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Numéro 125 - 8
octobre 2014
69e session de l'Assemblée
générale des Nations unies
La demande de traiter des questions de
la guerre,
de la paix et du bien-être des peuples se heurte
aux objectifs intéressés des États-Unis et
des puissances de la vieille Europe
69e
session
de
l'Assemblée
générale des Nations unies
s'ouvre à New York
• La demande de traiter des questions de la
guerre, de la paix et du bien-être des peuples se heurte aux
objectifs intéressés des États-Unis et des
puissances de la vieille Europe
La négation des
droits des Premières Nations par le gouvernement Harper
• Le Canada défend les standards les
plus bas à la première Conférence mondiale sur les
peuples autochtones - Matthew Coon Come
69e session de l'Assemblée
générale des Nations unies
La demande de traiter des questions de
la guerre,
de la paix et du bien-être des peuples se heurte
aux objectifs intéressés des États-Unis et
des puissances de la vieille Europe
La 69e Assemblée générale des
Nations unies s'est ouverte à New York le 16 septembre. Le
thème de l'Assemblée générale cette
année est: « Élaborer et concrétiser un
programme de développement porteur de transformation pour
l'après-2015 ».
Une des rencontres de haut niveau qui débute
chaque session est le Débat général, qui s'est
tenu cette année du 24 au 30 septembre, où les
États membres de l'ONU ont discuté du thème de
l'Assemblée et exprimé leurs préoccupations.
Pendant ces six jours, il y a eu 196 intervenants dont les
représentants de tous les 193 États membres de
l'ONU et ceux de l'État observateur du Saint-Siège,
de l'État observateur de Palestine et de la
délégation de l'Union européenne. Ils ont
parlé entre autres questions de la crise en Ukraine, du conflit
actuel en Irak et en Syrie et de l'épidémie
d'Ebola qui frappe les nations africaines.
Le Secrétaire général de l'ONU Ban
Ki-moon a ouvert le débat en présentant le rapport annuel
de l'organisation. « Jamais, depuis la fin de la Deuxième
Guerre mondiale, n'y avait-il eu tant de réfugiés, de
déplacés et de demandeurs d'asile. Jamais auparavant
l'ONU n'avait-elle été mise à contribution pour
aider tant de gens en leur apportant
des secours alimentaires d'urgence et d'autres articles de
première nécessité », a-t-il dit.
Un des traits saillants du débat était la
division qui existe sur ces sujets entre d'une part les
États-Unis, les grandes puissances de la vieille Europe et leurs
alliés et d'autre part les pays petits et en voie de
développement. Les impérialistes suivent leur politique
de longue date d'appuyer l'ONU seulement si celle-ci peut être
manipulée et servir
leurs objectifs étroits et intéressés.
Le chef de file impérialiste américain
Barack Obama a prononcé son discours à l'Assemblée
le 24 septembre. Il a présenté son interprétation
de la mission fondamentale de l'ONU: « Les Nations unies ont
été fondées par 51 pays en 1945 après la
Deuxième Guerre mondiale. Dans un monde encore marqué par
l'agression territoriale de nations
en guerre, l'ONU s'est engagée à maintenir la paix et la
sécurité internationale, à développer de
meilleures relations entre les nations et à promouvoir le
progrès social, le niveau de vie et les droits humains
universels de toute l'humanité. »
Ce sont des paroles en l'air. Obama omet
délibérément tous les principes de l'ONU qui
visent à assurer que la paix internationale est maintenue. On
pense en particulier à la mission d'assurer que
l'humanité ne sera jamais plus confrontée à une
guerre mondiale, à la question de soutenir le principe de
l'égalité et de la souveraineté de toutes les
nations et que les conflits entre nations doivent être
résolus sans l'usage de la force. Il ne faut pas que la loi du
plus fort s'applique. L'interprétation corrompue d'Obama des
objectifs de l'ONU a donné le ton au reste de son discours dans
lequel il a affirmé que les États-Unis, au nom de la paix
et de la justice, ont pleinement l'intention de violer
ces principes dans le but de justifier leur course à la
domination mondiale.
