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Numéro 130 - 16
octobre 2014
L'annonce de 1000 nouveaux emplois
chez Ford à Oakville
Tout n'est pas ce qui semble être
L'annonce
de
1000
nouveaux emplois chez Ford à Oakville
• Tout n'est pas ce qui semble être
• Fonds publics et concessions ouvrières
pour la Compagnie Ford Motor - K.C. Adams
La
nécessité de garantir le droit à la
sécurité à la retraite
• Deuxième sommet national sur la
réforme des pensions
• Les travailleurs retraités et leurs
alliés tiennent une ligne de piquetage au Sommet sur les
pensions
L'annonce de 1000 nouveaux emplois chez
Ford à Oakville
Tout n'est pas ce qui semble être
L'élite au pouvoir refuse de dire la
vérité. Elle brouille les cartes sur toutes les questions
pour faire croire au peuple qu'une nouvelle direction centrée
sur l'être humain de l'économie n'est ni possible ni
nécessaire.
Prenons comme exemple cette annonce des 1000 nouveaux
emplois qui sont créés chez Ford à Oakville et
toute l'excitation que cela suscite. Début octobre, Ford a
annoncé l'embauche prochaine de 1000 travailleurs à son
usine d'assemblage à Oakville en banlieue de Toronto pour
l'assemblage du nouveau modèle Ford Edge. L'annonce
survient environ un an après que Ford ait annoncé un
investissement de 700 millions $ pour moderniser l'usine d'Oakville. De
ce montant, 142 millions $ proviennent des gouvernements
fédéral et provincial.
Enfin, un revirement de situation. On aura besoin de
plus d'acier et peut-être même que les opérations
vont se poursuivre un bout de temps à l'aciérie Stelco.
En tout cas, ça n'est pas défendu d'espérer.
La première ministre de l'Ontario Kathleen Wynne
a dit que ces 1000 nouveaux emplois sont le « résultat
direct » des 142 millions $ en fonds publics qui ont
été donnés aux investisseurs de Ford. « Nous
travaillons en partenariat avec les entreprises pour les aider à
faire les investissements qui vont leur permettre d'affronter la
concurrence »,
a-t-elle dit. L'annonce par Ford des 1000 nouveaux emplois est la
preuve que le « modèle confrontationnel » de
relations de travail ne fonctionne plus, a-t-elle ajouté. Au
lieu de cela, lorsque tous se voient comme des partenaires, nous
bénéficions d'un « avantage stratégique
».
Le problème, c'est
que ces paroles ronflantes n'ont rien à voir avec la
réalité. Wynne et Ford essaient de nous faire prendre des
vessies pour des lanternes. Cela fait longtemps que la classe
ouvrière n'a pas vécu un « avantage
stratégique ». Les employeurs et le gouvernement ont
pratiqué très activement un « modèle
confrontationnel » et ont
réussi à faire retomber le poids de la crise
économique sur le dos de la classe ouvrière et des
membres les plus vulnérables de la société. Les
riches s'enrichissent et les pauvres s'appauvrissent.
L'annonce de Ford elle-même est un exemple de
« modèle confrontationnel ». Ford fait de la
sous-traitance à l'interne avec deux usines de pièces qui
emploient 525 travailleurs. Ces usines qui sont la
propriété de Automodular Corporation vont fermer le 23
décembre 2014 alors que le travail va se déplacer vers
l'usine de Ford. Si on soustrait
les 525 emplois perdus des 1000 emplois promis, il reste donc 475
nouveaux emplois. Pourquoi Wynne et les investisseurs de Ford n'ont-ils
pas dit d'entrée de jeu que c'était 475 nouveaux emplois
comme il siérait à des gens honnêtes. Est-ce que ce
serait parce que 142 millions $ en fonds publics pour attirer les
investisseurs privés, cela paraît
moins bien avec 475 nouveaux emplois qu'avec 1000 ?
