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Numéro 95 - 29
juillet 2014
La lutte pour le droit d'exister
Tous pour la victoire du peuple
palestinien dans sa
lutte pour briser le blocus de Gaza, mettre fin à l'occupation
de sa
patrie et affirmer son droit d'exister!
La
lutte pour le droit d'exister
• Tous
pour la victoire du peuple palestinien dans sa lutte pour briser le
blocus de Gaza, mettre fin à l'occupation de sa patrie et affirmer son
droit d'exister!
- K. C. Adams
• Les justes modalités du Hamas pour un cessez-le-feu
• Le massacre de Shuja'iyya expose les crimes sionistes
- Pauline Easton
• Les crimes d'Israël
• Le Conseil des droits de l'homme des Nations unies condamne les actions d'Israël
• Demande d'échange de prisonniers
• Actions au Canada et partout dans le monde
À titre d'information
• Non, Israël n'a pas un droit de légitime défense au sens du droit international à l'encontre du territoire palestinien occupé
- Noura Erakat, Jadaliyya
La lutte pour le droit d'exister
Tous pour la victoire du peuple palestinien dans sa
lutte pour
briser le blocus de Gaza, mettre fin à l'occupation de sa patrie
et
affirmer son droit d'exister!
- K. C. Adams -
Manifestation à Naplouse en Palestine
à la défense du droit d’exister le 24 juillet
Le peuple palestinien est engagé dans une lutte
courageuse pour son droit d'exister depuis la Deuxième Guerre
mondiale.
Après la guerre, les impérialistes
anglo-américains ont décidé de créer
une entité coloniale sioniste en Palestine comme base militaire
pour renforcer leur empire en Asie de
l'Ouest et en Afrique du Nord. Le front impérialiste a fourni
des
armements, des équipements et autres actifs, et des personnes
déplacées
en Europe pour occuper la Palestine et chasser les Palestiniens natifs
d'une grande partie de leurs terres.
Avec une puissance militaire écrasante et
d'énormes ressources
financières et humaines, l'entité coloniale sioniste a
occupé la
Palestine et nié le droit d'exister du peuple palestinien. Le
droit
d'exister et de se défendre de l'entité coloniale
sioniste a entraîné
la négation du droit d'exister du peuple palestinien, le
vol de ses terres, sa répression violente et l'occupation
militaire
continue de la Palestine.
En Palestine occupée, une des enclaves,
réserves ou ghettos où les
Palestiniens ont été contraints d'exister est une petite
bande de terre
appelée bande de Gaza. L'entité coloniale sioniste a
isolé la bande de
Gaza en Palestine occupée et imposé un blocus, la coupant
de tout
contact, commerce et autres activités
normales avec les autres régions de la Palestine occupée
et le monde
extérieur.
Les Palestiniens de la bande de Gaza et de la Palestine
occupées
n'ont jamais accepté leur négation et ont toujours
combattu pour leur
droit d'exister. Leur résistance héroïque contre une
machine militaire
puissante, soutenue par le système impérialiste
d'États mené par les
États-Unis, leur a gagné le respect et une place
d'honneur au sein de l'humanité. Leur direction tout au long de
cette
longue résistance, y compris le mouvement Hamas, la force
politique qui
gouverne Gaza actuellement, a juré que leur lutte se
poursuivrait
jusqu'à ce que la Palestine soit libérée de
l'occupation et que le
droit d'exister du peuple palestinien soit
pleinement garanti.
Les peuples du monde doivent rejeter avec mépris
les calomnies et la
désinformation du système impérialiste
d'États mené par les États-Unis à
l'encontre de la résistance des Palestiniens à
l'entité coloniale
sioniste. Les médias monopolisés et les
représentants politiques des
monopoles, au pouvoir et dans l'opposition
officielle, au sein du système impérialiste
d'États,
n'ont jamais considéré ou traité avec
sérieux les revendications et le
programme de la résistance palestinienne et de ses
représentants
politiques comme le Hamas ni permis que leurs points de vue soient
largement discutés de façon objective au sein
du corps politique. Ils qualifient de terroristes les organisations
politiques de la résistance palestiniennes et leurs
programmes et,
à des fins purement de propagande, traitent d'antisémite
le refus
populaire de reconnaître et d'accepter l'occupation de la
Palestine par
l'entité coloniale sioniste.
Comme le grand dirigeant palestinien Yasser Arafat a
déclaré à
l'Assemblée générale des Nations unies, le
sionisme est du racisme et
n'a pas sa place dans la société moderne. Tant que la
Palestine est
occupée et le droit d'exister du peuple nié, c'est toute
l'humanité qui
est avilie et abaissée par cette situation
rétrograde et dangereuse.
C'était une situation de même nature qui
prévalait avant et pendant
la Deuxième Guerre mondiale quand les fauteurs de guerre de
l'Allemagne
nazie occupaient les terres d'autres peuples et détruisaient
leur droit
d'exister. Seule la résistance à l'État nazi
allemand et sa destruction
ont permis à l'humanité d'affirmer
ses droits et de se libérer de l'humiliation, de la terreur
d'État et
de la dégradation de la vie sous le fascisme et le militarisme.
La
conciliation avec le fascisme et le militarisme était un crime
monstrueux à cette époque tout comme il l'est
aujourd'hui. L'humanité
ne peut s'affirmer et se débarrasser de tous les vestiges
du médiévalisme et du colonialisme qu'en se
libérant de l'ancien et en
construisant le nouveau.
Tous pour la victoire du peuple palestinien dans sa
lutte pour
briser le blocus de Gaza, mettre fin à l'occupation de sa patrie
et
affirmer son droit d'exister !
À
bas l'entité coloniale sioniste criminelle, ses alliés
impérialistes,
ses collaborateurs et ses conciliateurs !
Vive
la résistance palestinienne et la Palestine libre !

