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Numéro 100 - 18
août 2014
Anniversaires historiques
Les célébrations du mois
d'août

Anniversaires
historiques
• Les célébrations du mois
d'août
• Les accomplissements du Parti -
Hardial Bains
• La tactique du PCC(M-L) dans la
période de recul de la révolution
• Organiser signifie rendre le peuple
conscient de la tâche décisive comme condition de la
victoire
Anniversaires historiques
Les célébrations du mois d'août

Hardial Bains
1939 - 1997
|
Le Parti communiste du Canada
(marxiste-léniniste) célèbre plusieurs
anniversaires en août. Le Parti profite de l'occasion chaque
année pour faire une pause et revoir ses réalisations,
raviver l'impulsion révolutionnaire qui guide son travail et
célébrer l'esprit profondément
révolutionnaire et de démocratie de masse qui
imprègne toute son
activité.
Un des anniversaires importants qu'il marque chaque
année est celui de la rencontre historique tenue à
Chertsey, Québec, du 15 au 19 août 1989. Il y a
25 ans, le monde était à veille d'être
entraîné dans un recul de la révolution avec
l'effondrement de l'Union soviétique et des régimes
d'Europe de l'Est. La rencontre de
Chertsey affirma l'orientation adoptée par le Parti cinq ans
auparavant qu'aucun individu, aucun collectif et aucune force sociale
ne pouvait désormais agir comme avant et que tous devaient
trouver leur orientation dans les conditions nouvelles du recul de la
révolution. À Chertsey, au nom du Parti, son dirigeant
Hardial Bains réaffirma le caractère
du PCC(M-L) d'aller de l'avant courageusement dans toutes les
conditions et circonstances, comme il l'avait toujours fait, quelles
que soient les trahisons et les perfidies. Le PCC(M-L) a toujours
montré ses convictions par ses actes, ses préparatifs
constants pour diriger et sa détermination à
défendre la ligne marxiste-léniniste, avait
déclaré le
camarade Bains.
Pour plus d'information sur la signification de la
rencontre de Chertsey, cliquer ici.
Le 15 août marque également
l'anniversaire de la Conférence historique
« Nécessité de changement » tenue
à Londres il y a 47 ans. L'analyse
« Nécessité d'un changement » de
cette conférence est le fondement du PCC(M-L). Elle part d'une
offensive résolue et totale contre la subversion
idéologique et le
blocage par les formes sociales. Elle le fait en lançant l'appel
le plus révolutionnaire qui soit : « La
compréhension nécessite un acte de participation
consciente de l'individu, l'acte de découvrir »,
plaçant l'action au premier plan et la compréhension
à son service.
Cette analyse ouvrit la voie au mouvement de la jeunesse
et des étudiants de l'époque, lui permettant de devenir
un digne contingent du mouvement communiste et ouvrier. Cela mena
à la réorganisation des Internationalistes, fondé
par Hardial Bains à l'Université de Colombie-Britannique
le 13 mars 1963, comme mouvement
marxiste-léniniste de la jeunesse et des étudiants, le
précurseur du PCC(M-L).

Affiche de la
Conférence «Nécessité de
changement»
de 1967
|
Les célébrations d'août incluent
l'étude et la discussion de l'analyse Nécessité de
changement, ainsi que d'autres discours et écrits de Hardial
Bains. Le but est d'élaborer le communisme moderne pour
permettre aux travailleurs avancés de se donner des guides
à l'action, comme façon pratique d'avancer dans toutes
les conditions et en toute
circonstance. Le programme vise aussi à permettre à la
jeunesse de développer le mouvement pour les idées
éclairées, dont eux et la société ont
besoin pour se bâtir un brillant avenir. Ceux et celles qui
entreprennent l'étude et la discussion de la
Nécessité de changement et du communisme moderne le font
comme une tâche pratique. Pour ouvrir la
voie au progrès de la société, il faut une
théorie avancée qui illumine la voie vers l'avant dans la
situation complexe que nous vivons aujourd'hui.
En août, le PCC(M-L) organise des activités
spéciales pour discuter de la signification de ces
événements ainsi que d'autres événements
qui, depuis 1963, ont fait du PCC(M-L) le type de Parti qu'il est
aujourd'hui. Cette année cela comprend un Concert
commémoratif au Monument du Parti au cimetière Beechwood
en hommage à la mémoire
de Hardial Bains, dont c'est le 75e anniversaire de naissance, et de
tous nos camarades disparus. Une autre célébration aura
lieu pour marquer le 44e anniversaire de la presse du Parti et le 25e
anniversaire de la presse de masse du Parti et de la presse sans parti.
En cette occasion, le Comité central transmet ses
salutations révolutionnaires à toutes les organisations
et tous les camarades du Parti partout au Canada et à tous ceux
et celles qui sont engagés dans le travail crucial d'ouvrir la
voie au progrès de la société. Partout au pays les
membres et activistes du Parti se préparent pour les batailles
à venir,
confiants dans la voie du Parti. Jamais leur contribution à
l'effort pour faire de nouvelles percées ne sera aussi
importante. Jamais ont-ils été mieux servis par le
modèle établi par le PCC(M-L) et son dirigeant Hardial
Bains qui déclarait :
Nous sommes nos propres
modèles !
Montrons la couleur révolutionnaire du
Parti par nos actes !
 

Les accomplissements du Parti
- Hardial Bains -

Nous reproduisons un extrait du discours
« Cinq ans après Chertsey »
prononcé par Hardial Bains à la Seizième
Conférence consultative du PCC(M-L) tenue en août 1994.
* * *
Camarades et amis, les accomplissements du Parti
présentent d'une façon profonde son essence, ses traits
et ses principales caractéristiques.
À partir d'août 1989, dans des conditions
très très difficiles, le Parti s'est fixé un
programme d'action. Quand on fixe un programme, il y a plusieurs choses
à prendre en considération, dont le besoin de marcher au
rythme du mouvement ouvrier. Comment avoir un effet dans la classe est
le problème qui se pose à tout parti communiste.
Ils ne sont pas rares ceux qui choisissent de fonder
leur politique sur des conditions passantes. Notre Parti n'a jamais
oublié qu'il est un parti communiste et non pas une secte de
propagande ou un groupe d'agitation. Il n'a pas oublié non plus
qu'il est marxiste-léniniste et qu'il doit combattre le
révisionnisme et l'opportuniste dans toutes les
conditions.
Dans les conditions de 1989, le Parti s'est fixé
une voie à suivre. Quel était l'aspect
décisif ? Il fallait analyser la situation, non pas
à partir des conditions passées mais à partir de
ce qu'est le Parti aujourd'hui. A-t-il réalisé le plan
qu'il s'est fixé en 1989 ? Cela se manifeste-t-il de
façon concrète dans le monde réel ? Cela se
voit-il dans les conditions actuelles ?
Il est très facile pour un parti communiste de
faire la critique de la bourgeoisie. Il est facile aussi de critiquer
les collaborateurs de la bourgeoisie. Pourquoi ? Parce que leurs
agissements les exposent déjà à la critique de la
classe ouvrière. Il n'est pas très difficile d'aller dire
aux travailleurs que tel ou tel parti bourgeois est pourri à la
moelle. Les travailleurs savent de leur expérience directe qui
sont leurs amis et qui sont leurs ennemis. Ainsi, réduire le
communisme à de quelconques déclarations à propos
des crimes de la bourgeoisie, c'est abandonner le communisme.
Aujourd'hui le Parti
communiste du Canada
(marxiste-léniniste) a entrepris de réaliser un plan
grandiose, celui de faire en sorte que les communistes soient
responsables envers leurs pairs et le Parti communiste responsable
envers sa classe. C'est au mérite du Parti si aujourd'hui en
plus de fixer un programme et des tâches pour les
communistes, il établit un critère pour déterminer
qui est un communiste et qui ne l'est pas.
Le Parti communiste est aux premières lignes du
mouvement démocratique du peuple. Sur ce front, ils sont quand
même rares ceux qui savent s'orienter à mesure que les
problèmes se posent. Beaucoup se laissent au contraire mener par
le bout du nez par les événements, mais lorsque le Parti
communiste du Canada (marxiste-léniniste) parle de
son programme pour le renouveau démocratique, il ne fait pas que
répondre aux événements. Le Parti ne lance pas ce
programme dans le but de se dénicher une position pour
lui-même. Le travail de la révolution, le travail de
bâtir le socialisme, appartient à la classe
ouvrière, pas seulement au Parti.
Comment amener la classe ouvrière à agir,
comment amener la classe ouvrière à se rendre compte que
dans son propre mouvement il y a des obstacles et reconnaître ce
qu'ils sont et comment les surmonter. Voilà la tâche du
Parti. Le Parti a établi que la tâche n'est pas d'analyser
les attitudes ou les activités de tel ou tel bureaucrate, tel ou
tel
aristocrate syndical ou mauvais politicien, mais de mettre au point les
formes d'organisation qui peuvent devenir des instruments aux mains de
la classe ouvrière pour réaliser ses objectifs. Ce n'est
pas la tâche du PCC(M-L) de prêcher le catéchisme.
Le PCC(M-L) a un devoir envers sa classe. En tant qu'avant-garde de la
classe, il doit être la plus
haute expression des intérêts de la classe dans les
domaines de l'organisation, de l'action politique, de la théorie
et de l'idéologie.
Beaucoup de groupes ou de personnes croient que le but
de la lutte idéologique est de prouver que l'adversaire est dans
l'erreur. Pour la classe ouvrière le but de la lutte
idéologique est de s'armer des idées et des formes de
conscience qui l'aideront à bâtir un système par la
révolution, qui l'aideront à protéger ce
système dans toutes les
conditions et en toute circonstance. Et ces idées ne peuvent
provenir que de la classe elle-même. Elles ne peuvent provenir
que de l'action des larges masses de la classe ouvrière. Elles
ne sont pas l'apanage de l'avant-garde, elles ne sont pas des
idées conçues dans un bureau en quelque part,
détaché de la classe.
La masse de la classe ouvrière est très
négligée. Elle est négligée à cause
surtout d'une conception erronée de ce qu'est l'avant-garde, de
l'idée que tant qu'il y aura des fins parleurs qui peuvent faire
des discours sur les objectifs ultimes de la classe ouvrière ou
de la théorie, alors tout est bien. Ce n'est pas ainsi que
ça fonctionne, parce
qu'aujourd'hui l'origine de ces idées qui peuvent être
utiles sur la grande voie de la civilisation, c'est la classe
ouvrière.
Comme je le disais, la bourgeoisie a abandonné le
domaine des sciences et au cours du dernier quart de siècle il
s'est produit sur ce front une régression formidable. Notre
Parti ne sous-estime pas le besoin de scientifiques professionnels,
mais ces scientifiques doivent se soumettre aux exigences de la classe
dans les conditions actuelles et dans
toutes les conditions. Aujourd'hui, la classe ouvrière est
accablée par toutes sortes de fausses théories, comme
celles voulant que le problème est que les gens ont une
« mauvaise attitude ». C'est la faute des
scientifiques professionnels qui restent silencieux devant ce genre
d'inepties.
Ce qui se passe dans le domaine de l'éducation et
de la santé, dans le domaine de la culture et ainsi de suite,
tout cela intéresse la classe ouvrière. Déclarer
simplement : « Je suis en faveur de telle ou telle
idée » qui à un moment donné est
progressiste ne rend pas l'intelligentsia révolutionnaire ou
progressiste. Dans les
conditions de son époque, Karl Marx ne cherchait pas à
démontrer qu'il était le meilleur ou combien il
était progressiste. Il s'est attaqué à l'un des
problèmes les plus importants de son époque, le
problème de la conception du monde, et à partir de ses
découvertes il a donné naissance à la conception
du monde nécessaire. Pour certains, la chose
s'arrête-là. Or, simplement répéter que
cette conception découverte par Marx existe n'est pas
progressiste ; c'est au contraire réactionnaire et
contre-révolutionnaire. Il existe de nombreuses écoles
intégristes qui se combattent les unes les autres, cherchant
à se convaincre qu'elles sont plus intégristes que les
autres. En pratique, toutes
constituent une réserve sociale de la bourgeoisie agonisante, du
système capitaliste.
Aujourd'hui, quels sont les besoins de la classe
ouvrière ? La classe ouvrière veut être
politique, la section large exige que son avant-garde lui fournisse les
instruments qui lui permettront de s'organiser elle-même. Notre
Parti, ne reculant devant aucune difficulté, s'est fixé
la tâche de lui fournir ces outils. C'est tout à l'honneur
du
PCC(M-L) si aujourd'hui notre Parti a sa presse de parti, une presse
distincte qui s'adresse à ceux qui veulent devenir communistes,
et une presse sans parti qui s'adresse à ceux qui veulent ouvrir
la voie au progrès de la société. Ce sont des
instruments importants et indispensables aux mains de la section large
de la classe ouvrière.
Le progrès du travail des groupes de
rédacteurs et de diffuseurs, la confiance grandissante des
travailleurs dans leur capacité de se tenir debout, et que, dans
les conditions actuelles, ils n'ont pas besoin que l'intelligentsia
vienne à leur secours, achèveront le travail du Parti
pour la classe ouvrière. Une intelligentsia de type nouveau
naîtra, une
intelligentsia qui prendra comme responsabilité et comme devoir
d'éclairer les larges masses, de les armer des positions de
l'avant-garde, permettant à la classe ouvrière d'avancer.
Camarades et amis, le PCC(M-L) n'est pas le seul
à prétendre inventer des nouveaux mots. En fait, sur ce
plan, le PCC(M-L) est très conservateur. Si vous regardez le
vocabulaire qu'utilisent le Parti libéral et le Parti
réformiste, ils parlent de consultations, de l'apport des
Canadiens et des Canadiennes, de s'occuper des problèmes du
peuple,
etc. Mais que disent-ils ? Ils disent : « Acceptez
les conditions actuelles, et plus tard, la situation
changera. »
Si une avant-garde déclare aux masses qu'elle est
actuellement occupée à mener des batailles sectaires,
à régler des comptes, mais que bientôt elle sera
libérée de cette tâche, alors cette avant-garde est
passée dans le camp des libéraux, dans le camp du Parti
réformiste. Comme vous le savez, c'est cette ligne que suit le
Nouveau Parti
démocratique. Cette position - « attendez, nous nous
occuperons de vos problèmes plus tard » - est une
position réactionnaire que le PCC(M-L) n'a jamais
acceptée.
Notre Parti, dans les conditions actuelles, fait face
aux pires attaques, au point que certains nous menacent de nous
traîner devant les tribunaux. Pourquoi ? Parce que nous
persistons à suivre le plan établi par le Parti. Que
quelqu'un décide, à l'écart du mouvement, de se
traîner dans la boue ne nous dérange pas. C'est lui qui se
salit. Ce
sont des conciliateurs qui veulent nous entraîner dans la
conciliation. Mais le Parti ne s'engagera pas sur cette voie. Le Parti
se consacre entièrement à son plan, à
élaborer ses tactiques et ce genre de chose ne le fera pas
dévier.
La situation était-elle la même en
1989 ? Oui. La situation exigeait du Parti qu'il reste ferme et,
aujourd'hui, elle exige qu'il soit encore plus inébranlable, car
les dangers qui menacent le Parti, que certains veulent provoquer
contre le Parti, sont encore plus grands. Ce sont les conquêtes
de la classe ouvrière qu'ils attaquent.
