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Numéro 1 - 4 janvier
2015
20e anniversaire de l'Initiative
historique du PCC(M-L)
L'édification nationale au Canada
ne peut signifier qu'une chose

Le communisme et les
droits humains
• La lutte contre le fascisme et le refus de se
laisser
tromper par son «visage plus humain»
- Anne Jamieson -
56e anniversaire du
triomphe de la révolution cubaine
• Vive Cuba révolutionnaire!
• 56 ans de lutte héroïque! 56 ans
de victoires historiques!
- Isaac Saney, Réseau canadien sur Cuba -
• Les relations diplomatiques entre Cuba et les
États-Unis
- Ernesto Gómez Abascal -
211e anniversaire de
la révolution haïtienne
• Victoire éclatante pour la
liberté et les droits humains
Venezuela
• Le président Maduro appelle à
des réformes
pour faire face à la guerre économique
Mexique
• La Commission des droits humains examine le
rôle de l'armée
dans la disparition des 43 étudiants
Russie
• Les points clés du discours annuel
à la nation de Vladimir Poutine
Ukraine
• Des réfugiés juifs ukrainiens
recevront la citoyenneté israélienne
tandis que
l'Occident appuie les partis néonazis
- Dr. Christof Lehmann -
Quand la réalité
dépasse la fiction
• Le film The
Interview et la politique de changement de régime
des États-Unis vis-à-vis la Corée du Nord
- Christine Hong, Asia-Pacific Journal -
20e anniversaire de l'Initiative
historique du PCC(M-L)
L'édification nationale au Canada
ne peut
signifier qu'une chose

« Édifier
la
nation
au
Canada
ne
peut
signifier
qu'une chose : que la classe ouvrière doit
donner
à la société une nouvelle constitution, un
mécanisme politique moderne,
un changement d'orientation de
l'économie et l'indépendance. »
- Hardial
Bains, 1er janvier 1995
Il y a vingt ans, pendant que toutes les forces
politiques manoeuvraient pour se placer au pouvoir afin de gérer
l'État dans leurs propres intérêts, le Parti
communiste du Canada (marxiste-léniniste) a lancé son
plan d'action pour mettre la classe ouvrière au pouvoir,
à la tête de l'édification nationale. Cette
Initiative historique a été
lancée par Hardial Bains, le fondateur et dirigeant du Parti, le
1er janvier 1995. Elle exige une constitution moderne qui place la
souveraineté entre les mains du peuple et des mécanismes
politiques démocratiques qui garantiront l'exercice du pouvoir
par le peuple, et également une réorganisation consciente
et rationnelle de l'économie et un
changement de son orientation pour la mettre au service du
bien-être du peuple.
C'était très émouvant d'entendre le
camarade Bains la décrire dans tous ses détails en
portant attention à l'objectivité de considération
et également à l'interaction et à la clef:
le rôle décisif de l'organisation du facteur humain,
conscience sociale.
« Ce plan d'action est très concret et
couvre tous les aspects du travail d'organisation de sorte que le
succès sur un front conduira au succès de l'ensemble
alors qu'un échec sur un front n'aura pas de conséquence
sur le plan général. Plus important encore, et
décisif sur le plan de la victoire, il met le facteur humain, la
conscience sociale,
au premier plan, dans une position décisive », avait
déclaré le camarade Bains.
Dans sa présentation du lancement de l'Initiative
historique le 1er janvier 1995, Hardial Bains a expliqué :
« Dans la lutte des peuples et des nations,
l'une des choses les plus importantes et cruciales est de
déterminer comment sont dépensées les
énergies et les ressources. Sont-elles utilisées à
des fins bien précises, ou sont-elles gaspillées ?
Aujourd'hui dans le monde, généralement parlant,
très peu de pays se sont fixé des objectifs, un
but qui profiterait à la société, au
bien-être du peuple.[...] Au Canada, en autant que le peuple
canadien est concerné, il n'y a pas d'objectif vers lequel
toutes les énergies et ressources sont canalisées et
mises à contribution. Le seul but que proposent les
gouvernements est de créer un climat favorable au succès
des monopoles sur le marché
mondial. Et même ce but a surtout une valeur de propagande,
affirmant que la prospérité du pays dépend du
succès des monopoles sur le marché mondial.
« Au Moyen-Âge, à l'âge
des ténèbres, c'étaient les forces dominantes qui
fixaient le but, soit l'Église et les seigneurs féodaux.
Ils le faisaient dans leurs propres intérêts, au nom d'une
puissance divine. Toutes les forces productives et tous les avoirs de
la société étaient voués à leur
satisfaction, à leur plus grande gloire. À une
époque se
produisit une rupture avec l'attitude médiévale, les gens
furent définis suivant leurs droits individuels. La juridiction
et les frontières des États furent définies
à leur défense. Tout était en place pour que les
ressources disponibles de la société soient
orientées vers la plus grande gloire des droits individuels.
Cela devint un obstacle à la satisfaction des
droits collectifs.
« L'édification de la nation devint le
contenu principal de la révolution démocratique. Quand la
bourgeoisie eut pris le haut du pavé, l'édification de la
nation ne fut menée à bien que dans le but de satisfaire
les droits individuels. Avec la montée des monopoles, la
bannière de la nation fut foulée aux pieds. Les
États furent consolidés et
leurs rôles développés dans l'intérêt
des cercles dirigeants ou de l'oligarchie financière. Ainsi, la
propagande américaine parle de défendre les
intérêts nationaux des États-Unis où qu'ils
se trouvent, mais elle ne dit pas un mot de ce que les
Américains veulent accomplir dans ce monde. Les Canadiens non
plus n'ont pas de but.
« Cela vaut à une exception
près, la période des 'sales années 1930', alors
que la bourgeoisie était aux prises avec le désastre de
la dépression. La bourgeoisie était terrifiée
à l'idée de tout perdre si elle ne parvenait pas à
mettre en place l'objectif de satisfaire les intérêts
collectifs. Ainsi, à la fin des années 1930 et
après la guerre, divers
pays ont adopté l'objectif de bâtir l'État
providence. Ils ont mis de l'avant l'objectif de construire une
'société juste'. Ils ont parlé d'un
héritage sacré qui doit être défendu. Cela
venait aussi en réponse à l'objectif que l'Union
soviétique s'était fixé en tant que pays
socialiste, c'est-à-dire satisfaire les besoins matériels
et culturels toujours croissants
du peuple.
« Aujourd'hui, les intérêts
collectifs sont à nouveau menacés. Toute la
démagogie répandue et toutes les promesses faites n'ont
pour résultat net que de rejeter tout ce qui a été
dit auparavant sur le bien-être social. Et cela sous
prétexte qu'en ce moment le but le plus important est
d'effectuer les paiements sur la dette pour diminuer
l'endettement national. En partant de la prétention qu'il s'agit
là de ce qui est le mieux pour la collectivité et la
société, on demande au peuple de faire tous les
sacrifices.[...]
« La question centrale de l'Initiative
historique est : quel devrait-être le but ? Souvent
dans le passé, diverses forces ont fixé le but simplement
à partir des prémisses théoriques et
idéologiques que nous sommes en faveur du socialisme. Peut-on
dire que le peuple devrait adopter le socialisme, que la classe
ouvrière devrait
adopter le socialisme comme but et qu'elle devrait mettre toutes ses
ressources dans la construction du socialisme ? On peut prendre
une telle décision. Elle découle de notre programme
stratégique, mais cela n'empêchera pas la bourgeoisie
d'avancer ses objectifs. Les considérations qui président
à l'établissement de l'Initiative historique ne
sont pas strictement théoriques et idéologiques. Elles
ont surtout trait à comment la classe ouvrière doit
arrêter le gaspillage des ressources nationales, le sacrifice de
l'indépendance du pays et de son bien-être. Quel slogan la
classe ouvrière doit-elle mettre de l'avant pour vaincre la
bourgeoisie et rallier les masses du peuple de son
côté ? La
réponse à cette question est d'utiliser les ressources en
faveur des intérêts collectifs.
« Le slogan de bâtir la nation est
approprié non seulement parce qu'il va à l'encontre de ce
que dit la bourgeoisie, à savoir que tous doivent créer
un climat favorable au succès des entreprises sur le
marché mondial, mais qu'il appelle aussi le peuple à
prendre en mains ce qui lui appartient et à créer une
société qui le favorisera.
Évidemment, en dernière instance, bâtir la nation
revient à construire le socialisme, mais ce serait une
très grave erreur que de présenter les choses ainsi. Le
programme doit être fixé non pas à partir d'un
point de vue théorique, mais à partir des besoins de la
société à un moment donné. La
société canadienne a besoin d'un but en ce moment. Le
peuple canadien a besoin d'un but que tous peuvent facilement
comprendre et saisir. Il ne peut s'agir que de l'édification de
la nation. Le contenu essentiel de ce projet est que la classe
ouvrière doit se constituer en la nation. En d'autres mots, le
but de la classe ouvrière doit devenir le but de la nation, tout
comme la bourgeoisie dans sa période
ascendante avait avancé son but, le but de défendre
l'intérêt individuel et la propriété
privée comme but de la nation, et avait même
subordonné la nation à cet objectif.
« Le temps est venu pour la classe
ouvrière de se constituer en la nation. Elle doit établir
son objectif comme étant celui de la nation. En d'autres mots,
la classe ouvrière doit elle-même prendre en mains de
bâtir la nation. Elle doit aussi mener les larges masses du
peuple à adopter cet objectif. La classe ouvrière ne peut
pas orienter
toutes ses ressources sans adopter l'objectif de satisfaire les
intérêts collectifs de la société en ce
moment. Cela revient à édifier la nation. Édifier
la nation au Canada ne peut signifier qu'une chose : que la classe
ouvrière doit donner à la société une
nouvelle constitution, un mécanisme politique moderne, un
changement d'orientation de
l'économie et l'indépendance.
« Le problème n'est pas
différent, que l'on parle de la nation du Québec, du
Canada, ou des peuples autochtones. Quand on parle de la
souveraineté du Québec, la classe ouvrière devrait
adopter le but de bâtir la nation au point qui est le plus
favorable pour la classe ouvrière. Le jour où le Oui
remportera le référendum sur la
souveraineté, la classe ouvrière doit avancer le slogan
d'édifier la nation et se constituer en la nation. Elle doit
aussi lutter pour un changement d'orientation de l'économie, une
constitution moderne, le renouveau démocratique et
l'indépendance.
« L'Initiative historique a pour but de
provoquer une discussion sur l'édification de la nation parmi
les larges masses du peuple en utilisant toutes les ressources à
notre disposition. L'Initiative historique est un plan d'action, dont
l'objectif premier est de s'assurer qu'une discussion a lieu à
ce sujet. En d'autres mots, elle a pour objectif de
faire en sorte que le peuple détermine l'ordre du jour de
l'édification de la nation. Dans ce cadre, l'autre objectif de
la classe ouvrière est de créer les conditions pour la
formation du parti communiste de masse. Cela signifie qu'une des
tâches les plus importantes de l'Initiative historique est de
s'approprier le meilleur du passé et du présent. Cela
signifie qu'un travail est nécessaire pour développer et
enrichir la pensée marxiste-léniniste contemporaine. Cela
signifie examiner tous les phénomènes et tous les
événements et faire la promotion de ceux qui favorisent
la classe ouvrière et l'objectif de bâtir la nation.

