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Numéro 149 - 12
novembre 2014
Le Jour du Souvenir
Les Canadiens disent «Jamais plus
! »,
Harper dit « Encore et toujours! »
Le
Jour du Souvenir
• Les Canadiens disent «Jamais plus !
», Harper dit « Encore et toujours! » -
Dougal MacDonald
Alberta
• L'incohérence d'une économie
fondée sur une ressource unique
• Les hauts et les bas d'une économie
à ressource unique
Colombie-Britannique
• La controverse grandit autour des mises en
candidature en vue de l'élection partielle
fédérale dans Cariboo-Prince George - Peter
Ewart
Le Jour du Souvenir
Les Canadiens disent «Jamais plus!»,
Harper dit «Encore et toujours!»
- Dougal MacDonald -
À chaque année, du 9 au 11 novembre, la
dictature Harper intensifie sa rhétorique pour la promotion des
guerres d'agression. Ce fut le cas à nouveau cette année.
La désinformation commence avec l'évocation euphorique de
la chute du mur de Berlin, qui sert à masquer la
résurrection d'une Allemagne réarmée et le retour
au pouvoir des
monopoles qui ont appuyé les nazis. Cette désinformation
s'amplifie jusqu'au point culminant des cérémonies du
Jour du Souvenir, le 11 novembre. On ne retrouve par contre aucune
référence au 9 novembre, l'anniversaire de la nuit de
Cristal, quand les nazis ont annoncé au monde entier qu'ils
allaient exterminer les juifs.
L'esprit de cette
rhétorique proguerre est diamétralement opposé
à l'appel collectif « Jamais plus ! » lancé
par
les peuples du monde suite à la Première Guerre mondiale
et encore suite à la Deuxième Guerre mondiale. Il ne
s'agit pas pour Harper de rendre hommage aux victimes de la guerre par
un engagement à rejeter les agressions et la
guerre comme moyen de résoudre les conflits, de sorte que
d'autres vies ne soient pas sacrifiées, mais plutôt de
donner à son gouvernement des raisons pour continuer d'agir en
faveur de guerres agressives au service des monopoles et de
l'impérialisme étasunien.
Le gouvernement Harper a
déjà une réputation bien établie de
gouvernement de guerre. En 2003, alors qu'ils étaient dans
l'opposition, les conservateurs de Stephen Harper ont ouvertement
appuyé l'invasion de l'Irak par les États-Unis. Depuis
leur arrivée au pouvoir en 2006, ils ont, entre autres choses,
accru l'engagement du Canada dans une
guerre d'agression, l'invasion de l'Afghanistan par les
États-Unis. Ils ont engagé le Canada dans deux autres
guerres instiguées par les États-Unis, soit la
destruction de la Libye et le bombardement de la Syrie souveraine sous
prétexte de combattre l'État islamique. Le gouvernement
Harper appuie de surcroît le régime sioniste d'Israël
et fait tout
pour blanchir les crimes de guerre génocidaires des sionistes
qui occupent la Palestine. Ils disent que c'est de l'«
autodéfense ». À ce propos, le gouvernement Harper,
qui prétend s'opposer aux Canadiens qui vont à
l'étranger pour s'engager comme « combattants
étrangers », ne s'objecte nullement au fait qu'environ 145
Canadiens se soient
illégalement enrôlés dans les Forces de la
Défense israélienne parce que cette activité sert
son ordre du jour étroit.[1]
Afin de promouvoir sa cause guerrière, Harper
n'hésite pas à déformer les
événements entourant les décès tragiques
récents de l'adjudant Patrice Vincent et du caporal Nathan
Cirillo.[2] Harper profite avec cynisme du fait que beaucoup de gens
sont bouleversés par ces événements pour inciter
des passions et jeter de l'huile sur le feu, alors que
ce qu'il faut faire c'est traiter de ces événements avec
profondeur et objectivité et appeler les gens à tirer les
conclusions qui s'imposent et à s'unir en conséquence.
Les faits montrent que ce sont les actions du gouvernement Harper au
pays et à l'étranger qui représentent le plus
grand danger pour la société en ce moment, et non les
actions de
quelques individus marginalisés. Le profilage raciste, au nom de
grands idéaux, de gens souffrant de problèmes de
santé mentale et socialement instables est totalement barbare.
