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Numéro 85 - 30 juin
2014
La lutte des travailleurs de la
construction est notre lutte à tous
Le ministre du Travail du gouvernement
du Québec menace d'imposer une nouvelle loi
spéciale dans la construction
Ligne de piquetage
à Montréal à la première journée de
la grève des travailleurs de la construction le 17 juin 2013
La
lutte des travailleurs de la construction est notre lutte à tous
• Le ministre du Travail du gouvernement du
Québec menace d'imposer une nouvelle loi spéciale dans la
construction - Pierre Chénier
L'élection
partielle
fédérale dans Macleod en Alberta
• Défaire le gouvernement Harper et son
assaut contre le niveau de vie des Canadiens
• Concentration de la richesse et du pouvoir
dans le secteur de la transformation des viandes -Peggy Morton
Le programme
antiouvrier du gouvernement libéral majoritaire en Ontario
• Les travailleurs de l'acier exigent des
comptes du gouvernement
• Le discours du Trône relancera le
budget libéral; Hudak démissionne comme chef conservateur
• Les beaux discours font maintenant place au
diktat brutal - Enver Villamizar
La lutte des travailleurs de la
construction est notre lutte à tous
Le ministre du Travail du gouvernement
du Québec menace d'imposer une nouvelle loi
spéciale dans la construction
- Pierre Chénier -
Montréal le 21
juin 2013
En point de presse le 9 juin et à nouveau la
semaine dernière, le ministre du Travail Sam Hamad a dit qu'il
va rendre illégale une grève des travailleurs de la
construction cet été, et que la loi spéciale pour
l'essentiel est déjà rédigée.
Les quelque 80 000 travailleurs du secteur
institutionnel/commercial et industriel (ICI) seront en position de
grève légale et les employeurs en position de lockout,
le 22 juillet prochain. Ces travailleurs étaient en grève
en juin de l'an dernier pour s'opposer à des demandes de
concessions antiouvrières lorsque le gouvernement les a
forcés à
retourner au travail par une loi spéciale dans la nuit du 1er
juillet. La Loi spéciale prolongeait leurs conditions de travail
pendant un an, donc jusqu'à aujourd'hui le 30 juin. La
grève de l'été dernier était une
grève générale de tous les travailleurs de la
construction du Québec déclenchée le 17 juin, mais
les travailleurs des secteurs génie civil/voirie et
résidentiel avaient conclu une entente avec les associations
patronales à la fin juin.
Dans ses commentaires à la presse, le ministre
Hamad reprend le langage de tous les gouvernements de l'offensive
antisociale à l'effet que la meilleure solution est
supposément une solution négociée. En fait, il n'y
a pas de négociation mais une tentative d'extorquer des
concessions aux travailleurs avec la certitude pour les employeurs que
le
gouvernement va utiliser son pouvoir pour déclarer la
grève illégale. Les concessions, comme l'ont
démontré les travailleurs de la construction, vont
occasionner la détérioration des conditions de travail
sur les chantiers et les conditions de vie des travailleurs et de leurs
familles, et le gouvernement se fait l'instrument de l'imposition de
ces
concessions que les travailleurs n'acceptent pas.
Selon l'Alliance syndicale qui représente les
cinq syndicats de la construction au Québec, l'Association de la
construction du Québec (ACQ) est revenue à la charge en
février 2014 avec les mêmes demandes de concessions contre
lesquelles les travailleurs ont fait la grève en 2013. L'ACQ
demande toujours une augmentation de la mobilité de la
main-d'oeuvre, ce qui prive d'emploi les travailleurs dans leur
région car les entrepreneurs arrivent avec leurs travailleurs.
Le problème est devenu encore plus aigu du fait que la
construction a connu une baisse ces derniers mois et que des
travailleurs des régions ont épuisé leurs
prestations d'assurance-emploi. Les travailleurs de la Côte-Nord
ont
tenu des manifestations ces derniers mois pour exiger de pouvoir
travailler dans leur région.
