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Numéro 74 - 30 mai
2014
Élections partielles au
fédéral
Pour un ordre du jour prosocial et
une nouvelle direction de l'économie:
l'exemple de Fort McMurray-Athabasca en Alberta
Élections
partielles
au
fédéral
• Pour un ordre du jour prosocial et une
nouvelle direction de l'économie: l'exemple de Fort
McMurray-Athabasca en Alberta
Grève des
enseignants de la Colombie-Britannique
• Attaque du gouvernement contre
l'éducation publique : tous avec les enseignants!
• Multiplication des arrêts de travail
Élection
générale en Ontario et édification nationale
• Les tarifs d'électricité
Élections partielles au
fédéral
Pour un ordre du jour prosocial et
une nouvelle direction de l'économie:
l'exemple de Fort McMurray-Athabasca en Alberta
Quatre élections partielles au
fédéral se tiendront le 30 juin prochain. Les 4
circonscriptions sont Fort McMurray--Athabasca et Macleod en Alberta,
et
Scarborough--Agincourt et Trinity--Spadina en Ontario.
Dans la circonscription de Fort McMurray-Athabasca, la
classe ouvrière doit relever le défi de mettre en jeu sa
force numérique, son organisation et sa
conscience pour avancer sa propre politique indépendante et un
ordre du jour prosocial et consolider le mouvement pour que le peuple
s'investisse du
pouvoir.
Les gens de la région de Fort-McMurray-Athabasca
luttent sur plusieurs fronts à la défense des droits de
tous et pour une nouvelle direction pour l'économie.
Les travailleurs disent Non ! au programme de salaires de
crève-faim de Harper ainsi qu'au Programme des travailleurs
étrangers temporaires. Ils revendiquent
que ce dernier soit remplacé par une politique d'immigration qui
est dans l'intérêt public. Les travailleurs du
pétrole et leurs nombreux alliés à
l'échelle du
Canada s'opposent à ce que nos ressources soient
expédiées tout bonnement via les oléoducs. Ils
revendiquent une nouvelle direction pour l'économie, une
direction fondée sur la reconnaissance des droits de la classe
ouvrière ainsi qu'un développement économique
multilatéral qui comprend l'affinement du pétrole,
le développement de l'industrie pétrochimique, une
industrie manufacturière diversifiée, une consolidation
des autorités publiques visant à restreindre les
monopoles et leurs pratiques destructrices, et des investissements
accrus dans les programmes sociaux et les services publics. Ils
demandent qu'on arrête de payer
les riches.
Les gens luttent pour arrêter la
destruction et la privatisation des programmes sociaux et des services
publics dont le service postal, la santé, l'éducation et
les soins aux aînés. Pourquoi n'incomberait-il pas aux
monopoles, qui réclament d'énormes profits des sables
bitumineux, d'élargir l'autoroute 63 entre Edmonton
et Fort McMurray, ce qui éviterait tant de décès
et de tragédies routières ? C'est scandaleux que tant de
richesse créée par les travailleurs soit
réclamée par les
monopoles et retirée de la communauté et du Canada alors
que les besoins en logements abordables, en écoles, en
hôpitaux, en résidences et en soins pour
personnes aînées pour d'autres nécessités
vitales ne sont pas comblés. Le temps est venu d'une nouvelle
direction !
Les Premières Nations ont mis de l'avant leurs
revendications et ont affirmé leur souveraineté et leur
droit à avoir un mot à dire et un contrôle sur
comment
la Terre Mère est traitée et sa richesse
distribuée. Elles ont affirmé leur droit à des
consultations réelles et leur droit de donner leur consentement
avant qu'on
se mette à extraire les ressources sur leurs terres ancestrales.
Les Canadiens partout au Canada ont participé avec les peuples
de la région pour faire valoir leur
opposition à la destruction et à la pollution de
l'environnement qui sont causées par les méthodes
d'extraction utilisées par les monopoles.
