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Numéro 147 - 10
novembre 2014
Opposition grandisante au projet de
pipeline de TransCanada
Manifestation à Cacouna pour
exiger l'arrêt
du forage et dire non au port pétrolier
Cacouna, 11 octobre
2014
Opposition
grandissante
au projet de pipeline de TransCanada
• Manifestation à Cacouna pour exiger
l'arrêt du forage et dire non au port pétrolier
• Entrevue avec le porte-parole de Non à
une marée noire dans le Saint- Laurent
• La population de Sorel-Tracy se mobilise pour
protéger la Terre Mère - Normand Chouinard
Exploitation
pétrolière et gazière dans le golfe du
Saint-Laurent
• Selon Harper, Ottawa et Québec vont
déposer des projets de loi pour autoriser l'exploitation
pétrolière et gazière dans le golfe
Opposition grandisante au projet de
pipeline de TransCanada
Manifestation à Cacouna pour
exiger l'arrêt
du forage et dire non au port pétrolier
Samedi le 11 octobre, près de 1500 personnes ont
manifesté dans les rues de Cacouna, près de
Rivière-du-Loup, contre la reprise des travaux de forage de
l'entreprise albertaine TransCanada au large de Cacouna et contre le
projet pipelinier et de port pétrolier de la compagnie, le
projet Oléoduc Énergie Est. Les manifestants, qui
étaient venus
des quatre coins du Québec, ont marché dans les rues de
la municipalité et vers le port de Gros-Cacouna. Ils portaient
une grande bannière demandant la protection du fleuve
Saint-Laurent et notamment la population de bélugas qui se
reproduit dans la région, et une autre demandant l'arrêt
du projet.
L'Oléoduc Énergie Est est un projet
pipelinier de TransCanada qui va acheminer du pétrole de
l'Alberta et de la Saskatchewan au terminal maritime de Québec
et à celui de Saint-Jean au Nouveau-Brunswick. Il aura une
capacité de 1 100 000 barils par jour. Le projet comprend aussi
la construction d'un port pétrolier à Cacouna pour
l'exportation du brut au moyen de pétroliers géants.
À la fin septembre, la Cour supérieure du
Québec a accordé une injonction suspendant l'effet du
certificat d'autorisation délivré par le gouvernement du
Québec à TransCanada pour ses forages exploratoires parce
qu'il mettait en danger la population de bélugas, qui sont
reconnus comme une espèce menacée.
Pour les participants à la manifestation du 11
octobre, ces mesures ne sont pas suffisantes. Un des organisateurs de
la manifestation, Martin Poirier, porte-parole du groupe «Non
à une marée noire dans le Saint-Laurent», a pris
à partie le ministre responsable de la région Jean
d'Amour (qui est aussi le ministre responsable de la stratégie
maritime du gouvernement): « M. D'Amour avait dit au lendemain de
la manifestation du 27 avril qu'il n'y aurait pas de projet avec
TransCanada si la population démontrait qu'elle n'en voulait
pas. Pour nous, la manifestation d'aujourd'hui lance ce
signal-là : il n'y a pas de feu vert de donné par la
population. On n'a jamais donné ce mandat-là à
notre gouvernement. »
Il a reproché au gouvernement Couillard de se
comporter en lobbyiste pour TransCanada: « Nous avons le devoir
d'être le gardien du bien commun. Quand je vois le ministre de
l'Environnement se comporter comme un lobbyiste et un promoteur de
TransCanada... Le lendemain, M. Couillard ose rajouter que les forages
vont continuer d'aller
de l'avant... Il devient aussi un lobbyiste de TransCanada »,
a-t-il dit.
Le maire de Saint-Siméon, Sylvain Tremblay, une
petite municipalité de Charlevoix du côté nord du
fleuve juste en face de Cacouna, a renchéri: « On se fait
imposer des choses en région comme au Québec alors que
normalement on sait exactement ce dont on a besoin nous-mêmes.
