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Numéro 71 - 23 mai
2014
Derrière les
événements au Nigeria
La Maison-Blanche accroît son
intervention
Derrière
les
événements
au
Nigeria
• La Maison-Blanche accroît son
intervention - Abayomi Azikiwe, Pan-African News Wire, le 13
mai
2014 -
Les États-Unis
essaient de déstabiliser le Venezuela
• Le ministre de l'Intérieur du
Venezuela dénonce la participation étrangère
à la «campagne de déstabilisation»
Ewan Robertson, Venezuelanalysis.com
• Le sale rôle de la Fondation nationale
pour la démocratie au Venezuela - Eva Golinger,
Postcards from the Revolution
Derrière les
événements au Nigeria
La Maison-Blanche accroît son intervention
- Abayomi Azikiwe, Pan-African News Wire,
le 13 mai 2014 -
Une vidéo prétendument créée
par la secte armée Boko Haram, dont la base est au Nigeria du
sud-est, montrait ce qui semble être des étudiantes tenues
prisonnières par le groupe depuis un mois. Le chef de Boko Haram
a déclaré que les jeunes femmes seraient
libérées en échange de prisonniers appartenant
à leur organisation et qui auraient
été capturés par le gouvernement nigérien.
Avec la tenue du Forum économique mondial
à Abuja, la capitale politique du Nigeria, dans la semaine du 5
mai, les projecteurs des médias internationaux ont
été braqués sur ce pays. La question de la
sécurité intérieure du pays a aussi fait les
manchettes depuis la détonation de deux bombes
meurtrières à Abuja au cours d'une période de
trois
semaines et menant à la mort de plus de 80 personnes.
Simultanément, l'histoire des étudiantes
du secondaire manquant à l'appel au village de Chibok, dans
l'État de Borno, dans le nord-est du pays où depuis des
mois le gouvernement a imposé un état d'urgence, a
suscité l'intervention de forces militaires et de services de
renseignement provenant de Washington, de Londres, de Paris et de Tel
Aviv. Les problèmes liés à l'insurrection de Boko
Haram remontent à 2009, quand le gouvernement avait
déployé policiers et soldats pour attaquer les quartiers
généraux et les résidences du groupe. Ce groupe,
soit dit en passant, recevait depuis quelques années
déjà l'appui public de certains politiciens bien en vue
dans le nord du pays.
L'enlèvement des étudiantes doit
être situé dans le contexte de la crise de
sécurité globale à l'intérieur de la
région du nord-est du pays et qui se répand vers Abuja et
vers d'autres régions. Des milliers de personnes ont
été tuées dans des conflits depuis cinq ans et
plusieurs autres ont été déplacées.
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agrandir
Bien que le Nigeria soit décrit dans la presse
financière occidentale comme étant le pays ayant
l'économie la plus importante de l'Afrique, il y sévit
toujours une pauvreté et un chômage accablants. Rappelons
aussi que ce pays de l'Afrique occidentale détient la plus
grande population du continent. La richesse
générée ces derniers temps n'a de
toute évidence pas eu de retombées d'importance pour la
classe ouvrière, la jeunesse et les pauvres puisque le pays est
aux prises depuis deux ans avec des grèves dans les secteurs
pétroliers, médicaux, de l'éducation et des
services publics.
Les discussions tenues lors du Forum économique
mondial n'ont annoncé rien de nouveau si ce n'est la même
approche axée sur l'investissement dans le développement
économique de l'Afrique. Lors de la réception
organisée pour accueillir le forum, le président Goodluck
Jonathan a salué l'intervention des États
impérialistes pour assurer le
retour des étudiantes, déclarant que le «
terrorisme » n'allait pas interrompre le trajectoire politique du
gouvernement actuel.
Le rôle de l'impérialisme et le legs du
colonialisme
Le Boko Haram est une des expressions des conflits
régionaux au Nigeria, conflits hérités du
système colonial britannique et de la domination politique
grandissante des États-Unis dans les affaires intérieures
et
extérieures de cet État riche en pétrole. Cette
année fut en fait le centenaire de la consolidation du pouvoir
colonial de la Grande-Bretagne.
Pendant des décennies, un système de
pouvoir indirect a laissé le pays divisé dès
l'indépendance nationale en 1960. Deux coups d'État
militaires perpétrés en 1966 furent suivis d'une guerre
civile qui fit rage de 1967 à 1970, lorsqu'une section de la
bourgeoisie nationale du sud-est a tenté de se séparer et
de former une nation séparée, celle du
Biafra.
