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Numéro 146 - 7
novembre 2014
Récents développements en
Amérique latine
et dans les Caraïbes
La présidente Dilma Rousseff
prononce son discours de victoire au second tour de l'élection
présidentielle
au Brésil le 26 octobre 2014.
ACTIVITÉS
DE
SOLIDARITÉ
AVEC CUBA
Brésil
• Dilma Rousseff obtient un deuxième
mandat en remportant le second tour des élections
présidentielles
Uruguay
• Premier tour de l'élection
présidentielle
Bolivie
• Le président Morales
célèbre sa réélection comme la
«victoire des anti-impérialistes»
Cuba
• L'ONU rejette massivement le blocus criminel
exercé par les États- Unis
Venezuela
• Le Venezuela remporte un siège au
Conseil de sécurité
• Des milliers de jeunes marchent contre le
terrorisme
Mexique
• Des manifestations de masse pour exiger le
retour des étudiants disparus
Brésil
Dilma Rousseff obtient un deuxième
mandat en remportant le second tour
des élections présidentielles
Les supporters de Dilma Rousseff au
rassemblement de la victoire le 26 octobre 2014
Le 26 octobre, au second tour des élections
présidentielles au Brésil, la présidente sortante,
Dilma Rousseff du Parti des travailleurs (PT), l'a emporté sur
Aecio Neves du Parti social-démocrate du Brésil (PSDB).
La présidente a obtenu 51,45 % des votes contre 48,55 % pour
Neves, une différence de deux millions de votes. Plus de 142
millions
de Brésiliens sont allés voter, élisant aussi les
députés fédéraux et les gouverneurs
d'États.
LML félicite la présidente
Rousseff, le PT ainsi que tout le peuple brésilien. La
présidente Rousseff a été élue en
dépit des efforts de l'opposition néolibérale
épaulée par des forces étrangères pour
ébranler le projet d'édification nationale qui obtient
des succès dans l'élévation du niveau de vie du
peuple et l'affirmation de ses droits.
Cette victoire en est une également pour la défense du
projet d'intégration et de relations régionales
fondées sur l'avantage réciproque et la solidarité
qui gagne du terrain partout en Amérique latine et dans les
Caraïbes, en opposition à l'exploitation
néolibérale et à l'ingérence et
l'hégémonie étasuniennes.
Malgré leur victoire, la présidente
Rousseff et le PT font face à un pays divisé
politiquement, à preuve la très mince marge avec
laquelle la
victoire a été remportée, la plus petite depuis
l'arrivée au pouvoir de Luiz Inacio « Lula »
da Silva
en 2002. Un autre exemple est le fait que le PT n'a pas le
contrôle du Sénat ni du Congrès. Voter est
obligatoire au Brésil, mais les rapports indiquent un niveau
élevé d'absentéisme et de votes annulés.
Suite à sa victoire le 26 octobre, la
présidente Rousseff a lancé un appel à
l'unité nationale et s'est engagée à donner un
nouveau souffle à l'économie et à continuer
d'implanter des réformes politiques au cours de son
deuxième mandat.
« J'appelle tous les Brésiliens sans
exception à s'unir pour l'avenir du pays » , a-t-elle dit
à ses supporters lors de son discours de la victoire, ajoutant
qu'elle est « ouverte au dialogue » .
« Je veux être une bien meilleurs
présidente que je ne l'ai été jusqu'à
présent » , a-t-elle dit.
« Il y a des mots qui ont dominé cette
campagne. Le mot qui est revenu le plus souvent est changement. Le
thème le plus présent a été celui de la
réforme, a-t-elle dit. Si j'ai été
réélue présidente, c'est pour aller de l'avant
dans les changements majeurs que les Brésiliens exigent. »
Rousseff a dit que sa priorité serait la
réforme politique, et a promis des projets de loi encore plus
sévères pour enrayer la corruption et l'impunité.
Rousseff a dit que le gouvernement continuerait de
veiller à ce que le taux d'emplois soit élevé, que
les salaires soient augmentés et que l'inflation soit
réduite et qu'il assumera une plus grande responsabilité
fiscale. « Nous allons stimuler encore davantage
l'activité
économique dans tous les secteurs, en particulier dans le
secteur industriel » , a
dit la présidente.
