|
Numéro 78 - 11 juin
2014
Le travail se poursuit pour battre
les
libéraux et
les conservateurs le 12 juin en Ontario
Un vote pour Wynne est un vote pour
l'austérité
Élection
le
12
juin
en Ontario
• Un vote pour Wynne est un vote pour
l'austérité
• L'intérêt des enseignants, des
travailleurs de l'éducation et des étudiants dans cette
élection
• Un enjeu électoral : justice pour les
travailleurs accidentés
• Journée des travailleurs
accidentés: des actions à Queen's Park et à
Windsor
D'autres articles du Ontario
Political
Forum
sur l'élection ontarienne
Dans ce numéro, Le Marxiste-Léniniste
poursuit la publication d'articles du Ontario
Political Forum sur l'élection générale du
12
juin en Ontario. Le Ontario Political Forum continue de
publier un numéro par jour pour mobiliser les travailleurs pour
défaire les libéraux et les
progressistes-conservateurs, les deux principaux champions de
l'austérité, et ne pas permettre l'élection d'un
gouvernement majoritaire qui pourra prétendre avoir
le mandat d'y aller à fond de train avec le programme
d'austérité. Nous publions deux articles du numéro
du 10 juin contre l'attaque à la conscience des électeurs
menée par les libéraux de Kathleen Wynne à l'effet
que leur seule option est d'élire un gouvernement libéral
sinon ils se retrouveront avec les conservateurs
de Hudak, lesquels vont dévaster la province (comme si ce
n'était pas ce que les libéraux font eux-mêmes
depuis qu'ils sont au pouvoir). Les deux autres articles
que nous publions proviennent du numéro du 9 juin et traitent de
la lutte des travailleurs accidentés pour leurs droits, qui est
une contribution importante à la
lutte de tous les travailleurs contre l'austérité.

Élection le 12 juin en Ontario
Un vote pour Wynne est un vote pour
l'austérité
À la veille de l'élection du 12 juin, les
libéraux de l'Ontario ont énoncé en toutes lettres
le plan d'extorsion de l'électorat qu'ils préparent
depuis qu'ils se
sont débarrassés de leur chef Dalton McGuinty,
tombé en disgrâce, il y a 16 mois. La demande d'extorsion
est présentée dans un article écrit par la chef
actuelle
du parti, Kathleen Wynne, paru le 8 juin dans le Toronto Star
sous le titre : « Un vote pour Horwath est un vote pour
Hudak » (en référence
à la chef du NPD Andrea Horwath et au chef du Parti conservateur
Tim Hudak). Il s'agit d'une tentative cynique et éhontée
de faire chanter les Ontariens et
de les forcer à voter contre leurs intérêts et
à se soumettre à quatre autres années
d'austérité libérale.
Madame Wynne courtise
spécifiquement les supporteurs du NPD : « Si vous avez
voté pour le NPD dans le passé, ou si vous songez
à le faire à cette
élection, c'est à vous que je m'adresse. » Elle
commence par décrire Hudak et les conservateurs comme
d'irresponsables mercenaires pour ensuite dire que ceux
qui voteront pour le NPD porteront la responsabilité d'avoir
donné aux conservateurs la chance de former un gouvernement.
« C'est une élection très serrée. Alors
c'est à vous de décider si notre province, si nos enfants
et petits-enfants, auront un gouvernement progressiste ou un
gouvernement réactionnaire. »
Elle cite le budget pré-électoral du Parti
libéral comme preuve qu'elle dirigera un « gouvernement
progressiste », par opposé à un «
gouvernement
réactionnaire »
sous Tim Hudak. « Presque tous les observateurs de cette
élection ont dit que le gouvernement que j'ai dirigé a
présenté le budget le plus progressiste que
l'Ontario a vu depuis des décennies », écrit-elle.
Kathleen Wynne cite la chroniqueuse bien connue du Toronto
Star, Michele Landsberg, épouse de l'ancien chef du NPD
Ontario Stephen Lewis,
comme un exemple d'observateur électoral qui accepte la fraude
que le budget libéral est un budget progressiste. Mais sa
prétention que « presque tous les
observateurs » disent que c'est le cas n'est pas fondée.
