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Numéro 116 - 25
septembre 2014
Annulez l'Accord de
libre-échange Canada-Union européenne
Non au libre-échange
néolibéral!
Luttons pour une économie canadienne qui subvient
à ses besoins et est centrée sur l'être humain!
 
Ottawa
Ensemble,
on
peut arrêter l'AÉCG!
Vendredi
le 26 septembre de 11 h 30 à 13 h
Départ: Édifice de Transport Canada au 330, rue Sparks.
Marche sur le
Parlement.
Organisé
par
le
Réseau pour le commerce juste (Trade Justice Network), le
Réseau
québécois sur l’intégration continentale (RQIC),
la Coalition maritime
canadienne
et chaîne logistique et Campact Germany.
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Annulez
l'Accord
de
libre-échange Canada-Union européenne
• Non au libre-échange
néolibéral! Luttons pour une économie canadienne
qui subvient à ses besoins et est centrée sur
l'être humain!
• Ensemble, on peut arrêter
l'AÉCG! - Coalition maritime canadienne et
chaîne
logistique
Accords sur la
promotion et la protection des investissements étrangers (APIE)
• On mine l'autorité publique au nom de
grands idéaux - Jim Nugent
La privatisation
d'Énergie atomique du Canada ltée
• Le gouvernement Harper complète la
destruction du contrôle public de l'énergie et de la
science nucléaires - Louis Lang
Annulez l'Accord de libre-échange
Canada-Union européenne
Non au libre-échange néolibéral!
Luttons pour une économie canadienne qui subvient
à ses besoins et est centrée sur l'être humain!
Le 26 septembre, le Canada reçoit Herman Van
Rompuy, le président du Conseil européen, et José
Manuel Barroso, le président de la Commission européenne.
Ils vont se rendre à Ottawa et à Toronto le 26 septembre
pour prendre part à un Sommet Canada-Union européenne
(UE). La visite comprend une cérémonie à Ottawa
pendant laquelle
on annoncera que les négociations en vue de l'Accord
économique et commercial global (AÉCG) entre le Canada et
l'UE sont terminées et que le texte final est maintenant
prêt.
Les Canadiens n'appuient pas le commerce
néolibéral qui détruit l'environnement social et
naturel. Le vendredi 26 septembre à Ottawa se tient une action
contre l'AÉCG qui débute par une marche, à partir
des bureaux de Transport Canada au 330 de la rue Sparks, vers la
Colline du Parlement où il y aura un rassemblement à
midi. Le jeudi 25
septembre se tient aussi une action à London, à 16 h 30
à l'hôtel de ville. Les activistes du Canada et de
l'Europe font remarquer que l'entente doit encore être
ratifiée par chaque province et chaque État membre de
l'UE avant d'entrer en vigueur. Le samedi 11 octobre se tiendra une
Journée d'action contre l'AÉCG en Europe.
La tentative par le gouvernement Harper de masquer sa
braderie de la nation et sa défense du droit de monopole au
détriment du droit public a échoué. Dans tout le
pays, l'opposition à l'AÉCG grandit et elle met en
lumière comment l'accord permet aux monopoles d'usurper
l'autorité publique et le pouvoir décisionnel. Comme
l'ont mentionné
les organisateurs de l'action de London, « ensemble nous allons
marquer la résistance héroïque à l'accord
commercial de l'AÉCG qu'ont manifestée les conseils
municipaux comme ceux de Victoria, Thunder Bay et Toronto. L'action de
ces gouvernements municipaux et des douzaines d'autres avec eux, dont
celui de London, constitue la première
résistance menée à l'échelle de tout le
pays contre un accord commercial corporatif. L'AÉCG donne aux
entreprises le droit de poursuivre les gouvernements directement si de
nouvelles lois ou de nouveaux règlements affectent leurs
profits. L'accord élimine aussi le droit des
municipalités de gérer leurs avoirs locaux en les
maintenant publics et
favorise la privatisation et la gestion privée
étrangère. » Entre autres choses, les monopoles
vont chercher à faire fortune en remplaçant les emplois
municipaux syndiqués par des emplois payés moins cher et
aux conditions de travail inférieures, ce qui va abaisser la
qualité des services au public et les réduire. Ces
monopoles européens opèrent déjà
dans le secteur de la santé et dans les services d'entretien
ménager et d'alimentation et ils y causent déjà de
grands problèmes.
Le sommet entre le Canada et l'UE se tient en même
temps que les campagnes électorales pour les élections
municipales en Ontario le 27 octobre. Les candidats qu'il faut
élire sont ceux qui prennent position contre l'AÉCG et le
droit de monopole et défendent l'intérêt public.
