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Depuis sa création, l'OTAN est une alliance militaire agressive. Elle avait été créée pour détruire l'ancienne Union soviétique et s'assurer que l'Europe occidentale ne « tombe pas dans le camp du communisme ». Après la fin de la division bipolaire du monde, elle a étendu son rôle au-delà des frontières des pays de l'Atlantique Nord pour satisfaire les efforts de domination mondiale des États-Unis. L'OTAN a non seulement participé à des invasions, mais a également contribué à créer les prétextes de ces invasions, comme elle le fait aujourd'hui en Ukraine pour faire avancer son ordre du jour. Comme ce fut le cas avec les hitlériens et ceux qui conciliaient avec eux alors qu'ils précipitaient le monde dans la Deuxième Guerre mondiale, également aujourd'hui, l'effort des impérialistes pour la domination mondiale est camouflé de prétextes, d'opérations sous fausse bannière, de mensonges, de désinformation pour priver les peuples de leur cohésion et de leur capacité de s'organiser efficacement pour s'assurer que les crimes du passé cessent de se répéter dans le présent. Aujourd'hui, le but le plus important que les peuples du monde peuvent se donner est de mettre en place les arrangements dont ils ont besoin pour opposer une résistance organisée aux crimes que commettent les hitlériens d'aujourd'hui. LML salue les peuples qui partout dans le monde persévèrent dans leur résistance et leurs luttes contre les assauts meurtriers, comme ceux des sionistes israéliens contre le peuple palestiniens à Gaza et ailleurs. Alors que se tient le Sommet de l'OTAN, à Newport au Pays de Galles, les 4 et 5 septembre 2014, nous saluons les peuples du Pays de Galles et d'Angleterre, d'Irlande et d'Écosse et des autres pays qui manifestent contre ce sommet et son bellicisme ignoble qui vise à justifier les attaques contre la Russie et à augmenter la capacité de déploiement rapide de l'OTAN pour attaquer sans avertissement là et quand les États-Unis et leurs alliés le décident. En ce 75e anniversaire de l'invasion nazie de la Pologne, nous transmettons notre plus grand respect au peuple polonais et notre plus grand souhait qu'ensemble les peuples du monde s'assurent que cela ne puisse plus se reproduire. OTAN, hors de Pologne et des autres pays! Il faut démanteler l'OTAN! Notes1. RT, 24 juillet, 2014.
Le Canada a besoin d'un gouvernement antiguerre Il faut défaire Harper! Canada, hors de l'OTAN!
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![]() 30 septembre 1939: Les nazis paradent dans les rues de Varsovie après l'invasion de la Pologne. |
En Pologne, les nazis ont commis les plus grands crimes que l'histoire n'ait jamais connus. De tous les pays d'Europe, c'est la Pologne qui a connu le plus grand nombre de victimes par rapport à sa population. Plus de 6 millions de personnes ont été tuées. L'extermination directe par des assassinats de masse, dans les camps de la mort et par d'autres moyens a coûté la vie à plus de 1 750 000 Polonais. À cela s'ajoutent les 2 700 000 Juifs polonais, les 2 000 000 d'enfants et de jeunes, les 50 000 Roms et les 12 000 personnes considérées comme mentalement handicapées tués par les forces de l'Allemagne nazie et les milliers de prisonniers de guerre polonais, soldats et officiers, systématiquement exécutés. Au cours des six premières semaines de l'occupation nazie, la Schutzstaffel (SS) a exécuté plus de 40 000 intellectuels, personnalités politiques et dirigeants polonais. Avant l'invasion, à partir de mai 1939, l'opération nazie Tannenberg, qui faisait partie du Generalplan Ost (terme allemand pour « Schéma directeur pour l'Est ») avait permis d'identifier et de recenser plus de 61 000 militants, membres de l'intelligentsia, universitaires, enseignants, anciens officiers et personnalités qui devaient être internés ou exécutés, principalement par les SS. L'assassinat de 5000 à 6000 Polonais à Fordon, Bydgoszcz, en octobre et novembre 1939 est un exemple des nombreux massacres commis par les SS et la Werhmacht. D'autres exemples incluent l'assassinat de 4 143 officiers polonais retrouvés dans des fosses communes dans la forêt de Katyn, crime pour lequel les nazis et leurs collaborateurs ont accusé les communistes à l'époque et continuent de le faire aujourd'hui afin de s'exonérer de leurs crimes et de semer la confusion sur qui étaient les libérateurs et qui étaient les criminels.
