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Numéro 81 - 20 juin
2014
De l'élection du 12 juin en
Ontario
Wynne n'a pas un mandat pour imposer
l'austérité
 
Manifestation lors du
congrès à la direction du Parti libéral de
l'Ontario à Toronto le 26 janvier 2013.
De gauche à droite: « Arrêtez les attaques contre
les
droits des travailleurs »; « Ce n'est PAS business as
usual »;
« Nous le peuple disons NON à
l'austérité ».
De
l'élection du 12 juin en Ontario
• Wynne n'a pas un mandat pour imposer
l'austérité
• À propos des « choix
difficiles» - Jane Steeple
Grève des
enseignants de la Colombie-Britannique
• Pour une nouvelle direction pour la
Colombie-Britannique!
De l'élection du 12 juin en
Ontario
Wynne n'a pas un mandat pour imposer
l'austérité
Lorsqu'il est devenu évident que les
élections du 12 juin allaient se solder par une majorité
de sièges pour Kathleen Wynne et les libéraux de
l'Ontario, les médias monopolisés se sont mis à
célébrer avec beaucoup de fébrilité, comme
si l'élection d'une majorité allait résoudre comme
par miracle le problème de l'élite dominante, ce
problème
étant la vaste opposition de la classe ouvrière à
l'austérité. Une évaluation à tête
reposée des résultats des élections indique que le
problème des riches est loin d'avoir été
résolu. Ces résultats démontrent que les
aspirations du peuple à se doter du pouvoir pour qu'il puisse
exercer un contrôle sur sa vie s'expriment avec toujours plus de
conviction et
de succès en Ontario et que l'opposition à l'ordre du
jour d'austérité cherche activement de nouvelles
façons de se faire entendre. Cet activisme sera plus
nécessaire que jamais dans la période à venir de
pouvoir libéral majoritaire.
Les conservateurs progressistes ont mordu la
poussière avec leur campagne prônant ouvertement
l'austérité. Tim Hudak a démissionné en
tant que chef du Parti conservateur et sera absent à
l'Assemblée législative lorsque celle-ci reprendra le 2
juillet. En à peine 16 mois, le premier ministre et le chef de
l'opposition ont dû démissionner suite à
leurs tentatives de mater la classe ouvrière. La majorité
des libéraux en est une de seulement cinq sièges et de
seulement 20 % des électeurs inscrits, ce qui fait qu'ils
peuvent
difficilement prétendre avoir obtenu un mandat pour gouverner
puisqu'en réalité ils n'ont pas l'approbation du peuple
en dépit de cette majorité.
La tâche de la classe ouvrière dans cette
période postélectorale est de maintenir l'initiative et
le momentum que l'opposition des travailleurs à
l'austérité a réussi à atteindre. Cela
signifie par-dessus tout qu'il faut rejeter toutes tentatives par les
libéraux de prétendre qu'ils ont obtenu un mandat
populaire pour imposer leur propre version de
l'ordre du jour d'austérité.

À propos des «choix difficiles»
- Jane Steeple -

Les enseignants et
les travailleurs de l'éducation manifestent lors d'un souper
bénéfice libéral le 20 novembre
2012.
Même avant la tenue des élections,
l'élite dominante avait commencé à mettre la
pression sur les libéraux pour qu'ils fassent des « choix
difficiles ». Un éditorial signé Michael McCain,
PDG
et président des aliments Maple Leaf et membre de
l'administration de la Banque royale, en est un bon exemple. McCain a
exprimé son appui pour
Kathleen Wynne tout en donnant ce conseil : « Oui, il faut que
nous gérions notre dette de façon responsable. Oui, il
faut être prudent en matière de fiscalité. Mais il
faut aussi rétablir l'équilibre fiscal. »
Les libéraux n'ont pas été
sitôt élus que les médias monopolisés ont
commencé à leur recommander de laisser tomber toute
prétention d'être progressistes et de ne pas tarder
à profiter de leur statut majoritaire pour imposer de nouvelles
mesures d'austérité. Moins de deux heures après la
fermeture des bureaux de scrutin, les médias ont
commencé à émettre leurs ordres à l'effet
qu'il fallait dorénavant faire des « choix
difficiles » exigés par les riches. Ces « choix
difficiles » sont inévitablement une offensive
renouvelée contre les services publics, les travailleurs du
secteur public et les droits des travailleurs.
