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Numéro 127 - 13
octobre 2014
Que justice soit faite à
Ferguson, au Missouri
Appuyons la résistance aux
attaques racistes organisées par l'État!
Que
justice
soit
faite à Ferguson, au Missouri
• Appuyons la résistance aux attaques
racistes organisées par l'État!
• L'échec du département de la
Justice et d'Obama à Ferguson est un échec de la
démocratie étasunienne - Voice of Revolution
• Appuyons la résistance soutenue
à Ferguson au Missouri - Voice of Revolution
• Rapports de jeunes qui mènent la
résistance à Ferguson
Que justice soit faite à Ferguson,
au Missouri
Appuyons la résistance aux attaques racistes
organisées par l'État!
Le 9 août, un jeune afro-américain sans
arme, Michael Brown, a été abattu par l'agent de police
Darren Wilson à Ferguson, au Missouri. L'incident est survenu
alors que Wilson tentait d'appréhender Brown pour avoir
traversé une rue à un endroit interdit, après quoi
la situation s'est rapidement détériorée. Wilson a
tenté de forcer Brown à
monter dans son auto-patrouille, mais le jeune homme a réussi
à s'échapper. Wilson a alors tiré des coups de feu
en direction de Brown qui s'est arrêté pour ensuite se
retourner en levant les bras. Wilson a ensuite tiré à
nouveau, à plusieurs reprises, tuant Brown sur le coup. Depuis
ce temps, les manifestations se sont tenues sans relâche à
Ferguson
et partout aux États-Unis pour exiger que justice soit faite
pour Michael Brown et que le policier Wilson, la police de Ferguson et
les autorités en place soient tenus responsables du meurtre
brutal d'un jeune sans arme.
Dans la soirée du mercredi 8 octobre, un autre
jeune noir a été tué par la police, dans le
quartier Shaw à 20 km de Ferguson. Le Christian Science
Monitor rapporte qu' « un agent de police blanc qui
n'était pas de service a pourchassé et abattu un
étudiant noir de niveau secondaire, Vonderrit Myers Jr., qui
selon la police a tiré le
premier sur le policier ». Selon les rapports, 17 coups de feu
ont été tirés par le policier dont on n'a pas
divulgué l'identité. Selon la famille du jeune homme de
18 ans, Vonderrit tenait dans sa main un sandwich et non une arme.
Entretemps, les enquêtes sur le meurtre de Michael
Brown se poursuivent et un jury d'accusation se penche sur la question
mais il y a des indications sérieuses de corruption de la part
du procureur. D'autre part, le jury lui-même comprend un seul
Afro-Américain alors que la population est à 60 %
afro-américaine et n'est pas représentatif de la
population locale. Les rapports de police sur l'incident
prétendent que c'est Brown qui a agressé Wilson et
tenté de s'emparer de son arme, ce qui de toute façon ne
justifie pas qu'on abatte un jeune sans arme en train de se rendre.
Cette situation dépasse de beaucoup la simple
erreur de jugement de la part d'un agent de police. L'explosion de
colère parmi les gens de tous les milieux contre le meurtre de
Michael Brown souligne l'injustice, le racisme, la violence
d'État et la marginalisation politique que vivent sur une base
quotidienne les Afro-Américains et les minorités
nationales aux États-Unis, en particulier les jeunes. Le peuple
américain s'organise pour mettre fin au racisme organisé
par l'État, à la violence et à l'impunité
policières. LML exprime ses sincères
condoléances à la famille de Michael Brown et appelle
tous les Canadiens à faire en sorte qu'il n'y aura pas de
concessions faites avec les
efforts qui sont faits pour excuser ce racisme de l'État contre
le peuple américain.
