|
Numéro 64 - 9 mai 2014
Le gouvernement de l'Alberta
forcé de reculer
sur ses projets de loi antiouvriers
Non, c'est non! Ne touchez pas à
nos pensions!
Il est temps d'intensifier la lutte!
Des centaines de
travailleurs ont manifesté devant le parlement albertain le
Premier Mai pour dire au gouvernement
de cesser ses attaques contre les droits et les pensions des
travailleurs et pour célébrer la conclusion d'une
entente
de principe pour les employés du gouvernement provincial. Les
orateurs ont également exprimé leur solidarité
avec les
nombreux travailleurs migrants qui sont touchés par les
récentes modifications au programme fédéral.
Le
gouvernement de l'Alberta forcé de reculer sur ses projets de
loi antiouvriers
• Non, c'est non! Ne touchez pas à nos
pensions! Il est temps d'intensifier la lutte!
• Le gouvernement recule sur le projet de loi
46 qui attaquait le droit de négociation du secteur public
Des profits
énormes pour les monopoles de l'énergie et plus
d'austérité exigée des travailleurs
• Faisons échec au programme antisocial
! - George Allen
Le gouvernement de l'Alberta forcé
de reculer
sur ses projets de loi antiouvriers
Non, c'est non! Ne touchez pas à nos pensions!
Il est temps d'intensifier la lutte!
Le Premier Mai devant
l'assemblée législative de l'Alberta. (AUPE)
Les travailleurs du secteur public et leurs
alliés ont forcé le gouvernement à reculer dans
leurs attaques contre une retraite dans la sécurité. Les
projets de loi 9 et 10 - qui attaquent respectivement les
régimes de retraite à prestations
déterminées du secteur public et du secteur privé
- ne seront pas adoptés par l'Assemblée
législative au cours de
cette session. Les deux projets de loi seront
référés au Comité permanent sur l'avenir
économique de l'Alberta. Des audiences publiques auront lieu au
cours de l'été et le comité fera rapport à
l'Assemblée législative pendant la session de l'automne
qui est prévue pour le 27 octobre. C'est à ce moment que
les conservateurs auront élu un nouveau
chef qui aura aussi été assermenté à titre
de premier ministre.
Félicitations à tous les travailleurs, les
syndicats et leurs alliés qui ont mené cette lutte pour
défendre une retraite dans la sécurité. Le
gouvernement a été forcé de reculer devant des
mois d'opposition y compris des manifestations, des piquetages, un
déluge de lettres, des appels téléphoniques et des
réunions avec les députés, des pétitions et
d'autres actions.
« De toute évidence le peuple albertain
s'est fait entendre. Les gens se sont tenus debout pour leurs
régimes de retraite. Ils ont indiqué clairement à
leurs députés que ces projets de loi sont inacceptables.
» a dit le président de la Fédération du
Travail de l'Alberta, Gil McGowan. « Ensemble, les centaines de
personnes qui dépendent de ces
régimes ont faire reculer le gouvernement. Il ne faut pas
lâcher de travailler ensemble afin d'arrêter les attaques
contre les régimes à prestation déterminée.
»
L'annonce à l'effet de référer le
projet de loi au comité sur l'avenir de l'Alberta et de la tenue
d'audiences publiques est venue après que les conservateurs en
soient venus à une entente avec les partis de l'opposition. Le
chef néodémocrate de l'Alberta, Brian Mason, a dit dans
un communiqué que les partis d'opposition se sont mis d'accord
pour mettre un terme à leur filibuster pour permettre au projet
de loi 9 de terminer la deuxième lecture. En retour, le
gouvernement s'est dit d'accord pour référer le projet de
loi et pour tenir des audiences publiques.
La lutte est loin d'être finie.
Sans doute les conservateurs ne veulent-ils pas faire des projets de
loi 9 et 10 une question alors que la guerre fait rage pour choisir le
prochain chef conservateur. Les nominations débutent le 15 mai
et à ce moment-là les membres du cabinet candidats
à la chefferie devront démissionner. C'est sans doute un
facteur
qui a fait en sorte que les conservateurs ont senti la pression pour
qu'ils adoptent la législation avant le 15 mai. Tirer un trait
pour l'instant sur leurs projets de loi était la seule option
bien que celle-ci cadrait mal avec le rôle de souffre-douleur que
se donne le caucus conservateur, ces « pauvres petites brebis
ayant perdu leur chemin ». Mais le loup
en peau de brebis rôde toujours dans les parages et il ne faut
pas s'attendre à ce que les conservateurs abandonnent le
moindrement leur ordre du jour antisocial et antiouvrier. Ils sont sans
doute déjà en train de tramer de nouveaux complots pour
l'imposer quoi qu'il advienne.