Les forces polonaises étaient en nombre très inférieur à celles des envahisseurs, mais elles ont combattu avec courage. Les dirigeants de l'État polonais se sont enfuis en Roumanie le 17 septembre, mais l'esprit de résistance du peuple est demeuré fort. De nombreux Polonais ont combattu courageusement dans la résistance clandestine dirigée par les communistes. Ils ont formé leurs propres divisions patriotiques et ont combattu aux côtés de l'Armée rouge contre les nazis jusqu'à Berlin.
![]() Décembre 1942: Expulsions de la population par les nazis dans la région de Zamosc en Pologne.(Wikipedia) |
Falsifiant les faits, les hitlériens blâment les Soviétiques pour ce qui est arrivé au peuple polonais et affirment que Staline a signé un pacte avec Hitler lui abandonnant la Pologne et que Staline a envahi la Pologne. En réalité, l'Armée soviétique n'est entrée en territoire polonais que le 17 septembre, qu'après que l'État polonais se soit effondré, que l'armée polonaise se soit désintégrée, que le gouvernement ait cessé de fonctionner et que ses dirigeants aient fui. La partie de la Pologne que l'Union soviétique a occupée était constituée de territoires de l'Ukraine et de la Biélorussie que la Pologne avait annexés par la force pendant la guerre russo-polonaise de 1919-1921. La Pologne à cette époque faisait partie de l'alliance des 14 pays impérialistes qui ont envahi la République soviétique socialiste naissante pour l'étrangler mais n'y sont pas parvenus.[2] Environ 8 % seulement de la population d' Ukraine et de Biélorussie était d'origine polonaise.
« Grâce à l'intervention opportune de l'Union soviétique dans ces territoires qui avaient appartenu à l'État polonais maintenant effondré, Hitler dut accepter une ligne de démarcation entre ses troupes et l'Armée rouge bien à l'ouest de la frontière russo-polonaise. »[3] L'Armée rouge a sauvé des millions d'habitants d'Ukraine, y compris de nombreux Polonais, et de Biélorussie du sort qu'Hitler réservait au reste du peuple polonais. Même Winston Churchill, un anticommuniste virulent, a justifié publiquement l'entrée des Soviétiques en Pologne orientale.
Actuellement, les hitlériens d'aujourd'hui, déguisés en démocrates, continuent de répandre l'odieux mensonge que « l'Allemagne nazie et l'Union soviétique ont secrètement conspiré pour se partager la Pologne ». Ce mensonge, qui vise à mettre l'Union soviétique et l'Allemagne nazie sur un pied d'égalité et à discréditer et diviser le front antifasciste dirigé par les communistes, a été créé par Hitler lui-même dans le discours dans lequel il déclare la guerre à l'Union soviétique, lorsqu'il fait référence aux « protocoles secrets » sur le partage de la Pologne. Puis après leur défaite, les criminels de guerre nazis jugés au procès de Nuremberg ont ressuscité les « protocoles secrets » pour essayer d'échapper au châtiment, mais leurs accusations contre l'Union soviétique ont été rejetées par la présidence du tribunal comme étant des fabrications. C'est seulement lorsque les États-Unis ont repris le flambeau de l'hitlérisme durant la guerre froide et sont devenus les maîtres modernes de la technique du gros mensonge de Goebbels que l'invention de Hitler sur les « protocoles secrets » est devenue un soi-disant fait historique.[4] Cela est maintenant devenu la propagande officielle du Canada.
![]() Les représailles collectives contre ceux qui luttaient contre l'occupation nazie s'exerçaient par des pendaisons publiques, des exécutions de masse et d'autres crimes contre le peuple polonais. (Wikipedia) |
Les faits historiques permettent de comprendre pourquoi Hitler a attaqué la Pologne. En 1939, la Pologne était un pays impérialiste formé sur les ruines de la Première Guerre mondiale par la Grande-Bretagne et la France par le Traité de Versailles de 1918. L'État polonais « avait entre autres pour ambition de s'accaparer des riches régions agricoles de l'Ukraine et d'étendre le territoire polonais 'd'une mer à l'autre', soit de la mer Baltique à la mer Noire. [...] Les propriétaires fonciers et la bourgeoisie de la Pologne rêvaient de restaurer l'empire polonais du moyen âge. »[5] Financés et armés par les monopoles britanniques et français qui voulaient regagner les profits et privilèges dont les avaient privés les forces révolutionnaires des ouvriers et paysans,[6] les dirigeants polonais ont attaqué l'Union soviétique en 1918, ont occupé de grandes parties de l'Ukraine, de la Biélorussie et de la Lituanie. Pendant les 18 années de domination polonaise semifasciste qui ont suivi, les travailleurs et les paysans de ces régions ont été exploités sauvagement par les propriétaires fonciers et les industriels polonais.
