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Numéro 114 - 23
septembre 2014
Conférence de presse des
Métallos de Hamilton
Texte de la présentation faite
par Rolf Gerstenberger, président du syndicat de la Section
locale 1005
Conférence
de
presse
des
Métallos
de Hamilton
• Texte de la présentation faite par
Rolf Gerstenberger, président du syndicat de la Section locale
1005
• Lettre du 13 août de la Section locale
1005 à US Steel
• Réponse du 14 août de la Section
locale 1005 aux propositions intéressées de
restructuration de US Steel
Conférence de presse des
Métallos de Hamilton
Texte de la présentation faite par Rolf
Gerstenberger, président du syndicat de la Section locale 1005
Le 18 septembre s'est
tenue une conférence de
presse à la salle de réunion de la Section locale 1005 du
Syndicat des Métallos à Hamilton. Le président de
la Section locale Rolf Gerstenberger a présenté le point
de vue du syndicat sur la demande de protection aux termes de la
Loi
sur les arrangements avec les créanciers des compagnies
(LACC) par US Steel Canada et a ensuite répondu aux
questions des journalistes présents. Assistaient à la
conférence 110 travailleurs et retraités ainsi que le
maire de Hamilton Bob Bratina et le député provincial
pour Hamilton Est-Stoney Creek Paul Miller. Les médias
étaient représentés par le Hamilton Spectator,
CHH-TV,
CBC-Hamilton
et
Le Marxiste-Léniniste. Nous
reproduisons ci-dessous le texte de la présentation de Rolf
Gerstenberger, qui a été un peu raccourci par l'auteur,
ainsi que deux documents distribués à la
conférence de presse.
* * *
Merci à tous d'être venus. Voici ce que la
Section locale 1005 veut vous communiquer aujourd'hui.
La Section locale 1005 rejette avec mépris toute
cette fraude de
demande de protection de faillite de US Steel. Le terme « vol au
premier
degré » est utilisé pour les vols de 500 $ et plus.
Ce que fait US Steel
est un vol de si grande envergure qu'il faudrait inventer un nouveau
terme pour le décrire correctement. Le fait que le juge Morawetz
ait
autorisé US Steel à déposer ces documents ne doit
pas être pris à la
légère et considéré comme allant de soi.
C'est une escroquerie
inadmissible de A à Z et la Section locale 1005 ne restera
silencieuse
sur aucun aspect.
Le premier énoncé du mémoire
déposé par la compagnie est que « USSC
[US Steel Canada] est le seul demandeur dans cette procédure.
Les
autres entités du Groupe USSC ne demandent pas la protection de
la LACC
comme requérants. »
Nous remettons cette affirmation en cause dans le
numéro d'aujourd'hui de Information Update. Il est
très étrange qu'aucun propriétaire ne soit
nommé dans cette procédure. Qu'est-ce que ce USS Canada
qui n'a pas de propriétaire pouvant être redevable et qui
est séparé de USS pour les fins de cette fraude ?
Également, selon le mémoire, les travailleurs
sont responsables pour tous les problèmes. On lit:
Point 3 : « Malheureusement, après la
restructuration et la vente,
USSC a continué d'être confronté à bon
nombre des problèmes de Stelco,
comme les désavantages concurrentiels sur le plans des
coûts, y compris
les coûts élevés du financement des pensions et des
autres obligations
au chapitre des avantages à la retraite, et comme les
coûts de main-d'oeuvre non concurrentiels et les interruptions de
travail qui y sont reliées. »
On rejette ainsi du revers de la main le fait que USS a
fait un
contrôle préalable lorsqu'il a acheté Stelco en
2007. Mais surtout,
pense-t-il vraiment qu'en parlant des travailleurs comme
problème, il
peut nous faire oublier que des documents déposés devant
les tribunaux
ont entièrement exposé le fait que lorsqu'il a
acheté Stelco, il était
engagé
dans une conspiration avec sept autres entreprises pour détruire
la
production et ainsi maintenir les prix élevés, montrant
clairement que
c'est précisément ce qu'il a fait au Canada avec ses
lockouts et ses
mises à pied ?
USS a déjà accepté un
règlement dans la poursuite contre lui en
versant une amende de 58 millions $ pour son rôle et ce n'est pas
tout.
