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Numéro 132 - 20
octobre 2014
Colombie-Britannique
La
lutte pour augmenter les investissements en éducation se
poursuit sur trois fronts
L'éducation
est
un
droit! Augmentez l'investissement dans l'éducation
publique!
• La lutte pour augmenter les investissements
en éducation se poursuit sur trois fronts
• Les enseignants continuent de défendre
leurs droits et l'éducation publique - Dorothy-Jean
O'Donnell
Les élections
municipales du 15 novembre
• Élisons des candidats qui ont
défendu les droits et les services publics
• Réflexion sur les élections
municipales - K.C. Adams
L'éducation est un droit!
Augmentez l'investissement dans l'éducation publique!
La lutte pour augmenter les investissements
en éducation se poursuit sur trois fronts
La grève des enseignants de la
Colombie-Britannique, qui a pris fin en septembre par une entente
négociée, a mis de l'avant la demande d'augmenter les
investissements dans l'éducation publique. Les enseignants, les
commissions scolaires et les parents ont fait valoir sans relâche
que le financement provincial per capita des étudiants
était très
inférieur à la moyenne nationale et nettement
insuffisant. La fin de la grève des enseignants n'a pas
résolu le problème de la destruction
néolibérale de l'éducation publique.
Les commissions scolaires demandent au
gouvernement d'augmenter ses investissements
Dans les présentations qu'ils ont faites en
septembre devant le Comité spécial permanent sur les
finances et les services gouvernementaux, des commissaires de plusieurs
commissions scolaires ont soulevé la question du financement de
l'éducation publique. Dans sa présentation au nom de la
Commission scolaire de Vancouver, sa présidente Patti Bacchus a
mis en lumière divers faits liés au financement
provincial et à la situation propre à Vancouver, laquelle
est semblable à celle des autres commissions scolaires de la
province même s'il y a des différences de détails.
En
comparant les budgets alloués aux services de la Commission
scolaire de Vancouver (CSV) de la période antérieure
à 2002-2003 jusqu'à aujourd'hui, madame Bacchus en arrive
à la conclusion que le manque de fonds provenant de la province
se chiffre à 54,3 millions $.
Comme les commissions
scolaires sont obligées par la loi d'adopter des budgets
équilibrés, à chaque année depuis 2002-2003
la Commission scolaire de Vancouver et d'autres coupent des programmes
et mettent à pied des enseignants, des aides-enseignants et
d'autres travailleurs. La CSV a préparé un « budget
de rétablissement » qui établit
l'investissement que le gouvernement devrait faire pour ramener les
services à leur niveau de 2002-2003. Le budget de
rétablissement serait de 54,3 millions $, soit « 39,6
millions $ pour remplacer le personnel coupé, dont 520
enseignants débutants » et « 14,7 millions $ pour
compenser pour les coupures dans les approvisionnements et services -
en fournitures scolaires, en manuels, en technologie et en entretien
des immeubles. »
La CSV demande « un financement stable,
prévisible et adéquat permettant aux districts scolaires
d'assumer leur responsabilité et d'assurer un accès
continu et équitable à une éducation publique de
qualité », y compris un financement complet de toutes les
ententes négociées touchant aux salaires et aux avantages
sociaux, ainsi que d'autres
nécessités tels les achats de crédits
d'émission de carbone, le financement accru pour les
élèves ayant des besoins spéciaux, ainsi que le
financement pour l'entretien et l'amélioration des écoles
notamment pour l'adéquation sismique des bâtiments. La CSV
a fait valoir au Comité spécial que d'autres
recommandations, dont certaines traitaient des
mêmes questions, avaient été
présentées l'an dernier mais que le gouvernement ne leur
avait pas donné suite.
Élections scolaires
L'élection des conseillers municipaux et d'un
certain nombre de commissaires d'école aura lieu le 15 novembre.
Partout dans la province, parents et enseignants et tous ceux qui ont
l'éducation publique à coeur se mobilisent pour
élire des commissaires qui ont pris position dans leur travail
contre la destruction
par la province de l'éducation publique, pour l'augmentation des
investissements dans nos écoles et pour le droit des
commissaires élus d'accomplir leur travail à la
défense de l'éducation publique.