Depuis les années 70, une succession de
gouvernements à la fois militaires et civils ont
été dominés en grande partie par des
intérêts militaires dont la base est au nord du pays. La
manne pétrolière se trouve surtout dans les
régions
du sud-est et de plus en plus en haute mer dans le golfe de
Guinée.
Ce qui complique davantage le problème
régional laissé non résolu depuis 1960 est que la
population musulmane du Nigeria habite surtout la région du
nord. À cause du colonialisme britannique, un grand nombre de
personnes du nord furent mobilisées dans l'armée et
furent utilisées partout au pays pour supprimer la
résistance à
l'impérialisme.
Compte-tenu de ces différences régionales
qui imprègnent les partis politiques et les structures
gouvernementales du pays, il n'a pas été possible
d'appliquer une stratégie administrative cohésive. Le
Nigeria est le plus grand exportateur de pétrole brut de
l'Afrique vers les États-Unis. Depuis 1956, l'industrie
pétrolière est dominée par la
Grande-Bretagne, l'Europe et les États-Unis.
Dans un éditorial récent publié par
le Guardian, un important quotidien national au Nigeria, en
réponse à un mémo du gouverneur de l'État
d'Adamawa, Murtala H.J. Nyako, on écrivait : « La
vérité incontournable est que l'insécurité
au pays se transforme en monstre hybride. Il est évident que le
président ne saisit pas le sérieux du
problème que vivent son administration et le pays en entier,
surtout quand on considère ses commentaires et ses gestes
caractérisés par la frivolité. » (le 7 mai).
L'éditorial poursuit ainsi : « Un grand
nombre de Nigériens ne croient aucunement que ce gouvernement a
comme priorité leur sécurité et leur
bien-être. Si Nyako y va d'un langage quelque peu vulgaire et que
le moyen pour passer son message soit quelque peu inapproprié,
ses frustrations sont néanmoins partagées par la plupart
des Nigériens.
Le président Jonathan devrait se servir de ses importants
pouvoirs présidentiels pour empêcher un soulèvement
de masse nourri par la colère populaire contre son
gouvernement. »
Jonathan, qui fait partie du groupe ethnique Ijaw dans
le sud du Nigeria, cherchera à se faire réélire en
2015 en pleine crise de sécurité intérieure qui
prend de l'ampleur depuis les années soixante. Au cours des
années 90, un groupe insurrectionnel du nom de Mouvement pour
l'émancipation du delta nigérien (MEND) a surgi pour
revendiquer
une compensation adéquate pour la région du sud où
gît le pétrole.
Ce mouvement, qui a condamné les
enlèvements d'étudiantes, a entrepris des actions de
sabotage contre l'industrie, de concert avec une campagne de relations
publiques des plus efficaces. Ses actions ont été
menées conjointement avec des manifestations de masse de femmes
et de jeunes exigeant que les grandes compagnies occidentales -- les
Shell-BP, Chevron et ExxonMobil -- remédient aux dommages
environnementaux dans la région du sud et investissent une part
des profits dans le développement de l'infrastructure dans le
delta nigérien.
Le MEND a éventuellement accepté une
amnistie comprenant des compensations financières, des bourses
d'étude et d'autres avantages. Ainsi les actions armées
dans le sud de la région ont ralenti considérablement
mais malgré tout la sécurité intérieure
demeure une grave préoccupation.
Pour leur part, les campagnes de Boko Haram ont
ciblé des civils et des églises chrétiennes.
L'organisation a aussi avoué son rôle dans la
détonation d'une bombe dans les bureaux des Nations unies
à Ajuba en 2011.
L'Afrique, le «terrorisme» et
l'impérialisme
Beaucoup de questions ont été
soulevées au sujet des origines de l'organisation Boko Haram et
de l'appui dont elle a joui. Certains Nigériens bien
informés prétendent que le groupe reçoit toujours
un certain appui parmi des sections de l'élite économique
et politique du nord du
Nigeria.
Aussi les tactiques du groupe ont-elles changé
depuis 2009. Il a proposé une alliance avec Al-Qaïda et
voilà que la nature des actes de violence menés dans les
nord-est et dans d'autres régions deviennent étrangement
semblables aux attaques meurtrières menées dans d'autres
pays tels l'Irak.
Fait intéressant, l'administration des
États-Unis présidée par Barack Obama a
refusé de reconnaître le Boko Haram en tant que groupe
terroriste même après l'explosion à l'ONU. Hillary
Clinton, qui était secrétaire d'État sous Obama,
s'est mise à partager ses inquiétudes au sujet des
enfants disparus, bien qu'au cours de son mandat au sein de
l'administration elle n'a jamais reconnu le Boko Haram en tant
qu'organisation terroriste.
