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Numéro 109 - 15
septembre 2014
Grève des enseignants de
Colombie-Britannique
La lutte des enseignants doit être gagnée
par un grand effort de tout le monde
 
Grève
des
enseignants
de
Colombie-Britannique
• La lutte des enseignants doit être
gagnée par un grand effort de tout le monde
Proclamation
d'un
nouveau
premier
ministre
en
Alberta
• Les Albertains doivent continuer de
s'organiser pour défaire le programme néolibéral,
antisocial et antitravailleur des riches
• Jim Prentice: champion des États-Unis des
Monopoles d'Amérique du Nord - Peggy Morton
Anniversaire de la
« loi donnant priorité aux élèves » en
Ontario
• Les enseignants réaffirment que leurs
droits ne sont pas des privilèges!
• Les enseignants de l'éducation
entament des négociations
• Un nouveau numéro de Justice pour les travailleurs
accidentés
Grève des enseignants de
Colombie-Britannique
La lutte des enseignants doit être gagnée
par un grand effort de tout le monde
Le 10 septembre, les enseignants de la
Colombie-Britannique ont voté en faveur de la proposition mise
de l'avant par la direction du syndicat, à savoir qu'ils
mettront fin à leur grève si le gouvernement accepte
l'arbitrage exécutoire sur les questions en litige qui ne sont
pas devant les tribunaux. Le fait que le
gouvernement libéral ait immédiatement rejeté
l'offre de la Fédération des enseignants de la
Colombie-Britannique (BCTF) montre bien dans quelle situation
difficile se trouvent les Britanno-Colombiens et quel courage il faudra
pour surmonter le plan de destruction nationale des
néolibéraux.
Tout juste avant le vote, le ministre de
l'Éducation Peter Fassbender a émis un communiqué
dans lequel il rejetait l'offre en disant agir suivant les conseils
de Peter Cameron, son négociateur en chef auprès de
l'Association des employeurs des écoles publiques de la
Colombie-Britannique. Cameron a été nommé
à ce poste par le gouvernement libéral en 2013 et il
remplace le comité de négociation qui existait. Sa
nomination et tout ce qui s'est produit depuis montrent
que les associations d'employeurs du secteur public
créées dans les années 1990 pour faciliter les
négociations collectives n'ont plus de rôle à
jouer. Leur
élimination révèle la conception que le
gouvernement a de la négociation, soit un diktat exécutif
sur les conditions de base des conventions collectives dans
le secteur public.
Le gouvernement ne
reconnaît pas le droit des travailleurs de négocier leurs
salaires et conditions de travail, qu'il réduit continuellement.
L'objectif néolibéral
est de réaliser le programme antisocial que réclament les
riches, c'est-à-dire éroder les programmes sociaux, y
compris l'éducation, la santé et l'aide aux plus
vulnérables, et baisser le niveau de vie de l'ensemble de la
classe ouvrière, pour transférer une partie toujours plus
grande de la richesse collective dans leurs
poches.
Cette offensive est suivie de la privatisation de
programmes sociaux aussi fondamentaux que les centres de soins pour les
aînés, les programmes pour les
personnes handicapées et même l'éducation.
L'élimination du plus important programme d'enseignement de
l'anglais langue seconde de l'ouest canadien, celui du
Vancouver Community College, est l'expression brutale de cette tendance
régressive.
Les libéraux veulent soumettre la province
à la conception médiévale de société
où chacun doit pourvoir à ses besoins lui-même,
où la société n'existe pas.
Le syndicat des enseignants et les autres syndicats du secteur public
affrontent courageusement cette offensive et c'est pourquoi le
gouvernement libéral utilise
tous les moyens à sa disposition pour les éliminer en
tant qu'organisations de défense de la classe ouvrière,
comme institutions nécessaires pour défendre
l'intérêt
général de la société en opposition
à l'égoïsme et aux préoccupations
centrées sur eux-mêmes des riches.