Alors que les nuages de guerre interimpérialiste s'accumulaient au-dessus de l'Europe, les cercles dirigeants polonais ont refusé de voir le monde tel qu'il était, surtout les impérialistes nazis allemands qui ne cachaient pas leur ambition de conquérir l'Europe pour ensuite conquérir le monde, et leur racisme envers les Polonais. L'élite polonaise considérait la Grande-Bretagne et la France comme ses alliés et l'Union soviétique comme son ennemi juré. Les impérialistes anglo-américains et français voulaient assurer leur propre rôle dans la domination du monde. Ils adoptèrent la politique d'apaisement envers Hitler pour l'inciter à se tourner vers l'Est et à attaquer l'Union soviétique, au lieu d'organiser la sécurité collective en collaboration avec l'Union soviétique contre les ambitions expansionnistes connues de l'Allemagne nazie vis-à-vis les régions industrielles, agricoles et riches en pétrole. Ils espéraient que les nazis soient paralysés par une guerre prolongée avec l'Union soviétique plutôt que de grossir par le pillage des richesses de l'Union soviétique.
Les dirigeants polonais espéraient qu'Hitler avance vers l'Est et attaque l'Union soviétique sans d'abord s'emparer de la Pologne, que comme butin de la guerre, la Pologne pourrait s'emparer d'une partie du territoire soviétique. La Pologne a refusé de régler les questions frontalières en suspens, maintenant ainsi la ligne de défense soviétique contre les nazis aussi loin à l'Est que possible. L'État polonais a refusé aux Soviétiques la permission d'entrer en Pologne pour stopper l'avance nazie. Au lieu de prendre toutes les mesures nécessaires pour se défendre contre l'invasion nazie imminente, les dirigeants polonais, qui nourrissaient de grandes illusions sur les intentions d'Hitler et étaient aveuglés par l'anticommunisme, ont préféré se livrer à des manoeuvres frauduleuses pour avancer leurs intérêts privés.
En attaquant la Pologne, Hitler a suivi la politique anglo-américaine le poussant vers l'Est tout en mettant en oeuvre son plan, décrit dans Mein Kampf, d'élargir l'« espace vital » (lebensraum) de l'Allemagne en s'emparant de l'Ukraine pour ensuite asservir le monde entier. Hitler a fait connaître clairement ses intentions barbares envers la Pologne. Dix jours seulement avant l'agression, dans son discours à Olbersalzberg, il a donné à ses généraux l'instruction « d'envoyer à la mort sans merci et sans compassion les hommes, femmes et enfants d'origine et de langue polonaises. C'est seulement ainsi que nous obtiendrons l'espace vital dont nous avons besoin. »[7] Tragiquement, la Pologne a payé très cher les ambitions impérialistes, l'anticommunisme et le refus de l'aide soviétique par ses dirigeants de la classe dominante.

Aujourd'hui, le gouvernement Harper et les cercles dirigeants polonais réactionnaires continuent de répandre les mêmes mensonges qu'ont répandus les nazis et essaient de couvrir de boue les exploits de l'Union soviétique afin d'accuser les communistes de crimes contre l'humanité. Le 1er septembre 2009, le président de la Pologne, Lech Kaczynski, a appelé à « glorifier tous les soldats qui ont combattu pendant la Deuxième Guerre mondiale contre le nazisme allemand et le totalitarisme bolchévique ». Peu après l'écrasement le 10 avril 2010 d'un avion polonais, près de Smolensnk, dans lequel Kaczynski et 95 autres personnes ont péri, cette tragédie a été utilisée par les dirigeants polonais et d'autres pour ressusciter le vieux mensonge selon lequel l'Union soviétique, et non les nazis, a perpétré le massacre de la forêt de Katyn pendant la guerre. Cette désinformation délibérée a pour but de faire oublier que les nazis ont tué six millions de Polonais et que c'est l'Armée rouge, avec l'Armée populaire polonaise alliée, qui en réalité ont libéré la Pologne de l'occupant nazi.


1. Une grande partie de l'équipement militaire utilisé dans l'invasion a été fabriquée par des entreprises à capitaux américains, comme Ford, General Motors et Focke Wulfe (ITT).
2. On estime que sept millions de Russes, hommes, femmes et enfants, ont été tués pendant l'invasion de 1918.
3. Hardial Bains, Les causes et les leçons de la Deuxième Guerre mondiale, 1990.
4. La Pologne avait conclu un pacte de non-agression avec l'Allemagne en janvier 1934, le premier État à conclure une alliance de ce genre avec le gouvernement nazi.