En ce qui concerne la situation en Ukraine,
Obama a
prêché, cherchant à se présenter comme le
champion de la moralité afin d'isoler la Russie bien que les
États-Unis soient eux-mêmes coupables de toutes les
accusations qu'ils portent contre la Russie. Il a dit: « C'est
une conception du monde basée sur la loi du plus fort, un monde
dans
lequel les frontières d'un pays peuvent être
redessinées par un autre pays... Les États-Unis
professent une vision différente. Selon nous, la puissance doit
reposer sur le droit, les plus grands pays ne devraient pas être
capables d'intimider les pays plus petits et les peuples doivent
être capables de choisir leur propre avenir. »
C'est ainsi qu'Obama défend l'exceptionnalisme
américain en affirmant que les États-Unis sont moralement
intouchables et soutiennent les valeurs universelles. Ils auraient donc
le droit d'eux-mêmes décider ce qu'ils doivent faire et ce
qui est bon pour les autres et tous doivent se soumettre sinon
l'humanité « va retourner aux rivalités
destructrices du passé ».
En ce qui concerne l'État islamique d'Irak et du
Levant (EIIL), Obama essaie d'en faire une question de religion, de
rassembler les croyances et de s'opposer au sectarisme et à
l'extrémisme. De cette façon, la discussion est
censée ne pas traiter de comment l'impérialisme a
déstabilisé l'humanité par les invasions, les
frappes de drones et
d'autres formes de terreur d'État, par la fomentation de guerres
civiles, l'instigation de coups, l'armement de groupes
contre-révolutionnaires/terroristes /paramilitaires qui
reviennent aujourd'hui hanter les États-Unis. « Nous avons
besoin d'un nouveau pacte entre les peuples civilisés du monde
qui vise à éradiquer la guerre dans son fondement
même qui est la corruption des jeunes esprits par une
idéologie violente », a dit Obama.
Le premier ministre Harper a prononcé son
discours le 25 septembre. En tant que personne dont le rôle a
été d'annexer le Canada aux États-Unis des
monopoles d'Amérique du Nord et aux objectifs des
impérialistes américains, Harper a parlé comme
Obama et dit que le conflit entre les peuples aujourd'hui est un
conflit essentiellement entre le
civilisé et le non civilisé, que le Canada fait partie
des forces civilisées et partant moralement supérieures:
« Le monde souhaité par le Canada est celui
que souhaitaient les fondateurs des Nations unies dès le
début, comme l'exprime audacieusement leur déclaration de
1942 : et je cite, un monde où on se porte à la
défense de la vie, de la liberté, de
l'indépendance et de la liberté de religion, où
les droits humains et la justice sont préservés et
où tous
font front commun dans la lutte contre les forces sauvages et brutales
qui cherchent à subjuguer le monde. » Cette vision
réactionnaire qui oppose barbares inhumains et gens
civilisés est un anathème au fondement même de
l'ONU.
Harper a longuement parlé de la question de la
santé des mères et de leurs enfants qui a servi au Canada
à se placer sur divers projets de l'ONU sur le sujet. Harper n'a
rien dit de ce qui se passe au Canada, où son gouvernement a
bloqué le plan d'établir un programme national de
garderies et comment cela a nui au bien-être des mères et
des
enfants au Canada. Il n'a pas dit que son gouvernement refuse de mener
une enquête nationale sur les femmes et jeunes filles autochtones
qui ont disparu ou ont été tuées bien que le
Rapporteur spécial de l'ONU en ait demandé une en mai
dernier. Il n'a pas mentionné non plus la participation du
Canada dans les guerres impérialistes en
Afghanistan, en Irak et en Libye, de même que son appui total
aux crimes de guerre d'Israël qui ont causé la mort et la
dévastation parmi les mères et les enfants.
Le premier ministre britannique David Cameron a
prononcé son discours le 24 septembre. Il a parlé des
« tests extraordinaires à nos valeurs et à notre
résolution » qui sont posés en Ukraine, au
Moyen-Orient et par l'épidémie d'Ebola, mais
surtout par la menace de l'EIIL. Alors que les États-Unis, le
Canada, le Royaume-Uni et d'autres pays
ont entrepris une soi-disant « guerre à la terreur
», Cameron a dit sans ironie qu'il faut apprendre des
leçons du passé, en particulier de ce qui s'est
passé en Irak il y a 10 ans. Il a dit qu'il faut en tirer les
leçons qui s'imposent, lesquelles demandent d'agir mais d'agir
différemment.
Comme Obama, Cameron a rejeté toute
responsabilité face à la façon dont
l'impérialisme a déstabilisé le monde. Il a dit
que la question est de défaire l'extrémisme islamique
tout en ajoutant que le problème n'a rien à voir avec
l'Islam et il a appelé les musulmans et leurs gouvernements
à « se réapproprier leur religion ». Il a
appelé à la
nomination d'un Représentant spécial de l'ONU sur la
question de l'extrémisme. Il a ajouté que le monde
« ne doit pas faire de compromis et que nous devons utiliser tous
les moyens à notre disposition, y compris la force militaire,
pour traquer ces extrémistes ».
