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Numéro 47 - 4
avril
2014
Les enjeux dans cette
élection
Entrevue avec Pierre
Chénier,
chef du Parti marxiste-léniniste du
Québec
Les
enjeux
dans
cette
élection
• Un coup électoral
se
prépare-t-il ? - Yvon
Breton
• Le vote
«anglo» et la
souveraineté du Québec -
Diane Johnston
• Le PLQ demeure un
obstacle à toute
expression de la volonté populaire
- Pierre
Soublière
• La participation des
jeunes dans cette
élection - Linda Sullivan
• La lutte pour garantir
le droit à
l'éducation au Québec ne fait que
commencer -
Gabriel Girard-Bernier
• Les conditions de vie et
de travail des
travailleurs du secteur public – un enjeu
électoral -
Pierre Chénier
• Une retraite en
sécurité :
un enjeu électoral et
postélectoral - Claude
Moreau
• Financer le processus et
non les partis
- Christine Dandenault
Entrevue avec
le chef
du PMLQ
• Comment intervenir dans
cette élection - Pierre
Chénier
Les enjeux dans cette
élection
Un coup électoral se prépare-t-il?
- Yvon Breton -
Un
sondage de
Léger/Journal de Montréal paru lundi
place les
libéraux de Philippe Couillard en position
de former un
gouvernement majoritaire. Les principaux
porte-parole du Parti
québécois ont tout de suite
sonné l'alarme pour
dire aux souverainistes qui avaient l'intention de
voter Québec
solidaire ou CAQ de prendre garde aux
conséquences de leur geste — cela va
remettre les
libéraux au pouvoir.
Assisterait-on à une tentative de coup
électoral ? Les maisons de sondage
interviennent
régulièrement dans le débat
politique au
Québec pour désinformer l'opinion
publique dans un sens
ou
l'autre. Les sondeurs Léger/Journal de
Montréal (de la
famille Péladeau), comme CROP et d'autres,
sont passés
maîtres dans la désinformation de
l'opinion publique. Ils font en sorte qu'il n'y
ait pas de
réponse cohérente et unificatrice,
qui sert les
intérêts du peuple. On n'a
qu'à se rappeler le
climat créé au sujet des
« accommodements
raisonnables » qui a mené
à la création
de la Commission Bouchard-Taylor en février
2007. Elle avait
été précédée
par des sondages et des
articles du Journal de Montréal sur les
« inquiétudes » des
Québécois face à
l'immigration au printemps 2006.
Quoi qu'il en soit, il s'agirait en
réalité d'un contre-coup
électoral. Depuis une
semaine les médias monopolisés
canadiens crinquent
l'hystérie à propos du
« séparatisme » pour
essayer de venir
à la rescousse de Philippe Couillard et des
libéraux.
Puis on apprenait cette semaine, dans une
supposée fuite
d'information interne sur la
stratégie libérale, que les
candidats libéraux
sont invités à influencer le vote
souverainiste en faveur
de la CAQ ou de Québec solidaire. Pour les
diriger vers la CAQ
il s'agit de répéter que
« le Parti
québécois couche avec les
syndicats » et dans
le cas de QS il s'agit de dire que le gouvernement
du Parti
québécois n'a pas répondu aux
attentes concernant les politiques sociales.
(Comme si les
libéraux avaient été les
grands défenseurs
des programmes sociaux !)
Le Parti québécois a
répliqué en essayant d'amener le
débat sur la
question de l'intégrité, en parlant
des liens entre
Philippe Couillard et Arthur Porter,
l'administrateur public
présentement en prison pour avoir
versé dans la
corruption, et en rappelant que Couillard est
passé à
l'emploi d'entreprises liées à la
privatisation de la
santé quelques
mois seulement après avoir quitté
son poste de ministre
de la Santé. Le Parti libéral
riposte en exigeant que
tous les chefs de partis divulguent des
informations sur les liens
d'affaires de leurs conjoints. Il vise de toute
évidence le mari
de Pauline Marois, qui est un homme d'affaires. Et
ainsi de suite ad
nauseam.
Alors que penser de tout cela ? Ces
manoeuvres
électorales médiatiques ont en
commun qu'elles usurpent
le pouvoir de décider de
l'électorat. Aucune des
questions soulevées n'est vraiment
débattue dans le sens
d'apporter des solutions à ces
problèmes. Cette semaine
les partis et les médias parlent
d'intégrité et de
corruption, mais
qu'est-ce qui est à l'origine de cette
corruption ? Comment
l'enrayer ? Les manoeuvres électorales
médiatiques
actuelles, où de grands conglomérats
privés
interviennent à la faveur d'un parti ou
d'un autre, ne
sont-elles pas de la corruption ?
Même chose sur la question de la
souveraineté. Peut-on vraiment
déjouer l'offensive pour
priver le peuple québécois de son
droit de décider
de son avenir en usant de manoeuvres
médiatiques et de tactiques
de diversion qui ont pour effet de marginaliser le
peuple
davantage ? Certainement pas.
Dans cette élection, il faut s'arranger
pour
qu'aucun des grands partis ne puisse proclamer
avoir le mandat de faire
ce qu'il veut. Il faut trouver les moyens de
freiner leurs élans
destructeurs, avec leur dogme qu'il n'y a pas
d'autre solution que de
payer les riches et de détruire les
programmes sociaux. Il faut
aussi mettre à l'ordre du jour la
question nationale, la question de la direction de
l'économie et
la question du besoin de renouveler les
institutions
démocratiques en refusant de céder
l'initiative du
débat.
