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Numéro 98 - 10
août 2014
Le Canada se joint aux sanctions
contre la Russie
Rejetons le bellicisme du gouvernement
Harper
 
Le Canada se joint aux
sanctions contre la Russie
• Rejetons le bellicisme du gouvernement Harper
Condamnons
l'utilisation de la «puissance intelligente» à des
fins d'ingérence dans les affaires intérieures des pays
souverains!
• Agissements suspects de l'Ambassade du Canada
au Venezuela
• Rejet du nouveau plan de subversion des
États-Unis à Cuba
À titre
d'information
• Discours du président Obama à
West Point: Poursuite de l'institutionnalisation des visées
d'ingérence et d'annexion des États-Unis -
Voice of Revolution
• Le retour de la guerre de George Orwell et
Big Brother en Palestine ; l'Ukraine et la Vérité - John Pilger
Le Canada se joint aux sanctions contre
la Russie
Rejetons le bellicisme du gouvernement Harper
Les États-Unis, l'Union européenne, la
Norvège, l'Australie, le Japon et le Canada ont annoncé
des sanctions contre des entreprises russes, des secteurs
économiques et de hauts responsables russes. Les sanctions
à l'encontre de hauts responsables du gouvernement et d'acteurs
de la vie économique russes restreignent leur capacité de
voyager.
Les sanctions économiques contre des entreprises et des secteurs
de l'économie russes limitent leur capacité de lever des
capitaux sur les marchés américains et européens,
d'importer et d'exporter certains produits, et
généralement de faire des affaires avec les pays qui ont
imposé ces sanctions. Les sanctions financières en
particulier peuvent avoir
des répercussions qui dépassent le cadre des relations
bilatérales avec les pays qui ont imposé les sanctions,
car le dollar américain exerce une hégémonie et
son influence presque partout dans le monde.
Les raisons invoquées pour justifier les
sanctions contre la Russie varient d'un pays à l'autre. La
dictature Harper s'est montrée extrêmement violente et
belliciste dans ses déclarations, a accusé la
Fédération de Russie d'agression en Ukraine et s'en est
prise à la personne du président Poutine. Stephen Harper
pousse les médias de masse à
créer de l'hystérie parmi la population qu'une guerre avec
la Russie sera peut-être nécessaire pour protéger
les valeurs conservatrices intégristes et les
intérêts nationaux du Canada. À cette fin, Stephen
Harper a clairement pris position dans les conflits politiques qui
secouent l'Ukraine en fournissant de l'argent et du matériel
militaire à la faction qui
a récemment pris le pouvoir par un coup d'État dans la
capitale Kiev.
Le président élu a
été
renversé par la force par le coup d'État de Kiev et le
nouveau régime fait maintenant la guerre à l'Est de
l'Ukraine, où beaucoup parmi la population demandent une
structure fédérale renouvelée avec une plus grande
autonomie régionale. La guerre du régime putschiste contre
les Ukrainiens dans l'Est a fait près d'un
millier de morts, provoqué la destruction en vol d'un avion
civil étranger, détruit une grande partie de
l'infrastructure de la région et forcé 800 000
réfugiés à fuir les bombardements et les tirs
d'artillerie de Kiev pour se réfugier en Russie.
En représailles de ces sanctions, la
Fédération de Russie a annoncé une interdiction
d'un an des produits de l'agriculture provenant de pays ayant
imposé des sanctions à la Russie, à l'exception du
Japon. Cette interdiction nuira considérablement au secteur du
porc du Canada, dont les ventes croissantes à la Russie en ont
fait le troisième plus
grand marché étranger de viande de porc.
Les sanctions sont une arme
politique aux mains des pays
les plus puissants. L'impérialisme américain a fait un
grand usage de l'arme des sanctions depuis le début du XXe
siècle pour étendre son empire, briser la
résistance des nations en lutte pour échapper à
son emprise économique et politique et pour isoler et
étrangler l'Union soviétique.
Les sanctions sont des mesures inutiles pour les petits pays dont la
capacité commerciale est limitée, sauf s'ils font front
commun, comme cela a été fait pour faire tomber le
régime raciste d'apartheid d'Afrique du Sud.
Souvent, les pays puissants élargissent les
sanctions pour en faire un blocus, comme le blocus abominable de Cuba
par les États-Unis qui dure depuis des décennies, le
blocus de l'Irak qui a tué des centaines de milliers d'enfants
et affaibli le pays jusqu'au point de l'effondrement et le blocus
génocidaire contre les Palestiniens de la bande de
Gaza par les États-Unis, en collaboration avec l'entité
coloniale sioniste et l'armée égyptienne.
Les armes politiques des sanctions et des blocus sont
souvent un prélude à la guerre, à l'occupation et
à l'annexion, comme cela est arrivé en Irak, en
Yougoslavie et en Libye. Ces pays étaient de petits pays qui
n'étaient pas capables de se défendre contre la puissance
militaire de l'impérialisme américain et de ses
collaborateurs bâtisseurs
d'empire. Attaquer la Russie avec des sanctions et parler en termes
guerriers d'élargir la politique des sanctions à un
blocus et à la guerre, comme le fait la dictature de Harper,
confronte les Canadiens à une situation différente et
très dangereuse. La Russie n'est pas l'Irak, la Yougoslavie ou
la Libye. La Russie est un grand pays avec un vaste
territoire, des ressources considérables et une armée
puissante qui possède des armes nucléaires et les moyens
de lâcher ces bombes n'importe où dans le monde, y compris
au Canada.
Qu'espère obtenir la dictature Harper avec son
activité belliciste concernant la Russie ? Veut-elle la guerre ?
Les Canadiens devraient réfléchir sérieusement
à la situation et discuter du discours politique de fauteur de
guerre de Harper. Pour la plupart, les gens ne connaissent des
contradictions et des combats qui ont lieu en Ukraine que ce que Harper
et les médias ont dit. L'image de la situation qu'ils donnent
présente la Russie comme
un agresseur, décidé à s'emparer de toute
l'Ukraine, et les auteurs du coup d'État à Kiev comme des
saints vertueux qui défendent la démocratie et des
valeurs fondamentalistes similaires à celles de Harper.
L'expérience du peuple nous apprend que la politique ici ou
à l'étranger n'est jamais aussi simple.
Au Canada, Stephen Harper tend à présenter
toutes les questions sous l'angle des justes contre les
pécheurs. Les justes sont invariablement ceux qui occupent des
postes d'autorité et de privilèges politiques et
économiques, tandis que les pécheurs sont ceux qui
défendent leurs droits, en particulier la classe
ouvrière, la nation québécoise, les
Premières Nations et les plus vulnérables. La dictature
Harper mène un combat constant pour transformer le Canada en un
pays où les gens qui défendent leurs droits et même
la Terre Mère sont criminalisés.
À tout le moins, Harper est très rigide
dans sa pensée et ses actions. Sachant cela et connaissant ce
que fait Harper au Canada, ne devrions-nous pas nous montrer
très prudents avant d'accepter ses arguments pour des sanctions
et la guerre contre d'autres ?