Les cultivateurs eux aussi s'opposent à
l'AÉCG parce qu'il s'attaque à leur capacité de
contrôler la vente de leurs produits et de protéger leur
gagne-pain de même que le rôle important que l'agriculture
joue dans l'économie canadienne. Dans un tract intitulé
« Pourquoi nous ne voulons pas de l'AÉCG », le
Syndicat national des cultivateurs
écrit: « L'AÉCG ajoute des clauses de saisie
préventive au droit de propriété intellectuelle.
Cela signifie que les cultivateurs qui sont accusés d'avoir un
gène qui fait l'objet d'un brevet dans leur récolte ou
leurs semences pourraient perdre leurs fermes, leur récolte,
leur équipement ou leur argent simplement sur allégation
de violation. L'entente
étend à des tierces parties les provisions de saisie
préventive. Par exemple, le propriétaire d'une
opération de nettoyage de semences dont le client est
accusé de non-respect d'un brevet pourrait se faire saisir sa
propriété. Cette extension des droits de
propriété intellectuelle accroîtrait le
contrôle des entreprises sur nos fermes, ferait monter les
coûts
de semence et détruirait l'autonomie des cultivateurs. »
Le Syndicat national des cultivateurs explique aussi que
l'AÉCG va affaiblir les systèmes coopératifs de
gestion de l'offre qui leur permettent de toucher un revenu stable.
« Les signataires de l'AÉCG vont accepter de
coopérer au niveau de l'Organisation mondiale du commerce (OMC)
pour réduire les filets de sécurité dans
l'agriculture. Ces
négociations tracent également la voie au
démantèlement de notre système de gestion de
l'offre. »
Il y a même de grandes entreprises qui s'opposent
à l'AÉCG parce qu'il ne sert pas leurs
intérêts. Parmi les organisations qui représentent
ces entreprises on compte l'Association canadienne des
propriétaires de bateaux (la Canadian Shipowners Association ou
CSA) qui s'inquiète que l'AÉCG affecte l'industrie du
transport maritime de courte
distance, ses travailleurs, ses fournisseurs et ses expéditeurs.
On lit dans un communiqué de l'association:
« La CSA s'inquiète du manque de
transparence des négociations de l'AÉCG et du fait que
l'accès au commerce entre les ports canadiens puisse être
donné aux transporteurs de l'UE qui emploient une main-d'oeuvre
internationale à des taux beaucoup plus bas, ne paient pas de
taxes canadiennes ou emploient des travailleurs canadiens tout en
étant exempts des standards rigoureux de sécurité
et d'opérations que Transport Canada impose aux navires portant
le drapeau canadien. Les vaisseaux canadiens de trafic maritime de
courte
distance sont conçus spécifiquement pour satisfaire aux
normes canadiennes de navigation dans les eaux intérieures et
côtières. Inaptes à quitter le Canada et à
affronter la concurrence internationale, les flottes de
propriété canadiennes, naviguant avec des
équipages canadiens et soumis à la réglementation
canadienne vont être en difficulté si les règles de
cabotage canadien sont réduites afin de donner accès aux
marchés canadiens aux vaisseaux internationaux. »
« Nos gens possèdent une expérience
locale unique qui assure un trafic maritime sécuritaire dans les
eaux canadiennes, a dit le président de la CSA Robert
Lewis-Manning. Nous devons nous assurer que ces emplois restent au
Canada. L'association déclare dans son communiqué de
presse avoir présenté ces opinions au Comité
permanent du
commerce international du Parlement en février 2014.
Le Marxiste-Léniniste lance l'appel
à tous à participer aux actions contre l'AÉCG et
à répandre le mot au sujet de ses dangers et de la
nécessité de s'y opposer. C'est en s'organisant avec ses
pairs pour participer dans ces actions et en informant les autres que
nous acquérons la confiance et la capacité de faire
échec aux attaques de
l'élite dominante visant à nous laisser sans pouvoir quel
qu'il soit. C'est ainsi que le peuple peut faire échouer des
accords de braderie comme l'AÉCG et défaire ses
promoteurs vendus comme le gouvernement Harper. Les Canadiens doivent
exiger et travailler à établir une nouvelle direction de
l'économie qui défend les droits et la
souveraineté et
restreint le droit de monopole.
* * *
À lire également ces articles du
numéro du 8 septembre 2014 du Marxiste-Lénniste:
• Encore des secrets, ventes aux enchères et
mensonges
• L'accord fuité de l'AÉCG
facilite la soumission du droit public au droit de monopole - Dougal
MacDonald

Ensemble, on peut arrêter l'AÉCG!