La résistance des
enseignants de la
Colombie-Britannique, leur brave déclaration qu'ils ne se
soumettront pas au diktat qui dégrade leurs conditions de
travail
et les conditions d'apprentissage de leurs étudiants, donne de
l'espoir à ceux qui veulent le progrès de la
société et crée des difficultés pour le
gouvernement
libéral. La conviction inébranlable des enseignants que
leur cause est juste et essentielle pour le fonctionnement d'une
société humaine et moderne leur a gagné
l'appui de nombreux parents, grands-parents, étudiants,
travailleurs de tous les secteurs et gens de tous les milieux. Et cela
éveille tout le monde à la nécessité
de s'organiser pour résister à l'offensive
néolibérale.
Le ministre Fassbender dit que l'offre du syndicat des
enseignants de soumettre à l'arbitrage obligatoire toutes les
questions en litige sauf celles devant les
tribunaux « n'est pas sérieuse » et que le syndicat
savait qu'elle ne serait pas acceptée. L'offre est pourtant
très sérieuse. En offrant de soumettre les questions
fondamentales à l'arbitrage obligatoire, la BCTF prend le
gouvernement au mot et propose une voie honorable pour retourner en
classe.
Le ministre dit que le syndicat essaie d'imposer des
« préconditions » et que « les
préconditions ne sont pas acceptables ». Pour lui le sens
des mots n'a pas
d'importance. Il est membre d'un gouvernement qui ne fait rien d'autre
que d'imposer des préconditions. C'est par son obstination
à imposer des préconditions
qu'il a poussé les enseignants à déclencher la
grève. Avant même de commencer le processus de
médiation, il a insisté pour que le syndicat accepte la
proposition
E80, une cause qui aurait pour effet d'annuler en pratique la victoire
que les enseignants ont remportée devant les tribunaux en 2011
sur la question du nombre
d'élèves par classe et de la composition des classes.
Ce que le ministre entend quand il parle de
préconditions, c'est que le gouvernement peut imposer des
préconditions et refuser de négocier si ses
préconditions ne sont pas acceptées, mais il n'a pas
à tenir compte des opinions des enseignants sur leurs conditions
de travail et les conditions d'enseignement.
L'obstination du gouvernement libéral à
poursuivre sur la voie de la destruction de l'éducation publique
et des autres fondements de l'État-nation a provoqué
une grande opposition et une volonté populaire de
défendre non seulement l'éducation publique mais la
société elle-même. Des actions sont prévues
dans les
jours qui viennent à la défense des enseignants et de
l'éducation publique partout dans la province. Plus que jamais,
le mouvement ouvrier, les parents, les alliés
de tous les secteurs de la société doivent participer
à cet effort avec encore plus de vigueur et de
détermination et faire savoir clairement au gouvernement
libéral
que la destruction de la société n'est pas acceptable et
doit être vaincue !
Proclamation d'un nouveau premier
ministre en Alberta
Les Albertains doivent continuer de
s'organiser
pour défaire le programme néolibéral, antisocial
et antitravailleur des riches
L'élite au pouvoir a proclamé Jim Prentice
premier ministre désigné de l'Alberta suite à sa
victoire dans la course à la chefferie des
progressistes-conservateurs (PC) provinciaux le 6 septembre. Lors du
scrutin, auquel 23 396 membres du parti ont participé, Prentice
a reçu 17 963 votes, soit
environ 77 % du nombre total des voix, suivi par le
député de Calgary Ric McIver avec 2742 votes et le
député d'Edmonton Thomas Lukaszuk avec 2681 votes.
C'est le taux de participation le plus faible depuis que les
progressistes-conservateurs ont remplacé le congrès
d'investiture par une vote ouvert à toute personne
qui devient membre du parti. Le nombre de participants est en fait plus
bas que ne le prévoyaient les pires prédictions des
médias monopolisés.
