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Numéro 41 - 21
mars
2014
Élections
générales au Québec le 7
avril
Une nouvelle direction pour le
Québec:
arrêter de payer les riches et investir dans
les programmes
sociaux!
Élections
générales au Québec le 7
avril
• Le Parti
marxiste-léniniste du
Québec participe à
l'élection
Notre
économie,
c'est nous qui décidons!
• Les travailleurs ne sont
pas la cause des
déficits des caisses de retraite des
municipalités - Claude Moreau
• Entente
Alcoa-Gouvernement du Québec:
Le problème reste entier
• Les
caractéristiques de l'entente sur
l'hydroélectricité avec Alcoa
- Normand Fournier
• Les travailleurs
forestiers rejettent le
«nouveau modèle» de Produits
forestiers résolu - Entrevue
avec Pierre Thériault,
président du Syndicat national des
travailleurs et travailleuses
des pâtes et papiers de Kénogami
Élections
générales
au Québec le 7 avril
Le Parti marxiste-léniniste du
Québec
participe à l'élection
Le Parti
marxiste-léniniste du Québec
(PMLQ) présente 24 candidats à
l'élection
générale annoncée pour le 7
avril 2014.
Le programme du PMLQ est :
- Pour un État indépendant et
souverain du
Québec
- Pour une constitution moderne et le renouveau
démocratique
- Pour une nouvelle direction de
l'économie afin
de garantir le bien-être du peuple et de son
environnement social
et naturel.
Bâtissons les Commissions sur l'avenir
du
Québec!
« C'est le peuple qui doit être
souverain et
nous l'encourageons à participer au
renouveau
démocratique du processus politique et
à définir
lui-même sa
position face au présent et à
l'avenir, dit Pierre
Chénier, chef du PMLQ. La richesse est
créée par
ceux qui travaillent fort tous les jours pour
subvenir à leurs
besoins et à ceux de la
société. Ceux-ci doivent
donc être au coeur des décisions qui
les affectent et
décider eux-mêmes de la direction des
affaires politiques,
économiques, culturelles et sociales du
Québec. Leur
rôle ne peut être réduit, comme
c'est le cas
aujourd'hui, à celui d'une masse votante en
faveur d'un parti
politique ou un autre. »
L'information sur les candidats, noms et
circonscriptions, sera disponible sur le site Web
du PMLQ (www.pmlq.qc.ca)
à compter de
22 mars. On trouvera
également une information quotidienne sur
les vues des
candidats, travailleurs et jeunes, dans le journal
web du PMLQ Chantier
politique.

Notre économie, c'est nous
qui
décidons!
Les travailleurs ne sont pas la cause des
déficits
des caisses de retraite des municipalités
- Claude Moreau -
On parle beaucoup à l'heure actuelle des
déficits des caisses de retraite du secteur
municipal. La cause
première des déficits actuariels des
caisses de retraite
de ce secteur est la politique agressive de
placement des gestionnaires
municipaux qui ont livré
l'épargne-retraite des
employés aux spéculateurs et
fraudeurs
financiers.
Traînant un déficit actuariel datant
d'avant les fusions de municipalités en
2002,
l'épargne-retraite a été
grandement
affectée par la crise financière de
2008,
et, dans une moindre mesure, par les baisses de
rendement de 2011 qui
ont généré un rendement
négatif. À
elle seule, l'année 2008 a vu
disparaître plus de
25 % des actifs de certaines caisses. Les
participants ont perdu
l'équivalent de près de 10 ans sur
les 30 ans et plus
pendant lesquels ils avaient cotisé.
Les
travailleurs
municipaux de Québec avec des
alliés devant
l'Assemblée nationale le 23 octobre
2014
« Une gestion de risque déficiente
»,
pour reprendre les mots du rapport d'Amours[1],
était rendue
possible ou facilitée par l'absence de
contrôle
législatif
ou de contrainte légale, le secteur
municipal étant exclu
des dispositions visant d'autres secteurs comme
les compagnies
d'assurances.