La circonscription abrite aussi l'Université
d'Athabasca de même que divers collèges locaux qui ont
été particulièrement éprouvés par
les compressions
draconiennes dans le financement de l'enseignement postsecondaire qui
ont causé des mises à pied de personnel et privé
les gens de la région de programmes
d'enseignement.
C'est le candidat de la dictature Harper qui a
récolté le plus de votes dans la circonscription aux
élections de 2011. Il l'a fait surtout par la suppression du
vote, ce qui a mené à un très faible taux de
participation, soit environ 41 % des électeurs inscrits.[1]
Même en oubliant pour un instant le grand nombre de
travailleurs qui ne s'étaient pas inscrits pour voter, les
conservateurs sont allés chercher seulement 29 % du vote. Si
tous
les travailleurs qui travaillent dans la
circonscription s'enregistraient comme électeurs, la proportion
de ceux qui votent pour la bande à Harper serait encore moins
élevée.
Les travailleurs convergent vers Fort McMurray à
partir de tous les coins du Canada. Plusieurs s'y rendent parce que
leurs propres communautés ont été
ravagées par la destruction de l'industrie manufacturière
et par le refus du gouvernement Harper d'empêcher les monopoles
mondiaux de détruire les secteurs
de base de l'économie. Le gouvernement Harper ne cesse de dire
que ces monopoles peuvent prendre les « décisions
d'affaires privées » qu'ils veulent sans
aucune restriction imposée par quelque autorité publique
que ce soit ou par la volonté du peuple.
Défaire Harper en plein coeur des sables
bitumineux serait la meilleure riposte à sa destruction
nationale de même qu'à ses attaques contre les droits,
à son
programme antiouvrier de salaires de crève-faim, à sa
corruption et à ses fraudes électorales.
Est-ce qu'une telle chose est possible ?
Commençons par discuter avec nos collègues de travail,
nos voisins et nos amis. Si nous ne sommes pas de
Fort-McMurray, nous pouvons quand même contribuer aux discussions
et encourager les gens dans nos syndicats, nos familles et nos amis
à participer. Passons
le mot : avec tout ce qui est en jeu, les travailleurs ne peuvent pas
se permettre de rester à l'écart. Montrons que les
travailleurs sont parfaitement en mesure
de fournir des solutions aux problèmes que nous rencontrons dans
notre économie, à nos endroits de travail, dans nos
communautés et dans le pays tout entier.
Nous pouvons le faire en utilisant ces élections pour
présenter notre politique indépendante pour le renouveau
démocratique et pour une nouvelle direction pour
l'économie. Décidons que tous ensemble nous allons mener
la lutte organisée pour nous investir du pouvoir et faire tout
ce que nous pouvons pour battre Harper
dans Fort-McMurray-Athabasca. Ça peut se faire !
À titre d'information
La circonscription de Fort-McMurray-Athabasca couvre la
région au nord-est de l'Alberta. Elle débute à la
frontière des Territoires du Nord-Ouest,
descend vers la municipalité régionale de Wood Buffalo
(où se trouve Fort McMurray), et presque jusqu'à Edmonton.
Selon Élections Canada, la population comprend
100 805 personnes et 76 298 électeurs inscrits.
Selon le recensement municipal de juin 2012, la
population totale de Wood Buffalo est de 116 407 personnes dont 72 944
vivent à Fort McMurray et dans
les communautés avoisinantes, et 39 271 dans les camps de
travail. Élections Canada estime que 4 192 personnes vivent dans
les régions rurales. Ce recensement
montre à quel point les travailleurs viennent dans la
région en provenance des quatre coins du pays et du monde pour
travailler dans les sables bitumineux. Ces
travailleurs sont devenus une main-d'oeuvre migrante qui vit dans ces
camps.

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Fort McMurray est reconnu par son industrie principale
soit l'exploitation des sables bitumineux et l'affinement de
pétrole. La production du bitume a atteint
1,8 millions de barils par jour en 2012, et on croit que ce chiffre
augmentera à 5,2 millions de barils par jour d'ici 2030. Une
importante partie de ce bitume
vient des sables bitumineux de l'Athabasca dans la région de
Fort McMurray. Cold Lake contient aussi d'importants
dépôts de bitume. En 2011, 57 % de la
production de bitume brut a été affinée en
pétrole brut synthétique en Alberta même. Il y a
aussi du pétrole conventionnel ainsi que d'importants secteurs
de
gaz naturel et de foresterie.
