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Numéro 152 - 17
novembre 2014
La mise à jour des projections
économiques
et budgétaires du gouvernement Harper
Une attaque contre le peuple et la
société
La
mise à jour des projections économiques et
budgétaires du gouvernement Harper
• Une attaque contre le peuple et la
société - K.C. Adams
Les travailleurs de la
fonction publique fédérale défendent leurs droits
• Les membres de l'Alliance de la Fonction
publique du Canada rejettent les attaques contre leurs congés de
maladie et les compressions dans les services publics
• Congés de maladie: régime
d'assurance désavantageux pour les employés en
santé - L'institut professionnel de la fonction
publique du
Canada
La mise à jour des projections
économiques et budgétaires
du gouvernement Harper
Une attaque contre le peuple et la
société
- K.C. Adams -
Le ministre des Finances du gouvernement Harper, Joe
Oliver, a présenté la mise à jour des projections
économiques et budgétaires le 12 novembre à un
groupe de gens d'affaires à Toronto. La véritable
nouvelle n'est pas ce qu'Oliver a dit, ce qui a déjà
été largement prédit et rapporté, mais ce
qu'il n'a pas dit. Il n'a rien dit ayant un
quelconque lien avec les problèmes auxquels les Canadiens sont
confrontés.
Oliver a répété le refrain de
Harper que l'économie mondiale « demeure fragile »
et que le pays doit « maintenir le cap » pour assurer la
prospérité. Cela est en soi une contradiction et n'a pas
de sens. Si l'économie « demeure fragile », pourquoi
le gouvernement voudrait-il « maintenir le cap » ? Pourquoi
ne pas régler la fragilité ?
Bien sûr, la question est plus compliquée
parce que la dictature Harper veut nous faire croire que nous vivons
dans une sorte de « Far West » en dehors de toute
société ou économie socialisée, une sorte
de désert de marchés indomptés, au-delà du
domaine de la science économique. Les néolibéraux
ne veulent pas que le peuple s'imagine
investi du pouvoir et en contrôle de la société et
de son économie, avec des institutions et des autorités
qui lui permettent de s'attaquer aux problèmes tels qu'ils se
présentent.
Pour les néolibéraux, les problèmes
auxquels le peuple et l'économie sont confrontés n'ont
pas d'importance. Le véritable problème pour eux est que
le gouvernement dépense trop pour les programmes sociaux et
qu'il y a trop d'impôt et de règlements pour ceux qui
possèdent les parties indomptées et concurrentes de
l'économie, qui en dépit
de sa « fragilité » et ses problèmes, doit
« maintenir le cap ».
Harper présente son opposition aux
dépenses du gouvernement dans les programmes sociaux comme une
lutte pour un budget équilibré. Avec cette notion ou
précondition d'équilibre, Oliver réclame la
victoire d'une autre réduction de 500 millions $ dans les
programmes sociaux, portant les dépenses de programmes à
un nouveau creux
historique pour le Canada.
Les coupures de programmes sociaux, la vente des biens
publics et la privatisation des services publics, de pair avec le plus
faible niveau de réclamation fédérale (imposition)
en tant que pourcentage de la valeur que les travailleurs canadiens
produisent, ont eu pour résultat un surplus de 1,9 milliard $
dans le budget fédéral du printemps
prochain. Sabrez le champagne ! L'incohérence a conquis la
conscience. L'équilibre a non seulement été
atteint mais surpassé. La vie sera belle et en
sécurité, baignée dans l'élixir magique de
« l'équilibre ».
Dans l'esprit des néolibéraux, la
déclaration d'un budget équilibré l'année
prochaine devrait garantir la réélection du gouvernement
Harper. Cela ne signifie rien pour eux qu'un budget prévoyant
moins de programmes sociaux et de services publics et une
réclamation moins élevée du gouvernement à
la valeur produite dans l'économie, et ne
résout aucun problème ni ne transforme une «
économie fragile » en une économie forte, saine et
dynamique, fonctionnant en harmonie avec toutes ses diverses
composantes. L'« économie fragile » a plus d'un
million de travailleurs officiellement au chômage, lequel frappe
le plus durement la jeunesse.