La crise qui frappe
l'Ukraine existe à divers
degrés dans toutes les anciennes républiques de l'Union
soviétique, qui cherchent leur voie dans des conditions
nouvelles et doivent en même temps se battre contre
l'ingérence arrogante des agents de l'impérialisme
américain. Les Canadiens pourraient bientôt entendre
parler des luttes en Moldavie et
en Arménie, similaires à celles en Ukraine. En Ukraine,
non seulement les régions orientales rejettent le régime
putschiste de Kiev, mais aussi à l'Ouest, comme en Transcarpatie
où beaucoup s'interrogent sur l'orientation qui leur est
imposée. L'Ukraine fait l'expérience de la lutte de
classes, de l'ingérence impérialiste et d'un effort pour
donner
une direction nouvelle au pays. Certains éléments en
Ukraine ont accepté la politique d'annexion à l'Empire
des États-Unis et de l'OTAN, tandis que d'autres rejettent cette
ligne et veulent bâtir autre chose, qui soit leur propre fait,
indépendant des grandes puissances. Qui sommes-nous pour juger
et nous ingérer ?
Il ne serait pas du tout surprenant de voir ceux qui
sont au pouvoir à Ottawa, qui ont annexé le Canada
à l'impérialisme américain, glorifier l'annexion
du monde entier à l'empire américain, y compris l'Ukraine
et la Russie.
Les Canadiens résistent aux attaques contre leurs
droits et à l'offensive antisociale ici au Canada et luttent
activement pour engager le Canada sur une voie pro-sociale, libre de
l'influence de l'empire des États-Unis et des fondamentalistes
de Harper. Les travailleurs doivent rejeter la politique belliciste de
Harper à l'étranger tout aussi
vigoureusement qu'ils rejettent sa politique antisociale et capitularde
au Canada.
Les Canadiens épris de paix, de toutes origines,
de toutes professions doivent s'unir pour combattre la politique
guerrière de Stephen Harper et contribuer à
l'établissement d'un gouvernement antiguerre et pro-social au
Canada.

Condamnons l'utilisation de la «puissance intelligente» à des fins d'ingérence
dans les affaires intérieures des pays souverains!
Agissements suspects de l'Ambassade
du Canada au Venezuela
Au Venezuela, les
activités de l'Ambassade du
Canada et du nouvel ambassadeur du Canada au Venezuela, Ben Rowswell,
nommé par Stephen Harper à la fin de février 2014,
et qui, sans tambour ni trompette, est entré dans ses
nouvelles fonctions en mars, font l'objet d'une opposition grandissante.
Mision Verdad, un blogue du Venezuela, décrit par
ses auteurs comme transmettant « des informations pour informer
et pour dénoncer » et comme étant libre de la
manipulation qui caractérise les médias
contrôlés par les riches, a publié récemment
un article sur les activités du nouvel ambassadeur du Canada au
Venezuela intitulé « Qui est
l'ambassadeur du Canada au Venezuela? » Une des premières
questions posées dans cet article est: pourquoi le Canada a-t-il
nommé un de ses cadres « de choc », qui compte parmi
ses affectations passées certaines des pires zones de conflit
dans le monde, pour être son nouveau représentant au
Venezuela ?
Dans cet article, il est souligné que
l'arrivée de Rowswell à la mi-mars a coïncidé
avec la suspension « pour des raisons de sécurité
» des vols d'Air Canada vers le Venezuela et est survenue peu
après l'adoption à la Chambre des communes d'une
résolution sur le Venezuela. Cette résolution avait
été présentée par le porte-parole en
matière
d'affaires étrangères du NPD, Paul Dewar, et avait
reçu le consentement unanime de tous les partis à la
Chambre. Elle était une condamnation du gouvernement
vénézuélien basée sur de fausses
informations de « défenseurs des droits humains »
liés aux forces réactionnaires derrière les
manifestations de déstabilisation du pays qui avaient lieu
à
cette période au Venezuela.
L'article donne ensuite des informations sur ce que Ben
Rowswell, décrit comme « un expert en matière de
gestion des conflits » et de « renforcement de
l'État », a fait depuis le début des années
1990. Sans aucun doute, le plus pertinent à son affectation au
Venezuela est que « pendant qu'il supervisait les "transitions
démocratiques" en
Afghanistan, en Irak et en Égypte, le jeune attaché s'est
spécialisé dans l'utilisation des médias sociaux
dans le cadre des missions diplomatiques pour interagir directement
avec les acteurs non étatiques et esquiver de fait le
gouvernement du pays. »
Le journaliste
vénézuélien bien
connu et ancien vice-président durant le premier mandat du
Président Hugo Chavez, José Vicente Rangel, a
récemment exposé et dénoncé les
activités louches qui auraient lieu à l'ambassade du
Canada. Lors de de son émission télévisée
hebdomadaire sur Televen du 6 juillet, il a révélé
qu'il existait des rapports
selon lesquels des membres d'une importante agence de renseignement
reconnue internationalement sont introduits au Venezuela par
l'intermédiaire de la mission diplomatique du Canada.
Sur la base de rapports du renseignement, a-t-il dit, on
estime qu'au cours des trois derniers mois, quelque 30 agents,
spécialistes de la déstabilisation, sont entrés de
cette façon au Venezuela. Il a dit qu'ils régularisent
ensuite leur situation par le biais d'une entreprise qui fournit des
services à de grandes entreprises opérant dans le pays.
Cette
entreprise est dirigée par un ancien officier de la Garde
nationale qui faisait partie des insurgés de l'occupation de
la Place Altamira, située dans un quartier riche de Caracas, en
2002, après la tentative de coup d'État manqué
contre le gouvernement du président Hugo Chavez par les forces
militaires et politiques liées aux États-Unis. De plus en
plus, l'ambassade du Canada semble être mêlée
à des activités louches contre le gouvernement
constitutionnel du Venezuela, dit Rangel.
Comme il fallait s'y attendre, dit Mision Verdad dans
son article, suite aux révélations de José
Vincente Rangel, l'ambassade du Canada a catégoriquement
rejeté ces accusations, les qualifiant de « pures
inventions ». Cependant, en même tant que Ben Rowswell
démentait publiquement ces accusations, l'ambassade tenait une
de ses activités de
diplomatie directe à l'intention de plusieurs ONG
invitées à « discuter des droits de l'homme ».
L'article note que, bien que Ben Rowswell donne
l'impression que les initiatives de démocratie directe de
l'ambassade du Canada sont ouvertes à toutes les opinions,
indépendamment des opinions politiques des invités, le
point de vue du gouvernement canadien est clair, comme le montre son
appui monolithique aux décisions des États-Unis sur
la scène géopolitique mondiale. Cela inclut
l'adhésion du Canada à l'OTAN, son rôle à
l'OEA et aux Nations unies, et son appui à certaines des plus
grandes sociétés minières du monde, comme Barrick
Gold, qui saccagent des pays comme la Colombie, le Pérou et
l'Argentine.

Rejet du nouveau plan de subversion
des États-Unis à Cuba
Le 5 août, le ministère des affaires
étrangères de Cuba a demandé dans un
communiqué que les États-Unis cessent leur activité
subversive dirigée contre
le gouvernement cubain. On y lit : « Une nouvelle fois se
confirment les dénonciations renouvelées du gouvernement
cubain concernant les plans subversifs
que le gouvernement des États-Unis ne cesse de mener contre
Cuba. » Le communiqué fait suite à des rapports
d'agences de nouvelles étasuniennes au sujet
d'un projet financé par l'Agence de développement
international des États-Unis (USAID) ayant pour objectif d'influencer
négativement la jeunesse cubaine. Ce
projet, dont le gouvernement des États-Unis a accepté
honteusement la conception et l'exécution, prétendait
convertir en acteurs politiques des jeunes cubains,
préalablement identifiés par des émissaires
latino-américains recrutés à cette fin, et les
organiser pour agir contre le gouvernement cubain. Cela faisait suite
aux
rapports en avril à propos d'une opération clandestine
appelée Zunzuneo.