Ces actions par le Boko Haram et l'incapacité de
l'administration Jonathan à Ajuba d'agir avec efficacité
font en sorte que les États impérialistes, dirigés
par les États-Unis, saisissent l'occasion pour s'ingérer
encore davantage dans la vie du pays. Tout récemment, des
manoeuvres navales conjointes ont été menées dans
le golfe de Guinée avec
le Pentagone et divers États de l'Afrique occidentale, y compris
le Nigeria, en tant que partie intégrante du commandement des
États-Unis en Afrique (AFRICOM) et du projet interventionniste
des forces militaires de l'Union européenne (EUFOR).
Dans un autre article, celui-là de Laolu Akande,
publié dans le Nigerian Guardian, il est dit que
« la sénatrice Susan Collins, une républicaine du
Maine, se fait la porte-parole de vingt femmes sénatrices
étasuniennes exigeant une assistance militaire de la part des
États-Unis. Dans une entrevue au réseau CNN la semaine
dernière,
cette sénatrice a spécifiquement demandé
l'intervention des Forces spéciales. Lors d'un point de presse
international à Washington environ au même moment, les
dirigeants de l'Association chrétienne d'Américains
Nigériens (CANAN) ont aussi demandé que les Forces
spéciales soient déployées au Nigeria pour
secourir les filles de Chibok. » (le 11
mai).
Selon le même article : « Collins a dit : '
J'aimerais voir un déploiement des Forces spéciales pour
aller à la rescousse de ces jeunes filles '. Et plus tard, lors
d'une conférence de presse internationale à Washington,
le président de CANAN, le docteur James Fadele, au nom de
l'association, a demandé au président des
États-Unis d'envisager
d'expédier des Forces spéciales comme l'a
déjà suggéré la sénatrice Susan
Collins. CANAN a aussi déclaré que ' les
États-Unis
devraient utiliser tout ce qu'ils ont d'arsenal pour débusquer,
talonner et détruire le Boko Haram. ' »
Pour bien comprendre ces déclarations de membres
en vue du sénat américain et des porte-parole qui
prétendent exprimer le sentiment de la communauté
nigérienne expatriée, il ne faut pas oublier le
rôle joué par les médias privés et
gouvernementaux en Occident. Des expressions de colère et
d'indignation deviennent des prétextes pour justifier
une intervention militaire impérialiste au Nigeria.
Et pourtant, un passé récent
d'interventions dirigées par les États-Unis, la France et
d'autres membres de l'OTAN ainsi qu'Israël démontre que ces
actions n'ont aucunement été garantes de paix et de
sécurité au Mali, au Soudan, en Somalie, au Kenya, en
Libye ou dans d'autres régions affectées. Les
problèmes de sécurité intérieure du Nigeria
doivent être placés dans le contexte de
phénomènes hérités du passé : des
relations de production capitalistes, des divisions de classe
grandissantes au sein de la société (divisions
entretenues, bien sûr, par les impérialistes) ainsi que la
nécessité d'une véritable révolution
démocratique et de la construction d'une économie
socialiste.
En un mot, ce qui motive les actions des États
impérialistes envers le Nigeria et les autres États
africains est leur soif de domination. Les organisations antiguerre,
les organisations en faveur de la justice sociale, les organisations de
femmes et des droits de la personne doivent prendre la mesure de
l'impact négatif d'une nouvelle intervention à
long terme de forces militaires et de services de renseignement au
Nigeria.

Les États-Unis essaient de
déstabiliser le Venezuela
Le ministre de l'Intérieur du Venezuela
dénonce
la participation étrangère à la «campagne
de déstabilisation»
Ewan Robertson, Venezuelanalysis.com, 5
mai 2014
Le ministre de l’Intérieur et de la Justice
du Venezuela Miguel Rodriguez Torres donne de l’information sur les
tentatives de déstabilisation du pays le 2 mai 2014. (LaVoz)
Le ministre de l'Intérieur et de la Justice du
Venezuela, Miguel Rodriguez Torres, a donné des informations [
le 2 mai] sur des plans présumés visant à
déstabiliser le pays, donnant des preuves de la participation
étrangère dans les actions de barricades
organisées récemment par l'opposition.
