumière les
dangers de faire reposer la croissance et la prospérité
de l'économie canadienne sur la course de l'empire
américain à la domination et à la soumission de
tous ceux qui recherchent une voie indépendante, de même
que sur sa militarisation
effrénée et ses attaques aux droits et à la
sécurité de tous. La classe ouvrière de
l'Amérique du Nord et ses alliés doivent
développer leur politique indépendante en vue d'une
nouvelle direction pour leur économie et leur pays et en
opposition à l'empire américain et à Forteresse
Amérique du Nord.

La guerre des prix sur la Côte du Golfe expose
la
futilité du rêve de Harper d'une économie
basée
sur l'exportation des ressources
Manifestation à
Burnaby Mountain le 14 septembre 2014 (S.
Collis)
Le projet Keystone XL, le projet de pipeline d'Enbridge
à travers le nord de la Colombie-Britannique, le projet
TransMountain de Kinder Morgan vers Vancouver et le projet
Énergie Est de TransCanada sont devenus l'objet d'une vaste
opposition qui y voit des exemples de l'exportation irrationnelle et
irresponsable de ressources brutes. Les
gens se battent pour un développement rationnel et durable des
ressources naturelles qui est au service d'une économie viable,
en particulier du secteur manufacturier, et de programmes sociaux et de
services publics pour tous. Le peuple réclame son droit et celui
des Premières Nations d'exercer leur contrôle et de
décider de ce qui est fait des
ressources naturelles qui leur appartiennent de droit et qui doivent
servir à l'édification nationale et non à
l'édification d'empire unipolaire des États-Unis.
La guerre des prix du pétrole sur la
Côte du Golfe des États-Unis
L'absence du pipeline
Keystone XL n'empêche pas le
bitume des sables bitumineux de se rendre jusqu'aux raffineries de la
Côte du Golfe. Les monopoles pipeliniers ont construit des routes
de pipelines qui vont de Cushing en Oklahoma vers la Côte
du Golfe et pour lesquels l'approbation du Congrès ou du
président n'est pas nécessaire. Enbridge a
complété sa canalisation Flanagan/South qui peut
transporter 600 000 barils par jour de l'Illinois vers Cushing de
même que son Seaway Twin qui peut en transporter 450 000 de
Cushing vers Freeport au Texas. L'an dernier, TransCanada a
complété son pipeline de la Côte du Golfe qui va de
Cushing à Nederland au Texas. ExxonMobil, qui possède
Imperial Oil, transporte aussi du brut dans son pipeline Pegasus de
Patoka en Illinois vers Nederland au Texas. Les grands producteurs de
pétrole lourd sont le Canada, le Venezuela, le Mexique, la
Colombie, l'Arabie saoudite et le
Koweit.
L'expansion de la production de pétrole dans les
sables bitumineux faisait partie des efforts vers l'autosuffisance
nord-américaine et de l'assaut contre les autres fournisseurs de
pétrole lourd, tout cela pour assurer son approvisionnement de
pétrole à Forteresse Amérique du Nord et elle
servait aussi d'autres objectifs impérialistes de l'empire
américain. Cela n'avait certainement rien à voir avec
l'édification nationale au Canada comme on le voit bien avec la
chute des prix du pétrole. Sous l'ère de Georges Bush a
été adoptée la Loi sur l'énergie de
2005 qui visait à fournir des subsides aux grandes
pétrolières afin d'augmenter la capacité de
raffinage. En 2011,
l'administration Obama a amendé la loi afin de payer les riches
pour augmenter la capacité de valorisation et de raffinage du
bitume provenant des sables bitumineux. Trois raffineries ont
reçu entre 1 et 1,8 milliard $ en baisses d'impôt
par des amortissements accélérés sur leurs
investissements. Ont tiré partie de ces largesses la raffinerie
Motiva, copropriété de Saudi Aramco et de Shell Oil, la
raffinerie Valero, contrôlée par des intérêts
monopolistes du Texas, et le monopole français Total. Valero et
Total se sont engagés à utiliser le pipeline Keystone XL
quand il sera terminé.
Le Venezuela est une cible privilégiée de
l'autosuffisance énergétique nord-américaine et de
la guerre des prix du pétrole alors que les États-Unis
continuent d'essayer de déstabiliser et de renverser le
gouvernement de Nicolas Maduro et de saper la révolution
bolivarienne. L'entreprise nationale du pétrole du Venezuela
possède une raffinerie
qui opère sous le nom de CITGO sur la Côte du Golfe.
Pression sur le Mexique pour qu'il privatise son
pétrole
La guerre des prix du pétrole vise aussi à
remplacer le brut Maya mexicain afin de faire pression sur le Mexique
pour qu'il privatise son secteur du pétrole. L'industrie
pétrolière du Mexique a été
nationalisée en 1938 et la constitution interdisait que le
secteur
soit contrôlé par des intérêts
étrangers. Cela a été une victoire du peuple
mexicain qui a affirmé sa souveraineté sur ses ressources
pétrolières et où la classe ouvrière en a
pris la défense. Le capital financier international a
exercé une forte pression sur le Mexique afin de renverser le
cours des choses. Dans le cadre du programme néolibéral
de
privatisation, le gouvernement mexicain dit ne pas avoir d'argent pour
investir dans la société Petróleos Mexicanos
(PEMEX), la société pétrolière nationale ou
pour construire de nouvelles raffineries ou bâtir une industrie
pétrochimique forte. Cela a mené à une baisse de
la production pétrolière.
Les monopoles de l'énergie les plus puissants de
concert avec les banques se préparent maintenant à voler
ces ressources qui appartiennent de droit au peuple mexicain. La
privatisation imminente va ouvrir les champs pétrolifères
du Mexique à l'exploration étrangère. Trente-sept
des 41 divisions de PEMEX vont être ouvertes aux entrepreneurs
privés. Haliburton a déjà en main un contrat de
forage de nouveaux puits et d'entretien de pipelines avec PEMEX.
En décembre 2014, Pemex a abaissé le prix
de vente officiel de son brut Maya. Le pétrole brut Maya du
Mexique est en concurrence avec le bitume des sables bitumineux de
l'Alberta pour le marché de la Côte du Golfe et son prix
est plus proche que jamais de celui du Western Canadian Select (WCS),
le pétrole lourd de l'Alberta.
La Russie est prise comme cible
Un des objectifs de la Forteresse Amérique du
Nord est aussi la réduction de sa dépendance envers le
pétrole de l'Asie de l'Ouest. L'Arabie saoudite cherche à
maintenir et à étendre sa part du marché. Saudi
Aramco a récemment réduit le prix de l'Arab Medium (du
pétrole lourd) à
destination des États-Unis pour le sixième mois
consécutif. Les pays de l'OPEP dont l'Arabie saoudite ont perdu
des marchés en Chine. Face aux sanctions
décrétées sur l'ordre des États-Unis qui
visent à affaiblir l'économie russe et y imposer un
changement de régime, ce qui est un des objectifs de la baisse
des prix du pétrole, la Russie a établi
de nouveaux arrangements commerciaux, surtout avec la Chine. Les
données des douanes chinoises démontrent que les
importations chinoises en provenance de la Russie ont grimpé de
36 % en 2014 alors que les importations en provenance de l'Arabie
saoudite ont chuté de 8 % et celles du Venezuela de
11 %.
Ces développements nous indiquent que les
marchés du bitume sur la Côte du Golfe sont loin
d'être assurés et que les déclarations de prix
élevés à venir sont des rêves en couleur.
L'expansion frénétique des sables bitumineux
alimentée par la cupidité, les stratagèmes pour
payer les riches et d'autres subsides de l'État, de même
que les rêves de
prix élevés soutenus, viennent de frapper leur mur.
Une nouvelle direction de l'économie
La production actuelle dans les sables bitumineux va se
poursuivre et même augmenter à mesure que de nouveaux
projets sont complétés. Ce n'est même pas certain
que les projets mis sur la glace vont être construits. Le plan de
Forteresse Amérique du Nord de mettre le Canada,
ses ressources et son peuple à la disposition de la machine de
guerre américaine et de la construction d'un empire unipolaire
américain est directement responsable de la crise actuelle.
La crise était
inévitable parce que
l'expansion frénétique des sables bitumineux n'a jamais
eu pour objectif de servir les besoins de l'édification
nationale et d'une économie viable qui subvient à ses
besoins ou de garantir le bien-être du peuple. La crise
était également inévitable du fait qu'on ne permet
pas au facteur humain et à la conscience
sociale de jouer quelque rôle dans l'économie et sa
direction.
L'élite capitaliste dominante a
créé cette crise où les prix du pétrole ont
chuté rapidement. Cette élite a augmenté
drastiquement la production de pétrole dans les sables
bitumineux et les champs de pétrole de schiste. Ce sont les plus
gros monopoles de l'énergie qui établissent la direction
et le peuple n'a aucun mot à dire. Les monopoles
mondiaux et leurs représentants politiques ont toujours
rejeté la position de la classe ouvrière organisée
et des travailleurs du pétrole demandant l'arrêt de cette
frénésie et un développement socialement
responsable des ressources pétrolières en vue d'une
économie viable qui subvient à ses besoins et ne repose
pas sur l'exportation frénétique de
ressources brutes. En plus de cela, le prix de ces ressources
exportées n'est pas établi sur la base de leurs prix de
production et au moyen d'ententes internationales à avantage et
à développement mutuels. Bien au contraire, les prix sont
entre les mains des parasites mondiaux sur les marchés qui les
soumettent à des variations brutales.
Ce ne sont pas les
propriétaires du capital
monopoliste qui souffrent des mises à pied et de
l'austérité qui accompagnent la chute des prix du
pétrole. Ils en font porter le fardeau aux ouvriers et les
forcent à subir l'insécurité et le chômage.
Les porte-parole des Harper et Prentice demandent aux Canadiens de se
serrer la ceinture et soutiennent
mordicus qu'il n'y a pas d'alternative à
l'austérité et aux coupures de programmes sociaux et de
services. Les monopoles mondiaux de l'énergie disent qu'ils
travaillent pour le long terme tandis que c'est la classe
ouvrière au Canada et ailleurs qui paie le prix de
l'économie irrationnelle déséquilibrée qui
repose sur les ressources et de ses crises
continuelles dans le cadre de l'empire américain.
Il est devenu on ne peut plus clair maintenant que cette
prétention que l'intérêt national est servi par ces
rêves en couleur d'une économie à base de
ressources est une fraude. Nous avons besoin d'une nouvelle direction
de l'économie qui sert les intérêts des Canadiens
et où les ressources naturelles servent à renforcer le
secteur manufacturier,
les programmes sociaux et les services publics au lieu de servir les
intérêts étroits des monopoles mondiaux. Les
gouvernements font face à des travailleurs qui demandent une
nouvelle direction de l'économie. Il nous faut une nouvelle
direction de l'économie que le peuple contrôle et qui sert
les intérêts des Canadiens, de leur économie et
l'intérêt
général de la société.
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voir à sa pleine grandeur

Le projet de loi C-51: la priorité
politique du gouvernement
Harper n'est pas celle du peuple
Une attaque générale contre les Canadiens
au nom de la lutte au terrorisme
Le débat sur le projet de loi C-51, la Loi
antiterroriste 2015 a commencé le 18 février 2015.
Le gouvernement est intervenu rapidement pour couper court au
débat au moyen du paragraphe 78 (3) du Règlement sur
l'attribution de temps et précipiter l'adoption du projet de
loi. Il semble que le gouvernement envisage de mettre en
oeuvre les mesures du projet de loi aussi rapidement que possible pour
mettre à exécution son plan d'utiliser le Service
canadien du renseignement de sécurité (SCRS) et
l'ensemble des ressources de l'État pour attaquer le peuple et
ses droits.
Avec cela, « les
espoirs d'une analyse
impartiale et approfondie du projet de loi antiterroriste peuvent avoir
déjà été ruinés. Il s'agit d'un
développement extrêmement inquiétant étant
donné que le projet de loi présente toutes les
caractéristiques d'un texte assemblé rapidement avec une
analyse limitée », écrit Michael Geist,
professeur de droit à l'Université d'Ottawa, sur son
blogue le 19 février.
L'imprécision du projet de loi et ses pouvoirs
étendus semblent être à dessein
pour criminaliser les plus larges sections du peuple canadien et
même permettre des attaques à l'étranger.
Au Canada, ceux visés par le projet de loi
comprennent tous ceux que le gouvernement considère comme un
ennemi intérieur ou extérieur selon des critères
secrets. Ce projet de loi vise non seulement la classe ouvrière,
les militants politiques et sociaux et toute personne qui défend
les droits du Québec et des peuples autochtones, mais aussi des
factions rivales au sein de la classe capitaliste dirigeante qui se
disputent le pouvoir politique.
Une des révélations du rapport de la
Commission McDonald sur les « actes
répréhensibles » de la GRC en 1981
était que ce service de police se livrait à une
surveillance active de 800 000 Canadiens, soit plus de trois pour cent
de la population à cette époque. Dans la ferveur de la
guerre froide, cela incluait pratiquement tous les
communistes et toutes les personnes progressistes du Canada et ceux qui
participaient à des manifestations, y compris les dirigeants
d'un parti politique ayant des députés dans les
assemblées législatives du pays, le Nouveau Parti
démocratique. Aujourd'hui, dans le cadre de la prise de
contrôle de l'État par des intérêts
privés, la
« surveillance » des Canadiens deviendra
virtuellement illimitée. Le projet de loi C-51 supprime les
restrictions antérieures sur l'échange d'informations
entre la police, les ministères et les agences d'espionnage et
manque de mécanismes de surveillance. Cela crée le risque
grave de placer la police au-dessus du pouvoir civil, comme
l'avait établi à l'époque la Commission McDonald
sur les « actes répréhensibles » de
la GRC.
Avec la conversion du SCRS en un corps de police
secrète complet, l'illégalité (notamment les
pouvoirs « cinétiques » comme est
appelé le recours à la force) est ajoutée à
la « boîte à outils ». Les
restrictions sur la façon dont le SCRS peut agir sont vagues, ce
qui suggère que les actes illégaux ne seront restreints
que
par les mandats secrets qui pourront être obtenus auprès
de juges. Le juge de la Cour fédérale, Richard Mosley, a
déjà expliqué, dans un jugement secret de 2013
(dont une version caviardée a été rendue publique
par la suite), comment les agents du SCRS l'avaient induit en erreur
dans leur demande d'un mandat pour conduire des activités de
surveillance de Canadiens à l'étranger. Il est interdit
de révéler les noms des agents du SCRS et il est interdit
de parler des opérations secrètes, alors où cela
laisse-t-il la sécurité des Canadiens ? Entre les
mains de l'État et de la police qui peuvent prendre les
décisions qui affectent la vie des gens. Cela ne doit pas
passer !
LML invite tous les Canadiens à se
mobiliser pour défaire le projet de loi C-51. Cela devrait
inclure exiger et demander à nos députés au
Parlement qu'ils s'opposent à ce projet de loi. LML
insiste à nouveau sur l'importance de tenir une discussion
sérieuse sur ce projet de loi et sur ce que prépare le
gouvernement avec
vos collègues de travail, vos camarades dans les écoles
et les universités ainsi que dans la communauté. Il est
important de garder la tête froide face aux tentatives du
gouvernement d'intimider et de provoquer une hystérie de masse
sur la menace terroriste des « djihadistes
musulmans » ou des militants politiques qu'il accuse
d'être une
menace pour la sécurité du Canada ou
d'antisémitisme et autres choses semblables sans fondement.
Le gouvernement a déclaré que la lutte
contre le terrorisme était la priorité politique. Pour
les Canadiens, la priorité politique continue d'être :
« Qui décide de toutes les questions qui affectent
notre vie ? » Nous devons ensemble relever les
défis à venir en 2015, mobilisons-nous pour
défaire le projet de loi C-51 et luttons
pour une nouvelle direction pour le Canada.
« Activité qui porte atteinte
à
la sécurité du Canada »
Voici la définition de
« activité qui porte atteinte à la
sécurité du Canada » et de
« menaces envers la sécurité du
Canada » qui figurent dans le projet de loi C-51, Loi
antiterroriste, 2015.
Selon le projet de loi, si les forces de
sécurité ou le gouvernement déterminent que
quelque chose ou quelqu'un « porte atteinte à la
sécurité du Canada », ou constitue une menace
pour elle, alors le libre échange d'information entre les
ministères et les organismes gouvernementaux est permis, et le
SCRS peut intervenir de
nombreuses de façons, y compris par le recours à la force.
« Définitions
« 2. Les définitions qui suivent
s'appliquent à la présente loi.
« activité portant atteinte à
la sécurité du Canada »
« activité portant atteinte à
la sécurité du Canada » S'entend d'une
activité qui porte atteinte à la souveraineté,
à la sécurité ou à
l'intégrité territoriale du Canada ou à la vie ou
à la sécurité de la population du Canada,
notamment les activités ci-après si elles
entraînent une telle atteinte :
a) entraver la capacité du gouvernement
fédéral — ou de son administration — en matière de
renseignement, de défense, d'activités à la
frontière, de sécurité publique, d'administration
de la justice, de relations diplomatiques ou consulaires ou de
stabilité économique ou financière du Canada ;
b) entraîner un changement de gouvernement au
Canada ou influer indûment sur un tel gouvernement par l'emploi
de la force ou de moyens illégaux ;
c) espionner, saboter ou se livrer à une
activité secrète influencée par
l'étranger ;
d) se livrer au terrorisme ;
e) se livrer à une activité qui a pour
effet la prolifération d'armes nucléaires, chimiques,
radiologiques ou biologiques ;
f) entraver le fonctionnement d'infrastructures
essentielles ;
g) entraver le fonctionnement de l'infrastructure
mondiale d'information, au sens de l'article 273.61 de la Loi sur
la défense nationale ;
h) causer des dommages graves à une personne ou
à ses biens en raison de ses liens avec le Canada ;
i) se livrer à une activité au Canada qui
porte atteinte à la sécurité d'un autre
État.
Il est entendu que sont exclues les activités
licites de défense d'une cause, de protestation, de
manifestation d'un désaccord ou d'expression
artistique. »