Cette nomination du nouveau premier ministre arrive
après une année où les travailleurs ont
été des plus actifs à s'organiser pour
défendre leurs droits et
les droits de tous. Les travailleurs du secteur public et leurs
syndicats ont été le fer de lance de la campagne à
la défense des pensions et pour le droit à la
sécurité à la retraite pour tous. Les travailleurs
et leurs alliés ont tenu bon contre l'attaque brutale du
gouvernement conservateur de Redford par le biais des
lois 45 et 46 qui visent à imposer par la force leurs
conventions collectives aux travailleurs de la fonction publique. Cette
action du gouvernement de recourir
à la force plutôt que de négocier s'est
heurtée à une vive résistance et
détermination pour faire échec à cet assaut contre
les droits de tous. Les Premières Nations
ont livré une lutte déterminée pour
défendre leurs droits ancestraux, issus de traités et
constitutionnels et ont demandé l'abrogation de la Loi 22, la Loi
instaurant
un
impôt
sur
la
consultation
autochtone, qui nie le droit
des Premières Nations à exercer un contrôle sur
leurs terres des réserves. Les
travailleurs de plusieurs secteurs se sont opposés à la
destruction des programmes sociaux et en appui aux plus
vulnérables, contre les attaques aux soins de santé
et à l'éducation.
L'année écoulée n'a laissé
aucun doute que la bataille pour l'Alberta et le Canada est bien
enclenchée, une bataille pour défendre les droits de
tous, pour
investir le peuple du pouvoir et pour le renouveau démocratique
qui permettra aux travailleurs d'établir une nouvelle direction
pour l'économie et d'exercer leur
contrôle sur les questions sociales et politiques qui affectent
leur vie.
La course à la chefferie des
progressistes-conservateurs s'est tenue dans le monde
intéressé de l'élite dirigeante, un monde
centré sur le capital qui ne
reconnaît d'autre droit que le droit de monopole. Les efforts
qu'on voyait lors des courses précédentes à la
chefferie pour donner une certaine légitimité au
couronnement du nouveau premier ministre ont été
essentiellement abandonnés, ce qui montre à quel point le
processus actuel est discrédité et fini. Le Parti
progressiste-conservateur de l'Alberta n'a fait pratiquement aucun
effort pour impliquer les Albertains dans la course à la
chefferie contrairement à la précédente
où on a même dit que les travailleurs avaient formé
une coalition avec Redford et où beaucoup de pression a
été faite sur les travailleurs pour qu'ils essaient
de défendre leurs intérêts en participant à
cette affaire sordide des riches.
Cette fois-ci, on a cherché à mettre au
pouvoir le plus discrètement possible un premier ministre qui,
le souhaite l'élite au pouvoir, sera mieux apte à faire
avancer l'ordre du jour des monopoles du pétrole et du gaz et
des banques avec lesquels ils sont fusionnés. Les monopoles qui
ont de grands intérêts dans les
sables bitumineux ainsi que dans le gaz et le pétrole de schiste
en Colombie-Britannique et en Alberta ont donné l'avertissement
que les gouvernements doivent
tout faire pour désarmer l'opposition populaire et
réaliser leurs demandes. Ces projets incluent les pipelines qui
transporteront le bitume vers la côte ouest puis
vers l'Asie et les terminaux de gaz naturel liquéfié
(GNL) qui exporteront le GNL vers l'Asie.
Le manque de légitimité de cette
proclamation d'un premier ministre est très évident et
doit être dénoncé par tous. On n'a pas à
attendre de voir ce que le
premier ministre désigné Prentice a en réserve
pour l'Alberta. Le programme des progressistes-conservateurs et de
Wildrose est violemment antisocial, antiouvrier
et anti-immigrant. Il ne dépend pas de qui devient premier
ministre ou de quelles déclarations ils font. Ils sont
prêts
à commettre tous les crimes possibles pour
servir leurs maîtres monopolistes. Le changement de premiers
ministres et même de partis au pouvoir, que ce soit les
progressistes- conservateurs ou Wildrose,
vise à masquer la prise de contrôle totale du gouvernement
par les monopoles les plus puissants, à obscurcir les relations
désuètes de production et la destruction
d'une autorité publique qui devrait en fait être
réorganisée pour servir l'intérêt public sur
une nouvelle base, laquelle exige qu'on empêche les monopoles de
tailler la société en pièces.
Seuls les travailleurs sont capables de donner naissance
au nouveau c'est-à-dire d'investir le peuple du pouvoir et de
s'engager dans le renouveau
démocratique afin que les élections deviennent un moyen
de transformer la volonté populaire en une volonté
juridique.