Le deuxième mandat de Rousseff veut dire un autre
quatre ans de pouvoir pour le PT qui a été au pouvoir ces
douze dernières années, avec deux mandats sous la
direction de « Lula » da Silva. Pendant ce mandat, le
PT a
fait croître l'économie du pays et cette croissance a
servi à augmenter les programmes sociaux et a extirpé 40
millions de
personnes des griffes de la pauvreté.
Adilson Araujo, le président de la Centrale des
travailleurs du Brésil (CTB), a caractérisé les
résultats des élections en ces termes:
« Sans aucun doute ce fut l'une des
élections les plus contestées et les plus
polarisées de l'histoire du Brésil, et il y a même
eu une tentative désespérée de coup à la
dernière minute par le journal Veja appuyé par
le quotidien Estadao et le réseau de
télévision Globo et d'autres médias
monopolisés. Encore une fois, les
gens n'ont pas été dupes et ont réussi à
faire la part des choses, à reconnaître leurs vrais
ennemis et à les vaincre, ouvrant la voie aux
possibilités qu'offre la mise en oeuvre des profonds changements
que réclament le peuple et la nation.
« Réussissant à éviter la
défaite aux mains du candidat de droite dont les firmes de
sondage confirmaient l'avance (appuyées en cela par le
positionnement de Marina Silva et du Parti socialiste du
Brésil), les mouvements sociaux progressistes et les partis
politiques se sont joints à la campagne et ont avec militantisme
pris les rues d'assaut
pendant la deuxième ronde, se battant pour chaque vote. Ce
mouvement des activistes a joué un rôle essentiel dans le
renversement de la vague conservatrice qui était
déjà présente dans la nouvelle composition du
Congrès et a permis de renverser la vapeur en faveur de Dilma
Rousseff.
« La victoire a empêché le pays de
subir des mesures rétrogrades, car l'élection de Aecio
Neves aurait été un vote pour la rétrogression
dans tous les domaines, en commençant par les ajustements
fiscaux annoncés par Arminio Fraga, auxquels se seraient
ajoutés des mises à pied massives, la récession
économique, la fin de conditions de travail
et de salaires décents, l'affaiblissement des lois de relations
de travail, la persécution et la criminalisation des luttes
sociales, la privatisation de la Banque du Brésil, de Caixa
Economica et de Petrobas, l'affaiblissement de Mercosur et la
subordination du Brésil au projet des impérialistes
étasuniens.
« Les résultats des élections
d'octobre ne sont pas que positifs. La composition sociale et politique
du Congrès, qui n'avait rien de progressiste, s'est encore
empirée. Il est devenu encore plus conservateur, hostile aux
projets de la classe ouvrière et favorable à l'ordre du
jour régressif mis de l'avant par les porte-paroles des
employeurs. La montée
de la droite se reflète aussi dans le résultat final des
élections présidentielles.
« Une interprétation de classe de la
situation indique qu'il est encore plus important d'aller de l'avant
dans les changements qui permettront de consolider ce qui a
été accompli ces onze dernières années,
d'éviter les échecs et de faciliter l'ordre du jour de la
classe ouvrière pour un nouveau projet d'édification
nationale qui reconnaît le travail, la
souveraineté et la démocratie.
« On peut réaliser ces changements en
entreprenant des réformes démocratiques structurelles, en
commençant par des réformes dans le système
politique et les médias, et en veillant aux demandes historiques
de notre peuple et des centrales syndicales sous la forme d'un ordre du
jour pro-ouvrier qui comprend entre autres les demandes suivantes
: davantage d'investissements dans le système public de
santé, en éducation et en transport en commun; la fin du 'facteur
de sécurité' (qui réduit
considérablement les fonds de pension des retraités)
à laquelle la présidente Dilma s'est déjà
engagée; la réforme agraire; la réduction des
heures de travail; le rejet du projet de loi PL 4330 (qui favorise
la sous-traitance); et la ratification des Conventions 151 et 158 de
l'ILO.
