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Numéro 104 - 8
septembre 2014
L'accord de libre-échange
Canada-Europe doit être annulé!
Encore des secrets, ventes
aux enchères et mensonges
  
L'accord
de
libre-échange
Canada-Europe
doit être annulé!
• Encore des secrets, ventes aux
enchères et mensonges
• L'accord fuité de l'AECG facilite la
soumission du droit public au droit de monopole - Dougal
MacDonald
L'accord de libre-échange
Canada-Europe doit être annulé!
Encore des secrets, ventes
aux enchères et mensonges
Le 13 août dernier, une copie de 521 pages de
l'ébauche finale de l'Accord économique commercial global
(AECG), signée à Bruxelles le 5 août, a fait
l'objet
d'une fuite.[1] L'AECG est un accord de libre-échange entre le
Canada et l'Union européenne (UE) que la dictature Harper
négocie depuis au moins 5 ans. On le
dit « le plus grand accord de libre-échange signé
par le Canada depuis l'Accord de libre-échange
nord-américain (ALÉNA) ». Le projet de l'AECG s'est
mis en
branle avec la parution d'une étude conjointe UE-Canada en 2008
et les négociations ont officiellement débuté en
mai 2009. Le premier ministre Stephen Harper
et le président de l'Union européenne Jose Manuel Barroso
ont annoncé la signature d'un accord de principe le 18 octobre
2013, lequel doit être ratifié par chacun
des 28 membres de l'UE et chacune des provinces du Canada, ce qui
devrait prendre au moins 2 ans.
Comme c'est le cas typiquement avec la dictature Harper,
qui est le gouvernement fédéral le moins transparent de
tous les temps, toutes les négociations en
vue de l'AECG se sont tenues derrière des portes closes dans le
dos du peuple et, jusqu'à la fuite du 13 août 2014, tous
ses détails ont été tenus secrets. Même une
fois l'accord de principe signé en octobre 2013, au lieu d'une
pleine présentation de l'accord, les harpériens ont
publié leur propre sommaire technique de 26 pages
de l'AECG qui portait le sous-titre trompeur: « Ouvrir de
nouveaux marchés en Europe: Créer des emplois et des
occasions pour les Canadiens et Canadiennes.
» Le résumé qui y est présenté est
intéressé à l'extrême, plein de phrases
ronflantes à l'effet que l'accord est très avantageux
pour le Canada, et il obscurcit le fait
que l'accord dans son entier a été préparé
et conclu dans le but de servir les intérêts des monopoles
les plus puissants.
Le Canada a commencé à signer des
traités de libre-échange il y a 25 ans lorsque l'ALE a
été signé avec les États-Unis. L'ALE et les
accords subséquents ont
renforcé la mainmise du capital monopoliste sur les affaires
économiques et politiques du Canada. Le pouvoir a
été consolidé toujours davantage ente les mains
des intérêts privés les plus puissants, surtout
américains. Ce pouvoir économique et politique
grandissant a tenté d'écraser toute entrave nationale qui
puisse nuire
à l'exercice de sa domination et de son droit de monopole, que
ce soit sous la forme du parlement canadien, de l'Assemblée
nationale du Québec, des parlements
provinciaux, des syndicats, des groupes de fermiers et des autres
organisations de la société civile. Un exemple en est
l'attaque brutale de US Steel contre les
métallos de Hamilton et la destruction
délibérée de l'industrie de l'acier à
Hamilton. Un autre exemple est le démantèlement de la
Commission canadienne du
blé.
Le libre-échange est la raison
d'être du
Canada des premiers jours en tant que projet d'édification
nationale qui visait à bloquer le continentalisme des
États-Unis.
Des efforts sont faits aujourd'hui pour faire du Canada un vassal au
sein des États-Unis des monopoles de l'Amérique du Nord,
voués à la course des impérialistes
américains à la domination mondiale, en concurrence avec
d'autres dans le cadre du système impérialiste
d'États, pour opprimer et exploiter les peuples du monde
et leurs ressources naturelles, de même que la valeur que leur
travail produit. L'oligarchie financière a utilisé les
monopoles privés, établi leur domination en
Amérique du Nord et étendu leur portée plus loin
en signant des traités de libre-échange avec d'autres
dans la sphère du système d'États dominé
par les États-Unis,
lequel comprend maintenant les États de l'Union
européenne par le biais de l'AECG.