Lorsqu'il a acheté Stelco, il s'est engagé envers le
gouvernement
fédéral en vertu de la Loi sur Investissement Canada
à
maintenir un niveau de production de plus de 4,4 millions de tonnes
d'acier
sur trois ans et à employer plus de 3100 travailleurs durant
cette même
période. Moins d'un an après l'achat de Stelco, il a
violé cette
entente en fermant le haut fourneau à Hamilton pour la
première fois.
Le haut fourneau de Hamilton a été fermé durant
cinq des sept années
écoulées depuis l'achat de Stelco par USS et l'automne
dernier il a
annoncé qu'il fermait et le haut fourneau et l'aciérie
pour de bon.
Lorsque US Steel a fermé tout Stelco en 2009, la
Section locale 1005
a présenté des preuves dans la poursuite pour non-respect
des
engagements aux termes de la Loi sur Investissement Canada montrant
que
les
travailleurs
de
Stelco
ont
perdu 29 millions $ en salaires et
avantages sociaux. D'autre part, 600 travailleurs ont pris leur
retraite à ce moment-là à cause de la menace de
mise à pied permanente.
En prenant leur retraite hâtivement, ils ont perdu plus de 72
millions
$ en revenus. Puis nous avons eu le frauduleux lockout de novembre 2010
qui a duré onze mois, qui a également forcé
environ 200 travailleurs à
prendre une retraite hâtive et à perdre au moins 14
millions
$ depuis. Le lockout lui-même a fait perdre 49 semaines de
revenu à
600 travailleurs, une somme de 32 millions $, dont une partie est due
au Fonds de l'assurance-emploi puisque celui-ci a reconnu que ce
n'était pas un lockout justifié. Le total des dommages
encourus par les
travailleurs de Stelco à cause des lockouts et mises à
pied de US Steel
se situe à pas moins de 150 millions $ et cela ne comprend pas
les
dommages additionnels encourus par les travailleurs de l'aciérie
de
Lake Erie au cours de deux frauduleux lockouts.
Il est incroyable que USS ose citer les interruptions de
travail et
les coûts de main-d'oeuvre comme problème quand il est
déjà de
notoriété publique dans les tribunaux américains
qu'il a participé à
une conspiration pour détruire la production.
Nous voudrions aussi rappeler au gouvernement de
l'Ontario qu'il a
une responsabilité additionnelle dans cette affaire et que nous
l'y
tiendrons. L'Ontario a permis à US Steel d'acheter Stelco en
dépit des
objections de la Section locale 1005. Dans l'entente de 2007, la
province a permis à US Steel de rayer la clause de l'accord sur
les
pensions
à l'issue de la protection de faillite qui interdisait le
versement de
dividendes en actions jusqu'à ce que les caisses de retraite
soient
renflouées. Nous avons fait connaître notre objection
à ce moment-là.
Si l'on calcule que chaque année de 2008 à 2014, US Steel
a versé 0,05 $
par action pour environ 114 millions d'actions, soit environ 7 millions
$
par trimestre, cela signifie que depuis que US Steel a acheté
Stelco, il
a versé près de 187 millions $ en dividendes, et c'est
sans compter
2007 comme tel. Cela fait un total de 201 millions $ quand on ajoute
les deux trimestres de 2007 et les deux premiers de 2014. Malgré
cela,
les caisses de retraite ne sont pas renflouées et nous revivons
la
fraude
de faillite qui a pour objectif de se débarrasser des pensions
des
travailleurs.
Nous comprenons toute la pression que subit la province
de l'Ontario
dans cette affaire parce qu'avec cette escroquerie ce sont les
Canadiens qui devront défrayer tous les coûts du nettoyage
environnemental. À cet égard nous désirons faire
une mise en garde
contre toute conciliation avec la fraude de faillite parce que tant la
province de
l'Ontario que la ville de Hamilton aboutiront avec les coûts du
nettoyage, que USS entend délaisser. Leur escroquerie causera
des
difficultés pour des milliers de retraités, mais aussi
pour les
citoyens de Hamilton et de l'ensemble de l'Ontario puisque US Steel
entend aussi laisser à la ville et à la province des
coûts du nettoyage
de Randall's Reef
et du terrain.
Nous joignons aussi notre voix au Syndicat des
Métallos qui dénonce
le gouvernement fédéral pour son refus de rendre publics
les détails de
ses ententes secrètes. Nous exprimons de plus notre
mépris pour les
propos du ministre de l'Industrie James Moore rapportés dans le Hamilton
Spectator.
Il dit que « les pensées du
gouvernement vont aux travailleurs et à leurs familles ».