Pourquoi les gestionnaires municipaux ont-ils
pris des
risques inconsidérés ?
Dans les années 90, les rendements
boursiers et
les taux d'intérêt
élevés ont amené
les employeurs municipaux à compter
d'avantage sur les hauts
rendements attendus que sur les cotisations pour
capitaliser le
régime.
Les employeurs municipaux ont utilisé les
surplus
générés pour se payer des
congés de
cotisation et se sont montrés très
réticents a
réinvestir ces surplus
dans des caisses spéciales en cas de
mauvais jours. Ils
préféraient les congés de
cotisation.
« Une véritable culture du rendement
s'est
ainsi graduellement installée, ceci au
détriment de la
préoccupation de gérer les risques
en fonction du
passif'.
» (page 55 du rapport d'Amours )
Mais, au début des années 2000, les
rendements boursiers et les taux
d'intérêt ont
fléchi. Le rendement des obligations
canadiennes aussi a
fléchi puisqu'elles
étaient de plus en plus en demande de la
part des caisses de
retraite. Les résultats étant
moindres que ce qui
était projeté, cela a
entraîné les
déficits
actuariels.
Si les employeurs étaient excités
à
l'idée d'avoir des congés de
cotisation, ce qui a
été rarement le cas pour les
employés participants
qui pour certains ont
plutôt utilisé les surplus pour
bonifier les
bénéfices, la loi sur les
régimes
complémentaires de retraite prévoit
une cotisation
d'équilibre entièrement à la
charge
des employeurs, s'il y a un écart entre les
rendements
prévus et les résultats.
Au 31 décembre 2011, il y avait 170
régimes de retraite municipaux comptant 122
000 participants. Le
déficit de tous ces régimes au
niveau de la
capitalisation atteignait 4 milliards $ et doit
être
remboursé sur une période de 15 ans
selon la loi.
Prenant en compte que le remboursement des
déficits du début des années
2000 est
étiré sur 15 ans, l'impact des
cotisations
d'équilibre se fait de plus en
plus sentir dans les budgets des
municipalités. De plus, avec la
chute dramatique de 2008, les gestionnaires
municipaux ne peuvent plus
compter sur les hauts
rendements boursiers ou des taux
d'intérêt
élevés pour «
équilibrer » les caisses.
C'est donc le compte de taxes des contribuables
qui écope.
Les gouvernements par leurs politiques
budgétaires sont venus à la
rescousse du secteur
financier en 2008, mais ils n'ont pas soutenu
l'épargne-retraite
pour
l'empêcher de s'effondrer.
Le fait que l'épargne-retraite n'ait pas
été protégée des
fraudes financières
et des prises de risque inconsidéré
entraîne un
affaiblissement de la capacité et
une plus grande difficulté à
gérer les autres
questions qui affectent les pensions comme la
longévité
accrue des gens.
Il existe des programmes pour les joueurs
compulsifs,
mais visiblement ces programmes n'existent pas
pour les régimes
de retraite. La vérité est que la
caisse
qui paie les rentes des retraités, et qui
doit le faire aussi
pour les retraités de l'avenir, a
été jouée
au jeu et ce sont les contribuables
(ceux-là même que les
autorités municipales disent
défendre) qui doivent payer
les cotisations d'équilibre.
Pour la Ville de Québec, la contribution
supplémentaire en 2013 est de 2,3 millions
$ pour les
propriétaires d'immeubles, les
contribuables, qui vont refiler
une partie de la facture aux locataires. En guise
d'exemple, cela
représente, pour la vieille ville de
Québec, de 12 $
à 250 $ pour « une résidence
moyenne ».
Le rôle de l'État est-il de
protéger
l'épargne-retraite pour garantir le droit
à la retraite
ou de protéger la main invisible ou
être la main invisible
qui livre
cette épargne aux spéculateurs et
fraudeurs ? Poser la
question c'est y répondre.