Les manifestants ont
clairement indiqué, au moyen d'actions quotidiennes tenues
depuis le 9 août, que tant que justice ne sera pas faite, il n'y
aura pas de paix. Ces manifestations se sont poursuivies en
dépit d'une intensification de la violence policière
contre elles dans le but de les supprimer. Les jeunes en particulier
rejettent résolument ce
recours à la force qui vise à ce qu'ils abandonnent leurs
justes demandes. Au contraire, les jeunes reviennent à la charge
avec une conviction redoublée. En ce sens, un appel a
été lancé pour que tous se rendent à
Ferguson pour participer aux actions du 10 au 13 octobre, y compris une
manifestation de masse à Ferguson le 11 octobre.
Le grand nombre d'incidents semblables partout aux
États-Unis révèle le conflit entre les conditions
vécues par les jeunes, les Afro-Américains et les
minorités nationales, d'une part, et une autorité qui
refuse de garantir les droits de tous, de l'autre. Il est totalement
inacceptable que les États-Unis refusent d'accorder à ses
citoyens les droits
même les plus fondamentaux. Le meurtre injuste de Michael Brown
et le recours à la violence de l'État contre ceux qui ne
font que réclamer que justice soit faite démontrent
jusqu'à quel point les cercles dominants aux États-Unis
ne sont pas en mesure de moderniser les arrangements sociaux et
politiques. La violation sans arrêt des droits crève les
yeux et est une sévère condamnation de l'hypocrisie et
de la pratique du deux poids deux mesures des États-Unis sur la
question des droits de la personne, que les impérialistes
étasuniens utilisent comme prétexte lorsqu'ils attaquent
le droit d'être d'autres pays partout dans le monde.
LML salue la résistance soutenue de la jeunesse
et de tous ceux qui luttent pour la justice et pour les droits de tous
à Ferguson et aux États-Unis. Ce n'est que par leurs
propres efforts qu'ils pourront ouvrir une voie vers l'avant pour la
société, s'assurer d'un avenir et élaborer des
mesures pratiques qui permettront d'affirmer les droits de
tous.

L'échec du département de la Justice et
d'Obama à Ferguson est un échec de la démocratie
étasunienne
- Voice of Revolution* -
Dans de multiples déclarations sur la
résistance à Ferguson, au Missouri, au meurtre par la
police d'un adolescent afro-américain sans arme, le
président Obama a appelé au calme plutôt
qu'à la colère. Il a dit comprendre le débordement
d'émotions et la colère des gens, mais n'a pas dit que
leur source c'est le racisme des départements de police
partout au pays et la culture militariste qui imprègne les
agences de l'ordre comme le FBI fédéral, l'Agence de
lutte antidrogue, le Bureau de l'Alcool, du Tabac et des Armes
à feu, les agences de l'Immigration et douanières, sans
parler des forces policières des États, des comtés
et des localités. À défaut d'identifier ces
problèmes, les actions qui
sont entreprises comme l'enquête du département de la
Justice ne sont pas conçues pour les résoudre. Au
contraire, l'objectif est précisément de
reconnaître certaines lacunes tout en laissant intacte la source
même des problèmes, le racisme et le militarisme de
l'État américain.
Le président Obama
ne s'est pas rendu lui-même à Ferguson sous
prétexte qu'il attendait les résultats des «
enquêtes» en cours. Il y a tout de même envoyé
le procureur général Eric Holder qui a
dépêché 50 agents du FBI à Ferguson pour
faire sentir leur présence et interroger les gens. C'est ce
même FBI qui est notoire pour son rôle
d'aujourd'hui d'espionnage et de perturbation des groupes antiguerre,
palestiniens et musulmans et son rôle d'hier d'armement et de
protection du KKK et de répression des groupes et organisations
de droits civils dont les Black Panthers. C'est une agence qui est
raciste jusqu'à la moelle et notoire pour son rôle
à couvrir les attaques racistes
organisées par l'État au moment même où elle
fait enquête sur elles !