Des secteurs de l'opposition
vénézuélienne, les anciens présidents
colombien et mexicain Alvaro Uribe et Vicente Fox, de même que le
département d'État des États-Unis et d'autres
institutions ont tous été accusés d'être
impliqués de fomenter une stratégie de
déstabilisation du pays.
Selon Rodriguez, des membres de l'opposition
vénézuélienne se sont rencontrés en 2010 au
Mexique pour planifier le renversement du gouvernement de Hugo
Chávez. C'est lors de cette réunion que le politicien de
la droite vénézuélienne Leopoldo Lopez aurait
été choisi pour mener des actions de
déstabilisation.
Des actions ont été menées dans la
rue par des groupes de jeunes de l'opposition, le JAVU, le Mouvement 13
et Opération Liberté, qui ont fait « la
grève de la faim », « se sont
enchaînés » et ont organisé des campements de
rue pour faire pression sur le gouvernement au moment où Chavez
recevait des traitements pour son cancer au début de
2013 peu avant son décès.
Suite à cela, de
janvier à avril de cette année, des barricades ont
été érigées dans les grandes villes dans le
cadre d'une vague de perturbations, d'émeutes et de
protestations menées par l'opposition. Rodriguez a dit que les
barricades de rue sont fondées sur une stratégie
précédemment utilisée contre le gouvernement
Chavez en 2004 et «
financée par l'extrême-droite ».
« Cette fois, ils ont essayé d'autres
méthodes, avec d'autres techniques et d'autres personnes et
essayé de réactiver et de raffiner la méthode de
barricades de rue », a déclaré Rodriguez .
Le ministre qui a fait sa présentation sur la
chaîne nationale de télévision avec des
organigrammes et des photos de présumées réunions
et conversations, a déclaré que les barricades de rue ont
été utilisées en tandem avec la stratégie
diplomatique et médiatique pour « attaquer la
révolution bolivarienne ».
Cette campagne impliquerait le département
d'État des États-Unis dont l'objectif selon le ministre
serait « d'empêcher la propagation à
l'échelle du continent des idéaux bolivariens et de
s'approprier et contrôler les plus grandes réserves de
pétrole sur la planète ».
Rodriguez a dit que les deux aspects principaux de cette
stratégie sont d'accuser les hauts responsables
vénézuéliens de financer le narco-trafic ou des
activités terroristes et d'attaquer le gouvernement sur la
question des droits humains pour accuser le Venezuela d'être un
« État voyou ».
Sur ce dernier point, des politiciens de l'opposition
comme Antonio Ledezma, Maria Corina Machado, Leopoldo Lopez et Diego
Arria auraient fourni de l'information « manipulée »
sur la question des droits humains à des sources diplomatiques
américaines et d'autres pays.
« Les institutions américaines et les ONG
ont recueilli des informations manipulées pour tenter de
répandre le bruit dans le monde que le Venezuela viole
systématiquement les droits fondamentaux », a
déclaré Rodriguez .
Au Venezuela, la direction de quelques
universités indépendantes publiques et privées, le
dirigeant étudiant pro-opposition Juan Requesens et deux
fonctionnaires de l'ambassade des États-Unis ont
également été accusés d' être
impliqués dans les plans présumés de
déstabilisation.
Rodriguez a révélé que 58 personnes
de nationalité étrangère ont été
arrêtées alors qu'elles participaient à des
barricades, « presque toutes impliquées dans l'utilisation
d'armes ». Cela inclut des Colombiens, un Américain et un
Espagnol, et deux parmi ceux qui ont été
arrêtés sont sur la liste d'alerte rouge d'Interpol.
Des personnalités de l'opposition nient que les
manifestations et les troubles sont une stratégie de
déstabilisation visant à destituer le président
Nicolas Maduro et prétendent que ce sont des manifestations
spontanées en réponse à des problèmes
économiques et aux pratiques « autoritaires » du
gouvernement.
Si certaines manifestations ont été
pacifiques et ont mis de l'avant diverses demandes, la principale
revendication de nombreux dirigeants des protestations et des
barricades de rue violentes a été « le
départ » de Maduro. Les émeutes
répétées dans la partie ouest très riche de
Caracas et d'autres régions ont également causé
des dommages
importants à la propriété, aux édifices
gouvernementaux, au transport public, aux supermarchés et aux
cliniques de santé gratuites.
L'agitation a mené à la mort de 41
personnes et fait 800 blessés et on compte parmi les morts des
activistes de l'opposition, des partisans du gouvernement, d'autres
civils et des officiers de la Garde nationale civile [En date du 17
mai, le bilan officiel est de 44 personnes
décédées et plus de 800 personnes blessées
- ndlr.]