(Candidat du PMLQ dans l'Acadie)

Le vote «anglo» et la
souveraineté du Québec
- Diane Johnston -
Pourquoi
est-ce que c'est
toujours présenté comme un fait
accompli que les
Québécois anglophones ne seront
jamais en faveur de la
souveraineté du Québec ? De
quelle
souveraineté parlons-nous ? Notre
souveraineté ne
repose pas sur une base linguistique. La nation
québécoise a été
constituée au
départ des Premières Nations, des
métis, des colons venus de France,
d'Irlande, d'Écosse,
d'Angleterre, suivis de gens venus des
États-Unis pendant la
guerre d'indépendance dans ce pays, puis
d'arrivants plus
récents provenant de partout dans le monde
et qui ont fait du
Québec leur nouveau domicile tout en
contribuant à son
enrichissement culturel et économique. En
fait,
plusieurs qui se disent
« anglophones » sont
issus de minorités nationales qui se sont
établies au
Québec, surtout durant le XXe
siècle, et continuent
d'utiliser et promouvoir leur langue maternelle.
La souveraineté du Québec est
essentielle
au renouvellement à la fois du
Québec et du Canada et les
minorités nationales sont une partie
intégrale de notre
Québec moderne. Le Canada et le
Québec sont en train
d'être intégrés aux
États-Unis des monopoles
d'Amérique du Nord à une vitesse
accélérée, que ce soit par
ses frontières,
l'économie,
la défense, la politique internationale, y
compris les
préparatifs de guerre du côté
des
États-Unis, etc. La question nationale
concerne tout le monde,
qu'ils le veulent ou pas.
Ça irait mille fois mieux si tout le monde
s'engageait là-dedans non pas sur la base
des vieilles histoires
de division entre anglophones et francophones,
mais pour s'assurer que
l'intégration aux États-Unis des
monopoles
d'Amérique du Nord ne nous détruise
pas. Il faut
créer une nation qui défend les
intérêts de
tous, de tous les individus et de
tous les collectifs, en s'assurant que le facteur
humain
prédomine dans les affaires qui touchent et
la
société et la terre. Il faut
humaniser et l'environnement
social et l'environnement naturel.
Le gouvernement fédéral n'a jamais
reconnu
le droit de la nation québécoise
à
l'autodétermination et a toujours
refusé de
négocier avec elle sur une base
d'égalité de
nation à nation. C'est la même chose
pour les
Premières Nations. En plus, le
Québec, comme le Canada, a
hérité au XIXe siècle d'un
système
parlementaire britannique qui est
anachronique et qui a besoin d'être
renouvelé. Les
institutions dites démocratiques sont en
crise, y compris le
système des partis et de gouvernement de
partis. Le
système électoral porte des partis
au pouvoir dont les
candidats sont choisis par les partis et non pas
par le peuple. Le
processus électoral n'est plus capable de
déterminer la
volonté
populaire et de la traduire en volonté
légale.
La lutte pour la souveraineté ici au
Québec contribuera aussi à celle de
nos concitoyens
canadiens.
Dans cette élection et après,
travaillons
à construire des commissions sur l'avenir
du Québec.
(Candidate du PMLQ dans Mont-Royal)

Le PLQ demeure un obstacle à toute
expression de la volonté populaire
- Pierre Soublière -
À
entendre le chef
du Parti libéral Philippe Couillard, il
suffit d'écarter
tout référendum sur l'avenir du
Québec pour que
tout soit pour le mieux dans le meilleur des
mondes. Cette notion selon
laquelle il faut mettre une croix sur la question
constitutionnelle et
passer aux « vraies
affaires » —
l'économie — date de l'époque de
Jean
Chrétien, dans la période
postréférendaire.
Après s'être ingéré
dans les prises de
décision du peuple québécois
et s'être
embourbé dans le scandale des commandites,
Chrétien a
voulu détourner l'attention de ses propres
activités
illégales en continuant de s'en prendre au
droit du peuple
québécois de s'affirmer en tant que
nation.
Si le PLQ déblatère contre un
« référendum »,
comme si cette
forme de plébiscite était l'oeuvre
du diable
lui-même, c'est qu'il s'oppose corps et
âme à toute
expression de la volonté populaire, un
point c'est tout. Ne
l'a-t-il pas assez démontré dans sa
façon de
traiter la lutte étudiante ? Le
référendum de
1995 a été un
exercice démocratique en bonne et due
forme, avec un taux de
participation beaucoup plus élevé
d'ailleurs que la
participation aux élections, tant
fédérales que
québécoises. Cette opposition
maladive à la tenue
d'un référendum est en fait
très
révélatrice de comment le PLQ tient
à
préserver jalousement le pouvoir qu'il ne
veut surtout pas
partager
avec les « masses ». Elle
reflète une
opposition farouche au droit du peuple
québécois
d'exercer son droit de s'affirmer en tant que
nation et de se prononcer
sur quelque question que ce soit.
Au lendemain du débat des chefs, Couillard
a
déclaré que le Québec n'avait
pas « les
moyens financiers de devenir un pays ».
Ces propos sont
contraires à ceux tenus par Jean Charest en
2006 alors
qu'il déclarait : « Nous
avons les moyens de
devenir indépendants. Personne ne remet en
question la
capacité du
Québec financièrement. »
Ainsi on se rend compte comment c'est du
n'importe quoi.
Les libéraux, sous couvert de parler
« des vraies
affaires », au contraire, ressassent
des vieilles affaires
pour cacher qu'ils n'ont eux-mêmes rien
à offrir en tant
que solutions aux problèmes politiques,
économiques et
sociaux au Québec. Ce sont les pires
fraudeurs qu'il ne
peut y avoir. Si ce n'est pas d'entretenir une
hystérie au sujet
d'investisseurs qui ne voudront plus investir dans
l'Outaouais, c'est
de faire croire qu'il y aurait exode des gens
anglophones du
Québec advenant une majorité
péquiste. Or, les
statistiques démontrent que la tendance ces
dernières
années dans l'Outaouais est que les
anglophones viennent
de plus en plus s'installer au Québec, le
prix des maisons
étant un facteur important. Et pour le
comble, la
député libérale de Hull, qui
en tant que bonne
libérale aime entretenir ce genre
d'hystérie, a
déclaré face à ces
statistiques qu'en fait ce sont
les gens francophones qu'elle avait
rencontrés qui pensaient
quitter l'Outaouais advenant une majorité
péquiste ! Vraiment n'importe
quoi !