Le problème cependant de cet enthousiasme pour ce
partenariat tripartite à l'encontre du « modèle
confrontationnel » va plus loin que la fabrication de chiffres.
Le « modèle confrontationnel » et l'humiliation se
portent bien malgré les paroles de Wynne. Les investisseurs de
Ford refusent de transférer les 525 travailleurs de Automodular
Corporation à l'usine de Ford avec la production que ces
travailleurs ont fait jusque-là. Les investisseurs de Ford sont
tout sauf amicaux. Jusqu'à maintenant, ils n'ont permis
qu'à 50 de ces 525 travailleurs d'aller travailler chez Ford
même si plusieurs d'entre eux sont eux-mêmes d'anciens
travailleurs mis à pied pendant les six dernières
années.
Environ 475 travailleurs se retrouvent sans emploi ou sans perspective
d'emploi tandis que les factures s'empilent et que d'autres
problèmes leur tombent dessus. Pendant ce temps, cet argent
public va vers les poches privées privilégiées
pour permettre cette activité antihumaine.
Mais soyons francs. C'est bien cela l'accord
confrontationnel que les Canadiens sont forcés d'accepter. Nous
devons attirer quelques riches investisseurs avec 142 millions $ en
fonds publics pour qu'ils investissent dans une usine où les
travailleurs canadiens vont leur faire faire des millions.
L'humiliation ne s'arrête pas là. Ces travailleurs
canadiens qui vont produire la valeur dont les investisseurs vont
s'emparer sous la forme de profits doivent accepter des concessions sur
leur niveau de vie et travailler à 20 $ de l'heure et arriver
à l'échelon salarial le plus élevé
seulement après 10 ans.
Plus encore, ils doivent abandonner leur régime
de retraite à prestations déterminées et des
avantages sociaux pour que cette poignée de riches que nous
avons attirés avec des fonds publics puissent toucher le taux de
profit qu'ils réclament. Et ce n'est pas tout, les attaques
à notre dignité ne s'arrêtent pas là. Il y a
525 emplois qui ne sont pas
nouveaux du tout, mais bien des emplois qui existent déjà
à deux usines d'Oakville qui vont fermer. Seulement 50 de ces
travailleurs vont pouvoir travailler à l‘usine de Ford et cela
selon une décision qui a été prise par une firme
de consultants américaine qui a jugé les autres
travailleurs inaptes au travail industriel même si cela fait des
années
qu'ils font ce travail.
Vivement alors une nouvelle direction de
l'économie centrée sur l'être humain et une
politique prosociale nouvelle dirigée par la pensée et la
vision indépendantes de la classe ouvrière !

Fonds publics et concessions ouvrières
pour la Compagnie Ford Motor
- K.C. Adams -
La Compagnie Ford Motor a annoncé un
investissement de 700 millions $ dans la production à son
complexe d'Oakville en Ontario. Les gouvernements fédéral
et ontarien vont fournir 142 millions $ de l'investissement total, soit
plus de 20 %. La part de l'Ontario sera de 70,9 millions $ et celle du
gouvernement fédéral de 71,6 millions $.
Selon Ford, cet investissement qui va aller à la
construction d'une plateforme unique pour la génération
prochaine des véhicules Ford Edge, va sécuriser les 2800
emplois qui existent présentement à l'usine d'Oakville et
en créer 1000 de plus. Des représentants de la compagnie
ont dit qu'un grand nombre de ces emplois ne seront pas
réellement nouveaux, mais le produit de la sous-traitance
à l'interne de production de pièces qui sont maintenant
faites à l'usine d'Oakville par une entreprise
séparée, la Automodular Corporation. Bien que
l'investissement soit substantiel, il sera consacré
principalement à la valeur fixe transférée
déjà produite comme les robots et d'autres moyens de
production qui ne requièrent que peu de travailleurs de la
production.
