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Numéro 139 - 29
octobre 2014
La nécessité d'une
nouvelle direction pour l'économie
L'ordre du jour antisyndical
derrière
la Subvention canadienne pour l'emploi
La
nécessité d'une nouvelle direction pour l'économie
• L'ordre du jour antisyndical derrière
la Subvention canadienne pour l'emploi - Jim Nugent
• Chaos dans l'économie canadienne
• La faillite frauduleuse de US Steel
• Les travailleurs protestent contre la
fermeture de l'usine de Produits forestiers Résolu à
Shawinigan au Québec
La nécessité d'une nouvelle
direction pour l'économie
L'ordre du jour antisyndical derrière
la Subvention canadienne pour l'emploi
- Jim Nugent -
Le ministre fédéral de l'Emploi et du
Développement social, Jason Kenny, a participé à
deux événements médiatiques à Edmonton le 9
octobre pour faire des annonces dans le cadre du programme de
Subvention canadienne pour l'emploi. Le programme a été
lancé dans le budget 2013. Avec la Subvention canadienne pour
l'emploi, le
gouvernement Harper a fermement pris contrôle de l'attribution
des fonds transférés aux provinces et destinés
à la formation professionnelle et au développement du
marché du travail.
Le ministre albertain des Emplois, des
Compétences, de la Formation et du Travail, Richard McIver, a
aussi participé à ces événements. Kenny et
McIver ont annoncé que les programmes en vertu de l'entente sur
la Subvention canadienne pour l'emploi entre le Canada et l'Alberta
sont maintenant en vigueur. Ils ont dit que les employeurs
pouvaient dès maintenant soumettre leurs demandes pour obtenir
leur part des subventions à la formation que le programme met
à la disposition des employeurs.
C'est important pour les travailleurs et leurs
organisations de noter que c'est l'Alliance chrétienne du
travail du Canada (ACTL) qui a organisé les
événements où Kenny et McIver ont fait leur
annonce. Kenny a entre autres présidé la
cérémonie d'inauguration d'un centre de l'ACTL de
formation et de certification en soudage. Il est également
allé à l'école secondaire St.Joseph pour
promouvoir sur place le programme « De l'école secondaire
au casque de chantier » , un programme de formation en soudage et
dans d'autres métiers mené en partenariat entre l'ACTL et
la Commission scolaire catholique d'Edmonton.
En associant l'ACTL à la mise en oeuvre de la
Subvention canadienne pour l'emploi, Kenny et McIver indiquent
clairement que ce programme cache un ordre du jour antisyndical et
antitravailleur. L'ACTL prétend être un « syndicat
alternatif » mais en réalité c'est un
syndicat
jaune, un syndicat de compagnie, qui sert d'instrument aux
compagnies de la construction et d'autres secteurs pour exercer une
pression vers le bas sur les salaires et les conditions de travail.
L'ACTL est très active en Alberta dans les projets
d'immobilisations de l'exploitation du bitume. Elle est de plus en plus
active en Ontario et dans d'autres régions du pays où
elle attaque les organisations des
travailleurs de la construction. Le lien entre l'ACTL et la Subvention
canadienne pour l'emploi amène à se demander ce que le
gouvernement Harper entend faire avec ce programme.
L'explication la plus
plausible serait que le gouvernement Harper a pris pour cible le
système de formation des travailleurs des syndicats de la
construction dans le but de les détruire. Il semble promouvoir
l'ACTL pour que celle-ci puisse contester le rôle clé que
jouent les syndicats de la construction dans la formation et la
certification des
travailleurs.
À toutes fins pratiques, la presque
totalité de l'apprentissage des métiers de la
construction au Canada est organisée par le biais des
systèmes d'apprentissage des syndicats de la construction[1].
Cette situation déplaît au gouvernement Harper puisque les
syndicats gèrent leurs systèmes d'apprentissage de sorte
à maintenir un équilibre entre le
nombre de travailleurs formés et les emplois disponibles. Le
maintien de cet équilibre favorise le paiement de salaires
à un standard canadien dans la construction, ce que le
gouvernement voit comme un obstacle à son programme d'imposition
de bas salaires dans le secteur.