- Coalition maritime canadienne et
chaîne logistique -
Le 26 septembre 2014, des officiels du Canada et de
l'Union européenne se rencontreront lors d'une
cérémonie à Ottawa pour annoncer
officiellement que les négociations pour l'Accord
économique et commercial global entre le Canada et l'Union
européenne (AÉCG) sont terminées et que le
texte a été finalisé.
Tandis que les négociations pour l'AÉCG
sont en cours depuis 2009, aucun texte officiel sur l'accord n'a
été rendu public, et aucun processus de consultation
publique n'a eu lieu.
Or, après le 26 septembre, il n'y aura aucune
possibilité de faire des changements au texte.
Certaines parties du texte dévoilées
grâce à de récentes fuites révèlent
que l'accord aura des impacts profonds et à long terme des deux
côtés de l'Atlantique,
dont :
- Le droit pour les entreprises de poursuivre les
gouvernements devant des tribunaux internationaux non imputables pour
obtenir une compensation si de
nouvelles lois ou règlements portaient atteinte à leurs
profits ;
- L'augmentation du coût des produits
pharmaceutiques pour notre système de santé, à
hauteur de 1 milliard $ ou plus par année ;
- Le risque de perte de milliers d'emplois canadiens en
ouvrant des parties clés du transport maritime aux entreprises
européennes ;
- La mise en danger de nos services publics, en rendant
plus difficile de revenir en arrière en cas d'échec de
certaines privatisations et en rendant l'expansion
des services publics plus difficiles dans l'avenir ;
- La suppression du droit des provinces, des
municipalités, des écoles et des hôpitaux à
tirer le meilleur parti de leur budget d'approvisionnement en
favorisant les produits et services locaux.
Tandis que le gouvernement Harper et l'Union
européenne ont ignoré les appels à la transparence
et à la démocratie en finalisant l'accord derrière
des portes
closes, la lutte pour stopper l'AÉCG est loin d'être
terminée. Venez entendre des activistes du Canada et de l'Europe
sur la menace que représente l'AÉCG,
et comment nous pouvons agir pour s'assurer que cet accord ne soit
jamais ratifié.
Pour se rendre à Ottawa : la Seafarers
International Union met en place des bus pour se rendre à Ottawa
pour participer au rassemblement, avec des départs
de Montréal, Québec, Thorold et Toronto le matin du 26
septembre. Pour réserver votre place dans un autobus, envoyez un
courriel à Verena à l'adresse :
vgarofalo@seafarers.ca.

Accords sur la promotion et la protection
des
investissements étrangers (APIE)
On mine l'autorité publique au nom de grands
idéaux
- Jim Nugent -
Le 12 septembre, le
gouvernement Harper a émis un
communiqué de presse annonçant qu'il a ratifié un
Accord sur la promotion et la protection des
investissements étrangers avec la Chine. Stephen Harper a
signé l'accord lors de son voyage en Chine en 2012 et l'accord a
mis tout ce temps avant d'être ratifié
par le gouvernement Harper. Cet accord est le dernier d'une longue
liste d'accords néolibéraux que les conservateurs de
Harper ont passés de façon très agressive
depuis leur arrivée au pouvoir. Ils visent à
détruire l'autorité publique au pays et à
l'étranger afin de faciliter le libre flot du capital financier
au Canada et hors
du pays.
Le Canada a signé des Accords sur la promotion et
la protection des investissements étrangers (APIE) avec 21 pays.
Des APIE ont aussi été signés avec
plusieurs autres pays mais ils doivent encore être
ratifiés par les parties. En plus de ces accords, on trouve des
clauses de protection des investisseurs dans
l'Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA)
et dans l'Accord économique commercial global (AÉCG)
entre le Canada et l'Union européenne qui est
signé mais pas encore ratifié.
Chaque APIE est négocié
séparément, mais les ententes de protection des
investisseurs que le Canada a signées comprennent en
général des arrangements
de réciprocité établissant des tribunaux
d'arbitrage des différends. Les investisseurs étrangers
peuvent y recourir pour faire des réclamations de compensation
financière si les lois environnementales, sociales ou
économiques du pays hôte ont un impact négatif sur
les profits de l'investisseur ou d'autres de ses intérêts.
Ces tribunaux d'arbitrage opèrent en dehors et au-dessus du
système juridique des pays hôtes. Bien qu'ils soient des
entités privées, leurs décisions ont force
de loi qu'ils tirent des traités internationaux qui les ont
créés.
Investir de pouvoir les tribunaux de protection des
investisseurs affaiblit la capacité de l'autorité
publique de tout niveau d'imposer des restrictions aux
activités que font les investisseurs à l'intérieur
de sa juridiction. Les accords de protection des investisseurs ont
été un élément clé de la
mondialisation néolibérale
du commerce depuis les années 1980. Ils sont une composante de
l'offensive néolibérale qui vise à priver le
peuple de tout mot à dire sur les questions
d'importance pour que les monopoles internationaux agissent comme bon
leur semble à l'échelle mondiale. Au Canada et dans le
monde, les travailleurs, les
peuples autochtones et les peuples dans leur ensemble se battent pour
faire échec à cette offensive.