« Il ne sera certes pas facile d'atteindre tous
ces
objectifs, compte tenu du rapport de forces au Congrès et au
Sénat. Mais ils ne sont pas irréalisables pour autant. Le
facteur clé, et le défi numéro un du CTB ainsi que
de tous les mouvements sociaux, du gouvernement fédéral
et des forces progressistes du pays, sera d'élever le niveau de
conscience et de mobilisation de la classe ouvrière et du peuple
brésilien. Ce n'est qu'en descendant dans la rue en grand nombre
que nous pourrons réaliser les futures transformations que le
Brésil demande. »
Les secteurs de l'opposition incitent au coup militaire
au Brésil
Par ailleurs, le PT a rapporté le 30 octobre que
les secteurs de l'opposition ne veulent pas reconnaître les
résultats de l'élection présidentielle et qu'ils
fomentent un coup militaire comme celui de 1964.
Suite à la réélection de la
présidente Rousseff, le compte Facebook de l'armée
brésilienne a reçu des centaines de messages exigeant une
intervention militaire, selon le PT.
Les promoteurs d'un coup semblent être les
supporters du candidat du Parti social-démocrate du
Brésil, Aecio Neves, qui acceptent mal sa défaite, selon
un communiqué de presse du PT.
Sans aucun respect pour la volonté de la
majorité telle qu'exprimée dans les résultats
électoraux, certains commentateurs invitent l'armée
à attaquer Rousseff et l'ancien président Luiz Inacio
Lula da Silva.
Le PT fait remarquer qu'inciter un coup contre la
démocratie est un crime car la Loi no 7.170 de 1983
définit toute expression contre le représentant en place
ou le régime démocratique comme étant une
violation de la sécurité nationale et de l'ordre
politique et social.

Uruguay
Premier tour de l'élection présidentielle
En Uruguay, Tabare Vazquez du Front large (FA) au
pouvoir a remporté le plus grand nombre de votes, soit environ
49,4 % de tous les votes enregistrés, au premier tour de
l'élection présidentielle le 26 octobre. Comme c'est
inférieur à la majorité, il y aura second tour le
30 novembre contre Luis Lacalle Pou du parti de droite le Parti
national.
Lacalle Pou a recueilli 32 % des votes et Pedro Bordaberry du Parti
Colorado 13, 4 %.
Vazquez a dit que sa campagne pour la présidence
commence tout de suite et que son parti va continuer dans sa même
direction progressiste. « Il faut parler ouvertement et non
masquer ou camoufler les idées, les projets, l'histoire et les
résultats. Nous sommes qui nous sommes, nous agissons selon nos
idées et nos actes sont la même chose
que nos paroles », a-t-il dit. Le Parti du Front Large « va
poursuivre dans la voie du progrès économique et social
», à la différence de l'opposition qui va «
recourir à la vieille politique qui a mené le pays
à la stagnation », a-t-il ajouté.
Vazques a également fait état des
améliorations qui ont été faites sous sa
présidence ( 2005-2010) et celle du président actuel Jose
Mujica, de meilleurs salaires et revenus notamment et moins de
pauvreté.
« Nous allons continuer d'abaisser le taux de
pauvreté non seulement par sympathie pour les faibles mais parce
qu'il n'y aura pas de développement si nous n'impliquons pas
tous nos compatriotes dans le monde du travail et des emplois »,
a dit Vazquez.
Pendant ce temps, les résultats officiels des
élections à l'Assemblée législative et au
Sénat qui ont été rendus publics le 27 octobre ont
confirmé que la coalition du Front Large va maintenir sa
majorité au Parlement avec 50 sièges à
l'Assemblée et 15 au Sénat.

Bolivie
Le président Morales célèbre sa
réélection comme
la «victoire des anti-impérialistes»
Le 12 octobre, le président Evo Morales et le
vice-président Alvaro García Linera sont sortis
victorieux de l'élection présidentielle en Bolivie. Ce
sera le troisième mandat pour le président Morales. LML
salue cette victoire décisive pour les forces
du peuple, qui lui permettra d'approfondir les succès
déjà accomplis pour investir le
peuple du pouvoir et exercer un contrôle sur l'économie.
Morales a reçu 61,36 % des votes,
dépassant
la marge de 50 % requise pour éviter un deuxième tour.