La construction est un secteur sur lequel les
conservateurs de Harper concentrent leur offensive de diminution des
salaires. La raison en est que ce secteur joue un rôle de plus en
plus important dans les aspirations des monopoles mondiaux et de la
minorité riche de devenir encore plus riches. Les travailleurs
de la construction produisent près de
la moitié de la richesse industrielle créée dans
l'économie canadienne à chaque année. Lors du
lancement de la Subvention canadienne pour l'emploi, Kenny s'est mis
à rêver tout haut des 350 milliards $ qui peuvent
être réalisés en quelques années dans les
projets de construction dans l'extraction des ressources, le transport
et l'infrastructure
urbaine.
La destruction de l'équilibre dans le
marché du travail de la construction et son remplacement par une
descente vers le bas des salaires du secteur a été un des
objectifs de la machine de destruction harpérienne depuis la
mise en place de toute une série de réformes
rétrogrades du marché du travail. En 2012, le
gouvernement Harper a abrogé
la Loi sur les justes salaires et les heures de travail qui
depuis plus de 70 ans permettait de restreindre la concurrence
salariale destructrice dans les projets de construction financés
par le fédéral. Cette loi avait aussi créé
une certaine stabilité dans le secteur et soutenait le
système de formation dans les métiers de la
construction[2]. Le
gouvernement Harper a aussi cherché à déstabiliser
le marché du travail de la construction en l'inondant de
travailleurs vulnérables par le biais de l'expansion rapide du
Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET) et du
démantèlement accéléré du
régime d'assurance-emploi.
Afin de tenter de dissimuler sa manipulation peu subtile
du marché du travail en faveur des monopoles mondiaux et de la
minorité riche, le gouvernement Harper a créé de
toutes pièces une crise imminente de pénurie de
main-d'oeuvre qualifiée. C'est cette même crise
fabriquée qui a été invoquée pour lancer le
programme de Subvention
canadienne pour l'emploi, mais la façon même dont le
programme fonctionne expose le caractère frauduleux des
préoccupations du gouvernement Harper pour les pénuries
de main-d'oeuvre. Si la Subvention canadienne pour l'emploi
était une réponse réelle à une crise
imminente de pénurie de main-d'oeuvre qualifiée, pourquoi
serait-elle appliquée
d'une façon qui met de côté et perturbe les
systèmes de formation des syndicats de la construction qui
fournissent la presque totalité des apprentissages dans le
domaine de la construction ?
Le recours au programme Subvention canadienne pour
l'emploi pour promouvoir l'ACTL dans la formation des métiers
est une stratégie en deux temps du gouvernement pour diminuer
les salaires dans le secteur de la construction. D'une part, il cherche
à inonder le marché afin de maximiser la concurrence
salariale et de l'autre, il cherche à
perturber les organisations d'autodéfense des travailleurs de
la construction qui ont été créées
précisément pour limiter la concurrence dans leurs rangs.
Les travailleurs de la construction, leurs organisations et les autres
travailleurs doivent faire front contre cette stratégie
antiouvrière antisyndicale.
Notes
1. L'apprentissage des métiers
donné dans les salles de classe est un programme de 6 à 8
semaines par année pour un apprenti et peut être fourni
soit par un collège provincial ou par des centres de formation
syndicaux selon le métier ou la juridiction. D'autre part, les
syndicats de la construction organisent et gèrent le
système dans son ensemble, s'occupant du recrutement, de la
formation sur le terrain, du placement et de la certification des
apprentis. Il existe aussi des programmes d'apprentissage qui ne sont
pas donnés par les syndicats mais ne sont pas fonctionnels. Les
taux de réussite et de certification des apprentis
non syndiqués sont très faibles, le plus
souvent à cause de la faiblesse des opportunités d'emploi
pour les apprentis. Par contre, la grande majorité des apprentis
formés par les syndicats complètent leurs heures et leur
certification.
2. Pour une analyse des conséquences de
l'abrogation de la Loi sur les justes salaires sur
l'apprentissage des métiers de la construction, voir les
articles suivants d'un représentant de l'Union internationale
des opérateurs ingénieurs (UIOI). L'UIOI gère l'un
des plus grands centres d'apprentissage pour opérateurs de grues
et de
machinerie lourde au Canada.
"Repealing
the
Fair
Wages
Act
Goes Against Evidence and Workers' Interests"
"Merit
Canada's
Low-Wage
Low-Skills
Plan
for the Canadian Construction
Industry"

Chaos dans l'économie canadienne
De plus en plus de gens en
sont venus à la conclusion que la direction actuelle de
l'économie, sous le contrôle d'une poignée de
parasites et de spéculateurs internationaux qui sont
protégés par les gouvernements vendus, est irrationnelle
et franchement ridicule.
