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Numéro 167 - 8
décembre 2014
Deuxième session, quarante et
unième législature, 2013-2014
Le mépris de la tradition
parlementaire de Harper souligne la nécessité du
renouveau démocratique
Deuxième
session,
quarante
et
unième législature, 2013-2014
• Le mépris de la tradition
parlementaire de Harper souligne la nécessité du
renouveau démocratique
• Le projet de loi C-43, Loi no 2 portant
exécution de certaines dispositions du budget
Le trafic de
main-d'oeuvre du gouvernement Harper
• Assez qualifié pour travailler - Assez
qualifié pour rester! Pleins droits et statut pour les aides
familiaux! - Peggy Askin
• Abolissez le programme des travailleurs
étrangers temporaires! Un statut et des droits pour tous!
- Peggy Morton
Deuxième session, quarante et
unième législature, 2013-2014
Le mépris de la tradition parlementaire de
Harper souligne la nécessité du renouveau
démocratique
Le projet de loi omnibus C-43, de plus de 130 000 mots,
sur l'exécution du budget du premier ministre Stephen Harper est
un autre exemple de l'incohérence des méthodes actuelles
de gouvernance et de la nécessité du renouveau
démocratique. Le projet de loi C-43 est un ramassis
éclectique de morceaux de lois traitant de toutes sortes de
questions, notamment la Loi sur Investissement Canada, la Loi
sur
l'assurance-emploi, la Loi sur les relations de travail
dans la fonction publique et la Loi sur la pension de
retraite de la Gendarmerie royale du Canada.
Le tout est présenté sans
cohérence, sans contexte ni aucun lien avec un problème
social, politique ou économique qui pourrait être
abordé dans sa totalité, avec comme conséquence
que l'opinion publique, au lieu d'être éclairée et
créée par un débat et une résolution
parlementaire, est attaquée et détruite. Rien ne peut
être réglé de cette façon, et
cela semble être l'objectif. Tout est remis au cabinet du premier
ministre (CPM) et aux ministres, à leur contrôle
exercé par les règlements et les diktats.
Stephen Harper a écarté le Parlement et
instauré le contrôle direct et la dictature du CPM et des
principaux ministres du cabinet. Les annonces importantes du
gouvernement ne sont pas faites au Parlement mais à des
événements médiatiques rigoureusement
contrôlés ou à des rassemblements de membres
choisis de la classe capitaliste dirigeante.
Ce fut le cas lorsque le ministre des Finances de Harper, Joe Oliver, a
présenté la mise à jour économique annuelle
d'automne le 12 novembre 2014 à un groupe d'hommes d'affaires
à Toronto. Le ministre des Finances a rendu public les
détails et les lignes directrices de la mise à jour
économique aux médias de masse liés à la
dictature de Harper,
montrant ainsi que le gouvernement considère le Parlement comme
inutile.
Ces
événements-spectacles, ces communiqués de presse
et entrevues sont organisés régulièrement par
Stephen Harper qui utilise le pouvoir exécutif et les
médias de masse obligeants pour gouverner sans interaction avec
le Parlement, à l'exception d'attaques brutales, souvent
personnelles, lors de la période de questions. Cela souligne le
fait que
l'équilibre qui a été créé dans
l'après-guerre, reposant sur un parti au pouvoir et un parti
dans l'opposition, la résolution des différends par les
débats parlementaires, les réunions des comités et
la négociation et, ultimement, les élections, n'existe
plus. Même le « moulin à paroles »
parlementaire détesté par tous, où des
représentants de
la classe dominante examinent les lois et l'action gouvernementale lors
de débats et à la période de questions, a
cessé de fonctionner depuis longtemps. La responsabilité
de cette situation est souvent attribuée à des
personnalités, comme Stephen Harper et sa manie de vouloir tout
contrôler, alors qu'en fait elle est le résultat de la
restructuration de
l'État au service de l'ordre du jour néolibéral de
l'oligarchie financière internationale. Tous les arrangements
qui auparavant servaient la classe capitaliste et reposaient sur qu'on
appelle l'autorité publique ont été
détruits. Aujourd'hui, les intérêts privés
se sont emparés des institutions de l'État. Même
les emplois de la fonction publique sont
désormais confiés régulièrement à
des sociétés privées qui contrôlent
également
l'exercice du pouvoir décisionnel au sein du
CPM et des ministères.