Où commence la lutte contre la radicalisation
et
où commence la coercition?
- Sam Heaton -
Le concept de « lutte contre la
radicalisation » et de « participation de la
collectivité » à la lutte contre
l'extrémisme violent » a été largement
promu comme une alternative à la criminalisation
préventive de ceux qui sont accusés de
« sympathiser » avec le terrorisme ou de
« promotion »
du terrorisme. En plus d'être une approche
réformatrice/restauratrice opposée à une approche
punitive, on nous dit également qu'elle est plus efficace et
qu'elle s'attaque aux « causes profondes du
terrorisme ».
Cette approche, qui est louangée par le chef du
Nouveau Parti démocratique, Thomas Mulcair, a servi de base au
Sommet de Washington sur « la lutte contre
l'extrémisme violent » tenu du 17au 19 février
2015. Lors du débat sur le projet de loi C-51 à la
Chambre
des communes le 18 février, et dans un éditorial pour le National
Post
publié le lendemain, Mulcair
a déclaré :
« Sous le
président Obama, les
États-Unis, qui ne sont pas épargnés par la menace
du terrorisme, ont adopté une approche proactive pour lutter
contre la radicalisation. La Maison-Blanche a dirigé des efforts
auprès des communautés à risque afin qu'elles
résistent davantage à l'attrait de la radicalisation. Le
gouvernement des États-Unis
appuie les communautés et les dirigeants religieux en les
mettant en lien avec des experts de la lutte contre la radicalisation,
en les éduquant sur les signes avant-coureurs de la
radicalisation et en les formant sur les moyens éprouvés
de désamorcer la radicalisation. »
Par « communautés » et
« communautés à risque », nous
pouvons supposer que M. Mulcair et les participants au sommet ne
parlent pas des amish. Il est également peu probable que les
communautés auxquelles ils font référence soient
celles auxquelles les comploteurs néonazis du projet de tuerie
de masse
appartenaient, ou la communauté de l'auteur du triple homicide
à Chapel Hill en Caroline du Nord. Pour reprendre le langage du
ministre de la Justice Peter MacKay, quand il se réfère
aux communautés qui sont considérées comme ayant
un problème « sur le plan culturel », cela
signifie les musulmans. Cela semble indiquer que
l'approche proposée par Mulcair et le sommet de Washington
repose sur le profilage, qui est contestable pour ne pas dire plus.
La GRC définit
« radicalisation » comme « le
processus selon lequel des personnes (généralement des
jeunes) sont initiées à un message idéologique et
à un ensemble de croyances et sont encouragées à
remplacer leurs croyances modérées et
généralement admises par des opinions
extrêmes ».[1]
Contrairement à MacKay, Mulcair et Obama, avec
l'approche de la « participation de la
collectivité », cherchent à promouvoir des
« croyances modérées et largement
partagées » comme antithèse au
« radicalisme » et à
« l'extrémisme » en mettant en lien
« les communautés et les
dirigeants religieux » avec « des experts de la
lutte contre la radicalisation » pour les éduquer
à reconnaître « les signes
avant-coureurs » et
« désamorcer » la situation.
Le vice-président des États-Unis, Joe
Biden, dit : « Nous n'avons pas toujours bien fait les
choses. Cependant, nous avons beaucoup d'expérience sur la
question de l'intégration des communautés au
système américain, au rêve
américain ».
Une société qui défend les droits
de tous n'entre pas dans le discours.
Au lieu de cela, nous avons une extension paternaliste
des accommodements, de la « formation de
sensibilisation », de la « résolution des
conflits, » et al. Ceux qui connaissent les
« signes » de la
« radicalisation » doivent
« travailler » avec des personnes qui sont
rattachées à
« une gamme de prestataires de services sociaux, notamment
des responsables de l'éducation, des professionnels de la
santé mentale [et] des organismes d'application de la
loi ». Si les mesures de lutte contre la radicalisation et
la participation de la collectivité échouent, il y a
toujours la criminalisation comme plan de secours. N'est-ce
pas là la définition du « lavage de
cerveau » de la guerre froide ? Qui décide
quelles croyances sont interdites, et à quelle
rééducation et pour combien de temps une personne devra
se soumettre avant que sa pensée soit acceptable aux
élites dirigeantes ? Où commence la lutte contre la
radicalisation et où commence la
coercition ?
À titre d'information
Du 17 au 19 février 2015, les États-Unis
ont accueilli un sommet de lutte contre l'extrémisme violent
(CEV). Le sommet a été annoncé en janvier suite
aux « attentats tragiques récents qui ont eu lieu
à Ottawa, à Sydney et à Paris ». Le 18
février, le porte-parole de la Maison Blanche a
déclaré en
conférence de presse que le sommet avait réuni
« des dirigeants régionaux, fédéraux et
internationaux, notamment le président Obama et des ministres
des Affaires étrangères, pour discuter des mesures
concrètes devant être prises par les États-Unis et
ses partenaires pour développer des approches
orientées sur la communauté dans le but de lutter contre
les idéologies extrémistes et haineuses qui radicalisent
et recrutent les gens et incitent à la violence. Les menaces
d'extrémisme violent peuvent venir d'une panoplie de groupes et
d'individus, y compris des extrémistes violents d'origine
intérieure ici
même aux États-Unis, ainsi que des groupes terroristes
tels qu'Al-Qaeda et l'EIIL. »
Étaient présents au sommet des ministres
de près de 70 pays, le secrétaire-général
de l'ONU, des représentants haut placés d'autres
organismes multilatéraux, et des représentants de la
société civile et du secteur privé. Ces
participants devaient « définir la marche à
suivre par le biais de sommets régionaux, dans le but
d'établir des mesures
concrètes devant prévenir l'extrémisme violent
jusqu'à la tenue de l'Assemblé générale de
l'ONU en 2015 [...] et prendre comme point de départ la
Stratégie antiterroriste mondiale des Nations unies, qui
encourage les Nations unies et d'autres organismes multilatéraux
à intensifier leurs efforts pour identifier et traiter du
problème des instigateurs
locaux de la violence extrémiste ».
Un document d'information détaillé de la
Maison -Blanche sur le sommet indique que la stratégie vise
à « attaquer les causes profondes de
l'extrémisme ». Cela doit être fait par le
« renforcement de la sensibilisation, en formulant un
contre-discours et en renforçant la participation de la
communauté ».
Le Canada était représenté à
ce sommet par le ministre de la Sécurité publique et de
la Protection civile, Steven Blaney. Ses commentaires ont mis en
lumière les efforts du gouvernement Harper visant à
paraître intransigeant face au terrorisme contrairement à
l'approche de « participation de la
collectivité ». La stratégie
antiterroriste du Canada se compose de quatre
éléments : Empêcher, Déceler, Priver et
Intervenir. Il a déclaré également que
« accroître nos efforts de prévention ne suffit
pas. » Le gouvernement a présenté la loi C-51,
dit-il, parce que « le mouvement djihadiste international a
déclaré la guerre au Canada ».
Note
2. http://www.rcmp-grc.gc.ca/nsci-ecsn/rad/internet/p2-fra.htm

