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Numéro 141 - 31
octobre 2014
Bâtissons la presse
ouvrière contre la monopolisation des médias
La classe ouvrière doit avoir sa
propre voix!
Exemplaires
de la presse du Parti et sans Parti en montre lors des
célébrations du 44e anniversaire de la presse
du Parti, le 23 août 2014 à Etobicoke en Ontario
Bâtissons
la
presse
ouvrière
contre
la monopolisation des médias
• La classe ouvrière doit avoir sa
propre voix! - Dougal MacDonald
Opposition au climat
de
terreur créé par la dictature Harper
• Les gens de Cold Lake en Alberta rejettent la
tentative de démoniser les musulmans - George Allen
La guerre de terreur
des États-Unis
• Obama s'accuse lui-même de terrorisme
- Manuel E. Yepe
Bâtissons la presse ouvrière
contre la monopolisation des médias
La classe ouvrière doit avoir sa propre voix!
- Dougal MacDonald -
Le monopole de la presse sous contrôle
américain Postmedia a annoncé le 9 octobre l'achat de la
chaîne Sun Media, les journaux anglophones du monopole Quebecor,
pour 316 millions $. Postmedia assumera ainsi
le contrôle de cinq quotidiens Sun, soit ceux de
Calgary, Edmonton, Ottawa, Toronto et Winnipeg; 27 quotidiens à
faible marché; 140 hebdos; le London Free Press et de
plusieurs autres propriétaires. Il possède
déjà entre autres les quotidiens suivants : National
Post, Calgary Herald, Edmonton Journal, Montreal
Gazette, Regina Leader-Post, Ottawa Citizen, Saskatoon
Star-Phoenix,
Vancouver
Star, Vancouver Sun et Vancouver Province.
L'achat
doit
être
approuvé
par le Bureau de la concurrence du
Canada.
L'industrie de la presse au Canada a toujours
été très monopolisée pour mieux servir les
besoins des cercles dominants. La famille Southam de Toronto, partie du
vieil establishment canadien, a établi sa chaîne de
journaux en 1904, à commencer avec le London Free Press et
accumulant
ensuite
17
grands
quotidiens et 56 journaux
communautaires, en plus de plusieurs postes de radio. En 2000, le
monopole CanWest de la famille Asper de Winnipeg a acheté la
chaîne de journaux Southam de Hollinger, propriété
de Conrad Black. (Hollinger a déclaré faillite peu
après la condamnation de Black pour fraude en 2007.) Postmedia a
été formé en 2010 pour se porter acquéreur
de
CanWest maintenant en difficulté.
Le groupe Postmedia a été assemblé
par le PDG du National Post Paul Godfrey en 2010. Il a
complété l'achat des journaux CanWest le 13 juillet 2010
pour la somme de 1,1 milliard $. Godfrey a obtenu pour se faire l'appui
financier du fonds de placement spéculatif Golden Tree Asset
Management, de Silver Point Capital et de
certains autres investisseurs.[1] La dette de CanWest envers Golden
Tree a été transformée en actions dans Postmedia,
ce qui a donné à Golden Tree 39 % des actions de
Postmedia. Golden Tree est mené par trois financiers
américains: Stephen Tananbaum, Robert Matza et Stephen Shapiro.
Shapiro, ancien administrateur de la Canadian Imperial
Bank of Commerce, représente Golden Tree sur le conseil
d'administration de Postmedia.
Les fonds d'investissement spéculatif comme
Golden Tree et Silver Point font leur argent non pas en bâtissant
des entreprises mais en profitant de leur destruction — les
licenciements de masse, la sous-traitance et les liquidations
financières. Ils s'enrichissent en investissant dans des
entreprises qui arrivent au bout de leur rouleau financièrement.
Si Golden Tree et Silver Point sont fidèles à
eux-mêmes, les employés actuels de Postmedia vont
connaître une période difficile. Les revenus de
publicité de Postmedia sont en chute constante depuis plusieurs
années et l'entreprise a déjà été
« restructurée » avec des abolitions de postes
partout
au Canada. Ses dirigeants ont dit à plusieurs reprises que
l'avenir de la presse est dans le numérique, ce qui laisse
prévoir d'autres coupures. De plus, l'acquisition de Sun Media
signifie que Postmedia possède maintenant deux journaux
concurrents dans plusieurs villes et on doit donc s'attendre à
des fermetures de journaux.
