|
Numéro 106 - 10
septembre 2014
La lutte des travailleurs municipaux
pour leur droit à une retraite en sécurité
Blâmons le gouvernement et non les
travailleurs
pour son comportement criminel !
|
Montréal
Manifestation
à
la
défense des régimes de
retraite des employés municipaux

Le samedi
20 septembre à midi
Parc La Fontaine (Sherbrooke et Parc La Fontaine)
Organisée
par
la
Coalition syndicale pour la libre négociation
Information:
438-882-3756
|
|
La
lutte des travailleurs municipaux pour leur droit à une retraite
en sécurité
• Blâmons le gouvernement et non les
travailleurs pour son comportement criminel! - Forum
ouvrier
• Le projet de loi 3, une loi d'extorsion pour
saccager les pensions - Claude Moreau
Grève des
enseignants en Colombie-Britannique
• Les enseignants poursuivent leur juste lutte
à la défense de leurs droits et de l'éducation
publique
Fonction
publique
fédérale
• La lutte des fonctionnaires
fédéraux à la défense de leurs droits -
Louis
Lang
Les travailleurs de
Bombardier tiennent bon contre l'extorsion
• Nous sommes en grève pour l'avenir de
notre syndicat - Entrevue avec Dominic Pasqualino, le
président de la section locale 1075 d'Unifor
La lutte des travailleurs municipaux pour
leur droit à une retraite en sécurité
Blâmons le gouvernement et non les travailleurs
pour son comportement criminel!
- Forum ouvrier -
Manifestation des travailleurs municipaux à
l’Assemblée nationale le 20 août contre les attaques du
gouvernement
Couillard à leur droit à une retraite en
sécurité
L'éditorial qui suit est tiré du
numéro de Septembre de Forum ouvrier, un magazine
publié par le Parti marxiste-léniniste du Québec.
* * *
Non
à la criminalisation des
travailleurs municipaux!
Tous à la défense de leur droit
à la sécurité à la retraite!
Les vrais criminels sont ceux qui volent les
pensions pour payer les riches!
Les vrais criminels sont ceux qui participent
à établir et défendre la comptabilité
frauduleuse du gouvernement sur le financement des
caisses de retraite!
Forum ouvrier dénonce sans aucune
hésitation la criminalisation par le gouvernement Couillard des
travailleurs municipaux qui, selon lui, sont
des voyous à cause de la façon dont ils s'y prennent pour
se faire entendre. Selon lui, seuls ceux qui respectent les
institutions
démocratiques, les procédés
harmonieux, civilisés et pacifiques méritent d'être
entendus, les autres doivent être sanctionnés. La fraude
est qu'il fait croire que s'ils agissent de façon dite
civilisée, quelqu'un va les écouter.
C'est précisément ce qui ne fonctionne
pas. D'abord le gouvernement annonce par une loi qu'il n'y aura pas de
négociation avec les employés municipaux
sur les pensions. Lui et les maires dénoncent chacune de leurs
manifestations comme « non civilisée ». Ils refusent
de les entendre et font campagne contre eux
dans les médias. Puis quand les travailleurs municipaux se sont
rendus à l'hôtel de ville de Montréal le 18
août pour se faire entendre, ils ont été
bloqués et
ensuite criminalisés. C'est suite à la manifestation de
centaines d'employés municipaux à l'hôtel de ville
le 18 août dernier que 44 accusations au criminel ont
été portées contre les participants pour
méfaits, voies de fait et attroupement illégal.
S'ajoutent à ces accusations 63 enquêtes disciplinaires
que la ville de
Montréal a ordonnées, lesquelles s'accompagnent de
suspensions sans solde pour 39 de ces travailleurs. La raison ? Ils ont
refusé d'attaquer leurs confrères que
la mairie refusait d'entendre !
Alors elle est où la
civilité, monsieur Couillard ? Une fois que le
gouvernement
détruit unilatéralement le contrat social avec les
travailleurs et élimine la façon dite civilisée de
communiquer et négocier, c'est lui qui est responsable de
l'état d'anarchie qui s'ensuit et de la violence qui va
avec. Aujourd'hui le vol des pensions se fait en plein jour, au vu et
au su de tout le monde, et le gouvernement coupe toutes les voies de
négociation et de
communication. Pour arrêter ce que le gouvernement appelle la
violence, il n'a qu'à arrêter sa propre conduite
anarchique, c'est-à-dire qu'il doit cesser d'agir
avec impunité.
