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Numéro 52 - 16 avril
2014
Les petits partis s'opposent au
projet de loi C-23,
loi sur l'« intégrité
électorale »
Le projet de loi C-23 ne doit pas
passer

Les
petits
partis
s'opposent au projet de loi C-23, loi sur
l'« intégrité électorale »
• Le projet de loi C-23 ne doit pas passer
- Communiqué conjoint
Un hommage
intéressé et des louanges imméritées
• Les funérailles d'État pour
l'ex-ministre des Finances et l'opportunisme crasse des conservateurs
• L'ancien ministre des Finances doit
être tenu responsable de dommages économiques, de
criminalisation des travailleurs canadiens et de budgets de guerre
à répétition - Tony Seed
Les petits partis s'opposent au projet de
loi C-23,
loi sur l'« intégrité
électorale »
Le projet de loi C-23 ne doit pas passer
- Communiqué conjoint des petits
partis -
Ottawa, 11 avril
2014 — Les partis politiques enregistrés
présentement sans représentation à la Chambre des
communes se sont réunis à Ottawa pour discuter du projet
de loi C-23, Loi modifiant la Loi électorale du Canada et
d'autres lois et modifiant certaines lois en conséquence. Les
partis énumérés ci-dessous se sont entendus
pour émettre la déclaration suivante. Ils sont aussi
préoccupés par les nombreux autres dispositions du projet
de loi C-23 et invitent les médias à les contacter
individuellement.
Le Parti conservateur du Canada, supervisé par le
premier ministre Stephen Harper, espère voler la prochaine
élection fédérale. Le projet de loi C-23, la
prétendue « loi sur l'intégrité des
élections », est son plan de match. Nous travaillons
ensemble pour arrêter les conservateurs et protéger le
droit de tous les Canadiens et de toutes
les Canadiennes de voter dans des élections justes,
équitables et honnêtes, libres des tactiques de
suppression de votes, de fraudes électorales, de négation
des droits fondamentaux, et supervisées par une Élections
Canada indépendante et effective.
Les conservateurs et Stephen Harper sont
terrifiés parce qu'ils ne peuvent pas gagner une élection
honnêtement ; ils espèrent gagner avec une
élection truquée.
L'opposition au projet de loi C-23 de Stephen
Harper est quasi universelle, condamnée par des
représentants d'agences électorales du Canada et du monde
et par des experts sur la démocratie et les élections. Il
est soutenu uniquement par les politiciens conservateurs qui
espèrent bénéficier de ses pires dispositions. Le
projet de loi
C-23 permet à des gens de commettre la fraude
électorale et de s'en sauver, encourage la confusion et de longs
délais le jour de l'élection et prive des centaines de
milliers de Canadiens et de Canadiennes de leur droit de vote.
Le projet de loi C-23 va même plus
loin : il empêche Élections Canada de mettre en garde
les électeurs qui sont la cible de fraude ou de tactiques de
suppression de votes. Il va jusqu'à interdire à
Élections Canada d'encourager les citoyens à voter,
surtout les jeunes, les nouveaux Canadiens et les membres des
Premières
Nations.
À partir de maintenant et jusqu'à la
prochaine élection et après, si nécessaire, nous
allons travailler ensemble pour protéger les Canadiens et les
Canadiennes contre cette atteinte à leur droit fondamental
d'élire que commettent Stephen Harper et les conservateurs. Nous
allons nous battre pour nos concitoyens et leurs droits durement acquis
partout où nous le pourrons — devant les tribunaux, dans la rue,
dans les élections, dans les médias sociaux, dans les
classes d'école, partout où se rassemblent ceux qui
croient aux droits démocratiques et en un gouvernement
honnête.
Nous demandons à tous les Canadiens et à
toutes les Canadiennes de nous aider à empêcher Stephen
Harper et les conservateurs de voler leur élection et d'usurper
leurs droits.