La deuxième plus grande municipalité est
Cold Lake, qui comprend la base militaire CFB Cold Lake et le polygone
de tir qui y est associé, et a une
population totale de 13 889 personnes. D'autres municipalité
d'importance sont Slave Lake, High Prairie, Lac La Biche et Athabasca.
La circonscription est située sur le territoire
ancestral des Premières Nations du traité 8, comprenant
les Chipewyan d'Athabasca, les Cris de Beaver Lake
et les Premières Nations du Lubicon, qui luttent pour affirmer
leur droit de décider du développement qui a lieu sur
leur territoires ancestraux, ce qui comprend
leur droit d'évaluer les conséquences de l'exploitation
des sables bitumineux, du gaz naturel et des autres
développements qui se produisent sur leurs territoires
ancestraux.
Note
1. Résultats des Élections
fédérales de 2011 :
Conservateur : Brian Jean, 21 988 votes (71,84 %)
NPD : Berend Wilting, 4 053 votes (13,24 %)
Libéral : Karen Young, 3 230 votes (10,55 %)
Parti Vert : Julie Asterisk, 1 374 votes (4,49 %)
Taux de participation: 41 %

Grève des enseignants de la
Colombie-Britannique
Attaque du gouvernement contre l'éducation
publique : tous avec les enseignants!
Des enseignants en
grève à Mission le 26 mai 2014 (CUPE BC)
La Fédération des enseignants de la
Colombie-Britannique (BCTF) est
passée à la phase deux de ses moyens de pression - des
grèves rotatives
d'une journée - pour appuyer les justes revendications des
enseignants
dans leurs négociations avec l'Association des employeurs des
écoles
publiques de la
Colombie-Britannique (BCPSEA). Les enseignants et l'éducation
publique
elle-même font face au plein pouvoir de l'État au service
des monopoles.
Ce n'est un secret pour personne que de puissantes
forces veulent
contrôler l'éducation pour leur gain privé et que
le Parti libéral de
la Colombie-Britannique
au pouvoir et son chef Christy Clark, tout comme le régime de
Gordon
Clark avant elle, détruit systématiquement
l'éducation publique pour
permettre à ces
forces de s'enrichir. Il y a aussi les médias monopolisés
qui
s'opposent aux enseignants et qui, au nom de l'«
objectivité », répètent
sans cesse que les problèmes
qui existent entre le syndicat des enseignants et le gouvernement
provincial ne datent pas d'hier, mais auraient commencé avant
que le
Parti libéral arrive au
pouvoir en 2001. Les experts médiatiques en concluent de
façon
totalement superficielle que cet état de fait prouve que c'est
le
syndicat des enseignants qui
est fautif, puisqu'il n'est pas d'arrangement avec aucun parti au
pouvoir.
Entretemps, c'est la crise dans le domaine de
l'éducation publique.
Les gouvernements refusent de reconnaître que l'éducation
est un droit
dont les êtres
humains ont besoin pour s'épanouir et non un simple moyen de
fournir
aux monopoles une main-d'oeuvre qualifiée gratuite. La crise de
l'éducation s'est encore
exacerbée à cause de la réduction importante du
financement à
l'éducation publique tandis que le peu de financement qui existe
encore
aide des monopoles
particuliers à mettre la main sur une part encore plus grande du
marché
des manuels et des logiciels éducatifs. Des parents
excédés par tout
cela, et surtout les
parents d'élèves ayant des besoins particuliers, se
tournent en
désespoir de cause vers les écoles privées si leur
situation financière
le leur permet.
C'est important d'apprécier l'histoire de la
lutte des enseignants.