Les institutions démocratiques peuvent
fonctionner seulement lorsque les gens peuvent voir de leurs yeux que
la primauté du droit est respectée, qui garantit
une notion d'équité et de justice acceptable pour le
corps politique. Dès qu'un gouvernement agit de façon
arbitraire et fait des choses terribles impunément,
se donnant des justifications qui ne tiennent pas, il devient
lui-même responsable du non-respect des institutions
démocratiques et de la primauté du droit.
Tout
comme le gouvernement Charest qui a refusé en 2012
d'écouter les étudiants et les alternatives qu'ils
proposaient, de même le gouvernement Couillard introduit
une comptabilité frauduleuse pour voler les pensions et fait
tout pour ne pas permettre aux travailleurs municipaux de se faire
entendre. Derrière ce refus, il
cache la saisie de fonds publics pour payer les riches et le fait qu'il
n'est intéressé à résoudre aucun des
problèmes auxquels la société fait face.
Voilà le problème
auquel il faut s'adresser, pas que les travailleurs doivent se
soumettre à une espèce de « civilité »
abstraite qui ne leur permet pas de s'exprimer. Quand ils
essaient de passer par les institutions démocratiques, comme au
conseil municipal, ils sont bloqués. Lorsque les frustrations
éclatent, ils sont criminalisés. Il est
on ne peut plus clair que le gouvernement veut imposer le diktat
« Pas de résistance, sinon vous n'aurez rien... »
Ça ne doit pas passer. La réalité est que sans
résistance, vous n'aurez rien !
Ce discours de Couillard sur la civilité est une
fraude pure et simple puisqu'il n'écoute personne qui s'oppose
à l'abandon des ressources du Québec aux
intérêts privés et puisque le système dit
démocratique a comme arme principale la matraque quand les
travailleurs défendent leurs droits et les droits de tous.
Ce même Philippe Couillard qui se dit le défenseur des
méthodes civilisées a mis le fameux Arthur Porter
à la tête du méga centre hospitalier McGill
où il a
volé une vaste somme des fonds publics. Et pourtant, on savait
qu'il avait fait la même chose à Détroit
auparavant. Est-ce civilisé d'agir ainsi ? Il semblerait
que oui puisqu'ils sont tous deux protégés par la loi.
Le
vrai crime, c'est se servir des institutions dites démocratiques
pour permettre le vol des caisses de retraite
des travailleurs. Rappelons par exemple la perte de milliards de
dollars par le placement aventurier des fonds de retraite par la Caisse
de dépôt et placement.
Une poignée d'escrocs de la finance ont empoché tout cet
argent avec un tour de prestidigitation, mais ça, ce n'est pas
considéré comme un crime. C'est «
business as usual ». Mais quand les travailleurs sont
poussés à bout et en ont assez, on n'exige pas des
comptes de M. Couillard et compagnie à savoir pourquoi
ils poussent les travailleurs à de telles actions. Non. Ce sont
les travailleurs qui deviennent des criminels. C'est cela qui n'est pas
tolérable. S'il y avait justice,
voilà où les enquêteurs iraient fouiller pour
trouver les vrais criminels dans cette affaire.
Forum ouvrier
blâme le gouvernement du
Québec et les municipalités pour la situation
créée dans ce dossier. Où est la loi qui
protège les travailleurs
municipaux contre le vol de leurs pensions ? Et qui est en train de les
voler et pour faire quoi avec l'argent ?
Non
à la criminalisation des travailleurs
municipaux !
Tous à la défense de leur juste cause
contre le vol des fonds de retraite !
Tous à la manifestation à
Montréal le 20 septembre
pour exiger le retrait du projet de loi 3 !
À l’Assemblée nationale le 21 mai 2014
(Photos: SCFP)

Le projet de loi 3, une loi d'extorsion
pour saccager
les pensions
- Claude Moreau -
Le projet de loi 3, la Loi favorisant la
santé financière et la pérennité des
régimes de retraite à prestations
déterminées du secteur municipal,
est une attaque frontale contre les travailleurs et la
société dans son ensemble. Le gouvernement doit la
retirer et défendre le droit de tous à une retraite en
sécurité.