La campagne de propagande de Harper semble plaire pour
le moment aux propriétaires du capital monopoliste mais
même eux deviennent inquiets concernant le programme bidon
d'austérité et ont commencé à vanter les
mérites du financement à déficit. Après
tout, larguer des bombes sur l'Irak est dispendieux. La guerre sans fin
contre le
terrorisme coûte cher avec tous ces espions, agents et
mercenaires. De plus, le capital monopoliste veut contrôler et
profiter du secteur des services et se faire remettre gratuitement des
infrastructures et subventions pour pouvoir investir tout comme Ford,
Honda et les autres monopoles. Selon le capital financier, tous les
aspects des services publics
doivent leur être sous-traités, incluant même le
maintien de l'ordre, les prisons, l'espionnage et la guerre. Toute
cette pression pour des fonds publics pour payer les riches et mener
des guerres d'agression peut demander un changement de l'obsession pour
l'équilibre vers le financement à déficit. En
plus, mettre de l'argent dans les prêts assurés au
gouvernement durant ces temps « fragiles » est toujours
plaisant pour les riches.
Oliver a utilisé l'occasion de la mise à
jour pour attaquer les chefs du Parti libéral et du NPD. Il a
dit à son auditoire que couper les programmes sociaux et
réduire la réclamation du gouvernement
fédéral à la valeur produite par les travailleurs
est la politique du Parti conservateur et que Trudeau et Mulcair s'y
opposent. En sollicitant les votes
et le financement électoral des gens d'affaires, Oliver assimile
l'opposition à l'ordre du jour néolibéral
d'austérité à « enlever de l'argent des
poches de la classe moyenne et des Canadiens à faible revenu
», ce qui « ne ressemble pas à une plate-forme
gagnante selon moi ». Plusieurs Canadiens trouvent offensant et
un signe de corruption que le
gouvernement utilise son devoir de faire rapport des finances du pays
comme une tribune pour mousser un électoralisme crasse.
Harper dit que les dépenses du gouvernement dans
les programmes sociaux et les services publics retirent de l'argent des
poches des Canadiens. C'est le refrain du chacun pour soi des riches
qui refusent de reconnaître que dans le monde d'aujourd'hui, les
gens naissent en société et ont des droits en vertu du
fait qu'ils sont des êtres humains.
L'économie moderne a besoin d'une gestion au nom du peuple, pas
seulement de quelques privilégiés et leurs
intérêts privés qui brandissent leur
propriété des moyens de production sociale comme une arme
contre le peuple et la société. L'économie moderne
est extrêmement intégrée et socialisée. Pour
exploiter sa puissance collective et ne pas la
gaspiller avec le chômage et la faible utilisation des
capacités, l'économie a besoin de l'attention, la
coopération et l'expertise minutieuse des travailleurs
directement impliqués dans tous les secteurs. Mais les gens
commencent à s'éveiller à la réalité
que Harper et les autres néolibéraux les empêchent
d'obtenir le pouvoir politique et économique
ainsi que le contrôle nécessaire pour résoudre les
problèmes, renouveler le pays et l'économie et leur
fournir une direction prosociale.
Les Canadiens ne sont pas contents de voir les
harpériens radoter et espérer que tous hochent la
tête en accord. Les médias de masse en particulier
s'attirent la honte en ne questionnant pas le non-sens de Harper et ne
demandant pas des réponses et des actions pour traiter des vrais
problèmes que les Canadiens connaissent bien parce qu'ils, leurs
proches, collègues, voisins et petites entreprises, leur font
face quotidiennement.