Par exemple, le Globe and Mail s'est
moqué de cette caractérisation du budget libéral
en disant : « Les libéraux et les conservateurs ont
dit la même chose durant la campagne, à savoir que les
libéraux sont à gauche. Pourquoi ? Parce qu'ils ne
courtisent pas les mêmes électeurs. C'est pourquoi
ils répètent la même fausseté à
propos de la plateforme libérale. »
Bien que la rédaction du Globe and Mail
donne son appui à Hudak et aux conservateurs, elle loue le
budget libéral (précisément parce qu'il
n'est pas progressiste). Elle écrit : « La plateforme
libérale est bâtie sur un budget conservateur qui promet
d'équilibrer les finances en trois ans, en grande partie en
gelant les dépenses de programme
(0% d'augmentation annuelle) jusqu'en 2017. Ajoutez à cela
l'inflation et la croissance démographique, et vous avez une
réduction de 3% par année, trois années
de suite. La plupart des partis conservateurs seraient plus qu'heureux
de livrer cette douce austérité. »
La publication de l'article de la chef libérale
était la contribution du Toronto Star à la
stratégie pour faire élire un gouvernement
libéral, qui
comprend provoquer l'effondrement du NPD par tous les moyens. Il
qualifie le budget électoral des libéraux de « voie
vers l'avant raisonnable et équilibrée »
pour l'Ontario. Or, même dans son appui éditorial à
madame Wynne le Toronto Star préparait
déjà le terrain pour un revirement des libéraux
après
l'élection. La réalisation des objectifs de
réduction budgétaire, écrit-il dans un
éditorial, « est un projet très ambitieux et pour
s'en assurer un gouvernement libéral
devra à la fois jouer de la chance avec l'économie et
prendre des décisions difficiles et impopulaires sur les
dépenses ».
Que veut dire « décisions difficiles et
impopulaires sur les dépenses » sinon encore plus
d'austérité ? C'est le vieux refrain de l'ex-premier
ministre Mike
Harris : « Je n'ai pas été élu pour
être populaire. J'ai été élu pour faire ce
qui est nécessaire. » Un vote pour les libéraux est
un vote pour l'austérité. Ne
gaspillez pas votre vote. Votez contre l'austérité en
défaisant à la fois les libéraux et les
conservateurs.

L'intérêt des enseignants, des
travailleurs de l'éducation et des étudiants dans cette
élection
Les enseignants, les travailleurs de l'éducation
et les étudiants représentent des centaines de milliers
de personnes en Ontario. On les trouve dans
chaque village et chaque ville. En tant que personnes qui dispensent
l'éducation à la société et qui la
reçoivent, c'est leur intérêt de voter Non !
à l'austérité dans
cette élection et de gagner chacun 3 personnes à faire la
même chose. Ils peuvent le faire en utilisant leur vote pour
empêcher les libéraux et les conservateurs
d'obtenir un mandat pour gouverner par décret.
Les enseignants et les travailleurs de
l'éducation du primaire et du secondaire vont commencer une
nouvelle ronde de négociations à l'échelle
provinciale
après l'élection. Ces négociations vont se tenir
sous l'égide d'une nouvelle législation en matière
de négociation provinciale. Un gouvernement libéral
majoritaire
serait quelque chose de très nocif. Il utiliserait sa
majorité pour prétendre avoir le mandat d'imposer ses
paramètres d'austérité dans les
négociations afin de
retirer de l'éducation des milliards de dollars de plus qu'il
n'en a déjà retirés en s'attaquant aux salaires et
aux conditions de travail de ceux qui dispensent
l'éducation. Les commissions scolaires sont déjà
en train de faire les coupures qui ont été
décrétées par le gouvernement de l'Ontario, de
fermer des écoles et
de couper les fonds aux autres pour augmenter le nombre
d'élèves par classe et éliminer du personnel. Les
libéraux utiliseraient leur majorité pour aller encore
plus loin dans ce sens et tenter de faire en toute impunité ce
qu'ils n'ont pas été capables de faire depuis l'adoption
de la loi 115.
Regardez ce qui se passe en ce moment en
Colombie-Britannique sous un gouvernement libéral majoritaire.
Les enseignants une fois de plus ont eu à entrer
en grève après que la Cour suprême ait émis
un jugement en leur faveur. Le gouvernement pendant ce temps a fait des
coupes dans leurs salaires plutôt que
d'affirmer les droits des enseignants. Au Québec, le nouveau
gouvernement libéral majoritaire est en train de lancer une
nouvelle ronde d'austérité pour payer
les riches, une attaque contre la société qui est faite
au nom de « défendre l'avenir ».
