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Numéro 31 - 3
mars
2014
Budget du Québec
2014-2015
Un budget en contradiction avec
les
besoins d'un Québec moderne
Budget
du
Québec
2014-2015
• Un budget en
contradiction avec les besoins
d'un Québec moderne
• Austérité
et
prospérité
À
titre
d'information
• Les principales mesures
du budget du
gouvernement du Québec
Budget du Québec 2014-2015
Un budget en contradiction avec les
besoins d'un Québec moderne
Le budget 2014-2015 présenté
le 20
février
par le ministre des Finances et de
l'Économie Nicolas Marceau
est en contradiction avec les besoins d'un
Québec moderne qui
reconnaît et garantit les droits de tous.
Cela
nécessiterait une politique
économique et un budget qui
mobilisent le peuple et les vastes ressources de
la
société pour
satisfaire aux besoins croissants du peuple. Un
tel budget
déterminerait les dépenses qui sont
nécessaires
à la satisfaction des besoins et à
la reproduction de
l'économie et mobiliserait les
énergies de tous pour
produire les revenus nécessaires à
la satisfaction des
besoins.
C'est tout le contraire qui se produit avec ce
budget.
Le gouvernement se fait un point de fierté
de dire que ses
dépenses en programmes sont les plus basses
qu'ait connues le
Québec depuis les derniers 15 ans. Les
dépenses de
programmes ont connu une hausse de 1,2 % en
2012-2013, de
2,5 % en 2013-2014, et elles sont
fixées à 2 % par année
jusqu'en 2016-2017. Ce
sont des chiffres historiquement bas, nous dit-on,
totalement en
deçà des besoins de la population et
qui signifient des
compressions drastiques dans les services
déjà totalement
inadéquats. En plus de cela, cette
année, les frais de
service de garde commenceront à être
augmentés sur
une base
annuelle, les tarifs d'Hydro-Québec vont
augmenter et les frais
de scolarité des étudiants
étrangers vont aussi
augmenter, sans parler des autres frais non
annoncés qui
augmentent sans cesse suite à la
compression des dépenses
de programmes.
Du même souffle, la réquisition de
ressources fiscales et budgétaires pour
payer les riches atteint
elle aussi de nouveaux sommets au nom de la
croissance
économique, de la création d'emplois
et de la
prospérité. On assiste au transfert
massif et toujours
plus grand de la richesse sociale dans les mains
d'intérêts monopolistes privés
qui l'utilisent
à leurs propres fins. Cette richesse est
dilapidée dans
des aventures sur lesquelles le peuple et le
gouvernement n'exercent
aucun contrôle. Cela appauvrit
l'économie et accroît
le déséquilibre entre les
différents
intérêts de la société.
Le Québec possède des ressources
naturelles et humaines en abondance, une classe
ouvrière
combative, productive et éduquée.
Une fois que les
travailleurs s'organisent sur la base de leur
propre politique
indépendante et décident de mettre
la richesse sociale
qu'ils produisent sous leur contrôle, tout
est possible. La
politique néolibérale ne voit
aucune autre issue que de payer les riches et
considère les
travailleurs, les étudiants, les femmes et
les
aînés comme un coût qu'il faut
constamment
réduire. La politique
néolibérale et le budget du
gouvernement actuel et des gouvernements
précédents sont
en contradiction avec les besoins de la
société. Le
problème posé et à
résoudre est d'investir
le peuple du pouvoir de décider de la
direction de
l'économie.