Les dirigeants européens ont pris la parole le 25
septembre et appelé à une action concertée pour
faire face aux événements qui ont fait de 2014 une
année terrible, avec notamment « l'agression russe »
en Ukraine et l'EIIL.
Parlant de la crise en Ukraine, le président de
l'Union européenne Herman van Rompuy a dit que la situation qui
y prévaut « dépasse le continent européen.
La question en jeu est le rejet de la force, la défense de la
primauté du droit que soutient notre société des
nations ». Comme Obama et les autres, il a fait de la
désinformation sur le
référendum en Crimée, disant du même souffle
que la décision par une majorité écrasante de se
joindre à la Russie était une annexion puis que l'Union
européenne « est fermement solidaire avec l'Ukraine; le
peuple ukrainien a le droit de décider lui-même de son
destin politique ».
Plusieurs autres dirigeants européens ont
parlé dans la même veine et cherché à isoler
la Russie pour avoir soi-disant violé le droit international
alors qu'eux-mêmes ont demandé une action militaire ferme
pour combattre l'EIIL ce qui est totalement contraire aux normes de
l'ONU qui soutiennent la paix et la primauté du droit
international.
Plusieurs autres pays ont parlé de leurs
préoccupations sur ces questions, mais en ont traitées
dans le cadre de la primauté à assurer aux structures et
aux principes de l'ONU dans les affaires du droit international et de
la question de la guerre et de la paix. Cela faisait vraiment contraste
avec la vision des États-Unis, de l'Union européenne et
d'autres à l'effet que l'ONU soutient des « valeurs
civilisées universelles » indéterminées.
Le ministre des Affaires étrangères russe,
Sergey Lavrov, a dit qu'il faut une approche globale du terrorisme et
proposé que le Conseil de sécurité de l'ONU fasse
une enquête détaillée sur tous les aspects du
terrorisme au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, ajoutant que la
dépossession des Palestiniens qui se poursuit toujours en est un
des
facteurs principaux. Il a également dénoncé
l'hypocrisie des États-Unis et de leurs alliés avec leurs
accusations contre la Russie sur la question de la crise en Ukraine.
Le président Hifikepunye de Namibie a dit que les
crises multiples auxquelles l'humanité fait face, de
l'épidémie d'Ebola en Afrique de l'Ouest au
conflit armé, au terrorisme et au développement durable,
peuvent être résolues si les États suivent les
principes de l'ONU. « Ces défis ne sont pas insurmontables
», a-t-il dit.
En ce qui concerne la situation au Moyen-Orient, Cuba a
dénoncé avec une vigueur particulière les
États-Unis pour leurs actions militaires illégales contre
l'Irak et la Syrie.
De nombreux pays ont réitéré la
nécessité d'une réforme de l'ONU, en particulier
de son Conseil de sécurité, justement parce qu'il
favorise les grandes puissances et ne permet pas la participation ou la
représentation d'autres pays ou qu'il est utilisé pour
exercer le chantage sur les petits pays et violer leur
souveraineté. Plusieurs pays qui sont
menacés par l'impérialisme ont affirmé leur droit
d'être. La République populaire démocratique de
Corée a souligné l'importance de la réunification
de la Corée comme seule voie pour éviter la guerre et
sauvegarder la paix sur la péninsule coréenne et dans la
région.
Plusieurs pays, surtout ceux qui sont exploités
par les puissances coloniales, ont parlé du besoin urgent d'un
développement qui améliore le bien-être de leurs
peuples. De nombreux pays africains ont exprimé leurs
préoccupations et présenté leurs propositions pour
faire avancer leur développement. Le représentant de Cuba
a fait remarquer
qu'on ne peut pas traiter en profondeur du problème de
l'épidémie d'Ebola qui frappe les pays africains
sans traiter du besoin de développement. La présidente du
Pérou Ollanta Humala a dit que le développement doit
être
conforme aux principes fondamentaux de la Charte de l'ONU.
Toujours sur la question de la souveraineté et du
développement, plusieurs pays ont dénoncé les
États-Unis pour leur blocus de Cuba qui se poursuit toujours,
une violation du droit international qui entrave le
développement du pays et les relations normales entre nations.