Le gouvernement cubain affirme : « Ces faits
confirment que le gouvernement des États-Unis n'a pas
renoncé à ses plans hostiles et d'ingérence contre
Cuba, qui prétendent créer des situations de
déstabilisation afin de provoquer des changements dans notre
système politique et auxquels ils consacrent des
millions de dollars chaque année.
« Le gouvernement des États-Unis doit cesser
définitivement toutes ses actions subversives, illégales
et secrètes contre Cuba, qui portent atteinte à notre
souveraineté et à la volonté exprimée par
le peuple cubain de perfectionner notre modèle économique
et social, et renforcer notre démocratie. »
Granma International rapporte que les
caractéristiques de ce nouveau plan de subversion le placent
dans la catégorie d'une agression non
conventionnelle et affirme que ce type de guerre vise à
provoquer un changement de régime dans les pays que les États-Unis considèrent comme hostiles à leurs
intérêts, c'est-à-dire un changement de
régime sans une intervention militaire conventionnelle, par des
moyens beaucoup moins coûteux pour le pays agresseur
mais pas pour les victimes.
Le programme a été lancé peu
après l'assermentation du président Barack Obama en 2008,
alors que ce dernier s'engageait à établir « un
nouveau départ »
dans les relations entre les États-Unis et Cuba, écrit Radio
Havana.
« L'idée d'un conflit militaire
traditionnel, avec des bombardiers et des avions de combat, des chars
et autres armes conventionnelles qui tuent et détruisent
fait toujours partie de la pensée militaire étasunienne,
mais l'agression non conventionnelle est de plus en plus
présente dans les plans de la principale puissance
impérialiste du monde. [...] USAID, une institution sous le
contrôle du département d'État, est devenue
l'exécuteur par excellence de ce nouveau type
d'intervention hostile. Cuba, bien entendu, n'est jamais absente de la
liste des pays ciblés, aux côtés de la Syrie, de la
Libye et du Venezuela », écrit Radio Havana
Cuba.
L'agence AP nous apprend qu'en vertu de ce nouveau
programme, des dizaines de jeunes ont été envoyés
à Cuba en provenance du Venezuela, du Costa
Rica et du Pérou pour renforcer l'opposition politique au
gouvernement cubain.
L'atteinte à la souveraineté de Cuba est
dénoncée
La Ligue de la jeunesse communiste cubaine, dans un
communiqué du 7 août, dénonce
l'utilisation de jeunes latino-américains par le projet USAID. « Nous jeunes communistes cubains rejetons et condamnons ces
manoeuvres et réitérons notre ferme
opposition à toutes les tentatives de l'empire de provoquer une
sale guerre contre notre pays. »
Les pays membres de l'Alliance bolivarienne des peuples
de notre Amérique-Traité de commerce des peuples
(ALBA-TCP) a émis un communiqué le 7
août dans lequel elle exprime son indignation devant
l'ingérence des États-Unis dans les affaires intérieures
de Cuba :
« Ce projet immoral, dont le gouvernement des
États-Unis reconnaît, avec cynisme, la conception et la
mise en route, confirme le caractère hostile et
d'ingérence de la politique étasunienne à
l'égard de Cuba et son objectif de provoquer des situations de
déstabilisation tendant au renversement de l'ordre
politique, économique et social de ce pays frère.
« L'ALBA-TCP condamne ce nouveau plan contre Cuba,
et exige avec fermeté la cessation des actions de subversion,
illégales et secrètes de la part du
gouvernement des États-Unis, qui portent atteinte à la
souveraineté et au droit du peuple cubain à
l'autodétermination.
« Les pays membres de l'ALBA-TCP expriment leur
plus profonde solidarité envers la République de Cuba et
exigent au gouvernement des États-Unis de
respecter la volonté exprimée par le peuple cubain de
continuer à perfectionner son modèle économique et
social et consolider sa démocratie, sans ingérence
extérieure. »
Des législateurs américains et des
activistes du secteur de la santé aux États-Unis ont
critiqué les plans de Washington d'exploiter la lutte au
VIH-Sida à
Cuba pour faire de l'activisme politique, soulignant que ce type
d'opérations clandestines met à risque les programmes
d'aide en santé des États-Unis ailleurs
dans le monde. Selon les documents préparés pour le
programme financé et supervisé par USAID, tels que
cités par l'Associated Press, la campagne de lutte
contre le VIH a été « l'excuse parfaite » pour
se livrer à une activité politique.
Le sénateur démocrate Patrick Leahy, qui
préside une commission chargée de superviser les budgets
de USAID, a dit que ce serait très irresponsable de
la part de l'agence de concevoir un programme de lutte au VIH avec un
objectif politique.

À titre d'information
Discours du président Obama à West Point:
poursuite de l'institutionnalisation des visées
d'ingérence et d'annexion des États-Unis
- Voice of Revolution-
Le 28 mai 2014, le président Obama a
prononcé un discours à
l'occasion de la remise des diplômes à l'Académie
militaire de West
Point. Ce discours est présenté comme un important
discours de
politique étrangère des États-Unis. Comme on
pouvait s'y attendre, le
président Obama a souligné que les États-Unis
continueront de recourir
à la
force militaire partout dans le monde et à tout faire pour
maintenir
leur empire mondial. Tout au long de son discours, il a défendu
les
guerres, les frappes de drones et l'ingérence criminelles des
États-Unis dans le monde entier, affirmant que les
États-Unis allaient
continuer d'entreprendre des actions unilatérales et de « ne jamais
demander la permission » de le faire.
Le président Obama a
aussi fait valoir que
l'armée serait plus que
jamais utilisée à des fins de « formation »
et de « développement »
partout dans le monde. L'armée doit travailler directement avec
les
militaires d'autres pays. Elle fera équipe avec les diplomates
des
États-Unis pour veiller à ce que le «
développement » dans les pays
d'Asie,
d'Afrique et d'Amérique latine se fasse conformément aux
exigences des
États-Unis. Cela comprend esquiver les gouvernements et
travailler
directement avec les organisations non-gouvernementales, les
réseaux et
les « simples citoyens ». Obama oeuvre à la mise en
place de
financement et d'institutions à ces fins, comme par exemple le
Fonds de
partenariats contre le terrorisme, qui sera financé à la
hauteur de 5
milliards $ pour « dispenser des formations, renforcer les
capacités
et faire office de facilitateur dans les pays partenaires en
première ligne ». Il a aussi appelé à
l'expansion de l'alliance
militaire de l'OTAN « par-delà les frontières de
l'Europe ».
Actions unilatérales et partenariats
Exprimant à la
fois l'impuissance et l'arrogance des États-Unis face aux luttes
des
peuples du monde pour le progrès, Obama a dit: «
l'Amérique a rarement
été aussi forte par rapport au reste du monde. Ceux qui
prétendraient
le contraire — qui suggéreraient que l'Amérique est en
déclin, ou que
son leadership dans le monde s'amenuise — sont en train soit de mal
interpréter l'histoire, soit de faire de la politique
politicienne.
Réfléchissez-y. Nos forces armées sont
inégalées.... Les États-Unis
sont donc et demeurent une nation indispensable. Cela était vrai
au
cours du siècle écoulé et cela le restera au
siècle prochain.»
Commentant les divergences au sein des cercles
dominants sur
comment les États-Unis peuvent consolider leur empire, il a
présenté
les deux extrêmes, l'un prônant l'intervention militaire
à tout prix,
et l'autre prônant l'isolationnisme. Il a ensuite
présenté la doctrine
Obama comme étant celle qui était au centre.
« L'Amérique doit toujours montrer la voie
sur la scène
internationale. Si nous ne le faisons pas, personne ne le fera.