Le premier ministre de l'Ontario Kathleen Wynne a dit
que l'annonce de Ford est le « résultat direct » du
versement de fonds publics que son gouvernement a fait. Elle a dit:
« Cela renforce notre stratégie, qui est
à multiples facettes, mais une partie du succès provient
de ce que nous travaillons en partenariat avec les entreprises pour les
aider à faire les investissements qui vont leur permettre
d'affronter la concurrence. »
La plupart des commentateurs ont noté que ce ne
sont pas uniquement les fonds publics qui ont convaincu Ford d'investir
mais également les concessions que les 3 grands fabricants de
Détroit ont réussi à faire accepter aux
travailleurs sous la pression lors des dernières
négociations. Les travailleurs de l'automobile ont
accepté non seulement
des salaires et des avantages sociaux inférieurs à deux
paliers, mais une échelle de salaire où l'échelon
le plus élevé est atteint en 10 ans plutôt qu'en 6.
Ils ont accepté un régime de retraite qui est un hybride
entre un régime à prestations déterminées
et un régime à cotisations déterminées. Ces
concessions surviennent dans le contexte de la retraite
globale de la révolution qui frappe le mouvement ouvrier et du
programme de bas salaires des gouvernements fédéral, du
Québec et des provinces.
Les fonds publics destinés aux investisseurs
privés et les concessions ouvrières sont un
phénomène mondial du capitalisme contemporain. Ces deux
facteurs sont à l'oeuvre dans presque toutes les nations au sein
du système impérialiste mondial d'États. Ils ne
peuvent pas expliquer à eux seuls pourquoi l'argent privé
qui soutient Ford ou tout
autre monopole va être investi ici plutôt que là.
Dire comme le fait Wynne ou d'autres comme elle que les investissements
sont le « résultat direct » des fonds publics
versés par les gouvernements ou des concessions faites par les
travailleurs est un non-sens. Les monopoles investissent ici ou
là selon ce que leur dictent leurs intérêts
privés étroits et
cela met en jeu un vaste ensemble de facteurs. Ces facteurs, tels
l'infrastructure, la présence ou non de travailleurs
éduqués ou de ressources, la pression que le
chômage exerce sur les travailleurs, l'influence et le
contrôle des investisseurs sur le gouvernement, la collusion et
la concurrence internationale entre les monopoles et leur
contrôle sur le
commerce international, la localité, les facilités de
transport, etc. seront discutés dans un article
séparé.
Le versement de fonds publics et les concessions
ouvrières sont chose normale dans ce qu'on pourrait appeler le
contexte du capitalisme monopoliste d'État et de la retraite de
la révolution. De puissants intérêts monopolistes
privés contrôlent l'État et ils en font usage non
seulement pour s'approprier les fonds publics mais également
pour
attaquer les droits des travailleurs. Les investisseurs demandent la
protection de leur capital investi et des assurances qui vont
croître rapidement pendant que les travailleurs produisent la
valeur. Si les gouvernements ne versaient pas de fonds publics dans les
investissements privés, des investissements privés comme
ceux de Ford dans la valeur fixe
transférée (machines, installations, etc.) ne seraient
pas profitables. Le rendement sur l'investissement y est si maigre,
quand il existe, que ces investissements ne satisferaient jamais
l'attente d'un investisseur pour un haut taux de rendement
réalisé dans un court laps de temps.
Le système capitaliste monopoliste d'État
est la dernière étape de la période de transition
entre la petite production féodale clairsemée et la
production industrielle de masse socialisée. Le système
capitaliste transitoire ne peut plus servir les demandes des
propriétaires privés des composantes de l'économie
sans l'aide des fonds et de
l'infrastructure publics, sans les concessions organisées de la
classe ouvrière et sans la répression d'État de la
résistance de la classe ouvrière luttant pour
défendre ses droits.