À la défense des droits des enseignants
en Cour d'appel
Le gouvernement de la Colombie-Britannique est en
allé en appel contre
les décisions de la Cour
suprême de la Colombie-Britannique qui avait décidé
que la Loi 28 de 2002 et la Loi 22 de 2002 étaient en violation
des droits des enseignants en vertu de la Charte. La Loi 28
avait biffé des clauses contenues dans la convention collective
convenue entre la Fédération des enseignants de la
Colombie-Britannique et l'Association des employeurs des écoles
publiques de la Colombie-Britannique, clauses qui établissaient
des balises pour la taille et la composition des classes et la Loi
avait déclaré que les questions touchant à
la taille et à la composition des classes n'étaient pas
négociables.
Le gouvernement provincial a refusé de se plier
à cette décision de la Cour et est allé en appel
dans le but de gagner du temps afin de continuer de mettre en oeuvre
son programme de coupures aux services publics et de privatisation.
Depuis 2002, les enseignants de la Colombie-Britannique
ont toujours maintenu leur revendication à l'effet d'augmenter
les investissements dans l'éducation publique. Le
problème des classes bondées, de l'appui insuffisant aux
élèves ayant des besoins spéciaux de même
que des pénuries de matériel et les autres
problèmes causés par le
sous-financement ont été mis sur la table avec la
grève des enseignants qui a mis de l'avant la demande du peuple
pour l'augmentation des investissements dans l'éducation
publique.

Les enseignants continuent de défendre
leurs droits et l'éducation publique
- Dorothy-Jean O'Donnell -
En 2011, la juge Susan Griffin de la Cour suprême
de Colombie-Britannique a décidé que lorsque le
gouvernement a retiré des centaines de clauses de la convention
collective des enseignants en 2002, il avait agi en violation de la
Charte des droits et libertés et que cette violation ne pouvait
être justifiée. Le gouvernement de la
Colombie-Britannique n'est pas allé en appel de cette
décision.
Le gouvernement avait un an pour agir
conformément à la décision de 2011. Plutôt
que de traiter des questions touchant aux conditions de travail,
à la taille et à la composition des classes, le
gouvernement a poussé les enseignants à la grève
pour imposer une nouvelle loi qui remettait en place les mêmes
dispositions que la juge Griffin avait
rejetées en 2011.
Plus tôt cette
année, la Cour suprême de la Colombie-Britannique s'est
à nouveau prononcée contre le gouvernement, jugeant que
la législation de 2012 contrevenait elle aussi aux droits des
enseignants en vertu de la Charte, à leur liberté
d'association et leur droit de négocier leurs conditions de
travail. La Cour a imposé une amende de 2
millions $ au gouvernement, l'équivalent de 66 $ par enseignant.
Le gouvernement de la Colombie-Britannique a refusé d'accepter
la décision de la Cour et s'est adressée à la Cour
d'appel du 14 au 16 octobre.
Depuis douze ans, les enseignants de la
Colombie-Britannique mènent une lutte déterminée
à la défense de l'éducation publique, pour leurs
droits et à la défense de leurs conditions de travail,
qui sont aussi les conditions d'apprentissage des étudiants.
Plus récemment, ils ont passé des mois sur les lignes de
piquetage et ont rallié de grandes
sections du mouvement syndical et du public à leur cause tout en
défendant les gains obtenus devant les tribunaux.
Le gouvernement a depuis longtemps laissé
entendre que s'il n'obtient pas gain de cause devant la Cour d'appel,
il s'adressera à la Cour suprême du Canada. Les
enseignants, pour leur part, s'attendent à ce que la Cour
d'appel de la Colombie-Britannique respecte la loi et qu'elle
maintienne la décision de la juge Griffin. Si par contre la Cour
d'appel en décide autrement, les enseignants s'adresseront eux
aussi à la Cour suprême du Canada. Ainsi, cela pourrait
prendre un an ou deux avant qu'on ait une décision finale sur
cette question, et cela, si la Cour suprême du Canada accepte
d'entendre la cause.
L'entente qui a mis fin à la grève
récente des enseignants contient une procédure permettant
de tenir compte de la contestation légale en vertu de la Charte.
Si la décision de la Cour remet en place les clauses de la
convention collective de 2002, en tout ou en partie, les parties
doivent rouvrir la convention collective sur cette question et
négocier avec comme point de départ les clauses
redressées.