Entre temps, le plus proche de ses quatre rivaux, le magnat du ciment
Samuel Doria Medina, en a reçu seulement 24,33 %. Plus de six
millions d'électeurs étaient enregistrés dans le
pays en plus des Boliviens dans quelque 70 villes en Amérique
latine, Asie, Afrique et Europe. Morales a gagné huit des neuf
États, incluant l'ancienne place forte de l'opposition, Santa
Cruz.
Le président bolivien Evo Morales,
accompagné du vice-président Alvaro
García Linera, prononce le discours de la victoire du balcon du
Palais présidentiel de La Paz, le 12 octobre 2014.
Les élections à l'Assemblée
législative plurinationale et au Sénat ont eu lieu en
même temps que l'élection présidentielle. Le parti
de Morales, le Mouvement pour le socialisme (MAS), a gardé sa
majorité de 88 sièges sur 130 à l'Assemblée
et a perdu un siège mais a conservé sa majorité de
25 sièges sur 36 au Sénat. Ayant maintenu son
contrôle des deux-tiers du Sénat et de l'Assemblée,
il pourra adopter la réforme constitutionnelle en attente qui
enlève la limite de deux mandats présidentiels.
Le procureur général Ramiro Guerrero a
souligné ce qu'il appelle la « maturité
démocratique » de la procédure et
déclaré que les élections ont eu lieu dans une
atmosphère de calme et de normalité, sans incidents
notables. L'a aussi confirmé le représentant du
Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme Dennis
Racicot, qui a
qualifié les élections de «
célébration démocratique ».
Le soir du 12 octobre, le président Morales et le
vice-président Alvaro García Linera accompagnés de
ministres et de dirigeants des syndicats et des mouvements sociaux se
sont réunis au palais présidentiel. Du balcon du palais,
le président Morales s'est adressé à la foule
nombreuse qui s'était massée à l'extérieur.
Morales a remercié le peuple pour son appui,
disant : « Nous continuons de grandir, nous avons vu les
résultats préliminaires, nous avons grandi dans tous les
États et dans huit États nous avons gagné les
élections. »
« Il y a un profond sentiment, pas seulement en
Bolivie mais dans les Amériques, de liberté, d'un
triomphe des anti-impérialistes », a-t-il ajouté
tandis que la foule scandait « Patrie oui, colonialisme non !
»
« D'une manière démocratique, il a
été ratifié que la Bolivie n'est pas une demi-lune
mais une pleine lune », a dit Morales, faisant
référence aux tentatives des groupes de l'opposition de
séparer la riche région de Santa Cruz du pays en 2008.
« 60 % ont voté pour la nationalisation au
lieu de la privatisation », a dit Morales. Il a ajouté
« Il est important de toujours débattre, d'écouter,
de faire de nouvelles propositions, de toujours penser à la
perspective plus large, et à la plus petite... maintenant nous
sommes attaqués par l'entremise des médias... c'est
important de bien
communiquer. » C'était en référence au
piratage du compte Twitter de la télévision d'État
bolivienne les 11 et 12 octobre pour répandre la fausse rumeur
que le président Morales avait été
assassiné.
Morales a parlé de l'importance des services de
base et de garantir que la Bolivie soit un « centre
d'énergie » de l'Amérique latine.
Morales a aussi rendu hommage aux autres gouvernements
progressistes en Amérique latine et dans les Caraïbes,
disant : « Nous ne sommes pas seuls, ce triomphe est
dédié à Fidel Castro et Hugo Chávez.
» Il a ajouté que : « Nous allons continuer à
grandir et nous allons continuer le processus de libération
économique. »
« C'est seulement en étant un peuple
organisé... les secteurs sociaux, les travailleurs... que nous
pourrons nous libérer, démocratiquement », a-t-il
conclu.

Cuba
L'ONU rejette massivement le blocus criminel
exercé par les États- Unis
L'Assemblée générale de l'ONU a
voté le 28 octobre sur la résolution A/69/98 «
Nécessité de lever le blocus économique,
commercial et financier imposé à Cuba par les
États-Unis d'Amérique ». Pour la
vingt-troisième fois consécutive, les nations membres de
l'ONU ont rejeté le blocus illégal et injuste des
États-Unis contre Cuba, qui
constitue le principal obstacle au développement social et
économique de Cuba. Cette année, sur 193 nations, 188 ont
voté en appui à la résolution alors que seuls les
États-Unis et Israël ont voté contre, les
mêmes que lors du vote de l'année dernière. Une
fois de plus, les trois petits protectorats des États-Unis:
Palau, les Îles Marshall et les États
fédérés de Micronésie se sont abstenus.