Harper utilise le vieux truc consistant à
évoquer une prémisse ou un ordre du jour et demander que
tous répondent à ce qu'il dit. On ne permet pas au peuple
de formuler sa prémisse et son ordre du jour. On l'empêche
de penser pour lui-même et d'aborder la situation telle qu'elle
se présente. Il est censé répondre à
l'ordre du jour prédéfini de
Harper, qui dans ce cas est un budget avec des revenus et
dépenses qu'il a inventés, avec un objectif irrationnel,
qui est d'atteindre l'équilibre budgétaire. Quel
problème un budget équilibré résout-il
à part le fait d'être équilibré ?
Aucune discussion élargie n'est permise sur ce
que sont les dépenses et les revenus. La méthode pour
percevoir des revenus serait l'imposition et rien d'autre, et cette
imposition est maintenant principalement individuelle, l'impôt
des particuliers étant à son plus haut niveau à
7,1 % du PIB. Ce côté de l'équation n'est pas
censé être questionné.
Mais pourquoi dans une économie socialisée les
réclamations du gouvernement ne sont-elles pas faites au point
de production des biens et services, de la valeur produite et
reproduite par les travailleurs ? Pourquoi les réclamations des
travailleurs à la valeur qu'ils produisent et aux services
qu'ils dispensent, leurs salaires, avantages sociaux et
pensions, deviennent-ils la principale source de revenu du gouvernement
?
Du côté des dépenses, les
problèmes sociaux et économiques sont ignorés et
enterrés par un barrage de propagande à l'effet que les
dépenses doivent être égales ou inférieures
aux revenus et les revenus réclamés directement aux
grands monopoles doivent être toujours plus bas.
Même la plaie béante du chômage
permanent est réduite à traiter le symptôme
à partir du revenu qui est disponible sur la base des primes
payées au régime d'assurance emploi. L'assurance-emploi a
un surplus de 3,8 milliards $ en croissance; malgré cela les
chômeurs ont beaucoup de difficultés à toucher des
prestations et en plus, rien n'est
fait pour résoudre la cause du problème puisque les
harpériens disent qu'il faut seulement « maintenir le cap
».
Les Canadiens sont censés attendre le rapport
mensuel sur l'emploi de Statistique Canada et s'extasier ou être
déprimés à lire les chiffres sur les emplois
créés ou perdus alors que la source du problème du
chômage n'est jamais résolue. Harper continue encore et
toujours sur la question de l'équilibre et de la
réduction des programmes sociaux
mais personne, incluant les médias, ne parle de l'énorme
perte de valeur que représentent les 6,5 % de travailleurs au
chômage, en particulier le dommage causé à la
précieuse jeunesse du pays et la perte prodigieuse de valeur du
fait que la capacité des moyens de production n'est pas
pleinement utilisée ou parce que des intérêts
privés étroits
ferment les usines, comme par exemple la production d'acier et de coke
à l'usine Hamilton Works de US Steel.
La mise à jour annonce un surplus de revenus pour
l'année prochaine et tout le pays est supposé sauter de
joie, donner une tape dans le dos aux harpériens et les
réélire pour un travail bien fait. Eh bien, les Canadiens
n'en sont plus à ces réactions infantiles. Ils veulent
que les problèmes économiques et sociaux de
l'économie et de la société
soient traités, pas ignorés et enfouis sous une
propagande mensongère. Ils demandent leur propre ordre du jour
prosocial, pas un ordre du jour prédéterminé pour
servir les quelques privilégiés et attaquer la
société, que les médias de masse serviles
applaudissent bêtement.
Arrêtez les attaques contre le peuple et la
société !
Arrêtez de payer les riches ! Augmentez les
investissements dans les programmes sociaux !
Organisons-nous et luttons pour un ordre du jour
prosocial et une nouvelle direction pour le pays et l'économie !