»
Il a ajouté sous les applaudissements des
manifestants: : «Vous êtes les gardiens de notre avenir. On
ne va pas se laisser faire et nous imposer des choses comme cela. C'est
la nature qui nous fait vivre et non pas des financiers qui veulent
venir avec leurs épées noires nous transpercer. Soyons
solidaires et nous allons faire changer les choses. »
D'autres intervenants ont aussi parlé de l'importance de cette
lutte populaire.
Les manifestants se sont engagés à
intensifier leurs actions dans la période à venir. Une
des actions en cours est la signature d'une pétition
émise par Nature Québec qui demande l'arrêt des
travaux de forage et un débat public sur le projet
Oléoduc Énergie Est.
Elle dit notamment:
« JE SIGNE
Un débat ouvert et transparent exigé. Les
forages dans la pouponnière de nos bélugas ne sont que la
première phase d'un projet bien plus vaste ayant des enjeux
environnementaux majeurs pour le Québec. Les questions de fond
n'ont jamais été débattues publiquement :
Souhaitons-nous la construction d'un nouvel oléoduc (pipeline)
sur plus de
700 kilomètres en territoire québécois pour
assurer l'acheminement puis l'exportation du pétrole bitumineux
de l'Ouest canadien? Quel impact aura ce projet sur les changements
climatiques? Sur nos milieux naturels? Sur le Saint-Laurent? Que se
passera-t-il en cas de déversement?
Pour sa part, Nature Québec estime que le
Québec n'a rien à gagner et tout à perdre tant les
bénéfices sont minimes et les risques environnementaux
élevés. Les Québécois doivent pouvoir
décider du sort de ce projet majeur, qui met en jeu l'avenir de
nos enfants, alors que le débat sur son utilité n'a
jamais eu lieu. Or, le gouvernement
permettra ce débat fondamental et dotera le Québec d'un
droit de refus uniquement si nous nous opposons aux travaux à
Cacouna et unissons nos voix pour l'exiger. »
On peut signer la pétition en allant sur www.sauvonsnosbelugas.com.
L'injonction temporaire contre TransCanada a pris fin le
16 octobre. Le 15 octobre, le ministère québécois
de l'Environnement a interdit la reprise du forage, disant n'être
pas convaincu que TransCanada va respecter les limites de niveau de
bruit qui sont nécessaires aux bélugas puisque
TransCanada avait déjà contrevenu aux règles
provinciales
concernant le projet. Cela semble n'être qu'un recul temporaire
pour TransCanada puisque les gouvernements Harper et Couillard appuient
entièrement le projet. Le 30 octobre dernier, TransCanada a
présenté sa demande de permis pour son projet pipelinier
à l'Office national de l'énergie. Le 5 novembre, la
mairesse de Cacouna Ghislaine Daris a
dit que la municipalité songe à tenir un
référendum sur le projet. Pendant ce temps l'opposition
populaire grandit contre cette violation des droits du peuple et
l'atteinte à la Terre Mère.

Entrevue avec le porte-parole de Non à une
marée noire dans le Saint- Laurent
Martin Poirier est le
porte-parole de Non à une marée noire dans le
Saint-Laurent, une initiative citoyenne dans le Bas-Saint-Laurent. Dans
une entrevue avec Forum ouvrier, il a expliqué
combien les gens sont préoccupés des projets
d'hydrocarbures qui sont mis de l'avant au Québec. Ils sont
conscients, a-t-il dit, qu'il faut faire
quelque chose, que personne ne peut rester indifférent.
« Quand on a fondé Marée noire en
juillet 2010, dit-il dans l'entrevue, c'était pour le dossier
des forages en milieu marin dans le golfe du Saint-Laurent, le fameux
projet Old Harry, projet de forage près des
Îles—de-la-Madeleine qui n'a toujours pas eu lieu parce que cette
mobilisation citoyenne-là a toujours arrêté ce
projet. Avec le temps on a
vu que le projet d'hydrocarbures au Québec prenait de l'ampleur,
autant les projets terrestres qu'en milieu marin, Anticosti,.