L'ACQ demande encore la création d'une plage de
travail de 5 h 30 à 19 h (plutôt que la plage actuelle de
6 heures 30 à 17 heures) à l'intérieur de laquelle
les travailleurs font leur journée normale de travail de 8
heures, 9 heures ou 10 heures consécutives. Les travailleurs
font valoir que cela va déstabiliser leur vie familiale.
L'association patronale maintient aussi sa demande de
pouvoir forcer les travailleurs à reprendre les travaux le
samedi à taux simple lors d'intempéries pendant la
semaine normale.
La demande de concession est également maintenue
à l'effet de payer les 8 premières heures
supplémentaires par semaine du lundi au samedi à taux et
demi, plutôt qu'à taux double, alors que les dimanches et
jours fériés seront rémunérés
à taux double. L'alliance syndicale fait valoir que les
travailleurs désirent travailler davantage : plus de 23
000 travailleurs ont déclaré moins de 500 heures en 2012
et la moyenne de ceux ayant travaillé plus de 500 heures
était de 1300. Ils demandent qu'on priorise une meilleure
planification des travaux afin qu'un maximum de travailleurs puissent
enregistrer des heures et non des heures supplémentaires pour un
petit nombre.
Concernant les indemnités de déplacement,
dans le contexte où les déplacements sur de longues
distances, souvent plus de 100 km, sont chose commune pour les
travailleurs de la construction, l'ACQ demande que les distances
minimales pour recevoir une indemnité de frais de
déplacement soient augmentées. Avec le prix de l'essence
qui
augmente sans cesse, c'est une attaque directe au revenu des familles
des travailleurs.
Les travailleurs de la construction doivent et ont droit
d'avoir des conditions de travail qui correspondent au travail qu'ils
font, des conditions qu'ils jugent eux-mêmes acceptables. Dans
les négociations actuelles, les travailleurs mettent de l'avant
des demandes telles des augmentations salariales de 7,8 % sur 3 ans,
une demande d'augmentation
des indemnités pour frais de déplacement et pour chambre
et pension quand le déplacement atteint les 120 km, une demande
de clause de rappel correspondant à la durée d'emploi du
travailleur (la sécurité d'emploi n'existe pas dans la
construction), etc.
Le gouvernement est très irresponsable de menacer
les travailleurs du plein poids de la loi s'ils persistent dans leurs
justes demandes, qui sont bénéfiques pour eux et pour la
société dans son ensemble. Tous les travailleurs doivent
appuyer fermement les travailleurs de la construction contre cette
extorsion de concessions.
(Tiré de
Chantier politique)

L'élection partielle
fédérale dans Macleod en Alberta
Défaire le gouvernement Harper et son assaut
contre le niveau de vie des Canadiens

Les élections partielles fédérales
qui auront lieu le 30 juin en Alberta et en Ontario, sont l'occasion de
dire Non ! à la dictature Harper, au diktat des monopoles et
à la destruction nationale. Le peuple est privé du
pouvoir économique et politique dont il a besoin pour donner une
direction à l'économie qui va servir
l'intérêt public, apporter des
solutions aux problèmes sociaux et autres qui confrontent la
société, et affirmer les droits de tous. Le fait de ne
pas être investi du pouvoir dans les affaires politiques est le
reflet du même problème dans les principaux secteurs de
l'économie. Les décisions sur les grandes questions
économiques dans les secteurs de base sont faites dans le dos du
peuple. Ces mêmes intérêts privés qui
contrôlent les principaux secteurs de l'économie
contrôlent les leviers du pouvoir politique. Pour le peuple, son
manque de contrôle sur les secteurs économiques de base se
reflète dans son manque de contrôle sur l'autorité
publique.
Le plus grand employeur dans la circonscription de
Macleod est l'énorme monopole américain Cargill, la plus
grande société privée au monde. Cargill est un des
deux seuls transformateurs de viande de boeuf sous inspection
fédérale encore présents au Canada, avec une part
de 32 % de l'industrie canadienne du boeuf. Il est également
l'un
des
plus grands, sinon le plus grand bénéficiaire du
démantèlement de la Commission canadienne du blé.