Il ne reste qu'à intensifier la
résistance. Des audiences publiques offrent une occasion pour
élargir la lutte à la défense des régimes
de retraite et pour lutter pour les régimes de retraite pour
tous, ainsi que pour encourager encore plus d'Albertains dans la lutte.
Le gouvernement albertain doit être forcé non seulement de
retirer les projets de loi 9
et 10, mais aussi d'appuyer toute bonification du Régime de
pensions du Canada.

Le gouvernement recule sur le projet de loi 46 qui
attaquait le droit de négociation du secteur public
Le syndicat des
employés provinciaux de l'Alberta (SEPA) a annoncé le 28
avril qu'une convention collective touchant à 22 000
travailleurs de services du gouvernement avait été
signée. Ces travailleurs avaient été la cible
directe du projet de loi 46 antiouvrier du gouvernement, Loi
pour
restreindre les salaires dans la fonction
publique. Le jour même, le gouvernement de l'Alberta a
informé les tribunaux qu'il n'irait pas en appel de l'injonction
accordée au SEPA contre le projet de loi 46. Comme ce projet de
loi ne touchait qu'au SEPA et qu'il ne couvrait que la période
de quatre ans en vertu de la convention collective, il devient par le
fait même caduc dès
qu'une entente est ratifiée.
« Nous avons maintenant un protocole d'entente que
nous pouvons recommander à nos membres avec fierté
», a dit le président du SEPA, Guy Smith.
« Nous avons toujours cherché une entente
négociée plutôt que l'arbitrage. Une entente
négociée permet à nos membres d'exercer leur droit
de voter sur les conditions entourant l'entente, conditions qui vont
directement affecter leur vie au travail pour les années
à venir », a-t-il dit.
« Le travail du syndicat n'est pas terminé
pour autant. Nous allons continuer de nous opposer aux changements aux
régimes de retraite tels que préconisés par le
projet de loi 9, et de contrer les restrictions aux libertés des
membres contenues dans le projet de loi 46 et plus encore », a
dit Smith.
« Nous sommes prêts à rebâtir
avec le gouvernement une relation qui permettra aux Albertains d'avoir
les services qu'ils méritent. Nos membres vont juger le
gouvernement selon ses actions et non seulement selon ses paroles
», a dit Smith.
Nos félicitations à SEPA pour avoir
défendu les droits des travailleurs de décider et d'avoir
refusé d'accepter le recours par l'État à la force
et à la violence! Félicitations à tous les
travailleurs et à leurs alliés qui ont participé
à cette lutte et qui continuent d'exiger que les projets de loi
46, 9 et 10 soient retirés.
Les travailleurs et leurs alliés ont
démontré de façon claire qu'ils rejettent tout
recours à la force et à la violence et qu'ils veulent des
négociations de bonne foi. Ils ont forcé le gouvernement
à reculer sur sa prise de position arrogante à l'effet
qu'il peut abuser de son pouvoir comme bon lui semble sans que personne
ne les force à rendre des
comptes.

Des profits énormes pour les
monopoles de l'énergie
et plus d'austérité exigée des travailleurs
Faisons échec au programme antisocial !
- George Allen -
Le gouvernement provincial de l'Alberta continue
de
prétendre que « l'austérité » est
nécessaire en raison des « luttes » auxquelles
s'adonnent les monopoles de l'énergie pour réaliser des
profits. Il utilise cette désinformation comme une excuse pour
sous-financer les soins de santé, l'éducation et les
autres programmes sociaux et faire pression
sur les travailleurs pour qu'ils acceptent des concessions à
leurs salaires, avantages sociaux et pensions.
Dans le budget provincial de 2013, le montant
des revenus que le gouvernement réclame du secteur de
l'énergie en général, et spécifiquement des
monopoles autorisés à opérer en Alberta, a
été réduit de près de 4 milliards $, soit
plus de 35 % par rapport à l'année
précédente.