La véritable préoccupation du
« bon médecin » et sa
gang, en fin de
compte, est de continuer de tout décider
pour nous et ça
ne doit pas passer ! Partout où nous
pouvons leur infliger
une défaite, il ne faut pas hésiter
à le faire.
(Candidat du PMLQ dans Chapleau)

La participation des jeunes dans cette
élection
- Linda Sullivan -
Selon
un sondage de
Léger Marketing pour le compte de TVA
Nouvelles effectué
du 28 février au 3 mars, les
jeunes de
18 à 24 ans tendraient à
30 % à
voter pour le Parti libéral du
Québec (PLQ), à
29 % pour le Parti québécois
(PQ), à
18 % pour Québec solidaire (QS) et
à 15 % pour
la
Coalition avenir Québec (CAQ).
Le sondeur annonce une chute de la participation
des
jeunes à cette élection
comparativement à 2012,
quand le mouvement des étudiants pour le
droit à
l'éducation battait son plein. (Il oublie
de dire que ce sont
les jeunes qui ont forcé la tenue d'une
élection et qui
ont provoqué la défaite des
libéraux et de Jean
Charest.)
Ces chiffres ne font aucun sens
présentés
de cette façon. On semble vouloir toujours
revenir au même
refrain, que les jeunes sont apolitiques ou qu'ils
considèrent
la question de l'avenir du Québec comme
quelque chose de
« dépassé ».
En fait, tous les
sondages commandés par les grands
médias et partis
donnent habituellement un
pourcentage séparé des intentions de
vote chez les
francophones et les anglophones. On voit tout de
suite dans quelle
perspective on veut canter la question de l'avenir
du Québec,
comme si ce n'était pas une question qui
appartient à
l'ensemble du corps politique sans égard
à la langue,
à l'origine nationale, aux croyances
religieuses, aux
convictions politiques ou au statut social.
Si le taux de participation des jeunes est
à la
baisse dans cette élection (il l'est
probablement pour
l'ensemble des électeurs car c'est la
tendance depuis une
vingtaine d'années à l'exception de
l'élection de
2012), c'est parce que les jeunes ne voient pas
pour qui voter, ils ne
voient pas leurs intérêts collectifs
représentés dans le choix des
partis.
Il ne fait pas de doute que les jeunes ont de la
méfiance envers le PQ. Non seulement a-t-il
poursuivi
l'offensive antisociale durant ces 18 mois de
gouvernement, mais
ils ne veulent pas être associés
à la perspective
obscurantiste que ce gouvernement a laissé
poindre dans le
débat sur la question des valeurs et de la
laïcité.
Les jeunes ont
une perspective tournée vers comment on
peut bâtir une
société qui permette
l'épanouissement de
l'être humain, c'est-à-dire une
société
où c'est le peuple qui a la
possibilité d'exercer un
contrôle sur son environnement social et
naturel.
Pour les jeunes, les alternatives sont
très
importantes. Quelle est l'alternative ?
Certainement pas les
libéraux. Ils sont les champions toute
catégorie de
l'offensive antisociale et de la destruction
nationale. Puis leur refus
de même parler du renouveau constitutionnel
et leurs notions
hypocrites sur la
« préséance des droits
individuels » ne font que maintenir la
division du corps
politique. Leur définition des droits
individuels n'inclut pas
toi et moi, elle comprend seulement les droits des
monopoles
constitués en tant qu'individu
juridiquement.
Ce n'est pas le débat sur l'avenir du
Québec qui fait que les jeunes se
désintéressent
des élections. Ce n'est pas vrai qu'ils
considèrent que
« c'est un vieux débat qui
appartient aux
années 1960 ». Ce qu'ils
rejettent, c'est la division
du corps politique entre
« séparatistes »
et
« fédéralistes »,
entre
« francophones » et
« anglophones », entre
« Québécois de
souche » et
« nouveaux arrivants ». La
discussion sur
l'avenir du Québec appartient à tous
les
Québécois et toutes les
Québécoises. Dans
cette élection, le PMLQ appelle les jeunes
et les
étudiants à s'organiser pour refuser
toute
majorité
aux partis de l'offensive antisociale, pour
refroidir leurs ardeurs sur
ce front. Mais surtout, il faut entreprendre le
travail pour
créer les Commissions sur l'avenir du
Québec dans les
quartiers, les endroits de travail, les
établissements scolaires
et ailleurs pour arracher le débat sur
l'avenir du Québec
des mains du système de cartel de partis.
(Candidate du PMLQ dans Châteauguay)

La lutte pour garantir le droit à
l'éducation
au Québec ne fait que commencer
- Gabriel Girard-Bernier -
C'est
l'avis de plusieurs,
les médias et les partis des monopoles ont
volontairement
caché un gros morceau de leur agenda
électoral :
l'éducation. Probablement encore sous le
traumatisme de la
grève générale des
étudiants de 2012,
toutes les préoccupations liées au
système
d'éducation ont été
balayées sous le tapis.
Pourtant, le PLQ, le
PQ et la CAQ s'entendent tous pour hausser les
frais de
scolarité et refuser de parler de l'avenir
du système
d'éducation.
Le point central de la question de
l'éducation au
Québec est de garantir le droit à
l'éducation pour
tous, ce qui signifie, entre autres, la fin des
droits de
scolarité cachés, aussi
appelés frais
afférents, qui varient d'une institution
à l'autre,
d'investir massivement à tous les niveaux
du système
d'éducation, d'instaurer la gratuité
de la maternelle au
doctorat et de bâtir des institutions pour
maintenir un dynamisme
à tous les niveaux.