Les justes modalités du Hamas pour un
cessez-le-feu
Le
Hamas, rejoint par l'Autorité palestinienne et soutenu par
l'opinion
publique palestinienne, insiste sur le fait que les conditions d'un
cessez-le-feu avec Israël soient la levée complète
du blocus et la
libération des personnes arrêtées récemment
en Cisjordanie.
Dans une lettre envoyée aux États-Unis,
aux membres de la Ligue
arabe ainsi qu'aux autres gouvernements impliqués dans les
négociations, le Hamas et l'Autorité palestinienne ont
présenté leurs
conditions pour un cessez-le-feu.
Les conditions détaillées dans cette
lettre sont:
- l'ouverture des frontières et la liberté
de mouvement pour les Gazaouis à la frontière avec
Israël;
- l'ouverture du poste frontalier de Rafah avec
l'Égypte;
- la libération de prisonniers, ceux qui avaient
été dans un premier
temps libérés en échange du soldat
israélien Gilad Shalit en 2011 (et
ceux arrêtés au cours de l'opération «
Gardien de mon frère » dans
laquelle Israël sans preuve ou sans procédure
régulière a arrêté des
Palestiniens après l'enlèvement et l'assassinat
de trois adolescents israéliens);
- la réalisation de la quatrième
libération des prisonniers (qu'Israël refuse de faire);
- l'autorisation de pêcher pour les pêcheurs
palestiniens jusqu'à 12 milles marins des côtes de Gaza;
- la libre circulation des Palestiniens dans la «
zone tampon » le
long de la frontière de la bande de Gaza, y compris dans les
zones
agricoles;
Le Hamas et l'Autorité palestinienne demandent
également la création
d'un comité international pour garantir l'application de
l'accord.
« Nous n'accepterons aucune initiative qui ne
lève pas le blocus de
notre peuple et qui ne respecte pas ses sacrifices, a
réitéré Khaled
Mechaal, dirigeant du Hamas, aux journalistes lors d'une
conférence de
presse au Qatar le 23 juillet. Les années de blocus ont
tué plus de nos
gens que les guerres. » Meshaal
a déclaré qu'il « ne veut pas la guerre »
mais a réaffirmé que le Hamas
« ne cédera pas » à moins que ses conditions
pour un cessez-le-feu
soient remplies.
Se référant au blocus israélien en
place depuis 2006, Ismaël
Haniyeh, ancien premier ministre de l'Autorité nationale
palestinienne
et dirigeant du gouvernement à Gaza, a déclaré
à la télévision le 21
juillet: « Nous ne pouvons pas revenir en arrière,
à une mort lente...
Les conditions de la résistance palestinienne
constituent le minimum requis pour une trêve. La
résistance et les fils
de notre peuple qui ont fait de tels sacrifices dans cette guerre folle
ne peuvent accepter rien de moins ».
La demande de la levée du blocus comme condition
pour un
cessez-le-feu a l'appui généralisé des
Palestiniens. Des intellectuels,
des personnalités publiques et des activistes palestiniens ont
récemment rendu public une lettre ouverte au journal en ligne Electronic
Intifada disant:
« Nous appelons à un cessez-le-feu que
lorsque des conditions
négociées donneront la liberté de circulation aux
Palestiniens dans et
hors de la bande de Gaza ». Gaza doit avoir « le droit
illimité
d'importer et d'exporter » des produits et « d'utiliser
sans
restriction le port maritime de Gaza ». « Toutes ces
attentes
sont une évidence pour la plupart des pays, et il est temps que
les
Palestiniens de Gaza jouissent des droits humains qu'ils
méritent »,
lit-on dans cette lettre.
(Ha'aretz, Middle East Eye, Le Monde)