La lutte pour le renouveau démocratique du
processus politique est un élément central du travail
pour arrêter la destruction et l'intégration du Canada aux
États-Unis des monopoles d'Amérique du Nord et ses
guerres de conquête constantes. Le moment est venu de s'organiser
pour défaire le programme néolibéral,
antisocial, antitravailleur et anti-immigrant des riches ! C'est le
temps maintenant que le programme prosocial des travailleurs occupe le
devant de la scène !

Jim Prentice: champion des États-Unis
des Monopoles d'Amérique du Nord
- Peggy Morton -
C'est sans
compétition véritable que Jim Prentice a battu les autres
prétendants à la chefferie du Parti
progressiste-conservateur de l'Alberta dans
une course dont le résultat avait été
décidé dès le premier jour. Il a été
élu premier ministre désigné sans un siège
à l'Assemblée législative et avec seulement
17 000 voix dans une province où la population atteint 4
millions cette année. Son discours d'acceptation a
été ponctué des platitudes habituelles, que
l'Alberta
est grandiose, que son travail est de rétablir la confiance des
Albertains envers le Parti progressiste-conservateur, un projet qui
peut seulement être entrepris par
la fraude.
Prentice s'est bien gardé de dévoiler son
jeu pendant la course à la direction, mais comme vice-directeur
sénior et vice-président de la Banque CIBC, il a
été un conférencier des plus prolifiques,
rencontrant nombre de fois l'élite politique et
économique de même que les Premières Nations.
En tant que haut dirigeant de la Banque CIBC, il a
agressivement promu l'annexion du Canada aux États-Unis des
monopoles d'Amérique du Nord. Il a
présenté les préoccupations et les
problèmes des propriétaires du capital monopoliste qui
exigent de gros retours découlant de l'expansion continue de
l'exploitation des sables bitumineux et du gaz naturel. Il a
parlé ouvertement de ce que les monopoles attendent des
gouvernements et de la machine de l'État.
Comme premier ministre désigné, il est maintenant
prêt à livrer la marchandise et mettre l'appareil
d'État de l'Alberta pleinement à leur service pour mener
le combat pour leurs intérêts privés étroits.
Prentice ne peut pas concevoir une alternative pour le
Canada, si ce n'est que la perte totale de la souveraineté. Il
ne voit pas d'avenir pour le Canada, pas
d'alternative à l'intégration totale du Canada aux
États-Unis des monopoles d'Amérique du Nord, où
l'énergie et son transport vers les marchés demeurent le
facteur le plus important. Il prône le « génie
» de l'Accord de libre-échange et l'Accord de
libre-échange nord-américain, un « génie
» qui, malheureusement,
a été miné, dit-il, par l'administration Obama et
certaines forces au Canada. Il cite à titre d'exemples
négatifs la non-approbation de Keystone XL et les normes
d'émission de carbone aux niveaux local et national des
États-Unis visant à bloquer le pétrole des sables
bitumineux.
Prentice représente le programme dans lequel la
totalité des êtres humains et des actifs matériels
du gouvernement ainsi que d'autres composantes de l'État
sont mobilisés pour lutter pour un nouveau partage du monde en
faveur des intérêts privés étroits des
monopoles nord-américains. Il dit que le libre-échange
est « le commerce basé sur l'avantage mutuel ».
Comment le libre-échange sous les monopoles
peut-il être du commerce à avantage mutuel ? Le
libre-échange sous la domination des plus puissants monopoles
mondiaux n'a jamais été pour l'avantage mutuel, mais pour
la domination et l'exploitation mondiale. Il ne conduit pas à
l'avantage mutuel entre les nations mais
à l'agression et la guerre, comme on peut le voir en ce moment
avec la menace directe d'une autre guerre mondiale cataclysmique pour
la redistribution des
territoires et des zones stratégiques d'influence, des
matières premières, du travail à rabais et des
zones pour l'exportation et l'importation des capitaux. Pour
que le commerce soit mutuellement avantageux, il doit conduire au
développement concerté de tous les partenaires
commerciaux et non à leur exploitation et
leur dépossession.