Gaspé, les gaz de schiste dans la vallée du
Saint-Laurent. S'est ajouté à cela le projet du
pétro-pays qu'est devenu le Canada, le projet de cibler le
Québec un peu comme une autoroute, une voie de passage de
pétrole non
conventionnel, pétrole des sables bitumineux, pétrole de
schiste. »
En réponse à une question sur les
préoccupations de la population, il a précisé:
« Bien sûr le béluga est venu
interpeller beaucoup de québécois qui ont une
sensibilité pour cette espèce menacée et qui
continue de décliner.
« Au-delà de cela, c'est 40% de la
population du Québec qui prend son eau potable à
même le Saint-Laurent entre Québec et Montréal. Le
Conseil des canadiens a publié un rapport sur tout le trajet de
l'oléoduc de Hardisty en Alberta jusqu'au Québec, sur le
nombre de cours d'eau qui seront traversés. Juste pour le
Québec on parle de 600
cours d'eau que va avoir à traverser ce projet -là dont
un tunnel sous fluvial a la hauteur de Saint-Augustin-de-Desmaures
près de Québec dont tout le littoral est une
réserve écologique. Donc, cela va toucher cet aspect
là, la qualité de l'eau. En environnement il y a un
principe qu'on appelle un principe de précaution selon lequel
s'il y a trop de
risques on ne le fait simplement pas.
« S'ajoute à cela ce qu'on appelle une
économie viable et renouvelable. Par exemple, du
côté de Tadoussac on a un parc marin
protégé. Avec ce parc marin, uniquement l'observation de
mammifères marins d'une rive à l'autre, on parle de plus
de 3200 emplois permanents et de 200 millions $ en retombées
annuelles. C'est une économie qui
est viable et renouvelable C'est un des endroits dans le monde qui est
le plus prisé pour venir observer les mammifères marins.
Ceci aussi touche une énorme sensibilité d'où la
présence du maire de Saint-Siméon le 11 octobre qui est
aussi le préfet de Charlevoix-Est. Il y a des gens qui n'avaient
jamais été mobilisés de leur vie dans des
manifestations qui se sont mis a dire, c'est notre gagne-pain, c'est
notre mode de vie, c'est l'intégrité du Saint -Laurent.
« Quand on pense aussi
du point de vue des propriétaires de terres, il y a la
dépossession du territoire, le sentiment d'être
dépossédé de notre territoire. Quand on parle du
gaz de schiste, le fait que le gouvernement ait vendu les claims du
territoire du Québec , ait loué des portions de
territoire, on sait que le pseudo potentiel des gaz de schiste
est avant tout dans les territoires habités. On parle de la
vallée du Saint-Laurent, de Québec à
Montréal c'est l'ékoumène habité du
Saint-Laurent. C'est aussi notre garde-manger en terme d'agriculture,
donc les gens étaient déjà très
irrités a partir de août 2010 par rapport à la
question du gaz de schiste. Il y avait eu une campagne qui s'appelait
«
vous n'entrerez pas chez nous » parce qu'on sait qu'avec la Loi
sur les mines, c'est la seule chose qu'on pouvait faire pour
interdire
à l'industrie d'entrer chez un propriétaire terrien,
d'écrire une lettre à la compagnie pour dire « je
ne vous donne pas accès « ». Dans le cas de
l'oléoduc on a réhabilité cette campagne pour
l'appeler « coule pas chez
nous ». C'est une campagne qui est intéressante parce
qu'on peut faire du porte-à-porte et dire aux gens, aux
propriétaires touchés qui se sentent démunis que
voici le minium que vous pouvez faire pour signifier que cela ne
passera pas comme une lettre à la poste. »
Il explique à quels
défis les gens sont
confrontés:
« La problématique qu'on vit c'est que le
gouvernement Harper avec la loi mammouth de 2012 est venu balayer plus
de 300 lois dont une bonne partie des lois environnementales. Par
exemple, l'Office national de l'énergie, à qui on soumet
ces projets, avec la nouvelle loi a maintenant 15 mois seulement du
moment que le projet d'une
compagnie est déposé pour rendre une décision.