Ouvrir la Chine aux banques canadiennes
Alors que plusieurs APIE ont été
négociés par le gouvernement actuel et ses
prédécesseurs avec
l'appui unanime de l'élite au pouvoir et en dépit de
l'opposition populaires aux politiques de commerce
néolibérales, il en a été tout autrement de
l'APIE avec
la Chine. Le projet a été rempli de controverses alors
que les groupes monopolistes rivaux ont cherché à aligner
le peuple derrière leur intérêt particulier par
rapport à la Chine.
La source de cette controverse est l'incohérence
de la stratégie hégémonique des États-Unis
sur la question de la Chine dans laquelle toute l'élite
dirigeante
du Canada et les monopoles sont empêtrés. C'est une
stratégie qui vise à tenter de contenir la Chine
économiquement, diplomatiquement et militairement tout
en cherchant à pénétrer les marchés chinois
et à avoir accès aux investissements chinois.
Parmi les monopoles qui ont des intérêts
importants en Chine et espèrent bénéficier de
l'APIE Canada-Chine se trouvent les monopoles bancaires et
d'assurance basés au Canada. C'est pour ces investisseurs que
Harper et les négociateurs canadiens ont négocié
et élaboré cet accord qui sape l'autorité publique
afin de protéger les intérêts des investisseurs.
Les entreprises de services financiers et d'assurance
représentent 40 % de tous les investissements directs qui
proviennent du Canada. La plus grande partie
de cet investissement jusqu'à maintenant a été
dirigée vers les États- Unis dans le cadre de la
consolidation des monopoles nord- américains. L'investissement
étranger provenant des services financiers et d'assurance
canadiens a cependant augmenté en moyenne de 7 % par
année
pendant les dix dernières années et la
manne ne peut pas continuer sans de nouveaux marchés. Les
banques et compagnies d'assurance canadiennes sont très
désireuses de percer en Chine où les
services financiers, d'affaires et professionnels sont le secteur de
l'économie qui croît le plus rapidement.
Cela explique que la première organisation
à applaudir la ratification de l'APIE avec la Chine ait
été la Toronto Financial Services Alliance (TFSA), une
organisation politique de banques et compagnies d'assurance dont le
quartier-général est à Toronto. Le jour même
où l'accord a été ratifié, la TFSA a
émis un
communiqué qui dit: « Alors que l'industrie
financière du Canada accroît son portefeuille, l'accent
que met le gouvernement fédéral sur l'expansion du
commerce
international et des accords d'investissements comme les APIE et l'AECG
est fort bienvenu. »
Le communiqué cite ce commentaire de Janet Ecker:
« Le Canada et la Chine jouissent d'une relation d'affaires forte
et en croissance qui comprend le secteur
des services financiers. Certaines de nos entreprises
financières sont impliquées avec la Chine depuis des
décennies et ces relations d'affaires grandissent... Cet
accord va aider à appuyer la croissance des occasions d'affaires
entre nos deux pays en fournissant une protection plus forte et un
environnement d'investissement
qui est plus prévisible et transparent. »
Parmi les plus grands bénéficiaires des
accords de protection d'investissements se trouvent certainement les
banques et les compagnies d'assurance. C'est
le cas non seulement en ce qui concerne l'APIE Canada-Chine mais aussi
des autres APIE signés avec 21 pays et les clauses de protection
des investissements
dans les traités de libre-échange. Ce sont les monopoles
basés au Canada qui vendent les ressources et ont l'ambition de
faire grossir leur portefeuille
d'investissements. Il n'y a rien par contre dans ces accords qui
bénéficie aux travailleurs canadiens et l'affaiblissement
continu de l'autorité publique sur les
investisseurs internationaux laisse l'intérêt public sans
protection. Les conservateurs de Harper sont complètement
déphasés par rapport aux besoins des
travailleurs. Les travailleurs demandent qu'on augmente les
restrictions sur le capital financier international, pas qu'on les
réduise.
À titre d'information — L'investissement direct
chinois
L'impérialisme américain est rongé
par la crise et il est forcé de recourir aux stratégies
les plus incohérentes pour sauver sa peau. L'une de ces
stratégies incohérentes concerne la Chine. Les
États-Unis essaient de contenir la Chine économiquement,
diplomatiquement et militairement tout en accroissant leur
pénétration des marchés chinois et leur
accès aux stocks d'investissements chinois. L'élite
dirigeante
du Canada et les monopoles basés au pays sont plongés
jusqu'au cou dans cette stratégie.
