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Numéro 93 - 18 juillet 2014
Les travailleurs de la Côte-Nord défendent leurs droits
Les travailleurs défendent leur
droit de travailler dans leur région
À Forestville le 20 juin 2014
Les travailleurs de la Côte-Nord défendent leurs droits
• Les travailleurs défendent leur droit de travailler dans leur région
• Nos gens ont l'impression de gérer des budgets plutôt que de traiter des patients
- Entrevue avec Nathalie Savard, présidente du Syndicat des
intervenantes et intervenants de la santé du Nord-Est québécois
(SIISNEQ)
Attaques aux pensions du secteur public québécois
• L'argument frauduleux sur les déficits des régimes de retraite des employés municipaux
- Claude Moreau
Les magouilles criminelles de privatisation du gouvernement Harper
• Les fonctionnaires fédéraux s'engagent à combattre le diktat et la fraude - Pierre Chénier
Les travailleurs de la Côte-Nord défendent leurs droits
Les travailleurs défendent leur
droit de travailler dans leur région
En mai et juin, les travailleurs de la Côte-Nord ont tenu plusieurs
manifestations pour revendiquer des emplois pour les travailleurs de la
région. Le 9 mai, ils ont manifesté à Baie-Comeau, Sept-Îles et
Havre-Saint-Pierre. Le 20 juin, plus de mille travailleurs ont
manifesté dans 4 villes soit Baie-Comeau, Sept-Îles,
Havre-St-Pierre et Forestville. Les manifestants protestaient contre le
peu d'emplois qui reviennent aux travailleurs de la région, en
particulier dans la construction et le secteur minier. Souvent, les
entreprises de la construction arrivent avec leurs travailleurs qui
proviennent de tous les coins du Québec et n'engagent
que peu de main-d'oeuvre locale. Les minières amènent des quantités de
travailleurs de partout avec le « fly in fly out » et font peu appel
aux travailleurs de la région. Les travailleurs sont logés dans des
camps et ont très peu d'interaction avec les villes. Les travailleurs
de la Côte-Nord demandent que plus de travailleurs
de la région soient employés dans les principaux secteurs de l'économie.
Les manifestations avaient un caractère urgent parce que la
construction est présentement à son point le plus fort de l'année,
notamment au gigantesque complexe hydroélectrique de la Romaine
d'Hydro-Québec qui comprend environ 2000 travailleurs. Si les
travailleurs de la région ne sont pas engagés, ils passeront
l'été à ne pas travailler et n'auront pas les heures nécessaires pour
être éligibles à l'assurance-emploi pendant la basse saison. De
nombreux travailleurs sont déjà sans revenu depuis des mois parce
qu'ils sont en chômage depuis un bon moment et ont épuisé leurs
prestations d'assurance-emploi. Les travailleurs aux
manifestations ont rapporté que plusieurs travailleurs de la
construction ont déjà rejoint les rangs de ceux qui doivent vivre de
l'aide sociale. « Assez, c'est assez, il faut sauver nos communautés.
Si on ne bouge pas, c'est le tissu social qui risque d'être touché, nos
services qu'on ne pourra plus payer. C'est un cri
du coeur », a dit un travailleur lors de la manifestation du 9 mai à
Baie-Comeau.
Manifestation de travailleurs de la construction et supporteurs à Sept-Îles pour des emplois le 20 juin 2014
La situation de l'emploi s'est grandement détériorée
sur la Côte- Nord ces dernières annéesDe janvier 2013 à janvier
2014, le taux de chômage a augmenté de 2 % pour s'établir à 8,4 %. En
mai 2014, le taux de chômage était à 9,4 %. La situation des
travailleurs et des communautés s'est encore
aggravée du fait qu'avec le Plan Nord et son « boom minier » le coût de
la vie est monté en flèche sur la Côte-Nord. Il y a très peu de
logements de libres et ceux qui le sont hors de prix. Les prix des
denrées de base ont grandement augmenté. La baisse des emplois et des
revenus combinée avec l'augmentation
en flèche du coût de la vie composent une situation dramatique qui
demande des changements immédiats, font valoir les travailleurs.