Un changement significatif qui s'est produit depuis le
libre-échange dans la façon dont les Canadiens gagnent
leur vie est l'immense perte en emplois
manufacturiers. Cela expose à quel point est frauduleuse
l'affirmation de Harper à l'effet que l'AECG va «
créer des emplois ». Au cours des deux premières
années
de l'Accord de libre-échange Canada-États-Unis, plus de
200 000 emplois manufacturiers ont disparu. Ceux-ci ont connu une
reprise partielle dans les années 1990,
mais la destruction du secteur manufacturier n'a fait que
s'accélérer pendant la dernière décennie.
Ce déclin est dû principalement aux politiques
délibérées des
monopoles internationaux dominants d'exporter les emplois
manufacturiers dans les pays où une main-d'oeuvre à
meilleur marché peut être exploitée. Le pouvoir
politique du libre-échange et son mouvement de capital sans
restriction donnent aux monopoles mondiaux la liberté de
détruire l'économie, de privatiser ou de miner
les programmes sociaux et les services publics y compris la
réglementation qui gouverne le comportement des monopoles; ils
leur donnent la liberté de mouvoir
la taxation vers plus de taxes individuelles et loin des taxes aux
entreprises, comme on l'a vu avec la TPS et les frais aux usagers, et
de faire n'importe quoi d'autre
qui sert leurs intérêts.
Le pouvoir politique et l'expression
concentrée du libre-échange est l'exercice du droit de
monopole à l'encontre du droit public dans toute chose et dans
tous
les domaines et la domination des intérêts monopolistes
privés au sein des institutions politiques publiques. Les droits
de tous, en particulier ceux de la classe
ouvrière, sont soumis à une pression extrême.
Toutes les questions politiques d'importance sont
décidées en chambre close par les intérêts
monopolistes privés
concernés et leurs représentants politiques de plus haut
niveau. Pas surprenant alors qu'en 2008, une déclaration d'appui
à un accord de libre-échange entre le Canada
et l'Union européenne ait été signée par
plus de 100 hauts dirigeants d'entreprises du Canada et d'Europe dont
ceux des monopoles Barrick Gold, Bombardier, CN,
Power Corporation, SNC-Lavalin et Suncor du côté canadien.
Toutes les formes de pouvoir et de droits civils et du travail qui
étaient considérées comme étant
importantes pour l'établissement d'un équilibre selon la
logique d'une raison d'État canadienne qui était
confrontée au continentalisme américain ont maintenant
été abolies, abandonnées ou poussées au
démantèlement.
La classe ouvrière et ses alliés doivent
prendre les choses en main en tant que force sociale capable de
créer une nouvelle raison d'État canadienne dans
le cadre d'un État d'édification nationale qui repose sur
la reconnaissance des droits de tous et la souveraineté de
toutes les nations. Il faut pour cela annuler
tous les traités de libre-échange dont l'AECG. Il nous
faut une économie qui subvienne à ses besoins, qui a le
secteur manufacturier comme fondement et garantit
le bien-être du peuple en toutes circonstances; une
économie qui promeut le commerce égal à avantage
mutuel avec toutes les nations sans égard à leur
régime
politique; qui reconnaît le droit inaliénable du peuple
canadien et des Premières Nations à la
propriété et au contrôle de leurs ressources
naturelles; qui reconnaît
le droit inaliénable du peuple canadien de contrôler la
prise de décision dans tout ce qui affecte l'économie
socialisée et l'environnement naturel et social, et
qui met fin à tous les accords militaires avec les
États-Unis et à toute participation dans leurs guerres
à l'étranger.
Enfin, il nous faut doter le peuple souverain de son
pouvoir au moyen d'institutions modernes renouvelées qui
garantissent le droit du peuple à se gouverner
lui-même et à gouverner ses propres affaires.
Note
1. On peut lire l'ébauche de l'AECG (en
anglais au http://www.tagesschau.de/wirtschaft/ceta-dokument-101.pdf

L'accord fuité de l'AECG facilite la soumission
du droit public au droit de monopole
- Dougal MacDonald -
Alors que le gouvernement Harper essaie depuis 5 ans de
cacher au peuple les détails de toutes les négociations
entourant l'Accord économique et commercial
global (AECG), la fuite de l'ébauche finale de 521 pages le 13
août dernier a déjoué ses plans. Cette fuite montre
également à quel point le « résumé
technique
» émis par le gouvernement Harper suite à la
signature de l'accord de principe en 2013 était totalement
intéressé. Ce résumé était un effort
pour cacher le contenu
réel de l'accord et le présenter sous un jour favorable
afin de tromper le peuple.