Les commentaires du président Obama montrent que
tout est fait pour empêcher que l'État américain et
ses agences de police racistes, des échelons supérieurs
aux échelons inférieurs, aient à rendre des
comptes. Lors d'une allocution le 18 août, il a dit : «
Nous avons tous vu les images de manifestants et de policiers dans la
rue. De toute
évidence, la vaste majorité des gens manifestent de
façon pacifique. C'est clair cependant que pour une petite
minorité d'individus, ce n'est pas le cas.
« Même si je comprends les passions et la
colère que suscite la mort de Michael Brown, céder
à la colère en ayant recours au vandalisme et en portant
des armes et même en attaquant la police ne peut servir
qu'à augmenter les tensions et le chaos. Cela ne fait que miner
la justice et non la servir. » Il exhorte les manifestants
à « chercher un
terrain d'entente plutôt que de se crier par la tête.
» On voit que même si Obama admet que la vaste
majorité des manifestants sont pacifiques, c'est eux
malgré tout qu'il cible. C'est la résolution des
manifestants à s'opposer à la police et à la
condamner qui mine la justice et non les actions brutales et racistes
des policiers eux-mêmes, imprégnés
comme ils le sont de la culture militariste. Comme les peuples du monde
ne le savent que trop bien, cette culture militariste est raciste
jusqu'à la moelle, elle déshumanise constamment les
peuples et justifie le massacre contre eux en les dépeignant
comme étant en dessous de l'humain, comme c'était fait
avec les esclaves.
C'est l'armée qui invente des termes racistes et
les martèle dans la tête des soldats et les popularise
dans les médias monopolisés. Cette culture militariste
est basée sur la violence et la force et non sur des solutions
politiques aux problèmes sociaux. La police de Ferguson, tout
comme les autres agences de police au pays, ne peut échapper
à
cette culture omniprésente et elle la reproduit. En fait, c'est
la culture de la démocratie américaine d'aujourd'hui et
elle reflète l'échec de cette démocratie à
mettre de l'avant des solutions ou même quelque protection de
base en cette époque moderne.
Obama tente malgré tout de s'adresser à la
question de la force excessive. Il dit : « Je tiens à dire
clairement que nos droits constitutionnels de parler librement, de se
réunir et de parler librement dans la presse doivent être
protégés avec vigilance, et cela surtout dans des moments
comme celui-ci. Il n'y a aucune excuse qui puisse justifier la
force excessive exercée par la police ou des actions qui nient
le droit du peuple de protester de façon pacifique. »
Selon Obama, il n'y a pas de place pour la force
excessive de la part de la police, mais c'est précisément
ce qui se passe et peut être constaté de par le monde
entier.
En témoignent les meurtres répétés
d'adolescents et d'adultes afro-américains sans arme, à
Ferguson, Shaw, Los Angeles, New York, Chicago et combien d'autres
endroits.
Cet usage excessif de la force, que la police fait de
façon répétée sur une base raciste, n'a pas
sa place. Pourtant, le gouvernement fédéral n'a rien fait
pour arrêter le recours excessif à la force et
l'utilisation continuelle d'une force en formation de combat contre les
manifestants. Pourquoi est-ce le cas ? Est-ce qu'on aurait besoin d'une
enquête pour
élucider ce qu'on peut voir de ses propres yeux ?
Ce ne sont pas les gens de Ferguson et leur juste
colère qui sont le problème. Ce ne sont pas non plus les
Afro-Américains, jeunes ou adultes. Le problème, c'est la
démocratie à l'américaine, avec son essence
raciste et sa culture militariste. C'est une démocratie en
faillite et ses représentants échouent
nécessairement à résoudre les problèmes
sociaux.
Les gens de Ferguson ont démontré qu'ils
savent ce qu'il faut faire pour que justice soit faite et qu'accuser le
policier impliqué dans le meurtre est nécessaire mais
insuffisant. Ils disent n'avoir aucune confiance dans le système
actuel, dans ses nombreuses agences policières, ses procureurs,
ses jurys d'accusation, son FBI et ses politiciens. Mais
ce n'est pas eux qui décident de ces questions même s'ils
devraient être ceux qui décident tout comme le peuple dans
son ensemble devrait être investi du pouvoir décisionnel.