Stephen Harper prépare un autre coup
électoral
Un autre coup électoral est en préparation
pour 2015. Pour cela, Stephen Harper utilise des actes
inquiétants et organisés qu'il qualifie de terroristes.
Il tente de créer un climat de panique et de doute au sein du
corps politique sur la manière de défendre sa
sécurité. Il attaque constamment le principe moderne que
la sécurité ne peut
être défendue qu'en garantissant les droits de tous.
À des fins intéressées, Stephen Harper a
déclaré immédiatement que le meurtre d'un soldat
à Ottawa était un acte de terrorisme tandis que le chef
de l'opposition officielle a exprimé son désaccord avec
cette position. Cette divergence reflète le fait que le
parlement n'a pas débattu ou n'a pas défini
ce qui constitue un acte de terrorisme. Stephen Harper utilise cette
absence de définition pour déclarer arbitrairement que
l'acte posé à Ottawa par un tireur seul est un acte de
terrorisme et l'utilise ensuite pour justifier la promulgation des lois
qui restreignent les droits civils. En même temps, il ne
considère pas comme du terrorisme le massacre
d'Ukrainiens brûlés vifs à Odessa par des voyous
nazis du gouvernement de Kiev installé au pouvoir par un coup
d'État qu'il soutient.
Ainsi, il est impossible de créer une opinion
publique sur ce qu'est le terrorisme et sur d'autres questions. Au
contraire, la formation de l'opinion publique est détruite pour
qu'aucune volonté populaire ne puisse se former sur quelque
sujet que ce soit, et pour que les gens restent
désinformés, vulnérables à la manipulation
et incapables de
riposter de façon organisée pour bloquer l'inacceptable.
La destruction de l'opinion publique sert les objectifs de Harper alors
qu'il prépare un coup électoral aux prochaines
élections fédérales dont il veut sortir en
champion du pouvoir néolibéral de la classe dirigeante.
La destruction de l'opinion publique dans le projet de
loi C-43
Cette destruction de l'opinion publique est
présente dans l'ensemble du projet de loi portant sur
l'exécution du budget. Prenons par exemple la question
importante des investissements étrangers et les
préoccupations des Canadiens qui veulent défendre leur
moyen de subsistance, l'économie locale et leur droit souverain
de décider de
la direction de l'économie. Face aux accords de
libre-échange qui ont donné un droit de monopole absolu
aux investisseurs étrangers de s'ingérer dans
l'économie du Canada, les Canadiens exigent que des mesures
soient prises. Par exemple, US Steel a fait irruption au Canada en
2007, s'est emparé des opérations de Stelco à
Hamilton et à
Nanticoke et a entrepris de les fermer pour servir ses
intérêts étroits. De la même manière,
Caterpillar, Heinz et beaucoup d'autres entreprises ont fermé
leurs opérations en toute impunité. La Loi sur
Investissement Canada (LIC) s'est avérée
complètement inefficace pour défendre
l'intérêt public du Canada, et les gens veulent un large
débat sur les moyens de limiter le droit de monopole.
La dictature Harper dit qu'elle prend des mesures et va
apporter des modifications à la LIC. En fait, elle a
enterré la discussion du problème ainsi que les
modifications proposées de la LIC dans la section 9 de la
partie 4 du projet de loi omnibus C-43. Les modifications
apportées à la LIC font 775 mots sur les 130 000 du
projet de loi C-43,
et plus de la moitié de ces 775 mots ne traitent pas de la LIC,
mais de modifications de la Loi no 1 du Plan d'action
économique 2013. Ces modifications évitent
complètement l'essence de la question, qui est le droit
souverain du peuple de prendre des décisions sur les questions
qui le concernent et la nécessité de limiter le droit de
monopole.