Les travailleurs de la fonction publique
fédérale défendent leurs droits
Les membres de l'Alliance de la Fonction publique du
Canada rejettent les attaques contre leurs congés de maladie et
les compressions dans les services publics
À
Québec le 30 octobre2014
Le 30 octobre, les travailleurs de la fonction publique
fédérale, membres de l'Alliance de la Fonction publique
du Canada (AFPC), ont organisé des manifestations, des
piquetages et des sessions d'information partout au pays,
déterminés à faire reculer le Conseil du
Trésor qui veut détruire les arrangements actuels en
matière de congés de
maladie. La présente ronde de négociations a
commencé au mois de juillet et touche près de 100 000
travailleurs. Par leurs actions, ceux-ci ont affirmé qu'ils
refusent les concessions et défendent leur droit à leurs
congés de maladie ainsi que le droit des Canadiens à des
services publics de grande qualité. Ils ont
dénoncé les compressions du
gouvernement Harper dans les services publics, demandé des
régimes de congés de maladie pour tous les travailleurs
et
lancé l'appel à tous d'Arrêter Harper ! À
Québec, les membres de l'AFPC se sont joints à la
coalition des syndicats de la fonction publique lors d'un grand
rassemblement devant l'Assemblée nationale le 30 octobre. La
région de
l'Atlantique de l'AFPC a aussi organisé une Journée
d'action le 17 octobre et les membres y ont mené des actions
dans les quatre provinces maritimes.
Le gouvernement Harper veut retourner au temps où
les travailleurs du secteur public n'avaient pas de syndicats et
éliminer les clauses de congés de maladie qui ont
été négociées il y a de cela cinquante ans.
Le 10 septembre, le Conseil du Trésor, qui négocie les
conventions collectives avec les syndicats des travailleurs du
gouvernement
fédéral, a déposé une proposition qui
élimine les congés de maladie. Le nombre de congés
de maladie par année serait réduit de 15 à 5 par
année et le programme ferait désormais partie d'un
Régime d'assurance-invalidité de courte durée
(AICD) qui ne serait plus géré par la convention
collective. Les journées de congé de maladie que les
travailleurs ont accumulées au cours des années seraient
éliminées et il n'y aurait plus d'accumulation de
congés de maladie non utilisés. Le nouveau régime
proposé par le gouvernement prévoit une période de
sept jours ouvrables non payés avant que le travailleur ne soit
éligible à des prestations. Le travailleur recevrait 100
%
de son salaire pour
les quatre premières semaines de prestations et 70 % par la
suite
pendant un maximum de 26 semaines.
Le Conseil du Trésor exige aussi du syndicat
qu'il accepte des clauses dans la convention collective qui
reconnaîtraient toute action arbitraire de la part de
l'employeur. Les congés de maladie ne serait autorisés
que si le travailleur convainc l'employeur, « de la
manière et au moment déterminés par
l'employeur», de son incapacité à accomplir
son travail à cause d'une maladie. Le nouveau régime AICD
serait géré de façon privée, ce qui aurait
comme effet d'enrichir les monopoles de l'assurance.
L'AFPC qualifie avec raison les propositions du
gouvernement comme étant l'instauration d'un régime qui
va forcer les travailleurs à « travailler quand ils sont
malades », ce qui va à l'encontre de toutes les normes de
santé publique d'une société moderne. Cela aurait
l'impact le plus nocif sur les travailleurs forcés de choisir
entre aller
travailler malades ou perdre du salaire et sur les collègues de
travail et le public qu'ils servent.
Le gouvernement Harper invoque injustement les «
coûts » engendrés par les congés de maladie
afin de justifier ses attaques contre les droits des travailleurs du
secteur public et contre les services qu'ils dispensent. L'AFPC fait
valoir que l'information produite par le directeur parlementaire du
budget et par Statistique Canada montre que le
gouvernement utilise des données tronquées pour tenter de
démontrer que les travailleurs « abusent des congés
de maladie ». Le gouvernement dresse un portrait
exagéré du nombre de congés de maladie que les
travailleurs de la fonction publique fédérale utilisent
et dit que cela représente un « fardeau pour les
contribuables ». En prétendant que les
congés de maladie représentent un «
coût », le gouvernement nie par le fait même que les
congés de maladie sont un droit qui revient à tous les
travailleurs. Les salaires, les avantages sociaux et les régimes
de retraite des travailleurs de la fonction publique sont loin de
représenter un coût pour la société. Au
contraire, celle-ci ne pourrait tout
simplement pas fonctionner sans les services que ces travailleurs
dispensent. Loin d'être un coût, ces travailleurs sont
garants d'un immense mieux-être pour la société.
