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Numéro 126 - 9
octobre 2014
Une vaste opposition au projet Kinder
Morgan
Le peuple a le droit de prendre les
décisions
sur les questions qui l'affectent
Rassemblement à Burnaby Mountain le 13
septembre 2014
Une
vaste
opposition au projet Kinder Morgan
• Le peuple a le droit de prendre les
décisions sur les questions qui l'affectent
• Contestations juridiques
• Rassemblement à Burnaby
• La décision de l'Office national de
l'énergie met fin aux levés sur le mont Burnaby
• Les maires et conseillers municipaux
demandent à avoir un mot à dire dans le
développement des ressources et le transport des matières
dangereuses
Une vaste opposition au projet Kinder
Morgan
Le peuple a le droit de prendre les décisions
sur les questions qui l'affectent
L'opposition au projet du monopole pipelinier
américain Kinder Morgan d'augmenter ses expéditions de
bitume d'Alberta vers son terminal de Burnaby s'intensifie et mobilise
de plus en plus de gens. Le pipeline qui est déjà en
opération, le pipeline Trans Mountain, est le seul pipeline qui
transporte du pétrole de l'Alberta vers divers coins de
la Colombie- Britannique et l'État de Washington. Le bitume qui
arrive à Vancouver est chargé sur des pétroliers
au terminal de Westridge situé près de la raffinerie
Chevron dans la baie de Burrard. Les pétroliers transportent le
pétrole à partie du port de Vancouver vers la Mer des
Salish et le détroit Juan de Fuca et font route vers l'Asie et
les
États-Unis.
On lit sur le site web de la compagnie que « Trans
Mountain propose l'expansion de son pipeline de 1150 km entre
Strathcona County (près d'Edmonton) en Alberta et Burnaby en
Colombie-Britannique. Ce projet d'expansion, s'il est approuvé,
va créer un pipeline jumelé qui va accroître la
capacité de production de 300 000 barils par jour à
890 000 barils par jour. »
Le pipeline date de 1953. Il est la
propriété du monopole Kinder Morgan du Texas depuis 2005.
La compagnie essaie de faire approuver son projet d'expansion par
l'Office national de l'énergie. Le nombre de pétroliers
quittant le terminal passerait de 2 à environ 10 par semaine. En
plus de cela, Kinder Morgan propose de draguer la portion
Second Narrows de la baie de Burrard pour donner accès au
terminal Westridge aux pétroliers Suezmax qui sont plus gros que
les pétroliers utilisés présentement.
Bien que Kinder Morgan dise que son projet est un
« jumelage », ses propres cartes indiquent bien que la
route qui est envisagée prévoit un nouveau pipeline qui
passerait par Burnaby, une zone très populeuse du Vancouver
métropolitain. Le pipeline actuel s'est fissuré en 2007,
ce qui a entraîné le déversement de 234 000 litres
dans une zone
résidentielle.
La ville de Burnaby, le conseil de ville de Vancouver et
d'autres conseils de ville se sont joints au mouvement d'opposition qui
a été initié par les Premières Nations
Salish locales, les nations Musqueam, Squamish et Tsleil-Waututh. Elles
s'opposent au projet de Kinder Morgan parce que l'augmentation de
capacité du pipeline et du nombre des
pétroliers dans la baie de Burrard représentent des
risques accrus pour l'environnement urbain et marin. On craint beaucoup
que les monopoles du pétrole, les compagnies de pipeline et les
expéditeurs n'aient en tête que leurs
intérêts privés et non l'intérêt
public du peuple et de l'environnement.