En essayant de gagner une majorité à tout
prix, les libéraux créent les conditions qui pourraient
permettre aux conservateurs de former un gouvernement
minoritaire. En poussant les gens du secteur de l'éducation
à voter pour elle par peur de Hudak en dépit de ce qu'ils
ont vécu sous les libéraux, Wynne crée
une hésitation parmi ceux qui autrement ne voteraient pas
libéral et les pousse en fait à ne pas voter, ce qui aide
Hudak à former un gouvernement minoritaire.
C'est la chose même qu'elle dit vouloir éviter. Il ne faut
pas que cela passe !
  |
Dans le secteur de l'éducation postsecondaire,
le personnel et les étudiants des collèges et des
universités ont eux aussi un intérêt à
empêcher que quelque
parti ne forme un gouvernement majoritaire. Les collèges sont
déjà en négociation par le biais du Conseil des
employeurs des collèges de l'Ontario. Une majorité
libérale va aiguiser les dents de ces employeurs et les pousser
à aller à fond de train dans leurs attaques contre les
salaires et conditions de travail et dans la
privatisation. Un gouvernement conservateur aurait le même effet.
Les étudiants d'université savent que les libéraux
ont continué les hausses substantielles de
frais de scolarité que le gouvernement Harris avait
imposées. Des libéraux majoritaires vont aller encore
plus loin dans cette direction tout en continuant de forcer
les universités à privatiser leurs activités sous
prétexte d'accomplir des mandats stratégiques et de
prendre la route de l'innovation. Un gouvernement minoritaire
conservateur donnerait lui aussi carte blanche aux administrations
d'universités d'attaquer les salaires et les conditions de
travail et imposerait probablement
des mesures régressives comme le remboursement des prêts
étudiants selon les notes obtenues par les étudiants.
L'éducation est un droit !
Les enseignants et les travailleurs de
l'éducation ajoutent par leur travail une grande quantité
de valeur à l'économie sous la forme d'une population
instruite.
Plutôt que d'investir dans cette voie, les libéraux et les
conservateurs veulent mettre l'éducation à tous les
niveaux plus directement au service des monopoles
et de leur concurrence intermonopoliste afin qu'ils deviennent
numéro un dans le monde. Ils attaquent les salaires et les
conditions de travail de ceux qui
dispensent l'éducation même si ces conditions de travail
sont les conditions d'apprentissage des étudiants. Les
enseignants, les travailleurs de l'éducation et les
étudiants peuvent faire une différence et influencer le
résultat de l'élection en mobilisant toutes leurs
énergies pour battre les libéraux et les conservateurs
dans
des circonscriptions comme London, Kitchener-Waterloo, Hamilton,
Niagara Falls, Mississauga, Sudbury, Oshawa de même que
Trinity-Spadina et Davenport
à Toronto. Mobilisez-vous et gagnez autant d'amis et
collègues que possible à voter Non ! à
l'austérité ! Votez de façon à influencer
le
cours des choses !

Un enjeu électoral: justice pour
les travailleurs accidentés
Les organisations de travailleurs accidentés de
l'Ontario saisissent l'occasion de l'élection provinciale pour
présenter leurs demandes que justice soit faite
et pour obliger les gouvernements à rendre des comptes pour
avoir foulé aux pieds leurs droits. Leur lutte les place au
coeur
des positions prises par les travailleurs
en Ontario et au Canada à la défense des droits de tous.
Avec le dernier numéro de Justice For Injured Workers
en main, ils informent les Ontariens
sur la réalité du programme d'austérité
imposé aux travailleurs accidentés, dans lequel leurs
prestations sont réduites et ils se voient privés d'une
indemnisation
et de soins de santé afin de remettre les indemnisations des
travailleurs à des assureurs privés. Ils rejettent
vigoureusement les forces mercenaires mises en place
à la Commission de la sécurité professionnelle et
de l'assurance contre les accidents de travail (CSPAAT). Par exemple,
le président et directeur général de
la CSPAAT, I. David Marshall, reçoit non seulement un salaire
pharamineux de 400 000 $ par année pendant cinq ans, mais aussi
une prime de 20 % pour
éliminer les travailleurs accidentés au nom de la
réduction « du déficit de solvabilité
»
du régime d'indemnisation » et « accroître
l'efficacité ». La
destruction du système d'indemnisation des travailleurs s'est
intensifiée à mesure que tous les gouvernements
poursuivent l'offensive néolibérale antisociale.