La création du Service canadien
du renseignement
de sécurité en 1984
Le
Marxiste-Léniniste reproduit ci-dessous des extraits d'un
article paru en juin 1983 dans La Voix du peuple,
journal du Front du peuple contre la violence raciste et fasciste.
L'article discute du projet de loi alors débattu au parlement
créant le
Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS),
adopté le 21 juin
1984. Il
discute des problèmes de la surveillance qui sont à la
base du débat
actuel sur le projet de loi C-51, problèmes qui n'ont jamais
été pris
au sérieux par le gouvernement. Il montre par ailleurs que les
Canadiens ne peuvent pas se fier sur l'État ou les commissions
d'enquête pour protéger leurs droits quand l'État
est l'instrument
utilisé contre eux. Il
affirme que les Canadiens sont pour la démocratie et la
primauté du
droit alors que les agences comme le SCRS sont créées
pour agir
impunément contre leurs droits.
Le projet de loi C-157 de 1983 créant le
Service canadien
du renseignement de sécurité
- La Voix du peuple, juin 1983 (extraits) -
Le 18 mai 1983, le gouvernement fédéral
introduisait le projet de
loi C-157 pour créer une agence terroriste d'espionnage, le
Service
canadien du renseignement de sécurité, dans le but de
légaliser et
d'intensifier les attaques contre les travailleurs, les immigrants, les
jeunes et les étudiants, les femmes et les forces progressistes
et
démocratiques
au Canada comme à l'étranger.
La Commission McDonald sur les méfaits de la GRC
avait recommandé
la formation de cette agence terroriste d'espionnage. Cette commission
royale avait été établie il y a plusieurs
années après qu'aient été
révélés de nombreux méfaits du service de
sécurité de la GRC, y compris
des incendies, l'ouverture du courrier, l'utilisation d'appareils
d'écoute, des actes pour discréditer des
personnalités publiques, des
communiqués terroristes, des enlèvements, etc.
La commission royale avait été
présentée comme un moyen d'enquête
pour recommander les moyens d'empêcher à l'avenir de
telles activités
criminelles et terroristes de la part de la GRC. Mais il ne s'agissait
que d'une duperie pour étouffer la colère du peuple et
l'amener à
penser que la commission royale protégerait ses droits et
libertés.
Maintenant que le gouvernement fédéral a
introduit son projet de
loi pour créer le Service canadien du renseignement de
sécurité, basé
sur les recommandations de la Commission McDonald, et qui comprend la
légalisation des activités criminelles de la police
secrète, la vraie
nature de la commission royale est complètement
démasquée. Les
droits du peuple ne sont pas protégés, ils sont
menacés plus que jamais
auparavant.
Les principaux traits du projet de loi C-157
Le projet de loi C-157 accorde à la nouvelle
agence d'espionnage de
grands pouvoirs pour se livrer à toutes sortes
d'activités secrètes,
subversives et terroristes sans égard aux lois. Le projet de loi
donne
au service de renseignement le mandat de « recueillir, au
moyen
d'enquête ou autrement, analyser et conserver les informations et
renseignements sur les activités dont il existe des raisons
sérieuses
de soupçonner qu'elles constituent des menaces envers la
sécurité du
Canada ; en faire rapport au gouvernement du Canada et le
conseiller à
cet égard. »
Le projet de loi accorde à l'agence d'espionnage
le pouvoir de faire
de l'espionnage en coopération avec les gouvernements
provinciaux et
municipaux et leurs forces policières. Comme le service de
sécurité de
la GRC, connu pour sa collaboration avec la police secrète
fasciste
d'autres pays comme la Central Intelligence Agency américaine et
la SAVAK iranienne, la nouvelle agence d'espionnage aura le pouvoir de
coopérer avec des États étrangers et leurs
services de sécurité, ou
avec des organisations internationales, afin d'offrir à ces
gouvernements, institutions ou organisations des informations de
sécurité. [...]
Selon [la définition donnée] de ce qu'est
une « menace envers la
sécurité du Canada » [qu'élargit le
projet de loi C-51 — ndlr], toutes
les activités qui, au pays, visent à résister au
rejet du fardeau de la
crise économique sur le dos du peuple et à
éliminer la crise, à
s'opposer aux préparatifs de guerre impérialiste et au
danger de
guerre impérialiste et qui visent à l'instauration d'une
paix réelle et
durable, à défendre et élargir les droits et
libertés démocratiques du
peuple, et à mettre fin à la domination
impérialiste américaine sur le
Canada et réaliser l'indépendance et la
souveraineté réelles, feront
l'objet d'« enquête » de la part de
l'agence d'espionnage.
L'article 21 du projet de loi C-157 est la section qui
est la plus
discutée dans la presse. Elle est la partie de la loi qui
légalise
l'infraction à la loi par l'agence. On y stipule :
« Le directeur et
les employés sont fondés à accomplir, en vue de
l'exercice des
fonctions que la présente loi confère au Service, tous
actes
justifiables dont la
nécessité soit également justifiable. »
On a spécifiquement inclus
cette section du projet de loi pour protéger les agents contre
les
poursuites judiciaires pour méfaits. [...]
La fraude de la redevabilité
En introduisant le projet de loi fasciste, le
gouvernement s'est
efforcé de garder un masque
« démocratique » par la fraude de la
« redevabilité » du service de
sécurité envers une instance élue. Selon
le gouvernement, cette « redevabilité » du
service de sécurité est ce
qui distingue les « démocraties
libérales » des « États
autoritaristes et totalitaires ».
La Commission McDonald en avait long à dire sur
la « démocratie
libérale »,
l'« autoritarisme », le
« totalitarisme » et la
« redevabilité ». Elle
déclare :
« Les démocraties libérales
connaissent un défi unique. Pour le dire
simplement, ce défi est d'assurer la démocratie contre
ses ennemis
intérieurs et extérieurs, sans détruire la
démocratie dans ce
processus. Les États autoritaristes et totalitaires n'ont pas
à
affronter ce défi. Dans ces pays, il n'est pas besoin d'assurer
que les
agences de
sécurité, dont les techniques impliquent beaucoup de
secret, soient
redevables envers une instance élue. Ni est-il nécessaire
dans de tels
États que toutes les mesures de sécurité soient
autorisées ou conformes
à la loi ou que les agents ne soient pas au-dessus de la loi. Ce
n'est
que dans les États démocratiques libéraux qu'on
s'attend à ce que les
enquêtes sur l'activité subversive n'interfèrent
pas
avec les libertés de
dissidence et d'association politiques qui sont des
éléments essentiels
d'une société libre. » [...]
Même la distinction que fait le gouvernement entre
agences
d'espionnage des deux types de régimes n'existe pas en
réalité. Par
exemple, le Service canadien du renseignement de sécurité
ne serait pas
redevable envers une instance élue mais envers un
« comité de
surveillance » nommé par le gouvernement. De plus, le
projet de loi
autorise l'agence d'espionnage à commettre toutes sortes d'actes
illégaux avec la protection de la loi. En effet, si on prend la
définition donnée par la Commission McDonald,
l'État canadien
appartient à la catégorie des « États
totalitaires ». C'est pourquoi le
Canada a des relations très amicales avec des régimes
« totalitaires » comme les régimes
fascistes d'Israël, de Corée du Sud,
des Philippines, etc.
« Démocratie »,
« sécurité nationale » et
« respect de la loi »
Le gouvernement prétend que la nouvelle agence
d'espionnage est
nécessaire pour défendre « la
démocratie », le « respect de la
loi » et
la « sécurité nationale ». Selon
les riches et leur gouvernement, pour
défendre la démocratie il est nécessaire de
recourir au fascisme. C'est
avec cette logique que Trudeau
a justifié l'imposition de la Loi des mesures de guerre au
peuple
québécois en octobre 1970. C'est aussi avec cette logique
que les
riches et leur gouvernement justifient la création de la
nouvelle
agence d'espionnage.
Si on propose de créer cette nouvelle agence
d'espionnage, c'est
pour défendre les intérêts de la riche
minorité d'exploiteurs au Canada
et aux États-Unis et ailleurs. Ce n'est pas pour défendre
la
« démocratie », la
« sécurité nationale » ou le
« respect de la loi ».
La raison en est que les luttes du peuple
contre le rejet du fardeau de la crise sur son dos, contre les
préparatifs de guerre impérialiste, et contre les
attaques contre ses
droits et libertés démocratiques menacent les profits et
le pouvoir des
riches et que c'est pour réprimer ces luttes que le gouvernement
crée
la nouvelle agence d'espionnage.
À la recherche du profit maximum, les riches et
leur État attaquent
constamment les droits économiques, politiques et sociaux du
peuple.
Ils adoptent des lois limitant les salaires des travailleurs et
interdisant leurs grèves, et ils envoient la police et les
briseurs de grève attaquer ces luttes. La GRC et le
ministère de
l'Immigration harcèlent les
immigrants pour les forcer à se soumettre à
l'exploitation brutale aux
mains des patrons et aux contrats du gouvernement pour le travail
importé du Mexique et des Antilles, pour le travail d'esclavage
dans
les champs, entourés de barbelés et logés dans de
misérables baraques.
[...]
Les riches et leur État sont la plus grande
menace à la sécurité du
peuple et de la nation. Le peuple ne jouit d'aucune
sécurité
économique, d'aucun emploi assuré, d'aucune
stabilité des prix et
d'aucune garantie de toujours pouvoir se loger, se nourrir et se
vêtir.
Le peuple ne jouit d'aucun droit politique garanti, comme le montre
l'imposition
des mesures de guerre par le gouvernement. Même la loi
constitutionnelle permet au gouvernement de fixer des
« limites
raisonnables » aux droits et libertés du peuple
prescrits dans la
Charte des droits et libertés. [...]
Le peuple canadien veut le respect de la loi, mais de
la loi qui
serve ses intérêts, qui garantisse ses droits
économiques, politiques
et sociaux, qui lui garantisse la souveraineté et
l'indépendance. Mais
les riches et leur gouvernement n'offriront jamais de telles lois au
peuple parce que de telles lois ne servent pas leurs
intérêts. [...]
Le peuple peut défendre et élargir ses
droits et libertés
seulement par la lutte de masse
La Commission McDonald est le meilleur exemple pour
montrer que le
peuple ne peut pas compter sur l'État pour défendre ses
droits. La
commission royale avait été établie
supposément pour résoudre le
problème des activités illégales et terroristes de
la GRC contre le
peuple. Elle a plutôt abouti à un plan pour une nouvelle
agence
d'espionnage qui a le pouvoir de lancer des attaques encore plus
brutales et pernicieuses contre les droits et libertés du peuple.
Le peuple ne peut pas non plus compter sur le
« comité de
surveillance » de l'agence d'espionnage pour défendre
ses droits. Il ne
peut compter sur aucune des « sauvegardes » de ce
projet de loi. Le
projet de loi stipule : « La présente loi
n'autorise pas le Service à
enquêter sur une personne ou un groupe
de personnes pour le seul motif de leur participation à des
activités
légitimes de défense d'une cause, de protestation ou de
manifestation
d'un désaccord. » Mais cette distinction entre ce qui
est « légitime »
et ce qui est « illégitime » vise
seulement à faire croire au peuple
qu'il est protégé contre les activités de la
nouvelle agence d'espionnage.
Les riches et le gouvernement considèrent
« illégitimes » toutes
les luttes contre le rejet du fardeau de la crise économique sur
le dos
du peuple, les luttes contre les préparatifs de guerre et les
luttes à
la défense des droits et libertés démocratiques.
Il n'y a pas une seule
manifestation au Canada qui ne fasse l'objet d'espionnage,
dont les participants ne soient photographiés par la police
secrète. La
GRC conserve des dossiers sur 800 000 Canadiens et le Service canadien
du renseignement de sécurité, avec des pouvoirs plus
grands que ceux de
la GRC, conservera encore plus de dossiers et se livrera à
encore plus
d'actes de subversion et de terrorisme et à d'autres attaques
contre le peuple.
La seule façon pour le peuple de défendre
et élargir ses droits et
libertés démocratiques c'est d'intensifier la lutte de
masse.

La Chambre des communes débat du
problème de l'«antisémitisme»
Une tentative intéressée de camoufler
le
terrorisme d'État d'Israël
- Louis Lang -
Le 18 février 2015, le ministre de la
Défense nationale et du Multiculturalisme, Jason Kenney, a
déposé une motion à la Chambre des communes
demandant un débat sur l'antisémitisme. La motion, qui a
été secondée par le député
libéral de Mont-Royal, Irwin Cotler, se lit comme suit :
« Qu'un débat exploratoire sur la
montée inquiétante de l'antisémitisme dans le
monde, dont il a été question à une réunion
de l'Assemblée générale des Nations unies le 22
janvier 2015, ait lieu conformément à l'article 53.1 du
Règlement le mardi 24 février 2015. »
Il est pour le moins surprenant que le gouvernement
Harper se préoccupe de « la montée
inquiétante de l'antisémitisme dans le
monde ». Il est bien connu que ce gouvernement appuie
inconditionnellement le gouvernement issu d'un coup d'État en
Ukraine qui est constitué en partie d'éléments
néonazis comme ceux du Svoboda
(anciennement Parti social-national), du Secteur droit et d'autres
groupes ultranationalistes. Il sera intéressant de voir si ces
sources de l'antisémitisme seront dénoncées lors
du débat.
Ce n'est pas un hasard que
ce débat soit
proposé à l'heure où les atrocités commises
par l'État sioniste d'Israël font l'objet d'une
enquête pour crimes de guerre par le Tribunal pénal
international et qu'Israël est dénoncé partout dans
le monde pour ses crimes contre le peuple palestinien. Le monde est
témoin depuis plus de 60 ans de la
violation des droits de quatre millions d'êtres humains dont les
terres ont été saisies et occupées par la force.
Israël n'a pas cessé sa politique de nettoyage ethnique qui
a privé les Palestiniens de leur État et en a fait des
réfugiés dans leur patrie.
Le gouvernement Harper a donné son appui
inconditionnel à l'État sioniste d'Israël à
de nombreuses occasions. À l'exception de ses bienfaiteurs comme
les États-Unis, le Canada et le Royaume-Uni, Israël est
universellement condamné. Les expressions de crainte de Kenney,
Cotler et d'autres au sujet de
l'« antisémitisme » servent
à désinformer et à justifier la politique de
génocide dont le peuple palestinien est la cible chaque jour
à Gaza et en Cisjordanie.
Les arguments de ces défenseurs d'Israël,
qui cherchent à assimiler la dénonciation d'Israël
à de l'« antisémitisme », sonnent
creux. Dans un article de 2010 paru dans le National Post,
Irwin Cotler fait une distinction entre
l'« antisémitisme classique » et une forme
nouvelle d'antisémitisme :
« En un mot, l'antisémitisme classique est la
discrimination contre les juifs, la négation de leur droit
d'être membres à part entière de la
société où ils habitent. Le nouvel
antisémitisme comprend la discrimination contre le peuple juif
ou la négation de son droit d'être membre à part
entière de la famille des nations, où Israël fait
figure du Juif
collectif parmi les nations. »
Cotler a présenté le même argument
à une réunion informelle de l'Assemblée
générale de l'ONU le 22 janvier, à laquelle ont
participé des représentants des États-Unis, du
Canada et d'Israël ainsi que de plusieurs des principales
puissances d'Europe comme l'Allemagne et la France.[1] Dans son
allocution, il a soutenu que les attaques contre
Israël sont une forme moderne d'antisémitisme et qu'il faut
« un nouveau vocabulaire pour le définir ».
Bernard-Henri Lévy,
philosophe français et
ardent défenseur de l'État d'Israël et de
l'impérialisme américain, était l'orateur
invité de la réunion de l'ONU. Il a tenté
d'appuyer la prétention de Cotler en disant que l'ancienne forme
d'antisémitisme a perdu sa crédibilité et que
l'antisémitisme renaît dans une forme moderne. Un de ses
énoncés,
selon lui, est que « les juifs seraient haïssables
parce qu'ils soutiendraient un mauvais État, illégitime
et assassin ». La théorie proposée par Cotler
et Lévy est que les attaques contre l'État sioniste
d'Israël sont une attaque contre tous les juifs et constituent
donc une forme moderne d'antisémitisme.
Ce raisonnement montre que le débat du 24
février à la Chambre des communes, tout comme
la réunion spéciale à l'ONU, sert un objectif
caché. Il s'agit de couvrir les crimes commis contre le peuple
palestinien en se cachant derrière
l'« antisémitisme ». Le plan du
gouvernement Harper et du libéral Cotler est
d'obtenir l'assentiment de tous les partis pour tromper les Canadiens
et les amener à croire que l'État terroriste et criminel
d'Israël est la victime et que le gouvernement canadien ne fait
que soutenir « le droit du peuple juif à
l'autodétermination ». Cette logique, combinée
au projet de loi C-51, Loi antiterroriste de 2015,
servira à criminaliser l'appui à la résistance du
peuple palestinien qui devient de facto « une promotion du
terrorisme ». Elle servira également à
justifier la catégorisation comme terroriste et
antisémite toute opinion favorable aux droits légitimes
du peuple palestinien et contre les crimes commis par l'État
d'Israël.
C'est un argumentaire malhonnête, non seulement
parce que le sionisme, qui est une idéologie d'État, est
présenté comme partagé par l'ensemble du peuple
juif et de tous les juifs de la planète, mais aussi parce que
ces
soi-disant défenseurs du droit à
l'autodétermination n'ont rien à dire contre la violation
actuelle des droits humains du peuple
palestinien, si ce n'est que de qualifier sa résistance de
terrorisme.
Il est évident que le but de cette motion
à la Chambre des communes n'est pas de résoudre les
problèmes que vivent les peuples du Moyen-Orient et que rien ne
sera dit durant ce débat sur le droit des Palestiniens à
l'autodétermination et à la reconnaissance de leurs
droits nationaux. On n'admettra pas non plus que les peuples du monde
s'élèvent de plus en plus contre le sionisme, y compris
de nombreux juifs vivant en Israël et ailleurs dans le monde.
Il y a de nombreux rapports, ne serait-ce que depuis un
an, que des soldats et réservistes israéliens signent des
pétitions et manifestent leur refus de servir
« à cause de la brutalité de
l'opération militaire menée en notre nom ».
Beaucoup d'entre eux ont été condamnés à
des peines d'emprisonnement pour objection de conscience.
Un autre exemple est le groupe religieux juif Neteurei Karta dont les
membres soutiennent publiquement les revendications du peuple
palestinien. Il y a également de nombreux groupes orthodoxes
juifs en Israël et ailleurs dans le monde qui disent que le
sionisme est contraire à leurs croyances.
Ces jours-ci, les débats à la Chambre des
communes sont dominés par le projet de loi C-51 et l'obsession
du gouvernement Harper à assimiler l'Islam au terrorisme. Le
débat que proposent Kenney et Cotler sera dominé par une
obsession semblable : l'appui inconditionnel au terrorisme
d'État d'Israël contre les peuples de la région, en
particulier les Palestiniens.
Les députés doivent se rappeler que les
actes terroristes n'ont pas à voir avec l'identité
religieuse de ceux qui les commettent, même s'ils
prétendent agir au nom d'une religion.
Note
1. Dans l'après-midi, à l'Assemblée
générale de l'ONU une table ronde s'est tenue avec
Theodore E. Deutch, représentant à la Chambre des
représentants des États-Unis ; Irwin Cotler,
député, Chambre des communes du Canada ; Wade
Henderson, président et directeur de la Leadership Conference on
Civil and Human Rights
and The Leadership Conference Education Fund ; Elisa Massimino,
président et directeur général de Human Rights
First ; et Robert S. Wistrich, directeur de l'Université
hébraïque de Jérusalem Vidal Sassoon Centre
International pour l'étude de l'antisémitisme.

