Le Marxiste-Léniniste

Numéro 8 - 25 février 2015

Non à la destruction nationale! Défaisons Harper en 2015!

La «main ferme» du gouvernement Harper sur l'économie est une fraude

Cynique manipulation électoraliste sur la question de la dette fédérale
La chute des prix du pétrole montre la nécessité d'une nouvelle
direction pour l'économie

- Peggy Morton -

La guerre des prix sur la Côte du Golfe expose la futilité du rêve
de Harper d'une économie basée sur l'exportation des ressources


Le projet de loi C-51:
la priorité politique du gouvernement Harper n'est pas celle du peuple

Une attaque générale contre les Canadiens au nom de la lutte au terrorisme
Où commence la lutte contre la radicalisation et
où commence la coercition?

- Sam Heaton -

La création du Service canadien du renseignement de sécurité en 1984

La Chambre des communes débat du problème de l'«antisémitisme»
Une tentative intéressée de camoufler le terrorisme d'État d'Israël
- Louis Lang -


Reportage photo
Marches commémoratives du 14 février pour
les femmes disparues et assassinées


Venezuela
Une tentative avortée de coup d'État est exposée
D'autres indications du sale boulot du Canada au Venezuela
Le Canada incite à un faux débat sur les droits humains
Un avocat canadien et député libéral préconise l'opposition violente
Beaucoup de pays et organisations dénoncent les sanctions américaines

Haïti
Barack Obama a mis en place une dictature en Haïti
- Ezili Danto -


Colombie
Les pourparlers de paix avancent alors que les FARC
visent à devenir un mouvement politique


États-Unis
Annulation de la condamnation pour terrorisme
d'un ancien détenu de Guantanamo

David Hicks et la mort d'un système juridique
- Binoy Kampmark -
Des prisonniers de Guantanamo tués par la CIA et
leur mort maquillée en suicides


Non à la destruction nationale! Défaisons Harper en 2015!

La «main ferme» du gouvernement Harper
sur l'économie est une fraude

Le gouvernement conservateur dit qu'il mérite d'être réélu parce qu'il gère l'économie « d'une main ferme ». Stephen Harper ne cesse de dire que son attention première est l'emploi, la croissance et la prospérité à long terme et que la preuve en serait ses budgets et son « Plan d'action économique » pour la prospérité.

La main ferme de Harper, c'est sept budgets déficitaires consécutifs et un huitième qui s'en vient sauf s'il coupe encore plus dans les dépenses de programmes comme celui d'Anciens combattants Canada.

Ces sept déficits ont été encourus alors que le gouvernement a réduit les dépenses de programmes à un niveau record par rapport au PIB depuis que le Canada existe. Les provinces et les territoires se plaignent régulièrement du fait que les dépenses de programmes sous forme de paiements de transfert n'ont pas suivi le rythme des besoins et de la croissance de la population et qu'ils n'arrivent pas à joindre les deux bouts.

Les sept déficits consécutifs du gouvernement Harper ont fait suite à dix budgets excédentaires des gouvernements précédents. Sous la main ferme de Harper, la dette fédérale qui était de 457,6 milliards $ en 2008 devrait se situer à 630 milliards $ pour l'année fiscale qui se termine.

C'est Harper qui était à la barre lors de la pire crise économique depuis les années 1930 et l'économie et l'emploi ne s'en sont pas encore remis, surtout dans le secteur manufacturier.

Harper n'a rien fait pour préparer le pays à l'effondrement des prix du pétrole qui a beaucoup grugé ses revenus. Il n'a jamais pensé à un autre usage qu'on pourrait faire des ressources pétrolières. Son gouvernement continue de promouvoir l'exportation du pétrole brut et des autres ressources comme voie vers l'avant pour l'économie malgré la réalité qui démontre qu'il n'en ressort aucune sécurité économique pour le pays.

C'est avec la main ferme de Harper sur le gouvernail que l'endettement des ménages est passé à 150 % du revenu en 2014 alors qu'il en représentait 133 % en 2007. C'est la plus grande augmentation du rapport dette/revenus que le monde ait connue pendant ces années sauf pour la Grèce et le ratio a même été plus élevé qu'aux États-Unis avant la crise économique de 2008.

Selon le député de l'Île-du-Prince-Édouard Sean Casey, qui s'appuie sur les données de Statistique Canada, la main ferme de Harper entre 2008 et 2014 a contribué à 24 % du total de la dette accumulée du Canada depuis la Confédération. En sept ans, sur une période totale de 147 ans, soit 4,76 % de l'histoire du Canada en tant que confédération, Harper a amassé 24 % de la dette fédérale en même temps qu'il abaissait les dépenses de programmes à un niveau record.

Les Canadiens sont en droit de demander où donc sont passés tous ces fonds publics. Ils ont été engouffrés dans les Plans d'action économique pour payer les riches de Harper !

Il est temps de donner une nouvelle direction à l'économie pour la mettre à l'abri de la main ferme de Harper.

Défaisons Harper en 2015 et opposons-nous à toutes les magouilles
néolibérales de privatisation pour payer les riches !

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Cynique manipulation électoraliste sur
la question de la dette fédérale

Les conservateurs manipulent la question de la dette fédérale dans tous les sens et lui font dire n'importe quoi. Tantôt ils disent que la dette est parmi les plus basses des pays de l'OCDE, ce qui montre que l'économie canadienne se porte à merveille ; tantôt ils présentent la dette fédérale et la menace d'un déficit comme quelque chose d'alarmant qui nous force à l'austérité et à plus de coupures de dépenses de programmes et ils appellent les Canadiens à se serrer la ceinture.

Les conservateurs disent n'importe quoi qui leur donne des chances de former un autre gouvernement majoritaire. Ils dénoncent souvent les libéraux et les néo-démocrates comme étant des « libres dépensiers » En fait, il y a toujours un objectif derrière les dépenses gouvernementales peu importe lequel des partis cartels les fait. La vérité est que les dettes et les déficits sont aussi canadiens que le sirop d'érable. Pourquoi alors les partis cartels se traitent-ils de tous les noms sur cette question ? Peut-être pour se faire du capital électoral. Peut-être pour éviter de discuter d'une nouvelle direction prosociale de l'économie.

On s'attendrait à ce que les conservateurs se réservent une gêne à parler de budgets équilibrés, de dette et de déficits étant donné que c'est sous leur gouverne que s'est produite la plus grande augmentation des temps modernes de la dette fédérale portant intérêt. Elle est passée de 582 milliards $ en 2007 à 889 milliards $ en 2014, une augmentation de 307 milliards $. Cette augmentation en sept ans est plus grande que le budget fédéral tout entier, qui se situe habituellement aux environs de 280 milliards $. Le gouvernement Harper est pris dans un méandre parce qu'en plus de l'étendue de la dette il y a le fait que les dépenses pour les programmes en relation à la quantité de biens et services produits ont atteint leur niveau le plus bas de toute l'histoire du Canada. Un observateur serait en droit de demander : qu'est-ce que vous avez fait de tous ces fonds publics, M. Harper ? Les avez-vous dilapidés dans vos magouilles pour sauver les monopoles de leurs difficultés ? Ou bien est-ce que les baisses des impôts des entreprises ont été telles que la dette a monté en flèche ? Où sont les chiffres ? Qui sont les créditeurs ? Les faits s'il vous plaît ! Quels problèmes économiques fondamentaux avez-vous résolus ? Le peuple aimerait savoir pour pouvoir rendre un verdict sur ce gouvernement.

Harper dit mener l'économie d'une « main ferme ». C'est vrai, M. Harper que vous payez les riches et détruisez le secteur manufacturier d'une main ferme. Vous n'avez rien fait pour créer une direction alternative prosociale pour l'économie qui s'attaque à ses problèmes récurrents et satisfasse les besoins de la population.

Les Canadiens n'ont que faire d'une manipulation cynique de la question de la dette, des déficits et des budgets qui permet aux partis cartels de gagner des votes. Pourquoi ne pas présenter les faits pour que nous puissions élaborer une nouvelle direction pour l'économie qui nous prémunisse des crises perpétuelles et bâtir un pays où c'est le peuple qui est la priorité.

Défaisons Harper en 2015 !

(Source : Ministère des Finances)

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La chute des prix du pétrole montre la nécessité
d'une nouvelle direction pour l'économie

Le 11 février dernier, la Chambre des représentants des États-Unis, dominée par les républicains, a voté son approbation au projet de pipeline Keystone XL de TransCanada. Personne ne s'attend à ce que le gouvernement ne l'approuve dans un avenir rapproché. Non seulement doit-il être approuvé par le Nebraska, mais le président Obama s'est engagé à lui opposer son veto.

Bien que le projet Keystone XL soit bloqué depuis des années, le pétrole brut des sables bitumineux de l'Alberta atteint tout de même la Côte du Golfe des États-Unis. Alors que les gouvernements Harper et de l'Alberta espéraient que cela mènerait à des prix plus élevés et des marchés garantis, c'est une guerre des prix qui a éclaté. Les experts prédisent que le prix du pétrole lourd aux raffineries du Texas va continuer à baisser.

Les gouvernements Harper et le gouvernement conservateur de l'Alberta se sont faits les champions et commis voyageurs de ces monopoles, promouvant le transport du bitume par le pipeline Keystone XL des sables bitumineux de l'Alberta vers les raffineries de la Côte du Golfe, surtout au Texas et en Louisiane. Le bitume des sables bitumineux devait remplacer le pétrole lourd venu d'ailleurs.

Les gouvernements Harper et Redford et Prentice de l'Alberta ont fait de multiples voyages à Washington, à New York et à Houston, ne reculant devant rien pour convaincre entre autres l'administration Obama d'approuver le projet de pipeline. Selon Harper, ses avantages sont évidents et il a dit avec bravade « qu'il n'acceptera pas un refus ». Harper a déclaré Keystone XL une question « d'intérêt national » et donc « un incontournable ».

Les conservateurs de Stephen Harper ont essayé de discréditer les opposants au pipeline comme étant des terroristes et des « tueurs d'emplois ». Le libéral Justin Trudeau a lui aussi donné son appui au projet en disant que l'opposition au projet était « non scientifique ». Ces politiciens ne font pas que faire valoir la nécessité d'un tel projet, ils prétendent aussi que l'exportation de ressources naturelles brutes est la voie de la prospérité pour le Canada.

Les gouvernements Harper et Prentice parlent d'un goulot d'étranglement du pétrole dans le mid-ouest américain qui force la vente à rabais du pétrole lourd de l'Alberta appelé le Western Canadian Select (WCS). L'ex-première ministre de l'Alberta Alison Redford parlait d'une « bulle du bitume » et elle a utilisé la baisse des prix du WCS pour justifier des budgets d'austérité. Loin d'être bloqué, le pétrole brut atteint la Côte du Golfe par le biais d'autres pipelines et de chemins de fer au point qu'il y a trop de pétrole lourd sur le marché. Le pétrole léger est venu ajouter à l'excédent en raison de la grande augmentation de la production du pétrole de schiste par fracturation aux États-Unis.

Forteresse Amérique du Nord

Les sables bitumineux et les champs de pétrole de schiste sont la cible d'une frénésie d'activités minières et de forage dont le but est de renforcer la Forteresse Amérique du Nord où une question clé est la sécurité de l'approvisionnement en pétrole et en gaz naturel en préparation pour la guerre. Les manoeuvres légales sur cette question ont commencé il y a 40 ans avec une loi qui interdit l'exportation du pétrole brut américain.

Un aspect récent de cette politique est l'augmentation de la production pétrolière aux États-Unis et au Canada par le biais entre autres de subsides et d'infrastructures publics, « d'argent facile », du relâchement de la réglementation sur les techniques dangereuses et la pression faite sur le Mexique pour qu'il libéralise son secteur de l'énergie. L'objectif d'ensemble est l'autosuffisance nord-américaine et le remplacement du pétrole venu de l'extérieur qui est présentement vendu aux États-Unis.

L'objectif visé des efforts pour se débarrasser de la vente de pétrole brut aux États-Unis qui ne provient pas de l'Amérique du Nord est de détruire les économies du Venezuela, de l'Iran et de la Russie qui se voient forcés de compétitionner sur d'autres marchés et l'objectif est aussi de faire pression pour que le Mexique privatise son secteur de l'énergie. Un des objectifs semble être que les raffineries des États-Unis deviennent de gros fournisseurs de pétrole raffiné (et de gaz naturel liquéfié) à l'Europe. Cela donnerait un contrôle accru à l'empire américain sur les affaires politiques de l'Europe.

Tout cela a produit une surabondance internationale de pétrole et la chute des prix du pétrole. Il en résulte pour le Canada des prédictions de récession en Alberta et à Terre-Neuve et une augmentation du chômage en Alberta, en Saskatchewan et à Terre-Neuve. Cela va avoir des conséquences néfastes pour l'économie, les travailleurs et les communautés à l'échelle du pays.

Ce qui se passe dans le secteur de l'énergie et dans la Forteresse Amérique du Nord met en lumière les dangers de faire reposer la croissance et la prospérité de l'économie canadienne sur la course de l'empire américain à la domination et à la soumission de tous ceux qui recherchent une voie indépendante, de même que sur sa militarisation effrénée et ses attaques aux droits et à la sécurité de tous. La classe ouvrière de l'Amérique du Nord et ses alliés doivent développer leur politique indépendante en vue d'une nouvelle direction pour leur économie et leur pays et en opposition à l'empire américain et à Forteresse Amérique du Nord.

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La guerre des prix sur la Côte du Golfe expose
la futilité du rêve de Harper d'une économie basée
sur l'exportation des ressources


Manifestation à Burnaby Mountain le 14 septembre 2014  (S. Collis)

Le projet Keystone XL, le projet de pipeline d'Enbridge à travers le nord de la Colombie-Britannique, le projet TransMountain de Kinder Morgan vers Vancouver et le projet Énergie Est de TransCanada sont devenus l'objet d'une vaste opposition qui y voit des exemples de l'exportation irrationnelle et irresponsable de ressources brutes. Les gens se battent pour un développement rationnel et durable des ressources naturelles qui est au service d'une économie viable, en particulier du secteur manufacturier, et de programmes sociaux et de services publics pour tous. Le peuple réclame son droit et celui des Premières Nations d'exercer leur contrôle et de décider de ce qui est fait des ressources naturelles qui leur appartiennent de droit et qui doivent servir à l'édification nationale et non à l'édification d'empire unipolaire des États-Unis.

La guerre des prix du pétrole sur la Côte du Golfe des États-Unis

L'absence du pipeline Keystone XL n'empêche pas le bitume des sables bitumineux de se rendre jusqu'aux raffineries de la Côte du Golfe. Les monopoles pipeliniers ont construit des routes de pipelines qui vont de Cushing en Oklahoma vers la Côte du Golfe et pour lesquels l'approbation du Congrès ou du président n'est pas nécessaire. Enbridge a complété sa canalisation Flanagan/South qui peut transporter 600 000 barils par jour de l'Illinois vers Cushing de même que son Seaway Twin qui peut en transporter 450 000 de Cushing vers Freeport au Texas. L'an dernier, TransCanada a complété son pipeline de la Côte du Golfe qui va de Cushing à Nederland au Texas. ExxonMobil, qui possède Imperial Oil, transporte aussi du brut dans son pipeline Pegasus de Patoka en Illinois vers Nederland au Texas. Les grands producteurs de pétrole lourd sont le Canada, le Venezuela, le Mexique, la Colombie, l'Arabie saoudite et le Koweit.

L'expansion de la production de pétrole dans les sables bitumineux faisait partie des efforts vers l'autosuffisance nord-américaine et de l'assaut contre les autres fournisseurs de pétrole lourd, tout cela pour assurer son approvisionnement de pétrole à Forteresse Amérique du Nord et elle servait aussi d'autres objectifs impérialistes de l'empire américain. Cela n'avait certainement rien à voir avec l'édification nationale au Canada comme on le voit bien avec la chute des prix du pétrole. Sous l'ère de Georges Bush a été adoptée la Loi sur l'énergie de 2005 qui visait à fournir des subsides aux grandes pétrolières afin d'augmenter la capacité de raffinage. En 2011, l'administration Obama a amendé la loi afin de payer les riches pour augmenter la capacité de valorisation et de raffinage du bitume provenant des sables bitumineux. Trois raffineries ont reçu entre 1 et 1,8 milliard $ en baisses d'impôt par des amortissements accélérés sur leurs investissements. Ont tiré partie de ces largesses la raffinerie Motiva, copropriété de Saudi Aramco et de Shell Oil, la raffinerie Valero, contrôlée par des intérêts monopolistes du Texas, et le monopole français Total. Valero et Total se sont engagés à utiliser le pipeline Keystone XL quand il sera terminé.