L'armée
dont vous êtes devenus membres est, et sera toujours,
l'épine dorsale
de ce leadership. Mais une intervention militaire américaine ne
peut
pas être la seule — ni même la principale — composante de
notre
leadership en
toutes circonstances. Ce n'est pas parce qu'on a le meilleur marteau
qu'on doit voir chaque problème comme un clou. »
Il a ensuite souligné que les États-Unis
étaient prêts à entreprendre des actions militaires
unilatérales et préventives :
« D'abord, je tiens à répéter
un principe que j'ai énoncé au début
de mon mandat présidentiel : les États-Unis feront usage
de la force
militaire, unilatéralement lorsque cela s'impose, quand nos
intérêts
cruciaux l'exigent — lorsque notre peuple est menacé, lorsque
nos
moyens d'existence sont en jeu, lorsque la sécurité de
nos alliés est
en
danger. Dans ces circonstances, nous nous poserons toujours les
mêmes
questions difficiles pour savoir si nos actions sont bien
proportionnées, efficaces et justes. L'opinion internationale
compte,
mais l'Amérique ne doit jamais demander la permission de
protéger notre
peuple, notre patrie ou notre mode de vie.
« En revanche,
lorsque des problèmes
à l'échelle mondiale ne
constituent pas une menace directe pour les États-Unis, lorsque
des
problèmes de ce genre sont en jeu — quand une nouvelle crise
tiraille
notre conscience ou met le monde sur une voie plus dangereuse sans pour
autant nous menacer directement — la barre pour une intervention
militaire doit alors être placée plus haut. Dans de telles
circonstances, nous ne devons pas agir seuls. Nous devons plutôt
mobiliser nos alliés et partenaires pour entreprendre une action
collective. Nous devons élargir la gamme de nos outils pour y
inclure
la diplomatie et le développement ; les sanctions et l'isolement
; les
appels au droit
international ; et, si elle se révèle juste,
nécessaire et efficace,
l'action militaire multilatérale. »
Cette action militaire multilatérale comprend
aussi l'expansion de
l'OTAN. En ce sens, Obama a dit : « L'OTAN est l'alliance la plus
robuste que le monde ait jamais connue. Mais nous travaillons
maintenant avec des alliés de l'OTAN pour exécuter de
nouvelles
missions, aussi bien en Europe même où nos alliés
de l'Est doivent être
rassurés
que par-delà les frontières de l'Europe où nos
alliés de l'OTAN doivent
fournir leur part d'efforts pour contrer le terrorisme, réagir
face aux
États en complète déliquescence et former un
réseau de partenaires ».
Ces commentaires et d'autres de la part d'Obama
indiquent clairement
que les États-Unis ont l'intention d'avoir recours
unilatéralement aux
actions militaires, aux drones et aux forces d'Opérations
spéciales. Il
l'a exprimé ainsi : « Il y a des moments où ces
actions (les frappes de
drones) sont nécessaires et nous n'avons pas droit à
l'hésitation
quand il s'agit de protéger notre peuple ». Obama veut
aussi multiplier
les outils d'intervention et d'annexion, engageant les armées et
les
gouvernements d'autres pays à appuyer l'action des
États-Unis sur tous
« les problèmes d'importance mondiale ». Il a
ajouté : « Nous devons
donc formuler une stratégie qui étende notre
portée sans que nous
ayons à envoyer des forces dont le déploiement est une
charge trop
lourde pour notre armée ou attise le ressentiment des
populations
locales. Nous avons besoin de partenaires avec nous pour combattre les
terroristes. Donner des moyens d'action aux partenaires, c'est en
grande partie ce que nous avons fait et continuons à faire en
Afghanistan.
»
Fonds de partenariats contre le terrorisme
Pour
Obama, l'Afghanistan est un bon exemple des types de partenariat qu'il
a en tête. Il a dit que des « centaines de milliers de
soldats et de
policiers afghans » ont été formés. Il a
aussi dit que la leçon à tirer
de l'Afghanistan était que « nos forces armées sont
devenues les
champions
les plus résolus de la diplomatie et du développement.
» Mais
l'expérience nous montre qu'il s'agit en fait de destruction et
de
contrôle des États-Unis, par les États-Unis et pour
les États-Unis et
leurs monopoles dans leurs propres intérêts et non d'un
développement
dans les intérêts du peuple. Il en va de même pour
les militaires et
les policiers
formés. Suivant le modèle des militaires
américains, ils agissent non
pas en tant que force favorisant le développement mais
plutôt en tant
que force de répression du peuple. Les États-Unis
laissent également
environ 10 000 soldats d'occupation pour au moins un autre deux ans.
Le président Obama
évite de parler du
lourd bilan de morts, de
destruction et de violence résultat des guerres d'agression
illégales
des États-Unis contre l'Afghanistan et l'Irak. Il ne dit mot non
plus
de la responsabilité des États-Unis de payer des
réparations et
d'assumer la responsabilité de ses crimes, notamment les
massacres de
civils, la
destruction d'infrastructure civile, et l'empoisonnement de la
population et de l'environnement par les déchets toxiques et
radioactifs , ainsi que les graves problèmes de santé des
populations
d'Irak et d'Afghanistan. Il parle plutôt des plans des
États-Unis d'institutionnaliser ses ingérences et ses annexions partout
dans le
monde.
Barack Obama déclare: « notre
présence réduite nous permet de nous
attaquer plus efficacement aux menaces naissantes au Moyen-Orient et en
Afrique du Nord. Dès lors, cette année, j'ai
demandé à mon équipe de
sécurité nationale de formuler un plan pour constituer un
réseau de
partenariats de l'Asie du Sud au Sahel. Aujourd'hui, dans le
cadre de cet effort, je demande au Congrès d'approuver un
nouveau
Fonds, le Fonds de partenariats contre le terrorisme, à hauteur
de 5
milliards de dollars, ce qui nous permettra de dispenser des
formations, de renforcer les capacités et de faire office de
facilitateur dans les pays partenaires en première ligne. Ces
ressources nous donneront la
souplesse nécessaire pour exécuter différentes
missions, y compris
l'entraînement des forces de sécurité au Yemen qui
sont passées à
l'offensive contre Al-Qaïda, le soutien à une force
multinationale pour
maintenir la paix en Somalie, le travail avec les alliés
européens pour
former en Libye des forces de sécurité et une police des
frontières
opérationnelles, ou encore l'aide aux opérations
françaises au Mali. »
Il ajoute que les États-Unis continueront de
financer les forces
violentes en Syrie et de s'ingérer en Jordanie, au Liban, en
Turquie et
en Irak, tout en veillant à ce que ces partenaires continuent
« de
contribuer de façon équitable ». Même sans
l'adoption du 5 milliards $
par le Congrès, qui est presque assurée, en tant que
président, Barack
Obama peut aller de l'avant avec les partenariats, les formations, le
développement et d'autres formes d'ingérence et
d'annexion - comme on
peut le voir en Afrique en ce moment.
Le président Obama explique davantage comment il
compte
institutionnaliser ses interventions dans le monde. S'adressant aux
cadets, il leur a dit qu'ils feront partie « d'une équipe
qui va
au-delà de vos unités ou même de nos Forces
armées comme telles, car au
cours de votre service militaire vous allez travailler en équipe
avec
des diplomates
et des experts en développement. Vous allez connaître nos
alliés et
former nos partenaires. Vous serez l'incarnation même d'une
Amérique
qui dirige le monde ». Cette équipe « formera des
alliances non
seulement avec les gouvernements, mais aussi avec les simples citoyens
».