La convention collective de 2014 contient des
dispositions allouant un temps de préparation de cours
supplémentaire pour les enseignants du primaire, la mise sur
pied d'un comité conjoint pour examiner le temps de
préparation des enseignants du secondaire et aux adultes, ainsi
qu'un fonds de 105 millions $ pour examiner les griefs en
souffrance déposées à la lumière de la
décision Griffin.
On peut difficilement imaginer que la Cour d'appel de la
Colombie-Britannique refuserait de reconnaître que la
législation de 2002 a été rejetée sur la
base qu'elle constitue une violation de la Charte et que le
gouvernement n'a pas fait appel de cette décision. Dans son
mémoire d'appel, le gouvernement fait toutes sortes de
contorsions pour
tenter d'obscurcir ce simple fait, tout en tentant d'invalider
certaines conclusions du juge de première instance, dont celle
à l'effet que le gouvernement avait provoqué la
grève des enseignants en 2012.
Les enseignants, de leur côté, ont
répondu à chacun des points mis de l'avant par le
gouvernement et ont fait circuler le mémoire parmi leurs membres
par le biais de leur site web.
Une deuxième question qui se retrouve devant la
Cour d'appel est celle à savoir si la Fédération
des enseignants de la Colombie-Britannique (FECB) peut fournir à
ses membres son plaidoyer écrit tel que présenté
au tribunal présidé par la juge Griffin. Celle-ci avait
décidé que la Fédération pouvait distribuer
à ses membres son plaidoyer et ses
documents en question, mais sa décision a été
suspendue jusqu'à ce que la Cour d'appel ait entendu la cause.
La FECB a plaidé qu'en tant qu'organisation
démocratique elle avait la responsabilité d'informer ses
membres des positions qu'elle défendait en leur nom. Le
gouvernement a invoqué que « le privilège du
Cabinet » s'applique à ces plaidoyers et documents, ce qui
veut dire que le gouvernement peut dissimuler les preuves de ses
propres méfaits.
La Cour d'appel devra peser cette question en même temps qu'elle
décidera de l'appel en soi.
Les enseignants de la Colombie-Britannique et leurs
alliés ont beaucoup appris de cette récente grève
et de leur lutte longue d'une décennie. Une des leçons
tirées est l'importance de garder l'initiative dans leurs
propres mains, et de continuer d'affirmer que leurs droits en tant
qu'enseignants et êtres humains sont inviolables et qu'ils
résisteront
contre toute violation de ces droits. Les enseignants exigent aussi
davantage d'investissements gouvernementaux en éducation
publique comme point fondamental dans l'édification d'une
société moderne. Les enseignants affirment qu'ils vont
poursuivre leur lutte peu importe les circonstances. Par leur
engagement et la justesse de leur cause ils
continuent de se mériter un appui très vaste parmi le
peuple.

¨
Les élections municipales du 15
novembre
Élisons des candidats qui ont défendu
les droits et les services publics
Élisons
des
candidats au poste des gouvernements locaux et
régionaux qui ont défendu en pratique les
intérêts publics et résisté au programme
néolibéral, antisocial des gouvernements
fédéral et provincial et des monopoles.
Le samedi 15 novembre, les électeurs de la
Colombie-Britannique éliront environ 1660 représentants
aux 250 organismes provinciaux et locaux dans la province: 162
municipalités, 60 commissions scolaires, la fiducie des Islands,
les commissaires de communautés locales et les commissaires des
sociétés des parcs.
Tout citoyen résident et propriétaire de
biens, même s'il n'est pas un résident, âgé
de plus de 18 ans, peut voter aux élections municipales en
Colombie-Britannique. Le nombre de membres des conseils varie de 5
à 10, selon la taille de la population. Les candidats peuvent
commencer leur campagne quand ils le veulent. La période de mise
en
candidature a débuté le 30 septembre et s'est
terminée le 10 octobre et le vote par anticipation aura lieu le
5 novembre.
Les municipalités
sont créées par l'assemblée législative de
la Colombie-Britannique. Le gouvernement provincial a le pouvoir de
dissoudre, de créer ou de fusionner des municipalités.