Le camarade Bains a expliqué :
« Outre s'approprier le meilleur du
passé, les communistes peuvent trouver des solutions aux
problèmes complexes du présent. Seuls les communistes
peuvent diriger la société sur la grande voie de la
civilisation. Seuls les communistes peuvent faire appel aux
théories et notions humaines nécessaires pour ouvrir la
voie au progrès de la
société actuellement.
« L'Initiative historique est lancée
afin de convier la classe ouvrière et les masses populaires
à révéler ce qu'il y a de meilleur dans ce que
l'humanité a produit jusqu'à ce jour et à le
développer au niveau nécessaire aux profondes
transformations qui s'imposent. En d'autres mots, il s'agit d'un
programme visant à mettre la classe ouvrière
au centre de tous les développements. Il s'agit plus
précisément d'un programme pour placer le facteur humain,
la conscience sociale, au centre de tous les développements. De
tous les ingrédients nécessaires à
l'élaboration d'un projet, il faut décider lequel est le
plus important. Si le facteur humain est absent du projet
d'édification de la nation, la
révolution scientifique et technique, l'efficacité et les
ressources naturelles et sociales ne suffiront pas à la
tâche.
« Le facteur humain ne peut être
amené au niveau nécessaire aux transformations sans
conscience sociale, sans débats et discussions parmi les larges
masses, sans mouvement révolutionnaire réel
possédant un caractère de masse. En d'autres mots,
l'Initiative historique vise à créer ces conditions et
à assurer que plusieurs de ces traits se
développent en tant que facteurs essentiels à la
création des conditions subjectives pour la révolution.
En dernière instance, le facteur humain est le facteur crucial.
Il est impossible de faire entrer en jeu tous les facteurs sans le
facteur humain. »
En ce 20e anniversaire de l'Initiative historique du
PCC(M-L), il est plus urgent que jamais d'activer le facteur humain, la
conscience sociale pour faire nôtre le but de
l'édification de la nation et construire le parti communiste de
masse pour transformer les succès historiques en victoire
historique. Le pays entre dans une année électorale
où
tout ce que colportent les cercles dirigeants est contrefait, tout est
fraude et escroquerie. Le facteur antihumain, la conscience
antisociale dominent les actions des principaux partis politiques, des
porte-parole de l'oligarchie financière et des médias
monopolisés, qui espèrent que la classe ouvrière
perde ses repères et se rallie à telle ou telle faction
de la bourgeoisie qui cherche à usurper le pouvoir par la fraude
électorale. Le PCC(M-L) interviendra dans ces élections
pour imprégner la classe ouvrière du but de
l'édification de la nation qui ne peut signifier qu'une
chose : « que la classe ouvrière doit donner
à la société une nouvelle constitution, un
mécanisme politique moderne,
un changement d'orientation de l'économie et
l'indépendance ».
Aujourd'hui, encore plus qu'il y a vingt ans,
l'Initiative historique du PCC(M-L) est essentielle pour tous ceux qui
veulent contribuer à ouvrir la voie du progrès de la
société.
Transformons
les
succès
historiques
en
victoire
historique !

Le communisme et les droits humains
La lutte contre le fascisme et le refus de se laisser
tromper par son «visage plus humain»
- Anne Jamieson -
Alors que des élections fédérales
sont imminentes cette année et que les médias
monopolisés font la promotion de différentes
personnalités pour représenter l'oligarchie
financière et gérer les affaires en son nom, il vaut
vraiment la peine d'examiner certains écrits de Hardial Bains et
du PCC(M-L) sur le fascisme et comment il faut le
combattre.
« Une démocratie bourgeoise est
d'abord une démocratie pour la bourgeoisie et une dictature
véritable pour le peuple. Quand la situation politique et
économique est bonne, et que le capitalisme moderne est en
expansion, la bourgeoisie donne l'impression de ce qu'on appelle la
démocratie libérale, mais aussitôt que la situation
se
détériore et que les contradictions s'aiguisent, c'est la
même bourgeoisie qui épouse le fascisme. »
(Parti communiste du Canada (marxiste-léniniste), 1976
[1974] ; p. 177)
Indiquant le nombre de fois où cet État a
pratiqué le fascisme au Québec, l'auteur souligne que
l'État canadien n'est pas différent et avertit :
« C'est très dangereux de voir
l'État de Mussolini et d'Hitler comme si ce n'était pas
la continuation naturelle du gouvernement du capital sur le travail
dans sa forme la plus dénudée et la plus vicieuse, mais
de le voir comme étant quelque chose d'autre. Il est
extrêmement dangereux de créer des illusions à
propos de la nature de
l'État. » (PCC(M-L), 1976 [1974] ; p. 177)
Dans l'analyse Nécessité du
changement !, l'auteur souligne l'importance cruciale de la
rupture avec l'anticonscience en soi et dans le reste de la
société, comme une étape nécessaire de la
lutte contre l'idéologie fasciste qui est indissociable de
l'appareil d'État bourgeois :
« Les manifestations du fascisme sont
nombreuses, et une définition anticonsciente ne peut pas les
expliquer. Nous croyons que du moment que nous croyons quelque chose
sans avoir entrepris l'acte de découvrir, nous manifestons une
tendance fasciste. L'acceptation sans remettre en cause des principes
fondamentaux impliqués dans une
déclaration, une analyse ou un concept jette les bases du
fascisme. Les slogans de guerre froide fonctionnent de cette
manière et se fondent sur des demi-vérités et des
distorsions. » (Hardial Bains, 1998 [1967]).
En ce qui concerne le nombre de fois que l'État
canadien a perpétré des actes fascistes contre le peuple
du Québec, il suffit de se rappeler la Loi sur les mesures
de guerre, utilisée par l'État en 1970 pour faire
des
arrestations de masse et emprisonner des centaines de
Québécois soupçonnés de sympathie avec la
cause d'un Québec
indépendant. Le parti au pouvoir à cette époque
était, bien sûr, le Parti libéral dirigé par
Pierre Trudeau. Il existe de nombreux exemples dans le reste du Canada.
Se limiter à souligner les tendances et les sympathies fascistes
de l'actuel premier ministre, et donc suggérer implicitement que
le chef actuel du Parti libéral, une fois au pouvoir, ne
lancera jamais d'attaques fascistes contre le peuple, c'est
créer des illusions sur l'État canadien. Exposer les
sympathies et les intentions fascistes de Stephen Harper sans les
expliquer comme étant une continuation de la politique de
l'État à l'heure actuelle sert en effet l'État
parce que cela non seulement crée des illusions sur la nature de
l'État,
mais accroît la peur et l'insécurité chez les gens
sans les armer sur les plans idéologique et organisationnel pour
qu'ils puissent se défendre. L'oligarchie financière et
son représentant au Parlement sont plus qu'heureux si les gens
sont poussés comme une masse votante à voter pour une
fausse « alternative ».

Des soldats canadiens dans les rues de
Montréal après la promulgation de la Loi sur les
mesures de guerre en octobre 1970.
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Cependant, les préparatifs de guerre et les
attaques fascistes contre le peuple au pays et à
l'étranger de tous les ordres de gouvernements s'intensifient
chaque jour : la « sécurité »
dans les aéroports, les gares maritimes, les rues, les
transports en commun fait désormais partie de la vie
quotidienne. Il y a également les
arrestations et les détentions arbitraires de personnes
soupçonnées de « terrorisme » ou
d'être « illégales ». (En
décembre 2013, une femme migrante
« illégale » du Mexique a
été appréhendée par la
sécurité du SkyTrain et remise aux agents de l'Agence des
services frontaliers du Canada qui l'ont mise en
détention à l'aéroport, où elle s'est
suicidée. Cette affaire a été
révélée uniquement grâce aux efforts des
membres de la communauté latino-américaine de Vancouver.)
Les médias monopolisés dégradent le
niveau culturel des gens et tentent de les durcir, tout comme
« l'art » dominant qui, de la simple
décadence et du pessimisme, est devenu de la propagande pure et
simple pour l'ordre du jour de l'oligarchie financière (comme
par exemple le récent film contre la République populaire
démocratique de Corée). Il n'est donc pas surprenant que
le premier ministre ait des sympathies et des intentions fascistes, ni
que ce soit déjà l'expérience des gens. Le slogan
du PCC(M-L) « Notre sécurité est dans la
défense des droits de tous » est en opposition
directe à la fascisation de la société.
Dans Combattons le fascisme montant (Hardial
Bains, 1976 [1970]), l'analyse du fascisme — ses origines, ses traits
et son modus operandi — s'accompagne d'une description
détaillée (et de propositions) de comment les
marxistes-léninistes et les personnes progressistes luttent
contre le fascisme. Par exemple à la page 14,
l'auteur indique que l'idéologie fasciste de
l'impérialisme américain [auquel actuellement
l'économie, la politique et la culture du Canada sont de plus en
plus intégrées] est centrée autour de la confusion
et de la mystification de trois aspects principaux de la
société et de la vie : 1. la base du changement, du
développement et du mouvement,
2. le rôle de la conscience dans l'histoire, et 3. la relation
entre la superstructure et la base économique. Pour
l'idéologie fasciste et antipeuple, tout est statique ; il
n'y a aucun changement sauf l'augmentation de l'exploitation, et tous
qui s'y opposent sont contre le
« progrès » et contre la « loi
et l'ordre ».
L'ordre du jour des marxistes-léninistes, d'autre
part, est de s'opposer à l'idéologie fasciste sur ces
trois aspects. Cela signifie nécessairement libérer
l'initiative de la classe ouvrière et du peuple pour qu'ils
puissent organiser leur défense et changer le monde. En
opposition directe à l'idéologie fasciste qui n'offre
aucun espoir pour l'avenir du
peuple et pour la planète, les voeux du Nouvel An du PCC(M-L)
« Notre avenir est dans la lutte pour les droits de
tous ! » déclare qu'il y a un avenir pour lequel
on peut et doit lutter.
Références
Bains, Hardial. 1998 [1967]. Nécessité
du
changement ! Ottawa : Parti communiste du Canada
(marxiste-léniniste)
Bains, Hardial. 1976 [1970]. Combattons le
fascisme
montant. Toronto : L'Institut Norman Bethune
Parti communiste du Canada
(marxiste-léniniste),
1976 [1974]. « Bilan du stade des discussions tenues entre
le PCC(M-L) et En lutte ! » dans À propos
de l'unité des marxistes-léninistes.
Montréal, PCC(M-L).

56e anniversaire du triomphe de la
révolution cubaine
Vive Cuba révolutionnaire!
Une
salve de 21 coups de canon, le 31 décembre
2014, pour saluer le 56e anniversaire de la révolution cubaine
et rendre hommage aux martyrs du peuple cubain
Cette année, la révolution cubaine
célèbre son 56e anniversaire dans un
esprit de combat à la défense de l'indépendance et
du droit du peuple cubain de tracer sa propre voie. Cela est d'autant
plus significatif cette année à cause de la victoire
cubaine le 17 décembre dernier. Ce jour-là, le
président Barack Obama annonçait au
monde entier l'échec de la politique étasunienne envers
Cuba et le rétablissement de relations diplomatiques avec
l'île. Le peuple cubain a aussi accueilli les trois héros
cubains restés emprisonnés aux États-Unis
après avoir passé 16 ans en prison parce que les
États-Unis ont voulu humilier Cuba. Or, leur retour a au
contraire réalisé la promesse du
dirigeant historique de la révolution cubaine, le camarade Fidel
Castro, qui, en 2001, avait fait le serment : « Ils
reviendront. »
En cette occasion, le Parti communiste du Canada
(marxiste-léniniste) envoie ses salutations
révolutionnaires militantes au camarade Fidel Castro, le
dirigeant légendaire des réalisations de cette petite
nation et de son peuple héroïque, au camarade Raul Castro,
sous la direction duquel le peuple cubain relève de nouveaux
défis pour surmonter les
effets pernicieux de l'embargo criminel des États-Unis contre
Cuba, et au courageux peuple cubain qui célèbre ce qui
sera
sans doute une nouvelle année de grandes réalisations.
En 2015, intensifions le travail pour mettre fin
à l'embargo criminel des États-Unis contre Cuba et pour
consolider l'amitié peuple à peuple !
Vive
Cuba révolutionnaire !

