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Numéro 145 - 6
novembre 2014
Au parlement : le projet de loi C-43,
Loi no 2 du Plan d'action économique 2014
Un nouveau projet de loi omnibus
d'exécution du budget contenant un grand
nombre de mesures antisociales
 
Au
parlement : le
projet de loi C-43, Loi no 2 du Plan d'action économique 2014
• Un nouveau projet de loi omnibus
d'exécution du budget contenant un grand nombre de mesures
antisociales - K.C. Adams
• De nouvelles modifications à la Loi
électorale du Canada - Anna Di Carlo
Au parlement : le projet de loi C-43,
Loi no 2 du Plan d'action économique 2014
Un nouveau projet de loi omnibus
d'exécution du budget contenant un grand
nombre de mesures antisociales
- K.C. Adams -
Au lendemain de la fusillade à Ottawa qui a
coûté la vie au caporal Nathan Cirillo, la dictature
Harper a déposé encore un autre projet de loi mammouth
d'exécution du budget. Tandis que les médias de masse,
avec leurs reportages sans fin sur le geste criminel d'un tireur
solitaire, détournaient l'attention du pays tout entier, Harper
déposait un
projet de loi d'exécution du budget de 458 pages, le projet de
loi C-43, Loi no 2 du Plan d'action économique 2014,
qui prévoit des mesures affectant tous les domaines. On y trouve
des questions d'une importance vitale pour le peuple, des questions qui
devraient être débattues en tant que telles et qui ne
devraient pas être dissimulées
dans un projet de loi aux proportions démesurées que la
dictature Harper veut voir adopté ou battu dans son
intégrité.
Dans les semaines qui suivent, LML examinera
certaines des questions controversées que Harper tente de
faufiler pour qu'elles deviennent loi, comme un homme à cagoule
qui agit dans la pénombre pour dissimuler ses agissements
antisociaux. On retrouve entre autres dans ce projet de loi les mesures
suivantes :
- Changements à la Loi
sur
investissement
Canada.
- Changements au Programme des travailleurs
étrangers temporaires.
- Changements au financement de l'assurance-emploi. Les
employés même du gouvernement au sein de l'Alliance de la
Fonction publique disent que ces changements sont problématiques
en ce qu'ils visent consciemment à réduire les fonds
nécessaires au programme d'assurance emploi.
- Mesures législatives limitant la
possibilité pour les demandeurs d'asile de demander de l'aide
sociale. Cette mesure discriminatoire fait suite à la
décision du gouvernement de limiter l'accès des
demandeurs d'asile aux soins de santé publics et universels. La
juge Anne Mactavish de la Cour fédérale a invalidé
cette mesure, déclarant qu'il
s'agissait d'un traitement « cruel et inhabituel » qui met
des vies à risque et « contrevient aux normes canadiennes
de la décence la plus élémentaire ». Le
gouvernement est allé en appel de cette décision.
- Changements à l'Agence de la Santé
publique du Canada.
- Élargissement de la portée de la banque
nationale
d'ADN.
- Mesures
législatives visant à créer une nouvelle station
de recherche pour remplacer le Centre de recherche atmosphérique
en environnement polaire (PEARL) à Eureka, au Nunavut et pour
abroger la loi établissant la Commission canadienne des affaires
polaires, une agence des Affaires autochtones et du
développement du Grand Nord qui ,
depuis 1991, est responsable de surveiller les régions polaires
et de recommander des politiques d'ordre scientifique. Debi Daviau,
présidente de l'Institut professionnel de la Fonction publique
du Canada, a affirmé que la Station de recherche du Canada dans
l'Extrême-Arctique à Cambridge Bay, au Nunavut (69
degrés07minutes02secondesN) est
une tentative ratée de remplacer le centre de recherche le plus
septentrional du Canada, PEARL. Le syndicat de Daviau a joint sa voix
à celle d'autres opposants à la décision du
gouvernement visant à fermer le centre de
l'Extrême-Arctique, qui est situé à une latitude de
79degrés59minutes20secondesN. PEARL surveille de près les
changements
climatiques, la qualité de l'air et d'autres facteurs tels la
destruction de la couche d'ozone depuis 2005. Les scientifiques
soutiennent que la nouvelle station de Cambridge Bay, au Nunavut, n'est
pas dans l'Extrême-Arctique et que de surcroît, puisque la
nouvelle station ne doit être fonctionnelle qu'en 2017, les
chercheurs connaîtront entretemps
d'importantes lacunes dans la collecte des données et dans les
évaluations d'importance scientifique. Le gouvernement a
déjà perdu l'expertise des scientifiques qui
travaillaient à PEARL.
- Aucune mesure législative, que certains
espéraient, visant à arrêter le musellement de
scientifiques par la dictature Harper, lesquels sont toujours
empêchés de partager leur recherche ou d'en parler
ouvertement, ou de collaborer avec d'autres scientifiques.