Pour plus de renseignement communiquer avec :
Animal Alliance
Environment Voters Party of Canada, 416-462-9541, www.
environmentvoters.org
Parti action canadienne,
519-852-8279, www.canadianactionparty.ca
Parti communiste du Canada,
416-469-2446, www.communist-party.ca
Parti de l'héritage
chrétien du Canada, 819-281-6686, 1-888-868-3247,
www.chp.ca
Parti libertarien du
Canada, 613-288-9089, www.libertarian.ca
Parti marijuana du Canada,
514-507-5188, www.marijuanaparty.ca
Parti
marxiste-léniniste du Canada, 416-253-4475, www.pmlc.ca
Parti pirate du Canada,
877-978-2023, www.pirateparty.ca
Parti pour la
responsabilisation, la compétence et la transparence,
416-567-6913,
www.onlineparty.ca
Parti progressiste
canadien, 905-853-8949, www.pcparty.org
Parti rhinocéros,
514-903-9450, www.neorhino.ca

Un hommage intéressé et des
louanges imméritées
Les funérailles d'État pour l'ex-ministre
des Finances et l'opportunisme crasse des conservateurs
Nous publions dans ce numéro un article sur les
réalisations véritables de l'ancien ministre des Finances
qui est décédé le 10 avril. Ces
réalisations visent entièrement à la destruction
nationale sur la base du programme de payer les riches, d'augmenter le
financement pour la guerre et l'annexion et de détruire
l'autorité publique par des coupures massives aux programmes
sociaux. Les médias contrôlés par les monopoles
n'en sont pas mois pleins d'éloges pour l'ancien ministre des
Finances et ses budgets et des funérailles d'État lui ont
été organisées aujourd'hui mercredi 16 avril.
Tout cela se produit à un moment où les conservateurs
sont en proie aux scandales et tentent d'imposer un projet de loi
à la Chambre des communes et au Sénat qui détruira
le processus électoral du Canada dans le but de favoriser la
réélection des conservateurs. Maintenant, l'autre partie
de l'intrigue vient aussi d'être révélée.
Dans le Hill Times du 14
avril, nous lisons que même si la
prochaine élection est censée avoir lieu le 19 octobre
2015, « certains initiés parmi les conservateurs ainsi que
les partis d'opposition disent que le premier ministre Stephen Harper
pourrait décider de la déclencher plus tôt pour
profiter de l'élan généré par
l'équilibré budgétaire fédéral
prévu pour l'année prochaine avec des milliards $ de
surplus ».
« S'il y a un budget et qu'il est
équilibré et il veut saupoudrer quelques bonbons, c'est
une bonne occasion de le faire [déclencher des élections]
et puis se lancer, plutôt que de rester là et perdre avec
le temps la remontée que le budget va lui fournir ' ,
écrit Keith Beardsley, ancien chef-adjoint du cabinet du premier
ministre Harper
(Calgary-Sud-Ouest, Alberta) qui est maintenant un partenaire chez
True North Public Affairs.
Le Hill Times écrit :
« Les budgets fédéraux annuels sont
habituellement déposés en février ou mars. Le
budget de l'an prochain va probablement dégager un
excédent de 6 milliards $ et le gouvernement Harper
devrait annoncer un certain nombre d'allégements fiscaux pour
les Canadiens, y compris le
fractionnement du revenu, une mesure fiscale controversée qui va
bénéficier principalement aux couples avec un conjoint
à revenu élevé. Les conservateurs espèrent
beaucoup se gagner un vaste appui avec ce budget et garder le momentum
grâce à lui. ».
L'opportunisme crasse de la dictature Harper et des
soi-disant grands partis politiques est telle que tout cela est
considéré comme faisant simplement partie des
règles du jeu. C'est la prérogative du premier ministre
de déclencher des élections quand bon lui semble, tout
comme il a fait adopter une loi pour des élections à date
fixe quand c'était
utile à sa promotion de sa conception néolibérale
de la responsabilité. L'essence de cette notion
néolibérale de la responsabilité c'est que les
Canadiens ne peuvent exercer aucun contrôle sur les
décisions qui affectent leur vie et c'est ce que l'ancien
ministre des Finances, Jim Flaherty, a défendu jusqu'au bout.
Promouvoir cette fraude de la
responsabilité en tenant des funérailles d'État
pour lui chanter des hymnes est quelque chose de méprisable.
Un vétéran conservateur parmi les
initiés a déclaré : « Le temps ne
lui est pas favorable [à Harper] Le plus longtemps vous
êtes là [au gouvernement ], plus fortes sont les
probabilités que quelque chose va se produire ;
après plus de huit années au pouvoir, les choses ne sont
plus les mêmes que ce qu'elles étaient en
2006 [lorsque Harper a été élu]. C'est un
scénario très différent ' , a dit cette source,
ajoutant que la question Nigel Wright-Michael Duffy pourrait
également jouer un rôle clé quand la prochaine
élection sera appelée. L'enquête de la GRC est
toujours en cours et on n'en voit pas la fin.