Le massacre de Shuja'iyya expose les crimes sionistes
- Pauline Easton -
Le monde continue de regarder avec horreur le massacre
des habitants palestiniens de la bande de Gaza par les occupants
sionistes, pendant que les habitants de la Cisjordanie sont tués
également pour le simple fait d'avoir manifesté. Le 21
juillet,
les forces d'occupation ont commis un massacre dans le quartier
de Shuja'iyya de la ville de Gaza. À 14 heures, le 26 juillet,
les équipes médicales avaient dégagé 85
corps des décombres.
Outre le fait d'avoir tué des Palestiniens, ce massacre a
forcé
plus de 60 000 habitants de Gaza à fuir leurs maisons par
crainte
d'autres attaques. Le nombre total de personnes déplacées
à
l'intérieur de la bande de Gaza a maintenant atteint les 183
000,
sur une population de 1,7 million d'habitants. Tous les
Palestiniens, incapables de s'enfuir à cause du blocus
terrestre,
maritime et aérien de Gaza sont des cibles de l'agression
israélienne.
Beaucoup établissent la comparaison entre
l'agression en cours
dans la bande de Gaza et la Nakba de 1948, quand 750 000
Palestiniens ont été chassés de ce qui deviendrait
Israël. Plus
de la moitié des habitants de Gaza sont des
réfugiés de la Nakba,
des descendants de ceux qui ont été
dépossédés par Israël, selon
l'agence Ma'an News.
Parce que toutes les frontières sont
fermées, la grande majorité
des personnes déplacées ont cherché refuge dans
des abris des
Nations unies dans des zones plus éloignées de
l'épicentre des
combats.
Ces réfugiés, toutefois, ne sont pas
nécessairement plus en
sécurité -- un obus israélien a frappé un
abri de Beit Hanoun le
23 juillet, tuant au moins 17 personnes.
Pour empêcher et éliminer la
résistance, les sionistes ont
systématiquement bombardé des hôpitaux, des
écoles et des
établissements religieux. Seulement si la résistance
cesse, les
attaques cesseront, affirment-ils.
Le calvaire des Palestiniens a été
capturé par l'écrivain
uruguayen Eduardo Galeano qui dit: les Palestiniens ont perdu
leurs terres, leurs maisons, leur eau et même leur patrie. Il
leur est interdit de choisir leurs dirigeants. Ils ne peuvent
même pas respirer sans autorisation.
Bethléem en Palestine le 17 juillet 2014
Toutefois, plus il y a massacres, plus la
résistance est
justifiée et plus les Israéliens sont condamnés.
Seuls les alliés
les plus lâches d'Israël, comme les États-Unis et le
Canada,
défendent les massacres et affirment qu'Israël a le droit
de se
défendre contre le Hamas qu'ils ont déclaré
être une organisation
terroriste parce qu'il dirige la résistance et persiste à
affirmer le droit d'exister de la Palestine.
Lors d'une manifestation pro-Israël à
Montréal,
l'ultra-réactionnaire ministre de la Réforme dite
démocratique du
Canada, Pierre Poilievre, a déclaré: « Vous ne
pouvez pas établir
une équivalence entre une grande démocratie
libérale, Israël, qui
doit absolument défendre ses citoyens contre les attaques
à la
roquette violentes et une organisation terroriste, le Hamas, qui
ne cesse pas de semer le chaos et la destruction. Cent pour cent
du blâme est imputable au Hamas. Israël utilise ses armes
pour
protéger des civils, le Hamas utilise des civils pour
protéger
ses armes. »
Au moment de l'élection du Hamas en 2006, le
gouvernement
canadien a été le premier à refuser de
reconnaître le résultat de
l'élection parce que, selon lui, le Hamas est une
organisation terroriste. Cela montre son hypocrisie quand il
s'agit d'élections démocratiques et sa haine
viscérale pour la
résistance. À l'époque, le premier ministre
Stephen Harper avait
déclaré qu'il ne reconnaîtrait qu'un État
palestinien «
démilitarisé » vivant côte à
côte avec Israël. Par conséquent,
les déclarations récentes du gouvernement Harper que le
Hamas
utilise les civils « pour protéger ses armes » sont
en fait une
couverture pour sa position qui est qu'il veut que la résistance
soit complètement désarmée afin qu'Israël
puisse établir ses
colonies de peuplement sur l'ensemble du territoire de la
Palestine et imposer sa solution finale hitlérienne au peuple
palestinien. C'est la raison pour laquelle le Canada collabore à
la formation des forces de sécurité palestiniennes - pas
pour
protéger les Palestiniens des forces de l'occupation, mais pour
supprimer toute résistance à l'occupation.
Dans le même sens, à un autre rassemblement
pro-Israël à Toronto
le 17 juillet, le ministre des Affaires étrangères du
gouvernement Harper, John Baird, a pris la peine de souligner
qu'aucun tir de roquettes ne venait de la Cisjordanie et que son
gouvernement travaille avec l'Autorité palestinienne en
Cisjordanie pour bâtir les institutions dont aura besoin un
État
palestinien indépendant, tout en préservant la
sécurité d'un État
israélien distinct. C'est de la fraude parce qu'Israël n'a
pas
l'intention de reconnaître un État palestinien, mais veut
toutes
les terres palestiniennes sans exception.
À leur très grande honte, les partis de
l'opposition à la Chambre
des communes blâment également la résistance pour
les souffrances
des Palestiniens. Dans leur lâcheté ils reprochent
simplement au
gouvernement Harper de ne plus avoir d'influence dans les
affaires internationales pour négocier une paix favorable
à
Israël. Leur refus de s'aligner sur l'opinion publique canadienne
et de défendre le droit international nie que l'occupation est
un
crime et la résistance un droit. Ils refusent également
d'exiger
la fin immédiate du blocus du peuple palestinien occupé,
en
butte au blocus et assiégé, tout en réclamant
qu'il cesse sa
résistance immédiatement.
Le 15 juillet, le chef du Parti libéral du
Canada, Justin
Trudeau, a fait « une déclaration à propos de la
situation en
Israël et à Gaza ». « Le Parti libéral
du Canada condamne
fermement le rejet par le Hamas de la proposition égyptienne de
cessez-le-feu, ainsi que les tirs incessants de roquettes contre
des civils, dit-il. Il conviendrait de féliciter Israël
pour
avoir accepté la proposition de cessez-le-feu et pour avoir
démontré son attachement à la paix. Le Parti
libéral du Canada et
de nombreux acteurs de la communauté internationale, dont
notamment les États-Unis, le Conseil de sécurité
des Nations
unies et l'Autorité palestinienne, avaient souligné
l'urgence de
décréter un cessez-le-feu qui aurait pu permettre de
mettre un
terme à cette tragédie que sont les pertes de vies
humaines à
Gaza et la souffrance des Israéliens victimes d'actes
terroristes. Israël a le droit de se défendre et de
protéger son
peuple. Le Hamas est une organisation terroriste qui doit cesser
immédiatement ses attaques à la roquette. »
Dans un communiqué le 22 juillet, le chef du NPD,
Thomas Mulcair,
a déclaré: « Nous sommes consternés par les
récentes violences
dans la région. Les frappes aériennes et terrestres
à Gaza ont
coûté la vie à un grand nombre de civils innocents.
Ces morts ne
laissent personne indifférent. Les tirs de roquettes du Hamas et
des militants du Jihad islamique contre les civils sont
absolument inacceptables. Le Hamas est une organisation
terroriste et Israël a le droit de protéger ses citoyens
contre
ses attaques, tout en veillant à la protection des civils. Le
conflit est entré dans une phase plus dangereuse
récemment, alors
que le Hamas a refusé la proposition égyptienne visant
à
instaurer un cessez-le-feu et qu'Israël a lancé une
offensive
terrestre dans la bande de Gaza. La communauté internationale
doit redoubler d'efforts pour désamorcer le conflit et
établir un
cessez-le-feu. L'instauration de la paix à long terme doit
être
notre priorité absolue. »
Joignez-vous aux actions dans tout le Canada pour
montrer que
les Canadiens se tiennent aux côtés de la
résistance
palestinienne et soutiennent ses justes demandes : la fin du
siège de Gaza, le retour de tous les prisonniers, que cessent
les
tueries et l'occupation !
Ô
martyrs du génocide sioniste !
Que l'humanité se dresse pour mettre fin à l'assassinat
de votre
peuple courageux !
Naplouse, Cisjordanie, 24 juillet 2014