Quand on pense à un oléoduc qui va faire plus de 4600 km
, 15 mois cela n'est pas suffisant. Il faut informer, mobiliser les
gens. Si on veut atteindre une masse critique, il faut informer et
surtout éduquer, parce que de l'information il y en a de tous
les bords, alors qu'est-ce qui est faux, qu'est-ce
qui est vrai? Il faut outiller les gens pour qu'ils puissent s'opposer.
On fait face à ces défis-là.
« On base notre travail sur des faits
scientifiques a partir des scientifiques qui nourrissent la question,
à partir des documents que les compagnies publient , on les
décortique. On a des présentations de montées,
dans le cas de Marée noire on a dépassé le cap de
130 conférences données un peu partout a travers le
Québec. On parle de pédagogie
citoyenne.
« On n'adhère pas à cet agenda de
nous transformer en pétro-province pour nous entrer encore plus
vite dans le pétro-pays. Au Québec, à peu
près 50% de notre consommation annuelle d'énergie
relève déjà de l'énergie renouvelable,
à peu près 40% en hydroélectricité, le
reste est un cocktail d'énergie renouvelable, biomasse,
éolien et autres.
En plus, en étant en surplus d'électricité comme
le révèle Hydro-Québec jusqu'en 2020-2030 on a
tout intérêt à électrifier les transports et
développer ce cocktail énergétique renouvelable..
Plus on met des capitaux dans le développement pétrolier
plus on s'éloigne de notre sortie du pétrole et pourtant
on a le potentiel pour en sortir. »

La population de Sorel-Tracy se mobilise
pour protéger la Terre Mère
- Normand Chouinard -
Plus de 2500 personnes ont convergé vers la ville
de Sorel-Tracy le dimanche 26 octobre pour exprimer leur opposition
à la décision des autorités provinciales et
fédérales de faciliter le transport du pétrole
provenant des sables bitumineux de l'Alberta via la voie maritime du
Saint-Laurent. Le collectif qui a organisé la marche, la Ligue
richeloise contre la tyrannie pétrolière, demande un
moratoire sur le transport du pétrole albertain sur le fleuve
via la raffinerie Suncor située à Montréal et les
installations nouvellement modernisées de Kildair à
Sorel-Tracy. Des super pétroliers transportent depuis quelques
semaines ce pétrole pour être exporté, en
empruntant la voie maritime du
Saint-Laurent.
La question À qui appartient le fleuve
Saint-Laurent ? était au centre des discussions parmi les
participants, notamment les jeunes des cégeps
d'Édouard-Montpetit à Longueuil et de Sorel-Tracy,
scandant le slogan; À qui le fleuve ? À nous le fleuve ?
Le président de l'Association des étudiants du
Cégep de Sorel-Tracy a rappelé l'importance de
pouvoir décider du rôle économique que l'on veut
donner au fleuve tout en prenant la responsabilité de
protéger cet habitat naturel inestimable.
La préoccupation majeure à la
manifestation était surtout environnementale: sommes-nous
prêts à faire face à un déversement de
pétrole majeur dans le fleuve ? Et qui va payer les
dégâts ? Quelles vont en être les
conséquences à long terme pour les riverains et pour
l'écosystème en général ? La grande
majorité des citoyens du Québec est
concentrée près des rives du Saint-Laurent. Un
désastre écologique de grande envergure aurait des
conséquences graves pour l'eau potable, pour la navigation en
général, pour les espèces marines et pour la vie
de millions de personnes.
Récemment, le gouvernement de Philippe Couillard
a autorisé une augmentation du nombre de navires transportant du
pétrole des sables bitumineux parce que le Québec aurait,
selon lui, un devoir de ne pas faire obstacle au commerce
interprovincial, la voie maritime du Saint-Laurent étant de
juridiction fédérale. Cet aspect fut mis en
lumière
par les différents intervenants politiques et environnementaux,
en particulier Dominic Champagne, réalisateur et activiste bien
connu dans la lutte contre le pétrole de schiste à
Anticosti et l'animateur de la journée.