Le contenu de
ce souci est exposé par sa déclaration irresponsable
à propos du
financement du débiteur-exploitant qui selon US Steel est sa
seule
responsabilité dans cette affaire sordide. Selon le ministre, et
je
cite, « pendant que cette procédure est en marche, US
Steel
a indiqué
qu'il a un
plan pour s'assurer que les salaires, les pensions et les
opérations ne
soient pas affectés. Le gouvernement du Canada continuera de
surveiller
la situation de près. » Ce financement du
débiteur-exploitant est une
véritable fraude, une façon de contourner leurs
obligations légales et
morales. Selon la LACC, le financement du débiteur-exploitant
est
considéré comme « frais prioritaires »,
ce qui le place au-dessus de
tous les autres créanciers. Ils ont transformé le
financement normal à
l'intérieur d'une entreprise en une dette garantie. C'est devenu
un
problème avec ces grands monopoles qui se cachent
derrière une
épaisseur de compagnies bidons et personne ne peut les tenir
responsables.
C'était une des raisons pour laquelle la loi antitrust a
été adoptée.
La Section locale 1005 reviendra sur cette fraude du
débiteur-exploitant et des prêts intra-entreprises en
temps et lieu.
Nous tenons aussi à déclarer publiquement
qu'une des plus grandes
fraudes perpétrées dans cette demande de protection de
faillite est
qu'un juge du tribunal de faillite déclare USSC insolvable
malgré qu'il
fasse partie de l'empire US Steel, qui lui n'est pas mêlé
à l'affaire.
Même un examen sommaire de leurs bilans financiers à tous
les
trimestres permet de voir qu'il n'y a pas eu de bilan
séparé pour les
opérations canadiennes jusqu'au moment où cette nouvelle
conspiration a
sans doute été ourdie. Tous les bilans faisaient
état d'opérations
consolidées, nord-américaines. La province a permis la
vente de US
Steel en nous disant que c'était une bonne affaire parce que US
Steel
est
« trop gros pour tomber ». Les modifications à
l'entente sur les pensions
qui permettent à la compagnie de verser des dividendes à
ses
actionnaires est la preuve de l'existence d'une seule entreprise
détenue par des actions USS ayant X comme symbole à la
bourse. Mais
maintenant on nous dit qu'il est acceptable que US Steel se
débarrasse
de US
Steel Canada en amorçant une faillite frauduleuse avec un
débiteur-exploitant et un financement intra-entreprise.
Nous nous attendons à ce que la province nous
assure que toute
l'entreprise est responsable de l'intégrité des caisses
de retraite, du
remboursement des 150 millions $ en prêt de la province plus
intérêt et
de tout le nettoyage environnemental et que le gouvernement
fédéral la
tienne aussi responsable pour tous les autres dommages.
Comme partie de la conspiration pour fixation des prix,
on a permis
à US Steel de détruire la production au Canada et
maintenant les
tribunaux sont utilisés pour le déclarer insolvable. Il
nous incombe de
ne pas laisser les tribunaux canadiens abaisser la dignité du
Canada
comme c'est le cas quand une entreprise étrangère
détruit la production
au Canada et demande ensuite aux tribunaux de lui donner le sceau
d'approbation.
Dernier point mais non le moindre, nous voulons
contester ce qu'a
dit le PDG de USS Canada dans sa déclaration sous serment,
à savoir que
la compagnie a consulté les parties intéressées
mais
en vain.
Michael McQuade, le président-directeur
général de US Steel Canada a
fait la déclaration suivante dans son affidavit pour soutenir sa
demande en vertu de la LACC:
« 17. USSC a également engagé, ou
tenté d'engager, des discussions
sur la restructuration avec les intervenants clés, mais,
à ce jour,
aucune solution globale de restructuration ayant le soutien des
intervenants nécessaires n'a été obtenue ou est
susceptible de se
concrétiser en dehors du cadre d'un processus de restructuration
supervisé par le
tribunal. »
La Section locale 1005 est partie prenante et nous
voulons faire
savoir que le 14 août 2014 nous avons pleinement informé
USS de notre
position sur la manoeuvre frauduleuse qu'il a maintenant
effectuée en
s'engageant dans un recours en vertu de la LACC. Pour replacer cela
dans le contexte, le 7 août 2014, pendant les négociations
contractuelles, M. McQuade a fait une présentation devant le
comité de
négociation de la Section locale 1005. À notre avis,
cette présentation
n'avait rien à voir avec les négociations sur une
nouvelle convention
collective, nous avons dûment informé USS de cela et que
la Section locale 1005 ne voulait rien avoir à faire avec cela.