Dans un éditorial du Toronto
Star, on dit du gouvernement Wynne : « Il peut adopter
certaines mesures progressistes auxquelles il s'est engagé...
Par contre, le nouveau gouvernement Wynne devra aussi régler le
problème persistant qu'est la fiscalité ontarienne. Le
gouvernement libéral aura ses propres choix difficiles à
faire, ce qui
mènera inévitablement à des confrontations avec
les syndicats du secteur public. Les dirigeants de ces syndicats ne
doivent pas interpréter le rejet par l'électorat des
compressions draconiennes de Hudak comme étant une forme
d'acceptation des déficits gouvernementaux persistants. En
réalité, Wynne a reçu le mandat de gouverner et
d'atteindre
l'équilibre budgétaire, et il lui faudra exiger de
certains syndicats qu'ils acceptent moins. »
La même thématique a été
adoptée par le Globe and Mail dans son
éditorial postélectoral : « La campagne et le
programme de Mme Wynne étaient cousus de contradictions. D'une
part elle a tendu la main en tant que candidate qui pouvait sauvegarder
les emplois et les services publics dans leur ensemble contre le
rouleau
compresseur de M. Hudak. D'autre part, selon le budget
préconisé lors de sa campagne, elle s'engage à ne
pas augmenter les dépenses de programmes pour les trois
prochaines années. Ce mot final - aucune dépense en trois
ans ! - est ce qu'on appelle un budget d'austérité,
tandis
que sa rhétorique et ses promesses électorales laissaient
entendre que
le budget allait être le plus progressiste depuis des
décennies. Il y a donc quelque chose qui cloche. Des choix
impopulaires seront inévitables...
« Traditionnellement les libéraux
mènent leur campagne un peu à gauche pour ensuite
gouverner un peu plus à droite. Le défi pour Mme Wynne
est qu'elle n'a pas parlé de choix difficiles pendant sa
campagne, ce qui ne change rien au fait que ce sont des choix qu'elle
devra faire. »
La désinformation médiatique est là
pour assister les libéraux dans la mesure où ceux-ci
doivent faire face cet été à des
négociations avec des centaines de milliers de travailleurs du
secteur public pour le renouvellement de leurs conventions collectives.
Le dilemme pour les libéraux se pose ainsi : comment imposer les
conditions des nouveaux
contrats tout en prétendant vouloir négocier ?
Voilà le dilemme soulevé par le Globe and Mail :
«
Il
y
a
quelque chose qui cloche. Des choix impopulaires seront
inévitables. » Quels choix seront faits et qui en subira
les conséquences ? Il faut dès maintenant s'adresser au
problème !

Grève des enseignants de la
Colombie-Britannique
Pour une nouvelle direction
pour la Colombie-Britannique!
Le gouvernement de la Colombie-Britannique, agissant
dans les intérêts des monopoles mondiaux, nourrit un
objectif stratégique vis-à-vis les services publics qui
consiste à répondre aux réclamations des riches
sans égard aux besoins de la société. Les
infrastructures publiques, que ce soit les hôpitaux, les
écoles, les routes, les ponts ou
l'hydroélectricité, sont en train d'être rapidement
privatisées soit directement, soit sous forme de partenariats
publics-privés (PPP). Les avoirs publics sont en train
d'être privatisés tandis que les intérêts
privés sont politisés et la richesse est en train
d'être rapidement transférée de la classe
ouvrière au capital monopoliste.