Historique rencontre de
Chertsey,Québec, le 19 août 1989
Le 19 août 1989, je déclarais au nom
du PCC(M-L) que des femmes et des hommes nouveaux avaient vu le jour au
Canada. Qui sont ces être nouveaux ? Ceux qui ont des
idéaux élevés, sont honnêtes et
sincères, ont la conscience tranquille, et qui ont tout
sacrifié, qui ont inauguré une nouvelle façon de
vivre dans les conditions
du capitalisme décadent. Ces conquêtes sont maintenant
sous le tir croisé de ceux qui veulent une vie
révolutionnaire à temps partiel. Ils nous disent que
c'est de l'extrémisme que d'exiger que l'on soit responsable de
ses paroles et de ses actes, que le PCC(M-L) refuse toute conciliation
que ce soit avec la puanteur et la putréfaction. Ils tentent de
proposer que les communistes aient dans la vie deux attitudes
différentes, qu'ils agissent d'une manière lorsqu'ils
font de la politique et d'une autre le reste du temps. Si nous
dégénérons au niveau de ce type de
« communistes », nous deviendrons des hypocrites,
une force décadente bourgeoise incapable de réaliser quoi
que ce soit,
quelles que soient les circonstances. Nous ne sommes pas une force de
ce genre et nous ne le deviendrons pas. Nous n'avons jamais admis
l'imbécillité ou l'impuissance, en termes de notre
travail général, et nous n'acceptons pas l'impuissance
face à la situation actuelle.
Au cours de cette période, le PCC(M-L) s'est
consolidé. Il sait reconnaître les visages souriants qui
de temps à autre se présentent à lui et
disparaissent dès que surgissent les difficultés. Le
PCC(M-L) sait également reconnaître ceux qui, lorsqu'ils
voient que le Parti rencontre des difficultés, décident
de l'attaquer. [...]
Il est ridicule que dans notre Parti il y a des gens qui
se disent de « vétérans »
communistes et qui ne font rien. Ils disent qu'ils sont actifs depuis
25 ans, mais on ne les voit nulle part. Ils ont des amis qui nous
disent des sottises comme « l'appartenance ethnique est la
chose la plus importante ».
Notre Parti s'est aguerri face à ceux qui dans
nos congrès font de beaux discours et promettent des
résultats alors qu'ils ont tout fait pour le miner, même
au niveau de sa pensée et de sa ligne. Nous avons
démontré, et nous continuerons de le faire, que nous
suivons le mot d'ordre de Lénine : « Mieux vaut
moins mais
mieux. » Donnez-moi un seul exemple où notre Parti a
courbé l'échine, s'est agenouillé devant les
conciliateurs, devant ceux qui veulent que nous abandonnions nos
principes à cause des difficultés. Sous tous les aspects,
notre Parti s'est renforcé.

Hardial Bains s'adresse aux jeunes
en décembre 1996.
|
Je vous parle au lendemain des grands exploits de nos
jeunes et de nos enfants qui se sont rassemblés la semaine
dernière et pendant toutes ces journées ont établi
leur programme. Nous venons ici avec les jeunes après avoir
combattu ceux qui disaient vouloir les organiser et avaient
répandu la rumeur que nos jeunes sont
désorganisés. Oui,
c'est ce que sont les jeunes et les enfants, ils sont
désorganisés. C'est de leurs rangs, à partir de
leur propre expérience que sont nées les idées sur
comment ils devaient s'organiser. C'est tout à leur honneur que
ces jeunes, dont aucun n'est un « ancien »,
aient, dans les circonstances actuelles, créé un
bulletin, un organe : Jeunesse d'aujourd'hui. C'est une
grande
réalisation.
Camarades et amis, notre Parti s'exprime avec grandes
convictions sur tous les fronts. Aucun océan n'est plus profond
que ses convictions. Ses idéaux sont plus élevés
que les plus hauts sommets de l'Himalaya et sa détermination est
telle que nul ne peut encore la mesurer. Vous ne trouverez pas au cours
des 31 dernières années un seul
exemple où nous avons baissé la tête. Nous
avançons la tête haute, comme exemple pour la classe et
pour le monde entier. Bien sûr, comme nous vivons dans les
conditions du capitalisme, ce n'est pas sans raison qu'à chaque
tournant des intrigants nous disent : « Oui, bien
sûr, nous sommes d'accord pour garder la tête haute, mais
pourquoi pas la tourner ailleurs, ce serait mieux. »
Certains nous disent que la grande tâche politique
de préparer les conditions subjectives de la révolution
pourrait avancer un peu plus si nous orientions le Parti vers la
politique municipale ; nous deviendrions ainsi populaires et
ainsi, discrètement, des gens deviendraient des communistes.
À mon avis, c'est une opinion honteuse. Pourquoi
ferions-nous cela ? Personnellement, je n'ai jamais
été impopulaire dans ce pays. De populaire, je serais
devenu impopulaire et ils veulent que je redevienne populaire.
Qu'est-ce que je ferais si j'étais
« populaire » comme ils l'entendent ?
Camarades et amis, dans la situation présente, la
classe ouvrière et les larges masses veulent des politiciens au
sujet desquels elles pourront dire à leurs petits-enfants :
« Oui, nous les avons appuyés à
l'époque et on peut toujours leur faire confiance. »
Qu'adviendra-t-il de ma crédibilité, de votre
crédibilité, si nous devenions
des politiciens de la politique civile ?
L'oisiveté est
mère de tous les vices, et
ce sont ces personnes passives qui tentent de renverser le Parti. Ils
ne savent même pas ce qu'est le Parti. Vingt-quatre heures par
jour, notre Parti affronte avec héroïsme les
problèmes du monde et trouve des solutions à
différents problèmes. C'est ainsi qu'il continue
d'avancer. Vous étiez présents en
août 1989, et plusieurs d'entre vous demandez à ce qu'on
vous informe de comment vont les choses depuis. Laissez-moi vous posez
la question : la voix du Parti est-elle plus faible qu'en
1989 ? La résolution du Parti est-elle moins grande ?
Le Parti a-t-il été ébranlé par les
événements depuis 1989 ? Ce sont des questions
importantes. Quand vous allez parmi les travailleurs, au sein de la
classe, parmi les masses populaires, soulevez ces questions, regardez
les gens, leur personnalité, leurs besoins et ce qu'il faut
développer parmi eux. Ne vous tournez pas vers des idées
qui ont fait leur temps. Comme je le soulignais au début,
camarades et amis, ce sont les
accomplissements du Parti qui parlent pour lui et c'est avec beaucoup
de fierté que je vous en parle. [Applaudissements]
Camarades et amis, dans la politique canadienne, la plus
grande menace qui pèse actuellement sur le mouvement ouvrier et
les masses populaires se présente sous forme d'une illusion, une
illusion entretenue délibérément par
différentes forces selon laquelle la situation peut s'arranger
dans les conditions actuelles. Lorsque nous parlons de la
situation, nous ne parlons pas de questions à long terme, de
problèmes à long terme qui ne peuvent être
résolus. Nous parlons des questions immédiates. Par
exemple, la question très importante de la constitution
canadienne, on ne peut pas la considérer comme une question
à long terme, car, comme vous le savez, il existe des partis
politiques,
particulièrement au Québec, qui prône ce qu'ils
appellent le « séparatisme ». Cela exerce
une grande pression sur les conditions dans tout le pays. Soit cette
pression est renversée avec une constitution moderne, soit elle
risque de mener à une guerre civile.
Que dit la bourgeoisie dans les circonstances
actuelles ? Elle déclare que l'on ne devrait pas s'occuper
de la question constitutionnelle. Dire que la situation peut être
sauvée avec de la bonne volonté et que tout le monde
devrait comprendre que l'unité du pays est bien meilleure que le
« séparatisme » est une illusion
propagée
par la bourgeoisie. Celle-ci cherche à gagner du temps afin de
pouvoir se préparer à déclencher, lorsque la
situation sera favorable, une guerre civile contre le peuple. Bien
entendu, une guerre civile bloquerait la voie au progrès de la
société.
En même temps, la bourgeoisie parle de valeurs
canadiennes, maintenant que tout le monde en a assez d'entendre parler
des valeurs américaines [rires], des valeurs qui
étaient déjà inutiles au XVIIIe
siècle ! La raison en est que plus de 200 ans de
révolution démocratique ont démontré que le
peuple doit mettre au premier
plan ses propres valeurs dans ses propres conditions. Cet aspect est
très important. De la même façon que l'on ne peut
exporter la révolution, on ne peut pas exporter les valeurs.
Ceux qui pensent que leurs valeurs sont meilleures que celles des
autres sont en général ceux qui ambitionnent de dominer
les peuples des autres pays.
Les valeurs cruciales et importantes pour les peuples
sont celles qui permettent d'ouvrir la voie au progrès d'une
manière pacifique et sans conflit. Peut-on dire que les valeurs
canadiennes ouvrent la voie au progrès ? Non. Même du
point de vue de leur valeur littéraire, les valeurs canadiennes
sont très rudimentaires. Il ne suffit pas de
répéter que « le Canada est le meilleur pays
au monde » et que « ce sont les Nations unies qui
le disent ». De plus, les critères des Nations unies
en ce qui concerne qui est le meilleur sont totalement
discrédités. Étant donné son propre
comportement dans le monde, on ne saurait dire de l'ONU qu'elle est un
organisme qui
peut se permettre de décréter des valeurs. Les Nations
unies sont supposées être un instrument de paix mais elles
sanctionnent la guerre. Les critères qu'elles établissent
n'émergent pas de sociétés où
l'exploitation n'existe pas. [...]
Faire la promotion des valeurs canadiennes et les
substituer à une constitution moderne est une autre combine de
la bourgeoisie. Elle propose que tous les citoyens jurent
allégeance au Canada le 1er juillet, jurent allégeance
aux « valeurs canadiennes ». Pourquoi un citoyen
jurerait-il allégeance aux valeurs canadiennes quand il
s'agit clairement des valeurs du Parti libéral ou du Parti
progressiste conservateur ? On ne peut pas dire que ces valeurs
ont tout à coup une signification nouvelle.
Par exemple, la primauté du droit est
présentée comme l'une de ces valeurs. La primauté
du droit ne saurait être une condition objective à
laquelle tout le monde doit se plier. En en faisant une de ces valeurs,
cela leur permet de définir la primauté du droit à
leur façon. Par exemple, cette primauté du droit est
présentée ainsi : un citoyen
canadien peut devenir communiste mais un immigrant ne peut pas devenir
citoyen s'il est communiste. Peut-on alors dire qu'il y a
primauté du droit ? Un bourgeois peut faire sienne
n'importe quelle conviction politique, mais être communiste est
inacceptable.
Ainsi, il y a toute sorte de formulations qui
contredisent une interprétation moderne de la primauté de
droit. Une interprétation moderne de la primauté du droit
signifie qu'un pays qui proclame se plier à la primauté
du droit doit en premier lieu donner à ses citoyens, sans
distinction d'aucune sorte et de façon directe, les moyens de
décider de
la loi fondamentale du pays. Les pays dans lesquels les citoyens ne
l'ont pas fait sont en contradiction avec la primauté du droit.
L'Acte d'Amérique du Nord britannique (AANB)
n'est
pas une loi fondamentale ratifiée par le peuple du Canada.
Il n'a même pas été approuvé au cours
d'élections bourgeoises.
De plus, aux termes de la primauté du droit,
l'État doit être bâti et le gouvernement élu
conformément à cette loi fondamentale. Il ne peut exister
d'autre structure étatique ou d'autre forme de gouvernement. La
seule responsabilité de l'assemblée législative
est de promulguer des lois habilitantes de façon à mettre
en vigueur les principes
fondamentaux de la loi fondamentale. Selon cette définition
moderne de la primauté du droit, le Canada n'est pas un pays qui
respecte la primauté du droit.
Ils parlent également de plusieurs autres choses,
comme par exemple comment au Canada les différents
problèmes sont résolus dans la paix et l'harmonie,
à la « manière canadienne ». Mais
sur toutes les questions, le peuple voit ce que signifient cette paix
et cette harmonie. Lorsqu'une grève éclate, comment cette
paix et cette
harmonie sont-elles établies ? Un assisté social qui
attire l'attention des enquêteurs de l'assistance sociale, qui
ont derrière eux tout le poids de l'État, sait ce que
signifie cette harmonie. C'est ce qu'ils entendent par résoudre
les problèmes dans la paix et l'harmonie ! Et c'est sans
parler des gens tués par la police sous divers prétexte,
du recours à l'armée au Québec en 1970, ou encore
de l'expérience des peuples autochtones et des Métis, etc.
Est-ce cela résoudre les problèmes de
façon pacifique ? Non seulement les peuples autochtones et
les Métis ont-ils été soumis par la force, mais
ils ont été réduits à l'esclavage et mis
sous la tutelle de l'État. Le peuple du Québec a
été gardé dans l'État par la force des
armes. Comment peut-on dire que résoudre les problèmes
dans la paix
et l'harmonie est une « valeur canadienne » ?
Au niveau international, le Canada n'est pas non plus un
modèle. Le Canada est un partisan d'alliances militaires
agressives comme l'OTAN. L'OTAN est une alliance militaire agressive
qui a pour tâche d'empêcher les peuples de se rallier au
socialisme et au communisme, que ce soit en Europe ou ailleurs dans le
monde, d'empêcher les
peuples d'oeuvrer pour le progrès de la société.
Le Canada est également membre de l'Accord de défense
aérienne de l'Amérique du Nord (NORAD). Ce ne sont pas
là des exemples d'intentions pacifiques. Partout où il y
a des troupes américaines, en général on retrouve
des troupes canadiennes, que se soit dans des missions de maintien de
la paix
ou pour d'autres raisons.
Ces valeurs ont également un caractère
raciste. L'une d'elles est l'adhésion à la dualité
canadienne, qui signifie que nous parlons deux langues et que nous
reconnaissons l'existence de deux nations fondatrices. Comment peut-on
parler de la dualité canadienne alors qu'un grand nombre de gens
qui n'ont pas la même origine forme un corps
politique et que nous sommes dans une situation politique où
l'ethnie d'une personne, son origine nationale n'est pas la question.
Cette valeur qui est strictement raciste est inacceptable.
Sur cette question des valeurs canadiennes, le PCC(M-L)
est celui qui prend les positions les plus éclairées.
C'est le PCC(M-L) qui appelle le peuple à s'unir pour
créer une situation nouvelle. Le PCC(M-L) veut créer un
État nouveau, dont la loi fondamentale sera approuvée par
le peuple et dont le gouvernement adoptera des lois qui créeront
la primauté du droit.
Dans le renouveau démocratique du pays, un des
plus grands dangers qu'affronte le peuple est le discrédit des
politiciens et du processus politique. Dans tout le pays, les gens
disent qu'ils ne font pas confiance aux politiciens, qu'ils ne font pas
confiance au processus politique, à la Chambre des communes,
etc. Cette situation ne peut que
favoriser la réaction de droite, le fascisme. Croire qu'une
telle situation est une situation positive est de la sottise.
En même temps, il y a une réaction
négative aux accommodements interélitistes, aux lois sur
la discrimination positive et tout ce type de choses qui, dit-on,
visent à aider les pauvres, les démunis, ceux qui sont
dans le besoin.
Tout cela contribuera à aider la droite, le
mouvement fasciste, si le PCC(M-L) ne propose pas un programme profond
de renouveau démocratique. La question d'une constitution
moderne n'est qu'un aspect. En plus de poursuivre son propre travail,
le PCC(M-L) est responsable devant ses pairs, il doit bâtir ses
institutions, en particulier ses
organisations de base dans la classe ouvrière. Le PCC(M-L) doit
participer à cette bataille politique. Ce sera le facteur
déterminant qui décidera à qui ce rejet profitera.