Les conditions de travail des enseignants sont intrinsèquement
liées
aux conditions
d'apprentissage des élèves. Afin de répondre aux
besoins des étudiants,
de l'éducation publique et de leurs propres
intérêts, les enseignants
de la
Colombie-Britannique avaient négocié dans les
années 90 une convention
collective qui avait maintenu une taille et une composition des classes
à un niveau
acceptable. En éducation, où le facteur humain est au
premier plan
puisqu'il s'agit d'êtres humains qui s'occupent d'êtres
humains, ce
n'est pas possible
d'imaginer un système qui est en bon état si la
société ne s'occupe pas
des besoins des enseignants conformément au travail qu'ils
accomplissent. Pour ce faire,
ceux-ci doivent participer aux décisions sur la taille des
classes et
sur les outils nécessaires pour répondre aux besoins des
élèves. Au fil
des conventions
collectives successives, les enseignants ont toujours jugé que
la
question d'avoir un mot à dire sur la taille des classes
était plus
importante que celle des salaires
et des avantages sociaux.
Cette situation a pris fin en 2002 lorsque le
gouvernement libéral
de Gordon Campbell a imposé un projet de loi où il
n'était plus
question dans les
conventions collectives des enseignants de la taille des classes ni de
leur composition et que dorénavant ceux-ci n'auraient plus un
mot à
dire sur celles-ci. La
Fédération des enseignants a contesté la
légalité de la législation et
en 2011 la Cour suprême de la Colombie-Britannique a
tranché à l'effet
que la législation
était anticonstitutionnelle et a fixé un temps limite
d'un an pour que
le gouvernement corrige la situation. Une fois les douze mois
écoulés,
le gouvernement
a adopté le projet de loi 22, une législation à
toutes fins pratiques
identique à la première. Le gouvernement a
continué de refuser de
négocier avec les
enseignants et la cause s'est retrouvée à nouveau devant
les tribunaux.
Le 27 janvier de cette année, le juge Griffin de la Cour
suprême de la
Colombie-Britannique a à nouveau décidé que toute
législation limitant
le droit de négocier des enseignants était
anticonstitutionnelle et a
rétabli les clauses qui
avaient été biffées en 2002 tout en ordonnant
à la province de payer 2
millions $ en dommages et en frais de cour. Le gouvernement en a
appelé
de cette décision
et continue de refuser de rétablir les clauses ou de
négocier la taille
des classes et leur composition avec les enseignants. Le gouvernement
n'a pas tenu compte
de ces coûts en dommages et en frais dans son budget de cette
année et
n'a pas augmenté son financement à l'éducation
publique en conséquence.
Pour toute
explication, le ministre des Finances a déclaré que le
gouvernement
n'avait aucune intention de se plier à la décision et
qu'il était allé
en appel et que, de toutes
façons, la cause ne serait pas entendue avant plusieurs
années.
L'un des points faits par le juge Griffin dans son
jugement du 27
janvier était que le gouvernement avait
délibérément tenté de provoquer
une grève en 2012
plutôt que de négocier avec les enseignants et qu'il
n'avait pas
négocié de bonne foi. Le but ultime du gouvernement
était de
réintroduire ces mêmes clauses
que les tribunaux avaient rendues caduques puisqu'elles violaient la
Charte, clauses concernant la taille des classes et leur composition,
et son but était aussi
d'interdire la négociation collective sur ces questions.
 
Lors de la grève
des enseignants de la Colombie-Britannique en 2012
De toute évidence, le gouvernement a la ferme
intention de
poursuivre la même stratégie politique une fois de plus.
Non seulement
est-il allé en appel de
la décision de la Cour suprême de la Colombie-Britannique,
mais il a
mené une guerre de propagande assourdissante contre les
enseignants et
du même coup
totalement évité la question qu'il se doit d'investir
davantage en
éducation et de donner aux enseignants un mot à dire sur
leurs
conditions de travail qui sont
aussi les conditions d'apprentissage des étudiants.