Un aspect important de cette rétrocession des
avoirs publics aux riches est la destruction des programmes sociaux et
des services publics par le biais du recours au sous-financement et
à la réduction des services. Au coeur de cet assaut, il y
a la constante pression vers le bas exercé sur les salaires et
sur les conditions de travail des travailleurs du
secteur public. Et au coeur de la résistance à ce
transfert de la richesse aux riches est la résistance
organisée des travailleurs du secteur public.
L'éducation est un droit
L'éducation est ni un luxe, ni une option, ni une
affaire privée. L'éducation est un droit. Pour
répondre aux nombreux besoins de la société, il
faut que l'État investisse davantage dans l'éducation
publique. Lorsqu'on diminue les investissements dans l'éducation
publique, on diminue par le fait même le
nombre d'enseignants dont le système a besoin, on augmente les
ratios élèves-enseignant, on pousse les jeunes
enseignants à abandonner la profession, on réduit les
appuis aux étudiants ayant des besoins spéciaux, et on
élimine les programmes sportifs et culturels pour tous. Le fait
de diminuer les investissements dans l'éducation publique a un
objectif tout à fait rétrograde qui est de
détériorer l'éducation publique et de transformer
une éducation de qualité en un privilège ne
bénéficiant qu'à quelques-uns. On force ainsi les
parents qui peuvent se le permettre financièrement d'inscrire
leurs enfants dans des écoles privées, lesquelles
bénéficient de financement public aux dépens de
l'éducation publique, ce qui détériore grandement
le système public, puisque de plus en plus de gens de la couche
moyenne et autres gens influents se trouvent à abandonner
l'éducation publique.
Pendant ce temps, on accorde des contrats lucratifs aux
monopoles pour des logiciels éducatifs, des services et des
manuels sans que les districts d'écoles, les enseignants et les
travailleurs de soutien en éducation n'aient un mot à
dire. Le but ultime est de payer les riches d'une manière ou
d'une autre, et non d'appuyer et de faire progresser une
éducation publique de qualité pour tous.
Le facteur humain/conscience sociale
La lutte que mènent présentement les
enseignants de la Colombie-Britannique pour augmenter leurs salaires et
pour recouvrir leur droit de négocier la taille des classes et
leur composition, qui sont aussi les conditions d'apprentissage des
étudiants, est une lutte de résistance à l'ordre
du jour
rétrograde du gouvernement et à ses attaques incessantes
contre les programmes sociaux et les services publics. Cette lutte fait
partie de la lutte pour faire du facteur humain/conscience sociale une
force maîtresse de la société moderne, pour faire
en sorte que la société évolue vers de nouvelles
relations basées sur la reconnaissance des droits de tous
en vertu du fait que chaque membre de la société est
avant tout un être humain.
Les tactiques rétrogrades du gouvernement
Les enseignants et les travailleurs du secteur public
font face à un gouvernement subtil et bien organisé qui,
depuis dix ans, peaufine et perfectionne ses tactiques sur comment
priver les travailleurs du secteur privé de leur droit de
négocier. Parmi ces tactiques, mentionnons celui du
présumé mandat gouvernemental, mandat que le gouvernement
prétend recevoir suite à un coup électoral, comme
celui de 2013 qui a fait en sorte que les libéraux de Clark ont
repris le pouvoir. Ce soi-disant mandat donnerait au gouvernement le
droit de dicter son ordre du jour à tout le monde. Ce mandat
gouvernemental prive le peuple de son
droit de décider et de contrôler tout ce qui affecte sa
vie.
Dans les années 90, le gouvernement a mis sur
pied dans le secteur public des organisations des employeurs du secteur
public, dont l'Association des employeurs des écoles publiques
de la Colombie-Britannique, comprenant les employeurs de travailleurs
oeuvrant de la maternelle jusqu'en douzième année. L'un
des rôles confiés à ces
organisations est de négocier avec les syndicats.
Depuis 2010, chaque ronde de négociations dans le
secteur public a été précédée d'un
décret gouvernemental imposant un mandat. Ce mandat consiste en
un modèle touchant à la compensation, à la
durée de la convention, etc., que les associations d'employeurs
doivent amener à la table des négociations et duquel ils
ne doivent déroger.