Le comité parlementaire responsable de l'examen
de la LIC va étudier la section 9 du projet de loi C-43. Les
modifications proposées sont très techniques et restent
dans le cadre existant de la LIC. Elles ne remettent pas en question la
situation actuelle où les monopoles étrangers attaquent
l'économie canadienne et les Canadiens ni ne remettent
en question le pouvoir absolu du capital financier. La section 9 ne dit
rien du contexte et des nécessités historiques et
n'aborde pas les propositions visant à restreindre le droit de
monopole et à défendre les droits des Canadiens. Le
débat en comité, si on peut parler de débat,
n'atteindra pas le public et n'entraînera pas de chauds
échanges
d'opinions à la Chambre avant le vote sur l'ensemble du projet
de loi omnibus. Selon le délai imposé par la dictature
Harper, le comité qui examine la section 9 du projet de loi
C-43 et qui est contrôlé par les conservateurs,
présentera son rapport à la Chambre le jour du vote sur
l'ensemble du projet de loi. C'est une destruction de l'opinion
publique sur un enjeu crucial qui ne fait rien pour sa mobilisation.
Le projet de loi omnibus C-43 est un autre exemple de la
nécessité du renouveau démocratique. Alors que la
dictature Harper et son mode de gouvernance sont un outrage à la
tradition parlementaire, la tradition parlementaire elle-même
s'est montrée incapable d'arrêter la montée de la
dictature Harper et à montrer qu'elle n'est plus
adaptée à la
réalité contemporaine. Le défi du corps politique
est d'organiser le renouveau démocratique. Cela signifie ouvrir
la voie à une direction nouvelle en rejetant l'ancien qui a
montré son incapacité à organiser la gouvernance
d'une manière démocratique et à défendre
les droits du peuple.
Luttons pour le renouveau démocratique. Discutons
ensemble pour ouvrir la voie à de nouvelles formes de
gouvernance propres au XXIe siècle.

Le projet de loi C-43, Loi no 2 portant
exécution de certaines dispositions du budget
La Chambre des communes se penche actuellement sur le
projet de loi C-43, Loi no 2 portant exécution de certaines
dispositions du budget, du premier ministre Stephen Harper. Ce
projet de loi, de plus de 133 000 mots, contient toutes sortes de
mesures d'affectation des fonds publics et introduit, modifie,
étend ou élimine un large
éventail de règles et de règlements.[1] Des
éléments du projet de loi peuvent être
modifiés lors de son étude en comité si le Parti
conservateur, qui contrôle les comités par le biais de sa
majorité, permet des amendements. Lorsque le projet de loi C-43
reviendra devant la Chambre, il sera voté dans son
intégralité.
La table des matières du projet de loi C-43 donne
une indication de la portée de la loi.[2] Dans ce projet de loi
omnibus, il est proposé d'adopter ou de modifier 49 lois
indiquées dans la table des matières et trois autres lois
contenues dans « Autres lois. » Les lois
touchées sont extrêmement diverses et comprennent des
sujets qui
nécessiteraient un examen approfondi, la création d'une
opinion publique et un vote séparé à la Chambre
des communes, comme la Loi sur Investissement Canada, la Loi
sur
l'assurance-emploi, la Loi sur les arrangements fiscaux
entre le gouvernement fédéral et les provinces, la Loi
sur
la
radiocommunication, la Loi de mise en oeuvre de l'Accord de
libre-échange Canada -Chili, les questions se rapportant
aux relations de travail dans la fonction publique, aux modifications
du Code criminel et à la privatisation de l'industrie
nucléaire canadienne. Or, ce ne sera pas le cas.