Jusqu'à présent, comme vous le savez, c'est la
bourgeoisie qui en profite. Elle a donné naissance au Parti
réformiste et lui a donné une forte représentation
au parlement. Le Bloc
québécois y est également fortement
représenté. Elle cherche à créer une
situation qui permettra d'utiliser le mécontentement populaire
pour empêcher le peuple d'entreprendre la réorganisation
du pays sur la base d'une constitution nouvelle et de bâtir un
corps politique dans lequel tous les citoyens auront les mêmes
droits et devoirs.
Ce travail du Parti exige la participation des masses
populaires contre la bourgeoisie qui utilise des organisations de
l'État, créées avec notre argent. Par exemple, il
y a les ONG, les organisations non gouvernementales. Comment peut-on
appeler certaines de ces agences ONG alors qu'elles sont
financées par l'État ? Chaque fois qu'elles
prennent une position qui mécontente la bourgeoisie, soit
celle-ci ne les reconnaît plus, soit leur financement est
coupé. Les ONG au Canada ont été
créées au cours des dix dernières années
pour empêcher le peuple de faire entendre sa voix. Toutes sortes
de diversions sont utilisées, comme les audiences
parlementaires. Les médias sont aussi utilisés
pour donner l'impression aux gens qu'ils participent réellement
au gouvernement de la société, alors qu'en
réalité il n'en est rien.
Camarades et amis, le PCC(M-L) a, de ce point de vue,
une grande responsabilité. Nous avons déjà
établi le cadre général du travail du Parti, du
travail sur le plan théorique et également sur le plan
pratique en lançant d'importantes initiatives.
Il y en a qui prétendent qu'une organisation
communiste ne peut faire qu'une chose à la fois. On ne peut pas
dire cela d'un parti communiste ou d'un parti politique en
général. C'est dire que le Parti est si faible, si
incapable, qu'il ne peut faire qu'une chose à la fois. C'est
dire que le Parti était faible au départ ou qu'il s'est
affaibli. Ça ne rend
pas compte de la force du Parti. Un parti communiste mène son
programme d'ensemble et une gamme d'activités qui rassemblent la
classe ouvrière et les larges masses du peuple dans la
réalisation d'un seul but. Mais de dire que d'avoir un seul but
c'est de mener une seule activité à la fois, c'est
mêler les choses. Un parti communiste qui ne mène
pas une vaste activité sera éventuellement
désorienté.
Au cours des cinq dernières années, le
PCC(M-L) s'est illustré par son traitement de divers
problèmes et la vaste gamme d'activités qu'il a
menées, tout en gardant bien en vue l'objectif fixé.
Comme vous le savez, l'objectif d'ensemble est de créer les
conditions subjectives pour la révolution, de rendre les gens
conscients. Mais, outre la
consolidation du Parti, de ses organisations de masses, qui sont
à strictement parler des activités de parti, diverses
autres activités doivent être menées en vue de la
révolution. Par exemple il y a le renouveau démocratique,
une vigoureuse action sur le plan international, etc.
Toutes ces activités doivent être
dirigées vers un seul but. Et aujourd'hui, ce but est de gagner
le peuple aux définitions modernes. Si l'organisation du parti
est incapable d'analyser à quelle étape du
développement se trouve un mouvement, il lui sera impossible
d'avoir des définitions modernes. Ainsi, il est impossible
d'avoir un parti qui soit
le parti politique de la classe s'il ne sait pas où s'en va la
société.
Beaucoup de gens ont commencé à
croire que
la société est en train de passer du capitalisme à
une économie nouvelle. À strictement parler, le
capitalisme ne va nulle part. L'« économie
nouvelle » au Canada fait partie de la putréfaction
du capitalisme. Peut-on qualifier la putréfaction de
« mouvement » ? Dans
le passé au moins on parlait ouvertement de comment le Canada ne
devrait pas être qu'un peuple de porteurs d'eau et scieurs de
bois, que le Canada devrait être industrialisé, que son
économie devait se développer dans tous les secteurs.
Mais de nos jours, qu'entend-on par nouvelle économie ? Il
s'agit d'organiser l'économie canadienne
pour le bénéfice des monopoles qui opèrent
à l'échelle internationale, d'organiser l'économie
strictement pour répondre aux besoins de ces monopoles au Canada.
Il y a souvent de la confusion quand on dit que ce
slogan de servir les monopoles sert à rallier le peuple
derrière les monopoles canadiens opérant à
l'étranger. Ce n'est pas le cas. Ce slogan sert à rallier
le peuple derrière les monopoles opérant au Canada et
à leurs politiques ici au pays. C'est détourner
l'attention des problèmes économiques
ici.
Par exemple, à certains endroits une des couches
qui dégénèrent très rapidement aujourd'hui
cherche est en train de retourner au Moyen-Âge en s'adonner au
gambling comme passe-temps. Le gambling était pour ainsi dire
une caractéristique du Moyen-Âge. Aujourd'hui on nous le
présente comme une forme d'économie. [...]
Déjà on dit de la prostitution qu'elle est
« le plus vieux métier du monde ».
Certains prétendent qu'elle a toujours existé, mais la
prostitution n'appartient qu'à une époque où l'un
possède quelque chose avec lequel il peut attirer l'autre. La
prostitution est un trait des sociétés de classe, un
instrument de plaisir. Il s'agit de la manière
dont la classe dominante obtient les services que les gens lui
refuseraient autrement. Alors si on en parle comme du plus vieux
métier du monde, on pourrait tout aussi bien dire que mendier
est une profession. La profession de fraudeur et de manipulateurs de
gouvernements a déjà été
légalisée. On appelle cela agences de relations publiques
[rires] et elles ont pour fonction de tromper
l'opinion publique.
Le plus important dans toute cette propagande à
propos d'une nouvelle économie est qu'elle cherche à nous
faire oublier ce qui se passe sous nos yeux. Ils veulent une
économie pour servir entretenir une espèce bien
précise de gens, une classe du loisir, de gens
désoeuvrés, qui ne font rien. Leur profession, leur
position dans la vie est de ne pas
travailler, et pourtant tout le monde et toute l'économie
doivent leur être subordonnés.
Comme vous le savez, au Moyen-Âge la descendance
était la chose la plus importante. Encore de nos jours vous avez
l'exemple de l'aristocratie française qui a peut-être
perdu ses terres et ses titres mais qui insiste quand même sur sa
descendance familiale. On trouve la même chose chez les maisons
royales russes et les familles royales
d'Europe. Aujourd'hui beaucoup insistent encore sur la descendance
familiale alors que la famille a perdu son importance d'antan. On ne
peut résoudre aucun des problèmes d'aujourd'hui sur la
base de la famille. On raconte qu'il ne faut faire des choses que pour
sa famille et pour personne d'autre. Nous avons même entendu des
communistes
répéter de telles idioties à une époque
où tout est social.
J'ai grandi dans une société au Pendjab
où jusqu'à trois ou quatre générations
d'une même famille vivaient sur une même terre, et personne
n'avait à chercher du travail ailleurs. Là au moins on
pouvait dire : voilà une famille sur laquelle je peux
compter. Mais dans un pays où il faut mettre vos enfants dehors
à 10 ou 11 ans pour
qu'ils aillent occuper de petits emplois comme livreurs de journaux
afin d'avoir un peu d'argent de poche, et quand on sait que le travail
des enfants est un phénomène mondial, comment peut-on
croire que la famille médiévale existe encore ?
La famille existe-t-elle aujourd'hui ? Elle existe,
mais elle est définie comme quelque chose qui sert au plaisir et
pour s'épauler mutuellement. Ce ne sont pas des idées
modernes. La famille moderne est celle qui au premier chef est
fondée sur le besoin de créer et d'élever une
nouvelle génération moderne. Si on ne répond pas
à ce
besoin, les familles seront bâties en fonction des exigences des
vieilles familles capitalistes. Pas étonnant que ces familles
s'écroulent, que le taux de divorce soit à plus de
50 %, que plus de 20 % des gens deviennent fous, que la
violence dans les familles augmente, etc.
Toute force sociale qui refuse de rompre avec ses
propres préjugés, qui ne veut pas régler les
comptes avec sa vieille conscience, peut méditer sur ses
idéaux, végéter sur place et rêver de
créer un nouveau système, mais elle n'avancera pas d'un
millimètre. Et c'est ce que veut la bourgeoisie. Elle ne veut
pas d'une situation où tous réclament
leur dû à la société, à savoir que
j'ai une famille, et que pour assurer l'avenir de ma famille, la
société doit faire telle et telle choses. Si cette
réclamation n'est pas faite, il est impossible de voir comment
on va créer un avenir.
On voit de telles stupidités dans les familles de
gens qui se disent instruits. J'ai vu des gens ici au Canada qui
insistaient pour apprendre Shakespeare à leurs enfants en 1994.
Shakespeare était un produit de la transition du
féodalisme au capitalisme. Et pourquoi veulent-ils lire
Shakespeare ? Parce qu'il ne veulent pas s'occuper du
présent.
Ils ne veulent pas créer une littérature qui traite des
conditions actuelles, une littérature de la transition du
capitalisme au socialisme, afin que les enfants puissent voir comment
se produit cette transition, comment les luttes héroïques
des travailleurs ont progressé partant du temps de Marx et
Engels, du temps de la Commune de Paris au temps
présent.
C'est absurde d'enseigner aux gens les classiques de la
révolution démocratique bourgeoise alors que cette
dernière est devenue un cadavre en putréfaction. Comment
serait-il possible qu'un jeune qui lit Shakespeare puisse y trouver un
enseignement au sujet de ce qui se passe dans la société
contemporaine ? De la même manière, on
enseigne aux jeunes des auteurs classiques français ou
américains dont les oeuvres regorgent de choses pourries du
passé. Il est impossible d'avoir une force sociale qui puisse
affronter le monde les yeux ouverts si elle reste toujours
tournée vers le passé.
Le CPC(M-L) est extrêmement actif à assurer
un développement sur tous les fronts. L'autre jour, alors que
travaillant sur le programme culturel, quelqu'un a dit que les
poèmes et la musique devaient avoir été
écrits par des gens très accomplis. Or, les hommes et les
femmes accomplis d'aujourd'hui sont occupés à autre
chose. Ils ne créent rien
qui soit utile. Ils fuient ce travail. Pour eux, les politiques
indentitaristes sont le plus grand sujet de notre ère. Ils
sèment la confusion sur la lutte contre le fascisme et ce qu'a
été la lutte contre le nazisme. Ils sont davantage
intéressés par la recherche du confort que la tâche
d'ouvrir la porte du progrès de la société.
C'est ce même CPC(M-L) et sa direction qui sont le
fer de lance du travail sur le front culturel. Bien sûr, les
petits esprits ne peuvent pas comprendre que c'est ce même
CPC(M-L) et sa direction qui, en avant-garde, vont ouvrir la voie dans
toutes les directions. Nous avons commencé également
à régler des comptes dans le domaine des
sciences naturelles. Ces personnes accomplies se sont accomplies en
accomplissant ce que veut la bourgeoisie. Oublions la comparaison entre
ceux qui font preuve de professionnalisme avec ceux qui sont
accomplies. Bien sûr, nous ne sommes pas ceux qui, en
dernière analyse, vont créer les oeuvres d'art et la
musique, parce que nous sommes trop
occupés par d'autres tâches, mais nous allons rallier et
engager ces personnes dans ce défi, comme nous le faisons
déjà. [...]
Permettez-moi d'insister. Dans ce monde, il n'est pas
difficile de prendre quelque chose du passé et de devenir un
grande universitaire. Mais c'est autre chose que de créer
quelque chose à partir du présent, analyser le
présent, comment les choses se passent dans tous les domaines,
en particulier le domaine politique, notamment dans le domaine
du mouvement de la classe ouvrière, en particulier dans le
domaine de l'élaboration des tactiques, de la construction des
instruments qui donneront toute son efficacité à la ligne
du Parti. Ce sont des tâches difficiles mais
nécessaires.[...] Qu'est-ce que Lénine va vous dire au
sujet de ces choses là ? Lénine est mort il y a
longtemps. Son
oeuvre portait sur une situation complètement différente.
Cette situation a changé. Les problèmes auxquels nous
avons affaire aujourd'hui ne sont pas ceux auxquels Lénine a eu
affaire son temps. Bien sûr la théorie peut servir de
guide, mais elle ne peut être utile au-delà de ce
rôle. Le vieil adage tient toujours : On apprend la guerre
en
faisant la guerre. [... ]
En conclusion, camarades, pour célébrer
Chertsey je me présente devant vous comme un combattant du
Parti. Je me sens plus jeune que je ne l'étais en 1989 !
Tout cela à cause des profondes convictions du Parti auquel nous
sommes loyaux et avec lequel nous avons fermement maintenu que nous
pouvons accomplir ce que nous nous
sommes fixé d'accomplir. Aujourd'hui on peut dire que la
littérature du Parti, les tâches spécifiques du
Parti ont été établies à Chertsey. [... ]
L'autre jour, une personne très très
bourgeoise m'a demandé si cela prenait beaucoup de force morale
pour être un communiste aujourd'hui. J'allais lui répondre
que ça doit être très difficile d'être un
capitaliste ! [rires] Montrez-moi quelque chose qui
fonctionne pour les capitalistes. Pour ma part, je ne suis pas d'accord
avec
cette propagande qui raconte que le communisme a échoué
et que les capitalistes vont bien. La situation, bien entendu, est
différente. Une nouvelle force est née, même si
elle restera longtemps petite. Mais tant qu'elle est nouvelle et que
c'est une force, il y a de l'avenir. Camarades et amis, nous tenons les
décisions de Chertsey comme
extrêmement importantes. À cet égard, elles le sont
pour tous les camarades, tous les communistes, tous ceux qui se sont
unis autour du Parti et ont joué en cela un rôle
méritoire.
Récemment, j'ai rencontré une personne qui
était avec nous il y a longtemps. Elle m'a demandé si
telle et telle personne était encoure autour. Je lui ai
répondu qu'elles l'étaient toutes. Mais je n'ai pas dit
ce qu'elles faisaient autour ! [rires] Et elle ne me l'a
pas demandé. Elle voulait seulement prouver que tout comme elle
s'était enfuie, les autres avaient dû s'enfuir aussi. Je
voulais simplement infirmer sa thèse ! Que je sois autour,
que vous le soyez, que quiconque le soit ou non, là n'est pas la
question. La classe restera. Notre Parti restera. Dans cet esprit,
scandons tous ensemble :
Vive le Parti communiste du Canada
(marxiste-léniniste) !
Gloire au
marxisme-léninisme !

La tactique du PCC(M-L) dans
la période de recul
de la révolution
Ces notes sont tirées d'une sélection
d'articles et de discours rassemblés sous le titre
« Transformer les passifs en actifs ». La plupart
ont été publiés dans LML de
1992 à 1997. En lisant ces articles, on voit comment le
Parti communiste du Canada (marxiste-léniniste) a
développé sa tactique pour la période de
recul de la révolution, la tactique qu'il appelle transformer
les passifs en actifs. Cette période de recul de la
révolution, qui s'est ouverte avec la fin de la division
bipolaire du monde et l'effondrement de l'Union soviétique dans
la période 1989-90, se caractérise par une offensive sans
précédent non seulement contre le communisme, mais
également
contre toutes les réalisations progressistes du XXe
siècle et le mouvement pour les idées
éclairées.
En 1984-1985, le PCC(M-L) a déterminé que
cette période marque un tournant majeur dans l'histoire du
monde, et qu'aucune force ne peut désormais agir comme avant.