Durant l'exercice 2013, Cargill a enregistré des
bénéfices de 2,31 milliards $ provenant de la valeur
ajoutée créée par les travailleurs et les
agriculteurs du Canada et dans le monde. Ce fut presque le double de
ses profits de 1,17 milliard $ l'année précédente.
Il a une valeur totale réalisée de 136,7 milliards $, une
autre preuve de comment
imposante est sa mainmise sur les producteurs et les travailleurs
agricoles.
L'immense usine de transformation du boeuf de Cargill
située juste à l'extérieur de High River emploie
2000 travailleurs qui abattent et transforment 4500 bovins chaque jour.
La fermeture de l'usine d'emballage des viandes XL à Brooks, en
Alberta, à la suite de la contamination d'escherichia coli
(e. coli) en 2012, a
mis en évidence les conséquences dangereuses de la
mainmise des monopoles comme XL et Cargill sur la
sécurité alimentaire et la santé des Canadiens,
les travailleurs qui transforment la viande et les agriculteurs qui
élèvent des bovins de boucherie.
La concentration de la propriété et du
contrôle des usines de transformation et aussi de plus en plus
des bovins par les géants de la transformation est en
contradiction avec les bonnes pratiques environnementales et un
approvisionnement alimentaire sécuritaire. L'objectif des
monopoles est de transférer la richesse des agriculteurs vers
eux-mêmes, de siphonner autant de la valeur ajoutée qu'ils
peuvent de la production agricole et, éventuellement, de prendre
le contrôle de tous les aspects de l'agriculture, transformant
les anciens agriculteurs en ouvriers salariés sous le
contrôle des monopoles. Depuis que le guichet unique de la CCB
a été démantelé, les agriculteurs de
l'Alberta
qui recevaient 84 % de la valeur réalisée de leur
blé en reçoivent maintenant environ 40 %, les grands
gagnants étant Cargill et les autres monopoles des
céréales. Ces énormes monopoles mondiaux en sont
venus également à compter de plus en plus sur les
travailleurs étrangers temporaires, comme un secteur des
travailleurs dépouillés de leurs droits
civils et de leurs droits en tant que travailleurs. L'alternative
à la dictature Harper est un projet d'édification
nationale qui fournit des solutions aux problèmes de la
sécurité et de la salubrité alimentaire, qui met
fin à la mainmise des monopoles, sert les agriculteurs
canadiens, les travailleurs agricoles et les travailleurs de la
transformation
alimentaire et du bétail et défend l'intérêt
public. Dans ce numéro, LML fournit des informations
sur les conditions que rencontrent les travailleurs de la
transformation des viandes, et en particulier la façon dont
l'industrie est venue à dépendre de travailleurs
étrangers temporaires. Ces élections partielles sont
l'occasion de mettre de
l'avant notre propre alternative d'édification nationale et
mener des discussions dans nos entourages sur la manière
d'apporter des solutions aux problèmes auxquels nous sommes
confrontés. Elles représentent pour le peuple la
possibilité de dire Non ! à la dictature Harper.

Concentration de la richesse et du pouvoir dans le
secteur de la transformation des viandes
-Peggy Morton -
Comment le Programme des travailleurs étrangers
temporaires (PTÉT) est-il devenu une composante si importante de
l'industrie de la transformation des viandes au Canada ? Les grands
monopoles Cargill, JBS et Olymel prétendent qu'il est impossible
de trouver des Canadiens qui vont travailler dans les usines de
transformation des viandes.
Cela fait autant de sens que de dire que la pauvreté est
causée par le manque d'argent. La réponse à
l'explosion du PTÉT peut être trouvée dans la
mondialisation néolibérale et l'annexion du Canada aux
États-Unis des monopoles d'Amérique du Nord.
Les 30 dernières années ont
été témoins d'une concentration beaucoup plus
intense de la propriété et de la production de la
transformation des viandes, conduisant à une mainmise de
quelques monopoles géants internationaux. Ces monopoles ont
mené un assaut tous azimuts sur la vie et les conditions de
travail des travailleurs des abattoirs,
ayant de plus en plus recours à des travailleurs qui sont
privés de droits civils et vulnérables à la
surexploitation.