5. Hardial Bains, ibid.
6. Cela comprend entre autres le monopole pétrolier géant Royal Dutch Shell, le conglomérat de l'armement Metro-Vickers et les grandes banques comme Baring, Hambros et Crédit Lyonnais. Herbert Hoover qui allait bientôt devenir le président des États-Unis avait d'importants investissements en Russie tsariste.
7. E.L. Woodward & Rohan Riftlep (eds.), Documents on British Foreign Policy : 1919-1939, 3rd series (London : HMSO, 7 :258-260, 1954).
Nous reproduisons un extrait du Chapitre XII « La Deuxième Guerre mondiale » du livre de Michael Sayers et Albert E. Kahn La grande conspiration contre la Russie.
* * *
[...]
Le 1er septembre 1939, les divisions motorisées nazies envahissaient la Pologne par sept points. Deux jours après, la Grande-Bretagne et la France déclaraient la guerre à l'Allemagne. En deux semaines, le régime polonais qui, sous l'influence de la clique antisoviétique des « Colonels », s'était allié au nazisme, avait refusé l'aide de l'U.R.S.S. et s'était opposé à la sécurité collective, s'effondrait et les nazis balayaient les débris éparpillés de leur ancien allié.
Le 17 septembre, tandis que les colonnes nazies sillonnaient la Pologne et que le gouvernement polonais fuyait en panique, l'Armée Rouge traversa la frontière polonaise orientale d'avant-guerre, occupa la Biélorussie et l'Ukraine occidentales et la Galicie, avant que les blindés nazis ne les eussent atteintes. Avançant rapidement vers l'Ouest, l'Armée Rouge occupa tout le territoire que la Pologne avait annexé en 1920.
« Que les armées russes dussent tenir cette ligne, était évidemment nécessaire pour la sécurité de la Russie devant la menace nazie, déclara Winston Churchill à la radio le 1er octobre. Un front oriental a été créé que l'Allemagne nazie n'ose pas attaquer. Quand von Ribbentrop a été à Moscou la semaine dernière, ce fut pour apprendre et accepter le fait que les projets nazis en ce qui concerne les Pays baltes et l'Ukraine devaient rester au point mort ».
L'avance vers l'Ouest de l'Armée Rouge fut la première d'une série d'actions de l'U.R.S.S. pour contrebalancer l'extension du nazisme et conçues dans le but de renforcer son système défensif en prévision d'un inévitable conflit avec le IIIe Reich.
Au cours de la dernière semaine de septembre et des premiers jours d'octobre, le Gouvernement soviétique signait des pactes d'assistance mutuelle avec l'Estonie, la Lettonie et la Lituanie. Ces accords stipulaient que des garnisons de l'Armée Rouge et des bases aériennes et navales soviétiques seraient établies dans les Pays baltes.
Mais au Nord, la Finlande demeurait un allié militaire puissant du IIIe Reich.
Le chef de l'armée finlandaise, le baron von Mannerheim était en rapports étroits et permanents avec le Haut Commandement allemand. De fréquentes conversations entre les deux états-majors avaient lieu et des officiers allemands contrôlaient périodiquement les manoeuvres militaires finlandaises. Le chef de l'état-major finlandais, le général Oesch, avait reçu sa formation militaire en Allemagne, comme son adjoint principal, le général Ostermann qui avait appartenu à l'armée allemande pendant la première guerre mondiale.
Les relations politiques entre la Finlande et l'Allemagne nazie étaient aussi étroites. Le premier ministre, le socialiste Ryti considérait Hitler comme un « génie » ; Per Svinhubrud, un riche germanophile qui avait reçu La Croix de fer allemande, était 1e plus puissant des personnages dans les coulisses de la politique finlandaise.

Avec l'appui d'officiers et de techniciens allemands, la Finlande avait été transformée en une puissante forteresse pour servir de base de départ à une invasion de l'Union soviétique : on y avait aménagé 23 aérodromes, capables de convenir à dix fois plus d'avions que n'en possédait l'armée de l'air finlandaise. Des techniciens allemands avaient contrôlé la construction de la ligne Mannerheim étalée sur plusieurs kilomètres de profondeur tout le long de la frontière soviétique et ayant des emplacements pour l'artillerie lourde à un point qui n'était qu'à 34 kms de Léningrad.
A la différence de la ligne Maginot, la ligne Mannerheim n'avait pas été conçue uniquement dans un but défensif, mais aussi pour servir de lieu de concentration à une importante masse offensive. Alors que la construction de la ligne Mannerheim s'achevait, dans l'été de 1939, le chef de l'état-major d'Hitler, le général Halder, vint d'Allemagne donner à la fortification une inspection finale.