Décrier les congés de maladie comme étant un
coût est une attaque contre les droits et les conditions de
travail de tous et contre les services publics dispensés par les
travailleurs.
Des négociations ont lieu présentement
avec l'AFPC et avec seize autres syndicats du service public
fédéral. Tous les syndicats ont signé un pacte de
solidarité pour faire front commun sur la question du
régime de congés de maladie.
LML félicite les travailleurs du service
public fédéral pour leur prise de position
déterminée et appelle tous les Canadiens à les
appuyer dans leur juste lutte.
Journée d'action du 30 octobre
Région de l'Atlantique

Halifax

Gagetown

Saint John
Près de 200 personnes ont manifesté au
centre-ville de Halifax le 30 octobre. Christine Collins,
présidente du Syndicat canadien des employés du transport
a exposé la feuille de route du gouvernement Harper et
l'importance des congés de maladie pour tous les Canadiens.
Des actions ont aussi eu lieu le 17 octobre à
Gagetown et à Saint John, au Nouveau-Brunswick.
Région de Québec
Des centaines de membres de l'AFPC ont convergé
sur l'Assemblée nationale pour se joindre à une coalition
de syndicats québécois qui luttent pour la défense
des droits des travailleurs et des services publics.
Région de l'Outaouais
À Gatineau, une action de masse a eu lieu
à la Place du Portage où les membres du syndicat ont
traversé les lieux pancartes en main. Ils ont aussi tenu une
table d'information. Il y a aussi eu une action à la
cafétéria d'Asticou où les membres de la section
locale 70139 ont porté des masques chirurgicaux et
dénoncé la proposition du
gouvernement de les forcer à travailler malades en attaquant le
régime de congés de maladie et ont exprimé leur
appui à leur comité de négociation.
Région de l'Ontario
À Chatham, le syndicat local d'Emploi et
Immigration Canada (SEIC), une composante de l'AFPC, a tenu un
piquetage d'information sur l'heure du dîner. Il y a aussi eu un
piquetage d'information à midi à l'édifice Judy
LaMarsh.
À Toronto, un piquetage d'information s'est tenu
sur l'heure du midi à l'édifice Arthur Meghen. On y a
distribué des cartes d'affaires exprimant le besoin de milieux
de travail sains de même que des collants et des dépliants
appelant les membres à faire une action le 19e jour de chaque
mois. Les travailleurs des sections locales du Grand
Toronto ont aussi participé à la journée d'action
en se rendant au travail vêtus de blanc.
Région des Prairies
À Régina, les membres de l'AFPC ont
manifesté devant l'Assemblée législative où
des centaines d'activistes syndicaux réunis à
Régina pour le 59e Congrès annuel de la
Fédération des travailleurs de la Saskatchewan se sont
joints à eux.
Des membres du Centre psychiatrique régional de
Saskatoon et de la section locale 40170 du Syndicat des employés
du Solliciteur général (SESG) ont mené des actions
matinales alors qu'ils ont donné de l'information sur les
négociations et les congés de maladie aux employés
arrivant au travail. Le jour suivant, des membres travaillant au
pénitencier de la Saskatchewan à Prince Albert (SESG,
section locale 40023) ont appelé les travailleurs à
s'engager à appuyer des congés de maladie payés
pour les travailleurs du gouvernement fédéral et pour
tous les travailleurs du Canada. Plus de 500 personnes ont pris
l'engagement.
À Edmonton, des unités du Conseil du
Trésor ont organisé un événement
réunissant plusieurs sections locales à Place Canada
pendant l'heure du dîner. Un membre de l'équipe de
négociation a exhorté les gens présents à
s'opposer à la négociation de concessions.