Une
des
nombreuses
célébrations
du
56e
anniversaire
de la
révolution cubaine, celle-ci
à Santi Spiritus, le 29 décembre 2014

56 ans de lutte héroïque!
56 ans de
victoires historiques!
- Isaac Saney, co-président et
porte-parole du Réseau
canadien sur Cuba, 1er janvier 2015 -
Le Réseau canadien sur Cuba se joint au peuple
cubain pour célébrer le 56e anniversaire du triomphe de
la révolution cubaine. Cuba célèbre le triomphe de
la révolution forte d'une éclatante victoire
révolutionnaire : la libération le 17
décembre 2014 des trois derniers des Cinq héros cubains
et l'annonce par le président des États-Unis,
Barack Obama, que le gouvernement américain prendra des mesures
vers la normalisation des relations avec Cuba. Quels que soient les
efforts des médias, ces événements ne sauraient
être dissociés de la riche histoire dans laquelle ils sont
ancrés. La liberté de Gerardo Hernández,
Ramón Labañino et Antonio Guerrero et les initiatives
d'Obama
sont l'aboutissement de la lutte de Cuba pour l'affirmation, la
libération et l'indépendance nationales et pour la
justice sociale.
Le 1er janvier 1959, le peuple de Cuba, dirigé
par le leader historique de la révolution cubaine Fidel Castro,
prend en mains sa destinée avec détermination.
Après une longue lutte, Cuba s'engage enfin sur la voie de
l'autodétermination authentique et place fermement l'avenir de
la nation cubaine entre les mains du peuple de Cuba. Les années
suivantes sont riches d'exemples inspirants d'édification
nationale moderne qui démontrent ce qui peut être accompli
lorsqu'un pays gagne et défend son indépendance et exerce
son droit à l'autodétermination.
La portée de la
révolution cubaine
s'étend au-delà des frontières
géographiques de la nation insulaire. Dès son
début, la révolution cubaine a apporté une
contribution inestimable à la lutte mondiale pour la justice, le
développement social et la dignité humaine. Cuba a
créé une tradition sans pareil d'internationalisme et
d'humanisme, incarnant
les paroles immortelles de José Martí :
« La patrie, c'est l'humanité. L'humanité,
c'est la patrie ». Ainsi, plus de 2 000 Cubains ont
donné leur vie pour vaincre le régime raciste d'apartheid
d'Afrique du Sud. Aujourd'hui, cet engagement de Cuba envers
l'humanité se traduit par les dizaines de milliers de membres du
personnel
médical et d'éducateurs qui ont servi et continuent de
servir dans le monde entier, qui combattent en première ligne la
maladie et l'analphabétisme. Aujourd'hui, ce dévouement
à la cause de l'humanité est illustré par la
présence des missions médicales cubaines dans les pays
d'Afrique de l'Ouest de Guinée, du Libéria et de la
Sierra Leone qui sont
engagés dans la lutte contre l'épidémie d'Ebola.
La mission médicale cubaine est de loin la plus importante
envoyée par un pays.
Cuba entre dans la 57e année de la
révolution comme une nation unie et consciente, invaincue face
à l'empire. Malgré tous les efforts de la superpuissance
américaine pour obliger Cuba à capituler, la
résilience et la détermination du peuple cubain à
défendre l'indépendance et la dignité de sa
patrie, qui est la base de sa propre liberté et dignité,
l'ont emporté à maintes reprises. Comme le
président Raúl Castro l'a réaffirmé le 20
décembre 2014, un peuple révolutionnaire, comme le peuple
cubain, ne renoncera pas à ses principes
révolutionnaires. Aujourd'hui, alors que le peuple cubain
continue de renouveler sa révolution, il continue à
être une source d'inspiration pour l'humanité, un
exemple vivant qu'il est possible de construire des
sociétés fondées sur des relations sociales de
solidarité et d'amour social véritables.
À l'occasion du 56e anniversaire du triomphe de
la révolution cubaine, nous célébrons
également les 70 ans des relations diplomatiques entre le Canada
et Cuba. Le Réseau canadien sur Cuba adresse au peuple de Cuba
et à sa direction révolutionnaire ses salutations et
félicitations les plus chaleureuses, et s'engage à faire
avancer en 2015 la
lutte pour mettre fin au blocus économique illégal de
Cuba par les États-Unis.
Vive
la révolution cubaine !
 
Le
1er janvier 2015, le président Raul Castro au monument des
héros et
martyrs de la révolution cubaine

Les relations diplomatiques entre
Cuba et les
États-Unis
- Ernesto Gómez Abascal,
Alahednews, 26 décembre 2014 -
Fidel Castro à La Havane
en septembre 1960, quelques mois après que les États-Unis
aient rompu les relations diplomatiques avec Cuba
Par une journée comme aujourd'hui, à la
fin de décembre 1960, tout Cuba se préparait à
faire face à une agression militaire des États-Unis. Le
gouvernement révolutionnaire était convaincu que le
transfert de pouvoir d'Eisenhower à Kennedy, prévu pour
janvier, donnerait à Washington l'occasion d'attaquer, et de
nombreuses informations sur
les préparatifs en Floride et en Amérique centrale
venaient le confirmer. En octobre, j'avais terminé mon premier
entraînement militaire, comme beaucoup de jeunes Cubains, et nous
nous attendions, dans la nouvelle année, à creuser des
tranchées autour de La Havane.
Le 3 janvier 1961, les États-Unis ont
annoncé la rupture des relations diplomatiques. Aujourd'hui, le
17 décembre 2014, 54 ans plus tard et après avoir
tenté de liquider la révolution cubaine par toutes sortes
d'actes d'agression, dont des invasions militaires, un blocus
commercial et financier, des sabotages, des attentats à la bombe
et toute une
série de plans diaboliques provenant du vaste arsenal de la CIA,
des actes dans lesquels ont trempé onze administrations
américaines, le gouvernement Obama a reconnu que cette politique
est un échec et a annoncé sa décision de
rétablir et de normaliser les relations.
« La façon dont nous avons agi depuis
plus d'un demi-siècle a échoué. Nous allons la
changer », a-t-il dit, avec le plus grand pragmatisme.
Obama n'est ni meilleur ni pire que les
présidents qui l'ont précédé. Il
représente les mêmes intérêts
impériaux, mais 54 ans d'échec de la politique contre
Cuba c'était trop. Chaque année, les États-Unis
devaient faire face, à l'Assemblée générale
de l'ONU, au vote d'une résolution contre le blocus de Cuba, et
ils se sont retrouvés seuls, suivis
seulement par l'État sioniste, face au vote de 188-189 pays, y
compris la plupart de leurs propres alliés.
Leur influence en Amérique latine a beaucoup
diminué alors que le prestige de Cuba n'a cessé
d'augmenter. L'an dernier, Cuba a présidé la
Communauté d'États latino-américains et
caraïbes(CELAC), dont les États-Unis et le Canada ne font
pas partie, a organisé une rencontre du Sommet de l'ALBA
(L'Alliance bolivarienne pour les peuples
de notre Amérique) et un autre sommet Cuba-CARICOM. Le
succès de la politique étrangère cubaine est
également évident en Afrique et Cuba est un des
principaux dirigeants du mouvement des pays non alignés. Si les
États-Unis avaient persisté dans leur politique
dépassée de tenter d'isoler Cuba, en empêchant sa
participation au Sommet des
Amériques, qui aura lieu à Panama en avril prochain, ils
auraient certainement provoqué l'échec de la rencontre
elle-même car la majorité des pays de la
région avaient annoncé qu'ils ne toléreraient pas
une nouvelle absence de Cuba.
Toutefois, il ne faut pas avoir d'illusions ou
d'idées grandioses : la politique de l'empire continue
d'être au service de ses propres intérêts
hégémoniques. Maintenant, nous voyons qu'avec le
Venezuela, les États-Unis commettent les mêmes erreurs
qu'ils ont commises avec leur politique hostile à Cuba pendant
plus de 50 ans.
Bien sûr, l'histoire des relations entre les
États-Unis et Cuba a ses propres particularités, et pour
les comprendre, il faut remonter à bien plus loin qu'un
demi-siècle. Il ne s'agit pas non plus seulement d'une
confrontation idéologique. Elle a ses racines au début du
XIXe siècle, lorsque les dirigeants de Washington ont
déclaré ouvertement qu'il
était dans leur intérêt que Cuba ne soit plus
colonie espagnole afin de l'intégrer comme un autre État
de l'Union. C'est cette politique qui domine jusqu'à aujourd'hui
l'esprit de la plupart des hommes politiques américains. Ils ne
reconnaissent pas et n'acceptent pas l'indépendance de Cuba.
Quand cela va changer et qu'ils vont comprendre et
accepter que Cuba luttera toujours pour défendre son
indépendance tant que ça sera nécessaire, alors il
y aura des relations normales entre les deux pays. Obama l'a-t-il
compris ?

211e anniversaire de la révolution
haïtienne
Victoire éclatante pour la liberté et les
droits humains

« Combat de
Vertières » par Patrick Noze, huile sur toile, de L'art
haïtien de la Diaspora. La Bataille de
Vertières en novembre 1803 a été le conflit
décisif de la révolution haïtienne.
Le 1er janvier 2014 est le 211e anniversaire de la
révolution haïtienne. C'est en ce jour, en 1804, à
Gonaïves, que Jean-Jacques Dessalines a proclamé
l'indépendance haïtienne, proclamant la formation de la
première république noire au monde, la République
d'Haïti.
La révolution haïtienne est la seule
révolte d'esclaves ayant mené à la création
d'un État. De plus, il s'agit aux yeux de plusieurs de la
rébellion d'esclaves la plus réussie de l'histoire et
d'un moment décisif de l'histoire de l'Europe et des
Amériques. La révolte a débuté avec la
rébellion d'esclaves noirs africains en avril 1791, et a pris
fin en
novembre 1803 avec la défaite des Français à la
bataille de Vertières. Haïti est devenu un pays
indépendant le 1er janvier 1804, et Jean-Jacques Dessalines a
été choisi par un conseil de généraux pour
assumer le rôle de gouverneur-général.
La révolution haïtienne fut un
développement grandiose dans la lutte pour l'émancipation
du travail partout dans le monde et pour établir les droits de
citoyen sur une base moderne. Dès 1791, les
révolutionnaires haïtiens dirigés par Toussaint
L'Ouverture et Jean-Jacques Dessalines ont combattu avec succès
diverses puissances européennes - les
Français, les Espagnols et les Britanniques - jusqu'au
renversement de l'esclavage et du pouvoir colonial.

Jean-Jacques Dessalines
(à gauche) et
Toussaint L'Ouverture
Malheureusement, depuis cette période
jusqu'à aujourd'hui, les puissances coloniales et
impériales déploient d'énormes efforts pour
s'ingérer dans le développement de la nation
haïtienne et pour empêcher que ne se réalisent les
aspirations de ces êtres humains courageux qui se sont
libérés de leur condition d'esclavage et de la servitude.
Le Parti communiste du Canada
(marxiste-léniniste) envoie ses militantes salutations
révolutionnaires au peuple haïtien, en Haïti et dans
la Diaspora, à l'occasion de son anniversaire historique. La
reprise de l'asservissement d'Haïti et les conditions
déplorables que lui imposent les États-Unis et d'autres
puissances étrangères exposent le
racisme et l'inhumanité débridés de ces grandes
puissances et la nécessité de régler nos comptes
avec elles une fois pour toutes. Les crimes commis par le Canada
lui-même en Haïti en disent long sur les valeurs
défendues par le Canada des monopoles.
Tous
en appui au peuple haïtien pour que justice
soit faite !