Comme le souligne Isaac Sanay, coprésident et porte-parole
national du Réseau canadien pour Cuba : « Depuis 1992, la
communauté internationale a répudié l'agression
économique des États-Unis contre le peuple de Cuba dans
ces votes annuels à l'ONU. Ce rejet du diktat de Washington
souligne
concrètement l'isolation de l'empire dans l'opinion publique
mondiale. » Il a ajouté : « Le vote retentissant de
l'ONU représente non seulement une victoire pour Cuba mais aussi
une victoire pour tous ceux qui luttent pour défendre le droit
inaliénable et inviolable de tous les peuples à
l'autodétermination et l'indépendance. »
Le ministre cubain des Affaires étrangères
Bruno Rodríguez Parrilla, dans son discours à
l'assemblée avant le vote, a expliqué comment le vote est
pertinent pour tous les membres des Nations unies : « parce que
cela a à voir avec le droit international, qui protège
tous les États, grands ou petits, riches ou pauvres, et qui
garantit leur
indépendance et l'exercice de leur souveraineté
nationale, qui est la base de l'égalité souveraine.
»
Le ministre cubain des
Affaires étrangères Bruno Rodriguez Parilla s'adresse à l'Assemblée
générale
de l'ONU le 28 octobre 2014.

23 ans de votes à
l'Assemblée générale de l'ONU contre le blocus des
États-Unis contre Cuba - cliquer sur l'image pour l'agrandir
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Rodríguez a souligné que le blocus ne
cesse de s'intensifier: « C'est un fait que, dans la
période récente, le blocus économique, commercial
et financé imposé par les États-Unis contre Cuba a
été resserré et que son application
extraterritoriale dans toutes les régions du monde a aussi
été resserrée, notamment par des amendes aussi
énormes
qu'insolites de 11 milliards $ infligées à 38 banques,
dont la banque française BNP Paribas, qui font des transactions
avec Cuba et d'autres pays. »
Il a souligné certains des effets du blocus :
« Les préjudices économiques cumulés, qui
sont énormes pour une petite économie comme la
nôtre, s'élèvent à 1 112 534 000 000 $
estimés sur la base du prix de l'or, qui est manipulé par
ceux qui créent le système monétaire
néfaste qui est présentement en vigueur, lequel est
déjà mis à mal par
l'impact d'une crise insurmontable qui touche les pays les plus pauvres.
« Les dommages humains causés par le blocus
ne cessent de s'aggraver. Le nombre des Cubains qui sont nés
dans ces circonstances représente 77 % de la population.
Impossible de mentionner toutes les difficultés que cela a
causé à nos familles. Il y a plusieurs conventions
internationales qui proscrivent le blocus, incluant la Convention de
Genève de 1948 contre le génocide. L'exercice des droits
humains par un peuple est altéré. Le développement
économique du pays est sérieusement entravé.
« Bien que nos systèmes de santé et
de services sociaux réussissent à prévenir la
perte des droits humains, aucune personne honnête, que ce soit
aux États-Unis ou dans le monde, ne peut être d'accord
avec les conséquences désastreuses causées par le
blocus.
« En dépit de tout, notre culture
nationale, notre éducation et la garantie que nous offrons de
droits et d'opportunités égaux nous permettent
d'être une nation cultivée et fraternelle. »
Le ministre cubain des Affaires étrangères
a souligné les nombreuses relations respectueuses et
réciproques qu'il a avec d'autres pays de même qu'avec des
citoyens et des organisations des États-Unis. Il a conclu en
affirmant sans équivoque la conviction de Cuba de ne «
jamais renoncer à sa souveraineté ou à la voie
choisie librement par son
peuple, pour bâtir un socialisme plus juste, efficace,
prospère et durable. Il ne renoncera pas non plus à sa
quête d'un ordre international différent et
n'arrêtera pas de lutter pour ' l'équilibre du monde '.