En ce qui
concerne l'opinion de la Section locale 1005 sur la
présentation, Rolf
Gerstenberger a informé USS que nous considérions
l'ensemble de leur
plan comme une conspiration pour commettre une fraude et que la Section
locale 1005 refusait de participer à ces manigances.
La présentation faite par M. McQuade n'avait rien
à voir avec les
négociations sur la convention collective, et donc la Section
locale
1005 n'est pas liée par l'entente portant sur ne pas parler des
négociations à la presse. Aujourd'hui, nous transmettons
aux médias
notre objection, datée du 13 août, à la proposition
de USS de commettre
une
fraude qui nous a été remise lors des négociations
pour une nouvelle
convention, ainsi que notre analyse et notre réponse
écrite, datée 14
août, à cette proposition.
Nous n'avons reçu aucune réponse de USS
sur nos préoccupations,
malgré que nous ayons demandé à être
informés si nous avions mal
compris leur proposition dans son ensemble ou en partie. Ensuite, USS
s'est mise sous la protection de la LACC le 16 septembre 2014, et il
est clair pour nous que leur mémoire et le plan d'action
proposés
pour la LACC suit le scénario de leur proposition du 7
août malgré le
changement de lieu. Notre conclusion reste la même : c'est un
plan
visant à frauder nos retraités, à frauder le
gouvernement provincial du
prêt de 150 millions $, à frauder les gouvernements aux
différents
échelons des coûts du nettoyage environnemental et un plan
pour
empêcher toute discussion sur la façon de résoudre
les problèmes dans
le secteur de l'acier au Canada et pour trouver et appliquer des
solutions. Jusqu'à présent, la solution de US Steel aux
problèmes de
l'industrie sidérurgique du Canada est de la détruire.
Quelle tournure prendra ce scénario, c'est ce que
nous attendons
tous de voir. Peut-être que USS a déjà des
acquéreurs bidons prêts à
acheter Lake Erie Works et d'autres actifs au cours des 30 jours de
sursis de procédure demandés, ce qui est
considéré comme une manière «
raisonnable » de procéder. Cela, dans les faits, priverait
les
retraités
de l'accès à la plus grande partie des actifs alors que
c'est leur
travail qui a produit ces actifs.
Je termine en répétant l'appel que nous
avons publié aujourd'hui dans Information
Update :
« La Section locale 1005 du Syndicat des
Métallos fait appel au
tribunal de l'opinion publique canadienne pour s'assurer que justice
soit faite dans cette affaire. Toute la preuve indique une conspiration
en vue de commettre une fraude. C'est indigne et inadmissible que les
tribunaux et les gouvernements canadiens de quelque niveau que ce soit
légitiment cette fraude. Nous demandons à toutes les
parties touchées
par cette fraude de protester et de se joindre à nous pour s'y
opposer.
Cet appel s'adresse aux organisations des employés
salariés, aux
fournisseurs, aux organisations environnementales, aux conseils
municipaux et aux politiciens à tous les niveaux,
fédéral, provincial
ou
municipal, à tous les partis politiques fédéraux
et provinciaux et à
tous les Canadiens et leurs organisations. Pour la Section locale 1005,
cette situation est une occasion pour tous ceux qui pratiquent le droit
de soutenir l'intégrité de leur profession en s'opposant
à
l'utilisation des tribunaux, des procédures légales et de
la loi pour
commettre une
fraude.
« Assez c'est assez !
« Défendons tous la dignité du
travail, la décence, les pratiques
honnêtes et le courage de faire ce qui est juste ! Ne permettons
pas que
le Canada soit traîné dans la boue par US Steel ! »
Merci. Nous allons maintenant vous remettre les
documents datés du13 août et du 14 août.

Lettre du 13 août de la Section locale 1005
à US Steel
La lettre qui
suit a été remise à Mme Jodi Koch, directrice des
ressources humaines de US Steel, qui est la négociatrice de US
Steel dans les négociations actuelles avec la Section locale
1005 sur la nouvelle convention collective.
La Section locale 1005 du Syndicat des Métallos
vous informe que le comité de
négociation n'est aucunement mandaté pour participer
à des discussions
qui ne traitent pas des intérêts fondamentaux des
métallos et des retraités dans le but d'obtenir une
entente négociée qui soit acceptable à ses membres
et dans
ce contexte faire en sorte que le régime de retraite soit entier
et viable pour tous les participants au régime.