À Calgary, des membres de l'AFPC ont tenu une
ligne de piquetage devant le bureau de circonscription de Stephen
Harper.
Ailleurs en Alberta, des agents correctionnels, membres
du SESG, ont mené des actions à leurs endroits de
travail. Des travailleurs de l'Institut de Stony Mountain en Alberta se
sont déguisés comme s'ils étaient malades. Des
piquetages d'information ont eu lieu à l'Institut d'Edmonton, au
Centre Pê Sâkâstêw (Hobbema) et à
l'Institut
Drumheller. Les membres travaillant à l'Institut Bowden
(Innisfail) ont tenu une réunion de solidarité pour
discuter de l'importance des congés de maladie et de la
solidarité au cours de la période de négociation.
Des membres travaillant à l'Institut de Grande Cache ont
organisé une manifestation pour exiger des milieux de travail
sains et des
congés de maladie pour tous les travailleurs.
Régina
Saskatoon
Prince Albert

Calgary

Stony Mountain

Grande Cache
Région de Colombie-Britannique
Un événement d'appréciation et de
solidarité des membres envers leur équipe de
négociation a eu lieu au Harbour Centre à Vancouver.
Près de 150 membres ont reçu de l'information au sujet
des négociations, des congés de maladie et des
compressions dans les services publics.
Vancouver

Congés de maladie: régime d'assurance
désavantageux pour les employés en santé
- L'institut professionnel de la fonction
publique du Canada -
À la veille des négociations collectives,
l'IPFPC veut s'assurer que le régime de congés de maladie
et d'invalidité du gouvernement fédéral
protège les revenus des membres absents pour des raisons
médicales et que les membres ayant besoin d'une longue
convalescence reçoivent sans attendre des prestations
d'invalidité de longue durée.
L'IPFPC appuie toute amélioration proposée
au régime de congés de maladie et d'invalidité,
à condition qu'elle vise la prévention des maladies et
des blessures et le bien-être de ses membres.
Or, le nouveau régime de congés de maladie
du gouvernement est une solution à un problème qui
n'existe pas. Les dernières déclarations du régime
fédéral sur les congés de maladie visent à
diaboliser les employés de la fonction publique, à
déformer les faits, à fausser les données et
à éviter de trouver des solutions aux problèmes
qui sont bien
réels.
Faits déformés
Le Conseil du Trésor (CT) soutient que les
crédits de congé de maladie accumulés
représentent un passif de 5,2 milliards de dollars, prouvant
incontestablement ainsi que l'abus de congés de maladie n'existe
pas. Nos membres accumulent en moyenne 111 jours de congé de
maladie, qu'ils n'ont pas le droit d'encaisser au moment de
la retraite.
Le CT prétendait qu'ils prenaient en moyenne 18,2
jours de congé de maladie par année, mais ce chiffre
était gonflé puisqu'il comprenait les jours de
congé de maladie non payés. De plus, les 11,5 jours de
congé de maladie par année rapportés par le Bureau
du directeur parlementaire du budget sont erronés, car ils
comprennent les congés de
maladie pris en attendant les prestations d'invalidité de longue
durée (ILD). En fait, les employés du secteur
privé prennent pratiquement autant de congés de maladie
que les fonctionnaires (un écart de 0,8 jour) une fois les
différences démographiques comptabilisées, dont la
prédominance des fonctionnaires féminins, parfois
mères monoparentales,
et l'âge moyen plus avancé des employés de
l'État, deux facteurs qui contribuent à
l'absentéisme médical.
Le passif accumulé de 5,2 milliards de dollars
prouve que nos membres n'abusent pas des congés de maladie. Une
fois rajusté pour tenir compte des différences
démographiques, le nombre moyen de congés de maladie pris
chaque année dans le secteur public est égal à
celui du secteur privé.
