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Numéro 68 - 16 mai
2014
Élection
générale en Ontario: non au frauduleux programme
d'austérité!
L'escroquerie du chef conservateur Tim
Hudak
à propos d'«un million d'emplois»
Élection
générale
en
Ontario:
non
au
frauduleux programme
d'austérité!
• L'escroquerie du chef conservateur Tim Hudak
à propos d'«un million d'emplois»
• Le budget antisocial des libéraux
- Dan Cerri
• La lutte s'intensifie contre les coupures de
prestations d'indemnisation
Ajournement
de
l'Assemblée
législative
en
Alberta:
que nous
réserve l'avenir?
• La nécessité de la politique et
des formes sociales indépendantes de la classe ouvrière
• Campagne d'été pour discuter,
s'organiser et lutter pour des pensions pour tous - Peggy
Morton
Élection générale en
Ontario: non au frauduleux programme d'austérité!
L'escroquerie du chef conservateur Tim Hudak
à propos d'«un million d'emplois»
L'insécurité économique, le manque
d'emplois offrant un moyen de subsistance de standard canadien, est une
préoccupation constante et sérieuse pour la
majorité des Ontariens. Le nombre d'emplois créés
chaque année n'est pas à la mesure de la croissance de la
main-d'oeuvre. Selon les plus récentes statistiques,
cinq ans après la récession de 2008-2009 le taux de
chômage en Ontario est demeuré supérieur à
7 %, ce qui veut dire qu'environ deux millions de travailleurs
ont connu le chômage depuis un an. Cela exerce une pression sur
la sécurité d'emploi de tous les Ontariens.
Pour les travailleurs, le manque d'emplois est un
incontournable dans l'élection provinciale mais les partis
politiques dominants sont en déni de réalité ou
refusent de s'attaquer au problème avec le sérieux qu'il
faut. Au lieu de profiter de l'élection pour engager
l'électorat dans une discussion sur les causes de la
stagnation économique et des solutions, les libéraux,
conservateurs et néodémocrates traitent les
électeurs comme des crétins en leur racontant des
boniments
pour améliorer leurs chances électorales.
Le « plan pour
créer un million d'emplois » du chef conservateur Tim
Hudak
et particulièrement éhonté à cet
égard. D'abord ce n'est pas un « plan », c'est
un slogan, une phrase. Les conservateurs prennent bien soin de rester
vagues sur le sujet parce qu'ils savent qu'un examen des faits
mènerait tout de suite à
conclure que c'est une fraude.
On l'a vu lors des points de presse de la
première semaine de la campagne électorale, quand Hudak a
annoncé qu'un gouvernement conservateur créerait
un million d'emplois. Il a expliqué qu'il le ferait en
éliminant 100 000 emplois dans le secteur public, dont
19 000 enseignants et travailleurs de
l'éducation, en changeant les règles sur la formation
d'apprentis dans les métiers et en réduisant le taux
d'imposition des sociétés à 8 %. Ces mesures
peuvent
tout au plus redistribuer les emplois existants parmi la classe
ouvrière, mais elles n'en créeront pas de nouveaux. Elles
vont en fait appauvrir l'économie.
L'approche des conservateurs et des autres partis
dominants de l'Ontario sur la question du chômage massif
chronique et l'insécurité d'emploi montre qu'ils
ne sont pas capables de résoudre ces problèmes, ni
intéressés à le faire. Ce sont les travailleurs
qui subissent les conséquences de ces problèmes et c'est
à eux
de profiter des élections pour organiser une discussion
sérieuse au sein de l'électorat sur le besoin de trouver
une nouvelle direction à donner à l'économie.
Comme contribution à cette discussion, Ontario Political
Forum examinera l'escroquerie du « plan pour créer un
million d'emplois » de Tim
Hudak.

