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Numéro 46 - 2
avril
2014
Le projet de loi C-13,
Loi sur la protection des Canadiens contre la
cybercriminalité
Le gouvernement Harper
établit les
fondements d'un État policier
Le
projet de loi C-13, Loi sur la protection des
Canadiens contre la
cybercriminalité
• Le gouvernement Harper
établit les
fondements d'un État policier
« La
diplomatie
numérique »
• Le nouvel instrument de
subversion du
gouvernement Harper - Tony Seed -
Le Salvador a
un
nouveau président
• Le peuple l'emporte
malgré les
manigances de la réaction
Le projet de loi C-13,
Loi sur la protection des Canadiens contre la
cybercriminalité
Le gouvernement Harper établit les
fondements d'un État policier
Le 26 mars, le débat en
deuxième
lecture s'est poursuivi sur le projet de loi
C-13 du gouvernement
Harper, la Loi modifiant le Code criminel, la
Loi sur la preuve au
Canada, la Loi sur la concurrence et la Loi sur
l'entraide juridique en
matière criminelle, dont le titre
abrégé est
Loi sur la protection des Canadiens contre la
cybercriminalité.
Le projet de loi a été
déposé le 20
novembre 2013 et a atteint l'étape de
la deuxième
lecture à la fin novembre. Le 26 mars,
lorsque le
débat a repris, le leader du gouvernement
conservateur à
la Chambre, Peter Van Loan, afin de faire obstacle
à toute
opposition au projet de loi, a
déposé une motion imposant
une limite de temps pour le faire passer en douce.
Le débat sur
le projet de loi a ainsi été
restreint à une
journée supplémentaire en
deuxième lecture. La
motion de Van Loan a été
adoptée.
Le projet de loi C-13 prétend
protéger les Canadiens contre la
cybercriminalité. Si le
projet de loi interdit la distribution d'images
intimes en ligne sans
consentement, son objectif premier est d'accorder
de nouveaux pouvoirs
aux corps policiers et à l'État leur
permettant
d'empiéter sur la vie privée des
Canadiens. Selon
l'organisation OpenMedia.ca, qui mène
présentement une
campagne nationale contre le projet de loi,
celui-ci accorderait aussi
l'immunité aux fournisseurs de
télécoms qui
partageraient l'information privée de leurs
clients avec les
autorités sans avoir reçu le mandat
d'un tribunal.
Le
ministre de la Justice,
Peter MacKay, tente de justifier les nouveaux
pouvoirs policiers en
disant que le projet de loi est en fait une
modernisation du code
criminel. Dans un communiqué, le
ministère de la Justice
déclare que « les amendements
proposés dans le
projet de loi C-13 garantiraient
essentiellement que les
renseignements auxquels les organismes
d'application de la loi ont
actuellement accès dans le cas des appels
téléphoniques le seraient aussi dans
celui de
technologies plus nouvelles comme les ordinateurs,
les
téléphones intelligents et
Internet ».
OpenMedia.ca fait valoir que plus de
65 pages du
projet de loi C-13 sont des copies conformes
du projet de loi
C-30, la Loi sur la protection des enfants
contre les
cyberprédateurs, un projet de loi
similaire à celui
qu'on essaie de faire adopter maintenant. Plus de
150 000 Canadiens
s'étaient exprimés contre ce projet
de loi qui contenait
de si graves lacunes qu'il a été
retiré avant
même d'atteindre l'étape de la
deuxième lecture. Il
tentait entre autres choses de rendre possible aux
fournisseurs de
services télécoms d'intercepter les
données en
temps réel. Il cherchait aussi à
rendre obligatoire la
divulgation des informations des clients à
la police, passant
outre aux tribunaux.