Les traits principaux du projet de loi
Le projet de loi retire du champ de la
négociation collective les questions relatives aux
régimes de retraite des employés municipaux. Il fixe
à 50-50
le pourcentage des taux de cotisation aux régimes de retraite
à venir et y interdit toute clause d'indexation automatique. Il
brise les contrats existants et impose
aux travailleurs et aux retraités de payer 50 % des
déficits actuariels prévus qui étaient à la
charge des municipalités. Les travailleurs devront rembourser
ces
déficits à même leurs bénéfices
déjà acquis. Pour les retraités, le projet de loi
permet aux villes d'annuler l'indexation acquise et il considère
ce vol comme un
moyen de remboursement des déficits !
Le projet de loi impose la « négociation de
bonne foi » qui consiste à déterminer quels
bénéfices-retraites seront coupés et permet aussi
aux syndicats de
sacrifier d'autres avantages acquis dans la convention collective,
comme les salaires et les congés payés, pour ramener
à un partage 60-40 des déficits (60 %
pour les municipalités, 40 % pour les travailleurs). C'est ce
qu'ils appellent la « place à la négociation
» et le ministre des Affaires municipales Pierre Moreau
n'était que trop content de dire qu'il y a des gens qui avaient
oublié qu'il y avait possibilité de ramener le partage
des déficits à 60-40.
Devant l’hôtel de ville de Montréal le
17 juin 2014, quelques jours après le dépôt du
projet de loi 3
Le projet de loi établit un processus de
restructuration prévoyant une période de «
négociation » d'une année, pouvant être
prolongée pour une période de
trois mois renouvelable une seule fois. Les parties peuvent avoir
recours à la conciliation et, en cas d'échec des dites
négociations, le ministre nomme un arbitre
pour régler le différend, lequel arbitre a six mois pour
rendre sa décision.
La chose importante à saisir c'est que la loi
n'est pas encore adoptée mais elle s'applique
déjà. Elle s'applique rétroactivement à son
dépôt ( le 12 juin 2014).
Lorsqu'elle sera adoptée, ceux qui auront pris leur retraite
après le
dépôt du projet de loi seront considérés
comme des travailleurs actifs, comme des participants aux
régimes de
retraite et non des retraités.
Seront considérés comme retraités
ceux qui auront pris leur retraite avant le dépôt du
projet de loi. Ceux qui prennent leur retraite aujourd'hui et ont droit
à certains avantages avec leur régime de retraite
pourraient les perdre en plus
de perdre leur indexation. C'est pour cela qu'environ 80 pompiers de
Montréal ont pris leur retraite le jour
même du dépôt du projet de loi, afin de se
prémunir contre ces changements.
Une extorsion et un détournement de fonds
Cette loi aura entre autres pour effet d'appauvrir les
aînés en permettant la coupure de l'indexation de leurs
rentes. Si cela passe, qu'est-ce qui
empêche alors la Régie des rentes de couper l'indexation
de ceux qui sont sur la Régie des rentes ou encore de la
réduire ? Déjà l'État fédéral
a repoussé
graduellement l'âge de la retraite à 67 ans au lieu de 65
ans sans même invoquer quelque raison de difficulté
financière que ce soit. L'État québécois
avec sa
Régie des rentes a de son côté augmenté les
pénalités pour ceux qui retirent leur rente à 60
ans.
Avec le projet de loi 3, le gouvernement retire quelque
chose qui est déjà acquis à des gens qui n'ont
plus de revenu de travail et qui sont vulnérables à
la hausse du coût de la vie. C'est certain qu'en brisant le
régime de négociation sur la question des régimes
de retraite, on ouvre la porte pour pouvoir attaquer
les aînés partout: qui sont donc les prochains
aînés sur la liste ?
Cette offensive générale sur les
régimes de retraite ouvre aussi la question: qu'est-ce qui est
négociable alors ? Dans quelle position les
travailleurs sont-ils mis pour négocier quand les régimes
de retraite sont retirés du champ de la négociation
collective? Les travailleurs n'ont plus le droit de présenter
des demandes à la
table de négociations comme de demander que l'employeur
contribue davantage aux régimes de retraite.
Le gouvernement dit agir au nom de la capacité
des contribuables, mais les contribuables ce sont des gens qui vont
prendre leur retraite à un moment donné.
Avec cet argument, le gouvernement cherche aussi à se laver les
mains de la perte de milliards de dollars par le placement aventurier
des fonds de retraite des
travailleurs. Une poignée d'escrocs de la finance ont
empoché tout cet argent avec un tour de prestidigitation.
À Sherbrooke le 20 août 2014
Il faut bien saisir qu'on fait face à un
détournement de fonds très important. Non seulement avec
les congés de cotisation que les villes se sont donnés
dans
le passé mais on a l'exemple de la ville de Québec
où les surplus de caisse ont été utilisés
pour baisser le compte de taxes des contribuables. Cet argent qui
n'est plus dans les caisses ne produit plus rien.