« Au milieu de tout ça, il faut qu'on continue de payer nos taxes
municipales, qu'on continue d'essayer de garder nos commerçants, a dit
Réginald Poirier, le représentant des locaux 9 et 2366 de la
FTQ-Construction au Forum ouvrier. On a de la difficulté à
les garder. Les employeurs qui viennent
de l'extérieur qui amènent leur monde, ils amènent aussi leurs denrées
de base et tout le matériau dont ils ont besoin. Les matériaux de
construction viennent d'ailleurs. Comment voulez- vous que la Côte-Nord
vive correctement, elle qui devrait vivre encore plus hautement parce
qu'il y a de l'ouvrage en masse. »
Les travailleurs demandent des mesures immédiates de la part du
gouvernement provincial pour faire en sorte que plus de travailleurs de
la région soient engagés. En début 2014 a été créée la Table régionale
Côte-Nord sur la main-d'oeuvre dans les secteurs industriel et de la
construction qui a remis son rapport
au gouvernement en mai. La Table comprend entre autres des
représentants du gouvernement, des entreprises, des syndicats, des
villes, d'Hydro-Québec et des députés provinciaux de la région. Dans
son rapport, la Table a émis une série de recommandations dont celle à
l'effet que la Commission de la construction
du Québec (CCQ) rende disponible quotidiennement à tous les employeurs
le nombre de travailleurs de la construction disponibles sur la
Côte-Nord. Les travailleurs ont accueilli la création de la Table
régionale, mais ne veulent pas que les choses traînent et ils demandent
que le gouvernement Couillard prenne des
mesures immédiates pour ouvrir les emplois aux travailleurs de la
région. Ils visent en particulier la Loi R-20, la Loi
sur les relations du travail, la formation professionnelle et la
gestion de la main-d'oeuvre dans l'industrie de la construction,qui
régit la mobilité de la main-d'oeuvre. La loi prescrit que
priorité doit être donnée aux travailleurs de la région dans les
projets de construction mais elle ne comporte pas d'obligation de le
faire. Les travailleurs demandent des changements immédiats et ne
veulent pas se faire dire par le gouvernement qu'amender les lois ou
passer une réglementation spécifique qui changerait
la situation est quelque chose de très complexe qui demande beaucoup de
temps.
« Ce serait facile au gouvernement de dire aux employeurs qu'ils
vont engager de la main-d'oeuvre régionale et ensuite aller chercher de
la main-d'oeuvre où ils voudront, a dit Réginald Poirier. Quand ils
disent qu'ils ne toucheront pas à une loi, c'est pour ne pas déplaire à
leurs bailleurs de fonds. Les gouvernements
passent les lois qu'ils veulent quand ils le veulent quand c'est pour
nous nuire. Quand c'est pour nous aider ils ne sont pas capables. »
Le gouvernement libéral a réagi aux manifestations des travailleurs
et au rapport de la table régionale en formant un comité
interministériel pour favoriser l'embauche régionale. Là encore les
travailleurs ont donné le message clair qu'ils veulent des changements
immédiats qui vont améliorer leur situation.
Les travailleurs disent que les employeurs préfèrent arriver avec
leur main-d'oeuvre sur les chantiers parce que c'est une main-d'oeuvre
qu'ils considèrent captive et plus facile à faire travailler en dessous
des conditions prescrites dans les conventions collectives. C'est plus
facile pour eux de faire pression sur
les travailleurs pour qu'ils acceptent de travailler les heures
supplémentaires en temps simple ou de tenter de les faire taire quand
ils se blessent en sortant la menace de les renvoyer chez eux s'ils
déclarent leurs blessures. Des représentants en santé et en sécurité
ont rapporté que des entreprises cherchent à faire payer
aux travailleurs qui se blessent leur billet d'avion s'ils doivent
aller se faire soigner à Montréal, ce qui est contraire à la
réglementation en santé- sécurité.