Ainsi le comité de négociation de la
Section locale 1005 et US Steel se sont rencontrés à
maintes reprises en août et pour elle, l'objectif des
négociations
en cours était l'obtention d'un contrat. Il y a
présentement des négociations sur les propositions
contractuelles soumises par la Section locale 1005 ainsi que par
US Steel. Cependant, la Section locale 1005 ne peut qu'observer que ces
réunions ont aussi mis en lumière, de l'avis de la
Section locale 1005, un complot en
vertu de la Loi canadienne sur les sociétés par
actions (LCSA) tramé par US Steel et visant à
frauder les retraités de Hamilton de leurs pensions,
la province de l'Ontario de son prêt de 150 millions $
accordé à un taux d'intérêt de 1 % en 2007,
et les Canadiens de leur droit à ce que les terrains et les eaux
pollués soient nettoyés par l'entreprise qui est
responsable de cette pollution.
La Section locale 1005 s'oppose à tout pourparler
et projet visant à isoler Hamilton Works en tant
qu'entité autonome et à détruire le régime
de retraite des
syndiqués de Hamilton en vertu d'un processus de la Loi sur
les arrangements avec les créanciers des compagnies (LACC)
ou de faillite, de se
débarrasser de terres et de cours d'eau contaminés dont
la compagnie est responsable, et ce faisant, conserver pour soi Lake
Erie Works, ainsi que ses avantages
portuaires, terrestres et autres non liés à un Hamilton
Works « autonome » restructuré en vertu de la LCSA.
Selon ce plan, il semblerait que US Steel a l'intention
de demander à la province de l'Ontario d'effacer le prêt
de 150 millions $. Aussi, US Steel va émettre
250 millions $ en prêts garantis afin d'absorber les pertes
éventuelles en 2014 et 2015 liées à un Hamilton
Works « autonome » alors que le titulaire sera le
premier en ligne advenant un recours à la LACC ou à la
faillite, tandis que les retraités ainsi que tout autre
créancier, fournisseur et autres seront abandonnés
à leur sort. Tous ces efforts semblent bien rodés pour
faire en sorte que les avoirs de US Steel, les détenteurs de
dette et les actionnaires aux États-Unis soient
libérés de toutes responsabilités liées
à un Hamilton Works « autonome » en faillite et que
les justes réclamations des retraités et des Canadiens
soient
refusées.
L'opinion de la Section locale 1005 du Syndicat des
Métallos est que les résidents de Hamilton et, en fait,
l'ensemble des Canadiens,
accepteraient très mal un tel plan. Il s'agit ici non seulement
des travailleurs mais aussi de la communauté des affaires et des
politiciens, quel que soit le parti.
La Section locale 1005 ne croit pas que ces manigances
de US Steel puissent mener à un Hamilton Works viable et elle
s'y oppose catégoriquement. Le
complot de fixation des prix auquel a participé US Steel ainsi
que huit autres compagnies de l'acier en 2007 a été
extrêmement nuisible pour les métallos de
Hamilton et pour la communauté, ainsi que pour l'industrie
canadienne de l'acier dans son ensemble. Le dévoilement de ce
complot indique clairement que toutes
les promesses non tenues lors de l'acquisition de Stelco par US Steel
n'avaient rien à voir avec les « conditions du
marché » comme on a voulu le faire accepter
aux métallos et aux gens de Hamilton. Le complot de fixation des
prix révèle que US Steel savait très bien que ses
engagements publics étaient non fondés.
Ses plans les plus récents démontrent qu'un nouveau
complot est en train de se tramer: d'abord, avoir recours à la
LCSA et ensuite à la LACC ou à la faillite
à des fins tout aussi déshonorantes.
La Section locale 1005 ne veut rien savoir de ce complot
tramé en vertu de la LCSA. Son comité de
négociation n'est pas autorisé à aller plus loin
sur cette
question. La Section locale 1005 pense aussi que Hamilton Works peut
être rentable malgré son état de
décrépitude avancée depuis son acquisition par US
Steel.
En somme, veuillez noter que le comité de
négociation de la Section locale 1005 a reçu le mandat de
négocier une convention collective. Ce comité
désire
rencontrer US Steel afin de négocier de bonne foi une nouvelle
convention collective et faire en sorte que le régime de
retraite reste entier, en vertu des
engagements pris par US Steel et par le gouvernement de l'Ontario.
