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Numéro 129 - 15
octobre 2014
Réunion de la Sixième
Commission de l'Assemblée générale de l'ONU
De nouveaux efforts pour établir
un cadre juridique complet dans la lutte au terrorisme international
Réunion
de
la Sixième Commission de l'Assemblée
générale de l'ONU
• De nouveaux efforts pour établir un
cadre juridique complet dans la lutte au terrorisme international
• Cuba dénonce la manipulation du
terrorisme par les États-Unis
• Le Mouvement des non-alignés condamne
sans équivoque le terrorisme
Les nouvelles guerres
sales
• Terrorisme et assassinats au Venezuela
- María Páez Victor, CounterPunch
• Le parti pris des Nations unies dans sa
défense des droits de la personne - Ulson Gunnar,
New Eastern Outlook
• La Chine demande aux États-Unis de
cesser de « forger des histoires » sur la
cybersécurité
Réunion de la Sixième
Commission de l'Assemblée générale de l'ONU
De nouveaux efforts pour établir un cadre
juridique complet dans la lutte au terrorisme international
Le 7 octobre, la sixième Commission (Commission
juridique) des Nations unies a ouvert sa réunion annuelle
à New York en mettant l'accent sur le terrorisme international.
La sixième Commission assume la responsabilité de cette
question en raison du mandat qui lui est confié par le
Comité spécial de l'Assemblée
générale sur le terrorisme,
qui ne se rencontrera pas cette année. Lors de la 68e session de
l'Assemblée générale, le comité
spécial a recommandé que plus de temps soit
accordé pour faire avancer les questions en suspens, et que la
sixième Commission établisse un groupe de travail lors de
la 69e session de l'Assemblée, en vue de finaliser le processus
d'une ébauche de
convention générale sur le terrorisme international ainsi
que des discussions concernant la convocation d'une conférence
de haut niveau sur cette question. C'est un travail que le
comité spécial a commencé en 2000.
En abordant la séance d'ouverture de la
sixième Commission, le représentant du Mouvement des pays
non-alignés a condamné sans équivoque le
terrorisme. Il a appelé tous les États à
coopérer pour résoudre les questions en suspens, en
réitérant son appel à une conférence
internationale au sommet, sous l'égide de l'ONU, pour
définir une
riposte organisée commune qui comprend l'identification des
causes profondes du terrorisme.
Un représentant de Cuba à la commission a
déclaré que les objectifs du comité spécial
sur le terrorisme n'ont pas été atteints en raison de la
position d'un petit nombre d'États et il a mis en garde contre
leur action qui suggère la préférence d'une guerre
contre le terrorisme en violation de la charte de l'ONU et du droit
international.
Le Comité spécial établi par
l'Assemblée générale le 17 décembre 1996
Le mandat du comité spécial est
encadré par la Déclaration de 1994 de l'Assemblée
générale sur les mesures visant à éliminer
le terrorisme international et la Déclaration de 1996
complétant la déclaration de 1994 sur les mesures visant
à éliminer le
terrorisme international. Le Comité doit également
élaborer une convention internationale pour la répression
des actes de terrorisme nucléaire afin de mettre à jour
les instruments internationaux existants, et un cadre juridique complet
pour lutter contre le terrorisme international.
Ce mandat a été révisé et
renouvelé chaque année par l'Assemblée
générale dans ses résolutions à titre de
point à l'ordre du jour intitulé « Mesures visant
à éliminer le terrorisme international ».
Le Comité spécial a tenu chaque
année une séance s'étendant sur une période
d'une à deux semaines, généralement au
début de l'année, avec le travail qui s'est poursuivi
dans le cadre du Groupe de travail de la sixième Commission plus
tard durant l'année au cours de la session ordinaire de
l'Assemblée générale. Le Comité
spécial n'a pas
siégé en 2012 et ne siégera pas en 2014. Le groupe
de travail ne s'est pas réuni en 2013.
Le Comité spécial fonctionne sur la base
que rien n'est convenu tant que tout n'est pas convenu. Il est ouvert
à tous les États membres de l'Organisation des Nations
unies ou membres d'agences spécialisées ou de l'Agence
internationale de l'énergie atomique.
Le Comité spécial a négocié
des textes qui ont abouti à l'adoption de trois traités
par l'Assemblée générale: la Convention
internationale pour la répression des attentats terroristes
à l'explosif (Résolution 52/164 du 15 décembre,
1997); la Convention internationale pour la répression du
financement du terrorisme (résolution 54/109 du 9
décembre 1999, tel que corrigé); et la Convention
internationale pour la répression des actes de terrorisme
nucléaire (résolution 59/290 du 13 avril, 2005).