C'est le peuple organisé et luttant pour ses droits, comme les
gens de Ferguson à l'heure actuelle, qui est la source de la
justice et de la démocratie. C'est le peuple qui a le
droit de gouverner et de décider et c'est ce que requiert la
démocratie aujourd'hui.

Appuyons la résistance soutenue
à Ferguson au Missouri
- Voice of Revolution -
Michael Brown, non armé et les mains en l'air, a
été abattu par le policier Darren Wilson le 9 août
à Ferguson au Missouri. Il était un jeune
afro-américain de 18 ans qui devait commencer ses études
au collège.
La résistance à Ferguson contre le meurtre
brutal se poursuit depuis par des actions organisées
quotidiennes de plusieurs sortes. Une grande manifestation avec des
gens de tout le pays s'est tenue le 11 octobre de même que
d'autres actions du 10 au 13 octobre. Les manifestants
inébranlables ont maintenu un mémorial en souvenir de
Brown à
l'emplacement des tirs. Ils ont aussi organisé de le
reconstruire, avec des photos, des bougies et des poèmes,
après de récents efforts de le brûler. Des
campements de tentes de jeunes ont aussi été mis sur
pied. Depuis des semaines, un des collectifs de jeunes qui s'est
formé, Lost Voices, a un campement sur West Florissant Avenue,
à quelques
pâtés de maison du lieu où Brown a
été tué. Les jeunes, dont plusieurs connaissaient
Brown, se sont rassemblés pour discuter des tactiques pour
poursuivre leur lutte et aussi pour s'informer au sujet de leurs
droits. Un second campement a aussi été
érigé près du poste de police qui est une des
cibles principales des manifestations.
Les jeunes et les nombreux
adultes qui les appuient ont également continué à
affronter la brutalité policière et des centaines
d'arrestations, usant de tactiques variées au besoin. Lorsqu'ils
se sont fait dire qu'ils ne pouvaient bloquer la circulation
pédestre sur le trottoir, ils ont utilisé des bicyclettes
dans les rues. Lorsque la police a tenté
d'appliquer une règle de cinq secondes, où quiconque
s'arrêtant plus de cinq secondes serait arrêté, les
manifestants se sont pris les bras pour ne pas être
arrêtés et poursuivre leur action. Ils ont aussi poursuivi
en justice le service de police en soutenant que la règle visait
à bloquer leur droit de manifester.
En réponse aux affirmations de la police que les
manifestations devraient arrêter afin que les choses «
reviennent à la normale », les jeunes ont répondu
« Comment nous vivions avant n'était pas normal ! ».
Ils ont affirmé leur droit de résister à la
brutalité policière ainsi qu'aux meurtres et au racisme
du gouvernement, qu'ils confrontent
régulièrement. Au cours de la bataille, ils en apprennent
plus sur leurs droits et s'organisent pour les affirmer.
Les deux campements ont récemment
été perquisitionnés par la police, sans qu'il y
ait eu provocation. Elle a confisqué tous les biens
privés des jeunes. Au campement Lost Voices, par exemple, le 26
septembre, dix voitures de patrouilles et trois camions plateformes
ont été utilisés pour entourer le campement et
enlever de force les effets
personnels. Cela incluait 13 matelas gonflables, 10 tentes et cinq
glacières. Deux personnes ont été
arrêtées, dont une jeune organisatrice, pour avoir
revendiqué leurs droits. Elle a demandé du temps pour
ranger ses effets et elle a été maîtrisée
par une prise d'étranglement puis arrêtée. La
police a mené ces actions dans une courte période,
peut-être
dans un effort pour intimider les manifestants qui s'organisent en
prévision des événements d'octobre. Les jeunes
s'organisent pour rétablir leurs campements dans d'autres sites.