L'importance de cette affirmation pour l'avenir de l'humanité
peut être vue dans l'offensive actuelle de l'impérialisme
anglo-américain qui, sous la bannière
médiévale de
« la force fait droit », cherche à imposer
son diktat au monde entier. La guerre est son instrument principal, il
rejette le droit international, attaque avec violence ceux qui se
dressent sur son chemin et attaque les droits et les
intérêts de ses propres citoyens. Une question
préoccupe les gens pensants : comment éviter les
catastrophes qui menacent, comment résoudre les choses dans
l'intérêt de l'humanité et ouvrir la voie au
progrès ?
Ce matériau de référence fournit un
cadre pour étudier l'analyse générale que fait le
PCC(M-L) de la période actuelle et ce qui doit être fait.
Il montre comment peuvent participer ceux qui veulent s'attaquer aux
problèmes de la société.
Le matériau des années 1992-1997 est
composé ou est basé principalement sur les écrits
et les discours d'Hardial Bains. Le camarade Bains a été
le fondateur et le dirigeant des Internationalistes depuis leur
fondation en 1963 et du PCC(M-L) de sa fondation en 1970
jusqu'à sa mort en 1997. Il révèle la
clarté et la profondeur de
l'analyse de la période actuelle faite par le camarade Bains et
le Parti et indique la marche à suivre. On y trouve un plan
concret et une vision pour créer une société
nouvelle.
Pas une seule personnalité politique canadienne,
que ce soit du mouvement communiste, du mouvement ouvrier ou un autre,
n'a produit une oeuvre aussi importante et cohérente que le
camarade Bains. Le matériau présenté ici souligne
l'importance d'étudier les oeuvres d'Hardial Bains pour tous
ceux qui souhaitent participer réellement à la
transformation de la société au Canada et dans le monde.
Réduire et se replier
Dans ces articles et discours, il est expliqué ce
que le PCC(M-L) entend par transformer les passifs en actifs, par
réduire et se replier pendant cette période de recul de
la révolution. Il est souligné qu'en cette période
de recul, dans laquelle la bourgeoisie tente d'imposer la
régression dans toutes les sphères de
la vie, il est nécessaire d'adopter des tactiques
différentes de celles de la période d'essor de la
révolution. L'essor de la révolution a connu la lutte
acharnée du socialisme contre le capitalisme, les victoires des
luttes de libération nationale et les contradictions intenses
entre les grandes puissances impérialistes. Alors que la plupart
de ces choses sont
à l'arrière-plan au cours de la période de recul
de la révolution, cela ne signifie pas qu'il ne faut pas faire
progresser le travail du Parti et les intérêts de la
classe ouvrière et ses alliés. Il faut les
défendre et les faire avancer pour préparer les
prochaines tempêtes révolutionnaires.
Dans un article du LML sur le rapport
présenté par le camarade Bains au Plenum élargi du
5e Comité central du PCC(M-L) le 26 décembre 1992,
il est expliqué ce qu'a souligné le camarade Bains :
« La ligne générale et le
programme politique que doit approuver le VIe Congrès doivent
viser à faire en sorte que la classe ouvrière progresse
en cette période de recul. La classe ouvrière ne doit pas
devenir victime de la régression et perdre sa lutte
indépendante pour le renouveau de la société.
« La régression et le renouveau sont
les deux possibilités en cette période, mais la classe
ouvrière n'a pas le choix. Elle doit poursuivre un vaste travail
pour le renouveau de la société et unir ses efforts dans
ce sens à ceux de l'ensemble de l'électorat. La
régression n'est pas une option. Il incombe à la classe
ouvrière non seulement de
préserver ses positions actuelles mais aussi d'en
conquérir de nouvelles. Dans ce sens, la demande de renouveau
est l'une des plus importante. » [« Une
évaluation précise de la situation actuelle est d'une
importance capitale pour formuler la thèse du VIe
Congrès », Le Marxiste-Léniniste quotidien,
volume
22,
numéros 78-81, 28-31 décembre 1992]
« Le Parti doit, comme point de
départ, formuler des tactiques, trouver les formes
d'organisation et de lutte pour la période actuelle. Il doit le
faire en gardant à l'esprit qu'il ne doit pas perdre sa place
dans la société en tant que parti de la classe
ouvrière, dont il est indissociable, et qu'il ne peut pas
laisser se rétrécir son champ de
manoeuvre. Les slogans tactiques et les formes d'organisation et de
lutte doivent garantir la réalisation du but d'ensemble pour la
période actuelle : le renouveau de la
société. Tous les slogans, toutes les formes et luttes
tactiques qui ne correspondent pas à la période actuelle
et ne répondent pas au besoin de renouveau de la
société doivent
être abandonnés. Ce n'est pas un choix mais une
nécessité imposée par les conditions, par le
caractère général de cette période.
« Le Parti doit faire un pas en
arrière sans permettre la régression. Loin de se retirer
des positions avancées, il doit les renforcer. En même
temps, il doit s'emparer de positions qu'il ne pouvait occuper
auparavant à cause du caractère de la période
précédente, lorsque le mouvement révolutionnaire
était en essor. Le Parti ne doit pas
permettre un instant le sentiment que tout ce qui est progressiste et
avancé est perdu et doit être abandonné. Au
contraire, ce sont les positions régressives qui sont de plus en
plus discréditées. On peut le constater dans des pays
comme la Pologne où la régression a entraîné
de graves tragédies pour le peuple et où les travailleurs
sont encore une fois
montés aux barricades de la lutte de classe. » [ibid.]
Le recul ne saurait être confondu avec la
régression. La régression est ce que la bourgeoisie veut
imposer dans son effort désespéré pour s'accrocher
au pouvoir. Comme le camarade Bains l'a expliqué dans la
discussion qui a suivi son rapport :
« Le repli et la régression ne sont
pas synonymes. Le repli est un processus objectif. La régression
dépend de la politique suivie, de la conscience de ce qu'il faut
faire dans les conditions données. La régression est ce
que réclament les sections les plus réactionnaires de la
bourgeoisie pour la société. »
[« Discussion sur
l'ordre du jour présenté dans le Rapport au plénum
élargi », LMLQ, Vol. 23, Numéro 1,
1er janvier 1993]
La revendication et les efforts de la classe
ouvrière et ses alliés doivent porter sur le renouveau de
tous les aspects de la vie, même dans cette période de
recul. Comment progresser est expliqué clairement dans ce
matériau, ainsi que comment on peut ouvrir un espace de
manoeuvre dans les conditions actuelles, et comment la position de la
classe ouvrière et ses alliés peut être
consolidée de manière à profiter de la situation
quand le recul se transformera en essor et qu'éclateront les
batailles décisives pour décider du sort de
l'humanité. La situation est comparable à celle de
l'escalade d'un sommet quand un changement de direction s'avère
nécessaire, ou qu'il faut se départir de ses
bagages, mais que l'objectif d'atteindre le sommet reste le même.
« Lorsque vous escaladez une montagne, vous
amenez vos bagages et tout l'équipement nécessaire, puis
à mi-chemin vous vous heurtez à une falaise trop à
pic, ou les conditions météorologiques changent, et vous
êtes forcés de trouver un refuge ou de changer votre
trajet. Vous êtes forcés de vous replier, mais cela ne
veut pas dire que
vous renoncer à votre but. Vous devez tout simplement vous y
prendre d'une autre façon. Si vous vous obstinez à vous
accrocher à vos bagages pour des raisons sentimentales, vous
risquez d'y perdre la vie. Alors il faut faire un choix. Il est donc
important de pouvoir déterminer ce qui est un actif et ce qui
est un passif. Si vous jeter vos actifs, si
vous prenez la voie de la régression au lieu de la voie du
progrès et du renouveau, alors vous êtes ou bien un
réactionnaire ou bien un idiot. Bref, le plan de
réduction des opérations pour être effectif est un
plan pour atteindre le même objectif par des moyens
différents.
« À l'heure actuelle la
régression est imposée à la société
et cela a pour conséquence de créer un climat de
désespoir.
« Le camarade Bains a poursuivi en parlant
des changements que le Parti doit effectuer à cette
étape-ci de son développement. Il a expliqué que
le Parti doit d'une part réduire ses opérations et faire
quelques pas en arrière et développer avec encore plus de
vigueur un travail nouveau. Réduire et se départir de
l'équipement non nécessaire
équivaut à la
« professionnalisation » du Parti, à le
rendre encore plus apte à non seulement soutenir son travail
comme il l'a si bien fait jusqu'à présent mais aussi
à prendre un rythme de progression. Il a poursuivi en
disant : « Bien sûr, cette avance ne peut
être faite que sur la base de la mobilisation complète de
tout le
Parti, en prenant comme fer de lance la cadence accrue de son travail
politique. La vigueur et l'audace qui caractérisent le Parti en
ce moment, la vitalité de ses convictions et sa
détermination à aller de l'avant sont montrées par
sa conception, ses propositions pratiques, son travail pour la
réalisation de ses tâches dans des domaines clefs comme la
régularisation de son organe Le Marxiste-Léniniste. « »
[« Une
évaluation précise de la situation
actuelle est d'une importance capitale pour formuler la thèse du
VIe Congrès », LMLQ, volume 22,
numéros 78-81, 28-31 décembre 1992]
« Compter sur ses propres forces dans tous
les domaines doit être la méthode principale de travail.
Le travail doit être établi, les tâches
fixées, en éliminant les obstacles qui se dressent sur
notre voie. Ce n'est pas la première fois que nous affrontons
une telle situation. Notre Parti est aux prises avec des
difficultés, mais il n'est pas en
crise. Notre Parti rencontre des problèmes définis pour
accomplir sa mission, mais il n'est pas à genoux. C'est pour
cela qu'il est inacceptable de permettre les conceptions qui entravent
la grande avance du Parti dans les circonstances actuelles. Si une
institution du Parti est incapable de se tenir debout tout seule, alors
il faut l'abandonner. Le Parti
n'a pas besoin d'une institution qui ne peut justifier son existence
politiquement, socialement, culturellement ou financièrement.
C'est cette attitude que le Parti adoptera désormais envers
toute chose. » [ibid.]
L'Initiative historique
En janvier 1995, le Parti a lancé son plan
d'action, l'Initiative historique, son projet d'édification
nationale. En formulant l'Initiative historique, le Parti part des
besoins de la société à l'heure actuelle et de la
nécessité pour le peuple canadien d'avoir un objectif qui
peut être facilement apprécié et compris de
tous. Le Parti a fixé comme but l'édification nationale -
que la classe ouvrière se constitue en la nation et investisse
le peuple du pouvoir souverain, et que la classe ouvrière et ses
alliés établissent le programme de l'édification
nationale. Les considérations pour ce projet
d'édification de la nation partent de la nécessité
pour la classe ouvrière
d'arrêter la bourgeoisie de gaspiller les ressources nationales,
de nuire à l'indépendance du pays et à son
bien-être. Dans son discours à l'occasion du lancement de
l'Initiative historique le 1er janvier 1995, le camarade Bains a
dit :
« La question centrale de l'Initiative
historique est : quel devrait-être le but ? Souvent
dans le passé, diverses forces ont fixé le but en partant
purement des prémisses théoriques et idéologiques
que nous sommes pour le socialisme. Peut-on dire que le peuple devrait
adopter le socialisme, que la classe ouvrière devrait adopter
le socialisme comme but et qu'elle devrait mettre toutes ses ressources
dans la construction du socialisme ? Bien sûr, nous pouvons
prendre une telle décision. Elle est conforme à notre
programme stratégique, mais elle n'arrêtera pas la
bourgeoisie d'avancer ses objectifs. Nos considérations qui
président au lancement de l'Initiative historique
ne sont pas strictement théoriques et idéologiques. Elles
ont surtout trait à comment la classe ouvrière doit
arrêter la bourgeoisie de gaspiller les ressources nationales, de
nuire à l'indépendance du pays et à son
bien-être. Quel mot d'ordre la classe ouvrière doit-elle
mettre de l'avant afin de vaincre la bourgeoisie et de rallier les
masses du peuple de
son côté ? La réponse à cette question
est d'utiliser les ressources du pays pour servir les
intérêts collectifs.
« Le mot d'ordre de bâtir la nation est
de mise non seulement parce qu'il est contraire aux discours de la
bourgeoisie - à savoir que tous doivent créer un climat
favorable au succès des entreprises sur le marché mondial
- mais également parce que c'est un appel au peuple de prendre
ce qui lui appartient et de créer une société qui
le
favorisera. Évidemment, en dernière instance bâtir
la nation revient à construire le socialisme, mais ce serait une
erreur que de présenter les choses ainsi.
« Le programme doit être fixé
non pas à partir d'un point de vue théorique, mais
à partir des besoins de la société à un
moment donné. La société canadienne a besoin d'un
but actuellement. Le peuple canadien a besoin d'un but que tous peuvent
facilement comprendre et saisir. Il ne peut s'agir que de
l'édification de la nation. Le
contenu essentiel de ce projet est que la classe ouvrière doit
se constituer en la nation. En d'autres mots, le but de la classe
ouvrière doit devenir le but de la nation, tout comme la
bourgeoisie dans sa période ascendante avait avancé son
but, le but de défendre l'intérêt individuel et la
propriété privée comme but de la nation, et avait
même
subordonné la nation à cet objectif.
« Le temps est venu pour la classe
ouvrière de se constituer en la nation. Elle doit établir
son objectif comme étant celui de la nation. En d'autres mots,
la classe ouvrière doit elle-même prendre en mains de
bâtir la nation. Elle doit aussi gagner les larges masses du
peuple à cet objectif. La classe ouvrière ne peut pas
mobiliser toutes ses
ressources sans adopter l'objectif de satisfaire les
intérêts collectifs de la société en ce
moment. Cela revient à édifier la nation.
L'édification de la nation au Canada signifie une seule
chose : que la classe ouvrière doit donner à la
société une nouvelle constitution, avec un
mécanisme politique moderne, une nouvelle direction à
l'économie et
l'indépendance. » [« Le facteur humain, la
conscience sociale, est la clé de la solution à tous les
problèmes contemporains », LMLQ volume. 25,
numéro 3, 3 janvier 1995]
« L'Initiative historique a pour but de
provoquer une discussion sur l'édification de la nation parmi
les larges masses du peuple en utilisant toutes les ressources à
notre disposition. L'Initiative historique est un plan d'action, dont
l'objectif premier est de s'assurer qu'une discussion a lieu à
ce sujet. En d'autres mots, elle a pour objectif de
faire en sorte que les travailleurs déterminent l'ordre du jour
de l'édification de la nation. » [ibid.]
La classe ouvrière a un autre objectif essentiel,
ce qu'explique le camarade Bains :
« Dans ce cadre, l'autre objectif de la
classe ouvrière est de créer les conditions pour la
formation du parti communiste de masse. Cela signifie qu'une des
tâches les plus importantes de l'Initiative historique est de
s'approprier le meilleur du passé et du présent. Cela
signifie qu'un travail est nécessaire au développement et
à
l'enrichissement de la pensée marxiste-léniniste
contemporaine. Cela signifie examiner tous les phénomènes
et tous les événements et faire la promotion de ceux qui
favorisent la classe ouvrière et l'objectif de bâtir la
nation. » [ibid.]
L'Initiative historique est un appel à la classe
ouvrière et aux masses populaires de faire ressortir ce qu'il y
a de mieux de tout ce que l'humanité a produit jusqu'à
présent et de l'amener au niveau nécessaire pour les
transformations profondes de la société qui sont à
l'ordre du jour. L'Initiative historique est un programme pour mettre
la classe
ouvrière, plus précisément le facteur humain /
conscience sociale, au centre de tous les développements. Cela
ne peut être fait que par le peuple qui s'empare de sa
destinée. Le camarade Bains explique :
« Le facteur humain ne peut être
amené au niveau nécessaire aux transformations sans
conscience sociale, sans débat et discussion parmi les larges
masses, sans mouvement réellement révolutionnaire
possédant un caractère de masse.