Les crimes d'Israël
Selon les rapports, en date du samedi 26 juillet, le
nombre de morts
à Gaza résultant des attaques d'Israël était
de 907. Le 26 juillet,
juste avant qu'une trève humanitaire de douze heures ne soit
acceptée
par Israël et la résistance palestinienne, des missiles
israéliens ont
frappé une maison dans la ville
de Beit Hanoun, tuant les dix-huit membres de la famille qui s'y
trouvait.
Depuis
le début de l'assaut, 5 860 Palestiniens ont été
blessés et l'Office de
secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés
de Palestine
(UNWRA) rapporte que le nombre de personnes déplacées
à l'intérieur du
pays et réfugiées dans 83 écoles de l'UNWRA
continue d'augmenter et
qu'il dépasse maintenant
162 862. Depuis le 1er juin, 93 installations de l'UNWRA ont
été ciblées
à de nombreuses reprises. De surcroît, on estime que 20
000 personnes
déplacées ont trouvé refuge chez des membres de la
famille et dans des
écoles publiques, des mosquées, des églises, des
édifices inachevés et
dans des zones ouvertes, faisant
en sorte que le total de personnes déplacées se rapproche
davantage de
183 000 sur une population de 1,86 million. Le nombre de personnes
déplacées est maintenant trois fois plus
élevé qu'il ne l'a été au
moment le plus fort des attaques israéliennes de 2008-2009.
Le Centre palestinien pour les droits de la personne de
Gaza a
confirmé que 81,5 % des personnes tuées étaient des
civils et 24 %, des
enfants.
« À toutes les heures, un enfant est
tué à Gaza depuis deux jours »,
a dit Kyung-Wha Kang, l'assistant
secrétaire-général des Affaires
humanitaires et coordonnateur adjoint des secours d'urgence des Nations
unies, le 23 juillet.
Quarante-trois pour cent du territoire de Gaza a
été soumis à des
avertissements d'évacuation de la part d'Israël ou
désigné « zones
interdites » par les forces d'occupation, selon l'ONU. En fait, il
n'existe aucun endroit sécuritaire dans l'enclave
côtière en état de
siège. Les bombardements à partir du sol et de
la mer de même que les frappes aériennes ont touché
toute la région.
Israël prétend avoir lancé des
avertissements à tous les résidants,
les prévenant de quitter leurs domiciles avant un bombardement
aérien.
« Où pourraient-ils bien aller ? », ont dit plusieurs,
puisque la «
frontière » d'Israël avec Gaza est fermée
hermétiquement et que celle
avec l'Égypte est fermée elle aussi.
Les
crimes d'Israël ont atteint des proportions inimaginables. Les
militaires israéliens ont « ciblé des endroits
spécifiques » dans
l'hôpital de réhabilitation de al-Wafda « suite
à des coups de feu qui
en sont parvenus » et « en dépit d'avertissements
renouvelés contre de
telles choses », ont-ils dit. Les médecins
n'ont eu d'autre choix que de quitter les lieux avec leurs patients,
dont 14 étaient paralysés ou dans le coma. Le 21 juillet,
des tirs
israéliens ont fait quatre morts et 60 blessés
à l'hôpital Al-Aqsa à
Deir al Balah.
Les sionistes ont réitéré ce qu'ils
avaient dit le 23 juillet à
l'effet que leurs attaques étaient justifiées du fait
qu'il s'agissait
de cibles militaires et que des avertissements avaient
été donnés aux
civils pour qu'ils quittent l'hôpital. « Des avertissements
ont été
transmis directement à l'administration de l'hôpital et
à d'autres responsables palestiniens », ont-ils dit.
Un porte-parole du ministre palestinien de la
Santé a indiqué qu'une
de leurs ambulances avait été la cible d'attaques
aériennes en route
vers l'hôpital européen de Gaza en provenance de
l'hôpital Nasser à
Khan Younis. Le chauffeur, le médecin et l'infirmière ont
été blessés
suite à un tir de missile, mais ont réussi
à fuir avant que l'ambulance ne soit frappée par deux
autres tirs qui
l'ont complètement détruite.
Les hôpitaux ont aussi fait face à de
nombreuses pannes
d'électricité. Le pouvoir électrique a
été réduit de plus de 70 % suite
aux bombardements israéliens et au siège en tant que tel
qui même avant
l'assaut avait déjà imposé des limites de services
de huit heures à la
fois.
Un médecin norvégien travaillant à
l'hôpital de Shifa,
l'installation médicale la plus importante de Gaza, a
écrit une lettre
ouverte au président étasunien Obama, l'invitant à
visiter l'hôpital et
à y passer une nuit avec les travailleurs.
« L'invitation est lancée - passez une
nuit, juste une nuit - avec
nous à Shifa. Déguisez-vous en employé d'entretien
s'il le faut », a
écrit le médecin Mads Gilbert. « Je suis convaincu
à 100 % que le cours
de l'histoire changerait. »
« Personne qui a un coeur et du pouvoir ne
pourrait passer une nuit
à Shifa sans être déterminé à mettre
fin au massacre du peuple
palestinien », a-t-il dit.
« Les besoins en nourriture à Gaza sont
urgents », a affirmé le
directeur du Programme alimentaire mondial des Nations unies (le WFP),
Pablo Recalde. « Nous voyons jusqu'à quel point les
programmes du WFP
sont efficaces à nous donner la capacité d'agir avec
rapidité et
flexibilité pour fournir une aide alimentaire
urgente quand elle est nécessaire. »
Depuis la dernière vague de combats, l'agence a
fourni des rations
et des bons alimentaires à plus de 20 000 personnes
déplacées. Elle a
demandé une aide de 20 millions $ afin de pouvoir poursuivre ses
programmes d'assistance alimentaire à plus de 600 000 personnes
parmi
les plus vulnérables de la région.
(UNRWA, Middle East Monitor, Ma'an Agency)