Durant les années 1980, le nombre d'usines
d'abattage aux États-Unis a plongé de plus de 600
à environ 170 pour les bovins et de plus de 500 à environ
180 pour les porcs. Aujourd'hui les quatre grands - Tyson, Cargill, JBS
et National Beef - contrôle 80 % de l'ensemble du traitement de
la
viande bovine. Un élément clé de l'offensive des
monopoles américains a été d'écraser les
syndicats, les collectifs de défense des droits des
travailleurs. Les monopoles ont établis des usines non
syndiquées dans les États qui défendent « le
droit au travail », en vertu duquel les syndicats sont
pratiquement illégaux, et ont alors exigé que les usines
syndiquées demeurent concurrentielles sinon elles
vont fermer.
Les travailleurs des usines de transformation ont
combattu farouchement les concessions et ont mené de 1983
à
1986 quelque 158 grèves engageant quelque 40 000 travailleurs.
À cause des fermetures d'usines, des longs et difficiles lockout
et la relocalisation des usines, la syndicalisation est passée
de 50 % en 1980 à 21 % en 1986. En 1992, les
salaires dans l'industrie ont été réduits de 40 %
et la cadence de production a doublé. Les monopoles de la
transformation des viandes se sont alors tournés vers les
sections les plus marginalisés de la classe ouvrière, y
compris les travailleurs sans papiers, pour combler « la
pénurie de main-d'œuvre », qu'ils ont créée
avec leurs bas salaires, leurs
mauvaises conditions de travail et les attaques incessantes contre les
droits des travailleurs.
Au Canada, une attaque similaire contre les travailleurs
des abattoirs a eu lieu en même temps. La difficile grève
de
1985 chez Gainers à Edmonton a montré la
détermination des propriétaires du capital monopoliste
à abaisser les salaires et attaquer l'esprit de
résistance
des travailleurs canadiens à défendre leurs droits.
Suite à l'Accord de libre-échange
Canada-États-Unis en 1988, les salaires dans les usines
canadiennes de transformation des viandes sont devenus la cible
d'attaques directes provenant des États-Unis. Les entreprises
géantes américaines dans les marchés canadiens et
mondiaux ont réduit les salaires de 40 % en utilisant l'excuse
de
la concurrence
dans le cadre du libre-échange.
Les gouvernements provinciaux de l'Ouest du Canada ont
organisé une expansion massive de la production animale dans les
élevages industriels et utilisé les subventions pour
payer les riches afin de donner des millions aux monopoles de la
transformation des viandes afin de fermer les usines plus anciennes
dans l'est du Canada et les grandes
villes de l'ouest, tout en les déménageant dans les zones
rurales des provinces de l'ouest. Au Manitoba, par exemple, la
production porcine a augmenté de 50 % entre 1996 et 2001 afin de
cibler les marchés mondiaux, avec des subventions
accordées par le gouvernement du Manitoba. Maple Leaf Packers a
ouvert une nouvelle usine de porc à
Brandon et imposé un salaire de base de 8 $ l'heure pour ensuite
utiliser cette situation pour extorquer des réductions de
salaires de 40 % aux travailleurs partout au pays. Trois ans
après avoir abaissé les salaires à l'usine de
Brandon bien en dessous de la norme canadienne, Maple Leaf a
demandé des permis de travail pour les travailleurs
étrangers
temporaires, citant des « pénuries de main-d' œuvre
»
comme étant la raison.
De nouvelles usines ont également
été construites en Alberta, dont une par Tyson/IPB
à Brooks, plus tard vendue à Neilson Brothers et
maintenant détenue par le monopole brésilien JBS, suite
au scandale e.coli. Le monopole Olymel au Québec a
construit une énorme usine moderne à Red Deer avec 1800
travailleurs tout en
fermant ses usines au Québec. Ensuite, en utilisant la menace
très réelle de transférer la production vers
l'ouest, Olymel a extorqué des travailleurs
québécois par des coupures de 30 % de leurs salaires.