« Je n'ai rien du tout contre les travailleurs de l'extérieur, a dit
Réginald Poirier. Ce sont tous des travailleurs comme nous qui veulent
gagner leur vie. Mais l'employeur qui dit au gars que tu t'en vas
travailler dans cette région-là et tu te la fermes, c'est normal ça ?
C'est facile de dire qu'un travailleur de la
région n'est pas bon. Il y en a qui disent que du monde n'est pas bon
parce qu'ils ne t'aiment pas la face ou parce que tu réclames tes
droits. Sur la Côte-Nord on réclame nos droits, on n'en demande pas
plus. »
Les participants aux manifestations ont clairement dit qu'ils vont
continuer à défendre leur droit de travailler dans leur région et d'y
mener une vie digne et stable.
(Photos: Métallos, FTQ-Construction)
(Tiré de Chantier politique)
Nos gens ont l'impression de gérer des budgets
plutôt que de traiter des patients
- Entrevue avec Nathalie Savard, présidente du Syndicat des intervenantes
et intervenants de la santé du Nord-Est québécois (SIISNEQ) -
LML:Pouvez-vous nous donner un peu d'information sur le SIISNEQ ?
Nathalie Savard: Notre syndicat compte environ 1250
membres, infirmières, infirmières auxiliaires et inhalotérapeutes. Nous
représentons des travailleuses et travailleurs de la Côte-Nord, du Nord-du-Québec et du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Notre
syndicat est actif depuis 60 ans et cela fait 60 ans que nous sommes
actives dans la santé dans ces 3 régions.
LML: Vous avez fait une enquête parmi vos membres récemment
sur l'impact des coupures à la santé sur leurs conditions de travail et
sur les services à la population. Lors d'un récent point de presse,
vous avez dit que l'impact est très sérieux. Pouvez-nous en dire plus ?
NS: Au cours des dernières années, un des rapports qui a
été émis par le ministère de la Santé est venu démontrer que sur la
Côte-Nord de plus en plus nos gens sont malades. Ce sont les maladies
mentales qui sont en tête de liste. Le temps supplémentaire, le temps
supplémentaire obligatoire, le
fait que les gens sont en fardeau de tâches, tout cela s'amplifie en
même temps que s'amplifie l'absentéisme au travail. Les cas de maladie
mentale s'amplifient parmi nos membres parce qu'ils sont mis dans des
situations où ils retournent chez eux en ayant l'impression de ne pas
avoir été capables de donner le
soin qui est requis par les patients. Nos travailleuses ont
l'impression de ne pas avoir été capables de faire le travail pour
lequel elles ont étudié.
On est une région où la pénurie d'infirmières est très élevée. Sur
la Côte-Nord, on est en manque de 180 infirmières, d'une cinquantaine
d'infirmières auxiliaires et d'une dizaine d'inhalotérapeutes. Il y a
urgence d'agir, il faut trouver des solutions qui permettent d'attirer
des gens dans notre milieu.
Il y a peu d'infirmières qui sortent des Cégeps de la région. Nous
n'avons que deux Cégeps et cela ne suffit pas à combler nos besoins.
Nous n'avons pas d'université alors celles qui veulent une formation
universitaire peuvent suivre des cours par vidéo- conférence qui sont
données par des universités mais pour
faire leur bac à temps complet elles doivent sortir de la région et
c'est toute la difficulté alors de les ramener en région.
LML:Vous avez dit que de faire partie du Plan Nord amène son lot de problèmes. Vous faisiez référence à quoi ?
