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Numéro 72 - 26 mai
2014
L'élection
générale du 12 juin en Ontario
Les conservateurs essaient de
créer la division
avec leur attaque contre les services publics
et les travailleurs qui les dispensent
L'élection
générale
du 12 juin en Ontario
• Les conservateurs essaient de créer la
division avec leur attaque contre les services publics et les
travailleurs qui les dispensent
• La nécessité d'établir
des relations avec les Premières Nations sur une base historique
moderne - Philip Fernandez
À
titre d'information
• La croissance de l'emploi dans le secteur
public - Rob Woodhouse
L'élection générale
du 12 juin en Ontario
Les conservateurs essaient de créer la division
avec leur attaque contre les services publics
et les travailleurs qui les dispensent
Dans la campagne actuelle, le Parti
progressiste-conservateur (PC) de Tim Hudak suit une stratégie
qui vire presqu'à la haine et n'a pas sa place dans
l'arène
politique d'une société civilisée. Avec leurs
propos rudes et divisifs et leur rhétorique incendiaire, les
conservateurs essaient de diviser les travailleurs en groupes
supposément ennemis et de les inciter les uns contre les autres.
Le plan frauduleux appelé « Pour un million
de nouveaux emplois» qui fait partie de leur plate-forme
électorale est une composante de cette stratégie. La
plupart des éléments de ce soi-disant plan sont des
mesures dites de redistribution d'emplois d'un groupe de travailleurs
à l'autre ou de travailleurs ayant un
emploi vers des chômeurs. L'exemple le plus frappant est cette
proposition antisociale et irresponsable des
progressistes-conservateurs d'éliminer 100 000 emplois
du secteur public que Hudak a annoncée en début de
campagne. .
Hudak a dit qu'un
gouvernement conservateur va éliminer ces emplois en coupant de
façon draconienne dans les services publics de l'Ontario, dans
les
sociétés de la Couronne et dans tous les domaines du
secteur public. Il a mentionné en particulier les enseignants et
les employés des commissions scolaires
de même que les employés municipaux dont il
éliminera les emplois en réduisant le financement
provincial aux municipalités. Les seuls emplois du secteur
public
qui ne seraient pas touchés par le rouleau compresseur des
conservateurs seraient ceux des policiers, des médecins et des
infirmières que Hudak appelle des «
travailleurs de première ligne».
Hudak n'a pas été capable de
démontrer comment on peut créer des emplois en en
éliminnant sauf de dire que décimer le secteur public va
créer de la «
confiance » parmi les investisseurs. Au lieu d'une explication,
Hudak y va d'une rhétorique grossière et incendiaire et
ne cesse de calomnier les milliers de
travailleur du secteur public comme étant des «
bureaucrates » et des « pousseux de crayons » qui
sont un coût et un fardeau pour l'économie. « S'il
faut que
j'élimine 100 000 emplois dans la bureaucratie pour en
créer un million dans le secteur privé créateur de
richesse, je n'hésiterai pas une seconde », a dit
Hudak.
Le but premier de déclarations aussi infantiles
est de créer une fausse dichotomie entre les travailleurs du
secteur privé producteurs de la richesse et les
travailleurs du secteur public présentés comme un fardeau
pour l'économie. C'est une distorsion complète de la
manière dont fonctionne une économie moderne
socialisée. Comment est-ce possible que le travail des centaines
de milliers de personnes qui triment dur tous les jours et dispensent
et gèrent les soins de santé,
l'éducation, le transport en commun ainsi que tous les services
urbains et autres ne crée pas de richesse?
Peu après qu'Hudak ait annoncé sa
proposition de couper des emplois dans le secteur public, les
conservateurs ont publié un document qui explique leur
plan de création d'un million d'emplois. Ce document expose la
fraude délibérée qui est à la base de leur
plan.
En gros, le plan d'un million d'emplois est un vaste
programme visant à remettre la prestation des services publics
entre les mains de compagnies privées,
transformant ainsi un grand nombre d'emplois du secteur public en
emplois du secteur privé. Les monopoles mondiaux et la
minorité riche ne cessent de
demander qu'on privatise les services publics. Posons-nous la question:
pourquoi les intérêts privés
s'intéresseraient-ils à mettre la main sur la prestation
des
services publics si les travailleurs du secteur ne créent pas de
richesse? Hudak et les conservateurs disent se soucier du fait que les
travailleurs du secteur public
ne créent pas de richesse mais leur souci c'est d'abaisser leurs
conditions de travail et leurs salaires en éliminant des emplois
syndiqués dans le secteur public
afin de transformer une plus grande partie de la valeur
créée dans le secteur public en profit pour les
intérêts privés.
Les plans antiouvriers des conservateurs d'attaquer les
travailleurs et leurs conditions de travail vont plus loin que
l'élimination immédiate d'emplois. Ils
s'attaquent aux droits de tous et à la notion même d'une
société moderne qui reconnaît les droits des
êtres humains parce qu'ils sont des êtres humains. Les
services publics comme l'éducation et la santé sont les
moyens par lesquels les droits du peuple sont tournés en vie.
