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Numéro 111 - 17
septembre 2014
Sommet de l'OTAN au Pays de Galles
De dangereux développements
au sommet de l'OTAN
Sommet de l'OTAN au
Pays de Galles
• De dangereux développements au sommet
de l'OTAN - Nathan J. Freeman
• Les décisions du Sommet de l'OTAN
• Actions à Newport contre l'alliance
agressive
Sommet de l'OTAN au Pays de Galles
De dangereux développements au sommet de l'OTAN
- Nathan J. Freeman -
Le 5 septembre, le
deuxième et dernier jour du sommet de l'OTAN à Newport au
Pays de Galles, le président des États-Unis, Barack
Obama,
a fait un survol des décisions prises adoptées au sommet.
Il a parlé de l'article 5 de la Charte de l'OTAN, qui traite
spécifiquement de la question de « l'autodéfense
collective ». Il a dit: « D'abord et
avant tout, nous avons réitéré la mission centrale
de l'alliance. L'article 5 enchâsse notre responsabilité
solennelle
les uns envers les autres - ' une attaque armée contre
l'un...sera vue comme une attaque contre tous '. Il s'agit d'une
obligation de traité, une obligation
contraignante et qui est non négociable. Ici au Pays de Galles,
nous ne laissons planer aucun doute - nous viendrons à la
défense de tout allié. »
Une des décisions centrales du sommet de l'OTAN a
été la mise sur pied d'une armée permanente de
l'OTAN composée de 4 000 membres. C'était une
façon d'institutionnaliser l'article 5 de la Charte de l'OTAN.
Le président Barack Obama et d'autres à sa suite se sont
référés de façon
répétée à l'article 5 de
la Charte de l'OTAN lors du sommet. Malgré tout, dans les 96
heures de couverture continue du sommet, on a à peine
mentionné l'article 5. Celui-ci n'a été
mis en lumière par aucun reportage médiatique. Il reste
que l'article 5 est important. Il promet à tout membre victime
d'agression ou d'attaque de quelque pays
que ce soit l'intervention des autres membres de l'OTAN pour lui porter
secours et repousser ou mettre fin à l'agression en question. En
réalité, c'est plus que
probable que cette institutionnalisation aura comme effet de
court-circuiter toute discussion et tout examen en profondeur du
véritable casus belli que recèle le
conflit en question.
Cet aspect de l'article 5 provient directement du
chapitre 7 de la Charte des Nations unies, qui autorise le Conseil de
sécurité à déployer la force armée
en
réponse collective à une agression contre tout membre de
l'Assemblée générale. L'article 5 devait d'abord
permettre à l'OTAN de ne pas avoir un ordre du jour
ou un mécanisme autorisant le recours à la force qui
pourrait sembler contredire les Nations unies en paroles ou en actes.
D'un point de vue politique, l'OTAN
pouvait très bien agir à l'instigation d'un suzerain de
l'une ou l'autre des superpuissances se couvrant du manteau de
l'alliance pour camoufler son ordre du
jour intéressé, mais, pour l'image, l'article 5 devait
sembler avoir le même standard que le chapitre 7 de la Charte des
Nations unies pour être accepté au-delà
des rangs de l'OTAN.
Ce qui est en train de se passer maintenant, c'est
qu'une force de l'OTAN sous le commandement permanent de l'alliance va
se substituer à la procédure
détaillée de l'article 5 de la Charte de l'OTAN. Les
procédures de l'article 5 sont fondées sur les
procédures tout aussi détaillées qui gouvernent
l'intervention
militaire autorisée par l'ONU dans l'article 7 de sa Charte.
¸

Dans les années 70 et 80, les hauts dirigeants de
l'OTAN ont mis sur pied les « Forces navales permanentes de
l'Atlantique » (STANAVFORLANT).
Évidemment, cette force n'était permanente qu'au sens
où elle était toujours prête à être
mobilisée pour une situation réelle dans un avenir plus
ou moins lointain.