Cuba dénonce la manipulation
du terrorisme par les États-Unis
Lors de la réunion du 8 octobre de la
Sixième Commission de l'Assemblée générale
des Nations Unies, Cuba a dénoncé la manipulation par les
États-Unis de la question du terrorisme à des fins
politiques en incluant Cuba dans sa liste unilatérale des pays
soutenant le terrorisme.
Le département d'État des
États-Unis publiait le 30 avril 2013 son rapport,
désignant Cuba pour la 32e fois en tant qu'« État
commanditaire du terrorisme », a déclaré au
Comité sur les questions juridiques Tanieris Dieguez,
troisième secrétaire de la mission permanente de Cuba.
La diplomate cubaine a dit
que les États-Unis gardent Cuba sur leur liste pour justifier le
blocus économique, commercial et financier imposé contre
la nation insulaire depuis plus d'un demi siècle. Ils le font
même sans avoir une quelconque information au sujet de la
livraison d'armes ou d'entraînement par le gouvernement cubain
à des
groupes extrémistes, et en reconnaissant que Cuba appuie et est
l'hôte des négociations de paix pour la Colombie.
Dieguez a réaffirmé le rejet par Cuba du
fléau du terrorisme dans toutes ses expressions, ainsi que son
rejet de la manipulation d'une question aussi délicate.
Elle a noté que pour défendre son
indépendance et sa dignité, Cuba a subi durant des
décennies les conséquences des actions terroristes
organisées, financées et exécutées à
partir du territoire des États-Unis, tuant 3 500 personnes et en
blessant 2 099 autres.
Elle a aussi noté que la lutte contre le
terrorisme ne pourra l'emporter que si ses causes sont traitées
d'une manière organisée par la communauté
internationale sans violation de la souveraineté des peuples.
Elle a exprimé l'appui de Cuba envers l'adoption
d'une convention générale sur le terrorisme et la tenue
d'une conférence mondiale parrainée par l'ONU pour
répondre de manière coordonnée à ce
fléau.
« Ces objectifs n'ont pas été
atteints en raison de la position d'un petit nombre d'États,
dont l'action suggère la préférence d'une guerre
contre le terrorisme en violation de la Charte des Nations Unies et du
droit international », a-t-elle mis en garde.

Le Mouvement des non-alignés condamne
sans équivoque le terrorisme
Le Mouvement des non-alignés (MNA) a fait
entendre sa condamnation sans équivoque du terrorisme lors de la
réunion annuelle de la Sixième Commission (Questions
juridiques) de l'Assemblée générale des Nations
unies à New-York le 7 octobre.
L'Iran, qui assume la présidence du MNA,
représentait l'organisation lors de la session. Dans une
déclaration s'adressant à l'article 107 de l'ordre du
jour de l'Assemblée de l'ONU, « Mesures pour
éliminer le terrorisme international », l'ambassadeur de
l'Iran à la Commission de l'ONU Gholam-Hossein Dehqani a
condamné toutes les formes
de terrorisme et appelé les nations du monde à faire
grandir l'union contre la propagation de groupes terroristes.
Le MNA a été fondé en 1961 à
Belgrade dans l'ancienne Yougoslavie. Les pays du
MNA représentent près de deux-tiers des membres des
Nations unies et comptent pour 55% de la population mondiale.
Le but de l'organisation défini dans la «
Déclaration de la Havane » de 1979 est d'assurer «
l'indépendance nationale, la souveraineté,
l'intégrité territoriale et la sécurité des
pays non alignés ». L'Iran assume la présidence
pour un mandat de trois ans depuis la tenue en août 2012 du
congrès du mouvement à Téhéran. Le texte de
la déclaration
est reproduit ci-dessous.
Texte des remarques du Mouvement des non-alignés
aux Nations unies
Monsieur le Président,
J'ai l'honneur de parler au nom du Mouvement des
non-alignés.
Le Mouvement des non-alignés condamne sans
équivoque et rejette le terrorisme en tant qu'acte criminel sous
toutes ses formes et manifestations, ainsi que tous actes,
méthodes et pratiques du terrorisme n'importe où, par qui
que ce soit, contre qui que ce soit, incluant ceux dont les
États sont directement ou indirectement impliqués, qui
sont
injustifiables peu importe les considérations ou facteurs qui
peuvent être invoqués pour les justifier. Dans ce
contexte, les membres du MNA réaffirment leur appui aux
dispositions de la résolution 46/51 du 9 décembre 1991 de
l'Assemblée générale et autres résolutions
pertinentes des Nations Unies.