L'appel des conservateurs de Hudak à
attaquer les travailleurs du secteur public est un appel de
désinformation pour que les travailleurs « scient la
branche sur laquelle ils sont assis». Le Ontario
Political Forum lance l'appel à tous de défendre
les services publics et les travailleurs qui les dispensent.
La classe ouvrière et ses organisations partout
en Ontario ont dénoncé avec le plus grand mépris
les tentatives de division et les propos incendiaires des
conservateurs. Les attaques des conservateurs de Hudak contre les
travailleurs du secteur public rendent ceux-ci plus
déterminés encore à empêcher coûte que
coûte Hudak et les conservateurs de mettre les mains sur le
pouvoir politique en Ontario.

La nécessité d'établir des
relations avec les Premières Nations sur une base historique
moderne
- Philip Fernandez -
Le Cercle de feu est un dépôt massif de
chromite et autres minéraux stratégiques du Nord de
l'Ontario d'une valeur d'environ 60 milliards $. Situé sur les
terres ancestrales de sept Premières Nations, il a fait l'objet
de débats et de discussions depuis qu'il a été
découvert il y a de cela quelques années. Son
développement a été freiné parce que les
Premières Nations concernées ont affirmé leur
droit de regard et de contrôle sur la façon dont cette
richesse minérale
sera développée.
Dès que le gouvernement libéral a
annoncé son budget le premier mai dernier, Noront Resources et
Cliffs Natural Resources, deux grands monopoles miniers
qui sont en lice pour réaliser d'immenses profits du Cercle de
feu ont exprimé leur joie à la subvention de 1 milliards
$ que les libéraux ont promise à l'industrie
minière en contribution à l'infrastructure
nécessaire pour l'exploitation de cette ressource.
C'est peut-être un stratagème des
libéraux pour gagner des votes dans le Nord de l'Ontario et
suggérer que le Cercle de feu ira de l'avant s'ils sont
réélus.
Les
dépots de minerais du Cercle de feu dans le Nord de l'Ontario
(cliquer pour agrandir)
Durant tout ce temps, les Premières Nations
concernées ont exigé que le développement du
Cercle de feu soit organisé d'une manière qui soit
mutuellement
avantageuse pour les membres des Premières Nations et le peuple
de l'Ontario c'est-à-dire selon le concept de « partage
des revenus. » Ils ont insisté sur le fait
que les développements ne peuvent aller de l'avant que sur la
base de leur consentement, un droit que toutes les Premières
Nations au Canada possèdent en vertu
de leur être-même et un droit reconnu par le droit
international.
Les Premières Nations en Ontario et celles du
territoire Matawa en particulier ont des raisons de s'inquiéter
à cause de l'exemple négatif de la mine de
diamants Victor détenue par le monopole du diamant De Beers. La
mine est située près de la Première nation
d'Attawapiskat et elle est pleinement opérationnelle
depuis maintenant plus de cinq ans. Bien que la mine
génère près d'un demi milliard $ en revenus chaque
année, la Première nation d'Attawapiskat reçoit
des
redevances de moins de 1% de ces revenus et le gouvernement de
l'Ontario en reçoit entre 4 et 10 % et ne le remet même
pas à la Première nation
d'Attawapiskat.
Aucun des emplois bien rémunérés
promis à la Première nation d'Attawapiskat lorsque la
mine a démarré ne se sont concrétisés. La
mine emploie environ
100 travailleurs Cris de la Première nation d'Attawapiskat dans
du travail d''entretien et d'autres tâches peu
rémunérées alors que les emplois hautement
qualifiés
sont occupés par des travailleurs qui sont amenés de
l'extérieur par avion. La population d'Attawapiskat a
protesté car 70% de ses membres vivent dans le
dénuement pendant que les richesses de leurs territoires sont
exploitées pour remplir les poches de De Beers. L'an dernier, le
grand chef Stan Beardy des Chefs
de l'Ontario a déclaré qu'il faut un nouvel «
arrangement de partage des ressources » entre les monopoles
miniers et les Premières Nations de l'Ontario et qu'il
est de la responsabilité du gouvernement de l'Ontario d'adopter
« une législation qui précise comment les
Premières Nations vont partager la richesse avec les
colons ». .
En ce qui concerne le Cercle de feu, un accord-cadre a
été signé le 26 mars dernier entre l'Ontario et
les neuf Premières Nations du Conseil tribal Matawa
sur les terres desquelles se trouve le Cercle de Feu. Ce sont les
Premières Nations concernées qui l'ont demandé
comme une première étape d'un processus de
négociation basé sur les communautés qui a
débuté en juillet 2013.