Dans les faits, une flotte d'une demi-douzaine ou plus de navires de
divers membres de l'OTAN sillonnaient l'Atlantique et la
Méditerranée à chaque été pour
« montrer le drapeau » mais sans tenir d'exercices
militaires comme tel.
Dans ce sens, c'est évident que l'intervention
permanente de l'OTAN comme elle est maintenant proposée est tout
à fait contraire à l'esprit originel de
l'article 5. En effet, elle semble précisément
conçue pour éviter les obstacles que les
procédures complexes de l'article 7 du Conseil de
sécurité de l'ONU avaient
créées pour la soi-disant « Coalition des
volontaires » mise sur pied à la demande des
États-Unis qui a éventuellement envahi l'Irak en mars
2003.
Quant à la doctrine de sécurité
collective telle qu'enchâssée dans l'article 7 de la
Charte des Nations unies, elle a été créée
en réponse à l'agression de l'Axe
qui a mené à la Deuxième Guerre mondiale
dès le début des années 30 avec l'invasion
impériale japonaise et la prise de la Mandchourie en 1931.
Selon cette doctrine de sécurité
collective, le déploiement d'une force armée contre une
agression est autorisé à un collectif de pays qui cherche
à entrer
en action selon les procédures complexes et les
délibérations telles que stipulées dans l'article
7 de la Charte de l'ONU. La procédure est
déclenchée par un
État-membre ou un groupe d'États-membres de l'ONU
demandant assistance contre l'agression de la part d'un autre membre ou
de plusieurs membres de
l'ONU.
De même, l'article 5 de la Charte de l'OTAN
était formulé de sorte à autoriser le
déploiement d'un contre-pouvoir de la part des
États-membres de l'OTAN
pour riposter à une agression de la part d'un pays non-membre de
l'alliance (on pensait ici à l'Union soviétique ou
à l'un de ses alliés). C'était le recours ultime
après qu'on ait épuisé toutes les
procédures de délibération fortement
inspirées du chapitre 7 des Nations unies.
Pour ce qui est des impérialistes
américains et de leurs principaux alliés - le
Royaume-Uni, le Canada et la France - il est clair que cette
récente proposition
d'une force permanente d'intervention vise à éviter que
se répète ce qui s'est passé quand l'article 5 a
été invoqué en août 2008 par le
président géorgien,
diplômé de Harvard, Mikhail Shakhtiashvili, qui cherchait
à contrer l'invasion russe depuis Tbilisi.
À ce moment-là, le
gouvernement français avait protesté en invoquant que la
Géorgie n'avait pas le droit d'invoquer l'article 5 et son
principe d'autodéfense
collective puisque Tbilisi n'était qu'un candidat-membre de
l'OTAN et non un membre en bonne et due forme. L'OTAN s'est tue, la
demande de la Géorgie
a été reléguée aux oubliettes et les forces
armées russes ont alors pénétré en
territoire géorgien peu après l'ouverture des Jeux
olympiques d'été à Pékin pour
y écraser des forces antirusses. En moins d'une semaine, Moscou
a déclaré un cessez-le-feu et les Jeux olympiques se sont
poursuivis sans heurt jusqu'aux
cérémonies de clôture. L'Ukraine était
déjà un candidat-membre de l'OTAN et elle peut maintenant
tirer les conclusions que lui dictent ces événements dans
sa relation conflictuelle avec l'administration Poutine à Moscou.
Pendant ce temps, depuis le début de
l'été, les relations formelles entre l'Ukraine et Moscou
ont dégénéré en conflit mineur entre
l'armée nationale officielle,
dont la base est dans la capitale, Kiev, et les forces de
guérilla, dont la base est principalement dans les
régions russophones de Novorossiya dans le sud et l'est
de l'Ukraine. La population de ces régions est en révolte
ouverte contre le gouvernement imposé par l'occident à
Kiev depuis presqu'un an.