Le Conseil des droits de l'homme des
Nations unies condamne les actions d'Israël
Le
23 juillet, le Conseil des droits de l'homme des Nations unies a
condamné à une très forte majorité les
actions d'Israël et décidé de
lancer une enquête indépendante sur les violations
présumées du droit humanitaire et des droits humains international dans le territoire
palestinien occupé, y compris
Jérusalem-Est.
Réuni en session d'urgence, le Conseil a
résolu d'envoyer une équipe
d'enquêteurs suite à un vote où 29 pays ont
voté pour la résolution, 17
se sont abstenus et un seul, les États-Unis, a voté
contre. La
résolution condamne dans les termes les plus forts « les
violations
généralisées, systématiques et flagrantes
des droits de l'homme et des libertés fondamentales
découlant des
opérations militaires israéliennes menées dans le
territoire
palestinien occupé depuis le 13 juin 2014 », et demande un
cessez-le-feu immédiat.
« Le Conseil condamne toutes les violences contre
les civils où
qu'elles se produisent, y compris le meurtre de deux civils
israéliens
à la suite de tirs de roquettes », a déclaré
le Bureau du haut
commissaire des Droits de l'homme.
Le Conseil demande aussi qu'Israël ouvre
immédiatement la bande de
Gaza occupée et invite la communauté internationale
à fournir une
assistance et des services humanitaires d'urgence au peuple palestinien
dans la bande de Gaza.
Réagissant à la condamnation, le ministre
des Affaires étrangères,
John Baird, a à nouveau jeté le blâme sur la
résistance palestinienne
pour les crimes d'Israël.
« Cette résolution ignore totalement ce qui
se passe sur le terrain
et du fait qu'il n'y ait qu'un seul responsable de la souffrance du
peuple palestinien, soit le groupe terroriste international Hamas
»,
a-t-il dit.
Niant totalement qu'Israël est une Puissance
occupante, Baird a
poursuivi : « Le Hamas continue de tirer des roquettes à
l'aveugle sur
les collectivités israéliennes, semant la terreur chez
des millions
d'Israéliens. Comme tout autre État souverain des Nations
unies, Israël
a le droit absolu et le devoir fondamental
de protéger ses citoyens.
« Aucune équivalence morale ne peut
être établie entre une
organisation terroriste internationale et un État
démocratique et
libéral. La décision d'aujourd'hui mine la
crédibilité de cette
organisation.
« L'absence de condamnation des actes
répréhensibles du Hamas n'a
fait qu'accroître leur violence et qu'encourager ces terroristes
à
poursuivre leurs actions inadmissibles », a-t-il dit.
Pendant ce temps, le 25 juillet des avions de guerre
israéliens ont frappé la mosquée Hamza à
Khan Younis à deux reprises.
Le gouvernement équatorien a rappelé son
ambassadeur de Tel Aviv
suite à l'invasion de Gaza par Israël. Le ministre des
Affaires
étrangères de l'Équateur, Ricardo Patino, a dit :
« Nous condamnons
l'incursion israélienne en territoire palestinien, nous exigeons
que
cessent les opérations et les attaques sans
discrimination contre les civils. »
Le Brésil a aussi rappelé son ambassadeur
d'Israël en guise de
protestation contre « le recours disproportionné à
la force » du régime
de Tel Aviv dans la bande de Gaza en état de siège. Dans
une
déclaration émise à Brasilia le 24 juillet, on
peut lire : « Le
gouvernement brésilien considère que l'escalade de la
violence est inacceptable. Nous condamnons dans les termes les plus
forts le recours disproportionné à la force par
Israël dans la bande de
Gaza, qui a causé la mort de nombreux civils, dont des femmes et
des
enfants. »
« À la lumière de cette situation
extrêmement sérieuse, poursuit la
déclaration, le gouvernement brésilien a voté en
faveur de la
résolution mise de l'avant par le Conseil des droits de l'homme
des
Nations unies à ce sujet. Nous avons de plus rappelé
notre ambassadeur
de Tel Aviv à Brasilia pour des consultations. »

Demande d'échange de prisonniers
Les Brigades al-Qassam, affiliées au Hamas, ont
annoncé le 20
juillet avoir capturé un soldat israélien au cours de
combats dans la
bande de Gaza. Plusieurs Palestiniens espèrent que le soldat
sera
échangé contre des palestiniens prisonniers dans les
prisons
israéliennes dont le nombre atteint près de
6 000, nombre d'entre eux incarcérés de façon
arbitraire par Israël en
représailles pour l'enlèvement et le meurtre de trois
adolescents
israéliens qu'Israël impute au Hamas sans avancer aucune
preuve.
Quarante pourcent des hommes palestiniens des
territoires occupés
ont été détenus dans des prisons
israéliennes depuis 1967 et pour
plusieurs d'entre ceux qui s'y trouvent toujours le seul espoir
d'être
libéré réside dans un échange de
prisonniers.

Actions au Canada et partout dans le monde
Canada
Halifax
Montréal

Ottawa

Toronto
 
Hamilton

Edmonton


25 juillet

18 juillet
Calgary
25 juillet

18 juillet
Vancouver

25 juillet
18 juillet
Dans le monde
États-Unis
Chicago
New York
Mexique
Mexico
Colombie
Bogota
Uruguay
Montevideo
Grèce
Athènes
Bosnie-Herzégovine

Sarajevo
Liban

Tripoli
Jordanie

Iran

La réunion des États membres
du Conseil islamique à Téhéran le 22 juillet
condamne l’agression israélienne contre Gaza.
Syrie


Damas
Yémen

Sanaa
Pakistan

Dhaka

Peshawar

Quetta
Inde

Indonésie

Jakarta
(TML, Xinhua, Active
Stills,
Ifran, A. Sidique, L. Sababa, A Al Bazz, Khalid, H. Memija, M. Kolos,
N. Celaya, A. Kane, B. Simpson, CAIA, L. Diop, CritiqueMyPhoto, Muslims
of Calgary)