Le Gouvernement soviétique proposa un pacte d'assistance mutuelle à la Finlande. Moscou offrait de céder plusieurs centaines de kilomètres carrés de territoire soviétique en Carélie centrale en échange de quelques îles finlandaises d'intérêt stratégique situées près de Léningrad, d'une partie de l'isthme de Carélie et la location avec un bail de 30 ans du port de Hangoe pour y construire une base navale soviétique. Les hommes d'État soviétiques considéraient que ces territoires avaient un intérêt capital pour la défense de la base de la Flotte Rouge de Kronstadt et la ville de Léningrad.
Au milieu de novembre, la clique germanophile qui dominait le gouvernement finlandais rompit brutalement les négociations. À la fin du mois, l'U.R.S.S. et la Finlande étaient en guerre.
Les éléments antisoviétiques d'Angleterre et de France crurent que l'heure de la guerre sainte tant attendue était enfin arrivée. La guerre curieusement passive à l'Ouest contre l'Allemagne nazie était une « fausse guerre ». La vraie guerre, c'était celle de l'Est. En Angleterre, en France, aux États-Unis, une intense campagne de propagande antisoviétique se déclencha sous le mot d'ordre d' « aide à la Finlande ».
Le premier ministre Chamberlain qui, peu de temps auparavant, avait affirmé que son pays manquait des armes convenables pour lutter contre l'Allemagne nazie, réussit à envoyer rapidement à la Finlande 144 avions britanniques, 114 pièces d'artillerie lourde, 185.000 obus, 50.000 grenades, 15.700 bombes d'avion, 100.000 capotes et 48 ambulances ; au moment où l'armée française avait un besoin urgent de tout matériel militaire pour contenir l'inévitable offensive nazie, le gouvernement français envoya à l'armée finlandaise 179 avions, 472 pièces d'artillerie, 795.000 obus, 5.100 mitrailleuses et 200.000 grenades à main.
Tandis qu'on s'endormait sur le front occidental, le Haut-Commandement anglais, encore dominé par des officiers antisoviétiques comme le général Ironside, dressa des plans pour l'envoi d'un corps expéditionnaire de 100.000 hommes qui aurait traversé la Scandinavie pour atteindre la Finlande, tandis que le Haut-Commandement français se préparait à attaquer simultanément le Caucase sous le commandement du général Weygand, qui déclarait ouvertement que les bombardiers français du Proche-Orient étaient prêts à frapper les champs pétrolifères de Bakou.
Tous les jours, les journaux français et anglais annonçaient avec des titres flamboyants les foudroyantes victoires finlandaises et les catastrophiques défaites soviétiques. Mais, après trois mois de combats sur un terrain extraordinairement difficile et dans des conditions atmosphériques incroyablement dures où la température descendait souvent jusqu'à 60° au-dessous de 0, l'Armée Rouge avait anéanti « l'imprenable » ligne Mannerheim et mis en déroute l'armée finlandaise.[1]
Parlant au Soviet suprême de l'U.R.S.S. le 29 mars 1940, Molotov déclara :
« L'Union soviétique qui a battu l'armée finlandaise et avait toute possibilité d'occuper la Finlande toute entière, ne l'a pas fait et n'a exigé aucune contribution de guerre à titre d'indemnité, comme eût agi toute autre puissance ; elle a réduit au minimum ses désidérata... Quelle est l'idée principale du traité de paix ? C'est qu'il assure dûment la sécurité de Léningrad, ainsi que celle de Mourmansk et du chemin de fer du même nom ».
La guerre non-déclarée de l'Allemagne nazie contre l'U.R.S.S. se poursuivait.
Le jour de la cessation des hostilités soviéto-finlandaises, le général Mannerheim déclara dans une proclamation à l'armée finlandaise que « sa mission sacrée est d'être un poste avancé de la civilisation occidentale à l'Est ». Peu après, le gouvernement finlandais entreprenait de construire de nouvelles fortifications le long de la nouvelle frontière. Des techniciens nazis vinrent d'Allemagne contrôler le travail. D'importantes commandes d'armement furent faites à la Suède et à l'Allemagne. Des formations militaires allemandes arrivèrent en grand nombre en Finlande. Les commandements finlandais et allemands eurent des quartiers-généraux uniques et organisèrent des manoeuvres militaires communes. Des centaines d'agents nazis envahirent les bureaux de l'ambassade d'Allemagne à Helsinski et des onze consulats de province.
L'assoupissement à l'Ouest cessa tout-à-coup au printemps de 1940. Le 9 avril, les Allemands envahissaient le Danemark et la Norvège. Le Danemark fut occupé en une journée, sans résistance. A la fin du mois, les nazis avaient brisé la résistance norvégienne et les troupes anglaises, qui étaient venues à l'aide des Norvégiens, abandonnaient les quelques bases précaires qu'elles s'étaient assurées. Un régime nazi fantoche fut instauré à Oslo avec le major Quisling à sa tête.