Un nombre croissant de Canadiens s'organisent pour
priver les monopoles mondiaux de leur règne du
libre-échange et du droit de monopole pour exploiter
la classe ouvrière et les ressources naturelles canadiennes de
même que celles de tous les autres pays. Les travailleurs de
Alberta proviennent de partout au
Canada et de partout dans le monde. Collectivement, ils ont une grande
expérience de la destruction qui est causée par le droit
de monopole. De nombreux
travailleurs et leurs familles ont une expérience directe de la
destruction de l'industrie manufacturière, de l'industrie
forestière, de la pêche, des communautés
entières au Canada, et du pillage et de la destruction des
nations et des pays partout dans le monde par les monopoles.
Il y a une alternative ! Une nouvelle direction pour
l'économie peut être organisée, une direction
d'autosuffisance économique fondée sur la reconnaissance
des droits de tous, l'humanisation de l'environnement social et
naturel, et la coopération dans le commerce international sur
une base véritable d'avantage mutuel
et non de concurrence inter-impérialiste menant à la
destruction mutuelle.
Le point de départ de l'opposition
ouvrière est un projet d'édification nationale pour
développer une base économique canadienne souveraine,
autosuffisante
et indépendante, ce qui limite le droit de monopole et garantit
le bien-être et les droits humains. Une autorité publique
doit jouer un rôle central dans la
promotion du commerce coopératif pour le développement et
l'avantage mutuels, et priver les monopoles mondiaux de la
capacité de s'ingérer dans les affaires
économiques et politiques souveraines des peuples du monde en
commençant par notre propre pays et notre province.

Anniversaire de la « Loi donnant
priorité aux élèves » en Ontario
Les enseignants réaffirment que leurs droits
ne sont pas des privilèges
Immédiatement après l'adoption de la
loi 115 le 11 septembre 2012, des travailleurs partout en Ontario ont
organisé des
actions pour affirmer les droits des enseignants. Ci-dessus: à
Waterdown, près de Hamilton, les enseignants et travailleurs
de l'éducation, en compagnie de métallos, de pompiers et
de travailleurs accidentés manifestent devant le bureau
du député libéral Ted McMeekin.
Le 11 septembre en est venu à souligner plusieurs
anniversaires de triste mémoire, en particulier le coup
d'État brutal des États-Unis contre le
gouvernement élu de Salvador Allende au Chili en 1973, et les
attaques contre les tours du World Trade Centre à New York en
2001, suite à quoi les États-Unis
ont perpétré les pires actes de terreur d'État
contre les peuples d'Afghanistan et d'Irak et contre tous les peuples
qui refusent de se soumettre à leur diktat.
Le gouvernement McGuinty a décidé de
choisir cette journée pour adopter en 2012 son projet de loi 115
draconien, la Loi donnant priorité aux
élèves. Le préambule du projet de loi 115
expose sans ambiguïté les intentions du gouvernement et son
besoin de se donner des pouvoirs arbitraires afin
de dicter à la classe ouvrière des mesures permettant au
gouvernement de siphonner des milliards de dollars du système
d'éducation ontarien - plus
particulièrement à même les salaires des
enseignants et des travailleurs de l'éducation et la
détérioration de leurs conditions de travail. La
prémisse du projet
de loi était qu'afin de sauver l'Ontario et d'atteindre la
prospérité, même les droits de négociation
collective, aussi limités soient-ils, établis en tant que
partie
intégrante du contrat social d'après-guerre visant
à établir la paix syndicale, devaient être
détruits puisque les mécanismes prévus par ces
arrangements
empêchaient le gouvernement d'imposer sa volonté.
L'obstacle venait donc du fait que les travailleurs pouvaient affirmer
leur droit de dire Non ! Avec l'adoption
du projet de loi 115, la résistance des travailleurs à la
violation de leurs droits a été rendue illégale de
diverses façons, par exemple en rendant la participation
à des activités strictement volontaires, comme les
activités parascolaires, sujettes aux ordres du gouvernement.
Autrement dit, le gouvernement a prétendu que les
droits des travailleurs représentaient un obstacle à la
prospérité de la province et que ces droits devaient
être attaqués tout en empêchant le droit d'appel
ainsi que tout recours à la Charte canadienne des droits et
libertés, au Tribunal des droits de la personne de
l'Ontario et à la Commission des relations de travail.