Les cris d'austérité dans
l'économie et les luttes entre monopoles pour les profits sont
des excuses pour réduire les réclamations du gouvernement
sur ce qu'il appelle « les revenus tirés des ressources
non renouvelables ». Le montant que le gouvernement
réclame dans le budget 2014 comme revenus provenant des
ressources non renouvelables a
augmenté mais il est encore près de 20 % en dessous du
montant de 2012.
Le mensonge que les monopoles de l'énergie sont
en difficulté est révélé au grand jour par
les faits constatés dans les documents financiers des
entreprises. Un exemple flagrant est l'amélioration continue de
la rentabilité de Suncor, le monopole impliqué dans
l'exploitation des sables bitumineux. Suncor vient d'annoncer ses
résultats financiers
du premier trimestre de 2014 (janvier-mars), qui sont les meilleurs
à ce jour. Les revenus ont bondi de 5 % par rapport à la
même période en 2013 et de 3 % par rapport au trimestre
précédent (octobre-décembre 2013). Les flux de
trésorerie provenant de l'exploitation de Suncor, une large
mesure de la performance financière et opérationnelle
d'une entreprise d'énergie, ont grimpé de 26% par rapport
à l'an dernier et de 23% par rapport au trimestre
précédent.
Suncor s'est retrouvé avec un profit
déclaré sur ses capitaux propres de 1,5 milliards $, ou
1,01 $ par action ordinaire, soit une augmentation de 36 %,
année après année, et une augmentation
énorme de 250 %, trimestre après trimestre. Ces
résultats ont été obtenus malgré la chute
de production quotidienne totale de brut de 8,5 % pour le
premier trimestre 2014 par rapport au premier trimestre 2013 et de 2,3
% par rapport au trimestre précédent. Même si sa
production des sables bitumineux a diminué, les profits ont
augmenté. Ceci indique comment les fortunes des monopoles de
l'énergie sont étroitement liées aux prix
réalisés de leurs produits et à quel point les
Canadiens et les
entreprises doivent finalement payer sur une base individuelle. Cela
montre également la nécessité d'une intervention
consciente et d'un contrôle par une autorité publique pour
fixer les prix et vendre les ressources énergétiques au
pays et à l'étranger. Le contrôle public sur la
distribution en gros des ressources naturelles et de leurs prix de
production est nécessaire et dans l'intérêt public.
Cela stabiliserait l'économie de l'extraction des ressources et
ouvrirait un espace dans la lutte pour l'humaniser. Le contrôle
public sur le marché en gros mettrait également un terme
à de telles excuses pour invoquer l'austérité,
tels les cris du gouvernement qu'il y a une « bulle de bitume
» pour
laquelle les Albertains sont censés en subir les
conséquences.
Suncor a également signalé pour le
trimestre l'amélioration de ses revenus provenant
spécifiquement de ses sables bitumineux et des secteurs du
raffinage. Elle a établi un record de production
journalière de brut synthétisé de 312 200 barils.
Sur le marché libre en ce moment, le brut
synthétisé a une différence de prix moindre par
rapport au
pétrole intermédiaire West Texas que le brut lourd et le
bitume, ce qui rend sa production une importante source de revenus pour
l'entreprise.
Enfin, Suncor a augmenté de 12,6 % son rendement
sur le capital utilisé (Return On Capital Employed: ROCE) pour
le cinquième trimestre consécutif, une hausse de 5,5 %
par rapport à la même période en 2013 et une
augmentation de 1,1 % par rapport au trimestre précédent.
L'indice ROCE indique pour une entreprise le rendement des
investissements en capitaux dans la production, ce qui diminue avec le
temps à mesure que les innovations en productivité dans
un secteur donné, se répandent parmi tous les
concurrents. Des prix réalisés plus élevés,
quelque soit la raison, jouent un rôle de premier plan dans la
lutte contre la tendance à la baisse du taux de rendement sur le
capital
utilisé.
Suncor n'est en aucun cas unique lorsqu'il annonce de
tels résultats lucratifs pour le premier trimestre 2014. Les
autres monopoles énergétiques de l'Alberta, y compris
Impérial Oil, Cenovus, Nexen et ainsi de suite annoncent
également dans leurs propres rapports financiers qui viennent de
paraître des gains de profits.

Lisez Le
Marxiste-Léniniste
Site web: www.pccml.ca
Courriel: redaction@cpcml.ca
|