Les initiés et M. Beardsley font tous état
de la campagne publicitaire en cours de leur parti contre le chef du
Parti libéral Justin Trudeau (dans la circonscription
québécoise de Papineau), des annonces de plus en plus
fréquentes du gouvernement pour promouvoir le Plan d'action
économique conservateur et de la ligne dure partisane du
gouvernement contre le directeur-général des
élections, Marc Mayrand, des choses ultra-partisanes de la part
du gouvernement qui habituellement sont réservées aux
semaines précédent le déclenchement des
élections.
« C'est
très rare [la publicité et la ligne dure partisane]
à un stade aussi précoce ' , a déclaré M.
Beardsley . « Il n'y a aucune raison pour que le parti
s'adonne à autant de publicité alors que les
élections ne sont pas si proches. Ce sont des choses qui
alertent les gens. Le projet de loi [la Loi sur
l'intégrité électorale] va être
adopté,
ils ont la majorité. Donc, il n'y a pas besoin de faire
ça [d'attaquer le directeur-général des
élections]. Ils sont presque dans un état d'esprit
pré-électoral où chaque jour vous faites la guerre
à votre adversaire ».
« M. Beardsley a également
confirmé qu'il a déjà obtenu les curriculum vitae
de certains membres du personnel de la colline parlementaire qui
veulent obtenir un emploi plus tôt, juste au cas où les
conservateurs décident de déclencher des élections
après le budget et que tout à coup des centaines de
membres du personnel de la colline
sont à la recherche d'emplois », écrit le Hill
Times
.
Tenir des funérailles d'État pour Jim
Flaherty c'est en essence faire la promotion des budgets
d'austérité néolibérale et de la
destruction nationale du gouvernement Harper pour étouffer le
fait qu'ils se vont se livrer à des élections sur la base
de la fraude et de la désinformation totales. Le système
à deux partis et l'équilibre parlementaire qui
ont prévalu dans le passé sont fondés sur la
prémisse que le parti au pouvoir est remplacé par le
parti de l'opposition lorsque son programme est devenu
discrédité. Cela fait longtemps que les choses
n'opèrent plus de cette façon. Les élections
aujourd'hui sont des coups électoraux contre le corps politique
où le fait de voter « pour le moindre
mal » n'est plus une valeur sûre. Pour construire
l'opposition ouvrière à la destruction nationale et
à l'offensive antisociale, il faut que les contingents de
travailleurs organisés, les jeunes et les étudiants et
les associations de citoyens et résidents canadiens s'opposent
à la restructuration de l'État qui permet aux
intérêts privés des monopoles de
prendre directement le contrôle des institutions de
l'État, de la fonction publique aux services financiers, de la
sécurité, des services correctionnels et des forces
armées alors que tout ce qui concerne l'autorité publique
est détruit. Il faut défendre la notion moderne de droits
individuels et collectifs qui appartiennent à leurs
détenteurs en vertu de leur
être même. Les droits ne sont pas des privilèges qui
peuvent être donnés ou enlevés par une couche
sociale qui a les privilèges qu'il faut pour le faire. Il est
urgent de mettre en place une conception moderne des droits et de
lutter pour des arrangements basés sur cette conception moderne.
Cela fournit à ceux qui s'opposent à l'état de
choses actuel
une base solide pour vaincre les efforts du système de cartel de
partis d'usurper le pouvoir de prise de décision par des coups
électoraux. Partout au pays, les efforts pour vaincre la
dictature Harper se multiplient. À cet égard,
l'opposition ne doit pas permettre que la question soit réduite
à s'opposer à telle ou telle politique au moyen d'un
énoncé
de politique qui est censé être meilleur. Ce ne sont pas
les énoncés de politique qui sont à même de
défendre les intérêts du peuple et non des riches,
comme l'ont bien montré les pratiques de l'ancien ministre des
Finances. Les énoncés de politique servent à
masquer quels intérêts sont promus et la destruction
nationale en cours.
Faisons
respecter
le
droit public en opposition aux intérêts
privés des monopoles !
Oui au secteur manufacturier, non à la destruction
nationale !
À qui les ressources et la démocratie de qui ? Nos
ressources et notre démocratie !
À nous de décider !