La Section locale 1005, ses membres et ses
retraités réitèrent ce qu'ils ont toujours
soutenus : « Aucune restructuration sur le dos des
travailleurs ! ».
Rolf Gerstenberger
Président de la Section locale 1005 du Syndicat des
Métallos
Hamilton, Ontario
le 13 août 2014

Réponse du 14 août de la Section locale
1005
aux propositions intéressées de restructuration
de US Steel
Le document suivant a
été remis à US Steel le 14 août
dernier par l'entreprise de madame Jodi Koch, la directrice des
Ressources humaines de US Steel,
en réponse à la proposition qu'avait faite le PDG de US
Steel Canada, Michael McQuade, au comité de négociation
de la Section locale 1005 le 7 août.
* * *
Examinons la proposition de restructuration que US Steel
a mise de l'avant en vertu de la Loi canadienne sur les
sociétés par actions (LCSA)
pour voir si elle règle quelque problème que ce soit de
l'industrie de l'acier et si elle est bonne pour le Canada.
La proposition de restructuration en vertu de la LCSA
fait en sorte de briser United States Steel Canada (USSC) en six
filiales de USS, 4 à Hamilton et
2 à Lake Erie. Chaque entité serait une compagnie
séparée sans aucun revenu qui lui viendrait de USS en cas
de besoin après 2015. En tant que compagnies
séparées, elles seraient elles-mêmes responsables
des taxes locales et des autres réclamations qui leur sont
faites. Ces six entités séparées sont:
Hamilton Land (les terrains de Hamilton, plus de 1000
acres)
Hamilton Cokes (la fabrication du coke)
Hamilton Finishing (la finition de l'acier)
Hamilton Other (tout ce à quoi on n'a pas pensé)
Lake Erie Land (environ 6600 acres de terrains non utilisés)
Lake Erie Works Operations (la production à Lake Erie)
USS fournirait un financement de 250 millions $ se
terminant à la fin de 2015. Après cela, les
entités sont laissées à elles-mêmes et
survivent ou tombent
selon leur propre performance.
Cette proposition comprend une manoeuvre qui implique
les terrains et les opérations de Lake Erie une fois que USS est
brisé en 6 entités. Un processus
de fusions et d'acquisitions s'enclencherait alors impliquant ces 2
entités qui seraient achetées par USS.
L'achat par USS de Lake Erie Works (LEW) et de Lake Erie
Land (LEW land) signifie qu'ils redeviendraient des entités de
USS et ne seraient plus des
entités séparées du point de vue légal.
Cela semble signifier que USS aurait le contrôle direct de toutes
les opérations et de tous les revenus provenant de LEW
et de ses terrains. Un aspect important de cet achat serait que LEW et
LEW Land n'auraient plus de lien légal avec les 4 autres
entités séparées au Canada.
Ces 4 entités et leurs retraités n'auraient plus aucun
lien avec LEW et ses terrains. C'est important de noter qu'un grand
nombre de retraités de l'ancien Stelco
et tous ces travailleurs qui sont maintenant
décédés ont fourni le revenu et les garanties sur
la base desquels LEW a été construit et a acquis ses
terrains. Ce
lien ne peut pas et ne doit pas être rompu.
La restructuration faite en vertu de la LCSA pourrait
alors disposer des 4 entités restantes, de leurs dettes et
obligations et notamment des prestations de
retraite sans qu'il y ait un lien légal avec USS et ses filiales
à part entière LEW et Lew Land. On peut présumer
qu'une restructuration en vertu de la LACC
d'une ou de plusieurs de ces entités séparées
pourrait être entreprise sans que les autres avoirs qui sont la
propriété directe ou indirecte de USS puissent être
touchés. La majorité des membres du régime de
retraite de Stelco, soit les 9338 membres des unités de
négociation et les 3276 salariés perdraient alors tous
leurs liens avec les seuls hauts fourneaux encore en opération
au sein des installations sidérurgiques de l'ancien Stelco.
De toute évidence, le nombre des retraités
par rapport aux avoirs et aux travailleurs encore actifs dans les 4
entités séparées serait extrêmement
élevé. L'unité
de négociation de Hamilton Works comprend maintenant 600
membres. USS déclarerait, comme elle le fait déjà,
que ces 4 entités ne sont pas viables si elles
doivent continuer à fournir des régimes de retraite
à prestations déterminées à leurs
retraités. C'est cet argument que US Steel invoque
déjà pour accuser
Hamilton Works de ne pas être profitable.