La Caisse de dépôt et placement du
Québec(CDPQ) reçoit les argents de plusieurs
régimes de retraite. La Régie des rentes (20 %) et le
RREGOP (50 %),
le fonds de pension des employés de l'État,
représentent à eux seuls plus de 70 % des
dépôts à la Caisse de dépôt qui au 30
juin 2014 valait 214 milliards $.
Cet été, la CDPQ a eu la permission
d'augmenter la proportion de ses placements à l'étranger.
Le 2 juin, le dirigeant de la CDPQ Michael Sabia a dit
vouloir que davantage de ressources financières des caisses de
retraite et d'assurances soient utilisées
pour spéculer sur le marché étranger et mis au
service des grandes entreprises pour les aider à jouer sur le
marché mondial.
Il a dit: « C'est notre responsabilité,
notre devoir de devenir une organisation mondiale capable d'aller
chercher les rendements là où ils se trouvent et de
servir de pont, vers le monde, pour l'économie
québécoise. »
En 2008, des dizaines de milliards de dollars sont
partis en fumée dans les papiers commerciaux dont la CDPQ
était un des plus gros acheteurs. L'État n'a
pas jugé bon de protéger l'épargne-retraite de
millions de Québécois (pas seulement les syndiqués
mais tous ceux qui cotisent à la RRQ par exemple). L'État
intervient de plus en plus pour servir de pont aux entreprises sur le
marché mondial en mettant dans leurs mains toutes nos
ressources, y compris l'argent des
fonds de retraite. Les défenseurs des contribuables et de
l'équité sont ceux-là mêmes qui ont
créé la crise et créent maintenant un
mélodrame pour tenter de
profiter du mal qu'ils ont fait.
Si on considère la logique municipale, on voit
que les fusions municipales ont servi à regrouper les ressources
matérielles, humaines et financières. Des gros
maires, des grosses villes. Les villes deviennent de grands centres
d'attraction du grand capital. Les compressions dans les
bénéfices à la retraite, les travailleurs
qui paient davantage, libèrent des fonds énormes qui sont
mis à la disposition des monopoles. Sabia dit qu'il faut
internationaliser davantage l'économie du
Québec. Cela se fait avec de gros joueurs, pas avec des petits.
La lutte des travailleurs municipaux est importante et
tous doivent l'appuyer. Les travailleurs savent bien qu'après
les employés municipaux viendront les
travailleurs du secteur public, les employés de l'État
québécois.
Tous
et toutes pour une retraite en
sécurité !
Ne touchez pas aux retraites !
(Photos: SCFP)

Grève des enseignants en
Colombie-Britannique
Les enseignants poursuivent leur juste lutte à
la défense de leurs droits et de l'éducation publique
Les enseignants de la Colombie-Britannique sont en
grève depuis la mi-juin. Au cours de l'été, ils
ont poursuivi leurs actions en tenant des lignes de
piquetage, des manifestations et ont continué d'exercer une
pression sur les députés et les commissions scolaires de
la province.
La population de la Colombie-Britannique a aussi
exprimé de maintes façons son appui aux enseignants par
des actions, des lettres, des pétitions, etc. Les
gens reconnaissent que la lutte des enseignants de la
Colombie-Britannique est une lutte à la défense de
l'éducation publique et de l'intérêt public. En ce
sens,
une pétition initiée par une organisation communautaire,
« Protégeons l'éducation
publique », mise sur pied par des parents, a une page Facebook en
appui aux enseignants de la Colombie-Britannique et a recueilli
11 000 noms. La première ministre, Christy Clark, et le ministre
de l'éducation, Peter Fassbender, n'ont même pas
daigné répondre à l'intention de déposer
cette pétition, alors l'organisation l'a remise au porte-parole
en matière d'éducation du NPD. On peut y lire, entre
autres : « En tant que citoyens et parents, nous
vous demandons respectueusement de relancer les négociations
avec la Fédération des enseignants de la
Colombie-Britannique [qui représente les enseignants]
et de répondre à leurs demandes, en particulier celles
revendiquant un fonds de 225 millions $ qui permettrait d'embaucher de
nouveaux enseignants et de régler
la question des classes bondées et de leur composition. »
À titre d'exemple à ce sujet, plus de 12
000 classes de la province ont quatre enfants ou plus par classe ayant
des besoins particuliers et ayant un plan
d'intervention personnalisé (PIP). Antérieurement - avant
2002 - il y avait une limite de trois enfants par classe ayant un PIP,
et les administrateurs pouvaient
réduire la taille de la classe pour permettre aux enseignants de
répondre aux besoins de ces élèves. En 2002, le
gouvernement de la province a unilatéralement
retiré de la convention collective des enseignants les clauses
qui limitaient la taille des classes en rapport aux enfants à
besoins particuliers et a même décrété
par loi que la taille et la composition des classes ne pouvaient pas
faire l'objet de négociations entre les enseignants et leurs
employeurs. Par deux fois la Cour
suprême de la province a jugé inconstitutionnelle cette
action du gouvernement, mais celui-ci refuse de se plier au jugement et
est présentement en appel contre
le second jugement de la cour. Aujourd'hui, les enseignants font valoir
que dans certaines classes 50 % des élèves ont des
besoins
particuliers, ce qui rend la
tâche de répondre à ces besoins ainsi qu'à
ceux des autres élèves très difficile. Cela est
sans compter les milliers d'élèves ayant des besoins
particuliers, mais
n'ayant pas été formellement évalués
dû au nombre réduit de psychologues dans le système
de l'éducation de la Colombie-Britannique.