Le Débat général a une fois de plus
illustré à quel point la course des États-Unis
à la domination mondiale et sa rivalité avec les autres
grandes puissances constituent un grave danger pour les peuples du
monde. Il faut s'opposer à l'abus que les États-Unis et
d'autres commettent contre l'ONU sous couvert de grands idéaux.
Les Canadiens ne
doivent pas non plus être trompés par le souci humanitaire
frauduleux du gouvernement Harper pour le bien-être des
mères et des enfants alors qu'il augmente la participation
militaire du Canada dans les guerres et les agressions illégales
des États-Unis à l'étranger et mène une
offensive antisociale brutale au pays.
La 69e session annuelle de l'Assemblée
générale de l'ONU
La 69e session annuelle de l'Assemblée
générale de l'ONU s'est ouverte le 16 septembre au
siège des Nations unies à New York.
Les réunions de haut niveau suivantes se sont tenues du 22 au 30
septembre.
22 septembre: Mise à jour sur le Programme
d'action de la Conférence internationale sur la population et le
développement
23 septembre: Sommet sur le climat
22-23 septembre: Conférence mondiale sur les
peuples autochtones
24-30 septembre: Débat général
Selon le site web de l'ONU, « l'Assemblée
générale est le principal organe
délibérant, directeur et représentatif de l'ONU.
Composée des représentants des 193 États Membres
de l'Organisation, elle offre un forum multilatéral de
discussion unique sur tout l'éventail des questions
internationales abordées dans la Charte. »
Le thème principal de la 69e Assemblée
générale, « Élaborer et concrétiser
un programme de développement porteur de transformation pour
l'après-2015 », a été choisi par le
président de l'Assemblée générale pour sa
69e session annuelle, l'ancien ministre des Affaires
étrangères de l'Ouganda Sam Kutesa.
Parmi les autres réunions d'importance, on compte
le sommet du Conseil de sécurité le 24 septembre sur le
thème des combattants terroristes étrangers, qui a
été présidé par le président des
États-Unis Barack Obama. Le Secrétaire
général Ban Ki-moon a présidé une session
le 25 septembre sur la réponse internationale à la crise
de l'Ebola en
Afrique de l'Ouest.
L'Assemblée générale a six grandes
Commissions: la Commission des questions de désarmement et de
sécurité internationale (première commission); la
Commission économique et financière (deuxième
commission); la Commission des questions sociales, humanitaires et
culturelles (troisième commission); la Commission des questions
politiques spéciales et de la décolonisation
(quatrième commission); la Commission des questions
administratives et budgétaires (cinquième commission) et
la Commission des questions juridiques (sixième commission).
À la plénière du 19 septembre, un
ordre du jour de l'Assemblée générale a
été adopté qui comprend les sujets de discussion
suivants à être traités par ces six grandes
Commissions:
A. Promotion d'une croissance économique soutenue
et d'un développement durable, conformément aux
résolutions de l'Assemblée générale et aux
décisions issues des récentes conférences des
Nations unies
B. Maintien de la paix et de la sécurité
internationales
C. Développement de l'Afrique
D. Promotion des droits de l'homme
E. Efficacité de la coordination des
opérations d'assistance humanitaire
F. Promotion de la justice et du droit international
G. Désarmement
H. Contrôle des drogues, prévention du
crime et lutte contre le terrorisme international sous toutes ses
formes et dans toutes ses manifestations
I. Questions d'organisation, questions administratives
et d'autres questions

La négation des droits des
Premières Nations par le gouvernement Harper
Le Canada défend les standards les plus bas
à la première Conférence mondiale
sur les peuples
autochtones
- Matthew Coon Come -
Table ronde de discussion à la
première Conférence mondiale sur les peuples autochtones,
au siège de l'ONU, à New York,
le 22 septembre 2014.
La Conférence mondiale sur les peuples
autochtones (CMPA), une rencontre historique de deux jours, a
débuté le 22 septembre à l'Assemblée
générale de l'ONU à New York.
Moi et d'autres dirigeants autochtones avons
assisté à la réunion avec les chefs de
gouvernement, des ambassadeurs et des ministres. Nous y sommes
allés pour contribuer à un nouveau chapitre de notre
histoire. Nous sommes allés célébrer les droits
humains des peuples autochtones et les engagements nouveaux et
renouvelés par les États
membres des Nations unies en matière de droit international.
Malheureusement, le premier ministre du Canada n'y a
pas assisté et aucun ministre du gouvernement de Stephen Harper
n'y a assisté non plus. Depuis son élection en 2006, le
gouvernement a refusé de reconnaître qu'au Canada les
droits collectifs des peuples autochtones sont des droits humains.