Contredisant la désinformation des
harpériens, l'amie de coeur de Nathan Cirillo a elle-même
fait une déclaration publique le 4 novembre soulignant le
rôle qu'a joué dans ces événements
l'offensive antisociale de Harper, qui continue de décimer les
programmes sociaux au Canada. Elle a déclaré : « En
fait, nous devrions plutôt nous
préoccuper de l'état lamentable des soins de santé
mentale au pays. Un homme profondément perturbé a
tué mon ami de coeur et cet incident devrait pousser les
Canadiens à concentrer leurs efforts sur la façon de
prévenir un autre incident semblable en rendant plus accessibles
et efficaces les programmes de traitement de santé mentale qui
s'attaquent à la vraie source du problème. » Les
médias monopolisés pro-Harper ont immédiatement
tenté de discréditer cette déclaration, disant
qu'elle a été faite sous le coup de l'émotion.
Image affichée sur
le groupe Facebook de Canadians Veterans Advocacy le 25 octobre 2014
Je suis canadien;
Je ne crois pas
aveuglément ce que disent les médias et je ne vis pas
dans la peur.
Je n'ai pas peur des
hommes armés, j'ai plus de chances de mourir dans un accident
d'auto,
Je n'ai pas peur du
« terrorisme », j'ai plus de chances de mourir
frappé par la foudre.
Je rejette les
politiciens qui utilisent les tragédies pour nous enlever nos
droits en disant vouloir nous « protéger »,
Je n'ai pas besoin de
votre « protection » ni de votre campagne de peur ou de vos
belles paroles.
Les soldats sont morts
pour préserver les droits que les lâches à cravate
sont si empressés de jeter par-dessus bord,
Lâchez-les dans
une zone de guerre et ça ne prendra pas de temps qu'ils vont
laisser tomber leurs masques de « durs ».
Fermez la
télévision, allez prendre un soldat dans vos bras et
jurez de ne plus jamais voter pour la guerre.
Repose en paix,
caporal Cirillo
De plus, en voyant le manque total de respect du
gouvernement Harper pour les anciens combattants dans l'année
qui s'écoule, on est à même d'apprécier le
cynisme de son hommage aux deux soldats. Comment réconcilier les
phases grandiloquentes avec l'offensive antisociale du gouvernement qui
fait des compressions dans les Affaires des
anciens combattants et néglige et maltraite ceux qui reviennent
du front aux prises avec de profonds traumatismes physiques et
psychologiques ? Le message, à ce qu'il semble, est que les
seuls
bons soldats sont ceux qui reviennent sans blessure ou qui reviennent
dans un cercueil.
La dictature Harper répand le
chauvinisme partout au Canada et un bon exemple en est le discours du
Jour du Souvenir de 2011 de Jason Kenney, alors ministre de la
Citoyenneté, de l'Immigration et du Multiculturalisme. Kenney a
dressé une liste chronologique des guerres, dont la
majorité, à l'exception de la Deuxième Guerre
mondiale, ont été des guerres d'agression. Dans sa liste
de guerres injustes que Kenney a tenu à «
commémorer » pour le Jour du Souvenir, retenons la
suppression brutale par le gouvernement colonialiste de la
Rébellion du Nord-Ouest de 1885, les guerres des Boers qui
n'étaient qu'une tentative de consolider le pouvoir colonialiste
britannique en
Afrique du sud, la Première Guerre mondiale, qui était
avant tout une guerre pour la redivision du monde parmi les
États impérialistes, la guerre de Corée, une
guerre d'agression menée par les États-Unis contre le
peuple coréen, et l'agression criminelle actuelle contre le
peuple d'Afghanistan. Cette désinformation et cette
déformation de l'histoire
qui font de guerres injustes des guerres justes sont faites de
façon très consciente.