Venezuela
Le président Maduro appelle à des
réformes
pour faire face à la guerre économique
Rassemblement à
Caracas le 15 décembre pour célébrer les 15 ans de
la constitution bolivarienne et dénoncer l'imposition de
sanctions par les États-Unis
Le président Maduro a reconnu que son
gouvernement fait toujours face à la tâche de contrer la
guerre économique que mènent des secteurs du monde des
affaires du Venezuela et les États-Unis contre le pays et
déclaré que le pays doit changer son modèle
économique.
Le mardi 30 décembre, le président Maduro
a présenté le bilan de fin d'année de son
gouvernement lors d'une conférence de presse internationale au
cours de laquelle il a annoncé que, dans l'année qui
vient, le pays va procéder à un changement majeur de ses
politiques économiques afin de faire face à la
« guerre économique »
menée contre son pays.
Maduro a rappelé les
« guarimbas », ces manifestations violentes
fomentées par les secteurs les plus radicaux de la droite en
février 2014 et qui exigeaient que le président
« dégage » à peine deux mois
après que son parti ait remporté les élections.
Maduro a dit qu'en plus de la perte de « 43
compatriotes » tués lors de ces violences et les
dommages causés à l'infrastructure publique, elles ont
marqué le début de la phase la plus récente de la
guerre économique menée par ces secteurs contre le
Venezuela.
« L'inflation n'est pas une donnée
statistique neutre mais le résultat d'une guerre
économique », a-t-il expliqué, comparant la
situation actuelle à celle de 2002 alors que la
Fédération patronale du Venezuela et les syndicats de
droite avaient organisé une longue grève avant de faire
un coup contre l'ancien président Hugo
Chavez.
« La déstabilisation qu'on a connue
cette année est la tentative la plus violente de renverser le
gouvernement vénézuélien depuis le coup
d'État de 2002 », a ajouté Maduro.
Le dirigeant vénézuélien a dit que
si la violence a pu être contrôlée, la
deuxième moitié de l'année a connu
« une escalade de la guerre économique ».
Maduro a dit que la baisse dramatique des prix du
pétrole, d'au moins 50 % depuis 6 mois, fait partie d'une
attaque qui vise principalement l'économie de la Russie, mais
aussi le Venezuela qui est le premier producteur de pétrole de
l'Amérique du Sud. Le président a fait
référence à l'entrevue que le président des
États-Unis, Barack
Obama, a donnée au cours de laquelle il a admis coordonner les
efforts contre l'économie de la Russie, qui repose sur le
pétrole.
Washington mène une guerre économique
contre le Venezuela comme il l'a fait contre Cuba et plus
récemment contre la Russie, a dit le président.
« Leur but est de détruire l'OPEP, de
provoquer l'effondrement des prix du pétrole ce qui aura
d'autres effets désastreux pour le Sud et le monde entier. C'est
une guerre », a dit Maduro.
Le président du Venezuela a
présenté un plan de « changement de
modèle économique » qui s'échelonnera
sur des phases de 6 mois, deux ans et 4 ans.
Une des réformes immédiates
annoncées est la nomination d'un conseil d'administration de
Petróleos de Venezuela (Sociedad Anonima), la PDVSA, la
société pétrolière et de gaz naturel
d'État du Venezuela, qui doit « diversifier les
investissements nationaux et internationaux de l'entreprise
pétrolière ».
Maduro a aussi présenté une politique
économique en 7 points dont la mise en oeuvre débute le 3
janvier et qui comprend les aspects suivants :
1. L'optimisation des investissements dans les
programmes sociaux, l'infrastructure et la stabilisation des
prix;
2. Le maintien et l'augmentation des investissements
dans l'économie socialiste;
3. Garantir que les ressources nécessaires au
fonctionnement de l'économie sont là et en particulier
les devises étrangères;
4. L'ajustement des politiques afin de mieux combattre
la contrebande;
5. La construction d'une vaste alliance productive qui
comprend des zones économiques spéciales;
6. La mise sur pied d'un nouveau modèle de
production pour l'État et les entreprises occupées;
et
7. L'entrée en action de la nouvelle agence
centrale de planification et de réactivation de
l'économie.
Ces mesures seront supervisées par une
équipe nommée par la nouvelle agence d'État, qui
va appliquer des mesures dont :
1. La mise en oeuvre d'un nouveau système
d'échange unifié;
2. Une réforme fiscale;
3. L'optimisation de l'investissement public;
4. La consolidation des réserves de devises
étrangères et la création d'un système
d'investissements de réserves en bolivars (la monnaie
vénézuélienne);
5. Un système de prix équitables;
6. Le contrôle de l'excédent de
liquidités afin d'aider à stabiliser les prix;
7. La mise en oeuvre de zones économiques
spéciales.

Mexique
La Commission des droits humains examine le rôle
de l'armée dans la disparition des 43 étudiants
Le 1er décembre
2014 :
manifestation à Mexico pour exiger justice pour les
étudiants
disparus et la fin de l'impunité du
gouvernement.
Le président de la Commission des droits de
l'homme du Mexique (CNDH) a annoncé que la commission
étudiera le rôle de l'armée mexicaine dans la
disparition des 43 étudiants mexicains à Iguala,
dans l'État du Guerrero, en septembre dernier.
Le 27 décembre, après avoir
rencontré les parents des élèves, le protecteur du
citoyen pour les droits humains, Luis Raul Gonzalez, a
déclaré aux journalistes que la CNDH a demandé que
l'armée mexicaine fournisse un rapport sur ses actions du 26
septembre à Iguala, lorsque les étudiants ont disparu.
Cette nuit-là, la police municipale d'Iguala et
des hommes masqués armés ont enlevé 43
étudiants de l'École normale d'Ayotzinapa pour la
formation des enseignants et les ont remis à un gang local qui
fait le trafic de la drogue. Selon les autorités mexicaines, les
étudiants ont été tués et leurs corps
brûlés.
Début décembre, les restes d'un des
étudiants disparus, Alexander Mora, ont été
identifiés par les médecins légistes autrichiens,
mais le sort des 42 autres étudiants demeure inconnu.
Les parents des étudiants n'ont pas
accepté la version des autorités mexicaines sur ce qui
s'est passé et ont travaillé avec d'autres organisations
pour trouver leurs fils.
Dans leur rencontre avec Gonzalez, les parents lui ont
demandé de faire enquête sur la raison pour laquelle
l'armée mexicaine n'a pas aidé les étudiants alors
que l'armée savait qu'ils étaient attaqués.
Gonzalez a déclaré aux journalistes que,
même si la commission n'a pas le pouvoir d'enquêter sur des
crimes, elle examinera toutes les violations des droits humains que les
forces et les autorités fédérales auraient
commises.
De nouvelles preuves indiquent que les forces
fédérales ont non seulement refusé d'aider les
étudiants la nuit de l'attaque, mais ont participé
à sa planification, même si le procureur
général du Mexique, Jésus Murillo Karam, a
nié toute implication de la police fédérale.

Russie
Les points clés du discours annuel à la
nation
de Vladimir Poutine
Le 4 décembre, le président russe Vladimir
Poutine s'est adressé à la nation dans son discours
annuel devant l'Assemblée fédérale, les deux
chambres du parlement russe. L'adresse annuelle est un document qui
présente les positions du président sur les grandes
orientations de la politique non seulement pour l'année à
venir mais aussi à plus
long terme.
La position sur la crise ukrainienne et
l'unification de la Crimée à la Russie
La Russie a le droit de façonner son
développement selon sa volonté, a déclaré
Poutine. « Cela s'applique aussi à
l'Ukraine » a-t-il dit. Il a qualifié d'hypocrisie
l'utilisation de la question des droits humains pour couvrir
le coup d'État en Ukraine.
Poutine a rappelé le référendum en
Crimée et la réunification de la république avec
la Russie. La réunification, a-t-il dit, est un
événement historique majeur. La Crimée a et aura
toujours une importance pour la Russie.
Sur l'influence des États-Unis
Parlant des relations avec les États-Unis et
l'Europe, Poutine a déclaré que la Russie est
guidée par des intérêts plutôt que par les
sentiments dans ses relations avec ses partenaires.
Abordant la façon dont la Russie développe
le dialogue avec l'Europe et les États-Unis sur l'Ukraine, le
président a dit : « Ce n'est pas par hasard que
j'ai mentionné nos amis américains parce qu'ils ont
toujours influencé directement ou en coulisses nos relations
avec nos voisins. »
« Même si certains pays
européens ont oublié depuis longtemps leur fierté
nationale et considèrent la souveraineté comme un grand
luxe, la véritable souveraineté d'État est une
condition absolument essentielle à l'existence de la
Russie », a déclaré Poutine.
Sur les sanctions
« Bien sûr, les sanctions sont
nuisibles mais elles sont nuisibles pour tout le monde, y compris ceux
qui les initient », a souligné Poutine. Le
président russe a déclaré que des sanctions et des
restrictions fournissent également le mobile pour atteindre des
objectifs qu'on s'est fixés. Poutine a déclaré que
les sanctions ne
sont pas seulement une « réaction nerveuse des
États-Unis et de ses alliés » face au
comportement de la Russie dans le cadre des événements en
Ukraine et ne sont pas une réponse au « printemps
criméen ».
« La politique de confinement n'a pas
été inventée hier. Elle a été
menée contre ce pays depuis de nombreuses années, on
pourrait dire depuis toujours, pendant des décennies sinon des
siècles », a déclaré Poutine.
« Chaque fois que quelqu'un croit que la
Russie est devenue trop forte et indépendante, on y recourt
immédiatement », a déclaré le dirigeant
russe.
La Russie ne va pas mettre fin à ses relations
avec
l'Europe ou l'Amérique. Ne nous y trompons pas, a
déclaré Poutine, la Russie a beaucoup d'amis et de
partenaires stratégiques dans le monde. Le pays continuera
d'être ouvert au monde et d'attirer les investissements de
l'étranger pour des projets conjoints, a déclaré
le président. Il s'est donné
comme tâche de porter l'investissement extérieur dans
l'économie russe à 25 % du PIB d'ici 2018.
Sur les substitutions aux importations
La substitution raisonnable aux importations est un
objectif stratégique de la Russie pour la période qui
vient, a déclaré Vladimir Poutine dans son discours. La
Russie doit se débarrasser de la dépendance envers
l'équipement étranger, y compris pour le forage
pétrolier dans
l'Arctique, a-t-il dit. Poutine a dit que lorsque les
sociétés étrangères achètent des
équipements à l'étranger, cela n'apporte aucun
bénéfice à la Russie et qu'ils devraient utiliser
des produits locaux. Si la Russie achète quoi que ce soit
à l'étranger, ce doit être pour des produits
très rares. Poutine a dit vouloir créer les conditions
pour que les petites
et moyennes entreprises participent à des programmes d'achat du
gouvernement.
Au sujet de l'aide étrangère en faveur
du terrorisme en Russie
et du déséquilibre dans le monde
Selon Poutine, depuis 2002, lorsque les
États-Unis ont abandonné le traité antimissiles
balistiques, il y a eu une menace de déséquilibre
stratégique dans le monde et il a ajouté :
« Je pense que c'est
nocif aussi pour les États-Unis car cela crée une
illusion dangereuse d'invincibilité. »
Il a souligné que la Russie ne va pas s'impliquer
dans la course aux armements tout en faisant de son mieux pour assurer
sa sécurité. Le président a ajouté que la
Russie a des solutions non conventionnelles. « Nous sommes
forts parce que nous avons raison », at-il dit.
Il est inutile d'essayer de dialoguer avec la Russie
à partir d'une position de force, a déclaré M.
Poutine. « Nous nous souvenons des pays qui ont soutenu les
terroristes en Russie ... et aujourd'hui ces gens font du trouble en
Tchétchénie », a-t-il déclaré.
Les terroristes, selon le président, reçoivent toujours
un soutien de l'étranger.
« Ces pays veulent que le scénario yougoslave se
produise en Russie », a-t-il dit. Ils vont échouer
comme Hitler a échoué, a-t-il déclaré.
À propos des dépenses publiques
Le ministère de la Défense devrait
créer un nouveau système de contrôle des
dépenses budgétaires, a déclaré le
président, soulignant que « de mauvaises
dépenses dans le domaine de la défense peuvent être
considérées comme une menace pour la
sécurité
nationale ».
Il a dit que toutes les agences budgétaires
devraient avoir une trésorerie commune et que toutes les
entreprises avec une grande participation de l'État doivent
réduire leurs coûts annuellement de plusieurs
degrés de pourcentage.
Sur la modernisation de l'industrie
Poutine a dit que la Russie est capable de moderniser
son
économie et d'être un leader mondial dans certains
secteurs industriels. Pour atteindre cet objectif, la Russie doit faire
appel à ses ressources internes, comme l'Académie des
sciences, et attirer des ressortissants russes de l'étranger.
D'ici 2020, la moitié des collèges russes
devraient avoir des cours de formation pour les 50 professions les plus
communes, a-t-il dit.
Sur la démographie et les soins aux personnes
à mobilité réduite
Les programmes russes en matière de
démographie se sont avérés efficaces et les
programmes seront étendus à la Crimée, a
rapporté Poutine.
« La population du pays atteint presque 144
millions de personnes, c'est 8 millions de plus que les perspectives de
l'ONU », a déclaré Poutine. La Russie a une
espérance de vie de plus de 71 ans et a de bonnes
possibilités de l'augmenter à 74, a-t-il ajouté.
Poutine a remercié les athlètes russes
pour leur participation aux Jeux paralympiques de Sotchi. La Russie
devrait accroître son soutien aux personnes à
mobilité réduite, a dit le président, y compris
entre autres, la formation professionnelle et la production de biens
spécifiques.