L'avocat Derek James de Calgary, qui pratique le
droit
avec la Fondation de la constitution canadienne,
écrivait dans
un article du 26 mars dans le Toronto
Star :
« Le projet de loi C-30,
déposé en
février 2012, ne fait aucune mention
d'enfants ou de
prédateurs et, vraisemblablement, si on
avait nommé le
projet de loi de cette façon,
c'était pour amener le
public à accepter le projet de loi. En
fait, il avait peu
à voir avec son titre, mais visait
essentiellement à
accorder de nouveaux pouvoirs aux policiers dont
celui d'obliger les
fournisseurs de services télécoms
à divulguer aux
policiers l'information appartenant à
l'abonné, et ce,
sans la supervision du tribunal. Vic Toews, alors
ministre de la
Justice, avait attaqué ses opposants en
déclarant :
« Si vous n'êtes pas avec nous,
vous êtes avec
les pornographes juvéniles. »
James explique : « La ruse du
projet de
loi C-13 est de passer en douce une
disposition de divulgation
obligatoire. Le projet de loi explique que la
police peut demander de
divulguer l'information sur une base volontaire et
de conserver les
données et les documents, et que toute
personne possédant
de telles informations peut choisir de se plier
à la demande des
policiers, à condition qu'il ne soit pas
illégal de le
faire.
« À première vue, cela
peut
sembler inoffensif. Mais la disposition qui suit
celle-ci dit que
quiconque fournit de telles informations sur une
base volontaire suite
à une requête de la police est
exonéré de
toute responsabilité civile et
pénale.
« Cette exonération pose
problème, puisqu'elle fait abstraction de
la supervision des
tribunaux et quelqu'un peut être
tenté de tout simplement
remettre l'information à la police pour
cette raison.
Libérés de toute
responsabilité, les fournisseurs
de services télécoms ayant en leur
possession de
l'information que demande la police auront
vraisemblablement plus
tendance à vouloir collaborer à des
demandes de
divulgation sans fondements. Cela ouvre la porte
toute grande aux
allégations à l'aveuglette et aux
écoutes
clandestines accrues. Il faut aussi se demander si
la divulgation dite
volontaire le sera vraiment, et si les
fournisseurs sollicités
ne se sentiront pas forcés de se conformer
au risque de nuire
à leurs relations avec la police.
« Le fait de vouloir protéger
les
Canadiens de la cyberintimidation est louable en
soi, mais il faut voir
que les nouveaux pouvoirs accordés aux
policiers par le projet
de loi C-13 peuvent mener aux abus de toutes
sortes. Oui, la
disposition de divulgation obligatoire du projet
de loi C-30 n'est
plus, mais le projet de loi C-13, de façon
plus subtile, atteint
à toutes fins pratiques le même
objectif. Ne soyons
surtout pas trop empressés de laisser
tomber notre droit
à la vie privée car il sera
difficile pour nous de le
reprendre. »
Le directeur général
d'OpenMedia.ca, Steve
Anderson, fait le point suivant :
« Disons les choses
comme elles sont : C-13 est un projet de
loi dangereux qui
permettrait ouvertement au gouvernement
d'espionner des Canadiens
n'ayant rien à se reprocher. Nous savons
très bien que le
gouvernement mène de telles
activités d'espionnage contre
les Canadiens par le biais de son agence
d'espionnage, le Centre de la
sécurité des
télécommunications Canada
(CSTC). Maintenant ils cherchent à
dissimuler ces
activités en accordant une immunité
légale aux
fournisseurs de télécoms qui
partagent déjà
des informations avec les
autorités. »
Anderson ajoute : « Ce qui est
encore
plus déplaisant, c'est le fait que le
gouvernement se sert de
l'intimidation envers les enfants pour faire
passer en catimini cette
législation d'espionnage
cybernétique impopulaire. Si
Peter MacKay avait le moindre scrupule, il
scinderait ce projet de loi
afin que toute mesure importante destinée
à contrer la
cyberintimidation puisse être traitée
de façon
distincte. Le ministre MacKay ferait preuve de
courage en faisant
valoir son projet de loi d'espionnage
cybernétique selon ses
mérites. Il semblerait que c'est trop lui
demander et qu'il
préfère cette approche
répréhensible de
tenter de passer son projet de loi par
en-dessous. »
OpenMedia.ca rapporte qu'une vidéo qu'elle
vient
de mettre en ligne « est
regardée par tout le monde
et est l'un des deux items les plus
consultés de Reddit
Canada ». Plus de 34 000 personnes
sont maintenant
membres de la Coalition
« Protégeons notre vie
privée » qui revendique des
mesures légales
efficaces pour protéger la vie
privée des Canadiens
contre les intrusions d'espions
gouvernementaux », selon
OpenMedia.ca. Celui-ci annonce aussi que
l'opposition officielle
parlementaire s'est jointe à OpenMedia.ca
et demande que le
projet de loi C-13 soit scindé pour
permettre aux questions
liées à la cyberintimidation
d'être traitées
de façon distincte. Toute personne
intéressée
à appuyer la Coalition
« Protégeons notre vie
privée » peut le faire à
Protect
Our Privacy.