»

Venezuela
Le Venezuela remporte un siège
au Conseil de sécurité
Le ministre des Affaires
étrangères du Venezuela Rafael Ramirez Carreño est
chaudement félicité à l'Assemblée
générale pour l'élection de son pays au Conseil de
sécurité le 16 octobre 2014.
Le 16 octobre, le Venezuela a remporté un
siège provisoire au Conseil de sécurité des
Nations unies avec 181 voix sur un total de 193 votes. L'Angola, la
Malaisie et la Nouvelle-Zélande ont également
été élus; l'Espagne a remporté le dernier
siège lors d'un scrutin séparé. Chaque pays
représente un groupe régional de l'ONU: l'Afrique,
l'Asie-Pacifique, l'Europe de l'Est, l'Amérique latine et les
Caraïbes, l'Europe occidentale et autres.
Ces cinq pays auront leur siège au Conseil
à partir du 1er janvier 2015 aux côtés des cinq
membres permanents du Conseil de sécurité: la Russie, le
Royaume-Uni, la France, la Chine et les États-Unis, pour les
deux ans couvrant la période 2015 à 2017. Le Venezuela
remplace l'Argentine, tandis que l'Angola remplace le Rwanda, la
Malaisie
prend le relais de la Corée du sud et la Nouvelle-Zélande
va prendre la place de l'Australie. L'Espagne remplacera le Luxembourg.
« Ce triomphe est dédié à
Hugo Chávez », a déclaré le ministre
vénézuélien des Affaires étrangères
Rafael Ramirez Carreño en annonçant la victoire. «
Il est aussi le résultat de l'effort long et soutenu du
président Nicolas Maduro [qui] a décidé d'aller de
l'avant avec le modèle pour le règlement pacifique des
conflits, ce qui a si bien réussi au
niveau national. »
Ramirez Carreño a ajouté: « Le
succès historique du Venezuela montre clairement le vaste appui
que notre révolution a à l'échelle internationale,
comme un partisan de la paix, de la justice sociale, de la
solidarité et du respect des droits humains. »
Le président Maduro a également
remercié la communauté internationale via son compte
Twitter.
Si le Venezuela, l'Angola et la Malaisie ont
participé au scrutin sans opposition, l'Espagne, la Turquie et
la Nouvelle-Zélande ont dû monter une campagne de lobbying
international féroce pour l'obtention d'un des deux
sièges restants, rapporte TeleSUR.
Il y a cinq autres sièges provisoires sur le
Conseil qui devront faire l'objet d'élections l'année
prochaine. Ces sièges sont actuellement détenus par la
Jordanie, la Lituanie, le Nigéria, le Tchad et le Chili.
Pour gagner un mandat au Conseil, les membres
provisoires doivent obtenir le votes des deux tiers de
l'Assemblée générale au scrutin secret.
La victoire du Venezuela survient huit ans après
une tentative passée pour obtenir le siège provisoire.
À cette époque, le Venezuela a fait face à une
forte concurrence du Guatemala. Il a également été
opposé par les États-Unis qui ont lancé une
campagne pour faire pression sur d'autres pays de l'ONU pour rejeter la
candidature du Venezuela,
le discréditer et nuire à la révolution
bolivarienne. Trois semaines et 48 tours de scrutin plus tard, le
Guatemala et le Venezuela se sont retirés de la course et le
Panama s'est fait accorder le siège.

Des milliers de jeunes marchent contre le terrorisme
Le président Nicolás
Maduro parle aux jeunes à Caracas le 18 octobre 2014.
La bannière dit:
«Contre le terrorisme - Le Venezuela veut la paix»
Le 18 octobre, des milliers de jeunes et des partisans
du gouvernement vénézuélien ont participé
à une marche contre le terrorisme et pour la paix. La marche de
la jeunesse a été organisée en réponse
à l'assassinat du député de 27 ans à
l'Assemblée nationale pour le Parti socialiste du Venezuela
(PSUV) Robert Serra et sa partenaire Maria
Herrera, qui ont été tués dans leur maison le 1er
octobre.