Sans aucun doute, la célébration du Jour
du Souvenir à laquelle les Canadiens adhèrent le plus, y
compris les anciens combattants, est celle qui rend hommage aux membres
des Forces armées qui ont donné leur vie pour
défendre le peuple, ce qui met en lumière la
nécessité de la paix et l'objectif de l'humanité
de mettre fin aux guerres
d'agression. Les Canadiens s'opposent à la guerre mais le Jour
du Souvenir des harpériens est au service de la guerre et non de
la paix. La caractéristique principale de cette
désinformation est de faire un amalgame entre la cause juste et
antifasciste de la Deuxième Guerre mondiale, lorsque les peuples
du monde, l'Union soviétique en tête, ont
vaincu les nazis et leurs alliés, et toutes les guerres
auxquelles le Canada a participé. Le but sinistre de la
dictature Harper est de glorifier le recours à la force
militaire comme moyen de régler les conflits dans le monde.
Alors que le sentiment qui anime la classe ouvrière et le peuple
canadien, qui ont dans leurs famille des gens qui ont consenti au
sacrifice suprême pour vaincre les hitlériens et leurs
alliés, est « Jamais plus ! », l'objectif du
gouvernement Harper est « Encore et toujours ! » — en appui
aux guerres sans fin des impérialistes étasuniens et
à leur quête de domination mondiale.
Le comble est que le gouvernement Harper cherche
à réhabiliter la mémoire des criminels de guerre
nazis en érigeant un monument anticommuniste en leur
mémoire à Ottawa.[3] Il s'agit clairement d'une
manipulation cynique du Jour du Souvenir et des sacrifices consentis
par ceux qui sont morts dans la lutte contre le fascisme.
Aujourd'hui les harpériens continuent de battre
le tambour des guerres d'agression contre la Syrie et l'Irak. On a
récemment expédié six avions de combat au
Moyen-Orient, ce qui démontre que pour rendre service aux
monopoles et aux impérialistes étasuniens, les
harpériens n'ont aucune intention d'arrêter de sacrifier
futilement le personnel
des Forces canadiennes et vont continuer de contribuer au massacre des
peuples de tout pays souverain ciblé pour invasion par les
impérialistes étasuniens. Contrairement à ce que
prétend Harper, la violation des lois internationales à
l'étranger et la violation des droits au pays par le biais de
projets de loi draconiens pour « défendre la
sécurité » ne
rendra pas la vie des Canadiens plus sécuritaire. Le peuple
canadien, qui s'oppose aux guerres d'agression, doit continuer de
s'opposer à l'ordre du jour de Harper et exiger que les conflits
entre nations soient réglés de façon pacifique. Le
peuple doit continuer d'oeuvrer sans relâche pour empêcher
de nouvelles aventures agressives en s'organisant
pour former un gouvernement antiguerre. Les prochaines élections
fédérales seront une excellente occasion pour mettre de
l'avant et concrétiser le mot d'ordre: « Le Canada a
besoin d'un gouvernement antiguerre ! »
Notes
1. Les 721 courageux Canadiens qui sont morts pendant la
Guerre civile en Espagne en combattant « illégalement
» contre le fascisme et le nazisme peu avant le
déclenchement de la Deuxième Guerre mondiale ne sont pas
inclus dans les Livres du Souvenir de la Tour de la Paix et
leur souvenir n'est pas
commémoré dans les monuments aux guerres ou les
cérémonies du Jour du Souvenir.
2. Les Forces armées canadiennes ont
rapporté le 10 novembre que deux de leurs bases ont
été nommées en hommage aux deux soldats
tués tragiquement à Saint-Jean-sur-Richelieu le 20
octobre et au Monument commémoratif de guerre à Ottawa le
22 octobre.
Un communiqué des Forces armées
canadiennes se lit ainsi:
« L'un des sites d'opérations de la Force
opérationnelle aérienne — Irak (FOA-I) a
été baptisé Camp Vincent, en l'honneur de
l'adjudant Patrice Vincent, de l'Aviation royale canadienne.
Parallèlement, la base d'opérations du Commandement des
Forces d'opérations spéciales du Canada (COMFOSCAN) en
Irak s'appelle désormais la Base de
patrouille Cirillo, en l'honneur du caporal Cirillo, un
réserviste de l'Armée canadienne au sein des Argyll and
Sutherland Highlanders of Canada. »
« L'adoption des désignations Base de
patrouille (BP) CIRILLO par les membres de la Force
opérationnelle d'opérations spéciales — Iraq, et
Camp Vincent par les membres de la Force opérationnelle
aérienne — Iraq, rend hommage au décès de deux
militaires des Forces armées canadiennes au cours des
dernières semaines », écrit le
brigadier-général Michael Rouleau, commandant,
Commandement des forces d'opérations spéciales du Canada.