L'économie socialisée est en
rébellion ouverte contre son régime de
propriété privée des composantes de
l'économie en concurrence les unes avec les autres; il faut
transformer radicalement les rapports de production afin que les vrais
producteurs, la classe ouvrière, prennent possession de
l'économie et la contrôlent. Le mouvement ouvrier ne
doit pas se laisser prendre à discuter si oui ou non les fonds
publics pour des investissements privés et les concessions
ouvrières sont nécessaires pour sécuriser les
emplois. Ces pratiques sont non seulement mauvaises moralement mais
nuisibles à l'économie. L'utilisation de fonds publics au
profit d'intérêts privés est une utilisation
corrompue du
pouvoir d'État au détriment du droit et de
l'intérêt public. Ces deux pratiques nuisent à
l'économie et sont des facteurs des crises économiques et
de la pression à la baisse sur le niveau de vie du peuple. Elles
détournent l'argent des mains du peuple et des autres secteurs
de l'économie, menant au développement inégal et
au fossé toujours plus
grand entre les riches et les pauvres. Elles obscurcissent la
réalité économique à l'effet que la
production moderne a besoin de l'entreprise publique et non de
l'entreprise privée dans les secteurs fondamentaux; elles
empêchent le peuple de reconnaître et d'accepter une
formule moderne des prix de production qui est établie
consciemment et
scientifiquement et contient un taux de profit qui n'est pas
gouverné par la cupidité mais par le niveau de
productivité et le bien public.
L'utilisation de fonds publics pour les
intérêts privés et les concessions ouvrières
n'ont pas comme but de créer ou non des emplois. Elles sont le
fruit de la crise du capitalisme à son stade ultime pendant
lequel l'élite dirigeante utilise le pouvoir de sa richesse
économique et de l'État pour priver la classe
ouvrière de ses droits et prolonger le
système capitaliste moribond au moyen de la corruption
systémique. Les travailleurs doivent reconnaître le
système capitaliste monopoliste d'État auquel ils font
face pour ce qu'il est réellement, c'est-à-dire un
pouvoir de priver les travailleurs de leurs droits et de prolonger un
système qui est mûr pour laisser la place au nouveau.
Le mouvement ouvrier doit se défendre et
défendre ses droits dans les conditions du système
capitaliste monopoliste d'État et se préparer à
donner une nouvelle direction centrée sur l'humain à
l'économie socialisée, en opposition au système
actuel qui est contrôlé par des intérêts
privés rivaux. La classe ouvrière se doit d'avoir sa
propre pensée
indépendante centrée sur l'être humain et son
propre ordre du jour de défense des droits des travailleurs et
de lutte pour le nouveau. Le mouvement indépendant de la classe
ouvrière doit gagner de la force politiquement en privant les
détenteurs du capital monopoliste de leur capacité
à utiliser leur richesse économique et l'État pour
priver les
travailleurs de leurs droits et bloquer la transition vers de nouveaux
rapports de production.

La nécessité de garantir le
droit à la sécurité à la retraite
Deuxième sommet national
sur la réforme des pensions
Le Deuxième sommet national sur la réforme
des pensions a eu lieu à Toronto du 8 au 9 octobre 2014. Le
Sommet national sur la réforme des pensions est une initiative
du Forum des politiques publiques (FPP) fondé en 1987. Le FPP se
décrit comme étant une « organisation sans but
lucratif indépendante » oeuvrant à une meilleure
gouvernance au Canada en rapprochant gouvernement, secteur
privé, syndicats et organisations sans but lucratif dans le but
de discuter diverses questions d'ordre de politique publique.»
Selon l'information obtenue sur son site web, les membres du FPP sont
d'avis « qu'un secteur public efficace et performant est
important pour la compétitivité du
Canada à l'étranger et pour la qualité de vie au
pays.» Les pensions sont l'un des principaux sujets qui sont
discutés par cette organisation et ses membres.