Le Venezuela est une cible privilégiée de l'autosuffisance énergétique nord-américaine et de la guerre des prix du pétrole alors que les États-Unis continuent d'essayer de déstabiliser et de renverser le gouvernement de Nicolas Maduro et de saper la révolution bolivarienne. L'entreprise nationale du pétrole du Venezuela possède une raffinerie qui opère sous le nom de CITGO sur la Côte du Golfe.

Pression sur le Mexique pour qu'il privatise son pétrole

La guerre des prix du pétrole vise aussi à remplacer le brut Maya mexicain afin de faire pression sur le Mexique pour qu'il privatise son secteur du pétrole. L'industrie pétrolière du Mexique a été nationalisée en 1938 et la constitution interdisait que le secteur soit contrôlé par des intérêts étrangers. Cela a été une victoire du peuple mexicain qui a affirmé sa souveraineté sur ses ressources pétrolières et où la classe ouvrière en a pris la défense. Le capital financier international a exercé une forte pression sur le Mexique afin de renverser le cours des choses. Dans le cadre du programme néolibéral de privatisation, le gouvernement mexicain dit ne pas avoir d'argent pour investir dans la société Petróleos Mexicanos (PEMEX), la société pétrolière nationale ou pour construire de nouvelles raffineries ou bâtir une industrie pétrochimique forte. Cela a mené à une baisse de la production pétrolière.

Les monopoles de l'énergie les plus puissants de concert avec les banques se préparent maintenant à voler ces ressources qui appartiennent de droit au peuple mexicain. La privatisation imminente va ouvrir les champs pétrolifères du Mexique à l'exploration étrangère. Trente-sept des 41 divisions de PEMEX vont être ouvertes aux entrepreneurs privés. Haliburton a déjà en main un contrat de forage de nouveaux puits et d'entretien de pipelines avec PEMEX.

En décembre 2014, Pemex a abaissé le prix de vente officiel de son brut Maya. Le pétrole brut Maya du Mexique est en concurrence avec le bitume des sables bitumineux de l'Alberta pour le marché de la Côte du Golfe et son prix est plus proche que jamais de celui du Western Canadian Select (WCS), le pétrole lourd de l'Alberta.

La Russie est prise comme cible

Un des objectifs de la Forteresse Amérique du Nord est aussi la réduction de sa dépendance envers le pétrole de l'Asie de l'Ouest. L'Arabie saoudite cherche à maintenir et à étendre sa part du marché. Saudi Aramco a récemment réduit le prix de l'Arab Medium (du pétrole lourd) à destination des États-Unis pour le sixième mois consécutif. Les pays de l'OPEP dont l'Arabie saoudite ont perdu des marchés en Chine. Face aux sanctions décrétées sur l'ordre des États-Unis qui visent à affaiblir l'économie russe et y imposer un changement de régime, ce qui est un des objectifs de la baisse des prix du pétrole, la Russie a établi de nouveaux arrangements commerciaux, surtout avec la Chine. Les données des douanes chinoises démontrent que les importations chinoises en provenance de la Russie ont grimpé de 36 % en 2014 alors que les importations en provenance de l'Arabie saoudite ont chuté de 8 % et celles du Venezuela de 11 %.

Ces développements nous indiquent que les marchés du bitume sur la Côte du Golfe sont loin d'être assurés et que les déclarations de prix élevés à venir sont des rêves en couleur. L'expansion frénétique des sables bitumineux alimentée par la cupidité, les stratagèmes pour payer les riches et d'autres subsides de l'État, de même que les rêves de prix élevés soutenus, viennent de frapper leur mur.

Une nouvelle direction de l'économie

La production actuelle dans les sables bitumineux va se poursuivre et même augmenter à mesure que de nouveaux projets sont complétés. Ce n'est même pas certain que les projets mis sur la glace vont être construits. Le plan de Forteresse Amérique du Nord de mettre le Canada, ses ressources et son peuple à la disposition de la machine de guerre américaine et de la construction d'un empire unipolaire américain est directement responsable de la crise actuelle.

La crise était inévitable parce que l'expansion frénétique des sables bitumineux n'a jamais eu pour objectif de servir les besoins de l'édification nationale et d'une économie viable qui subvient à ses besoins ou de garantir le bien-être du peuple. La crise était également inévitable du fait qu'on ne permet pas au facteur humain et à la conscience sociale de jouer quelque rôle dans l'économie et sa direction.

L'élite capitaliste dominante a créé cette crise où les prix du pétrole ont chuté rapidement. Cette élite a augmenté drastiquement la production de pétrole dans les sables bitumineux et les champs de pétrole de schiste. Ce sont les plus gros monopoles de l'énergie qui établissent la direction et le peuple n'a aucun mot à dire. Les monopoles mondiaux et leurs représentants politiques ont toujours rejeté la position de la classe ouvrière organisée et des travailleurs du pétrole demandant l'arrêt de cette frénésie et un développement socialement responsable des ressources pétrolières en vue d'une économie viable qui subvient à ses besoins et ne repose pas sur l'exportation frénétique de ressources brutes. En plus de cela, le prix de ces ressources exportées n'est pas établi sur la base de leurs prix de production et au moyen d'ententes internationales à avantage et à développement mutuels. Bien au contraire, les prix sont entre les mains des parasites mondiaux sur les marchés qui les soumettent à des variations brutales.

Ce ne sont pas les propriétaires du capital monopoliste qui souffrent des mises à pied et de l'austérité qui accompagnent la chute des prix du pétrole. Ils en font porter le fardeau aux ouvriers et les forcent à subir l'insécurité et le chômage. Les porte-parole des Harper et Prentice demandent aux Canadiens de se serrer la ceinture et soutiennent mordicus qu'il n'y a pas d'alternative à l'austérité et aux coupures de programmes sociaux et de services. Les monopoles mondiaux de l'énergie disent qu'ils travaillent pour le long terme tandis que c'est la classe ouvrière au Canada et ailleurs qui paie le prix de l'économie irrationnelle déséquilibrée qui repose sur les ressources et de ses crises continuelles dans le cadre de l'empire américain.

Il est devenu on ne peut plus clair maintenant que cette prétention que l'intérêt national est servi par ces rêves en couleur d'une économie à base de ressources est une fraude. Nous avons besoin d'une nouvelle direction de l'économie qui sert les intérêts des Canadiens et où les ressources naturelles servent à renforcer le secteur manufacturier, les programmes sociaux et les services publics au lieu de servir les intérêts étroits des monopoles mondiaux. Les gouvernements font face à des travailleurs qui demandent une nouvelle direction de l'économie. Il nous faut une nouvelle direction de l'économie que le peuple contrôle et qui sert les intérêts des Canadiens, de leur économie et l'intérêt général de la société.


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Le projet de loi C-51: la priorité politique du gouvernement
Harper n'est pas celle du peuple

Une attaque générale contre les Canadiens
au nom de la lutte au terrorisme

Le débat sur le projet de loi C-51, la Loi antiterroriste 2015 a commencé le 18 février 2015. Le gouvernement est intervenu rapidement pour couper court au débat au moyen du paragraphe 78 (3) du Règlement sur l'attribution de temps et précipiter l'adoption du projet de loi. Il semble que le gouvernement envisage de mettre en oeuvre les mesures du projet de loi aussi rapidement que possible pour mettre à exécution son plan d'utiliser le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) et l'ensemble des ressources de l'État pour attaquer le peuple et ses droits.

Avec cela, « les espoirs d'une analyse impartiale et approfondie du projet de loi antiterroriste peuvent avoir déjà été ruinés. Il s'agit d'un développement extrêmement inquiétant étant donné que le projet de loi présente toutes les caractéristiques d'un texte assemblé rapidement avec une analyse limitée », écrit Michael Geist, professeur de droit à l'Université d'Ottawa, sur son blogue le 19 février.

L'imprécision du projet de loi et ses pouvoirs étendus semblent être à dessein pour criminaliser les plus larges sections du peuple canadien et même permettre des attaques à l'étranger.

Au Canada, ceux visés par le projet de loi comprennent tous ceux que le gouvernement considère comme un ennemi intérieur ou extérieur selon des critères secrets. Ce projet de loi vise non seulement la classe ouvrière, les militants politiques et sociaux et toute personne qui défend les droits du Québec et des peuples autochtones, mais aussi des factions rivales au sein de la classe capitaliste dirigeante qui se disputent le pouvoir politique.

Une des révélations du rapport de la Commission McDonald sur les « actes répréhensibles » de la GRC en 1981 était que ce service de police se livrait à une surveillance active de 800 000 Canadiens, soit plus de trois pour cent de la population à cette époque. Dans la ferveur de la guerre froide, cela incluait pratiquement tous les communistes et toutes les personnes progressistes du Canada et ceux qui participaient à des manifestations, y compris les dirigeants d'un parti politique ayant des députés dans les assemblées législatives du pays, le Nouveau Parti démocratique. Aujourd'hui, dans le cadre de la prise de contrôle de l'État par des intérêts privés, la « surveillance » des Canadiens deviendra virtuellement illimitée. Le projet de loi C-51 supprime les restrictions antérieures sur l'échange d'informations entre la police, les ministères et les agences d'espionnage et manque de mécanismes de surveillance. Cela crée le risque grave de placer la police au-dessus du pouvoir civil, comme l'avait établi à l'époque la Commission McDonald sur les « actes répréhensibles » de la GRC.

Avec la conversion du SCRS en un corps de police secrète complet, l'illégalité (notamment les pouvoirs « cinétiques » comme est appelé le recours à la force) est ajoutée à la « boîte à outils ». Les restrictions sur la façon dont le SCRS peut agir sont vagues, ce qui suggère que les actes illégaux ne seront restreints que par les mandats secrets qui pourront être obtenus auprès de juges. Le juge de la Cour fédérale, Richard Mosley, a déjà expliqué, dans un jugement secret de 2013 (dont une version caviardée a été rendue publique par la suite), comment les agents du SCRS l'avaient induit en erreur dans leur demande d'un mandat pour conduire des activités de surveillance de Canadiens à l'étranger. Il est interdit de révéler les noms des agents du SCRS et il est interdit de parler des opérations secrètes, alors où cela laisse-t-il la sécurité des Canadiens ? Entre les mains de l'État et de la police qui peuvent prendre les décisions qui affectent la vie des gens. Cela ne doit pas passer !

LML invite tous les Canadiens à se mobiliser pour défaire le projet de loi C-51. Cela devrait inclure exiger et demander à nos députés au Parlement qu'ils s'opposent à ce projet de loi. LML insiste à nouveau sur l'importance de tenir une discussion sérieuse sur ce projet de loi et sur ce que prépare le gouvernement avec vos collègues de travail, vos camarades dans les écoles et les universités ainsi que dans la communauté. Il est important de garder la tête froide face aux tentatives du gouvernement d'intimider et de provoquer une hystérie de masse sur la menace terroriste des « djihadistes musulmans » ou des militants politiques qu'il accuse d'être une menace pour la sécurité du Canada ou d'antisémitisme et autres choses semblables sans fondement.

Le gouvernement a déclaré que la lutte contre le terrorisme était la priorité politique. Pour les Canadiens, la priorité politique continue d'être : « Qui décide de toutes les questions qui affectent notre vie ? » Nous devons ensemble relever les défis à venir en 2015, mobilisons-nous pour défaire le projet de loi C-51 et luttons pour une nouvelle direction pour le Canada.

« Activité qui porte atteinte à la sécurité du Canada »

Voici la définition de « activité qui porte atteinte à la sécurité du Canada » et de « menaces envers la sécurité du Canada » qui figurent dans le projet de loi C-51, Loi antiterroriste, 2015.

Selon le projet de loi, si les forces de sécurité ou le gouvernement déterminent que quelque chose ou quelqu'un « porte atteinte à la sécurité du Canada », ou constitue une menace pour elle, alors le libre échange d'information entre les ministères et les organismes gouvernementaux est permis, et le SCRS peut intervenir de nombreuses de façons, y compris par le recours à la force.

« Définitions

« 2. Les définitions qui suivent s'appliquent à la présente loi.

« activité portant atteinte à la sécurité du Canada »

« activité portant atteinte à la sécurité du Canada » S'entend d'une activité qui porte atteinte à la souveraineté, à la sécurité ou à l'intégrité territoriale du Canada ou à la vie ou à la sécurité de la population du Canada, notamment les activités ci-après si elles entraînent une telle atteinte :

a) entraver la capacité du gouvernement fédéral — ou de son administration — en matière de renseignement, de défense, d'activités à la frontière, de sécurité publique, d'administration de la justice, de relations diplomatiques ou consulaires ou de stabilité économique ou financière du Canada ;

b) entraîner un changement de gouvernement au Canada ou influer indûment sur un tel gouvernement par l'emploi de la force ou de moyens illégaux ;

c) espionner, saboter ou se livrer à une activité secrète influencée par l'étranger ;

d) se livrer au terrorisme ;

e) se livrer à une activité qui a pour effet la prolifération d'armes nucléaires, chimiques, radiologiques ou biologiques ;

f) entraver le fonctionnement d'infrastructures essentielles ;

g) entraver le fonctionnement de l'infrastructure mondiale d'information, au sens de l'article 273.61 de la Loi sur la défense nationale ;

h) causer des dommages graves à une personne ou à ses biens en raison de ses liens avec le Canada ;

i) se livrer à une activité au Canada qui porte atteinte à la sécurité d'un autre État.

Il est entendu que sont exclues les activités licites de défense d'une cause, de protestation, de manifestation d'un désaccord ou d'expression artistique. »

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Où commence la lutte contre la radicalisation
et où commence la coercition?

Le concept de « lutte contre la radicalisation » et de « participation de la collectivité » à la lutte contre l'extrémisme violent » a été largement promu comme une alternative à la criminalisation préventive de ceux qui sont accusés de « sympathiser » avec le terrorisme ou de « promotion » du terrorisme. En plus d'être une approche réformatrice/restauratrice opposée à une approche punitive, on nous dit également qu'elle est plus efficace et qu'elle s'attaque aux « causes profondes du terrorisme ».

Cette approche, qui est louangée par le chef du Nouveau Parti démocratique, Thomas Mulcair, a servi de base au Sommet de Washington sur « la lutte contre l'extrémisme violent » tenu du 17au 19 février 2015. Lors du débat sur le projet de loi C-51 à la Chambre des communes le 18 février, et dans un éditorial pour le National Post publié le lendemain, Mulcair a déclaré :

« Sous le président Obama, les États-Unis, qui ne sont pas épargnés par la menace du terrorisme, ont adopté une approche proactive pour lutter contre la radicalisation. La Maison-Blanche a dirigé des efforts auprès des communautés à risque afin qu'elles résistent davantage à l'attrait de la radicalisation. Le gouvernement des États-Unis appuie les communautés et les dirigeants religieux en les mettant en lien avec des experts de la lutte contre la radicalisation, en les éduquant sur les signes avant-coureurs de la radicalisation et en les formant sur les moyens éprouvés de désamorcer la radicalisation. »

Par « communautés » et « communautés à risque », nous pouvons supposer que M. Mulcair et les participants au sommet ne parlent pas des amish. Il est également peu probable que les communautés auxquelles ils font référence soient celles auxquelles les comploteurs néonazis du projet de tuerie de masse appartenaient, ou la communauté de l'auteur du triple homicide à Chapel Hill en Caroline du Nord. Pour reprendre le langage du ministre de la Justice Peter MacKay, quand il se réfère aux communautés qui sont considérées comme ayant un problème « sur le plan culturel », cela signifie les musulmans. Cela semble indiquer que l'approche proposée par Mulcair et le sommet de Washington repose sur le profilage, qui est contestable pour ne pas dire plus.