« Camp Vincent rend hommage à un militaire qui
était un exemple d'aide aux autres en sa qualité de
membre de l'Unité interarmées de soutien du personnel. La
BP CIRILLO rend hommage à un soldat décédé
alors qu'il montait la
garde pour protéger ceux qui ne sont plus en mesure de le faire
sans demander quelque reconnaissance que ce soit pour cette fonction.
Les officiers et les militaires du rang du COMFOSCAN se sont
intrinsèquement identifiés à cette situation. Le
changement des noms de notre BP et de la base opérationnelle
aérienne rend hommage à la disparition
de ces deux militaires et à l'engagement du Canada à
faire face aux menaces contre notre pays. »
De son côté, dans son discours au Jour du
Souvenir, le premier ministre Harper a fait un lien non fondé
entre les deux meurtres au Canada et la mission de guerre en Irak et la
soi-disant guerre à la terreur dans un effort pour justifier
l'agression à l'étranger et la violation des droits au
pays. « Les récentes attaques mortelles contre l'adjudant
Patrice Vincent et le caporal Nathan Cirillo, qui ont été
ciblés simplement parce qu'ils portaient fièrement leur
uniforme, ne font qu'affermir la détermination du Canada
à continuer à se battre contre ceux qui voudraient nous
nier nos droits et libertés et qui font preuve du plus grand
mépris pour la vie humaine.
« Nous ne pourrons jamais effacer la dette que
nous avons envers les hommes et les femmes intrépides qui ont
payé de leur vie notre liberté, mais nous pouvons
rappeler leurs immenses sacrifices et rendre hommage à leur
bravoure et à leur patriotisme.
« N'oublions jamais. »
3. Lire « La croisade anticommuniste fait la
promotion des SS nazis - Dougal MacDonald » dans Le Marxiste-Léniniste du
Numéro 75 - 2 juin 2014

Alberta
L'incohérence d'une économie
fondée
sur une ressource unique
Le gouvernement provincial
du premier ministre Jim Prentice fait de nouveau tout un tapage
à propos de « l'austérité budgétaire
». Les déclarations récentes sont à l'effet
que le sort des Albertains est déterminé par un facteur
unique et soi-disant incontrôlable, le prix de vente d'un baril
de pétrole. À l'heure actuelle, le prix mondial du
pétrole
est d'environ 83 $ le baril, en baisse d'environ 30 % par rapport au
prix relativement stable des quatre dernières années de
110 $ le baril.
Les analystes centrés sur le capital indiquent
que le faible prix mondial est dû à « une demande
plus faible ajoutée à la flambée de la production
américaine ». La production de pétrole aux
États-Unis est à son plus haut niveau en près de
30 ans. Actuellement, selon les dernières données du
gouvernement, la production des États-Unis est
d'environ 8,8 millions de barils par jour, soit environ un million de
barils de plus qu'à la même époque l'an dernier. La
hausse de production d'hydrocarbures aux États-Unis est
principalement due à l'augmentation de l'extraction du
pétrole et du gaz à partir de formations de schiste en
utilisant la méthode controversée de fracturation
hydraulique.
Il est dit que la situation difficile du prix du
pétrole en Alberta reflète les arcanes du «
marché libre » qui fixent comme par magie le prix du
pétrole en dépit de ceux qui ont le pouvoir d'influer sur
les choses. En fait, le prix mondial du pétrole est fixé
en partie par trois centres boursiers: le New York Mercantile Exchange,
l'International
Petroleum Exchange de Londres et le Singapore International Monetary
Exchange. Ces centres boursiers sont des institutions
financières centrales où les riches effectuent des
transactions sur des « contrats à terme », à
savoir des contrats pour acheter dans le futur des quantités
spécifiques d'un produit, comme le pétrole, à un
prix déterminé selon
une livraison fixée à un moment précis.
Les prix indiqués pour les transactions
effectuées à ces trois centres boursiers sont la base du
prix payé à travers le monde pour divers produits comme
le pétrole. Les spéculateurs qui participent à ces
échanges ne produisent rien de valeur mais tentent de devenir
riches en prévoyant avec précision l'ascension et la
chute des prix, ce que leurs
propres spéculations influencent. La plupart des institutions
financières et les particuliers fortunés qui effectuent
des transactions sur les marchés à terme n'ont pas
l'intention de réellement prendre livraison des produits pour
lesquels ils effectuent des transactions.