Il y a déjà du transport de pétrole
qui s'effectue sur le fleuve Saint-Laurent. Ce pétrole,
importé, est acheminé vers les raffineries Ultramar
à Lévis près de Québec et celle de Suncor
à Montréal-Est. La fermeture de la raffinerie Shell,
voilà quelques années, a fait augmenter le nombre de
navires transportant du pétrole déjà
raffiné et prêt à être
distribué. Les navires transportant le pétrole albertain
sur le fleuve s'ajoutent aux pétroliers qui circulent
déjà sur la voie maritime. Leur nombre passera de 100
navires à 125 navires, selon la direction de Kildair. De plus,
les nouveaux pétroliers sont plus grands, plus lourds et
possèdent une plus grande capacité de tonnage que les
navires actuels.
Selon les intervenants environnementaux, dont le biologiste et
navigateur bien connu Jean Lemire, il n'y aura que quelques
mètres entre le fond de cale du navire et le fond du fleuve. Cet
aspect augmente de beaucoup les risques d'accidents sur un des fleuves
les plus difficiles à naviguer du monde.
Les participants à la marche faisaient valoir que
le Québec n'a pas à satisfaire les décisions des
grandes pétrolières. Ce n'est pas au Québec non
plus à payer pour les décisions de la
Colombie-Britannique et des États-Unis qui refusent
l'accès pour le moment à ce même pétrole.
Ils demandent au gouvernement Couillard de revenir sur sa
décision et de ne pas plier face au diktat des grandes
pétrolières et du gouvernement fédéral.
Des représentants des nations autochtones
abénaquise et mohawk étaient également
présents et le discours du représentant du conseil de
bande de Kahnawake fut l'un des plus chaleureusement applaudis. Il a
dit entre autres que la destruction de l'environnement n'est pas que
les gens sont mauvais, mais qu'ils sont les victimes du système
actuel
de gouvernance qu'ils ne contrôlent pas. Il a invité tout
le monde, autochtones et non-autochtones, à rejeter la division
raciste qui leur est imposée depuis des siècles par les
autorités fédérales et de s'unir pour la
protection de la Terre Mère qui nous nourrit et nous fait vivre.
Il a dit que les décisions que nous devons prendre doivent
prendre en
considération l'avenir des sept prochaines
générations qui vont nous suivre. Il a invité les
gens à rompre avec ceux qui n'ont aucun respect pour la Terre
Mère et dit que la lutte sera longue. Parlant de la puissance
des grandes pétrolières, leurs bateaux géants et
la connivence des autorités politiques, il a dit: « C'est
vous maintenant qui êtes les
Indiens, et les cowboys sont partout pour vous anéantir.... Vous
devez poursuivre cette lutte, comme nous l'avons fait pendant des
siècles. »
La question des retombées directes pour le
Québec fut également une préoccupation majeure de
la journée. En quoi ce transport favorise-t-il l'économie
du Québec ? Quels sont les avantages à le faire ? Pour
les participants, il n'y a aucun avantage à tirer d'un tel
transport sur le fleuve, seulement les risques d'assumer les
désastres
environnementaux et les coûts que va devoir payer la population
en général. Le souvenir de la tragédie de
Lac-Mégantic était omniprésent. Les participants
ont réitéré leurs profondes convictions que ce
projet ne passera pas et qu'ils vont aller jusqu'au bout.

Exploitation pétrolière et
gazière dans le golfe du Saint-Laurent
Selon Harper, Ottawa et Québec vont
déposer
des projets de loi pour autoriser l'exploitation
pétrolière et gazière dans le golfe
Le 14 octobre, le premier ministre Stephen Harper
était à Sept-îles sur la Côte-Nord au
Québec pour annoncer que les gouvernements canadien et
québécois ont l'intention de déposer des projets
de loi avant la fin de cette année pour autoriser la production
de pétrole et de gaz dans le golfe du St-Laurent. Harper a dit
que selon le gouvernement
canadien le golfe du St-Laurent et les régions environnantes
pourraient détenir 39 billions de pieds cubiques de gaz et 1,5
milliard de barils de pétrole. Il a dit que la
coopération entre Ottawa et Québec « permettra le
développement sécuritaire et environnementalement
responsable des ressources pétrolières de la
région, créera des centaines
d'emplois et engendrera des revenus et la croissance économique
pour le Québec et le Canada». Il a aussi affirmé
que le Québec bénéficierait de tout revenu
provenant du développement des ressources de pétrole et
de gaz dans le golfe, que ce soit par le biais de redevances, d'octroi
de permis ou autres. Le gouvernement du Canada sera garant des
redevances et transférera un montant équivalent au
gouvernement du Québec.