Selon le sommaire, le projet de loi se divise en quatre
parties.[3] Les quatre parties sont divisées en une
série de mesures. Toutes les citations sont tirées du
projet de loi C-43.
« La partie 1 met en oeuvre certaines mesures
visant l'impôt sur le revenu qui ont été
proposées dans le budget du 11 février 2014 ».
La partie 1 est divisée en deux sections. La première
section contient 12 mesures traitant de changements spécifiques
à l'application des règles fiscales. La deuxième
section de la partie 1, contenant
aussi 12 mesures, « met également en oeuvre d'autres
mesures relatives à l'impôt sur le revenu ».
« La partie 2 met en oeuvre certaines mesures
relatives à la taxe sur les produits et services/taxe de vente
harmonisée (TPS/TVH) ». Elle contient quatre mesures.
« La partie 3 modifie la Loi de 2001 sur
l'accise » et porte sur les produits du tabac.
« La partie 4 met en oeuvre diverses mesures,
notamment par l'édiction et la modification de plusieurs
lois » et est subdivisée en 31 sections. Ainsi :
- La section 1 modifie la Loi sur les dessins
industriels.
- La section 2 modifie la Loi sur
l'aéronautique afin de changer plusieurs règlements.
- La section 3 abroge la Loi sur la Commission
canadienne des affaires polaires.
Des scientifiques canadiens, notamment les
membres de l'Institut professionnel de la fonction publique du Canada
s'opposent à cette mesure et soulignent que la fermeture du
Laboratoire de recherche atmosphérique de l'environnement
polaire d'Eureka au Nunavut a déjà causé un
préjudice irréparable à la science. Les
scientifiques
veulent que se tiennent des discussions sur la meilleure façon
d'étudier les régions polaires et de faire des recherches
dans l'Extrême Arctique. Inclure cette mesure dans la loi omnibus
diminue l'importance de la question et surtout la cache au public.
- La section 4 modifie le Code criminel.
- La section 5 modifie la Loi sur les arrangements
fiscaux entre le gouvernement fédéral et les provinces et
touche
l'admissibilité
à
l'assistance sociale.
- La section 6 modifie la Loi sur la
radiocommunication. Elle comprend six mesures.
- La section 7 modifie rétroactivement la Loi
sur
les
fonds
renouvelables.
- La section 8 modifie la Loi sur la Monnaie royale
canadienne.
- La section 9 modifie la Loi sur Investissement
Canada. Cette loi a suscité une grande controverse. Les
citoyens exigent un complet rétablissement et un renforcement de
son contenu. Au lieu de cela, les modifications sont enfouies dans le
projet de loi omnibus, sont minimes et ne vont pas au coeur du
problème, qui est d'assurer
le contrôle souverain de l'économie canadienne et de son
orientation.
La section 10 modifie la Loi sur la radiodiffusion.
- La section 11 modifie la Loi sur les
télécommunications et traite spécifiquement
des pouvoirs du Conseil de la radiodiffusion et des
télécommunications canadiennes
(« CRTC »).
- La section 12 « modifie la Loi sur la
Banque de développement du Canada afin de préciser
les services financiers et de gestion que la Banque de
développement du Canada est autorisée à fournir,
notamment des services financiers à l'égard d'entreprises
exploitées à l'extérieur du Canada ».
- La section 13 modifie la Loi sur les Territoires
du Nord-Ouest — édictée par l'article 2 du chapitre
2 des Lois du Canada (2014).
- La section 14 modifie la Loi sur
l'assurance-emploi afin que soit remboursée aux petites
entreprises une partie des cotisations patronales payées pour
les années 2015 et 2016.
- La section 15 modifie la Loi de mise en oeuvre de
l'Accord de libre-échange Canada — Chili.
- La section 16 modifie la Loi maritime du
Canada afin de prévoir un pouvoir de prendre des
règlements à l'égard des entreprises
situées dans un port.