Dans un sens large, les membres de l'Organisation des
pays exportateurs de pétrole (OPEP) ont pu influencer les prix
en contrôlant la quantité de pétrole sur le
marché. Cependant, depuis sa création, l'OPEP a
été l'objet d'attaques par la politique
impérialiste agressive des États-Unis pour
défendre et étendre son empire par le biais d'actions
militaires, économiques et d'autres moyens. Les guerres
menées par les États-Unis contre l'Irak, en premier pour
que les États-Unis reprennent le Koweït, puis
détruire le régime de Saddam Hussein, la guerre
menée par les États-Unis pour renverser le régime
en Libye, le blocus économique mené par les
États-Unis contre l'Iran et leur constant
bombardement à l'aide de drones du Yémen, du Pakistan et
d'autres pays d'Asie occidentale ont gravement affaibli l'OPEP et sa
capacité à contrôler la commercialisation du
pétrole.
Le président vénézuélien
Nicolas Maduro a accusé directement les États-Unis
d'avoir créé la récente chute des prix mondiaux du
pétrole. Le président Maduro a déclaré que
les États-Unis inondent le marché mondial à l'aide
du pétrole de schiste produit moins cher afin de faire baisser
les prix et éventuellement d'avoir un impact sur la Russie et
d'autres pays producteurs de pétrole. « Les
États-Unis et ses alliés [les États du Golfe, en
particulier l'Arabie saoudite et le Koweït] veulent influencer les
prix du pétrole afin de nuire à la Russie qui produit
environ 10 millions de barils par jour, ce qui représente un
revenu essentiel pour son économie », a
déclaré le président Maduro.
La dépendance irrationnelle envers une seule
ressource
Construire
entièrement une économie et façonner le budget du
gouvernement en se basant sur les fluctuations du prix
contrôlé par les monopoles d'une seule ressource non
renouvelable est irrationnel, mais c'est le cas en Alberta depuis des
décennies. Les gouvernements conservateurs qui ont
gouverné l'Alberta depuis 1972 ont fait
semblant de « diversifier l'économie », mais peu a
été fait sur ce front, sauf la tentative de soi-disant
diversification en construisant des pipelines pour transporter plus du
pétrole brut vers des clients, principalement en Asie.
La principale raison de la continuelle dépendance
envers une ressource unique est que les véritables dirigeants de
l'Alberta sont les monopoles de l'énergie, à la fois sous
contrôle étranger et domestique. Le gouvernement Prentice
est leur champion et fera tout son possible pour s'assurer que, quel
que soit le prix du pétrole, les monopoles
énergétiques se feront payer par-dessus tout. Pendant ce
temps, le financement des programmes sociaux et les salaires, avantages
sociaux et pensions des travailleurs seront réduits pour rejeter
le fardeau de la crise des « bas prix du pétrole »
sur le peuple travailleur.
Une chose est certaine dans tout cela.
L'incohérence de faire reposer l'ensemble de l'économie
provinciale sur une seule matière première et planifier
les budgets provinciaux basés sur les prix du pétrole
fixés par les marchés boursiers étrangers
monopolisés et par l'impérialisme américain montre
la nécessité urgente d'une nouvelle direction
pour l'économie de l'Alberta.

Les hauts et les bas d'une économie
à ressource unique
Les avertissements terribles des manipulateurs de
médias des conservateurs de l'Alberta à propos des
malheurs à venir ont commencé en septembre 2013, lorsque
le prix du pétrole brut de l'Alberta est devenu inférieur
au prix mondial du pétrole brut, la soi-disant « bulle du
bitume ». Le 1er septembre 2013, l'ancien ministre des Finances
de
l'Alberta, Doug Horner a déclaré, lors de la mise
à jour financière de son parti pour le premier trimestre,
qu' « à moins que les prix des produits de base [les prix
du pétrole brut de l'Alberta] ne s'améliorent, cela
pourrait
entraîner un déficit provincial de 2,3 à 3
milliards $ ».