« Qu'est-ce que le facteur humain ? Le
facteur humain est l'organisation de la classe dans un but bien
précis. Ce but est de mobiliser et de créer tous les
facteurs qui peuvent frapper la bourgeoisie et la vaincre. Le facteur
humain fait appel à tous les meilleurs sentiments, les
meilleures aspirations et les meilleures idées. Il est
diamétralement opposé à la barbarie des monopoles
et des oligopoles, à la notion brutale que les coupures dans les
programmes sociaux doivent être faites peu importe ce qui arrive
aux gens, à la propagation des soi-disant valeurs familiales et
des autres théories destinées à endormir le peuple
et à lui faire oublier ce qui est essentiel dans la
société.
« Nous avons besoin d'une vision qui peut
traverser non seulement quelques mois ou quelques années, mais
des décennies et des siècles, et qui peut provoquer le
feu qui réduira en cendres la barbarie de la
bourgeoisie. » [ibid.]
Le communisme moderne

Au lancement du
livre Communisme
moderne en 1996
|
Dans ces articles et discours choisis, il est
expliqué ce que le Parti entend par communisme moderne et
pourquoi son étude et la discussion sont si importantes. En
particulier, le livre Le communisme moderne : Parti
communiste du Canada (marxiste-léniniste) par Hardial Bains
devrait
être étudié. Le communisme a été
créé comme système pour résoudre les
problèmes de l'humanité au cours du XXe siècle. Il
a accompli de grands exploits, a été lié à
toutes les réalisations progressistes du siècle, a
élevé la conscience des peuples du monde entier et a
marqué le début d'une époque nouvelle,
l'époque de l'impérialisme et de la
révolution prolétarienne.
« Le communisme en tant que système
répondant au besoin de résoudre les problèmes de
l'humanité durant le XXe siècle est le fruit d'une
intense lutte de classes entre l'ancien et le nouveau. Cette lutte de
classes assumait une dimension internationale. Elle prit la forme de la
Révolution d'Octobre, la forme de la création de l'URSS,
la
forme de la Grande Guerre patriotique en Union soviétique et de
la grande guerre antifasciste durant la Deuxième Guerre
mondiale. Elle établit des démocraties populaires dans
les pays d'Europe de l'Est, conduisit à la création de la
République populaire de Chine et à l'indépendance
d'autres pays socialistes souverains. Elle a conduit à la
montée et
à la victoire des luttes de libération nationale et
à la formation de l'Afrique et de l'Asie modernes. Elle a
élevé le niveau de conscience des peuples du monde,
l'assoyant sur une base moderne. »
[« L'étude et la discussion du communisme moderne
pour combattre l'interprétation dogmatique de la vie
réelle », LMLQ volume 26, numéro
123, 25 juin 1996]
Nous vivons toujours à l'époque de
l'impérialisme et de la révolution prolétarienne,
mais le communisme moderne qui correspond à l'évolution
historique qui a eu lieu à la suite des luttes du XXe
siècle doit être mis à l'ordre du jour. Ce
communisme moderne représente les idées
éclairées dans tous les domaines. Son essence est de
prendre la
réalité comme point de départ d'étude et de
discussion et d'agir sur ce que révèle cette
réalité. Le communisme moderne redonnera sa signification
à la lutte politique, afin que les gens puissent être
efficaces dans leurs luttes. Son objectif sera de briser les dogmes et
la désinformation qui bloquent les peuples opprimés et
les empêchent de participer
à la résolution des problèmes auxquels ils sont
confrontés.
« L'importance de la phase actuelle du
travail entrepris par le PCC(M-L) dans le cadre de l'Initiative
historique est qu'il faut habiliter les Canadiennes et Canadiens, la
classe ouvrière en tête, à changer la situation au
Canada et à l'échelle internationale. Pour ce faire, le
PCC(M-L) doit engager dans l'étude et la discussion du
communisme
moderne les plus larges sections de la population, les Canadiennes et
les Canadiens par centaines et par milliers, pour faire sauter les
obstacles qui les empêchent de participer à l'effort pour
changer leurs conditions de vie. À moins de combattre de front
toute l'activité de la bourgeoisie pour se maintenir au pouvoir
et pour maintenir le statu quo en
démolissant l'interprétation dogmatique de la
réalité, la voie au progrès continuera de nous
échapper. En ce sens, on peut dire que l'essence du communisme
moderne est de détruire l'interprétation dogmatique de la
réalité en prenant la réalité comme point
de départ de l'étude et de la discussion et en agissant
selon ce que la réalité révèle.
« La situation est extrêmement
explosive et dangereuse. La bourgeoisie est incapable de
rétablir son ordre international, son nouvel ordre mondial, ni
de changer la situation dans les différents pays. À moins
d'examiner la vie politique dans toute sa profondeur, les peuples du
monde ne sont pas en mesure de saisir ce qui se passe et de
s'armer pour intervenir de façon efficace et apporter des
changements réels à leur avantage. Le communisme moderne
est synonyme de la conscience la plus avancée.
« Le communisme moderne a d'abord et avant
tout des solutions à proposer dans différents aspects
importants de la vie des êtres humains. Il a sa théorie
sur le plan de l'économie, de la politique et de la conception
du monde. » [« L'étude et la discussion du
communisme moderne s'amorcent dans le cadre de l'Initiative
historique pour changer la situation au Canada », LMLQ
volume 26, numéro 122, 22 juin 1996]
Entraîner l'ensemble du corps politique dans la
discussion
Le contenu de ce livre souligne que tout au long de leur
histoire, les Internationalistes et le PCC(M-L) ne se sont jamais
considérés comme une force unique, à part ou
sectaire, mais une partie intégrante de l'ensemble des forces
qui luttent pour changer la société. Ils ont
toujours impliqué les masses populaires dans la discussion
à chaque étape de leur travail.
Avec le lancement de l'Initiative historique, le but est
d'entraîner l'ensemble du corps politique dans la discussion.
Comment les gens peuvent participer à cette discussion ? La
pensée du PCC(M-L) est présentée clairement dans
la partie qui traite du commencement du Projet d'information sur le
communisme moderne (PICM) en juin
1996.
« Le Projet d'information sur le communisme
moderne est le travail le plus important jamais entrepris par le
PCC(M-L). C'est le plus important parce que tout le travail qui a
été fait avant cela a créé les conditions
pour le travail crucial du développement du facteur
humain/conscience sociale avec comme but la transformation du
PCC(M-L) en un Parti communiste de masse et pour entraîner le
peuple dans l'édification d'un système dans lequel il
aura les moyens de décider de son avenir. Le PICM est au centre
de tout cela. Son succès repose sur la participation de gens de
tous les milieux à la discussion et au débat sur ce que
doit être le communisme selon les conditions
contemporaines. La discussion sur le genre de système qui doit
être instauré, sur qui doit l'élaborer, qui doit
participer à son édification est nécessaire,
c'est-à-dire que la discussion historique sur la forme et le
contenu de ce système qui permettra au peuple d'être
maître de son avenir a commencé. L'ouverture de cette
discussion à toutes les sections
du peuple contribuera de manière très importante à
l'ouverture des portes du progrès de la société.
« Avec comme point de départ le PICM,
le PCC(M-L) fournira à toutes les sections du peuple toutes ses
connaissances. La pensée marxiste-léniniste contemporaine
sera utilisée pleinement pour armer le peuple de l'information
idéologique, politique et théorique sur la lutte pour la
création d'une société nouvelle. En même
temps qu'il
diffuse audacieusement cette information, le PCC(M-L)
développera des programmes et des actions qui feront appel aux
masses de façon à ce qu'elles élaborent et
déterminent elles-mêmes le genre de système qui
leur permettra de prendre leur destinée en mains. »
[« Le projet d'information sur le communisme moderne
commence », LMLQ volume 26, numéro 118,
18 juin 1996]
La classe ouvrière en particulier doit discuter
sérieusement ce qu'elle doit faire maintenant pour
libérer son initiative afin d'établir un nouveau
système qui la libérera, comme condition de
l'émancipation de l'humanité tout entière.
« Le PCC(M-L) sait parfaitement que la classe
ouvrière n'a pas un intérêt futile à
apprendre le communisme moderne. Au contraire, elle considère le
communisme comme elle considère tout autre système :
elle veut décider consciemment lequel permettra à la
société de passer du stade de l'exploitation capitaliste
et d'esclavage
salarié au stade de la négation de l'exploitation
capitaliste et de l'esclavage salarié, un système
supérieur où les droits humains et non pas les simples
droits civils seront reconnus. Autrement dit, la classe ouvrière
recherche une discussion concrète à partir des conditions
concrètes qui révèlent un besoin immédiat
de faire échec à l'offensive
antisociale avec un programme pro-social et de s'atteler à la
création d'une société nouvelle qui garantira que
l'exploitation de l'être humain par l'être humain ne se
reproduise plus.
« La classe ouvrière n'est pas
intéressée à un quelconque exercice intellectuel.
En tant que classe dont le rôle historique est d'être le
fossoyeur de la bourgeoisie et dont la mission est de réaliser
sa propre émancipation comme condition à
l'émancipation de l'humanité, son objectif
immédiat est de devenir le dirigeant de la
société, ce
qu'elle ne peut faire qu'en développant un système
permettant au peuple d'exercer lui-même un contrôle sur son
existence.
« La classe ouvrière, dans le sens
objectif, est l'arme matérielle de la théorie tandis que
la pensée marxiste-léniniste contemporaine est son arme
spirituelle. Les deux réunies constituent le facteur
humain/conscience sociale qui naîtra lorsque les idées
avancées de la classe ouvrière seront saisies par les
larges masses du peuple et qu'éclatera
la révolution. [ibid.]
Transformer le PCC(M-L) en un parti communiste de masse
Au
VIIIe Congrès du PCC(M-L) tenu à Ottawa en août
2008 sous la bannière:
« Jeter les fondements du Parti communiste de masse »
Il ressort clairement de ces textes que
l'« accoucheuse » de ces développements
sera le parti communiste de masse. Un des principaux objectifs de
l'Initiative historique est de jeter les fondements d'un tel
développement et de transformer le PCC(M-L) en un
parti de masse. Jeter les fondements et la transformation du PCC(M-L)
en un parti communiste de masse sont des tâches
complémentaires à mobiliser les gens pour élaborer
leur système, le mettre en place et ainsi prendre en main leur
destin.
Dans son important rapport « Le défi
que nous relevons », présenté en novembre
1996, le camarade Bains souligne qu'un succès initial a
été atteint dans la construction du parti communiste de
masse. Un tel parti organise les masses, établit de nouveaux
arrangements selon les conditions concrètes, défend les
intérêts des masses et
donne une cohérence aux objectifs de la classe ouvrière.
Armé de cette cohérence, un tel parti relève le
défi d'éliminer l'isolement et la marginalisation pour ne
pas se retrouver embourbé dans les combats de diversion
présents dans la société. Le camarade Bains
explique :
« Quand nous disons que notre Parti a connu
un succès initial dans la création des conditions
subjectives de la révolution, nous entendons par là que
maintenant le Parti existe. Non seulement il existe, mais il a atteint
désormais le point d'avoir une vision du genre de parti qu'il
doit être, de comment il doit être organisé et de
quel est son
avenir. Quand ce genre de Parti sera transformé en un parti
communiste masse, le succès initial va se transformer en
victoire permanente. L'ensemble de la classe ouvrière et des
masses populaire sera fécondé par ce Parti communiste et
il deviendra impossible de revenir en arrière. Un tel Parti
communiste organisera alors la révolution.
« Un Parti communiste qui n'est pas conscient
de la nécessité d'élaborer des arrangements pour
briser l'alliance libérale-syndicale au moins dans quelques
endroits, un Parti communiste qui est incapable d'analyser ce qu'est la
base et ce que sont les arrangements pour mener la lutte
extra-parlementaire, un parti communiste qui n'est pas
en mesure de faire la différence entre ce qu'est l'action
révolutionnaire et ce qui ne l'est pas, n'a aucun avenir.
« La position de base d'un parti communiste
de masse est d'organiser les masses, d'établir de nouveaux
arrangements et de créer les conditions d'une
société nouvelle. Il n'est pas un parti communiste de
masse parce qu'il peut répondre aux besoins de tout le monde. Un
Parti communiste de masse existe parce qu'il met au premier plan
les intérêts des masses, tant dans sa conception que dans
tout son travail. Il assure la cohérence des objectifs de la
classe ouvrière. Le Parti de masse fournit à la classe
ouvrière de sa propre conscience afin que la classe
ouvrière voit qu'elle n'est pas irrationnelle ou ignorante.
Toute la pression de la bourgeoisie vise à éliminer cette
cohérence.
« Quelle genre de cohérence sera
fournie à la classe ouvrière par l'offensive
antisociale ? Que va-t-on dire à la classe
ouvrière ? La bourgeoisie et l'aristocratie syndicale ne
peuvent que promouvoir des idées irrationnelles et l'ignorance,
et conseiller aux travailleurs de ne penser qu'à leurs propres
intérêts, que chaque personne
ne se préoccupe que d'elle-même, que sa famille, sa
sécurité d'emploi, ses intérêts personnels
sont tout ce qui compte. La bourgeoisie veut éliminer la
collectivité, le plus grand phénomène social qui
ait vu le jour.
« Partir de la thèse fondamentale que
notre Parti communiste est un arrangement moderne ayant sa propre base
idéologique est ce qui assure la cohérence du corps
politique, c'est ce qui fait penser à la direction que doit
prendre la société et c'est ce qui donne à la
classe ouvrière son rôle de premier plan.
« Les arrangements doivent être faits
après avoir analysé où sont les personnes qui
veulent être organisées. Il y a toujours des gens qui
voudraient être organisés. Que peut-on faire pour
eux ? Les raisons doivent déjà exister. En d'autres
termes, nous devons voir quelles possibilités existent
déjà chez les masses et prendre des
mesures en conséquence. En même temps, le travail constant
du Parti doit se poursuivre. Le Parti doit établir les
organisations de la jeune génération. Il doit continuer
de renforcer ses organes, comme Le Marxiste-Léniniste, et
poursuivre
ses autres activités. En d'autres termes, il faut
comprendre que les arrangements ne sont pas une
question de présupposition ou de tirer des conclusions à
l'avance sur ce qui peut être fait et ce qui ne peut pas
être fait.
« Un tel parti communiste vivra un autre
25 ans, mais dans des conditions nouvelles. Il fera chavirer le
bateau de l'impérialisme anglo-américain. Une fois ce
bateau ébranlé au Canada, l'impérialisme sera plus
en mesure de le diriger où que ce soit, pas aux
États-Unis et pas en Grande-Bretagne, en l'Australie ou en
Afrique du Sud,
sans de parler de l'Inde. » [« Le défi
nous acceptons, discours du camarade Bains au Forum consultatif central
du CPC(M-L) », 9 novembre 1996]
Une article du LML indique au sujet de ce
discours du camarade Bains :
« Le camarade Bains a communiqué aux
participants une thèse extrêmement importante sur la
nécessité pour la classe ouvrière de saisir la
théorie et la pratique d'un nouvel arrangement pour
l'organisation de la société, un arrangement qui formera
la base de la création d'une société nouvelle, qui
reconnaît et garantit les réclamations de
tous ses membres et de tous ses collectifs. Dans son allocution, le
camarade Bains a expliqué que la tâche d'éliminer
l'isolement et la marginalisation du communisme est indispensable et
cruciale. Il a expliqué les traits essentiels et indispensables
du Parti communiste moderne dans cette période de tournant
historique. » [« Relever le
défi, ouvrir la voie de la victoire », LMLQ
volume 26, numéro 219, 13 novembre 1996]
La destruction de masse
Tout ce travail a eu lieu et se poursuit face aux
destructions entreprises par la bourgeoisie qui visent à la fois
le Parti et la société tout entière. Le
matériau explique l'intensité que cette destruction a
atteint dans la période 1995-1996 et comment le Parti a
surmonté cette pression.