Ainsi, du revers de la main, la souveraineté est
complètement
éliminée, le recours à la force militaire dans
tous les aspects de la
vie est sanctionné et promu, et toutes les normes
régissant les
relations entre gouvernements remplacées par des relations
militaires
avec quiconque les États-Unis décident de financer et
d'appuyer. Les
résultats de
cette direction sont déjà évidents en Syrie,
où les tentatives de
changement de régime des États-Unis ont donné lieu
au chaos, à la mort
et aux souffrances. Aussi cette direction est visible dans les
tentatives répétées des États-Unis de
renverser le gouvernement du
Venezuela, d'abord celui d'Hugo Chavez et maintenant celui du
président
Maduro.
L'« opposition » et les « rebelles
» auxquels les États-Unis
fournissent financement et armes sont au nombre des « simples
citoyens
» dont parle Barack Obama, tout comme le sont les organisations
non-gouvernementales, les institutions d'enseignement et d'autres. Il
veut mettre en place, au bénéfice du pouvoir
exécutif, un appareil
militaire
engagé dans la militarisation de tous les aspects de la vie au
pays et
à l'étranger. Il n'y aura désormais plus aucun
débat quant à savoir si
l'armée doit être impliqué dans le
développement, et il n'y aura plus
de débat si la diplomatie et tous les autres aspects de
l'intervention
des États-Unis doivent être subordonnés à
l'armée. Tout est désormais
subordonné à l'armée qui sera au poste de commande
sur tous les fronts.
Avertissement au Congrès
Obama déclare aussi que
l'armée plutôt « nos milieux du renseignement
» assumera une plus
grande responsabilité pour fournir des informations au public
sur les
actions des États-Unis: « Nous devons être plus
transparents en ce qui
concerne aussi bien le fondement de nos mesures de lutte antiterroriste
que la manière dont nous les exécutons. Nous devons
pouvoir les
expliquer publiquement, qu'il soit question de frappes de drones ou de
la formation de nos partenaires. Je vais compter de plus en plus sur
nos forces armées pour qu'elles prennent l'initiative de fournir
des
informations au public sur nos efforts. Nos milieux du renseignement
ont fait
un travail remarquable, et nous devons continuons à
protéger nos
sources et nos méthodes. Mais quand nous ne pouvons pas
expliquer nos
efforts clairement et publiquement, nous nous exposons à la
propagande
des terroristes et à la méfiance de la communauté
internationale, nous
érodons notre légitimité aux yeux de nos
partenaires et de notre
population, et nous rendons notre gouvernement moins responsable.
»
Ainsi Obama réfléchit tout haut sur les
divergences sans fin au sein
des cercles dominants alors que le pouvoir est de plus en plus
concentré au sein du cabinet du président et que ceux qui
se trouvent à
l'extérieur, comme la CIA et la NSA rivalisent pour d'autres
sources de
pouvoir. Aussi le rôle du Congrès de décider du
recours à la force
militaire est en grande partie éliminée par ce réseau
de Partenariats
contre le terrorisme. Le président Obama cherche aussi à
limiter le
rôle de la CIA et des autres agences du renseignement qui sont
plus
indépendantes de l'armée, notamment en donnant un plus
grand contrôle à
l'armée et à son Commandement du groupe
opérationnel interarmées
(JSOC) sur l'utilisation des drones à des fins militaires.
C'est aussi une tentative de manipuler la colère
du public contre la
NSA et sa perte de légitimité. Obama veut que les yeux
restent tournés
vers l'agence de sécurité nationale plutôt que sur
l'armée, qu'il
présente comme étant le plus puissante au monde,
l'essence même de
l'âme américaine.
Ainsi, il indique clairement que les forces militaires
des
États-Unis et leurs partenariats seront utilisées au pays
et à
l'étranger. C'est un avertissement lancé au
Congrès mais aussi au
peuple qu'ils doivent se soumettre à l'armée et à
son commandant
suprême.
Le but du président Obama n'est pas de mettre
fin aux crimes de
guerre d'agression et d'ingérence des États-Unis. Au
contraire, il
veut s'assurer de la mise en place d'un appareil militaire flexible en
mesure d'entreprendre des actions unilatérales, de se livrer
à la guerre
de drones et de dicter le développement politique et
économique des
pays
partout dans le monde. Il s'agit d'une direction des plus dangereuses
qui ne peut mener qu'à des guerres et à une destruction
encore plus
intenses.
Partout au pays et à l'étranger les gens
sont unis dans leurs
demandes : le rapatriement immédiat de tous les soldats
américains ! Les
peuples veulent une nouvelle direction dans des relations
internationales, basée sur l'avantage et le respect
réciproques, et non
sur l'ingérence et l'annexion. La politique
étrangère des États-Unis ne
peut
contribuer à la paix mondiale que sur la base de la
défense des droits
de tous chez-soi et à l'étranger !

Le retour de la guerre de George Orwell et Big
Brother en Palestine ; l'Ukraine et la Vérité
- John Pilger * -
« Le despotisme est un mode de
gouvernement légitime si l'on a affaire à des barbares,
à condition que le but soit leur amélioration, et les
moyens sont
justifiés par l'accomplissement effectif de ce programme. »
- John Stuart Mill,
« De la liberté », 1859
L'autre soir, je suis
allé voir une
interprétation de 1984,
de
George
Orwell,
dans
un
théâtre de Londres. Bien qu'une
mise à jour contemporaine eut été
intéressante, l'avertissement d'Orwell n'y fut présent
que sous la forme d'un exercice de style : distant, pas le moins du
monde menaçant, quasiment rassurant.
Comme si Edward Snowden n'avait rien révélé, que
Big Brother n'était pas devenu un espion numérique, et
qu'Orwell lui-même n'avait jamais dit : « Pour
être corrompu par le totalitarisme, nul besoin de vivre dans un
pays totalitaire ».
Encensé par les critiques, cette production
talentueuse était à la mesure culturelle et politique de
notre époque. Quand les lumières se sont
rallumées, les
gens étaient déjà en train de sortir. Ils ne
semblaient pas avoir été touchés, ou
peut-être que d'autres distractions les attendaient. «
Quelle prise de tête ! », s'est
exclamée une jeune demoiselle, en allumant son
téléphone.
À mesure que les sociétés
avancées se dépolitisent, les changements sont à
la fois subtils et spectaculaires. Dans les discours quotidiens, le
langage politique
est une inversion, comme Orwell l'avait prédit dans 1984.
« Démocratie » n'est plus qu'un outil de
rhétorique. « La Paix » c'est en
réalité un état de guerre
perpétuelle. « Global » signifie
impérialiste. Le concept de « réforme »,
autrefois porteur d'espoir, signifie aujourd'hui régression,
voire destruction. « Austérité
» signifie le passage au capitalisme extrême pour les
pauvres et au socialisme pour les riches : un système
ingénieux où la majorité travaille à
rembourser des
dettes, au profit de la minorité.
Dans les arts, l'hostilité vis-à-vis des
vérités politiques est un article de la foi bourgeoise.
« La période rouge de Picasso », titrait un journal,
« et pourquoi
la politique et l'art ne font pas bon ménage ». Imaginez
cela dans un journal qui aurait fait la promotion du bain de sang de
l'Irak en tant que croisade libérale.
L'opposition au fascisme qui a marqué la vie de Picasso n'est
plus qu'un détail, comme le radicalisme d'Orwell qui s'est
détaché de son nom.
Il y a quelques années, Terry Eagleton, alors
professeur de littérature anglaise à l'université
de Manchester, admit que « pour la première fois depuis
deux
siècles, il n'y a pas d'éminent poète britannique,
de metteur en scène, ou de romancier prêt à
remettre en cause les fondamentaux du style de vie occidental ».