La vie est progressivement revenue à la normale
dans les régions touchées, après que les
dernières barricades de rue aient été
enlevées le mois dernier. De petites manifestations sporadiques
et des actes de violence persistent cependant.
Dans la ville de San Cristobal, dans l'État
occidental de Tachira, de petits groupes d'étudiants de
l'opposition ont protesté contre la reprise des cours à
l'université locale [le 5 mai]. Un groupe a brûlé
un camion appartenant à la société
pétrolière d'Etat PDVSA et des affrontements avec la
police ont également eu lieu, menant à plusieurs
arrestations.
Dans sa présentation de vendredi, Rodriguez a
déclaré que les activistes de l'opposition ont maintenant
mis en place une campagne de « violence ciblée »
après l'échec des barricades de rue. Il a
présenté l'assassinat du politicien et activiste
pro-gouvernemental bien connu Eliecer Otaiza comme un exemple de cela.

Le sale rôle de la Fondation nationale
pour la démocratie au Venezuela
- Eva Golinger, Postcards from the
Revolution, le 23 avril 2014 -
Des manifestations antigouvernementales au Venezuela
qui visent un changement de régime ont été
menées par plusieurs personnes et organisations ayant
des liens étroits avec le gouvernement américain.
Leopoldo Lopez et Maria Corina Machado - deux des dirigeants publics
derrière les manifestations violentes
qui ont débuté en février - ont une longue
histoire en tant que collaborateurs, bénéficiaires et
agents de Washington. La Fondation nationale pour la démocratie
(la NED) et l'Agence américaine pour le développement
international (USAID) ont versé plusieurs millions de dollars
pour le financement des partis politiques
de Lopez, Primero Justicia et Voluntad Popular et de l'ONG
Súmate de Machado et ses campagnes électorales.
Entre 2013 et 2014, ces
agences de Washington ont également acheminé plus de 14
millions $ à des groupes d'opposition au Venezuela, notamment
pour
le financement de leurs campagnes électorales en 2013 et des
manifestations antigouvernementales en 2014. C'est la
continuité du modèle de financement du
gouvernement américain aux groupes anti-Chavez au Venezuela
depuis 2001, quand des millions $ ont été remis à
des organisations de la société dite civile
pour organiser un coup d'État contre le président Chavez
en
avril 2002. Quelques jours après l'échec du coup
d'État, l'USAID a ouvert un Bureau des initiatives
de transition (OTI) à Caracas pour, de concert avec la NED,
injecter plus de 100 millions $ dans des efforts pour saper le
gouvernement de Chavez et renforcer
l'opposition pendant les huit années suivantes.
Au début de 2011, après avoir
été publiquement exposé pour ses graves violations
du droit et de la souveraineté du Venezuela, l'OTI a mis fin
à ses activités
au Venezuela et les opérations d'USAID ont été
transférées à ses bureaux aux États-Unis.
Le transfert d'argent vers des groupes antigouvernementaux n'a pas
cessé, malgré l'adoption par l'Assemblée nationale
du Venezuela, de la loi sur la souveraineté politique et
l'autodétermination nationale à la fin de 2010, qui
interdit purement et simplement le financement étranger des
groupes politiques dans le pays. Des agences américaines et des
groupes vénézuéliens qui reçoivent
leur argent continuent en toute impunité de violer la loi.
Depuis 2012, de 5 à 6 millions $ ont été inclus
dans les budgets d'opérations à l'étranger de
l'administration Obama pour financer des groupes d'opposition au
Venezuela par le biais d'USAID,
La NED, une « fondation »,
créée par le Congrès en 1983 pour essentiellement
faire le travail de la CIA ouvertement, a été l'un des
principaux bailleurs
de fonds de déstabilisation au Venezuela durant l'administration
Chavez et maintenant contre le président Maduro. Selon le
rapport annuel de 2013 de la NED,
l'agence a acheminé plus de 2,3 millions $ vers des groupes et
des projets de l'opposition vénézuélienne. Ce
montant inclut 1 787 300 $ qui sont allés
directement à des groupes antigouvernementaux au Venezuela,
tandis que les autres 590 000 $ ont été distribués
aux organisations régionales qui travaillent
avec l'opposition vénézuélienne et la financent.
Plus de 300 000$ ont été consacrés aux efforts
pour développer une nouvelle génération de jeunes
dirigeants
qui s'opposent à la politique du gouvernement de Maduro.