C'est là que l'on peut voir avec clarté la
tactique de transformer les passifs en actifs. Dès le
début de la période de recul, cette tactique a
consisté à identifier et à renforcer le travail
principal, à accroître l'activité politique,
à identifier les forces qui avaient un intérêt
à faire le travail et à assurer son succès par la
mobilisation politique maximale.
Cela était considéré comme une épreuve de
force pour l'existence même du Parti. Donnant la priorité
à la qualité, on a choisi pour ce travail des forces qui
accompliraient le plan plutôt que de choisir celles qui se
déclaraient d'accord en paroles mais ensuite ne feraient rien.
Une attention particulière a été portée
à l'intégration et à la convergence,
et à combattre la pression liquidatrice. Le principe de l'appui
sur ses propres forces a été appliqué sur tous les
fronts.
À la fin de 1995, alors que le Parti était
à la veille de faire ses plus grandes avancées, les
pressions liquidatrices ont atteint le niveau des plus basses calomnies
et des campagnes de diffamation, de la conciliation avec le
libéralisme, de l'indifférence crasse, de la trahison et
de l'irrationalisme. Le Parti a subi la pression liquidatrice de la
bourgeoisie et de son aristocratie syndicale agissant comme son soutien
social. Comme toujours, le Parti s'est protégé de la
pression liquidatrice en intensifiant ses efforts pour exécuter
son plan, tout en reconnaissant ses actifs dans la classe
ouvrière et le travail du Parti, et en éliminant ses
passifs, la vieille façon de faire les choses et l'ancien qui
refusait de se renouveler.
Le Parti était entièrement
préparé à régler ses comptes avec quiconque
essayerait de lever la main contre lui et son travail, confiant que
lorsque vient le temps des décisions, ce sont les ennemis du
communisme qui se rompent le cou. Le Parti avait confiance en la classe
ouvrière, la jeunesse et l'intelligentsia, confiant que de leurs
rangs allaient
se dresser ceux qui peuvent organiser sur la base la plus
avancée et considèrent le travail comme le but de leur
vie. Parce que le Parti a toujours accordé la plus grande
attention à son propre travail, créant ainsi sa propre
histoire, son idéologie et sa théorie, les
différents éléments qui se sont opposés au
Parti se sont heurtés à un mur de granit et se
sont cassés le cou.
Au sujet du 9e Plenum du Comité du central du
PCC(M-L) tenu en janvier 1996, LML écrit :
« Le plénum a identifié la
pression liquidatrice comme une pression qui a pour but de faire
succomber le PCC(M-L) à l'irrationnel et aux campagnes de
salissage, les armes de l'offensive anticommuniste dans ses efforts
hystériques, frauduleux et vains d'empêcher que soient
ouvertes les portes du progrès de la société. Le
plénum s'est
vigoureusement opposé à la pression liquidatrice, a
rejeté la méthode des campagnes de salissage contre une
personne ou une organisation tout en soulignant que le PCC(M-L) repose
sur une seule ligne, que le fondement de sa pensée
théorique est la pensée marxiste-léniniste
contemporaine, et que l'émancipation finale de la classe
ouvrière est son
seul but.
« Le plénum a identifié la
pression liquidatrice comme un élément du travail
contre-révolutionnaire de ceux qui concilient avec le
libéralisme. Le plénum a engagé toutes les
organisations du PCC(M-L) et tous les membres et sympathisants à
éviter les pièges de l'irrationnel et des campagnes de
salissage que tend la bourgeoisie. Le
plénum a invité tous les marxistes-léninistes et
toutes les forces démocratiques et progressistes à faire
échec à l'irrationnel, aux méthodes de scission et
aux campagnes de salissage utilisés par la bourgeoisie et les
conciliateurs du libéralisme. Le plénum a invité
tous les membres et sympathisants à avancer au rythme du travail
pour le renouveau
démocratique et des efforts pour conduire la
société hors de la crise. » [« Les
décisions du 9e Plenum du Comité central du Parti
communiste du Canada (marxiste-léniniste) », LMLQ
volume 26, numéro 3, 4 janvier 1996]
« Le camarade Bains a souligné que les
dix dernières années de travail ont été
inaugurées par le IVe Congrès avec l'objectif de
développer le rôle dirigeant du Parti. Un des plus grands
projets politiques durant cette période fut la construction de
la presse de masse du Parti et le développement du mouvement
pour les idées éclairées. Ce
fut une rupture avec tout ce qui s'appuyait sur la simple
répétition des idées, sur un projet de propagande
et d'agitation. La période entre 1982 et 1985 a vu
naître un projet pratique pour la classe ouvrière. Ce
projet fut entrepris vigoureusement et à mesure qu'il a
progressé des ennemis se sont fait jour. Une des ruses
préférées de
certains fut d'écouter attentivement et de se déclarer en
accord avec toutes les décisions pour ensuite ne faire
absolument rien pour les mettre en application. Le PCC(M-L) ne fut pas
exaspéré par cela. Dans un mouvement pour de si grands
idéaux, dirigé vers la création des conditions
pour l'émancipation complète de la classe
ouvrière, cette
indifférence ne saurait s'ériger en obstacle. Tôt
ou tard, le rideau s'ouvre et vient le moment de prendre une
décision, et alors les ennemis du communisme sont perdus
« Le camarade Bains a expliqué que la
période depuis 1982 a vu de ces personnes, notamment des
gens provenant des couches moyennes, se rallier en masse à la
bourgeoisie tout en créant toutes sortes d'illusions à
propos du système actuel. D'autres se sont déniché
une position dans la classe ouvrière, réclamant un statut
spécial : tout le monde doit travailler à la
réalisation des projets du Parti, mais eux ont autre chose
à faire. Il y en a même qui s'obstinent à ne pas
reconnaître ce fait élémentaire que le PCC(M-L) est
guidé par sa propre pensée théorique, ses
principes organisationnels, sa stratégie et ses tactiques, et
surtout par sa propre histoire. Le
comportement des forces qui prétendent être du
côté du progrès abaisse le prestige du mouvement
progressiste, comme s'il n'avait jamais rien accompli et qu'il
n'était rien. Le camarade Bains a fait remarquer que
l'apparition de ces ennemis qui se dressent en obstacle au
progrès du Parti n'est pas un phénomène nouveau.
Or, ils ne sont jamais
parvenus à détourner le Parti de sa lutte à la
défense des intérêts de la classe ouvrière,
à la défense des sections éclairées de la
société, à la défense des
intérêts de tous ceux qui, au pays comme à
l'échelle internationale, sont pour le renouveau
démocratique dans le monde.
« C'est précisément parce que
le Parti a toujours accordé une attention de premier ordre
à son propre travail, à créer sa propre histoire,
sa propre théorie et sa propre idéologie, que ceux qui se
lancent à l'assaut contre lui viennent se fracasser la
tête contre un mur de pierre.
« Le camarade Bains a expliqué que la
raison pour laquelle la décision que le Parti prend actuellement
peut être qualifiée de périlleuse, c'est que le
Parti est à la veille d'un de ses plus grands progrès.
Elle est périlleuse parce que dans une entreprise aussi
courageuse, on risque d'être battu et de subir un revers.
Toutefois, a dit le camarade
Bains, seuls ceux qui tentent d'escalader les plus hauts sommets
peuvent dire qu'ils ont au moins essayé, même s'ils
subissent un revers au début. C'est pour cela également,
a déclaré le camarade Bains, que la situation exige la
plus grande vigilance. Il faut être vigilant en premier lieu en
termes de notre idéologie et de notre
théorie. »
[« Discours au 9e plénum élargi du
Comité central du Parti communiste du Canada
(marxiste-léniniste) », LMLQ volume 26,
numéro 1, 2 janvier 1996 ]
Au sujet du 10e Plenum du Comité du central du
PCC(M-L) tenu en mars 1996, LML écrit :
« Tout au long des
délibérations du Plénum ont été
discutés la pression liquidatrice, le rôle des faiblesses
dans le travail qui contribuent à accentuer cette pression et le
rôle de la perfidie et de la trahison au cours de cette
période de retraite de la révolution. Tous les
participants au Plénum ont salué le succès
historique remporté dans le
travail du PCC(M-L) dans l'année écoulée, au cours
de laquelle le Parti a développé son dynamisme sur tous
les fronts, détachant ce travail des nuisances et des revers qui
pourraient se produire dans d'autres domaines à cause de la
perfidie et de la trahison. » [« Le CC du
PCC(M-L) tient son 10e Plénum », LMLQ
volume 26, numéro 55, 19 mars 1996]
Au sujet d'une réunion des militants du Parti du
centre du Canada (Ontario et Québec) présidé par
le camarade Bains le 28 avril 1996 à Toronto, LML
écrit :
« Le point principal à l'ordre du jour
portait sur mettre un terme au travail de « transformer les
passifs en actifs » afin d'assurer le succès de la
tâche politique clef de la présente période,
c'est-à-dire la consolidation de la presse de masse du Parti.
« Dans le cours du travail d'organisation,
il est crucial de saisir l' »essence » d'une
tâche. Il ne suffit pas de simplement « poser le
problème » ou d' « adopter des
résolutions » pour le résoudre. Pour
résoudre un problème, il faut en saisir l'essence. Notre
Parti ne se base pas sur la spontanéité. Au
contraire, il crée tout consciemment. C'est la raison pour
laquelle il insiste tant sur le travail d'organisation. Le PCC(M-L) ne
possède que sa classe et son propre travail comme actifs et
ceux-ci doivent être placés à la disposition de la
tâche à accomplir.
« Le vieux monde, l'ancienne façon de
faire les choses, la bourgeoisie et la pression liquidatrice sont ses
passifs. L'élimination des passifs du Parti est la condition
pour permettre le déploiement de ses actifs pour assurer la
victoire du nouveau. En dernière analyse, le
développement opère selon ses propres lois. Il faut
d'abord détruire
avant de construire. » [« Une réunion
consultative enthousiaste », LMLQ volume 26,
numéro 84, 30 avril 1996]
Le Parti se protège, se développe et
grandit en renforçant ses nouveaux arrangements, en les
modernisant pour répondre aux besoins de l'époque, comme
le souligne le camarade Bains dans « Le défi nous
relevons » en novembre 1996.
« Le Parti fait du travail dans de nombreux
domaines. L'important est qu'il ne succombe pas à la pression de
la liquidation et de la désintégration dans la
sphère du travail lié au parti communiste.
« Le mouvement communiste s'est
effondré, mais le PCC(M-L) ne s'est pas
désintégré. Comme vous le savez, un parti
communiste se renforce en surmontant une scission. Un parti communiste
surmonte une scission non pas en se regardant ou en espionnant ses
membres pour voir qui va provoquer la scission. Au contraire, un Parti
se
protège, se développe et grandit en renforçant ses
nouveaux arrangements, en les modernisant pour répondre aux
besoins de l'époque.
« La base idéologique d'un parti
devient plus claire et il surmonte une scission en s'assurant que de
plus en plus de gens fasse scission avec la bourgeoisie et se rallient
au Parti et à la classe ouvrière. »
[« Le Défi que nous relevons »]
Au Forum consultatif central du PCC(M-L) tenu le 1er
janvier 1997, le camarade Bains a déclaré :
« En dépit de tous les progrès
accomplis dans leur travail par le PCC(ML) et ses organisations de
masse, la période de recul de la révolution et de
régression tous azimuts continue d'exercer une pression
liquidatrice, brutale et inhumaine sur l'ensemble du mouvement
communiste et ouvrier au Canada ainsi qu'à l'étranger. Au
cours des
dernières années, notamment en 1995 et 1996, elle a
pris la forme d'une grande destruction. La lutte contre la destruction
du mouvement communiste et ouvrier est de la plus grande importance,
tant dans le domaine de l'idéologie que dans les domaines
organisationnel et politique. Mille neuf cents quatre-vingt-dix-sept
connaîtra un
développement vigoureux, la lutte résolue et sans
compromis contre la destruction. »
Au Forum consultatif central du PCC(M-L) tenu le 30 mars
1997, le camarade Bains a déclaré :
« En août 1964, les Internationalistes
ont expulsé officiellement 41 membres sur 43. Ce
n'était pas une lutte entre deux lignes. C'était une
lutte d'une ligne unique. Et cette ligne était la ligne de deux
personnes. Ainsi, si après le VIIe Congrès ou à un
autre moment, si une occasion similaire se présente d'ici le
début du XXIe siècle,
en ce qui me concerne, ce sera fait à nouveau. Ce ne sera pas
fait de la façon que je viens de décrire,
c'est-à-dire que nous nous réunirons pour expulser des
membres. Cela se fera juste sous nos yeux par les gens eux-mêmes.
J'ai pleinement confiance dans notre classe sociale, la classe
ouvrière, et dans notre jeunesse et dans notre intelligentsia.
Je
suis convaincu que de leurs rangs s'avanceront ceux qui peuvent
organiser tout sur la base la plus avancée. Camarades, quiconque
a des yeux et toute personne qui ouvre les yeux de temps en temps
peuvent voir si ils le souhaitent. Ils peuvent voir que les conditions
exigent une force sociale qui est impliquée dans ce travail et
le considère comme le
but de sa vie. »
Qui est extrême, perturbateur,
anti-canadien ?
La bourgeoisie et ses apologistes présentent le
communisme et les communistes comme anti-canadiens, extrêmes,
détachés du peuple et la cause de toutes les
perturbations dans leur poursuite de ce qui ne fonctionnera jamais.
Mais qu'en est-il en réalité ? Le PCC(M-L)
peut dire avec fierté que depuis sa fondation, comme les
Internationalistes en 1963, il est une tendance authentiquement
canadienne. Le Parti n'est jamais devenu une agence d'une puissance
étrangère et n'a jamais vécu d'idées
empruntées ou en plagiant ou singeant les autres. Quel autre
parti politique au Canada peut l'affirmer ?
Certainement pas ceux qui assujettissent le Canada à la machine
de guerre américaine, ouvrent le pays et son économie
à la domination étrangère et imposent de
soi-disant « valeurs canadiennes » qui sont dans
leur essence un affront au droit de conscience des Canadiens et sont
carrément antiouvrières, antisociales, racistes et
anticommunistes. Les partis qui soutiennent et font la promotion du
néolibéralisme antisocial ne sont-ils pas les fauteurs de
troubles, les extrémistes anticanadiens
déconnectés du peuple ?
Non seulement le PCC(M-L) se fonde-t-il sur une analyse
profonde des problèmes auxquels les Canadiens font face et de
leurs besoins dans cette situation concrète, mais il a toujours
établi son travail sur la base d'un plan qui engage la classe
ouvrière et ses alliés dans la discussion et le
débat sur la voie vers l'avant. Par cette méthode de
travail
moderne, la classe ouvrière et ses alliés sont
entraînés dans la transformation de la situation et
prennent en main leur avenir.
Qui sont véritablement les fauteurs de troubles
et leurs apologistes, qui détruisent la vie des gens, en les
entraînant dans des guerres coloniales, en attaquant leurs
droits, leurs moyens de subsistance, les services et la base
industrielle, en privatisant et en bradant le bien commun et les
ressources naturelles des Canadiens ? Qui sont ceux qui
font miroiter la promesse d'un avenir meilleur, mais le temps venu
n'offrent que des énoncés principe et plus de chaos et de
dévastation ?