Les forces réactionnaires dans l'opposition au
Venezuela, qui ont entrepris et préconisé dans le
passé des actes terroristes, affirment que ces meurtres sont des
actes commis par des criminels de droit commun. Toutefois,
l'enquête sur ces crimes a révélé le
caractère politique explicite des assassinats.
Le 16 octobre, lors d'une conférence de presse,
le président Nicolas Maduro a présenté des images
vidéo de six hommes forçant l'entrée dans la
maison de Serra, captées sur les caméras de
sécurité fixées à la résidence et
sur un lampadaire à proximité. Il y a également
une confession d'Eduwin Camacho Torres, ancien garde du corps de Serra.
Maduro a nommé d'autres personnes qui devront témoigner:
Antonio Vegas (alias El Toni), Farines Palomino (alias El Eme), Carlos
Garcia Martinez (alias Tintin), Jhony José Padilla (alias Oreja)
et Dani Salinas Quevedo, avec le paramilitaire colombien Padilla Leive
(El Colombia).
Selon Maduro, le plan pour assassiner Serra a
été préparé sur une période de trois
mois et a été orchestré par Padilla Leive, le
Colombien envoyé au Venezuela après que les auteurs des
meurtres aient contacté un groupe paramilitaire colombien dans
le but de trouver un tueur à gages. Le plan a été
mis à exécution lorsque Padilla Leive a
soudoyé Torres Camacho et l'a convaincu de divulguer des
détails sur la maison et le quartier de Serra, utilisant ses
connaissances en tant que garde du corps de Serra.
Caracas le 18 octobre 2014
Maduro a également révélé
que peu de temps avant la mort de Serra, il y a eu un attentat contre
le ministre de l'Éducation Héctor Rodríguez
à son domicile. Plusieurs balles ont été
tirées par un tireur d'élite et ont percé les
murs,
mais n'ont pas réussi à tuer la cible ou son
épouse et leur fils de trois ans. Puis le 4 octobre, trois jours
seulement
après l'assassinat de Serra, les services de renseignement
vénézuéliens ont reçu des informations
à l'effet que des assassins ont tenté de tuer le
président de l'Assemblée nationale Diosdado Cabello, mais
n'ont pas réussi à s'approcher assez de lui.
LML condamne la campagne de terrorisme
menée par les forces réactionnaires de l'opposition au
Venezuela, soutenues dans leurs objectifs pour renverser la
révolution bolivarienne par des pays comme les États-Unis
et le Canada. Le gouvernement canadien soulève un tollé
sur les jeunes avec des problèmes de santé mentale qui
selon lui participent à des complots terroristes. Cependant, son
manque de principe et son silence éhonté concernant cette
attaque terroriste sur le projet d'édification nationale
centrée sur la personne au Venezuela révèle ce
désir de voir un changement de régime
réactionnaire au Venezuela. Cela ne doit pas passer !

Mexique
Des manifestations de masse pour exiger le retour
des étudiants disparus
Manifestation de
masse à l'Université nationale autonome du Mexique
à Mexico pour demander le retour
des étudiants disparus le 15 octobre 2014
La semaine dernière, des étudiants, des
syndicats d'enseignants et d'autres organisations à travers le
Mexique ont mené pendant 72 heures des grèves, des
barrages sur des routes et l'occupation de postes de péage,
d'édifices gouvernementaux, de gares d'autobus et de stations de
radio pour exiger le retour en toute sécurité de 43
étudiants et
enseignants de Ayotzinapa, disparus depuis le 26 septembre après
avoir été attaqués par la police à Iguala,
dans l'État de Guerrero. Ces actions de masse se sont tenues au
mépris d'un décret en date du 28 octobre des
représentants fédéraux et de l'État qui ont
déclaré que seulement les protestations dites «
légitimes » seraient autorisées. Les
élèves
manquants s'étaient rendus à Iguala pour protester contre
les massacres d'étudiants de 1968. Il y a également eu
des manifestations pour le retour des étudiants au Canada et
ailleurs dans le monde.
Le 29 octobre, à Chilpancingo, la capitale du
Guerrero, les membres du Comité de coordination de l'État
de Guerrero pour les travailleurs en éducation (CETEG) ont
foncé avec un camion dans la porte de la « Maison blanche
» de Guerrero et ont ensuite mis le feu au camion.