- Aucune mention non plus d'une enquête pouvant
élucider la disparition et le meurtre de centaines de femmes
autochtones ni aucune indication que le gouvernement a l'intention de
traiter de cette urgente préoccupation.

De nouvelles modifications à
la Loi électorale du Canada
- Anna Di Carlo -
Le 24 septembre, le projet de loi C-586 émanant
d'un député, Loi modifiant la Loi électorale
du Canada et la Loi sur le Parlement du Canada (candidature et
caucus réformes), le titre abrégé, Loi de
2014 instituant des réformes, a été
adopté en deuxième lecture par un vote de 253 à
17. Le jeudi 30 octobre, le Comité
permanent de la procédure et des affaires de la Chambre (PROC) a
commencé son examen du projet de loi avec son parrain, le
député conservateur Michael Chong (Wellington-Halton
Hills), assigné comme premier témoin.
Chong a déposé la première fois son
projet de loi en décembre 2013 dans une version
légèrement différente (projet de loi C-559, Loi
de
2013
portant
sur des réformes), le décrivant
comme « un effort pour renforcer la démocratie au Canada
en rétablissant le rôle des membres élus du
Parlement à la Chambre des communes ». Le
projet de loi va modifier la section de la loi électorale qui
exige d'un candidat d'un parti qu'il soit approuvé par le chef
de son parti. Il modifie la Loi sur le Parlement du Canada
afin de donner une définition juridique à l'expression
« caucus d'un parti » et établit des règles
concernant l'expulsion et la réadmission des membres du
caucus, l'élection du président du caucus, et comment les
membres du caucus peuvent contester le chef du parti, y compris le
soumettre à un vote, le révoquer et élire un
remplaçant intérimaire.
Le projet de loi C-586 a été
renvoyé au comité avec des caractéristiques
quelque peu singulières. Le 11 septembre, en prévision du
vote en deuxième lecture, Chong a publié une
déclaration publique appelant les membres du PROC à
apporter des modifications spécifiques au projet de loi avant de
le renvoyer devant la Chambre des communes.
(À quelques exceptions près, des amendements ne sont pas
autorisés en deuxième lecture.) Deuxièmement,
Chong a déclaré qu'il se réserve le droit de ne
pas être le parrain du projet de loi en troisième lecture
si le PROC « apporte des modifications qui ne sont pas
acceptables ».
Le communiqué de presse de Chong a
été décrit comme « une réponse aux
consultations menées durant l'été et pour
rechercher de l'appui au projet de loi lors du premier vote
prévu pour le mercredi 24 septembre 2014 » et a
expliqué que les consultations avec tous les partis ont mis en
lumière deux critiques importantes: « la première
est que
le processus de nomination énoncé dans le projet de loi
est trop normatif, ce qui rend difficile l'atteinte d'objectifs en
matière de diversité pour les candidats des partis ou
empêche les partis d'établir des règles uniformes
dans tout le pays pour les mises en candidature pour le parti. La
seconde est que le projet de loi impose une solution mur-à-mur
à tous les caucus des partis, passant outre à la
situation unique de chaque caucus et ne permettant aucune
flexibilité pour faire face à des situations
particulières ».
Sélection des candidats
Le texte actuel de la Loi de 2014 instituant des
réformes appelle au transfert de l'autorité du chef
de parti qui approuve un candidat du parti vers celle d'un
fonctionnaire responsable de la mise en candidature qui serait
élu au scrutin secret par les dirigeants du parti
représentant les associations
de circonscriptions dans chaque province. Il stipule que les courses
à l'investiture des candidats du parti doivent être tenues
par les associations de circonscription selon les règles
établies par les associations de circonscription locales
même. Le candidat qui remporte la course serait alors
approuvé par le fonctionnaire responsable des mises en
candidature à l'échelle provinciale. Selon ses arguments
en faveur de ces changements, Chong a déclaré qu'ils
« permettront aux partis de rétablir un meilleur
contrôle local sur la sélection locale des candidats des
partis. En rétablissant le contrôle des associations de
circonscription pour désigner des candidats, le pouvoir est
effectivement remis
entre les mains des Canadiens car cela devient une décision
locale pour savoir qui va représenter le parti lors d'une
élection ».
Dans ses modifications du 11 septembre proposées
au PROC, les changements décrits ci-dessus seraient tous
annulés. Au lieu de cela, la modification à la
disposition de la Loi électorale du Canada sur
l'approbation par le parti d'un candidat remplacerait « le chef
de parti » par « une personne désignée par
chaque parti politique
enregistré ».