Reportage photo
Marches commémoratives du 14 février pour
les femmes disparues et assassinées
Vancouver le 14
février
2015
Du 13 au 15 février des marches
commémoratives pour les femmes
disparues et assassinées ont eu lieu dans plus de vingt villes
partout au Canada. Cette année est le 25e anniversaire
de la Marche
commémorative annuelle des femmes pour rendre hommage aux femmes
disparues et assassinées à Vancouver, ville où la
toute première
marche a eu lieu en 1991. Ces marches rendent hommage aux centaines
d'amies, soeurs, filles, mères, tantes et
grand-mères partout
au pays, plus de 1 181 en tout, qui sont disparues ou qui ont
été
assassinées au cours des dernières décennies. On y
revendique aussi la
tenue d'une Enquête nationale ainsi que la mise en place de
mesures
pour
mettre fin à la violence et pour remédier aux
problèmes sociaux qui
l'engendrent.
Vancouver
De 2500 à 3000 personnes se sont
rassemblées sur l'heure
du midi le jour de la St-Valentin au coin des rues Main et Hastings
dans le quartier est du centre-ville de Vancouver. Elles ont
marché en
solidarité avec les familles qui ont perdu leurs filles,
conjointes,
soeurs, tantes, nièces et amies proches, victimes des meurtres
et de la
violence sans fin commise contre les femmes autochtones de
cette ville.
Un grand nombre de jeunes
ont participé à l'événement. Le
déroulement de la marche interdisait les pancartes et les
banderoles
organisationnelles pour mieux se concentrer sur l'aspect
commémoratif
de l'événement envers les femmes disparues et
assassinées. Plusieurs
bannières et pancartes soulevaient la nécessité
d'une enquête nationale
publique pour faire la lumière sur ces atrocités
commises
contre les femmes, en particulier les femmes autochtones, d'un bout
à l'autre du Canada.
Parmi les participants il y avait des membres de
l'Assemblée
législative de la Colombie-Britannique, le Grand Chef Stewart
Phillip,
président de l'Union des Chefs indiens de la
Colombie-Britannique,
Irene Lanzinger, présidente de la Fédération du
Travail de la
Colombie-Britannique, le chef de police de Vancouver, ainsi que
d'autres
personnalités publiques. Les seules à prendre la parole
furent les
organisatrices autochtones et les femmes qui ont exprimé leur
douleur à
la perte d'un être cher.
La marche de trois heures a avancé lentement dans
les rues du
centre-ville et des fleurs ont été déposées
aux endroits où des femmes
avaient été assassinées ou enlevées,
jusqu'au totem du parc Oppenheimer
où des centaines de chandelles ont été
allumées. Les participants se
sont ensuite rendus au Centre communautaire japonais où il y a
eu
discours,
repas, tambours et danses.
Prince-George
« Pour ne pas oublier, marchons avec toutes
nos grands-mères, mères,
tantes, soeurs, filles et amies de nos communautés dans nos
coeurs. »
Tel fut l'appel lancé aux femmes, jeunes, enfants et hommes pour
qu'ils
participent à la Marche commémorative des femmes à
Prince George afin
de commémorer les femmes et enfants
disparus et assassinés partout au Canada ainsi que toutes les
femmes et
les enfants victimes de violence.
Les participants ont
transporté des pancartes dénonçant Harper pour
son commentaire méprisant à l'effet que les femmes
disparues et
assassinées n'étaient pas sur son
« radar ». Ainsi fut
réitérée la
demande qu'une Enquête publique soit tenue afin que les
recommandations
de la Conférence de la Route des pleurs soient
réalisées.
Les manifestantes ont aussi exigé qu'action soit prise pour que
cessent
sans plus tarder les atrocités dont sont victimes les femmes
autochtones, leurs enfants et leurs familles.
Suite à l'accueil à tous sur le territoire
traditionnel du Lheidli
T'enneh, des commentaires initiaux ont été faits par les
organisateurs
de la marche représentant l'Union des étudiants du
collège de la
Nouvelle-Calédonie et par le Chef Terry Tegee du Conseil de
bande
Carrier Sekani. Des musiciens ont dirigé la marche, accompagnant
de
battements de tambours le chant de la Guerrière, et la centaine
de
participants ont marché dans le centre-ville de Prince-George.
Courtenay
 
Plus de cent personnes se sont rassemblées au
parc Simms à Courtenay
le 14 février pour une « Marche commémorative
pour nos soeurs qui nous
ont été volées ». La musique et la
danse des membres de la Première
Nation K'omoks ont ouvert la marche et l'organisatrice de la marche a
expliqué les débuts de cette action
commémorative annuelle et comment de jeunes femmes et des
enfants
avaient participé à fabriquer les banderoles et les
silhouettes rouges
des femmes autochtones disparues qui avaient fait partie de la
communauté locale.
L'oratrice ainsi qu'une femme par la voix de sa
poésie ont mis en
lumière la nécessité pour tous de s'opposer
à la violence contre les
femmes des Premières Nations. Elles ont fait valoir qu'il
s'agissait
d'une lutte contre l'histoire coloniale qui traite des Premières
Nations comme d'un peuple conquis. Elle a affirmé :
« Nous n'avons
pas été conquises et nous ne le serons
jamais. »
La marche a suivi la piste qui fait le tour du parc
Simms jusqu'au
pont Fifth Bridge à la périphérie du centre-ville
de Courtenay, pour
ensuite retourner au parc où tous ont participé aux
battements de
tambours et à la danse.
Edmonton

Saskatoon
Winnipeg
London

Toronto

À Toronto plusieurs centaines de personnes ont
participé à la 10e
cérémonie annuelle des fraises tenue à
l'extérieur du quartier général
de la police de Toronto. Le choix de cet endroit est pour souligner que
les gouvernements et leurs forces policières ont la
responsabilité
d'agir pour mettre fin à la violence. La
cérémonie, organisée avec
la participation large d'autochtones, d'étudiants et
d'organisations
pour la justice sociale, a été suivie par une marche et
un repas.
Montréal
Affrontant un froid glacial, plusieurs centaines de
personnes se
sont rassemblées à Cabot Square dans l'ouest de
Montréal pour la marche
commémorative. Les orateurs ainsi que les pancartes ont fait
valoir que
le gouvernement Harper avait manqué à ses
responsabilités de faire enquête et de prendre des mesures
pour mettre fin aux
disparitions et aux meurtres des femmes et des filles autochtones,
faisant aussi valoir que le Canada refusait de régler les
comptes avec
son histoire de violence coloniale et d'abus envers les femmes en
général.
La marche s'est terminée au square Phillips
où des
centaines d'étoiles
portant le nom des femmes disparues ont été
déposées dans la neige.
Quarante-six des femmes disparues sont du Québec.
(Photos : TML,
PMLQ, E. Galen, L. Oikawa, D. Radmore, B. Brault, J.
Akerman, T. Jackson, M. Nakehko, D. Dozlaw, L. Clements, M. Ikore, J.
Mathieson, M. Donly, Justice for Lacey, Anonymous, Les Indignants, J.
Yu, A. Pike, U. Txa)

Dans l'actualité
Venezuela
Une tentative avortée de coup d'État est
exposée
Célébration
du Jour de la jeunesse vénézuélienne le 12
février 2015
Le gouvernement vénézuélien a
récemment exposé une autre tentative avortée de
coup d'État par les forces de l'opposition. Cette tentative de
renverser le gouvernement démocratiquement élu du
Venezuela fait partie des plans des impérialistes
américains de s'imposer aux peuples de l'Amérique latine
et des Caraïbes. L'intrigue implique les
membres du corps diplomatique des États-Unis et du Royaume-Uni
au Venezuela, et le Canada a également été
impliqué dans le complot par la participation
présumée de la GRC.
Le 12 février, lors du premier anniversaire de la
campagne violente de l'opposition, le gouvernement
vénézuélien a révélé qu'il
avait déjoué une tentative de coup d'État
prévu pour ce jour-là. TeleSUR écrit :
« Les comploteurs avaient prévu de renverser le
gouvernement élu du président Nicolás Maduro par
une campagne de
violence, y compris des massacres et des bombardements tactiques de
sites stratégiques à Caracas. Lorsque la poussière
se serait dissipée, les putschistes se seraient attendus
à ce que les principaux responsables gouvernementaux, y compris
Maduro, soient morts, le pays alors solidement sous leur
contrôle. » Le plan comprenait le
bombardement du palais de Miraflores et des bureaux de TeleSUR à
Caracas, ainsi que l'assassinat du président Nicolas Maduro et
d'autres personnes.
Lors d'un discours
télévisé le 12
février, le président Maduro a déclaré que
des civils et des membres des forces armées avaient
été arrêtés. Ceux qui sont impliqués
avaient été payés en dollars américains et
un
des suspects avait obtenu un visa pour entrer aux États-Unis
advenant l'échec du complot. Il a expliqué que les
putschistes avaient prévu un
gouvernement et un programme de transition. Maduro a ajouté
qu'un vidéo montrant des militaires masqués se
déclarant contre le gouvernement avait été
enregistré et devait être diffusé, à partir
du Venezuela ou de Miami, une fois que les assassinats planifiés
seraient accomplis.
TeleSUR rapporte que le plan en quatre étapes
incluait créer une guerre économique contre le Venezuela,
générer un débat international autour d'une
supposée crise humanitaire, un coup d'État politique
comprenant des fonctionnaires qui se révoltent contre le
gouvernement et enfin un coup d'État militaire qui conduirait
à la mise en oeuvre du
programme de transition. Le jour précédent celui
où le coup d'État devait avoir lieu, les dirigeants de
l'opposition Leopoldo López, María Corina Machado et
Antonio Ledezma ont publié un « plan de
transition » qui a appelé à la privatisation
de l'industrie pétrolière du pays, la
déréglementation de l'économie et des accords avec
les
institutions financières internationales, y compris le Fonds
monétaire international.
Maduro a déclaré que le complot a
été déjoué après que des
responsables militaires qui avaient été pressentis pour y
participer ont rapporté aux autorités ce qui se tramait.
Maduro a appelé le peuple vénézuélien
à demeurer vigilant et prêt à maintenir la paix
dans le pays face aux tentatives répétées par les
secteurs de la droite qui cherchent à
renverser le gouvernement démocratiquement élu.
En ce qui concerne la position des forces armées,
le ministre vénézuélien de la Défense
Vladimir Padrino López a tenu une conférence de presse
dans l'après-midi du 13 février durant laquelle il s'est
engagé à demeurer loyal envers le gouvernement
démocratiquement élu du président Maduro.
« Les Forces armées réitèrent leur
soutien et
leur fidélité au président Nicolás Maduro
Moros et réaffirment leur engagement envers l'édification
et la volonté du peuple, ainsi qu'envers les plans
d'édification du socialisme pour le pays, a
déclaré Padrino Lopez. À la lumière de
cette situation, les forces armées continuent d'être unies
et rejettent tout acte de barbarie ... un pays ne se construit
pas sur la violence. » Il a souligné que le coup
d'État a été contrecarré
précisément à cause de la loyauté et
l'intégrité des fonctionnaires du pays et que ceux qui
sont impliqués dans la tentative de coup d'État font
partie d'un très petit groupe et ne représentent pas les
Forces armées du Venezuela.
Le 13 février, le président de
l'Assemblée nationale du Venezuela, Diosdado Cabello, a fourni
des informations sur l'intrigue. Il a dit qu'un membre de la
Gendarmerie royale du Canada et un membre du corps diplomatique du
Royaume-Uni au Venezuela étaient impliqués, y compris par
la recherche d'informations sur la capacité de l'aéroport
en cas d'urgence. Cabello a également souligné que le
président américain Barack Obama a déclaré
que « le leadership américain signifie parfois tordre
le bras des États qui ne font pas ce que nous leur demandons de
faire. » C'est en accord avec la Stratégie 2015 de
sécurité nationale des États-Unis (NSS). Entre
autres choses, la NSS
présente les États-Unis comme le principal
défenseur de la démocratie et préconise la menace
et l'utilisation de la force comme partie intégrante de la
diplomatie américaine dans laquelle elle cible le Venezuela, en
déclarant : « [Nous] appuyons les citoyens de
pays où le plein exercice de la démocratie est en
danger, comme le
Venezuela ».
Les autorités vénézuéliennes
ont identifié une liste de personnes de l'ambassade
américaine à Caracas qui ont fourni des visas aux
personnes impliquées dans la tentative. L'émission de ces
documents pour accorder l'asile politique à ceux qui sont
impliqués dans le coup d'État était
déjà en cours dans le cas où le complot
échouait.
Le Marxiste-Léniniste condamne
vigoureusement les plans terroristes soutenus par les États-Unis
contre le Venezuela et la tentative par tous ceux impliqués dans
ce complot de forcer un changement de régime et de compromettre
la souveraineté du peuple vénézuélien.
Comme dans les dernières tentatives de coup d'État, le
silence
du gouvernement canadien est très révélateur. Le
gouvernement Harper prétend qu'il s'oppose au terrorisme, mais
il est sans scrupules car il n'a pas dit un mot sur les récents
événements au Venezuela.