Le Mouvement des
non-alignés réaffirme que les actes terroristes
constituent une violation flagrante du droit international, incluant
l'humanitarisme international et les droits humains, en particulier
l'absence de la pleine jouissance des droits humains et des
libertés fondamentales des peuples. De tels actes mettent en
danger l'intégrité territoriale
et la stabilité des États ainsi que la
sécurité nationale, régionale et internationale.
Ils déstabilisent des gouvernements légitimement
constitués ou l'ordre constitutionnel en vigueur et
l'unité politique des États, affectent la
stabilité des nations et les bases même des
sociétés, créent des conséquences adverses
pour le développement économique et
social et causent la destruction des infrastructures physiques et
économiques des États.
Le terrorisme ne doit pas être assimilé
à la lutte légitime des peuples sous domination coloniale
ou étrangère et occupation étrangère, pour
l'autodétermination et la libération nationale. Le
traitement violent des peuples sous occupation étrangère
devrait continuer à être dénoncé en tant que
forme la plus grave de terrorisme, et l'usage du pouvoir
d'État pour la suppression par la violence contre les peuples
luttant contre l'occupation étrangère en exerçant
leur droit inaliénable à l'autodétermination
devrait continuer à être condamné. Le Mouvement
réaffirme sa principale position sous la loi internationale et
en accord avec la résolution 46/51 du 9 décembre 1991 et
autres résolutions
pertinentes des Nations Unies sur la légitimité des
luttes d'un peuple sous domination coloniale ou étrangère
et occupation étrangère pour la libération
nationale et l'autodétermination.
De plus, le terrorisme ne peut et ne doit pas être
associé et ne devrait pas être associé à une
religion, une nationalité, une civilisation ou un groupe
ethnique et ces attributions ne devraient pas être
utilisées pour justifier le terrorisme ou les mesures de lutte
contre le terrorisme qui incluent, entre autres, le profilage des
suspects et l'intrusion dans
la vie privée.
Monsieur le Président,
Conscient de la
nécessité de prendre des mesures rapides et effectives
afin d'éliminer le terrorisme international, le Mouvement
exhorte tous les États, en accord avec la Charte des Nations
Unies, à remplir leurs obligations sous le droit international
et le droit de l'humanitarisme international en combattant le
terrorisme, notamment en
poursuivant, ou, lors qu'approprié, d'extrader les auteurs
d'actes terroristes; en prévenant l'organisation, l'instigation
ou le financement d'actes terroristes contre d'autres États de
ou de l'extérieur de leurs territoires ou par des organisations
basées sur leurs territoires; en s'abstenant d'organiser,
d'instiguer, d'assister, de financer ou de participer à des
actes terroristes sur les territoires d'autres États; en
s'abstenant d'encourager ces activités sur leurs territoires
orientées vers l'exécution de tels actes; en s'abstenant
d'autoriser l'utilisation de leurs territoires pour planifier,
entraîner ou financer de tels actes; ou en s'abstenant de fournir
des armes ou d'autres armes qui pourraient être utilisées
pour
des actes terroristes dans d'autres États.
Le Mouvement des non-alignés rejette les actions
et mesures, l'usage de menace d'utilisation de la force, imposée
ou menacée d'être par tout État contre tout pays
membre du Mouvement sous le prétexte de combattre le terrorisme
ou de poursuivre ses buts politiques, incluant en les
catégorisant directement ou indirectement en tant qu'État
soutenant le terrorisme. Il rejette entièrement la constitution
unilatérale de listes accusant des États de
prétendument soutenir le terrorisme, ce qui est en
désaccord avec le droit international et constitue de leur part
une forme de terrorisme psychologique et politique.
Le Mouvement des non-alignés appelle tous les
États à condamner toute forme d'appui, et s'abstenir de
fournir un appui, politique, diplomatique, moral ou matériel au
terrorisme et prie instamment tous les États en accord avec la
Charte des Nations Unies et en remplissant leurs obligations sous le
droit international, de s'assurer que le statut de
réfugié ou tout autre statut légal n'est pas
abusé par les auteurs, organisateurs ou facilitateurs d'actes
terroristes et que leurs revendications de motivations politiques ne
sont pas reconnues en tant que base pour refuser les requêtes
pour leur extradition.