Ukraine
Des réfugiés juifs ukrainiens recevront
la citoyenneté israélienne tandis que l'Occident
appuie
les partis néonazis
- Dr. Christof Lehmann -

Manifestation du 5 octobre
2014 sur la colline du Parlement à Ottawa contre l'appui
du Canada aux
forces fascistes ukrainiennes
Le gouvernement israélien tient des
réunions à huis clos sur la question de l'accueil de
quelque 6 000 citoyens ukrainiens juifs déplacés par la
guerre civile en Ukraine, selon le journal israélien Maariv.
Pendant
ce
temps,
l'Occident
appuie
les
militants
et partis ouvertement
national-socialistes et ultranationalistes en Ukraine.
Le cabinet du premier ministre Israélien Benyamin
Nétanyahou planifie secrètement la construction de
« camps de réfugiés » pour recevoir
les « 6 000 déplacés » juifs
ukrainiens, selon Maariv. La construction des camps de
réfugiés pour recevoir les 6 000 Ukrainiens serait sous
la supervision du ministre
de l'Économie d'Israël, Naftali Bennett. Maariv
n'a pas indiqué où ces 6 000 Ukrainiens seront
installés.
Maariv publie cette nouvelle alors que le
nombre de personnes tuées lors d'un récent attentat
contre une synagogue juive à Jérusalem vient de passer
à cinq et que le bras de fer entre le gouvernement
Nétanyahou et le gouvernement palestinien sous la
présidence de Mahmoud Abbas se poursuit. Nétanyahou
blâme le Fatah et le
Hamas pour le terrorisme et cet attentat tandis que le président
palestinien Mahmoud Abbas accuse l'occupation de la Palestine par
Israël de causer le conflit et de pousser les gens au terrorisme.
La progression rapide de l'ultranationalisme, des
milices et des partis ouvertement nazis, et leur ascension rapide au
pouvoir lors des manifestations
« Euromaïdan » à Kiev,
appuyées par l'Occident ont provoqué des pogroms et des
menaces contre les juifs et les communautés juives en Ukraine,
sauf dans les zones dans la région
rebelle du Donbass fermement sous le contrôle des gouvernements
régionaux en rébellion, ainsi qu'en Crimée,
qui s'est jointe à la Fédération de Russie
après un référendum en Crimée le 16 mars
2014.
L'Ukraine risque de devenir un État failli
après les pogroms, a écrit le collaborateur à la
rédaction du magazine Route et correspondant de nsnbc,
Igor Alexeev, en décembre 2013. Alexeev avait prédit les
conséquences néfastes de ces événements sur
l'économie ukrainienne qui s'est arrêtée. Alexeev a
également mis en garde contre
la montée au pouvoir du parti Svoboda en Ukraine. Dans son
article de décembre 2013, Alexeev écrivait que :
Connu d'abord sous le nom de Parti national-socialiste,
Svoboda tire ses racines dans la collaboration nazie. Svoboda honore
aussi les « anciens combattants ukrainiens » qui
ont combattus avec les nazis contre l'Union soviétique pendant
la Deuxième Guerre mondiale dans la Division SS Galicie et ce
parti lutte contre la menace du
« communisme juif ». Ses origines sont
expliquées dans un article de Michael Goldfarb dans le Global
Post, intitulé « Le parti nationaliste de
l'Ukraine adopte l'idéologie nazie ».
L'Assemblée nationale ukrainienne -
Autodéfense ukrainienne (UNA-UNSO ), une force paramilitaire
ouvertement nationale-socialiste associée à Secteur
droit (Pravyï sektor), s'est depuis transformée en
soi-disant « unités spéciales
militaires » ou ADS corps qui agissent de manière
semi-autonome et sont intégrées aux structures
de commandement du Secteur droit, du ministère de
l'Intérieur, du ministère de la Défense ainsi que
des agences de renseignement étrangères et de l'OTAN.
UNA-UNSO a été lié au prétendu
réseau dormant de l'OTAN (Gladio).
Les États-Unis et d'autres gouvernements
occidentaux ont toujours fait passer leurs
« partenaires » en Ukraine pour des
« modérés » et ont rejeté
les allégations au sujet de la coopération avec les
organisations et les partis ukrainiens ayant une idéologie nazie.
En mai 2014, la sous-secrétaire d'État
pour l'Europe et l'Eurasie des États-Unis, Victoria Nuland, a
cependant admis lors d'une comparution de deux heures devant la Chambre
des représentants, que le gouvernement américain
collabore avec les nazis Ukrainiens.
La collaboration avec les nazis Ukrainiens ne se limite
cependant pas aux responsables du gouvernement Obama. Parmi ceux
impliqués directement dans la collaboration avec le
« dirigeant » de Svoboda Oleg Tyahnbok, on
retrouve le sénateur américain John McCain, qui est aussi
connu pour faire des « accords » avec
le « calife Ibrahim » de l'EI, connu sous le nom
d'al-Baghdadi ou al-Baghdadi.
Des unités militaires israéliennes
auraient aussi été impliquées dans le coup
d'État en Ukraine qui a mené à la montée
des idéologues nazis et aux menaces contre les
communautés et les citoyens juifs d'Ukraine.
Dans un article du 14 mars 2014, le directeur du Centre
de recherche sur la mondialisation, basé au Canada, le
professeur Michel Chossudovsky, notait que l'agence juive de nouvelles
JTA rapportait la présence d'unités associées
à l'Armée de défense d'Israël (Tsahal) en
Ukraine. JTA cite « Delta », un membre de la
brigade
Guivati de Tsahal, confirmant la présence de forces
israéliennes lors du coup d'État.
La brigade Guivati était, parmi d'autres,
impliquée dans l'« Opération Plomb
durci » contre la bande de Gaza ainsi que dans les massacres
dans le quartier Tel El-Hawa à Gaza, écrit Chossudovsky.
Alors que les menaces contre les membres de la
communauté juive de l'Ukraine sont réelles, la question
se pose de savoir si le gouvernement Nétanyahou a
participé à la création de cette menace dans le
but de recruter de nouveaux immigrants et citoyens israéliens.
Au cours des deux dernières
années, Israël a connu
une augmentation marquée des citoyens israéliens qui
quittent Israël pour l'Allemagne, les États-Unis et
d'autres pays occidentaux. Ces 6 000 nouveaux juifs ukrainiens
pourraient soutenir le gouvernement Nétanyahou et la poursuite
de la politique agressive d'Israël d'expansion des colonies dans
les territoires palestiniens occupés illégalement.