Une faillite pourrait alors se produire où les
détenteurs de la dette sécurisés (le nouveau
crédit de 250 millions $ pour 2014 et 2015) seraient en
tête de
liste des créditeurs face aux avoirs de l'une ou de plus d'une
des entités autonomes. USS prétendrait que les
retraités font essentiellement partie de Hamilton
Cokes et de Hamilton Finishing et sont la responsabilité de ces
seules deux entités. Une faillite n'impliquerait
vraisemblablement que ces 2 entités, alors que
les avoirs de Hamilton Land, dont probablement le port, et Hamilton
Other, ne seraient pas touchés dans la procédure de
faillite ou de restructuration en vertu
de la LACC.
Une restructuration en vertu de la LSCA serait
combinée à une restructuration des obligations en
matière de retraites avant que des procédures de faillite
ou de restructuration sous la LACC ne soient enclenchées.
L'objectif visé par la restructuration en vertu de la LCSA est
d'isoler le plus possible les obligations
envers les retraites et la décontamination environnementale
à Hamilton Works de LEW, de LEW Land et des avoirs
américains. USS est conscient que pour
accomplir son objectif, au moyen de la LCSA, de protéger LEW et
ses avoirs américains de toute obligation de
décontamination environnementale et envers
les retraites d'Hamilton Works, la compagnie doit tout d'abord proposer
une restructuration de ses obligations envers le régime de
retraites.
Si USS s'engage tout de suite dans des procédures
de restructuration ou de faillite en vertu de la LACC sans d'abord se
restructurer en vertu de la LCSA,
il risque de perdre non seulement tous ses avoirs au Canada mais
d'être vulnérable aux réclamations sur ses avoirs
américains. C'est avec cela en tête qu'il a
fait une proposition de restructuration des retraites de concert avec
la restructuration en vertu de la LCSA.
La proposition de USS pour la restructuration
des retraites en conjonction avec la LCSA
USS ferait son paiement final des
5 derniers mois de 2014 dans le fonds de pension avec un paiement de
5,83 millions $ par mois, suivi d'un paiement de 70 millions $ pour
2015 effectué en
un seul paiement. Pour USS, la fin de 2015 est la date de clôture
de l'entente signée avec le gouvernement de l'Ontario à
l'effet que le fonds de pension sera
capitalisé à 100 % d'ici la fin de 2015. En retour de
cette entente, la compagnie avait obtenu un prêt de 150 millions
$ de la province à un taux d'intérêt annuel
de 1 %. La province s'était engagée à annuler le
remboursement du prêt et à le transformer en subvention
si, à la fin de 2015, les fonds de pension sont financés
à 100 %, s'ils sont solvables et entiers et suffisants pour
payer
toutes les prestations de retraite de tous les membres jusqu'à
leur mort. Comme les fonds de
pension seront loin d'être financés à 100 %,
solvables et entiers à cette date, USS doit donc rembourser le
prêt à la province.
Plutôt que de rembourser le prêt, USS, suite
à la restructuration des pensions, demanderait à la
province d'annuler le remboursement aux conditions suivantes:
La période requise pour que les fonds de pension
soient pleinement financés, solvables et entiers, serait
prolongée de 15 ans jusqu'en 2031;
Selon le processus de fusions et d'acquisitions qui
transformerait USSC en 6 entités, les entités ou leurs
acheteurs auraient la responsabilité des pensions,
lesquelles appartiendraient à chaque entité
séparée;
USS paierait 10 millions $ par année dans les
fonds de pension sur une période de 15 ans, soit un montant
total de 150 millions $, à condition que la
province accepte de remettre à 2031 l'application de l'entente
sur les pensions et accepte d'annuler le remboursement de son
prêt de 150 millions $;
USS aurait la possibilité de payer les 150
millions $ qu'il doit aux fonds de pension en un seul
prépaiement;
Les entités autonomes seraient seules
responsables du financement des fonds de pension qui leur
appartiennent et devraient les rendre solvables et entiers
d'ici 2031.
Dans le cadre de la restructuration des pensions, USS
s'engage à payer les montants suivants:
29,15 millions $ d'ici la fin de 2014;
70 millions $ en 2015;
150 millions $ par des paiements de 10 millions $ par année
d'ici 2031;
Pour un total de 249.15 millions $.