Le Mouvement des non-alignés encourage aussi tous
les États, qui ne l'ont pas déjà fait, à
considérer ratifier ou d'accéder aux treize instruments
internationaux relatifs à la lutte contre le terrorisme. Nous
appelons également tous les États à respecter et
mettre en oeuvre les dispositions de tous les instruments
internationaux ainsi que régionaux et
bilatéraux en lien avec le terrorisme dont ils sont partie.
Le Mouvement appelle aussi tous les États
à respecter tous les droits humains et les libertés
fondamentales en contrant le terrorisme et à réaffirmer
leur engagement afin de prévenir les violations des droits
humains en respect avec la règle de droit et leur obligation
sous le droit international, en particulier le droit humain
international, le droit
international pour les réfugiés et le droit humanitaire
international, conformément aux résolutions pertinentes
de l'Assemblée générale. Nous appelons les
comités des sanctions du Conseil de sécurité de
rationaliser davantage les procédures d'inscription et de
radiation afin de répondre aux préoccupations d'une
procédure officielle et la
transparence.
Le Mouvement des non-alignés
réitère son appel à une conférence
internationale sous les auspices des Nations unies pour formuler une
réponse conjointe organisée de la communauté
internationale au terrorisme sous toutes ses formes et manifestations
incluant identifier ses causes profondes.
Nous réitérons en outre l'importance de la
conclusion d'une convention de lutte contre le terrorisme
international, notant les négociations du Comité Ad Hoc
établi par la résolution 51/210 de l'Assemblée
générale du 17 décembre 1996, pour
l'élaboration d'une convention de lutte contre le terrorisme
international et les efforts continus à cette
fin. Nous appelons tous les États à coopérer afin
de résoudre les questions en suspens.
Le Mouvement réaffirme que la Stratégie
mondiale de lutte contre le terrorisme des Nations Unies ainsi que la
responsabilité première des États membres à
la mettre en oeuvre, accueille l'examen de la Stratégie et
appelle à sa mise en oeuvre transparente et complète.
Le Mouvement des non-alignés rappelle la
résolution 66/10 du 18 novembre 2011 sur la mise en place du
Centre des Nations Unies pour la lutte contre le terrorisme et
encourage tous les États membres de collaborer avec le Centre et
de contribuer à la mise en oeuvre de ses activités en
accord avec la Stratégie mondiale de lutte contre le
terrorisme.
Le Mouvement des non-alignés condamne fermement
les incidences criminelles de la prise d'otages ayant pour
résultat la demande de rançon et/ou autres concessions
politiques par des groupes terroristes et appelle tous les États
à coopérer activement afin de s'adresser à cette
question, incluant ses aspects légaux.
Je vous remercie.

Les nouvelles guerres sales
Terrorisme et assassinats au Venezuela
- María Páez Victor*,
CounterPunch, 8 octobre 2014 -

Les funérailles de Roberto Serra et
María Herrera, Caracas, 3 octobre 2014. (MINCI, TeleSUR)
Vendredi dernier [le 3 octobre 2014], le centre de
Caracas était envahi par des milliers de citoyens en deuil venus
accompagner deux cercueils drapés de deux drapeaux et
chargés de fleurs déposées en hommage.
Si un député de l'opposition
vénézuélienne avait été brutalement
torturé et poignardé à mort dans sa propre maison,
la presse occidentale--y compris celle du Canada— aurait mis cette
information à la une des journaux du monde entier.
Pourtant, c'est ce qui s'est passé, un
député du parti au pouvoir du Venezuela a
été assassiné et les médias internationaux,
pour la plupart, sont restés silencieux. Les
personnalités politiques internationales ne se sont pas tordues
les mains d'indignation ou de regret comme elles l'avaient fait lors de
l'incarcération légitime du chef de l'opposition,
Leopoldo López, qui, à plusieurs reprises et
publiquement, avait incité à la violence lors de
manifestations qui ont coûté la vie à au moins 47
personnes.
Le mercredi 1er octobre 2014, Robert Serra, 27 ans, un
avocat, membre du PSUV au pouvoir et le plus jeune député
à l'Assemblée nationale
vénézuélienne, et sa compagne María Herrera
ont été assassinés à leur domicile dans un
quartier populaire du centre de Caracas. C'était un acte de
terreur outrageux et délibéré. Robert Serra et
María
Herrera ont été torturés, poignardés et
puis saignés à mort. Il s'était
spécialisé en criminologie et travaillait à
enrayer la criminalité dans le pays. María Herrera
l'assistait dans ce travail vital. Robert Serra venait d'une famille
pauvre; sa mère avait travaillé comme colporteuse pour
l'aider à faire ses études de droit. Il était
reconnu pour ses
interventions perspicaces à l'Assemblée nationale et
était très aimé. Certains parlaient de lui comme
d'« un futur Chávez. ».