![]() Les troupes nazies débarquent du navire amiral Hipper en Norvège en 1940. (Wikipedia) |
Le 10 mai, Chamberlain leur offrait sa démission de premier ministre après avoir conduit son pays à la situation vraisemblablement la plus désespérée de sa longue histoire.
Le même jour, alors que le roi appelait Winston Churchill à constituer le nouveau Cabinet, les armées allemandes envahissaient la Hollande, la Belgique et le Luxembourg. Le 4 mai, les Allemands s'étaient forcé un chemin, à travers une résistance mise en pièces, jusqu'à la Manche et avaient divisé les Alliés dans les Flandres.
La panique s'empara de la France. Partout, la Ve Colonne travaillait. Les soldats français étaient abandonnés par leurs officiers. Des divisions entières se trouvaient sans approvisionnement en matériel de guerre. Paul Reynaud déclara au Sénat que les chefs de l'armée française avaient commis d' « inconcevables erreurs ». Il dénonçait « les traîtres, les défaitistes et les lâches ». Un certain nombre d'officiers supérieurs français furent arrêtés mais ces arrestations venaient trop tard. La Ve colonne était déjà maîtresse de la France.
L'ancien ministre de l'Air Pierre Cot a écrit dans son livre Triomphe de la Trahison :
« ...Les fascistes avaient champ libre dans le pays et dans l'armée. L'agitation anticommuniste était un écran de fumée derrière lequel on préparait la grande conspiration politique qui devait paralyser la France et faciliter le travail d'Hitler... Les instruments les plus efficaces de la Ve colonne... étaient Weygand, Pétain et Laval. Au Conseil des ministres qui se tint à Cangé, prés de Tours, le 12 juin 1942, le général Weygand pressa le gouvernement de mettre fin à la guerre. Son principal argument était qu'une révolution communiste avait éclaté à Paris. Il déclarait que Maurice Thorez, secrétaire général du Parti communiste, était déjà installé à l'Élysée. Georges Mandel, ministre de l'Intérieur, téléphona immédiatement au préfet de police de Paris qui démentit les allégations de Weygand : il n'y avait pas de troubles dans la ville et la population était calme... Dès qu'ils se furent emparés du pouvoir au milieu de la confusion de l'effondrement, Pétain et Weygand avec l'appui de Laval et de Darlan, se hâtèrent de supprimer toutes les libertés politiques, de bâillonner le peuple et d'instaurer un régime fasciste ».
D'heure en heure, la confusion grandissait et la
débâcle s'aggravait, tandis que les soldats
français se battaient désespérément et que
le monde assistait à la trahison à une échelle
jamais vue jusqu'alors...


Du 29 mai au 4 juin, l'armée anglaise évacuait ses troupes à Dunkerque, sauvant héroïquement 335.000 hommes.
Le 10 juin l'Italie fasciste déclarait la guerre à la France et à l'Angleterre.
Le 14 juin, Paris tombait et Pétain, Weygand, Laval et l'hitléro-trotskiste Doriot devenaient les gouvernants fantoches de la France, aux ordres des nazis.
Le 22 juin un armistice entre la France et l'Allemagne était signé dans la forêt de Compiègne, dans le wagon même où le maréchal Foch avait dicté les conditions de la capitulation aux Allemands vaincus, vingt-deux ans plus tôt.
Tandis que la France s'écroulait, l'Armée Rouge s'ébranlait à nouveau pour renforcer les défenses de l'U.R.S.S.
Au milieu de juin, devançant un putsch nazi dans les Pays baltes, les divisions blindées soviétiques occupaient l'Estonie, la Lettonie et la Lituanie.
Le 27 juin, l'Armée Rouge avançait en Bessarabie et dans la Bukovine du nord, que la Roumanie avait arrachées aux Russes après la Révolution.
L'U.R.S.S. et l'Allemagne nazie étaient maintenant face à face sur leurs futurs fronts de bataille.
Vers la fin de juillet, les nazis lancèrent des
raids d'avions massifs sur Londres et d'autres villes anglaises,
déversant des tonnes d'explosifs sur les populations civiles.
Ces raids qui crûrent en férocité au cours du mois
suivant, avaient pour but de terrifier et de paralyser tout le pays et
de faire tomber rapidement sur les genoux une Angleterre
déjà sérieusement affaiblie.