La mondialisation néolibérale est
constamment en crise. De plus en plus, le peuple demande une nouvelle
direction parce que le droit de monopole et l'anarchie dans la
production de ce dont nous avons besoin pour vivre est un
désastre. Non seulement les actions des monopoles, qui ne font
l'objet d'aucune restriction, bouleversent-elles nos
forces productives, notre économie et nos moyens de subsistance
mais elles menacent la sécurité à la retraite. En
fait, la destruction d'une retraite en sécurité pour les
Canadiens est un thème constant de l'économie
néolibérale et de sa restructuration régressive.
Les Canadiens sont consternés de toutes ces activités.
US Steel a maintenant placé sous la protection de
la faillite ses usines canadiennes dont les avoirs et les travailleurs
sont une force productive de valeur. Au même moment, Produits
forestiers Résolu est lui aussi en train de fermer des
installations de production. Pourquoi des unités de production
aussi vitales devraient-elles être soumises à la
spéculation et aux attaques des parasites financiers ? Ce sont
les vrais producteurs et les retraités, qui ont
intérêt à les voir réussir et vont en
défendre les actifs avec leur vie, qui devraient en avoir le
contrôle. Des unités de production vitales dont
dépendent le bien-être d'économies locales, les
moyens de subsistance actuels de milliers de travailleurs et
la retraite de plusieurs milliers d'autres et qui contribuent fortement
à l'économie du pays ne devraient pas être soumises
à cette spéculation et cette manipulation constantes
provenant de centres financiers éloignés et de paradis
fiscaux. C'est la responsabilité des gouvernements du
Québec, de l'Ontario et du Canada de défendre les actifs
de
production du pays et les travailleurs et de restreindre le droit de
monopole d'attaquer le peuple et l'économie.
Les travailleurs combattent pour une économie qui
sert leurs intérêts et non ceux des riches qui ne se
soucient de personne sauf eux-mêmes.

La faillite frauduleuse de US Steel
Les
métallos
de
la section 1005
protestent contre les procédures de faillite en vertu de la LACC
à Toronto le 6 octobre 2014
Le 16 septembre, US Steel (USS) a demandé la
protection de la faillite pour ses opérations canadiennes en
vertu de la Loi sur les arrangements avec les créanciers
des compagnies (LACC). Information Update, le bulletin
de
la section locale 1005 du Syndicat des Métallos, remet en cause
l'affirmation selon laquelle les
installations canadiennes de US Steel, dénommées USSC,
sont en faillite alors qu'elles sont la propriété
exclusive de la société mère américaine et
que cette société mère, USS, est loin d'être
en faillite. Cette affirmation apparaît comme le principal
argument en faveur de recevoir la protection de la LACC. Le factum
soumis à la cour ne présente
aucune preuve de propriété séparée de la
filiale canadienne. La seule participation au capital demeure dans les
mains des détenteurs des actions de US Steel transigées
en bourse sous X au New York Stock Exchange.
La prétention est que la filiale canadienne est
désespérément endettée envers la
société mère qui est le seul créancier
garanti. USS exige le remboursement de la dette de 2 milliards $ qui
est
due par sa filiale à part entière, ce qui a bien
sûr préséance sur les créances de tous les
autres, y compris les employés, les retraités, les
fournisseurs et les
gouvernements fédéral et de l'Ontario. Le processus de
restructuration sous la LACC signifie que leurs réclamations
disparaissent.
Les méthodes comptables utilisées sont un
facteur important dans cette affaire. Les livres comptables y sont
organisés de manière à faire apparaître les
transactions commerciales normales au sein d'une seule entreprise comme
étant celles entre des entreprises distinctes. Les flux de
trésorerie au sein de l'entreprise sont présentés
comme étant un
échange de biens et de services et les opérations
financières entre un prêteur et un emprunteur. De cette
manière, c'est relativement simple de manipuler la situation et
de couper une partie non désirée de l'entreprise sans
endommager l'ensemble.
Il semble aussi que lorsque US Steel a acheté
Stelco en 2007, il a voulu éliminer Stelco en tant que
concurrent et limiter la production d'acier au Canada afin d'augmenter
les prix de l'acier en Amérique du Nord. Il semblerait que,
grâce à la LACC, USS espère rescaper tout ce qu'il
peut pour lui-même, du désastre qu'il a créé
au Canada.