Une des tactiques dont se servent les publicistes qui
sont au service de ce projet américain est de déformer
grossièrement le rôle que joue la Chine dans
le marché de l'investissement étranger direct. Les
entreprises chinoises, surtout les entreprises d'État, sont
montrés comme des monstres tentaculaires qui
atteignent chaque partie du monde de leurs investissements dont le
Canada. C'est évoqué par les pays comme une raison
d'imposer des limites à l'investissement
chinois et c'est une façon de masquer la réalité
de l'hégémonisme américain.
En fait, s'il est vrai que l'investissement
étranger chinois a augmenté depuis la crise
financière de 2008, son rôle sur les marchés de
l'investissement est
d'abord et avant tout en tant que destinataire et non source des
investissements. L'investissement étranger chinois est encore
aujourd'hui largement dépassé par
les investissements mondiaux des monopoles basés aux
États-Unis et dans les pays de l'Union européenne tant en
terme de flot d'investissements que
d'accumulation de stocks d'investissements.
Les États-Unis dominent l'investissement
étranger direct mondial avec 24 % de tous les stocks
d'investissements. Les pays de l'UE pris dans leur ensemble
possèdent 40 % des stocks d'investissements directs
destinés à l'étranger. L'accumulation des stocks
d'investissements étrangers directs de la Chine
représente
2,3 % du total mondial.
L'ensemble des stocks d'investissements étrangers
chinois se chiffre à 613 milliards $ tandis que ceux des
États-Unis atteignent plus de 6000 milliards $.
En 2013, le flot de l'investissement direct de la Chine vers les autres
pays a été de 101 milliards $, soit 7 % du total mondial.
Les compagnies américaines cette
année-là ont investi 338 milliards $ dans d'autres pays
soit 24 % de tout l'investissement étranger.
Même en comparaison de celui du Canada,
l'investissement étranger direct qui vient de Chine est
relativement petit. Les entreprises basées au Canada
possèdent 732 milliards $ en stocks d'investissements
étrangers soit 119 milliards $ de plus que la Chine.
L'investissement étranger direct annuel qui est sorti
du Canada était plus du double de l'investissement de même
nature de la Chine jusqu'à la crise de 2008 après quoi
l'investissement étranger direct en provenance
de la Chine a dépassé celui du Canada.
En ce qui concerne le Canada, la direction des flots de
l'investissement étranger tout comme l'accumulation des stocks
d'investissements reflète l'intégration
complète des monopoles nord-américains. En 2013,
l'investissement américain au Canada a augmenté de 32
milliards $ pour atteindre 352 milliards $ tandis
que les investissements des monopoles basés au Canada vers les
États-Unis ont augmenté de 28 milliards $ pour atteindre
312 milliards $.
Les stocks d'investissements chinois accumulés au
Canada se chiffrent à 16,7 milliards $ et la plus grande partie
y a afflué en réponse à la crise financière
de 2008. Entre 2008 et 2012, l'investissement étranger direct
chinois au Canada s'est chiffré à environ 2,4 milliards $
par année. Mais même dans cette période
de flot plus élevé de l'investissement chinois au Canada
celui-ci n'a représenté que 7 % de l'investissement
étranger au Canada. L'investissement chinois au
Canada a diminué en 2012 et 2013 suite aux mesures prises par le
gouvernement canadien pour contenir la Chine. L'investissement chinois
au Canada en 2012
a été de 1 milliard $ et de 300 millions $ en 2013.

La privatisation d'Énergie
atomique du Canada ltée
Le gouvernement Harper complète la destruction
du contrôle public de l'énergie et de la science
nucléaires
- Louis Lang -
Le 9 septembre, les membres de l'Institut professionnel
de la fonction publique du Canada (IPFPC) et le Groupe des
employés professionnels de Chalk River
(CRPEG) ont tenu une ligne de piquetage d'information à
l'extérieur des installations d'Énergie atomique du
Canada limitée (EACL) situées à Chalk River,
en Ontario, pour attirer l'attention sur la menace de perdre le
régime de retraite à prestations définies de
l'État pour les travailleurs du nucléaire.
Ressources naturelles Canada, le ministère
responsable d'EACL, tente actuellement de semi-privatiser les
laboratoires sous un nouveau modèle de gestion
(GoCo), dans lequel les laboratoires appartiennent à
l'État alors que c'est un entrepreneur qui assure leur
fonctionnement, ce qui menace de retirer aux
scientifiques, ingénieurs et autres professionnels la promesse
d'une retraite en sécurité et mettra en danger le
recrutement et la rétention du personnel.