Le budget antisocial des libéraux
- Dan Cerri -
Le ministre des Finances de l'Ontario Charles Sousa a
déposé son budget le 1er
mai. Un débat s'est tout de suite engagé à savoir
si le budget est
« progressiste » parce qu'il contiendrait quelques mesures
«positives
» mais tout cela est une diversion. La chef libérale
Kathleen Wynne et les libéraux ne vont pas
abandonner l'austérité et son corollaire la
privatisation. Le budget
en
fait foi.
Le budget de cette année poursuit dans la voie
des recommandations de la Commission Drummond, surtout en ce qui
concerne l'imposition d'encore plus
d'austérité. Sousa a clairement dit que les services
publics vont continuer d'être au centre des mesures
d'austérité dans les années à venir. Il a
dit: « Le
gouvernement provincial entend établir une cible annuelle
d'économies découlant de l'examen des dépenses de
programmes. Cette cible est établie à 250 millions $ pour
2014-2015 et à 500 millions $ par exercice pour 2015-2016 et
2016-2017. Pour fixer la cible, on visera à maintenir ou
à améliorer la
prestation des services publics tout en réduisant les
coûts qui ne sont pas essentiels à la prestation d'un
service. » Les travailleurs du secteur public savent par
expérience que cela veut dire encore plus d'attaques contre
leurs salaires et conditions de travail.
 
Sousa a mentionné spécifiquement comment
son gouvernement entend imposer l'austérité dans le
domaine de la santé en poursuivant la transition d'une
formule de financement garanti vers une formule basée sur la
performance. « L'Ontario entame la troisième année
d'une grande réforme du mode de financement
du secteur de la santé pour passer d'une approche de financement
global fondée sur le fournisseur à une approche davantage
axée sur la personne et sur les
activités pour les hôpitaux, les foyers de soins de longue
durée et les centres d'accès aux soins communautaires.
» C'est cette même approche justifiant
l'austérité qui a mené à la fermeture de
programmes et services publics et à leur prise en main par le
privé.
« Dans le cadre de la réforme, d'ajouter
Sousa, les budgets des hôpitaux seront établis de
façon à ce que 30 % de leur financement soit fondé
sur les types et
le volume des services et traitements qu'ils dispensent, à un
prix établi selon des pratiques optimales qui ont fait leurs
preuves, compte tenu de la complexité
des procédures et des besoins des patients. Les hôpitaux
ont avantage à considérer attentivement la façon
dont les services sont fournis et ce qu'ils coûtent, et
à en améliorer l'efficience et la qualité afin de
pouvoir dispenser les traitements au prix correspondant aux pratiques
optimales. » Ce sont les travailleurs
d'hôpitaux qui vont faire les frais de cette attaque
renouvelée contre le secteur de la santé par des
surcharges de travail, des heures plus longues et le stress
physique et mental qui en découle.
Sousa a parlé de la nécessité de
contrôler les salaires dans le secteur public et en particulier
du personnel cadre qui est en place depuis longtemps, mais c'est
une façon de demander à tous les travailleurs d'accepter
des reculs dans leurs salaires et avantages sociaux. « Le
gouvernement a présenté le projet de loi 179,
la Loi de 2014 sur la responsabilisation et la transparence du
secteur public et des députés. Si elle était
adoptée, cette loi donnerait au gouvernement
le pouvoir d'établir des cadres de rémunération,
comprenant des plafonds sectoriels obligatoires. [...] Le gouvernement
[...] a proposé le projet de loi 177, la Loi
de 2014 sur le gel des traitements des députés, afin
de prolonger le gel des traitements des députés
provinciaux jusqu'à ce que l'équilibre budgétaire
soit
atteint. Le traitement des députés provinciaux est
gelé depuis 2009. Si cette loi était adoptée, le
gel des traitements pourrait durer jusqu'à ce que
l'équilibre
budgétaire soit atteint en 2017-2018 et confirmé dans les
Comptes publics de cet exercice. Nous allons continuer de rendre les
agences plus redevables de façon
à contrôler les coûts dans toutes les sphères
d'activité du gouvernement. »
Encore plus de privatisation pour payer les riches
Le budget propose plusieurs façons de «
transformer » la façon dont les services publics
sont dispensés en les confiant aux intérêts
privés au nom de « l'efficience ».