L'achat des journaux anglophones de Quebecor va
accroître la monopolisation de la
presse au Canada et historiquement cela a toujours fonctionné
dans l'intérêt des cercles dominants. Quel groupe de
travailleurs n'a pas été la cible de déformation
de la réalité concernant ses luttes en faveur des
propriétaires du capital qui détiennent le pouvoir ?
En fait, les médias monopolisés embauchent
délibérément des chroniqueurs antiouvriers dont la
seule fonction est d'attaquer les travailleurs. On l'a vu clairement,
par exemple, dans la lutte des métallos de Hamilton contre US
Steel. D'autres chroniqueurs, plus « libéraux »,
sapent les luttes des travailleurs en appelant à
l'« équité » et en demandant à
tout le monde d'être « raisonnable », comme si cela
était possible quand les détenteurs du capital dominent
tout, y compris le gouvernement. Les médias monopolisés
dans l'ensemble continuent d'être les transmetteurs de la ligne
de la classe dominante sur toute chose, attaquant la
société de façon impitoyable et agissant comme un
obstacle majeur
au progrès de la société.
La voie vers l'avant pour la classe ouvrière face
aux mensonges des médias n'est pas d'espérer qu'on puisse
influencer les médias monopolisés à être du
côté de la classe ouvrière mais d'avoir sa propre
voix en bâtissant sa propre presse. Est-ce qu'une telle presse
existe ? Oui, elle existe. Depuis 44 ans, le Parti communiste du Canada
(marxiste-léniniste) a pris en main la tâche cruciale de
bâtir cette presse qui est une arme puissante dans les mains de
la classe ouvrière pour s'organiser à la défense
de ses intérêts. Cette période comprend 29 ans de
construction de la presse de masse du Parti et de la presse de masse
sans parti, deux types de journalisme qui sont indispensables à
la
construction du mouvement de la classe ouvrière pour sa propre
émancipation. La presse sans parti en tant que voix du mouvement
pour les idées éclairées et la presse de masse du
Parti en tant que voix de la classe ouvrière sont deux
instruments importants du mouvement de la classe ouvrière pour
la création des conditions à sa propre
émancipation et l'ouverture d'une voie au progrès de la
société. Renforcer et consolider les deux types de presse
est une composante cruciale du travail que le Parti a entrepris pour la
période actuelle.
Le rôle crucial et le
parti pris des deux types de presse sont clairement expliqués
dans Le Marxiste-Léniniste du 26 août 2014:
« La presse sans parti, en tant que voix du mouvement pour les
idées éclairées, et la presse de masse du Parti,
en tant que voix de la classe ouvrière, sont deux instruments
importants du mouvement de la
classe ouvrière pour créer les conditions de son
émancipation et ouvrir la voie au progrès de la
société. Le parti pris de la presse de masse sans parti
est envers le mouvement pour les idées éclairées
et le progrès de la société. À cet
égard, son contenu et sa politique éditoriale
reflètent les préoccupations des gens et fixent pour
ainsi dire l'ordre du
jour de la société en déterminant quelles
questions sont matière à préoccupation et en
éliminant ou rejetant tout ce qui constitue une diversion ou est
sans importance. Le parti pris de la presse de masse du Parti est
envers la classe ouvrière et son rôle dirigeant dans la
société. Elle se consacre à l'apport d'une
conscience et d'une organisation qui
correspondent à sa position révolutionnaire dans la
société. »
Le Marxiste-Léniniste poursuit: «
Le mouvement pour les idées éclairées tel que
reflété dans les pages de la presse sans parti ne peut
véritablement s'épanouir que si la classe ouvrière
occupe la place qui lui revient et apporte les positions
avancées à tous ceux et celles qui sont
préoccupés par la situation actuelle ou mécontents
de la
situation actuelle, c'est-à-dire en fixant l'ordre du jour de la
classe ouvrière et ses alliés pour créer une
société moderne fondée sur un système
moderne. »
La conclusion qui s'impose est que la façon que
les travailleurs et leurs alliés peuvent avoir un impact
réel dans leur lutte contre la monopolisation des médias
bourgeois est de continuer à appuyer la presse de masse du Parti
et la presse de masse sans parti et de travailler à
l'étendre. Les travailleurs qui ont une conscience de classe et
toutes les
forces démocratiques et progressistes doivent intensifier ce
travail important afin de remporter la victoire sur le front des
médias et la victoire finale dans son ensemble.