Un communiqué de presse de l'IPFPC et de CRPEG
souligne que « l'énergie nucléaire continue de
représenter une énorme partie de l'énergie totale
dont
le Canada a besoin ainsi que pour nos exigences dans les domaines
médicaux, industriels et d'innovation. Les Canadiens ont besoin
de cette expertise et nous
devrions continuer à être indemnisés de
manière équitable et sécuritaire par la promesse
continue d'une retraite décente. »[1]
Les membres du CPREG sont actuellement en
négociations contractuelles. Le 17 septembre, l'exécutif
du CPREG a indiqué que « nous avons reçu un appui
massif de nos membres [le 16 septembre] qui donnent à
l'équipe des négociations le mandat de grève
».

Nuclear scientists
hold
information picket at Chalk River September 9, 2014.
Cette dernière attaque contre les scientifiques,
les ingénieurs et techniciens travaillant aux Laboratoires
nucléaires de Chalk River d'EACL est l'un des
derniers actes des conservateurs de Stephen Harper dans leur
volonté de détruire le contrôle public des actifs
et des technologies développées depuis plus de
60 ans par EACL.
La privatisation d'EACL et l'ingérence du
gouvernement
dans les laboratoires de Chalk River
Plus tôt cette année, LML a
écrit
sur « La privatisation d'Énergie atomique du Canada
», un cadeau de Harper à SNC-Lavalin ».[2]
Cet article fait remarquer que « la privatisation
d'EACL est un exemple on ne peut plus clair du rôle du
gouvernement Harper au service des entreprises
monopolistes. Ce cadeau à SNC-Lavalin de l'un des biens publics
les plus précieux du Canada est un autre exemple du transfert
massif des biens publics au
secteur privé. »
EACL a été vendu à SNC-Lavalin en
2011. Quelques mois après la vente, SNC-Lavalin a pu
acquérir des contrats au Canada et à l'étranger
d'une valeur
de plus de 1 milliard $. SNC-Lavalin se voit désormais garantir
beaucoup plus de milliards $ en profits en rénovant des
réacteurs CANDU ou en construisant
de nouveaux réacteurs en Ontario et partout dans le monde.
La vente ne comprend pas les laboratoires de Chalk River
et le réacteur universel du Conseil national de recherche (NRU)
qui s'y trouve. En plus de faire
des recherches importantes sur l'énergie et la science
nucléaire, les laboratoires de Chalk River fabriquent des
radio-isotopes médicaux. Il est le plus grand
fournisseur mondial de molybdène-99 pour des tests de diagnostic
et de Cobalt-60 pour le traitement du cancer.
Grâce à EACL, la société
d'État, le gouvernement a continué de posséder les
laboratoires de Chalk River mais, même à l'époque
de la vente, Harper a
clairement indiqué qu'il a l'intention de faire en sorte que le
gouvernement canadien « se retire de la production d'isotopes
médicaux ».
L'intention du gouvernement Harper a été
depuis le début de transformer une procédure
médicale nécessaire et importante en une occasion
d'affaires pour
ses amis du secteur privé. Ce n'était qu'une question de
temps avant que l'installation de Chalk River, qui a été
la dernière partie restante d'EACL, soit
également privatisée et son rôle important dans la
production d'isotopes médicaux soit retiré du
contrôle public et finalement fermée.
En novembre 2013, la société Babcock &
Wilcox de Charlotte, en Caroline du Nord a fait l'annonce suivante:
« Babcock & Wilcox Company (B & W)
(NYSE: BWC) est heureuse d'annoncer une entente de regroupement avec
Cavendish Nuclear Ltd (Cavendish Nuclear) et Battelle dans l'obtention
du contrat
selon la formule propriété du
gouvernement-opéré par un entrepreneur (GOCO) pour la
gestion des laboratoires nucléaires d'Énergie atomique du
Canada ltée
(EACL). »
C'est ce modèle « GOCO » qui a
été mis en place pour la gestion des laboratoires de
Chalk River qui affecte négativement les conditions de travail
et les
prestations de pension des scientifiques, ingénieurs et
techniciens. Lors de leur ligne de piquetage d'information à
Chalk River, le personnel d'EACL a dénoncé
le modèle de gestion GOCO qui permettra selon eux « de
priver les scientifiques et les ingénieurs actuels et futurs
d'EACL d'une retraite sécuritaire et n'est
pas la façon d'assurer que les laboratoires nucléaires du
Canada attirent et retiennent les meilleurs et les plus brillants
».