Les municipalités et les conseils scolaires sont mandatés
par la province à ne pas s'endetter sinon ils risquent
d'être mis sous tutelle par le gouvernement. Le
gouvernement libéral provincial a même créé
une municipalité sans habitants, la municipalité de Jumbo
Glacier Resort, afin de servir les intérêts privés
étroits des investisseurs. Le gouvernement a créé
la municipalité malgré l'opposition publique des
habitants qui vivent véritablement dans la région, la
nation Sinixt et la première nation de Lower
Kootenay.
Comme partout au Canada, cette année, les
élections municipales prennent une importance accrue en raison
de la pression faites sur les municipalités pour privatiser les
services publics, priver le public de services dont il a besoin et
attaquer les salaires, les avantages sociaux et les pensions des
travailleurs du secteur public.
En Colombie-Britannique, le manque de financement
fédéral depuis 1993 pour le logement a
entraîné une grave pénurie de logements en
particulier dans le Vancouver métropolitain et à
Victoria. À Vancouver, le nombre de sans-abris est le plus
élevé de son histoire.
En plus de détruire l'autorité publique et
le contrôle de la prise de décision en ce qui a trait aux
services et au niveau de vie de la population, l'assaut contre les
services publics est directement lié à la pression pour
accroître le financement des grands projets d'infrastructure par
les deux niveaux, provincial et municipal. Les exemples sont les
2,5 milliards $ pour le pont Port Mann construit par le monopole
américain Flatiron, le nouveau système de métro
aérien à Port Moody contrôlé par Bombardier
et de nombreuses autres propositions pour payer les riches. Les
intérêts privés sont politisés et les
intérêts publics dépolitisés.
Les électeurs municipaux urbains font face
à de multiples problèmes dont une crise du transport, un
coût de la vie extrêmement élevé, une
pénurie de logements et leurs coûts élevés,
et une densification de style Manhattan non seulement du centre-ville
de Vancouver, mais de nombreux quartiers de la ville.
La dégradation du système
d'éducation public, de la maternelle à la fin du
secondaire, soulignée par la récente grève des
enseignants en Colombie-Britannique à la défense de
l'éducation publique, est un grand défi pour les conseils
scolaires élus. Ainsi, c'est important de rechercher et
d'élire des conseillers et commissaires scolaires qui ont
publiquement combattu pour accroître les investissements dans les
programmes sociaux et ont vigoureusement résisté au
programme néolibéral.
Au lieu de s'attaquer
à ces problèmes et de prendre une position de principe
contre le programme néolibéral, une grande part de la
propagande électorale des candidats se centre sur des
énoncés de politique vides de contenu ou des programmes
préfabriqués qui ne représentent pas les demandes
du peuple. Le résultat est qu'en
Colombie-Britannique le taux de participation des électeurs aux
élections municipales en 2011 a été de 29,5 %
à l'échelle de la province, selon les calculs de
CivicInfor BC. Le plus haut taux de participation a été
à Bowen Island, soit 83,77 % des 2292 électeurs
admissibles et le taux le plus bas a été dans la ville de
Langford, soit 13,98 % des 20
219 électeurs admissibles.
Depuis 1988, le vote n'a jamais atteint le seuil de 50 %
des électeurs admissibles, En fait, de 1988 à 2010, le
taux de participation a oscillé entre un peu plus de 40 % et un
peu moins de 45 %. Seulement 30 municipalités ont un taux de
participation supérieur à 50 % alors que la
majorité d'entre elles ont moins de 1000 électeurs.
BC Worker appelle tout le monde à faire
une différence cette année. Les candidats qui ont
défendu les intérêts du peuple et se sont
opposés à l'ordre du jour néolibéral
doivent être appuyés et élus aux conseils. Ceux qui
ont appuyé fermement la grève des enseignants et
exigé des investissements provinciaux accrus en éducation
publique devraient être élus comme commissaires scolaires.
L'Opposition ouvrière apprécie hautement les candidats
qui ont appelé publiquement et ont été actifs
à mener la lutte pour une nouvelle direction de
l'économie centrée sur l'être humain.