La lutte pour une juste indemnisation, pour des soins
médicaux et des services de réadaptation est celle
où chaque travailleur de l'Ontario y trouve son
compte. La lutte pour la justice envers les travailleurs
accidentés met de l'avant clairement pourquoi les Ontariens
doivent prendre position à la défense des droits
de tous et s'opposer aux principaux champions de
l'austérité dans cette élection ! Autant les
libéraux que les conservateurs se présentent comme les
champions
de l'austérité et de l'élimination des
déficits et des dettes. C'est sous cet angle qu'ils
prétendent que le système d'indemnisation des
travailleurs crée un déficit de solvabilité qui
doit
être éliminé. Il s'agit d'une fraude au
détriment des travailleurs les plus vulnérables. Cela ne
doit pas passer !

Journée des travailleurs accidentés:
des actions à Queen's Park et à Windsor
Le 1er juin, des travailleurs accidentés, leurs
organisations et leurs supporteurs ont tenu la 30e Journée
annuelle des travailleurs accidentés devant le parlement
de l'Ontario à Queen's Park à Toronto. D'autres actions
se sont aussi tenues à London, Thunder Bay et, pour la
première fois, à Windsor. Par leur esprit militant,
ces actions ont démontré que les travailleurs
accidentés ne se laissent pas intimider par les menaces des
conservateurs ou impressionner par les promesses
libérales. Rendre justice aux travailleurs accidentés est
un enjeu de l'élection et peu importe le parti élu, les
travailleurs accidentés vont continuer de lutter contre
la Commission de la sécurité professionnelle et de
l'assurance contre les accidents du travail (la CSPAAT).
Inspirés par les travailleurs accidentés de l'Ontario,
le Groupe de travailleurs accidentés de la Colombie-Britannique,
qui vient d'être mis sur pied, de même que la
Fédération du Travail de la Colombie-Britannique
ont eux aussi marqué, pour la première fois, le premier
juin en tant que Journée des travailleurs accidentés.
Les travailleurs qui ont pris la parole à Queen's
Park ont dénoncé la destruction du système de
compensation des travailleurs. C'est à l'époque du
gouvernement conservateur de Harris que la Commission de compensation
des travailleurs a changé de nom pour devenir la CSPAAT. Du
même coup, on a
sabré dans les prestations et la contribution des employeurs a
été réduite. Depuis quelques années, la
Commission fait des coupures de prestations illégales sur
la base de prétendues « conditions
préexistantes » comme des blessures bénignes
associées à l'enfance et sur la base du vieillissement
naturel. La Commission
tente présentement de rendre ces compressions légales par
le biais d'un examen de la politique de prestations. Les travailleurs
accidentés ne veulent pas de ces
changements qui s'attaquent à leur droit à une juste
compensation et c'est de vive voix qu'ils déclarent: « Aux
poubelles, votre projet de politique de prestations !
»
Le groupes de travailleuses
accidentées Femmes d'inspiration a ouvert
l'événement à Toronto. Cela fait plus de 10 ans
qu'elles tiennent une vigile nocturne
à Queen's Park la veille de la Journée des travailleurs
accidentés en hommage aux travailleuses accidentées qui
ne peuvent dormir à cause de leur accident et
de leur inquiétude pour elles-mêmes et leurs familles.
« Unies et solidaires, nous pouvons obtenir justice pour les
travailleuses accidentées et les générations
à venir », a dit leur porte-parole. Elle a remercié
tous ceux qui sont venus appuyer la vigile ainsi que les Travailleurs
et travailleuses unis de l'alimentation et
du commerce (TUAC) qui ont fourni de la nourriture.
S'en est suivie une minute de silence en hommage aux
travailleurs - ceux-là mêmes qui produisent tout dans la
société - accidentés ou tués à
l'ouvrage. La
sécurité au travail se détériore, a-t-on
dit, parce que les travailleurs sont considérés comme des
objets jetables après usage.