L'exploration et l'extraction seront le fruit d'une
gestion conjointe entre les deux niveaux de gouvernements, en vertu
d'une entente entre le Canada et le Québec. Il s'agit d'une
entente signée en 2011 entre le gouvernement Harper et le
gouvernement Charest sur l'exploitation de la portion
québécoise des champs de pétrole et de gaz «
Old
Harry», à la frontière avec Terre-Neuve-
et-Labrador. Selon l'entente, les deux gouvernements travailleront
ensemble pour veiller au développement responsable et durable de
ces ressources tout en respectant l'industrie de la pêche et
l'environnement. Aussi, en vertu de l'entente, avant qu'un permis
d'exploration ne soit octroyé, des études
environnementales stratégiques seront complétées
par les deux gouvernements. L'entente fixe deux étapes de
gestion conjointe. Au cours de la première étape de
découverte préalable transitoire, les deux gouvernements
travailleront ensemble pour mettre en place un réglementation
conjointe en vertu de leurs compétences réciproques.
Dès la
découverte des premières ressources commerciales de
pétrole, les deux gouvernements doivent, de façon
conjointe, mettre sur pied, par le biais de nouvelles
législations, une commission des ressources
extracôtières.
Le premier ministre a tout fait pour présenter la
production de pétrole et de gaz extracôtière dans
le golfe du St-Laurent comme étant un fait accompli et de
surcroît, comme étant quelque chose qui est conforme aux
attentes du peuple en matière de sécurité et de
protection de l'environnement. Il a cependant évité toute
mention de la vive et
grandissante opposition populaire à ces projets.
Le jour où Harper a fait l'annonce, au moins deux
organisations ont émis un communiqué exprimant leur
opposition de longue date au projet.
Sauvons nos océans et nos côtes (SOC) - une
coalition d'organisations de pêcheurs, de défenseurs de
l'environnement et de groupes touristiques, de propriétaires
riverains, d'organisations et d'individus des Premières Nations,
et de citoyens qui ont choisi de défendre le golfe du St-Laurent
de l'exploration et du forage extracôtier - a saisi
l'occasion pour rappeler à Harper que les chefs des
Premières Nations du Canada de l'Atlantique revendiquent un
moratoire de 12 ans sur toute exploration du pétrole dans le
golfe du St-Laurent. « Le temps est venu pour les gouvernements
d'appuyer les Premières Nations et les communautés
riveraines plutôt que les intérêts des
sociétés pétrolières
», a dit Marie Gorman, la porte-parole de SOC , dans un
communiqué de presse.
La Coalition St-Laurent, composée de 80
organisations, dont des organisations des Premières Nations, des
groupes environnementaux, des syndicats, des associations
étudiantes et d'autres, a aussi émis un communiqué
réitérant sa revendication pour un moratoire sur la
production extracôtière dans le golfe en attendant les
conclusions d'une étude
publique complète.
Un extrait de ce communiqué se lit comme suit :
« Le golfe du St-Laurent est un écosystème unique
et très fragile, partagé par cinq provinces
côtières. Plutôt que de faciliter l'exploration
pétrolière, le Québec devrait être aux
premiers rangs dans le golfe, avec les autres provinces
côtières, pour décider d'un moratoire
général sur toutes activités
pétrolières dans le golfe, et pour promouvoir un examen
public complet en la matière.»
La coalition dénonce le fait que le gouvernement
du Québec ait décidé d'aller de l'avant pour
mettre en place une telle législation alors que sa propre
étude environnementale stratégique visant à
élucider tout le dossier des hydrocarbures ne sera pas
complétée avant la fin de 2015.

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