Les discours des riches et de leurs partis qui
présentent les coûts de
l'éducation comme l'affaire
des étudiants est une fraude totale. Les
libéraux ont
poussé leurs attaques contre les
étudiants à point
tel que leur gouvernement a tout fait pour
criminaliser les luttes pour
garantir le droit à l'éducation
notamment en militarisant
les Cégeps et les
universités en 2012. Refusant toujours de
revenir sur la
grève générale des
étudiants, les
libéraux ont simplement rayé le
thème de
l'éducation de leur campagne
électorale. Le PQ continue
de vouloir éternellement hausser les frais
de scolarité
et pour la CAQ, elle vogue toujours sur son
obsession
d'éradiquer les commissions scolaires,
comme si
cela allait résoudre les problèmes
de l'éducation.
Le Parti marxiste-léniniste du
Québec
propose de donner une nouvelle direction pour le
Québec avec le
programme d'exiger que l'État arrête
de payer les riches
et fasse de nouveaux investissements dans les
programmes sociaux.
L'éducation est un droit et le
système d'éducation
doit reposer sur ce principe. C'est pourquoi nous
proposons les
mesures suivantes :
1- Investir massivement en
éducation ;
2- Imposer un gel immédiat des frais de
scolarité pour les baisser progressivement
et ensuite les
abolir ;
3- Transformer progressivement le système
de
prêts et bourses en programme national de
bourses pour s'assurer
que chaque étudiant ait droit à un
moyen de
subsistance ;
4- Abolir les frais afférents ;
5- Imposer un plafond aux frais de
scolarité pour
les étudiants internationaux, leur
faciliter l'accès au
travail et réduire leurs frais de
scolarité.
(Candidat du PMLQ dans Hull)

Les conditions de vie et de travail des
travailleurs
du secteur public — un enjeu électoral
- Pierre Chénier -
Les
conventions collectives
des plus de 400 000 travailleurs des secteurs
public et parapublic,
santé, services sociaux, éducation,
enseignement
supérieur et fonction publique, arriveront
à
échéance le 31 mars 2015. Les
syndicats se sont
engagés à travailler en front commun
et à
présenter leurs demandes d'ici la fin de
2014. La question
des conditions de vie et de travail dans le
secteur public doit
être au premier plan dans cette campagne
électorale. Les
conditions de vie et de travail de ces
employés sont les
conditions mêmes de la livraison des
services dont les
Québécois dépendent dans leur
vie. Il faut
s'assurer que les travailleurs de ces secteurs
aient les conditions qui
correspondent au travail qu'ils font pour la
société.
Il est devenu coutume pour les cercles dirigeants
et
leurs partis de dénigrer le secteur public
et parapublic et les
travailleurs qui y oeuvrent comme « un
coût » et leurs pensions comme
« un
fardeau » pour la
société, un coût qui
doit être réduit pour le bien de la
société.
Cela mène à la
détérioration des conditions
dans
le secteur. La situation créée
permet ensuite d'appeler
à une privatisation à fonds de train
des services publics
comme supposée solution à une crise
créée
de toutes pièces.
Dans la logique perverse des partis des riches,
il faut
« d'abord créer la
richesse » avant de
pouvoir investir dans les programmes sociaux et
services publics. En
fait, ce qu'ils appellent
« créer la
richesse » consiste à
transférer une partie
toujours plus grande de la richesse sociale
à des
intérêts monopolistes privés,
rien
de plus. Ils créent l'impression qu'il n'y
a pas d'alternative
au saccage des programmes et services sociaux.
Pour la classe ouvrière, les programmes
sociaux
et les services publics font partie de la richesse
que les travailleurs
créent par leur travail. Plus ces services
répondent
adéquatement aux besoins des travailleurs
et de la population en
général, plus l'économie est
forte. Et le
contraire s'applique aussi : plus on
appauvrit les services et
programmes sociaux, plus on appauvrit
l'économie et sa
capacité à créer de la
richesse. Les programmes
sociaux et les services publics sont une
composante essentielle de
l'humanisation de la société.
(Chef du PMLQ et candidat dans
Marie-Victorin)

Une retraite en sécurité : un
enjeu
électoral et postélectoral
- Claude Moreau -
Non,
les travailleuses et
les travailleurs, les personnes retraitées
ne se laisseront pas
dépouiller de leur épargne-retraite
ou couper leurs
pensions. Nous n'accepterons pas de payer plus et
travailler plus
longtemps et de nous retrouver dans
l'insécurité, ni de
nous faire voler des milliards dans nos caisses de
retraite ! Nous
exigeons que l'on
veille au bien-être des personnes
âgées et qu'on
leur assure une retraite en toute quiétude.
En 2012,* des 121 122 retraités
de
65 ans et plus des secteurs public et
parapublic, la
majorité, soit 86 440, sont des femmes
qui reçoivent
en moyenne 9 990 $ par an. En y ajoutant
la pension de la
Régie des rentes, elles gagnent si peu
qu'elles se qualifient
aussi pour le supplément de revenu garanti
du
fédéral, à moins d'avoir
d'autres revenus.
Elles sont où les « retraites
dorées », les fonds de pension
« mur
à mur » tant
décriés par les
haut-parleurs néolibéraux ?
Au fédéral, une personne seule, en
plus de
sa pension de la sécurité de la
vieillesse, avec des
revenus autres de moins de 16 728 $, a
droit au
supplément de revenu garanti. Comme le
soulignait le rapport
d'Amours, l'ajustement annuel de la pension
fédérale ne
suit pas celle des salaires, ce qui creuse
l'écart entre le
revenu à la
retraite et les salaires.
On nous sert une propagande irrationnelle sur les
« déficits » dans le
but de faire accepter
les attaques contre l'épargne-retraite des
travailleuses et
travailleurs aussi bien que les régimes
publics sous forme de
baisses des bénéfices, hausses des
cotisations quand ce
n'est pas la disparition de plusieurs dizaines de
milliards en
2008.