NS: Le Plan Nord nous affecte beaucoup. Nous sommes en
concurrence avec les minières pour tout ce qui est emploi, et souvent
les conditions de travail et le salaire y sont meilleurs. Nous n'avons
pas ce qu'il faut pour leur faire concurrence. On est dans un secteur
où le coût de la vie a beaucoup
augmenté. Cela coûte très cher de vivre ici. Le taux d'inoccupation des
logements est à son plus bas et les logements qui sont disponibles sont
très chers. Quand tu es une infirmière auxiliaire et que tu gagnes 30
000-35 000 $ par année, comment c'est possible de faire face au coût de
la vie ? On n'est pas capables
de trouver des logements à nos bénéficiaires qui sont en psychiatrie
externe, ils vivent de l'aide sociale, ils n'ont pas de gros revenus.
Le Plan Nord a amené beaucoup de problématiques, de la violence, de la drogue, de l'alcoolisme.
À Fermont les travailleurs n'ont pas grand-chose à faire en dehors
de leur travail, ils sont là sans leur famille. On a des jeunes qui
quittent l'école pour aller travailler chez les minières en se disant
qu'ils vont aller faire un bon salaire mais quand le fer va tomber
qu'est-ce qu'ils vont faire ? Ils n'auront pas
de scolarité, ils devront retourner à l'école. Est-ce que les services
vont être là dans les municipalités et les institutions d'éducation
pour leur permettre de le faire ?
En plus de cela, on n'augmente pas les budgets des centres de santé
parce qu'on dit que la population n'augmente pas mais tous les
travailleurs qui sont « fly in fly out » se servent de nos services.
C'est une pression financière accrue sur nos services de santé et c'est
notre personnel qui doit suppléer à la tâche.
On doit s'attaquer à ces problèmes. Pour résoudre un problème, il faut travailler sur plusieurs aspects de la société.
LML: Que pensez-vous de l'affirmation du gouvernement à
l'effet que les services publics doivent être fournis de manière plus
efficace et plus productive ?
NS: On doit toujours faire plus avec moins selon les
politiciens. Cela a été prouvé que plus tu coupes dans les services
publics plus tu coupes dans la qualité des soins que tu donnes. Nos
gens sont très performants. Ils ont à coeur les bénéficiaires. Ils font
tout ce qu'ils peuvent pour que la qualité
des soins ne tombe pas malgré les coupures budgétaires. Ces gens-là
sont en train d'y laisser leur santé. On ne peut plus faire aucune
coupure. Nos gens sont rendus à la limite.
Quand on nous parle d'être plus productifs, on parle par exemple de
la méthode « lean », la méthode Toyota. Tant de minutes pour un
patient, tant de patients par jour, tant de minutes pour une opération,
etc. On ne tient pas compte de la complexité du cas, parfois ça prend
10 minutes pour visiter un patient,
parfois ça en prend 45. Nos membres ont l'impression de gérer un budget
plutôt que de traiter des patients. Cela affecte beaucoup leur santé.
LML: Quel travail faites-vous face à tous ces problèmes ?
NS: Il va falloir se parler, que tous les acteurs régionaux
regardent ce qu'il y a à faire dans ce défi, travailler ensemble sur
toute cette problématique. On doit s'asseoir à la même table avec les
mêmes préoccupations. Cela veut dire les députés, les employeurs,
l'agence régionale de la santé, les
syndicats. Les députés doivent réaliser qu'ils ont été élus pour servir
les besoins de la population de la région. Il faut s'assurer que les
employeurs ne travaillent pas de manière isolée pensant qu'ils vont
juste gérer leurs propres affaires par eux- mêmes. C'est seulement tout
le monde ensemble qu'on peut résoudre
les problèmes.

Nathalie Savard, à gauche, lors d'un point de presse à Sept-Îles, le mercredi 28 mai dernier
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Cela fait 60 ans que notre syndicat existe dans la région. Nous
avons fait plusieurs propositions qui sont rationnelles et pratiques et
nous continuons d'en faire. Nous voulons par exemple que les
infirmières reçoivent plus de formation afin qu'il y ait plus d'actes
qui leur soient délégués dans l'exercice de leur
profession. La négociation qui s'en vient doit nous permettre
d'examiner et de revoir certaines conditions de travail des personnes
qui veulent venir travailler sur la Côte-Nord. Il faut tenir compte
dans nos demandes des disparités régionales afin qu'on soit capable de
fournir les soins de qualité qui sont requis et
d'attirer et garder nos gens dans les soins de santé sur la Côte-Nord.