« L'Ontario continuera de mettre en oeuvre et,
dans certains cas, d'accélérer les initiatives de
transformation qui ont eu pour effet d'accroître l'efficience et
l'efficacité. Le gouvernement entend continuer sur sa
lancée dans ses efforts constants pour transformer les services
publics en changeant la façon dont les
programmes et les services sont dispensés, afin de garantir des
résultats et un meilleur rendement pour les deniers publics
investis. » C'est un langage codé pour
faire dispenser encore plus de services par les partenariats
public-privé (les PPP). L'ex-ministre des Finances Dwight Duncan
a parlé clairement de la nécessité
d'accroître les PPP en tant que co-président d'un panel de
la Chambre de Commerce de l'Ontario-KPMG-Maximum Canada qui a
récemment remis son rapport
intitulé « Libérer le potentiel de
l'économie du service public: Une approche nouvelle des services
fournis en PPP ». Parlant de ce qu'il appelle un niveau de
dette « monstrueux » et du besoin de trouver des
façons moins chères de dispenser les services, Duncan a
dit que peu importe qui formera le nouveau
gouvernement, il devra se pencher sur cette approche le plus tôt
possible.
Le budget propose des façons d'accroître
les projets en PPP par le biais du Modèle de diversification des
modes de financement et de l'approvisionnement
que le gouvernement présente comme le modèle propre
à l'Ontario pour dispenser les projets d'infrastructure. Le
budget poursuit aussi dans la voie de l'annonce
faite par le gouvernement de l'Ontario qu'il va « dégager
la valeur des biens provinciaux », par exemple en vendant les
actions de GM que détient l'Ontario, et possiblement d'autres
biens du gouvernement,
y compris les avoirs immobiliers et les sociétés de la
Couronne telles que l'Ontario Power Generation, Hydro One et la
Régie des alcools de l'Ontario. « Cela
ne veut pas nécessairement dire que nous les vendrons, de dire
Sousa. Pour dégager la valeur optimale de ces biens, on pourra
notamment améliorer leur
efficience et leur rendement. » Sousa a ajouté que le
gouvernement est à examiner d'autres façons de maximiser
ce qu'il appelle l'efficience des avoirs publics.
Il a parlé de «panels d'experts » dont un qui existe
déjà et a pour mandat d'examiner les avoirs publics et
qui est présidé par l'ancien président et PDG,
maintenant à la retraite, du TD Bank Group, Ed Clark.
Le budget indique clairement quelle direction les
libéraux proposent pour l'Ontario qui ressemble à s'y
méprendre à celle suivie par McGuinty et Duncan.
C'est encore plus d'austérité pour le peuple en
même temps que les libéraux veulent dépenser plus
de fonds publics dans les projets de livraison des services
publics en partenariat avec les intérêts privés.

Justice pour les travailleurs
accidentés
La lutte s'intensifie contre les coupures
de prestations d'indemnisation
Le 9 mai, le Réseau ontarien des groupes de
travailleurs accidentés
(le ONIWG) tenait le premier d'une série de trois piquets
d'information
devant les bureaux du ministère du Travail. Y ont
participé des
travailleurs accidentés de Toronto et des
délégations du Syndicat des
Métallos et du Syndicat
des employés de la fonction publique de l'Ontario. Les
travailleurs
accidentés veulent ainsi dénoncer les coupures de
prestations qui sont
mises de l'avant par
la Commission de la sécurité professionnelle et de
l'assurance contre
les accidents du travail (le WSIB) par le biais de son Examen des
politiques
d'indemnisation. Ils veulent notamment informer le public de la
décision récente du WSIB de réduire ou
éliminer les prestations
d'indemnisation basées sur
les « troubles préexistants » et l'âge.