Il s'agit d'un assassinat planifié,
organisé et exécuté avec minutie. Ernesto Samper,
ancien président de la Colombie et secrétaire
général actuel de l'UNASUR (Union des Nations
sud-américaines) a déclaré: « Ce crime est
un signe préoccupant d'infiltration du para-militarisme
colombien au Venezuela ».
Il y a quelques semaines, le président Santos de
la Colombie a expulsé au Venezuela un jeune homme, Lorent Saleh,
qui avait eu des rencontres avec les groupes paramilitaires en Colombie
pour conspirer contre le gouvernement vénézuélien.
On le voit dans une vidéo avec Alvaro Uribe, ancien
président de Colombie, qui doit sa carrière
politique à ses relations avec [Pablo] Escobar, le chef des
narcotraficants colombiens et est accusé par le Sénat
colombien d'être derrière la prolifération des
groupes paramilitaires dans le pays. Lorent Saleh a
déclaré qu'il était en Colombie pour acheter des
armes de guerre et recruter des tireurs d'élite et des experts
en explosifs, parce que « eux »
allaient commettre l'assassinat sélectif de 20 dirigeants du
gouvernement vénézuélien afin de le faire tomber.
Puis il a dit que « eux » étaient : les dirigeants
des partis d'opposition du Venezuela.
À l'Assemblée nationale, quelques, jours
avant son assassinat, Robert Serra avait dénoncé de
manière très claires les plans terroristes d'Alvaro Uribe
et Lorent Saleh.
Le gouvernement vénézuélien du
président Nicolás Maduro est la cible d'attaques
incessantes et continuelles depuis son élection. Dans le but de
créer une apparence de chaos et d'incapacité de
gouverner, l'opposition a orchestré une campagne de sabotage
économique, par la contrebande et le retrait du marchés
des denrées alimentaires et de
biens, une campagne délibérée de fausses rumeurs
et trois mois de manifestations violentes. Ces actions subversives ont
été habilement contrées par un gouvernement qui
s'en est tenu à la lettre de la loi, a refusé de tomber
dans le piège de répondre à la violence par la
violence, et dans le cadre de son appel à la paix a
engagé des négociations avec
l'opposition, facilitées par des ministres des pays voisins. Le
peuple vénézuélien a massivement rejeté la
tactique de violence de l'opposition et la popularité de M.
Maduro a connu un élan encore plus grand.
Dans le but de provoquer un « changement de
régime », la violence est escaladée pour maintenant
inclure les assassinats. Ce plan a été
élaboré lors d'une réunion tenue à
Guadarrama, en Espagne, à la fin de juin et organisée par
l'agence d'espionnage espagnole, le Centre d'intelligence d'Espagne (
CNI ) et un groupe de réflexion, la Fondation
pour l'Analyse et les Études sociales (FAES), du Parti Populaire
de l'ex-président du gouvernement espagnol José Marie
Aznar. C'est la CIA américaine qui finance et entraîne la
CNI, comme Edward Snowdon l'a révélé.[1]
Deux dirigeants de l'opposition
vénézuélienne, Julio Borges et Ramón
Muchacho, qui étaient également derrière les
manifestations violentes, étaient présents à cette
conférence, et un message vidéo de Maria Corina Machado
a été présenté. Elle ne pouvait être
présente parce ce qu'elle fait l'objet d'une enquête pour
sa participation aux
manifestations violentes, qu'elle a dirigées avec enthousiasme.
Machado, alors qu'elle était députée à
l'Assemblée nationale du Venezuela, a accepté
honteusement le poste d'ambassadrice du Panama afin de prendre la
parole à l'OEA en 2014. Selon la Constitution, elle a de fait
perdu son poste de député en représentant un
gouvernement étranger,
qui à cette période s'opposait au Venezuela.
Machado, ainsi que López, sont parmi les
instigateurs des manifestations violentes qui ont causé tant de
morts et des millions de dommages. Pourtant, au mépris de la
primauté du droit, elle a été invitée par
le Conseil canadien pour les Amériques à parler devant le
prestigieux cabinet d'avocats canadien de Cassels Brock et Blackwell en
mai
dernier. C'est un exemple clair de la complicité canadienne ou
bien d'une ignorance délibérée.