- La section 17 modifie la Loi sur l'identification
par les empreintes génétiques. Elle contient huit
mesures portant principalement sur le système de justice
pénale.
Elle apporte également des modifications à
la Loi sur l'accès à l'information et à
la Loi sur la protection des fonctionnaires divulgateurs d'actes
répréhensibles.
- La section 18 modifie la Loi sur le recyclage des
produits de la criminalité et le financement des
activités terroristes.
- La section 19 modifie la Loi sur le
ministère de l'Emploi et du Développement social.
- La section 20 modifie la Loi sur
l'Agence de la santé publique du Canada afin de
créer le poste de président de l'Agence de la
santé publique du Canada.
- La section 21 modifie la Loi no 2 sur le plan
d'action économique de 2013.
- La section 22 modifie plusieurs lois pour mettre fin
à la supervision des coopératives de crédit
centrales provinciales par le Bureau du surintendant des institutions
financières.
- La section 23 modifie la Loi sur la gestion des
finances publiques. Elle accorde également au Conseil du
Trésor le pouvoir de prendre certains règlements.
La section 24 modifie la Loi sur l'immigration et
la protection des réfugiés et accorde au gouverneur
en conseil le pouvoir de prendre des règlements portant sur sept
questions.
- La section 25 modifie la Loi sur les juges
et la Loi sur les Cours fédérales.
- La section 26 modifie la Loi canadienne sur les
paiements afin d'apporter des changements à la structure de
gouvernance de l'Association canadienne des paiements.
- La section 27 modifie la Loi sur la compensation
et le règlement des paiements afin d'élargir les
pouvoirs conférés à la Banque du Canada en
matière de surveillance des systèmes de compensation et
de règlement des obligations de paiement et d'autres
opérations financières. Elle apporte aussi des
modifications à d'autres
lois.
- La section 28 édicte la Loi sur les mesures
de transparence dans le secteur extractif, laquelle impose des
obligations à des entités qui s'adonnent à
l'exploitation commerciale de pétrole, de gaz ou de
minéraux.
- La section 29 modifie la Loi
sur
l'emploi
et
la croissance économique afin que
Laboratoires Nucléaires Canadiens Ltée cesse d'être
mandataire du gouvernement le jour où Énergie atomique du
Canada limitée disposera de ses titres. Elle modifie
également cette loi afin de prévoir que la Loi sur la
pension de la fonction
publique s'applique, pour une période de transition de
trois ans, à toutes les personnes qui seront des employés
de LNC le jour de cette disposition. Cette mesure est une nouvelle
étape dans la restructuration et la privatisation
néolibérales de l'industrie nucléaire.
- La section 30 abroge une disposition de la Loi no
2 sur le plan d'action économique de 2013 qui modifie la Loi
sur
les
relations
de travail dans la fonction publique en ce qui
touche le processus des plaintes de dotation.
- La section 31 transfère le service ouvrant
droit à pension au crédit de certains contributeurs
à la pension de retraite de la Gendarmerie royale du Canada
conformément à la Loi sur la pension de retraite de
la Gendarmerie royale du Canada au régime de la Loi
sur la pension de la fonction publique, et elle les assimile
à des contributeurs du groupe 1 visés à la Loi
sur
la
pension
de la fonction publique. De plus, elle modifie la
Loi sur la pension de retraite de la Gendarmerie royale du Canada en
abrogeant
des
dispositions
visant des membres de la Gendarmerie royale
du Canada qui ne détiennent pas de grade.
Le Sommaire est suivi de la Table analytique et de la
liste de tous les changements et amendements des quatre parties et des
31 sections de la partie 4. Les modifications du projet de loi C-43
touchent plus de 50 lois dont certaines sont amendées plusieurs
fois.