Pétition pour arrêter l'espionnage
cybernétique
- Coalition
« Protégeons notre vie
privée » -
L'emprise du gouvernement sur notre information
privée et sensible est de plus en plus secrète,
coûteuse
et hors
de contrôle.
Secrète :
L'information et les données privées
d'honnêtes
citoyens canadiens sera sous l'emprise des efforts
d'espionnage
exécutés par la CSTC, une agence qui
n'a aucun compte
à rendre au public et qui reste très
discrète.
Coûteuse :
Le gouvernement s'apprête à
dépenser $
4 milliards de nos taxes pour abriter et
démarrer de
nouvelles opérations d'espionnage.
Hors de
contrôle : Durant les
dernières quelques
années, il y a eu un total de plus de 3000
infractions
liées à l'information de citoyens,
touchant environ 725
000 d'entre nous.
Ces initiatives d'espionnage menacent de rendre
accessible votre information privée
à une panoplie
d'agences gouvernementales, sans qu'elles n'aient
besoin d'un mandat
d'accès.
Un vaste groupe de citoyens, d'experts,
d'organismes et
d'entreprises se sont rassemblés dans la
Coalition pour
Protéger notre Vie Privée (Protect
our Privacy Coalition)
dans l'espoir de se rassembler pour
protéger les droits à
la vie privée avec une déclaration
commune de principes.
Joignez-vous à nous maintenant en signant
cette
déclaration. Cliquer ici

«La diplomatie
numérique»
Le nouvel instrument de subversion
du gouvernement Harper
- Tony Seed -
  
Au milieu des révélations sur
l'espionnage, la guerre cybernétique
et les autres méfaits commis par les
États-Unis à
l'échelle du globe
qui ont été mis en
lumière depuis un an, le
gouvernement Harper est en
train d'étendre sa propre participation
aux médias
antisociaux et à la
subversion électronique d'États
qui essaient de suivre
une voie
indépendante de développement et
sont
considérés comme étant
hostiles
aux États-Unis et au bloc de l'OTAN.
Le 7 février dernier, le ministre des
Affaires
étrangères John Baird
a visité les quartiers
généraux de Google et de
Twitter dans la Silicon
Valley en Californie et y a dit qu'il va ajouter
la « diplomatie
numérique » aux armes de subversion
comme les
opérations clandestines,
« l'aide » et la diplomatie
secrètes que le
gouvernement Harper utilise
déjà à l'échelle
internationale contre les
pays ciblés.
La diplomatique numérique de Harper est le
prolongement dans le
Service extérieur et les affaires
internationales de
l'implication
directe dans le gouvernement
d'intérêts privés
privilégiés comme
Google, Twitter et Amazon. Ce dernier, par
exemple, a un contrat de 600
millions $ avec la CIA pour lui fournir des
services «
d'informatique
dématérialisée ».
Lorsqu'on place ces
développements dans le contexte
de la « nouvelle diplomatique
économique » du
gouvernement Harper, on
voit que les affaires étrangères et
les membres du
Service extérieur
vont travailler directement à la promotion
des
intérêts privés globaux
des monopoles les plus puissants au sein des
États-Unis des
monopoles de l'Amérique du Nord et agir
contre les mouvements
sociaux
et les gouvernements anti-impérialistes.
Selon un communiqué de son
ministère, Baird
aurait fait le commentaire suivant:
« L'échange d'information en toute
liberté et à toute vitesse change
la nature de la diplomatie et des affaires
étrangères,
comme il façonne
les industries. Les démarches, les
dîners diplomatiques et
les sommets
réservés à un cercle
fermé ne sont
désormais plus suffisants pour
projeter nos valeurs et nos intérêts.
« Pour diverses raisons, la diplomatie ne
parviendra peut-être
jamais à appliquer le modèle de la
Silicon Valley, qui ne
cesse de se
réinventer et de bouleverser les choses.