Tout cela démontre que ce ne sont pas les
enseignants qui sont le
problème mais bel et bien le gouvernement. Il devient clair que
le
temps des arrangements
où les travailleurs et les syndicats pouvaient s'attendre
à des
négociations de bonne foi est révolu, ce qui veut dire
que les
syndicats doivent s'engager dans des
actions sérieuses qui mettent en jeu avec succès la force
collective de
leurs membres afin de forcer le gouvernement à en arriver
à un
compromis acceptable
aux enseignants et aux travailleurs de l'éducation. Le
gouvernement a
recours au plein poids du pouvoir de l'État pour défendre
le droit de
monopole et bafouer
le droit public. Les syndicats doivent mobiliser la force de leur
organisation et de leur nombre pour défendre le droit public.
Ils
doivent prendre en considération
que le gouvernement criminalise leurs luttes et qu'il fera tout en son
possible pour rendre leurs luttes illégales, pour leur imposer
des
amendes draconiennes,
etc.
Le BC Worker, le
supplément du Marxiste-Léniniste, salue
les enseignants et leurs organisations ainsi que leur refus de se
soumettre au diktat
néolibéral d'un contrat prolongé sans aucun droit
de négocier leurs
conditions fondamentales de travail. Nous appelons le peuple de la
Colombie-Britannique
à se dresser contre la criminalisation qui est exercée
contre eux parce
qu'ils défendent leurs droits et se battent pour
l'éducation publique.
Les enseignants de
la Colombie-Britannique méritent l'appui des étudiants,
des parents,
des communautés locales et des travailleurs partout dans la
province
dans leur lutte
déterminée à la défense de leurs conditions
de travail qui sont aussi
les conditions d'apprentissage des étudiants.

Multiplication des arrêts de travail
À Victoria le 26 mai
2014
Le 26 mai, les membres de la Fédération
des enseignants de la Colombie-Britannique (BCTF) ont commencé
des grèves tournantes, la deuxième étape des
grèves des enseignants. Des grèves d'une journée
se sont tenues à la grandeur de chaque commission scolaire
durant les quatre premiers jours de la semaine
et les classes sont revenues à la normale vendredi dans toute la
province.
Le plan des grèves tournantes a été
annoncé le 20 mai, après que les enseignants aient
considéré la dernière position du gouvernement
dans le cadre des
négociations. Le 15 mai, le ministre de l'Éducation Peter
Fassbender a annoncé la « concession » que le
gouvernement ne va pas chercher à imposer une
convention collective de dix ans, mais acceptera plutôt une
convention collective de six ans. La proposition a également
inclus une prime de 1200 $ par
enseignant lors de la signature de la convention collective advenant
qu'un accord soit conclu d'ici la fin de juin. La proposition n'a pas
réussi à satisfaire les
demandes pressantes des enseignants qu'action soit prise sur la taille
et la composition des classes, les points sur lesquels le gouvernement
a été reconnu coupable
d'avoir violé les droits constitutionnels des enseignants, en
refusant de négocier ces questions de bonne foi.
Du côté des enseignants, la BCTF a dit
qu'elle acceptera une convention collective de quatre ans plutôt
que d'une de trois ans tout en mettant l'accent sur
les questions de la taille et de la composition des classes.
La première étape des arrêts de
travail menés par les enseignants a débuté le 23
avril. Les classes n'ont pas été touchées dans la
phase initiale des actions
menées par les enseignants qui ont refusé des
tâches administratives et des responsabilités hors de la
classe. Les enseignants n'ont pas rencontré les directeurs
ou administrateurs, autres que les comités conjoints de
santé et sécurité, et ils n'ont pas
participé aux surveillances lors des périodes de
récréation et du lunch
à moins évidemment d'en être contraints par la
Commission des relations de travail. Ils ne sont pas restés
à l'école plus d'une heure avant ou une heure
après le
temps d'enseignement, sauf pour les activités
régulières effectuées sur une base
bénévole.
En annonçant les actions, le président de
la BCTF Jim Iker a déclaré que le gouvernement doit
comprendre que plus d'argent est nécessaire pour
l'éducation.
Il a dit que les enseignants vont poursuivre patiemment une approche
mesurée.