Certainement pas les communistes qui sont à
l'avant-garde de la résistance à ces attaques
anticanadiennes !
Seul le PCC(M-L) présente une vision et un plan
pour la réalisation d'une société nouvelle et
défend fièrement dans les nouvelles conditions
l'édifice du communisme, qui est l'espoir de toute
l'humanité. Toute enquête sérieuse et impartiale
pour briser le brouillard et la noirceur de la désinformation
montre que le communisme est au centre et
à l'avant-garde de chaque étape positive franchie par
l'humanité au cours du siècle dernier et sera
également à l'avant-garde de toutes les avancées
progressistes du XXIe siècle.

Organiser signifie rendre le peuple conscient de la
tâche décisive comme condition de la victoire
Hardial Bains, leader national du Parti communiste du
Canada (marxiste-léniniste), s'est adressé à des
activistes responsables du Comité régional de l'Ontario
du PCC(M-L) le 20 juillet 1996 à Toronto. Il a
présenté une thèse importante que nous
présentons ici à des fins de discussion.
La thèse porte sur les problèmes relatifs
à l'organisation, notamment en ce qui concerne des mesures
à prendre objectivement pour assurer la croissance du facteur
humain/conscience sociale. Elle a rapport avec rendre le peuple
conscient des tâches décisives. Voici quelques aspects
importants de cette thèse.
Qui doit être au centre de tous les
développements sociaux ? Cette question d'importance
cruciale a déjà été réglée.
C'est la classe ouvrière qui doit être au centre de tous
les développements. La classe ouvrière doit être la
force principale et dirigeante pour ouvrir la voie au progrès de
la société. Le PCC(M-L), en tant qu'avant-garde de la
classe ouvrière, a formulé des mécanismes
politiques pour faire en sorte que ce soit la classe ouvrière
qui soit au centre de tous les développements sociaux, et cela
comprend, entre autres, son principe organisationnel, le centralisme
démocratique, ainsi que la méthode de travail
collectif/responsabilité individuelle.
Hardial Bains a commencé la discussion en parlant
des organisations du PCC(M-L) et des institutions de la base technique.
Ces organisations et ces institutions jouent un rôle crucial dans
la création du facteur conscient, c'est-à-dire la
création des conditions subjectives de la révolution. La
base technique comprend toutes les institutions qui
facilitent le travail du PCC(M-L) : le bureau national, les
instituts de recherche, les instituts liés à la
production du Marxiste-Léniniste, à la
distribution et à l'ensemble du processus de production. Le
PCC(M-L) a accordé une grande attention à ce travail
depuis 1968, lorsque les Internationalistes se sont
réorganisés et que la
décision fut prise de créer les conditions pour
bâtir le PCC(M-L).
Comment ces organisations du PCC(M-L) et ces
institutions de la base technique contribuent-elles au
développement du facteur conscient ? Sur les épaules
de qui doivent-elles s'appuyer pour se renforcer, sinon sur les
épaules de la classe ouvrière qu'on rend consciente de
ses responsabilités envers elle-même et envers la
société ?
Par exemple, le bureau national peut-il développer son travail
sans l'aide des femmes, des travailleurs, des jeunes et des
étudiants ? Où trouvera-t-on la force pour
compléter le travail sinon en rendant la classe ouvrière
consciente de la nécessité du bureau national et de ses
tâches ? Ce n'est qu'en mobilisant les femmes, les
travailleurs,
les jeunes et les étudiants qu'on peut progresser vers la
réalisation des objectifs du bureau national.
Déjà en 1965-1966, il était devenu
évident que les partis politiques bourgeois au Canada ne
pouvaient pas fonctionner sans s'appuyer entièrement sur les
riches. Cette dépendance, en plus de créer un terrain
inégal pour les partis politiques, leur amène aussi le
discrédit aux yeux du peuple puisque chaque jour il devient plus
évident qu'ils sont
les représentants des riches. On sait que « qui paie
les musiciens commande la danse ». Ces partis bourgeois ont
amendé la loi électorale pour se munir d'immenses
ressources tirées du trésor public pour faciliter leurs
manoeuvres électorales pour s'emparer du pouvoir.
Cependant, une étude sérieuse de
l'état des partis politiques en 1965-66 et en
1996 révélera que les ressources financières
comme telles ne sont pas la clé de l'organisation politique.
Non, la clé est l'élévation du niveau
idéologique et politique du peuple. Les partis bourgeois ne sont
pas intéressés à placer le peuple au centre de
tous
les développements sociaux. Ils sont les gardiens du pouvoir
politique dont la tâche est de maintenir le peuple à
l'écart. Ces partis politiques progressent non pas en
élevant le niveau idéologique et politique du peuple,
mais plutôt en l'abaissant.
Le PCC(M-L) est le champion de l'ascension du peuple au
pouvoir. Il est pour la démocratie directe dans laquelle c'est
le peuple qui sélectionne les candidats aux élections et
qui les porte au pouvoir, et c'est le peuple qui doit conserver le
contrôle des affaires politiques du pays. Le pouvoir
législatif doit être subordonné au peuple.
Pour le PCC(M-L) le problème posé et
à résoudre est l'organisation et la mobilisation du
peuple pour la réalisation d'une tâche précise, non
pas le problème financier et autre. Concrètement, c'est
l'organisation et la mobilisation du peuple autour des organisations du
PCC(M-L) et des institutions de la base technique qui sont devenues la
tâche
cruciale. Hardial Bains a souligné que sans réaliser
cette tâche, toutes les organisations du PCC(M-L) et toutes les
institutions de la base technique deviendront une force agissant contre
le but pour lequel elles ont été établies.
La première institution de la base technique fut
l'Institut d'études idéologiques
« Nécessité d'un changement »
établi en 1967. La raison d'être de cette institution
était que le travail d'étude, d'enquête et de
recherche appartienne à la classe ouvrière et aux larges
masses du peuple. Un institut professionnel de recherche était
nécessaire pour satisfaire les besoins du peuple en
matériel scientifique, surtout des sciences sociales. L'institut
fut établi en s'appuyant sur l'enthousiasme du peuple. Mais ce
n'était pas une organisation politique comme telle. En tant
qu'une des entreprises de la base technique, il a joué et
continue de jouer un rôle crucial dans l'élévation
du niveau
idéologique et politique du peuple.
Pour faire avancer ce travail, pour en élever la
qualité et la quantité, il est absolument
nécessaire d'organiser et de mobiliser le peuple par tous les
moyens. Cela signifie rendre la classe ouvrière consciente du
fait que ce travail est crucial pour son émancipation. Deux
ingrédients sont nécessaires pour ce développement
qualitatif.
Le premier est le facteur humain, les ressources
matérielles nécessaires. Pour être
spécifique et direct, celles et ceux qui travaillent dans ces
instituts doivent pouvoir se nourrir, se vêtir et se loger avant
de pouvoir faire quel que travail que ce soit. L'institut aura-t-il un
produit qui saura devenir populaire, qui fera en sorte que les masses
du
peuple seront disposées à soutenir financièrement
celles et ceux qui y travaillent en échange de cette
production ?
Le deuxième ingrédient est la conscience
sociale. Les travailleurs de l'institut sont-ils pleinement
dévoués à leur produit, résolus à ce
qu'il satisfasse les besoins du peuple d'élever son niveau
idéologique et politique ? En d'autres mots, l'institut
doit produire le matériau dont le peuple a besoin sans placer le
profit aux commandes. En
même temps, les travailleurs de l'institut doivent être
entièrement convaincus qu'ils susciteront une réponse
précise du peuple par le matériau qu'ils produisent.
À toutes fins pratiques, l'institut appartient au peuple, est
administré par le peuple et pour le peuple — aussi banal cela
puisse-t-il sembler.
Hardial Bains a fait appel à tout le monde
d'accorder une attention de premier ordre à ce que signifie
objectivement administrer l'institut ou les autres institutions de la
base technique comme le bureau national, l'entreprise de distribution,
les imprimeries, etc. Il a dit que la seule institution de la base
technique qui existait au début de
1968 était l'Institut d'études idéologiques
« Nécessité d'un changement ». Mais
en août 1968 une autre institution fut établie,
suivie tout de suite par plusieurs autres. Au cours des
28 dernières années, les marxistes-léninistes
ont eu plusieurs institutions importantes à leur disposition.
Comment ces institutions
doivent-elles se développer en 1996 ? Doit-on chercher
à obtenir des subventions du gouvernement comme le font les
partis politiques de la bourgeoisie depuis 1965 ? Ou faut-il
ouvrir une voie, éliminer les faiblesses des institutions
existantes et les développer pour en faire des forteresses du
communisme ?
Les vraies forteresses du communisme sont celles
où ceux qui y travaillent sur une base professionnelle et
ininterrompue, s'éduquent constamment sur le but de
l'institution et s'efforcent de rendre le peuple conscient de la
nécessité et de l'importance de ce travail. Par exemple,
une entreprise qui distribue des publications progressistes doit bien
comprendre le besoin du peuple en publications progressistes. Elle doit
en comprendre l'urgence et l'importance. Elle doit populariser
l'existence de ces publications qui aidera le peuple dans son effort
pour créer le nouveau. Ce n'est pas une affaire de
télémarketing. Il s'agit de répondre en profondeur
au besoin idéologique et politique du peuple et
de le rendre conscient du service qu'offre l'entreprise.
La comptabilité de ces entreprises se fait
suivant un partage des revenus en fonction du genre de travail accompli
par chacun et des capacités que chacun apporte au travail de
même que, dans une certaine mesure, en fonction des besoins
individuels. L'important à saisir est que le travail n'est pas
considéré comme un coût. Au contraire, le
revenu total moins les coûts appartient non seulement au
collectif qui travaille à l'entreprise mais à l'ensemble
de la classe ouvrière. Le collectif y contribue son travail et
s'intéresse au succès de l'entreprise pour qu'elle puisse
soutenir et même commencer d'autres entreprises. En d'autres
mots, cette institution appartient à la classe ouvrière
dans le
vrai sens du terme. C'est ce genre d'institution qui a de l'avenir
aujourd'hui. C'est ce genre d'institution qui aide à la
croissance du facteur humain/conscience sociale, qui produit des
individus qui pourvoient à leurs besoins dans le cadre de
satisfaire les besoins du collectif et de la société en
général et qui contribuent à ouvrir la voie au
progrès de
la société.
Par contraste, qu'est-ce que la bourgeoisie offre ?
Sa plus récente invention est la notion de
« société de
bénéficiaires ». C'est une notion
conçue pour diviser la classe ouvrière et amener les
travailleurs à se faire la guerre. S'étant
regroupés au sommet sous la forme du tripartisme — les
gouvernements, les grandes entreprises
et l'aristocratie syndicale — ils sont maintenant à la recherche
d'une forme de tripartisme qui pourrait agir aussi à la base. Il
y a une préparation idéologique dans ce sens en
Grande-Bretagne qui a déjà des manifestations au Canada.
Elle rappelle le recrutement des masses en appui à
l'impérialisme allemand en « rétablissant
l'Allemagne dans
toute sa grandeur » par le « socialisme
national » du Parti nazi. À cette fin, aujourd'hui le
Parti travailliste en Grande-Bretagne a inventé le concept de
« société de
bénéficiaires » dans le cadre de la campagne
de la bourgeoise britannique pour « redonner à la
Grande-Bretagne toute sa grandeur. »
Selon les idéologues
« néo-travaillistes » du Parti
travailliste de Grande-Bretagne, la société n'est pas
constituée de classes mais de
« bénéficiaires ». La force motrice
du développement social n'est pas la lutte de classes mais la
recherche d'un « équilibre » entre ces
« bénéficiaires » disparates.
Conformément à ce matérialisme vulgaire, au niveau
de l'entreprise tous les êtres humains sont des
bénéficiaires. Les distinctions de classe disparaissent
devant la communauté des
« bénéficiaires ».
Seule la bourgeoisie et ses alliés
bénéficient du capitalisme, mais, habilement, elle veut
convaincre la classe ouvrière qu'elle en bénéficie
également. Le seul intérêt que trouve la classe
ouvrière au capitalisme est qu'elle doit le renverser et
bâtir le socialisme. Les différentes personnes qui ont un
intérêt au capitalisme importent, qu'elles soient
des détenteurs d'actions, des administrateurs, certains
consommateurs et clients, des fournisseurs, les gouvernements, des
grandes entreprises et l'aristocratie syndicale. L'ouvrier sait
d'instinct que ces
« bénéficiaires » travaillent
ensemble pour créer des « valeurs » dans
une entreprise dont ils tirent profit au détriment des
intérêts de la classe ouvrière. Sur une plus grande
échelle ils travaillent ensemble pour « redonner
à la Grande-Bretagne toute sa grandeur » pour
accroître leur influence et leur pouvoir. Mais il est
supposé oublier tout cela. Il est supposé se
déclarer, envers et contre toute logique, un
« bénéficiaire » du système
capitaliste.
Selon les idéologues
« néo-travaillistes », l'ouvrier doit
renoncer à la lutte de classe et aux antagonismes de classe, il
doit croire que tout ira bien pour tous les
« bénéficiaires » lorsqu'un
équilibre aura été établi entre eux.
Le système capitaliste, qui progresse par la
destruction violente des forces productives et qui a créé
une armée permanente et grandissante de chômeurs et de
pauvres, est censé maintenant aider l'ouvrier parce que celui-ci
serait devenu un « bénéficiaire »
du capitalisme. Quelle farce ! Quelle perfidie ! On pourrait
en
rire si ce n'était si tragique de voir l'aristocratie syndicale
se vouer à la réalisation de ce tripartisme à la
base, une grande diversion extrêmement préjudiciable aux
intérêts de la classe ouvrière.
La thèse fallacieuse de la
« société de
bénéficiaires » part de l'hypothèse que
le monde contemporain représente « la fin de
l'histoire » et que tout développement
ultérieur de la société est impossible. Prenant
cette fausseté comme une vérité éternelle,
les « néo-travaillistes » deviennent les
partisans de
remaniements à l'intérieur de la société
actuelle. Ils cherchent à créer une alliance à la
base constituée autant des capitalistes que des travailleurs qui
auraient tous intérêt à défendre le
système capitaliste et à aller en guerre s'il le faut
pour « redonner à la Grande-Bretagne toute sa
grandeur ».
La conséquence de cette grande diversion est
d'encourager de grandes divisions parmi les travailleurs et les amener
à lutter les uns contre les autres plutôt que de mener la
lutte de classes et de préparer les conditions à
l'avancement de la société au stade suivant. Au lieu de
contribuer au renversement du capitalisme, la classe ouvrière
s'occuperait de défendre le système même qui est la
cause de son exploitation et de son oppression. Au lieu de
développer l'antagonisme contre la propriété
privée et l'exploitation de l'humain par l'humain, un
antagonisme sera développé contre ceux qui mènent
la lutte de classes pour renverser le système capitaliste et
bâtir une société
socialiste.
Si cela réussit, les forces productives humaines,
la plus grande richesse de la société, seront
impitoyablement gaspillées et le facteur
antihumain/anticonscience connaîtra une croissance
effrénée, présentant les pires infamies et la
brutalité comme le plus grand exploit pour la plus grande gloire
de la Grande-Bretagne, fermant la porte au progrès
de la société pour très longtemps. Ce tripartisme
à la base vise à désarmer complètement la
classe ouvrière idéologiquement.