Cependant, dans un
monde de
communications instantanées et de
médias sociaux, nous
n'avons d'autre
choix que d'évoluer plus rapidement, sans
craindre la
nouveauté ou les
erreurs.
« Grâce aux médias sociaux et
aux
indices fournis par l'analyse d'un
immense volume de données, nous pouvons
miser sur la diplomatie
directe, non réservée à une
élite. À
Affaires étrangères, Commerce et
Développement Canada, des exercices
d'application des
médias sociaux
nous ont permis de joindre des acteurs de la
société
civile qui
souhaitent apporter des changements politiques et
sociaux positifs dans
leur pays. »
Affaires étrangères, Commerce et
Développement Canada (AECDC)
utilise déjà les médias
sociaux comme «
station d'écoute » virtuelle
pour analyser les processus politiques dans les
sociétés
ciblées et les
mouvements dans divers pays. Le ministère
va maintenant
s'ingérer
directement dans les affaires intérieures
d'autres pays et
impliquer
des
« acteurs civiques », une expression
codée
signifiant ceux qui
s'affairent aux changements de régimes, ces
forces que les
ambassades
canadiennes et d'autres agences ont
déjà
identifiées sur « la carte des
médias sociaux ».
Selon un article en appui au gouvernement
signé
par Roland Paris du
Centre d'études en politique internationale
à
l'Université d'Ottawa,
qui est financée par le gouvernement
fédéral, le
gouvernement Harper
est déjà en train d'intervenir
directement dans les
affaires
intérieures de la République
islamique d'Iran, un
gouvernement
souverain,
mettant de l'avant son ordre du jour politique
sous couvert de grands
idéaux.
Paris écrit: « En plus, le
gouvernement
s'est associé à l'École Munk
de l'Université de Toronto pour
créer le Dialogue mondial
sur l'avenir
de l'Iran, lequel utilise la technologie des
médias sociaux pour
déjouer la censure du gouvernement iranien,
permettant ainsi aux
Iraniens, à l'intérieur comme
à l'extérieur
du pays, de communiquer
librement entre eux. Même si certains se
sont demandé si
une initiative
de ce genre était du ressort d'une
université et si
l'École Munk avait
accepté de devenir de facto
l'instrument de l'obsession du gouvernement pour
l'Iran en politique
étrangère, cette initiative n'en
représente pas
moins une utilisation
créatrice d'outils numériques
qui permet de maintenir l'Internet comme quelque
chose d'ouvert. »
L'ingérence dans les affaires d'un pays
souverain
devient ainsi
synonyme de défense de la liberté,
de «
société ouverte » à la
manière
du réseau international Soros et «
d'utilisation
créatrice d'outils
numériques ».
L'auteur de l'article écrit que «
dans les
derniers six mois, le
ministère des Affaires
étrangères a ouvert 60
comptes sur Twitter et 50
sur Facebook ».
Sur un autre ton, le ministre Baird a eu les mots
suivants dans son communiqué avec un
cynisme sans bornes:
« Les outils favorisant la liberté
d'expression peuvent alors se transformer en
outils de
répression.
« Les gouvernements fermés et
instables
craignent de donner une voix
à leurs propres citoyens. En
conséquence, ils s'opposent
désormais à la
liberté qu'offre Internet. Ils
réagissent en utilisant le
pouvoir de la
technologie pour bloquer l'accès à
l'information,
restreindre la
liberté d'expression et cibler les
dissidents.
« Le Canada et les États-Unis
doivent
continuer de collaborer pour
assurer un réseau Internet libre,
innovateur et ouvert, pour le
bénéfice social et économique
de tous les
utilisateurs. Et
nous n'y
parviendrons que si le gouvernement travaille
main dans la main avec le
secteur privé et la société
civile. » (Les
caractères en gras sont de
moi.)
Non seulement a-t-il révélé
que les
plus grands consortiums de
sécurité piratent eux-mêmes
les systèmes de
sécurité d'États rivaux,
mais le ministre Baird blâme les services de
sécurité des États
ciblés
de faire échec à la guerre
cybernétique afin que
les entreprises et les
gouvernements mettent leur confiance dans ces
consortiums pour les
protéger du contre-espionnage.