La future pénurie d'isotopes médicaux,
une crise créée par le gouvernement
L'attaque de la dictature Harper contre les personnes
travaillant
aux laboratoires de Chalk River est l'une des dernières
étapes de ses plans pour mener à bien la privatisation
d'EACL et de retirer cette importante institution
scientifique du contrôle public. Le gouvernement Harper a
clairement fait savoir que son but est de fermer complètement la
production d'isotopes à Chalk River
d'ici 2016. Les scientifiques et les médecins dans les domaines
du diagnostic et de la médecine nucléaire ont mis en
garde contre les conséquences de cette
décision, soit une pénurie d'isotopes créée
par le gouvernement avec de graves conséquences pour les
personnes qui ont besoin de traitement du cancer et des
tests de diagnostic. L'arrêt de la production d'isotopes à
Chalk River signifie que jusqu'à 40 % de l'approvisionnement en
isotopes du monde va disparaître
sans nouveau fournisseur capable de combler le vide.
Dr Normand Laurin, président de l'Association
canadienne de médecine nucléaire, a dit: « Je ne
veux pas être alarmiste, mais cela va avoir des
conséquences
médicales. Il y a des gens qui vont se voir refuser des soins,
ou avoir de différents types de soins qui pourraient ne pas
être le meilleur pour eux.»
Au Canada, 20 000 patients sont soumis à des
procédures d'imagerie nucléaire chaque semaine et le
domaine de la médecine nucléaire est de plus en plus
partout dans le monde. Appuyé par le travail d'EACL, le Canada a
été un chef de file à l'échelle
internationale et principal fournisseur mondial d'isotopes
médicaux utilisés en imagerie nucléaire depuis
plus de 50 ans. Le gouvernement Harper veut mettre fin à tout
cela !
Un tel changement concerne MDS Nordion, qui existe
depuis 1991, lorsque EACL a décidé de se séparer
de ses activités de production d'isotopes médicaux
sous le nom de Nordion International Inc. L'ensemble a ensuite
été vendu au Groupe Santé MDS et a
fonctionné à Ottawa depuis sous le nom de MDS
Nordion.
Le projet de loi omnibus du budget (projet de loi C-31),
que les conservateurs ont fait adopter à la vapeur par la
Chambre des communes au printemps
dernier, recourant au bâillon pour limiter le débat,
contient une section intitulée « Loi autorisant
l'aliénation de Nordion et Theratronics ». Les
modifications
introduites dans le projet de loi sur le budget permettent que la
propriété et le contrôle de Nordion Canada Inc.
soient détenus par des non-résidents du Canada.
Cela a ouvert la voie à la vente de l'ancienne
société d'État à une société
américaine et c'est une autre attaque directe contre la
production et la fourniture
d'isotopes médicaux de Chalk River.[3]
Quelques jours après l'adoption du projet de loi
omnibus sur le budget Harper, la vente de Nordion au conglomérat
américain Sterigenics a été
complétée.
Nordion, qui est un maillon essentiel dans la chaîne de
production d'isotopes médicaux, est maintenant sous le
contrôle de cette société géante
américaine qui
a ses tentacules dans les soins de santé, l'investissement en
capital financier et de nombreux autres portefeuilles dans
différents secteurs de l'économie.
Dr Laurin a souligné que « la vente de
Nordion représente la fin de la route pour la filière
canadienne de médecine nucléaire ».
Dans un récent communiqué, Nordion a
carrément averti que « si l'entreprise n'est pas en mesure
de s'assurer d'un approvisionnement à long terme
d'isotopes médicaux, elle peut quitter le segment de ses
activités en isotopes médicaux fondés sur les
réacteurs ».
L'Agence pour l'énergie nucléaire de
l'OCDE a également publié un rapport qui met en garde
contre l'imminence d'une crise si la capacité de traitement
des isotopes de Nordion devait disparaître. Le rapport dit:
« La perte de la capacité de traitement du Canada dans la
seconde moitié de 2016 réduira la capacité
de traitement global actuel d'environ 25 % pendant cette
période. » Il prévient aussi qu'il existe «
un
risque accru » de pénurie d'approvisionnement en
commençant dès l'année prochaine.
Dr Laurin a également commenté:
« S'en retirer, je pense que c'est une erreur.
Cela signifiera une perte de savoir-faire et d'expertise canadienne.
Une très bonne science sera perdue, des
entreprises et des emplois vont aller ailleurs ou seront tout à
fait perdus; donc je pense personnellement que c'est une erreur. J'ai
peut-être un préjugé dans cette
affaire puisque je suis un médecin et que j'ai besoin de ce qui
se fait à Chalk River pour des soins aux patients. Mais si vous
regardez les choses d'un point
de vue canadien, je pense que c'est une perte pour toute la
communauté, et pas seulement pour l'Ontario, mais l'ensemble du
Canada ».[4]
Derrière la crise imminente de
l'approvisionnement en isotopes médicaux, qui est d'une si
grande préoccupation pour les experts médicaux, est la
main
sinistre des conservateurs de Stephen Harper qui sont plus que
désireux de sacrifier cette partie importante des soins de
santé publics pour les Canadiens. Par
la destruction de contrôle public sur le domaine de la
médecine nucléaire, le gouvernement Harper a l'intention
d'enrichir ses amis dans le secteur privé avec
une occasion d'affaires des plus profitables. L'obsession du
gouvernement Harper à s'appuyer sur « les marchés
» pour résoudre le problème de
l'approvisionnement à long terme d'isotopes fera en sorte que
les Canadiens seront à la merci des sociétés
privées pour cette importante procédure médicale.