La thèse présentée par le camarade
Bains pose la question suivante : une entreprise ou une
société est-elle possible sans antagonisme ? Une
entreprise ou une société sans antagonisme est une
entreprise ou une société sans vie. L'absence
d'antagonisme suppose qu'il n'y a plus de lutte en fonction de
l'opposition des contraires et que
tout ce qui peut être réalisé l'a
déjà été. La société arrive
à sa fin et il ne reste plus qu'à trouver un
équilibre entre tous ceux qui sont
« bénéficiaires » de cette
société. En d'autres mots, le moteur du
développement de la société serait de chercher un
équilibre entre les
« bénéficiaires »,
d'éliminer tout antagonisme d'une
société fondée sur l'antagonisme de classe. Mais
l'antagonisme entre exploiteurs et exploités dans la
société capitaliste existe objectivement. À la
tête des exploités se trouve la classe ouvrière et
à la tête des exploiteurs se trouve la bourgeoisie.
L'antagonisme sous le socialisme est entre les forces de
la révolution et les forces de la restauration du capitalisme,
et sous le communisme il est entre l'ancien et le nouveau. La
création d'une société de
« bénéficiaires » sous le
capitalisme n'établira pas un équilibre, elle exacerbera
l'antagonisme actuel entre exploiteurs et
exploités, engendrant le conflit partout. Seule la
révolution socialiste peut surmonter la division dans la
société entre exploités et exploiteur,
éliminer les antagonismes de classe et créer la condition
de l'émancipation complète de l'humanité.
L'antagonisme a sa place dans la société,
mais pas quand il agit comme force destructrice. C'est
précisément ce que font les antagonismes de classe dans
la société actuelle. La classe capitaliste les maintient
par la force car elle s'oppose obstinément à la
socialisation de la propriété des moyens de production —
qui est la condition de
l'élimination des divisions de classe. L'humanisation de
l'environnement social et naturel requiert l'utilisation des forces
productives humaines contre tous les antagonismes de classe. Mais
l'antagonisme dans la société ou dans la nature n'est pas
en soi une force négative. Il est destructeur lorsqu'il sert
à bloquer le progrès de la société dans
l'intérêt
d'une minorité, comme le fait la bourgeoisie à l'heure
actuelle.
L'acte d'affirmation de l'être humain est le rejet
du rapport entre la forme actuelle de propriété par
laquelle la vaste majorité de la population est asservie
à une petite minorité. Chercher un équilibre entre
les intérêts des membres d'une société
fondée sur cette forme de propriété, c'est
être extrêmement antagoniste envers le peuple et envers la
voie vers l'avant. La raison exige le rejet de cet effort pour
établir un soi-disant équilibre ; être
rationnel, c'est éliminer cet assaut irrationnel, ce facteur
antihumain/anticonscience, qui tente un équilibre là
où il n'y en a pas.
La thèse du 20 juillet reconnaît
l'existence d'une abondance de problèmes dans la
société. La question est la suivante : pouvons-nous
croire que ces problèmes qui existent dans la
société sont causés par
l'« attitude » d'un individu ou de mauvaises
« mesures de politique » d'un certain parti
politique ? Qui
blâmer pour les problèmes apparemment insurmontables comme
le chômage, l'insécurité d'emploi et la
pauvreté et les problèmes sociaux, culturels et
spirituels ? Pour les idéologues
« néo-travaillistes » du Parti
travailliste de Grande-Bretagne, il suffirait que tous les membres de
la société se considèrent comme des
« bénéficiaires » du système
capitaliste. Or, comment l'ouvrier peut-il se considérer un
bénéficiaire au même titre que la reine
d'Angleterre ? Dans sa tentative désespérée
pour prolonger un peu son existence, la bourgeoisie fait miroiter la
« société des
bénéficiaires » aux yeux des travailleurs — un
peu comme une
corde à noeud coulant pour les inviter à se pendre.
Dans son déclin, le capitalisme invente une
multitude de notions prétendant qu'il est devenu humain. Elles
font partie d'un effort pour faire croire que le capitalisme est le
système le plus avancé que les humains soient capables de
créer et que son seul problème est qu'il a certaines
faiblesses à corriger. Une fois qu'on les aura corrigées,
ce sera
un système plus humain. Selon ces idéologues, les
problèmes du capitalisme relèvent uniquement de la
politique gouvernementale. En d'autres mots, le système
capitaliste n'est pas examiné objectivement, il est vu par le
prisme des visées des capitalistes qui sont la force
économique dominante de la société. Ces points de
vue de la force
économique dominante, ses idées dominantes, exercent une
pression sur la classe ouvrière et les larges masses du peuple.
Au lieu de mesures permettant de s'attaquer à la situation dans
le sens objectif, on blâme des personnes ou des politiques
gouvernementales. On crée des illusions qu'en changeant les
attitudes, d'une personne ou d'un groupe de
personnes, la situation peut changer. Cela escamote le fait que la
société obéit à des lois objectives dans
son développement et son déclin.
Il y a environ un an et demi, s'adressant à un
groupe de personnes qui avaient entrepris un
« litige » contre certaines institutions, Hardial
Bains avait insisté sur le fait qu'il ne s'agit pas de trouver
qui blâmer dans le Parti et parmi le peuple. Il s'agit de
reconnaître que ces problèmes existent. Ils sont le
résultat de l'intensification de
la lutte de classe et il appartient au peuple de les résoudre
par un effort concerté. Il avait par ailleurs souligné
que le fait de passer par les tribunaux pour résoudre ce
problème revient à mener la lutte de classe contre le
peuple. Comment un tribunal bourgeois peut-il résoudre un
problème qui a son origine dans le fait qu'il y a des
êtres humains qui
sont pour l'ouverture de la voie au progrès de la
société et d'autres qui sont contre ?
Un des « plaignants » avait
déclaré : « C'est Hardial Bains qui est
responsable. » Ceci dit, il n'a pas proposé comment
on pourrait résoudre le problème
« causé » par Hardial Bains. Au contraire,
le problème demeure et les plaideurs poursuivent leur litige.
Qui plus est, on a demandé à la GRC
d'intervenir et de mener une « enquête
criminelle ». En d'autres mots, on vient de déclarer
que le problème relève de la loi et l'ordre. En somme,
les « plaignants » mènent la lutte de
classe en utilisant les tribunaux et la GRC. Leur prétention
à vouloir résoudre le problème n'était que
pour la galerie et visait à discréditer
Hardial Bains.
Cet exemple sert à mettre en évidence que
celui qui a accusé Hardial Bains d'être
prétendument « la cause » du
problème ne cherchait qu'à le diffamer. Il ne voulait pas
résoudre le problème. Les partis politiques bourgeois ont
l'habitude de s'accuser les uns les autres pour les problèmes
dans le but explicite et implicite de
discréditer leurs ennemis. Ces partis et ces organisations
politiques ne s'intéressent pas à résoudre les
problèmes. Ils s'accusent mutuellement des choses les plus
terribles, mais leur but est uniquement d'arriver au pouvoir. Cette
habitude de discréditer l'adversaire en créant des
« hommes de paille » ne rapproche personne de la
solution
du problème à résoudre.
Les êtres humains transformés sont le
produit de sociétés transformées. À
généralement parler, les êtres humains sont le
produit des conditions de leur travail. La condition de travail la plus
importante dans les institutions de la base technique du PCC(M-L) est
le fait que tous les moyens de production sont de
propriété collective et sont à la
disposition de la classe ouvrière pour établir une
société socialiste.
Si les personnes agissent suivant cette
réalité que les institutions de la base technique leur
appartiennent et qu'elles doivent les gérer en s'en tenant au
concept de bâtir une « forteresse du
communisme », elles seraient elles-mêmes
transformées et feraient le lien entre toutes les institutions
du même type, inspirant les autres à leur
emboîter le pas. Elles seraient des modèles de vie et de
travail humains. Cela contribuerait à l'élévation
du niveau idéologique et politique de la classe ouvrière
et des larges masses du peuple.
Le facteur humain/conscience sociale naît
spontanément en raison de la division de la
société en classes opposées. Toutes les mesures
prises pour encourager la croissance du facteur humain/conscience
sociale doivent être prises strictement en fonction du but
visé. Les notions de « forteresse du
communisme » et que les actifs
appartiennent au collectif favorisent la croissance du facteur
humain/conscience sociale.
Selon la thèse du 20 juillet, si les institutions
de la base technique produisent le facteur antihumain/anticonscience,
et ne défendent pas les notions de « bâtir une
forteresse du communisme » et que tous les actifs
appartiennent au collectif, cela signifie que ces institutions ne sont
pas utilisées pour élever le niveau idéologique et
politique du peuple. Qui plus est, ces institutions aboutiraient
à leur propre perte.
Il se mène une lutte très intense à
l'heure actuelle entre le facteur humain/conscience sociale et le
facteur antihumain/anticonscience. La bourgeoisie organise ses
entreprises et l'ensemble de la société capitaliste de
sorte que le facteur antihumain/anticonscience reste dominant.
Il ne peut y avoir de coexistence ou d'équilibre
entre le facteur antihumain/anticonscience et le facteur
humain/conscience sociale. Cette lutte n'est pas entre individus ;
la victoire du facteur humain/conscience sociale ne se réalise
pas par des conférences sur son essence ni par la lutte
acharnée d'un « guerrier solitaire » qui
essaie de tout faire par lui-même. Il s'agit de prendre toutes
les mesures nécessaires dans le sens objectif qui aideront
à sa croissance.
Le PCC(M-L) agit en tant que force de classe et il se
dote d'un plan pour gagner cette bataille. Ce plan requiert une action
extrêmement radicale et révolutionnaire de la part de
toutes les organisations du PCC(M-L) et de toutes les institutions de
la base technique pour faire un bilan et se donner un programme
militant pour avancer chacun sur
son front respectif. Il est clair que le PCC(M-L) ne permettra pas
l'utilisation de ses propres institutions pour spontanément
créer et produire le facteur antihumain/anticonscience, mais ce
n'est pas la question. La question, c'est que les institutions de la
base technique et toutes les organisations du PCC(M-L) doivent
être des facteurs favorisant la
croissance du facteur humain/conscience sociale.
Les problèmes qui existent au Canada ont leur
origine dans le fondement de la société canadienne et lui
sont inhérents. Ce système, c'est le capitalisme
monopoliste d'État. La solution à ces problèmes
est le renversement de ce système capitaliste monopoliste
d'État qui est à la base de la société et
l'établissement d'une société nouvelle qui
permet de résoudre la contradiction fondamentale à la
base de la société et de résoudre rapidement les
problèmes engendrés par le capitalisme.
Toute proposition qui détourne l'attention de la
nécessité de changer le fondement de la
société est acceptable à la bourgeoisie en autant
que le blâme ne soit pas attribué au système
capitaliste. Tantôt on blâme les politiques suivies par
certains partis, tantôt on dénonce certains capitalistes
assoiffés de sang ou même un secteur particulier de
l'économie, comme les banques. On considère toutes les
solutions sauf une : le renversement de la société
capitaliste monopoliste et son remplacement par un programme pro-social
qui mène à la construction du socialisme. Si une approche
de diversion similaire acceptable à la bourgeoise est prise en
ce qui concerne les institutions de la base
technique, les problèmes vont se multiplier pendant que les
travailleurs de ces institutions vont se quereller.
Le PCC(M-L) existe dans la forme de ses organisations et
des institutions qu'il a établies pour faciliter
différents aspects du travail, comme le bureau national, ses
publications et leur distribution et d'autres institutions de nature
technique. Des organisations de base du PCC(M-L) agissent à
l'intérieur de ces institutions pour leur fournir la
direction afin qu'elles ne dégénèrent pas en leur
contraire et ne commencent pas à agir contre les
intérêts des travailleurs. Les membres et sympathisants du
PCC(M-L) persistent dans ce travail avec esprit de dévouement.
Pour progresser, ces organisations doivent élargir et
développer leur actif.
Quels sont les actifs de ces organisations ? Le
plus grand actif matériel est la classe ouvrière et les
larges masses du peuple. Si les organisations du PCC(M-L) et les
institutions de la base technique fonctionnaient sur la base de l'appui
de la classe ouvrière et des larges masses du peuple, elles
contribueraient à élever leur niveau
idéologique et politique et à élargir leur actif.
Le plus grand actif spirituel des organisations du Parti
est la théorie qui guide leur pensée, la pensée
marxiste-léniniste contemporaine. Le travail pour
développer cette théorie tiendra compte de leur actif
suivant les conditions concrètes. Les plus grands actifs,
à côté de la classe ouvrière et de la
théorie, sont la lutte idéologique, la force
organisatrice et mobilisatrice, la réalisation du concept de
« forteresse du communisme ». Les organisations
du PCC(M-L) à différents niveaux et les institutions de
la base technique doivent s'engager dans une lutte idéologique
implacable suivant les conditions concrètes, en rehaussant
l'image et le profil de leur propre travail aux yeux
des masses.
La thèse du 20 juillet conclut de tout cela que
la tâche qui est devant les organisations du PCC(M-L) et les
institutions de la base technique est de développer leur travail
chacun dans son secteur respectif. La faiblesse dans le travail du
PCC(M-L) est causée par la pression de la régression qui
affecte les actifs du PCC(M-L) et cause beaucoup de
dommages. Ces dommages causés aux actifs du PCC(M-L) ne peuvent
pas être réparés sans que toutes les organisations
du PCC(M-L) et toutes les institutions de la base technique ne
mènent leur propre travail sur la base des ressources qu'elles
trouvent dans les conditions concrètes là où elles
ont été établies.
La thèse du 20 juillet affirme clairement que le
problème n'existe pas à cause d'un problème
d'« attitude » de telle ou telle personne ou de
la politique suivie par une organisation du PCC(M-L) ou une institution
de la base technique. Le problème a clairement son origine dans
la pression des forces de la régression, la pression de
classe qui vise à faire abandonner la tâche de
créer le facteur conscient, l'opposition à l'utilisation
du plein poids des ressources disponibles pour assurer le succès
de leur travail.
Une transition s'observe dans le travail de certaines
organisations du PCC(M-L) qui à l'origine dépendaient
entièrement des masses et qui sont maintenant devenues un
fardeau sur les épaules d'une poignée d'individus. On
peut en dire autant des institutions de la base technique qui
connaissent une sorte d'implosion et sont devenues un drain
des ressources du PCC(M-L). Le but de la thèse du 20 juillet est
de renverser la situation. Le PCC(M-L) doit être dans la classe
ouvrière comme un poisson dans l'eau. Toutes les organisations
du PCC(M-L) et les institutions de la base technique doivent avoir
l'appui des masses sur le front où elles agissent.
De tous les actifs de la société, le plus
important et le plus décisif est le facteur humain/conscience
sociale. Cet actif se développe lorsque les mesures sont prises
dans le sens objectif. Ces mesures doivent être prises par les
organisations du PCC(M-L) et les institutions de la base technique
elles-mêmes pour encourager la croissance de ce
facteur suivant les normes établies et en formulant de nouvelles
normes propres à la croissance de ce facteur. Ce n'est qu'en
remportant des succès dans leurs propres organisations que le
facteur humain/conscience sociale peut se développer et ce n'est
que par le développement du facteur humain/conscience sociale
que le succès peut être transformé
en victoire. Le travail de toutes les organisations du PCC(M-L) et des
institutions de la base technique dépend de l'engagement des
femmes, des travailleurs, des jeunes et des étudiants. Plus les
femmes sont engagées dans ce travail, plus le travail a des
chances de réussir, et c'est la même chose pour les
travailleurs, les jeunes et les étudiants.
En conclusion, la thèse du 20 juillet lance un
défi à toutes les organisations du PCC(M-L) et à
toutes les institutions de la base technique de contribuer à la
croissance du facteur humain/conscience sociale de sorte que tout ce
travail devienne invincible. Ce défi doit être
relevé tout de suite.

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