Le Premier sommet national sur la réforme des
pensions a eu lieu les 19 et 20 février 2013 à
Frédéricton, au Nouveau-Brunswick. Selon le rapport
final, près de 200 « dirigeants de régimes de
retraite » ont discuté de la problématique de
comment « relever le défi de la viabilité des
pensions » et « ont discuté et débattu des
mérites liés à
réinventer certaines de nos pensions qui sont de
véritables piliers, tels le Régime de pensions du Canada
».
On y a aussi discuté de « pensions et d'innovations
»
telles que les Régimes de pension agréés
collectifs afin « d'accorder à davantage de Canadiens la
possibilité de se préparer à une retraite dans la
sécurité en épargnant à même les
endroits de
travail ».
Bien que le FPP prétende être non-partisan,
les solutions qu'il met de l'avant pour les pensions sont très
partisanes et prônent une approche centrée sur le capital
plutôt que sur l'être humain. Le FPP défend des
régimes de retraite « flexibles » qui rendraient les
Canadiens responsables d'épargner dans des régimes de
retraite privés en vue de leur
retraite. Or, ces régimes ne sont pas à prestations
définies et peuvent varier selon la condition individuelle et
sociale tels un accident de travail, le chômage, des bas
salaires, des crises économiques, etc. En d'autres mots, ils
n'offrent aucune garantie pour la sécurité à la
retraite.
L'argent investi dans ces
régimes d'épargne est mis à la disposition des
banques et des institutions financières à des fins de
spéculation et pour servir de prêts aux monopoles des
infrastructures et d'autres pour qu'ils s'en servent comme bon leur
semble. Ces régimes d'épargne sont non seulement fragiles
selon les circonstances individuelles mais
aussi selon les circonstances externes telles les crises
économiques ou la corruption financière. Ils sont un
moyen par lequel les gouvernements se lavent les mains de leur
responsabilité de veiller à ce que le droit de tous les
Canadiens à vieillir dans la sécurité soit garanti
comme partie intégrante d'une société moderne. Se
servant des régimes
d'épargne comme d'une arme idéologique, les gouvernements
et leurs riches patrons, de la façon la plus immorale et
détachée, accusent les aînés vivant dans la
pauvreté et le désespoir, les rendant eux-mêmes
responsables de leur situation.
Le rapport final du premier Sommet national sur la
réforme des pensions a fait l'éloge de l'ancien
gouvernement conservateur Alward du Nouveau-Brunswick, l'hôte du
sommet de l'année dernière. Le gouvernement Alward a
introduit au Nouveau-Brunswick un modèle de régime de
retraite à risques partagés (PRP) afin de mettre à
risque les
pensions des travailleurs du secteur public du Nouveau-Brunswick. En
vertu du nouveau PRP, les travailleurs doivent payer des cotisations
plus élevées à leurs régimes de pension
pour des rendements plus faibles; un plafond a été mis en
place sur les prestations de pension des travailleurs du secteur
public lorsqu'ils prennent leur retraite; les
travailleurs paient des pénalités s'ils prennent leur
retraite avant l'âge de 65 ans, lequel a été
arbitrairement élevé du seuil précédent de
60 ans; et, surtout, les travailleurs prennent tous les risques d'un
PRP qui s'écroulerait à cause d'une économie en
crise constante, au sujet de laquelle le gouvernement et les monopoles
refusent d'amener des
solutions en lui donnant une nouvelle direction.
Sans aucune preuve scientifique concrète, le
rapport final du premier Sommet sur la réforme des pensions fait
l'éloge du modèle à risques partagés comme
« un exemple frappant de ce qui est vraiment possible, si les
conditions sont réunies ». Bien sûr, « ce qui
est vraiment possible » est jugé à partir de la
perspective centrée sur le capital et
non centrée sur l'humain. À cet égard, le plan
d'épargne tant vanté par le gouvernement Wynne de
l'Ontario, connu sous le nom de régime de retraite
enregistré de l'Ontario vient sous la rubrique de ce que le PPF
considère comme un « exemple frappant de ce qui est
vraiment possible, si les conditions sont réunies » et ce
que d'autres juridictions
devraient considérer comme la « meilleure pratique ».