L'ancien ministre des Finances doit être tenu
responsable de dommages économiques, de criminalisation des
travailleurs canadiens et de budgets de guerre à
répétition
- Tony Seed -
Les travailleurs
manifestent devant le bureau de campagne de Flaherty dans Whitby-Oshawa
pendant l'élection de 2008.
Les médias ne cessent de faire les éloges
de Jim Flaherty (1949-2014) décédé de façon
soudaine le 10 avril. Avant sa retraite récente, Flaherty
était ministre fédéral des Finances et ce, depuis
le coup électoral de 2006 qui a propulsé le
gouvernment Harper au pouvoir.
Selon les médias et le discours politique
officiel, peu importe ce qu'on peut penser des politiques de Flaherty,
il faut reconnaître qu'il avait des « qualités
humaines ». Il aurait mis de côté
« toute partisanerie » dans l'objectif commun de
« faire croître l'économie
canadienne », et pour cette raison,
« les politiciens au delà de toutes affiliations
regrettent son départ ». En somme, peut-être
que les patrons des médias cherchent-ils à projeter le
parfait alliage : un homme qui est un exploiteur sans merci mais
qui peut donner un visage humain à cette exploitation.
Par exemple, la télévision de Radio-Canada
a déclaré que : « Notre ministre des
Finances reçoit des condoléances de partout dans le
monde » et est « respecté partout dans le
monde ». En réalité, les hommages proviennent
exclusivement des membres des pays riches du G-8, qu'on fait passer
pour la
« communauté internationale ». Parmi eux,
on retrouve le Fonds monétaire international mondialiste et Jack
Lew, le secrétaire du Trésor des États-Unis, qui
affirme que Flaherty « a veillé à ce que les
travailleurs aient la possibilité de prendre leur retraite dans
la dignité » - un mensonge éhonté
puisque le gouvernement des
États-Unis a lui-même affirmé que la prochaine
génération de travailleurs n'aurait tout simplement pas
de régime de retraite.
Radio-Canada avait peut-être en mémoire les
manifestations des travailleurs actifs et retraités des
travailleurs de l'automobile et des métallos devant son bureau
de comté de Whitby-Oshawa quand elle s'est demandée de
façon rhétorique : « Qu'est-ce que les
Canadiens vont retenir de Flaherty ? » comme si son
opinion
n'était pas déjà faite.
Ce n'est pas du tout fortuit que le gouvernement Harper
ait mis les drapeaux en berne pour son homme de main et ait
organisé des funérailles d'État le 16 avril
à Toronto, quelque chose de très rare dans la vie
politique canadienne et habituellement réservé aux
premiers ministres qui décèdent.
La feuille de route de Flaherty révèle au
delà de tout doute qu'il devrait être tenu responsable de
dommages économiques, de criminalisation des travailleurs
canadiens et de nombreux budgets de guerre. Flaherty, un conseiller
juridique d'entreprise de profession, était un
représentant politique de l'élite financière ainsi
qu'un champion néolibéral
de l'offensive antisyndicale, antiouvrière, antisociale et
antinationale. Il fut ministre fédéral des Finances de
2006 à 2014. Il fut aussi ministre des Finances du
gouvernement de l'Ontario de 2001 à 2002, lorsqu'il fut
rétrogradé.
C'est un Flaherty sans conscience sociale et sans aucun
sens des responsabilités qui avait lancé l'appel à
jeter les sans-abris en prison lors de sa campagne à la
chefferie du Parti conservateur en 2002, laquelle avait
été menée sur le thème de la « loi et
l'ordre » et de la privatisation de la Régie des alcools
de l'Ontario (LCBO). Après sa défaite, Flaherty s'est
essayé à nouveau pour être défait encore une
fois par John Tory en 2005. C'est à ce moment qu'il s'est joint
à l'équipe Harper au fédéral, avec certains
comparses dont John Baird, tous tenants de la « révolution
du bon sens » de Harris qui avait été combattue
becs et ongles par la classe ouvrière de l'Ontario. En vertu de
sa nomination en tant que ministre des Finances en 2006, il est aussi
devenu gouverneur de la Banque mondiale et du Fonds monétaire
international qui ont fait tant de dommages aux économies des
pays dépendants. Il avait aussi été nommé
ministre fédéral désigné responsable de la
région du grand Toronto. Sa conjointe Christine avait
hérité de son siège à l'Assemblée
législative de l'Ontario.