La pétition dit aussi : « Les enseignants
sont aux premières lignes, éduquant nos futurs citoyens
qui contribueront à ce que notre province puisse promouvoir
une société saine, démocratique et fondée
sur la compassion. Les enseignants méritent notre respect, mais
aussi les compensations et les avantages sociaux à
la hauteur du rôle important qu'ils jouent dans la formation de
nos futures générations. »
La pétition pour la protection de
l’éducation publique est amenée au parlement le 25
août 2014 (M. Wright)
L'appui dont bénéficient les enseignants
de la Colombie-Britannique n'est pas qu'interne, il dépasse de
loin les frontières de la province. Entre autres, la
Fédération des enseignantes et des enseignants de
l'élémentaire de l'Ontario a fait parvenir 1 million de
dollars à la Fédération des enseignants de la
Colombie-Britannique. Des lettres d'appui et de l'aide
financière sont parvenus d'organisations syndicales et du monde
de l'éducation de l'Ontario, du Québec,
du Saskatchewan, de Chicago, de Washington, du Mexique, de la Namibie,
du Brésil, de la Grande-Bretagne, du Pérou, du Panama, de
l'Afrique du Sud, du
Costa-Rica, de l'Équateur et de la Bolivie. Des noms s'ajoutent
de jour en jour.
Dans son plus récent numéro, le BC
Worker salue la lutte des enseignants et fait valoir que
l'éducation publique est l'un des éléments
fondateurs
de la nation moderne du Canada. La valeur créée par les
enseignants et les autres travailleurs de l'éducation est
transmise aux étudiants pour ensuite être
transférée sous forme de biens et services lorsque ces
étudiants se mettent à travailler. La valeur de
l'éducation augmente le niveau de vie de tous au sein de
la société. De leur côté, les
libéraux de la Colombie-Britannique détournent les fonds
publics destinés aux programmes sociaux vers les infrastructures
et divers
projets visant à payer les riches et servant les monopoles
mondiaux. Ils refusent de veiller à ce que la valeur de
l'éducation transmise aux travailleurs ayant été
instruits dans le secteur public soit réalisée
(payée) par les entreprises qui les embauchent. Tout comme la
dictature Harper, ils volent les travailleurs éduqués
à l'étranger en refusant de réaliser la valeur de
l'éducation transmise à ces travailleurs. Ils font aussi
la promotion de l'éducation privée pour les secteurs de
la société qui peuvent se le permettre, laissant la
société dénuée d'une éducation et
d'une culture générales de qualité
nécessaires au fonctionnement d'une nation
moderne.
Si cette tendance se poursuit sans opposition,
écrit le BC Worker, le règne
néolibéral continuera de mener à la destruction de
l'État-nation et
de son fondement, y compris l'éducation publique, et à de
plus grandes attaques contre les droits de tous. La lutte des
enseignants de la Colombie-Britannique
est un front important de la résistance à la destruction
néolibérale de l'État-nation et à
l'absorption totale du Canada dans le giron de l'impérialisme
anglo-étasunien. Afin de se défendre et de
défendre l'avenir de leurs enfants, poursuit le journal, la
classe ouvrière et tous ceux qui ont la Colombie-Britannique
à coeur doivent faire tout ce qu'ils peuvent pour empêcher
le gouvernement néolibéral de sortir gagnant de sa lutte
contre les enseignants et contre l'éducation
publique.