Notes
1. Une étude récente de la Réserve
fédérale de San Francisco impute la plus
grande partie du blâme pour la crise financière de
2007-2009 aux fonds de placement spéculatif.

Opposition au climat de terreur
créé par la dictature Harper
Les gens de Cold Lake en Alberta rejettent la tentative
de démoniser les musulmans
- George Allen -
Dans la nuit du 23 octobre, quelques
éléments arriérés de Cold Lake en Alberta
ont causé des dommages à une mosquée locale en y
inscrivant des commentaires racistes et en brisant des vitres. Ils ont
écrit « Go Home » (« Va t'en chez vous
»)
en rouge à la bombe aéorosol tout le long de la
façade. Le lendemain, des dizaines de résidents de
cette ville de 14 000 habitants sont venus dénoncer
vigoureusement ce vandalisme et ont aidé les membres de la
mosquée à effacer les graffitis et réparer les
fenêtres. Ils ont placé des pancartes sur la façade
de la mosquée disant: « Vous êtes chez vous ici !
» et « Nous sommes unis en tant que Canadiens ». Des
membres de la communauté ont
aussi apporté des fleurs et des cadeaux qui ont
été placés près des vitres brisées.
La mosquée de Cold Lake est ouverte depuis quatre
ans à son emplacement actuel. Le maire de Cold Lake Craig
Copeland a
dit que la mosquée est un élément important de la
ville et qu'il était déçu qu'un résident de
la communauté ait pu causer ces dommages. « Je tiens
à dire que la communauté musulmane est chez elle à
Cold Lake »,
a-t-il dit.
Cela ne fait pas de doute que la position
guerrière de la dictature de Harper a largement contribué
à ces événements. Harper a utilisé les
événements tragiques de Saint-Jean-sur-Richelieu et
d'Ottawa les 20 et 22 octobre pour déclarer que le Canada est
sous la menace de l'État islamique en Irak et au Levant (EIIL)
et qu'il faut le combattre à la
fois sur son propre territoire et au Canada. Il appuie l'intervention
militaire en Irak et l'usage de la force pour régler les
problèmes au Moyen-Orient et déclare que l'EILL pose une
menace à la sécurité canadienne, ce qui lui permet
de dire que l'intervention armée est une action de
défense de la sécurité nationale du Canada.
Rappelons que la ville de Cold Lake abrite la grande
base militaire d'où les avions canadiens CF-18 ont
décollé à partir du 22 octobre, sous les ordres du
gouvernement Harper, pour participer à l'intervention
menée par les États-Unis en Irak.
Notre salut aux gens de Cold Lake qui rejettent les
efforts continuels de la dictature de Harper pour démoniser les
musulmans en utilisant des expressions comme « jeunes djihadistes
» et contribuent à la recherche d'une réponse
socialement responsable aux événements en prenant une
position de principe et en pesant bien les choses.

La guerre de terreur des États-Unis
Obama s'accuse lui-même de terrorisme
- Manuel E. Yepe -
Manifestation
contre
les
attaques
de
drones américains à Multan au
Pakistan, le 8 octobre 2014.
Il y a près de deux ans en novembre 2012, Barack
Obama avait fait des remarques qui, aujourd'hui, sembleraient
inconcevables de sa part. Le président des États-Unis
avait dit « il n'y a pas un pays au monde qui tolérerait
que des missiles provenant de l'extérieur de ses
frontières pleuvent sur ses citoyens. »
Les déclarations
d'Obama, bien entendu, étaient conçues pour servir de
couverture et de protection pour l'État colonial sioniste
d'Israël alors que ce dernier lançait et continue de lancer
de violentes campagnes de tueries et d'extermination contre les
Palestiniens. Obama réitérait donc sa position en
déclarant que les États-Unis appuyaient Israël
dans son « droit de se défendre » contre des «
missiles tombant sur les maisons de son peuple et tuant potentiellement
des civils ». Il faisait référence aux actes de
protestation des Palestiniens contre l'occupation de leurs territoires
par les colons Israéliens.