La GRC définit « radicalisation » comme « le processus selon lequel des personnes (généralement des jeunes) sont initiées à un message idéologique et à un ensemble de croyances et sont encouragées à remplacer leurs croyances modérées et généralement admises par des opinions extrêmes ».[1]

Contrairement à MacKay, Mulcair et Obama, avec l'approche de la « participation de la collectivité », cherchent à promouvoir des « croyances modérées et largement partagées » comme antithèse au « radicalisme » et à « l'extrémisme » en mettant en lien « les communautés et les dirigeants religieux » avec « des experts de la lutte contre la radicalisation » pour les éduquer à reconnaître « les signes avant-coureurs » et « désamorcer » la situation.

Le vice-président des États-Unis, Joe Biden, dit : « Nous n'avons pas toujours bien fait les choses. Cependant, nous avons beaucoup d'expérience sur la question de l'intégration des communautés au système américain, au rêve américain ».

Une société qui défend les droits de tous n'entre pas dans le discours.

Au lieu de cela, nous avons une extension paternaliste des accommodements, de la « formation de sensibilisation », de la « résolution des conflits, » et al. Ceux qui connaissent les « signes » de la « radicalisation » doivent « travailler » avec des personnes qui sont rattachées à « une gamme de prestataires de services sociaux, notamment des responsables de l'éducation, des professionnels de la santé mentale [et] des organismes d'application de la loi ». Si les mesures de lutte contre la radicalisation et la participation de la collectivité échouent, il y a toujours la criminalisation comme plan de secours. N'est-ce pas là la définition du « lavage de cerveau » de la guerre froide ? Qui décide quelles croyances sont interdites, et à quelle rééducation et pour combien de temps une personne devra se soumettre avant que sa pensée soit acceptable aux élites dirigeantes ? Où commence la lutte contre la radicalisation et où commence la coercition ?

À titre d'information

Du 17 au 19 février 2015, les États-Unis ont accueilli un sommet de lutte contre l'extrémisme violent (CEV). Le sommet a été annoncé en janvier suite aux « attentats tragiques récents qui ont eu lieu à Ottawa, à Sydney et à Paris ». Le 18 février, le porte-parole de la Maison Blanche a déclaré en conférence de presse que le sommet avait réuni « des dirigeants régionaux, fédéraux et internationaux, notamment le président Obama et des ministres des Affaires étrangères, pour discuter des mesures concrètes devant être prises par les États-Unis et ses partenaires pour développer des approches orientées sur la communauté dans le but de lutter contre les idéologies extrémistes et haineuses qui radicalisent et recrutent les gens et incitent à la violence. Les menaces d'extrémisme violent peuvent venir d'une panoplie de groupes et d'individus, y compris des extrémistes violents d'origine intérieure ici même aux États-Unis, ainsi que des groupes terroristes tels qu'Al-Qaeda et l'EIIL. »

Étaient présents au sommet des ministres de près de 70 pays, le secrétaire-général de l'ONU, des représentants haut placés d'autres organismes multilatéraux, et des représentants de la société civile et du secteur privé. Ces participants devaient « définir la marche à suivre par le biais de sommets régionaux, dans le but d'établir des mesures concrètes devant prévenir l'extrémisme violent jusqu'à la tenue de l'Assemblé générale de l'ONU en 2015 [...] et prendre comme point de départ la Stratégie antiterroriste mondiale des Nations unies, qui encourage les Nations unies et d'autres organismes multilatéraux à intensifier leurs efforts pour identifier et traiter du problème des instigateurs locaux de la violence extrémiste ».

Un document d'information détaillé de la Maison -Blanche sur le sommet indique que la stratégie vise à « attaquer les causes profondes de l'extrémisme ». Cela doit être fait par le « renforcement de la sensibilisation, en formulant un contre-discours et en renforçant la participation de la communauté ».

Le Canada était représenté à ce sommet par le ministre de la Sécurité publique et de la Protection civile, Steven Blaney. Ses commentaires ont mis en lumière les efforts du gouvernement Harper visant à paraître intransigeant face au terrorisme contrairement à l'approche de « participation de la collectivité ». La stratégie antiterroriste du Canada se compose de quatre éléments : Empêcher, Déceler, Priver et Intervenir. Il a déclaré également que « accroître nos efforts de prévention ne suffit pas. » Le gouvernement a présenté la loi C-51, dit-il, parce que « le mouvement djihadiste international a déclaré la guerre au Canada ».

Note

2. http://www.rcmp-grc.gc.ca/nsci-ecsn/rad/internet/p2-fra.htm

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La création du Service canadien
du renseignement de sécurité en 1984

Le Marxiste-Léniniste reproduit ci-dessous des extraits d'un article paru en juin 1983 dans La Voix du peuple, journal du Front du peuple contre la violence raciste et fasciste. L'article discute du projet de loi alors débattu au parlement créant le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS), adopté le 21 juin 1984. Il discute des problèmes de la surveillance qui sont à la base du débat actuel sur le projet de loi C-51, problèmes qui n'ont jamais été pris au sérieux par le gouvernement. Il montre par ailleurs que les Canadiens ne peuvent pas se fier sur l'État ou les commissions d'enquête pour protéger leurs droits quand l'État est l'instrument utilisé contre eux. Il affirme que les Canadiens sont pour la démocratie et la primauté du droit alors que les agences comme le SCRS sont créées pour agir impunément contre leurs droits.

Le projet de loi C-157 de 1983 créant le Service canadien
du renseignement de sécurité

- La Voix du peuple, juin 1983 (extraits) -

Le 18 mai 1983, le gouvernement fédéral introduisait le projet de loi C-157 pour créer une agence terroriste d'espionnage, le Service canadien du renseignement de sécurité, dans le but de légaliser et d'intensifier les attaques contre les travailleurs, les immigrants, les jeunes et les étudiants, les femmes et les forces progressistes et démocratiques au Canada comme à l'étranger.

La Commission McDonald sur les méfaits de la GRC avait recommandé la formation de cette agence terroriste d'espionnage. Cette commission royale avait été établie il y a plusieurs années après qu'aient été révélés de nombreux méfaits du service de sécurité de la GRC, y compris des incendies, l'ouverture du courrier, l'utilisation d'appareils d'écoute, des actes pour discréditer des personnalités publiques, des communiqués terroristes, des enlèvements, etc.

La commission royale avait été présentée comme un moyen d'enquête pour recommander les moyens d'empêcher à l'avenir de telles activités criminelles et terroristes de la part de la GRC. Mais il ne s'agissait que d'une duperie pour étouffer la colère du peuple et l'amener à penser que la commission royale protégerait ses droits et libertés.

Maintenant que le gouvernement fédéral a introduit son projet de loi pour créer le Service canadien du renseignement de sécurité, basé sur les recommandations de la Commission McDonald, et qui comprend la légalisation des activités criminelles de la police secrète, la vraie nature de la commission royale est complètement démasquée. Les droits du peuple ne sont pas protégés, ils sont menacés plus que jamais auparavant.

Les principaux traits du projet de loi C-157

Le projet de loi C-157 accorde à la nouvelle agence d'espionnage de grands pouvoirs pour se livrer à toutes sortes d'activités secrètes, subversives et terroristes sans égard aux lois. Le projet de loi donne au service de renseignement le mandat de « recueillir, au moyen d'enquête ou autrement, analyser et conserver les informations et renseignements sur les activités dont il existe des raisons sérieuses de soupçonner qu'elles constituent des menaces envers la sécurité du Canada ; en faire rapport au gouvernement du Canada et le conseiller à cet égard. »

Le projet de loi accorde à l'agence d'espionnage le pouvoir de faire de l'espionnage en coopération avec les gouvernements provinciaux et municipaux et leurs forces policières. Comme le service de sécurité de la GRC, connu pour sa collaboration avec la police secrète fasciste d'autres pays comme la Central Intelligence Agency américaine et la SAVAK iranienne, la nouvelle agence d'espionnage aura le pouvoir de coopérer avec des États étrangers et leurs services de sécurité, ou avec des organisations internationales, afin d'offrir à ces gouvernements, institutions ou organisations des informations de sécurité. [...]

Selon [la définition donnée] de ce qu'est une « menace envers la sécurité du Canada » [qu'élargit le projet de loi C-51 — ndlr], toutes les activités qui, au pays, visent à résister au rejet du fardeau de la crise économique sur le dos du peuple et à éliminer la crise, à s'opposer aux préparatifs de guerre impérialiste et au danger de guerre impérialiste et qui visent à l'instauration d'une paix réelle et durable, à défendre et élargir les droits et libertés démocratiques du peuple, et à mettre fin à la domination impérialiste américaine sur le Canada et réaliser l'indépendance et la souveraineté réelles, feront l'objet d'« enquête » de la part de l'agence d'espionnage.

L'article 21 du projet de loi C-157 est la section qui est la plus discutée dans la presse. Elle est la partie de la loi qui légalise l'infraction à la loi par l'agence. On y stipule : « Le directeur et les employés sont fondés à accomplir, en vue de l'exercice des fonctions que la présente loi confère au Service, tous actes justifiables dont la nécessité soit également justifiable. » On a spécifiquement inclus cette section du projet de loi pour protéger les agents contre les poursuites judiciaires pour méfaits. [...]

La fraude de la redevabilité

En introduisant le projet de loi fasciste, le gouvernement s'est efforcé de garder un masque « démocratique » par la fraude de la « redevabilité » du service de sécurité envers une instance élue. Selon le gouvernement, cette « redevabilité » du service de sécurité est ce qui distingue les « démocraties libérales » des « États autoritaristes et totalitaires ».

La Commission McDonald en avait long à dire sur la « démocratie libérale », l'« autoritarisme », le « totalitarisme » et la « redevabilité ». Elle déclare :

« Les démocraties libérales connaissent un défi unique. Pour le dire simplement, ce défi est d'assurer la démocratie contre ses ennemis intérieurs et extérieurs, sans détruire la démocratie dans ce processus. Les États autoritaristes et totalitaires n'ont pas à affronter ce défi. Dans ces pays, il n'est pas besoin d'assurer que les agences de sécurité, dont les techniques impliquent beaucoup de secret, soient redevables envers une instance élue. Ni est-il nécessaire dans de tels États que toutes les mesures de sécurité soient autorisées ou conformes à la loi ou que les agents ne soient pas au-dessus de la loi. Ce n'est que dans les États démocratiques libéraux qu'on s'attend à ce que les enquêtes sur l'activité subversive n'interfèrent pas avec les libertés de dissidence et d'association politiques qui sont des éléments essentiels d'une société libre. » [...]

Même la distinction que fait le gouvernement entre agences d'espionnage des deux types de régimes n'existe pas en réalité. Par exemple, le Service canadien du renseignement de sécurité ne serait pas redevable envers une instance élue mais envers un « comité de surveillance » nommé par le gouvernement. De plus, le projet de loi autorise l'agence d'espionnage à commettre toutes sortes d'actes illégaux avec la protection de la loi. En effet, si on prend la définition donnée par la Commission McDonald, l'État canadien appartient à la catégorie des « États totalitaires ». C'est pourquoi le Canada a des relations très amicales avec des régimes « totalitaires » comme les régimes fascistes d'Israël, de Corée du Sud, des Philippines, etc.

« Démocratie », « sécurité nationale » et « respect de la loi »

Le gouvernement prétend que la nouvelle agence d'espionnage est nécessaire pour défendre « la démocratie », le « respect de la loi » et la « sécurité nationale ». Selon les riches et leur gouvernement, pour défendre la démocratie il est nécessaire de recourir au fascisme. C'est avec cette logique que Trudeau a justifié l'imposition de la Loi des mesures de guerre au peuple québécois en octobre 1970. C'est aussi avec cette logique que les riches et leur gouvernement justifient la création de la nouvelle agence d'espionnage.

Si on propose de créer cette nouvelle agence d'espionnage, c'est pour défendre les intérêts de la riche minorité d'exploiteurs au Canada et aux États-Unis et ailleurs. Ce n'est pas pour défendre la « démocratie », la « sécurité nationale » ou le « respect de la loi ». La raison en est que les luttes du peuple contre le rejet du fardeau de la crise sur son dos, contre les préparatifs de guerre impérialiste, et contre les attaques contre ses droits et libertés démocratiques menacent les profits et le pouvoir des riches et que c'est pour réprimer ces luttes que le gouvernement crée la nouvelle agence d'espionnage.

À la recherche du profit maximum, les riches et leur État attaquent constamment les droits économiques, politiques et sociaux du peuple. Ils adoptent des lois limitant les salaires des travailleurs et interdisant leurs grèves, et ils envoient la police et les briseurs de grève attaquer ces luttes. La GRC et le ministère de l'Immigration harcèlent les immigrants pour les forcer à se soumettre à l'exploitation brutale aux mains des patrons et aux contrats du gouvernement pour le travail importé du Mexique et des Antilles, pour le travail d'esclavage dans les champs, entourés de barbelés et logés dans de misérables baraques. [...]

Les riches et leur État sont la plus grande menace à la sécurité du peuple et de la nation. Le peuple ne jouit d'aucune sécurité économique, d'aucun emploi assuré, d'aucune stabilité des prix et d'aucune garantie de toujours pouvoir se loger, se nourrir et se vêtir. Le peuple ne jouit d'aucun droit politique garanti, comme le montre l'imposition des mesures de guerre par le gouvernement. Même la loi constitutionnelle permet au gouvernement de fixer des « limites raisonnables » aux droits et libertés du peuple prescrits dans la Charte des droits et libertés. [...]

Le peuple canadien veut le respect de la loi, mais de la loi qui serve ses intérêts, qui garantisse ses droits économiques, politiques et sociaux, qui lui garantisse la souveraineté et l'indépendance. Mais les riches et leur gouvernement n'offriront jamais de telles lois au peuple parce que de telles lois ne servent pas leurs intérêts. [...]

Le peuple peut défendre et élargir ses droits et libertés
seulement par la lutte de masse

La Commission McDonald est le meilleur exemple pour montrer que le peuple ne peut pas compter sur l'État pour défendre ses droits. La commission royale avait été établie supposément pour résoudre le problème des activités illégales et terroristes de la GRC contre le peuple. Elle a plutôt abouti à un plan pour une nouvelle agence d'espionnage qui a le pouvoir de lancer des attaques encore plus brutales et pernicieuses contre les droits et libertés du peuple.

Le peuple ne peut pas non plus compter sur le « comité de surveillance » de l'agence d'espionnage pour défendre ses droits. Il ne peut compter sur aucune des « sauvegardes » de ce projet de loi. Le projet de loi stipule : « La présente loi n'autorise pas le Service à enquêter sur une personne ou un groupe de personnes pour le seul motif de leur participation à des activités légitimes de défense d'une cause, de protestation ou de manifestation d'un désaccord. » Mais cette distinction entre ce qui est « légitime » et ce qui est « illégitime » vise seulement à faire croire au peuple qu'il est protégé contre les activités de la nouvelle agence d'espionnage.

Les riches et le gouvernement considèrent « illégitimes » toutes les luttes contre le rejet du fardeau de la crise économique sur le dos du peuple, les luttes contre les préparatifs de guerre et les luttes à la défense des droits et libertés démocratiques. Il n'y a pas une seule manifestation au Canada qui ne fasse l'objet d'espionnage, dont les participants ne soient photographiés par la police secrète. La GRC conserve des dossiers sur 800 000 Canadiens et le Service canadien du renseignement de sécurité, avec des pouvoirs plus grands que ceux de la GRC, conservera encore plus de dossiers et se livrera à encore plus d'actes de subversion et de terrorisme et à d'autres attaques contre le peuple.

La seule façon pour le peuple de défendre et élargir ses droits et libertés démocratiques c'est d'intensifier la lutte de masse.

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La Chambre des communes débat du problème de l'«antisémitisme»

Une tentative intéressée de camoufler
le terrorisme d'État d'Israël

Le 18 février 2015, le ministre de la Défense nationale et du Multiculturalisme, Jason Kenney, a déposé une motion à la Chambre des communes demandant un débat sur l'antisémitisme. La motion, qui a été secondée par le député libéral de Mont-Royal, Irwin Cotler, se lit comme suit :

« Qu'un débat exploratoire sur la montée inquiétante de l'antisémitisme dans le monde, dont il a été question à une réunion de l'Assemblée générale des Nations unies le 22 janvier 2015, ait lieu conformément à l'article 53.1 du Règlement le mardi 24 février 2015. »

Il est pour le moins surprenant que le gouvernement Harper se préoccupe de « la montée inquiétante de l'antisémitisme dans le monde ». Il est bien connu que ce gouvernement appuie inconditionnellement le gouvernement issu d'un coup d'État en Ukraine qui est constitué en partie d'éléments néonazis comme ceux du Svoboda (anciennement Parti social-national), du Secteur droit et d'autres groupes ultranationalistes. Il sera intéressant de voir si ces sources de l'antisémitisme seront dénoncées lors du débat.