Le programme antiouvrier du gouvernement
libéral majoritaire en Ontario
Les travailleurs de l'acier exigent des
comptes du gouvernement
Les métallos
manifestent devant les bureaux du ministère du Travail à
Hamilton le 20 juin 2014 en appui aux travailleurs
en lockout à l'usine Max Aicher et pour dénoncer le refus
du gouvernement de défendre l'intérêt public.
Les travailleurs industriels de l'Ontario n'ont pas
perdu de temps pour exiger des comptes aux libéraux.
L'élection ontarienne a eu lieu le 12 juin et, le vendredi 20
juin, les travailleurs de l'acier de la section locale 1005 de Hamilton
ont dressé une ligne de piquetage devant les bureaux du
ministère du Travail à Hamilton. Avant l'élection,
ils
ont tenu des piquetages mensuels contre l'austérité
devant le bureau de Tim Hudak et en d'autres endroits. Le piquetage du
20 juin visait à appuyer les membres de la section locale 1005
qui ont été mis en lockout par la compagnie Max Aicher
North America (MANA) le 29 juin 2013.
Le 10 juin, seulement deux jours avant l'élection
ontarienne, MANA a obtenu une injonction qui interdisait aux
métallos de défendre concrètement leurs droits en
dressant des lignes de piquetage pour empêcher les scabs d'entrer
dans l'usine. L'action a aussi été organisée pour
empêcher que des équipements ne soient sortis de l'usine
et
expédiés à l'étranger.
Les piqueteurs ont dénoncé la corruption
du gouvernement ontarien qui a donné 9 millions $ à MANA
quand elle a acheté l'usine de US Steel en novembre 2010 et a
ensuite refusé de demander des comptes à la compagnie
sous prétexte que la façon dont elle utilisait cet argent
était une décision d'affaires privée.
Le gouvernement ontarien n'est jamais intervenu en
faveur des travailleurs ni de la communauté en veillant à
ce qu'aucun équipement ne sorte de l'usine ou à ce que
les intérêts des travailleurs soient défendus. Le
lockout imposé par MANA de même que le
présumé retrait d'équipement arrivent dans le
contexte de la déclaration unilatérale de
US Steel l'automne dernier à l'effet que la compagnie a
l'intention de fermer la production de l'acier à Hamilton cette
année et songe à fermer ses installations de
transformation de l'acier à Hamilton après 2015.
Information Update, le bulletin hebdomadaire de
la section locale 1005, indique : « Depuis plus de onze mois, les
contremaîtres peuvent entrer à l'usine sans
problème. Voilà maintenant qu'on fait entrer des scabs et
le public ne sait rien des activités de MANA et encore moins de
ce qui arrive des 9 millions $ que l'Ontario lui a
donnés. En plus, le plein poids de la loi est appliqué
pour limiter la capacité des travailleurs de MANA de
défendre avec efficacité leur droit de négocier
une entente. Les déclarations du juge à l'effet que la
cour est neutre et qu'il ne favorisera aucun des deux partis ne
tiennent pas la route puisqu'il permet à MANA de garder les
travailleurs en
lockout tandis que la compagnie fait on ne sait quoi avec l'usine et
l'équipement tout en ayant recours à des '
travailleurs de remplacement contractuels ',
c'est-à-dire,
des scabs. »
Défendons le droit public ! Non au droit de
monopole !

Le discours du Trône relancera le budget
libéral; Hudak démissionne comme chef conservateur
La première ministre Kathleen Wynne a
annoncé que la 40e législature va débuter ses
travaux le mercredi 2 juillet par un discours du Trône qui va
tracer les grandes lignes de ce qu'entend faire son gouvernement
majoritaire dans la période à venir. Ce sera son premier
discours du Trône à titre de première ministre
élue. Elle avait donné son
premier discours du Trône suite à sa victoire à la
course à la chefferie du Parti libéral en 2013 qui
l'avait aussi propulsée première ministre en remplacement
de Dalton McGuinty. Ces événements s'étaient
déroulés au moment où les travailleurs et en
particulier les enseignants et les travailleurs de l'éducation
dénonçaient fermement l'austérité dont
la Loi 115 et l'imposition de conventions collectives.