Kinder Morgan a établi des ententes de dix ans
avec des compagnies américaines et chinoises en vertu desquelles
il va leur livrer de plus grandes quantités de bitume. Cela fait
mentir l'argument à l'effet que le pipeline va créer des
emplois bien payés permanents. Les travailleurs de la raffinerie
Chevron rapportent que Kinder Morgan est
intéressé bien plus par l'exportation de bitume brut
à cause des prix élevés outremer que par la
fourniture de pétrole à la raffinerie. Sans
approvisionnement garanti, la raffinerie va devoir fermer et le
Vancouver métropolitain va devoir importer des produits
pétroliers et gaziers de la grande raffinerie de Cherry Point
dans l'État de Washington. Déjà,
trois raffineries voisines de la raffinerie Chevron ont fermé
dans les dernières décennies: Ioco, Shellburn et BA.
Unifor, le syndicat qui représente les travailleurs de Chevron,
a pris position contre l'augmentation de l'exportation du bitume
à l'étranger et demande plutôt qu'il y ait plus de
raffinage domestique et une production et une utilisation plus
rationnelles des sables bitumineux.
Au coeur de l'opposition au projet de Kinder Morgan
comme à celui de Northern Gateway, il y a le fait que les
monopoles et les gouvernements à leur service prennent
eux-mêmes les décisions sur les questions qui affectent le
peuple sans que lui-même y consente ou ait son mot à dire
ou ne contrôle ces décisions.
La résolution du peuple s'est encore
renforcée avec le désastre minier du 4 août dans la
province, qui a révélé que c'est la
déréglementation gouvernementale et
l'autoréglementation par les entreprises qui a
créé les conditions pour la catastrophe. Les faits
montrent que le déversement du contenu des bassins de
résidus aurait pu être évité n'eut
été de la négligence de la compagnie et du
gouvernement. De plus en plus de gens deviennent convaincus que les
intérêts privés se sont emparés des
gouvernements et que le peuple doit s'organiser et résister afin
de protéger l'intérêt public et
l'intérêt général de la
société et priver le doit de monopole de son pouvoir de
supplanter le droit
public.

Contestations juridiques
La résistance contre Kinder Morgan comprend deux
contestations juridiques. La Première Nation Tsleil-Waututh en a
initié une en mai contre l'Office national de l'énergie
(ONE). Les Tsleil-Waututh soutiennent que l'ONE a ignoré les
droits autochtones, dont le droit des Premières Nations de
refuser leur consentement à des projets qui
traversent leurs terres.
La deuxième poursuite concerne la ville de
Burnaby qui conteste le droit de Kinder-Morgan, lui aussi
accordé par l'ONE, de faire de la coupe d'arbres sur la montagne
Burnaby afin de voir si le terrain est suffisamment stable pour qu'on
creuse un tunnel dans la montagne. La Cour suprême de la
Colombie-Britannique a rejeté l'injonction de la
ville tandis que l'ONE a rejeté récemment la demande
d'injonction de Kinder-Morgan visant à empêcher la ville
de Burnaby de faire appliquer ses règlements en faisant valoir
que cela demanderait une contestation constitutionnelle. Cette
décision arrête le projet d'exploration sur la montagne
Burnaby pour le moment.
Dans le cadre de son conflit avec la ville, Kinder
Morgan a menacé d'abandonner le projet de tunnel dans la
montagne Burnaby et de retourner à son tracé originel
dans les quartiers très populeux de Burnaby. La compagnie a
envoyé une lettre aux résidents déclarant que
l'oléoduc irait de l'avant d'une façon ou d'une autre. La
compagnie y
disait que les résidents seraient sages d'appuyer son plan de
tunnel dans la montagne plutôt que voir le nouvel oléoduc
serpenter dans les rues de la ville.
L'intimidation organisée par l'État contre
les opposants au projet a aussi augmenté. Le service de
renseignement de la GRC a ouvert une enquête sur une
résidente de Burnaby pour simplement avoir photographié
les installations de réservoirs de Kinder-Morgan alors qu'elle
était de l'autre côté de la clôture.