Note
1. Rapport d'Amours, Rapport du
comité d'experts sur l'avenir du
système de retraite
québécois. Le comité
d'experts a été
mandaté par la Régie des rentes du
Québec pour
produire le rapport et celui-ci a
été
déposé en avril 2013
(Tiré de Chantier
politique)

Entente Alcoa-Gouvernement du Québec:
Le problème reste entier
L'entente conclue entre Alcoa et le gouvernement
du
Québec sur les tarifs
d'hydroélectricité laisse
entier le problème de bâtir un
secteur des ressources et
une économie dont le développement
est
décidé par le peuple et qui sert ses
besoins. Le
problème de la menace au lieu de la
négociation comme une
arme dans
les mains des monopoles reste entier. L'entente
qui a été
signée entre Alcoa et le gouvernement est
appelée
négociation parce qu'il y a eu un accord de
conclu,
mais c'est la menace qui l'a produit et la menace
et le chantage sont
toujours là. L'entente signée
est-elle même la
résiliation sous la menace d'une entente
dûment
signée entre Alcoa et le gouvernement
Charest en 2008. Si Alcoa
a menacé de fermer ses usines au
Québec si les tarifs
d'électricité qu'elle avait
acceptés dans
l'entente de 2008 allaient maintenant entrer en
vigueur, elle pourra le
refaire avec cette nouvelle entente sous toutes
sortes de
prétextes. Les travailleurs et le
peuple du Québec ne veulent pas vivre dans
l'anxiété perpétuelle de
pertes d'emplois et
d'activités manufacturières qui sont
importantes pour leur
bien-être et
l'économie.
Les
Québécois
ne contrôlent rien des différents
aspects de l'entente qui
a été signée. Ce qui est
certain, c'est que des
tarifs d'hydroélectricité bien en
dessous
du tarif industriel grande puissance ont
été
accordés et que d'autres monopoles cognent
maintenant à
la porte pour faire abaisser leurs coûts en
hydroélectricité.
Les 250 millions $ d'investissements promis, qui
annulent les
investissements beaucoup grands qui devaient se
faire en vertu
d'ententes à l'aluminerie de
Baie-Comeau, les promesses d'investissements pour
adapter les
facilités de production à la demande
accrue
escomptée provenant de l'industrie de
l'automobile
et de l'électrification des transports,
sont autant de promesses
qui peuvent être abandonnées aussi
vite qu'elles sont
faites si Alcoa invoque une conjoncture
défavorable. Alcoa invoque à
présent les faibles
prix de l'aluminium sur les marchés
mondiaux pour justifier ses
menaces, mais elle ne parle pas du rôle
qu'elle
et les autres monopoles de l'aluminium jouent dans
la manipulation de
ces prix, du rôle que les monopoles jouent
dans la
création de l'anarchie et du chaos dans
l'économie mondiale.
Le problème reste entier parce que les
travailleurs et le peuple ne contrôlent pas
plus aujourd'hui
qu'hier les leviers des décisions
économiques qui leur
permettraient de jouer sur les différents
facteurs à
l'oeuvre et d'imprimer une nouvelle direction
à
l'économie pour la faire servir le peuple
et non les
intérêts
monopolistes privés. C'est à cela
que les travailleurs
s'attaquent dans leurs luttes pour leurs droits
parce que sans cela il
ne peut pas y avoir de sécurité
économique.
(Tiré de Chantier
politique)

Les caractéristiques de l'entente sur
l'hydroélectricité avec Alcoa
- Normand Fournier -
Le mardi 25 février, le gouvernement du
Québec et l'aluminerie Alcoa, une
multinationale
américaine, annonçaient la
conclusion d'une entente sur
la
tarification de l'électricité.
L'entente conclue avec
Hydro-Québec sera d'une durée de 15
ans pour les usines
de Bécancour et de Deschambault et de 20
ans pour
celle de Baie-Comeau.