  
En haut à
gauche: Beryl Brown et les Justice Singers; à droite, Peter Page
chante « Debout ! Debout ! »
En bas à gauche et
vers la droite: Jeannie Howe, vice-présidente de ONIWG pour le
sud-ouest de l’Ontario; Christine Nugent du Groupe des travailleurs
accidentés de Barrie; Heather Cherron von Atzigen récite
un poème et Costa un vétéran de l’action
historique de 1983 à Queen’s Park
La Fédération du Travail de la
Colombie-Britannique a envoyé un message de salutations au
rassemblement. Le message mentionne que le nouveau groupe
de travailleurs accidentés mis sur pied en Colombie-Britannique
s'est inspiré des nombreuses années de leadership, de
mentorat et d'expérience du Réseau
ontarien des groupes de travailleurs accidentés (ONIWG).
Par la poésie, des sketches, des chansons et des
discours, les représentants des groupes de travailleurs
accidentés ont fait connaître le travail qu'ils
mènent
pour arrêter les attaques de la Commission contre leurs
prestations. Les présentations ont été faites dans
l'esprit édifiant et de principe du droit des travailleurs
accidentés à une compensation juste et digne, sans
conciliation aucune avec les semeurs de désinformation qui
présentent la lutte de ces travailleurs comme une
quête pour une aumône et des miettes dans le cadre de
l'effort de tous pour se serrer la ceinture au nom de
l'austérité. L'ancien président d'ONIWG, Peter
Page,
a chanté la chanson « Debout ! Debout ! » pour
illustrer le travail qu'il mène pour mettre sur pied le Fonds de
défense légale des travailleurs accidentés. Les
travailleurs accidentés ont aussi reconnu les efforts de la
députée du NPD Cheri DiNovo (Parkdale-High Park), qui a
participé à la gréve de la faim d'un
résident
de sa circonscription et travailleur accidenté, Jimmy Velgakis,
pour obtenir de la Commission qu'elle entende sa cause à nouveau.
Parmi les participants au rassemblement se trouvaient
des travailleurs qui avaient participé à la toute
première Journée des travailleurs accidentés il y
a de
cela 31 ans. Ce jour-là, des milliers de travailleurs
accidentés sont venus au parlement en compagnie de leurs
familles et de leurs supporteurs et ont forcé le
gouvernement, qui voulait éliminer la pension
d'invalidité permanente, à les rencontrer devant
l'Assemblée législative, tellement ils étaient
nombreux.
Le ministre du Travail,
Kevin Flynn, a brillé par son absence. Selon la tradition, le
ministre est invité à venir écouter ce que les
travailleurs accidentés ont
à dire et à y répondre. Même en pleine
campagne électorale, le ministre n'y était pas pour
rendre des comptes du traitement scandaleux que le gouvernement
réserve aux travailleurs accidentés.
Le Parti progressiste-conservateur est arrivé
comme un cheveu sur
la soupe, démontrant son manque de respect total pour les
travailleurs accidentés. L'autobus électoral
du chef du parti Tim Hudak est arrivé à Queen's Park au
beau milieu des discours, ce qui montre bien que les conservateurs ne
savaient même pas de quoi il
s'agissait. Les travailleurs ont scandé des slogans et
levé le poing avec une telle force que l'autobus a du
déguerpir amenant Hudak et sa triste cohorte avec
lui.
Plusieurs syndicats sont venus appuyer les travailleurs
accidentés dont la Fédération du Travail de
l'Ontario, les Travailleurs unis de l'alimentation et du
commerce, le District de l'Ontario du Syndicat des Métallos et
la section locale 1005, Unifor et le Syndicat des employés de la
fonction publique de
l'Ontario.