Règles du caucus parlementaire
Dans sa version actuelle, le projet de loi C-586
établirait des règles selon la Loi sur le Parlement
du Canada pour les relations entre les membres du caucus
parlementaire du parti. Des membres du caucus pourraient être
expulsés seulement en vertu d'un avis écrit signé
par 20 % des membres du caucus exigeant que
l'adhésion du membre soit examinée et l'expulsion ne se
ferait que si elle est approuvée par scrutin secret par la
majorité de tous les membres du caucus. Des règles
similaires seraient applicables pour la mise en candidature et la
révocation du président du caucus.
Un dirigeant de parti qui aurait perdu la confiance des
membres du caucus pourrait être soumis à un vote de
confiance si un avis écrit est signé par au moins 20 %
des membres. Le président du caucus ordonnerait alors la tenue
d'un vote de confiance au scrutin secret parmi les membres du caucus.
Le président du caucus serait également tenu
d'émettre un avis public sur la tenue d'un vote de confiance. Si
la majorité vote pour remplacer le chef du parti, le
président du caucus exigera un deuxième vote afin de
nommer une personne qui servira de chef intérimaire du parti
jusqu'à ce qu'un nouveau chef soit dûment élu par
le parti. Cette procédure serait également applicable en
cas de
décès, d'incapacité ou de démission du chef.
Dans ses amendements du 11 septembre, Chong appelle le
PROC à ce que les règles qu'il propose incluent l'option
de la Loi sur le Parlement du Canada. Ainsi le caucus d'un
parti serait seulement obligé de tenir un vote quant à
savoir s'il veut suivre ou non les règles et le vote même
n'aurait pas à être rendu public. Chong écrit
que son projet de loi C-586 devrait être modifié pour:
« Exiger que chaque caucus de la Chambre des
communes, après chaque élection générale,
en tant que premier point à l'ordre du jour et d'une
manière officiellement enregistrée, vote sur chacune des
quatre règles suivantes:
a. L'examen et la révocation du chef du parti, b.
L'élection d'un chef intérimaire, c. La nomination et la
révocation du président du caucus et d. L'expulsion et la
réadmission d'un membre du caucus. »
Chong est député depuis 2004, lorsqu'il a
été candidat pour le Parti progressiste-conservateur. Il
a été réélu en 2006 comme candidat pour le
Parti conservateur du Canada et, suite à cette élection,
a été nommé ministre des Affaires
intergouvernementales durant le premier gouvernement minoritaire de
Harper. Il a quitté le cabinet en novembre
2006 parce qu'il ne pouvait pas appuyer la motion de Harper que les
Québécois formaient une nation au sein d'un Canada uni.
Bien que son mandat en tant que ministre ait nécessairement
impliqué les relations entre le gouvernement
fédéral et le Québec, Chong n'a pas
été consulté avant que la motion soit
déposée. Depuis ce temps, il a été
simple député.
Le projet de loi du député Chong ne fait
rien pour habiliter du pouvoir les députés ou les membres
du parti en dépit des affirmations qui prétendent le
contraire. Aujourd'hui, les partis politiques au sein du Parlement
n'ont plus besoin des membres pour opérer et ils utilisent les
fonds publics pour masquer le fait qu'ils ne servent plus
d'organisations principales qui font d'une quelconque façon le
lien entre l'ensemble des citoyens et le gouvernement. De la même
manière, les députés n'ont rien à dire sur
l'orientation de la politique gouvernementale ou les décisions
prises à tous les niveaux du gouvernement. Dans le cas des
projets de loi omnibus, ils n'ont même pas lu les
projets de loi, et encore moins les ont-ils étudiés ou
débattus. Quant à la loi électorale, plus elle est
réformée, plus elle perd toute cohérence avec ce
qu'elle a pu avoir dans le passé et cela contribue en plus
à la crise dans laquelle le système de démocratie
représentative est embourbé. Il est évident que la
première version de ce projet de loi avait de
sérieuses lacunes car les associations de circonscription
auxquelles elle faisait appel sont dans un état lamentable et la
majorité des partis ne pourraient pas prendre en main la
tâche que le projet de loi leur attribe d'effectuer. Une
majorité des partis qui n'ont même pas d'associations de
circonscription auraient été anéantis ce qui
aurait soulevé
tout un tapage que même le gouvernement Harper aurait
considéré comme une diversion à ce moment. En ce
qui concerne la deuxième version du projet de loi, des mesures
qui transfèrent le pouvoir de sélectionner les candidats
de chef du parti à un substitut ne va pas changer le fait que ce
ne sont pas les Canadiens qui choisissent les candidats
qui se présentent aux élections, et que tant qu'ils ne
contrôlent pas la sélection des candidats, le choix de qui
ils peuvent élire n'est pas non plus sous leur contrôle.
C'est une diversion complète face aux graves problèmes
qui confrontent le corps politique et la démocratie.

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Marxiste-Léniniste
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