Bien que sous la coupe du gouvernement provincial, les
municipalités sont responsables de fournir de nombreux services
publics essentiels nécessaires au bon fonctionnement d'une
société moderne. Cela inclut l'aménagement et le
développement du territoire, les commissions scolaires locales,
les transports publics, la gestion des parcs, le
traitement des eaux usées et de l'eau potable, la collecte des
ordures, les logements sociaux, ainsi que les services policiers et le
service des incendies, pour n'en nommer que quelques-uns. Dans les
grandes villes comme Vancouver, Surrey, Victoria et ailleurs, la
municipalité peut aussi avoir son mot à dire sur la
façon dont les ports contrôlés par le
gouvernement fédéral sont développés. Par
exemple, Burnaby est à la tête d'une forte
résistance contre l'expansion de l'oléoduc de Kinder
Morgan au terminal maritime de Westridge, à Burrard Inlet.
Selon les représentants de l'oligarchie
financière, les services publics et des conditions de travail
appropriées pour les travailleurs du secteur public qui les
fournissent sont un « luxe » qui n'a rien à voir
avec
les droits. Ils disent qu'il faut vendre « tout ce qui n'est pas
coulé dans le ciment ». Ils soutiennent qu'il faut vendre
les biens publics et
donner en sous-traitance le maximum de services publics. Ce programme
qui sert les intérêts privés, sape
l'autorité publique et attaque le niveau de vie des
travailleurs,
a causé de graves dommages dans de nombreuses
municipalités au cours des dernières années et
plusieurs services publics sont en train d'être
privatisés, réduits ou carrément
éliminés.
Les élections municipales de cette année
arrivent aussi à un moment où un autre odieux accord de
libre-échange néolibéral est imposé aux
Canadiens, l'Accord économique et commercial global (AECG) entre
l'Union européenne et le Canada. Avec cet accord, toutes sortes
de services municipaux publics seront la proie des monopoles
européens
et l'accord sapera l'autorité publique des municipalités.
BC Worker appelle les travailleurs de la
province à discuter activement des élections, de leur
signification et de leur rôle dans notre vie collective.
Ensemble,
aux endroits de travail, dans les quartiers et ailleurs, recherchons
des candidats qui ont publiquement combattu pour les
intérêts du peuple contre ceux qui concilient avec le
néolibéralisme et sa politique de payer les riches et
attaquer les droits.

Réflexion sur les élections municipales
- K.C. Adams -
Les postes élus au sein des municipalités
de la Colombie-Britannique sont la création du gouvernement
provincial sous l'autorité du Local Government Act. La
Loi divise la province en 162 municipalités, 28 districts
régionaux, 60 districts scolaires, les Îles en
fidéicommis, les commissaires aux communautés et les
commissaires aux
conseils des parcs. La Loi autorise que chaque zone géographique
ait un maire, des conseillers, des directeurs généraux de
district, des conseillers scolaires ainsi que des administrateurs des
Îles en fidéicommis. D'autres, tel la ville de Vancouver,
ont aussi des commissaires aux parcs.
Ces postes sont des moyens de subsistance politiques
payés avec le trésor public, soit des fonds provinciaux
ou des fonds recueillis localement. Les activités de ces
quelque 1660 postes politiques varient d'un endroit à l'autre
mais se cantonnent généralement à l'utilisation
des terrains et leur développement ainsi que les
opérations locales (pas
le financement) du système public d'éducation.
Le gouvernement de la Colombie-Britannique a
récemment prolongé le terme de ces postes politiques de
trois à quatre ans. Les candidats sélectionnés
doivent participer à une élection le 15 novembre 2014
pour un mandat prenant fin en octobre 2018.
Ces élections créent une classe politique
de plus de 1660 personnes dont les performances à servir les
détenteurs de capital peuvent les propulser vers des postes plus
lucratifs et avec plus de pouvoir au sein de la classe politique en
tant que consultants, conseillers, personnalités des
médias ou députés de la législature
provinciale et au parlement
fédéral. Un exemple est l'ancien premier ministre de la
Colombie-Britannique Gordon Cambell, qui était conseiller puis
maire de Vancouver avant d'assumer le poste de premier ministre. Un
autre est Larry Cambell, qui après trois ans en tant que maire
de Vancouver a reçu un poste au Sénat canadien. Les
médias monopolisés font largement la
promotion de la mairesse de Surrey Diane Watts, qui ne se
représente pas, en tant que candidate pour la prochaine
élection fédérale dans South Surrey-White
Rock-Cloverdale, pour prendre la place du député Russ
Hiebert qui ne sera pas candidat.