Notes
1. Pour le texte complet du projet de loi C-43, cliquer ici.
2. Pour la Table des matières du projet de loi C-43, cliquer ici.
3. Pour le Sommaire du projet de loi C-43, cliquer ici.

Le trafic de main-d'oeuvre du
gouvernement Harper
Assez qualifié pour travailler - Assez
qualifié pour rester! Pleins droits et statut pour les aides
familiaux!
- Peggy Askin -
Le 31 octobre 2014, le ministre de l'Immigration Chris
Alexander a annoncé des changements majeurs au Programme des
aides familiaux (PAF). Avec le plus grand cynisme, le gouvernement a
annoncé ces changements comme étant une grande
amélioration pour « accélérer le
traitement des demandes, accélérer la
réunification des
familles, améliorer les possibilités de carrière,
mieux protéger les aides familiaux contre les risques
d'exploitation et de mauvais traitements en milieu de
travail ». Cette affirmation est complètement fausse.
Une fois de plus le gouvernement Harper a répondu aux demandes
de redressements des torts par de nouvelles attaques contre les
travailleurs.

Le PAF existe depuis de nombreuses
années au lieu d'un système de garderies
financé publiquement et de soins de santé modernes et
humains pour les aînés reconnu comme un droit. Dans le
cadre du programme existant, les aides familiaux doivent vivre au
domicile où ils fournissent des soins. Les employeurs sont
censés les payer au
salaire minimum pour le nombre d'heures prévues selon les normes
provinciales d'emploi, et les heures supplémentaires pour les
heures travaillées au-delà, moins les déductions
pour la chambre et les repas que les employeurs sont autorisés
à faire. La réalité est que pour de nombreux aides
familiaux, c'est de longues heures de travail et peu de
temps libre, et à cela s'ajoute les violations en toute
impunité par les employeurs des normes en matière de
temps libre et de paiement des heures supplémentaires. Les aides
familiaux qui vivent au domicile de leur employeur sont
particulièrement vulnérables à de tels abus et
pour cette raison les organisations d'aides familiaux et leurs
alliés exigent
depuis longtemps la suppression des exigences pour les
aides familiaux et l'obtention du statut d'immigrant dès leur
arrivée au Canada pour y travailler.
Un des aspects les plus odieux du PAF est qu'il oblige
les femmes à se séparer de leur conjoint et de leurs
enfants. Le programme exige 24 mois de travail à temps plein
avant que l'aide familial puisse demander le statut de résident
permanent. Les délais et les retards imposés par le
gouvernement ont prolongé le temps d'attente à trois ans
et
plus, ce qui prolonge la séparation des familles. C'est
inadmissible dans une société moderne que ceux qui
s'occupent des enfants, des malades et des personnes âgées
doivent être séparés de leur propre famille. Une
telle politique remonte à l'époque de l'esclavage et est
un affront aux droits qui appartiennent aux gens du fait de leur
humanité.
M. Alexander affirme qu'il
est en train de résoudre ces problèmes en
éliminant l'accumulation des dossiers non traités et en
mettant fin à l'exigence qu'un aide familial doive vivre au
domicile de l'employeur, à condition que cela soit
accepté par l'employeur. Le gouvernement prétend qu'en
2015 il admettra sur une base permanente 30 000
aides familiaux et les membres de leur famille et dit que c'est du
jamais vu. C'est de la duperie car les 25 000 demandeurs
présentement en attente qui ont déjà rempli toutes
les conditions pour obtenir leur statut de résident permanent
sont contraints d'endurer de longues attentes supplémentaires
pour que leurs demandes soient approuvées.