Les orateurs au rassemblement à la montagne
Burnaby contre la proposition d'oléoduc, le 13 septembre, ont
dit que les gens doivent tenir tête au droit de monopole. Les
gens réalisent de plus en plus qu'au nom des « emplois
» et de « l'économie », les gouvernements
Harper et Clark soutiennent le droit privé de monopole,
particulièrement le
droit des extracteurs de pétrole et de gaz de fouler aux pieds
le droit public et les intérêts publics. Cela doit
changer. Le peuple doit avoir le pouvoir politique de dire son mot et
de contrôler les décisions qui l'affectent.
La nation Tsleil-Waututh entreprend une poursuite
légale
Le 2 mai dernier, la nation Tsleil-Waututh a émis
le communiqué de presse suivant:
« Aujourd'hui, la nation Tsleil-Waututh, 'le
peuple d'Inlet', lance une poursuite légale contre
l'évaluation qu'a faite l'Office national de l'énergie
(ONE) du projet de pipeline et de pétrolier Kinder Morgan Trans
Mountain. La Nation déclare que les erreurs légales
sérieuses qu'ont faites la Couronne fédérale et
l'ONE ont mené à un processus
défaillant et illégal qui met à risques Burrard
Inlet et tous ceux qui y vivent. C'est la première contestation
légale que fait une Première Nation de cette proposition
de nouveau pipeline et cette contestation impose au projet un
délai sérieux et le rend très incertain.
« La Couronne et l'ONE violent notre titre et nos
droits autochtones. Le processus d'examen de la proposition de pipeline
et de pétrolier de Kinder Morgan a été
conçu sans la consultation et la participation des
Premières Nations. Le calendrier semble avoir été
conçu pour que le projet soit approuvé à toute
vapeur », déclare la chef de la nation
Tsleil-Waututh Maureen Thomas.
« Les documents légaux qui seront
déposés aujourd'hui à la Cour d'appel
fédérale vont démontrer qu'entre autres choses
l'ONE n'avait pas l'autorité légale de commencer l'examen
parce que le gouvernement fédéral n'avait pas
procédé à la consultation préalable de la
nation Tsleil-Waututh sur des questions clés comme
l'évaluation
environnementale et l'examen réglementaire du projet. On
trouvera en cliquant ici du matériel de référence
sur la poursuite. »
« Nos lois établissent un lien
sacré, la responsabilité de veiller sur nos terres, notre
air et nos cours d'eau. Le gouvernement fédéral nous a
forcés à nous adresser au tribunal pour nous
défendre et défendre notre territoire. Nous allons
combattre par tous les moyens légaux ce processus
d'évaluation unilatéral et à sens unique et le
projet lui-même
», a dit Rueben George, le responsable du lien sacré et de
l'engagement public de la nation Tsleil-Waututh.
Selon le processus à sens unique, les
aînés Tsleil-Waututh pourraient être
contre-interrogés par les avocats de la compagnie tandis que les
experts et les représentants de la compagnie ne seraient pas
tenus de témoigner eux-mêmes sous serment.
« Notre poursuite s'adresse au coeur même de
l'assertion de la Couronne à l'effet qu'elle peut prendre des
décisions unilatérales au sujet de nos territoires
», poursuit la chef Maureen Thomas.
« Notre nation a l'autorité en vertu de
l'autonomie gouvernementale d'évaluer les projets selon sa
propre loi et de prendre des décisions qui affectent notre
territoire. » Les lois d'évaluation environnementales du
Canada reconnaissent cette juridiction, et le gouvernement est
forcé de paraître en cour aujourd'hui parce qu'il a failli
à son devoir de
nous consulter et de coopérer avec nous. Nous faisons appliquer
nos propres lois. Nous faisons appliquer la loi environnementale
canadienne. »
S'il est approuvé, le projet de Kinder Morgan va
accroître le transport du pétrole des sables bitumineux de
son niveau actuel d'environ 300 000 barils par jour à 890 000
barils par jour. Cela représente sept fois plus de
pétroliers qui vont naviguer de Burrard à la Mer des
Salish, ce qui va augmenter les échouements, les accidents, les
incidents,
les fuites et les déversements de pétrole.