Dans d'autres batailles, la police a insisté pour
que les manifestants se dispersent après 23 heures, utilisant
comme
excuse une ordonnance sur le bruit. Les manifestants ont refusé.
Un soir, environ 200 personnes ont cogné sur des casseroles
durant une bonne partie de la soirée.
Le 27 septembre, le soir suivant la perquisition du
campement, les manifestants se sont de nouveau rassemblés dans
la rue devant le poste de police. Ils ont été rejoints
par un groupe de membres du clergé. Les jeunes scandaient
« J'ai mis mes mains sur ma tête, ne me tuez pas ! ».
Avec leurs slogans et en levant leurs mains lors des
manifestations, les manifestants ont montré leur respect pour
Brown ainsi que leur défi envers la police, que même
menacés d'être abattus, les mains en l'air, ils ne
céderont pas.
Peu après 23 heures, la police a dit aux
manifestants
de quitter ou risquer l'arrestation. Les policiers ont commencé
à s'enligner de manière militaire, tenant boucliers et
bâtons. Les membres du clergé se sont agenouillés
pour prier. Deux lignes de jeunes gens ont été
formées. Ils ont demandé aux membres du clergé de
se placer derrière eux afin de
les protéger. Tandis que les policiers s'avançaient, les
jeunes étaient imperturbables, disant qu'ils avaient le droit de
manifester. Ils se sont pris par les bras et ont dit : « Prenez
en un, prenez-nous tous ! » Se tenant ferme, comme ils l'ont fait
à plusieurs reprises, leur manifestation s'est poursuivie. Ce
soir-là, la police s'est retirée.
La lutte à Ferguson se poursuit pour
révéler le caractère injuste et raciste de
l'État américain de haut en bas ainsi que la voie vers
l'avant, lutter pour les droits. Le défi des gens de Ferguson a
été une inspiration pour tous. Les nombreux
résistants ont démontré qu'en prenant les choses
en main et en défendant les droits, nous pouvons priver les
riches et leur police de leur pouvoir de nous priver de nos droits.
C'est l'impunité de la police et du gouvernement qui est le
crime, la résistance est la solution. Ferguson a
été inflexible sur cette question, sa demande pour la
justice. Voice of Revolution exhorte les gens à se
joindre à l'action le 11 octobre et apporter un appui par
d'autres moyens, tels que des rassemblements le 11 octobre et
promouvoir cette lutte pour la justice maintenant !

Rapports de jeunes qui mènent
la résistance à Ferguson
« Dans le
comté de Saint-Louis, la police a une histoire de profilage
racial et d'abus de son autorité. Dans le comté de
Saint-Louis, tout joue contre les jeunes noirs. La mort qui a
frappé prématurément Mike Brown a fait tout
basculer dans le comté de Saint-Louis. Nous croyons qu'il a
été brutalement assassiné. Pendant plus de quatre
heures,
son corps est resté étendu dans les rues du complexe des
appartements résidentiels de Canfield Green. C'est comme s'il a
été publiquement lynché par la police de Ferguson
et son corps a été laissé à la vue de tous
pour inspirer la peur.
« La communauté a répondu à
cet acte répréhensible avec beaucoup de dédain et
la police a déclenché une énorme offensive
militaire préventive. Nous avons subi les gaz
lacrymogènes et avons été tirés dessus dans
la rue avec des balles de bois et de caoutchouc comme si nous
étions des chiens. Je me suis réveillé un matin et
il y avait des
véhicules militaires blindés stationnés au coin de
la maison de ma mère. J'ai vu des hélicoptères et
des avions de chasse volant au-dessus de l'école primaire de mon
enfance. Des Palestiniens nous ont tweeté des conseils sur la
façon de se confectionner des masques à gaz de fortune
à Saint-Louis. Une grande majorité des agents de police
qui ont
tiré sur nous ne vivent même pas dans ou à
proximité des quartiers où ils sont intervenus.