Ces sommets et conférences par le biais
d'organisations telles que le PPF, le Conference Board du Canada et
les centres de réflexions contrôlés par les
monopoles tel que l'Institut Fraser, qui est connu pour ses positions
en faveur de la privatisation du Régime de pensions du Canada,
sont des fronts de la lutte contre la conception moderne du
droit à une retraite en sécurité garantie par
l'État. Ils rappellent à la classe ouvrière
qu'elle doit diriger le peuple partout au pays pour édifier une
société qui assure à tous les citoyens et
résidents des prestations définies à la retraite
à un niveau qu'ils ont atteint pendant leurs années de
travail et selon un standard canadien établi.
Grande manifestation de plus de 2000 travailleurs et
retraités du secteur public au Nouveau-Brunswick contre
l'offensive du gouvernement Alward sur les pensions à
Fredericton le 6 novembre 2013
Les travailleurs doivent rejeter ces régimes
d'épargne diversionnaires et intensifier la lutte pour le droit
à une retraite sécuritaire garantie par le gouvernement.
Ils doivent s'opposer à l'assaut contre leur pensée qui
est commis par les « experts » en retraite, un assaut
quotidien de plus en plus intense. Ces experts veulent tout simplement
faire
accepter des plans d'épargne privatisés comme des
régimes de retraite, ce qu'ils ne sont pas, de manière
à dissimuler ce que les gouvernements font de l'argent du
trésor public. Ce sont des arnaques pour forcer les gens
à mettre leurs revenus actuels dans des plans d'épargne,
tels que les régimes d'épargne enregistrés, les
régimes de retraite en
gestion commune et d'autres mécanismes pour fournir aux banques
et à l'oligarchie financière de grandes sommes d'argent,
qu'ils peuvent se permettre de dilapider par la spéculation,
soit sous forme d'obligations hypothécaires à haut risque
qui leur ont explosé au visage en 2008, soit en les
prêtant aux gouvernements afin de mettre la main sur des
paiements d'intérêts garantis.
Les régimes d'épargne ne sont pas des
pensions et ne peuvent jamais être des pensions. Les pensions
modernes sont des prestations définies garanties par le
gouvernement tout au long de la retraite selon un standard canadien.

Les travailleurs retraités et leurs
alliés tiennent une ligne de piquetage au Sommet sur les
pensions
Une ligne de piquetage et un rassemblement durant
l'heure de pointe à la défense des pensions a eu lieu au
Acadian Court à Toronto où se tenait le deuxième
Sommet sur la réforme des pensions organisé par le Forum
des politiques publiques du Canada. Des tracts ont été
distribués aux passants. On demandait aux gens de poster le
tract au
critique de l'opposition officielle sur les pensions. Le tract disait:
« Ne touchez pas à nos pensions ! Et retirez-vous du
chemin de la grande majorité des Canadiens qui veulent
améliorer les pensions et bonifier le RPC. »
L'action était
organisée par le Syndicat des travailleurs et travailleuses des
postes et son comité des retraités, l'Association des
syndicalistes à la retraite du Canada et la
Fédération nationale des retraités.
Un des orateurs au rassemblement était
Jean-Claude Parrot, un ancien président du Syndicat des
travailleurs et travailleuses des postes. Il a dit que nos droits sont
attaqués par le gouvernement Harper et l'attaque contre les
pensions en est un aspect. Il a noté que les changements que les
divers niveaux de gouvernement apportent aux régimes de
retraite tentent de dresser les jeunes travailleurs contre les
retraités et les travailleurs plus âgés. Il a dit
que les retraités doivent montrer dans leur travail qu'ils ne se
battent pas contre les intérêts des jeunes travailleurs et
qu'en même temps ils doivent maintenir les droits pour lesquels
ils se sont battus et les pensions qu'ils ont négociées
dans leurs
conventions collectives.