À leur arrivée, les travailleurs se sont
fait dire que, après 20 ans
de rassemblements devant les bureaux du ministère, on leur
refusait
dorénavant de se tenir
en haut des escaliers menant aux bureaux pour y tenir leurs actions.
Comme si ce n'était pas déjà un travesti de
justice de les obliger à
tenir des piquets pendant
20 ans pour obtenir justice ! Karl Crevar, un ancien membre de
l'exécutif du réseau, a dit que ces piquets sont une
façon pour les
travailleurs accidentés de
réclamer leurs droits. « Je trouve ça outrageant et
renversant, a-t-il
dit. Les représentants du ministère oublient qu'ils
louent ces bureaux
à même l'argent des
payeurs de taxes. En dépit de cela, on se fait dire qu'on ne
peut plus
parler à nos gens et informer le public de ce qui se passe du
haut de
ces escaliers. C'est
juste une autre façon d'essayer de mettre sous le tapis les
problèmes
que vivent les travailleurs accidentés et les familles dans
cette
province. » Il a ajouté que
ce piquet sera suivi d'un piquet par semaine jusqu'à la
Journée des
travailleurs accidentés le premier juin à Queens' Park.
Les travailleurs portaient des pancartes sur lesquelles
on lisait: «
Pas de paix sans justice ! », « Nous ne sommes pas ici pour
demander une
faveur ! », «
Justice pour les travailleurs accidentés » et «
Congédiez le PDG du
WSIB David Marshall ! Engagez des travailleurs accidentés !
» Ils se
sont engagés à faire
entendre la voix des travailleurs accidentés pendant la campagne
électorale en cours.
Un des orateurs principaux à l'action a
été Peter Page, l'ancien
président de ONIWG qui a parlé de la création d'un
fonds légal de défense des travailleurs
accidentés. Il a dit que le fonds est créé en
réponse aux plus récentes
attaques contre le droit des travailleurs accidentés à
leurs
prestations d'indemnisation. Il
a parlé de la lettre ouverte qu'il a écrite
récemment au sujet des
attaques renouvelées qui sont faites contre les travailleurs
accidentés
sous la direction du PDG
et de la présidente du WSIB au nom du déficit de
capitalisation de la
Commission, lequel est devenu un problème uniquement
après que le
gouvernement Harris
ait gelé le taux des primes payées par les employeurs
à la fin des
années 1990. Dans cette lettre, il dénonce les coupures
et
éliminations
de prestations
d'indemnisation comme une attaque aux droits humains des travailleurs
accidentés, une attaque qui va si loin que ceux-ci doivent
maintenant
compter sur l'aide
sociale ou la pension d'invalidité du Régime de pensions
du Canada pour
survivre. Il y écrit que si les politiques qui sont
proposées par le
gouvernement au
sujet des « troubles préexistants » et de
l'âge sont mises en oeuvre,
les travailleurs accidentés vont être
systématiquement blâmés pour leur
condition et leurs
prestations coupées d'autant et il a demandé que les
travailleurs
accidentés reçoivent les prestations qui leur reviennent
de droit
quelque soit leur âge ou les autres
facteurs qui peuvent les rendre plus vulnérables aux accidents.
Le Réseau ontarien des groupes de travailleurs
accidentés appelle
tous les travailleurs accidentés, les syndicats, les cliniques
juridiques et tous les activistes
qui les appuient à l'aider à amasser de l'argent pour le
Fonds légal de
défense. Celui-ci servira à faire de la défense
collective par des
recours collectifs ou des
contestations en vertu de la Charte contre la violation des droits
humains des travailleurs accidentés.
Les chèques doivent être faits au ONIWG
Legal Defence Fund et
envoyés à ONIWG Legal Defence Fund 203-620 Concession
Street, Hamilton,
ON, L8V
1B6.

Ajournement de l'Assemblée
législative en Alberta: que nous réserve l'avenir?