Un instrument de «diplomatie
économique»
La «
diplomatie numérique » est un
instrument de la «
nouvelle diplomatie
économique » du gouvernement Harper
qui modifie comment
les ressources
du Canada en matière d'affaires
étrangères et de
missions diplomatiques
sont déployées.
Suite au coup électoral de 2011 qui a mis
au
pouvoir un gouvernement
majoritaire conservateur, le premier ministre
Harper a demandé
au
nouveau ministre du Commerce international, Ed
Fast, de guider les
changements vers ce qu'il a appelé «
une nouvelle
diplomatie économique
».
Le Projet d'information du
Marxiste-léniniste hebdomadaire écrivait
dans son
édition du 11 janvier :
« Lors d'un discours au Economic Club du
Canada,
le 27 novembre
dernier, le ministre Ed Fast a dit avoir mis
à contribution '
l'expertise d'un comité consultatif
formé
d'éminents dirigeants
d'entreprises et chefs de file de l'industrie. Ils
provenaient
d'associations nationales comme le Conseil
canadien des chefs
d'entreprise, l'Alliance
canadienne du commerce agroalimentaire, la Chambre
de commerce du
Canada, la Fédération canadienne de
l'entreprise
indépendante et les
Manufacturiers et Exportateurs du Canada. '
« Le comité consultatif a
préparé un plan d'action
appelé Plan d'action
sur les marchés mondiaux,
l'équivalent d'un livre blanc sur la
politique
étrangère. Le Plan
d'action appelle le ministère des Affaires
étrangères, du commerce et
du développement ' à incorporer le
concept de 'diplomatie
économique'
comme force motrice des
activités de promotion des échanges
commerciaux du
gouvernement du
Canada au sein de son réseau diplomatique
international. Suivant
ce
plan, toutes les ressources diplomatiques du
gouvernement du Canada
seront mobilisées au nom du secteur
privé. ' Le Plan
d'action appelle
les diplomates canadiens et d'autres
représentants officiels '
à ouvrir
des portes, repérer des clients potentiels
et résoudre
des problèmes '
pour les monopoles nord- américains.
« Selon un article du Globe and Mail sur le
Plan
d'action sur les
marchés mondiaux, ' Le gouvernement
conservateur de Stephen
Harper va
faire de la 'diplomatie économique' au
service de l'industrie
privée la
clé de voûte de la politique
étrangère du
pays, ce qui marque un
changement historique de l'approche du Canada face
au monde '.
« Démontrant que la ' nouvelle
diplomatie
économique ' politise les
intérêts privés internationaux
des monopoles les
plus puissants au sein
des États-Unis des monopoles
d'Amérique du Nord, Ed Fast
a dit dans son
discours que ' notre gouvernement s'est
engagé, dans le Plan
d'action
économique de 2012, à s'appuyer sur
la réussite de
la
Stratégie commerciale mondiale pour tenir
de vastes
consultations avec
les milieux d'affaires canadiens afin de
repérer de nouveaux
marchés et
dénicher de nouvelles forces et occasions
d'affaires... Ajoutons
à cela
un marché mondial dans lequel la libre
circulation des
marchandises et
des services — tout comme la prolifération
des chaînes de
valeur
mondiales — prédomine, et vous arriverez
à la conclusion
que la
conduite des affaires se déroule maintenant
selon un paradigme
entièrement nouveau... Bref, le
gouvernement axera le Plan sur
les
points forts du Canada et veillera à ce que
toutes ses
ressources
diplomatiques soient mises à contribution
pour soutenir la
réussite
commerciale des
entreprises et des investisseurs canadiens.
' » (Les
caractères en gras
sont du LML).
« La diplomatie numérique »
est
précisément au service des «
entreprises et des investisseurs canadiens
», de leurs besoins
immédiats et de leur programme
stratégique.
Les intérêts
privilégiés
privés qui bénéficient des
actions de
Harper sont les monopoles qui ne tolèrent
aucune opposition
à leur
poursuite du plus haut taux de profit partout dans
le monde.
La guerre cybernétique
« La diplomatie numérique »
est un euphémisme pour la guerre
cybernétique
menée par le biais des
médias antisociaux, le piratage et autres
moyens.