Un problème que nous avons ce sont les longues distances que les gens
doivent parcourir pour avoir accès aux soins de santé. Parfois on doit
utiliser l'avion. Cela coûte plus cher de fournir les soins de santé
ici que dans d'autres régions mais
on paie nos impôts comme tous les citoyens et on a droit à nos
services. On doit être capable d'offrir la même qualité de soins que
partout ailleurs au Québec.
(Photo: Le Nord-Côtier)

Attaques aux pensions du secteur public québécois
L'argument frauduleux sur les déficits des régimes
de retraite des employés municipaux
- Claude Moreau -
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Manifestation
devant
l'hôtel de ville de Montréal le 17 juin dernier contre
le projet de loi sur les régimes de retraite du secteur municipal
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Le gouvernement, les médias monopolisés et divers experts ne cessent
de dire que les régimes de retraite des employés municipaux sont en
crise à cause de l'énormité de leurs déficits et que cela serait dû au
fait qu'ils sont trop généreux envers les employés municipaux. C'est
important de démasquer cet argument
frauduleux.
La fraude commence avec le fait que l'État ne protège pas
l'épargne-retraite alors qu'il accourt à la rescousse du système
financier comme au moment de la crise de 2008. Des dizaines de
milliards de dollars des caisses de retraite ont été mis dans les mains
des spéculateurs et des fraudeurs financiers et se
sont envolés en fumée sans qu'aucune accusation ou condamnation des
fraudeurs ne s'ensuive. Qu'est-ce qui a conduit à cela ?
Les gestionnaires municipaux se sont habitués à de hauts rendements
qui leur ont permis de se payer des congés de cotisation ou des baisses
de taxes, comme ce fut le cas de la ville de Québec, avec les surplus
des années 1990. Au début des années 2000, dans les conditions où les
taux d'intérêts et les rendements
des obligations étaient bas, ils ont pris de plus en plus de risques,
remettant la caisse dans les mains des spéculateurs et remettant à
toujours plus loin le remboursement des déficits actuariels prévus qui
était à leur charge. L'argent des surplus généré par les cotisations de
l'employeur n'étant pas laissé dans la caisse,
il ne peut générer de rendements, affectant par là la capacité du fonds
à rencontrer ses obligations futures. Quand on regarde cela sur le long
terme, les principales caisses ont connu malgré les années 2008 et 2011
un rendement légèrement supérieur aux prévisions actuarielles.
Au sujet de la fraude des déficits, on doit dire que présentement il
y a de l'argent dans les caisses et les chèques sont émis pour payer
les rentes, les indexations, etc. Il n'y pas de déficit et on n'est pas
obligé d'emprunter pour payer les sommes qui sont dues. Il s'agit d'un
calcul actuariel qui prévoit un déficit
futur par rapport aux obligations à rencontrer dans l'avenir. Un
malheur se serait abattu sur la ville. Les gens ne meurent pas assez
vite. Ils vivent plus vieux, quel malheur, et les caisses seraient trop
généreuses pour la capacité de payer des contribuables. Souvenons-nous
des surplus que les gestionnaires municipaux
ont utilisés pour baisser les taxes à Québec ou prendre des congés de
cotisations. Les employés par contre ont payé leur part du contrat.
Quant à la capacité de payer des retraités, lorsqu'on leur coupe
l'indexation, elle n'est pas prise en considération. C'est un cas
d'abus sur les aînés.
Récemment, la Caisse de dépôt et placement du Québec, où sont
déposées les principales caisses de retraite, a reçu l'autorisation
d'augmenter la proportion de ses investissements à l'étranger !