La nécessité de la politique et des
formes sociales indépendantes de la classe ouvrière
Le gouvernement
conservateur de l'Alberta s'est servi de sa majorité pour
ajourner la 28e législature de l'Alberta le 8 mai, trois
semaines à l'avance, pour
donner libre cours à la lutte à la chefferie du Parti
progressiste conservateur de l'Alberta. L'Assemblée
législative ne s'est réunie que pour un total de 27
jours.
La session d'automne débutera le 27 octobre et les sessions
législatives ne dureront que 20 jours. Entre-temps, il y aura
nomination et élection du nouveau chef
du parti conservateur, qui sera alors assermenté en tant que
premier ministre.
La démission d'Alison Redford en tant que
première ministre et chef conservatrice est une indication de la
concurrence féroce qui déchire les intérêts
privés
monopolistes et comment ceux-ci s'arrachent l'élite dominante.
La lutte sans merci pour le contrôle des ressources,
l'autorité publique et la richesse produite
par les travailleurs de l'Alberta s'exprimera dans la lutte pour le
contrôle du Parti conservateur. Tout indique que les barons du
pétrole de Calgary ont choisi
Jim Prentice, un ancien ministre du gouvernement Harper, pour
être à la tête du Parti conservateur, et l'argent
roule à nouveau allègrement dans les coffres de
ce parti.
La lutte s'intensifie donc pour le contrôle du
Parti conservateur et pour choisir un premier ministre ainsi qu'un
grand champion des monopoles mondiaux
de l'énergie. Il y a nécessité pour la classe
ouvrière de faire le bilan de sa propre expérience afin
de planifier pour l'avenir.
Selon certains commentateurs, Alison Redford avait
été élue par une « coalition
progressiste » qu'elle aurait trahie en ne respectant pas ses
promesses. Peut-on
vraiment prétendre que les électeurs ayant voté
pour Redford dans le but de bloquer le Wildrose Party formaient une
« coalition progressiste » ? La
principale caractéristique d'une coalition est d'être un
ensemble de gens, de groupes ou de pays s'étant regroupés
pour une cause commune, ou encore, une
alliance temporaire dans le but d'une action commune, en parlant tout
particulièrement de partis politiques formant un gouvernement.
En d'autres mots, chaque
partenaire au sein de la coalition a un mot à dire sur l'ordre
du jour aussi longtemps que dure la coalition. Il est évident
qu'il n'y a pas de telle « coalition
progressiste » pour bloquer le Wildrose.
Il n'y a pas d'objectif commun entre l'élite
dominante, qui contrôle le Parti conservateur et Wildrose, et la
classe ouvrière de l'Alberta. Le but des riches
est de trouver les moyens d'imposer l'ordre du jour
d'austérité et de privatisation néolibéral
et antisocial. Il défend les intérêts privés
des monopoles et va contre
les intérêts publics de la classe ouvrière et
d'autres sections du peuple.
L'ordre du jour néolibéral comprend aussi
en ce moment faire approuver de force les nouveaux oléoducs,
trouver des marchés pour les produits du pétrole,
principalement à l'état brut, construire des terminaux
pour le gaz liquide naturel, augmenter l'investissement étranger
dans l'extraction et le transport de matières
premières et annexer davantage le Canada aux États-Unis
des monopoles de l'Amérique du Nord. Il s'agit aussi
d'intégrer le Canada à la machine de guerre
des États-Unis, dans leurs préparatifs de guerre et dans
leurs aventures militaires actuelles. C'est une offensive antisociale
au service des monopoles les plus
puissants visant à détruire la base industrielle, les
services publics et les infrastructures sociales du Canada et à
déchaîner des assauts à répétition
contre les droits,
les salaires, les avantages sociaux et les régimes de retraite
des travailleurs.
On ne peut être progressiste dans de telles
conditions à moins d'organiser et de lutter pour restreindre les
monopoles mondiaux et leurs politiciens et les
priver de leur capacité de faire comme bon leur semble. Pour ce
faire, il faut organiser pour les empêcher d'attaquer
l'intérêt public avec impunité, il faut avant
tout lutter pour que le peuple se dote du pouvoir et du droit de
décider. C'est une question de renouveler le processus
démocratique.