Le même jour, des enseignants ont marché du
campement sur la place principale de la ville vers la résidence
officielle du gouverneur où ils ont frappé à la
porte et accroché une banderole portant une effigie du jeune
étudiant et du père Julio Cesar Mondragon qui a
été tué la nuit de l'attaque par la police et qui
a été retrouvé le lendemain, le
visage mutilé.
Le 30 octobre, dans l'État d'Oaxaca, près
de 74 000 enseignants ont commencé une grève de 72 heures
dans 14 000 écoles pour exiger le retour en toute
sécurité des élèves. À
l'université Autonome Benito Juarez, les membres du Conseil
général étudiant de l'université ont
occupé le campus en appui aux étudiants d'Ayotzinapa.
À Oaxaca, les étudiants en formation pour
devenir enseignants ont réquisitionné des autobus pour
aller visiter les médias électroniques, y compris
Radio-Mexico, La Z 97,7, Planeta 100,9, et la société de
radio-télévision de Oaxaca pour les presser de faire la
lumière sur le cas des étudiants disparus et exiger leur
retour.
Protestation à l'Ambassade du
Mexique à Ottawa le 15 octobre 2014
Également le 30 octobre, dans l'État de
Michoacan, les étudiants de l'Université de San Nicolas
de Hidalgo ont cessé toute activité pendant 72 heures.
Les futurs enseignants ont occupé le centre d'achat de La Huerta
et ont réquisitionné un camion et trois autobus pour
bloquer la circulation à Patzcuaro.
Des dizaines d'étudiants ont défilé
dans la zone touristique de Bacalar dans l'État de Quintana Roo
et ont déployé de grandes banderoles réclamant le
retour en toute sécurité des étudiants disparus
d'Ayotzinapa.
Aussi, des étudiants ont défilé
jusqu'à radio UNAM à Mexico pour livrer un message
d'appui aux étudiants d'Ayotzinapa, en passant plus tard des
tracts aux postes de péage autoroutiers.
Un article paru le 30 octobre dans le Toronto Star révèle
la
corruption
du maire d'Iguala, de sa femme et des corps policiers en
collaboration avec le cartel local de la drogue:
« Pineda Villa, la femme du maire et dirigeante
d'une agence municipale de protection de la famille, [Maria de los
Angeles] était évidemment préoccupée par le
fait qu'un groupe d'étudiants de l'école normale voisine
pourrait perturber une célébration qu'elle avait
organisée pour la soirée du 26 septembre, à
l'occasion de son deuxième discours
annuel en faveur de ses oeuvres caritatives.
« Elle avait été interrompue par un
chahut similaire lors d'un événement public en juin 2013
et elle avait décidé de prendre maintenant des mesures
préventives.
« Donnez-leur une leçon », a-t-elle
ordonné, selon un témoin.
« Ses subordonnés s'y sont pliés.
« Maintenant, plus de quatre semaines plus tard,
la recherche des corps des disparus se poursuit. Pendant ce temps, 56
personnes ont été arrêtées dans cette
affaire, dont 22 agents de police d'Iguala ou de la ville voisine de
Cocutla.
« Pineda Villa a fui pour une destination
inconnue, avec son mari, Jose Luis Abarca, le maire maintenant
déchu d'Iguala, ainsi que le chef de la police de la ville,
Felipe Flores. On présume que tous les trois sont devenus
clandestins.
« Lors du remplacement [le 30 octobre] du maire
d'Abarca par Luis Manzon, celui-ci a quitté le poste seulement
sept heures après être entré en fonction, en disant
qu'il voulait vivre sa vie de façon 'calme et en paix'.
« [La semaine dernière], les
enquêteurs mexicains ont trouvé un nouvel ensemble de
tombes dans une zone appelée Pueblo Viejo. Ce serait là
que les élèves auraient été emmenés,
dans une camionnette et un autre véhicule, afin d'être
exécutés. »
Bien que les étudiants n'aient pas
été retrouvés, beaucoup d'autres fosses communes
ont été trouvées dans la zone où ils sont
disparus, ce qui prouverait l'existence d'une pratique de longue date
de
massacres par des gangs, par des politiciens corrompus et par la police.

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