Aucun Shelley ne parle pour les pauvres, pas de Blake pour
défendre les rêves des utopistes, ni de Byron pour maudire
la corruption et la classe dominante,
et pas de Thomas Carlyle ni de John Ruskin pour révéler
le désastre moral qu'est le capitalisme. William Morris, Oscar
Wilde, HG Wells, George Bernard Shaw
n'ont aucun équivalent aujourd'hui. Harold Pinter fut le dernier
à s'insurger. Parmi les voix du
"consumé-féminisme", aucune ne fait écho à
celle de Virginia
Woolf, qui décrivait "les arts de domination des autres peuples
de régner, de tuer, d'acquérir la terre et le capital".
»
Au théâtre national, une nouvelle
pièce, « Grande-Bretagne », satirise le scandale des
écoutes téléphoniques, qui aura fait juger et
condamner des journalistes,
dont un ancien éditeur du « News of the World » de
Rupert Murdoch. Décrite comme une « farce avec des crocs
qui soumet l'ensemble de la culture médiatique
incestueuse au ridicule impitoyable », les cibles de la
pièce sont les personnalités « heureusement
très drôles » de la presse tabloïd britannique.
C'est bien bon,
et si familier. Mais qu'en est-il des médias non-tabloïd
qui se considèrent eux-mêmes comme crédibles et
réputés, et pourtant jouent le rôle
parallèle de bras
armé du pouvoir de l'État et du capital, en promouvant et
en soutenant les guerres illégales ?
L'enquête Leveson sur les écoutes
téléphoniques a légèrement laissé
entrevoir ce phénomène. Tony Blair énonçait
des preuves, se plaignant auprès de
monsieur le juge du harcèlement des tabloïds sur sa femme,
quand il fut interrompu par une voix qui s'éleva du public.
David Lawley-Wakelin, un réalisateur,
demandait l'arrestation de Blair et son jugement pour crimes de guerre.
Il y eut un long silence : le choc de la vérité. Lord
Leveson se leva, ordonna l'expulsion
de celui qui osait dire la vérité, et s'excusa
auprès du criminel de guerre. Lawley-Wakelin fut
condamné, pas Tony Blair.
Les complices aguerris de Tony Blair sont plus
respectables que les hackers de téléphone. Quand le
présentateur de la BBC, Kirsty Wark, le reçut pour le
10ème anniversaire de l'invasion de l'Irak, elle lui offrit un
moment dont il ne pouvait que rêver ; elle lui permit d'agoniser
sur sa décision « difficile » sur
l'Irak au lieu de lui rappeler ses crimes. Ceci rappelle la procession
de journalistes de la BBC qui en 2003 déclaraient tous que Blair
pouvait se sentir « justifié
», et la série qui s'ensuivit sur la BBC, « Les
années Blair », pour laquelle David Aaronovitch fut choisi
comme écrivain, présentateur et interviewer. Un
serviteur de Murdoch qui fit campagne pour la guerre en Irak, en Lybie,
et en Syrie.
Depuis l'invasion de l'Irak — l'exemple d'un acte
d'agression non-provoquée, ce que le procureur de Nuremberg
Jackson qualifiait de « crime international
suprême qui diffère des autres crimes de guerre en ce
qu'il les contient tous » — Blair et son porte-parole et
principal complice, Alastair Campbell, ont eu droit
à pas mal de place dans le Guardian afin de réhabiliter
leurs réputations. Décrit comme une étoile du
Labour Party, Campbell a voulu s'attirer la sympathie des
lecteurs en prétextant une dépression, et a montré
son intérêt, à l'instar de Blair, bien que cela ne
soit pas son assignement actuel comme conseiller, pour la
tyrannie militaire égyptienne.
Alors que l'Irak est démembré suite
à l'invasion de Blair et Bush, un titre du Guardian
énonce : « Renverser Saddam était juste, mais nous
nous sommes
retirés trop tôt ». Ceci dans un article phare du 13
juin écrit par un ancien fonctionnaire de Blair, John McTernan,
qui a aussi travaillé pour le dictateur Irakien
installé par la CIA, Iyad Allawi. En appelant à
répétition à l'invasion d'un pays que son ancien
maître avait aidé à détruire, il ne fit
jamais référence aux 700
000 morts, ni aux 4 millions de réfugiés et au tournant
sectaire qui avait eu lieu dans une nation autrefois fière de sa
tolérance.
« Blair personnifie la
corruption et la guerre
», a écrit le journaliste radical du Guardian, Seumas
Milne, dans un article très inspiré en date du 3 juillet.
Dans
le milieu on appelle cela « la balance ». Le lendemain, le
journal publia une pleine page de publicité pour un bombardier
américain. Sur la photo menaçante
du bombardier était écrit: « Le F-35, Génial
pour l'Angleterre ». Cette autre personnification de «
corruption et de guerre » va coûter aux contribuables
britanniques 1,3 milliard de £, les précédents
modèles de la gamme F ayant déjà servi à
massacrer des gens un peu partout dans le monde en développement.
Dans un village d'Afghanistan, où vivent les plus
pauvres des pauvres, j'ai filmé Orifa, s'agenouillant devant les
tombes de son mari, Gual Ahmed, un
tisserand, et de 7 autres membres de sa famille, dont 6 enfants, et de
deux enfants qui furent tués dans la maison d'à
côté. Une bombe « de précision » de 500
livres est directement venue s'exploser sur leur petite maison de boue,
de pierre et de paille, laissant à la place un cratère de
50 pieds de long. Lockheed Martin,
le fabricant de l'avion a le privilège de
bénéficier de pages publicitaires dans le Guardian.
L'ancienne secrétaire des affaires
étrangères des USA et aspirant présidente, Hillary
Clinton, est récemment passé à la BBC, à
l'émission « Women's Hour
», la quintessence de la respectabilité médiatique.
La présentatrice, Jenni Murray, présenta Mme Clinton
comme l'exemple même de la réussite féminine. Elle
ne rappela pas à l'audience les propos déplacés de
Mme Clinton qui prétendait que l'Afghanistan était envahi
afin de libérer les femmes comme Orifa. Elle ne
posa aucune question à Mme Clinton sur la campagne de terreur de
son administration qui utilise des drones pour tuer femmes, hommes et
enfants. Elle ne fit
pas non plus mention de la menace de Mme Clinton, durant sa campagne
présidentielle, d' « éliminer » l'Iran, et
rien non plus sur son soutien aux surveillances
illégales, et son acharnement contre les lanceurs d'alertes.
Murray posa une question « osée ».
Mme Clinton avait-elle pardonné à Monica Lewinsky d'avoir
eu une affaire avec son mari ? « Le pardon est un choix,
répondit Mme Clinton, pour moi ce fut le bon choix ». Cela
nous rappelle que dans les années 90 et pendant la
période secouée par le scandale « Lewinsky
», le président Bill Clinton envahissait Haïti et
bombardait les Balkans, l'Afrique et l'Irak. Il détruisait aussi
les vies d'innombrables enfants Irakiens ; l'Unicef
rapporte la mort d'un demi-million d'enfants Irakiens de moins de 5
ans, en conséquence de l'embargo mis en place par les USA et la
Grande-Bretagne.
Ces enfants furent ignorés par les médias,
tout comme les victimes des invasions soutenues par Hillary Clinton —
l'Afghanistan, l'Irak, le Yémen, la Somalie
— sont ignorés par les médias. Murray n'y fit jamais
allusion. Une photo d'elle et de son invité de marque fut mise
en avant sur le site de la BBC.