Les médias antisociaux comme le
réseau
Twitter qui est utilisé par
le gouvernement Harper sont intégrés
aux agences
militaires et
d'espionnage des États-Unis. Le
réseau joue un rôle
de plus en plus
grand dans les changements de régime
organisés par les
États-Unis et la
fomentation de conflits violents tribaux,
religieux, ethniques et
autres. Les
impérialistes américains ont
utilisé Twitter avec
succès ainsi que son
service vidéo Vine afin de répandre
des cancans, rumeurs
et de la
désinformation non vérifiables et
qui ne peuvent
être contestés dans de
courts messages textuels et vidéos.
L'intervention camouflée des
États-Unis en
Syrie, au Venezuela, en Iran et en Égypte
fournissent des
exemples de ce modus operandi qui
est maintenant devenu notoire. On a
récemment exposé de
fausses images
qui ont été publiées comme
provenant de la Syrie
ou du Venezuela. Dans
ce dernier cas, des images de répression
policière dans des pays comme le
Brésil, l'Espagne et le
Chili ont été
présentées faussement comme
provenant du Venezuela et
elles ont circulé
sur Twitter. Lorsque ces images ont
été finalement
exposées comme étant
des faux, elles avaient déjà
circulé partout dans
le monde. Cela a aidé
les agences d'espionnage et les forces
armées des
États-Unis
à créer le chaos et des
bouleversements dans les pays
ciblés. Cette
activité vise aussi à créer
de l'appui pour
l'ingérence de grande
puissance dans des pays souverains comme la Syrie,
le Venezuela et
l'Ukraine sous prétexte de la «
responsabilité de
protéger ».
Le Canada est lui aussi passé maître
dans
l'art de mener des
campagnes internet et ne va pas se laisser
distancer, écrit
Gerard Di
Trolio sur Venezuelanalysis.com au sujet de la
nomination du nouvel
ambassadeur du Canada au Venezuela, Ben Roswell,
à la fin
février dans
le sillage de l'annonce faite par Baird au sujet
de la politique de
«
diplomatie numérique ». Roswell est
le premier «
guerrier numérique »
du gouvernement Harper.
Une offensive mondiale
Twitter répand aussi le culte
de figures dominantes de la culture
impérialiste
américaine. Twitter et
d'autres médias contrôlés par
les États-Unis
affaiblissent les États
ciblés et pavent la voie à la
subversion et à
l'implication militaire
des États-Unis à l'échelle du
globe (surtout en
Amérique latine, en
Asie
de l'ouest et en Afrique en ce moment) et
cherchent à
détruire
l'opinion publique qui s'oppose à la guerre
impérialiste
et à la
violation de la souveraineté des nations.
La course des États-Unis à
l'hégémonie mondiale, à
laquelle les
monopoles et l'État annexés du
Canada participent, vise
au contrôle des
marchés, des sources de matières
premières, des
travailleurs et des
régions stratégiques.

Le Salvador a un nouveau
président
Le peuple l'emporte malgré les
manigances de la réaction
Le 25 mars 2014,
les candidats du Front
Farabundo Martí de libération
nationale, Salvador
Sánchez Ceren (à gauche) et
Oscar Ortiz se font
respectivement confirmer en tant que
président élu et
vice-président élu du Salvador
par le Tribunal
électoral suprême à San
Salvador.
Lors d'une cérémonie tenue à
San
Salvador le 25 mars, Salvador Sánchez
Ceren et Oscar Ortiz
du Front de libération nationale Farabundo
Martí (FMLN)
ont été confirmés dans leur
fonction respective de
président élu et
vice-président élu du
Salvador par le président du Tribunal
électoral
suprême du Salvador (TES ). Le Parti
communiste du Canada
(marxiste-léniniste), qui a envoyé
un membre pour se
joindre à la mission internationale
d'observateurs pour le
premier tour de l'élection, félicite
le nouveau
président et le vice-président et en
particulier le
peuple du Salvador et son organisation le FMLN
pour cette
réalisation remarquable. Grâce
à son travail
acharné, sa mobilisation persistante et sa
capacité
à rester calme face aux provocations
répétées, le peuple a pu
mettre en échec un
coup de force électoral par ARENA, le parti
de droite du pays,
un transgresseur notoire des droits humains et une
agence de
l'impérialisme américain.
Avant cela, le 17 mars, le TES a
confirmé
les résultats du second tour de
l'élection
présidentielle du pays qui s'est tenu le
9 mars.