Ce n'est pas un hasard que ce débat soit proposé à l'heure où les atrocités commises par l'État sioniste d'Israël font l'objet d'une enquête pour crimes de guerre par le Tribunal pénal international et qu'Israël est dénoncé partout dans le monde pour ses crimes contre le peuple palestinien. Le monde est témoin depuis plus de 60 ans de la violation des droits de quatre millions d'êtres humains dont les terres ont été saisies et occupées par la force. Israël n'a pas cessé sa politique de nettoyage ethnique qui a privé les Palestiniens de leur État et en a fait des réfugiés dans leur patrie.

Le gouvernement Harper a donné son appui inconditionnel à l'État sioniste d'Israël à de nombreuses occasions. À l'exception de ses bienfaiteurs comme les États-Unis, le Canada et le Royaume-Uni, Israël est universellement condamné. Les expressions de crainte de Kenney, Cotler et d'autres au sujet de l'« antisémitisme » servent à désinformer et à justifier la politique de génocide dont le peuple palestinien est la cible chaque jour à Gaza et en Cisjordanie.

Les arguments de ces défenseurs d'Israël, qui cherchent à assimiler la dénonciation d'Israël à de l'« antisémitisme », sonnent creux. Dans un article de 2010 paru dans le National Post, Irwin Cotler fait une distinction entre l'« antisémitisme classique » et une forme nouvelle d'antisémitisme : « En un mot, l'antisémitisme classique est la discrimination contre les juifs, la négation de leur droit d'être membres à part entière de la société où ils habitent. Le nouvel antisémitisme comprend la discrimination contre le peuple juif ou la négation de son droit d'être membre à part entière de la famille des nations, où Israël fait figure du Juif collectif parmi les nations. »

Cotler a présenté le même argument à une réunion informelle de l'Assemblée générale de l'ONU le 22 janvier, à laquelle ont participé des représentants des États-Unis, du Canada et d'Israël ainsi que de plusieurs des principales puissances d'Europe comme l'Allemagne et la France.[1] Dans son allocution, il a soutenu que les attaques contre Israël sont une forme moderne d'antisémitisme et qu'il faut « un nouveau vocabulaire pour le définir ».

Bernard-Henri Lévy, philosophe français et ardent défenseur de l'État d'Israël et de l'impérialisme américain, était l'orateur invité de la réunion de l'ONU. Il a tenté d'appuyer la prétention de Cotler en disant que l'ancienne forme d'antisémitisme a perdu sa crédibilité et que l'antisémitisme renaît dans une forme moderne. Un de ses énoncés, selon lui, est que « les juifs seraient haïssables parce qu'ils soutiendraient un mauvais État, illégitime et assassin ». La théorie proposée par Cotler et Lévy est que les attaques contre l'État sioniste d'Israël sont une attaque contre tous les juifs et constituent donc une forme moderne d'antisémitisme.

Ce raisonnement montre que le débat du 24 février à la Chambre des communes, tout comme la réunion spéciale à l'ONU, sert un objectif caché. Il s'agit de couvrir les crimes commis contre le peuple palestinien en se cachant derrière l'« antisémitisme ». Le plan du gouvernement Harper et du libéral Cotler est d'obtenir l'assentiment de tous les partis pour tromper les Canadiens et les amener à croire que l'État terroriste et criminel d'Israël est la victime et que le gouvernement canadien ne fait que soutenir « le droit du peuple juif à l'autodétermination ». Cette logique, combinée au projet de loi C-51, Loi antiterroriste de 2015, servira à criminaliser l'appui à la résistance du peuple palestinien qui devient de facto « une promotion du terrorisme ». Elle servira également à justifier la catégorisation comme terroriste et antisémite toute opinion favorable aux droits légitimes du peuple palestinien et contre les crimes commis par l'État d'Israël.

C'est un argumentaire malhonnête, non seulement parce que le sionisme, qui est une idéologie d'État, est présenté comme partagé par l'ensemble du peuple juif et de tous les juifs de la planète, mais aussi parce que ces soi-disant défenseurs du droit à l'autodétermination n'ont rien à dire contre la violation actuelle des droits humains du peuple palestinien, si ce n'est que de qualifier sa résistance de terrorisme.

Il est évident que le but de cette motion à la Chambre des communes n'est pas de résoudre les problèmes que vivent les peuples du Moyen-Orient et que rien ne sera dit durant ce débat sur le droit des Palestiniens à l'autodétermination et à la reconnaissance de leurs droits nationaux. On n'admettra pas non plus que les peuples du monde s'élèvent de plus en plus contre le sionisme, y compris de nombreux juifs vivant en Israël et ailleurs dans le monde.

Il y a de nombreux rapports, ne serait-ce que depuis un an, que des soldats et réservistes israéliens signent des pétitions et manifestent leur refus de servir « à cause de la brutalité de l'opération militaire menée en notre nom ». Beaucoup d'entre eux ont été condamnés à des peines d'emprisonnement pour objection de conscience. Un autre exemple est le groupe religieux juif Neteurei Karta dont les membres soutiennent publiquement les revendications du peuple palestinien. Il y a également de nombreux groupes orthodoxes juifs en Israël et ailleurs dans le monde qui disent que le sionisme est contraire à leurs croyances.

Ces jours-ci, les débats à la Chambre des communes sont dominés par le projet de loi C-51 et l'obsession du gouvernement Harper à assimiler l'Islam au terrorisme. Le débat que proposent Kenney et Cotler sera dominé par une obsession semblable : l'appui inconditionnel au terrorisme d'État d'Israël contre les peuples de la région, en particulier les Palestiniens.

Les députés doivent se rappeler que les actes terroristes n'ont pas à voir avec l'identité religieuse de ceux qui les commettent, même s'ils prétendent agir au nom d'une religion.

Note

1. Dans l'après-midi, à l'Assemblée générale de l'ONU une table ronde s'est tenue avec Theodore E. Deutch, représentant à la Chambre des représentants des États-Unis ; Irwin Cotler, député, Chambre des communes du Canada ; Wade Henderson, président et directeur de la Leadership Conference on Civil and Human Rights and The Leadership Conference Education Fund ; Elisa Massimino, président et directeur général de Human Rights First ; et Robert S. Wistrich, directeur de l'Université hébraïque de Jérusalem Vidal Sassoon Centre International pour l'étude de l'antisémitisme.

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Reportage photo

Marches commémoratives du 14 février pour les femmes disparues et assassinées


Vancouver le 14 février 2015

Du 13 au 15 février des marches commémoratives pour les femmes disparues et assassinées ont eu lieu dans plus de vingt villes partout au Canada. Cette année est le 25e anniversaire de la Marche commémorative annuelle des femmes pour rendre hommage aux femmes disparues et assassinées à Vancouver, ville où la toute première marche a eu lieu en 1991. Ces marches rendent hommage aux centaines d'amies, soeurs, filles, mères, tantes et grand-mères partout au pays, plus de 1 181 en tout, qui sont disparues ou qui ont été assassinées au cours des dernières décennies. On y revendique aussi la tenue d'une Enquête nationale ainsi que la mise en place de mesures pour mettre fin à la violence et pour remédier aux problèmes sociaux qui l'engendrent.

Vancouver

De 2500 à 3000 personnes se sont rassemblées sur l'heure du midi le jour de la St-Valentin au coin des rues Main et Hastings dans le quartier est du centre-ville de Vancouver. Elles ont marché en solidarité avec les familles qui ont perdu leurs filles, conjointes, soeurs, tantes, nièces et amies proches, victimes des meurtres et de la violence sans fin commise contre les femmes autochtones de cette ville.

Un grand nombre de jeunes ont participé à l'événement. Le déroulement de la marche interdisait les pancartes et les banderoles organisationnelles pour mieux se concentrer sur l'aspect commémoratif de l'événement envers les femmes disparues et assassinées. Plusieurs bannières et pancartes soulevaient la nécessité d'une enquête nationale publique pour faire la lumière sur ces atrocités commises contre les femmes, en particulier les femmes autochtones, d'un bout à l'autre du Canada.

Parmi les participants il y avait des membres de l'Assemblée législative de la Colombie-Britannique, le Grand Chef Stewart Phillip, président de l'Union des Chefs indiens de la Colombie-Britannique, Irene Lanzinger, présidente de la Fédération du Travail de la Colombie-Britannique, le chef de police de Vancouver, ainsi que d'autres personnalités publiques. Les seules à prendre la parole furent les organisatrices autochtones et les femmes qui ont exprimé leur douleur à la perte d'un être cher.

La marche de trois heures a avancé lentement dans les rues du centre-ville et des fleurs ont été déposées aux endroits où des femmes avaient été assassinées ou enlevées, jusqu'au totem du parc Oppenheimer où des centaines de chandelles ont été allumées. Les participants se sont ensuite rendus au Centre communautaire japonais où il y a eu discours, repas, tambours et danses.

Prince-George

« Pour ne pas oublier, marchons avec toutes nos grands-mères, mères, tantes, soeurs, filles et amies de nos communautés dans nos coeurs. » Tel fut l'appel lancé aux femmes, jeunes, enfants et hommes pour qu'ils participent à la Marche commémorative des femmes à Prince George afin de commémorer les femmes et enfants disparus et assassinés partout au Canada ainsi que toutes les femmes et les enfants victimes de violence.

Les participants ont transporté des pancartes dénonçant Harper pour son commentaire méprisant à l'effet que les femmes disparues et assassinées n'étaient pas sur son « radar ». Ainsi fut réitérée la demande qu'une Enquête publique soit tenue afin que les recommandations de la Conférence de la Route des pleurs soient réalisées. Les manifestantes ont aussi exigé qu'action soit prise pour que cessent sans plus tarder les atrocités dont sont victimes les femmes autochtones, leurs enfants et leurs familles.

Suite à l'accueil à tous sur le territoire traditionnel du Lheidli T'enneh, des commentaires initiaux ont été faits par les organisateurs de la marche représentant l'Union des étudiants du collège de la Nouvelle-Calédonie et par le Chef Terry Tegee du Conseil de bande Carrier Sekani. Des musiciens ont dirigé la marche, accompagnant de battements de tambours le chant de la Guerrière, et la centaine de participants ont marché dans le centre-ville de Prince-George.

Courtenay

Plus de cent personnes se sont rassemblées au parc Simms à Courtenay le 14 février pour une « Marche commémorative pour nos soeurs qui nous ont été volées ». La musique et la danse des membres de la Première Nation K'omoks ont ouvert la marche et l'organisatrice de la marche a expliqué les débuts de cette action commémorative annuelle et comment de jeunes femmes et des enfants avaient participé à fabriquer les banderoles et les silhouettes rouges des femmes autochtones disparues qui avaient fait partie de la communauté locale.

L'oratrice ainsi qu'une femme par la voix de sa poésie ont mis en lumière la nécessité pour tous de s'opposer à la violence contre les femmes des Premières Nations. Elles ont fait valoir qu'il s'agissait d'une lutte contre l'histoire coloniale qui traite des Premières Nations comme d'un peuple conquis. Elle a affirmé : « Nous n'avons pas été conquises et nous ne le serons jamais. »

La marche a suivi la piste qui fait le tour du parc Simms jusqu'au pont Fifth Bridge à la périphérie du centre-ville de Courtenay, pour ensuite retourner au parc où tous ont participé aux battements de tambours et à la danse.

Nanaimo


Victoria



Calgary



Edmonton




Saskatoon


Winnipeg



London


Toronto

À Toronto plusieurs centaines de personnes ont participé à la 10e cérémonie annuelle des fraises tenue à l'extérieur du quartier général de la police de Toronto. Le choix de cet endroit est pour souligner que les gouvernements et leurs forces policières ont la responsabilité d'agir pour mettre fin à la violence. La cérémonie, organisée avec la participation large d'autochtones, d'étudiants et d'organisations pour la justice sociale, a été suivie par une marche et un repas.




Montréal

Affrontant un froid glacial, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées à Cabot Square dans l'ouest de Montréal pour la marche commémorative. Les orateurs ainsi que les pancartes ont fait valoir que le gouvernement Harper avait manqué à ses responsabilités de faire enquête et de prendre des mesures pour mettre fin aux disparitions et aux meurtres des femmes et des filles autochtones, faisant aussi valoir que le Canada refusait de régler les comptes avec son histoire de violence coloniale et d'abus envers les femmes en général.

La marche s'est terminée au square Phillips où des centaines d'étoiles portant le nom des femmes disparues ont été déposées dans la neige. Quarante-six des femmes disparues sont du Québec.




Sherbrooke

(Photos : TML, PMLQ, E. Galen, L. Oikawa, D. Radmore, B. Brault, J. Akerman, T. Jackson, M. Nakehko, D. Dozlaw, L. Clements, M. Ikore, J. Mathieson, M. Donly, Justice for Lacey, Anonymous, Les Indignants, J. Yu, A. Pike, U. Txa)

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Dans l'actualité
Venezuela

Une tentative avortée de coup d'État est exposée


Célébration du Jour de la jeunesse vénézuélienne le 12 février 2015

Le gouvernement vénézuélien a récemment exposé une autre tentative avortée de coup d'État par les forces de l'opposition. Cette tentative de renverser le gouvernement démocratiquement élu du Venezuela fait partie des plans des impérialistes américains de s'imposer aux peuples de l'Amérique latine et des Caraïbes. L'intrigue implique les membres du corps diplomatique des États-Unis et du Royaume-Uni au Venezuela, et le Canada a également été impliqué dans le complot par la participation présumée de la GRC.

Le 12 février, lors du premier anniversaire de la campagne violente de l'opposition, le gouvernement vénézuélien a révélé qu'il avait déjoué une tentative de coup d'État prévu pour ce jour-là. TeleSUR écrit : « Les comploteurs avaient prévu de renverser le gouvernement élu du président Nicolás Maduro par une campagne de violence, y compris des massacres et des bombardements tactiques de sites stratégiques à Caracas. Lorsque la poussière se serait dissipée, les putschistes se seraient attendus à ce que les principaux responsables gouvernementaux, y compris Maduro, soient morts, le pays alors solidement sous leur contrôle. » Le plan comprenait le bombardement du palais de Miraflores et des bureaux de TeleSUR à Caracas, ainsi que l'assassinat du président Nicolas Maduro et d'autres personnes.

Lors d'un discours télévisé le 12 février, le président Maduro a déclaré que des civils et des membres des forces armées avaient été arrêtés. Ceux qui sont impliqués avaient été payés en dollars américains et un des suspects avait obtenu un visa pour entrer aux États-Unis advenant l'échec du complot. Il a expliqué que les putschistes avaient prévu un gouvernement et un programme de transition. Maduro a ajouté qu'un vidéo montrant des militaires masqués se déclarant contre le gouvernement avait été enregistré et devait être diffusé, à partir du Venezuela ou de Miami, une fois que les assassinats planifiés seraient accomplis.

TeleSUR rapporte que le plan en quatre étapes incluait créer une guerre économique contre le Venezuela, générer un débat international autour d'une supposée crise humanitaire, un coup d'État politique comprenant des fonctionnaires qui se révoltent contre le gouvernement et enfin un coup d'État militaire qui conduirait à la mise en oeuvre du programme de transition. Le jour précédent celui où le coup d'État devait avoir lieu, les dirigeants de l'opposition Leopoldo López, María Corina Machado et Antonio Ledezma ont publié un « plan de transition » qui a appelé à la privatisation de l'industrie pétrolière du pays, la déréglementation de l'économie et des accords avec les institutions financières internationales, y compris le Fonds monétaire international.

Maduro a déclaré que le complot a été déjoué après que des responsables militaires qui avaient été pressentis pour y participer ont rapporté aux autorités ce qui se tramait. Maduro a appelé le peuple vénézuélien à demeurer vigilant et prêt à maintenir la paix dans le pays face aux tentatives répétées par les secteurs de la droite qui cherchent à renverser le gouvernement démocratiquement élu.