En politique, comme dans le journalisme et dans les
arts, il semblerait que la contestation autrefois tolérée
dans les médias mainstream se soit abaissée à
un simple désaccord : un sous-sol métaphorique. Quand
j'ai commencé ma carrière à Fleet Street en
Angleterre dans les années 60, il était acceptable de
critiquer
fortement le pouvoir occidental. Il suffit de lire le rapport de James
Cameron sur les explosions des bombes à hydrogène
à l'atoll Bikini, où celui sur la guerre
de Corée et sur le bombardement américain du
Nord-Vietnam. La grande illusion de notre époque est ce mythe de
l'ère de l'information, alors qu'en vérité nous
vivons à une époque où la propagande des
multinationales et du monde de l'entreprise est insidieuse,
contagieuse, efficace et libérale.
Dans son essai de 1859 « De la liberté
», auxquels les libéraux modernes rendent hommage, John
Stuart Mill écrivait :
« Le despotisme est un mode de gouvernement
légitime si l'on a affaire à des barbares, à
condition que le but soit leur amélioration, et les moyens sont
justifiés par l'accomplissement effectif de ce programme. »
Les « barbares » étaient de larges
sections de l'humanité dont « l'obéissance
implicite » était exigée.
« C'est un mythe utile et commode de croire que
les libéraux sont pacifistes et les conservateurs belliqueux,
écrivait l'historien Hywel Wiliams en 2001,
mais il est possible que l'impérialisme du libéralisme
soit plus dangereux de par sa nature explicite : sa conviction qu'il
représente une forme supérieure de vie
». Il avait en tête un discours de Tony Blair dans lequel
l'ex premier ministre promettait de « remettre de l'ordre dans le
monde autour de nous » selon ses
propres « valeurs morales».
Richard Falk, autorité reconnue sur la loi
internationale et rapporteur spécial de l'ONU sur la Palestine,
a décrit une « bien-pensance, unilatérale, un
écran
légal/moral avec des images positives des valeurs occidentales
et de l'innocence dépeinte comme menacée, justifiant une
campagne de violence politique sans
restriction ». Et « largement acceptée au point d'en
devenir virtuellement incontestable. »
Favoritisme et mandature récompensent les
gardiens. Sur la Radio 4 de la BBC, Razia Iqbal reçut Toni
Morrison, la lauréate Afro-Américaine du prix Nobel.
Morrison se demandait pourquoi les gens étaient « si
énervés » contre Barack Obama, qui était
pourtant « cool » et souhaitait seulement construire une
«
économie et un système de sécurité sociale
solide ». Morrison était fière d'avoir parlé
au téléphone avec son héros, qui se trouvait avoir
lu un de ses livres et
l'avait invité lors de sa prise de fonction. Ni elle ni la présentatrice
n'évoquèrent les sept guerres d'Obama, dont sa campagne
de terreur par drones, à cause de laquelle des familles
entières, leurs
secouristes et leurs proches furent assassinés. La seule chose
qui semblait avoir de l'importance était qu'un homme de couleur
« qui s'exprime bien » s'était
élevé au plus haut échelon de l'échelle du
pouvoir. Dans « Les damnés de la terre », Frantz
Fanon écrivait que « la mission historique » des
colonisés était de
servir de « ligne de transmission » aux dirigeants et
autres oppresseurs. À notre époque, l'utilisation des
différences ethniques par le pouvoir occidental et ses
systèmes de propagandes est perçue comme essentiel. Obama
incarne parfaitement cette idée, bien que le cabinet
présidentiel de George W. Bush — sa clique
belliciste — ait été le cabinet le plus multiracial de
l'histoire présidentielle.
Alors que la cité Irakienne de Mosul tombait aux
mains des djihadistes d'ISIS, Obama fit la déclaration suivante
: « Le peuple américain a beaucoup investi
et sacrifié afin que les Irakiens aient l'opportunité de
se choisir une meilleure destinée ». À quel point
ce mensonge est-il « cool » ? À quel point s'est-il
« bien
exprimé » lors de son discours à l'académie
militaire de West Point le 28 mai ? Lors de son discours sur «
l'État du monde » à la cérémonie de
remise des
diplômes de ceux qui « vont prendre la direction des
États-Unis » à travers le monde, Obama
déclara que : « Les États-Unis utiliseront la force
militaire,
unilatéralement s'il le faut, quand nos intérêts
seront menacés. L'opinion internationale compte, mais
l'Amérique ne demandera jamais la permission » En répudiant la loi internationale et le droit de
souveraineté des nations, le président américain
s'octroie un droit divin basé sur la puissance de son «
indispensable nation ». C'est un message d'impunité
impériale familier, bien que toujours étonnant à
entendre. Évoquant la montée du fascisme des
années 30,
Obama a dit « Je crois en l'exceptionnalité
américaine de tout mon être ». L'historien Norman
Pollack écrivait « Au lieu de ceux qui marchent au pas, on
substitue l'apparemment inoffensive militarisation de la culture. Et au
lieu du leader grandiloquent, nous avons le réformateur
manqué, qui travaille allègrement,
planifie et exécute des assassinats, tout en souriant ». En février, les USA préparaient un de
leurs coups d'États contre le gouvernement élu d'Ukraine,
en exploitant de véritables protestations contre la corruption
à Kiev. La conseillère nationale à la
sécurité d'Obama Victoria Nuland, sélectionna
personnellement le leader d'un « gouvernement d'intérim
». Elle le surnomma
« Yats ». Le Vice-Président Joe Biden se rendit
à Kiev, tout comme le directeur de la CIA John Brennan. Les
troupes de choc de leur putsch étaient des fascistes
ukrainiens.
Pour la première fois depuis 1945, un parti
néo-nazi ouvertement antisémite contrôle des
secteurs clés du pouvoir étatique d'une capitale
européenne. Aucun
leader européen n'a condamné cette résurgence
fasciste près de la frontière où l'invasion des
Nazis d'Hitler couta la vie à plusieurs millions de Russes. Ils
étaient
soutenus par l'UPA, une armée d'insurgés Ukrainiens,
responsable de massacres de juifs et de russes qu'ils appelaient
« la vermine ». L'UPA est l'inspiration
historique du parti actuel Svoboda et de leurs compagnons de droite.
Oleh Tyahnybok, leader de Svoboda a appelé à une purge de
« la mafia Mosco-Juive »
et des « autres vermines », dont les gays, les
féministes et tous ceux de gauche.
Depuis l'effondrement de l'Union soviétique, les
USA ont entouré la Russie de bases militaires, d'avions de
guerre et de missiles nucléaires, suivant le projet
d'élargissement de l'OTAN. Reniant la promesse faite au
président soviétique Mikhail Gorbatchev en 1990 de na pas
étendre l'OTAN « d'un centimètre vers
l'Est », l'OTAN occupe militairement l'Europe de l'Est. Dans
l'ancien Caucase soviétique, l'expansion de l'OTAN est le plus
important chantier militaire depuis
la Deuxième Guerre mondiale.
Le cadeau de Washington au régime issu du coup
d'État à Kiev est un plan d'action pour l'adhésion
à l'OTAN. En août, l'opération « Rapid
Trident »
placera les troupes américaines et britanniques à la
frontière entre la Russie et l'Ukraine et l'opération
« Sea Breeze » placera des navires de guerre
américains
en vue de ports russes. Imaginer les conséquences si ces actes
de provocations, ou d'intimidations, s'effectuaient contre les
États-Unis.