Pour bénéficier de la protection de la
faillite, la compagnie a fait valoir que, pour maintenir ses
activités au Canada depuis l'acquisition de 2007, USSC s'est
appuyé sur le financement fourni par USS totalisant environ 3,9
milliards $, dont 1,6 milliard $ en dettes et 2,3 milliards $ en
actions.
Toutefois, depuis 2009, US Steel n'a
déclaré de profit d'aucune de ses opérations.
Pourquoi alors viser deux installations au Canada d'une mention
spéciale, d'autant plus que la production de ces deux
opérations a été délibérément
réduite par USS par des mises à pied, des lockouts et la
fermeture du département de fabrication d'acier à
Hamilton Works ? USS a compté sur l'emprunt pour maintenir ses
opérations durant toutes ces années où il n'a pas
fait de profits.
USSC dit que ses principaux
engagements au 31 août 2014 sont les suivants: (a) un prêt
garanti par USS de 204,1 millions $ représentant le capital et
5,3 millions $ en intérêts encourus; (b) un prêt non
garanti par USS de 1,419 milliard $ en capital et 438,2 millions $ en
intérêts encourus; (c) un prêt de la province de
l'Ontario de 150 millions
$ en capital et de 0,6 million $ en intérêts encourus; (d)
les engagements envers les régimes de retraite de 372,5 millions
$ (sur une base de comptabilité financière) ou 838,7
millions $ (sur une base de la capitalisation de solvabilité)
(e) autres avantages postérieurs à l'emploi (« les
AAPE ») de 787,9 millions $ ; et (f) des dettes envers des
fournisseurs de 363,7 millions $ ( dont 189,9 millions $ sont des
dettes envers des fournisseurs tiers et 174,8 millions $ sont des
dettes commerciales réciproques (des comptes payables entre
différentes entités) de la même entreprise, USS).
Les régimes de retraite et les AAPE ne peuvent
pas être considérés comme une créance sur
les actifs fixes (actifs immobilisés), à moins que USS
cesse de produire. Ils sont des réclamations
négociées à la valeur que produisent les
travailleurs. Les réclamations sont payées à
partir de la valeur réalisée que produisent les
travailleurs de USS
partout au sein de ses opérations mondiales. Elles peuvent
devenir des créances sur les actifs existants seulement si USS
cesse de produire partout et vend tous ses moyens de production.
« Les dettes commerciales réciproques
» est un terme utilisé par les monopoles mondiaux. Le
terme implique qu'un monopole se compose de compagnies distinctes voire
même concurrentielles. Les livres comptables sont tenus de cette
façon pour déplacer de l'argent, des biens et des
services afin de réduire les impôts des entreprises et
mettre
en scène des situations telles que la demande de protection de
la faillite d'une ou plusieurs « compagnies » au sein du
monopole mondial de sorte qu'il n'a pas à assumer la
responsabilité de ses actions. Dans les cas extrêmes, un
monopole mondial est enregistré comme une société
de portefeuille (un holding) dans un paradis fiscal comme les
îles
Caïmans.
USS tient en compte l'acier envoyé de l'une de
ses usines à l'autre pour être transformé en un
produit. Lake Erie Works (LEW) envoie de l'acier à Hamilton
Works (HW) pour la finition. Une transaction comptable est
enregistrée lors de cette expédition, mais cela ne
devient pas une dette dans le sens d'un compte payable à une
autre entreprise
pour l'achat de fournitures. Cela signifie simplement qu'une
transaction comptable est enregistrée sur la valeur de la
transaction intraentreprise et la valeur du produit final
réalisé reflète la transaction intraentreprise, et
la portion déplacée d'une division, d'une installation ou
d'une section à une autre est retournée au moins dans les
livres
comptables. Malgré cela, USSC prétend qu'il est
insolvable. Information Update a écrit: « Un
paiement d'intérêts d'environ 162,5 millions $ qui est
dû à USS est le catalyseur de la faillite au Canada. Ma
main gauche doit 1 million $ à ma main droite et ne peut pas
payer les intérêts; ainsi, ma main gauche est en faillite
tandis que ma
main droite continue comme si rien n'était. Quelle blague !