D'autres indications du sale boulot
du Canada au
Venezuela
Manifestation à
Ottawa le 20 février 2014 contre l'ingérence du Canada
et des États-Unis au Venezuela
Le 13 février, lors de la déclaration
à la télévision sur le coup d'État
déjoué contre le gouvernement bolivarien du Venezuela, le
président de l'Assemblée nationale Diosdado Cabello a
fait référence à l'existence d'une filière
canadienne. Le président Nicolas Maduro a affirmé que le
coup d'État avorté a été organisé et
financé par le
gouvernement des États-Unis.
Cabello a déclaré qu'un membre de la GRC
rattaché à l'ambassade du Canada, qui a été
identifié comme étant Nancy Birbek, ainsi qu'un autre
fonctionnaire de l'ambassade, ont plus tôt durant la semaine
enquêté sur les installations de l'aéroport de
Valence et ont voulu connaître la capacité de
l'aéroport à gérer « des cas
particuliers ». Il a dit que la fonctionnaire a agi en
dehors de sa zone de responsabilité et s'est demandé
à haute voix à quelle éventualité
l'ambassade aurait pu se préparer.
Le 15 février, trois tweets laconiques sont
apparus sur le compte Twitter de l'ambassade du Canada pour rejeter les
allégations de Cabello comme étant fausses et affirmer
que l'ambassade avait informé d'avance le gouvernement au sujet
du « voyage à Valence » dans une lettre,
affirmant que cela comprenait la planification d'un
plan d'urgence pour aider les citoyens canadiens, comme cela se fait
dans n'importe quel pays.
Que ce soit le cas ou pas que les fonctionnaires de
l'ambassade du Canada fassent partie de la planification du coup
d'État, ce n'est pas la première fois que des
soupçons sont soulevés sur le rôle que joue le
Canada dans ce pays, surtout depuis l'arrivée de l'ambassadeur
Ben Rowswell en mars de l'année dernière. Moins de deux
semaines
avant le coup d'État soit démasqué, Cabello a
demandé lors de son émission de télévision
hebdomadaire Con el Mazo Dando à quoi l'ambassade du
Canada et son ambassadeur se sont adonnés en s'ingérant
dans les affaires internes du Venezuela. Ses commentaires font
référence au fait que l'ambassadeur ait été
le co-hôte d'une remise
de prix à sa résidence à la fin de janvier
à laquelle un certain nombre de personnes et d'organisations ont
été honorées pour leur travail à
« la défense des droits de l'homme » au
Venezuela. Dans la plupart des cas, les ONG qui ont été
honorées pour leur travail sur les droits de l'homme
présentent le gouvernement bolivarien de
manière négative.
Le lauréat du « Prix des droits de
l'homme » de l'ambassade avait droit à un voyage
toutes dépenses payées pour rencontrer « les
autorités et les organisations des droits de
l'homme » au Canada ainsi qu'une visite des villes
vénézuéliennes afin de partager son
expérience. Encore plus révélatrice est la
présence, parmi
les invités à l'événement sur les droits de
l'homme tenu par l'ambassade, de la femme de Leopoldo Lopez, la figure
de proue de l'opposition de droite actuellement emprisonné et
jugé pour son rôle dans l'organisation des barricades et
des manifestations de rue violentes antigouvernementales l'année
dernière visant à destituer le président Maduro
par des moyens inconstitutionnels. Le plan a lamentablement
échoué mais il a causé la mort de 43 personnes
ainsi que des centaines de blessés et des dommages
matériels répandus.
Et il y a plus. En juillet, le journaliste
respecté et ancien vice-président du Venezuela
José Vicente Rangel a déclaré lors de son
émission de télévision hebdomadaire que
l'ambassade canadienne semblait se livrer à des activités
« étranges » contre le gouvernement
constitutionnel du Venezuela. Rangel a cité des rapports de
membres
d'une agence de renseignement bien connue spécialisée
dans les activités de déstabilisation, qui ont
été amenés au Venezuela par le biais de la mission
diplomatique du Canada. Comme on pouvait s'y attendre, l'ambassade a
nié qu'il y avait quelque vérité à ces
allégations.
Bien qu'il soit en poste depuis presqu'un an, Rowswell
demeure l'ambassadeur désigné du Canada au Venezuela,
puisqu'il n'a pas été accrédité par le
gouvernement bolivarien.
Notes
Qui est Ben Rowswell ?
Ben Rowswell a été officiellement
nommé ambassadeur au Venezuela le 28 février 2014 peu de
temps après le début dans le pays des manifestations
dirigées par l'opposition et que des rapports concernant des
manifestants tués par les autorités
vénézuéliennes aient commencé à
circuler. Sa mission précédente a été celle
de Directeur des États
du Golfe et la Division du commerce régional des Affaires
étrangères. Il parle farsi, arabe, espagnol,
français et anglais.
Décrit en 2010 par le Toronto Star
comme « une étoile montante du service des affaires
extérieures », il a également
été désigné comme « le diplomate
de combat » du Canada en raison de son travail dans les
zones de guerre/conflit.
Ses récents projets sont décrits dans son
profil sur Linked In :
Cloud to Street (de mars 2011 à août
2011)
Un projet de recherche pour mettre en lien les militants
de la démocratie de la place Tahrir avec le soutien
technologique de Silicon Valley par le biais du développement de
logiciels pour satisfaire les besoins des militants suite à une
série de piratages, produisent souvent une plateforme en langue
arabe d'externalisation ouverte
(« crowdsourcing ») afin de générer
un consensus sur la protection des droits de l'homme dans le contexte
de la nouvelle constitution égyptienne.
Initiative de la diplomatie directe (de
décembre 2012 à aujourd'hui)
Une campagne visant à utiliser une
combinaison de communications directes et en ligne pour engager les
citoyens de pays étrangers directement dans la poursuite des
objectifs de la politique étrangère du Canada.
Autres informations biographiques
Études universitaires
Relations internationales de School of Foreign Service
de l'Université de Georgetown (1993) et à Oxford (2000)
Expérience/assignation
1993 - Entrepreneur auprès des Nations unies en
Somalie pendant la guerre civile du pays.
1995-98 - A travaillé auprès de la section
politique de l'ambassade canadienne au Caire.
2003-2005 - Chargé d'affaires canadien en Irak
2003-04 - Associé principal au Centre
d'études stratégiques et internationales, Washington, DC
travaillant sur les questions de sécurité
intérieure en Irak. A travaillé pour l'Institut national
démocratique en Irak
2008-09 - Sous-chef de la mission canadienne à
Kaboul
2010 - A dirigé une équipe de
reconstruction en province de plus de 100 diplomates, travailleurs
humanitaires, policiers civils et agents correctionnels
américains et canadiens en partenariat avec les Forces
canadiennes à Kandahar
2010-11- Chercheur invité au Centre universitaire
de Stanford sur la démocratie, le Développement et
l'État de droit ; fondateur de l'Unité de la
démocratie du MAECI ; conseiller auprès du Conseil
privé ; a travaillé auprès de la Mission
permanente à l'ONU ; premier récipiendaire du Prix
Palmer pour les diplomates
octroyés par la Communauté des démocraties, une
organisation de promotion de la démocratie américaine qui
reçoit du financement de Freedom House, Open Society Institute
de George Soros et du National Endowment for Democracy, entre autres.
Le prix est nommé en honneur de l'ambassadeur américain
Mark Palmer qui a travaillé en Hongrie
durant « la transition vers la
démocratie » du pays.
Embassy Magazine a décrit dans son
édition de mars 2014 l'affectation de Ben Rowswell au Venezuela
comme suit : « M. Rowswell est un des plus grands
praticiens de la diplomatie numérique du Canada : il a
supervisé un projet pilote l'an dernier sur la diplomatie
directe pour le ministère des Affaires
étrangères, du Commerce et du Développement
où il a aidé à établir une plateforme de
communication pour les Iraniens et les émigrés iraniens
afin de communiquer entre eux et parfois avec le gouvernement canadien,
hors d'atteinte des censeurs de ce pays.
Lors d'une entrevue téléphonique, il a
déclaré qu'il a commencé à promouvoir
l'utilisation par le gouvernement de la diplomatie numérique
après une année sabbatique passée à
l'Université Stanford de 2010 à 2011, au cours de
laquelle il a étudié la façon dont les militants
ont utilisé les médias numériques pour influencer
un changement
politique.
« Ses compétences en médias
numériques vont l'aider à recueillir des informations
cruciales sur la situation politique au Venezuela sans compter sur les
médias traditionnels. »
« Nous voulons savoir ce qui se passe au
Venezuela et parce que l'essentiel du débat politique et de la
discussion politique, et franchement juste les nouvelles brutes
provenant du Venezuela, se passent sur les médias sociaux, nous
devons aussi être présents sur les médias
sociaux », a-t-il dit.
« Il est important d'avoir une très
bonne mise à jour politique fiable » dans un pays en
crise, a déclaré John Graham, un ancien ambassadeur au
Venezuela, dans un entretien téléphonique. Des relations
bilatérales froides signifient qu'il « est hautement
improbable que [M. Rowswell] soit en mesure d'exercer une influence sur
la situation » par la diplomatie traditionnelle, a
déclaré M. Graham.
L'expérience de M. Rowswell à mobiliser la
population iranienne par la diplomatie directe pourrait être un
signe de la stratégie du gouvernement pour ce pays, a
déclaré David Carment, un chercheur auprès de
l'Institut canadien de la défense et des affaires
étrangères et professeur des relations internationales
à l'Université Carleton, dans un
entretien téléphonique.
« Le gouvernement Harper agit très
délibérément et de façon spécifique
pour ce qui est des endroits où il veut faire des
percées », a-t-il dit, notant les liens
étroits entre les gouvernements vénézuélien
et iranien à l'époque des anciens dirigeants Hugo Chavez
et Mahmoud Ahmadinejad.
Une délégation iranienne s'est rendue au
Venezuela et à Cuba cette semaine et a exprimé son appui
au gouvernement de Nicolás Maduro, rapportent les agences de
presse iraniennes Tasnim et Press TV. Le gouvernement
fédéral du Canada estime qu'il a un intérêt
à saper le gouvernement vénézuélien, a dit
M. Carment, qu'il considère comme
hostile à ses intérêts.
« Ce que je dis, c'est que la raison pour
laquelle le Venezuela serait un choix pour ce gouvernement, par
opposition à une myriade d'autres pays que vous pourriez
choisir, est son lien [avec l'Iran] », a
déclaré M. Carment.
Ana Carolina Rodriguez, la chef de mission à
l'ambassade du Venezuela à Ottawa, a déclaré dans
une entrevue qu'il ne serait pas convenable pour M. Rowswell ou
elle-même d'encourager la population du pays hôte à
dénoncer ou à se révolter contre le gouvernement.
M. Rowswell a dit qu'il ne lui a pas été
demandé d'entreprendre ce genre de diplomatie directe qu'il a
pratiquée avec la population iranienne, n'entretenant aucun lien
avec le gouvernement, mais de « comprendre toute la
diversité des points de vue » et prendre contact avec
tous les acteurs politiques.
Le gouvernement du Canada augmente partout son
utilisation de la diplomatie numérique, dit-il, et la nature
bidirectionnelle de la communication par le biais des médias
numériques signifie qu'il ne peut rester muet sur les questions
qui l'interpellent à exprimer une opinion.
Il ne va utiliser les médias numériques
que
pour « complémenter » les tactiques plus
traditionnelles de la diplomatie, a-t-il dit.
Il a dit qu'il n'a pas encore une compréhension
claire de la relation entre le Venezuela et l'Iran, ajoutant :
« Je dois juste garder un oeil ouvert. »
À lire au sujet de la diplomatie
numérique du Canada :
Le nouvel
instrument de subversion du gouvernement
Harper
Les
négociations sur le programme
nucléaire de l'Iran et le projet de « diplomatie
numérique »

Le Canada incite à un faux débat
sur les
droits humains
Le Canada a contribué aux tentatives de coups
d'État en assumant le rôle de fomentateur de débats
internationaux sur une prétendue crise humanitaire au Venezuela.
Cela se fait par des canaux officiels comme le sous-comité
parlementaire des droits internationaux de la personne et les
activités subversives de certains députés. Il y a
entre autres
le député libéral Irwin Cotler qui fut un
participant bien en vue du forum du 4 février à
l'Université McGill sous le thème : « Le
Venezuela en crise : le déclin de la démocratie et
la répression des droits humains ».
Étaient également présents au forum
de McGill des parents et associés politiques de Leopoldo Lopez,
fondateur et dirigeant du Parti de droite Voluntad Popular
(Volonté populaire), aujourd'hui emprisonné pour avoir
incité à la violence causant la mort de 43 personnes en
2014. Lopez était également impliqué dans
l'enlèvement et la détention
du ministre de l'Intérieur suite à l'échec de la
tentative de coup d'État contre le président Hugo Chavez
en 2002.
Le 5 février, ces mêmes personnes ont
comparu devant le sous-comité parlementaire des droits
internationaux de la personne, soit : Diana Lopez, soeur de
Leopoldo Lopez ; Orlando Viera-Blanco, procureur de
l'ex-députée de l'assemblée nationale Maria Corina
Machado, alignée sur les États-Unis ; et Carlos
Vecchio,
coordonnateur du Voluntad Popular en l'absence de son chef. Vecchio a
fui le Venezuela en 2014 parce qu'il fait l'objet d'un mandat
d'arrestation pour s'être livré au même genre
d'activités que Lopez. Il a dit au sous-comité qu'il est
venu au Canada parce qu'il ne « peut pas parler
librement » dans son pays, omettant toutefois de dire
que la plupart des médias au Venezuela sont entre les mains de
grandes entreprises privées opposées au gouvernement. Il
a dit que son parti lui a conseillé de quitter le pays et de
jouer « un rôle international » dans
l'effort pour saper le gouvernement élu du Venezuela.
Le sous-comité n'a invité aucun
représentant du Venezuela ni aucun des autres partis politiques
ou organisations pour contredire toutes ces accusations que se sont
empressés de gober les députés présents.
Parmi ceux-ci il y a le libéral Irwin Cotler, le conservateur
David Sweet et le néodémocrate Wayne Marston. Marston a
laissé entendre que
les manifestations au Canada ne sont pas l'objet de répression
policière. « M. Vecchio, a-t-il dit, en 1996
j'étais à la tête d'une manifestation au Canada et
c'était la plus grande manifestation civile, de 100 000
personnes. Et je n'avais pas à me soucier de la police du
tout. »
Le conservateur Sweet a proposé que le
sous-comité envoie une lettre au ministre des Affaires
étrangères et au premier ministre pour
« enquêter l'approche américaine sur les
sanctions contre des individus au Venezuela et voir si c'est quelque
chose que le Canada pourrait faire pour envoyer un message clair que
nous sommes très
préoccupés par la situation des droits de la personne au
Venezuela ». Le comité a accepté et Cotler a
ajouté qu'il avait déjà proposé de le faire
lors du forum du 4 février à McGill.

Un avocat canadien et député
libéral préconise l'opposition violente
Le député libéral Irwin Cotler se
dit un avocat des droits internationaux de la personne. Il est
présentement engagé dans la campagne pour la
libération du chef de l'opposition réactionnaire au
Venezuela Leopoldo Lopez, qui fait face à des accusations
relatives à son rôle dans l'incitation à des
protestations violentes et à des dommages à la
propriété l'année dernière qui ont fait 43
morts et des centaines de blessés.
Dans un communiqué affiché sur son site
Web, Cotler exhorte le Canada « à se joindre aux
États-Unis, à l'ONU, au Parlement européen, au
Vatican, et à d'autres leaders du monde entier qui ont
réclamé la libération des prisonniers politiques
vénézuéliens, ainsi que la fin de la
répression nationale et la promotion de la démocratie,
des
droits de la personne et de la primauté du droit au
Vénézuéla ».
Dans son intervention au parlement le 18 février,
Cotler a tenté de contredire les preuves que le chef de
l'opposition Leopoldo Lopez, qu'il appelle un « prisonnier
de conscience », participe depuis longtemps à des
activités visant le renforcement par la force du gouvernement
bolivarien du Venezuela, à commencer par le coup
d'État échoué contre le président Chavez en
2002. Cotler reprend plutôt les accusations sans fondement des
États-Unis et des forces réactionnaires de l'opposition
au Venezuela que le président Nicolas Maduro et le gouvernement
bolivarien violent les droits de la personne alors que Lopez et
d'autres représentants de cette opposition ne sont que des
« manifestants pacifiques ».
Cotler a dit : « Monsieur le
Président, il y a un an aujourd'hui avait lieu l'arrestation de
Leopoldo López, chef de l'opposition au Venezuela, dans la
foulée de la répression de manifestations pacifiques, qui
a entraîné la mort de 43 personnes et la détention
de 3 000 personnes, dont un grand nombre de prisonniers
politiques. » Il donne l'impression que les victimes sont
mortes à cause de répression policière alors qu'en
réalité la moitié des victimes étaient des
supporters du gouvernement, des membres du personnel de
sécurité et membres du public.
Selon Fairness and Accuracy in Reporting,
cité dans un article de TeleSUR publié sous le titre
« Douze choses que les médias n'ont pas
dites »,
« la présence de barricades semble être la
cause la plus probable des décès : des individus ont
été tués alors qu'ils tentaient de retirer les
barricades de
l'opposition, des accidents de voiture causés par la
présence de barricades et plusieurs incidents attribués
au fait que l'opposition a déployé des fils de lames dans
les rues près des barricades. »
Irwin Cotler est un habitué de la
déformation des faits. Il qualifie chacune des tueries
d'Israël à Gaza de « légitime
défense » et tient « la guerre terroriste
du Hamas contre Israël » responsable de toutes les
horreurs infligées par Israël aux Palestiniens. Il a
soutenu l'usage de la force dans d'autres circonstances
également. Par exemple, l'automne dernier il fut le seul
député à s'abstenir et le seul libéral
à ne pas suivre le chef du Parti qui a voté contre la
motion d'envoyer des avions de combat CF-18 combattre en Irak. Il a
préconisé des frappes aériennes contre la Syrie et
dénoncé le gouvernement Harper quand il a dit qu'il ne
bombarderait des cibles en
Syrie que si le gouvernement de ce pays le demandait. Cotler est un
grand défenseur de la doctrine impérialiste de la
« responsabilité de protéger » qui
se sert des « droits de la personne » comme
prétexte pour violer la souveraineté de pays
étrangers et commettre l'agression contre eux.
Il n'est donc pas surprenant qu'il décide de
s'immiscer dans les affaires du Venezuela et de virer la
vérité à l'envers là aussi. Le 4
décembre, Cotler a réussi à inclure Leopoldo Lopez
sur la liste de « prisonniers de conscience »
lors d'une conférence parlementaire à l'occasion du
premier anniversaire de la mort de Nelson
Mandela.
Cela faisait suite à la comparution de Lilian
Tintori, l'épouse et porte-parole de Lopez, devant le
sous-comité parlementaire sur les droits internationaux de la
personne en novembre dernier pour parler de la
« dictature » et de
l'« oppression » au Venezuela. Le comité a
adopté à l'unanimité une résolution
condamnant
« la détention arbitraire et illégale de M.
Lopez et la violation de ses libertés et de son droit
fondamental à un procès équitable tel que garanti
par le droit international et la constitution du Venezuela.
Au forum organisé à l'Université
McGill le 4 février, Carlos Vecchio, coordonnateur national du
Parti Volonté populaire de Lopez, a présenté Irwin
Cotler comme un « avocat de Mandela ». Cotler
aurait été un des avocats plaidant la cause de Nelson
Mandela au Canada. Il prétend qu'à la suite d'un voyage
en Afrique du Sud dans
le cadre de la campagne pour réclamer la libération de
l'espion américain et sioniste endurci Natan Sharansky, les
avocats de Mandela lui ont demandé de faire la même chose
pour Nelson Mandela.
Dans un article du 7 décembre 2013 paru dans le National
Post, Cotler écrit : « Lorsque les avocats
de Mandela m'ont demandé d'être son avocat au Canada, et
de faire campagne pour lui comme je l'avais fait pour Sharansky, j'ai
été heureux d'accepter.
« À mon retour au Canada, j'ai
intensifié ma campagne contre l'apartheid, entre autres en
participant au lancement d'une grande initiative anti-apartheid avec le
Conseil canadien des Églises, le Congrès du travail du
Canada, le World Federalists of Canada, Amnesty International et
d'autres. »
Or, TeleSUR rapporte avoir été
informé le 5 février par l'ambassadeur de la
République de l'Afrique du Sud au Venezuela, Pandit Thaninga
Shope-Linney, qu'« Irwin Cotler n'était pas l'avocat
de Nelson Mandela et ne représente le gouvernement ou le peuple
d'Afrique du Sud d'aucune manière. »