Les parties en présence n'ont pas
divulgué
le tarif « négocié »
pour toute la
durée de cette entente. Il est question
d'un « tarif
préférentiel renouvelé
» qui,
selon Radio-Canada, se situerait sous les 3 cents
du KWh.
Le prix à payer pour arriver à une
entente
Le
sauvetage de l'usine
d'Alcoa de Baie-Comeau a un prix. Pour cette seule
usine, c'est 150 M$
par année dans un avenir prévisible
que devront assumer
les Québécois. C'est 210 M$ par
année au total en
pertes de tarifs d'hydroélectricité,
pour les trois
usines d'Alcoa au Québec.
Le projet de modernisation de l'aluminerie de
Baie-Comeau, évalué à plus de
1 milliard $ selon
l'entente signée en 2008 avec le
gouvernement libéral de
Jean Charest, est abandonné en vertu de
cette nouvelle entente.
Alcoa dit quelle investira 250 M$ sur une
période de cinq ans
dans ses trois usines du Québec:
150 M$ sont prévus pour optimiser le centre
de coulée de
l'usine de Baie-Comeau; 71 M$ seront
affectés à l'usine
de Bécancour.
Le gouvernement a accordé à Alcoa
un
programme de tarification modulé en
fonction du prix de
l'aluminium sur les marchés internationaux.
C'est ce que
réclamait la compagnie depuis la tenue de
la Commission sur
l'avenir énergétique du
Québec, sous la menace de
fermeture des trois alumineries en cas de refus
du gouvernement québécois.
En échange d'un « tarif
préférentiel renouvelé
», Alcoa devient
partenaire de la Stratégie gouvernementale
d'électrification des transports. Que cette
entente
« devienne un tremplin pour faire du
Québec un leader
mondial des transports électriques »,
a dit Pauline Marois.
Depuis 2002, 900 emplois ont été
perdus
chez Alcoa, dont 700 depuis 2008. L'entreprise
emploie environ 2000
personnes au Centre-du-Québec et 900
à
Baie-Comeau.
Faisons un petit rappel des
événements
précédant cette entente. En octobre
2013, Alcoa menace le
gouvernement Marois de fermer ses trois
alumineries
au Québec si un nouveau tarif
d'électricité ne lui
est pas accordé, afin que l'entreprise
demeure dans le premier
centile des usines bénéficiant des
tarifs
d'énergie électrique internationaux
les plus bas.
À ce moment-là, Alcoa, en vertu de
contrats
spéciaux et avantageux, payait environ 2,8
cents le KWh. Ce
tarif
devait, en vertu d'une entente signée avec
le gouvernement du
Québec d'alors, augmenter au tarif
préférentiel L,
dit de grande puissance, soit à 4,3 cents
du
KWh à partir de 2014. Alcoa
prétendait que cette hausse
future allait augmenter de 250 M$ par an sa
facture
d'électricité, pour atteindre 570
M$, et que sa
rentabilité et sa capacité de
compétitionner
à l'échelle internationale
étaient menacées
à cause de cela.
En février 2014, Alcoa en venait à
une
entente avec la ville de Baie-Comeau concernant
l'évaluation
municipale de son usine. Alcoa contestait son
rôle
d'évaluation à Baie-Comeau qui
était de 261,6 M$.
Selon l'entente obtenue, l'évaluation de
l'usine diminue de 19
M$ pour 2013, de 24 M$ en 2014 et de 29
M$ en 2015. La justification de cette baisse du
compte de taxes
résultant de la diminution de
l'évaluation est la
fermeture des vieilles cuves Söderberg de
l'aluminerie. La ville de Baie-Comeau recevra 769
000 $ en moins pour
2013, 887 000 $ et 1,1 M$ pour les années
2014-2015.