En même temps, l'objectif du bloc occidental
dirigé par les États-Unis est de faire en sorte que
l'économie ukrainienne soit prise dans les filets du Fonds
monétaire international et de préparer l'occupation
interne permanente de l'Ukraine tout entière dont on dira que
l'Ukraine « s'est jointe à l'OTAN ». C'est
ce qui semble se dessiner sur la base de ce que la diplomatie russe a
exposé.
Telles sont les sales manigances que le premier ministre
canadien Stephen Harper a saluées avec tant d'enthousiasme au
sommet de l'OTAN au Pays de
Galles. Suite au sommet, le Canada a annoncé qu'il
expédiait 13 soldats en Ukraine pour participer à un
exercice de « maintien de la paix » dirigé par les
États-Unis. Selon le bureau du premier ministre, l'exercice,
appelé Rapid Trident 14, aura lieu au Centre de maintien de la
paix et de la sécurité internationales
à Yavoriv, en Ukraine, du 11 au 28 septembre. Tout cela fait
partie de l'intensification des préparatifs de guerre qui s'est
effectuée au sommet de l'OTAN. On
voit donc l'urgente nécessité d'établir un
gouvernement antiguerre à Ottawa et de retirer le Canada des
« alliances » asservissantes que sont l'OTAN et
NORAD.
Le
Canada a besoin d'un gouvernement antiguerre!
Canada hors de l'OTAN et de NORAD!

Les décisions du Sommet de l'OTAN
Le 5 septembre, le deuxième et dernier jour du
Sommet de l'OTAN au Pays de Galles, le président des
États-Unis Barack Obama a rappelé
les décisions du sommet en point de presse final.
Il a commencé par s'engager à mettre en
oeuvre l'article 5 de la Charte de l'OTAN qui fait de la «
sécurité collective » la priorité absolue et
a ajouté que
l'OTAN va défendre tout allié qui sera sous le coup d'une
attaque armée.
« Deuxièmement, a-t-il poursuivi, nous
avons accepté de réassurer de façon très
résolue nos alliés d'Europe de l'Est. Les patrouilles
aériennes de l'OTAN
en nombre accru dans les États baltes vont continuer. La
rotation de forces additionnelles dans toute l'Europe de l'Est pour des
fins de formation et d'exercices
militaires va se poursuivre. Les patrouilles navales dans la Mer du
Nord vont se poursuivre. Les 28 nations membres de l'OTAN ont
accepté de contribuer à
toutes ces mesures et aussi longtemps que nécessaire. »
Obama a ensuite réitéré sa doctrine
de la guerre des drones et du déploiement rapide de Forces
spéciales et de « conseillers » au lieu de
l'engagement de
grandes forces d'occupation. Il a ajouté:
« Troisièmement, afin d'assurer que l'OTAN
demeure prête à toute éventualité, nous
avons
convenu d'un Plan de réactivité. L'alliance va mettre
à jour sa
planification de défense. Nous allons créer une nouvelle
force de réponse rapide à haut niveau de
préparation qui pourra être déployée avec
très peu d'avis.
Nous allons accroître la présence de l'OTAN en Europe
centrale et de l'Est et y consacrer équipement, formation,
exercices et rotations de troupes additionnels.
L'initiative de 1 milliard $ que j'ai annoncée à Varsovie
[le 3 juin] sera une contribution forte et soutenue à ce
plan. » L'OTAN va se modeler sur les plans
du Pentagone pour des déploiements rapides avec forces
réduites appuyées par des frappes aériennes, des
drones et des Forces spéciales, comme on le voit
maintenant en Irak.
Obama a aussi parlé de la demande
américaine à l'effet que l'Europe doit mettre plus
d'argent pour la guerre. Il a dit: « Les 28 nations membres de
l'OTAN
se sont engagées à accroître leurs investissements
en matière de défense et à porter les montants
versés à la défense collective à 2 % de
leur
PIB. Ces ressources
vont aider l'OTAN à investir dans des secteurs clés comme
les services de renseignements, la surveillance, la reconnaissance et
la défense contre les missiles.