Beaucoup de pays et organisations dénoncent
les
sanctions américaines
L'Uruguay qui assure la présidence de l'Union des
nations sud-américaines (UNASUR), va prochainement convoquer
les douze ministres des Affaires étrangères du bloc pour
appuyer le Venezuela en raison de menaces de sanctions
américaines, rapporte Prensa Latina.
La demande a été faite avant la tenue
récente, à Montevideo, Uruguay, d'une réunion du
Comité de l'UNASUR des ministres des Affaires
étrangères et de son secrétaire
général Ernesto Samper.
Les ministres des Affaires étrangères du
Brésil, Mauro Vieira, et de l'Équateur, Ricardo
Patiño, ont été informés de la situation
par leur homologue vénézuélienne, Delcy Rodriguez,
et par Samper qui revenait d'une rencontre avec le président
vénézuélien Nicolás Maduro.
Après la réunion, Patiño a
annoncé que le Comité a décidé de demander
au ministre uruguayen des Affaires étrangères Luis
Almagro, en tant que président pro tempore de
l'UNASUR, de convoquer une réunion sur la question, mais a dit
qu'il ne pouvait pas encore fixer de date.
Il a également été convenu
d'entrevoir l'ouverture de canaux de communication directs entre les
gouvernements des États-Unis et du Venezuela pour éviter
les sanctions unilatérales américaines annoncées
contre Caracas.
La chancelière du Venezuela, Delcy Rodriguez, qui
a rencontré plus tard le président José Mujica et
le ministre des Affaires étrangères Almagro, a
souligné qu'au cours de la réunion, les parties ont
parlé de l'impact éventuel que peut avoir
l'ingérence des États-Unis dans la région.
Elle s'est dite alarmée et
préoccupée par les déclarations des responsables
américains qui « donnent pratiquement le feu vert aux
secteurs violents de l'opposition au Venezuela de poursuivre leurs
aventures ».
Après la rencontre avec Mujica, Almagro a
annoncé que le président a rejeté les mesures
américaines et a dit qu'elles « ne constituent pas un
instrument valable ou en vertu du droit international et n'ont jamais
servi à renforcer les positions des peuples ».
Par ailleurs, l'Alliance bolivarienne des peuples de nos
Amériques (ALBA) a publié un communiqué
spécial contre l'agression des États-Unis contre la
révolution bolivarienne. Le voici :
Communiqué spécial de l'ALBA-TCP
Les peuples et les gouvernements de l'Alliance
bolivarienne des peuples de nos Amériques — traité sur le
commerce entre les peuples (ALBA-TCP) expriment de nouveau fermement et
fortement leur rejet de l'imposition de mesures unilatérales par
le gouvernement des États-Unis au peuple et
au gouvernement du Venezuela.
Les pays membres de l'ALBA-TCP reconnaissent les efforts
remarquables du gouvernement vénézuélien pour
améliorer les relations diplomatiques avec les États-Unis
dans le cadre du respect mutuel exprimé dans la demande
formulée par le président Nicolas Maduro à l'Union
des nations sud-américaines (UNASUR) et à son
secrétaire général
Ernesto Samper, de sorte qu'ils permettent de favoriser un processus
orienté vers une approche qui facilite un dialogue constructif
avec le gouvernement des États-Unis.
La mise en oeuvre de sanctions unilatérales par
le gouvernement des États-Unis contre des fonctionnaires
vénézuéliens représenterait un affront
à la volonté démocratique du peuple
vénézuélien exprimée par le biais
d'innombrables processus électoraux et représentée
par son leadership politique et de son cadre institutionnel
légitimes. En outre,
cette nouvelle agression commise par le gouvernement des
États-Unis est en contradiction avec les déclarations du
président Barack Obama sur l'échec de mesures
unilatérales sous forme de pressions économiques,
financières et politiques qui sont caractéristiques de
l'histoire impériale des États-Unis.
Les pays membres de l'ALBA-TCP rejettent fermement tous
les types de mesures coercitives contre le gouvernement
vénézuélien par le gouvernement des
États-Unis, dont le but évident est de détruire le
processus de transformation socio-politique de la société
vénézuélienne en conformité avec ses
principes souverains et démocratiques. Ces
nouvelles sanctions contre le gouvernement et le peuple
vénézuéliens, au nom des droits de l'homme,
dissimulent les véritables intentions de déstabiliser le
gouvernement bolivarien pour provoquer son renversement, ou de changer
son régime politique souverainement choisi par son peuple.
Les pays membres de l'ALBA-TCP reconnaissent la
Constitution de la République bolivarienne du Venezuela comme un
instrument moderne au niveau international en termes de
sécurité et de défense des droits humains. En
outre, les pays susmentionnés exhortent la communauté
internationale, en particulier les pays d'Amérique latine et des
Caraïbes, à se joindre au rejet des mesures
interventionnistes du gouvernement des États-Unis, qui violent
les principes du droit international, la souveraineté des pays
et l'autodétermination des peuples.
Enfin, les pays membres de l'ALBA-TCP expriment leur
confiance envers l'immense dignité et capacité de
résistance du peuple et du gouvernement
vénézuéliens et offrent leurs meilleurs efforts
pour promouvoir un dialogue constructif sur un pied
d'égalité entre la République bolivarienne du
Venezuela et les États-Unis d'Amérique.
Le Mouvement des pays non-alignés rejette les
sanctions américaines
contre le Venezuela comme une intervention
étrangère
Selon les nouvelles, le 7 février le Mouvement
des non-alignés (NAM), composé de 120 pays, a
publié une déclaration rejetant les dernières
sanctions américaines contre les fonctionnaires
vénézuéliens au
nom de la défense des droits de l'homme et de la
démocratie au Venezuela.
Ce qui suit est le texte du communiqué :
« Le Bureau de coordination du Mouvement des
pays non alignés rejette catégoriquement la
récente décision du gouvernement des États-Unis,
en date du 2 février 2015, d'étendre ses mesures
coercitives unilatérales contre la République
bolivarienne du Venezuela, dans le but de porter atteinte à sa
souveraineté, son indépendance politique
et son droit à l'autodétermination, en violation
flagrante du droit international, y compris les buts et principes de la
Charte des Nations unies et la Déclaration relative aux
principes du droit international touchant les relations amicales et la
coopération entre États, conformément à la
Charte des Nations unies.
« Le Bureau de coordination du Mouvement des
pays non alignés exprime sa solidarité et son soutien au
peuple et au gouvernement du Venezuela en opposition à ces
actions illégales et exhorte le gouvernement des
États-Unis à renoncer à ces mesures coercitives
illégales qui affectent l'esprit de dialogue et de bonne entente
politique
entre les deux pays. »
Expression d'appui au Venezuela à Montréal
Le 12 février, des Montréalais se sont
rencontrés au Centre culturel Simon Bolivar pour entendre une
présentation par l'ambassadeur du Venezuela au Canada.
L'événement a marqué le premier anniversaire de la
violence réactionnaire de rue
(« guarimbas ») appuyée par
les Américains et qui a causé la mort de 43 personnes et
fait 878 blessés.
L'ambassadeur Omar Wilmer Barrientos Fernández a
parlé du complot organisé par la droite
vénézuélienne avec l'aide du Département
d'État américain pour créer un climat d'anarchie
et de violence, ainsi que la nécessité de rechercher la
vérité et la justice pour les victimes. Il a
rappelé l'histoire récente du Venezuela. Le
président Hugo
Chávez a été élu en 1999 avec comme mandat
de mettre en oeuvre des réformes politiques, économiques
et sociales au profit de la majorité du peuple, a-t-il
rappelé. C'est alors que les réactionnaires ont
commencé à comploter pour renverser le gouvernement, ce
qui a donné lieu à une tentative de coup d'État en
2002. Ils persistent dans leurs
efforts pour déstabiliser le pays, a-t-il souligné,
rappelant leur refus de reconnaître les résultats de la
dernière élection présidentielle ainsi que la
guerre économique menée contre le pays par la
thésaurisation des marchandises pour provoquer une
hyperinflation. L'ambassadeur a soigneusement documenté ces
activités à l'aide de nombreuses images et
vidéos montrant l'activité terroriste.
L'ambassadeur Barrientos a conclu la réunion en
lançant l'appel à tous de s'opposer à la
désinformation faite contre le Venezuela et se joindre le 5 mars
prochain à la journée de solidarité internationale
avec le peuple du Venezuela et son ordre constitutionnel bolivarien.

Haïti
Barack Obama a mis en place une dictature en Haïti
- Ezili Danto -
Depuis le 12 janvier 2015, Michel Martelly règne
par décret sur Haïti avec le plein poids des armes des
États-Unis et de l'ONU pour consolider sa dictature. Le Conseil
de sécurité des Nations unies, présidé par
Samantha Powers, l'ambassadrice des États-Unis aux Nations
unies, s'est récemment rendu en Haïti pour légitimer
et consolider son
engagement envers Martelly malgré les objections du peuple
haïtien.
Il y a 29 ans, le 7 février 1986, Haïti a
expulsé la dictature sanguinaire de Duvalier, régime
appuyé par les États-Unis, et s'est engagée
à ne jamais plus permettre qu'une autre dictature voit le jour
chez elle.
Aujourd'hui, le 7 février 2015, des dizaines de
milliers de manifestants sont descendus dans les rues d'Haïti pour
souligner cet anniversaire et cet engagement et pour boycotter et
mettre fin non pas à une autre dictature haïtienne
appuyée par les États-Unis mais, pis encore, à une
dictature mise en place par les États-Unis et l'occupation
militaire
d'Haïti depuis 11 ans.
En effet, depuis 11 ans les Haïtiens outrés
de la dictature et de l'occupation ont, par vagues, envahi les rues
pour exiger que cesse l'occupation par les États-Unis et l'ONU
sous couverture d'une fausse bienveillance d'organisations non
gouvernementales. Depuis la tenue des élections
trafiquées de 2010, les manifestants exigent le retrait du
gouvernement fantoche de Martelly. À la veille des fêtes
carnavalesques, ce mois de février sera à nouveau un mois
de manifestations contre la dictature et contre la corruption. Plus
récemment, tandis que les prix du pétrole sont à
la baisse et que ceux d'Haïti demeurent élevés, et
tandis que les élites continuent d'entraver les aspirations
naturelles
des Haïtiens à la souveraineté et à une
démocratie participative haïtienne, les manifestants
boycottent aussi les entreprises, et mènent des actions contre
l'augmentation du
coût de la vie, les bas salaires et les prix élevés
du pétrole.

Appel au
boycottage contre l'occupation américaine, la dictature
Martelly,
le coût de la vie le 7 février 2015
|
À chaque fois que les Haïtiens sont dans la
rue, ils peuvent s'attendre à ce que la puissante force
policière militarisée formée par les
États-Unis intervienne inévitablement avec leurs gaz
lacrymogènes, leurs tirs, et même leurs tirs mortels
contre les manifestants sans arme, comme ils l'ont fait maintes fois.
Selon les témoignages et les rapports
suite à la manifestation du 7 février, le véhicule
de police militarisé CIMO immatriculé 1-608 a ouvert le
feu une fois de plus sur les dirigeants de la manifestation, ceux-ci
n'ayant pour armes que leurs corps, leurs chants, leurs slogans, la
grâce divine et la certitude que leur invocation de la puissance
ancestrale et de l'universelle Bonté ne sera pas
en vain.
Les médias corporatistes, l'industrie des droits
humains, le complexe industriel de la Charité et autres forces
Ndoki de l'empire sont restés silencieux face à
l'occupation contractuelle d'Haïti par les États-Unis.
Selon le scénario colonial et raciste qui nous est
présenté, les pays internationaux
« aident » Haïti et n'ont aucun
intérêt
partisan. Leur fausse crédibilité est très
efficace pour obtenir financement et légitimité ainsi que
pour faciliter les vils actes et mensonges des ambassadeurs
étasuniens en Haïti, du Département d'État
des États-Unis, de l'OÉA et de l'ONU.
Les pays internationaux s'appuient entre eux. Le
Département d'État des États-Unis finance
librement et se sert de l'industrie des droits humains, comme l'ONU,
Amnistie internationale, les Partenaires de la Santé de Paul
Farmer et d'autres de la caravane de la crise, pour soutenir la
crédibilité de la tyrannie néocoloniale en
Haïti. Par exemple,
les manifestants revendiquent le retrait de la dictature Martelly, de
l'occupation d'Haïti par les États-Unis, que cesse la
suprématie blanche, les arrestations arbitraires, la corruption
et que l'ancien président Bill Clinton et sa bande rendent des
comptes pour les 10 milliards $ qu'ils ont recueillis en fonds
pour le séisme. Lorsque l'ancienne
secrétaire d'État Hillary Clinton a menacé de
retirer les visas de fonctionnaires haïtiens si Michel Martelly
n'était pas accepté à la deuxième ronde des
« élections » (bien qu'il n'avait pas les
votes lui permettant de le faire), l'industrie des droits humains n'a
absolument rien dit. Depuis 11 ans, l'industrie internationale des
droits
humains et les médias corporatistes sont demeurés
relativement muets face à l'occupation contractuelle
d'Haïti par les États-Unis, la fausse aide
étasunienne qui est en réalité du blanchiment
d'argent, les viols fréquents des enfants haïtiens par les
soldats et les tirs par l'ONU contre des manifestants pacifiques, tuant
des Haïtiens sans armes.
Lorsqu'ils soulèvent ces questions, ce n'est que pour mieux en
obscurcir la réalité, minimiser la sauvagerie
étrangère comme s'il ne s'agissait pas d'actes criminels
exigeant une enquête équitable et indépendante. La
plupart du temps, lorsque l'industrie internationale des droits humains
mentionne Haïti, c'est pour promouvoir l'occupation et la
dictature mise en place par les États-Unis.
Il semblerait qu'Amnistie internationale a fait parvenir
une lettre ouverte, mais pas pour demander à l'ONU
d'arrêter de tirer sur des manifestants sans armes, ni pour
demander à Bill Clinton pourquoi l'argent recueilli devant
servir aux personnes sans abri servait plutôt à la
construction d'hôtels de luxe. La lettre a été
adressée au nouveau
premier ministre nommé par Martelly. Amnistie cherche
vraisemblablement à influencer le nouveau premier ministre et
les organismes non gouvernementaux pour qu'ils répondent aux
besoins en logements pour les victimes du séisme en Haïti
et pour qu'ils respectent le droit des manifestants à la
contestation pacifique. Une telle préoccupation
subite est étrange, c'est le moins qu'on puisse dire, puisque
les manifestants sont dans la rue depuis des années et qu'ils
ont été seuls à exiger que les prisonniers
politiques soient libérés.
Martelly gouverne par décrets de façon
informelle depuis trois ans et, en plus d'avoir abandonné,
évincé et abusé des victimes du séisme, il
a systématiquement retiré les terres des paysans pour les
remettre à la corporatocratie. Où est la
préoccupation d'Amnistie internationale quand Martelly ne cesse
de faire de nouveaux sans-abris en Haïti en
saisissant les terres et les îles des Haïtiens au large de
la côte pour les accorder à des promoteurs de
villégiatures de luxe ? La stratégie derrière
la « Lettre ouverte » consiste à placer de
facto tout le poids d'Amnistie internationale derrière le
nouveau premier ministre. Par le fait même, Amnistie a
lancé le message aux chancelants
à l'effet que Martelly - qui gouverne formellement par
décrets et qui a été nommé
unilatéralement premier ministre, même après la
dissolution du parlement - demeure un gouvernement légitime. Les
gens dans la rue veulent que les usurpateurs partent. Mais voilà
que des pays de partout écrivent à ces mêmes
usurpateurs, reconnaissent leur
autorité, leur fournissent des armes et les accueillent dans les
coulisses du pouvoir lors de visites du Conseil de
sécurité de l'ONU. (Voir: Amnesty
International and Human Rights Watch Paid to Destabilize Eritrea; Bombshell proof! Hillary paid Amnesty International to
prepare coup d’état; Amnesty International paid to destabilize Eritrea;
The Hypocrisy of Human Rights Watch et Amnesty International in
Peru)
Après 300 ans d'être tenue en esclavage par
les Européens et 200 ans ferme de tyrannie
europo-étasunienne la maintenant dans la pauvreté, l'abus
et l'exploitation, Haïti est toujours sans haine et demeure la
nation la moins violente des Caraïbes. Elle manifeste
pacifiquement, tout en souffrant sans fin de viols, d'abus et
d'atrocités imposés par
de puissantes élites portant le visage des Samantha Power,
Barack Obama, Bill Clinton, George W. Bush, Hillary Clinton, Paul
Farmer, Amnistie internationale et des célébrités
hollywoodiennes de ce monde.
De multiples façons, les vies haïtiennes
sont chamboulées et échangées contre de l'argent,
tandis que les intimidateurs coloniaux circulent en compagnie de gens
biens qui croient fermement ne jamais être
démasqués, comme si leur impunité, leur
dégénérescence et leur profonde corruption
était la toute dernière sensation.