L'équipe du FMLN composée de
Salvador Sánchez
Ceren et Oscar Ortiz a été
déclarée
gagnante avec 1 495 815 ou
50,11 % des voix. Le
parti ARENA a reçu
1 489 451 voix, soit
49,89 %. Près de 3 millions de
votes ont
été exprimés, environ 300 000
de plus que durant
le premier tour de scrutin qui s'est tenu le
2 février, la
participation historique la plus
élevée
d'électeurs au pays pour ce genre
d'élection. Le second
tour de l'élection a été
rendu nécessaire
parce qu'aucun parti n'a obtenu le pourcentage
requis de 50 % plus
une voix au premier tour.
De nombreux gouvernements ont fait parvenir leurs
félicitations au nouveau président
Sánchez Ceren
dont l'Argentine, le Belize, la Bolivie, le
Brésil, Costa Rica,
Cuba, l'Équateur, le Guatemala, le
Nicaragua, Panama, le
Venezuela, la République dominicaine et
l'Uruguay, de même
que la Fédération de Russie et les
États-Unis.
Le nouveau président et le vice-
président
entreront officiellement en fonction le 1er juin
pour un mandat de cinq
ans. Sánchez Ceren et les autres
porte-parole du FMLN ont dit
qu'ils ont l'intention de poursuivre et
d'approfondir les changements
entrepris sous le premier gouvernement du
président sortant du
FMLN, Mauricio Funes. Le nouveau président
a
déclaré qu'il a l'intention de
gouverner pour tous les
Salvadoriens - ceux qui ont voté pour le
FMLN et ceux qui ne
l'ont pas fait - dans un gouvernement inclusif qui
poursuivra les
intérêts communs des entreprises, des
travailleurs et
d'autres secteurs. Il a appelé ARENA et les
autres forces dans
le pays à initier un dialogue avec son
administration pour
travailler ensemble pour le bien de la nation et
conclure un pacte
national.
Parlant de ce qu'il espérait accomplir
pendant
son mandat, Sánchez Ceren a fait le point
en disant que le FMLN
ne voit pas le développement
économique
séparément du développement
social et que son
gouvernement allait continuer à investir
dans les programmes
sociaux. Il a dit qu'il serait important pour
l'Assemblée
législative d'approuver une loi
garantissant le financement de
ces programmes. Il a déclaré que le
rôle le plus
important de son gouvernement sera de subvenir aux
besoins de la
population et, à cette fin, une de ses
premières actions
sera de demander des réunions avec toutes
les forces productives
du pays. La création d'emplois,
l'augmentation de la
productivité dans le pays et une plus
grande
sécurité pour la population sont
parmi ses principaux
objectifs, a-t-il dit.
Sánchez Ceren a déclaré que
le
développement du pays sera fondé sur
un
« modèle
salvadorien » faisant
référence à des plans pour la
réalisation
de la souveraineté alimentaire et pour
faire du Salvador un
corridor logistique et une destination
touristique. Quant aux mesures
économiques prévues au cours de son
mandat, le
président a expliqué qu'il
espère établir
un dialogue national avec les différents
secteurs pour discuter
des questions importantes telles que la dette
extérieure, les
pensions et les questions connexes.
Sánchez Ceren a dit que son cabinet serait
composé de membres du FMLN, de responsables
du gouvernement
actuel, de représentants de la
société civile et
de membres de différents secteurs qui ont
soutenu sa candidature.
Les efforts de l'oligarchie financière de
renverser les
résultats électoraux et
déstabiliser le pays
Les
partisans du
FMLN célèbrent la
victoire, le 9 mars 2014.
|
En dépit des organisations sociales et
d'autres
observateurs internationaux qui ont tous
attesté de
l'efficacité, de la transparence et du
professionnalisme avec
lesquels le Tribunal suprême
électoral a effectué
ses fonctions, ARENA et ses bailleurs de fonds au
sein de l'oligarchie
ont refusé de reconnaître les
résultats de
l'élection au second tour tenue le
9 mars jusqu'au
26 mars lorsque la Cour suprême a
jugé irrecevable la
requête d'ARENA pour un recomptage du vote.