Tout le monde n'y a vu que du feu car les bilans
financiers ont révélé que les monopoles du
pétrole avec des opérations de raffinage en aval ont
effectivement fait d'énormes profits grâce au prix bas du
pétrole brut de l'Alberta, qui a servi à alimenter leurs
raffineries, tout en revendant le pétrole raffiné au prix
élevé du brut mondial.
Lors d'une entrevue effectuée le 13 octobre pour
le compte du Globe and Mail,
le premier ministre Jim Prentice a
chanté un refrain semblable à celui de Horner en ce qui a
trait au prix mondial actuel du pétrole: « Les prix qui
sont à leurs niveaux actuels ont des implications importantes
pour notre province ... Cela veut dire que c'est une
période où il faut agir prudemment et agir avec prudence
en termes des dépenses publiques ... Il faut faire attention
lorsqu'il est question d'imposer des coûts, y compris les
coûts de la réglementation, à notre industrie parce
que nous avons besoin de demeurer concurrentiels ».
Prentice insiste pour dire que la conséquence de
prix inférieurs pour le pétrole sera la diminution des
investissements dans les programmes sociaux, les demandes de
concessions aux travailleurs, et plus de cadeaux aux monopoles
privés pétroliers déjà fortement
subventionnés dont il est le champion.
Comme on le sait, pendant des décennies
l'économie de l'Alberta a reposé sur l'industrie
pétrolière et est structurée de telle sorte que
les monopoles de l'énergie peuvent engranger d'énormes
profits grâce à l'extraction et le transport
subventionnés par le gouvernement des ressources
pétrolières à l'état brut, principalement
à partir des sables
bitumineux, mais également par le biais de forages de type
conventionnel. Dans la répartition des recettes
budgétaires prévues par le gouvernement provincial, la
plus importante source a longtemps été « les
revenus tirés des ressources non renouvelables » ou des
redevances provenant principalement du pétrole. Cela a
changé dans le budget de mars
2013, lorsque les impôts personnels ont surpassé les
redevances. Le montant des recettes provenant des monopoles du
pétrole en 2013 ont été d'environ 4 milliards $ de
moins que les montants prélevés en 2012 en raison de la
manipulation frauduleuse de la « bulle du bitume ». Elles
ont ensuite augmenté dans le budget de mars 2014, un modeste
6 % par rapport au montant de 2013, soit bien en dessous du niveau de
2012.
Révélant ses véritables objectifs,
le gouvernement provincial et les monopoles énergétiques
qu'il représente répandent maintenant l'idée que
les recettes pétrolières sont trop volatiles pour
être une source garantie de financement pour les programmes
sociaux. La province doit chercher ailleurs pour un tel financement,
à savoir, dans les poches du
peuple travailleur qui produit par son labeur toute la richesse de
l'économie.

Colombie-Britannique
La controverse grandit autour des mises
en candidature en vue de l'élection partielle
fédérale dans Cariboo-Prince George
- Peter Ewart -
Le processus des mises en
candidature du Parti conservateur du Canada dans Cariboo-Prince George
est le sujet d'une controverse qui prend de l'ampleur jour après
jour. Le député de la circonscription, Dick Harris, a
occupé le siège durant plus de 20 ans et la
circonscription est considérée comme l'un des plus
sûrs sièges conservateurs en
Colombie-Britannique. Comme plusieurs s'y attendaient, Dick Harris
prend sa retraite et ne se présentera pas à
l'élection fédérale de l'année prochaine.
Et donc la question est sur le bout des lèvres de tous: qui au
juste dans le parti va le remplacer ?
L'année dernière, les partisans du maire
de Prince George, Shari Green, ont repris l'association locale de la
circonscription d'une manière qui inquiète un certain
nombre de membres de longue date. Green qui est en train de terminer
son mandat de mairesse, est profondément impopulaire
auprès de nombreux résidents de la ville en raison de ses
politiques en tant que mairesse. Elle n'est également pas
populaire auprès de nombreux électeurs locaux du Parti
conservateur.
Néanmoins, elle et ses partisans contrôlent
désormais des postes clés dans l'association de
circonscription et, le 5 novembre, Green a annoncé publiquement
son intention de briguer l'investiture du Parti conservateur dans
Cariboo-Prince George.