À titre d'information
Non, Israël n'a pas un droit de légitime défense
au sens du droit international à l'encontre
du territoire palestinien occupé
- Noura Erakat*, Jadaliyya -
[Compte tenu des affirmations d'Israël que ses attaques actuelles
conduites dans sur la bande de Gaza sont l'exercice du droit de
légitime défense, Jadaliyya re-publie une analyse de cette affirmation
de la co-rédactrice Noura Erakat initialement publiée en 2012.]
Le quatrième jour de l'attaque la plus récente d'Israël contre la
population palestinienne de Gaza, le président Barack Obama a déclaré:
« Aucun pays sur terre ne tolérerait que des missiles lancés de l'autre
côté de ses frontières pleuvent sur ses citoyens ». Se faisant l'écho
des responsables israéliens, il a présenté les frappes aériennes de missiles d'Israël contre la bande de 360
km2 comme l'emploi justifié de la force armée contre un pays étranger.
La faculté d'Israël de présenter son agression contre le territoire
qu'il occupe comme un droit de légitime défense est une dénaturation du
droit international.
Un État ne peut pas en même temps exercer un contrôle sur un
territoire qu'il occupe et attaquer militairement ce territoire en
prétendant qu'il est « étranger » et qu'il constitue une menace exogène
à la sécurité nationale. Faisant précisément cela, Israël fait valoir
des droits qui peuvent être compatibles avec
la domination coloniale mais n'existent tout simplement pas en droit
international.
Certes, le caractère exécutoire du droit international dépend en
grande partie du respect du droit et du consentement volontaires des
États. En l'absence de la volonté politique d'accorder le comportement
des États au respect du droit, les violations deviennent la norme
plutôt que l'exception. Néanmoins, un examen
de ce que dit le droit international sur la question du droit de l'occupant
de recourir à la force est utile étant donné les tentatives délibérées
d'Israël depuis 1967 de réinterpréter et transformer les lois
applicables aux territoires occupés. Ces efforts se sont multipliés
depuis le soulèvement palestinien de 2000 et, en cas de
succès, la réinterprétation d'Israël transformerait le droit en un
instrument qui protège l'autorité coloniale aux dépens des droits des
civils non-combattants.
Israël a le devoir de protéger les Palestiniens qui vivent sous l'occupation
L'occupation
militaire est un statut reconnu par le droit international et, depuis
1967, la communauté internationale a désigné la Cisjordanie et la bande
de Gaza comme occupées militairement. Tant que l'occupation perdure,
Israël a le droit de se protéger et de protéger ses citoyens contre les
attaques de Palestiniens qui résident dans les territoires occupés.
Toutefois, Israël a également le devoir d'assurer l'ordre public,
également appelé « vie normale », dans le territoire qu'il occupe.
Cette obligation inclut non seulement assurer mais
donner priorité à la sécurité et au bien-être de la population occupée.
Cette responsabilité et ces devoirs sont énumérés dans le droit de
l'occupation.
Le droit de l'occupation fait partie des lois relatives aux conflits
armés; ce droit envisage l'occupation militaire comme le résultat de la
guerre et énumère les obligations d'une puissance occupante jusqu'au
rétablissement de la paix et la fin de l'occupation. Pour s'acquitter
de ses obligations, la puissance occupante
dispose du droit d'utiliser les pouvoirs de police, ou la force
acceptable à des fins répressives. Comme l'a déclaré le Tribunal
militaire des États-Unis lors du Procès des otages (The United States of
America vs. Wilhelm List, et al.), le droit international confère au
général commandant la responsabilité d'assurer le
maintien de l'ordre public, de punir le crime et de protéger la vie et
la propriété en territoire occupé. Son pouvoir pour l'atteinte de ces
fins est aussi grand que sa responsabilité.
La portée et le degré de la force constituent la distinction entre
le droit de légitime défense et le droit de police. L'autorité de
police est limitée à l'usage du minimum de force requis pour rétablir
l'ordre et maîtriser la violence. Dans un tel contexte, l'utilisation
de la force létale n'est légitime que comme une mesure
de dernier ressort. Même lorsque la force militaire est jugée
nécessaire pour que soit maintenu l'ordre public, cette force est
circonscrite par les risques pour la population civile non combattante.
Le droit de légitime défense, invoqué par les États contre d'autres
États, offre cependant un spectre plus large de l'utilisation
de la force militaire. Les deux sont légitimes en vertu du droit des
conflits armés et se distinguent donc du régime juridique en temps de
paix réglementé par le droit des droits de l'homme.
Quand il est juste de commencer à combattre
Le droit
des conflits armés figure essentiellement dans le Règlement de la Haye
de 1907, les quatre Conventions de Genève de 1949 et leurs protocoles
additionnels I et II de 1977. Cet acquis juridique repose sur un simple
équilibre entre, d'une part, les préoccupations humanitaires et,
d'autre part, l'avantage et la nécessité militaires. Le procès de
Nuremberg qui a suivi la Deuxième Guerre mondiale a défini les
exigences militaires comme la permission d'utiliser « toute la force
nécessaire pour contraindre la soumission complète de l'ennemi » en
autant que
la destruction de la vie et de la propriété ne soit pas faite par
vengeance ou volonté de tuer. Ainsi, l'usage acceptable de la force au
cours de la guerre, bien que très large, n'est pas illimité.
En droit international, la légitime défense est la justification
légale de l'État pour prendre l'initiative de l'emploi de la force
armée et de déclarer la guerre. Cela est considéré comme jus ad bellum
- ce qui signifie « quand il est juste de commencer à combattre ». Le
droit de combattre en légitime défense se distingue
du jus in bello, les principes et les lois régissant les moyens et
méthodes de guerre. Le jus ad bellum vise à limiter le recours à
l'emploi de la force armée conformément à l'article 2 (4) de la Charte
des Nations unies; la seule justification de l'emploi de la force armée,
figurant à l'article 51, est en réponse à une agression
armée (ou une menace imminente conformément au droit coutumier en la
matière). Le seul autre moyen légitime de commencer une guerre,
conformément à l'article 51, est avec l'accord du Conseil de sécurité,