En ce qui concerne la position des forces armées, le ministre vénézuélien de la Défense Vladimir Padrino López a tenu une conférence de presse dans l'après-midi du 13 février durant laquelle il s'est engagé à demeurer loyal envers le gouvernement démocratiquement élu du président Maduro. « Les Forces armées réitèrent leur soutien et leur fidélité au président Nicolás Maduro Moros et réaffirment leur engagement envers l'édification et la volonté du peuple, ainsi qu'envers les plans d'édification du socialisme pour le pays, a déclaré Padrino Lopez. À la lumière de cette situation, les forces armées continuent d'être unies et rejettent tout acte de barbarie ... un pays ne se construit pas sur la violence. » Il a souligné que le coup d'État a été contrecarré précisément à cause de la loyauté et l'intégrité des fonctionnaires du pays et que ceux qui sont impliqués dans la tentative de coup d'État font partie d'un très petit groupe et ne représentent pas les Forces armées du Venezuela.

Le 13 février, le président de l'Assemblée nationale du Venezuela, Diosdado Cabello, a fourni des informations sur l'intrigue. Il a dit qu'un membre de la Gendarmerie royale du Canada et un membre du corps diplomatique du Royaume-Uni au Venezuela étaient impliqués, y compris par la recherche d'informations sur la capacité de l'aéroport en cas d'urgence. Cabello a également souligné que le président américain Barack Obama a déclaré que « le leadership américain signifie parfois tordre le bras des États qui ne font pas ce que nous leur demandons de faire. » C'est en accord avec la Stratégie 2015 de sécurité nationale des États-Unis (NSS). Entre autres choses, la NSS présente les États-Unis comme le principal défenseur de la démocratie et préconise la menace et l'utilisation de la force comme partie intégrante de la diplomatie américaine dans laquelle elle cible le Venezuela, en déclarant : « [Nous] appuyons les citoyens de pays où le plein exercice de la démocratie est en danger, comme le Venezuela ».

Les autorités vénézuéliennes ont identifié une liste de personnes de l'ambassade américaine à Caracas qui ont fourni des visas aux personnes impliquées dans la tentative. L'émission de ces documents pour accorder l'asile politique à ceux qui sont impliqués dans le coup d'État était déjà en cours dans le cas où le complot échouait.

Le Marxiste-Léniniste condamne vigoureusement les plans terroristes soutenus par les États-Unis contre le Venezuela et la tentative par tous ceux impliqués dans ce complot de forcer un changement de régime et de compromettre la souveraineté du peuple vénézuélien. Comme dans les dernières tentatives de coup d'État, le silence du gouvernement canadien est très révélateur. Le gouvernement Harper prétend qu'il s'oppose au terrorisme, mais il est sans scrupules car il n'a pas dit un mot sur les récents événements au Venezuela.

(Sources provenant de TeleSUR)

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D'autres indications du sale boulot
du Canada au Venezuela


Manifestation à Ottawa le 20 février 2014 contre l'ingérence du Canada
et des États-Unis au Venezuela

Le 13 février, lors de la déclaration à la télévision sur le coup d'État déjoué contre le gouvernement bolivarien du Venezuela, le président de l'Assemblée nationale Diosdado Cabello a fait référence à l'existence d'une filière canadienne. Le président Nicolas Maduro a affirmé que le coup d'État avorté a été organisé et financé par le gouvernement des États-Unis.

Cabello a déclaré qu'un membre de la GRC rattaché à l'ambassade du Canada, qui a été identifié comme étant Nancy Birbek, ainsi qu'un autre fonctionnaire de l'ambassade, ont plus tôt durant la semaine enquêté sur les installations de l'aéroport de Valence et ont voulu connaître la capacité de l'aéroport à gérer « des cas particuliers ». Il a dit que la fonctionnaire a agi en dehors de sa zone de responsabilité et s'est demandé à haute voix à quelle éventualité l'ambassade aurait pu se préparer.

Le 15 février, trois tweets laconiques sont apparus sur le compte Twitter de l'ambassade du Canada pour rejeter les allégations de Cabello comme étant fausses et affirmer que l'ambassade avait informé d'avance le gouvernement au sujet du « voyage à Valence » dans une lettre, affirmant que cela comprenait la planification d'un plan d'urgence pour aider les citoyens canadiens, comme cela se fait dans n'importe quel pays.

Que ce soit le cas ou pas que les fonctionnaires de l'ambassade du Canada fassent partie de la planification du coup d'État, ce n'est pas la première fois que des soupçons sont soulevés sur le rôle que joue le Canada dans ce pays, surtout depuis l'arrivée de l'ambassadeur Ben Rowswell en mars de l'année dernière. Moins de deux semaines avant le coup d'État soit démasqué, Cabello a demandé lors de son émission de télévision hebdomadaire Con el Mazo Dando à quoi l'ambassade du Canada et son ambassadeur se sont adonnés en s'ingérant dans les affaires internes du Venezuela. Ses commentaires font référence au fait que l'ambassadeur ait été le co-hôte d'une remise de prix à sa résidence à la fin de janvier à laquelle un certain nombre de personnes et d'organisations ont été honorées pour leur travail à « la défense des droits de l'homme » au Venezuela. Dans la plupart des cas, les ONG qui ont été honorées pour leur travail sur les droits de l'homme présentent le gouvernement bolivarien de manière négative.

Le lauréat du « Prix des droits de l'homme » de l'ambassade avait droit à un voyage toutes dépenses payées pour rencontrer « les autorités et les organisations des droits de l'homme » au Canada ainsi qu'une visite des villes vénézuéliennes afin de partager son expérience. Encore plus révélatrice est la présence, parmi les invités à l'événement sur les droits de l'homme tenu par l'ambassade, de la femme de Leopoldo Lopez, la figure de proue de l'opposition de droite actuellement emprisonné et jugé pour son rôle dans l'organisation des barricades et des manifestations de rue violentes antigouvernementales l'année dernière visant à destituer le président Maduro par des moyens inconstitutionnels. Le plan a lamentablement échoué mais il a causé la mort de 43 personnes ainsi que des centaines de blessés et des dommages matériels répandus.

Et il y a plus. En juillet, le journaliste respecté et ancien vice-président du Venezuela José Vicente Rangel a déclaré lors de son émission de télévision hebdomadaire que l'ambassade canadienne semblait se livrer à des activités « étranges » contre le gouvernement constitutionnel du Venezuela. Rangel a cité des rapports de membres d'une agence de renseignement bien connue spécialisée dans les activités de déstabilisation, qui ont été amenés au Venezuela par le biais de la mission diplomatique du Canada. Comme on pouvait s'y attendre, l'ambassade a nié qu'il y avait quelque vérité à ces allégations.

Bien qu'il soit en poste depuis presqu'un an, Rowswell demeure l'ambassadeur désigné du Canada au Venezuela, puisqu'il n'a pas été accrédité par le gouvernement bolivarien.

Notes

Qui est Ben Rowswell ?

Ben Rowswell a été officiellement nommé ambassadeur au Venezuela le 28 février 2014 peu de temps après le début dans le pays des manifestations dirigées par l'opposition et que des rapports concernant des manifestants tués par les autorités vénézuéliennes aient commencé à circuler. Sa mission précédente a été celle de Directeur des États du Golfe et la Division du commerce régional des Affaires étrangères. Il parle farsi, arabe, espagnol, français et anglais.

Décrit en 2010 par le Toronto Star comme « une étoile montante du service des affaires extérieures », il a également été désigné comme « le diplomate de combat » du Canada en raison de son travail dans les zones de guerre/conflit.

Ses récents projets sont décrits dans son profil sur Linked In :

Cloud to Street (de mars 2011 à août 2011)

Un projet de recherche pour mettre en lien les militants de la démocratie de la place Tahrir avec le soutien technologique de Silicon Valley par le biais du développement de logiciels pour satisfaire les besoins des militants suite à une série de piratages, produisent souvent une plateforme en langue arabe d'externalisation ouverte (« crowdsourcing ») afin de générer un consensus sur la protection des droits de l'homme dans le contexte de la nouvelle constitution égyptienne.

Initiative de la diplomatie directe (de décembre 2012 à aujourd'hui)

Une campagne visant à utiliser une combinaison de communications directes et en ligne pour engager les citoyens de pays étrangers directement dans la poursuite des objectifs de la politique étrangère du Canada.

Autres informations biographiques

Études universitaires

Relations internationales de School of Foreign Service de l'Université de Georgetown (1993) et à Oxford (2000)

Expérience/assignation

1993 - Entrepreneur auprès des Nations unies en Somalie pendant la guerre civile du pays.

1995-98 - A travaillé auprès de la section politique de l'ambassade canadienne au Caire.

2003-2005 - Chargé d'affaires canadien en Irak

2003-04 - Associé principal au Centre d'études stratégiques et internationales, Washington, DC travaillant sur les questions de sécurité intérieure en Irak. A travaillé pour l'Institut national démocratique en Irak

2008-09 - Sous-chef de la mission canadienne à Kaboul

2010 - A dirigé une équipe de reconstruction en province de plus de 100 diplomates, travailleurs humanitaires, policiers civils et agents correctionnels américains et canadiens en partenariat avec les Forces canadiennes à Kandahar

2010-11- Chercheur invité au Centre universitaire de Stanford sur la démocratie, le Développement et l'État de droit ; fondateur de l'Unité de la démocratie du MAECI ; conseiller auprès du Conseil privé ; a travaillé auprès de la Mission permanente à l'ONU ; premier récipiendaire du Prix Palmer pour les diplomates octroyés par la Communauté des démocraties, une organisation de promotion de la démocratie américaine qui reçoit du financement de Freedom House, Open Society Institute de George Soros et du National Endowment for Democracy, entre autres. Le prix est nommé en honneur de l'ambassadeur américain Mark Palmer qui a travaillé en Hongrie durant « la transition vers la démocratie » du pays.

Embassy Magazine a décrit dans son édition de mars 2014 l'affectation de Ben Rowswell au Venezuela comme suit : « M. Rowswell est un des plus grands praticiens de la diplomatie numérique du Canada : il a supervisé un projet pilote l'an dernier sur la diplomatie directe pour le ministère des Affaires étrangères, du Commerce et du Développement où il a aidé à établir une plateforme de communication pour les Iraniens et les émigrés iraniens afin de communiquer entre eux et parfois avec le gouvernement canadien, hors d'atteinte des censeurs de ce pays.

Lors d'une entrevue téléphonique, il a déclaré qu'il a commencé à promouvoir l'utilisation par le gouvernement de la diplomatie numérique après une année sabbatique passée à l'Université Stanford de 2010 à 2011, au cours de laquelle il a étudié la façon dont les militants ont utilisé les médias numériques pour influencer un changement politique.

« Ses compétences en médias numériques vont l'aider à recueillir des informations cruciales sur la situation politique au Venezuela sans compter sur les médias traditionnels. »

« Nous voulons savoir ce qui se passe au Venezuela et parce que l'essentiel du débat politique et de la discussion politique, et franchement juste les nouvelles brutes provenant du Venezuela, se passent sur les médias sociaux, nous devons aussi être présents sur les médias sociaux », a-t-il dit.

« Il est important d'avoir une très bonne mise à jour politique fiable » dans un pays en crise, a déclaré John Graham, un ancien ambassadeur au Venezuela, dans un entretien téléphonique. Des relations bilatérales froides signifient qu'il « est hautement improbable que [M. Rowswell] soit en mesure d'exercer une influence sur la situation » par la diplomatie traditionnelle, a déclaré M. Graham.

L'expérience de M. Rowswell à mobiliser la population iranienne par la diplomatie directe pourrait être un signe de la stratégie du gouvernement pour ce pays, a déclaré David Carment, un chercheur auprès de l'Institut canadien de la défense et des affaires étrangères et professeur des relations internationales à l'Université Carleton, dans un entretien téléphonique.

« Le gouvernement Harper agit très délibérément et de façon spécifique pour ce qui est des endroits où il veut faire des percées », a-t-il dit, notant les liens étroits entre les gouvernements vénézuélien et iranien à l'époque des anciens dirigeants Hugo Chavez et Mahmoud Ahmadinejad.

Une délégation iranienne s'est rendue au Venezuela et à Cuba cette semaine et a exprimé son appui au gouvernement de Nicolás Maduro, rapportent les agences de presse iraniennes Tasnim et Press TV. Le gouvernement fédéral du Canada estime qu'il a un intérêt à saper le gouvernement vénézuélien, a dit M. Carment, qu'il considère comme hostile à ses intérêts.

« Ce que je dis, c'est que la raison pour laquelle le Venezuela serait un choix pour ce gouvernement, par opposition à une myriade d'autres pays que vous pourriez choisir, est son lien [avec l'Iran] », a déclaré M. Carment.

Ana Carolina Rodriguez, la chef de mission à l'ambassade du Venezuela à Ottawa, a déclaré dans une entrevue qu'il ne serait pas convenable pour M. Rowswell ou elle-même d'encourager la population du pays hôte à dénoncer ou à se révolter contre le gouvernement.

M. Rowswell a dit qu'il ne lui a pas été demandé d'entreprendre ce genre de diplomatie directe qu'il a pratiquée avec la population iranienne, n'entretenant aucun lien avec le gouvernement, mais de « comprendre toute la diversité des points de vue » et prendre contact avec tous les acteurs politiques.

Le gouvernement du Canada augmente partout son utilisation de la diplomatie numérique, dit-il, et la nature bidirectionnelle de la communication par le biais des médias numériques signifie qu'il ne peut rester muet sur les questions qui l'interpellent à exprimer une opinion.

Il ne va utiliser les médias numériques que pour « complémenter » les tactiques plus traditionnelles de la diplomatie, a-t-il dit.

Il a dit qu'il n'a pas encore une compréhension claire de la relation entre le Venezuela et l'Iran, ajoutant : « Je dois juste garder un oeil ouvert. »

À lire au sujet de la diplomatie numérique du Canada :

Le nouvel instrument de subversion du gouvernement Harper

Les négociations sur le programme nucléaire de l'Iran et le projet de « diplomatie numérique »

(Gouvernement du Canada, l'Université de Stanford, Globe and Mail, Embassy Magazine, Community of Democracies, Correo del Orinoco, Telesur, Noticias al Dia ya la Hora, Univision)

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Le Canada incite à un faux débat
sur les droits humains

Le Canada a contribué aux tentatives de coups d'État en assumant le rôle de fomentateur de débats internationaux sur une prétendue crise humanitaire au Venezuela. Cela se fait par des canaux officiels comme le sous-comité parlementaire des droits internationaux de la personne et les activités subversives de certains députés. Il y a entre autres le député libéral Irwin Cotler qui fut un participant bien en vue du forum du 4 février à l'Université McGill sous le thème : « Le Venezuela en crise : le déclin de la démocratie et la répression des droits humains ».

Étaient également présents au forum de McGill des parents et associés politiques de Leopoldo Lopez, fondateur et dirigeant du Parti de droite Voluntad Popular (Volonté populaire), aujourd'hui emprisonné pour avoir incité à la violence causant la mort de 43 personnes en 2014. Lopez était également impliqué dans l'enlèvement et la détention du ministre de l'Intérieur suite à l'échec de la tentative de coup d'État contre le président Hugo Chavez en 2002.

Le 5 février, ces mêmes personnes ont comparu devant le sous-comité parlementaire des droits internationaux de la personne, soit : Diana Lopez, soeur de Leopoldo Lopez ; Orlando Viera-Blanco, procureur de l'ex-députée de l'assemblée nationale Maria Corina Machado, alignée sur les États-Unis ; et Carlos Vecchio, coordonnateur du Voluntad Popular en l'absence de son chef. Vecchio a fui le Venezuela en 2014 parce qu'il fait l'objet d'un mandat d'arrestation pour s'être livré au même genre d'activités que Lopez. Il a dit au sous-comité qu'il est venu au Canada parce qu'il ne « peut pas parler librement » dans son pays, omettant toutefois de dire que la plupart des médias au Venezuela sont entre les mains de grandes entreprises privées opposées au gouvernement. Il a dit que son parti lui a conseillé de quitter le pays et de jouer « un rôle international » dans l'effort pour saper le gouvernement élu du Venezuela.