Depuis que Green et ses partisans ont pris le
contrôle de l'association de la circonscription, des choses
intéressantes se sont passées. L'un des candidats qui
envisagent de se présenter comme candidat, Todd Doherty, a
soudainement quitté son poste de collecteur de fonds des
prochains Jeux d'hiver du Canada à Prince George, en
dépit du fait
qu'il a accompli près de 100 % de l'objectif de collecte de
fonds des Jeux. La ville de Prince George est un partenaire important
et la ville hôte des Jeux d'hiver.
En outre, l'association de la circonscription a
convoqué sans préavis une réunion de nomination
prévue pour le 15 décembre. Cela a pris de court un autre
candidat, TJ Grewal, qui sera exclu de la course parce qu'il lui
manquera une semaine pour que le renouvellement de son adhésion
respecte les délais de temps exigés pour qu'il puisse se
qualifier comme candidat.
Tous ces incidents mettent en lumière la
corruption du processus de mise en candidature dominé par les
partis pour le poste de député au Parlement
fédéral. Parce que cela est considéré comme
un siège « sûr » par le Parti conservateur, le
député éventuel de la circonscription peut ainsi
être décidé, non pas par les 75 000
électeurs éligibles de la
circonscription, mais par quelques centaines de membres du parti. Comme
T.J. Grewal a candidement avoué au PG Citizen, «
La mise en candidature est l'élection. »
Pire encore, on pourrait faire valoir qu'une
poignée d'administrateurs de l'association de circonscription,
par leur contrôle de la date de mise en candidature, des listes
des partis et de l'approbation des adhésions, seront ceux qui
décideront en fin de compte qui sera le candidat et, par
conséquent, qui obtiendra le siège « sûr
» au Parlement.
Est-ce étonnant qu'une atmosphère malsaine se
développe ?
En tout cas, 75 000 électeurs viennent
d'être mis au rancart. Et ce n'est pas un problème qui se
limite aux mises en candidature du Parti conservateur du Canada. Il
existe également, à un degré ou à un autre,
au sein d'autres partis fédéraux tels que le NPD et les
libéraux. Quels que soient les règlements particuliers de
ces partis, le problème
demeure entier: le parti contrôle le processus de mise en
candidature.
Le résultat est que de plus en plus de gens au
Canada se sentent impuissants ces jours-ci, et avec les pouvoirs
presque dictatoriaux que le bureau du premier ministre s'est
octroyés, la mise à l'écart du Parlement,
l'érosion des libertés civiles, le musellement des
scientifiques et ainsi de suite, une crise dans notre démocratie
se prépare, et pas
seulement au niveau local, mais aussi au niveau national.
Les partis d'opposition, et même certains
conservateurs, appellent à une réforme électorale
d'une forme ou d'une autre, et tous privilégient leurs propres
options. Mais la question n'est pas « de privilégier les
options » de leur parti mais plutôt celles du peuple
canadien.
Le Canada est doté d'un système
extrême de partis, qui empire d'année en année. En
effet, nous avons besoin d'une réforme et du renouveau de notre
démocratie qui a comme point de départ le peuple canadien
et non pas les exigences ou le contrôle des partis politiques.
Il y a d'autres options à considérer, y
compris enlever la sélection des candidats des mains des partis
politiques et la mettre entre celles de l'électorat. Pourquoi ne
pas mettre en place un processus non partisan afin que les
électeurs dans une circonscription, peu importe le parti qu'ils
appuient, puissent se réunir pour nommer quatre ou cinq
candidats ? Le vainqueur, bien sûr, devra avant tout prêter
allégeance à l'électorat de la circonscription et
non pas à un parti politique en particulier.
Et d'autres modèles existent. En effet, la
Colombie-Britannique a eu un système électoral non
partisan jusqu'au début des années 1900 et il y a
d'autres modèles électoraux au Canada (par exemple, au
Nunavut), aux États-Unis et ailleurs dans le monde.
Le fait est que nous, le peuple du Canada, devons
discuter du renouveau démocratique et nous avons besoin d'un
processus non partisan pour le faire. Sinon, nous sommes
condamnés à être soumis à un système
électoral corrompu, essentiellement antidémocratique et
à d'interminables controverses et luttes comme celles qui se
déroulent
actuellement dans la circonscription de Cariboo-Prince George.

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