Le gouvernement fédéral reporte
l'âge de la pension à 67 ans
graduellement à
partir de mai 2023 (personnes nées
à partir de 1958).
Les cotisations à la Régie des
rentes du
Québec sont augmentées, mais la
rente pour les 60 ans est
diminuée non plus de 30 % mais de
36 %, cela aussi
graduellement.
Les retraités de White Birch à
Québec et d'autres ont vu leurs pensions
coupées de
moitié.
Un projet de loi provincial fixe les cotisations
à 50-50 pour les municipalités,
oblige les travailleurs
à participer au redressement des
déficits et ouvre
même la porte pour impliquer aussi les
retraités. Tout
cela alors que, dans le but de profiter des hauts
rendements des
années 90 créant des surplus qui ont
permis aux
employeurs de se payer des
congés de cotisation, les gestionnaires
municipaux ont
livré l'épargne-retraite aux
spéculateurs et
fraudeurs financiers qui, avec la crise de
2008 et les rendements
négatifs de 2011, ont creusé les
déficits de ces
caisses.
Les fonds de travailleurs sont pris à
partie
aussi. Le fédéral va annuler
progressivement les
avantages fiscaux de ces fonds, alors qu'une
campagne est menée
pour séparer les syndicats de leurs fonds.
C'est le fond de
solidarité FTQ, mais la FTQ n'a pas le
droit d'être
à la présidence ! Les banques
elles, qui ont des
fonds, qui est-ce qui les
dirige ? Veut-on mettre à la
tête des fonds de
travailleurs le même genre de personnes qui
nous ont fait perdre
des dizaines de milliards
d'épargne-retraite à la Caisse
de dépôt et placement de
Québec ?
La Caisse de dépôt et de placement
du
Québec a un actif de
200,1 milliards $ au
31 décembre 2013. À lui seul,
le régime de
retraite du secteur public et parapublic, (2012)
RREGOP, détient
48,7 % des dépôts
(85 863 milliards $)
et la RRQ, 22 %,(39 070
milliards $). Les
cotisations au RREGOP viennent d'être
augmentées aussi.
Le rôle de l'État ne doit-il pas
être
de garantir une retraite en toute
sécurité et de
protéger l'épargne-retraite, et non
de livrer les
milliards de dollars cotisés par les
travailleurs et
travailleuses aux spéculateurs et fraudeurs
financiers ?
Une retraite en sécurité est un
enjeu de
cette élection et le restera après
les élections.
* CARRA, analyse actuarielle au
31 décembre
2011.
(Candidat du PMLQ dans Jean-Lesage)

Financer le processus et non les partis
- Christine Dandenault -
Un des
commentaires les plus
fréquents que nous entendons quand nous
rencontrons les gens dans le cadre du travail
électoral, c'est
à quel
point ils se
sentent peu informés malgré les
dépenses massives
qui sont faites par
les partis et le gouvernement en publicité
de toutes sortes.
Le directeur général des
élections
du Québec
(DGEQ) a annoncé que
les élections en cours coûteront
environ 88 millions $.
Ces dépenses
incluent : le matériel
électoral, les
activités préparatoires, le
matériel informatique, les salaires du
personnel du DGEQ et du
personnel électoral, le transport et les
communications, les
services
d'administration, les loyers, fournitures et
approvisionnement et le
remboursement des dépenses
électorales (le DGEQ rembourse
50 % des
dépenses électorales de tout
candidat élu qui
remporte 15 % du vote).
À cela s'ajoutent les dépenses
permises
par
les partis politiques lors
d'élections au-delà de celles
remboursées par le
gouvernement. Pour les
élections du 4 septembre 2012, les partis
étaient
autorisés à dépenser
81 232 106 $.
C'est sans compter les ressources et les
salaires des journalistes
et du personnel technique que les médias
monopolisés et
des agences de
sondage consacrent et qui servent principalement
à couvrir les
activités des partis arbitrairement
considérés
comme étant « élisibles
».
Ces gigantesques conglomérats
médiatiques y consacrent un
pourcentage
considérable de leurs ressources durant
la
campagne. C'est une forme de publicité
gratuite, non couverte
par la
loi sur les dépenses électorales, en
offrant à ces
partis entrevues,
émissions spéciales (ex : la
boussole
électorale), sondages
tendancieux
et reportages quotidiens.
Les partis emploient de dispendieuses firmes
de marketing et
dépensent ces dizaines de millions de
dollars qu'ils sont
autorisés à
dépenser dans de vastes campagnes
publicitaires, de marketing,
de
pancartes, de sollicitations
téléphoniques et de
mécanismes
sophistiqués.
Financement de
l'État
Le coût d'une élection ne se
limite pas à ces dépenses. S'y
ajoute le financement de
l'État par le
versement des allocations annuelles aux partis, le
remboursement des
frais de vérification et le versement de
contributions du DGEQ.
Les allocations annuelles: L'État
verse aux partis politiques
des allocations annuelles qui sont en fonction du
nombre de votes
obtenus
lors d'une élection. Ainsi, en 2010
l'État a versé
une allocation aux
partis politiques de 0,50 $ par vote obtenu.*
Cette allocation est
passé à 0,82 $ en 2010, à
0,83 $ en 2011 et
à 0,85 $ en 2012. Un
système de crédit d'impôt pour
contribution
politique était aussi en
place pour les donateurs.
À la fin de 2012, la loi a
été
modifiée et
l'allocation de l'État
est passée à 1,50 $ par vote obtenu.
La loi abolit les
crédits d'impôt
et limite les contributions à un parti
à 100 $ par
électeur mais en
revanche le DGEQ verse des contributions directes
aux partis
proportionnellement aux dons reçus.
En 2012, l'État a versé en
allocation aux
9
partis politiques
autorités une somme de 4 986 118
$. De ce montant, le
PQ, le
PLQ et la
CAQ ont reçu 4 806 922 $, soit 96
% du total des
allocations.