À l'avenir, le nombre de demandes sera
plafonné
et ce ne seront pas tous les aides familiaux qui pourront faire une
demande de résidence permanente. À compter du 30
novembre, tous les nouveaux demandeurs devront faire une demande par le
biais du programme « Entrée express ». Il
y a environ 20 000 aides familiaux qui
travaillent au Canada, mais seulement 5500 demandes seront
acceptées chaque année et celles-ci sont divisées
en deux « voies d'accès » : la voie
de « garde d'enfants » et la voie de
« personnes ayant besoin de soins médicaux
élevés ». Cependant, puisque la
« voie de personnes ayant besoin de
soins médicaux élevés » comprend les
travailleurs temporaires étrangers qui travaillent dans les
hôpitaux et les établissements de soins de longue
durée ainsi que des résidences privées, le nombre
réel d'aides familiaux acceptés comme résidents
permanents sera beaucoup plus bas que celui annoncé.
Le cri de ralliement
« assez qualifié pour travailler, assez
qualifié pour rester » remonte aux années
1980, lorsque les associations de travailleurs domestiques ont
commencé à organiser au niveau national le Mouvement des
domestiques étrangers pour exposer au grand jour les conditions
des aides familiaux et exiger le statut de
résident permanent. À ce jour, les restrictions exigeant
deux années de travail comme aides familiaux sont toujours en
vigueur et la juste demande pour le statut de résidence
permanente dès l'arrivée au Canada n'a pas encore
été satisfaite.
Loin de corriger cette injustice et mettre fin au trafic
humain des travailleurs, le gouvernement impose maintenant des mesures
punitives et rétrogrades pour restreindre davantage la
résidence permanente. Ce n'est pas acceptable. Ces changements
ont été dénoncés par Migrante, Caregiver
Action Centre (CAC) à Toronto, Philippine Migrants
Society of Canada et d'autres organisations. Les aides familiaux
continuent de défendre leurs droits et exigent que le PAF soit
aboli et remplacé par l'immigration. La lutte des aides
familiaux et de leurs organisations pour le statut d'immigrant
reçu à leur arrivée au Canada est une juste lutte
qui mérite l'appui de tous les Canadiens.

Abolissez le programme des travailleurs
étrangers temporaires! Un statut et des droits pour tous!
- Peggy Morton -
Le projet de Loi C-43,
Loi
no 2 sur le plan d'action économique de 2014, le projet de
loi omnibus présenté le 23 octobre, comprend des
amendements à la Loi sur l'immigration et la protection des
réfugiés et au programme des travailleurs
étrangers temporaires (PTET). Ces amendements font suite aux
annonces de
Jason Kenney, ministre de l'Emploi et du Développement social,
faites en juin 2014 par lesquelles il prétendait agir pour
arrêter les « abus » du programme par les
employeurs. Les amendements prévoient une « liste
noire » des employeurs qui ont violé les exigences du
PTET ou les lois provinciales du travail et les
normes d'emploi.
Les amendements prévoient également donner
de vastes pouvoirs au gouvernement pour mener des inspections et exiger
la production de documents par des « individus et
entités » incluant « les renseignements
réglementaires relatifs à l'autorisation pour un
étranger d'exercer un emploi au Canada pour cet
employeur ».
Tout employé peut également être contraint à
assister aux entrevues.
Jason Kenney et la dictature Harper veulent que les
Canadiens croient qu'ils répondent à l'opposition
répandue au PTET, mais les faits montrent autre chose. Les
Canadiens demandent l'abolition du PTET qui crée une section de
travailleurs vulnérables afin d'attaquer les droits de tous. Les
amendements du projet de loi C-43 ne rencontrent en
rien la demande de mettre fin au programme de trafic de travailleurs,
aux attaques contre les droits des plus vulnérables afin
d'attaquer les droits de tous et à l'ordre du jour de bas
salaires de Harper.

La « liste noire » n'est pas
nouvelle et existe depuis des années sans qu'un seul employeur
n'ait été nommé. Cinq employeurs ont
été ajoutés entre avril et juin 2014, trois
franchises Macdonald et deux petites entreprises. Aucun nom n'a
été ajouté depuis. Semaine après semaine,
de nouvelles violations de la loi sont révélées.