Si certaines des implications antipeuple de l'AECG ont
déjà été démontrées par des
fuites de plus petite envergure, la fuite du document dans son ensemble
révèle d'autres implications qui confirment toutes que
l'accord a été créé pour servir les
intérêts des monopoles privés internationaux et
s'opposer aux intérêts du
peuple canadien.
Élimination des tarifs:
L'élimination des tarifs va accroître
l'accessibilité aux marchés des monopoles privés
les plus puissants qui dominent déjà
l'économie mondiale. Cela va ouvrir encore plus les portes du
Canada à d'autres prises de contrôle étranger et
accroître le degré déjà élevé
de propriété et contrôle
étrangers sur l'économie canadienne. L'AECG va avoir un
impact négatif majeur sur l'agriculture, notamment sur
l'industrie laitière alors qu'il va permettre une
augmentation de l'exportation de fromages au Canada de l'ordre de 32 %.
Ces mesures vont continuer à éroder le système de
gestion de l'offre de produits agricoles
qui contribue depuis longtemps à maintenir des prix stables pour
les producteurs, les gens impliqués dans la transformation et
les consommateurs, ce qui assure
une offre de produits de qualité constante et stable et
élimine la dépendance aux subventions. Le
libre-échange n'est possible qu'entre nations et peuples libres.
Jusqu'à ce qu'on y arrive, le commerce et tout le reste doivent
être contrôlés de très près.
Règles d'origine: Les règles
d'origine contribuent à faire en sorte que les pays couverts par
l'AECG peuvent faire de la discrimination contre les biens
exportés par les pays non couverts par l'AECG qui n'ont subi
qu'une transformation minimale dans les pays de l'AECG. Chaque pays
couvert par l'AECG garde
ses tarifs externes sur les biens des pays non membres et
prélève un tarif plus bas sur les biens dont on assume
qu'ils proviennent des pays membres. Cela fait de
l'AECG un club exclusif de l'Union européenne et du Canada.
Mesures anti-dumping et de compensation: L'AECG
s'oppose au « dumping » par lequel un pays choisit, pour en
tirer un avantage, de vendre un
produit moins cher sur les marchés étrangers qu'il ne le
vend chez lui ou plus bas que le coût de production. Le dumping
entrave le droit de monopole parce qu'il
abaisse le prix d'un bien et rend les produits domestiques plus
concurrentiels face aux produits étrangers. Cela encourage
l'industrie domestique et accroît les
exportations. En vertu de l'AECG, le pays importateur peut imposer des
tarifs sur les biens importés pour neutraliser les effets du
dumping.
Réduction des barrières techniques au
commerce: La stipulation dans l'AECG voulant que les diverses
barrières techniques de tous les pays de
l'AECG concernant la réglementation, les standards et la
surveillance devraient être harmonisées est une attaque
directe à la souveraineté canadienne, dans ce cas-ci
à son droit d'avoir sa propre réglementation. Les
conditions proposées sont similaires à celles
déjà établies par la tristement
célèbre Organisation mondiale du
commerce qui ont été imposées surtout pour servir
les besoins des États-Unis.
Mesures sanitaires: Cette partie de l'accord
s'applique principalement au commerce des choses vivantes. Elle
rappelle les restrictions que d'autres pays
ont imposées sur le boeuf canadien importé après
que la maladie de la « vache folle » ait été
diagnostiquée dans quelques troupeaux. C'est une arme
potentielle
qu'un pays peut utiliser pour bannir les importations d'un autre pays
même si le soi-disant libre-échange est en vigueur.
Manifestation à Toronto lors de la
journée d'action intercontinentale contre le Partenariat
trans-pacifique
et les politiques de mondialisation au service des monopoles le 31
janvier 2014. (D. Soberall)
Facilitation des douanes et du commerce: Dans son
ensemble, l'AECG va accroître le déficit commercial du
Canada envers l'Europe. Selon Statistique
Canada, dans les 8 premiers mois de l'année, le Canada a connu
un déficit commercial de 14 milliards $ avec l'Europe. Une
analyse récente de l'UE suggère que
les exportateurs européens vont sauver trois fois plus en
paiements de tarifs que les exportateurs canadiens vont sauver, ce qui
va ajouter au déficit.