Un déversement de pétrole sérieux
endommagerait l'environnement marin déjà perturbé,
pourrait détruire les stocks de saumons et contaminerait encore
plus les bancs de coquillages et supprimerait les droits de pêche
et de récolte des autochtones.
La nation Tsleil-Waututh est une communauté
côtière Salish vibrante et progressiste d'environ 500
membres. Elle habite le long des côtes de Burrard Inlet au nord
de Vancouver tout près du terminal de Burnaby du pipeline Trans
Mountain de Kinder Morgan.
L'Initiative du lien sacré de la nation a comme
mission de s'opposer et d'arrêter le projet de pipeline
Trans Mountain de Kinder Morgan. Pour plus d'information, visiter:
www.twnsacredtrust.ca and follow the Sacred Trust
Initiative on Twitter: @TWNSacredTrust.

Rassemblement à Burnaby
Plus de 500 personnes ont participé à un
rassemblement au sommet de la montagne Burnaby le 13 septembre,
organisé par Burnaby Residents Opposing Kinder-Morgan Expansion
(Résidents de Burnaby opposés à l'expansion de
Kinder-Morgan - BROKE). Y ont pris la parole le maire de Burnaby Derek
Corrigan, le président de l'Union des
chefs indiens de Colombie-Britannique le grand chef Stewart Phillip, le
député NPD de Burnaby-Douglas Kennedy Stewart et Eugene
Kung, conseiller principal chez West Coast Environmental Law.
Burnaby, une ville qui fait partie de la région
métropolitaine de Vancouver, est le site du terminal Westridge
où l'oléoduc de Kinder-Morgan aboutit
présentement. Au terminal Westridge, 300 000 barils sont
chargés quotidiennement dans des pétroliers.
L'approbation du plan de Kinder-Morgan d'augmenter la quantité
de pétrole expédié au
terminal Westridge nécessiterait l'expansion du terminal,
l'augmentation de la taille de l'oléoduc de même qu'un
nouvel oléoduc et résulterait en une grande augmentation
de la quantité de pétroliers qui voyagent par l'Anse
Burrard et la mer de Salish, transportant le pétrole pour
l'exportation. Kinder-Morgan est impliqué activement dans
l'exploration afin de déterminer un nouveau tracé
d'oléoduc ce qui implique la coupe d'arbres dans l'aire de
conservation de la montagne Burnaby qui appartient à la ville de
Burnaby.
Le maire Corrigan a dit que le conseil municipal tout
entier de Burnaby est opposé au projet de Kinder-Morgan de
construire un tunnel à travers la montagne Burnaby ou encore de
faire passer un pipeline dans l'aire de conservation de la montagne
Burnaby. Mettant en lumière l'histoire progressiste des
résidents du Vancouver métropolitain,
incluant Burnaby, Corrigan a parlé de l'opposition des
résidents au danger de guerre nucléaire, de la lutte
qu'ils ont menée contre la guerre du Vietnam et de leur
opposition au racisme et à la discrimination contre les femmes.
Corrigan a dit que la lutte actuelle est dirigée contre «
la culture d'entreprise, l'idée que des multinationales peuvent
devenir plus grosses et plus puissantes que des pays ».
Ces compagnies ont des employés à temps
plein qui font du lobbying dans des endroits comme Ottawa pour
convaincre les politiciens qu'ils ont les mêmes
intérêts que les multinationales, a dit Corrigan. Les
multinationales n'agissent pas dans le meilleur intérêt
des citoyens canadiens mais dans leurs propres intérêts,
a-t-il souligné. Dans le cas
de Kinder-Morgan, il a expliqué que la compagnie a dit à
l'Office national de l'énergie qu'elle avait besoin de plus
d'argent pour préparer la présentation de son projet.
L'Office leur a attribué 135 millions $ sous la forme d'un tarif
spécial sur le pétrole qu'ils expédient, qui sera
payé par les consommateurs, non taxable, pour aider la compagnie
à
monter son dossier en vue de l'approbation du projet. Le
président de Kinder-Morgan Ian Anderson s'est vanté lors
de la dernière assemblée générale annuelle
que la présentation du projet ne va rien coûter aux
actionnaires parce que ce sont les Canadiens qui vont en payer les
frais.