Un des groupes financés par la NED pour
travailler spécifiquement avec les jeunes est FORMA
(http://www.forma.org.ve), une organisation dirigée par
Cesar Briceño et liée au banquier
vénézuélien Oscar Garcia Mendoza. Celui-ci dirige
la Banco Venezolano de Crédito, une banque
vénézuélienne qui a servi
d'intermédiaire pour l'écoulement des dollars de la NED
et d'USAID vers les groupes d'opposition au Venezuela, y compris
Súmate, CEDICE, Sin Mordaza,
Observatorio Venezolano de Prisiones et FORMA, parmi tant d'autres.
Une autre partie importante des fonds de la NED
dédiés au Venezuela en 2013-2014 a été
remise à des groupes et des projets au sein des médias
qui dirigent
la campagne visant à discréditer le gouvernement du
président Maduro. Parmi les organisations médiatiques les
plus actives à s'opposer ouvertement à Maduro
et qui reçoivent des fonds de la NED se trouvent Espacio
Publico, Instituto Prensa y Sociedad (IPYS), Sin Mordaza et GALI. Tout
au long de l'année qui vient
de s'écouler, une guerre médiatique sans
précédent a été menée contre le
gouvernement vénézuélien et directement contre le
président Maduro, laquelle s'est
intensifiée au cours des derniers mois de protestations.
En violation directe de la loi
vénézuélienne, la NED a également
financé la coalition de l'opposition, la Table de l'unité
démocratique (MUD), par le biais
de l'Institut républicain international (IRI) des
États-Unis, grâce à une somme de 100 000 $ afin de
« partager les leçons apprises [avec les groupes
antigouvernementaux] au Nicaragua, en Argentine et en Bolivie ... et
permettre d'adapter l'expérience
vénézuélienne à ces pays ». En ce qui
concerne cette
initiative, le rapport annuel de 2013 de la NED stipule
expressément son objectif: « Développer la
capacité des acteurs politiques et de la société
civile du
Nicaragua, de l'Argentine et de la Bolivie à travailler sur des
programmes nationaux axés sur les enjeux de leur pays respectif
en utilisant les leçons apprises
et les meilleures pratiques de leurs homologues
vénézuéliens qui ont réussi. L'Institut va
faciliter l'échange d'expériences entre la Table ronde
pour l'unité
démocratique au Venezuela et ses homologues en Bolivie, au
Nicaragua et en Argentine. L'IRI va permettre à ses acteurs de
se réunir grâce à une série
d'activités
adaptées qui permettront de transposer dans ces pays
l'expérience vénézuélienne. »
L'IRI a aidé à bâtir les partis
d'opposition de la droite, Primero Justicia et Voluntad Popular, et a
travaillé avec la coalition antigouvernementale au
Venezuela depuis la période précédant le coup
d'État contre Chavez en 2002. En fait, le président de
l'IRI à l'époque, George Folsom, a applaudi de
l'étranger
le coup d'État et a célébré le rôle
de l'IRI
dans un communiqué de presse affirmant que « L'Institut a
servi de pont entre les partis politiques du pays et tous
les groupes de la société civile pour aider les
Vénézuéliens à se forger un nouvel avenir
démocratique. »
Selon les détails fournis dans un rapport
publié en 2010 par l'institut espagnol FRIDE, les organismes
internationaux qui financent l'opposition
vénézuélienne
violent les lois de contrôle monétaire afin de faire
parvenir leur argent aux bénéficiaires. Le rapport de
FRIDE confirme aussi que la majorité des organismes
internationaux, à l'exception de la Commission
européenne, font parvenir des devises étrangères
et l'échangent sur le marché noir, en violation flagrante
de la
loi vénézuélienne. Dans certains cas, comme le
rapporte l'analyse de FRIDE, les organismes ouvrent des comptes
bancaires à l'étranger pour les groupes
vénézuéliens ou leur apportent de l'argent
comptant. L'ambassade des États-Unis à Caracas pourrait
également utiliser la valise diplomatique pour apporter dans
le pays de grandes quantités de dollars et d'euros
non comptabilisés qui sont ensuite remis illégalement
à des groupes antigouvernementaux au Venezuela.
Ce qui ressort clairement c'est que le gouvernement des
États-Unis continue d'alimenter les efforts de
déstabiliser le Venezuela en violation flagrante de
la loi. Des mesures juridiques et légales plus coercitives
peuvent s'avérer nécessaires pour assurer la
souveraineté et la défense de la démocratie au
Venezuela.

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