une option réservée - au moins en principe - à la défense ou au
rétablissement de la paix et la sécurité
internationales.
Une fois le conflit armé ouvert, et quelle que soit la raison ou la
légitimité de ce conflit, le cadre juridique du jus in bello
s'applique. Par conséquent, là où l'occupation est déjà en place, le
droit d'utiliser la force militaire en réponse à une attaque armée,
plutôt que la force policière pour rétablir l'ordre, n'est
pas un recours à la disposition de l'État occupant. Le commencement
d'une occupation militaire marque la victoire d'un des belligérants sur
l'autre. Dans le cas d'Israël, l'occupation de la Cisjordanie, de la
bande de Gaza, des hauteurs du Golan et du Sinaï en 1967 a marqué une
victoire militaire contre les belligérants
arabes.
Le droit de l'occupation interdit à une puissance occupante le
recours à la force armée à l'encontre de son territoire occupé. La
simple existence de l'occupation militaire fait qu'une agression armée,
y compris une agression qui serait conforme à la Charte des Nations
unies, a déjà eu lieu et est terminée. Par conséquent,
par définition depuis 1967, Israël ne dispose pas du droit de légitime
défense au sens du droit international en ce qui concerne les menaces
réelles ou perçues émanant de la population de Cisjordanie et de la
bande de Gaza. Pour atteindre ses objectifs en matière de sécurité,
Israël ne peut recourir qu'au pouvoir de
police, ou l'utilisation exceptionnelle de la force militaire, qui lui
est conféré par le droit humanitaire international. Cela ne veut pas
dire que Israël ne peut pas se défendre, mais ces mesures défensives ne
peuvent ni prendre la forme de la guerre, ni être justifiées par la
légitime défense au sens du droit international.
Comme l'explique Iain Scobbie:
« Assimiler les deux, c'est tout simplement confondre le sens légal
du terme ‘défense' avec sa dénotation linguistique. Tout comme la
‘négligence', en droit, ne signifie pas ‘ insousciance', mais plutôt se
réfère à une structure doctrinale élaborée, ainsi la ‘légitime défense'
se réfère à une doctrine complexe qui
a une portée beaucoup plus restreinte que les notions ordinaires de
‘défense'. »
Soutenir qu'Israël utilise la « légitime défense » quand il attaque
militairement Gaza revient à donner à la puissance occupante le droit
d'utiliser la force policière et la force militaire dans le territoire
occupé. Une puissance occupante ne peut pas justifier l'emploi de la
force militaire comme étant de la légitime défense dans le territoire
dont elle est responsable comme occupant. Le problème est qu'Israël
n'a jamais adopté en Cisjordanie et à Gaza une conduite conforme au
droit de l'occupation.
Les tentatives d'Israël de modifier le droit international
Depuis
le début de l'occupation en 1967, Israël a rejeté l'applicabilité du
droit humanitaire international dans le Territoire palestinien occupé
(TPO). Malgré l'imposition d'un régime militaire en Cisjordanie et à
Gaza, Israël a fait valoir que
la Quatrième Convention de Genève relative à la protection des
personnes civiles en temps de guerre (la pierre angulaire du droit de
l'occupation) ne s'appliquait pas à son occupation. Israël a soutenu que
parce que les territoires ne constituaient pas un État souverain et
n'étaient pas des territoires souverains des États
évincés à l'époque de la conquête, il a simplement administré les
territoires et ne les occupent au sens du droit international. Le
Conseil de sécurité des Nations unies, la Cour internationale de
Justice, l'Assemblée générale des Nations unies, ainsi que la Haute
Cour de Justice d'Israël (HCJ) ont rejeté catégoriquement
la position du gouvernement israélien. De manière significative, la HCJ
reconnaît l'ensemble des dispositions du Règlement de la Haye et des
Conventions de Genève de 1949 qui portent sur l'occupation militaire
comme faisant partie du droit international coutumier.
Le refus d'Israël de reconnaître le statut de territoire occupé du
territoire, soutenu par l'opposition résiliente et intransigeante des
États-Unis à la responsabilité internationale au sein du Conseil de
sécurité des Nations unies, a engendré la situation qui existe
aujourd'hui: l'occupation militaire prolongée. Alors
que le seul moyen de remédier à l'occupation est normalement la
cessation de l'occupation, un tel recours ne suffira pas à remédier à
l'occupation militaire prolongée. Du fait de décennies de régime
militaire, Israël perçoit tous les Palestiniens comme une menace pour
la sécurité et les ressortissants juifs comme
leurs victimes potentielles, justifiant par là le traitement différent,
et violent, des Palestiniens. À sa session de 2012, le Comité des
Nations unies sur l'élimination de la discrimination raciale a qualifié
les conditions actuelles, après des décennies d'occupation et de
répression, comme similaires à l'apartheid.
Au mépris total du droit international, et de ses conclusions
institutionnelles, Israël continue de traiter le territoire palestinien
occupé comme une possession coloniale. Depuis le début de la deuxième
Intifada palestinienne en 2000, Israël a formulé le concept qu'il était
engagé dans une « quasi-guerre » internationale
en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. En conséquence, il soutient
qu'il peut 1) invoquer la légitime défense, conformément à l'article 51
de la Charte des Nations unies, et 2) utiliser la force au-delà de ce
qui autorisé pour le maintien de l'ordre, même en territoire occupé.
La bande de Gaza n'est pas le World Trade Center
Afin
de justifier son recours à la force dans le territoire
palestinien occupé comme conforme au droit de légitime défense, Israël
cite la résolution 1368 (2001) du Conseil de sécurité des Nations unies
et la Résolution 1373 (2001) du Conseil de sécurité des Nations unies.
Ces deux résolutions ont été adoptées en
réponse directe aux attaques d'Al-Qaïda contre les États-Unis le 11
septembre 2001. Elles affirment que les actes terroristes constituent
des menaces à la paix et la sécurité internationales et donc
déclenchent l'application de l'article 51 de la Charte des Nations
unies qui autorise l'utilisation de la force comme mesure
de légitime défense. Israël a donc délibérément caractérisé tous les
actes de violence palestinienne - y compris ceux qui sont dirigées
exclusivement contre des cibles militaires légitimes - comme des actes
terroristes. Deuxièmement, il présente ces actes comme une agression