Ce
montant représente 57 % des revenus des
partis politiques.
En 2013, l'État a versé
10 640 246
$ à 18 partis politiques
autorisés (ayant participé aux
élections de 2012).
De ce nombre, 90 % a
été versé au Parti
Québécois, au
Parti libéral du Québec et à
la
Coalition Avenir Québec, soit
9 576 222 $.
Le remboursement des frais de
vérification: La Loi
électorale
prévoit que le DGEQ rembourse aux partis
autorisés la
moitié des frais
de vérification du rapport financier
jusqu'à concurrence
de
15 000 $.
En 2012, l'État a remboursé aux
partis politiques
74 561 $ pour
ces
frais.
Le versement de contributions: Depuis
janvier
2013,
en
plus
des
allocations, le DGEQ verse des contributions aux
partis politiques.
Ces contributions sont de 2,50 $
pour chaque dollar
versé à titre
de contributions reçues par les partis
autorisés de leurs
supporteurs
jusqu'à concurrence de 20 000 $
par parti par année, puis de de 1,00 $
pour chaque dollar
reçu en
sus
de cette limite, jusqu'à concurrence d'un
montant annuel de
200 000 $
par parti.
En 2013, selon les données disponibles, le
DGE a versé au minimum
250 000 $ chacun au Parti
Québécois, au Parti
libéral du Québec et
à la
CAQ pour un total de 750 000 $, sans compter
les sommes
versées
aux
autres partis.
Les gens ont raison de dire que ces
dépenses
massives sont un
gaspillage si toute la publicité, sinon la
très majeure
partie de la
publicité, se résume à de la
propagande en faveur
des partis des riches
et qu'au bout de la ligne les électeurs ne
sont pas davantage
informés
sur les solutions aux problèmes de la
société.
C'est un signe que le
processus électoral et le financement
électoral ne sont
pas centrés sur
l'électeur en tant que facteur humain, en
tant que
décideur, qui doit
être informé des enjeux de
façon impartiale et qui
doit avoir
l'information sur tous les candidats et tous les
partis pour faire un
choix éclairé.
L'élection à une fonction
officielle est
un projet public.
Pourquoi ne pas utiliser cet argent pour informer
les électeurs
sur
tous les candidats en lice et leur programme ainsi
que sur les autres
questions d'intérêts publics
reliés à une
élection ? Ceux qui
travaillent dur tous les jours pour faire
fonctionner cette
société
méritent d'être au coeur des
élections, pas en marge. Pour le PMLQ, un
élément
central de toute
réforme du processus électoral qui
veut réellement
investir le peuple
du pouvoir de décider est que toutes les
dépenses en
temps d'élection
doivent servir à financer le processus, pas
les partis.
(Candidate du PMLQ dans Hochelaga-Maisonneuve)
______________
* Précision : l'allocation se
calcule en divisant entre ces partis,
proportionnellement au pourcentage des votes
valides obtenus par ces
derniers aux dernières élections
générales,
une somme égale au produit
obtenu en multipliant le montant fixé (0,82
$, 0,83 $, 1,50 $)
par le
nombre d'électeurs inscrits sur les listes
électorales
utilisées lors
de ces élections.
(Sources :
Statistiques
sur
les
rapports
financiers des partis
politiques provinciaux, direction du financement
politique, Septembre
2013; site du DGEQ)

Entrevue avec le chef du PMLQ
Comment intervenir dans cette élection
- Entrevue avec Pierre
Chénier -
Chantier
Politique :
L'élection est lundi prochain le
7 avril. Quelles sont les
prédictions du PMLQ ?
Pierre Chénier : De nos
jours il
est difficile de faire des prédictions
à cause du
phénomène de coups électoraux
auxquels on assiste
depuis quelque temps. Les soi-disant partis
majeurs et les
médias monopolisés emploient des
méthodes de
marketing pour provoquer des réactions de
peur et lancer des
diversions pour désinformer
l'électorat. Le PMLQ
croit que le meilleur résultat serait que
le peuple élise
encore un gouvernement minoritaire pour qu'aucun
des partis n'ait les
coudées franches pour appliquer à
fond de train leurs
programmes destructeurs. Pour cela il faut un
effort concerté,
il faut reconnaître que le peuple peut faire
une
différence par la façon dont il
vote.
CP : Il reste quatre jours et les
sondages prédisent une majorité
libérale. Qu'en
pensez-vous ?
PC : Les sondages continuent de
donner
un gouvernement libéral majoritaire. Le
plus récent,
celui de Forum Research le 1er avril,
commandé par The Gazette,
donne les libéraux majoritaires avec
41 % des voix, le PQ
en deuxième avec 29 %, la CAQ en
troisième avec
19 % et Québec solidaire en
quatrième avec
7 %.
Cela confirme le sondage du 25 mars de
Léger
Marketing commandé par le Journal de
Montréal qui donnait
aussi les libéraux majoritaires : les
libéraux avec
40 % des voix, le PQ 33 %, la CAQ
15 % et Québec
solidaire 9 %.
Ces sondages sont-ils fiables ? Selon nous
ils ne
le sont pas. De récents exemples en Alberta
et en
Colombie-Britannique ont confirmé que les
sondages sont
manipulés par des intérêts en
place avec des
méthodes assez extraordinaires. Dans
certains cas, un parti
répand lui-même la nouvelle que
l'opposition va gagner
pour faire peur à ses
propres partisans et les inciter à venir
à sa
défense. Ainsi, les gens qui votent
habituellement PQ mais qui
ont des griefs légitimes contre le
gouvernement Marois doivent
penser aux conséquences de leur geste parce
que les
libéraux sont en position de former un
gouvernement majoritaire
et un retour des libéraux ne serait pas une
bonne chose pour
le Québec non plus.
CP : Expliquez-nous comment vous
voyez
la diversion opérer en ce moment.