Subsides: Les subsides sont de l'aide
financière ou en nature qui s'exerce dans un secteur
économique domestique donné, fournis la plupart du temps
par le gouvernement. Les subsides à la production soutiennent
les producteurs locaux en compensant partiellement les coûts de
production, ce qui accroît la
production domestique d'un bien sans augmenter le prix payé par
le consommateur. Les subsides à la consommation abaissent les
prix à la consommation des biens
et services, les rendant disponibles pour tous, qu'on parle de la
nourriture, du logement ou de l'électricité. Les subsides
contreviennent au libre-échange parce qu'on
prétend que les prix de toutes choses doivent supposément
être « déterminés » par le soi-disant
libre-marché alors qu'en pratique ce sont les plus grands
monopoles
qui fixent les prix.
Investissements: Les droits des investisseurs
sont un élément central des traités de
libre-échange aujourd'hui. L'AECG permet aux monopoles
internationaux de contester devant des tribunaux internationaux
spéciaux les décisions des gouvernements nationaux et
locaux et de contourner les réglementations
nationales. Un exemple récent est celui de la poursuite de 250
millions $ entamée par le monopole énergétique
américain Lone Pine Resources contre le
gouvernement canadien en vertu de l'ALÉNA après que le
Québec ait déclaré un moratoire sur la
fracturation qui est une technique de forage utilisée pour
extraire
le pétrole et le gaz des roches schistiques. De façon
semblable, le gouvernement Harper a dû verser 130 millions $ en
2010 au monopole forestier incorporé au
Delaware AbitibiBowater pour compenser la compagnie suite à
l'expropriation de ses avoirs dans la province de
Terre-Neuve-et-Labrador. C'est intéressant à cet
égard qu'en vertu de l'ALÉNA, les États-Unis ont
gagné plusieurs jugements et le Canada aucun.
L'échange transfrontalier de services: Il
s'agit de la livraison des services comme la santé,
l'éducation, l'eau, l'électricité du territoire
d'un pays dans
le territoire d'un autre pays. L'échange transfrontalier des
services sape l'autorité des gouvernements nationaux de
réglementer ces activités à l'intérieur de
leurs
propres frontières, ce qui a pour effet de céder le
pouvoir aux monopoles privés ou aux gouvernements
étrangers au détriment des intérêts de leurs
propres citoyens.
L'échange transfrontalier de services ouvre également la
porte à la privatisation des services publics, qui va
éventuellement les rendre accessibles uniquement à
ceux qui peuvent se les payer.
Entrée temporaire: Pour faciliter la
conduite des entreprises étrangères en sol canadien,
l'AECG prévoit une clause d'entrée temporaire de
personnel
clé, de fournisseurs à contrat, de professionnels
indépendants, d'hommes d'affaires etc. Autrement dit, l'AECG va
perturber le marché du travail canadien en
permettant aux firmes européennes d'amener leur propre personnel
quand ils font des affaires au Canada plutôt que d'engager des
travailleurs canadiens.
Reconnaissance mutuelle des qualifications
professionnelles: L'AECG est le premier traité de
libre-échange signé par le Canada qui comprend des
clauses substantielles sur la reconnaissance mutuelle des
qualifications professionnelles qui permettrait aux professionnels
européens de travailler au Canada. On
doit se rappeler que la réglementation canadienne en ce qui
concerne les professionnels, notamment en matière
d'émission de permis et de reconnaissance des
qualifications acquises est de juridiction provinciale et non
fédérale. La logique qui est présentée pour
justifier la reconnaissance mutuelle est l'affirmation non
prouvée à l'effet que le Canada souffre d'une
pénurie de professionnels, la même fraude aujourd'hui
démasquée que le gouvernement Harper a longtemps promue
pour justifier son programme désastreux de travailleurs
temporaires étrangers.
Réglementation domestique: Les monopoles
considèrent la réglementation domestique,
c'est-à-dire l'ensemble des règlements que se donne un
gouvernement national, comme un ensemble de barrières à
la réalisation du profit. Deux exemples sont
l'interdiction des organismes modifiés
génétiquement ou de certaines pratiques minières
jugées nuisibles à l'environnement. Selon les monopoles,
la responsabilité
principale de chaque gouvernement souverain est d'éliminer les
règlements domestiques « offensants » pour permettre
aux monopoles l'accès illimité à tout ce qu'ils
désirent.