Dans un article publié sur le site Activist Post
le 6 octobre, le prolifique écrivain américain sur les
questions de politique internationale, Brandon Turbeville, notait que
« même en laissant de côté la question
israélienne et le fait que, au moment de la déclaration,
le gouvernement Obama était impliqué dans le bombardement
du Pakistan, du
Yémen et de la Somalie et venait de conclure le bombardement de
l'Irak, de l'Afghanistan et de la Libye, on peut aussi bien se projeter
en 2014 alors que les États-Unis font pleuvoir des bombes sur le
sol souverain de la Syrie. »
Après leurs attaques illégales et
immorales contre le peuple syrien qui ont résulté en un
nombre alarmant de victimes civiles en seulement quelques jours, les
États-Unis ont annoncé récemment qu'ils «
assouplissent » leur politique sur les meurtres de civils en
Syrie. En effet, la Maison-Blanche revient sur ses prétentions
qu'elle utilisera la force
meurtrière seulement là où il y a une «
certitude ou quasi-certitude » qu'aucun civil ne sera tué.
Les rapports faisant état de nombreuses victimes
civiles causées par les frappes aériennes des
États-Unis les jours suivants étaient la première
indication que l'administration Obama ignorait ses propres
règles dans la guerre contre le terrorisme.
« En réalité, les États-Unis
ne se sont jamais préoccupés des victimes civiles que ce
soit pendant le mandat de ce président, ni celui du
président avant lui », écrit Turbeville.
On vante les drones pour leur précision
chirurgicale et leur système de ciblage à guidage laser
et pourtant ils ont tué des civils au Yémen, en Somalie,
en Afghanistan et en particulier au Pakistan qui a subi plus de 390
attaques clandestines de drones depuis 2008.
Bien que, selon les estimations de journalistes
d'enquête indépendants, ,710 civils aient
été tués par des attaques de drones, Amnistie
internationale affirme que le nombre de victimes civiles au Pakistan
peut être aussi élevé que 900. Établir un
nombre précis est très difficile mais lorsque les groupes
de droits humains peuvent se rendre dans les
zones affectées et enquêter sur les frappes individuelles,
le nombre de victimes civiles est toujours substantiellement plus
élevé que ce qui a été rapporté par
le gouvernement, lequel compte tous les hommes d'âge
militaire comme ennemis combattants et ne considère jamais comme
un civil un homme de cette fourchette d'âge qui est tué.
En d'autres mots, lorsque les victimes civiles
deviennent trop évidentes aux yeux du public, ou trop
dommageables politiquement, la réponse est de changer votre
sémantique et la formulation de la politique pour faire
disparaître les victimes de l'écran radar de l'opinion
publique.
Alors que tout homicide involontaire de civils syriens
par le gouvernement Assad était présenté au public
américain comme une tuerie préméditée de
gens innocents, les frappes aériennes américaines
continuent d'être présentées comme une manne
tombée du ciel pour débarrasser le monde du terrorisme
islamique et des dictateurs brutaux.
Les Palestiniens, Syriens, Irakiens, Afghans, Somaliens
et Yéménites sont des victimes acceptables. Les
Israéliens, non. Les Palestiniens, Syriens, Irakiens, Afghans,
Somaliens et Yéménites sont censés accepter sans
résistance les « missiles tombant sur les maisons de son
peuple et tuant potentiellement des civils ». Israël, lui,
peut agir avec
impunité.
Barack Obama, en établissant la norme
internationale sur comment répondre au bombardement d'une nation
souveraine et au meurtre de ses civils en invoquant la prétendue
sécurité d'Israël, se trouve à
déclarer ouvertement que les États-Unis sont coupables de
terrorisme, ce que peu de ses victimes nieront.
De toute évidence, cette déclaration
présidentielle signifie peu de chose dans la politique
concrète. Les proclamations hypocrites et même les
mensonges purs et simples ne servent qu'à masquer le
véritable ordre du jour qui est en jeu. Les observateurs
informés sont déjà conscients de cela. Ceux qui
prennent ces déclarations au sérieux ont
beaucoup à apprendre, conclut Turbeville.
Journée
mondiale
d'action
contre
les
drones, 3 octobre 2014. De haut en bas :
Berlin, Los Angeles, Washington DC.

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Marxiste-Léniniste
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