Dorénavant, il n'y a plus de tentatives ou de prétextes
de la part des associations d'employeurs de vouloir négocier de
bonne foi.
Une autre tactique gouvernementale qui a fait ses
preuves est l'inévitable approche de « diviser pour mieux
régner » selon laquelle on offre à chaque syndicat
ou association syndicale du secteur public un petit quelque chose en
autant qu'ils abandonnent leurs demandes touchant aux augmentations de
salaires et à une amélioration de leurs
conditions de travail. L'association d'employeurs en question
déclare ainsi : « Il s'agit d'un mandat gouvernemental, et
c'est à prendre ou à laisser ». Derrière
chaque mandat, il y a la menace très réelle à
l'effet que toute contestation sera écrasée en
criminalisant ceux qui osent résister au diktat. Si un syndicat
ou association syndicale accepte le «
mandat», la pression s'exerce sur le prochain en ligne de se
conformer sans quoi il se fera tomber dessus.
Le but d'affaiblir la résistance des
travailleurs, d'imposer des contrats prolongés et
d'établir des arrangements par lesquels les négociations
de bonne foi sont remplacées par un diktat est de
préparer les conditions pour encore plus de compressions, de
privatisation et de transfert de la richesse aux riches sans qu'il n'y
ait résistance organisée de
la classe ouvrière.
Le gouvernement s'en tient au mandat peu importe les
protestations, même les protestations provenant d'un autre
organisme d'État. Par exemple, le gouvernement de la
Colombie-Britannique a refusé deux fois de se plier
à un jugement de la Cour suprême de la
Colombie-Britannique qui affirmait que sur la question des enseignants,
le gouvernement avait agi en violation de la convention collective,
laquelle convention permettait aux enseignants de négocier la
taille des classes et leur composition.
Luttons pour le nouveau!
Au mois de mars, les camionneurs de la
Colombie-Britannique, syndiqués et non-syndiqués, se sont
battus et ont gagné des salaires et des conditions de travail
qui leur étaient satisfaisants. Ils ont aussi défait les
tentatives des libéraux de la province de criminaliser leur
juste lutte.
Le défi qui fait face à la classe
ouvrière de la Colombie-Britannique est maintenant de
bâtir une résistance organisée ayant la
capacité de priver le gouvernement du pouvoir de priver les
travailleurs de leurs droits, de détruire les services publics
et de placer toutes les ressources humaines et naturelles de la
Colombie-Britannique à la disposition
des monopoles mondiaux.
Les travailleurs, que ce soit dans l'industrie primaire,
manufacturière ou dans le secteur public, sont parfaitement
capables de résoudre les problèmes confrontant
l'économie et la société et d'élaborer un
plan qui ouvre une voie vers l'avant. L'élite dominante ne se
préoccupe aucunement des sérieux problèmes
économiques, politiques et sociaux
de la société. Elle n'a qu'une obsession, ses propres
intérêts privés étroits. Plus cette
élite politise ses intérêts privés, plus
elle se pense au-dessus de la loi et des normes établies. Elle
bafoue les droits de tous ceux qui se dressent en obstacle à son
ordre du jour rétrograde, démontrant ainsi qu'elle n'est
pas apte à gouverner.
La classe ouvrière peut et doit établir sa
propre politique indépendante et son ordre du jour prosocial sur
la base de la défense des droits de tous et de la lutte pour le
nouveau. La lutte que mènent les enseignants de la
Colombie-Britannique pour augmenter le financement de
l'éducation publique et pour défendre leur droit de
participer aux
décisions qui affectent leurs conditions de travail et les
conditions d'apprentissage des étudiants est partie
intégrante de la lutte pour le nouveau et contre la destruction
et l'impunité du gouvernement. Elle est partie intégrante
de la lutte pour priver le gouvernement et l'élite dominante du
pouvoir de priver le peuple de ses droits. Elle fait aussi partie
de l'éclosion du facteur humain/conscience sociale alors que la
société tend vers de nouvelles relations.

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