Mais de profonds changements s'étaient produits en Grande-Bretagne. La confusion et la division qui avaient résulté de la manière dont Chamberlain avait gouverné, avaient fait place à la détermination et à une unité nationale croissante. Par delà l'étroite Manche, le peuple anglais vit les agissements de la Ve colonne. Le gouvernement Churchill agit avec célérité et résolution. Scotland Yard et l'Intelligence Service s'abattirent sur !es agents nazis, les fascistes anglais et les promoteurs d'intrigues secrètes de la Ve colonne. Au cours d'une perquisition-éclair au siège de Londres de l'Union britannique des fascistes, les autorités s'emparèrent de documents importants et arrêtèrent de nombreux agents de la Ve colonne. Le chef du Parti fasciste britannique, Sir Oswald Mosley, fut arrêté à son domicile. Des arrestations encore plus sensationnelles suivirent : celles de John Beckett, un ancien membre du Parlement qui avait fondé le pro-nazi et antisoviétique Parti populaire ; le capitaine Ramsay, membre conservateur du Parlement ; E.D. Elan, fonctionnaire du ministère de la Santé, sa femme, et d'autres pro-nazis et fascistes influents. Une loi contre la trahison fut votée, prévoyant la peine de mort pour les traîtres.
Montrant qu'il avait bien compris la leçon de la France et des procès de Moscou, le gouvernement britannique annonça en juillet 1940 l'arrestation de l'amiral Sir Barry Domvile, ancien chef de l'espionnage naval. Domvile, ami de Rosenberg et du général Hoffmann, avait été impliqué dans la plupart des conspirations antisoviétiques depuis 1918. Au moment de son arrestation, Domvile était le chef d'une société secrète pro-nazie en Angleterre appelée The Link (Le Lien) qui était organisée avec l'appui de Himmler, le chef de la Gestapo.
S'étant assuré contre la trahison
intérieure, le peuple anglais fit face à l'épreuve
de l'offensive aérienne nazie sans broncher et en se
défendant. Dans la seule journée du 17 septembre
1940, la R.A.F. ne descendit pas moins de 185 avions allemands
au-dessus de l'Angleterre.
Devant une résistance aussi courageuse qu'inattendue, et pensant qu'il avait l'Armée Rouge à ses frontières orientales, Hitler s'arrêta à la Manche et n'envahit pas les Iles britanniques.
L'année suivante était 1941. Une atmosphère tendue d'attente planait sur toute l'Europe, tandis que l'U.R.S.S. et l'Allemagne nazie, les deux plus grandes puissances militaires du monde, se préparaient à se combattre.
Le 1er mars, les Allemands entraient à Sofia et la Bulgarie devint une base nazie.
Le 6 avril, après qu'une révolte populaire eût renversé le régime du régent Paul de Yougoslavie et que les agents nazis eussent dû s'enfuir du pays, le gouvernement soviétique signait un pacte de non-agression avec le nouveau gouvernement yougoslave. Le même jour, l'Allemagne déclarait la guerre à la Yougoslavie et l'envahissait.
Le 5 mai, Staline devenait le chef du gouvernement de l'U.R.S.S.[2]
A 4 heures du matin, le 22 juin 1941, sans aucune déclaration de guerre, les tanks d'Hitler, son aviation, son artillerie légère, ses unités motorisées et son infanterie étaient lancés sur la frontière de l'U.R.S.S. en un front formidable s'étendant de la Baltique à la mer Noire.
Dans la matinée, Goebbels lut à la radio la proclamation de guerre d'Hitler :
« Peuple allemand ! En ce moment, se déroule une offensive qui, tout bien considéré, peut être comparée aux plus grandes que le monde a vu jusqu'aujourd'hui. En liaison avec leurs camarades finlandais, les vainqueurs de Narvik tiennent l'Arctique. Des divisions allemandes, sous le commandement du conquérant de la Norvège, en collaboration avec les héros de la lutte pour la libération de la Finlande, sous les ordres de leur maréchal, protègent le territoire finlandais. Les formations du front oriental allemand s'étendent de la Prusse Orientale aux Carpates. Les soldats allemands et roumains sont unis sous les ordres du chef de l'État Antonesco, des rives du Pruth aux régions inférieures du Danube et aux rives de la mer Noire. La tâche de ce front n'est donc plus uniquement la protection de pays, mais la sauvegarde de l'Europe et, par là même, le salut de tous ».
L'Italie, la Roumanie, la Hongrie et la Finlande se joignirent à la guerre nazie contre 1'U.R.S.S.
Des légions fascistes furent recrutées en France et en Espagne. Les armées unies d'une Europe contre-révolutionnaire avaient lancé une guerre sainte contre les Soviets ; le plan du général Hoffmann se réalisait...