La démission de Tim Hudak en tant que chef du
Parti progressiste-conservateur, après avoir perdu neuf
sièges pendant l'élection, entre en vigueur le 2 juillet.
Un chef intérimaire sera nommé par les conservateurs
jusqu'à la tenue d'un congrès de la course à la
direction du parti. Hudak, qui a conservé son siège dans
la circonscription de
Niagara West-Glanbrook, va demeurer député.
Le budget libéral du 1er mai avait
été rejeté par les autres partis au Parlement, ce
qui avait mené à l'élection du 12 juin, pour
ensuite devenir la plate-forme électorale des libéraux.
Pendant l'élection, par le biais d'une campagne concertée
de désinformation, on a décrit ce budget comme
étant « progressiste » et digne de l'appui des
travailleurs.
Les problèmes qui sont posés par ce budget vont devenir
plus évidents quand il sera présenté à
nouveau au Parlement.
Au lendemain de l'élection, Wynne a dit que le
discours du Trône va comprendre le même budget. «
Peut-être qu'il y aura des changements techniques, a-t-elle dit,
et nous en parlerons dans le discours, mais en matière de
politiques et d'investissements, le budget sera exactement le
même. »
Comme leur majorité leur permet d'adopter des
projets de loi d'austérité néolibérale, les
libéraux pourront désormais adopter le budget et tout
autre changement qu'ils désirent apporter et continuer
d'appliquer leur version de l'ordre du jour d'austérité.
Le hic, c'est que les travailleurs ne peuvent permettre une telle chose
de passer. Malgré la
prétention de Wynne suite à l'élection de
représenter ce qu'elle appelle un Ontario unifié, son
« mandat majoritaire » ne tient qu'à un fil. Les
libéraux ne l'ont remporté que par quatre ou cinq
sièges (le candidat libéral de Thornhill dans le Grand
Toronto a demandé un dépouillement judiciaire vu la mince
victoire des conservateurs dans la
circonscription). De plus, les libéraux ont gagné avec
à peine 20 % des voix de tous les électeurs
éligibles à voter, sans parler des 31 000
électeurs qui ont annulé leur vote, un record depuis
l'élection de 1975. C'est donc sans fondement que les
libéraux prétendent avoir gagné un mandat
populaire pour leur ordre du jour d'austérité antisociale
que
ce soit dans un budget ou d'autre façon.
Que nous réserve la session qui vient ?
Les libéraux ont clairement laissé
entendre que les « épargnes » dont ils parlent dans
leur budget proviendront de compressions dans les services publics et
dans les salaires, les avantages sociaux et les régimes de
retraite des travailleurs qui dispensent ces services. Les fonds ainsi
obtenus au détriment des travailleurs serviront à tout un
éventail de manigances pour payer les riches. Ces «
épargnes » proviendront également de la
privatisation tout azimut des avoirs et services publics par la
formation de « partenariats » entre le gouvernement et
divers monopoles privés oeuvrant dans la construction,
l'entretien et la mise en oeuvre de nouveaux projets d'infrastructures
où le gonflement
et le dépassement de coûts sont chose commune tout comme
le sont l'abaissement des normes et la corruption de toutes sortes. On
peut s'attendre à ce que le fonds de capitaux d'investissement
que les libéraux veulent mettre sur pied sous les auspices du
Régime de retraite de l'Ontario serve aussi à cette fin.