Services financiers: Les institutions
financières et les investisseurs de l'UE auraient en vertu de
l'accord le pouvoir de poursuivre directement le
gouvernement canadien pour des mesures qu'il prendrait afin de
protéger la stabilité de son système financier et
de ses marchés boursiers. Les clauses de l'AECG
pourraient saper les mesures de sauvegarde bancaires et
financières du Canada. La Belgique par exemple est sous le coup
d'une poursuite de 2,28 milliards en dollars
américains reliée à des mesures financières
prudentes qu'elle a prises suite à la crise dans le cadre d'un
accord bilatéral d'investissement avec la Chine. Le Canada
se doit également de donner le traitement de la « nation
la plus favorisée » à ses partenaires de
l'ALÉNA même si aucun d'entre eux ne lui rend la pareille,
ce qui
fait que non seulement les firmes financières
européennes, mais celles des États-Unis et du Mexique
seraient à même de démanteler la
réglementation financière
du Canada. L'AECG va aussi permettre aux pays de l'Union
européenne d'établir des institutions financières
au Canada.
Transport maritime international: Cette clause
affaiblit la souveraineté canadienne en ouvrant
complètement les ports et la manutention des
marchandises, y compris leur entreposage, aux navires étrangers
qui y seraient sur le même pied que les navires canadiens.
L'accord ouvre également l'utilisation
des voies navigables canadiennes d'importance aux navires
étrangers comme la voie maritime du Saint-Laurent.
Télécommunications et commerce
électronique: L'AECG va ouvrir toute grande la
propriété du secteur canadien des
télécommunications aux
entreprises étrangères et aura un impact non seulement en
fait de nouvelles prises de contrôle étrangères de
l'économie canadienne, mais de surveillance
étrangère
accrue des communications domestiques.
Concurrence: L'AECG s'oppose « aux
comportements d'affaires anticoncurrence ». Cette clause est de
la désinformation pure et simple car elle suggère
que nous sommes encore à l'ère de la « libre
entreprise ». En fait, les 100 dernières années ont
été l'ère du capitalisme monopoliste qui est
caractérisée par la
domination de l'économie mondiale par les plus grands monopoles
qui ont le pouvoir de chercher à éliminer toute
concurrence. Une des stratégies qu'ils utilisent
est d'acheter leurs concurrents pour les fermer comme US Steel l'a fait
à Hamilton.
Entreprises et monopoles d'État: L'AECG va
s'assurer que les entreprises et monopoles d'État agissent
conformément aux « considérations
commerciales », qui ne sont pas définies. Les États
signataires de l'accord vont encore avoir le droit de créer et
maintenir des entreprises d'État.
Politique d'achats des gouvernements: Cette
clause donne aux monopoles européens un accès
illimité aux achats que font les gouvernements
provinciaux et municipaux et donc aux contrats d'achats reliés
à l'eau potable, à l'électricité, les
installations sanitaires, etc. L'AECG va bannir les politiques «
d'achat local
»,
l'achat de nourriture et de biens qui sont produits aussi près
que possible de chez soi, et il bannira d'autres politiques similaires
qui appuient les emplois locaux
et le développement basé sur les dépenses
publiques. Pour les monopoles européens, ce sont des achats par
les gouvernements d'une valeur de 100 milliards $ par
année qui leur sont ouverts. En prévision de l'AECG, le
gouvernement Harper a poussé les provinces et les
municipalités à abandonner leur pratique d'utiliser
l'argent
des taxes pour développer les économies locales. Cette
clause ne s'applique pas aux actions entreprises par le gouvernement
fédéral pour acheter des armes et d'autre
matériel de guerre pour la protection de ses
intérêts de sécurité ou à ses achats
de matériel indispensable à la sécurité
nationale ou pour la défense.
Propriété intellectuelle: Entre
autres choses, l'accord va forcer le Canada à accorder plus de
protection de brevets à des monopoles pharmaceutiques
fabricants de médicaments d'origine comme GlaxoSmithKline au
détriment de compagnies plus petites de médicaments
génériques. Selon une enquête
fédérale de
2012 que le gouvernement Harper a essayé d'étouffer, ces
changements dans les brevets pourraient coûter jusqu'à 2
milliards $ par année. Le régime européen de
propriété des brevets ne sera pas changé.