Quand la réalité
dépasse la fiction
Le film The Interview et la politique de changement de
régime des États-Unis vis-à-vis la Corée du
Nord
- Christine Hong, Asia-Pacific Journal,
le 29 décembre 2014 -
« Et advenant que le film déclenche
une guerre, j'espère que les
gens diront : 'Oui mais, ça valait la peine. C'est vraiment
un bon
film !' » - Seth Rogen
« Les dictateurs fêlés sont de
bons vendeurs de journaux et de magazines - pensons à la une du Newsweek
en
2003 montrant Kim [Jong Il] en verres fumés et portant le
titre :
'docteur Denfer'...Mais la démonisation et le ridicule
comportent des
dangers. À la limite, le fait de déshumaniser
l'adversaire prépare le
terrain
à la guerre. » - Donald Macintyre
Les images que l'on projette de la Corée du Nord
au grand écran aux
États-Unis - images à la fois grotesques et
menaçantes - sont sans
doute aussi anciennes et démodées que l'expression l'
« axe du mal »
datant de l'ère de George W. Bush. Le
« terroriste » musulman, les
images stéréotypées d'un dirigeant
nord-coréen diabolique à la « docteur
Terreur », le sinistre espion
nord-coréen, le commando robotique nord-coréen et tous
les autres
Bonhommes sept-heures de l'après-Guerre froide, acteurs du
péril rouge
et jaune - ont tous été les ennemis de service de
l'industrie du film
commercial et de ses fantasmes géopolitiques et racistes.
Expliquant pourquoi le dirigeant nord-coréen avait
été le choix par
défaut dans le rôle du vilain dans sa récente
comédie de changement de
régime, The Interview,
Seth Rogen a déclaré : « Ce n'est pas si
controversé que cela que
d'étiqueter la Corée du Nord comme étant
méchante. La raison en est
simple : elle est
méchante. »[1] En effet, les caricatures
unidimensionnelles de la Corée
du Nord sont chose commune dans les médias occidentaux pour la
simple
raison que « les dictateurs fêlés »
sont de bons vendeurs.[2] Or, pour
ce qui est des histoires de changement de régime
nord-coréen
hollywoodien, la ligne de démarcation entre la
réalité et la fiction - sans parler de celle entre la
liberté
d'expression et la propagande gouvernementale - est à peine
perceptible. Que ce soit à Hollywood ou à Washington, la
seule
description acceptable de la Corée du Nord, selon Donald
Macintyre,
ancien chef de bureau à Séoul pour le magazine Time,
est
« le
scénario
de
la
démonisation ».[3] Non seulement les fabricants de
rêves de l'industrie
du divertissement ont-ils depuis longtemps joué un rôle
déterminant
dans les théâtres de guerre des États-Unis mais les
haut fonctionnaires
et les commentateurs politiques ont aussi grandement influencé
le
langage du spectacle - par exemple, on dit des exercices militaires
conjoints des États-Unis et de la Corée du Sud qu'ils
sont des « jeux
de guerre » et lorsque l'administration Obama décrit
les manoeuvres
militaires des États-Unis dans et autour de la péninsule
coréenne, on
parle du « plan de match » du Pentagone envers la
Corée du Nord.
Mais au-delà de l'appétit insatiable de
l'industrie du
divertissement étasunienne pour les vilains, comment expliquer
le choix
anachronique de la Corée du Nord comme adversaire, vieil
adversaire
issu de la Guerre froide, qui perdure depuis la fin de cette
époque et
qui demeure le préféré des vilains parmi tous les
vilains d'Hollywood
depuis le
11 septembre. Alors que les yeux du monde entier sont tournés
vers
divers points chauds du Moyen-Orient, quel avantage y-a-t-il à
vouloir
brandir un « méchant » coréen
à Hollywood ? Bien qu'il soit possible
que l'amateur de cinéma puisse avoir une vague notion de
contexte
géopolitique - peut-être certains ont-ils une certaine
compréhension des réalités qui sous-tendent les
plus récents films
d'aventures interventionnistes islamophobes de Hollywood - mais il est
peu probable que la Corée du Nord, que l'on décrit dans
les médias
étasuniens comme étant un pays impossible à
comprendre et entouré de
mystère, puisse évoquer de telles lueurs de
compréhension. La vérité,
nous dit-on, est encore plus grotesque que tout ce que l'on puisse
imaginer au sujet de la Corée du Nord, donc, règle
générale, lorsque
Hollywood veut décrire ce pays, tout est permis - même des
films qui
montrent la tête de Kim Jong Un en train de se
déconstruire et de
s'enflammer. Ainsi les scènes de violence remplacent le fond, ne
nous
permettant aucunement de connaître quoi que ce soit de la
Corée du
Nord. Rappelons que l'ancien directeur de la CIA, Robert Gates, disait
de la Corée du Nord qu'elle était un « trou
noir » et selon l'ancien
responsable de la CIA à Séoul et ancien ambassadeur des
États-Unis en
Corée du Sud, Donald Clegg, elle est « l'échec
de
renseignement le plus spectaculaire de l'histoire de
l'espionnage », et
selon la représentante du Congrès, Ileana Ros-Lehtinen,
elle est « au
coeur des ténèbres ».[4] C'est donc cette
ignorance quasi-totale au
sujet de la Corée du Nord, pour laquelle les Américains
nourrissent
beaucoup de conviction tout en ne connaissant à peu
près rien de ce pays, qui sert d'écran malléable
sur lequel l'industrie
du divertissement projette ses fantasmes, lesquels ont peu à
voir avec
la réalité de la Corée du Nord mais en disent long
sur du substrat
idéologique dans lequel s'embourbe Hollywood.
Il serait utile de tenir compte de deux films de
l'« axe du mal »
tournés après le 11 septembre, deux films dont les
scénarios sont basés
sur des prémisses contraires mais qui entrecroisent la politique
des
États-Unis, bien que peu de critiques l'aient
observé : L'aube rouge,
un remake par MGM en 2012 d'un film
de l'époque de la Guerre froide tourné en 1984, dans
lequel des
envahisseurs nord-coréens tentent présomptueusement de
provoquer un
changement de régime aux États-Unis mais sont battus par
une bande
d'adolescents américains s'appelant les
« Wolverines », et The Interview,
comédie loufoque dans laquelle un
animateur de talk-show idiot et son producteur sont
enrôlés par la CIA
pour « éliminer » Kim Jong Un, moyen
infaillible pour faire tomber le
régime nord-coréen.[5] Tandis que Red Dawn 2,
décrit par Wired comme étant « le film le plus
stupide jamais fait », est devenu par la force des choses
une farce, ses
réalisateurs croyant que les cinéphiles américains
allaient « percevoir la Corée du Nord comme
étant une véritable menace », The
Interview,qui
du jour au lendemain a connu une notoriété mondiale, est
devenu le
sujet d'une sérieuse controverse et de commentaires tout azimut
dans
les médias occidentaux.[6]
Le principal vilain de The Interview est issu
de la Corée
du Nord, bien qu'il soit plus rustre que dictateur, ayant d'importants
problèmes d'« estime de soi » et de
« questions non réglées avec son
père », selon les fuites de courriels de Sony.[7] Et
c'est ainsi que,
dans toute la tempête médiatique au sujet du
piratage de Sony, la Corée du Nord est devenue, au delà
de l'écran, un
bouc émissaire facile. Alors que la Maison-Blanche vient de
tourner une
page importante vis-à-vis Cuba, allant jusqu'à affirmer
que la
politique isolationniste des États-Unis en vigueur pendant un
demi-siècle et visant un changement de régime à
Cuba s'est avérée un
échec, la
Corée du Nord, pour sa part, elle aussi une cible des projets de
changement de régime des États-Unis, pourrait très
bien se retrouver
sur la liste des États qui soutiennent le terrorisme du
Département
d'État, même si un dénommé George W. Bush
l'avait retirée de cette
liste en 2008.[8] En d'autres mots, alors que Cuba sera en toute
vraisemblance
retiré de cette liste de quatre pays, qui comprend aussi l'Iran,
le
Soudan et la Syrie, il est fort possible que la Corée du Nord,
accusée
d'avoir piraté Sony et d'avoir proféré des menaces
terroristes pour
empêcher la projection du film The Interview,
se retrouve à nouveau sur cette fameuse liste. [9] Nous sommes
ainsi
devant deux
dynamiques complètement différentes : d'une part, la
perspective d'un
rapprochement, d'une normalisation et d'un engagement tant attendus
avec Cuba, et de l'autre, une guerre des mots, des menaces de riposte
et d'escalade de conflit face à la Corée du Nord. En
parlant du
piratage de Sony, que le FBI prétend dur comme fer avoir
retracé
jusqu'à la Corée du Nord - accusation que le New
York Times a
publiée en dépit d'un raz-de-marée
d'évaluations et d'opinions
contraires provenant de la communauté élargie de la
cybersécurité - la
porte-parole du Département d'État des États-Unis,
Marie Harf, le 22
décembre 2014, faisait, au nom de Sony, une surprenante demande
d'indemnisation auprès de la Corée du Nord :
« Le gouvernement de la
Corée du Nord a une longue tradition de nier ses actes de
destruction
et de provocation et elle pourrait aider dans cette affaire en avouant
sa culpabilité et en compensant Sony pour les dommages
encourus. »[10]
Or, dans cette discussion biaisée faite de
réparations et d'amnésie
collective, les États-Unis ne font aucun effort pour mesurer le
sérieux
coût humain résultant de six décennies
d'interventions hostiles de la
part des États-Unis contre la péninsule coréenne,
ni ne tiennent-ils
compte du fait que la relation officielle entre les États-Unis
et la
Corée
du Nord en est une de guerre non terminée. Au milieu du 20e
siècle, les
États-Unis, préparant le terrain pour leur bain de sang
en divisant la
péninsule coréenne en deux en 1945 sans aucun apport de
la Corée
elle-même, et en appuyant des élections
séparées dans le sud en 1948,
sont ensuite intervenus militairement en 1950 au nom de leur
allié de
la Corée du Sud, Syngman Rhee (un dictateur sanguinaire, sans
doute,
mais « notre homme », selon le vocabulaire du
Département d'État de la
Guerre froide) pour mener la guerre de réunification nationale
qui
s'est ensuivie. La tragédie c'est que cette guerre, la guerre de
Corée,
est restée sans solution jusqu'à ce jour. Les
États-Unis
ont mené le combat avec une nette supériorité
aérienne dans cette
guerre inégale, menant à des conséquences
dévastatrices, en particulier
pour la Corée du Nord. À la fin, il est estimé que
quatre millions de
Coréens furent tués, dont 70 % étaient des
civils. Des millions sont
devenus des réfugiés et une famille coréenne sur
trois a été séparée
par une ligne de démarcation qui, la guerre aidant, est devenue
une
frontière des plus infranchissables, extrêmement
fortifiée et
militarisée, que les présidents étasuniens depuis
ont appelé « La
frontière de la liberté ». Comme le note
l'historien Bruce Cumings, la
mémoire n'est pas aussi sélective au nord de la dite
frontière. « Ce
qui ne s'efface pas, c'est la destruction massive causée par les
campagnes aériennes des États-Unis contre la Corée
du Nord. Les
États-Unis ont eu recours à des bombes incendiaires (en
particulier le
napalm), mais aussi aux menaces d'armes nucléaires et chimiques,
et à
la destruction d'immenses barrages nord-coréens dans la phase
finale de
la
guerre. »[11] Ce souvenir de l'hécatombe, si central
à la consolidation
de la Corée du Nord en tant qu'État, n'a peu ou pas
d'écho aux
États-Unis où on nomme la guerre de Corée
« la guerre oubliée ». En
effet, peu de personnes aux États-Unis se rendent compte que
cette
guerre n'est pas terminée, tandis qu'en Corée du Nord,
personne ne peut l'oublier.
Obama observe la
RPDC à partir de ce qu’il appelle la « Frontière de
la liberté », le 25 mars 2012.
|
Et pourtant, qu'ils s'en rendent compte ou pas, les
Américains
perçoivent la Corée du Nord par le petit trou de la
lorgnette,
elle-même embuée par cette guerre non terminée.
Dans ce qui allait
devenir l'une des campagnes de relation publique les plus bizarres pour
un film de Noël de Hollywood , les affirmations du FBI à
l'effet que la
Corée
du Nord était responsable de la cyberattaque contre Sony - une
affirmation présentée sans preuve aucune mais
acceptée comme un fait
accompli par l'administration Obama - met en lumière le
rôle des
agences de renseignement qui servent de filtre pour tamiser notre
perception de la Corée du Nord et d'autres ennemis historiques
des
États-Unis. Il
est bon aussi de noter que les deux principales façons par
lesquelles
un Américain peut « connaître » la
Corée du Nord sont les transfuges et
les satellites, deux preuves à toute épreuve, à
tel point que c'est sur
la base de tels renseignements que l'ancien secrétaire
d'État, Colin
Powell, a présenté au Conseil de Sécurité
des Nations unies
en 2003 la « preuve » irréfutable à
l'effet que l'Irak avait en sa