Le 6 mars, les enseignants ont voté à 89 %
en faveur de la grève et ont adopté un plan d'action mis
en scène lors de leur réunion annuelle peu de temps
après. À l'époque, la BCTF a dit que la
première étape de la grève peut être suivie
de grèves tournantes si le gouvernement ne négocie pas.
Dans son
communiqué, la BCTF a souligné que ce sera un dernier
recours si le gouvernement ne parvient pas à abandonner ses
positions déraisonnables.
Sur le front des salaires, la « prime à la
signature » est un vieux truc: l'argent est déclaré
une « prime » et il n'est pas tenu compte à l'avenir
dans le calcul
du taux correspondant à chaque échelon salarial.
L'Association des employeurs a également menacé d'enlever
aux enseignants 5 % de leur salaire en guise de
représailles pour la première étape de leur
grève et, plus tôt, a menacé de forcer les
enseignants à payer les coûts de leurs régimes
d'avantages sociaux si un
accord n'est pas conclu.

Élection générale en
Ontario et édification nationale
Les tarifs d'électricité
Don Walker, le président
directeur-général de Magna International, a dit que les
tarifs industriels d'électricité en Ontario doivent
être abaissés si la province
veut que son entreprise investisse dans cette province. En
conférence de presse au début de la campagne
électorale en Ontario, Walker a cité les tarifs de
l'électricité comme un facteur empêchant son
monopole de mettre sur pied de nouvelles installations de production
dans la province. Magna prévoit ouvrir 23
nouvelles usines dans le monde, dont huit en Amérique du Nord,
mais aucune au Canada.
Magna a commencé en Ontario en tant que
fournisseur de pièces automobiles pour l'industrie automobile
sous contrôle américain. Utilisant la richesse
accumulée et les dérivés produits par les
travailleurs de l'Ontario, Magna s 'est implantée à
l'échelle mondiale dans 29 pays où 198 000 travailleurs
produisent
chaque année une valeur réalisée
évaluée à 35 milliards $. Les travailleurs de
l'Ontario produisent maintenant moins de 10 % de la valeur totale de
Magna. Les
principaux acheteurs de la production de Magna comprennent General
Motors, BMW, Chrysler, Ford et Volkswagen.
Walker a déclaré en conférence de
presse: « Je suis inquiet au sujet des tarifs
d'électricité en Ontario » et qu'il espère
que « quelque soit celui (ou celle) qui
gagne les élections en Ontario, le 12 juin, qu'il (ou elle)
prenne des mesures pour réduire les coûts
énergétiques pour le secteur des entreprises ».
Le corps politique de l'Ontario doit rejeter et
dénoncer ce genre de discours de ceux en position
d'autorité économique et exiger qu'ils discutent de ces
questions importantes de manière respectueuse et sans faire de
menaces. Walker et d'autres p.d.-g. exercent constamment une pression
sur les partis politiques
et le corps politique en général pour faire accepter un
programme d'austérité néolibérale de
mondialisation impérialiste qui ne favorise pas le peuple et son
désir
d'édification nationale.
En tant que personne influente au sein de l'oligarchie
financière, pourquoi Walker ne présente-t-il pas une
analyse détaillée de la situation économique ?
Pourquoi a-t-il recours à des propos vagues ? Faire des menaces
de désinvestissement si les tarifs industriels de
l'électricité ne sont pas réduits ne vise
qu'à
désinformer et déconcerter le peuple plutôt que de
l'engager d'une façon significative d'où il peut
réfléchir et discuter de ce qui sert le mieux
l'économie de
l'Ontario et à quoi peut ressembler un programme prosocial.
Est-ce que l'Ontario a besoin d'une Hydro-Ontario renouvelée et
publique avec une autorité publique
qui établit les tarifs de l'électricité ? Oui, il
le faut. Une Hydro-Ontario renouvelée appuyée par une
autorité publique pourrait alors en venir à un accord
avec
les monopoles mondiaux tels que Magna. Mais ce n'est pas de cela que
Walker parle. Il ne veut pas d'un arrangement basé sur
l'avantage réciproque mais d'un
arrangement unilatéral qui est à son avantage, peu
importe les conséquences pour l'économie et la population.