Les justifications du gouvernement
Sur l'entente abandonnée de la
modernisation de
l'usine de Baie-Comeau, « nous pensons que
le prix de
l'aluminium va se ressaisir et qu'à ce
moment-là, dans
quelques années, un projet de modernisation
pourra redevenir
pensable pour Baie-Comeau », a
déclaré
la ministre des Ressources naturelles et ministre
responsable du
développement nordique, Martine Ouellet.
« Avec ce qu'on a
mis en place, nous avons sauvé
l'usine de Baie-Comeau », a-t-elle
ajouté.
« Nous faisons le nécessaire pour
consolider des emplois de qualité en
région, a dit
Pauline Marois lors de l'annonce faite à
Baie-Comeau. Je suis
particulièrement fière de la
conclusion de cette entente,
qui marque un nouveau départ dans notre
relation avec Alcoa, en
plus d'assurer la pérennité de ses
activités au Québec et le maintien
d'emplois de
qualité dans nos régions pour une
période d'au
moins 15 ans. [...] Notre gouvernement mise sur sa
stratégie
d'électrification des transports pour
mobiliser de nombreux
acteurs, tels qu'Alcoa, autour d'une vision
ambitieuse et porteuse pour
l'avenir. »
De son côté, la ministre Martine
Ouellet
mise sur la poursuite du développement
d'une batterie
fonctionnant à l'air et à
l'aluminium avec Alcoa et son
partenaire Phinergy. De plus, elle présente
l'usage par
l'industrie automobile de 22 millions de plaques
d'alliage comme un
débouché pour « utiliser les
surplus
d'électricité pour le
développement
économique [...] De nombreuses innovations
sont attendues dans
le secteur de l'automobile au cours des prochaines
années,
et le Québec mise sur la capacité
d'innover de ses
entreprises dynamiques, telle qu'Alcoa, pour se
distinguer. »
Suite à cette annonce, le Syndicat
national des
employés de l'aluminium de Baie-Comeau a
dit qu'une «
insécurité planait sur Baie-Comeau
depuis quelques
mois ». Le président du syndicat
Michel Desbiens se dit
rassuré que les 900 emplois restent en
place. « Ça
devenait lourd pour les familles »,
explique-t-il. «
Par contre, oui, on aurait aimé que la
modernisation soit dans
l'entente », ajoute-t-il.
(Tiré de Chantier
politique)

Les travailleurs forestiers rejettent le
«nouveau
modèle» de Produits forestiers
Résolu
- Entrevue avec Pierre
Thériault,
président du Syndicat national des
travailleurs et travailleuses
des pâtes et papiers de Kénogami -
Manifestation
contre la
fermeture de la machine numéro 6 à
l'usine de Produits
forestiers Résolu de Kénogami
le 26 novembre 2011 (FTQ)
En décembre dernier, le syndicat qui
représente les travailleurs CSN (autres que
les travailleurs de
la machine à papier et les employés
de bureau) de l'usine
de papier Kénogami de Produits forestiers
Résolu (PFR),
au Saguenay-Lac-Saint-Jean, a émis un
communiqué faisant
état du refus des travailleurs
d'accéder
à une nouvelle demande de concessions de la
part de PFR. Cette
demande expose à la fois la méthode
de menaces
employée par PFR et sa tentative d'imposer
ce qu'il appelle son « nouveau modèle
» de
conditions de travail. Chantier politique s'est
entretenu
récemment avec Pierre Thériault, le
président
du Syndicat national des travailleurs et
travailleuses des pâtes
et papiers de Kénogami.
Pour la compréhension du lecteur, disons
que PFR possède un réseau de
sept centrales hydroélectriques dans la
région
(Hydro-Saguenay), dont la centrale Jim Gray sur la
rivière
Shipshaw qui alimente les usines de papier de
Kénogami et Alma.