Austérité et
prospérité
À ses adversaires politiques qui lui
reprochent
de ne pas maintenir l'échéance
prévue pour
l'équilibre budgétaire et de ne pas
comprimer les
dépenses davantage, la première
ministre Pauline Marois
a répondu qu'« eux choisissent
l'austérité, nous, on choisit la
prospérité ».
Selon le Larousse, la prospérité
est un
« état marqué par
l'expansion et
l'abondance »,
l'« état de quelqu'un qui
est dans une situation favorable sur le plan
économique ou celui
de sa santé. Les synonymes sont :
développement,
essor, expansion, bonheur, fortune, opulence,
richesse. Les antonymes
sont :
infortune, malheur, pauvreté, crise,
dépression, marasme,
ruine.
L'austérité est une
« politique
économique visant à réduire
l'ensemble des revenus
disponibles pour la consommation, par le recours
à
l'impôt, au blocage des salaires, à
l'emprunt
forcé, aux restrictions de crédit et
au contrôle
des investissements ». Les synonymes
sont :
ascétisme, puritanisme, rigorisme,
sobriété.
L'austérité n'est donc pas le
contraire,
l'opposé ou l'alternative de
prospérité. Le
contraire de l'austérité serait
d'augmenter l'ensemble
des revenus disponibles pour la consommation et de
permettre aux
salaires et aux investissements d'augmenter pour
répondre aux
besoins. La prospérité appartient
à une autre
catégorie complètement et le fait
de « rejeter
l'austérité » ne fait
rien en soit pour garantir la
prospérité, garantir que le
Québec sorte de l'« infortune,
malheur,
pauvreté, crise, dépression,
marasme, ruine ».
En fait, tous les gouvernements du Canada, qu'ils
invoquent l'austérité ou pas,
adoptent des lois et votent
des budgets de compression des dépenses
dans les programmes
sociaux et les services publics et s'en prennent
aux salaires et
conditions de travail des employés du
secteur public. Selon Mme
Marois, les libéraux et la CAQ qui
proposent de
maintenir la hausse des dépenses à
1,5 % par
année ou moins sont pour
l'austérité tandis que
son gouvernement est contre
l'austérité puisqu'il veut
laisser les dépenses augmenter à
2 %. C'est absurde.
Alors de quoi parle la première
ministre ?
Plutôt que de réduire la question du
budget
des dépenses et des revenus de
l'État à ces jeux
partisans, le gouvernement devrait prendre au
sérieux
l'important défi qui se pose pour le
Québec :
comment mettre à profit nos abondantes
ressources, notre
population instruite et nos industries
bâties à la sueur
et au sang de ceux qui nous ont
précédés pour répondre
aux besoins et
aspirations des Québécois ?
Avec toutes ses
richesses et ses capacités, le
Québec peut très
certainement leur garantir un niveau de vie digne
d'une
société avancée. Il peut
amplement s'occuper de
ses malades, éduquer ses jeunes au niveau
le plus
élevé et offrir à ses
aînés une
retraite dans le bonheur, la
sécurité, la dignité et la
tranquillité
d'esprit.

À titre d'information
Les principales mesures du budget
du gouvernement du Québec
- Le budget confirme un déficit de
2,5 milliards $ pour l'année
2013-2014, prévoit
un déficit de 1,75 milliard pour
2014-2015 et
l'équilibre budgétaire pour
2015-2016.
- La croissance des dépenses de programmes
est
établie à 2 % par année
à partir de
2014-2015 jusqu'à 2016-2017. Le budget
alloue une hausse de
dépenses de 3 % pour les
réseaux de la santé
et de l'éducation tandis que les autres
ministères
devront réduire leurs dépenses de
0,8 %.
- Le budget prévoit l'implantation du
financement dit
« axé sur les
patients » (« l'argent suit
le patient ») dans le
réseau de la santé, un mode de
financement à
l'activité basé sur la performance
des
établissements de santé et qui a
mené à
beaucoup de fermetures notamment en Ontario.
- Le coût des services de garde,
présentement à 7 $ par jour, va
monter à
9.20 $ par jour d'ici septembre
2016 (8 $ le premier
septembre 2014, 9 $ le premier septembre
2015 et 9.20 $
à compter du premier septembre 2016).
- Les frais de scolarité des
étudiants
étrangers vont augmenter.
- Le budget prévient les employés
du
secteur public, dont la convention collective
arrive à
échéance le 31 mars 2015,
qu'ils seront soumis
à une
« rémunération
raisonnable » qui pourrait être
ajustable selon la
situation de l'économie et les revenus du
gouvernement.
-Le budget presse les commissions scolaires de
réduire leurs dépenses de
125 millions $ au
moyen de différentes mesures dont des
fusions de commissions.
- Le budget entérine la décision
prise
suite à l'énoncé
économique de novembre
2013 à l'effet d'accorder le
congé d'impôt de
10 ans à toutes les entreprises qui font un
investissement de
200 millions $ (et non plus de 300
millions $ comme
c'était le cas auparavant).
- La politique de réduction de tarifs
d'électricité pour les entreprises
à même
les surplus d'électricité
décidée en
octobre dernier s'appliquera dorénavant aux
entreprises qui ont
un seuil de consommation de 2 MW et non plus
de 15 MW.
- Le gouvernement va accroître sa
participation
dans les entreprises minières notamment en
autorisant la SOQUEM
à s'associer aux minières juniors en
finançant
jusqu'à la totalité de leurs
activités
d'exploration.
- Le budget entérine la décision du
gouvernement de prendre deux participations en
formule PPP dans deux
projets d'exploration sur l'Île
d'Anticosti liés aux
entreprises Pétrolia, Corridor Resourses,
Maurel & Prom et
Junex, investissant 115 millions $ dans
ces deux projets.
- Le gouvernement prévoit un programme
d'identification de 300 entreprises
québécoises dites
prometteuses (appelées les
« gazelles »)
qui obtiendront des subsides afin de hausser leurs
chiffres d'affaires
à 200 millions ou plus.

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