Le maire Corrigan a dit que bien que le projet ait
été décrit comme un « jumelage » de
l'oléoduc actuel, Kinder-Morgan n'a jamais eu l'intention
d'utiliser le droit de passage existant. Si le plan de creuser un
tunnel à travers la montagne Burnaby est jugé dangereux
d'un point de vue sismique, la ville de Burnaby croit que Kinder-Morgan
va
déterminer un tracé dans l'aire de conservation de la
montagne Burnaby qui pourrait être utilisé. Il a dit que
le conseil municipal de Burnaby, appuyé par celui de Vancouver
et d'autres villes, est opposé à la proposition de
Kinder-Morgan parce qu'entre autres choses elle va multiplier de 7 fois
le danger d'une marée noire dans l'Anse Burrard qui
serait catastrophique pour la population et l'environnement.
Eugene Kung, le conseiller principal chez West Coast
Environmental Law, a rappelé aux participants que Kinder-Morgan
veut non seulement creuser à travers le parc de la montagne
Burnaby, mais a aussi demandé au gouvernement de la
Colombie-Britannique de construire son oléoduc à travers
quatre parcs provinciaux. Cela a été rendu
possible par une nouvelle loi que l'Assemblée législative
a adoptée en février dernier, qui ouvre les parcs de la
Colombie-Britannique au développement industriel.
Kung a dit que la résistance à cette
multinationale géante doit défier les règles
conventionnelles. Il a parlé du jugement de la Cour
suprême en faveur de la nation Tsilhqot'in qui reconnaît le
caractère collectif des droits de titre ancestraux et du droit
des générations futures de bénéficier de
ces terres. Il a dit que les gens devraient défendre leurs
actifs comme les parcs en tant que droits collectifs eux aussi, qui
doivent être remis aux générations futures.
Le grand chef Stewart Phillip a tout d'abord
remercié la première nation hôtesse de la
région. Il a parlé de l'opposition des
intérêts du peuple, des Premières Nations et de
tous ceux qui se sont établis et travaillent en
Colombie-Britannique, aux intérêts des multinationales qui
se reflètent dans les actions du gouvernement. Il a dit que
lorsque
plus de 200 chefs des Premières Nations en Colombie-Britannique
ont rencontré le cabinet libéral le 11 septembre et
travaillé à la rédaction d'un communiqué
conjoint, ils ont été choqués d'apprendre que le
communiqué avait été montré au Conseil des
entreprises de Colombie-Britannique avant la rencontre. Cela montre
bien à qui le gouvernement
Clark rend des comptes.
Le grand chef Phillip a dit que le gouvernement Harper
n'est pas différent. De plus, c'est encore plus urgent de lutter
pour défendre les droits du peuple contre les
intérêts des multinationales comme Kinder-Morgan suite
à la nomination de Jim Prentice comme nouveau premier ministre
de l'Alberta. Prentice est un ancien employé d'Enbridge et
son travail était de gagner les nations autochtones au projet
d'oléoduc Northern Gateway.
Sous les applaudissements, le grand chef a dit que le
peuple, par ses actions unies, est la force qui peut arrêter
Kinder Morgan.

La décision de l'Office national de
l'énergie met fin
aux levés sur le mont Burnaby
Au début de septembre, Kinder Morgan a
commencé des levés sur le mont Burnaby dans une zone de
conservation contrôlée par la ville de Burnaby, en
effectuant des forages et de l'abattage d'arbres. L'entreprise a
déclaré que cette opération soudaine fait partie
des préparatifs pour mettre en oeuvre sa proposition d'augmenter
l'expédition de
bitume par oléoduc de l'Alberta à ses réservoirs
d'entreposage et son terminal maritime de Westridge, situé
à Burnaby.