L'accès à cette ressource
énergétique qui
est un énorme privilège pour PFR
fait l'objet d'ententes avec le gouvernement du
Québec, notamment en vertu de la Loi 8 qui
prévoit des
obligations d'investissement et de maintien des
usines en
opération par le monopole forestier. Le
bail de la
rivière Shipshaw arrivait à terme
à la fin 2011 et
le gouvernement libéral de l'époque
a invoqué le
refus de PFR de s'engager à faire des
investissements pour les
10 prochaines années pour résilier
le bail. Plus
de deux ans plus tard, PFR possède et
opère toujours la
centrale.
Chantier politique: Le
syndicat a émis un communiqué vers
la fin de 2013 dans
lequel il dit que les travailleurs ont
rejeté de nouvelles
demandes de concessions de la part de Produits
forestiers Résolu
au moulin à papier de Kénogami.
Pouvez-vous nous en dire
plus à ce sujet ?
Pierre Thériault:
Cette
demande s'adresse aux travailleurs que je
représente, soit les
travailleurs de la production de la pâte, de
la voie
ferrée, ceux qui font les chargements de
copeaux, la finition et
l'entretien, qui sont syndiqués CSN,
environ 115 travailleurs.
L'usine comprend une soixantaine
de travailleurs qui oeuvrent sur la machine
à papier comme tel,
qui sont syndiqués Unifor (anciennement
SCEP), et une dizaine
d'employés de bureau qui sont
membres du Syndicat des employées et
employés
professionnels-les et de bureau, le SEPB.
Pour faire un petit historique, au début
de
l'année 2012, PFR a fermé
une machine, la machine numéro 6. Nous
sommes
présentement
une usine à une seule machine. Quand ils
ont fermé la
machine numéro 6, ils ont fait des coupures
de postes drastiques
pour réduire leurs coûts de
production
au maximum. C'est près de 130 emplois qui
ont été
perdus avec la fermeture de cette machine.
On pensait après cela qu'on allait avoir
la paix.
Les patrons nous ont rencontrés au mois de
novembre et nous ont
demandé de rouvrir notre convention parce
qu'ils voulaient réduire nos effectifs
d'une trentaine de postes
pour donner ces emplois à des
sous-traitants. Ils voulaient
qu'on donne les travailleurs de la voie
ferrée, les travailleurs qui font les
chargements de copeaux, la
finition et une partie de l'entretien. Dans ce
cas-ci, ils n'ont pas
fait de demandes aux travailleurs
de la machine comme tel.
Ils nous ont demandé cela à cinq
mois de
l'échéance de notre convention
collective. Notre
convention arrive à échéance
le 30 avril 2014. Il
n'y a aucun
sentiment d'urgence. À Kénogami,
notre coût de
production est excellent, c'est un des plus bas de
la compagnie. Ce que
veut PFR, c'est
implanter un modèle. Ils ne veulent pas
réduire les
coûts parce que nous ne sommes pas
profitables, ils veulent
implanter un modèle.
CP: Comment
décrivez-vous ce nouveau modèle ?
PT: Ils ont reparti
récemment les usines de Dolbeau et de
Gatineau, des usines qui
avaient été fermées en 2009.
Ils les ont reparties
mais pour les repartir ils se sont assis avec ces
travailleurs-là et leur ont demandé
s'ils étaient prêts
à accepter des conditions moindres et les
travailleurs, c'est
compréhensible, ont dit oui. C'est cela le
nouveau modèle
qu'ils essaient d'implanter dans les autres usines
au Québec, le
maximum de sous-traitance, faire entrer
la sous-traitance partout où ils le
peuvent.
Résolu fait le tour des usines une
après
l'autre. Il faut bien le dire, Résolu
utilise la menace partout,
que ce soit à Alma, à Laurentides,
à Baie-Comeau
et
ailleurs. Résolu a débarqué
à Laurentides
il y a deux ans et a demandé des
concessions. Les travailleurs
de Laurentides ont dit non et deux jours
après il leur
annonçait une fermeture
indéterminée pour manque
de commandes. On sait très bien que ce
n'était pas vrai.