possession des armes de destruction massive. Aujourd'hui, comme
à cette
époque, l'information au sujet d'une cible militaire de longue
date des
États-Unis n'a pas comme objectif de peindre un portrait
fidèle de
cette société ou de son leadership mais plutôt de
vaincre ce
dit ennemi - en somme, de préparer le terrain pour un changement
de
régime. C'est précisément derrière cet
écran de désinformation au sujet
de la Corée du Nord que Hollywood produit de façon
industrielle des
films qui alimentent la politique inlassable de changement de
régime
des États-Unis.
Obama
s’engage
à
répondre à la cyberattaque contre Sony lors de sa
conférence de presse de fin d’année le 19 décembre
2014
|
Avec Obama qui assume le rôle de principal
porte-parole pour The Interview,
attardons-nous aux lignes de démarcation floues qui
séparent ce que le
président des États-Unis et Seth Rogan ont ensemble
présenté comme
étant une question de liberté de parole et d'expression
artistique,
d'une part, et la propagande gouvernementale,
de l'autre. La collusion entre Sony, la Maison- Blanche et le complexe
militaro-industriel, telle que révélée par les
fuites de courriels,
mérite aussi qu'on s'y attarde. Non seulement Obama, lors de sa
dernière conférence de presse de 2014, a-t-il
réussi à éviter toute
discussion sur le rapport de la CIA sur la torture, mais il a
prêté une
attention
excessive à un film que Sony avait déclaré avoir
mis sur les tablettes,
louangeant le film et lui offrant un appui sans pareil. En invoquant la
Corée du Nord comme étant « la question du
jour », l'importante
question de la reddition de comptes des États-Unis pour la
torture, au
sujet de laquelle même d'importants médias
réclamaient une
enquête criminelle sur la responsabilité de l'ancien
vice-président,
Dick Cheney, de l'ancien directeur de la CIA, George Tenet, de
l'architecte légal des programmes de torture, John Yoo, et
d'autres, a
été mise sous le tapis. [12] Au lieu de cela, la
Corée du Nord s'est
trouvée à la une et la décision provisoire, un
soi-disant coup fumant
de relation
publique, de retirer The Interview, a été
présentée,
conjointement avec les commentaires d'Obama, comme étant une
capitulation à la censure imposée par un
« dictateur quelque part dans
le monde ».[13] Posons-nous la question : quel capital
politique
peut-on penser gagner en maintenant la ligne dure envers la
Corée
du Nord, alors qu'avec Cuba on prône la détente ?
Comme l'indiquent les
courriels piratés provenant du dirigeant de Sony Entertainment,
Michael
Lynton, le tête-à-tête de Sony avec l'administration
Obama au sujet de The Interview,
remonte à l'étape embryonnaire du film. Ayant
visionné une version non
éditée du film au
Département d'État même, Sony a sans doute
sondé les gens haut-placés
présents, y compris l'envoyé spécial des Nations
unies pour les droits
de l'homme en Corée du Nord, Robert King, en particulier au
sujet de ce
quo lui semblait être une scène de violence excessive
où Kim Jong Un
(joué par Randall Park) est assassiné alors que sa
tête
explose. Ne souffrant pas de tels scrupules, le Département
d'État a
donné le feu vert au film.
Lors d'une entrevue au New York Times le 16
décembre 2014,
à la question à savoir s'ils étaient inquiets des
« menaces initiales
proférées par la Corée du Nord »,
l'acteur principal, James Franco, a
déclaré : « Ils s'en prennent à
Obama autant qu'à nous », ajoutant d'un
air pince-sans-rire,
« Parce qu'Obama est le véritable producteur de ce
film. » Seth Rogen,
qui partage le premier rôle dans le film et en est le
co-réalisateur
avec Evan Godberg, a clarifié : « Ils ne
connaissent pas la liberté de
parole là-bas et ils ne comprennent pas que les gens puissent
inventer
des choses. »[14] Par contre, plus tard
dans l'entrevue, Rogen a donné une version moins inoffensive du
processus de production : « Tout au long de ce
processus, nous avons
développé des relations avec certaines personnes qui
travaillent au
gouvernement en tant que consultants, et je suis convaincu qu'il s'agit
d'agents de la CIA. » En effet, non seulement des
fonctionnaires du Département d'État y ont-ils
participé, mais Bruce
Bennett, un observateur de la Corée du Nord et un partisan de
changement de régime au sein même de la Rand Corporation,
un groupe
d'experts financé par le complexe militaro-industriel des
États-Unis,
et consultant au gouvernement sur la Corée du Nord, a aussi fait
jouer
son
expertise de consultant auprès de Sony pour la conception du
film. La
thèse de Bennett sur la Corée du Nord - thèse qui
n'a rien d'original -
est que l'assassinat du dirigeant nord-coréen est la meilleure
façon
d'entraîner une chute du régime dans ce pays. Dans un
courriel du 25
juin 2014 qu'il a fait parvenir à Michael Lynton, le PDG de Sony
Entertainment, qui siège aussi au conseil d'administration de
Sony
Entertainment - une autre preuve de la relation douillette
qu'entretient Sony avec le complexe militaro-industriel - Bennett a
laissé entendre qu'un scénario de changement de
régime en Corée du
Nord, qui serait accueilli de façon politique dans la
péninsule
coréenne, pourrait huiler
la machine pour faciliter la chute du régime. Se
référant à son propre
livre publié en 2013, Preparing for the Possibility of a
North Korean Collapse,
il a déclaré : « J'ai bien indiqué
que l'assassinat de Kim Jong-Un est
ce qui permettrait en toute certitude de faire tomber le gouvernement
nord-coréen. Atténuer la scène
finale [la scène de l'assassinat] pourrait rendre le film plus
acceptable pour les Coréens du Nord, mais je crois plutôt
qu'un
scénario qui prône l'élimination du régime
de la famille Kim et la
création d'un nouveau gouvernement par le peuple
nord-coréen (du moins,
de ses élites) provoquera une véritable réflexion
en Corée du Sud et,
je crois, en
Corée du Nord dès que le DVD aura infiltré le Nord
(ce qui est fort
probable). Donc, personnellement, je ne toucherais pas à la
scène
finale. »[15] Défendant l'intégrité
créatrice du film (juste avant les
fuites de courriels), Rogen et Goldberg ont prétendu que leur
décision
d'identifier de façon explicite Kim Jong-Un comme étant
le dirigeant
nord-coréen du film avait soulevé une
« certaine résistance » chez
Sony, et pourtant, selon un article publié plus tard dans The
Daily
Beast, la fuite de courriels « suggère
fortement que l'idée d'intégrer Kim Jong Un comme
personnage à abattre dans The Interview était
de Sony ». Cela s'est fait
suite à une consultation « avec un ancien agent de la
CIA et avec un
individu qui avait déjà travaillé avec Hillary
Clinton. »[16]
Mais doit-on s'en surprendre ? Après tout,
Hollywood nous a donné La Chute du faucon noir, Opération
avant
l'aube, Argo, et beaucoup d'autres films de
propagande. Et pourtant, The Interview
est tout sauf un divertissement inoffensif. Il soulève encore
moins la
question de la liberté de
parole et d'expression artistique. Tout cela nous rappelle que
lorsqu'il s'agit des ennemis des États-Unis, la culture a
toujours été
un terrain de manipulation et de guerre. Au cours des intenses combats
menés au moment de la Guerre de Corée, les
États-Unis ont laissé tomber
au bas mot 2,5 milliards de pamphlets de propagande sur la Corée
du
Nord comme partie intégrante de leur guerre psychologique pour
gagner
« les coeurs et les esprits » des Coréens.
Tout au long de la Guerre
froide, cela est bien connu, la CIA a subventionné les arts et
les
lettres étasuniens par le biais d'un kulturkampf au sein
même du bloc
socialiste, agissant en catimini pour promouvoir des
expressions culturelles dites démocratiques qui pouvaient
ensuite
servir de preuves pour démontrer la supériorité de
la culture de la
liberté étasunienne. Aujourd'hui, le National Endowment
for Democracy
(NED), une agence dite non-gouvernementale mise en place à
l'ère Reagan
pour accomplir ce que la CIA faisait clandestinement pendant la
Guerre froide et financée dans sa quasi totalité par le
Congrès, est le
commanditaire et le diffuseur des témoignages de transfuges, ce
que la
CIA appelle « renseignements humains », lesquels
sont supposément la
vérité incarnée en ce qui concerne la Corée
du Nord.[17] L'un des
principaux objectifs du NED est la promotion de produits
de « culture seconde » au sujet de pays
ciblés ou « prioritaires », par
exemple, la « dissémination de livres, de films et
d'émissions
télévisées qui prônent la
démocratie », en tant que moyen de dé-
légitimer et d'éventuellement déstabiliser le
leadership de sociétés
dites « fermées ».[18] Pour ce qui
est de la Corée du Nord, le NED appuie des organisations
transfuges en
Corée du Sud et au Japon, qu'il mobilise en tant qu'alternative
exogène
à la société civile nord-coréenne - une
seconde culture dont on peut
disséminer la propagande via les émissions
radiophoniques, le
parachutage de ballons, l'infiltration clandestine de clés USB,
et
d'autres
moyens de distribution clandestins, en Corée du Nord. Bien que
les
fuites de courriels aient indiqué que la filiale
sud-coréenne de Sony
avait choisi dès le départ de ne pas mettre The
Interview
à l'affiche en Corée du Sud, citant l'aversion de
celle-ci pour la
caricature du dirigeant de la Corée du Nord et pour le fait de
se
moquer de
l'accent « nord-coréen », le choix de la
Corée du Sud pour une
distribution du film avec une portée sinistre porte à
réfléchir.[19]
Suivant de près l'exemple de Bennett, des organisations telles
la Human
Rights Foundation, organisation de droite des États-Unis, avec
à sa
tête le « combattant de la liberté »
vénézuélien
auto-proclamé, Thor Halvorssen Mendoza, ainsi que des groupes de
transfuges en Corée du Sud, ont affirmé qu'ils
étaient prêts en tout
temps, même avant que Sony ne retire provisoirement le film,
à faire le
parachutage illégal de copies DVD de The Interview en
Corée du Nord à partir de la Corée du Sud. Par
exemple, l'un des
sous-titres coréens présents sur l'affiche promotionnelle
du film de
Sony s'adresse explicitement à un auditoire
nord-coréen : « Ne croyez
pas aux Américains. Ils sont aussi idiots
qu'ignorants. » Au sujet de
la valeur du film en tant qu'outil de propagande, Halvorssen, qui pense
que les comédies sont « en définitive le
moyen contre-révolutionnaire le plus efficace » -
reprenant les propos
de Rogen qui avait loué le potentiel prétendument
subversif du film en
disant « Peut-être le film trouvera-il son chemin
jusqu'en Corée du
Nord et déclenchera une foutue de révolution »
- a dit à Newsweek : « La parodie et
la satire
sont puissantes. Ce sont les idées qui vont l'emporter en
Corée du Nord. Les idées vont faire chuter ce
régime. »[20]
La Fondation des
droits humains lance des ballons de propagande sur la Corée du
Nord.
|
Aussi, ceux qui prétendent parler au nom de la
démocratie en défendant The Interview,
n'examinent que rarement ou même jamais les ramifications
profondément
antidémocratiques du « pivot »
militarisé d'Obama à l'endroit de l'Asie
et du Pacifique. Il faut voir le
« méchant » nord-coréen
hollywoodien
dans le contexte de la politique des États-Unis, passée
et actuelle,
touchant à la vaste région de l'Asie-Pacifique où
les États-Unis
tentent d'imposer leur domination. Bien que la politique
étrangère de
Barack Obama est inévitablement associée au Moyen-Orient
où il a
continué d'appliquer encore plus rigoureusement les politiques
interventionnistes
de Bush, sa politique étrangère dès les premiers
jours vise
explicitement le Pacifique. En tant que secrétaire d'État
d'Obama,
Hillary Clinton avait souligné l'importance de l'Asie en s'y
rendant
avant même de se rendre en Europe, celle-ci étant
traditionnellement le
premier point d'arrêt lors des voyages de ses
prédécesseurs. Révélant
les projets des
États-Unis en tant que puissance du 21e siècle dans la
région de
l'Asie-Pacifique, qu'il a décrite comme étant
« l'avenir » de
l'Amérique, « la région la plus expansive au
monde » et « foyer de la
moitié de l'économie mondiale », Obama, lors
d'un discours en novembre
2011 devant le parlement australien,
avait déclaré : « Notre nouvel
intérêt pour cette région reflète une
vérité essentielle - les États-Unis ont toujours
été, et seront
toujours, une nation du Pacifique ».[21] Donc Obama et les
membres de
son administration font des pieds et des mains pour faire comprendre
que les États-Unis doivent être perçus comme une
« puissance du Pacifique »[22]