armée qui déclenche le droit de légitime
défense en vertu de l'article 51, indépendamment du statut de
territoire occupé de la Cisjordanie et de la bande de Gaza.
Le gouvernement israélien a énoncé clairement sa position dans une
contestation de la légalité de sa politique d'assassinats ciblés devant la
HCJ en 2006 (Comité public contre la torture en Israël et al v
gouvernement d'Israël). L'État a fait valoir que, malgré le débat
juridique existant, « il ne fait aucun doute que
l'agression terroriste contre Israël correspond à la définition d'une
agression armée », ce qui qui permet de fait à Israël d'utiliser la
force militaire contre ces entités. Par conséquent, les responsables
israéliens affirment que les lois de la guerre peuvent s'appliquer « à
la fois à un territoire occupé et à un territoire
qui n'est pas occupé, tant que le conflit armé se déroule sur ces
territoires » et que l'utilisation acceptable de la force n'est pas
limitée à des opérations de maintien de l'ordre. La HCJ a confirmé cet
argument dans au moins trois de ses décisions: Comité public contre la
torture en Israël et al v gouvernement d'Israël,
Hamdan v commandant militaire du Sud, et Médecins pour les droits de
l'homme c Le commandant de Tsahal dans la bande de Gaza. Ces jugements
sanctionnent la position du gouvernement selon laquelle il est engagé
dans un conflit armé international et, par conséquent, que son usage de
la force n'est pas limité
par le droit de l'occupation. La justice israélienne autorise
effectivement l'État à utiliser la force de police pour contrôler la
vie des Palestiniens (par exemple, par des arrestations, des
poursuites, des postes de contrôle) et la force militaire pour briser
leur résistance à l'occupation.
La
Cour internationale de Justice (CIJ) a traité de ces questions
dans son avis sur l'utilisation de la force acceptable en
Cisjordanie occupée en 2004, Avis consultatif sur les conséquences
juridiques de l'édification d'un mur dans le territoire palestinien
occupé. La CIJ a estimé que l'article 51 prévoit une agression armée
par un État contre un autre État et « Israël ne prétend pas que les
attaques contre lui sont imputables à un État étranger. » En outre, la
CIJ a jugé que parce que la menace pour Israël trouve « son origine à
l'intérieur et non en dehors » de la Cisjordanie occupée, la situation
est donc différente de celle envisagée
par les résolutions 1368 (2001) et 1373 (2001) du Conseil de sécurité
et, de ce fait, Israël ne saurait en tout état de cause invoquer ces
résolutions au soutien de sa prétention à exercer un droit de légitime
défense. En conséquence, la Cour conclut que l'article 51 de la Charte
est sans pertinence au cas particulier.
Malgré le jugement de la CIJ, Israël persiste à dire qu'il exerce
son droit légitime de légitime défense dans l'exécution de ses
opérations militaires en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. Depuis
2005, Israël a légèrement modifié sa position vis-à-vis la bande de
Gaza. Le gouvernement insiste sur le fait que,
en raison de son désengagement unilatéral en 2005, l'occupation a pris
fin. En 2007, le gouvernement a déclaré la bande de Gaza une « entité
hostile » et fait la guerre sur le territoire sur lequel il continue
d'exercer un contrôle effectif en tant que puissance occupante ....
En fait, Israël déforme / réinterprète le droit international pour
justifier son recours à la force militarisée afin de protéger son
autorité coloniale. Bien qu'il rejette de jure l'application du droit
de l'occupation, Israël exerce un contrôle effectif sur la Cisjordanie
et la bande de Gaza et donc a recours à des pouvoirs
de police. Israël utilise ces pouvoirs de police pour poursuivre son
expansion coloniale et imposer un régime d'apartheid et, au mépris du
droit international, invoquer son droit de légitime défense au sens du
droit international pour faire la guerre à la population dont il doit
assurer la protection. L'invocation du droit pour protéger sa présence
coloniale rend la population civile palestinienne doublement
vulnérable. En particulier dans le cas de Gaza,
« Cela force les habitants de la bande de Gaza à faire face à l'une
des armées les plus puissantes du monde sans le bénéfice de leur propre
armée, ou de tous moyens réalistes d'acquérir les moyens de se
défendre. »
Plus largement, Israël repousse lentement les limites du droit
existant dans une tentative explicite de le remodeler. C'est une
violation du droit humanitaire international qui vise à protéger les
civils en temps de guerre en minimisant leurs souffrances. Les
tentatives d'Israël ont réussi dans le domaine des relations
publiques, comme en témoigne le soutien inconditionnel du président
Obama aux récentes attaques d'Israël sur la bande de Gaza qu'il
considère comme un exercice du droit de légitime défense. Puisque le
droit international n'a pas de pouvoir d'exécution hiérarchique, son
sens et sa portée dépendent largement de la prérogative des États, en
particulier les plus puissants. Les incidences de ce changement sont
donc palpables et dangereuses.
L'incapacité à faire respecter la loi permettrait aux États d'agir
comme ils l'entendent dans la poursuite de leurs intérêts nationaux,
même dans les cas où cela aurait des conséquences dévastatrices pour
les civils non combattants et le droit international. Pour le meilleur
ou le pire, le fardeau de résister à ce changement
et de préserver la protection des civils repose sur les épaules des
citoyens, des organisations et des mouvements de masse qui peuvent
influencer leurs gouvernements pour qu'il appliquent le droit
international. Il n'y a pas d'alternative à la mobilisation politique
pour transformer la manière d'agir des États.
* Co-rédactrice en chef de Jadaliyya.com Arab Studies Journal, Noura
Erakat est une avocate en droits humains et écrivaine. Elle est
actuellement professeur à la faculté de droit Beasley de l'Université
Temple et est un membre du réseau de soutien juridique pour le Centre
Badil pour des réfugiés palestiniens
et le droit de résidence. Elle enseigne le droit international des
droits de la personne et du Moyen-Orient à l'Université de Georgetown
depuis le printemps 2009. Récemment, elle a été conseillère juridique
pour un sous-comité du Congrès à la Chambre des représentants, présidée
par le représentant Dennis J. Kucinich.

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