»
Le bulletin ajoute: «
D'ailleurs, si les usines américaines de USS remplissent les
commandes canadiennes et d'autres commandes pour l'acier qui pourrait
être fourni par le Canada, il est tout à fait trompeur de
dire maintenant que les usines canadiennes ont une dette envers USS
pour s'être fait soutirer des commandes, s'être fait
limiter leur
capacité de production et avoir même été
fermées en permanence comme ce fut le cas du haut fourneau de
Hamilton. »
La section locale 1005 dénonce également
la demande de USSC d'être admissible à la protection de la
faillite parce qu'il a mis en place en vain « des mesures de
réduction des coûts ». « Des mesures de
réduction des coûts », souligne Information Update,
ne génèrent pas des revenus supplémentaires. Ils
ne font rien pour renouveler la
production. USS a toujours détruit la production de la valeur au
Canada et a le culot d'appeler cela « des mesures de
réduction des coûts ».
Les faits sont que US Steel est simplement à la
recherche d'un moyen de se débarrasser de ses «
obligations envers la dette, les pensions et les régimes de
retraite, dans le contexte particulier des conditions de marché
difficiles pour l'acier ».
USS n'a montré aucun intérêt
à ce que l'ancienne Stelco survive comme entreprise viable. Il a
toujours détruit la production et les moyens de production et
veut maintenant les détruire encore plus au nom
d'acquérir ce qu'il appelle « une marge de manoeuvre
».
La section locale 1005 fait appel au tribunal de
l'opinion publique pour s'assurer que les monopoles tels que US Steel
ne puissent pas se restructurer sur le dos des travailleurs. Information
Update écrit: « Si l'intention est de fermer les
installations et de les vendre, il doit utiliser les actifs pour
rembourser ceux qui ont des
réclamations, en commençant par financer en
totalité les régimes de retraite, payer ses fournisseurs,
rembourser le gouvernement de l'Ontario et tous les autres
créanciers légitimes et oublier ses soi-disant dettes
'intercompagnies'
».
Actuellement « le seul bénéficiaire
de la LACC est USS, qui contrôle le processus et fait appel aux
tribunaux pour se soustraire de ses responsabilités
financières et autres. S'il voulait vraiment faire profiter
toutes ses parties prenantes, il pourrait le faire en dehors de la LACC
d'une manière ouverte et respectueuse en respectant ses
obligations
et responsabilités. Il pourrait en particulier redémarrer
la production chez Stelco et en faire une entreprise viable et rentable
comme ce fut le cas pendant plus d'un siècle ».
« USS n'est pas insolvable et doit traiter avec sa
filiale en propriété exclusive d'une manière
ouverte et sérieuse sans recourir à la LACC qui lui
permet de revenir sur l'entente qu'il a signée, sur ses
engagements et ses obligations », souligne Information Update.

Les travailleurs protestent contre la fermeture
de l'usine de Produits forestiers Résolu à
Shawinigan au Québec
Plus de 2000 travailleurs ont marché dans les
rues de Shawinigan le samedi 27 septembre pour dénoncer la
fermeture de l'usine Laurentide appartenant au monopole Produits
forestiers Résolu (PFR). Ils ont exprimé beaucoup de
colère face à la destruction et l'impunité de la
direction de Résolu et ont aussi dénoncé
l'irresponsabilité totale du
gouvernement libéral vis-à-vis les conséquences de
cette fermeture pour l'économie de la région.

Les gens de la région de Shawinigan refusent de
se voir asséner des coups aussi durs sans réagir. La
marche est la preuve que les travailleurs défendent les
intérêts du Québec. La volonté de sauver
leur ville et leur région trace la voie pour des solutions
durables. Les travailleurs du Québec veulent trouver des
alternatives à la destruction du
secteur manufacturier et n'entendent pas laisser les
intérêts étroits des riches dicter leur avenir
comme bon leur semble. Cette résistance est la voie vers l'avant
pour des solutions viables à la crise manufacturière.
La ville de Shawinigan a toujours été
considérée comme un des berceaux de l'industrialisation
du Québec et sa population a toujours contribué au
développement économique et surtout manufacturier. La
direction de Résolu doit revoir sa décision de fermer
l'usine de manière aussi arbitraire et répondre devant la
population de la Mauricie de ses
décisions. Le gouvernement libéral doit répondre
également aux demandes de diversification économique des
travailleurs de la région, à commencer par la demande
minimale du maire de la ville de disposer d'un fonds de 20 millions $
à cet effet et la demande de reconversion des autres usines
de la ville qui sont fermées, incluant l'usine
Laurentide. Il doit aussi garantir que Résolu cesse ses
activités antisociales qui la mettent ni plus ni moins au ban de
la société.