Solutions évitées
La hausse du nombre de congés de maladie pris ces
10 dernières années est directement liée à
la hausse fulgurante du nombre de demandes de prestations d'ILD, dont
48 % découlent de problèmes de santé mentale.
Elle s'explique sans doute par la prolifération
des lieux de travail toxiques causée par les réductions
budgétaires radicales dans la fonction publique et
l'échec chronique du gouvernement à respecter son
obligation juridique de prendre des mesures d'adaptation à
l'égard des employés en convalescence prolongée ou
incapables de retourner au
travail sans le soutien recommandé par le médecin.
Le gouvernement pourrait régler la plupart de ces
problèmes en bonifiant les programmes de prévention et de
réadaptation de la Sun Life, ce qui se traduirait par une
intervention plus rapide des professionnels de la santé, de
meilleurs choix de traitement et un retour au travail plus
sécuritaire et rapide. Cette bonification est nécessaire,
même si
le gouvernement adopte un nouveau régime d'invalidité de
courte durée.
On pourrait régler bien des problèmes rien
qu'en bonifiant le régime de la Sun Life afin d'offrir de
meilleurs services de prévention, de réadaptation,
d'intervention précoce et de gestion des cas pour favoriser un
retour au travail plus rapide et sécuritaire.
La hausse récente des demandes de prestations
d'ILD est directement attribuable aux lieux de travail toxiques qui
détruisent la santé mentale des employés et
à l'inaction du gouvernement face aux besoins en mesure
d'adaptation de ses employés malades.
Le gouvernement devrait montrer l'exemple et adopter les
normes de santé mentale de l'Association canadienne pour la
santé mentale, en plus d'offrir une formation aux gestionnaires
et aux employés pour les aider à reconnaître les
premiers signes de problèmes de santé mentale.
Les gestionnaires devraient être tenus
responsables de la gestion et de la supervision de leurs
employés lorsqu'ils sont absents pour cause de maladie.
Données faussées
En proposant le remplacement des congés de
maladie par un régime d'invalidité de courte
durée, le gouvernement omet de mentionner que les
employés défavorisés par cette mesure sont
nettement plus nombreux que ceux qui en bénéficieront,
puisque 80 % des congés de maladie durent au plus trois jours.
Une fois leurs crédits
annuels de congé de maladie épuisés, nos membres
malades ou blessés n'auront pas de revenus assurés en
attendant d'être admissibles aux prestations d'invalidité
de courte durée. Cela favorisera probablement le «
présentéisme » et l'exposition de plus
d'employés à des maladies contagieuses puisque de
nombreux employés malades se présenteront
au travail à défaut d'avoir une protection de leur revenu.
Le pourcentage élevé de membres
lésés par le nouveau régime d'invalidité de
courte durée n'a pas été pris en compte.
Autres recommandations
Il faudrait modifier la définition de la
période d'attente dans le régime de la Sun Life en
retirant l'« épuisement des congés de maladie
» de la période d'attente actuelle pour que nos membres
soient admissibles aux prestations d'invalidité après 13
semaines.
La retraite « forcée » pour raisons
médicales devrait être supprimée et les
prestataires d'invalidité de longue durée devraient
continuer à accumuler des années de service ouvrant droit
à pension.
Il faudrait accélérer le règlement
des griefs concernant le retour au travail et les mesures d'adaptation
au travail.
Négociations
À la prochaine ronde de négociations,
l'Institut s'assurera que les discussions sur la modification du
régime actuel de congés de maladie ne porteront pas sur
le nombre de congés de maladie, mais sur la
nécessité de donner aux fonctionnaires en congé de
maladie les soins et le soutien dont ils ont besoin. Appuyez votre
équipe de
négociation. Parlez-en à vos amis et collègues.
Travaillons solidairement pour que nos membres aient suffisamment de
congés de maladie lorsqu'ils en ont besoin. Nous sommes bien
mieux ensemble. Pour plus d'information sur les congés de
maladie, veuillez consulter www.pipsc.ca ou écrire à
SickLeave@pipsc.ca.

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