Manifestation contre
l'occupation d'Haïti par les
États-Unis, contre la dictature de Martelly et l'augmentation du
coût de la vie, le 7 février 2015. (M. Wilson)
Les manifestants invoquent les Ancêtres. Ils
débutent la marche en entonnant les prières
traditionnelles qui commémorent les vies et les
générations perdues avant le 7 février 1986 et la
fin de la dictature duvaliériste et pour exiger la fin de la
nouvelle dictature Martelly. Dans ces photos nous ressentons le cri
profond du peuple - vèvè
- invoquant Ogou et Danto - les énergies, la vibration et
l'essence irréductibles de la puissance à l'état
brut, de la volonté de fer, de la Mère guerrière
et du Père guerrier, des défenseurs de la justice, de la
guérison, de l'amour et de la création.
Comme leurs ancêtres avant eux, les Haïtiens
sont profondément engagés envers la liberté et la
justice. La mort n'est pas le pire destin, vivre en esclave zombie
l'est.
Dantò, manman mwen. Ogou, papa mwen : Nou se
Ginen depi Lè Marasa, Lè Mò e Lè
Mistè. San yo se san nou. Nou fè yon sèl
kò. Inyon nou ak Zansèt e TiMoun yo fè fòs
nou. Pouvwa Zansèt yo se pouvwa nou. Papa Legba, souple,
ouvrè pòt la pou yo. Ohh, mwen wè yo monte anwo,
soti Anba Dlo, monte sou tèt dlo a, rale soti lan
venn nou, kè nou. Lasous nou rive. Nou wè yo- soti lan
lamè, soti lan gròt Ayiti yo, twou wòch yo, anba
tè sakre Ayiti Toma a, lan syèl la Zansèt yo e
Timoun yo vini. Nou la. Toupatou. San yo se san nou. Pouvra yo se
pouvra nou. Se fòs Bon Dye Zansèt nou yo kap kondwi bra
nou pou nou ranpòte la viktwa.— Ezili Dantò,
Mouvement
pour libérer Haïti, le 7 février 2015
« Grenadye alaso sa ki mouri n'ap vanje
yo ! » » — Armée indigène
d'Ayiti, 1791

Colombie
Les pourparlers de paix avancent alors que les FARC
visent à devenir un mouvement politique
Le 7 février, les Forces armées
révolutionnaires de Colombie - Armée du peuple (FARC) ont
réitéré leur détermination à mettre
fin au conflit armé et à devenir un mouvement politique.
Cette affirmation a été exprimée par le membre de
la délégation de paix de l'organisation Jesus Santrich
dans le cadre d'une série de propositions qu'elle
amène à la dernière ronde de négociations.
Les pourparlers de paix entre les FARC et le
gouvernement de Colombie ont repris plus tôt ce mois-ci, les deux
parties discutant des droits des victimes du conflit. C'est le
quatrième de cinq points à l'ordre du jour à
être discuté, les parties ayant déjà conclu
une entente sur trois autres. Les pourparlers ont lieu depuis 2012.
Les FARC proposent une série de mesures qu'elles
jugent nécessaires pour garantir la fin du conflit armé
violent. Parmi elles, il y a certaines mesures à établir
immédiatement par le gouvernement colombien, telle l'application
d'un cessez-le-feu bilatéral et la suspension des projets
miniers et d'énergie qui risquent le déplacement
forcé des
gens.
Plusieurs des propositions faites par les FARC durant la
dernière ronde de négociations s'adressent aux facteurs
qui contribuent à l'existence du conflit armé dans le
pays. Les FARC appellent à la démilitarisation de la
société colombienne et une réforme en profondeur
des forces armées du pays. Spécifiquement, elles
appellent à une réduction
du budget des forces armées — à 2 % du PIB — et la
fin de la doctrine de « sécurité
nationale », qui a transformé les forces
armées du pays en un corps de contre-insurrection, au lieu de
défendre la souveraineté nationale, font-elles valoir.
Pour leur part, les FARC ont dit qu'afin d'éviter
de futures violences, elles continueraient à travailler à
mettre fin au conflit, à devenir un mouvement politique et
à participer
activement à la construction de la confiance et de la
mémoire historique pour la société, un mouvement
qui partagerait
ses expériences dans la construction de la démocratie
directe et
communautaire.
Les FARC appellent aussi à des mesures qui
garantiraient le droit à la mobilisation politique et la
contestation sociale. Dans une tentative précédente pour
mettre fin au conflit armé, des milliers d'activistes de l'Union
patriotique, un parti politique affilié aux FARC, ont
été assassinés par des groupes paramilitaires.
Afin d'éviter une répétition de ces
assassinats politiques, les FARC appellent à la création
d'une « Commission constitutionnelle permanente »
qui aurait pour tâche de défendre les droits humains et de
protéger les activistes sociaux.
Ces mesures s'ajouteraient à celles conclues par
les parties en rapport avec la Participation politique, le second point
à l'ordre du jour. Dans le cadre de cette entente le
gouvernement colombien a convenu de créer un
« Système intégré de
sécurité pour l'exercice des politiques » qui
servirait à protéger les activistes politiques.
Les FARC étendent le cessez-le-feu
unilatéral
Le 9 février, les FARC ont annoncé leur
décision d'étendre indéfiniment leur cessez-le-feu
unilatéral. Des représentants de l'organisation de masse
appelée Front large pour la paix ont présenté aux
négociations de paix entre le gouvernement colombien et les FARC
leur rapport sur la
mise en oeuvre du cessez-le-feu unilatéral par les FARC depuis
la mi-décembre 2014.
La défenseur des droits humains et dirigeante du
Front large pour la paix Piedad Cordoba a fait l'annonce au sujet du
cessez-le-feu après une rencontre de la délégation
des FARC à Cuba. La décision a aussi été
confirmée dans une déclaration lue à la presse par
Tanja Nijmeijer, combattante des FARC. Cordoba a souligné que
de multiples
rapports et sources confirment que les FARC respectent le
cessez-le-feu. Elle a aussi appelé le gouvernement colombien
à agir en conséquence et à rendre la pareille afin
de prévenir de nouvelles effusions de sang.
Le Front large pour la paix attend maintenant une
rencontre avec le président colombien Juan Manuel Santos pour
l'informer directement sur les questions soulevées lors de cette
rencontre avec les FARC et sur l'impact positif du cessez-le-feu.
Au sujet des résultats positifs du cessez-le-feu,
le président de l'Union agricole FENSUAGRO de Colombie, Eberto
Diaz, a dit qu'il n'y a pas de doute que le cessez-le-feu a
apporté un soulagement aux paysans. « Effectivement,
le conflit a diminué en intensité, et cela a permis aux
paysans de se déplacer dans les territoires, cela leur a
permis de se réunir avec leurs organisations. En
général, nous avons vu un impact positif »,
notait Diaz.
Eberto a ajouté que les zones rurales ont
été lourdement affectées par le conflit
armé, mais aussi en raison de l'abandon de longue date par
l'État de l'agriculture qui a eu un impact sur la
souveraineté alimentaire de la Colombie.
« Aujourd'hui nous importons 10 millions de tonnes de
produits alimentaires qui pourraient facilement être
produits par nos fermiers s'ils avaient l'appui de l'État et si
la guerre était terminée », a-t-il
souligné.
Pendant ce temps, le 10 février la Commission du
conflit historique a soumis un rapport de 700 pages aux
procédures à La Havane. Le rapport vise à
refléter la complexité des acteurs et les dynamiques qui
ont joué un rôle dans le conflit en Colombie, tel
l'abandon par l'État de ses responsabilités en
agriculture. Le directeur du Centre pour la
mémoire, la paix et la réconciliation a
déclaré que ce rapport « permettra à la
société colombienne de comprendre que cela n'a pas
été un conflit simplement entre des acteurs armés,
entre la guérilla et l'armée, mais qu'il y a eu aussi des
déterminants du pouvoir, de l'économique et
institutionnels ».

États-Unis
Annulation de la condamnation pour terrorisme
d'un
ancien détenu de Guantanamo
Le 18 février 2015, David Hicks, un ancien
détenu du camp de concentration et de torture américain
de Guantanamo, a gagné son appel de sa condamnation pour
terrorisme devant un tribunal militaire américain. Le Tribunal
de la Commission d'examen militaire a annulé la condamnation de
2007 de Hicks au motif que les activités pour
lesquelles il avait été accusé et condamné
ne constituaient pas un crime de guerre et donc le citoyen australien
n'aurait pas dû être jugé par un tribunal militaire.
« Il n'a rien fait qui était une violation des lois
autraliennes, internationales ou des lois américaines. C'est ce
que confirme le jugement d'aujourd'hui », a dit l'avocat de
Hicks,
Stephen Kenny. Le Pentagone a indiqué qu'il n'avait pas
l'intention de faire appel de ce jugement.
David Hicks, un citoyen australien, avait
été capturé par l'Alliance du Nord en 2001. Un
chef de guerre de l'Alliance du Nord a vendu Hicks aux forces
américaines pour 5000 $ et dit que l'Australien se battait
aux côtés d'Al-Qaïda contre les forces
américaines. Il a été parmi les premiers
prisonniers envoyés au camp de torture
américains à Guantanamo en janvier 2002 et y a
été détenu jusqu'en 2007.
En 2004, dans un
déclaration sous serment, David
Hicks a déclaré qu'il avait subi des sévices
sexuels, avait été privé de sommeil, battu,
gardé au secret près de 24 heures par jour et
drogué. Il a également déclaré qu'il avait
vu d'autres détenus être attaqués par des chiens.
En mai 2007, il a plaidé coupable devant un
tribunal militaire américain à l'accusation de soutien
matériel à une organisation terroriste. Il a toujours
maintenu que ce plaidoyer a été fait sous la contrainte,
après avoir enduré des années de torture et de
mauvais traitements aux mains des forces américaines, afin de
pouvoir être rapatrié en
Australie. Après avoir plaidé coupable, Hicks a
été transféré à la prison de Yatala
d'Adélaïde pour purger le reste de sa peine de sept ans.
Après neuf mois, les autorités australiennes ont
libéré Hicks sous conditions, et il vit actuellement
à Sydney.
Après le jugement du Tribunal de la Commission
d'examen militaire, Hicks a déclaré :
« C'est un soulagement, même si les autorités
américaines et australiennes savaient dès le premier jour
que j'étais innocent, j'ai subi cinq ans et demi de torture
physique et psychologique qui ont ruiné ma vie sans raison,
à des fins
politiques ». Il a dit qu'il allait demander
réparation au gouvernement australien pour son refus de prendre
ses responsabilités et de lui venir en aide. « Le
gouvernement australien était au courant des conditions dans
lesquelles j'étais détenu à l'époque. Il
devrait au moins payer mes frais médicaux. Je ne pense pas que
je demande
grand chose » a déclaré Hicks lors d'une
conférence de presse à Sydney le 19 février. Il
demande au gouvernement de payer ses factures de soins médicaux
dentaires, d'opérations du dos, des genoux et des coudes
à cause de blessures résultant de la torture et d'autres
sévices. « Être maintenu dans des conditions de
froid extrême, des
petites cellules pendant des années, ne pas pouvoir ni bouger ni
s'entraîner » fait que « le corps se
dégrade, même sans la torture, avec les positions
douloureuses
et les coups, a-t-il dit. Les soins médicaux suite à la
torture coûtent cher ».
Le premier ministre australien, Tony Abbott, a
nié
que le gouvernement était responsable de protéger ses
citoyens. Il a dit que le gouvernement ne ferait pas d'excuses et a
déclaré que les crimes et les violations des droits
commises à Guantanamo étaient nécessaires.
« Et je ne compte pas m'excuser pour les actions que les
gouvernements
australiens entreprennent pour protéger notre pays. Ni
maintenant, ni jamais », a-t-il dit.