« Il y a un dicton dans la rue: ' Mike Brown
signifie que nous devons riposter. ' Darren Wilson a abattu Mike Brown
et le service de police de Ferguson a tenté de diffamer la
victime. Les jeunes dans la ville de Saint-Louis voient ces actes
répréhensibles comme une déclaration de guerre.
Personne ne s'est concertée. Mike Brown a provoqué
chez les jeunes noirs une étincelle universelle de conscience.
Nous ressentons que tous ceux qui sont dans une position
d'autorité ne
nous respectent pas, comme si nous n'étions pas perçus
comme des humains. Les policiers ne se gênent pas pour nous
comparer à des singes et des chiens. Quelques-uns ont perdu leur
poste à cause de leurs actions, mais un
grand nombre d'eux conservent leur emploi.
« Nous nous sommes retrouvés tout à
coup dans le stationnement du McDonald entourés des membres de
la Garde nationale armés de M-16 pointés vers nous pour
épier nos moindres mouvements. Notre comportement était
tout à fait légal et pacifique ... À ce moment,
j'ai réalisé que c'était à peu près
tout le monde ensemble en opposition à un
ordre tyrannique de la police et de la Garde nationale.
« C'est le moment où je me suis
demandé: ' Pourquoi ai-je voté deux fois pour Barack
Obama ? Pourquoi sommes-nous traités ainsi pour avoir
demandé simplement justice pour notre frère
décédé ? ' J'ai décidé qu'il est
possible que je ne voterai jamais plus pour un autre président
américain pour aussi longtemps que je vivrai. Nous vivons en
Amérique, mais nous ne sommes clairement pas inclus en tant
qu'Américains. Les Américains ne lâchent pas une
force complètement militarisée contre d'autres
Américains. Les Américains ne lancent pas des gaz
lacrymogènes contre d'autres Américains. Les
Américains ne piétinent pas la pelouse d'autres
Américains avec un char d'assaut. Selon
la définition classique, nous sommes encore des pauvres noirs
qui résident en Amérique, mais nous ne sommes pas
considérés égaux face à nos concitoyens et
législateurs américains. Nos espoirs et nos aspirations
ne sont pas valorisés ou respectés. Nos
inquiétudes et préoccupations tombent souvent dans
l'oreille d'un sourd.
« Pendant ce temps, j'ai tiré des enfants
hors des nuages de gaz lacrymogène. J'ai été
témoin de femmes blanches membres du clergé venir prier
collectivement face aux chars d'assaut et aux véhicules
blindés. Une de ces femmes a été impitoyablement
abattue par une balle en caoutchouc par la police, tout en priant pour
la paix. Notre quartier
a été occupé par la police comme si elle
était une armée d'invasion assiégeant leur ennemi
et pillant les restes. On nous a dépouillés de nos droits
civils fondamentaux en nous traitant comme du bétail au nom
d'une expérience sadique en loi martiale. Nous avons
supposé que notre bien-aimé président noir
viendrait à notre défense et parlerait des
dangers de la brutalité policière, du profilage racial et
de la mort malheureuse de Mike Brown. Au lieu de cela, nous nous sommes
sentis comme s'il a endossé ce traitement injuste et
approuvé la force brutale policière affichée
à notre égard ...
« L'ensemble du système est corrompu de
haut en bas. Nous n'allons pas arrêter de nous battre et de
résister à toutes formes de brutalité
policière. Nous pouvons être la minorité dans ce
pays, mais vocalement, nous serons la majorité. Ils ne peuvent
pas nous tuer tous. Ils ne peuvent pas nous jeter tous en prison. Nous
voulons la justice pour
Michael Brown et toutes les victimes de la brutalité
policière. » (Kareem Jackson, militant et rappeur de Tef
Poe)
Le peuple va continuer de lutter
« Ces semaines de la rébellion ont
été définies par quelque chose que les
médias ne vous expliqueront pas. Ils ne vont pas vous dire qu'au
cours de ces manifestations, la jeunesse locale a déjoué
maintes fois le service de la police locale de Ferguson ...