La béatification du règne de Flaherty vise
à obscurcir la direction actuelle de l'État canadien et
à insinuer que la résistance continue du peuple canadien
vient du fait que celui-ci ne fait que s'objecter à certaines
politiques individuelles adoptées, mais que dans l'ensemble, les
objectifs de ces politiques sont louables car elles visent à
« faire
croître l'économie ». Au sujet du dernier
budget fédéral de Flaherty, LML
écrivait :
« La chute des dépenses de programmes
fédérales, qui a débuté avec les
gouvernements libéraux Chrétien et Martin et se continue
avec Harper, est telle qu'elles ne représentent maintenant que
13 % du produit intérieur brut, soit le pourcentage le plus
bas en 70 ans. Des milliards de dollars de coupures de programmes vont
bientôt
entrer en vigueur. Si on ajoute à cela le gel des
dépenses de programmes annoncé dans ce budget, on obtient
une réduction d'ensemble des dépenses de programmes en
santé, en éducation, dans les affaires autochtones et les
services aux anciens combattants et dans d'autres secteurs à un
niveau qu'on n'avait pas connu depuis la période d'avant la
Deuxième Guerre mondiale.
« Tous sont au courant maintenant des
coupures dans l'assurance-emploi, du dénuement de la
réglementation et de l'effondrement de l'autorité
publique qui est censée garantir la sécurité
alimentaire, le système de transport et les autres aspects qui
font partie d'une société moderne. L'essence des mesures
de destruction des programmes
sociaux et des services publics est de détruire toute
autorité publique qui protège le bien-être et la
sécurité des Canadiens et restreint le droit de
monopole. »
Plutôt que de financer les programmes veillant au
bien-être du peuple canadien et à l'édification
nationale, les budgets de Flaherty ont détourné des
sommes de plus en plus grandes des fonds publics vers les
intérêts privés. Flaherty l'a fait ouvertement en
siphonnant le trésor public pour les monopoles, surtout pour les
monopoles étrangers - en
particulier les monopoles étasuniens de l'automobile - par le
biais de son Fonds d'innovation. Il l'a aussi fait de façon plus
discrète en fournissant des fonds publics du trésor
fédéral aux intérêts privés par le
biais de partenariats publics-privés favorisant la construction
d'infrastructures et les préparatifs de guerre.
Les travailleurs canadiens ne verseront pas une larme
pour Flaherty. Lors d'une autre manifestation devant son bureau en
2011, Len Harrison, le président du Comité
exécutif des travailleurs retraités des Travailleurs
canadiens de l'automobile, avait dit : « Flaherty nous a
poignardés dans le dos. Plutôt que de respecter ses
promesses envers les retraités en faisant en sorte que le
régime de pensions du Canada augmente peu à peu,
permettant à tout le monde d'avoir un régime de retraite,
Flaherty a viré capot et est allé retrouver ses amis de
la communauté financière. » Près de 70 % des
Canadiens n'ont aucun régime de retraite et doivent compter sur
la pension de retraite du Canada et sur le supplément de revenu
pour personnes âgées, finissant ainsi leurs jours dans la
pauvreté. Flaherty a trahi sa promesse de consolider la pension
de vieillesse et a plutôt choisi un régime
d'épargne privé destiné à payer les riches,
tout en n'offrant aucune subvention pour les programmes sociaux de base
tels l'éducation, la santé, les logements abordables et
les services de garderie universels.
Les métallos de Hamilton, les travailleurs d'Air
Canada et de Postes Canada, ainsi que ceux de Vale, d'Xstrata et de
Produits forestiers résolu (AbitibiBowater) partout au Canada
ont tous courageusement défendu leurs droits contre les voleurs
corporatifs et la dictature Harper, tandis que Flaherty s'est fait le
plus grand défenseur de ces
derniers.
La criminalisation des travailleurs canadiens

Les travailleurs
de lignes aériennes s'opposent à une loi de retour au
travail devant le bureau de la ministre du Travail Lisa Raitt le 13
octobre 2011.
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La grève des travailleurs des lignes
aériennes en 2011 révèle le rôle de
propagandiste de Flaherty et comment celui-ci s'est servi de son poste
de ministre de la Couronne pour intervenir contre la classe
ouvrière. Malgré le fait qu'Air Canada était
directement responsable des effets néfastes de la grève
sur l'économie et que les
relations de travail ne relevaient pas de la responsabilité
ministérielle, Flaherty a joint sa voix à celle de la
ministre du Travail, Lisa Raitt pour appuyer les préparatifs
d'un projet de loi forçant les travailleurs à retourner
au travail, criminalisant ainsi les travailleurs plutôt que de
les défendre. Belle « qualité
humaine », en effet !