La situation est très différente pour les
conseillers municipaux qui défendent l'intérêt
public et luttent pour un ordre du jour prosocial. Ils doivent se
tourner vers l'Opposition ouvrière et ses médias pour que
leurs points de vue soient entendus largement et de manière
constante, ainsi que pour poursuivre leur vie politique à la
défense du peuple
au-delà des restrictions de la politique municipale.
Pour postuler à une nomination politique dans les
municipalités, le candidat doit être résident de la
Colombie-Britannique, citoyen du Canada et âgé de 18 ans
et plus, et se présenter à l'élection au poste
désiré. Ceux qui peuvent voter pour le candidat sont soit
des électeurs propriétaires non-résidents, soit
des électeurs résidents de la
municipalité. Les électeurs propriétaires
non-résidents peuvent voter pour chaque poste dans toutes les
182 zones géographiques en autant qu'ils détiennent une
propriété dans chaque région.
Pour obtenir un poste par l'élection dans les
zones plus peuplées, le candidat doit dans les conditions
actuelles être appuyé par une organisation officiellement
reconnue par la classe politique et les médias
monopolisés. Par exemple, 10 personnes sont candidats pour le
poste de maire de la ville de Vancouver.
Deux d'entre elles sont appuyées par une
organisation officiellement reconnue par la classe politique et les
médias monopolisés. Une est le maire actuel,
propriétaire de capital et ancien PDG d'une compagnie de jus et
représentant d'une coalition reconnue officiellement par la
classe politique. L'autre est un membre de longue date de la classe
politique principalement en tant que rédacteur en chef du Vancouver
Sun et membre de la direction d'autres médias de masse. Il
est chef de Non-Partisan Association, une organisation municipale
reconnue officiellement par la classe politique.
Les deux principaux candidats au poste de maire de
Vancouver, comme les médias de masse les définissent, ont
été exhibés dans la presse, devant les
caméras et lors de réunions communes depuis les deux
derniers mois. Ils se chamaillent en public principalement pour savoir
qui est le mieux qualifié pour le poste. Les médias de
masse
regorgent de publicités payées et non-payées pour
les deux candidats mettant en évidence leurs CV et le rejet des
qualifications de l'autre.
Lors de la dernière élection au poste de
maire de Vancouver, les deux candidats officiellement reconnus ont
dépensé environ 6 millions $ pour faire campagne, ce qui
équivaut à environ 12,50 $ par Vancouvérois
éligible à voter. La plupart des résidents ont
habituellement l'impression que seuls deux, ou trois pour
l'élection 2014, sont candidats
au poste de maire de Vancouver. Une situation similaire de candidats
officiellement reconnus est le cas partout en Colombie-Britannique,
particulièrement dans les municipalités plus populeuses.
Incohérence et déséquilibre
Ces élections pour décider qui parmi la
classe politique occupera ces postes sont des affaires
organisées dans lesquelles la classe ouvrière ne joue pas
de rôle pour son propre compte, seulement en tant que partisane
de tel ou tel candidat officiel de la classe politique. Les
travailleurs devraient penser
sérieusement à comment la question des élections
municipales se pose en soi. La question est plus profonde que le droit
de choisir entre deux candidats ou plus de la classe politique. Les
travailleurs devraient même questionner pourquoi le
système actuel a des gouvernements municipaux. Quel rôle
jouent-ils à traiter avec les problèmes confrontés
par les gens et leur société ? Simplement déclarer
que le système est démocratique parce qu'il existe et que
les gens votent pour différents membres de la classe politique
est effectivement superficiel.
L'Opposition ouvrière conteste qu'une classe
politique soit imposée à la classe ouvrière pour
l'empêcher de résoudre les problèmes. Les
problèmes que les Vancouvérois confrontent et leurs
solutions ne se trouvent pas dans les programmes et les objectifs
politiques de la classe politique. Les préoccupations de la
classe politique sont en premier
lieu d'avoir une carrière en politique, ce qui demande de plaire
à ceux qui peuvent financer et promouvoir leur candidature
pour entrer en politique.