Les
plus fréquentes sont le non-paiement des salaires, notamment du
temps supplémentaire, les jours fériés et la
paie de vacances, l'embauche de travailleurs temporaires
étrangers alors que des citoyens canadiens ou résidents
permanents sont disponibles, et le refus de payer le salaire
régional en vigueur. Jason Kenney n'a jamais expliqué le
résultat
des « enquêtes » sur le grand nombre de
plaintes au sujet des pratiques illégales des employeurs
déposées par des travailleurs étrangers
temporaires et des travailleurs canadiens, alors que les employeurs
continuent de violer la loi avec impunité.
Le gouvernement prétend que
« Dès leur mise en oeuvre, ces réformes
doteraient le PTET et le PMI d'un régime complet de
conformité ». Selon l'information obtenue par une
demande d'accès à l'information, il n'y a que 43
employés du service fédéral public assignés
à surveiller près de 400 000 détenteurs de permis,
une tâche
clairement impossible.
La loi omnibus, Loi no 1 sur le plan d'action
économique de 2014, qui a reçu la sanction royale le
19 juin 2014 réduit les pénalités pour les
employeurs. Au lieu d'une interdiction de deux ans sur l'embauche de
travailleurs étrangers pour violation de la loi, un
régime de lettres d'avertissements, des pénalités
administratives (des
amendes commençant à 500 $) et des interdictions
plus courtes ont été mis en place. Le ministre a un
pouvoir discrétionnaire pour décider comment traiter les
violations de la loi.
L'addition de pénalités pour les
employeurs trouvés coupables de violation des normes d'emploi
est essentiellement vide de sens. Les gouvernements provinciaux ne
poursuivent pas les employeurs qui ne paient pas les salaires. Ils
émettent parfois des ordonnances de conformité suite
à une plainte déposée par un travailleur
étranger temporaire,
mais sans poursuites, personne ne peut être déclaré
coupable et aucune sanction fédérale ne peut être
appliquée.
Au mieux, tout cela est du maquillage mais cela
soulève la question de qui est la véritable cible de
cette loi ? Elle semble être conçue pour cibler les
travailleurs étrangers temporaires, pas les employeurs.
En 2011, le gouvernement
adoptait de nouveaux règlements qui limitent le temps qu'un
travailleur étranger temporaire peut travailler au Canada.
Lorsque leur permis de travail expire, les travailleurs
étrangers temporaires qui ont travaillé au Canada depuis
2011 ne pourront plus faire une nouvelle demande. En dépit de
travailler au Canada
depuis des années, les TET seront forcés de rentrer dans
leur pays pour quatre ans ou rester en tant que travailleurs sans
papiers. D'autres changements rendront impossible à plusieurs
TET d'obtenir le renouvellement de leur permis de travail, alors qu'ils
doivent toujours des milliers de dollars aux esclavagistes modernes.
Tout porte à tirer la
conclusion que la loi est conçue pour faciliter un régime
du style américain de raids d'immigration pour pourchasser et
expulser les travailleurs sans papiers.
Le trafic de travailleurs et tous les vestiges de
l'esclavagisme et tout l'ordre du jour de Harper pour
des bas salaires doivent cesser et cette loi ne fait rien pour cela. Il
n'y a pas de place pour un système qui permet aux monopoles
mondiaux de faire à leur guise pour abaisser les salaires et les
conditions de travail. Les droits de
tous les travailleurs doivent être reconnus dès leur
arrivée au Canada. Il n'y a pas de place pour un système
conçu pour créer une classe de travailleurs sans droits
afin d'attaquer les droits de tous. À cette fin, un statut de
résidence permanente devrait être remis aux travailleurs
étrangers temporaires qui travaillent et contribuent par leurs
efforts et
talents à l'économie et à la société
canadienne. Le PTET doit être aboli, qu'il soit appelé
Programme des
travailleurs étrangers temporaires ou Programme de
mobilité internationale, et seuls les échanges
légitimes doivent être permis.

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