Une fois les avenues
juridiques épuisées pour monter un
dossier contre les
résultats de l'élection, ARENA a
publié un
communiqué disant qu'il accepterait les
résultats.
Cependant, cela a été aussi
utilisé comme une
occasion de poursuivre sa campagne de
désinformation contre le
FMLN. Dans sa déclaration, ARENA a
déclaré que
s'il acceptait la décision du tribunal de
grande instance, il le
ferait « en dépit des
inégalités et des
conditions déloyales vécues durant
la campagne
électorale ». Poursuivant ses
efforts pour calomnier
le FMLN, ARENA a ajouté qu'il surveillerait
de près le
nouveau gouvernement « afin de
s'assurer qu'il respecte la
loi et mettrait en évidence ses
échecs et erreurs, en
particulier s'il ose violer les institutions
démocratiques ou
compromettre la souveraineté du
pays ».
Ce second tour de l'élection
présidentielle a donné lieu à
une guerre de
propagande implacable basée sur la
désinformation et les
campagnes de peur menées contre le FMLN,
appuyée
financièrement par de grands
intérêts financiers
liés à ARENA et, par extension, aux
États-Unis.
Des millions $ ont été
versés pour submerger
la nation d'avertissements à la
télévision, la
radio et sur les médias sociaux sur les
conséquences
désastreuses d'élire « un
chef de la
guérilla » en tant que
président qui voudrait
détruire l'économie du pays et le
transformer en un
« autre Venezuela. ». En
même temps, on a
rapporté que des votes ont
été achetés
autour des bureaux de scrutin, les
électeurs se faisant dire que
leur emploi était en péril sauf
s'ils votaient pour
ARENA, et d'autres manigances ont
été organisées
par ces forces de la réaction pour tenter
d'obtenir le
résultat escompté.
Lorsque le FMLN est sorti vainqueur en
dépit de
la campagne de peur et d'autres activités
sans scrupules, ARENA
a immédiatement tenté de faire
annuler l'élection,
alléguant « une
fraude ». Afin de
préparer le terrain pour ce qui
était à venir,
avec à peine 50 % des votes
dépouillés le
soir des élections, le candidat d'ARENA
Norman Quijano et
d'autres à la direction du parti ont
déclaré
qu'ils avaient gagné l'élection.
À mesure que le
dépouillement procédait, le FMLN se
dirigeant vers la
victoire et gardant une avance
légère mais stable, les
dirigeants de l'ARENA ont lancé des appels
provocateurs aux
membres du parti à se mettre
« sur un pied de
guerre » et aux forces armées de
se préparer
à passer à l'action
« pour défendre la
démocratie ». Le commandement
militaire a toutefois
déclaré qu'il prend ses ordres du
président et n'a
pas l'intention de répondre à
l'appel de la direction
d'ARENA pour ce que plusieurs ont
considéré comme un coup
d'État militaire.
Les dernières tentatives d'ARENA ont
été son refus de reconnaître
les résultats
et sa présentation de pétitions
devant le TES et la Cour
suprême pour exiger que l'élection
soit annulée
et/ou pour un recomptage vote par vote. Les deux
requêtes ont
été jugées comme étant
sans fondement
après mûre délibération
qui a
été faite en présence
d'observateurs de
l'Organisation des États américains
et de l'Union
européenne.
L'objectif des forces réactionnaires
alliées aux grands intérêts
financiers et des
affaires semble avoir été de
déstabiliser la
situation, en s'inspirant de la façon dont
les forces de
l'opposition de droite ont exploité la
situation au Venezuela
contre le gouvernement bolivarien du
président Nicolás
Maduro. En fait ARENA a utilisé un
« consultant en
marketing » du Venezuela qui se
spécialise dans
l'organisation de campagnes de
déstabilisation durant et
après les élections dans les pays
où l'oligarchie
financière internationale veut imposer sa
volonté au
peuple. Les dirigeants d'ARENA ne dissimulent pas
leur alliance avec
ceux qui ont tenté en vain de faire
destituer le
président d'alors, Hugo Chavez, dans un
coup d'État en
2002 et tentent de faire la même chose
maintenant au
président Nicolas Maduro.
(Sources :
Semanario
Siglo XXI, Diario CoLatino, CISPES
2014 élections
El Salvador blog, Photos : FMLN, CISPES)

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