La directrice du Service des pensions et avantages
sociaux d'Unifor, Jo-Ann Hannah, a parlé en détail des
changements aux pensions qui sont prévus dans la Loi sur
les régimes à prestations cibles que le
gouvernement devrait présenter au Parlement cet automne. Elle a
dit que le gouvernement Harper, par ces changements, dit aux
retraités qu'ils doivent faire comme tout le monde et se
débrouiller seuls.
Herb John, le
président de la Fédération nationale des
retraités (FNR), a dit que si la lutte pour les retraites
implique surtout les travailleurs du secteur public en ce moment, les
compagnies du secteur privé sont en train de préparer des
changements similaires. La FNR s'oppose à l'optique même
qui anime le gouvernement Harper sur la question
des pensions, a-t-il dit. Il a montré que les monopoles ont eu
une bien plus grande influence sur les décisions du gouvernement
que les citoyens. Les coupures aux régimes publics de retraite
ont lieu au moment où il y a beaucoup plus de richesse
créée au pays que lors des années 1950-1960
pendant lesquelles de nombreux programmes sociaux
ont été institués. La richesse va de plus en plus
dans les poches d'une très petite minorité.
Herb John a dénoncé l'utilisation de
l'argument de « l'équité
intergénérationnelle » qui est utilisé
envers ceux qui ont bâti le Canada pour les forcer à
accepter la dégradation de leurs pensions. Nous devons remettre
en question la capacité des entreprises de fixer l'ordre du jour
de la nation, a-t-il dit; ce n'est pas leur droit mais notre droit et
notre responsabilité de contrôler cet ordre du jour. Nous
devons dire au gouvernement que l'année prochaine nous allons
voter pour quelqu'un qui représente nos intérêts.
Mark Janson du Syndicat canadien de la fonction publique
(SCFP) a donné l'appui du syndicat à la lutte contre les
réformes régressives des régimes de retraite
annoncées par le gouvernement Harper.
La présidente de la
section locale de London de l'Association des syndicalistes à la
retraite du Canada a dit que plusieurs de ses membres sont
syndiqués. Ils ont renoncé à des augmentations de
salaire pour avoir des régimes de retraite à prestations
déterminées et dans certains cas ont
négocié des avantages sociaux en santé à la
retraite. Tout
cela est maintenant menacé alors que les compagnies demandent
des concessions aux travailleurs. Nous devons défendre nos
prestations de retraite pour pouvoir vivre une retraite dans la
dignité, a-t-elle dit. Nous devons utiliser le « pouvoir
gris » à l'exemple des milliers de retraités qui
ont confronté le gouvernement Mulroney et l'ont obligé
à
reculer sur ses plans de désindexer partiellement les pensions.
Jean-Claude Parrot a repris la parole pour
réitérer que les travailleurs et les retraités
lutteront pour protéger leurs droits et leurs pensions et qu'ils
n'acceptent pas d'être les victimes du programme
d'austérité du gouvernement Harper.
Peter Whitaker, qui agissait comme maître de
cérémonie, a annoncé que les organisateurs et les
membres vont participer aux réunions publiques organisées
par le gouvernement de l'Ontario et manifester au Parlement le jour
où la Loi sur les régimes à prestations cibles
va être déposée.
Le président du Congrès du travail du
Canada Hassan Yussuff était le dernier orateur. Il a
souligné l'importance de la lutte menée par les syndicats
affiliés au CTC pour défendre les régimes de
retraite à prestations déterminées et dit que le
CTC va y participer activement. Ce n'est pas acceptable, a-t-il dit,
que les gens passent leur vie à
travailler puis vivent une retraite en pauvreté.

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