Manifestation pour l’éducation publique à Vancouver le 19
juin 2014
Plein
appui
à
la
juste lutte des enseignants de
Colombie- Britannique !

Fonction publique fédérale
La lutte des
fonctionnaires fédéraux
à la défense de
leurs droits
- Louis Lang -
L'Alliance de la fonction publique du Canada qui
représente 27 unités de négociation comprenant
plus de 100 000 membres a déposé une plainte
récemment
pour pratique déloyale de travail en réponse aux actions
unilatérales du Conseil du Trésor qui « s'en prend
aux congés de maladie des fonctionnaires ». L'AFPC
fait valoir que le Conseil du Trésor a communiqué
directement avec les fonctionnaires pour tenter de les induire en
erreur, au
moment où les deux parties sont en
train de négocier, en annonçant son intention d'imposer
un régime d'invalidité à court terme en
remplacement des clauses de la convention actuelle qui prévoient
un régime de congés de maladie.
L'AFPC allègue que le Conseil du Trésor
contrevient à son obligation de négocier de bonne foi et
empêche par ses actions « l'AFPC de bien représenter
ses membres, ce qui contrevient à la Loi sur les relations
de travail dans la fonction publique ».
 
Postes Canada s’est attaqué au droit de ses
travailleurs aux congés de maladie, en 2008 contre les
travailleurs de l’AFPC, en 2011 contre ceux du Syndicat des
travailleurs et travailleuses des postes
L'Alliance rappelle au Conseil du Trésor
que c'est à la table de négociation qu'il doit discuter
de toutes les questions qui concernent la convention
collective, ce qu'il n'a pas fait depuis que les négociations
ont débuté le 7 juillet 2014.
Plusieurs séances de négociation se sont
tenues depuis cette date puis les négociations ont
été ajournées et elles doivent reprendre en
septembre.
Lors d'un rapport récent à ses membres sur
l'état des négociations, l'Alliance fait remarquer que le
Conseil du Trésor a déposé « une proposition
salariale
insultante » de 0,5 % pour 4 ans. Compte tenu de l'inflation,
cela
revient à une baisse de salaire.
Le gouvernement Harper s'est préparé
à cette attaque contre les 100 000 fonctionnaires
fédéraux depuis 2011 et 2012 en passant une loi de retour
au travail
brutale qui a poussé par la pression les travailleurs des postes
à accepter une « convention collective » qui
comprend plusieurs reculs dont le remplacement des
congés de maladie par un régime d'invalidité
à court terme.
C'est évident qu'éliminer le régime
des congés de maladie procure de grands avantages au Conseil du
Trésor puisque cela abaisse la valeur d'ensemble des
salaires et avantages sociaux que les travailleurs ont gagné au
fil des négociations. Avec le régime d'invalidité
à court terme, Harper a privatisé la gestion du
régime en l'envoyant en sous-traitance à de grandes
multinationales de l'assurance. Faire cela élimine la raison
d'être des congés de maladie qui était
d'éviter
aux travailleurs de perdre des revenus lorsqu'incapables de travailler
parce que dorénavant l'employeur n'a plus à assumer sa
responsabilité envers les travailleurs.
Dans le régime d'invalidité à court terme, les
travailleurs doivent justifier leur maladie à une entité
externe. Toutes les voies de redressement comme les griefs
en cas de traitement injuste sont éliminées et
l'approbation de l'invalidité est entièrement dans les
mains de « l'Agent responsable de la gestion de
l'invalidité
».
En ce qui concerne les travailleurs des postes par
exemple, c'est la Financière Manuvie qui est « l'Agent
responsable de la gestion de
l'invalidité ». L'article 20.15 de la convention
collective du Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes le
dit expressément: « Les décisions rendues par le
fournisseur
de services de gestion des cas d'invalidité et le médecin
indépendant ne sont pas assujetties à la procédure
de
règlement des griefs de la convention collective. »
Avec le régime d'invalidité à court
terme, le gouvernement Harper entend non seulement créer encore
plus de difficultés financières aux travailleurs qui
ne sont pas capables de travailler à cause de la maladie, mais
également humilier et soumettre les travailleurs à une
« procédure d'appels insultante » où le seul
arbitre est le monopole privé d'assurance et les travailleurs
sont forcés de fournir de l'information médicale
privée et confidentielle et tout ce qu'on leur demande
de fournir pour prouver leur maladie. Le régime
d'invalidité à court terme et la façon dont il a
fonctionné pour les travailleurs des postes n'ont pas
protégé
pleinement les salaires des travailleurs pendant leur maladie. C'est
une attaque directe à la dignité des travailleurs.