Dans cette lutte, l'opposition ouvrière met de
l'avant sa propre alternative prosociale à la destruction
nationale, et de plus en plus de personnes se mettent
en action à la défense de leurs droits et de
l'intérêt public. Les travailleurs du secteur public, avec
l'appui de tous les travailleurs, ont été très
actifs à rejeter
le programme d'austérité. La classe ouvrière dit
Non ! au programme de salaires de famines de Harper. Les
Premières Nations réclament leurs droits et affirment
leur souveraineté et le droit d'avoir un mot à dire sur
comment la Terre Mère est traitée et sa richesse
distribuée. Des gens de tous les milieux, scientifiques,
médecins, jeunes et autres, exigent que les monopoles n'aient
plus carte blanche pour malmener la Terre Mère en lui retirant
le bitume à des vitesses inouïes.
Les travailleurs et leurs alliés demandent une nouvelle
direction pour l'économie.
La classe ouvrière a le nombre et la conviction
prosociale nécessaires pour défendre
l'intérêt public, consolider la volonté populaire,
se doter du pouvoir
et en finir avec ce diktat et cette destruction nationale des monopoles
et leur contrôle direct des gouvernements et de leurs agences
d'État.
L'obstacle à l'épanouissement du nouveau
est le manque d'organisation, la vieille façon de penser et la
perspective démodée dans laquelle le peuple doit
compter sur les riches pour sa pensée, ses organisations et sa
politique. Les représentants des monopoles et les riches disent
au peuple quoi penser et quoi faire
avec leurs commentaires et leurs analyses
télévisés sans fin. Le point de départ est
de fermer la télé et de commencer à penser par
nous-mêmes, à discuter parmi
nous, à analyser par nous-mêmes les conditions
concrètes telles qu'elles sont et non telles qu'elles nous sont
servies et à nous organiser par le biais de nouvelles
formes sociales adaptées aux conditions modernes.
Les travailleurs et leurs alliés
défendront de toutes leurs forces un ordre du jour et des formes
sociales qu'ils ont eux-mêmes contribué à
développer, à établir
et à organiser. L'habilitation du peuple incarnée en une
forme sociale organisée créera un momentum pour
bâtir le nouveau qui ne sera pas arrêtable.

Campagne d'été pour discuter, s'organiser
et lutter pour des pensions pour tous
- Peggy Morton -
Cet été, des
audiences publiques auront lieu sur le projet de loi du gouvernement
sur les pensions, ce qui crée la possibilité de
développer une vaste
campagne pour défendre les pensions que nous avons et lutter
pour des pensions pour tous. Une discussion dans tous les endroits de
travail quant à la manière
de renforcer la campagne veillera à ce que le plein poids des
organisations de travailleurs et la conscience soient mises à
contribution pour poursuivre et élargir
cette lutte. C'est un excellent moment pour tout mettre en oeuvre pour
que la demande pour la sécurité à la retraite
demeure un droit que les gouvernements
doivent garantir.
Dans ce contexte, des propositions concrètes pour
renforcer les régimes de retraite du secteur public doivent
être discutées. Deux demandes immédiates sont:
Arrêter la privatisation des services publics et des programmes
sociaux ! Rétablir les services privatisés en tant
qu'entreprises publiques ! Mis à part le reste, la
privatisation divise la classe ouvrière et affaiblit ses
régimes de retraite à prestations
déterminées,
rendant les travailleurs individuels vulnérables aux pratiques
frauduleuses telles que les plans d'épargne «
ciblés » et l'extrême pauvreté à la
retraite. Faire marche arrière sur le programme
rétrograde néolibéral de
privatisations augmenterait le nombre des travailleurs actifs dans le
secteur public ainsi que des participants à leurs régimes
à prestations déterminées. Non
seulement plus de travailleurs auront plus de sécurité
à la retraite mais avec plus de participants actifs, les
régimes de retraite se stabiliseraient.