La classe politique est un énorme obstacle
à résoudre les problèmes et activer la classe
ouvrière à voir a ses affaires ainsi que défendre
les droits de tous et les intérêts généraux
de la société. Une vérité que la classe
ouvrière peut apprendre des élections aux niveaux
municipal, provincial et fédéral est qu'une classe
politique et des médias de
masse ont été soigneusement entretenus en tant que
dictature systémique pour empêcher la classe
ouvrière de résoudre les problèmes, de s'habiliter
du pouvoir et devenir les décideurs sur leur travail, leur vie
et la société.
Une démocratie moderne signifie l'habilitation
des producteurs, la classe ouvrière, à gouverner ses
propres affaires. Cela signifie que ceux qui font le travail dans
l'économie et la société, ceux qui produisent la
richesse et fournissent les services dont dépend la
société sont ceux qui décident quels
problèmes doivent être résolus et les solutions
à
ces problèmes. Ils décident comment ces solutions peuvent
être appliquées. Ils ont l'autorité politique et
les ressources nécessaires pour faire le travail et surtout ils
acceptent la responsabilité sociale de résoudre les
problèmes et faire avancer la société.
Comment les travailleurs s'organisent pour faire le
travail, identifier les problèmes et leurs solutions est leur
affaire. Évidemment, l'organisation du travail et l'habilitation
du pouvoir de ceux qui font le travail ne peut être la même
chose que ce qui existe dans la situation actuelle, cette situation qui
a créé une classe politique au-dessus et en
dehors des gens et de leur travail. La dictature systémique
actuelle est incohérente et génère un
déséquilibre constant, tandis que l'autorité est
en contradiction avec les conditions des producteurs.
Un système
alternatif centré sur l'être humain, qui harmonise
l'autorité avec les conditions contemporaines et les
producteurs, doit être le fruit de l'imagination de ceux qui font
le travail. Il ne peut pas être une émanation du
système incohérent actuel, qui est basé sur
quelque chose inventé il y a plusieurs siècles par
certains détenteurs de
propriété qui ne faisaient pas le travail, mais voulaient
un système qui réglaient les différends dans leurs
propres rangs et dictait comment les travailleurs devaient faire ce que
les détenteurs de capital décidaient ce qui devait
être fait.
Appeler les élections une comédie n'est
pas suffisant. L'Opposition ouvrière a la responsabilité
sociale de penser plus profondément à comment les
problèmes de gouvernance et d'habilitation se posent. La classe
politique et les médias de masse se sont retranchés et
bloquent les gens de devenir politique et s'habiliter eux-mêmes
pour prendre le
contrôle des affaires politiques et économiques
d'où ils travaillent et vivent.
Une question pour la classe ouvrière est de
renverser dans sa pensée la notion centrée sur le capital
que la politique est géographique. La notion centrée sur
l'humain est que la politique est l'expression concentrée de
l'économie. Par conséquent, la politique doit être
centrée où les gens travaillent et font face à des
problèmes dans la production
et la distribution de la richesse matérielle qu'ils produisent
et les services qu'ils fournissent ainsi que dans leurs relations entre
eux.
La notion centrée sur le capital que la politique
est géographique vise à aliéner les producteurs du
pouvoir politique et du contrôle sur leur endroit de travail et
ses interconnexions avec d'autres endroits de travail ainsi que tous
les problèmes connexes. La politique municipale, provinciale et
fédérale est géographique. Cela signifie une
classe
politique séparée de, et en contradiction, avec la base
économique créée pour contrôler les affaires
politiques du peuple et empêcher la classe ouvrière de
participer à la politique d'une manière centrée
sur l'humain. Pour participer dans la politique d'une manière
centrée sur l'humain, la classe ouvrière doit s'organiser
avec son propre but et ordre du
jour en opposition à la politique centrée sur le capital.
La politique géographique est menée en
l'absence d'une Opposition ouvrière organisée, puissante
et efficace. La classe ouvrière est chargée de la
responsabilité de développer ses rangs afin de, pour et
par elle-même, devenir une force politique organisée
active sur tous les fronts, qui inscrit sur sa bannière la
défense des droits de tous et la
nécessité d'ouvrir une voie vers une alternative
centrée sur l'humain basée sur le travail qui en essence
est la production et la reproduction de la vie.

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