Les forces impériales considèrent que le
pétrole du Venezuela est tout simplement trop grande source de
profit pour le laisser entre les mains de son peuple. La direction
remarquable de ce pays s'est distinguée dans la promotion de
l'intégration de l'Amérique latine afin de
résoudre ses problèmes sociaux communs et de
protéger ses ressources
naturelles. Cela est tout simplement inacceptable pour les
multinationales, les États-Unis, et leurs alliés serviles
qui semblent penser que le pétrole est à eux.
Les assassinats de Robert Serra et María Herrera,
de Eliézer Otáiz, maire de Caracas, il y a cinq mois, les
meurtres lors des émeutes de mars dernier qui ont
été commis par des paramilitaires (pas par des
étudiants comme la presse mondiale l'a déclaré) et
l'assassinat du procureur Danilo Anderson, tué dans un attentat,
il y a dix ans, ainsi que
ceux de centaines de dirigeants ruraux qui ont été
assassinés par des mercenaires paramilitaires par les grands
propriétaires fonciers, ne font que renforcer la
détermination du peuple vénézuélien qui
sait que leur gouvernement Bolivarien, peu importe les attaques et les
difficultés, est de leur côté, pas du
côté des élites puissantes et de leurs patrons
qui, jamais dans toute l'histoire du Venezuela, ne se sont
rangés du côté des pauvres ou des
intérêts de la nation.
Alors que la foule progressait lentement vers le
cimetière où Robert Serra et María Herrera
devaient être enterrés, le cri: « La Justice !
Justice ! Nous voulons la justice! » retentissait à chaque
pas. Les autorités vénézuéliennes
n'ignoreront pas cette clameur.
Note
1. Carlos Fazio, « Violencia y terrorismo
son ejes de la nueva fase de desetabilizacion subversive »,
Resumen Latinoamericano, 2 octobre 2014,
http://www.resumenlatinoamericano.org/

Le parti pris des Nations unies dans sa défense
des droits de la personne
- Ulson Gunnar*, New Eastern Outlook, le
5 octobre 2014 -
Depuis quelques années déjà, l'ONU
sert de tribune aux ennemis de la Syrie pour accuser celle-ci d'abus
des droits de la personne qui servent ensuite de justification pour
avoir recours à l'agression militaire contre ce pays. Des
histoires de « bombes à tonneau» utilisées
contre la population civile, de bombardement de positions ennemies au
détriment de la population elle-même et de la destruction
d'infrastructure indispensable font toutes parties des fabulations de
l'Occident contre le gouvernement syrien.
Maintenant que les États-Unis eux-mêmes
bombardent la Syrie, tuant des Syriens, y compris des hommes, des
femmes et des enfants innocents, ainsi que l'infrastructure
indispensable à la survie des populations locales, l'ONU reste
silencieuse. Aussi la presse occidentale propage-t-elle à
nouveau ses vieilles notions de « dommage
collatéral».
Voilà que soudain ces mêmes terroristes contre lesquels le
gouvernement syrien a tenté d'alerter le monde entier depuis
plusieurs années déjà et qu'il combat depuis
longtemps dans les villes et dans les régions rurales, seraient
maintenant devenus suffisamment menaçants pour qu'on veuille
intervenir. Ainsi combattre les terroristes sert-il de
justification pour tuer des civils à l'occasion, en autant que
les armes utilisées sont maniées par les
États-Unis et non par la Syrie.
Cette hypocrisie sans bornes est exacerbée par le
fait que l'armée syrienne agit sur son propre territoire, menant
des opérations de sécurité visant à
protéger ses propres frontières ainsi que tout le
territoire à l'intérieur de ces frontières, tandis
que les États-Unis agissent à des milliers de milles de
chez eux, dans un pays étranger, évoquant un
prétexte et un ordre du jour plus que douteux pour justifier
leur agression.
Mais où est donc l'ONU? Les frappes
aériennes contre la Syrie menées par les
États-Unis, les États du golfe Persique et plusieurs pays
d'Europe sont effectuées sans le consentement du gouvernement
syrien. Aussi, aucun parti reconnu de l'opposition n'a accordé
son consentement et aucune résolution de l'ONU n'a
été adoptée autorisant
l'Occident à exercer la force militaire contre la Syrie. Ne
serait-ce que sur ce point, l'ONU devrait se faire entendre et imposer
des sanctions contre tous ceux qui participent à cet acte
d'agression militaire unilatéral et, surtout, illégal.