  
Certains des représentants
syndicaux: Nancy Hutchison, secrétaire-trésorière
de la Fédération du travail de l’Ontario; Sherry Backus
de la section locale 175 des TUAC; Rolf Gerstenberger, président
de la section 1005 du Syndicat des Métallos et Scott McIlmoyle,
secrétaire financier de la section 112 d’Unifor
Rolf Gerstenberger, président de la section
locale 1005 du Syndicat des Métallos a dit que les
métallos de Hamilton ne participent pas à ces actions par
simple
solidarité ou à des fins charitables. « C'est notre
lutte à nous aussi », a-t-il dit. « Nous en faisons
partie. Quand j'ai commencé à travailler à la
vieille usine de
Stelco, il y a eu un travailleur de tué à chaque
année pendant les douze premières années. Nous
avons des centaines de retraités qui sont encore blessés
après
toutes ces années et qui se battent toujours pour leur
compensation. C'est un vrai cauchemar pour nous. Nous travaillons dans
l'industrie lourde. Nous savons
à quel point la question est importante et chaque jour nous
faisons face à la CSPAAT. C'est pour ça que nous
participons activement à la distribution du journal Justice
for Injured Workers afin d'unir tout le
monde dans l'action pour mettre en échec l'ordre du jour
d'austérité et nous assurer qu'aucun parti
n'obtiendra une majorité pour continuer ces attaques contre les
travailleurs accidentés. Ceux qui sont responsables des attaques
contre les travailleurs accidentés
n'ont pas leur place au parlement, a-t-il ajouté. Commettre ces
crimes puis déclarer être pour l'équité est
absolument inacceptable. »
« Et que dire de nos 8 000
retraités ? », a renchéri Rolf. « Le
gouvernement veut convaincre tout le monde que leurs régimes de
retraite vont disparaître. Ce
sont des crimes contre les travailleurs et nous devons nous assurer que
nos travailleurs accidentés et nos retraités obtiennent
justice. Nous sommes à la hauteur
de ce défi », a dit Rolf. Il a appelé les
travailleurs de l'Ontario à faire en sorte qu'aucun gouvernement
majoritaire ne va être élu dans cette élection.
Cela veut
dire, a-t-il conclu, ne voter ni pour les libéraux et ni pour
les conservateurs.
Tout le monde a pris sa copie de ce cinquième
numéro de Justice for Injured Workers et les
activistes en ont pris plusieurs pour leur travail
dans leur région. Une table d'activistes présentait les
diverses pétitions, le matériel de ressource et les
questions destinées aux candidats dans ces élections.
On encourageait les gens à se servir de ces ressources dans leur
travail dans ces derniers jours de la campagne.
Par la richesse des présentations, les slogans
militants et les performances culturelles, cette Journée des
travailleurs accidentés restera comme une des plus
réussies et inspirantes à avoir été
organisée.
Une première à Windsor
Un premier piquetage pour souligner la Journée
des travailleurs accidentés a été dressé
à Windsor devant les bureaux
de la CSPAAT. Plusieurs travailleurs et leurs supporteurs y sont venus
réclamer justice pour les travailleurs accidentés et
dénoncer les attaques du gouvernement
et de la Commission. Justice for Injured Workers a
été très bien accueilli et plusieurs travailleurs
en ont pris plus d'une copie pour les distribuer
dans leurs milieux.
Tracie Edwards de la
Fédération des enseignants et enseignantes des
écoles secondaires de l'Ontario (FEESO), district 9, a
salué les participants et les a
remerciés d'être venus. Elle a dit que l'objectif des
actions était d'attirer l'attention sur les attaques du
gouvernement et de la Commission contre les travailleurs
accidentés. Elle s'est opposée à la pratique de la
Commission visant à refuser les demandes des travailleurs en
invoquant de soi-disant « conditions préexistantes
».
Plusieurs participants ont donné leur appréciation de
l'importance de ces actions. Un représentant local du Syndicat
canadien de la fonction publique du Canada,
Patrick Hannon, a dit que si le 28 avril est la journée pour
commémorer les travailleurs décédés, le
premier juin est celle de la lutte des survivants. Il a
dénoncé
la Commission pour son refus de reconnaître les besoins en
prestations des travailleurs. Il a dit que les choses sont rendues
à un tel point qu'un travailleur a
presque besoin d'avoir le bras coupé pour que la Commission lui
accorde une compensation. Enver Villamizar, un enseignant et membre du
district 9 de la
FEESO, a expliqué la position du syndicat qui demande des
comptes au gouvernement pendant la campagne électorale et il a
appelé tout le monde à utiliser
son vote pour dire Non ! aux attaques contre les travailleurs
accidentés et Non ! au cynisme et à la corruption des
libéraux qui ont confié la présidence de la
CSPAAT à l'ancienne ministre du Travail de Mike Harris,
Elizabeth Witmer.
(Photos: TML, UFCW)

Lisez Le
Marxiste-Léniniste
Site web: www.pccml.ca
Courriel: redaction@cpcml.ca
|