Fournir aux travailleurs actifs plus de
sécurité d'emploi dans le secteur public et augmenter le
nombre d'emplois équivalents à temps plein (ETP),
où les
travailleurs veulent travailler à temps plein, sont des moyens
de renforcer les régimes de retraite. Pourquoi les employeurs du
secteur public seraient-ils autorisés
à afficher des emplois quand l'ETP est conçu de
manière à les rendre inéligibles pour les pensions
et les avantages sociaux, par exemple au lieu d'afficher un
poste à 0,4 ETP il est présenté comme un poste
à 0,39 ETP ? Quel serait l'effet d'augmenter le nombre d'emplois
à temps plein pour tous les travailleurs qui
veulent travailler à temps plein ? Combien de travailleurs se
voient retarder l'accès aux régimes de retraite existants
en raison de l'utilisation de postes temporaires
et occasionnels pour ce qui est ou devrait être du moins un
travail permanent ? Quels changements peuvent être faits qui
assureront la sécurité d'emploi
maintenant et la sécurité à la retraite pour
l'avenir ?
Les retraités et leur famille doivent
être impliqués dans cette lutte. Ils doivent être
informés que si le gouvernement va de l'avant avec ses «
réformes », leurs pensions seront moins sûres et les
directions des régimes de pension pourront être
contraintes de réduire leur indexation au coût de la vie
ou même la
pension de base.
La sécurité à la retraite nous
concerne tous. Les régimes ou plans d'épargne comme
substitut des régimes de retraite sont une fraude et sont
rétrogrades.
Ils forcent les travailleurs à mettre en commun leurs
économies pour que cela devienne du capital social, ce qui est
ensuite volé et abusé par l'oligarchie
financière internationale. Aucune indemnité de
départ à la retraite n'est garantie avec des plans
d'épargne.
Un aspect important est d'élargir la lutte pour y
inclure les pensions pour tous. Le gouvernement de l'Alberta doit
être contraint de soutenir un régime de
pensions du Canada élargi pour assurer dans un premier temps la
sécurité à la retraite pour tous. Les audiences
publiques sont l'occasion d'impliquer tout le
monde dans cette discussion et dans la campagne pour les pensions du
Congrès du travail du Canada, La sécurité des
retraites pour tous !
En tant que plus grande force organisée, les
travailleurs du secteur public doivent parler au nom des travailleurs
du secteur privé, en particulier ceux qui
n'ont pas les syndicats. L'antisocial projet de loi 10 permettra aux
employeurs de détruire de façon rétroactive les
régimes à prestations déterminées et de les
transformer en plans d'épargne ciblée, sans pension de
retraite garantie, augmentant ainsi l'insécurité durant
la retraite.
Le contraire du projet de loi 10 doit être
réalisé, ce qui signifie forcer les employeurs du secteur
privé, en particulier les plus grands, à avoir tous leurs
employés inscrits à un régime provincial (ou
fédéral) de retraite à prestations
déterminées. Les régimes de retraite publics et
privés à prestations déterminées
doivent être garantis par une réclamation au produit
social annuel de la province, ce que le gouvernement
fédéral doit mais refuse de faire parce qu'il est
antisocial, antiouvrier et dominé par les intérêts
privés des monopoles.
La discussion sur la façon de résoudre le
problème de la retraite doit se faire sur la place publique sans
s'écarter de sa ligne directrice fondamentale, que
la sécurité à la retraite est un droit. Il est
ridicule de suggérer que la société canadienne est
incapable de fournir ce droit avec une garantie et que les personnes
âgées doivent être obligées de se
débrouiller elles-mêmes et de faire face à la
pauvreté et à l'insécurité durant la
vieillesse.
Notre sécurité est dans la
lutte pour la défense des droits de tous !
Faisons-le par la discussion, l'organisation et la résistance !

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