Par le biais de mesures parlementaires et bureaucratiques injustes et
tout à fait nuisibles visant à nier les droits des
travailleurs de l'industrie aérienne et des postiers, la machine
d'État, dirigée par les Harpériens, a
été exposée en tant qu'instrument des
détenteurs du grand capital contre la classe ouvrière.
Air Canada, par exemple, a ainsi tenté de
profiter de sa position dominante pour trahir ses engagements envers
les travailleurs sur les régimes de retraite et pour imposer des
conditions à deux vitesses dans les endroits de travail,
même si ces engagements étaient un prérequis pour
que les tribunaux acceptent le plan et les arrangements mis de
l'avant par Air Canada pour que celui-ci n'ait pas recours à la
protection de la faillite (dont Air Canada a aussi profité pour
faire de l'argent sur le dos des travailleurs).
Le fait que le gouvernement du Canada et Flaherty en
personne aient participé à l'élaboration de ces
arrangements signifie qu'ils ont manqué à leur devoir de
défendre les travailleurs, en plus d'être en conflit
d'intérêt flagrant. Les travailleurs ont tout en main pour
tenir Flaherty et le gouvernement responsables.
Lors d'une sortie publique, Flaherty avait reconnu sa
responsabilité dans cette affaire : « Je suis
très au courant de la situation à Air Canada. J'y ai
joué un rôle en 2009 lorsque nous avons
élaboré une entente avec les syndicats et les
gestionnaires sur la question des régimes de retraite pour
gagner du temps - plusieurs années,
en l'occurrence. Mais il s'agit d'une question à
caractère économique, et je suis heureux de constater que
la ministre du Travail va agir. »
Un destructeur de la nation
Les monopoles comme Air Canada, Postes Canada, US Steel,
les monopoles de l'automobile, de la foresterie et de l'agriculture
font toujours valoir leurs soi-disant préoccupations face
à l'économie, qu'elles appellent leurs efforts pour
« rendre le Canada concurrentiel », pour justifier l'usage
de leur position dominante pour extorquer des
concessions aux travailleurs. Leurs représentants politiques et
les médias prétendent que le gouvernement n'intervient
pas dans ces extorsions de
concessions. En fait, plutôt que d'exiger que ces compagnies
rendent des comptes, Flaherty et le gouvernement Harper se sont
rangés de leur bord en invoquant leurs inquiétudes pour
l'économie et en intervenant pour criminaliser et isoler les
travailleurs, tout en donnant carte blanche aux compagnies.
Flaherty et son cabinet avaient déclaré en
2011, pour employer les mots de Tony Clement, que
« maintenant, US Steel peut faire tout ce qu'il
veut ». US Steel a pris le contrôle de Stelco Inc.et a
mis 1 500 travailleurs à la porte dans ses usines de
Hamilton et de Lake Erie en 2009 pour avoir refusé de se
plier aux
concessions exigées par la compagnie. Elle a ensuite
cessé la production de l'acier à l'usine de Hamilton
Stelco en 2013 - pour de bon, selon son dire - en violation de
tous ses engagements contractuels en vertu de la Loi sur l'examen
de l'investissement étranger. La section locale
1005 du Syndicat des métallos a
vaillamment tracé une ligne dans le sable sur la question des
régimes de retraite, des concessions, de la destruction de
l'industrie manufacturière et de l'élimination de la
production de l'acier, un atout national de l'économie
canadienne. Plutôt que de réagir aux propositions
sensées du syndicat, qui avaient l'aval du conseil municipal de
Hamilton, le
gouvernement de Harper et celui de Wynne ont lâchement
facilité la destruction de Stelco. Aujourd'hui, la production
canadienne de l'acier a été détruite. La
destruction de la production manufacturière,
particulièrement en Ontario et au Québec, a réduit
le montant de richesse que les travailleurs produisent et le montant
requis pour les programmes
sociaux, tout en facilitant l'annexion du Canada à l'empire
étasunien.
Selon le bulletin des travailleurs de l'acier, Information
Update : « Depuis son invasion du Canada en
2007 dans le but de prendre le contrôle des usines d'acier
de Stelco, US Steel met de l'avant sa politique de la table rase. Il a
dit que c'est futile de la part de la ville de Hamilton que de produire
de l'acier.