Les gérants du bas de laine des Québécois ont la permission
d'essayer de faire plus d'argent sur les marchés financiers étrangers.
Est-ce qu'on est en train de faire plus de la même chose qui a mené à
la crise financière de 2008 et a causé des pertes considérables pour
les caisses de retraite ? Est-ce que
l'administration est faite en fonction des besoins à combler ou au
contraire les besoins de sécurité financière des gens devront s'adapter
à l'administration ? Alors que les bénéfices de retraite pour lesquels
les gens ont payé sont réduits, leurs argents dans les caisses de
retraite sont liquidés. Effectivement cela soulève
alors la question de à qui appartiennent les cotisations, à qui
appartiennent les surplus. Les régimes actuels prévoyaient que les
gestionnaires municipaux pouvaient disposer des surplus actuariels par
des congés de cotisation ou des baisses de taxes. Mais les éventuels
déficits étaient à leur charge. Les employés municipaux
ont réinvesti les surplus dans l'achat des bénéfices additionnels, les
surplus générés par leurs cotisations sont donc restés dans la caisse.
Maintenant qu'il y a des déficits à combler à la charge des
municipalités, qui à l'instar de la cigale avaient chanté pendant la
période des surplus, voilà que l'État intervient brutalement
pour imposer le partage moitié-moitié des déficits à la fourmi. Est-ce
là un exemple de changements structurels dont parle le gouvernement
libéral majoritaire de Philippe Couillard ?
Autre aperçu de la manifestation devant l'hôtel de ville de Montréal le 17 juin dernier

Les magouilles criminelles de privatisation du gouvernement Harper
Les fonctionnaires fédéraux s'engagent
à combattre le diktat et la fraude
- Pierre Chénier -
Les centaines de milliers de fonctionnaires fédéraux dont les
conventions collectives arrivent à terme cette année se préparent à la
bataille contre le plan du Conseil du trésor de voler leurs congés de
maladie, de les forcer à travailler quand ils sont malades et de
détourner des tonnes d'argent public vers les
profiteurs privés. Dans le cadre de la mise en oeuvre de son budget
2013, le gouvernement Harper a adopté des mesures qui affectent
sérieusement la capacité des syndicats des fonctionnaires fédéraux de
mener une lutte qui a un impact réel. Le gouvernement, par exemple,
s'est donné la possibilité de décider que
80 % des travailleurs d'une unité de négociation peuvent être déclarés «
essentiels ». Les fonctionnaires fédéraux n'en insistent pas moins pour
que des négociations de bonne foi se tiennent qui reconnaissent le
travail difficile qu'ils font pour fournir les services publics et ils
rejettent l'extorsion et le diktat. Ils veulent
préserver et améliorer leur régime de congés de maladie dont ils ont
besoin plus que jamais. Les problèmes de santé parmi eux ne cessent de
s'aggraver, en particulier les problèmes de santé mentale, des
problèmes qui sont causés par le chaos que les attaques du gouvernement
Harper ont créé dans la fonction
publique.
Le Conseil du Trésor entend faire des changements drastiques dans le
régime des congés de maladie des fonctionnaires. Le système
présentement en place est négocié entre le Conseil du trésor et les
syndicats et géré dans le cadre de la convention collective. Le
président du Conseil du trésor Tony Clement a
dit que les changements fondamentaux qu'il veut faire ne seront pas
négociés. Seule l'application des détails de la nouvelle politique sera
négociée. Le Conseil du trésor passe par-dessus les syndicats et
remplit les médias de son hystérie à l'effet que les fonctionnaires
abusent des congés de maladie et donc des payeurs
de taxes.
Selon les conventions collectives présentement en vigueur, les
fonctionnaires fédéraux ont 15 jours de congés de maladie par année.