Cet engagement montre bien que l'OTAN ne tombera pas dans la
complaisance. Notre alliance va renverser le déclin qu'elle a
connu dans les dépenses pour
la défense et être à la hauteur des défis
auxquels nous faisons face en ce 21e siècle. »
Il a indiqué également qu'un plus grand
nombre de pays vont être impliqués dans la course des
États-Unis à la domination mondiale. « Nous avons
convenu
d'étendre le partenariat qui fait de l'OTAN l'épicentre
de la sécurité mondiale. Nous faisons de nouveaux efforts
auprès de nos partenaires les plus proches,
dont plusieurs qui ont travaillé avec nous en Afghanistan, pour
nous assurer que nos forces vont continuer à agir ensemble. Nous
allons prendre de nouvelles
initiatives pour aider les pays à renforcer leur capacité
de défense en commençant par la Géorgie, la
Moldavie, la Jordanie et la Libye. »
La Grande-Bretagne et le Canada se sont joints à
Obama pour tenter de justifier une ingérence encore plus grande
en Ukraine et pour menacer la Russie.
Ils ont aussi fait écho aux États-Unis en cherchant
à impliquer tous les alliés de l'OTAN dans cette
ingérence. Comme l'a dit Obama, « les 28 nations membres
de l'OTAN vont maintenant fournir de l'aide en sécurité
à l'Ukraine. Cela comprend l'appui aux forces militaires
ukrainiennes sans qu'on prenne part aux
combats, l'appui par exemple en équipements de protection
balistique, en essence et en matériel médical pour les
soldats ukrainiens blessés, de même que l'appui
à la modernisation des forces ukrainiennes, notamment en
logistique et dans les réseaux de commandement et de
contrôle. »

Actions à Newport contre l'alliance agressive
Des milliers de personnes au Pays de Galles, en
Grande-Bretagne et en Irlande ont pris part à des actions pour
s'opposer au sommet de l'Organisation du
Traité de l'Atlantique Nord (OTAN) au Celtic Manor Resort au
Pays de Galles.
Manifestation de masse le 30 août
Le 30 août, plusieurs milliers de personnes de la
région et de plusieurs régions de la Grande-Bretagne se
sont
rassemblées à Newport. Plus de 1000 personnes ont pris
part à une militante manifestation précédée
par la bannière « Pas de nouvelles guerres — Non à
l'OTAN
», à partir du centre administratif, dans les rues de
Newport, et en terminant par un rassemblement qui a occupé le
célèbre Westgate Hotel Square. Au
rassemblement, des orateurs ont dénoncé les crimes de
guerre de l'OTAN et des États-Unis, leur destruction du droit
international et de pays tels l'Irak,
l'Afghanistan, la Palestine et l'Ukraine, toutes menées au nom
des plus grands idéaux.
Manifestation de masse, 4 septembre
Le jeudi 4 septembre, les manifestants ont marché
sur Celtic Manor, site des travaux du sommet de
l'OTAN et plus tard ont tenu une manifestation devant le château
de Cardiff où un « banquet de la mort » de
l'élite dirigeante du monde a eu lieu ce soir.
Contre-sommets
Dans le cadre des activités antiguerre à
Newport, des contre-sommets ont eu lieu le dimanche 31 août au
Cardiff County
Hall et le lundi 1er septembre au Newport Dolman Theatre. Ils ont
condamné l'OTAN en tant que plus grande menace à la paix
mondiale et avaient pour objectif
de construire le mouvement antiguerre contre l'OTAN, la guerre et la
militarisation ainsi que de planifier les futures actions communes dans
toute l'Europe.
Les conférences ont souligné que ce sont les
États-Unis et ses grandes puissances alliées ainsi que
leur alliance militaire criminelle de l'OTAN qui sont derrière
le chaos, la destruction et la guerre dans toutes les parties du monde
et la cause de la situation mondiale la plus dangereuse à ce
jour.

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Marxiste-Léniniste
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