Les beaux discours font maintenant
place au diktat brutal
- Enver Villamizar -
Maintenant qu'il a sa majorité sous la
bannière d'un « Ontario unifié », le
gouvernement libéral fraîchement élu en Ontario
tente de créer les conditions pour justifier ses attaques contre
les salaires et les conditions de travail des travailleurs du secteur
public et pour la criminalisation de ceux qui refusent
l'austérité en tant que moteur de la
politique ontarienne. On peut voir la même chose à
l'oeuvre en Colombie-Britannique et au Québec qui eux aussi ont
un gouvernement libéral majoritaire. Cela montre bien que le
programme principal des gouvernements majoritaires est d'utiliser leur
pouvoir pour imposer au peuple un ordre du jour
néolibéral plutôt que de trouver des solutions
aux problèmes sociaux et économiques qui assaillent la
société afin qu'elle puisse aller de l'avant.
La nécessité d'éliminer un
déficit - qui n'existe que parce qu'on a payé les riches
sans égard aux conséquences sur le bien-être du
peuple - est répétée à
satiété. Ce refrain est repris par tous les partis des
législatures tant provinciales que fédérale. Ces
gouvernements et partis refusent de dire Non ! au diktat des monopoles
qui utilisent la question
de la dette et du déficit pour extraire des milliards du
trésor public. Lorsque les travailleurs, eux, disent Non !, ces
mêmes gouvernements se mettent immédiatement en action
pour traiter cette résistance comme une question de loi et
d'ordre.
Au lendemain de son élection comme
première ministre, Kathleen Wynne a réaffirmé sa
détermination à éliminer le déficit de la
province, soit 12,5 milliards $, d'ici 2017-2018. De passage à
une émission de Radio-Canada, Wynne s'est fait demander si elle
comptait toujours réduire le déficit même si pour y
arriver elle allait devoir suivre la
ligne dure dans les négociations contractuelles avec les
syndicats du secteur public.
« Je respecte le processus de négociations
collectives, a-t-elle répondu, et je crois mordicus que nous
allons avoir une négociation collective équitable, mais
le fait est qu'il n'y a pas de nouvel argent et que tous sont
conscients de notre situation fiscale. Nous avons fait des choix
difficiles et nous continuerons de le faire ».
En entrevue avec SunMedia, elle a
déclaré : « Le budget que nous allons
présenter prochainement est le même budget que nous avons
présenté au début de mai et il n'y a pas de
nouvelles sommes d'argent pour les salaires dans ce budget. Tous les
groupes ou individus qui nous ont appuyés étaient au fait
de la situation et s'ils ne
l'étaient pas, ils n'ont qu'à en prendre note puisqu'il
s'agit du plan que nous avons toujours mis de l'avant », a-t-elle
ajouté.
Wynne sait très bien que la classe
ouvrière de l'Ontario s'oppose à
l'austérité et c'est sur cette base qu'elle a
réussi à obtenir une majorité en brandissant la
peur face à la version de l'austérité que
représentait Hudak. Les cercles dirigeants ont
délibérément évité toute discussion
sur ce que les libéraux avaient fait et sur ce qu'ils
proposaient
faire de crainte que la classe ouvrière ne saisisse l'occasion
pour défaire les deux partis dans ces élections. C'est la
raison pour laquelle elle prend les devants pour passer le message
à l'effet que tous ceux qui l'ont appuyée en votant pour
elle et plus encore ceux qui ne l'ont pas fait n'ont qu'à bien
se tenir et accepter sa version de l'austérité parce
que son élection veut dire un mandat majoritaire, même si
certains peuvent ne pas l'avoir compris.
Le problème flagrant auquel Wynne fait face c'est
qu'elle préconise elle-même l'ordre du jour que Hudak
vociférait et notamment des arrangements qui nient le droit des
travailleurs à la négociation et visent à leur
enlever leur capacité de s'organiser. Cela va devenir de plus en
plus clair à mesure que les travailleurs vont agir pour affirmer
leurs droits. C'est avec la perspective d'affirmer leurs droits que les
travailleurs vont devoir trouver des façons nouvelles
d'étendre l'opposition à l'austérité en
mobilisant toutes les sections du peuple. C'est en mettant de l'avant
des alternatives à l'ordre du jour d'austérité
néolibérale que l'Ontario va trouver les moyens d'ouvrir
la voie au
progrès.

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