PC : Les médias
monopolisés font beaucoup d'effort pour
dire que la CAQ et
François Legault montent dans les
intentions de vote depuis le
deuxième débat des chefs. Ils
s'entendent
généralement pour dire que le point
tournant de la
campagne est l'arrivée de Pierre Karl
Péladeau qui s'est
présenté comme candidat du PQ en
levant le
poing et en disant que son ambition dans la vie
est de
« bâtir le pays ». Les
médias
continuent de répéter que la
question centrale dans cette
élection est que le PQ a l'intention de
tenir ou de
préparer un référendum s'il
est élu alors
que personne n'en veut. C'est le cheval de
bataille des libéraux
dans cette élection : ils disent que
l'élection d'un gouvernement libéral
est la seule
façon de s'assurer qu'il ne va pas y avoir
de
référendum car eux veulent s'occuper
de l'économie
(« des vraies affaires »).
Tout cela fait diversion parce que, en ce qui
concerne
la souveraineté du Québec,
contrairement à ce qui
est prétendu, ce n'est pas une affaire
d'anglophones contre
francophones, de fédéralistes contre
séparatistes
ou de préférer la stabilité
à
l'instabilité. Le Québec, tout comme
le reste du Canada,
est en train d'être intégré
à un nouvel
État sous
le contrôle de monopoles privés. Tout
le monde doit
s'intéresser à la question
nationale, à
l'édification nationale, sinon le peuple
n'aura pas le
contrôle de la situation au Québec.
Il est urgent que tout
le monde s'intéresse à cette
question suivant sa propre
logique et ses propres arguments, et non pas la
logique donnée
par les médias ou par
d'autres.
La deuxième diversion est de dire que les
libéraux vont s'occuper « des
vraies
affaires ». Les « vraies
affaires » de
qui ? Celles du peuple ? Certainement
pas.
Depuis
que les médias
ont commencé ce refrain, le PQ est
passé à la
défensive. Au lieu d'argumenter qu'avec la
souveraineté
on pourra défendre les
intérêts du Québec et
ceux des Québécois, il
répète qu'il ne
tiendra pas de référendum tant que
les gens ne seront pas
prêts. Il a ensuite tenté de se
présenter comme le
parti de l'identité
québécoise. Il revient sur sa charte
des valeurs
québécoises, qui est très
controversée. Il
a lancé l'élection avant d'avoir
entendu tous ceux qui
voulaient intervenir sur le projet de charte et il
a laissé
savoir très clairement que s'il est
élu majoritaire il a
l'intention de l'adopter quoi que les gens disent.
Le PMLQ est d'avis
que c'est très inapproprié
parce que sur la question de la charte le PQ ne
défend pas une
position progressiste.
Quoi qu'il en soit, le PQ a essayé de
mener sa
campagne en disant qu'il défend les
intérêts du
Québec et qu'il est un bon gouvernement,
qu'il a de bonnes
réalisations sur le plan économique.
Les médias
ont alors dit que cette tentative de tourner
l'attention sur
l'intégrité et la lutte à la
corruption n'a pas
donné les résultats escomptés
parce que
le PQ a été forcé de
répondre à des
allégations de malversation autant que les
libéraux.
Selon les médias le PQ n'est pas parvenu
à recentrer la
campagne sur l'identité
québécoise non plus.
CP : Une autre
caractéristique de
la situation actuelle est que beaucoup de gens qui
votent
habituellement PQ ne veulent pas le faire cette
fois-ci à cause
de l'offensive antisociale, à cause de
Péladeau, à
cause de Marois qui est perçue comme
étant arrogante et
hautaine, parce qu'il n'a pas tenu sa promesse
d'abolir la taxe
santé et ainsi de
suite. Qu'en pensez-vous ?
PC : Oui, nous rencontrons
beaucoup de
sympathisants du PQ qui ne sont pas en faveur de
la charte des valeurs
et qui croient que cela fait du tort à la
cause souverainiste.
L'affaire Péladeau est difficile elle aussi
à avaler
à cause de son antisyndicalisme notoire.
Bien sûr, la
question nationale existe indépendamment
qu'on soit pour le
capitalisme ou le socialisme et il est urgent que
la classe
ouvrière prenne les devants
là-dessus. C'est pourquoi le
PMLQ appelle les travailleurs, les jeunes et les
étudiants et
les personnes âgées à
créer les Commissions
sur l'avenir du Québec, pour pouvoir
eux-mêmes avoir une
influence sur ce qui en ressortira.
Décider pour qui voter en se basant sur
son
dépit pour le PQ peut cependant conduire
à une
majorité libérale et cela ne serait
pas bon pour le
Québec. Les Québécois doivent
voter de
manière à donner le meilleur
résultat dans la
situation donnée. Aucun des partis
politiques qui veulent former
le gouvernement ne défend les
intérêts du peuple.
C'est pourquoi il ne faut pas leur donner une
majorité, pour
qu'aucun d'entre eux ne se sente libre de faire ce
qu'il veut.
L'opposition ouvrière doit refroidir leurs
ardeurs.
CP : Et Québec solidaire
là-dedans ?
PC : La stratégie de
Québec solidaire dans cette élection
est de critiquer le
PQ le plus possible dans l'espoir de ramasser le
vote des
péquistes désabusés. Il dit
qu'il est le vrai
parti de la souveraineté et en fait cette
fois-ci il dit qu'avec
un gouvernement de QS il y aurait un
référendum au
premier mandat. Il ramasse aussi les promesses
rompues du PQ. Il dit que le PQ a viré
à droite et ainsi
de suite. Le PMLQ est d'avis que le vrai
problème est le
processus électoral où les partis
politiques doivent
diviser le corps politique pour avancer leurs
chances
électorales. Ce genre de politique ne
contribue à
résoudre aucun problème. Ça
ne va pas
nécessairement faire augmenter les votes
de QS, mais, au contraire, pourrait aussi faire
élire les
libéraux. Mais évidemment
Québec solidaire a le
droit de demander qu'on vote pour lui autant que
les autres. Pour nous,
il s'agit de considérer le résultat
pour le peuple
québécois et de l'alerter à
la
nécessité d'occuper lui-même
l'espace du changement
et de ne pas penser que quelqu'un d'autre
défendra ses intérêts à
sa place.