L'idée de CMPA est née en 1993 lors de
la Conférence mondiale sur les droits de l'homme à
Vienne, en Autriche. Cependant, c'est le dirigeant indigène Evo
Morales qui a oeuvré pour la tenue de la CMPA. Après son
élection comme président de la Bolivie en 2006, il a
promis qu'il proposerait une CMPA. C'est sous l'impulsion de Morales
que l'Assemblée générale de l'ONU a accepté
officiellement de tenir une CMPA en 2014.
Le point culminant de cette conférence,
l'adoption du document final par un consensus de l'Assemblée
générale, comprend des engagements des États
membres de l'ONU sur un large éventail de questions. Les
questions clés sont abordées, les jeunes autochtones, la
santé, la langue et la culture, l'accès à la
justice, ainsi que la violence et la
discrimination contre les peuples et les personnes autochtones, en
particulier les femmes.
Seul le Canada remet en question le «
consentement préalable,
libre et éclairé »
Des participants à la table ronde, le 23
Septembre 2014.
La pièce maîtresse de ce document est
la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples
autochtones. Dans ses remarques préliminaires, le
secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a
déclaré: « Je suis fier que l'Assemblée
générale ait
adopté la Déclaration sur les droits des peuples
autochtones au cours de la première année de mon mandat
... qui établit les normes minimales nécessaires à
la survie, la dignité et le bien-être des peuples
autochtones. ... Et nous nous associons avec les peuples autochtones
pour atteindre nos objectifs communs. »
Malheureusement, le Canada a été le
seul pays au monde qui a choisi de demander une explication du vote. En
ce qui concerne le document final, le Canada a affirmé qu'il ne
peut accepter les deux paragraphes sur « le consentement
préalable, libre et éclairé », qui est
largement accepté en droit international.
Le Canada a voulu suggérer que le
consentement peut constituer une forme absolue de « droit de veto
», mais il n'a jamais expliqué ce qu'il entend par cela.
Le Canada s'est également opposé à l'engagement
« de faire respecter les principes de la déclaration
», en invoquant que ce serait incompatible avec la constitution
du Canada.
Les arguments du Canada contredisent son propre
endossement
de la Déclaration des Nations unies
Ces arguments sont faux. Ils contredisent
l'endossement en 2010 par le Canada de la Déclaration des
Nations unies, qui comprenait la conclusion suivante : « Nous
sommes maintenant convaincus que le Canada peut interpréter
les principes énoncés dans la déclaration d'une
manière qui est conforme à notre Constitution et son
cadre juridique.»
Le Canada n'a pas présenté cette
conclusion à l'Assemblée générale. Ce
faisant, le Canada a induit en erreur l'Assemblée
générale, les États membres et les peuples
autochtones du monde entier. Le Canada a failli dans sa défense
de l'honneur de la Couronne.
Ces actions contre les droits humains des peuples
autochtones sont une trahison de la Constitution du Canada. La bonne
gouvernance n'est pas possible sans le respect et la protection des
droits humains des peuples autochtones. Des relations harmonieuses et
de coopération, qui sont également mises en
évidence dans la déclaration de l'ONU,
sont impossibles sans cela.
Pendant des années, le gouvernement Harper a
refusé de consulter les détenteurs de droits autochtones
sur des questions cruciales, en particulier quand il s'agit de forums
internationaux. Cet échec répété de
consulter viole l'obligation du Canada en vertu du droit
constitutionnel et international du Canada.
Dans son allocution d'ouverture, M. Ban a
déclaré aux peuples autochtones de toutes les
régions du monde: « Vous serez toujours chez vous à
l'Organisation des Nations unies.» Pourtant, chez nous au Canada,
le gouvernement fédéral refuse de respecter la
démocratie, la primauté du droit et les droits humains.
Depuis trente ans, les Cris de la Baie James ont
toujours défendu et promu les droits des peuples autochtones
devant l'ONU et d'autres instances internationales. Et nous allons
continuer à remporter des succès.

Manifestations en décembre 2012 contre le
traitement honteux des Premières Nations par le gouvernement du
Canada
Les standards très faibles du Canada n'ont
pas et ne peuvent pas empêcher que la déclaration des
Nations unies gagne en influence au Canada et dans le monde.
* Matthew Coon Come est le grand chef du Grand
Conseil des Cris (Eeyou Istchee) et le président de
l'Administration régionale cri. Cet article est paru le 27
septembre à la CBC.
(Photos: LML, S.
Brown/WCIP Global Coordinating
Committee)

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