La ville a émis une ordonnance d'arrêt des
travaux le 3 septembre, affirmant que les règlements municipaux
interdisent les actions de la firme dans une zone de conservation. La
ville est disposée à permettre à l'entreprise
d'effectuer des levés « non destructeurs ».
Le porte-parole de Kinder Morgan a déclaré
que l'entreprise agit conformément à la Loi sur
l'Office national de l'énergie, partie V, « Pouvoirs
des compagnies », selon l'article 73, qui stipule, en partie:
« Sous réserve des autres dispositions de
la présente loi et de toute loi spéciale la concernant,
la compagnie peut, dans le cadre de son entreprise :
a) pénétrer sans autorisation sur tout
terrain, appartenant ou non à la Couronne et situé sur le
tracé de son pipeline, et y faire les levés, examens ou
autres préparatifs requis pour fixer l'emplacement de celui-ci
et marquer et déterminer les parties de terrain qui y seront
appropriées; »
La ville de Burnaby allégue qu'elle exerce son
droit d'appliquer ses règlements. Le maire Corrigan a
été cité dans le Vancouver Observer:
« Il est étonnant qu'en tant que société
privée, Kinder Morgan pense qu'elle a le droit de passer outre
aux souhaits de nos citoyens et des lois qui ont été
mises en place pour tenir compte de
l'importance que nos citoyens accordent à ces
écosystèmes vulnérables irremplaçables.
»
Kai Nagata, directeur de l'énergie et de la
démocratie auprès de l'organisme Dogwood Initiative, est
cité dans un article sur le site web Desmog Canada dans lequel
il indique que l'Office national de l'énergie (ONÉ) ne
fournit aucun forum légitime qui permette d'évaluer la
pertinence d'un projet d'oléoduc: « Il n'y a pas de forum
démocratique crédible pour contester ces projets mais, en
attendant, Burnaby tente de toutes les façons d'affirmer sa
compétence juridique limitée afin de faire valoir son
opposition à ce projet au niveau de la gouvernance. On peut se
poser la question à savoir où la province se situe dans
tout cela. Si la ville de Burnaby peut retarder ce projet
pendant sept mois et émettre des ordonnances de suspendre les
travaux, et mettre ainsi des bâtons dans les roues de Kinder
Morgan, qu'est-ce que la province attend pour représenter ses
électeurs et défendre l'intérêt public avec
les ressources et les compétences à sa disposition ? Je
pense que ce que nous voyons ce sont essentiellement des dirigeants
provinciaux qui se lavent les mains de toute cette lutte et laissent
cela entre les mains des Premières Nations, des
municipalités et des citoyens plutôt que d'assumer leurs
responsabilités. »
Le 17 septembre, la juge de la Cour suprême de
Colombie-Britannique, Brenda Brown, a rejeté la demande de la
ville pour une injonction visant à empêcher Kinder Morgan
de procéder aux travaux de levés. La ville a alors
déposé une poursuite au civil pour réclamer que le
régulateur fédéral n'exempte pas l'entreprise des
règlements
municipaux.
Kinder Morgan a ensuite déposé une motion
exigeant que l'Office national de l'énergie (ONÉ)
interdise à la ville d'entraver son travail.
Le 25 septembre, l'ONÉ a rejeté la demande
de Kinder-Morgan, selon le motif que la question de savoir si les
règlements de la ville de Burnaby ont force de loi ou non est
une question constitutionnelle. Pour que l'Office se prononce, il faut
que l'entreprise serve une mise en demeure aux procureurs
généraux du Canada et aux provinces.
Cela permet d'arrêter efficacement les
levés que Kinder Morgan prétend devoir faire pour
évaluer son projet de tunnel sous le mont Burnaby. Si
l'entreprise conteste la décision de l'ONÉ, elle devra
présenter une contestation constitutionnelle complexe qui mettra
sur la table la question de savoir si les pouvoirs des compagnies de
pipeline
supplantent les règlements municipaux.