Selon US Steel, il faut détruire la production de l'acier au
Canada afin de pouvoir réduire la compétition avec la
production d'acier de ses usines aux États-Unis, qui depuis des
années ont un faible taux d'utilisation de leurs
capacités. » Face à cette destruction
nationale, Flaherty a capitulé et s'est mis au lit avec US Steel
plutôt que de
prendre position en faveur de l'acier et des producteurs canadiens.
La désinformation sur la nature des budgets de
Flaherty
L'obesssion de Harper -Flaherty
pour réduire les impôts des entreprises et ensuite monter
en épingle les déficits et les dettes qui en
résultent est devenue une arme politique et idéologique
de premier plan. Harper et Flaherty se sont alors mis à
répéter ad nauseam que le gouvernement n'était pas
capable de pourvoir financièrement à la
demande du peuple canadien pour des régimes de pension pour
tous, pour un système national de services de garderies et pour
un système public d'assurance-maladie et
d'assurance-médicaments et toute autre mesure visant à
assurer le bien-être du peuple.
On vante le ministre des Finances pour être venu
à la « rescousse » du Canada suite
à la récession de 2008, alors qu'en réalité
ce sont les ressources publiques qui en ont atténué
l'impact. Le budget de Flaherty avait alors été
qualifié de « non-idéologique »
parce qu'il permettait un déficit. La désinformation a eu
beau
jeu sur ce budget, par exemple sur comment Flaherty a « tenu
tête » à Harper et comment il s'est
opposé à son « conservatisme »
ainsi qu'aux pressions exercées par des organismes
extrémistes comme l'Institut Fraser et le Frontier Centre qui
exigeaient des mesures comme d'importantes baisses de salaires pour
éliminer le
déficit.
En disant écouter son coeur et suivre ses
idées et non celles des extrémistes, Flaherty a pu
présenter ses budgets comme étant «
modérés », « représentatifs »,
« non-partisans » et « non-idéologiques
», se distinguant ainsi des mesures promues par
l'extrême-droite, celles-ci étant conservatrices,
idéologiques et ouvertement au service du grand capital.
Pendant tout ce temps, les ressources furent
mobilisées par l'État à des fins privées,
et non publiques. Et c'est cela qu'on prétend être non
idéologique !
L'une des mesures les plus promues par Flaherty a
été la privatisation néolibérale. En 2009,
une nouvelle agence fut créée, PPP Canada, qui obligeait
les municipalités à faire du
« partenariat » avec les grandes entreprises pour
le financement à profit d'infrastructures publiques et de
services. Le budget initial de PPP Canada était de
un milliard $.
Des budgets pour l'annexion et la guerre
Flaherty a mis tous ses budgets au
service des États- Unis des monopoles de l'Amérique du
Nord et leurs efforts de domination mondiale, en particulier par le
biais de la stratégie du pivot vers l'Asie d'Obama. C'est une
stratégie de militarisation de l'économie, de la
création du Périmètre de sécurité
nord-américain, de l'intégration
des forces armées et de leur déploiement jusqu'aux
confins de l'empire étasunien. Alors que, tel que
mentionné plus haut, les dépenses totales pour les
programmes sociaux ont été réduites drastiquement,
Flaherty a plus que doublé le budget militaire
fédéral dans les huit dernières années
depuis le budget de 11 milliards $ des libéraux
de Paul Martin. On évalue à 100 milliards $ le
programme sur plusieurs années visant à bâtir une
nouvelle flotte de navires de combat bluewater ainsi que des navires de
garde côtière destinée à dégager le
passage du Nord-Ouest pour faciliter les allées et venues des
monopoles du gaz et du pétrole. Des milliards $
supplémentaires sont
prévus pour les côtes de l'Atlantique, du Pacifique et de
l'Arctique pour des plans liés aux soi-disant
« gateway », menant à la modernisation des
ports et des infrastructures inter-modaux du transport, permettant
ainsi d'accélérer le transport de produits, de ressources
et de personnel militaire et d'armements d'outre-mer jusqu'au coeur
des États-Unis et vice-versa.