« Ce qu'ils ne vous disent pas, c'est que les
policiers du comté de Saint-Louis ont utilisé des balles
réelles contre des citoyens américains non armés
dans les rues de Ferguson et que le service téléphonique
911 a répondu à vos appels de détresse par: ' Nous
viendrons plus tard '.
«Vous ne savez probablement pas que les soirs
où le couvre-feu de minuit a été mis en vigueur
des heures plus tôt, les services locaux de la police se sont
promenés tout en tirant des balles en caoutchouc pour meurtrir
les corps des jeunes adolescents qui n'avaient pas peur des chars
d'assaut et des véhicules blindés circulant sur l'avenue
Florissant Ouest.
« De mes propres yeux, j'ai été
témoin des (gangs de rue rivales) Bloods et Crips qui se sont
unies pour protéger les femmes et les enfants qui étaient
trop fatigués pour s'enfuir des gaz lacrymogènes, alors
que ces citoyens américains cherchaient simplement à
quitter la scène chaotique approuvée par la Garde
nationale. Les jours où les gens
voulaient juste se réunir pacifiquement et rester sur place,
nous avons été forcés par des tirs provenant de
tireurs embusqués et d'agents équipés d'un
équipement militaire complet, comme en temps de guerre, de
marcher ou d'être arrêtés sous l'accusation
frauduleuse de ' refuser de se disperser '.
« Alors que va-t-il se passer maintenant ? Nous,
le
peuple, allons continuer le combat. Des jeunes gens comme moi se sont
réunis sous la bannière de ' Hands Up United ' et nous
travaillons avec des organisations nationales comme les Dream Defenders
(les défenseurs des aspirations) pour faire de ce mouvement un
mouvement national. Nous
appelons à une période de mobilisation nationale ici,
à Ferguson, du 9 au 13 octobre. Nous devons persister car c'est
notre meilleure chance de se voir accorder la liberté et la
justice pour tous à lesquelles nous avons toujours cru ».
(Taurean Russell, Hands Up United)
C'est le terrorisme policier qui est la vraie violence
« Comment certaines personnes osent-elles
critiquer la résistance de nos jeunes gens face à la
police qui nous terrorise ? C'est le terrorisme policier qui est la
vraie violence ! Ces jeunes hommes et femmes là-bas sont une
source d'inspiration pour le monde entier. Ils se rendent
compte que des gaz lacrymogènes ne vont pas les tuer. Ils ont
connu la douleur et la violence de rue bien avant et donc
ils n'ont pas peur. Un jeune homme à qui nous avons parlé
a dit: ' Comment suis-je censé respecter un couvre-feu s'ils ne
respectent pas la vie humaine ? ' Une autre jeune femme a
déclaré: ' J'ai été poignardée 15
fois et on
m'a tiré dessus deux fois ! Mon oncle vient de sauter du haut
d'un pont et s'est suicidé. Vous pensez que j'ai peur ? '
Grâce aux messages de solidarité des rebelles en Palestine
et en Grèce, ils ont appris à composer avec les gaz
lacrymogènes et à riposter efficacement. Le monopole de
la violence que le système détient a cours depuis trop
longtemps
et ils ont appris comment y faire face de façon efficace...
« Ce sont des jeunes femmes et hommes noirs qui
ont vécu et survécu à des combats de gangs de rue.
Beaucoup se sont fait tirer dessus bien avant et ils sont courageux
face à ces camions lourdement blindés. Ils ont
mené le combat pendant 14 [maintenant presque 50] jours
consécutifs et même s'ils sont inférieurs en nombre
et en puissance
de feu ils reviennent encore et encore. C'est une population
déterminée qui ne s'arrêtera pas jusqu'à ce
que justice soit faite pour Mike Brown et aussi pour leur
communauté entière. » (rappeur Rod Starz de Rebel
Diaz)

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