Le 2 septembre, PFR a
annoncé la fermeture de l'usine de papier Laurentide à
Shawinigan qui a finalement fermé ses portes le 13 octobre. Ce
sont 275 travailleurs qui perdent leur emploi. L'usine Laurentide
produisait annuellement 191 000 tonnes métriques de papier
d'impression commerciale. Elle ne produisait plus
qu'avec une seule machine depuis l'été 2012 lorsque
Résolu a fermé la deuxième machine encore en
fonction et mis à pied de façon permanente 111
travailleurs. La fermeture de l'usine Laurentide accentue encore la
destruction des emplois industriels à Shawinigan et plus
largement en Mauricie-Centre-du-Québec. Rien qu'à
Shawinigan, la ville a
connu la fermeture de l'usine Belgo en 2007 par AbitibiBowater
(aujourd'hui Produits forestiers Résolu) qui a causé la
perte de 550 emplois et la fermeture de l'usine de Rio Tinto qui sera
complétée à la fin de 2014 va éliminer 425
emplois. Pour tenter de justifier la fermeture de l'usine Laurentide,
PFR a invoqué le
redémarrage en 2012 avec subventions gouvernementales d'une
usine en Nouvelle-Écosse qui produit le même type de
papier, le coût élevé de la fibre ainsi que des
frais de transport et de carburant plus élevés.
Avec cette plus récente fermeture, PFR montre une
nouvelle fois qu'il s'est mis au
ban de la société et ne veut pas prendre quelque
responsabilité que ce soit envers les travailleurs et les
communautés où il opère. En fait, PFR est en mode
fermeture continuelle. La fermeture et la menace de fermeture font
partie
de son modus
operandi. En voici quelques exemples qui sont loin de dresser un
tableau complet des activités de Résolu.
- En se mettant sous la protection des lois de la
faillite en 2010, AbitibiBowater (aujourd'hui Résolu) en a
émergé en fermant des installations, vendant des barrages
qui sont supposés être partie intégrante de ses
activités de production, obtenant des concessions des
travailleurs actifs et soumettant les retraités à un
chantage honteux à l'effet de se
placer sous la Régie des rentes et perdre jusqu'à 30 % de
leurs pensions ou demeurer avec lui et risquer de perdre encore plus
s'il se remet une fois de plus sous cette protection.
- Le refus d'investir sans subventions gouvernementales.
La fermeture de l'usine Laurentide est liée au refus du monopole
de moderniser la production de la pâte à papier dans
l'usine qui emploie une technologie plus ancienne qui est très
énergivore. Les subventions gouvernementales ne signifient pas
cependant que les usines restent ouvertes.
L'usine Laurentide a fait l'objet d'aide gouvernementale en ce qui
concerne les coûts en électricité et les
coûts de l'approvisionnement en bois et elle ferme quand
même. Cela fait des années que les travailleurs et la
communauté de Shawinigan demandent à Résolu
d'investir dans d'autres produits que le papier commercial, mais
Résolu a refusé
parce que son but était de fermer, soit cette usine-ci ou une
autre.
- Une usine, une machine. Laurentide, Kénogami
et d'autres ont été réduites à une usine
une machine, ce qui fait entre autres choses que les coûts fixes
de l'usine sont mesurés à une production réduite
au minimum et l'usine est toujours au bord de la fermeture
- PFR joue à monter les usines, les
communautés et les
travailleurs les uns contre les autres sous la menace de fermer. En
2012, PFR a exigé des modifications de la convention collective
des travailleurs de l'usine Laurentide, des concessions multiples sous
menace de fermeture et de réouverture d'autres usines
fermées et il est même allé jusqu'à fermer
temporairement la seule machine encore en fonction jusqu'à ce
que les travailleurs acceptent les concessions. L'entreprise a
tenté d'obtenir du bois pour Laurentide provenant d'autres
usines et communautés sous menace de fermeture.
La liste des exemples pourrait remplir des pages.
La demande des travailleurs de ne pas permettre à
PFR de démanteler l'usine ou de la laisser à l'abandon ou
d'empêcher qu'elle soit cédée à d'autres qui
veulent la faire fonctionner est entièrement juste. Le
renouvellement de l'industrie forestière est plus pressant que
jamais.

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