C'est cette même logique qui anime le gouvernement
Wynne aujourd'hui lorsque celui-ci traite des travailleurs
accidentés, alors que leur droit à une
compensation est devenu sujet à la capacité des
employeurs de verser des cotisations au système de compensation
des travailleurs. Selon cette logique, les
travailleurs n'ont pas le droit à la compensation suite à
un accident de travail, mais seulement à des privilèges
qui peuvent être accordés ou retirés selon la bonne
volonté des individus triés sur le volet par le
gouvernement pour couper dans ce qui appartient aux travailleurs, comme
ces individus choisis par les libéraux
pour gérer le Commission de la sécurité
professionnelle et de l'assurance contre les accidents du travail de
l'Ontario.
En ce 11 septembre, le Ontatio Political Forum rejette
la
notion
à
l'effet
que
les
droits du peuple ne sont que des
privilèges que l'État peut
accorder ou retirer à volonté. Une notion des droits
aussi médiévale et vétuste est mise de l'avant
afin de justifier que les pires crimes peuvent être commis contre
le peuple en toute impunité. Une définition moderne des
droits est fondée sur le principe selon lequel les droits
appartiennent au peuple du fait que chacun est
un être humain et que les droits de chacun ne peuvent être
accordés ou retirés. Une définition moderne des
droits telle qu'enchâssée dans une nouvelle
constitution moderne exigerait du gouvernement que sa seule et unique
vocation est d'affirmer les droits du peuple à un système
de santé, à l'éducation, à un
moyen de subsistance et à la sécurité sans que
celui-ci ne craigne quelque persécution que ce soit. La lutte
pour affirmer ces droits doit aboutir à une nouvelle
constitution moderne qui enchâsse avec rigueur ces droits,
plutôt que de les rendre sujets à des critères
arbitraires tels que celui des « limites raisonnables »
invoqués par les gouvernements afin de justifier n'importe quel
crime pour ensuite avoir recours aux tribunaux pour se donner un
semblant de légitimité.
Aujourd'hui, il faut affirmer avec audace la
défense des droits de tous et rejeter tous les raisonnements
frauduleux à l'effet que les problèmes peuvent être
réglés autrement que par cette affirmation des droits.

Les enseignants du secondaire
entament des négociations
La Fédération des enseignants et
enseignantes du
secondaire de l'Ontario tient des réunions et des votes de
grève
partout dans la province. Deux votes de grève, l'un pour
autoriser le recours à la grève si nécessaire sur
des questions
discutées à la table centrale avec le gouvernement et les
représentants provinciaux des commissions scolaires, et l'autre
sur des questions de négociations locales avec les commissions
scolaires respectives. Cette question de ce qui est discuté
centralement aux tables et ce qui l'est localement est
présentement en discussion entre l'équipe de
négociation de la
fédération syndicale et le gouvernement et l'employeur.
Elle
provient de la nouvelle loi du gouvernement Wynne, la Loi de
2014 sur la négociation collective dans les conseils
scolaires. En vertu de la loi, ce qui appartient à la
négociation provinciale et locale doit être
déterminé par la
négociation entre les parties avant que puisse commencer quelque
négociation que ce soit sur les clauses des conventions.
Les enseignants ont pu voir de leurs propres yeux à quel point
l’ordre du jour du gouvernement Wynne d’imposer
l’austérité se
poursuit lorsqu’ils ont reçu leur premier chèque de paie
en
septembre. Le gouvernement a retenu la moitié des fonds dont
avaient besoin les commissions scolaires pour couvrir les
progressions de leurs échelles salariales et les enseignants qui
n’en sont pas à leur échelle maximum devaient toucher ces
augmentations en septembre ce qui n’a pas été le cas.
Cela veut
dire une autre moitié d’année de coupures salariales pour
bon
nombre d’enseignants. Tout ceci est contraire à l’entente que
les
enseignants disent avoir conclue avec le gouvernement ontarien à
l’effet que les coupes prévues dans la loi 115 maintenant
retirée
devaient cesser au 31 août 2014, que la « période de
restrictions
» était maintenant terminée.
Nul doute que le gouvernement retient ces fonds, qui
pourraient
permettre aux nouveaux enseignants et employés de soutien de
monter dans l’échelle salariale, comme une arme de
négociation
qui lui permette de dire qu’il n’a pas de « nouvel argent »
à
mettre et que celui-ci sera mis à la disposition des enseignants
et employés seulement si ceux-ci signent une convention qui est
du goût du gouvernement.