Depuis longtemps, le prix de la production et de la
distribution des différentes formes d'électricité
de l'Ontario est connu au moindre cent. Magna a été
fondée en 1957. Durant ses premières années
d'opération après la Deuxième Guerre mondiale,
Magna a bénéficié d'un tarif industriel
d'électricité qui a été
délibérément inférieur à son prix de
production. L'entreprise publique d'Hydro-Ontario a investi dans la
province pour produire et distribuer de l'électricité,
selon
des tarifs s'appliquant aux secteurs industriels, commerciaux et
résidentiels établis par une autorité publique.
L'approche qui a prévalu
généralement au début et au milieu du XXe
siècle a été que l'investissement public dans la
production d'électricité, où les tarifs
du marché industriel ont été établis par
une autorité publique à un prix inférieur au prix
de production, a été fait dans l'intérêt
public et a servi le bien public.
Il a été dit que cette approche a permis de
développer et d'élargir la base industrielle de l'Ontario
et a élevé le niveau de vie. L'élite dirigeante en
a conclu que
cette pratique a servi ses intérêts qu'elle apparente aux
intérêts du pays. Le gouvernement conservateur de
l'Ontario de Mike Harris a rejeté cette approche en
faveur de rendre les monopoles de l'Ontario concurrentiels sur le
marché mondial. En 1998, il a démantelé et
privatisé partiellement Hydro-Ontario, la scindant
en cinq divisions, avec sa dette accumulée de 19,5 milliards $
prise en charge par le gouvernement.
Les arrangements mis en oeuvre par une autorité
publique ont été détruits en capitulant et en
facilitant le diktat et les menaces des monopoles qui déclarent
que leurs intérêts sont synonymes de ceux de
l'économie et de la population et des gouvernements qui vont de
pair avec cet argument intéressé. Dans le cas
de la déclaration du p.d.-g. de Magna Don Walker, aucun
média ne l'a questionné pour qu'il clarifie
précisément ce qu'il propose. Veut-il ramener
Hydro-Ontario à une entreprise publique qui a l'autorité
publique d'établir un prix du marché pour
l'électricité qui favorise ses autres producteurs
industriels ? Pourquoi ne
fournit-il pas de données précises détaillant ce
qu'est le prix de production de l'électricité et ce
qu'il prévoit que le prix de marché sera ? Il peut alors
présenter
ce que son entreprise fera en échange d'une telle pratique, et
le peuple peut décider si un tel accord est dans
l'intérêt public et sera à l'avantage à la
fois de son
entreprise et de l'économie de l'Ontario tout en servant le bien
public.
Au lieu de menaces et d'extorsion de fonds incessantes
provenant de Magna, Chrysler et d'autres monopoles, le peuple veut une
discussion ouverte, publique
et sérieuse sur le direction de l'économie et de son
renouvellement. À ce moment difficile de l'histoire de
l'Ontario, une nouvelle direction entraînera des
arrangements entre une autorité publique et les monopoles sur la
base de l'avantage mutuel et non d'arrangements unilatéraux
imposés secrètement qui résultent
essentiellement non pas en une édification nationale dans
l'intérêt public et en faveur du bien public mais en
corruption, destruction nationale, mondialisation
impérialiste et pression vers le bas du niveau de vie, du tissu
social et du mode de vie.
Dans cette élection, le peuple est
favorisé lorsqu'il rejette toutes ces menaces et les fausses
préoccupations exprimées par le p.d.-g. de Magna Don
Walker
et ses semblables. Les intérêts des travailleurs seront
servis lorsqu'ils s'affirmeront clairement contre les libéraux
et les conservateurs qui défendent un programme
d'austérité avec la fraude que cela rendra
l'économie de l'Ontario concurrentielle et que leurs subventions
aux monopoles comme Magna vont créer des emplois.
L'objectif des manigances pour payer les riches n'est pas de
créer des emplois. C'est de rendre les riches encore plus
riches. C'est ça l'économie 101.

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