Commerce et développement durable: Commerce et
environnement: L'accord encourage pour la forme le
développement durable et la protection
de l'environnement, mais se limite au dialogue et à la
consultation. Les considérations sur l'environnement sont en
contradiction avec les pratiques des monopoles
mondiaux qui font leur pillage sans se soucier de la durabilité
ou de la protection de l'environnement.
Commerce et travail: Encore une fois, on appuie
du bout des lèvres des questions reliées au travail comme
la libre négociation collective, l'élimination
de tout travail forcé, l'abolition du travail des enfants et la
discrimination aux endroits de travail. Les travailleurs savent trop
bien que les monopoles s'opposent
constamment à ces principes en s'attaquant aux syndicats, en
utilisant le travail forcé dans les prisons par exemple, ou le
travail des enfants dans la production à
l'étranger, ou en pratiquant la discrimination envers ceux qui
se battent pour les travailleurs aux endroits de travail ou envers les
travailleuses. En plus de cela, juste
en se rappelant les lois antiouvrières de Harper comme les lois
de retour au travail contre les travailleurs du CN, d'Air Canada et des
postes, les lois antigrèves
des provinces et le désastreux programme de travailleurs
temporaires étrangers, on voit bien que peu importe ce qui sera
écrit dans les accords internationaux, on
ne peut pas faire confiance à Harper quand il s'agit des
intérêts des travailleurs.
Coopération en matière de
réglementation: L'AECG appelle tous les signataires à
éliminer toute réglementation domestique qui constitue
une «
barrière au commerce et à l'investissement ». Selon
l'AECG toute réglementation appartient à cette
catégorie.
Fabrication des médicaments: L'AECG va
accroître la protection des fabricants de médicaments
d'origine et de leurs profits au détriment des
consommateurs canadiens, ce qui va faire monter le prix des
médicaments et les coûts du système de santé.
Dialogue et coopération bilatérale:
Une des principales questions à propos desquelles l'accord
propose le « dialogue et la coopération bilatérale
» est
celle des organismes modifiés génétiquement. C'est
une façon d'admettre combien cette question est
controversée. On peut prendre comme exemple l'opposition
aux brevets sur les semences, le vaste appui à un
étiquetage qui distingue les produits
génétiquement modifiés de ceux qui ne le sont pas
et les appels à l'interdiction
pure et simple de l'importation des produits modifiés
génétiquement. L'AECG cherche un moyen de faciliter leur
distribution éventuelle. L'accord recommande
de « travailler à une coopération en matière
de réglementation pour minimiser les impacts négatifs de
pratiques réglementaires liées aux produits
biotechnologiques
».
Transparence: Toute la section sur la
transparence est frauduleuse. C'est évident que compte tenu du
secret des négociations depuis 5 ans, qui ont
été tenues dans le dos des peuples canadien et
européens, la seule transparence dont il est question dans
l'accord est celle qui existe entre les monopoles. En même
temps, c'est un fait bien connu que pour se gagner un avantage sur les
marchés, les monopoles n'hésitent pas à se cacher
des informations importantes et même
à carrément mentir pour faire avancer leurs propres
intérêts.
En somme, l'AECG va être un autre traité de
libre-échange désastreux pour le peuple canadien parce
que ni le commerce ni l'économie ne sont « libres
». Pratiquement chaque secteur de l'économie mondiale est
dominé par les monopoles internationaux. Le marché libre
sous le contrôle des monopoles
mondiaux, c'est le droit de monopole et sa liberté de dominer,
de contrôler et de saboter toujours plus les secteurs de
l'économie et même des économies
entières. Contrairement à ce que disent les dogmes du
« libre marché », les monopoles mondiaux manipulent
les prix et l'offre pour servir leurs intérêts
étroits
et une des principales façons de le faire c'est de
détruire ou de s'emparer de concurrents plus petits et de
s'emparer de leur marché au moyen justement des
soi-disant accords de libre-échange. La classe ouvrière
et ses alliés doivent annuler tous les traités de
libre-échange dont l'AECG et organiser le commerce
sur la base de principes comme l'appui sur soi, le commerce égal
pour l'avantage mutuel avec toutes les nations sans égard
à leur régime politique et le droit
inaliénable du peuple canadien de contrôler toute prise de
décision sur ce qui affecte l'économie socialisée
et l'environnement naturel et social.

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