L'AFPC et ses unités de négociation ont
déclaré qu'elles ne vont pas renoncer à leur
régime de congés de maladie. « Le gouvernement
conservateur, écrit
l'Alliance dans un communiqué récent, veut retirer les
droits en matière de congés de maladie et confier en
sous-traitance la gestion du système de congés de
maladie. Si le gouvernement veut parler de l'amélioration du
système actuel, nous sommes prêts à discuter.
Autrement, nous ne sommes pas intéressés. »
Tous les travailleurs canadiens doivent appuyer la lutte
importante des fonctionnaires fédéraux pour
défendre leurs droits contre les attaques du gouvernement
Harper.

Les travailleurs de Bombardier tiennent
bon contre l'extorsion
Nous sommes en grève pour l'avenir de notre
syndicat
-Entrevue avec Dominic Pasqualino,
le
président de la section locale 1075 d'Unifor -
Lors de la distribution de tracts à la
station de métro Spadina à Toronto, le 12 août.
L’usine de Bombardier à Thunder Bay fabrique tout le
matériel roulant de la Société de transport en
commun de Toronto
Le
Marxiste-léniniste: Les travailleurs de
Bombardier à Thunder Bay sont maintenant en grève depuis
le 14 juillet. Le 26 août dernier, vous avez tenu
un vote sur la dernière offre de la compagnie. Comment cela
s'est-il passé ?
Dominic Pasqualino:
C'était un vote
ordonné par le gouvernement. C'est la compagnie qui a
forcé le vote. L'offre de Bombardier a été
rejetée
à 80 % par les travailleurs présents. Il y a eu 751
travailleurs qui ont pris part au vote sur une possibilité de
900. À mon avis, les seuls travailleurs qui ne se
sont pas présentés à l'assemblée ont ou
bien trouvé un autre travail ou n'étaient pas en ville ce
jour-là. La compagnie avait fait parvenir son offre à
tous nos
membres. Elle a fait une grosse campagne, des annonces à la
radio, une pleine page dans les journaux, nous disant d'accepter
l'offre. Elle a publié une lettre
de la direction nous demandant d'accepter l'offre, nous disant que
l'hiver va être froid, qu'on ne veut pas être dehors
pendant l'hiver, que nos enfants ne seront
pas vêtus comme il faut pour aller à l'école. Ils
ont livré leur offre par service de messagerie ou par taxi, 900
paquets en tout, à des maisons parfois situées
à plus de 70 kilomètres de distance. Ils ne manquent
certainement pas d'argent pour ce genre de choses. La compagnie a dit
que si on rejette l'offre, c'est fini
les négociations. Pourtant les discussions à la table ont
repris le 2 septembre.
LML: Pourquoi
crois-tu que le rejet des offres a
été aussi élevé ?
DP: Deux
choses
principalement.
Tout
d'abord
les travailleurs sont choqués que Bombardier propose de couper
les avantages sociaux à la retraite
à 50 % des membres. Ils sont également choqués que
la compagnie essaie d'imposer un fonds de pension inférieur pour
les nouveaux engagés. Ceux-ci n'auront
plus un régime à prestations déterminées
mais à cotisations déterminées. C'est un
régime de pensions à deux paliers et c'est inacceptable
en ce qui nous concerne.
Nos membres n'en reviennent pas aussi de voir à quel point la
compagnie est agressive. Ils se disent que si la compagnie agit de
cette façon alors que le carnet
de commandes est rempli, plus de 3 milliards $ de contrats à
l'heure actuelle, alors qu'est-ce que ça va être dans 3
ans quand on va négocier à nouveau et
peut-être que l'usine va opérer à capacité
réduite.
Nos membres n'acceptent pas non plus qu'une si grande
partie de notre travail soit envoyée en sous-traitance au
Mexique. Ces deux dernières années en
particulier, ils ont envoyé de plus en plus de travail qui
était fait par nous au Mexique. C'est nous qui faisions les
châssis du Go Train et maintenant ils sont
fabriqués au Mexique. Il y a des portes qui étaient
faites à Thunder Bay qui sont maintenant fabriquées en
Chine. On dirait que chaque fois qu'ils ont l'occasion
d'expédier notre travail dans d'autres pays ils le font. Cette
question fait elle aussi partie de notre grève, mais c'est un
problème difficile et ce n'est pas facile
de voir comment on va le résoudre.