Photo tirée
de L'aube rouge (2012) dans laquelle le drapeau de la RPC
été altéré par ordinateur pour devenir le
drapeau de la RPDC |
Empruntée du scénario de L'aube rouge,
l'arnaque
mise
en
place
par Obama vis-à-vis l'Asie et le Pacifique
nécessite qu'on fasse
jouer un rôle de démon à la Corée du Nord.
Rappelons qu'en 2012, L'aube rouge de MGM s'était
attiré un raz-de-marée de critiques de la part des
médias chinois - la Chine étant, soit dit en
passant, le marché cinématographique le deuxième
en importance au monde et un marché qui a permis à L'aube
rouge
d'atteindre les 1,4 milliard $ au box office l'année de la
sortie du
film. MGM avait alors décidé à la toute
dernière minute de remplacer
les vilains chinois dans le film par des vilains nord-coréens.
La Corée
du
Nord, qui ne pèse pas lourd dans le marché de
consommateurs de
l'industrie mondiale du divertissement, pouvait être
copiée collée à la
place de la Chine, sans grandes conséquences financières.
La
modification par ordinateur des drapeaux de la République
populaire de
Chine, des insignes militaires et des affiches de propagande pour leur
donner
une allure « nord-coréenne » a
coûté au studio plus d'un million de
dollars dans la phase de post-production. Bien que, selon ses
conseillers, la politique officielle d'Obama envers la Corée du
Nord en
a toujours été une de « patience
stratégique », ou de non-engagement,
la Corée du Nord a toujours servi de pierre
angulaire à l'approche interventionniste de cette administration
vis-à-vis la région de l'Asie-Pacifique. Aussi, bien que
le rôle
militaire accru des États-Unis dans cette région, avec un
rééquilibrage
des forces navales étasuniennes atteignant 60 % dans la
région (tandis
qu'elles sont de 40 % dans l'Atlantique), semble plutôt
viser à
contenir une Chine en ascension, on a toujours justifié la
présence
militaire accrue des États-Unis dans cette région - la
politique du
pivot d'Obama - en invoquant le spectre d'une Corée du Nord
volatile,
brandissant des armes nucléaires.
Bien au-delà des fantasmes hollywoodiens, la
Corée du Nord,
présentée comme une menace existentielle, a
été indispensable pour, par
exemple, « le déploiement de missiles balistiques de
défense à
proximité de la Corée du Nord », sans parler
de la vente de technologie
de surveillance par drone aux alliés régionaux.[23] En
effet,
au coeur de ce déploiement de systèmes de missiles de
défense
étasuniens - les Aegis, Patriot, et THAAD (Terminal
High-Altitude Area
Defense) - à proximité de la côte d'Hawai, de Guam,
de Taiwan, du
Japon, d'Okinawa et de la Corée du Sud (y compris
éventuellement sur
l'île de Jeju) sont les dangers que représenteraient une
Corée du Nord
armée, dangereuse et complètement imprévisible
pour la côte ouest des
États-Unis et pour ses alliés régionaux dans le
Pacifique. Ces
dernières années, cette image d'une Corée du Nord
instable et ayant le
doigt sur la gâchette est ce qui a justifié la mise en
place accélérée
du système THAAD à Guam, d'un deuxième
système de missiles de défense
près de Kyoto, au Japon, du déploiement de porte-avions
nucléaires dans
tout le Pacifique, et de ventes lucratives de systèmes d'armes
aux pays
clients des États-Unis dans toute la région de
l'Asie-Pacifique.
Quoiqu'un élément clé dans ces plans de
premières frappes des
États-Unis, cette militarisation accrue du « Lac
étasunien » est
justifiée par le Pentagone qui prétend qu'il ne s'agit
que d'une
« mesure de précaution visant à consolider
notre dispositif de défense
face à la menace régionale de missiles balistiques de la
Corée du
Nord. » [25] En avril 2013, dans un communiqué de
presse annonçant le
déploiement de ses missiles de défense dans toute la
région de
l'Asie-Pacifique, le Pentagone a affirmé : « Les
États-Unis demeurent
vigilants face aux provocations de la Corée du Nord et se
déclarent
prêts à défendre le territoire des
États-Unis, nos alliés ainsi que nos
intérêts nationaux. »[26] Ainsi le
système de radar X-band que les
États-Unis ont vendu au Japon sous prétexte de
protéger
« la région contre la menace
nord-coréenne », « ne vise pas la
Chine »,
selon les porte-parole étasuniens, mais est tout simplement une
mesure
défensive adoptée face au danger que pose Pyongyang.[27]
Des critiques ont fait valoir que ces mesures
« n'ont rien de
défensif » , en particulier pour ce qui est
« des bombardiers
nucléaires stratégiques B-52 et B-2 », que
l'administration Obama a
déployés dans la péninsule coréenne.[28] En
effet, de tels « vols
visaient à démontrer, d'abord à la Corée du
Nord, sa
capacité de mener des attaques nucléaires à
volonté n'importe où en
Asie du Nord-Est. »[29] Et pourtant, alors même que
les Nord-Coréens se
sont mis à l'abri et ont fait preuve d'une
« unité déterminée » tout en
se préparant à une confrontation possible entre David et
Goliath, le
véritable auditoire de cette dramaturgie
étasunienne nommée « politique du
pivot » a toujours été la Chine.
Prétendant avoir fait
« énormément » de recherche sur la
Corée du Nord, Seth Rogen insiste que The Interview est
le
miroir
de
la
réalité en Corée du Nord :
« Nous n'avons rien inventé.
Tout est véridique. » Et quelle est sa conclusion
suite à cette
recherche exhaustive ? « C'est
foutument bizarre. »[30] Et alors que les rideaux se
lèveront dans les
cinémas des États-Unis pour la présentation de The
Interview,
le rôle que jouera le démon nord-coréen dans la
politique du pivot
d'Obama au sein de l'Asie et du Pacifique, eux-mêmes un
théâtre
historique de guerres étasuniennes, s'avérera une
réalité qui
dépassera de loin la fiction.
Christine Hong
est professeure adjointe d'UC Santa Cruz. Elle est
membre du comité exécutif de l'Institut pour une
politique coréenne, du
comité de coordination de la Campagne nationale pour mettre fin
à la
guerre de Corée, et du Groupe de travail sur la paix et la
démilitarisation en Asie et dans le Pacifique.
Articles pertinents
• Sahr Conway-Lanz, The Ethics of
Bombing Civilians After World War II: The Persistence of Norms Against
Targeting Civilians in the Korean War
• Mel Gurtov, Time
for
the
U.S.
to
Engage North Korea
• Ruediger Frank, Why now is a
good time for economic engagement of North Korea
• Morton H. Halperin, A New
Approach to Security in Northeast Asia: Breaking the Gridlock
Notes
1.
Josh
Rottenberg, «Seth
Rogen
and
Evan Goldberg Like that Kim Jong Un Doesn’t Get the Joke», LA
Times,
3 décembre 2014 . Comme le
révèlent les propos de Rogen dans son entrevue au LA Times, les détails
biographiques sur le dirigeant nord-coréen n'avait pas
d'importance: un autre leader aurait fait l'affaire. Rogen et son
co-réalisateur Evan
Goldberg avaient d'abord considéré Kim Jong Il comme
figure du méchant par excellence mais suite à son
décès en décembre 2011 ils l'ont tout simplement
remplacé par Kim Jong Un.
2.
Donald
Macintyre, «U.S.
Media
and
the Korean Peninsula» Korea Witness: 135 Years of War,
Crisis and
News in the Land of the Morning Calm, ed. Donald Kirk et Choe
Sang Hun (Seoul: EunHaeng Namu, 2006), 404.
3. Ibid.,
407.
4.
Tel
que
cité dans:
Don
Oberdorfer, The
Two Koreas: A Contemporary History (New York: Basic-Perseus Books,
2001) 60; “North Korea’s Heart of Darkness,” Dong-A Ilbo, 23
May 2012. Disponible ici.
5. Sandy Schaefer, «The
Interview
Red
Band
Trailer: Rogen and Franco Serve Their Comedy», Screen
Rant, September 2014
6.
David
Axe,
«North
Korea
Invades
America
in
Dumbest
Movie
Ever», Wired, 4 août 2012
7. Sam
Biddle, «Leaked
Emails:
Sony
Execs
Scared
of
‘Desperately
Unfunny’
Interview», Defamer,
15
décembre 2014
8.
Comme
l’a
rapporté
le Daily Beast,
citant
les propos d'Obama pour clarifier la nouvelle approche des
États-Unis dans leur politique envers Cuba: « Je ne pense
pas que nous pouvons continuer de faire la même chose pendant 50
autres années et nous attendre à un résultat
différent, a dit Obama dans une allusion assez directe à
ce qu’on entend en général par l’insanité ».
Lire l'article « Obama
Realizes
What
10
Presidents
Didn’t:
Isolating
Cuba
Doesn’t
Work », de Christopher Dickey, dans le The Daily Beast du 18
décembre 2014.
9.
Lire
«
Obama
Says
He’ll
Weigh
Returning
North
Korea
to
Terror
List », par Amy Chozick, dans le New York
Times du 21 décembre 2014
10.
Département
d'État,
point de presse quotidien,
Washington, DC, le 22 décembre 2014. Faisant remarquer que le
système de lourdes sanctions des États-Unis et des
institutions internationales interdit les tractations
financières directes avec la Corée du Nord, le
journaliste de l'AP Matt Lee a demandé à Harf de
clarifier ce qu'elle entend par «compensation »: «
Comment Sony pourrait-il accepter légalement une compensation de
la Corée du Nord? Y-a-t-il une exception? », a
demandé Lee. ' À ce que je sache, si vous recevez un
paiement, un paiement direct, du gouvernement nord-coréen, vous
brisez la loi. » Lire « Reporter
Dismantles
State
Dept
Suggestion
that
North
Korea
Pay
Compensation
to
Sony », dans le Free Beacon du 22 décembre
2014. Pour en savoir plus sur le scepticisme des experts en
cyber-sécurité à l'effet que la Corée du
Nord soit responsable du piratage, lire « In
Plain
English:
Five
Reasons
Why
Security
Experts
Are
Skeptical
North
Korea
Masterminded
the Sony Attack», par
Elissa Shevinsky, dans le Business
Insider du 22 décembre 2014 et l'article de Marc Rogers
«No,
North
Korea
Didn’t
Hack
Sony», dans le Daily Beast du 24 décembre
2014.
11.
Bruce
Cumings,
«On
the
Strategy
and
Morality
of
American Nuclear Policy in Korea, 1950 to the
Present», Social
Science
Japan
Journal 1:1 (1998): 57
12.
«Remarks
by
the
President
in
Year-End
Press
Conference», The White House, 19 décembre 2014; La
rédaction du New York Times, «Prosecute
Torturers
and
Their
Bosses», The New York Times, 21 décembre 2014
13.
«Remarks
by
the
President
in
Year-End
Press
Conference»
14.
Dave
Itzkoff,
«James
Franco
and
Seth
Rogen
Talk
about
The
Interview», The New
York Times, 16 décembre 2014
15.
L'avis
de
Bennett, qui est censé être un expert de la
péninsule coréenne, sur la réception de The Interview en Corée du
Sud est contredit par les courriers internes de Sony. Craignant la
controverse, la division sud-coréenne de Sony a
préféré ne pas présenter le film en
première en Corée du Sud. Il faut aussi savoir que le
thriller Die Another Day
(2002), un film de James Bond, un autre qui s'en prend à
l'«axe du mal», a provoqué de grandes manifestations
en Corée du Sud. Voir à ce sujet
Hye
Seung Chung, «From Die
Another Day to ‘Another Day’: The South Korean Anti-007 Movement
and Regional Nationalism in Post-Cold War Asia», Hybrid
Media,
Ambivalent Feelings, ed. Hyung-Sook Lee, édition
spéciale de Spectator 27:2 (2007): 64-78.
16.
Rottenberg,
«Seth
Rogen
and
Evan
Goldberg
Like
That
Kim Jong Un Doesn’t Get the Joke»; William Boot, «Exclusive:
Sony
Emails
Say
Studio
Exec
Picked
Kim
Jong-Un
as
the
Villain
of ‘The
Interview’», The Daily Beast, 18
décembre 2014
17.
À
ce
sujet
William Blum écrit: «Allein Weinstein, qui a
participé à la rédaction de la loi
établissant le NED, admettait assez candidement en 1991:
'Beaucoup de ce que nous faisons aujourd'hui était fait
secrètement par la CIA il y a 25 ans.'» Voir William Blum,
Rogue State:
A Guide to the World’s Only Superpower (Monroe, ME: Common
Courage, 2000), 180
18.
NED,
«Statement
of
Principles
and
Objectives:
Strengthening
Democracy
Abroad:
The
Role
of
the
National
Endowment for Democracy», NED
19.
Voir
Biddle,
“Leaked
Emails”
20.
Josh
Eells,
«Seth
Rogen’s
‘Interview’:
Inside
the
Film
North
Korea
Really
Doesn’t
Want
You
to
See», Rolling Stone, 17 décembre 2014; Paul
Bond,
«Sony Hack: Activists to Drop ‘Interview’ DVDs over North Korea
via
Balloon», The Hollywood Reporter, 16
décembre 2014; Katherine
Phillips, «Activists
to
Send
DVDs
of
‘The
Interview’
to
North
Korea
by
Balloon», Newsweek,
17 décembre
2014
21.
Barack
Obama,
«Remarks
by
President
Obama
to
the
Australian
Parliament», 17 novembre 2011
22.
Hillary
Clinton,
«America’s
Pacific
Century», Foreign Policy, 11 octobre 2014
23.
Barbara
Starr
et
Tom
Cohen,
«U.S.
Reducing
Rhetoric That Feeds North Korea’s Belligerence», CNN
13 avril 2013
24.
Department
of
Defense,
News
Release
No.
208-13, 3 avril 2013
25.
John
J.
Kruzel,
«U.S.
Prepares
Missile
Defense,
Continues
Shipping Interdictions», U.S.
Department of Defense, 18 juin 2009
26.
«Department
of
Defense
Announces
Missile
Deployment», Press Release, Department
of Defense, 3 April 2014
27.
Lolita
Baldor
and
Matthew
Lee,
«US
and
Japan
Revamp
Defense
Alliance
to
Counter
North
Korean
Threat», Business
Insider, 3 octobre 2013
28.
Peter
Symonds,
«Obama’s
‘Playbook’
and
the
Threat
of
Nuclear
War
in
Asia», World
Socialist Web Site, 5 avril 2013.
29.
Ibid
30.
Judy
Kurtz,
«FLASHBACK
--
Seth
Rogen:
No
Regrets
about
Making
‘The
Interview,’» The
Hill, 17 décembre 2014

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