Le chantage n'a plus de fin et doit être rejeté par les
enseignants et les travailleurs de l'éducation. Il faut
continuer
de dire Non ! à toutes les tentatives du gouvernement Wynne de
faire accepter son programme d'austérité
illégitime et ses effets
néfastes sur l'éducation publique.

Un nouveau numéro de
Justice pour les
travailleurs accidentés
Le plus récent numéro du journal Justice
pour
les
travailleurs
accidentés est maintenant disponible
et a déjà été distribué dans
plusieurs coins de l'Ontario lors des marches de la Fête du
Travail et à d'autres événements.
Dans ce numéro on trouve des reportages sur les
diverses actions entreprises par les groupes de travailleurs
accidentés partout dans la province, comme celle
tenue le premier juin, Journée des travailleurs
accidentés, qui tiennent le gouvernement Wynne responsable de la
destruction du système de compensation et
du mauvais traitement des travailleurs accidentés par la
Commission de la sécurité professionnelle et de
l'assurance contre les accidents du travail de l'Ontario
et par le ministère du Travail de l'Ontario. Toutes les actions
tenues depuis les élections ontariennes indiquent que les
travailleurs accidentés défendent leurs
droits de façon proactive et sont de toutes les luttes où
les travailleurs et le peuple s'opposent à l'ordre du jour
d'austérité, défendant les droits de tous. Les
commentaires émis par des fonctionnaires ayant travaillé
à la commission et par le mouvement syndical confirment que le
gouvernement Wynne n'a pas mis
fin aux attaques contre le système de compensation malgré
ses prétentions à l'effet que son gouvernement est plus
progressiste. En fait, on a annoncé tout
récemment que le gouvernement Wynne avait gelé les
cotisations de l'employeur au régime de compensation même
s'il prétend que le régime est sous-financé.
Le nouveau numéro s'adresse spécifiquement à cette
question. Pendant ce temps, les travailleurs accidentés sont de
plus en plus harcelés par des agents privés
à la solde de la commission dans le but de les criminaliser et
de couper leurs prestations de compensation.
Justice pour les travailleurs accidentés explique
que
certaines
des
récentes
attaques
contre
les droits des
travailleurs accidentés sont partie
intégrante des nouvelles politiques en matière de
compensation qu'on applique de façon illégale depuis
quatre ans. De plus en plus, les réclamations des
travailleurs sont rejetées et leurs prestations coupées,
ce qui aggrave leur situation et celles de leurs familles. Par exemple,
certaines incapacités de travailler
liées au travail sont maintenant attribuées à des
« conditions préexistantes » ou à des
conditions asymptomatiques et non-diagnostiquées
antérieurement, dont
des symptômes liés au processus normal de vieillissement,
le tout dans le but de priver les travailleurs accidentés de
leurs prestations.
Face à ces activités hostiles du
gouvernement Wynne et de la commission des accidentés du travail
envers les travailleurs accidentés et leur revendication
à une juste compensation, ce nouveau numéro montre
l'importance de bâtir un Fonds d'action juridique et lance
l'appel à participer à la campagne visant à
amasser des pièces de un et de deux dollars pour contribuer au
fonds. C'est une initiative importante visant à contrer les
attaques contre les travailleurs accidentés
par la commission des accidentés du travail ainsi que ses
politiques injustes et visant aussi à populariser au maximum la
lutte des travailleurs accidentés pour
que justice soit faite.
Ce nouveau numéro du journal prend en main la
tâche importante d'unir toutes les forces et de contrer la
destruction du système de compensation des
travailleurs. Salut aux travailleurs accidentés et à
leurs organisations pour leur détermination à fournir aux
travailleurs accidentés et à tous les travailleurs toute
l'information voulue au sujet des plus récentes attaques contre
leurs droits.
Pour commander Justice pour les travailleurs
accidentés, contacter :
Eugène Lefrançois -
téléphone
: (807) 767-7827 courriel : munso@tbaytel.net

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Marxiste-Léniniste
Site web: www.pccml.ca
Courriel: redaction@cpcml.ca
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