La dictature
Le 4 octobre 2011, Flaherty a déposé
le projet de loi C-13, Loi portant exécution de certaines
dispositions du budget de 2011 telles que mises à jour le
6 juin 2011 et autres mesures. Le titre du projet de loi
donnait l'impression qu'il s'agissait uniquement de mesures de
financement de certains
programmes gouvernementaux. C'était loin d'être le cas. Il
contenait d'importants changements au Régime de pensions du
Canada, y compris des mesures visant à établir des
régimes d'épargne individuels pour remplacer un
régime public de pensions, des changements aux règlements
du commerce international, à la Loi canadienne sur les
droits de la personne et à la Loi sur Élections
Canada. Même s'il ne se nommait pas ainsi, il s'agissait bel
et bien d'un projet de loi omnibus ( 644 pages divisées en
22 sections) contenant de vastes changements à
l'État canadien.
En guise de présentation du projet de loi,
Flaherty avait déclaré :
« « Notre gouvernement se concentre sur les
questions qui importent aux Canadiens, c'est-à-dire la
création d'emplois et la croissance économique. Bien que
le Canada ait la plus forte croissance de l'emploi observée dans
le G-7, avec près de 600 000 emplois
nets créés depuis juillet 2009, et que, selon les
prévisions du FMI, la croissance économique du Canada
figurera parmi les plus fortes des pays du G-7 au cours des deux
prochaines années, nous ne sommes pas à l'abri des
perturbations économiques mondiales. C'est pourquoi nous devons
maintenir le cap et mettre en oeuvre la prochaine
phase du Plan d'action économique du Canada. » Afin
d'empêcher toute discussion digne de ce nom sur ce projet de loi
et sur la direction qu'il impose au Canada, et malgré sa
majorité parlementaire, le gouvernement a passé une
motion le 6 octobre limitant le débat sur le projet de loi
à trois jours de séance parlementaire.
La nécessité de bâtir l'opposition
ouvrière
Le défi qui est
posé au peuple est de s'unir pour stopper et renverser cette
direction antisociale du gouvernement Harper qui place les demandes et
les intérêts privés étroits des monopoles
mondiaux avant le peuple canadien et l'intérêt public.
Le refus des monopoles mondiaux et de leurs
représentants politiques comme le ministre des Finances de
reconnaître le droit public et les droits des véritables
producteurs, la classe ouvrière, est ce qui crée un
déséquilibre au pays. Ce déséquilibre se
manifeste dans l'incapacité et le refus des monopoles mondiaux
et de la classe politique de
résoudre la crise économique de façon qui soit
favorable au peuple. Qui plus est, les monopoles mondiaux et la classe
politique se servent de la crise comme prétexte pour extorquer
des concessions, pour consolider leur pouvoir économique et
politique et pour empêcher la classe ouvrière d'assumer
des positions d'autorité lui permettant de mettre
en pratique son propre programme et son propre ordre du jour afin de
résoudre les problèmes et la crise d'une façon qui
serve les intérêts du peuple et de la
société.
L'économie canadienne est affectée tant
par des facteurs conscients que par des facteurs spontanés.
L'intervention gouvernementale dans l'économie par le biais de
budgets et de politiques comme le libre-échange peut directement
affecter les facteurs spontanés. Les facteurs conscients et
spontanés fixent la direction de l'économie pour le
meilleur ou pour le pire. Afin de défendre ses droits et les
droits de tous et de fournir une nouvelle direction à
l'économie qui favorise le peuple et l'édification de la
nation, le mouvement ouvrier doit intervenir dans l'économie
avec son propre programme pour influencer les facteurs conscients et
spontanés.
Ainsi faut-il examiner le contenu de l'intervention
gouvernementale, par exemple les budgets fédéraux,
provinciaux et municipaux et déterminer comment les politiques
conscientes du gouvernement en question affectent les facteurs
spontanés et la direction générale de
l'économie. À partir de cette analyse, le mouvement
ouvrier peut tenir le
gouvernement responsable et exiger qu'il rende des comptes pour ses
actions et il peut par le fait même développer son emprise
sur son propre ordre du jour indépendant afin d'intervenir dans
l'économie à la défense de ses droits et des
droits de tous.
L'ampleur de l'hommage inhumain et a-historique des
médias pour le ministre des Finances a atteint son apogée
le 16 avril à l'occasion des funérailles
d'État. Cette mise en scène met en lumière la
nécessité d'une Opposition ouvrière puissante et
efficace qui peut mobiliser le peuple pour exiger un changement dans la
direction de
l'économie. La question qui se pose au peuple canadien est de
tout mettre en oeuvre pour organiser et bâtir cette Opposition
ouvrière.

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