Le sous-comité n'a invité aucun représentant du Venezuela ni aucun des autres partis politiques ou organisations pour contredire toutes ces accusations que se sont empressés de gober les députés présents. Parmi ceux-ci il y a le libéral Irwin Cotler, le conservateur David Sweet et le néodémocrate Wayne Marston. Marston a laissé entendre que les manifestations au Canada ne sont pas l'objet de répression policière. « M. Vecchio, a-t-il dit, en 1996 j'étais à la tête d'une manifestation au Canada et c'était la plus grande manifestation civile, de 100 000 personnes. Et je n'avais pas à me soucier de la police du tout. »

Le conservateur Sweet a proposé que le sous-comité envoie une lettre au ministre des Affaires étrangères et au premier ministre pour « enquêter l'approche américaine sur les sanctions contre des individus au Venezuela et voir si c'est quelque chose que le Canada pourrait faire pour envoyer un message clair que nous sommes très préoccupés par la situation des droits de la personne au Venezuela ». Le comité a accepté et Cotler a ajouté qu'il avait déjà proposé de le faire lors du forum du 4 février à McGill.

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Un avocat canadien et député libéral préconise l'opposition violente

Le député libéral Irwin Cotler se dit un avocat des droits internationaux de la personne. Il est présentement engagé dans la campagne pour la libération du chef de l'opposition réactionnaire au Venezuela Leopoldo Lopez, qui fait face à des accusations relatives à son rôle dans l'incitation à des protestations violentes et à des dommages à la propriété l'année dernière qui ont fait 43 morts et des centaines de blessés.

Dans un communiqué affiché sur son site Web, Cotler exhorte le Canada « à se joindre aux États-Unis, à l'ONU, au Parlement européen, au Vatican, et à d'autres leaders du monde entier qui ont réclamé la libération des prisonniers politiques vénézuéliens, ainsi que la fin de la répression nationale et la promotion de la démocratie, des droits de la personne et de la primauté du droit au Vénézuéla ».

Dans son intervention au parlement le 18 février, Cotler a tenté de contredire les preuves que le chef de l'opposition Leopoldo Lopez, qu'il appelle un « prisonnier de conscience », participe depuis longtemps à des activités visant le renforcement par la force du gouvernement bolivarien du Venezuela, à commencer par le coup d'État échoué contre le président Chavez en 2002. Cotler reprend plutôt les accusations sans fondement des États-Unis et des forces réactionnaires de l'opposition au Venezuela que le président Nicolas Maduro et le gouvernement bolivarien violent les droits de la personne alors que Lopez et d'autres représentants de cette opposition ne sont que des « manifestants pacifiques ».

Cotler a dit : « Monsieur le Président, il y a un an aujourd'hui avait lieu l'arrestation de Leopoldo López, chef de l'opposition au Venezuela, dans la foulée de la répression de manifestations pacifiques, qui a entraîné la mort de 43 personnes et la détention de 3 000 personnes, dont un grand nombre de prisonniers politiques. » Il donne l'impression que les victimes sont mortes à cause de répression policière alors qu'en réalité la moitié des victimes étaient des supporters du gouvernement, des membres du personnel de sécurité et membres du public.

Selon Fairness and Accuracy in Reporting, cité dans un article de TeleSUR publié sous le titre « Douze choses que les médias n'ont pas dites », « la présence de barricades semble être la cause la plus probable des décès : des individus ont été tués alors qu'ils tentaient de retirer les barricades de l'opposition, des accidents de voiture causés par la présence de barricades et plusieurs incidents attribués au fait que l'opposition a déployé des fils de lames dans les rues près des barricades. »

Irwin Cotler est un habitué de la déformation des faits. Il qualifie chacune des tueries d'Israël à Gaza de « légitime défense » et tient « la guerre terroriste du Hamas contre Israël » responsable de toutes les horreurs infligées par Israël aux Palestiniens. Il a soutenu l'usage de la force dans d'autres circonstances également. Par exemple, l'automne dernier il fut le seul député à s'abstenir et le seul libéral à ne pas suivre le chef du Parti qui a voté contre la motion d'envoyer des avions de combat CF-18 combattre en Irak. Il a préconisé des frappes aériennes contre la Syrie et dénoncé le gouvernement Harper quand il a dit qu'il ne bombarderait des cibles en Syrie que si le gouvernement de ce pays le demandait. Cotler est un grand défenseur de la doctrine impérialiste de la « responsabilité de protéger » qui se sert des « droits de la personne » comme prétexte pour violer la souveraineté de pays étrangers et commettre l'agression contre eux.

Il n'est donc pas surprenant qu'il décide de s'immiscer dans les affaires du Venezuela et de virer la vérité à l'envers là aussi. Le 4 décembre, Cotler a réussi à inclure Leopoldo Lopez sur la liste de « prisonniers de conscience » lors d'une conférence parlementaire à l'occasion du premier anniversaire de la mort de Nelson Mandela.

Cela faisait suite à la comparution de Lilian Tintori, l'épouse et porte-parole de Lopez, devant le sous-comité parlementaire sur les droits internationaux de la personne en novembre dernier pour parler de la « dictature » et de l'« oppression » au Venezuela. Le comité a adopté à l'unanimité une résolution condamnant « la détention arbitraire et illégale de M. Lopez et la violation de ses libertés et de son droit fondamental à un procès équitable tel que garanti par le droit international et la constitution du Venezuela.

Au forum organisé à l'Université McGill le 4 février, Carlos Vecchio, coordonnateur national du Parti Volonté populaire de Lopez, a présenté Irwin Cotler comme un « avocat de Mandela ». Cotler aurait été un des avocats plaidant la cause de Nelson Mandela au Canada. Il prétend qu'à la suite d'un voyage en Afrique du Sud dans le cadre de la campagne pour réclamer la libération de l'espion américain et sioniste endurci Natan Sharansky, les avocats de Mandela lui ont demandé de faire la même chose pour Nelson Mandela.

Dans un article du 7 décembre 2013 paru dans le National Post, Cotler écrit : « Lorsque les avocats de Mandela m'ont demandé d'être son avocat au Canada, et de faire campagne pour lui comme je l'avais fait pour Sharansky, j'ai été heureux d'accepter.

« À mon retour au Canada, j'ai intensifié ma campagne contre l'apartheid, entre autres en participant au lancement d'une grande initiative anti-apartheid avec le Conseil canadien des Églises, le Congrès du travail du Canada, le World Federalists of Canada, Amnesty International et d'autres. »

Or, TeleSUR rapporte avoir été informé le 5 février par l'ambassadeur de la République de l'Afrique du Sud au Venezuela, Pandit Thaninga Shope-Linney, qu'« Irwin Cotler n'était pas l'avocat de Nelson Mandela et ne représente le gouvernement ou le peuple d'Afrique du Sud d'aucune manière. »

(Telesur, Venezuelanalysis, National Post)

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Beaucoup de pays et organisations dénoncent
les sanctions américaines

L'Uruguay qui assure la présidence de l'Union des nations sud-américaines (UNASUR), va prochainement convoquer les douze ministres des Affaires étrangères du bloc pour appuyer le Venezuela en raison de menaces de sanctions américaines, rapporte Prensa Latina.

La demande a été faite avant la tenue récente, à Montevideo, Uruguay, d'une réunion du Comité de l'UNASUR des ministres des Affaires étrangères et de son secrétaire général Ernesto Samper.

Les ministres des Affaires étrangères du Brésil, Mauro Vieira, et de l'Équateur, Ricardo Patiño, ont été informés de la situation par leur homologue vénézuélienne, Delcy Rodriguez, et par Samper qui revenait d'une rencontre avec le président vénézuélien Nicolás Maduro.

Après la réunion, Patiño a annoncé que le Comité a décidé de demander au ministre uruguayen des Affaires étrangères Luis Almagro, en tant que président pro tempore de l'UNASUR, de convoquer une réunion sur la question, mais a dit qu'il ne pouvait pas encore fixer de date.

Il a également été convenu d'entrevoir l'ouverture de canaux de communication directs entre les gouvernements des États-Unis et du Venezuela pour éviter les sanctions unilatérales américaines annoncées contre Caracas.

La chancelière du Venezuela, Delcy Rodriguez, qui a rencontré plus tard le président José Mujica et le ministre des Affaires étrangères Almagro, a souligné qu'au cours de la réunion, les parties ont parlé de l'impact éventuel que peut avoir l'ingérence des États-Unis dans la région.

Elle s'est dite alarmée et préoccupée par les déclarations des responsables américains qui « donnent pratiquement le feu vert aux secteurs violents de l'opposition au Venezuela de poursuivre leurs aventures ».

Après la rencontre avec Mujica, Almagro a annoncé que le président a rejeté les mesures américaines et a dit qu'elles « ne constituent pas un instrument valable ou en vertu du droit international et n'ont jamais servi à renforcer les positions des peuples ».

Par ailleurs, l'Alliance bolivarienne des peuples de nos Amériques (ALBA) a publié un communiqué spécial contre l'agression des États-Unis contre la révolution bolivarienne. Le voici :

Communiqué spécial de l'ALBA-TCP

Les peuples et les gouvernements de l'Alliance bolivarienne des peuples de nos Amériques — traité sur le commerce entre les peuples (ALBA-TCP) expriment de nouveau fermement et fortement leur rejet de l'imposition de mesures unilatérales par le gouvernement des États-Unis au peuple et au gouvernement du Venezuela.

Les pays membres de l'ALBA-TCP reconnaissent les efforts remarquables du gouvernement vénézuélien pour améliorer les relations diplomatiques avec les États-Unis dans le cadre du respect mutuel exprimé dans la demande formulée par le président Nicolas Maduro à l'Union des nations sud-américaines (UNASUR) et à son secrétaire général Ernesto Samper, de sorte qu'ils permettent de favoriser un processus orienté vers une approche qui facilite un dialogue constructif avec le gouvernement des États-Unis.

La mise en oeuvre de sanctions unilatérales par le gouvernement des États-Unis contre des fonctionnaires vénézuéliens représenterait un affront à la volonté démocratique du peuple vénézuélien exprimée par le biais d'innombrables processus électoraux et représentée par son leadership politique et de son cadre institutionnel légitimes. En outre, cette nouvelle agression commise par le gouvernement des États-Unis est en contradiction avec les déclarations du président Barack Obama sur l'échec de mesures unilatérales sous forme de pressions économiques, financières et politiques qui sont caractéristiques de l'histoire impériale des États-Unis.

Les pays membres de l'ALBA-TCP rejettent fermement tous les types de mesures coercitives contre le gouvernement vénézuélien par le gouvernement des États-Unis, dont le but évident est de détruire le processus de transformation socio-politique de la société vénézuélienne en conformité avec ses principes souverains et démocratiques. Ces nouvelles sanctions contre le gouvernement et le peuple vénézuéliens, au nom des droits de l'homme, dissimulent les véritables intentions de déstabiliser le gouvernement bolivarien pour provoquer son renversement, ou de changer son régime politique souverainement choisi par son peuple.

Les pays membres de l'ALBA-TCP reconnaissent la Constitution de la République bolivarienne du Venezuela comme un instrument moderne au niveau international en termes de sécurité et de défense des droits humains. En outre, les pays susmentionnés exhortent la communauté internationale, en particulier les pays d'Amérique latine et des Caraïbes, à se joindre au rejet des mesures interventionnistes du gouvernement des États-Unis, qui violent les principes du droit international, la souveraineté des pays et l'autodétermination des peuples.

Enfin, les pays membres de l'ALBA-TCP expriment leur confiance envers l'immense dignité et capacité de résistance du peuple et du gouvernement vénézuéliens et offrent leurs meilleurs efforts pour promouvoir un dialogue constructif sur un pied d'égalité entre la République bolivarienne du Venezuela et les États-Unis d'Amérique.

Le Mouvement des pays non-alignés rejette les sanctions américaines
contre le Venezuela comme une intervention étrangère

Selon les nouvelles, le 7 février le Mouvement des non-alignés (NAM), composé de 120 pays, a publié une déclaration rejetant les dernières sanctions américaines contre les fonctionnaires vénézuéliens au nom de la défense des droits de l'homme et de la démocratie au Venezuela.

Ce qui suit est le texte du communiqué :

« Le Bureau de coordination du Mouvement des pays non alignés rejette catégoriquement la récente décision du gouvernement des États-Unis, en date du 2 février 2015, d'étendre ses mesures coercitives unilatérales contre la République bolivarienne du Venezuela, dans le but de porter atteinte à sa souveraineté, son indépendance politique et son droit à l'autodétermination, en violation flagrante du droit international, y compris les buts et principes de la Charte des Nations unies et la Déclaration relative aux principes du droit international touchant les relations amicales et la coopération entre États, conformément à la Charte des Nations unies.

« Le Bureau de coordination du Mouvement des pays non alignés exprime sa solidarité et son soutien au peuple et au gouvernement du Venezuela en opposition à ces actions illégales et exhorte le gouvernement des États-Unis à renoncer à ces mesures coercitives illégales qui affectent l'esprit de dialogue et de bonne entente politique entre les deux pays. »

Expression d'appui au Venezuela à Montréal


Le 12 février, des Montréalais se sont rencontrés au Centre culturel Simon Bolivar pour entendre une présentation par l'ambassadeur du Venezuela au Canada. L'événement a marqué le premier anniversaire de la violence réactionnaire de rue (« guarimbas ») appuyée par les Américains et qui a causé la mort de 43 personnes et fait 878 blessés.

L'ambassadeur Omar Wilmer Barrientos Fernández a parlé du complot organisé par la droite vénézuélienne avec l'aide du Département d'État américain pour créer un climat d'anarchie et de violence, ainsi que la nécessité de rechercher la vérité et la justice pour les victimes. Il a rappelé l'histoire récente du Venezuela. Le président Hugo Chávez a été élu en 1999 avec comme mandat de mettre en oeuvre des réformes politiques, économiques et sociales au profit de la majorité du peuple, a-t-il rappelé. C'est alors que les réactionnaires ont commencé à comploter pour renverser le gouvernement, ce qui a donné lieu à une tentative de coup d'État en 2002. Ils persistent dans leurs efforts pour déstabiliser le pays, a-t-il souligné, rappelant leur refus de reconnaître les résultats de la dernière élection présidentielle ainsi que la guerre économique menée contre le pays par la thésaurisation des marchandises pour provoquer une hyperinflation. L'ambassadeur a soigneusement documenté ces activités à l'aide de nombreuses images et vidéos montrant l'activité terroriste.

L'ambassadeur Barrientos a conclu la réunion en lançant l'appel à tous de s'opposer à la désinformation faite contre le Venezuela et se joindre le 5 mars prochain à la journée de solidarité internationale avec le peuple du Venezuela et son ordre constitutionnel bolivarien.

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Haïti

Barack Obama a mis en place une dictature en Haïti

Depuis le 12 janvier 2015, Michel Martelly règne par décret sur Haïti avec le plein poids des armes des États-Unis et de l'ONU pour consolider sa dictature. Le Conseil de sécurité des Nations unies, présidé par Samantha Powers, l'ambassadrice des États-Unis aux Nations unies, s'est récemment rendu en Haïti pour légitimer et consolider son engagement envers Martelly malgré les objections du peuple haïtien.

Il y a 29 ans, le 7 février 1986, Haïti a expulsé la dictature sanguinaire de Duvalier, régime appuyé par les États-Unis, et s'est engagée à ne jamais plus permettre qu'une autre dictature voit le jour chez elle.

Aujourd'hui, le 7 février 2015, des dizaines de milliers de manifestants sont descendus dans les rues d'Haïti pour souligner cet anniversaire et cet engagement et pour boycotter et mettre fin non pas à une autre dictature haïtienne appuyée par les États-Unis mais, pis encore, à une dictature mise en place par les États-Unis et l'occupation militaire d'Haïti depuis 11 ans.

En effet, depuis 11 ans les Haïtiens outrés de la dictature et de l'occupation ont, par vagues, envahi les rues pour exiger que cesse l'occupation par les États-Unis et l'ONU sous couverture d'une fausse bienveillance d'organisations non gouvernementales. Depuis la tenue des élections trafiquées de 2010, les manifestants exigent le retrait du gouvernement fantoche de Martelly. À la veille des fêtes carnavalesques, ce mois de février sera à nouveau un mois de manifestations contre la dictature et contre la corruption. Plus récemment, tandis que les prix du pétrole sont à la baisse et que ceux d'Haïti demeurent élevés, et tandis que les élites continuent d'entraver les aspirations naturelles des Haïtiens à la souveraineté et à une démocratie participative haïtienne, les manifestants boycottent aussi les entreprises, et mènent des actions contre l'augmentation du coût de la vie, les bas salaires et les prix élevés du pétrole.