Le 7 décembre 1941, sans avertissement, les bombardiers et la marine de guerre du Japon attaquaient les États-Unis d'Amérique. Puis l'Allemagne nazie et l'Italie fasciste leur déclaraient la guerre.
Le 9 décembre, dans une proclamation du peuple américain, le président Roosevelt déclarait :
« La route que le Japon a suivie ces dix dernières années en Asie, est parallèle à celle d'Hitler et de Mussolini en Europe et en Afrique. Aujourd'hui, elle est devenue bien plus que parallèle. C'est une collaboration si bien calculée que tous les continents du monde, et tous les océans sont maintenant considérés par les stratèges de l'Axe comme un seul et gigantesque champ de bataille.
En 1931, le Japon envahissait le Mandchoakouo, sans avertissement.
En 1935, l'Italie envahissait l'Éthiopie, sans avertissement.
En 1938, Hitler occupait l'Autriche, sans avertissement.
En 1939, Hitler envahissait la Tchécoslovaquie, sans avertissement.
Encore en 1939, Hitler envahissait la Norvège, le Danemark, la Hollande, la Belgique et le Luxembourg, sans avertissement.
En 1940, l'Italie attaquait la France, et ensuite la Grèce, sans avertissement.
En 1941, Hitler envahissait la Russie, sans avertissement.
Et maintenant, le Japon a attaqué les États malais et le Siam, et les États-Unis, sans avertissement.
Tout sur un modèle unique ».
Les masques sont jetés. La guerre secrète de l'axe anticomintern contre I'U.R.S.S. s'était transformée en une guerre mondiale contre tous les peuples libres.
Le 15 décembre 1941, dans un message au Congrès, le président Roosevelt déclarait : « En 1936, le gouvernement japonais s'est délibérément associé à l'Allemagne, en donnant son adhésion au pacte anticomintern. Ce pacte, comme nous le savons tous, était nominalement dirigé contre l'U.R.S.S. ; mais son but réel était de constituer une ligue des fascistes contre le monde libre, notamment contre la Grande-Bretagne, la France et les États-Unis ».
La Deuxième Guerre mondiale était
entrée dans sa phase décisive et finale en devenant un
conflit général entre les forces du fascisme
international et les armées unies de l'humanité
progressive.

1. On lisait dans le rapport analytique de
l'Institut de Propagande de New-York, en juin 1940,
l'appréciation suivante : « La presse
américaine a moins dit la vérité et
débité plus de mensonges fantastiques à propos de
la guerre de Finlande que sur aucun conflit récent ».
2. Dans la nuit du samedi 10 mai 1941, à 10h30 du soir, un avion Messerschmitt allemand capota dans un champ près du château de Dunravel, dans le comté de Lanark, en Écosse, qui appartenait au jeune duc d'Hamilton. Un ancien travailleur du domaine vit tomber l'appareil ainsi qu'un parachute descendant lentement. Armé d'une fourche, i1 courut pour trouver, gisant sur le sol, un homme à la cheville brisée. C'était Rudolph Hess, messager d'Adolf Hitler.
« Conduisez-moi au duc d'Hamilton, dit Hess en anglais. Je suis venu pour sauver l'humanité ! » Hess espérait, par Hamilton et ses amis, obtenir l'appui des conservateurs anglais dans l'attaque de l'U.R.S.S. par les nazis.
Sir Patrick Dollan, lord-maire de Glasgow (Écosse) dit le 11 juin 1941 : « Hess était venu ici, dans l'idée qu'il pourrait rester en Écosse pendant deux jours, discuter de ses propositions de paix avec un certain groupe et recevoir de l'essence et des cartes pour repartir en Allemagne où il aurait rapporté le résultat de ses entretiens ».
Se référant à la mission de Hess dans son discours du 5 novembre 1941, Staline déclara : « Les Allemands savaient que leur politique consistant à jouer sur les contradictions entre les classes sociales de certains États, et entre ces États et le pays des Soviets, avait déjà donné des résultats en France, pays dont les gouvernants, s'étant laissés effrayer par l'épouvantail de la révolution, avaient dans leur frayeur jeté leur patrie aux pieds d'Hitler et abandonné la résistance. Les stratèges fascistes allemands pensaient qu'il en serait de même de la Grande-Bretagne et des États-Unis. C'est en somme dans ce but que les fascistes allemands envoyèrent en Angleterre le fameux Hess, lequel devait décider les hommes politiques anglais à se joindre à la croisade générale contre l'U.R.S.S. Mais les Allemands se sont cruellement trompés ». Rudolph Hess resta prisonnier du gouvernement britannique.
(« La guerre secrète contre la Russie soviétique : La Grande Conspiration », Michel Sayers et Albert E. Khan. Traduit de l'américain par Albert Germain.)
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