Ils peuvent accumuler les congés non utilisés d'année en année mais ne
peuvent pas les échanger pour de l'argent quand ils quittent la
fonction publique. Les fonctionnaires ont
un régime d'invalidité à long terme qui commence à s'appliquer après
que le travailleur ait été absent du travail pendant 13 semaines. Les
fonctionnaires qui sont malades pendant une longue période doivent
épuiser tous les congés de maladie qu'ils ont accumulés avant d'être
admissibles aux prestations d'invalidité
à long terme. Ceux qui n'ont pas 13 semaines de congés de maladie
accumulés doivent vivre de l'assurance-emploi avant qu'ils ne
deviennent admissibles à l'invalidité à long terme.
Le Conseil du trésor veut imposer un régime d'invalidité à court
terme pour faire le pont entre le moment où les fonctionnaires ont
épuisé leurs congés de maladie accumulés et le début des prestations
d'invalidité à long terme. Une fois les congés de maladie épuisés, les
prestations d'invalidité à court terme
entrent en jeu pour une période d'une semaine à six mois et sont suivis
des prestations d'invalidité à long terme. Clement dit que le nouveau
système est modelé sur le secteur privé où selon lui la moyenne de
congés de maladie payés se situe entre 5 et 7 par année.
Plus les choses avancent et plus le stratagème du Conseil du trésor
est exposé. Le nouveau régime va réduire drastiquement le nombre des
congés de maladie et les fonctionnaires ne pourront plus les accumuler.
La gérance du régime de congés de maladie va être retirée de la
convention collective et confiée
à des profiteurs privés qui vont recevoir des millions de dollars de
fonds publics. C'est une firme privée qui sera responsable de la
gestion de cas dans le régime d'invalidité à court terme. C'est elle
qui va contester les réclamations des fonctionnaires, leur nier leurs
prestations et s'assurer qu'ils retournent au travail
le plus vite possible. L'Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC),
qui représente environ 100 000 travailleurs qui seront affectés par ces
mesures, a dit qu'elles mèneront à une situation où les fonctionnaires
vont retourner au travail alors qu'ils sont toujours malades ce qui va
aggraver leur condition et possiblement
rendre leurs collègues malades eux aussi.
Le 7 juillet, l'Alliance de la fonction publique du Canada a déposé
une plainte pour pratique déloyale contre le Conseil du Trésor. L'AFPC
allègue que le Conseil du Trésor déroge à son obligation de négocier de
bonne foi en cherchant à imposer son régime d'invalidité à court terme
et qu'il empêche l'Alliance
de représenter ses membres, ce qui contrevient à la Loi sur les relations de travail dans la fonction publique,en cherchant à induire le public et les fonctionnaires en erreur.
Cette proposition scandaleuse est un nouvel exemple de la corruption
rampante qui est le fait de l'offensive antisociale. Le gouvernement de
Mike Harris (1995-2002), dont proviennent de nombreux harpériens
incluant Clement, a commencé sa soi-disant « Révolution du bon sens » par
une guerre contre les gens
les plus vulnérables dont les personnes sur l'aide sociale. Harris a
engagé la firme de consultants Anderson pour la modique somme de 180
millions $ pour saccager l'aide sociale et pousser les gens dans une
pauvreté extrême. Un autre exemple est celui du gouvernement libéral de
l'Ontario qui en 2009 a nommé
le banquier international David Marshall à la tête de la Commission de
la sécurité professionnelle et de l'assurance contre les accidents du
travail (l'ancienne Commission d'indemnisation des travailleurs
accidentés), au salaire de 400 000 $ par année assorti d'une prime de
20 % par année selon son succès à couper
les prestations des travailleurs.
Cela ne doit pas passer ! Les fonctionnaires fédéraux nous fournissent à tous des services importants. LML
appelle tous les travailleurs du Canada à exprimer leur appui aux
fonctionnaires fédéraux qui se battent contre cette corruption et ce
diktat. Défendons-les et les services qu'ils dispensent et
mettons dehors ce gouvernement !

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