CP : Alors vous croyez
qu'il y a
une véritable possibilité que les
libéraux forment
le prochain gouvernement ?
PC : Ça en a tout l'air,
mais,
comme je le disais, ça reste très
imprévisible.
Les Québécois sont des gens
politiques. Ils ont un sens
profond de l'intervention politique. Cela
dépend beaucoup du
taux de participation et de la mesure dans
laquelle le vote caquiste,
dans les comtés détenus par la CAQ,
va se tourner vers
les libéraux.
Ce ne
serait pas bon pour
le Québec, politiquement parlant, que les
libéraux
reviennent au pouvoir. D'abord cela alimenterait
un sentiment
d'impuissance, le sentiment chez les travailleurs,
les étudiants
et les jeunes que le mouvement n'a pas pu
s'appuyer sur les
progrès faits à l'élection de
2012 pour faire
valoir les demandes d'un
Québec qui défend les droits de
tous. Une victoire
libérale serait interprétée
comme un appui au
statu quo et à l'offensive
néolibérale brutale. La
privatisation de la santé, le pillage des
ressources, le Plan
Nord, la pression constante sur le niveau de vie
et les pensions des
travailleurs, ce serait donner le feu vert
à tout cela. Les
libéraux ont créé tous
les conflits qu'ils ont pu en criminalisant la
lutte des jeunes, des
travailleurs du secteur public, de la
construction, pour empêcher
la discussion politique sur les problèmes
soulevés. Il
faut empêcher cela. Le PMLQ appelle les
travailleurs partout au
Québec à faire ce qu'ils peuvent
pour ne pas donner le
feu vert à cette offensive antisociale.
D'autre part, une victoire libérale
servirait
bien sûr à dire qu'au niveau
fédéral les
libéraux ont une base au Québec. Il
ne faut pas oublier
que les libéraux représentent les
forces qui ont
appuyé les accords de Meech et
Charlottetown que le peuple a
résolument rejetés, tant au
Québec qu'au Canada.
Depuis ils n'ont jamais accepté que leur
position constitutionnelle soit défaite. Il
faut dire aux gens
de les rejeter encore une fois dans cette
élection.
Tout montre que les travailleurs doivent mettre
leurs
propres options sur la table car les choix qu'on
leur donne ne
correspondent pas à leurs
intérêts. Rien ne
changera dans l'intérêt du peuple si
les travailleurs ne
développent pas leur politique
indépendante pour avoir
suffisamment d'influence pour empêcher les
intérêts
monopolistes de détruire
la société et l'autorité
publique.
CP : Alors quel appel lancez-vous
à la veille du scrutin ?
PC : Notre appel demeure qu'il
faut
empêcher les libéraux de revenir au
pouvoir et que les
travailleurs doivent prendre les devants dans la
construction d'un
Québec souverain qui défend les
droits de tous. Dans la
situation actuelle, où les travailleurs
sont pris entre deux
feux, la meilleure chose serait d'élire un
gouvernement
minoritaire du
Parti québécois et d'exiger ensuite
des lois
pro-sociales, la fin des ententes secrètes
sur les ressources,
la fin de la privatisation de la santé et
de l'éducation,
la défense des pensions et du niveau de vie
des travailleurs et
ainsi de suite. Une demande importante pour ne pas
voir des
élections absurdes se répéter
serait que le
gouvernement s'en tiennent
à la loi sur les élections à
date fixe.
Le PMLQ lance l'appel à ne pas permettre
aux
libéraux de revenir au pouvoir. Leur
idée
d'éliminer toute possibilité d'un
référendum sur la
souveraineté quoi que les gens
pensent et de « s'occuper des vraies
affaires »
est un appel à bloquer la voie au
progrès sur tous les
fronts. Ils interpréteraient leur victoire
comme un mandat
pour intensifier l'offensive antisociale plus
brutalement encore et
pour bloquer la voie à une décision
sur l'avenir du
Québec et à l'édification
nationale, alors que
c'est ce dont ont besoin le Québec et
toutes les nations
à l'heure de la destruction nationale par
les cercles dominants
sous la botte de l'impérialisme
américain. Les
aspirations du peuple
au Québec et au Canada doivent
prévaloir aujourd'hui et
la présente élection peut ouvrir une
voie pour que cela
devienne possible. Ce serait le résultat le
plus souhaitable.
CP : Désirez-vous ajouter
quelque
chose ?
PC : Pour ce qui est de
l'élection d'un gouvernement du Parti
québécois,
pour les travailleurs la question demeure la
même et cela est
démontré encore une fois par le fait
que les
libéraux sentent le pouvoir et qu'ils ne
sont pas très
loin derrière. La question demeure que les
travailleurs doivent
prendre les devants pour définir et lutter
pour
un Québec souverain qui défend les
droits de tous pour ne
laisser aucun espace aux gouvernements qui veulent
poursuivre
l'offensive antisociale et imposer les politiques
néolibérales et une conception
très étroite
de l'identité québécoise.
De plus, le PMLQ présente des candidats
dans des
comtés qui ne sont pas des comtés
chauds et où les
libéraux peuvent être défaits.
Nous appelons les
électeurs à voter pour le PMLQ dans
ces circonscriptions
en guise de reconnaissance de la
nécessité des
Commissions sur l'avenir du Québec.
Merci.
(Reproduit
du
Chantier politique, journal du PMLQ. www.pmlq.qc.ca)
Visitez
le site du
Parti
marxiste-léniniste
du Québec
www.pmlq.qc.ca
Christian Legeais, agent officiel
du Parti marxiste-léniniste
du
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