Il ne fait aucun doute que cela se traduira par des prix plus
élevés et des délais plus longs dans le traitement
en raison des procédés de substitution comme la
TEP (topographie par l'émission de positrons) qui sont plus
chers et parce que les fournisseurs d'isotopes privés sont
principalement motivés par l'augmentation
de leurs profits privés, et non de servir l'intérêt
public.
La science nucléaire doit rester sous
contrôle public
Cette attaque concertée contre la science
nucléaire a été menée au détriment
des personnes
qui travaillent dans ce domaine. Des milliers d'emplois à tous
les niveaux ont été perdus en raison de la privatisation
et des compressions et maintenant les
scientifiques, ingénieurs, techniciens et ouvriers d'entretien
en poste sont confrontés à des attaques contre leurs
conditions de travail et avantages sociaux, y
compris les prestations de retraite, dans un effort pour les chasser
hors de l'industrie.
Il est impossible de calculer le potentiel de croissance
de l'emploi et des revenus qui a été dilapidé par
la cupidité des conservateurs de Stephen Harper.
Si EACL n'a pas été détruite, le
développement de nouveaux réacteurs, la remise à
neuf des réacteurs CANDU en Ontario et partout dans le monde et
l'avancement de la science nucléaire auraient pu être
réalisés au profit de l'intérêt public. Au
lieu de cela les parties les plus rentables ont été
remises à
SNC-Lavalin et les laboratoires de recherche ont été
remis à l'industrie nucléaire privée. En outre, la
destruction intentionnelle de la production d'isotopes
médicaux aura un effet dévastateur pour les centaines de
milliers de Canadiens ainsi que des personnes du monde entier, dont la
vie dépend de ces technologies.
Les effets se feront sentir pendant de nombreuses années non
seulement par les médecins qui seront incapables de fournir des
soins appropriés pour leurs patients,
mais aussi en termes de coût supplémentaire pour le
système des soins de santé, qui va certainement
être imposé par les entreprises monopolistes qui auront
le contrôle des isotopes médicaux.
Nous avons affaire à un gouvernement pour lequel
les besoins de la société ne veulent rien dire. Que ce
soit la science nucléaire ou d'autres secteurs de
l'économie, il a fait tout en son pouvoir pour veiller à
ce que les intérêts privés aient la
possibilité de faire des profits énormes au
détriment de tous les
Canadiens. On ne peut permettre que cela continue !
Les conservateurs de Stephen Harper doivent être
privés du pouvoir politique et économique de priver le
peuple de ses droits.
Notes
1. L'Institut professionnel de la fonction
publique du Canada représente environ 55 000 professionnels et
scientifiques dans l'ensemble
de la fonction publique du Canada, y compris quelque 750
ingénieurs et scientifiques sur le site de Chalk River d'EACL.
Ils sont chargés de soutenir
l'exploitation sécuritaire des réacteurs
nucléaires CANDU, la gestion des déchets radioactifs
provenant de partout au Canada, fournissant des avis d'experts et
des conseils au gouvernement sur les questions nucléaires
nationales et internationales et l'exploitation des réacteurs
nucléaires qui produisent des isotopes
médicaux utilisés dans le monde entier aux fins de
diagnostics.
2. Voir Le
Marxiste-Léniniste du 24 janvier
2014 - no 5.
3. Projet de loi C-31, Loi sur le Plan
d'action économique 2014, numéro 1, partie 6,
section 12 - Aperçu: Loi autorisant l'aliénation de
Nordion
et de Theratronics. Les modifications à la Loi autorisant
l'aliénation de Nordion et de Theratronics permettront que la
propriété et le contrôle de Nordion
(Canada) Inc. soient détenus par des non-résidents du
Canada, sous réserve des exigences de la Loi sur
Investissement Canada, notamment pour
garantir que cette propriété ou contrôle offre un
avantage net au Canada et ne soulève pas de problèmes de
sécurité nationale.
4. Citations de Dr Normand Laurin,
président de l'Association canadienne de médecine
nucléaire provenant d'une entrevue sur CBC Radio, le 24 mai
2014.

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