À titre d'information
Voici le texte du communiqué du 25 septembre de
l'Office national de l'énergie:
« L'Office national de l'énergie exige un
avis de question constitutionnelle avant d'étudier la demande
d'ordonnance
CALGARY - L'Office national de l'énergie exige
que Trans Mountain Pipeline ULC (Trans Mountain) signifie un avis de
question constitutionnelle avant de se pencher sur la demande de
celle-ci visant à obtenir une ordonnance lui donnant
accès au mont Burnaby. La société avait
déposé cette requête dans le but de pouvoir mener
des études et
faire des relevés dans cette région dans le cadre du
projet d'agrandissement de son réseau pipelinier.
Dans sa décision [Dépôt A63041],
rendue aujourd'hui, l'Office a déclaré que la
requête déposée par Trans Mountain soulève
une question constitutionnelle relativement à
l'applicabilité des règlements administratifs de la Ville
de Burnaby à la société qui exerce les pouvoirs
que lui accorde la Loi sur l'Office national de l'énergie et
à la
pertinence d'empêcher la Ville de faire exécuter ces
règlements.
Ni Trans Mountain ni la Ville de Burnaby n'ont encore
transmis d'avis officiels aux procureurs généraux du
Canada et des provinces, comme cela est exigé lorsqu'une
question constitutionnelle est soulevée. Par conséquent,
l'Office ne peut se pencher sur la requête déposée
tant qu'un tel avis n'a pas été donné.
Selon l'Office, puisque c'est Trans Mountain qui demande
qu'une ordonnance à l'encontre de la Ville de Burnaby soit
rendue, c'est à elle qu'il revient de donner l'avis en question.
L'Office a indiqué que, si Trans Mountain choisit la voie
constitutionnelle, il tranchera la question rapidement. »

Les maires et conseillers municipaux demandent à
avoir un mot à dire dans le développement des ressources
et le transport des matières dangereuses
Le congrès annuel de l'Union des
municipalités de la Colombie-Britannique s'est tenu du 22 au 26
septembre à Whistler. Le dernier jour du congrès, des
résolutions d'urgence ont été adoptées au
sujet de l'expansion proposée de l'oléoduc Kinder Morgan
et du processus d'approbation du gouvernement fédéral.
Les résolutions, soumises par
Burnaby, Victoria et Vancouver demandent des audiences publiques avant
que l'ONE ne prenne sa décision, une évaluation
environnementale indépendante du projet par la province et que
l'ONE développe des plans spécifiques aux sites pour
faire face à un déversement de bitume dilué, ainsi
qu'une évaluation provinciale de ces plans.
Le congrès a battu une résolution de
Burnaby qui s'opposait purement et simplement au plan d'expansion de
Kinder Morgan.
L'expansion de l'oléoduc de Kinder Morgan est
particulièrement préoccupante pour les
municipalités du Vancouver métropolitain en raison
à la fois du danger accru posé par l'oléoduc
lui-même et l'énorme augmentation du trafic de
pétroliers, puisque la capacité augmentée est
destinée à l'exportation. Des préoccupations
semblables ont mené
les Premières Nations et des milliers de résidents de la
Colombie-Britannique à s'opposer à l'oléoduc
Northern Gateway à Kitimat sur la côte nord et au trafic
accru de pétroliers.
Le danger pour l'environnement d'un déversement
catastrophique de pétrole et le manque de confiance dans les
monopoles de les prévenir ou de leur capacité de les
contrôler et les nettoyer sont des préoccupations majeures
qui poussent les conseils municipaux à demander des comptes aux
gouvernements fédéral et provincial et d'avoir leur mot
à dire dans les décisions qui affectent leurs
communautés.
Dans cet esprit, le congrès a adopté une
résolution demandant au gouvernement fédéral de
restreindre immédiatement l'utilisation des vieux wagons, qui
doivent être retirés du service d'ici 3 ans, dans le
transport des liquides volatils.

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