David Hicks et la mort d'un système juridique
- Binoy Kampmark -
Dans les annales de l'histoire des affaires judiciaires
honteuses, celle de David Hicks, dont la condamnation pour terrorisme
vient juste d'être annulée par la Cour d'examen de la
commission militaire, se classe parmi les premières.[1] Elle est
édifiante à différents niveaux : ce qu'elle
dit au sujet de son traitement par le système juridique
américain, et ce qu'elle révèle au sujet de
l'attitude du gouvernement australien.
Les Australiens ont tendance à ou bien
diaboliser, ou bien sanctifier leurs vilains aux prises avec le
système judiciaire, à jeter un filet social autour d'eux
qui les protège ou les asphyxie. Si c'est un voleur de chevaux
irlandais cafouilleur avec des tendances meurtrières et une
tenue de combat extraordinaire, alors il est digne d'une place dans le
panthéon des héros. Le juge, collectionneur de livres et
promoteur de l'éducation, qui le condamne à mort
reçoit le traitement contraire : méprisé par
la force du folklore historique.
Dès le départ, David Hicks n'était
vraiment pas le voleur de chevaux Ned Kelly. Mais il s'est
engagé sur une voie de méfaits qui devait lui valoir des
points d'inaptitude après le 11 septembre 2001. Il est
allé au Pakistan. Il a séjourné dans des camps
d'entraînement d'Al-Qaïda en Afghanistan. Il a bu à
la coupe de la radicalisation qui allait
rendre l'Europe, l'Australie et les États-Unis si inquiets.
Dans le schéma de la politique de grande
puissance, il s'est retrouvé impliqué avec une
organisation qui n'a pas toujours eu la désignation officielle
d'organisation terroriste ; après tout, des
éléments d'Al-Qaïda, et leurs hôtes, les
talibans, avaient reçu du financement des États-Unis
pendant et après la guerre froide. Les ennemis des
talibans, l'Alliance du Nord, ont capturé Hicks et l'ont
livré aux États-Unis à la fin 2001.
En isolement dans l'univers des camps de
Guantánamo, soumis vingt-quatre heures sur vingt-quatre à
une lumière artificielle, nourri d'une nourriture immangeable,
drogué de force, battu et soumis à toutes sortes d'autres
sévices, Hicks est devenu une victime de l'inventivité
juridique. Les Commissions militaires des États-Unis,
créées
spécifiquement pour cibler les non-citoyens des
États-Unis, étaient nées. N'étant ni une
cour martiale ni un tribunal civil, ces commissions contournaient toute
procédure régulière et fusionnaient le rôle
du jury et du juge. La règle d'interdiction du ouï-dire ne
s'appliquait pas. Le droit de l'accusé d'entendre toute la
preuve était restreint. Il n'y avait
aucun appel, que ce soit devant un tribunal étranger ou
américain. Et la peine de mort pouvait être
prononcée.
En 2006, la Cour suprême des États Unis
dans Hamdan v. Rumsfeld a jugé que l'administration
Bush n'avait pas le pouvoir de créer de telles commissions sans
autorisation du Congrès, et qu'elles étaient contraires
à cause de cela à des instruments comme les Conventions
de Genève.[2] Ce jugement n'a toutefois pas empêché
le
premier ministre australien d'alors, John Howard, de continuer de
déclarer : « Je ne veux pas qu'il [Hicks]
revienne en Australie sans avoir d'abord eu son procès aux
États-Unis. » Que les Américains le jugent
« parce que s'il revient en Australie, on ne pourra pas le
juger ». Hicks, en d'autres termes, était
déjà
coupable dans l'esprit des hauts responsables australiens.
« De quoi ?, a déclaré son avocat
militaire, Michael Mori. Howard ne savait pas. Comment devrait-il
être jugé ? Howard ne savait pas. »
Hicks est devenu le premier et plus douteux
trophée du système des commissions remanié. Une
grande partie de sa défense est discutée par Mori, un
avocat
de la défense fraîchement recruté qui a
été rapidement plongé dans le labyrinthe juridique
byzantin construit autour de son client. Son expérience,
discutée dans In the Company of
Cowards (2014), est une réflexion non pas seulement sur la
défense de Hicks, mais aussi sur l'atrophie d'un système
juridique.
Deux questions essentielles ressortent de la tentative
de Hicks de faire appel, un appel qu'il finira par gagner. La
première importante défiguration juridique dans cette
affaire réside dans les manoeuvres qui ont
précédé le procès pour amener Hicks
à plaider coupable en échange d'une peine moins lourde.
En faisant accepter ce plaidoyer
« Alford », l'intention était de
soustraire toute la façon dont son cas était
traité, et par conséquent celui des cas similaires,
à un examen juridique plus approfondi.
Le 30 mars 2007, Hicks a plaidé coupable à
l'accusation douteuse d'avoir fourni un soutien matériel
« à partir de décembre 2000 jusqu'environ
décembre 2001, à une organisation terroriste
internationale qui se livre à des hostilités contre les
États-Unis, en l'occurrence Al-Qaïda, alors que
l'accusé savait que cette organisation se livrait à
des hostilités et au terrorisme ». Ces accusations,
très créatives et rétroactives, avaient
été portées contre lui en février 2007,
celle de tentative de meurtre a été retirée par
la suite.
David Hicks a été condamné à
sept ans d'emprisonnement, en tenant compte du temps déjà
passé en détention. (Ce dernier point est
important : les procureurs étaient réticents
à bouger sur cette question, mais ont accepté qu'il ne
restait que neuf mois à purger). Le 20 mai 2007, Hicks a
été rapatrié en Australie, a purgé sa peine
à la
prison de Yatala d'Adélaïde et est sorti en décembre
de la même année.
Ce qui était significatif dans ce cas, c'est que
Hicks, son avocat de la défense et l'autorité
convocatrice avaient signé un accord préalable au
procès indiquant que l'appelant avait offert de plaider coupable
à la première accusation pourvu qu'il
« renonce volontairement et expressément à
tous droits d'appel ou de façon incidente de ma
condamnation, peine ou toute autre question relative à cette
accusation, si un tel droit d'appel ou celui de contester autrement la
peine prononcée découle de la Loi sur la Commission
militaire de 2006 ou toute autre disposition des lois des
États-Unis ou de l'Australie ».
Puis il y eu d'incroyables obstacles juridiques. La
commission de révision, après avoir statué qu'elle
avait compétence pour entendre l'appel, a
considéré le verdict d'une façon très
spécifique. La première renonciation était
réputée avoir été faite volontairement, en
toute connaissance de cause, en ayant bien compris ce dont il
s'agissait. L'accord
préalable au procès de Hicks a été
jugé favorable. Il s'était vu accorder des concessions.
Mais l'omission de réintroduire « sa renonciation
d'appel dans les 10 jours après que l'autorité
convocatrice ait fourni un avis des mesures prises invalidait sa
renonciation d'appel. »
« Il n'y a pas suffisamment d'indications que
l'appelant a réitéré son désir de ne pas
interjeter appel dans les 10 jours. » En d'autres termes,
Hicks n'avait pas donné de motifs suffisants pour montrer qu'il
avait renoncé à son droit d'appel. « Ainsi, la
renonciation est considérée comme invalide ou
inapplicable. » Le
résultat : « Les verdicts de culpabilité
sont annulés et rejetés et la peine de l'appelant est
annulée ».
Le deuxième point noté par la commission
de révision, citant la Cour d'appel du District de Columbia dans
l'affaire Al Bahlul (2014), a été que
« c'était tout simplement une violation ex post
facto » de juger une personne pour l'accusation d'avoir
fourni un soutien matériel au terrorisme après le fait.
C'était une erreur
« préjudiciable » qui nécessitait
l'annulation de la condamnation. Bien que le plaidoyer de Al Bahlul
n'était pas le même que celui de Hicks, « ces
différences ne dictent pas un résultat
différent ». Hicks, en d'autres termes, avait
été frappé par une punition rétroactive
illégale.
Dit plus clairement, la façon dont Hicks a
été traité non seulement violait le principe
sacré de la présomption d'innocence, mais elle proposait
un nouvel ordre juridique porteur de toutes les odieuses
qualités kafkaïennes. Dans le sinistre purgatoire juridique
de Guantánamo, Hicks était victime de la version de
Washington de la disparition avec
la complicité servile de Canberra.
Les autorités politiques de l'Australie
continuent dans la même ligne et claironnent un point de vue qui
justifie la sous-traitance de la torture, de la détention et de
l'isolement cellulaire de leur propres citoyens. (Elles n'ont
même pas le « courage patriotique »
d'infliger ces cruautés à leurs propres citoyens.)
Persistant à ignorer les
preuves devant lui, le premier ministre australien, Tony Abbott, s'est
montré ferme devant l'annulation de la condamnation.
« David Hicks n'avait pas de bonnes intentions, a
déclaré M. Abbott. Et je ne compte pas m'excuser pour les
actions que les gouvernements australiens entreprennent pour
protéger notre pays. Ni maintenant, ni
jamais. » (Cette déclaration devrait se lire pour
« l'inaction » au nom de la
sécurité de l'Australie.)
D'autres ont préféré
considérer la procédure comme futile. Les stations de
radio commerciales, comme 2UE de Sydney, ont insinué que
l'annulation des condamnations pour terrorisme n'impliquait pas que
Hicks était un « saint ».[3]
« Il est peut être légalement innocent, mais
n'a pas été absous de la culpabilité de ce qu'il a
fait [sic]. » La culpabilité a beaucoup de teintes,
et ces arguments intéressés ignorent la question cruciale
dans tout cela : celle du droit. Dans un tel débat, un
consensus réfléchi est quasiment impossible.
Le chef de l'opposition, Bill Shorten, s'est
montré étonnamment à la hauteur dans ses
déclarations. « Il n'y a aucun doute que d'une part
David Hicks était sans doute stupide de se laisser
entraîner dans le conflit de l'Afghanistan, mais clairement il a
été victime d'une injustice. » (The Daily
Telegraph, 19 février).
Un point troublant des conclusions de la commission
d'examen est qu'elle n'a pas traité en profondeur de la
question, pourtant centrale, du système de négociation de
plaidoyer lui-même. L'ensemble du processus de la commission
militaire, une corrosion brutale des protections judiciaires, n'est pas
non plus examiné. La condamnation a été
annulée parce qu'elle viole une exigence procédurale et
une obligation judiciaire. Invalider une renonciation mal comprise est
une chose ; invalider l'ensemble du processus responsable de la
façon dont Hicks a été traité est une toute
autre chose. Nous pouvons au moins nous réjouir du fait que les
juges ont souligné l'odieux du ex post
facto.
Pour cette raison, le sort de Hicks demeure
l'affirmation d'une énorme créativité juridique
diabolique, le genre d'ingéniosité qui rejette les livres
de droit en faveur des ragots, de l'arbitraire et du jugement
politique. C'est une caractéristique du système juridique
qui existe et perdure aux États-Unis et auquel les citoyens
américains payent un
lourd tribut. Le citoyen australien, quant à lui, peut toujours
compter sur son propre gouvernement pour sacrifier les libertés
et les protections juridiques à tout moment, une forme
anémique de patriotisme s'il en est une. La volonté de
Washington, dans un sens ou un autre, s'impose.
Binoy Kampmark a été un boursier du
Commonwealth à Selwyn College, Cambridge. Il enseigne à
RMIT University, Melbourne et on peut le joindre à :
bkampmark@gmail.com.
Notes
1. Voir : http://ccrjustice.org
2. Voir : http://www.supremecourt.gov
3. Cliquez
ici
pour la vidéo

Des prisonniers de Guantanamo tués par la CIA
et
leur mort maquillée en suicides
Quatorzième action
annuelle à Washington,
DC, pour demander la fermeture du camp américain de torture de
Guantanamo Bay, 11 janvier 2015.
Le sergent Joseph Hickman, un ancien marine
américain et gardien au camp de torture américain de
Guantanamo Bay, a récemment révélé que
trois détenus « problématiques »
avaient été tués dans un site secret de la CIA
à Guantanamo et que leurs morts ont été
masquées en triple suicide. La version officielle des
événements est
« impossible », a-t-il dit à Vice News.
Les trois hommes étaient Salah Ahmed Al-Salami,
37 ans du Yémen, Mani Shaman Al-Utaybi, 30 ans de l'Arabie
saoudite et Yasser Talal Al-Zahrani, 22 ans aussi de l'Arabie saoudite.
Aucun d'eux n'avait été inculpé.
Hickman, qui était en devoir à cette
époque, a expliqué que les trois hommes auraient dû
se suicider exactement au même moment dans un bloc cellulaire
où les gardiens inspectaient les détenus toutes les
quatre
minutes.
« Ils auraient eu à attacher leurs
mains et leurs pieds ensemble, enfoncer des chiffons dans leur
gorge, mettre un masque sur leur visage, faire un noeud coulant,
l'accrocher au plafond du côté du bloc cellulaire, sauter
et se pendre simultanément », a-t-il dit.
Hickman a ajouté qu'une inspection des cellules
des détenus seulement quelques heures avant qu'ils se soient
supposément tués n'a pas permis de découvrir ce
qu'ils auraient utilisé pour se tuer, comme des cordes, des
chiffons ou des lacets.
Le 9 juin 2006, Hickman était de garde au Camp
Delta lorsqu'il a vu un camion cellulaire aller trois fois au Bloc
à haute sécurité Alpha, chaque fois amener un
prisonnier dehors du camp en prenant une route qui ne mène
qu'à deux endroits — la plage ou un centre de détention
de la CIA. Entre 23 h et 23 h 30, le camion est revenu au Camp
Delta mais au lieu d'aller au Camp I, il est allé directement
à la clinique médicale. « Environ 10 minutes
plus tard, toutes les lumières se sont allumées, comme
dans un stade et les sirènes ont retenti , c'était le
chaos », a-t-il dit. Les trois détenus étaient
morts.
Hickman croit que les autorités à
Guantanamo voulaient se débarrasser des trois hommes parce
qu'ils faisaient régulièrement des grèves de la
faim et encourageaient les autres détenus à faire la
grève de la faim. Il a expliqué que c'était la
politique du camp « que si un détenu faisait la
grève de la faim, il ne pouvait être interrogé. En
2006, il y avait environ 200 interrogatoires par semaine, alors toute
grève massive de la faim aurait [...] paralysé cette
récolte de renseignements. Je crois que la mission
première du JTF-GTMO [Joint Task Force Guantanamo] à
l'époque était : arrêter les grèves de
la faim à tout prix. » Après les
décès, il n'y a pas eu de grève de la fin
pour une longue période », a-t-il ajouté.
Juste après le supposé triple suicide,
l'amiral Harry Harris s'en est pris aux trois détenus pour avoir
osé s'enlever la vie. « Ils sont rusés, ils
sont créatifs. Ils sont déterminés. Ils n'ont
aucun respect pour la vie, que ce soit la nôtre ou la leur. Je
crois que ce n'était pas un acte de désespoir mais un
acte de guerre asymétrique mené contre
nous », selon Democracy
Now.
Hickman a communiqué avec le Département
américain de la Justice en 2009. Ses allégations et
celles d'autres gardiens ont été publiées dans le
magazine Harper's en 2010, mais ont été
niées par les autorités du camp.
Washington, DC, 11 janvier
2015
Un récent rapport du Sénat, que la CIA a
tenté d'étouffer, indique que la CIA utilisait
régulièrement la torture, la violence et des traitements
dégradants comme technique d'interrogatoire. Selon ce rapport,
ces méthodes produisent rarement des renseignement importants.
Par ailleurs, les sénateurs républicains
ont récemment proposé un moratoire sur la
libération des détenus à moyen risque et à
haut risque, prétendant qu'ils posent un danger pour les
États-Unis et leurs alliés, et que tout transfert au
Yémen devrait être interdit pour deux ans.
(Russia Today)

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Courriel: redaction@cpcml.ca
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