USS s'engage à verser ce montant de 249,15
millions $ si le gouvernement de l'Ontario renonce au remboursement du
prêt de 150 millions $ et prolonge
de 15 ans la date limite où les fonds de pension doivent
être solvables.
Cela veut donc dire qu'en réalité l'offre
de USS est de mettre un montant net de 99,15 millions $ dans les fonds
de pension.
Le rapport le plus récent sur les 4 fonds de
pension établit que le montant qui est nécessaire pour
les capitaliser entièrement, les rendre solvables et entiers
et suffisants à payer les prestations actuelles et potentielles
est de 838 millions $.
Ce montant se répartit ainsi:
Fonds de pension des unités de négociation
de Hamilton: 573 millions $
Employés salariés de Hamilton: 117 millions $
Unités de négociation de Lake Erie: 117 millions $
Salariés de Lake Erie: 32 millions $
De plus, les avantages sociaux à la retraite se montent entre 40
et 48 millions $.
La loi ontarienne stipule que dans les 5 ans qui suivent
la fin de l'entente sur les pensions, les 4 fonds doivent être
entièrement capitalisés, solvables et
entiers et que cela doit être fait au moyen de 5 paiements
annuels qui équivalent chacun au cinquième du
déficit de solvabilité. Cela veut dire, selon ce rapport,
que USS est obligé de payer 168 millions $ par année
à partir de 2016. Il doit aussi rembourser le prêt de 150
millions $ du gouvernement de l'Ontario.
La restructuration des pensions est très loin
d'être à la hauteur des obligations de US Steel envers les
pensions. Le 99 millions $ ne satisfait même pas aux
obligations de 2016 sans parler des 4 autres années.
La proposition de restructuration en vertu de la LCSA
vise visiblement à liquider les obligations de US Steel envers
les pensions et les avantages sociaux
à la retraite.
Les besoins du Canada en acier sont plus grands que la
capacité de production d'acier en ce moment. On en importe donc
et même des types d'acier qui
pourraient facilement être produits au Canada sont
importés. La proposition faite en vertu de la LCSA ne
reconnaît même pas le problème du manque de
production domestique qui accable le secteur de l'acier. Un Hamilton
Works renouvelé pourrait grandement contribuer à combler
la demande canadienne en
acier.
Malheureusement, USS prend une position très
étroite d'esprit par rapport à la production canadienne
d'acier. En refusant de redémarrer la production à
Hamilton Works, USS semble vouloir remplir la demande canadienne
à partir de ses installations aux États-Unis. Cela
convient aussi à ses efforts de réduire
la production nord-américaine d'acier pour fixer les prix au
niveau qu'il désire. La compagnie a récemment
accepté de verser un montant de 58 millions $ pour
régler une poursuite légale pour fixation des prix.
Lorsqu'on examine les propositions de restructuration en
vertu de la LCSA et en matière de pensions comme faisant partie
d'un tout, on est amené à penser
à ce que d'autres ont appelé une conspiration criminelle
pour permettre à US Steel d'éviter ses obligations envers
les pensions des travailleurs canadiens,
l'environnement et le secteur de l'acier. Ces propositions sont
hostiles aux Canadiens en général et aux travailleurs
syndiqués et employés salariés en particulier
et elles doivent être fermement rejetées par tous les
Canadiens et leurs gouvernements respectifs.
Il faut discuter de propositions alternatives qui
respectent les obligations envers tous les retraités de Stelco
et renouvellent en particulier la capacité
productive de Hamilton Works, en commençant par la remise en
opération de ses hauts fourneaux, de même que la
capacité productive d'autres installations.
Le revenu qu'on pourrait tirer d'un Hamilton Works et d'un Lake Erie
Works renouvelés contribuerait beaucoup à une
transformation positive de la situation,
au respect des obligations envers les pensions et au
développement de la capacité et de la vitalité du
secteur canadien de l'acier.
Si on faisait une telle chose, si USS faisait preuve
d'une attitude positive et allait dans cette direction, le gouvernement
ontarien arriverait certainement avec
ses propres propositions positives pour régler le
problème du financement des pensions; il verserait le 150
millions $ du remboursement du prêt de US Steel
dans les fonds de pension et prolongerait la période de temps
qu'il faut pour financer pleinement les 4 fonds de pension, les rendre
solvables et entiers et
capables de payer les prestations de retraites de tous les
retraités actuels et potentiels. Mais pour cela il faut que USS
fasse preuve de bonne foi et s'engage
à renouveler Stelco plutôt que de le détruire.

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