Aussi, l'ONU devrait dénoncer la perte de vies humaines, tout
comme elle n'a pas hésité à le faire au cours des
dernières années de chaos interminable qu'a
engendré le conflit syrien. Aussi, l'ONU devrait y
expédier des équipes d'inspecteurs pour mesurer l'impact
de ces frappes.
Outre la Syrie, il existe un autre champ de bataille
où l'ONU brille par son absence, et c'est l'Ukraine. Dans ce
pays, Kiev y mène des campagnes de violence de plus en plus
sanguinaires contre son propre peuple. Depuis que Kiev perd
graduellement le contrôle du territoire à l'est de
l'Ukraine, il appert qu'il a de plus en plus recours aux
tueries de masse, à la torture, et aux exécutions
sommaires. Mais voilà qu'aucune voix ne s'élève de
l'ONU pour contester ces actes criminels, aucune équipe n'est
mobilisée pour examiner les scènes de crime qu'on a
déterrées, ni aucune mesure n'est-elle prise contre les
auteurs de ces crimes dont certains sont des groupes de militants de
l'extrême-droite, comme le Secteur de droite qui prône
ouvertement le nazisme.
Si certains prétendent qu'il ne s'agit que d'
« inventions du Kremlin», ce sont pourtant les inspecteurs
d'une organisation bien occidentale - l'Organisation pour la
sécurité et la coopération en Europe (l'OSCE) -
qui rapportent sur le terrain, et ce, sur une base quotidienne, ce qui
se passe en Ukraine, et qui ont souligné la présence de
militants
de l'extrême-droite. Ils ont aussi souligné la destruction
par ces néonazis du patrimoine historique de l'Ukraine, la
persécution de leurs adversaires politiques, ainsi que la
violence qu'ils ont déchaînée partout au pays, de
l'Ukraine de l'est jusqu'à la capitale elle-même.
Récemment l'OSCE a signalé que le
bataillon néo-nazi Azov, dont le drapeau arbore l'emblème
des SS Wolfsangels d'Adolphe Hilter, a dirigé des
émeutiers dans le démantèlement du monument de
Vladimir Lénine dans la ville ukrainienne de Kharkiv. Un autre
rapport de l'OSCE souligne que le Secteur de droite dirigeait des
bandes
d'émeutiers à Odessa. Un rapport de l'OSCE du mois
d'août a aussi révélé qu'un autre «
bataillon volontaire» semblable aux bataillons d'Azov et du
Secteur de droite - le soi-disant « bataillon Aidar» -
avait été responsable de plusieurs atteintes aux droits
de la personne, y compris des enlèvements, la torture et la
détention en otage d'Ukrainiens
de l'est.
Il est clair que des abus ouverts et inacceptables sont
perpétrés par des groupes extrémistes
prônant une idéologie qui est illégale dans la
plupart des pays d'Europe, mais tout de même appuyée par
l'Union européenne, l'OTAN et les États-Unis. Pourquoi
l'ONU reste-elle muette sur cette question alors que sur d'autres elle
n'hésite pas à se faire
entendre? Ce silence soulève de sérieuses questions sur
l'objectivité et l'impartialité de l'organisation
internationale.
L'ONU en tant qu'instrument d'intérêts
spéciaux
Alors qu'en principe l'ONU est censée être
un arbitre impartial du droit international, il est clair par ses
actions souvent ouvertement biaisées qu'elle joue le jeu de
certains intérêts spéciaux, se servant des droits
de la personne et du droit international comme prétexte pour
promouvoir de façon partiale l'ordre du jour de certains pays
membres tout en ignorant complètement ces mêmes principes
lorsque cela lui convient.
En Syrie, des bombes étasuniennes tuent
présentement des civils syriens, détruisant
l'infrastructure et violant la souveraineté même de la
nation syrienne. L'acte d'agression militaire que les États-Unis
et leurs partenaires commettent en Syrie est contraire à la
charte même de l'ONU et constitue une grave violation du droit
international. Si on
constate une érosion certaine de la légitimité, de
la popularité et de l'efficacité de l'ONU, on ne peut
aussi que constater que c'est cette pratique des deux poids deux
mesures qui en est la cause.