LML: Les
médias locaux ont cité
des représentants de Bombardier disant que maintenant que leur
offre a été rejetée, ils vont devoir prendre les
« décisions difficiles » qui s'imposent. Vous vous
attendez à quoi maintenant ?
DP: On
va le savoir bientôt j'imagine.
Est-ce qu'ils envisagent d'envoyer plus de travail au Mexique
maintenant que leur offre a été rejetée ?
Je ne sais pas. Cela va dépendre du niveau de résistance
que nos membres vont être capables de démontrer et
peut-être de la résistance qui va être
manifestée
par le gouvernement de l'Ontario et la Société de
transport en commun de Toronto (la Société est un
des
plus gros clients de Bombardier —
ndlr).
En ce qui nous concerne, le plus gros enjeu c'est le
régime de retraite et les avantages sociaux à la
retraite. C'est pour ça qu'on est en grève encore
aujourd'hui. Nous ne demandons pas une grosse augmentation de salaire.
Nous ne croyons pas que nos enfants devraient être
sacrifiés en échange de plus d'argent
pour nous maintenant. Notre syndicat comprend que si vous faites cela
vous brisez l'unité de vos membres. Nous sommes conscients de
nous battre pour l'avenir
de notre syndicat.
LML: Quelles
autres
actions
avez-vous
organisées
à part le piquetage ?
DP: Nous sommes
allés à Toronto
rencontrer les clients et les informer de certaines choses qui se
passent à l'usine en ce moment. Nous leur
disons que la compagnie fait travailler ses cadres sur les trains et
les wagons de métro. À notre avis ils ne sont pas
qualifiés pour ce travail, ils n'ont certainement
pas l'expérience qu'ont nos membres. Nous leur disons
également qu'il va y avoir des délais excessifs parce que
même si les cadres arrivent à faire notre travail
avec une certaine qualité, ce qui ne sera pas le cas, à
coup sûr il y aura des retards parce que c'est certain qu'ils ne
peuvent pas faire le travail aussi vite que
nos membres. Nous pensons que c'est un problème que les clients
devraient garder à l'esprit.

Les travailleurs de Bombardier devant les
bureaux de la
Société de transport en commun de Toronto le 14
août 2014
|
Nous avons tenu une grande manifestation
récemment devant le bureau du député provincial
Bill Mauro. Les libéraux ne veulent pas s'impliquer dans le
conflit. Ils disent que cela regarde le secteur privé uniquement
et que c'est au secteur privé à s'en occuper. Nous leur
disons qu'ils feraient mieux de regarder
la situation de près parce que si le travail à Bombardier
ne reprend pas rapidement, c'est l'économie locale et les
services qui vont en souffrir. Aussi ça va être
un problème pour tout le monde si la compagnie fait rentrer des
scabs. C'est dans l'intérêt des libéraux de prendre
position là-dessus. Nous leur disons aussi qu'ils
ont intérêt à augmenter le contenu canadien de ces
emplois et à éviter que toutes sortes d'emplois partent
pour le Mexique.
LML: Est-ce
que
vous
recevez
un bon appui des
autres syndicats et des gens de Thunder Bay ?
DP: Les
autres
syndicats
et
les
résidents nous donnent un appui formidable. Je ne peux pas aller
nulle part sans qu'au moins 10 personnes
viennent me voir et me disent que c'est très bien ce que nous
faisons. Nous recevons plusieurs chèques d'autres syndicats, des
montants substantiels. Début
septembre nous avons reçu plus de 5000 $ en fournitures
scolaires pour les enfants de nos membres. Évidemment ça
arrive que des gens écrivent aux journaux
pour dire qu'on devrait se compter chanceux d'avoir un emploi. Je ne
pas si ces gens-là appartiennent à la compagnie mais
ça arrive
occasionnellement.
J'espère que la prochaine fois qu'on se parle, on
aura conclu une entente qui soit acceptable pour nos membres. C'est
ça la question vraiment. En arriver
à une entente c'est facile mais à une entente
équitable c'est difficile.
Manifestation à Thunder Bay le 25 août
en appui aux travailleurs en grève de Bombardier

Lisez Le
Marxiste-Léniniste
Site web: www.pccml.ca
Courriel: redaction@cpcml.ca
|