La responsabilité du gouvernement de l'Ontario
est de défendre non pas les intérêts de Noront et
de Cliffs mais ceux des Premières Nations et du peuple
de l'Ontario. La question de savoir qui contrôle et
bénéficie du développement des ressources de
l'Ontario est un enjeu électoral qui doit être
abordé par tous
les partis. C'est inacceptable que la valeur ajoutée produite
par les travailleurs de l'Ontario aille à subventionner les
monopoles du Cercle de feu afin qu'ils
puissent, comme De Beers, amasser d'énormes profits au
détriment des Premières Nations locales. C'est
inacceptable que les droits des premiers peuples de
l'Ontario d'avoir leur mot à dire et de contrôler le
développement de leurs terres héréditaires et des
ressources qui s'y trouvent soient niés et qu'ils soient
privés
des revenus nécessaires à leur développement
économique.
Il faut bâtir une nouvelle relation moderne entre
les Premières Nations et l'Ontario. Elle doit être
fondée sur une nouvelle base historique, ce qui signifie
que les droits des Premières Nations doivent être
garantis. Leurs droits ancestraux, constitutionnels et de
traités doivent être affirmés de manière
pratique et réelle.
Si leur droit d'être n'est pas reconnu comme principe directeur,
les tentatives des gouvernements actuels de les traiter comme un simple
coût à éliminer vont
continuer. Le développement économique doit être
fondé sur le principe d'avantage mutuel et non pas de
colonisateur et colonisé.

La croissance de l'emploi dans le secteur public
- Rob Woodhouse -
Dans l'attaque tout azimut du Parti
progressiste-conservateur de l'Ontario contre les travailleurs du
secteur public, celui-ci parle d'une explosion incontrôlable
du nombre d'emplois dans le secteur public ces derniers dix ans. Le
chef du PC Tim Hudak en rajoute en calomniant allègrement les
travailleurs du secteur
public comme étant des « bureaucrates» et des
« pousseux de crayons » qui constituent un fardeau
insoutenable pour la société. Tout cela n'est que
démagogie
partisane sans fondement dans le monde réel.
En fait, l'expansion de
l'emploi dans les services généraux du gouvernement
provincial et dans les entreprises gouvernementales est conforme au
taux de
croissance de la main-d'oeuvre dans d'autres secteurs. Elle est
légèrement supérieure à la croissance de la
population mais très inférieure à la croissance
économique.
Le domaine du secteur public sous juridiction
provinciale qui connaît la plus haute croissance est celui de
l'éducation post- secondaire. Cette croissance est
liée directement aux besoins accrus de l'économie en
main-d'oeuvre ayant des niveaux de connaissances et des
compétences techniques supérieurs et à la grande
croissance de la productivité de la main-d'oeuvre qui a eu lieu
ces dernières années.
Depuis 1990, le nombre de travailleurs ayant des
degrés universitaires a doublé, passant d'un ratio de un
sur dix à un ratio de un sur cinq. Dans la même
période, le nombre de travailleurs ayant un certificat
collégial ou technique a augmenté, passant d'un ratio de
un sur cinq à un ratio de un sur trois. L'emploi
est aussi à la hausse dans les autres secteurs du système
d'éducation, mais pas autant qu'au niveau de l'éducation
post-secondaire. Cette croissance suit celle
de la croissance de la population ainsi que les besoins de
l'économie, y compris l'expansion de l'éducation
pré-scolaire conformément aux progrès
pédagogiques
et à l'expansion des services de garde d'enfants qui permet aux
deux parents de jeunes enfants de travailler.
L'emploi dans les services de santé
financés provincialement a connu une augmentation de 21% depuis
les dix dernières années. Il s'agit d'une croissance
du nombre de travailleurs de la santé supérieure au taux
de croissance de la population, mais ce taux de croissance est
toutefois de loin inférieur au taux de
croissance du nombre d'aînés de plus de 65 ans qui a fait
croître les besoins en soins de santé (une augmentation de
24% des aînés dans les dix dernières
années).
Le besoin en services de santé a de loin dépassé
les services existants en dépit d'une croissance de la
productivité de la part des travailleurs oeuvrant dans ce
secteur.
La croissance d'emplois la plus significative se trouve
dans le secteur public sous juridiction d'un gouvernement local. La
croissance de l'emploi dans ce
secteur dépasse le taux de croissance de la main-d'oeuvre
générale mais est conforme au taux de croissance
économique. Cela est tout à fait normal dans une
économie et une société moderne puisqu'il ne peut
y avoir de croissance économique sans expansion du transport en
commun, de la voirie, de la gestion des
eaux, de la santé publique, des services d'ébouage et
d'autres services essentiels dispensés par les travailleurs
municipaux.
Les services urbains sont aussi l'un des domaines
où les monopoles mondiaux ont été le plus actifs
à pousser leurs magouilles de privatisation pour mettre
la main sur les avoirs publics et s'approprier la richesse
générée par les travailleurs du secteur public.
Les entreprises d'affaires municipales qui comprennent
des services tels le transport public et la distribution
hydroélectrique sont le domaine où le taux de croissance
des emplois dans le secteur public est le plus élevé
depuis les dix dernières années (un taux de croissance de
70%). Ils s'agit précisément des services sur lesquels
les monopoles mondiaux misent tant dans leur
concurrence féroce pour être les premiers à
exploiter le travail et la richesse générée par
cette main-d'oeuvre en croissance.

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