Manifestation
contre
l'appui du Canada aux forces fascistes
ukrainiennes au Parlement le 5 octobre 2014 (L. Mitsner)
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Il en va de même en Ukraine, où des
militants de l'extrême-droite embrassant le nazisme commettent
des violations des droits de la personne de façon si ouverte et
fréquente que même l'OSCE européenne se voit dans
l'obligation de les souligner tandis que l'ONU reste muette et
inactive, ce qui mine non seulement l'intégrité de l'ONU
elle-même mais aussi celle du droit international.
Lorsque le droit international est cité et
appliqué de façon partiale par certains pays membres de
l'ONU, et que ces mêmes pays se servent de l'ONU comme forum pour
légitimer des actes tout à fait illégaux, l'ordre
mondial en est ébranlé et risque de s'effondrer pour
laisser place au désordre, ne laissant aux autres pays membres
de l'ONU
d'autre choix que de chercher des alternatives pour résoudre des
injustices qui sont commises plutôt que contestées par
l'ONU.
Pour les Ukrainiens de l'est, les Syriens et leurs
alliés respectifs il ne reste d'autre choix que d'agir
unilatéralement pour défendre eux-mêmes leur
territoire et leur peuple ainsi que leurs intérêts face
à des pays délinquants qui se moquent
littéralement de l'ONU et qui à toutes fins pratiques en
ont pris le contrôle.
Note du LML
Le récent rapport sur la situation des droits de
la personne en Ukraine publié par le Bureau du Haut-Commissaire
aux droits de l'homme ne contient aucune information sur les fosses
communes trouvées vers la fin de septembre près de la
ville de l'Ukraine de l'est, Donetsk, selon l'agence de nouvelles RIA
Novosti. Le porte-parole de
l'ONU, Stephane Dujarric, avait déclaré que le rapport
allait traiter de cette question, mais la publication du rapport a
été retardée du 3 au 8 octobre et la question n'y
a pas été soulevée.
Le sixième rapport sur la situation des droits de
la personne en Ukraine couvre la période du 18 août au 16
septembre. Cependant, le 23 septembre, plusieurs fosses communes ont
été trouvées dans la région nord-sud de la
ville ukrainienne de l'est, Donetsk. On y a trouvé plus de 400
corps de civils et de combattants pro-indépendance qui
semblent avoir été exécutés.
Les supporteurs de l'indépendance dans le sud-est
de l'Ukraine soutiennent que le massacre a été commis par
les combattants de la Garde nationale, qui étaient
présents dans cette région depuis avril, lorque Kiev a
déclenché son opération militaire dans la
région. Les autorités ukrainiennes ont démenti ces
accusations.
Le Comité d'enquête russe soutient qu'il a
en main des preuves irréfutables à l'effet que la Garde
nationale et le groupe nationaliste affilié au Secteur de droite
ont bel et bien participé à ces tueries de masse.
Plus tôt cette semaine, le président russe
Vladimir Poutine, ainsi que le chef de l'Organisation pour la
sécurité et la coopération en Europe, Didier
Burkhalter, ont souligné l'importance d'une enquête
exhaustive pour faire toute la lumière sur cet incident.(RIA
Novosti)

La Chine demande aux États-Unis de cesser de
« forger des histoires » sur la cybersécurité
Le 9 octobre, le ministère chinois des Affaires
étrangères a exhorté les États-Unis
à arrêter de « forger des histoires » et
« de dénigrer » la Chine après que le Federal
Bureau of Investigation (FBI) ait officiellement accusé la Chine
d'avoir volé des secrets d'entreprises américaines.
« Les lois chinoises interdisent le piratage ou
tout autre comportement préjudiciable à la
sécurité cybernétique et il est incontestable que
le gouvernement chinois punit résolument ces crimes », a
déclaré le porte-parole du ministère des Affaires
étrangères Hong Lei, lors d'un point de presse quotidien,
en réponse à une question sur les remarques
du représentant du FBI.
Le 5 octobre, le directeur du FBI James Comey a
déclaré à la télévision que la Chine
est en tête de liste des pays qui cherchent à
dérober des secrets aux entreprises des États-Unis, leur
coûtant annuellement des milliards de dollars.
« Encore une fois, nous exhortons la partie
américaine à abandonner sa fabrication de fausses
histoires et son dénigrement délibéré de la
Chine, et aussi à mettre fin à ses cyber-attaques
à
grande échelle et systématiques contre d'autres pays
», a déclaré le porte-parole chinois.
La tentative des États-Unis de détourner
l'attention en accusant les autres ne réussira pas, a
ajouté Hong.

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