Appel au boycottage contre l'occupation américaine, la dictature Martelly, le coût de la vie le 7 février 2015

À chaque fois que les Haïtiens sont dans la rue, ils peuvent s'attendre à ce que la puissante force policière militarisée formée par les États-Unis intervienne inévitablement avec leurs gaz lacrymogènes, leurs tirs, et même leurs tirs mortels contre les manifestants sans arme, comme ils l'ont fait maintes fois. Selon les témoignages et les rapports suite à la manifestation du 7 février, le véhicule de police militarisé CIMO immatriculé 1-608 a ouvert le feu une fois de plus sur les dirigeants de la manifestation, ceux-ci n'ayant pour armes que leurs corps, leurs chants, leurs slogans, la grâce divine et la certitude que leur invocation de la puissance ancestrale et de l'universelle Bonté ne sera pas en vain.

Les médias corporatistes, l'industrie des droits humains, le complexe industriel de la Charité et autres forces Ndoki de l'empire sont restés silencieux face à l'occupation contractuelle d'Haïti par les États-Unis. Selon le scénario colonial et raciste qui nous est présenté, les pays internationaux « aident » Haïti et n'ont aucun intérêt partisan. Leur fausse crédibilité est très efficace pour obtenir financement et légitimité ainsi que pour faciliter les vils actes et mensonges des ambassadeurs étasuniens en Haïti, du Département d'État des États-Unis, de l'OÉA et de l'ONU.

Les pays internationaux s'appuient entre eux. Le Département d'État des États-Unis finance librement et se sert de l'industrie des droits humains, comme l'ONU, Amnistie internationale, les Partenaires de la Santé de Paul Farmer et d'autres de la caravane de la crise, pour soutenir la crédibilité de la tyrannie néocoloniale en Haïti. Par exemple, les manifestants revendiquent le retrait de la dictature Martelly, de l'occupation d'Haïti par les États-Unis, que cesse la suprématie blanche, les arrestations arbitraires, la corruption et que l'ancien président Bill Clinton et sa bande rendent des comptes pour les 10 milliards $ qu'ils ont recueillis en fonds pour le séisme. Lorsque l'ancienne secrétaire d'État Hillary Clinton a menacé de retirer les visas de fonctionnaires haïtiens si Michel Martelly n'était pas accepté à la deuxième ronde des « élections » (bien qu'il n'avait pas les votes lui permettant de le faire), l'industrie des droits humains n'a absolument rien dit. Depuis 11 ans, l'industrie internationale des droits humains et les médias corporatistes sont demeurés relativement muets face à l'occupation contractuelle d'Haïti par les États-Unis, la fausse aide étasunienne qui est en réalité du blanchiment d'argent, les viols fréquents des enfants haïtiens par les soldats et les tirs par l'ONU contre des manifestants pacifiques, tuant des Haïtiens sans armes. Lorsqu'ils soulèvent ces questions, ce n'est que pour mieux en obscurcir la réalité, minimiser la sauvagerie étrangère comme s'il ne s'agissait pas d'actes criminels exigeant une enquête équitable et indépendante. La plupart du temps, lorsque l'industrie internationale des droits humains mentionne Haïti, c'est pour promouvoir l'occupation et la dictature mise en place par les États-Unis.

Il semblerait qu'Amnistie internationale a fait parvenir une lettre ouverte, mais pas pour demander à l'ONU d'arrêter de tirer sur des manifestants sans armes, ni pour demander à Bill Clinton pourquoi l'argent recueilli devant servir aux personnes sans abri servait plutôt à la construction d'hôtels de luxe. La lettre a été adressée au nouveau premier ministre nommé par Martelly. Amnistie cherche vraisemblablement à influencer le nouveau premier ministre et les organismes non gouvernementaux pour qu'ils répondent aux besoins en logements pour les victimes du séisme en Haïti et pour qu'ils respectent le droit des manifestants à la contestation pacifique. Une telle préoccupation subite est étrange, c'est le moins qu'on puisse dire, puisque les manifestants sont dans la rue depuis des années et qu'ils ont été seuls à exiger que les prisonniers politiques soient libérés.

Martelly gouverne par décrets de façon informelle depuis trois ans et, en plus d'avoir abandonné, évincé et abusé des victimes du séisme, il a systématiquement retiré les terres des paysans pour les remettre à la corporatocratie. Où est la préoccupation d'Amnistie internationale quand Martelly ne cesse de faire de nouveaux sans-abris en Haïti en saisissant les terres et les îles des Haïtiens au large de la côte pour les accorder à des promoteurs de villégiatures de luxe ? La stratégie derrière la « Lettre ouverte » consiste à placer de facto tout le poids d'Amnistie internationale derrière le nouveau premier ministre. Par le fait même, Amnistie a lancé le message aux chancelants à l'effet que Martelly - qui gouverne formellement par décrets et qui a été nommé unilatéralement premier ministre, même après la dissolution du parlement - demeure un gouvernement légitime. Les gens dans la rue veulent que les usurpateurs partent. Mais voilà que des pays de partout écrivent à ces mêmes usurpateurs, reconnaissent leur autorité, leur fournissent des armes et les accueillent dans les coulisses du pouvoir lors de visites du Conseil de sécurité de l'ONU. (Voir: Amnesty International and Human Rights Watch Paid to Destabilize Eritrea; Bombshell proof! Hillary paid Amnesty International to prepare coup d’étatAmnesty International paid to destabilize EritreaThe Hypocrisy of Human Rights Watch et Amnesty International in Peru)

Après 300 ans d'être tenue en esclavage par les Européens et 200 ans ferme de tyrannie europo-étasunienne la maintenant dans la pauvreté, l'abus et l'exploitation, Haïti est toujours sans haine et demeure la nation la moins violente des Caraïbes. Elle manifeste pacifiquement, tout en souffrant sans fin de viols, d'abus et d'atrocités imposés par de puissantes élites portant le visage des Samantha Power, Barack Obama, Bill Clinton, George W. Bush, Hillary Clinton, Paul Farmer, Amnistie internationale et des célébrités hollywoodiennes de ce monde.

De multiples façons, les vies haïtiennes sont chamboulées et échangées contre de l'argent, tandis que les intimidateurs coloniaux circulent en compagnie de gens biens qui croient fermement ne jamais être démasqués, comme si leur impunité, leur dégénérescence et leur profonde corruption était la toute dernière sensation.


Manifestation contre l'occupation d'Haïti par les États-Unis, contre la dictature de Martelly et l'augmentation du coût de la vie, le 7 février 2015. (M. Wilson)

Les manifestants invoquent les Ancêtres. Ils débutent la marche en entonnant les prières traditionnelles qui commémorent les vies et les générations perdues avant le 7 février 1986 et la fin de la dictature duvaliériste et pour exiger la fin de la nouvelle dictature Martelly. Dans ces photos nous ressentons le cri profond du peuple - vèvè - invoquant Ogou et Danto - les énergies, la vibration et l'essence irréductibles de la puissance à l'état brut, de la volonté de fer, de la Mère guerrière et du Père guerrier, des défenseurs de la justice, de la guérison, de l'amour et de la création.

Comme leurs ancêtres avant eux, les Haïtiens sont profondément engagés envers la liberté et la justice. La mort n'est pas le pire destin, vivre en esclave zombie l'est.

Dantò, manman mwen. Ogou, papa mwen : Nou se Ginen depi Lè Marasa, Lè Mò e Lè Mistè. San yo se san nou. Nou fè yon sèl kò. Inyon nou ak Zansèt e TiMoun yo fè fòs nou. Pouvwa Zansèt yo se pouvwa nou. Papa Legba, souple, ouvrè pòt la pou yo. Ohh, mwen wè yo monte anwo, soti Anba Dlo, monte sou tèt dlo a, rale soti lan venn nou, kè nou. Lasous nou rive. Nou wè yo- soti lan lamè, soti lan gròt Ayiti yo, twou wòch yo, anba tè sakre Ayiti Toma a, lan syèl la Zansèt yo e Timoun yo vini. Nou la. Toupatou. San yo se san nou. Pouvra yo se pouvra nou. Se fòs Bon Dye Zansèt nou yo kap kondwi bra nou pou nou ranpòte la viktwa.— Ezili Dantò, Mouvement pour libérer Haïti, le 7 février 2015

« Grenadye alaso sa ki mouri n'ap vanje yo ! » » — Armée indigène d'Ayiti, 1791

(Traduction : LML)

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Colombie

Les pourparlers de paix avancent alors que les FARC visent à devenir un mouvement politique

Le 7 février, les Forces armées révolutionnaires de Colombie - Armée du peuple (FARC) ont réitéré leur détermination à mettre fin au conflit armé et à devenir un mouvement politique. Cette affirmation a été exprimée par le membre de la délégation de paix de l'organisation Jesus Santrich dans le cadre d'une série de propositions qu'elle amène à la dernière ronde de négociations.

Les pourparlers de paix entre les FARC et le gouvernement de Colombie ont repris plus tôt ce mois-ci, les deux parties discutant des droits des victimes du conflit. C'est le quatrième de cinq points à l'ordre du jour à être discuté, les parties ayant déjà conclu une entente sur trois autres. Les pourparlers ont lieu depuis 2012.

Les FARC proposent une série de mesures qu'elles jugent nécessaires pour garantir la fin du conflit armé violent. Parmi elles, il y a certaines mesures à établir immédiatement par le gouvernement colombien, telle l'application d'un cessez-le-feu bilatéral et la suspension des projets miniers et d'énergie qui risquent le déplacement forcé des gens.

Plusieurs des propositions faites par les FARC durant la dernière ronde de négociations s'adressent aux facteurs qui contribuent à l'existence du conflit armé dans le pays. Les FARC appellent à la démilitarisation de la société colombienne et une réforme en profondeur des forces armées du pays. Spécifiquement, elles appellent à une réduction du budget des forces armées — à 2 % du PIB — et la fin de la doctrine de « sécurité nationale », qui a transformé les forces armées du pays en un corps de contre-insurrection, au lieu de défendre la souveraineté nationale, font-elles valoir.

Pour leur part, les FARC ont dit qu'afin d'éviter de futures violences, elles continueraient à travailler à mettre fin au conflit, à devenir un mouvement politique et à participer activement à la construction de la confiance et de la mémoire historique pour la société, un mouvement qui partagerait ses expériences dans la construction de la démocratie directe et communautaire.

Les FARC appellent aussi à des mesures qui garantiraient le droit à la mobilisation politique et la contestation sociale. Dans une tentative précédente pour mettre fin au conflit armé, des milliers d'activistes de l'Union patriotique, un parti politique affilié aux FARC, ont été assassinés par des groupes paramilitaires.

Afin d'éviter une répétition de ces assassinats politiques, les FARC appellent à la création d'une « Commission constitutionnelle permanente » qui aurait pour tâche de défendre les droits humains et de protéger les activistes sociaux.

Ces mesures s'ajouteraient à celles conclues par les parties en rapport avec la Participation politique, le second point à l'ordre du jour. Dans le cadre de cette entente le gouvernement colombien a convenu de créer un « Système intégré de sécurité pour l'exercice des politiques » qui servirait à protéger les activistes politiques.

Les FARC étendent le cessez-le-feu unilatéral

Le 9 février, les FARC ont annoncé leur décision d'étendre indéfiniment leur cessez-le-feu unilatéral. Des représentants de l'organisation de masse appelée Front large pour la paix ont présenté aux négociations de paix entre le gouvernement colombien et les FARC leur rapport sur la mise en oeuvre du cessez-le-feu unilatéral par les FARC depuis la mi-décembre 2014.

La défenseur des droits humains et dirigeante du Front large pour la paix Piedad Cordoba a fait l'annonce au sujet du cessez-le-feu après une rencontre de la délégation des FARC à Cuba. La décision a aussi été confirmée dans une déclaration lue à la presse par Tanja Nijmeijer, combattante des FARC. Cordoba a souligné que de multiples rapports et sources confirment que les FARC respectent le cessez-le-feu. Elle a aussi appelé le gouvernement colombien à agir en conséquence et à rendre la pareille afin de prévenir de nouvelles effusions de sang.

Le Front large pour la paix attend maintenant une rencontre avec le président colombien Juan Manuel Santos pour l'informer directement sur les questions soulevées lors de cette rencontre avec les FARC et sur l'impact positif du cessez-le-feu.

Au sujet des résultats positifs du cessez-le-feu, le président de l'Union agricole FENSUAGRO de Colombie, Eberto Diaz, a dit qu'il n'y a pas de doute que le cessez-le-feu a apporté un soulagement aux paysans. « Effectivement, le conflit a diminué en intensité, et cela a permis aux paysans de se déplacer dans les territoires, cela leur a permis de se réunir avec leurs organisations. En général, nous avons vu un impact positif », notait Diaz.

Eberto a ajouté que les zones rurales ont été lourdement affectées par le conflit armé, mais aussi en raison de l'abandon de longue date par l'État de l'agriculture qui a eu un impact sur la souveraineté alimentaire de la Colombie. « Aujourd'hui nous importons 10 millions de tonnes de produits alimentaires qui pourraient facilement être produits par nos fermiers s'ils avaient l'appui de l'État et si la guerre était terminée », a-t-il souligné.

Pendant ce temps, le 10 février la Commission du conflit historique a soumis un rapport de 700 pages aux procédures à La Havane. Le rapport vise à refléter la complexité des acteurs et les dynamiques qui ont joué un rôle dans le conflit en Colombie, tel l'abandon par l'État de ses responsabilités en agriculture. Le directeur du Centre pour la mémoire, la paix et la réconciliation a déclaré que ce rapport « permettra à la société colombienne de comprendre que cela n'a pas été un conflit simplement entre des acteurs armés, entre la guérilla et l'armée, mais qu'il y a eu aussi des déterminants du pouvoir, de l'économique et institutionnels ».

(Telesur)

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États-Unis

Annulation de la condamnation pour terrorisme
d'un ancien détenu de Guantanamo

Le 18 février 2015, David Hicks, un ancien détenu du camp de concentration et de torture américain de Guantanamo, a gagné son appel de sa condamnation pour terrorisme devant un tribunal militaire américain. Le Tribunal de la Commission d'examen militaire a annulé la condamnation de 2007 de Hicks au motif que les activités pour lesquelles il avait été accusé et condamné ne constituaient pas un crime de guerre et donc le citoyen australien n'aurait pas dû être jugé par un tribunal militaire. « Il n'a rien fait qui était une violation des lois autraliennes, internationales ou des lois américaines. C'est ce que confirme le jugement d'aujourd'hui », a dit l'avocat de Hicks, Stephen Kenny. Le Pentagone a indiqué qu'il n'avait pas l'intention de faire appel de ce jugement.

David Hicks, un citoyen australien, avait été capturé par l'Alliance du Nord en 2001. Un chef de guerre de l'Alliance du Nord a vendu Hicks aux forces américaines pour 5000 $ et dit que l'Australien se battait aux côtés d'Al-Qaïda contre les forces américaines. Il a été parmi les premiers prisonniers envoyés au camp de torture américains à Guantanamo en janvier 2002 et y a été détenu jusqu'en 2007.

En 2004, dans un déclaration sous serment, David Hicks a déclaré qu'il avait subi des sévices sexuels, avait été privé de sommeil, battu, gardé au secret près de 24 heures par jour et drogué. Il a également déclaré qu'il avait vu d'autres détenus être attaqués par des chiens.

En mai 2007, il a plaidé coupable devant un tribunal militaire américain à l'accusation de soutien matériel à une organisation terroriste. Il a toujours maintenu que ce plaidoyer a été fait sous la contrainte, après avoir enduré des années de torture et de mauvais traitements aux mains des forces américaines, afin de pouvoir être rapatrié en Australie. Après avoir plaidé coupable, Hicks a été transféré à la prison de Yatala d'Adélaïde pour purger le reste de sa peine de sept ans. Après neuf mois, les autorités australiennes ont libéré Hicks sous conditions, et il vit actuellement à Sydney.