Célébration à
Simferopol, en Crimée, suite au vote pour rejoindre
la Russie le 16 mars 2014
|
En récupérant la Crimée — que
Nikita Khrouchtchev avait illégalement détachée de
la Russie en 1954 — les Russes se défendent comme ils l'ont fait
depuis
presque un siècle. Plus de 90% de la population de la
Crimée a voté pour le rattachement à la Russie. La
Crimée, c'est aussi la base navale de la mer Noire,
et sa perte signifierait la mort de la flotte Russe et un trésor
pour l'OTAN. Semant la confusion au sein des parties belliqueux de Kiev
et de Washington,Vladimir
Poutine retira les troupes russes de la frontière ukrainienne et
urgea les ethnies russes de l'Est de l'Ukraine d'abandonner le
séparatisme.
Suivant une logique orwellienne, cela a
été traduit à l'Ouest par « la menace russe
». Hillary Clinton compara Poutine à Hitler. Sans ironie
aucune, les
commentateurs d'extrême-droite allemands firent de même.
Dans les médias, les néo-nazis ukrainiens ne sont plus
que des « nationalistes » ou «
ultra-nationalistes ». Ils ont peur que Poutine soit habilement
en quête d'une solution diplomatique, et qu'il réussisse.
Le 27 juin, en réponse au compromis de
Poutine— sa requête devant le parlement russe de révoquer
la législation qui lui avait octroyé le pouvoir
d'intervenir en faveur des ethnies russes d'Ukraine —
le secrétaire d'État John Kerry publia un autre de ses
ultimatums. La Russie doit « agir dans les prochaines heures,
littéralement » pour mettre un terme à la
révolte en Ukraine de l'Est. Nonobstant le fait que Kerry soit
largement considéré comme un guignol, le propos
sérieux de ces « avertissements » est de
conférer
le statut de paria à la Russie et de faire écran de
fumée aux nouvelles de Kiev et de la guerre que mène le
régime intérimaire contre son propre peuple.
Un tiers de la population ukrainienne est russophone et
bilingue. Ils souhaitent depuis longtemps la naissance d'une
fédération démocratique qui reflèterait
la diversité ethnique ukrainienne et qui serait autonome et
indépendante de Moscou. La plupart ne sont ni «
séparatistes » ni « rebelles » mais des
citoyens qui
veulent vivre en paix sur leur terre natale. Le séparatisme est
une réaction à l'attaque de la junte de Kiev sur ces
mêmes citoyens, causant l'exode de plus de 110
000 d'entre eux (estimation de l'ONU) vers la Russie. Pour la plupart,
des femmes et des enfants traumatisés.
Comme les enfants de l'embargo irakien, et les femmes et
les jeunes filles « libérées » d'Afghanistan,
terrorisées par les seigneurs de guerre de la CIA, ces
ethnies d'Ukraine ne sont pas les bienvenues dans les médias
occidentaux, leurs souffrances et les atrocités auxquelles elles
sont soumises sont minimisées, ou
passées sous silence. L'intensité de l'assaut mené
par le régime n'est pas retransmise par les médias
occidentaux mainstream. Ce n'est pas une première. En
relisant le chef d'oeuvre de Phillip Knightley « Première
victime : le correspondant de guerre comme héros, propagandiste
et faiseur de mythes », je renouvelle
mon admiration pour le journaliste du Guardian Philips Price, le seul
reporter occidental à être resté en Russie pendant
la révolution de 1917 et à avoir rapporté
la vérité sur les invasions désastreuses des
alliés occidentaux. Objectif et courageux, Philips Price
à lui seul dérange ce que Knightley appelle un «
silence sombre
» antirusse en occident.
Le 2 mai, à Odessa, 41 ukrainiens d'origines
russes furent brulés vivant dans le QG des syndicats, sous les
yeux de la police qui regardait sans rien faire.
Il y a de nombreuses preuves vidéo sans équivoque. Le
dirigeant de droite Dmytro Yarosh a dit de ce massacre qu'il
était « un jour glorieux pour l'histoire de
la nation ». Dans les médias américains et
britanniques, ceci fut présenté comme une « sombre
tragédie » résultant d'affrontements entre «
nationalistes »
(néo-nazis) et « séparatistes » (des gens
collectant des signatures pour un référendum pour une
Ukraine fédérale). Le New York Times passa cela sous
silence,
ayant classé comme propagande russe les avertissements sur les
politiques fascistes et antisémites des nouveaux clients de
Washington. Le Wall Street Journal
a maudit les victimes — « Un incendie ukrainien mortel
probablement l' oeuuvre des rebelles, selon le gouvernement ». Obama
félicita la junte pour sa « retenue
».
Le 28 juin, le Guardian dévoua une quasi
pleine-page aux déclarations du « président »
du régime de Kiev, l'oligarque Petro Poroshenko. Encore une
fois,
la règle orwellienne d'inversion s'appliqua. Il n'y avait pas eu
de putsch ; pas de guerre contre les minorités ethniques ; les
Russes étaient à blâmer pour tout.
« Nous voulons moderniser mon pays, écrivit Poroshenko.
Nous voulons introduire la liberté, la démocratie et les
valeurs européennes. Quelqu'un n'aime pas
ça. Quelqu'un ne nous aime pas pour cela. »
À la lecture de son article, le reporter du
Guardian, Luke Harding, n'a jamais questionné ces affirmations ou mentionné les atrocités d'Odessa, les attaques
aériennes et de l'artillerie du régime sur des zones
résidentielles, le meurtre et le kidnapping de journalistes, les
incendies des journaux d'opposition, et la menace
de « libérer l'Ukraine des poussières et des
parasites ». Les ennemis sont « des rebelles », des
« militants », des « insurgés », des
« terroristes » et des larbins
du Kremlin. Allez chercher dans les archives de l'histoire les
fantômes du Vietnam, du Chili, du Timor-Est, d'Afrique du Sud,
d'Irak, vous remarquerez les
mêmes qualificatifs. La Palestine est la pierre angulaire de
cette escroquerie sans fin. Le 11 juillet, à la suite des
derniers massacres à Gaza, commis par les
Israéliens, équipés par les Américains — 80
personnes dont 6 enfants de la même famille — un
général israélien écrivait dans le
Guardian, le titre de son article
: « Une démonstration de force nécessaire ».
Dans les années 70, j'ai rencontré Leni
Riefenstahl et je lui ai posé des questions sur ses films qui
glorifiaient les nazis. À l'aide de caméras
révolutionnaires
et de techniques d'éclairages, elle a produit une sorte de
documentaire qui hypnotisa les allemands ; son film « Le triomphe
de la volonté » est réputé avoir
scellé
le destin d'Hitler. Je lui ai posé des questions sur la
propagande des sociétés qui s'estimaient
supérieures. Elle répliqua que « les messages
» dans ses films ne
dépendaient pas « d'ordres venant d'en haut » mais
d'un « vide de soumission » au sein de la population
germanique. « Cela inclut-il la bourgeoisie libérale
et éduquée ? » ai-je demandé, « tout
le monde » m'a-t-elle répondu, « et bien sûr
l'intelligentsia ».
* John Pilger est un
journaliste, cinéaste et auteur, Australien d'origine,
basé à Londres. Pour ses reportages à
l'étranger et de les guerres, allant du Vietnam
et du Cambodge au Moyen-Orient, il a remporté deux fois le plus
haut prix de la Grande-Bretagne pour le journalisme. Pour ses films
documentaires, il a
remporté un British Academy Award et un Emmy américain.
En 2009, il a reçu le prix des droits humains de l'Australie, le
prix Sydney de la Paix.
(Traduction: Nicolas CASAUX du 4ème Singe)

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