C'était des représailles à
leur positionnement
parce
que c'est nous à Kénogami qui avons
commencé
à faire les commandes de Laurentides. On
avait la preuve que les
commandes existaient.
À Kénogami on a
décidé de
leur dire non parce que sinon il n'y aura pas de
fin à
ça.
À l'assemblée
générale, qui
a eu lieu au début décembre, nous
avons fait le tour de
leurs demandes. Les membres se sont
exprimés. On a passé
au vote,
ils ont voté à 99 % de rejeter les
demandes de l'employeur
et d'attendre la négociation. Nous
étions environ 75 % de
nos membres qui étaient présents, ce
qui
est un nombre élevé par les temps
qui courent. J'avais
averti mes membres que peut-être il faut
s'attendre à des
représailles. J'ai hâte de voir aux
négociations.
Aux négociations, la compagnie aura le
droit de lockout, on verra
comment le rapport de forces va se situer. On sent
qu'on a quand
même un bon rapport de
force à cause de nos centrales
hydroélectriques.
Chantier politique: Quel
rôle voyez-vous que jouent les centrales
hydroélectriques
dans votre contexte ?
PT: Le gouvernement
libéral du temps en la personne de monsieur
Clément
Gignac, le ministre des Ressources naturelles,
avait annoncé
qu'il prenait possession de la centrale parce que
la compagnie ne
respectait pas des points de la Loi 8. La Loi 8
est la loi qui couvre
la gestion des centrales
hydroélectriques sur la rivière
Shipshaw. La Loi les
oblige à investir environ 400 millions $
entre 2012 et 2022 dans
leurs installations au Saguenay-Lac-Saint-Jean.
Quand il a vu cela, monsieur Garneau, le PDG de
Résolu, a dit qu'il n'investira pas dans
ces installations-là. Il n'a pas
réussi à négocier avec le
gouvernement et le gouvernement a pris possession
de la centrale. Sauf
que la rétrocession qui a été
faite est virtuelle
parce que depuis ce temps-là, PFR continue
à entretenir cette centrale-là et
continue à profiter de
ses avantages. Présentement le gouvernement
du Parti Québécois a pris le dossier
en main et nommé un
négociateur. Il y a des négociations
qui se passent entre
le gouvernement et PFR par le biais du
négociateur.
Ce que la Loi dit, c'est qu'en plus de les
obliger
à investir pour avoir le droit d'utiliser
l'eau de la Shipshaw
et de profiter de ces centrales, il faut que les
usines d'Alma et de Kénogami
opèrent. C'est
peut-être là que se trouve notre
rapport de force en ce
moment et qui explique que Résolu n'a pas
mis en place
de représailles suite à notre
décision de refuser
de rouvrir notre convention collective alors qu'il
l'a fait partout
ailleurs.
On demande qu'ils respectent la Loi. Tout ce
qu'on
demande c'est qu'ils fassent les investissements
requis par la Loi.
Chantier politique: Que
voulez-vous dire en conclusion ?
PT: À
Kénogami,
on garde le cap sur la sauvegarde de nos emplois;
ce sont des emplois
de qualité. Transférer nos emplois
à la
sous-traitance ce n'est pas seulement qu'on perd
des emplois ici
à Kénogami, c'est aussi qu'on perd
des emplois de
qualité et c'est aussi l'appauvrissement de
la
communauté. Quand il n'y aura plus que des
emplois à
13-14 $ de l'heure dans notre communauté,
c'est toute
l'économie qui va en souffrir. On veut
garder
nos emplois de qualité dans nos usines. Ce
sont des personnes
non syndiquées qu'ils engagent en
sous-traitance. Bien souvent
ils vont mettre une seule personne
qualifiée qui va gagner une vingtaine de
dollars de l'heure et
les autres ce sont des manoeuvres à 14-15 $
de l'heure, pas de
fonds de pension, pas d'avantages
sociaux.
(Tiré de Chantier
politique)

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