Après le jugement du Tribunal de la Commission d'examen militaire, Hicks a déclaré : « C'est un soulagement, même si les autorités américaines et australiennes savaient dès le premier jour que j'étais innocent, j'ai subi cinq ans et demi de torture physique et psychologique qui ont ruiné ma vie sans raison, à des fins politiques ». Il a dit qu'il allait demander réparation au gouvernement australien pour son refus de prendre ses responsabilités et de lui venir en aide. « Le gouvernement australien était au courant des conditions dans lesquelles j'étais détenu à l'époque. Il devrait au moins payer mes frais médicaux. Je ne pense pas que je demande grand chose » a déclaré Hicks lors d'une conférence de presse à Sydney le 19 février. Il demande au gouvernement de payer ses factures de soins médicaux dentaires, d'opérations du dos, des genoux et des coudes à cause de blessures résultant de la torture et d'autres sévices. « Être maintenu dans des conditions de froid extrême, des petites cellules pendant des années, ne pas pouvoir ni bouger ni s'entraîner » fait que « le corps se dégrade, même sans la torture,  avec les positions douloureuses et les coups, a-t-il dit. Les soins médicaux suite à la torture coûtent cher ».

Le premier ministre australien, Tony Abbott, a nié que le gouvernement était responsable de protéger ses citoyens. Il a dit que le gouvernement ne ferait pas d'excuses et a déclaré que les crimes et les violations des droits commises à Guantanamo étaient nécessaires. « Et je ne compte pas m'excuser pour les actions que les gouvernements australiens entreprennent pour protéger notre pays. Ni maintenant, ni jamais », a-t-il dit.

(Press TV, TeleSUR)

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David Hicks et la mort d'un système juridique

Dans les annales de l'histoire des affaires judiciaires honteuses, celle de David Hicks, dont la condamnation pour terrorisme vient juste d'être annulée par la Cour d'examen de la commission militaire, se classe parmi les premières.[1] Elle est édifiante à différents niveaux : ce qu'elle dit au sujet de son traitement par le système juridique américain, et ce qu'elle révèle au sujet de l'attitude du gouvernement australien.

Les Australiens ont tendance à ou bien diaboliser, ou bien sanctifier leurs vilains aux prises avec le système judiciaire, à jeter un filet social autour d'eux qui les protège ou les asphyxie. Si c'est un voleur de chevaux irlandais cafouilleur avec des tendances meurtrières et une tenue de combat extraordinaire, alors il est digne d'une place dans le panthéon des héros. Le juge, collectionneur de livres et promoteur de l'éducation, qui le condamne à mort reçoit le traitement contraire : méprisé par la force du folklore historique.

Dès le départ, David Hicks n'était vraiment pas le voleur de chevaux Ned Kelly. Mais il s'est engagé sur une voie de méfaits qui devait lui valoir des points d'inaptitude après le 11 septembre 2001. Il est allé au Pakistan. Il a séjourné dans des camps d'entraînement d'Al-Qaïda en Afghanistan. Il a bu à la coupe de la radicalisation qui allait rendre l'Europe, l'Australie et les États-Unis si inquiets.

Dans le schéma de la politique de grande puissance, il s'est retrouvé impliqué avec une organisation qui n'a pas toujours eu la désignation officielle d'organisation terroriste ; après tout, des éléments d'Al-Qaïda, et leurs hôtes, les talibans, avaient reçu du financement des États-Unis pendant et après la guerre froide. Les ennemis des talibans, l'Alliance du Nord, ont capturé Hicks et l'ont livré aux États-Unis à la fin 2001.

En isolement dans l'univers des camps de Guantánamo, soumis vingt-quatre heures sur vingt-quatre à une lumière artificielle, nourri d'une nourriture immangeable, drogué de force, battu et soumis à toutes sortes d'autres sévices, Hicks est devenu une victime de l'inventivité juridique. Les Commissions militaires des États-Unis, créées spécifiquement pour cibler les non-citoyens des États-Unis, étaient nées. N'étant ni une cour martiale ni un tribunal civil, ces commissions contournaient toute procédure régulière et fusionnaient le rôle du jury et du juge. La règle d'interdiction du ouï-dire ne s'appliquait pas. Le droit de l'accusé d'entendre toute la preuve était restreint. Il n'y avait aucun appel, que ce soit devant un tribunal étranger ou américain. Et la peine de mort pouvait être prononcée.

En 2006, la Cour suprême des États Unis dans Hamdan v. Rumsfeld a jugé que l'administration Bush n'avait pas le pouvoir de créer de telles commissions sans autorisation du Congrès, et qu'elles étaient contraires à cause de cela à des instruments comme les Conventions de Genève.[2] Ce jugement n'a toutefois pas empêché le premier ministre australien d'alors, John Howard, de continuer de déclarer : « Je ne veux pas qu'il [Hicks] revienne en Australie sans avoir d'abord eu son procès aux États-Unis. » Que les Américains le jugent « parce que s'il revient en Australie, on ne pourra pas le juger ». Hicks, en d'autres termes, était déjà coupable dans l'esprit des hauts responsables australiens. « De quoi ?, a déclaré son avocat militaire, Michael Mori. Howard ne savait pas. Comment devrait-il être jugé ? Howard ne savait pas. »

Hicks est devenu le premier et plus douteux trophée du système des commissions remanié. Une grande partie de sa défense est discutée par Mori, un avocat de la défense fraîchement recruté qui a été rapidement plongé dans le labyrinthe juridique byzantin construit autour de son client. Son expérience, discutée dans In the Company of Cowards (2014), est une réflexion non pas seulement sur la défense de Hicks, mais aussi sur l'atrophie d'un système juridique.

Deux questions essentielles ressortent de la tentative de Hicks de faire appel, un appel qu'il finira par gagner. La première importante défiguration juridique dans cette affaire réside dans les manoeuvres qui ont précédé le procès pour amener Hicks à plaider coupable en échange d'une peine moins lourde. En faisant accepter ce plaidoyer « Alford », l'intention était de soustraire toute la façon dont son cas était traité, et par conséquent celui des cas similaires, à un examen juridique plus approfondi.

Le 30 mars 2007, Hicks a plaidé coupable à l'accusation douteuse d'avoir fourni un soutien matériel « à partir de décembre 2000 jusqu'environ décembre 2001, à une organisation terroriste internationale qui se livre à des hostilités contre les États-Unis, en l'occurrence Al-Qaïda, alors que l'accusé savait que cette organisation se livrait à des hostilités et au terrorisme ». Ces accusations, très créatives et rétroactives, avaient été portées contre lui en février 2007, celle de tentative de meurtre a été retirée par la suite.

David Hicks a été condamné à sept ans d'emprisonnement, en tenant compte du temps déjà passé en détention. (Ce dernier point est important : les procureurs étaient réticents à bouger sur cette question, mais ont accepté qu'il ne restait que neuf mois à purger). Le 20 mai 2007, Hicks a été rapatrié en Australie, a purgé sa peine à la prison de Yatala d'Adélaïde et est sorti en décembre de la même année.

Ce qui était significatif dans ce cas, c'est que Hicks, son avocat de la défense et l'autorité convocatrice avaient signé un accord préalable au procès indiquant que l'appelant avait offert de plaider coupable à la première accusation pourvu qu'il « renonce volontairement et expressément à tous droits d'appel ou de façon incidente de ma condamnation, peine ou toute autre question relative à cette accusation, si un tel droit d'appel ou celui de contester autrement la peine prononcée découle de la Loi sur la Commission militaire de 2006 ou toute autre disposition des lois des États-Unis ou de l'Australie ».

Puis il y eu d'incroyables obstacles juridiques. La commission de révision, après avoir statué qu'elle avait compétence pour entendre l'appel, a considéré le verdict d'une façon très spécifique. La première renonciation était réputée avoir été faite volontairement, en toute connaissance de cause, en ayant bien compris ce dont il s'agissait. L'accord préalable au procès de Hicks a été jugé favorable. Il s'était vu accorder des concessions. Mais l'omission de réintroduire « sa renonciation d'appel dans les 10 jours après que l'autorité convocatrice ait fourni un avis des mesures prises invalidait sa renonciation d'appel. »

« Il n'y a pas suffisamment d'indications que l'appelant a réitéré son désir de ne pas interjeter appel dans les 10 jours. » En d'autres termes, Hicks n'avait pas donné de motifs suffisants pour montrer qu'il avait renoncé à son droit d'appel. « Ainsi, la renonciation est considérée comme invalide ou inapplicable. » Le résultat : « Les verdicts de culpabilité sont annulés et rejetés et la peine de l'appelant est annulée ».

Le deuxième point noté par la commission de révision, citant la Cour d'appel du District de Columbia dans l'affaire Al Bahlul (2014), a été que « c'était tout simplement une violation ex post facto » de juger une personne pour l'accusation d'avoir fourni un soutien matériel au terrorisme après le fait. C'était une erreur « préjudiciable » qui nécessitait l'annulation de la condamnation. Bien que le plaidoyer de Al Bahlul n'était pas le même que celui de Hicks, « ces différences ne dictent pas un résultat différent ». Hicks, en d'autres termes, avait été frappé par une punition rétroactive illégale.

Dit plus clairement, la façon dont Hicks a été traité non seulement violait le principe sacré de la présomption d'innocence, mais elle proposait un nouvel ordre juridique porteur de toutes les odieuses qualités kafkaïennes. Dans le sinistre purgatoire juridique de Guantánamo, Hicks était victime de la version de Washington de la disparition avec la complicité servile de Canberra.

Les autorités politiques de l'Australie continuent dans la même ligne et claironnent un point de vue qui justifie la sous-traitance de la torture, de la détention et de l'isolement cellulaire de leur propres citoyens. (Elles n'ont même pas le « courage patriotique » d'infliger ces cruautés à leurs propres citoyens.) Persistant à ignorer les preuves devant lui, le premier ministre australien, Tony Abbott, s'est montré ferme devant l'annulation de la condamnation. « David Hicks n'avait pas de bonnes intentions, a déclaré M. Abbott. Et je ne compte pas m'excuser pour les actions que les gouvernements australiens entreprennent pour protéger notre pays. Ni maintenant, ni jamais. » (Cette déclaration devrait se lire pour « l'inaction » au nom de la sécurité de l'Australie.)

D'autres ont préféré considérer la procédure comme futile. Les stations de radio commerciales, comme 2UE de Sydney, ont insinué que l'annulation des condamnations pour terrorisme n'impliquait pas que Hicks était un « saint ».[3] « Il est peut être légalement innocent, mais n'a pas été absous de la culpabilité de ce qu'il a fait [sic]. » La culpabilité a beaucoup de teintes, et ces arguments intéressés ignorent la question cruciale dans tout cela : celle du droit. Dans un tel débat, un consensus réfléchi est quasiment impossible.

Le chef de l'opposition, Bill Shorten, s'est montré étonnamment à la hauteur dans ses déclarations. « Il n'y a aucun doute que d'une part David Hicks était sans doute stupide de se laisser entraîner dans le conflit de l'Afghanistan, mais clairement il a été victime d'une injustice. » (The Daily Telegraph, 19 février).

Un point troublant des conclusions de la commission d'examen est qu'elle n'a pas traité en profondeur de la question, pourtant centrale, du système de négociation de plaidoyer lui-même. L'ensemble du processus de la commission militaire, une corrosion brutale des protections judiciaires, n'est pas non plus examiné. La condamnation a été annulée parce qu'elle viole une exigence procédurale et une obligation judiciaire. Invalider une renonciation mal comprise est une chose ; invalider l'ensemble du processus responsable de la façon dont Hicks a été traité est une toute autre chose. Nous pouvons au moins nous réjouir du fait que les juges ont souligné l'odieux du ex post facto.

Pour cette raison, le sort de Hicks demeure l'affirmation d'une énorme créativité juridique diabolique, le genre d'ingéniosité qui rejette les livres de droit en faveur des ragots, de l'arbitraire et du jugement politique. C'est une caractéristique du système juridique qui existe et perdure aux États-Unis et auquel les citoyens américains payent un lourd tribut. Le citoyen australien, quant à lui, peut toujours compter sur son propre gouvernement pour sacrifier les libertés et les protections juridiques à tout moment, une forme anémique de patriotisme s'il en est une. La volonté de Washington, dans un sens ou un autre, s'impose.

Binoy Kampmark a été un boursier du Commonwealth à Selwyn College, Cambridge. Il enseigne à RMIT University, Melbourne et on peut le joindre à : bkampmark@gmail.com.

Notes

1. Voir : http://ccrjustice.org
2. Voir : http://www.supremecourt.gov
3. Cliquez ici pour la vidéo

(Global Research, 20 février 2015. Traduction : LML)

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Des prisonniers de Guantanamo tués par la CIA
et leur mort maquillée en suicides

Quatorzième action annuelle à Washington, DC, pour demander la fermeture du camp américain de torture de Guantanamo Bay, 11 janvier 2015.

Le sergent Joseph Hickman, un ancien marine américain et gardien au camp de torture américain de Guantanamo Bay, a récemment révélé que trois détenus « problématiques » avaient été tués dans un site secret de la CIA à Guantanamo et que leurs morts ont été masquées en triple suicide. La version officielle des événements est « impossible », a-t-il dit à Vice News.

Les trois hommes étaient Salah Ahmed Al-Salami, 37 ans du Yémen, Mani Shaman Al-Utaybi, 30 ans de l'Arabie saoudite et Yasser Talal Al-Zahrani, 22 ans aussi de l'Arabie saoudite. Aucun d'eux n'avait été inculpé.

Hickman, qui était en devoir à cette époque, a expliqué que les trois hommes auraient dû se suicider exactement au même moment dans un bloc cellulaire où les gardiens inspectaient les détenus toutes les quatre minutes.

« Ils auraient eu à attacher leurs mains et leurs pieds ensemble, enfoncer des chiffons dans leur gorge, mettre un masque sur leur visage, faire un noeud coulant, l'accrocher au plafond du côté du bloc cellulaire, sauter et se pendre simultanément », a-t-il dit.

Hickman a ajouté qu'une inspection des cellules des détenus seulement quelques heures avant qu'ils se soient supposément tués n'a pas permis de découvrir ce qu'ils auraient utilisé pour se tuer, comme des cordes, des chiffons ou des lacets.

Le 9 juin 2006, Hickman était de garde au Camp Delta lorsqu'il a vu un camion cellulaire aller trois fois au Bloc à haute sécurité Alpha, chaque fois amener un prisonnier dehors du camp en prenant une route qui ne mène qu'à deux endroits — la plage ou un centre de détention de la CIA. Entre 23 h et 23 h 30, le camion est revenu au Camp Delta mais au lieu d'aller au Camp I, il est allé directement à la clinique médicale. « Environ 10 minutes plus tard, toutes les lumières se sont allumées, comme dans un stade et les sirènes ont retenti , c'était le chaos », a-t-il dit. Les trois détenus étaient morts.

Hickman croit que les autorités à Guantanamo voulaient se débarrasser des trois hommes parce qu'ils faisaient régulièrement des grèves de la faim et encourageaient les autres détenus à faire la grève de la faim. Il a expliqué que c'était la politique du camp « que si un détenu faisait la grève de la faim, il ne pouvait être interrogé. En 2006, il y avait environ 200 interrogatoires par semaine, alors toute grève massive de la faim aurait [...] paralysé cette récolte de renseignements. Je crois que la mission première du JTF-GTMO [Joint Task Force Guantanamo] à l'époque était : arrêter les grèves de la faim à tout prix. » Après les décès, il n'y a pas eu de grève de la fin pour une longue période », a-t-il ajouté.

Juste après le supposé triple suicide, l'amiral Harry Harris s'en est pris aux trois détenus pour avoir osé s'enlever la vie. « Ils sont rusés, ils sont créatifs. Ils sont déterminés. Ils n'ont aucun respect pour la vie, que ce soit la nôtre ou la leur. Je crois que ce n'était pas un acte de désespoir mais un acte de guerre asymétrique mené contre nous », selon Democracy Now.

Hickman a communiqué avec le Département américain de la Justice en 2009. Ses allégations et celles d'autres gardiens ont été publiées dans le magazine Harper's en 2010, mais ont été niées par les autorités du camp.


Washington, DC, 11 janvier 2015

Un récent rapport du Sénat, que la CIA a tenté d'étouffer, indique que la CIA utilisait régulièrement la torture, la violence et des traitements dégradants comme technique d'interrogatoire. Selon ce rapport, ces méthodes produisent rarement des renseignement importants.

Par ailleurs, les sénateurs républicains ont récemment proposé un moratoire sur la libération des détenus à moyen risque et à haut risque, prétendant qu'ils posent un danger pour les États-Unis et leurs alliés, et que tout transfert au Yémen devrait être interdit pour deux ans.

(Russia Today)


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